Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Dim 2 Fév - 16:00
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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J'observais Spiritus et je cherchais les ressemblances qu'il pouvait avoir avec son père. Il y en avait, le regard déjà. Le poulain à peine né, semblait avoir beaucoup de détermination dans ses prunelles sombres. J'étais certain qu'il allait avoir un sacré caractère. Cela se voyait. Il se montrait déjà têtu avec sa mère qui essayait de lui faire sa toilette. Le petit ne semblait pas d'accord avec cette dernière. Quand j'avais acheté Argento, il avait également un fort caractère. Mais j'avais mis ça sur le compte de ses antécédents. Il avait été maltraité et négligé. Cela ne faisait pas de doute. Il m'avait suffit de voir les marques de coups sur sa robe, d'un blanc plus que douteux. Ses yeux qui examinaient chaque personne croisée sur le marché, ses narines nerveuses et ses muscles tendus. C'était un cheval nerveux que j'avais acheté. Nerveux et en colère et je ne savais pas si j'aurais pu en faire quelque chose. J'avais simplement fait parler mon instinct. Ce dernier ne m'avait pas trahi. Argento s'était révélé un excellent cheval. Il fallait juste mériter sa confiance et lui montrer que je ne lui voulais pas de mal. Depuis, il ne m'avait jamais déçu. Même en campagne, Argento s'était montré un cheval courageux, qui ne reculait pas devant la difficulté, que ce soit avec les hommes étrangers, ou avec les terres qui pouvaient s'avérer arides et inhospitalières. Spiritus venait au monde dans un environnement bien plus favorisé que son père. Il avait tous les soins qu'il pouvait attendre. Il avait de la nourriture en abondance, tout comme de l'attention. Mais j'attendais de lui qu'il se batte comme son géniteur. Il devait me montrer de quoi il était capable. S'il avait l'étoffe d'un bon cheval de cavalerie. Alors je pouvais le dresser comme les autres pour faire parti de la tourme. Dans le cas contraire, il restera dans les écuries et ne me servira que pour le « transport ». Mais j'espérais vraiment qu'il allait avoir le même caractère que son géniteur. Le caractère faisait toute la différence entre un cheval et un autre. Avec celui de son père, j'attendais de lui qu'il excelle comme l'avait fait avant lui, Argento. Aux paroles de Rufia, j'acquiesçais doucement de la tête. Oui, pour un premier poulain, Argento et Roma avaient fait correctement les choses. L'avenir nous dira s'il a les mêmes capacités que ces géniteurs. Roma était un jument robuste dont la silhouette était proportionnelle et bien dessinée. Le choix de la présenter au pur-sang avait été judicieux.

J'aimerai déjà pouvoir entrevoir ce que sera le futur du poulain. Pour l'instant, je devais me montrer patient. Sa venue au monde avait été chaotique. Et nous devions tous lui laisser le temps de se relever. Ici, il ne manquerait de rien. C'était à lui, à présent de montrer ce dont il était capable. Même le comportement qu'il avait, avec sa mère à ce moment précis, me montrait que je pourrais avoir de belles surprises. Je regardais une nouvelle fois la patricienne qui avait repris la parole. Un fin sourire se dessina sur mes lèvres au fur et à mesure des mots de la jeune femme. Je reconnaissais bien là, la ruse féminine. Aurea était pareille. Quand elle avait quelque chose à l'esprit, il était difficile de lui faire changer d'idée. Elle était têtue. Mais j'avoue que c'était une qualité que j'appréciais chez elle. Et j'étais certain que cela pouvait lui être utile avec Septimus.

« Je suppose que tes parents voulaient te préserver. Un accident est si vite arrivé. »

Je me rappelais de celui dont j'avais été victime il y a quelques années. Justement, quand j'avais ramené Argento à la maison. Virginia et Aurea s'étaient précipitées vers moi. Elles avaient effrayé le cheval qui s'était cabré et malgré toute ma bonne volonté, j'avais été éjecté de son dos. Je m'étais retrouvé avec quelques ecchymoses et une épaule démise. Un cheval restait un animal sauvage. Tous les chevaux qui étaient à la Meridiana étaient des butins de guerre. Je les avais ramené de mes campagnes. Ils étaient donc sauvages, parfois hostiles et habitués à des terres différentes. Je n'étais pas surpris qu'elle sache monter à cheval. Elle m'avait déjà fait part de cette confidence. Je souriais à ces propos.

« Peut-être devrais-tu mettre autre chose qu'une stola pour monter. »

Il existait des vêtements bien plus confortables. Toutefois, je doutais que Rufia soit d'avis d'en porter. Elle était une jeune patricienne, ravie de porter des parures et des robes plus sophistiquées les unes que les autres. Mais j'avais déjà vu des femmes qui montaient et qui ne portaient que des tuniques ou des braies comme les hommes.

« Quant à Italia, je ne verrais aucune objection à ce qu'elle vienne vivre ici. Elle est ta jument. Il me semble normal qu'elle fasse partie de cette écurie, enfin si ton frère t'y autorise. »

Je ne connaissais pas encore très bien Marius pour savoir qu'elle allait être sa réaction à la demande de sa sœur. Quoiqu'il en soit, même si Italia ne venait pas vivre à la Meridiana, Rufia pourra avoir son propre cheval. Faire du cheval était un bon exercice et cela pourra lui permettre de prendre l'air. Le domaine était assez vaste pour qu'elle puisse d'y évader quand elle le voulait. Reportant mon regard sur Spiritus, je voyais le poulain profiter à présent des attentions de sa mère. Il semblait même apprécier. Il fermait les yeux sous chaque caresse de Roma. Quand j'étais gosse, je me souvenais que je pouvais passer des heures dans les écuries à observer les poulains et les autres chevaux qui s'y trouvaient. Cela ne changeait pas. Observant la scène, je prêtais toutefois une oreille attentive à ma fiancée qui se trouvait maintenant devant moi. Je restais derrière elle, de sorte que même si elle faisait un faux mouvement, je pouvais ainsi lui éviter une chute. Quand elle s'empourpra, je secouais doucement a tête.

« Tu n'as rien à me redonner en échange. Quand j'offre quelque chose, je n'attends rien en retour. »

Ou tout au moins, pas avec Rufia, ni avec d'autres. Cela fonctionnait davantage avec les autres politiciens et légionnaires que je connaissais. Là, il n'était question que de compromis et de retour de politesse. Je n'avais pas envie que ce soit la même chose avec la femme qui allait porter mes enfants, ma future épouse. Toutefois, voyant qu'elle semblait tenir à cette réciprocité, j'ajoutais tout en posant mes mains de chaque côté de Rufia. De mon mètre quatre-vingt-cinq, je la dépassais largement de trois bonnes têtes.

« Mais si tu insistes, j'aimerai que tu n'hésites pas à venir me parler quand tu en as envie. Que tu viennes me parler de tout ou de rien. Je voudrais apprendre à te connaître et quoi de mieux, que de le faire de ta propre bouche. »

J'avais déjà entendu assez de choses à son sujet. Mais c'était toujours des stéréotypes dues à sa classe et à sa condition de fille unique. Je voulais qu'elle me parle d'elle, de ce qu'elle aimait, ce qu'elle faisait. Et d'ailleurs, c'était dans cette même optique que je lui avais demandé comment elle abordait sa nouvelle vie à Pompéi. Dans ses paroles, je ressentais le désarrois de la jeune femme. Elle était seule ici sans aucun repère fixe, si ce n'est des parents dont elle n'est pas particulièrement proches.

« J'imagine que cela doit être difficile pour toi. Mes sœurs, ma mère et mes tantes seront là pour t'aider à t'intégrer aux Pompeii mais aussi pour te faire découvrir la cité. Aurea est constamment hors de sa villa. Je suppose qu'elle pourra te servir de guide dans les vias de la cité et te faire découvrir toutes les boutiques qu'elle affectionne. Quant à ma mère, elle ne remplacera jamais la tienne mais je suis certain que vous allez bien vous entendre. Elle est très instinctive et elle donne de bons conseils. Mais si vraiment, tu as des difficultés ou que tu ressens le besoin de voir les tiens, je ne m'y opposerai jamais. Tu pourras voir ton frère, ta cousine ou encore ta tante aussi souvent que tu en ressentira l'envie. »

Je n'étais pas là pour la couper de sa gens. Elle fera toujours partie des Claudii. Et je n'ai nullement l'envie de changer cela. Je sais que cela a beaucoup d'importance pour elle. Je pouvais essayer de le comprendre. J'avais l'habitude d'être en campagne. Et je revenais sporadiquement à Pompei. Mais quand je revenais, j'étais toujours bien heureux de retrouver ma famille. Après un instant de silence, je me reculais et je lui proposais:

« Que dirais-tu de faire une balade sur le dos d'Argento? Les terres de la Meridiana bordent la mer en contrebas. Ce serait une belle promenade. »
Patricien
Lun 3 Fév - 20:00
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Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Les Romains éprouvaient une sorte de culte pour leur cheval. Ou plutôt pour leurs chevaux. Il fallait reconnaître que, d'une certaine façon, le prestige d'un patricien pouvait aussi bien passer par le prestige de ses écuries que par le prestige de son maniement des armes et des belles perspectives que lui offrait une descendance plus ou moins nombreuses. Plus un cheval se montrait fort, excellente monture, et racé, plus il attirait les regards mais aussi les envies d'en posséder un pareil. Les gros percherons n'étaient pas à la mode, réservés pour l'agriculture, mais représentaient eux aussi une certaine force, celle du travail. Mais le cheval était aussi un marqueur de rang social : l'entretien et la possession de tels animaux avait un certain coût. Et tout le monde ne pouvait pas se permettre d'en posséder plusieurs. Entre nourrir sa famille et faire vivre un cheval, il n'y avait aucun doute à avoir : ce serait toujours le vivrier qui passerait avant. De la même façon, tous n'apprenaient pas à monter à cheval. Et de ce point de vue là, Rufia se savait chanceuse. Surtout si l'on rapprochait cette autorisation au fait que, encore une fois, elle était l'unique fille de sa fratrie, et que sa simple existence avait une certaine valeur, augmentée de par son appartenance à la gens des Claudii, et de par son unicité en tant que seule fille de Marcus Claudius Urbicus.
    « Marcus ! » Elle avait brusquement tourné la tête vers lui, les yeux légèrement écarquillés et un sourire mi-amusé, mi-surpris sur les lèvres. « Si j'avais choisi de me passer de stola pour lui substituer quelqu'autre tenue, mon père n'aurait pas eu ma tête, mais il aurait au moins eu bon nombre de mes droits d'aller et venir, et de prendre des libertés par rapport à l'image de la jeune patricienne non mariée traditionnelle ! » Elle secoua doucement la tête, avant de lui sourire de plus belle, amusée et aussi un peu étonnée. Mais ce sourire laissa place à de la reconnaissance. « Merci beaucoup ... S'il ne m'y autorise pas, peut-être pourras-tu intercéder en ma faveur ? ... »
Rufia avait un terrible problème avec la dépendance. Elle n'était pas sourde, elle avait des oreilles, et une forte force de persuasion. Disons plutôt qu'elle savait faire plier le plus récalcitrant, de par un regard, ou une moue attendrissante. Diona, ainsi, ne pouvait pratiquement rien lui refuser, pas même lorsqu'elle se voyait demander ce que les gens pensaient de Rufia et de sa gens. Ainsi, la jeune patricienne savait déjà que, pour les plébéiens, tout semblait bien trop souvent être d'ores et déjà accordé, et surtout octroyé aux membres de la caste supérieure. Ce qui chagrinait un peu Rufia, bien consciente qu'ils n'avaient pas tord. Dès lors, elle s'était dit que, aussi souvent que possible, elle tenterait de mériter ce qu'elle recevait, ou du moins de s'en montrer reconnaissante. Même si cela pouvait paraître échevelé et un peu incompréhensible. Elle ne se montra pas plus surprise que ça face aux réticences initiales de Fortunato. Après tout, ils avaient été éduqués dans le même monde, celui des patriciens, avec tous les stéréotypes et toutes les conventions qui allaient avec. Cependant, elle se montrait soulagée de voir qu'il lui accordait un compromis sans lui opposer une fin de non recevoir ferme et définitif. Elle l'observait alors, doucement, comme pour ne pas se focaliser sur la position qu'il avait adopté, physiquement.
    « De moi en tant que Rufia, je suppose, pas en tant que Claudia Rufia ? ... Je suppose que cela pourra se faire ... » Ele hocha doucement la tête, en haussant quelque peu les épaules.
Son visage redevint plus sérieux avec la suite de leur conversation. Il n'y avait de toute façon pas de quoi rire. Ce qui était rassurant pour elle, en revanche, c'était qu'elle ne ressentait aucune once de moquerie ou de jubilation dans les paroles de son futur époux. Il se montrait même compréhensif, et tout ceci apparaissait comme honnête et non hypocrite aux yeux de la jeune patricienne. Dans un sens, cela la soulageait énormément. Il ne s'agissait pas là d'un sujet facile à aborder pour elle, mais il s'agissait d'un sujet important. Fortunato voulait de l'honnêteté, tout comme il voulait en savoir et en comprendre le plus d'elle. Elle venait plus ou moins de s'exécuter à l'exercice, et Fortunato ne l'avait pas repoussée, et n'avait pas minimaliser son ressenti et ses quelques craintes. Son fiancé lui offrait presque sur un plateau les femmes de sa gens, ce qui la fit sourire. Et s'attendrir face à la proposition, et à la façon dont il parlait de sa mère. De quoi promettre de beaux horizons à leurs futurs enfants quant à leur relation avec leur père. Fortunato semblait avoir une réelle affection et attention pour les siens, ce qui était très important aux yeux de Rufia, très attachée à sa gens, mais surtout, plus généralement, à l'attachement que l'on a pour les siens.
    « Je vais épouser toute ta gens j'ai l'impression ! ... Tant qu'elles agissent sur la base du volontariat et non de la pitié, ce sera avec plaisir ... [...] Les miens conserveront toujours une grande importance dans mon cœur, mais je veux que tu saches que ce n'est pas pour autant que je serais hermétique à ... Au fait d'agrandir ma famille en considérant les tiens comme les nouveaux membres d'une famille élargie et enrichie. »
Et elle resta là, légèrement tremblante, et un peu rougissante, car elle tentait réellement de lui faire prendre conscience du fait qu'elle était capable de s'adapter à sa future vie. Helvia lui avait conseillé de ne jamais restreindre son cercle de connaissances, familiales ou non, et elle souhaitait déjà s'employer à suivre ses conseils. Mais il s'agissait sans doute de surtout faire comprendre à Fortunato quelque chose qui pouvait lui échapper : en tant qu'homme, il resterait éternellement membre de la même gens, là où une femme était vouée à entrer dans une nouvelle gens via une union matrimoniale, quelle que soit celle-ci. Mais finalement, après un silence, Fortunato lui faisait une proposition des plus plaisantes. Cependant, la jeune patricienne se retint de lui répondre du tac au tac, pour éviter d'apparaître ... D'apparaître comment, d'ailleurs ? ...
    « Ce sera avec plaisir, mais seulement si tu penses qu'Argento m'acceptera. Je sais que certaines montures ne tolèrent qu'un seul cavalier. Sabin, le cheval de mon père, n'a jamais voulu que ma mère le monte, y compris lorsque mon père était le cavalier ... »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Dim 9 Fév - 12:06
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Un fin sourire s'afficha sur mes lèvres à l'exclamation de la jeune femme. Cela ne m'étonnait même pas. J'apprenais à la connaître et je savais que la patricienne tenait beaucoup aux apparences mais aussi à ce que pourraient dire les gens sur elle. Normal, vu sa condition, c'était le cas de la plupart des jeunes femmes que je connaissais. Rufia aimait rester sur des sentiers banalisés. Je ne pensais pas que c'était par peur de la nouveauté. Mais je pensais plutôt que c'était par respect pour sa famille et les personnes qui avaient mis beaucoup d'espoir en elle. Restant derrière elle, je ne faisais aucun commentaire à sa réponse. Je voulais qu'elle tente d'oublier un peu le carcan dans lequel on l'avait élevé. Une femme pouvait être libre de ses choix, de ses pensées, de ses désirs. En tout cas, c'était ce que je pensais. Je n'avais jamais rabaissé une femme par son statut. Et j'espérais voir mes sœurs acquérir un statut à part entière dans la société, et pas seulement en tant que femme de ou fille de. Enfin, je pensais à Aurea. Virginia elle, s'était recluse dans une vie que j'avais du mal à comprendre. Mon père en était fier, moi, je trouvais juste cette décision triste. Je ne voulais pas que mes enfants, mes filles ou juste l'une d'elle, aient si peur de moi, ou de leurs destinés, qu'elles pourraient préférer les temples plutôt que notre propre domus. Je ne voulais même pas le concevoir. Non, je ne serais pas un père comme le mien avait pu l'être avec mes sœurs et moi. Mes filles même nées « filles » seront libres de leurs choix. Je serais toujours là pour les soutenir et les laisser s'épanouir. Oh je ne doute pas que j'aurais sûrement affaire à des caractères bien trempés mais j'étais d'avis que rien n'était impossible, du moment que la compréhension était présente et réciproque. C'était l'un de mes vieux d'avenir le plus cher. Puis à la question de la jeune femme, je hochais doucement de la tête.

« Pourquoi ne le voudrait-il pas? Il sait que tu aimes Italia et qu'elle est ta jument. Pourquoi donc s'opposerait-il à ce qu'elle vienne vivre ici avec toi? » Je ne connaissais pas encore très bien Marius, l'aîné de Rufia. Mais j'avais cru comprendre qu'il était quelqu'un d'entêté. Et ce défaut n'était pas toujours un atour dans les négociations ou même pour la moindre discussion. Toutefois, je savais que ma fiancée tenait beaucoup à cette jument alors j'ajoutais, par la suite: « Mais tu peux compter sur moi pour lui dire deux mots s'il reste sourd à ta demande, c'est promis. »

En même temps, je ne vois pas pourquoi il n'autoriserait pas Rufia à garder sa jument. Après tout, elle se mariait. Il pouvait bien lui faire ce cadeau s'il aimait sa petite sœur comme il semblait vouloir me le montrer et me le faire comprendre depuis que mes pas avaient foulé la villa Claudii. J'observais ensuite la jeune femme quand elle reprit la parole. Oui, je voulais la connaître. Je voulais que cela vienne d'elle. Qu'elle m'apprenne qui elle était, et avec ses propres mots. Je ne cherchais pas à savoir qui était Claudia Rufia, juste Rufia, juste cette jeune femme que j'allais épousé dans quelques semaines, voir quelques jours. Je retirais mes mains que j'avais posé sur le bras, entourant alors la jeune patricienne pour me remettre à ses côtés. Je posais mes yeux bleus sur elle tout en poursuivant:

« Je t'assure qu'elles se feront toutes un plaisir de t'intégrer dans leurs discussions, leurs activités et leurs sorties. A vrai dire, je crois même que cela pourra être réciproque... » Je regardais à nouveau Spiritus et Roma avant d'avouer, d'un ton plus las. « Ma soeur est malheureuse en mariage, ta compagnie pourra lui faire du bien, j'en suis certain. Elle peut paraître frivole mais elle est très fragile. Même si elle ne dira jamais que ça ne va pas, enfin pas à notre père en tout cas. » Je reposais ensuite mon regard sur Rufia. « Je suis sur que vous allez bien vous entendre. » Cette amitié ne sera certainement pas une affliction pour ma petite sœur. Au contraire, je crois même que la présence de Rufia pourra lui redonner le sourire. Et inversement. Rufia avait besoin d'une compagnie, d'une jeune femme comme Aurea. Je ne disais pas que ma sœur avait toutes les qualités du monde, mais elles pourraient s'apporter beaucoup toutes les deux.

Gardant mes yeux sur elle, je venais de lui proposer de faire une balade. Il lui restait encore pas mal d'hectares à découvrir. Et quoi de mieux de le faire, que de trouver un point de vue des plus agréables. Aux paroles de la jeune patricienne, je souriais. « Argento obtempère, quelque soit ma demande. Même s'il n'est monté que par moi-même, il ne dira rien si je te hisse sur son dos. Il a du caractère mais il est obéissant. » J'avais mis du temps à gagner la confiance d'Argento. Et il ne m'avait jamais déçu. Quand je lui donnais un ordre, il obéissait. Il savait que je ne lui donnais pas d'ordre pour le mettre en péril ou le rabrouer. Donc il savait écouter mes demandes. Et cela avait toujours fonctionné de cette façon. Je demandais donc à ce que Pietros prépare le pur sang alors que Rufia et moi, faisions le reste de la visite des écuries. Quelques minutes plus tard, je m'approchais d'Argento en compagnie de la patricienne. On avait déposé sur son dos, un tissu rouge sous lequel était posée une ceinture décorée en argent et en cuir noir afin de se stabiliser. Un esclave déposa un marche-pieds près de l'équidé et je tendais ma main à Rufia pour l'aider à se hisser leur le cheval. Une fois installée, je prenais les rênes d'Argento, quittant la cour extérieure de la domus. Marchant à côté du cheval, je reprenais la parole.

« Au delà de la domus, la villa possède un terrain qui s'étend jusqu'à la plage. Je vais souvent y faire courir Argento. » Je jetais un oeil au cheval qui trottait d'un pas régulier à mes côtés, avant de caresser son encolure. « N'est-ce pas? » Le cheval se mit à hennir comme pour confirmer mes propos.
Patricien
Mer 12 Fév - 22:30
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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Visiblement, Fortunato ne cernait pas encore très bien Marius, frère de Rufia, et donc son futur beau-frère, à lui. Mais cela ne surprenait pas réellement la jeune patricienne. Les deux jeunes hommes ne se connaissaient que très peu. Ils n'avaient pas eu la même vie, et n'avaient visiblement pas le même caractère. Et majoritairement, Fortunato ne connaissait Marius qu'au travers du regard de Rufia, pour l'instant. Et celle-ci était loin d'être neutre, ou objective, concernant son frère. Elle lui reconnaissait certes d'immenses qualités, mais dans le fond, comme c'étaient ses défauts qui lui posaient problèmes, et que c'était ça, qui accrochait et créait des frictions, il était bien évident qu'elle faisait le plus souvent ressortir les zones d'ombres et ténébreuses de son frère ... Et puis, le contexte familial dans lequel avaient évolués et grandis les deux patriciens étaient bien différent l'un de l'autre. Fortunato était le seul garçon de sa fratrie, quand chez Rufia, des fils, il y en avait eu, un temps, 4, puis 3. Sans parler des cousins, eux aussi membres de la gens des Claudii. Et puis, Marius Claudius Urbicus lui semblait être un être plus dur, froid, lointain et mutique que Lucius Pompeius Publicola, plus en verve et plus grand orateur. Plus souriant, aussi. Ses cheveux blonds y faisaient sans doute pour beaucoup, quand ceux du père de Rufia tiraient plus sur le châtain. Rufia, elle, tenait ses cheveux roux d'un savant mélange de gêne, entre la blondeur de sa mère et les cheveux plus Terre de Sienne de son père. Une Terre de Sienne à l'ombre, et non touchée par les reflets chatoyants et lumineux du soleil.
    « Italia n'est pas exactement ma jument. Elle a servi à régler une dette, contractée auprès de mon père par je ne sais plus qui. Il a toujours plus ou moins fais comme s'il m'avait offert Italia. Mais Marius, lui, ... Il est assez illogique, parfois. Et il pourrait penser qu'en m'autorisant à emmener Italia avec moi, ce serait m'encourager à braver les conventions sociales en me donnant les moyens de monter à cheval sans avoir à demander à qui que ce soit l'autorisation. » Elle secoua légèrement la tête de droite à gauche, un léger sourire désillusionné aux lèvres. Marius était celui qu'il était. Il était son frère, et elle l'aimait. Elle serait même prête à commettre l'impensable et l'irréparable pour lui. C'était ainsi. C'était instinctif, naturel, dans ses veines. Cela transcendait tout, et venait contredire les scenarii et ressentis préexistants. Mais aux dernières paroles de Fortunato, elle inclina respectueusement et poliment la tête, comme pour le remercier.
Venait alors une discussion orientée vers les femmes de la gens des Pompeii. Un changement de sujet des plus bienvenus pour la jeune femme. Pas parce qu'elle se sentait lassée ou mal à l'aise concernant tout ce dont ils avaient préalablement parlés. Non. En réalité, c'était simplement qu'elle, elle était issue d'une gens majoritairement masculine, et que les jeunes femmes de la gens des Claudii se comptaient presque uniquement sur les doigts d'une seule main. Se socialiser avec d'autres femmes était une très bonne idée pour elle, et encore plus lorsque ces jeunes femmes se trouvaient être futures membres de la même gens qu'elle. Ou plutôt lorsqu'elle s'apprêtait, elle, à intégrer leur gens, et à élargir son cercle de connaissances de leur présence à elles. Et puis, qui mieux qu'elles, élevées ici, à Pompeii, pour lui faire découvrir la vie dans son nouveau lieu de résidence ? Certes, Helvia aussi pourrait être des plus indiquées pour la conseiller et la guider dans cette nouvelle ville que celle-ci. Mais Helvia était plus âgée, et avait sûrement des choses plus cruciales à faire plutôt que de dépenser du temps à s'occuper de sa nièce de cette façon là. A choisir, Rufia préférait nettement passer du temps avec sa tante à discuter et à échanger de sujets sérieux plutôt qu'à aller folayer dans les rues de Pompeii. Cependant, l'expression poli et assez contentée que pouvait afficher la jeune femme se figea quelque peu lorsqu'elle apprit que sa future belle-sœur ne semblait pas être des plus heureuses en mariage. D'une certaine façon, cela venait réveiller en elle une certitude qui était sienne depuis longtemps : on ne se marie jamais par amour, et le bonheur n'est certainement pas l'objectif recherché par ceux qui ont tissés cette union.
    « Je suis désolée pour ta sœur Fortunato ... Je comprends mieux, maintenant, pourquoi tu tiens tant à ce que je me sentes à l'aise, et rassurée ... » Elle marqua alors une pause, avant de reprendre. « Je ne juge jamais en m'en tenant uniquement aux apparences. J'ai trop souvent été jugée pour mon apparence très féminine, avec mon joli minois, ma fine silhouette, et mes si jolis cheveux roux. » Elle fronça légèrement le nez, l'une de ses moues habituelles, et tout à fait incontrôlées. « Pour de jeunes patriciennes comme nous, il est parfois difficile de dire que cela ne va pas. Notre vie semble si dorée et idyllique, vue de l'extérieur. Et l'on attend tellement de nous ... » Un bref soupir. « Je me ferais un plaisir de passer du temps avec elle. ... Et de te dire quand ça n'ira pas. » Elle espérait fortement avoir bien anticipé la potentielle réaction de Fortunato, et observait, en espérant être discrète, sa réaction, lèvre inférieur légèrement mordue, et regard pétillant, comme lorsqu'elle était enfant et attendait de voir la réaction de son père après lui avoir récité parfaitement des vers de l’Iliade, par exemple.
Mais rapidement, tout ceci fut balayé par la légère excitation d'anticipation qui s'emparait d'elle. Sans trop savoir pourquoi, elle était plus que ravie de voir que son futur époux lui faisait suffisamment confiance et lui apportait déjà assez d'attention pour l'autoriser à monter Argento. Certes pas seule, mais de cela, elle se moquait bien. Un cavalier apportait toujours beaucoup d'attention à sa monture, et ne la laissait pas monter par n'importe quoi. C'était donc là, à ses yeux, un geste plus que bienvenu et attentionné de la part de Fortunato. Elle le suivait donc dans la suite de la visite des écuries, non sans pouvoir, cependant, y apporter toute son attention. Et elle observa surtout avec attention, au final, lorsque Argento fut préparé. Elle ne se figeait pas seulement sur l’apparat, mais apportait aussi grand intérêt aux courbes du cheval. Avant de réagir, avec un cran de retard, lorsque Fortunato lui tendit la main pour l'aider à se hisser. Posant alors l'une de ses mains dans celle de son fiancé, elle tint avec l'autre les pans de sa stola, pour ne pas se prendre les pieds dedans. Se positionnant alors du mieux possible, elle ne put s'empêcher de flatter l'encolure du cheval, du plat de la main, doucement, alors qu'un sourire naturel se focalisait sur son visage, et dans son regard, à mesure qu'elle sentait la chaleur de l'animal sous ses doigts. Avant d'adresser un éclat de rire à Fortunato, toute heureuse de monter Argento. Avant d'observer le paysage qui s'offrait face à elle, de sa hauteur gagnée. La plage ... Rufia avait toujours beaucoup apprécié la mer, sauf que Rome, ce n'était pas au bord de la mer. Il y avait bien Ostie, sauf qu'aux yeux de la jeune femme, il y avait toujours eu trop de monde, de cohue, et qu'en plus, cela sentait bien trop le poisson. Un détail, sans doute, mais de quoi lui avoir levé le cœur, à chaque fois.
    « J'aime de plus en plus cette villa ... » Elle se pencha à nouveau, doucement, et en veillant à ne commettre aucune imprudence et donc à ne pas tomber, pour flatter à nouveau l'encolure d'Argento, amusée de la complicité entre l'équidé et son cavalier. « Fortunato, tu risques de devoir prendre garde à ce que je ne prenne pas trop goût à ce genre de promenade. Je risquerais de délaisser l'intérieur de cette villa pour lui privilégier ses extérieurs, et sa plage ... Mais au moins, me voila assurée de pouvoir trouver du grand air et de l'espace au dessus de ma tête pour respirer. Je suis assez paradoxale, comme jeune fille ... J'aime le contact de ceux que j'aime, mais j'aime aussi ne plus sentir aucune emprise sur ma peau ... »



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Mer 19 Fév - 15:14
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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La Meridiana prenait forme peu à peu. La décoration était quasiment terminée. J'avais tout fait pour que la villa ne ressemble à aucune autre villa pompéienne. J'appréciais de me trouver dans un lieu différent, d'avoir un coin où je pouvais vivre, me détendre et m'occuper de mes cheveux. A cette intention, j'avais laissé Pietros commandait tout ce dont il avait besoin. Nous avions tous les deux travaillé sur les plans de l'écurie, ceux de la deuxième cour intérieure où les cheveux pouvaient se détendre mais aussi sur le manège qui était tout proche et qui me servait à dresser les pur-sangs. J'avais besoin d'espace et la Meridiana avait été érigé dans ce but. D'ailleurs, le grand bassin à l'Est de la villa, n'était semblable à aucun autre. Il longeait la villa, encadrant toute cette partie. Ce qui mettait en valeur la dimension de la propriété. Et j’espérais que Rufia allait apprécier la demeure. Voilà pourquoi je lui avais dit qu'elle pouvait faire toutes les demandes qu'elle souhaitait, concernant la Meridiana. Je n'étais pas un expert de la décoration, et je préférais m'en remettre à une femme. Une femme qui sera capable de donner une touche de douceur dans cet agencement de bâtiment, de pierres et de bois. Pour l'instant, la visite semblait plaire à la patricienne. Elle avait ainsi, de cette façon, une première expérience sur sa future maison. Elle allait en être la domina et pour cette raison, sa présence ici était tout à fait appropriée. Aux paroles de la jeune femme, je reposais mes yeux bleus sur elle. Je ne connaissais pas encore tout de la jeune femme, même pas grand chose. Juste ce qu'elle m'avait laissé apercevoir. Et ces explications étaient les bienvenues. Mon beau-frère illogique? C'était toujours bon à savoir. J'avais perçu en effet chez lui, certains faux pas. Malgré tout, j'étais confiant quant au sort d'Italia. Je saurais me montrer persuasif, comme toujours. Je finissais toujours par avoir ce que je voulais.

« Et bien pour ma part, je trouve que te laisser Italia, serait au contraire, une marque de confiance pour ta nouvelle gens. Un signe de bonne entente et de réciprocité qui fera taire toutes les mauvaises rumeurs au sujet de ta propre gens. Ton frère souhaite sûrement apporter sa pierre à l'édifice. »

Je savais qu'un peu de flatterie avait toujours fait son effet, et surtout contrairement à ce que l'on pense, chez les patriciens. Après tout, c'était de cette façon, qu'on entretenait une alliance, des relations. Je savais pertinemment que mon futur beau-frère était au courant des us et coutumes. Aussi, je lui laissais le choix de ces actions. D'elles allaient dépendre notre entente future, mais surtout celle entre Rufia et sa nouvelle famille. Je n'avais pas envie que Marius s'immisce d'une façon ou d'une autre dans notre vie privée mais il restait son frère aîné, c'est lui jusqu'à notre mariage qui aura une autorité sur elle. Suivant le chemin de terre qui descendait la colline, je gardais une main bien serrée sur la rênes d'Argento qui suivait doucement à mes côtés. Le soleil venait se poser sur nos pas, se reflétant ensuite sur le paysage qui s'offrait à nous. Sur la droite, il y avait un champ où des esclaves entretenaient la terre et à gauche, un pan de colline qui menait jusqu'à une plage privée, enclavée plus loin par de gros rochers qui donnaient un point d'intimité à cet endroit. J'avais demandé à ce qu'on touche le moins possible au rivage. Je voulais garder l'aspect naturel des choses. On pouvait voir, un peu plus loin sur la plage, un pont de bois qui courait jusqu'à l'eau. C'était idéal pour faire une baignade ou un peu de pèche. Marbus m'avait montré la façon dont il péchait. Et je l'avais imité à une ou deux reprises. Cela me détendait. Bien sûr, il était hors de question d'en parler. Pécher, c'était pour les esclaves ou les plébéiens, pas pour les patriciens. Alors que la balade se poursuivait, Rufia reprit la parole. Je levais mon visage sur elle. Le fiasco du mariage d'Aurea n'était un secret pour personne. Tout le monde savait à Pompéi, qu'elle n'avait été qu'une monnaie d'échange. Cela avait permis à mon paternel d'avoir la main mise sur les élections. Je lui avais déjà dit ma façon de penser. Mais c'était lui qui avait l'autorité sur Aurea. C'est lui qui avait le dernier mot. Et elle, a subit ce mariage. Je répondais, tout en jetant un oeil à la mer plus bas. Ses vagues s'écrasaient sur le sable et les petits cailloux qui jonchaient le début de la plage.

« Je sais que tu ne la jugera pas sans te faire ta propre opinion. Malgré tout, ce n'est pas le cas de la plupart des habitants de cette cité. Les rumeurs sont parfois dures et il faut alors savoir compter sur sa gens et les amis qui ont mérité notre confiance pour supporter ces mots et garder la tête haute. »

Ma soeur ne dira jamais que cela ne va pas. Elle se cache derrière son statut de fille et femme de Duumvir. Mais il suffit de l'observer un peu, quand elle pense que personne ne la regarde pour se rendre compte que toute lueur a déserté ses prunelles autrefois si brillantes. Oui, elle peut s'acheter tout ce qu'elle veut: des vêtements, des esclaves, de l'or, des bijoux, mais le bonheur lui, ne s'achète pas. Je reportais ensuite un regard sur Rufia et je hochais doucement de la tête à ses derniers mots.

« Je te remercie. »

Aurea avait peut-être parfois un mauvais caractère. Elle pouvait se montrer hautaine et capricieuse, jalouse ou même lunatique. Mais elle était sincère en amitié et quand on gagnait sa confiance, on ne la perdait pas. A moins de commettre une bien triste erreur, or je savais que Rufia avait besoin d'amie de son âge. Et qu'une amitié comme celle-ci, on l'entretenait soigneusement. Je reportais mon regard sur la patricienne quand cette dernière reprit la parole. Un sourire ravi s'afficha sur mes lèvres. Il s'étira un peu plus aux confidences de la jeune femme.

« Je suis ravi de constater que la propriété te plait autant. Et tu pourras passer autant de temps que tu le souhaites ici. Je comprends parfaitement que tu aimes cet endroit, c'est celui que je préfère, après les écuries et le manège pour mes chevaux. »
Patricien
Jeu 27 Fév - 23:03
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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₪ Moi en quelques mots:
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Un instant, ce fut comme une petite gifle.Cela avait été plus fort qu'elle, même si elle savait la réaction parfaitement déplacée, ou plutôt, tout à fait inappropriée. Bien sûr que Fortunato ne pensait pas à mal. Et bien sûr, aussi, qu'il n'avait sans doute aucunement eu envie de s'en prendre à elle, d'une façon ou d'une autre. Mais, un instant, ce fut comme si les paroles de son fiancé venait briser le petit cocon dans lequel son subconscient et son inconscient s'étaient progressivement plongés, à mesure de leur conversation et de cet instant passé ensembles. Brusquement, Rufia se retrouvait de nouveau confrontée à la réalité des choses : les gens parlaient. Ils n'avaient de cesse de le faire. Et ils ne parlaient malheureusement pas qu'en bien. La gens des Claudii était dans le collimateur de nombreux patriciens. Nombreux étaient aussi ceux qui auraient voulu les voir, tous autant qu'ils étaient, réduits à néant. Nombreux seraient donc ceux qui ne manqueraient aucune occasion pour tailler dans le vif, critiquer, et regretter des temps bien plus ténébreux, encore, pour les Claudii. Et le mariage de Rufia ne serait certainement pas la circonstance et l'évènement qu'ils snoberaient le plus, bien au contraire. Bien au contraire car, effectivement, cette union lierait deux grandes familles patriciennes, lorsque celle du futur époux était, elle, encore bien debout, et toujours aussi puissante. Tout ceci lui revenait à l'esprit, brusquement, et la jeune patricienne ne put s'empêcher de tourner le visage vers Fortunato, et de plonger son regard dans le sien, avant de se lancer, pendant de brèves secondes qui, pourtant, pourraient en paraître bien plus, dans la quête d'une quelconque attaque, d'un quelconque assaut de la part du jeune patricien. Mais elle ne trouva rien de tout cela, car il n'y avait probablement rien à trouver de ce côté là. Cessant ce petit manège encore plus vite qu'elle ne semblait l'avoir commencé, elle ferma un instant les yeux, et décida de quelque peu se laisser bercer par les mouvements d'Argento. Cela l'apaisait, d'une certaine façon. Cependant, la suite de leur conversation lui permit quelque peu d'extérioriser tout ce qu'elle pouvait ressentir au sujet de cette thématique de la rumeur, du mensonge, et de cette déviance consistant à vilipender sans aucune vergogne, et en en tirant un plaisir et une satisfaction sadique et mal placée. Et puis, elle pouvait quelque peu se dissimuler, et prétendre ne parler que de la sœur de son fiancé, et non pas d'elle-même, ou de ce qu'ils avaient pu connaître, les siens et elle.
    « Certaines rumeurs s'avèrent de bien meilleures armes que toute réelle arme de fer et d'acier. Elles peuvent trancher bien mieux que le fil d'une épée. Et lorsque l'on nait femme, il est bien plus complexe de faire entendre sa voix, dissonante, et défensive. Ce qui est très frustrant : tout le monde a un avis. Du moins c'est ce que je veux croire. Et c'est tellement dévorant lorsque l'on cherche à clore tes lèvres, ou à minimiser tes propos et tes actions. [...] Mais les plus douloureuses des rumeurs sont celles qui se fondent sur des éléments véridiques et réels : elles viennent déformer ce qui est déjà si douloureux à accepter et à assimiler. »
Rufia avait déjà entendu bien des rumeurs au sujet de son oncle et de sa tante. Elle n'avait pas vu leurs cadavres, Marius ayant empêché de la laisser être témoin d'un tel spectacle, estimait que leur cousine Cassia n'aurait elle-même même pas dû pouvoir voir tout ceci. Mais son frère l'avait informé de ce qu'il y avait à savoir, justement parce qu'il avait sans doute reconnu sans tergiversation ou minimisation, pour l'une des premières fois de sa vie, que sa jeune sœur n'était pas une frêle silhouette fragile et pouvant être détruite et mise à terre face à la moindre brise. Il avait surtout sans doute voulu qu'elle ne soit pas perdue au milieu de folles rumeurs. Et Rufia lui en était déjà si reconnaissante : car elle avait déjà entendu tant de choses, tant de tableaux effarants avaient été reconstitués, via la rumeur. Savoir que toutes ces rumeurs étaient fausses la rassuraient, et la peinaient moins qu'elles n'auraient pu le faire si Rufia n'avait pas su la vérité, malgré tout. Ce qui n'annihilait en rien totalement toute cette peine et cette souffrance véhiculées, sans parler du fait qu’inconsciemment, et par réflexe, votre esprit cherchait à mettre en image ces rumeurs, sanglantes, barbares, mais follement erronées et sadiques. Face aux remerciements de Fortunato, Rufia lui adressa un doux sourire, éclairant son visage et ré-haussant l'éclat de son regard, avant d'incliner légèrement la tête, respectueusement, et poliment. La conversation semblait finalement dériver vers plus de légèreté, changement bienvenu s'il en était !
    « L'un des points positifs, c'est qu'il semble qu'il sera aisé pour nous où savoir où se trouve l'autre, en cas de besoin, car, visiblement, il semble que nous serons amenés à ne jamais être très loin l'un de l'autre ! » Un nouveau sourire s'étira sur son visage, soulignant ses fossettes encore un peu enfantines et surtout mutines. Un soin rajeunissant, sans aucune manipulation esthétique de quelque ordre que ce soit. « Je n'ai jamais pris le bateau ... Tu crois qu'il y a réellement des sirènes, sous ces flots ? Et des néréides ? ... Mère me racontait tant de mythes, avant que je ne m'endorme, lorsque j'étais encore enfant. Et je rêvais alors que je marchais sur une plage, et que je laissais peu à peu les vagues m'emporter, jusqu'au plus profond de l'océan, alors que je nageais alors avec toutes ces nymphes marines. Père disait que je rêvais juste d'aventure. Et que même en dormant, j'étais incapable de rester en place, et de me conformer aux attentes médianes de la Société. Il y avait aussi ces chevaux marins, dans mes rêves ... Blancs comme les coquillages que l'on ramasse sur la plage. Et magnifiques. » Par instant de réflexe, Rufia flatta alors l'encolure d'Argento, une nouvelle fois, comme pour parer à tout signe de protestation de la part de l'équidé. « Mais tu es l'un des plus beaux chevaux que j'ai vu, même en rêve, Argento. Rassures-toi ! » Tournant alors le regard vers Fortunato, elle plissa les yeux, amusée.



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mer 5 Mar - 21:53
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Alors qu'Argento descendait d'un pas mesuré jusqu'à la place, je repensais à Aurea. Cette dernière avait non seulement souffert de son mariage, de cette incompatibilité qu'il y avait entre Septimus et elle, mais aussi des rumeurs qui couraient à son sujet. Bien sûr, elle était le sujet de rumeurs depuis qu'elle était enfant. Être la fille aînée d'un haut fonctionnaire était difficile à supporter. Il fallait savoir encaisser les jugements, les affronts de gens qui ne vous connaissez pas. C'était ainsi. Aurea était fière. C'était une Pompéi. Mais elle était avant tout une femme fragile qui avait besoin d'être protégée. Bien sûr, je ne parlais pas d'une protection physique. De par son statut et la fonction de son père puis de son époux, elle ne sortait jamais sans deux gardes du corps. Non je pensais plutôt à la rendre un peu plus hermétique aux paroles des gens, à leurs jugements. Qui mieux qu'une amie sincère pouvait remplir cette tâche. C'était ce que je pensais quand j'avais proposé à Rufia de devenir amie avec Aurea. J'étais confiant dans le fait que les deux patriciennes pouvaient s'entendre à merveille. Bon certes, Aurea avait parfois un sacré caractère. Mais Rufia n'en était pas dépourvu. J'étais certain qu'elle pourrait remettre ma sœur à sa place si cette dernière allait un peu trop loin, que ce soit dans ses commentaires ou ses actions. Et puis, cela permettra à ma fiancée de découvrir ma gens d'une autre façon. Et pas seulement, en ne se fiant qu'à mes parents, qu'elle avait déjà rencontré. Je posais une main sur la robe du pur-sang, le flattant de temps à autre. Rufia avait besoin d'une présence féminine à ses côtés. Tout comme Aurea, qui passait un peu trop de temps avec la gente masculine à mon goût. Il fallait qu'elle change un peu ses habitudes. Sinon notre père allait lui flanquer un autre garde du corps mais pas seulement pour sa protection rapprochée. Mais aussi pour lui rapporter le moindre fait et geste de la jeune femme. D'ailleurs, je me rappelais d'une après midi qu'Aurea et moi avions passé ensemble. Elle avait pesté contre cette idée que notre père avait eu. J'imaginais donc sans mal qu'elle aurait plus de mal à supporter ce genre de présence. Aux paroles de Rufia, je reposais mes yeux bleus sur elle. J'acquiesçais doucement de la tête. La jeune patricienne avait raison. Et c'était justement à ça que je pensais quand je songeais un peu à ma jeune sœur quelques minutes plus tôt. Cependant, les paroles qu'elle prononçait, étaient encore plus lourdes de sens. Je sentais par le ton de sa voix, légèrement chevrotant, qu'elle parlait aussi de sa propre expérience. Sa gens avait connu bien des tumultes. Et elle savait ce que les mots pouvaient faire comme dommage. Elle aussi, venait d'une gens puissante qui avait connu des moments tragiques. Et certaines personnes aimaient frapper ceux qui étaient déjà par terre. C'était la triste réalité. Il y avait des lâches partout, et encore plus dans notre caste. Les coups bas étaient préférés aux confrontations ouvertes. C'était la façon d'agir préféré de mon paternel. Politicien, il préférait utiliser les mots. Pour preuve, Murena en avait fait les frais. Sa famille avait fui Pompéi comme des rats. C'était une façon d'agir déplaisante, malhonnête mais terriblement efficace.

Continuant de marcher aux côtés d'Argento, je lèvais une nouvelle fois mon visage vers Rufia pour admirer son doux sourire. Alors qu'elle reprenais la parole, je ne pouvais m'empêcher de la rejoindre dans la bonne humeur. Il était agréable de remarquer encore une fois que nous avions des points communs. Je ne pouvais donc qu'être d'accord avec les propos de la jeune femme. Je portais ensuite mon regard sur la mer toute proche quand Rufia parla des sirènes. Je haussais un peu les épaules tout en faisant attention où je mettais les pieds. Les rochers étaient un peu plus escarpés aux abords du sable. Je prenais soin à ce qu'Argento place correctement ses sabots. Puis une fois sur le sable, je relevais mon visage sur Rufia.

« Il n'est pas mal de rêver. Cela entraine l'esprit aux équations de la vie. Ouvrir ses sens et son esprit est aussi et avant tout, une acceptation des éventuels bouleversements que l'on peut rencontrer au cours de son existence. »

Je souriais un peu plus quand elle flatta physiquement et verbalement Argento. Ce dernier se redressa pour observer l'écume lécher le sable. Il adorait cet endroit et il avait l'habitude de courir en liberté. D'ailleurs, il s'impatientait en hennissant. Je levais donc mon regard sur Rufia et tout en tendant mes mains vers la jeune patricienne pour l'inviter à descendre du dos de l'étalon, je disais:

« Je te propose de faire quelques pas sur la plage. Argento a l'habitude de courir un peu. Nous serions bien cruels, toi et moi, de lui refuser ce plaisir. »

Je l'aidais donc à descendre du cheval. Je faisais attention à ce qu'elle garde une certaine tenue et qu'elle n'ai pas à relever un peu trop sa stola. Il n'y avait personne ici, à par nous, mais j'avais compris dès notre première rencontre que la jeune femme, faisait très attention à son attitude, à sa tenue. Ne voulant pas l'offenser d'une façon ou d'une autre, j'agissais de façon posée. Je reposais ensuite Rufia sur le sable. Une fois libéré de sa cavalière, Argento souffla un peu d'impatience, attendant mon autorisation pour s'éloigner. Une fois fait, il se mit à trotter sur la plage. Il aimait humer l'écume avant de plonger ses jambes dans l'eau. Je tendais mon bras à Rufia puis je reprenais la parole.

« L'endroit grouille de poissons. Il est facile d'en pêcher si on se pose là-bas, sur le dernier rocher qui plonge dans l'eau. C'est le lieu idéal pour remplir un panier. Il arrive souvent que le fils de Pietros vient pécher. Et il est doué ce gamin. »

Avançant avec Rufia, je lui montrais les bans de poissons qui passaient plus loin sur le rivage. Leur ombre se déplaçait doucement et en rythme. Des rochers, on voyait un peu plus distinctement ses poissons. Puis je lui demandais:

« Est-ce qu'une promenade en barque te plairait? »
Patricien
Mar 11 Mar - 22:50
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Tant de choses échappaient à votre contrôle. Tant de choses vous dépassaient, parce que tant de choses semblaient, en premier lieu, être l’œuvre des dieux. D'une certaine façon, c'était mieux ainsi. Cela vous poussait à vous dépasser, à ne pas rester statique. Il fallait cependant prendre garde de ne jamais heurter les dieux en se positionnant comme étant trop entreprenant, ou trop intelligent pour votre propre bien. Prométhée en avait ainsi payé le prix fort, après tout. Et nul ne souhaitait devenir le nouveau Prométhée, car il fallait bien reconnaître que de se faire dévorer le foie, chaque jour, par un aigle, n'avait rien de très enjôleur ni même de très plaisant et tentant. Icare aussi avait chuté, mais d'une autre façon, et pour d'autres raisons. Même si, dans le fond, lui aussi s'était avéré trop entreprenant, et en voulant plus qu'il ne pouvait et ne devait en avoir. De fait, Rufia partageait donc tout à fait le point de vue de son futur époux concernant les bienfaits intellectuels des rêves et des songes. Au final, il fallait simplement garder à l'esprit où se dressaient les limites infranchissables et létales, et tout irait assez bien dans le meilleur des mondes, ou presque. Car la jeune patricienne ne se leurrait pas et savait parfaitement que ce monde était loin d'être parfait. Après tout, n'y avait-il pas désormais un empereur que les siens n'avaient pas favorisés ? Un empereur qui avait causé la chute de Marc-Antoine, et la chute de plusieurs grandes familles patriciennes, dont celle des Claudii. Et désormais, il se pavanait et se croyait intouchable. Peut-être à tord, peut-être à raison : Rufia refusait de se prononcer là-dessus, même si elle avait bien sûr son opinion. Elle avait toujours plus ou moins une opinion, mais elle savait se garder de la partager et de la communiquer, dans certaines conditions et dans certains contextes. Cependant, elle n'avait pas à se réfugier dans ces pensées là, un peu trop sombres et ténébreuses, car Fortunato apportait le soleil dans la conversation, même si, dans le fond, Argento était sûrement l'instigateur de tout cela, malgré lui, peut-être, mais tout de même. En tout cas, sa seule présence et sa proximité suffisaient à laisser Rufia se sentir plus à l'aise et légère qu'à l'accoutumée. Les animaux, et particulièrement les chevaux, semblaient avoir cet effet là sur elle.

Tendant la main à Fortunato, après avoir souris à sa proposition, elle le laissa l'aider à descendre de monture, en veillant à ne pas chuter, et en surveillant aussi d'elle-même de sa bonne tenue. Rufia n'était pas prude. Du moins, elle ne pensait pas l'être. Elle était seulement une jeune patricienne encore non mariée, et qui avait su rester dans le droit chemin en conservant sa vertu. Et même si Fortunato n'était pas n'importe qui, parce qu'elle allait prochainement lier son destin au sien, il ne serait pas convenable pour elle de se laisser voir trop frivole et relâchée concernant certaines choses, et certaines règles de bienséance et de bonne conduite. Mais le jeune patricien veillant lui aussi à ce que pareilles choses ne surviennent pas, Rufia n'avait pas trop à s'en faire, ni même trop d'efforts à produire. Ainsi, elle ne se sentait pas trop engoncée, ni maladroite dans sa démarche et dans sa descente de cheval. Lorsque ses pieds foulèrent à nouveau le sol, elle se sentit brusquement revenir à une certaine réalité, en se sentant à nouveau attirer par la pesanteur terrestre. Un concept qui n'existait pas encore à son époque, mais un concept dont les sensations étaient tout de même présentes. En observant le petit jeu de regards entre le cavalier et sa monture, elle ne put esquiver qu'un sourire attendri et épanoui. Argento était une excellente monture, mais il avait aussi un caractère prononcé et particulier, à ce qu'elle en voyait, ce qui le différenciait d'autant plus de tous ces chevaux que l'on voit mais dont on ne retient ni le nom, ni même l'apparence, tant ils semblent tous se ressembler et se fondre dans le décor, sans se démarquer et sans même vous marquer, vous. Ils ne seraient pas là que cela aurait été la même chose, en somme. Mais, non, donc, Argento n'était pas de ces chevaux là. Une bonne chose, et une impression qui augurait bien des choses intéressantes dans l'esprit de Rufia.
    « Il est bel et bien dans son élément ... C'est charmant. » Se saisissant du bras tendu de son fiancé, Rufia ne tarda pas à avancer à sa suite, en restant attentive et réactive face à leur conversation. « Je n'ai que peu d'expérience concernant le poisson, je dois bien l'avouer. Bien sûr, dans mon assiette, j'aime ça, et l'on m'a déjà appris à savoir le confectionner. Du moins, à savoir quelles saveurs vouloir voir être associées avec le poisson, pour demander à ce tel ou tel plat soit préparé, sans réellement savoir cuisiner entièrement moi-même. Mais je n'ai jamais pêché, et je dois bien avouer que les rues d'Ostie ont su quelque peu me ... rendre prudente ? Lorsqu'il fait chaud, et que le poisson s'entasse sur les étales, les effluves qui en émanent ne sont pas des plus charmantes. »
Un petit éclat de rire fusa, alors qu'elle se disait que cela avait aussi sûrement à voir avec les différentes strates de marchands : certaines étales regorgeaient ainsi bien plus de mouches que de poissons effectivement consommables ... Le spectacle sous-marin étant en revanche, lui, des plus plaisants et enchanteurs. Cependant, Rufia marqua un temps d'arrêt, suite à la dernière question de son fiancé, et ce non sans s'accrocher un peu plus à son bras.
    « Je ... Oui, bien sûr ! » Elle arbora alors un sourire poli, mais surtout, très préfabriqué, avant de se radoucir et de se rappeler qu'elle ne devait pas mentir, ou prétendre. Pas avec lui. Pas avec Fortunato. Ils apprenaient à s'apprivoiser et à se faire confiance, alors, autant ne pas tout gâcher. Une moue plus enfantine s'accrocha alors à son visage, alors qu'effectivement, elle restait toujours bien accrochée au bras de son futur époux. « Je ne sais pas nager, tu sais. Alors, si on tombe ... Si on tombe, je dirais à tout le monde que tu as essayé de me noyer ... » La fin de ses propos s'agrémentait d'une petite provocation mutine et gentille, façon pour elle de dédramatiser la situation et ne pas s'attarder trop d'elle-même sur le fait qu'elle reconnaissait manquer de qualités dans un domaine.



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Sam 15 Mar - 18:11
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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J'avais appris avec le temps que les évènements ne tournaient pas forcément comme on l'avait espéré, ni même planifié. Certains projets changeaient d'objectif, d'autres étaient abandonnés. Il fallait savoir s'adapter aux aléas de la vie et aux changements que ces derniers peuvent engendrer. Et dans cette perspective, je ne pouvais pas dire que la vie était un long fleuve tranquille. Depuis mon retour de Parthie, j'avais l'impression que ma vie telle du sable fin, me filait entre les doigts. J'avais du mal à me poser quelques temps et me dire que le tourment était passé. Les désordres ne semblaient pas vouloir s’effacer. Mais dans tout cette agitation, je trouvais un peu de stabilité dans certains projets. Et ce mariage qui s'annonçait, en était un. Il représentait les bases de ce qu'allait être ma vie, pour les années à venir. J'aurais très bien pu ne pas m'en occuper, laisser ma gens organisait tous les préparatifs. Me contenter de regarder tous ces arrangements de loin, mais je ne voulais pas être un simple spectateur. Je savais que de ces entretiens, se fixaient dès à présent et peu à peu, les prémices d'une nouvelle vie, ma vie d'homme marié et de futur père de famille. Je souhaitais être présent dans ces préparatifs. Je tenais à avoir mon mot à dire et surtout, je ne voulais pas devenir la marionnette de ma gens. Fermer les yeux et acquiescer à chaque chose qu'on pouvait me dire ou chaque demande qu'on pouvait me faire part. Ce n'était pas du tout ma conception de ce mariage. Je n'avais absolument aucune envie d'être un pantin et d'attendre le dernier jour pour découvrir la patricienne qui allait être ma femme. Voilà pourquoi je tenais à rencontrer la patricienne. Le Duumvir était un bel orateur. Il savait enjôler son auditoire. Mais cela faisait longtemps que j'avais appris à ne plus me fier à ces mots. Je voulais voir Rufia de mes propres yeux, me faire une opinion sur la jeune femme. Je ne connaissais d'elle, que ce que Claudia Cassia avait bien voulu en dire à son nouveau confident en affaires matrimoniales.

Rufia apparaissait comme une femme complexe. Beaucoup plus complexe que son joli minois qui arrivait à dérouter bon nombre de personnes qui l'avaient croisé. J'en étais certain. Sous son teint légèrement doré par le soleil, ses prunelles brillantes et curieuses, se cachait une femme déterminée et consciente de son rôle à venir, et sa place dans la société. Comme beaucoup de patriciennes, elle savait qu'elle devait tenir un rang et ne surtout pas en bouger. Mais je n'étais pas de cette avis. Bien qu'ayant grandi dans les traditions, j'avais assez voyagé par delà les mers, pour découvrir de nouvelles façons de penser et d'aborder la société. J'étais conscient que les femmes avaient un rôle à tenir non seulement dans la société mais aussi dans les différentes sphères du pouvoir. Je voulais que ma femme soit non seulement la mère de mes enfants, mais aussi et surtout une alliée sur qui je pourrais compter, peu importe les bouleversements qu'allaient sûrement connaître notre vie. Des femmes belles et potiches, il y en avait beaucoup autour de moi. Des femmes qui se contentaient d'acquiescer aux avis parfois unilatérales de leurs époux ou de leurs pères. Mais je voulais autre chose pour ma vie de couple. Je ne voulais pas avoir à me méfier de ma femme. Et pour cela, je devais faire un effort et la laisser pénétrer dans mon univers, dans ma vie, mes passions. Je devais également apprendre lui faire confiance et pour qu'elle apprenne à son tour, à me faire confiance. Ce n'était pas évident puisque je n'étais pas du genre à laisser quiconque entrer dans mon espace personnel. Mais je voulais laisser une chance à Rufia, de me montrer que je pouvais lui faire confiance et lui montrer autant d'attention. Je savais bien que ce n'était pas facile pour elle non plus. Mais je me disais qu'avec du temps, cela était possible. Voilà pourquoi, je ne lui mentais pas. Et à chaque fois qu'elle me parlait ou me posait une question, je répondais avec franchise. Même si pour cela, je devais aborder certains aspects de ma vie qui demeuraient jusqu'à présent, privés.

Aux paroles de la jeune femme, je reposais mes yeux bleus sur elle. Je ne pouvais m'empêcher de sourire. J'avoue que l'image du poisson sur les étales n'était pas des plus raffinée. « Mais les poissons fraichement péchés n'ont pas cette odeur, je te rassure. Un poisson pour qu'il soit bon, il faut le pécher et le manger rapidement et non l'étaler pendant de longues minutes sous un soleil ardent. » Je péchais parfois quand j'étais en Parthie. Manger un poisson devant le feu, était le meilleur moyen de finir la journée. « Je pourrais t'apprendre à pécher si tu veux. J'ai essayé une fois avec Aurea. Mais elle s'est emportée parce qu'elle n'attrapait aucun poisson. Elle a glissé du rocher jusque dans l'eau. Et elle n'a plus jamais voulu venir avec moi. » J'esquissais un sourire. Avec le caractère volcanique de ma sœur, je n'avais pas été étonnée par sa réaction. Même si elle n'avait pas chuté de haut, et que sa robe avait été à peine mouillée. Je menais Rufia jusqu'au ponton où était attachée la barque. Marchant sur les planches de bois, je souriais à nouveau avant de la faire monter dans l'embarcation. Une fois la jeune femme bien assise, j'ajoutais alors en détachant la grosse corde nouée autour du pied du ponton. « On ne tombera pas. » Je repoussais doucement la barque du bord puis je prenais les deux rames en main pour nous éloigner du rivage. Tout en maniant l'embarcation, j'ajoutais: « Mais si tu tombes, je dirais qu'une sirène t'a emporté au loin. » Je l'observais, un sourire en coin tout en naviguant un peu plus loin dans l'eau. Une fois assez loin, j'immobilisais la barque, laissant la jeune femme admirer le paysage. De là, où nous étions, on pouvait apercevoir les côtes de Stabies. Face à nous, il y avait le mont Vésuve et bien sûr la cité de Pompéi et la Meridiana au bord de l'eau. Derrière nous, se trouvait de l'eau à perte de vue. Il y avait quelques barques de pécheurs un peu plus loin. Je me pensais un peu tout en disant: « Regarde la surface de l'eau, il y a un ban de poissons qui va passer sous la barque. »
Patricien
Sam 22 Mar - 19:32
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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₪ Moi en quelques mots:
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Il y avait eu une époque douce et sucrée, dans la vie de Rufia. Durant les premières années de sa vie, la violence du monde n'avait pas fait irruption dans sa vie. Cela avait été des années plus ou moins bénies, pour elle. Elle ne s'en souvenait malheureusement plus qu'à travers d'une dense brume, au sein de laquelle elle savait qu'elle confondait certainement mythes, rêves, et réalité. C'était plus fort qu'elle, et c'était, en quelque sorte, logique : elle était si jeune, à cette époque là, que cela remontait à déjà si longtemps ... Il y avait eu la mort de son frère, Maximus, qui venait également tout perturber. En ces temps là, on lui avait permis de vivre bien des aventures, d'explorer bien des expériences. De s'en enrichir, de s'en émerveiller, surtout. En ces temps là, elle avait connu les abords du Lac de Bracciano, à près de 15 lieues de Rome. Elle y avait trempé les pieds, mais n'avait pas eu le temps d'apprendre à y nager, pas comme ses frères. Et après ça, l'orage avait grondé de plus en plus fort, et on l'avait de plus en plus recluse à l'intérieur de l'enceinte des murs de la villa familiale, à Rome. Parce qu'elle était plus jeune qu'eux, et parce qu'elle était née fille, elle avait eu moins de permission et d'aptitudes que ses frères dans différents domaines. Voilà sans doute qui devait sans doute expliquer en partie sa soif de savoir en faire autant que possible, dès lors qu'elle voyait une faille devant elle, ou qu'elle pouvait s'appuyer sur une des nombreuses règles dictées par son père pour la renverser en sa faveur.

Malgré tout, ça aussi, cela l'avait fait grandir plus vite que bien d'autres. Bien que tenue à l'écart des conflits physiques, elle n'en avait pas moins vu des conflits moraux. D'une certaine façon, cela avait sans doute été pire, car de ces choses là, on n'en avait que peu tenu cas. Elle avait vu le visage de sa mère adopté des traits qu'elle n'aurait jamais dû y voir. Elle avait vu ses frères être de moins en moins élevés comme des enfants, et de plus en plus comme des soldats, vecteurs et porteurs de la défense de l'honneur de la gens. Avec eux, leurs cousins. Cassia avait trouvé refuge à l'abri, auprès des Vestales, et avait sans doute peut-être été moins à même de comprendre la réalité des choses. Et maintenant ... Dans les livres, dans les mythes, dans la société, partout, ils prônent sans cesse que la victoire a toujours un coût. Ils prônent aussi que les bons meurent toujours en premier, mais ils oublient de dire que dans le cœur de leurs proches, bien des choses s'éteignent elles aussi. Rufia n'était pas stupide : elle savait qu'elle avait techniquement encore toute la vie devant elle, et qu'on lui offrait sur un plateau d'or une chance de s'en sortir, de s'élever au delà de sa condition d'unique fille de ses parents, par la force de sa volonté. Qu'elle avait l'opportunité de prouver à tous ce qu'elle valait, et à quel point ils auraient dû tous la redouter autant que ses frères et que ses cousins, depuis le début. Auprès de Fortunato, elle pourrait sans doute réellement se réaliser. Et cela commençait par s'épanouir, s'ouvrir à lui, et passer ensembles cet excellent moment qui se déroulait autour d'eux.
    « Ce serait avec plaisir ... Cela me permettrait de manipuler une vraie canne à pêche. Avec Flavius, le plus jeune de mes frères, nous en avions conçu une fausse, un jour. Avec du fil, un bâton, et un crochet récupéré auprès des artisans qui rénovaient l'écurie. Nous nous étions réfugiés à l'étage, avant d'essayer d'attraper un parchemin, encore cacheté et enrubanné, dans le bureau de notre père, en contrebas. Normalement, on aurait dû pouvoir y lire ce qu'il devait commander pour mon anniversaire. Mais nous nous sommes trompés, et nous avons juste mis la main sur le courrier de commande de marbre. Père nous a attrapé, bien sûr, et nous avons été puni. Voilà donc ma seule expérience de pêche ! » Sur son visage, une petite moue peinée, mais surtout mutine. Cela appartenait aux souvenirs des temps où rien n'avait été aussi cataclysmique que récemment. Flavius ... Où était-il, maintenant ? Lui qui avait les cheveux de leur mère. Lui qui aurait aisément pu être le portrait craché, ou presque, de Maximus, si ce dernier avait vécu.
C'est en silence qu'elle suivit Fortunato, et qu'elle le laissa l'aider à se hisser à l'intérieur de la barque. Pendant quelques secondes, elle était prise au milieu d'une tempête intérieure : à bâbord, sa joie d'avoir tant aimé Flavius, et à tribord, sa peine immense face à l'incertitude qui régnait autour de son sort, et de sa condition actuelle. Mais Fortunato la sortit de cette relative détresse, en la rassurant. Une bouffée chaleureuse entoura alors son palpitant, et son sourire fut plus enjoué qu'il n'aurait plus l'être. D'autant plus qu'il ne décidait pas de ramer à toute vitesse, pour l'épater. Le rythme était doux, et l'embarcation filait sur l'eau sans trop de remous. Face à la réplique du jeune patricien à ses références précédentes, les yeux de Rufia pétillèrent d'une malice non retenue. Des éclats de lumière qui venaient sans nul doute rivaliser avec l'éclat des eaux touchées par les rayons du soleil.
    « Je pense que certains n'y croiront pas ... Je suis assez bonne, en apnée. Cela te laisserait quelques minutes pour venir me secourir, je suppose ... »
L'apnée était en effet son fort, et ce même si, paradoxalement, elle ne savait pas nager. Il fallait dire que les bains, à la villa familiale de Rome, étaient assez profonds pour que vous puissiez vous y immerger entièrement la tête. Lorsqu'elle voulait s'isoler, ou se dissimuler, alors qu'on l'appelait ou qu'on la cherchait, ou que le monde extérieur avait trop réussi à s'insinuer à l'intérieur de l'enceinte de la villa, Rufia plongeait. En se bouchant le nez avec les mains, puis sans. Encore aujourd'hui, cela restait l'une de ses habitudes, et même si cela avait fait paniquer plus d'une fois Diona, ou sa mère, qui l'avaient crue noyée. Tournant le regard dans la direction soufflée par son fiancé, Rufia se laissa charmer par le spectacle. Prise d'une envie soudaine, elle dirigea l'une de ses mains vers les flots, et laissa ses doigts en effleurer la surface. Ses longs cheveux, eux, menaçaient d'aller prendre un bain. Mais, en tout cas, cela n'effraya nullement le banc de poissons. Un monde entier devait s'étendre, là, par en dessous. Et la jeune patricienne ne pouvait s'empêcher de se demander si, là bas aussi, on connaissait bien des turpitudes. Si on se faisait la guerre, si l'on se massacrait les uns les autres. Si on s'aimait aussi fort qu'ici. Si on s’extasiait des beautés vues et rencontrées. Fermant les yeux, Rufia se laissa aller, plongeant plus profondément sa main dans les flots, et sentant le mouvement de la barque, et des animaux marins, frôler ses doigts.
    « Tout semble si simple et si paisible, ici ... Comme hors du temps, et de l'espace. Un havre de paix. » Tournant le visage vers son fiancé, elle eut cette proposition si utopique. « Peut-être pourrions-nous rester ici pour toujours ? Et faire comme si nous n'étions attendus nulle part. Comme si le monde pouvait se passer de notre présence, et nous laisser être jeunes et insouciants. Comme si rien d'autre n'importait que d'exister dans ce havre de paix. Ici, nos enfants seraient à l'abri ... »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mer 26 Mar - 19:50
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Je me promenais dans la quartier de la Fortune quand j'avais découvert le terrain. La cité s'embellissait, elle s'agrandissait en même temps. De nouveaux terrains avaient fait leur apparition et j'avais découvert cet endroit par hasard. A ce moment-là, je venais juste de revenir de campagne. Je passais peu de temps à la villa des Mystères parce que l'entente entre le Duumvir était déjà difficile. Alors moins je me trouvais « chez moi », mieux je me portais. Donc quand j'avais appris que le terrain était en vente, j'avais immédiatement fait une offre. Je savais que son emplacement, la fertilité de ses terres allaient lui donner tout le cachet que je recherchais. Il était temps pour moi de quitter la villa des Mystères. Surtout je voulais être tranquille et ce n'était pas dans la villa familiale que j'allais trouver la quiétude. Et puis, je savais aussi qu'il était temps pour moi d'avoir ma propre famille. Pour cela, je devais avoir un endroit parfait pour construire une vie à deux, puis avec des enfants. La construction de la Meridiana avait mis quelques semaines. Je ne voulais pas qu'elle s'éternise parce que je n'aimais pas les travaux. Entendre les coups de marteaux, les brouhaha des ouvriers, ce n'était pas pour moi. Alors je faisais en sorte que les travaux avancent vite. Les ouvriers avaient été choisi parmi les meilleurs de l'Empire. Et le résultat était fidèle à mes attentes. La Meridiana était telle que je la voulais, semblable à mes attentes et aux plans que j'avais dessiné pour l'architecte.

En venant m'installer ici, je voulais m'y sentir bien. J'avais un champ à proximité. Un espace où je pouvais faire courir mes chevaux. Il y avait aussi la mer en contrebas, parfait pour approvisionner la villa de fruits de mer et de poissons de toute première fraicheur. Et puis, érigée plein sud, la Meridiana profitait du soleil tout au long de la journée. En ce qui concernait son aménagement en lui même, je l'avais voulu sobre mais tout en ne manquant de rien. Les esclaves y cultivaient des légumes et des aromates. Dans le jardin principal, il y avait des orangers, des citronniers, et des pommiers. Et de l'autre côté du bâtiment principal, se trouvait un très grand bassin orné de trois fontaines. Ce qui donnait de la fraicheur à la villa, agréable pour l'été. Cette villa ne ressemblait à aucune autre dans la cité. Et c'était mon choix. J'avais voyagé grâce à mes campagnes et j'avais puisé dans mes rencontres, dans mes découvertes, tant du point de vue architectural, que décoratif. Pour le reste des détails, je comptais sur Rufia pour ajouter une touche de douceur et de couleurs. Elle semblait être conquise par la villa qui allait être la sienne à notre mariage. Je lui avais laissé la liberté de donner ses préférences au décorateur qui avait été mandé à cette occasion. Je voulais que tout soit conforme à ses idées. La jeune patricienne semblait apprécier la villa et ses extérieures, particulièrement les abords de la plage.

« Si je te donne une canne à pêche, alors je vais devoir m'assurer qu'aucun parchemin ne manque dans mon tablinium. Mais je t'apprendrai à pêcher avec plaisir. Même si je ne suis pas le meilleur professeur qui soit. Je préfère largement la chasse. Mais peut-être seras-tu plus douée que moi. Il faut beaucoup de patience pour pécher et savoir jouer les statues de pierres pendant parfois de très longues minutes. Et puis, il faut aussi trouver les bons endroits et pécher aux bonnes heures. Quand il fait trop chaud, les poissons ont tendance à rester dans les profondeurs. Donc le meilleur moment pour pêcher, c'est au petit matin. Carbo est sur les rochers aux premières heures du matin. Il pêche de gros paniers. L'un reste à la Meridiana et il sert aux repas de la villa et à ceux des esclaves. Et le second est vendu sur les marchés. Je lui demanderai qu'il confectionne une canne à pêche rien que pour ton usage personnel. Il s'est occupé de la mienne et il fait un très bon travail. »

Carbo était un esclave que j'avais acquis il y a trois mois à peine. Il venait d'Afrique, d'un pays bordé par la mer. Il avait donc un réel talent pour la pêche et le travail du poisson en général. Tout en jetant un oeil à Rufia, je stabilisais la barque afin de rester à cet endroit quelques minutes afin de profiter de l'endroit et de la quiétude. Rufia semblait aimer ce genre de moment, ce calme. Ce coin de quiétude, loin de l'agitation de la cité. Et sur ce point, une nouvelle fois, nous étions semblables. Je venais souvent près du bord de mer. La plage avait toujours eu le don de calmer mes tourments intérieurs mais aussi de m'apaiser et de me rendre beaucoup plus serein. J'étais un homme de nature. Je ne supportais pas de devoir rester enfermer dans mon tablinium. Si je devais passer beaucoup de temps dans une pièce close, je devais ensuite passer un peu de temps à l'extérieur. Peut-être était-ce aussi à cause de mes insomnies. Je faisais rarement une nuit complète. Et le reste du temps, je faisais quelques pas dans le jardin. J'avais ce besoin. Siéger comme sénateur était devenu un véritable exercice dans lequel, j'essayais petit à petit, à dompter cette claustrophobie qui me guettait. Un sourire s'afficha sur mes lèvres aux nouvelles paroles de la patricienne. Vraiment? Je posais mes mains sur les bords de la barque avant de dire:

« Une apnéiste... j'aimerai voir ça... » Je faisais bouger la barque au dessus des flots. J'aimais la voir quitter sa retenue quelques minutes. Je la trouvais bien trop jeune pour être aussi sage. Ici, elle pouvait être elle-même. Je ne cherchais pas à ce qu'elle garde un masque en ma présence. Je le lui avais déjà dit. « Tu voudrais bien me montrer? » Je l'observais, amusé. Puis je retirais mes mains. Je ne voulais pas non plus lui faire peur. Ce n'était pas mon but. Je me remettais correctement sur la barque. J'oubliais moi-même les obligations et les devoirs que je portais sur mes épaules en me trouvant ici, au milieu de nul part. C'était agréable. Un moment de liberté pour elle et pour moi. Des moments que je voulais multiplier par le futur. Je posais à nouveau mes yeux bleus sur Rufia. Elle avait ce même sentiment qui me gagnait à chaque fois que je venais ici. On en oubliait tout. Et c'était bien le but de cette escapade. « J'aimerai... Je pourrais passer des heures ici. » A la fin de ses propos, je fronçais un instant les sourcils. Encore cette inquiétude. Avait-elle des raisons d'être inquiète? J'espérais que non. Nos enfants allaient naitre et vivre dans le confort. Ils n'allaient manquer de rien. Mais que ce soit Rufia ou moi, nous ne pourrons pas éternellement les protéger de tout et de tout le monde. Cependant, avec nos caractères respectifs, ils allaient hériter d'armes solides pour se confronter au monde dans lequel ils allaient évoluer. « Nos enfants seront à l'abri, à nos côtés. Et ce sera le cas aussi longtemps qu'ils auront besoin de nous. Nous leur donneront ensuite les moyens pour qu'ils sachent eux-même se défendre. J'ai toujours eu beaucoup de caractère. Et tu ne sembles pas en être dépourvu. Ils auront tout ce qu'il faut pour avoir le monde entre leurs mains. »
Patricien
Ven 4 Avr - 19:07
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
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Elle écoutait attentivement. Très attentivement, même. Mais sans avoir la bouche entrouverte, ni même les yeux écarquillés par un regard ébahi. Passé le petit froncement de sourcil, faussement vexée et offensée, bien sûr : Rufia n'avait rien d'une voleuse, elle était juste curieuse. Et ne s'était pas exactement permise de fouiller dans les papiers de son père de façon volontaire et déterminé : elle avait juste fais mauvaise pêche, c'était tout. Elle n'y connaissait rien en pêche, ou si peu. Après tout, elle n'avait pas grandi au bord de la mer, mais plutôt au bord du Tibre. Et ses parents ne l'avaient jamais laissée s'aventurer près du fleuve, dans lequel on ne pêchait pas que du poisson, et qui avait la réputation d'attirer bien des dépravations et des déviances. Il y avait bien eu les cuisines de la villa Claudia, à Rome, mais jamais il ne lui était venu à l'esprit de s'intéresser à la façon dont on pêchait, et aux qualités requises. Oui, dans le fond, et dans les faits, elle avait toujours été nettement plus intéressée par la façon dont on tuait la viande. Même si à chaque fois que son père entrait dans les cuisines, elle stoppait net ce genre de question : Marius Claudius Urbicus n'appréciait que très peu cet petit penchant pour le sanglant venant de sa fille. Seulement, même si, jusqu'à maintenant, l'univers de la pêche ne l'avait jamais attiré, elle n'en demeurait pas moins curieuse et intéressée, maintenant que l'opportunité se présentait.
    « Il me faudra simplement éviter d'éborgner quiconque. Mais, qui sait ? Peut-être vais-je me découvrir des talents cachés dans le domaine de la pêche ? Et tout ça, je le devrais un peu grâce à toi ! ... c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée ... » Elle haussa doucement les épaules, en souriant tout autant doucement.
Cependant, la douceur laissa un peu place à quelques perturbations, et leur barque se révélait être au cœur du cyclone. Tout ça à cause de Fortunato, et de son envie visible de quelque peu tester Rufia. Une Rufia qui eut le réflexe de s'accrocher aux bordes de la barque, une main de chaque côté, en se penchant légèrement en avant, comme pour gagner en stabilité, quelque chose comme ça. Il la défiait, et la provoquait. Elle avait les armes et la capacité de répliquer, mais, là, pour l'instant, elle s'était quand même un peu montrée déstabilisée. Parce qu'elle ne s'était sûrement pas attendu à ce qu'il se mette à faire tanguer la barque. Et puis, la mer et les bains, c'était quelque chose d'entièrement différent. Deux entités qui n'avaient rien à voir entre elles, ou si peu. Elle n'avait pas eu peur, cependant, ou juste un peu. Et si c'était le cas, elle refuserait simplement de l'avouer, parce que c'était comme ça, et parce qu'elle avait son foutu petit caractère. Sa fierté, son orgueil. Et parce qu'il n'était sûrement pas dans les desseins de Fortunato de chercher uniquement à ce qu'elle avoue pouvoir avoir peur, de toute façon. Cependant, le fait que tout revienne au calme fut une initiative relativement bien accueillie par la jeune patricienne, qui dut un peu se recoiffer.
    « J'’aime ces petits moments de calme avant la tempête, il n'y a pas à dire ... » Elle replaça l'une de ses mèches derrière son oreille, et reprit son souffle, faussement offusquée.
Mais ses traits s'adoucirent avec réalité et franchise lorsque Fortunato entreprit de la rassurer, et de lui faire partager ses propres désirs quant à leurs futurs enfants. Il ne coupait pas court, ne repoussait pas le sujet. D'autres auraient pu, car, après tout, Fortunato n'avait pas choisi de l'épouser, prochainement : cette union lui était imposée, et il avait des vues qui allaient ailleurs que sur elle, pour l'instant. D'autres pourraient trouver qu'elle allait déjà trop loin alors même qu'ils n'étaient encore que fiancés, et que le mariage n'avait pas encore eu lieu. D'autres l'auraient fait taire en lui répliquant qu'elle n'avait pas son mot à dire, et que sa tâche à elle, ce n'était pas de s'inquiéter pour leurs futurs enfants, mais juste de leur donner la vie. De servir d'incubateur pour les héritiers, rien de plus, rien de moins.
    « Je suis rassurée de voir que cette perspective ne t'effraie pas. Et, je sais que, pour l'instant, je suis encore loin d'attendre un enfant, mais je ne voudrais pas épouser un homme qui ne partagerait pas les mêmes préoccupations que moi au sujet de nos enfan... »
Plaçant ses mains devant sa bouche, elle se mit à rougir, violemment. Une crise de hoquet : purement, et simplement. Sans parvenir à tout stopper, tout de suite. C'était plus fort qu'elle. Un mauvais tour des dieux, sans doute. L'un d'eux devait l'avoir dans le collimateur, elle avait dû l'offenser, ou il était du côté de Fortunato. Quelque chose comme ça. Sans doute la situation était-elle comique, mais pour elle, c'était un peu embarrassant. Alors, elle devait prendre son temps de respirer, et de cesser de respirer, pour stopper cette quinte de hoquet. elle refusait de devoir se stopper toutes les secondes, alors qu'elle voulait parler, pour éviter tout hoquet disgracieux et trop sonore.
    « Pardon ! ... »



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Dim 20 Avr - 18:23
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Mon regard se perdait tour à tour sur Rufia et sur l'étendue d'eau qui nous encerclait. La quiétude de ce lieu, de ce moment, arrivait à m'apaiser. Voilà pourquoi j'appréciais ce lieu. Il m'arrivait souvent de venir ici ces derniers temps, de passer quelques heures à regarder le paysage. La mer arrivait à reposer mon esprit. Et puis, c'était un paysage magnifique dont je n'arrivais pas à me lasser. Malheureusement ces moments se faisaient rares. J'avais de plus en plus d'entretien à cause des élections qui arrivaient à grands pas. Et je devais aussi quitter Pompéi régulièrement pour me rendre dans d'autres villes de la péninsule, dont Rome où je rencontrais d'autres militaires. Les heures passées à la Meridiana étaient si peu nombreuses ces dernières semaines, que je voulais pleinement en profiter quand j'étais ici. Je reportais mon regard sur Rufia qui avait reprit la parole. Ses cheveux cuivrés étaient chahutés par le vent qui venait caresser nos peaux dorés par le soleil, par petites rafales. Cela n'avait rien de désagréable. Il faisait chaud et tous les moyens pour se rafraichir étaient les bienvenus. En vivant ici, j'espérais que Rufia allait s'adapter facilement. Je n'avais pas tout vu de la villa Claudia, mais je savais que la Meridiana n'avait rien à lui envier. Elle était spacieuse, bien construite avec des espaces de détente et de vie en nombre égal. En tout cas, je m'y sentais bien. J'avais mis ma petite touche personnelle, de part la présence des grandes écuries, de l'espace de trot pour les chevaux et du bassin à l'est de la villa. Mais je tenais à ce que la jeune femme puisse donner ses préférences pour cette maison dans laquelle, elle allait vivre dans quelques mois. Puisqu'elle quittait sa famille et tout ce qui avait fait sa vie jusqu'à présent, je voulais l'aider à trouver un endroit où elle pourrait se sentir chez elle. Une demeure qui pourra lui être familière grâce à ses arrangements.

J'observais ensuite la réaction de Rufia quand je la chahutais un peu. Elle s'accrocha à la barque en cherchant à retrouver son équilibre. Je m'arrêtais de bouger l'embarcation. Je la regardais se recoiffer avant de me penser vers elle et de l'aider à attraper une mèche rebelle qui se laissait entrainer par la petite brise. Je la laissais remettre de l'ordre dans sa coiffure. Je repensais à ses paroles. Elle semblait déjà s'inquiéter pour les enfants qui allaient naître de notre union. Je n'avais pas autant de crainte qu'elle pouvait en avoir. A vrai dire, j'étais confiant sur ce plan. Je savais comment agir et surtout, ce que je ne devais pas faire. Les relations tendues avec le Dummvir m'avait appris certaines choses et je ne voulais pas reproduire le même schéma avec mes propres enfants. Je n'avais pas envie d'être la cause de leur malheur. Certes j'allais devoir concilier devoirs et amour mais en aucun cas, je ne resterai fermé quant aux éventuelles conversations que nous pourrions avoir. Je ne voulais pas que ma propre famille se disloque comme cela était le cas pour les Pompeii en ce moment. Le Duumvir avait beau faire des efforts pour maintenir le paraître dans toute sa splendeur, la réalité était tout autre. Je n'avais pas envie de ce genre d'ambiance dans ma propre demeure.

« Rassures-toi, j'ai autant envie que toi de poser des bases solides pour l'avenir. Je ne suis pas un homme fermé à la discussion et je suis même très ouvert. Je pense que du moment où tu as le réflexe de venir me parler dès que tu te poses une question qui te tourmente, cela se passera bien. Le dialogue a toujours été une des clés de la réussite d'un mariage. En tout cas, c'est ce que j'ai remarqué en observant autour de moi... »

Je m'arrêtais dans mes propos quand Rufia fut prise d'une crise de hoquet. Malheureusement, je n'avais rien à porter de main pour l'aider à la chasser. Je l'observais, légèrement souriant. Est-ce que c'était le fait de parler de notre avenir et des enfants que nous allions avoir ensemble qui étaient la cause de ce hoquet? Je me posais la question tout en la laissant reprendre son souffle. Je reprenais les rames de la barque tout en annonçant:

« Nous ferions mieux de remettre pieds à terre. Nous serions bien mieux installés dans l'un des jardins de la villa. Et puis, ton esclave risque de croire j'ai voulu t'enlever. »

Je reprenais la rame pour amener l'embarcation jusqu'au ponton. Là, je l'attachais à nouveau au bois avant de me lever et de tendre une main à Rufia pour qu'elle s'en empare. Une fois sur le sable, je retrouvais Argento qui nous attendait. Je demandais alors:

« Veux-tu monter sur son dos ou souhaites-tu marcher à mes côtés? »

Le chemin était plus facile à la montée, qu'à la descendre mais je la laissais décider. Je l'aidais à rattraper un pan de sa palla qui avait glissé de ses épaules.
Patricien
Mer 30 Avr - 21:48
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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La vie, sans doute que cela consistait en partie à faire et défaire son ouvrage. A sans cesse tout remettre en question pour ne jamais hésiter à repartir sur des socles nets et propres. Pour pouvoir rebondir et repartir de plus bel après un temps compliqué, ou une épreuve nous ayant éprouvé. La République romaine ne s'était pas construite en un jour, pas plus que les temps nouveaux qui pointaient à l'horizon. Il y avait eu des aléas, des tempêtes, des instants durant lesquels tout avait tremblé et oscillé. Les plus grandes familles patriciennes n'avaient pas toujours été ce qu'elles étaient au jour d'aujourd'hui. Les plus grandes familles patriciennes avaient elles aussi connues leurs heures cauchemardesques, noires, ténébreuses et inquiétantes. On n'avait jamais caché cette vérité à Rufia et, de toute façon, si on l'avait fait, elle aurait tout de même deviné : après tout, avec les années éprouvantes qu'elle venait de traverser, elle n'avait pas à posséder des talents d'oracles divinatoires pour savoir ce qu'il en était de la dangerosité et de la fragilité de votre monde, aussi solide et imposant qu'ait pu être ce monde aux prémices de vos ennuis et de vos complications. Cependant, en parallèle, on lui avait enseigné certains préceptes que l'on tenait à présenter comme immuables, alors même qu'elle les avait sentis capables de vaciller au moindre instant. Aujourd'hui, elle comprenait et saisissait enfin réellement la portée de sa prémonition, de son avis instinctif. Elle n'avait pas être celle que les autres voulaient qu'elle soit : elle devait n'être que celle qu'elle souhaitait être, celle qu'elle était, intérieurement, intrinsèquement, instinctivement. Et cela ne posait absolument aucun problème à son futur époux. A celui avec qui elle allait passer le restant de ses jours, très probablement. A celui auquel elle allait donner des enfants : de façon plus basique, primaire et terre à terre, à celui à qui elle allait donner un voire plusieurs héritiers.
    « J'aimerais alors qu'il en soit ainsi pour toi aussi. Je peux paraître frêle et gracile, mais je suis tenace et assez forte pour ... Pour partager bien des maux, surtout s'ils émanent de toi. Je ne veux pas être tenue dans l'ombre, ne rien savoir, et n'apprendre les choses que par hasard, ou, mesquinement, de la bouche d'un autre, qui nous voudrait du mal. »
Les maux du corps sont parfois la manifestation physique des maux du cœur, ou du mental. Ou peut-être que, parfois aussi, cela n'avait rien à voir, et qu'il s'agissait bien d'un petit tour vous étant joué par nuls autres que les dieux. Visiblement, cela faisait sourire Fortunato, et, d'une certaine façon, cela encouragea la jeune patricienne à se sentir un peu moins courroucée contre elle-même. Pour d'autres, en revanche, son attitude pouvait paraître et apparaître tout à fait inconvenante. Mais Rufia n'y pouvait rien. Bien qu'il soit certainement dans son caractère de se montrer un peu frondeuse et contrariante, pour une fois, elle n'était en rien responsable de ce qui lui arrivait. Le seul contrôle qu'elle avait sur elle-même, en cet instant, avait sans doute à voir avec le rose qui rougissait ses joues, un brin honteuse qu'elle était. En tout cas, elle ignorait si ce fut cette quinte de hoquet qui poussa Fortunato à clore leur petit périple nautique. Certes, cette barque n'avait rien d'une galère, ou d'une trière, mais cette barque les avait tout de même menés sur les flots. Rufia ne répondit pas à son fiancé, du moins, pas verbalement. Posant les mains devant elle, l'une sur l'autre, elle acquiesça doucement de la tête, tout en laissant la légère brise s'acoquiner dans sa chevelure. Cependant, ce fut quand même plus fort qu'elle.
    « Ce ne serait pas la première fois qu'un Romain enlève une sabine ... » Rufia faisait directement référence aux origines supposées de la gens des Claudii, juste avant de se mordiller intérieurement la langue.
Elle le laissa les réamener sur le bord du rivage, tout en observant les alentours. Elle ne fuyait pas son regard, mais elle cherchait simplement à contempler le panorama leur étant offert. Elle n'avait pas besoin de rester focalisée sur lui, car elle ne souhaitait pas ne voir que par lui, et, de toute façon, elle déduisait de ce qu'elle comprenait de lui qu'il n'apprécierait pas forcément de se voir dévisager d'un air niais et béat. Elle attendit qu'il soit amarré pour se redresser quand, au même moment, il lui tendait la main pour l'aider à quitter l'embarcation. Elle lui adressa un sourire tout doux mais aussi tout sincère, avant d'écarquiller légèrement les yeux en constatant qu'Argento les attendait déjà, là, comme ayant deviné les projets de son cavalier. Avant de partir dans un petit rire cristallin et amusé. Cependant, alors que Fortunato lui adressait une question, elle resta un peu perturbée par son geste d'attention. Elle n'avait pas exactement remarqué que sa palla avait quelque peu glissé, très à l'aise qu'elle était, actuellement, dans son environnement. Et voilà que son futur époux venait tout chambouler. Ou plutôt venait-il la chambouler elle, tout particulièrement.
    « Pardon ? » Oui, c'était plus poli et plus séduisant qu'une bouche entrouverte et un air béat. Oui, définitivement, l'air béat, ce n'était ni son fort, ni son habitude. Se reprenant quelque peu, tout en posant sa main, par réflexe, là où il avait posé la sienne, elle se reprit. « Garder les pieds sur la terre ferme me conviendrait totalement. Entre Argento et la barque, il ne faudrait pas que je prenne l'habitude de ne plus toucher terre au moindre de mes déplacements. » Rufia n'était définitivement pas l'une de ces matrones, ou, tout simplement, l'une de ses patriciennes ne jurant que par les litières et les porteurs. Cela lui apparaissait étrange, bien qu'elle concevait qu'en certaines circonstances, un peu d'aide n'était pas malvenue. Comme lorsqu'il se trouve que vous avez un ventre des plus arrondis, et des ruelles quelque peu emplies de cohue à traverser. « Je commence à me familiariser avec Pompéi, à prendre mes marques. Je ... Je suis devenue la mécène d'un gladiateur. Je me suis dis qu'il s'agissait là d'une occasion de commencer à me familiariser avec la prise de décision ... Cela me permet aussi de ne pas m'agacer sur le fait que Marius et Cassia me tiennent trop à distance, à mon goût, de nos futurs noces. Je ne sais que peu de choses quant à l'échéance et ... Devenir mécène m'occupe l'esprit. »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mar 13 Mai - 14:56
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Tout en offrant mon bras à Rufia, je posais à nouveau mon regard bleu sur elle. Je savais que notre futur mariage n'était pas au goût de tout le monde. La gens Claudii avait beaucoup de détracteurs et même dans les connaissances les plus proches que j'entretenais à Pompéi. Il est vrai que la famille de Rufia avait été malmenée, autant par l'histoire qui s'écrivait, que par les hommes qui en faisaient partis. Je n'oubliais pas ce détail qui finalement n'en était pas un. Quand le Dummvir m'avait parlé la première fois de cet arrangement, j'avais moi-même utilisé cet argument pour changer les plans du patriarche. Encore une fois, il faisait preuve d'entêtement et s'obstinait à regarder derrière lui, à garder le passé, un peu trop présent à mon goût. Les Claudii étaient encore dans la tourmente, tout le monde ici, était conscient de ce fait. C'était un risque que mon père avait pris, sans même me consulter. Mais plus j'en venais à connaître la jeune femme qui se trouvait à mes côtés et plus je me disais que finalement, cette union pourrait être une réussite. Rufia avait du caractère, elle était gracieuse et intelligente. Une parfaite patricienne. Mais j'attendais bien plus d'une épouse et elle semblait pour l'instant, remplir tous mes critères. Comme je le lui avais dit quelques paroles plus tôt. Je ne cherchais pas seulement une femme, une mère pour mes enfants. Non, je cherchais avant tout une complice, une alliée dans les alliances qui se nouent et se dénouent au cœur de la cité. Je voulais que la jeune femme se montre aussi stratège que possible. Élevée eu milieu d'hommes, Rufia connaissait certains enjeux dont certaines filles de son âge, n'avaient même pas connaissance. Elle avait eu la chance d'avoir une instruction différente des filles de son âge. Et cette particularité ne pouvait que jouer en sa faveur. En tout cas, c'était ce que je croyais. Et je voulais que la jeune femme me démontre au fil de notre mariage, que je ne m'étais pas trompé. Prenant de l'autre main, les rênes d'Argento, je me dirigeais vers le sentier qui liait la villa à la plage. Je souriais doucement aux propos de la jeune femme.


« Alors n'ai crainte. Je n'ai pas l'habitude de parler de moi. Je n'aime pas cet exercice. Mais je me surprends à te parler de façon si facile que j'en oublie parfois les choses qui nous entourent. Je ne compte pas te faire des secrets, et je ne laisserai jamais quelqu'un te porter atteinte, d'une façon ou d'une autre. Et nous ne leur donnerons jamais de prétextes pour le faire. »

Encore les rumeurs. Je savais que les femmes y étaient bien plus fragiles. Je me fichais bien de ce qu'on pouvait dire à mon sujet. De ce qui pouvait s'écrire sur certains murs. Les personnes qui me connaissaient, qui me côtoyaient, savaient quel patricien, je pouvais être et c'était tout ce qui comptait pour moi. Je laissais le Dummvir jongler avec les rumeurs, vu qu'il était un maitre pour les faire circuler. Quant à moi, j'avais déjà assez parler de moi. J'avais fait part à Rufia de l'existence de Caria. Je ne lui cachais rien. Elle était au courant. Mais je ne pouvais pas changer certaines choses. Je ne pouvais pas tirer un trait sur mon passé et je ne le voulais pas. Caria faisait partie de mon présent. Je savais que cette dernière avait beaucoup de rancune envers ma famille. Mais je comptais sur le respect qu'elle me portait pour ne pas lui causait du tort d'une façon ou d'une autre. Si c'était le cas, si elle venait à trahir ma confiance, alors elle sera perdue pour toujours. J'aurais fais tout ce que je pouvais la concernant. Et je n'aurais alors d'autres choix, que de la laisser vivre sa vie de son côté. En attendant, je veillais sur sa convalescence. Je sortais de mes pensées en aidant Rufia à gravir le chemin qui devenait un peu plus raide. Argento trottait derrière nous, calmement. Les Sabines. Comme tous romains, j'avais appris cette histoire avec mes précepteurs. Un sourire naquit sur mes lèvres.


« Un enlèvement qui a déclenché une guerre. Je ne voudrais pas que notre mariage débute sous de si mauvais augures. »

Une fois en haut du sentier, je laissais Argento passer devant nous. Il alla rejoindre docilement l'enclos dans lequel l'attendaient les autres chevaux. Pietros lui retira ce qu'il avait sur le dos avant de le faire entrer et le laisser rejoindre ces congénères. J'invitais ensuite Rufia à s'asseoir à nouveau à la table que nous avions quitté un peu plus tôt. Je laissais une esclave lui présentait des boissons pour qu'elle puisse se rafraichir. Puis à mon tour, je prenais une gorgée tout en jetant un oeil à l'esclave personnelle de la Claudii. Je reportais ensuite mon attention sur Rufia quand elle me parlait qu'elle était devenue le mécène d'un gladiateur. J'étais surpris mais je ne le montrais pas. Après tout, les gladiateurs attiraient toujours l'attention des femmes. Toutefois, je voulais qu'elle sache dans quoi elle mettait les pieds.


« Bien drôle d'idée que de financier un gladiateur. Je comprends que ta mise à l'écart des préparatifs de notre union, t'ennuient mais de là à visiter les casernes de ludus, il y a une grande différence. »

Je gardais mes yeux sur elle. Cette idée qu'elle finance un gladiateur ne me plaisait pas plus que ça. Surtout s'il s'agissait du ludus de ce voleur. Cela allait aussi entrer en conflits avec mes propres intérêts.


« Puis-je savoir avec qui, tu as décidé de jouer les âmes charitables? »
Patricien
Mer 21 Mai - 21:54
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
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Dans une existence, tout était sans doute question de juste milieu, de dosage précis. Il fallait se montrer mesuré et prudent, tout en ne sachant jamais manquer d'ambition, d'expérimentation, et de tentatives de nouveautés. Il fallait oser, tout simplement. Oser ne pas se laisser prendre au piège dans tout marasme qui vous menaçait, et oser, aussi, sortir des sentiers battus. Mais, encore une fois, la prudence et la mesure était de mise : rien ne se faisait en un jour, après tout, et la précipitation n'était certainement pas à privilégier. Rome elle-même ne s'était pas construite en un jour. A l'initiale situation, il y avait eu bien des balbutiements : deux frères jumeaux s'étaient tout de même plus ou moins entretués, et puis, il avait aussi fallu aux premiers Romains savoir maîtriser et dompter ces terres qui étaient désormais les leurs. Encore aujourd'hui, certaines esplanades restaient encore bien marécageuses, au pied du forum. Et les populations vivant au plus près du Tibre étaient souvent touchées par épidémies et maux mystérieux, souvent accrédités aux dieux, qui se vengeraient ainsi de quelque acte offensant, ou de quelque manque de foi, de croyance, de respect et de piété sacrificielle. Dans un cadre plus large, la Société romaine était ce qu'elle était : certaines choses, certains grands principes pouvaient plaire, là où d'autres pouvaient tout à fait vous rebuter. Dans des cas comme ces derniers, dans sa situation, Rufia, au lieu de toujours s'offusquer oralement, préférait souvent froncer le nez. Il paraissait que l'on pouvait comprendre tant de choses la concernant rien qu'en la regardant, le souci étant qu'il fallait tout de même avoir les clefs de compréhension, pas si évidentes et aisées que ça à trouver et à déchiffrer, car la jeune femme savait jouer de nuances, de feintes et de faux semblants. Si elle décidait de vous jouer un tout autre acte, elle était tout à fait en mesure de le faire alors qu'au fond d'elle-même, ses pensées et ses perceptions étaient toutes autres : vous menez sur des chemins escarpés et contradictoires, elle savait faire, plus que de raison, et trop, sans doute. Mais avec Fortunato, elle ne se sentait pas le besoin d'user de ces tactiques là : quel en serait l'intérêt à tirer, si ce n'était d'attiser la méfiance et la prudence de son futur époux à son égard ?
    « Je suis très observatrice, et suffisamment clairvoyante pour mon propre bien et même au delà, parait-il. Alors, si tu oublies réellement ce qui nous entourent, en quelques occasions, je saurais maintenir ma vigilance et ma prudence pour deux, et te communiquer tout ce qui me paraîtra suspect. Du moins, je l'espère. J'ai déjà des bases, mais, comme tout, cela se perfectionnera avec le temps, à tes côtés, et en ta présence. »
Le chemin remontait, en une pente de plus en plus raide et escarpée. Dans des conditions telles que celles-ci, l'aide et le support de son futur époux étaient plus que bienvenus et elle les acceptait. Pas forcément avec joie, car elle ne voyait pas réellement là motif de se réjouir, mais Rufia se sentait cependant à l'aise, ce qui était largement suffisant. Elle n'avait pas à se demander si, oui ou non, le fait qu'elle s'appuie tant sur lui en ces quelques occasions où le chemin se montrait vraiment pentu était motif d'offuscation, car trop déplacé. Elle n'avait pas non plus à se demander s'il était vraiment correct pour elle de tant laisser leurs corps être proches l'un de l'autre alors même qu'ils n'étaient pas encore mariés. Elle savait, ou du moins sentait bien, que son fiancé ne cherchait nullement à profiter de la situation, et que ses pensées du moment ne devaient sûrement pas se focaliser sur quelque penchant réservé aux hommes, et interdits aux femmes dès lors qu'elles n'étaient toujours pas mariées. Fortunato n'avait rien de la lubricité et du vice qu'elle avait lu, bien des fois, dans le regard de bon nombre de patriciens, interlocuteurs de l'un de ses proches, ou simples convives à la même réception à laquelle elle assistait. Ces hommes là ne lui évoquaient que répugnance et dégoût, et elle plaignait grandement leur femme, et surtout, tout corps qui leur passait entre les mains, comprenant sans doute instinctivement que ces hommes là avaient sûrement tendance à se sentir propriétaires, et en droit de tout vous faire subir, avec cette force si proche de la possibilité de décider, à eux seuls, de votre destin, et de la façon dont s'articulerait et se déroulerait votre devenir. Rien que pour ça, la jeune patricienne était soulagée de voir en Fortunato un jeune homme assez proche de son âge, et qui n'avait donc rien d'un sexagénaire bedonnant, libidineux, et issu d'un ancien temps, où ses désirs d'émancipation et de grandissement seraient sévèrement rabroués, et matés. Fortunato ne s'offusquait pas de cette référence aux Sabines, ce qui était une bonne chose : d'autres que lui auraient rapidement clos le sujet, estimant que les Romains n'avaient rien à se reprocher, et qu'il était absolument stupide de penser un seul instant au fait que l'on n'avait pas demandé leur avis aux principales concernées.
    « Il n'y a aucun risque d'offensive ! Tu ne m'enlèves à personne, et mis à part un mystérieux prétendant encore inconnu à ma connaissance qui voudrait entrer en rivalité avec toi, je vois mal qui prendra le glaive pour te combattre pour ma main ! Tant doivent se féliciter de te voir prendre pour épouse une Claudia, quand beaucoup d'autres doivent déjà se gausser de cette entrée de cet accro sur le magnifique tableau des Pompeii ... »
Regagnant les lieux qu'ils avaient quitté il y avait déjà de longues minutes, Rufia s'affaira quelque peu à remettre de l'ordre dans sa tenue. L'ascension et la promenade en barque, conjugués aux petits aléas marins, avaient quelque peu dérangé l'ordre apparent de ces assemblages de couches de tissus et d'étoffes. Il s'agissait cependant plus là d'un geste réflexe et habituel que d'une réelle action visant à palier une gêne. Son apparence était importante aux yeux de la jeune patricienne, mais elle savait que la perfection n'était pas de ce monde, et que certaines déesses vous punissaient grandement dès lors que vous cherchiez à rivaliser avec elles. Cependant, Rufia savait aussi que les yeux étaient toujours affûtés sur vous et votre apparence, dès lors que vous étiez une jeune patricienne : prendre la peine de remédier aux petits accros et aux petits défauts, même en privé, vous permettait de ne jamais commettre de faux pas en public. Un pli à prendre, sans doute. S'installant de nouveau à table, la jeune femme se saisit d'une coupe, sans réellement demander ce qu'il y avait dedans. Tout ferait l'affaire. En réalité, un instant, elle portait plus d'attention à Ystos qu'à ce qu'elle faisait. Il s'agissait de communiquer visuellement avec lui, de chercher à comprendre et à lui transmettre des messages. Là, tout de suite, elle le savait loin d'être content de l'avoir laissée s'éloigner avec Fortunato : Falco lui avait donné une mission, et aux yeux de l'ancien gladiateur, celle-ci ne devait pas avoir été remplie, car il l'avait laissée sans surveillance avec son futur fiancé. Qui savait ce qu'ils avaient pu faire, tous les deux, loin de tout regard protecteur, vigilant et veillant au respect des codes et des bonnes manières ? Mais d'un regard, Rufia sut faire taire toute inquiétude trop exacerbée : elle était encore en un seul morceau, ses cheveux n'étaient pas tout décoiffés ni même fourragés, et sa tenue n'était nullement abîmée par quelque main aventureuse et entreprenante. Il s'agissait donc à présent de pouvoir sereinement se focaliser de nouveau sur son futur époux. Un futur époux qui lui fit froncer quelque peu les sourcils, alors qu'après avoir bu une gorgée, elle éloignait la coupe de ses lèvres.
    « Je ne risquais rien, Ystos était en ma compagnie. Il a fait les grandes heures de la gladiature, tu sais. De plus, je ne me laisse que peu impressionner, et je sais pertinemment la valeur marchande que je représente. S'il m'arrive quoi que ce soit, ce n'est plus uniquement la fureur des Claudii qui s'abattra. Si je ne m'abuses ... » Après une nouvelle gorgée de breuvage, Rufia reprit. « Lurco, du Ludus des Lucretii. »



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Mar 8 Juil - 19:13
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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L'ambition était une bonne chose, à condition qu'elle était employée à bon escient. Et je ne savais pas encore si Rufia avait comprit toute la subtilité de cet art. Car oui, c'était un art que de savoir ce qu'on voulait faire de sa vie, mais encore plus de mettre tous les moyens disponibles pour parvenir à ses desseins. Une ambition menée à mauvais escient, devenait une arme émoussée, qui pouvait tout infecté à sa portée. Je voulais que ma future épouse soit conscient de toute cette délicate limite. Elle avait vécu sous l'autorité des siens. Et encore maintenant quand elle venait me rendre visite à la Meridiana, elle n'était pas maitresse de son destin. En tout cas, pas encore et cela faisait toute la différence. Pour l'instant, ces faux-pas ne pouvaient pas m'être imputés et je préférais qu'il en soit ainsi. C'est encore sa famille qui était responsable d'elle. J'attendais de la jeune femme qu'elle se façonne doucement, et qu'elle prenne conscience du monde qui l'entoure, avant de faire ces premiers pas en public. Il y avait des choses qu'elle ne pouvait pas négliger. Savoir être responsable de ses actes et de ses décisions en faisait parti. Rufia était jeune et quoiqu'elle puisse en dire, je savais qu'elle n'était pas préparée à cette nouvelle. Oh bien sûr, on l'avait préparé à cette vie de femme, mais la réalité était bien différente des enseignements donnés au sein d'une villa luxueuse. La vie, encore plus à Pompéi était minée de rumeurs, de pièges, de coups bas. Était-elle seulement préparée à cette vie? Je l'espérais en tout cas. Ou alors, j'espérais qu'elle était une jeune femme qui apprenait vite et qui n'oubliait pas ses erreurs afin de ne pas les reproduire. En même temps, quand je portais mon regard sur elle, je n'oubliais pas que sa tante était celle qu'on nommait « la vipère ». Celle qui avait, à mon goût, une influence un peu trop grande sur le Duumvir. Mais celle aussi qui avait une réputation des plus sulfureuses. Je n'étais pas certain de vouloir que ma future épouse soit influencée ou d'une autre, par ce genre de femme. Les rumeurs exagéraient la chose, probablement, mais je préférais me montrer méfiant quant à ce sujet. Je pensais Rufia assez intelligente pour mettre en valeur sa propre personnalité. Elle avait du caractère et c'était déjà une bonne chose. Elle ne sera pas aussi influençable que je ne le pensais, et tant mieux. Les paroles de Rufia confirmaient déjà ce que je pensais. Les bases étaient présentes, il ne manquait plus qu'un peu d'apprentissage.

« Beaucoup de choses, de personnes vont te paraître suspects autour de nous. Mais tu finira par t'en accommoder. On ne peut pas changer certaines personnes mais on peut apprendre à vivre avec elle. Et puis, ces personnes ne sont pas les plus intéressantes dont tu pourras croiser le chemin. Je suis ravi de savoir que tu vas te montrer vigilante. Beaucoup de personnes jugent sans connaître. Cela pourra être un atout pour toi. »

Rufia va pouvoir jouer de sa candeur et de sa jeunesse. Elle a ces atouts à sa disposition et je suis sûr qu'elle sait déjà très bien en user. Les gens qui la sous-estiment pourraient bien le regretter plus tard. Installé confortablement sur l'un des sièges, je me sentais une nouvelle fois à l'aise dans cet espace, bien plus que si nous devions nous enfermer à l'intérieur de la Meridiana. Je détestais devoir rester enfermé. Je passais davantage de temps à l'extérieur. Je faisais ensuite un signe à l'un des esclaves pour qu'il s'occupe d'Ystos. Ce dernier était resté pendant tout ce temps, à attendre sa maitresse. D'ailleurs je voyais bien dans son regard que notre escapade, loin de sa surveillance, n'était pas à son goût. Quant à moi, c'était sa présence en elle même qui n'était pas à mon goût mais je devais bien faire avec. J'étais ici chez moi et il allait devoir faire selon mes règles. Une fois fait, je reportais mon attention sur Rufia quand elle reprit la parole. Un sourire s'afficha sur mes lèvres.

« Quand j'ai un glaive à la mains, il ne vaut mieux pas être sur mon chemin. Je ne suis pas connu alors pour être le plus tendre. Mais c'est grace à ce tempérament que j'ai réussi à me faire connaître de l'empereur lui même. Quant aux autres, le temps leur montrera qu'il se sont gaussés pour rien. »

Je savais très bien que beaucoup de personnes étaient ravies de cette « mésalliance ». Une mésalliance signe de futurs problèmes et de désaccords en tout genre. Mais j'avais l'habitude de ne pas m'occuper de ce genre de chose. Les rumeurs, les ragots, ce n'était pas ce qui m'intéressait. Je laissais ça aux femmes. Mon sourire s'estompa un peu quand ma fiancée aborda un sujet un peu plus « litigieux »: la gladiature. L'idée qu'elle puisse financer un combattant me déplaisait. Et cela même si elle ne portait pas encore mon nomen. C'était une très mauvaise idée surtout quand on ne savait pas ce que tout ceci impliquait. Et apparemment, c'était le cas de la jeune patricienne qui se trouvait devant moi. Aussi, je préférais rectifier.

« Je ne parlais pas de ce genre de risque, Rufia. Et il ne s'agit pas que de toi. Ton frère est-il au courant? J'en doute. Il ne semble pas te laisser beaucoup de liberté alors, l'imaginer autoriser sa jeune et unique soeur, côtoyer des gladiateurs dans un ludus, me paraît totalement farfelue. Je pensais plutôt à ta réputation, à celle de ta gens et insidieusement à la mienne. En plus, Lucretius est un fourbe, qui traite ses esclaves comme de la vermine, qui entretient une relation des plus étrange avec sa soeur .  Te connaissant, je suis étonnée que tu fasses affaire avec lui en donnant ton soutien à l'un de ses gladiateurs. »

Je ne supportais pas le laniste. J'avais entendu des tas de choses à son sujet. J'en avais vu certaines de mes propres yeux. Aussi j'ajoutais:

« Je ne veux pas avoir affaire à lui, que ce soit de près, ou de loin. Alors je t'avoue que tes paroles me chagrinent. Même si tu ne pouvais pas savoir tout ça. »

Je doutais que Rufia ne voulait par ce choix, froisser ni son frère, ni même ma propre personne. C'est pourquoi, ma voix ne s'était pas durcie. Toutefois, après avoir été silencieux un instant, je poursuivais:

« J'aimerai savoir pourquoi as-tu décidé de donner ton soutien à ce ludus et à ce gladiateur particulièrement. Cela m'ennuie, évidemment. Je soutiens Naevius et surtout l'un de ses combattants: Remus. Le fait que tu soutiennes son concurrent direct pourrait me porter préjudice. »
Patricien
Mar 15 Juil - 22:04
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Les paroles de Fortunato ne la surprenaient pas vraiment. De la même façon, elles ne lui apparaissait nullement déplacées. Ni même moralisatrices. Sans doute parce que c'était loin d'être la première fois qu'on lui tenait ce genre de discours et que, dès toute petite, elle avait rapidement pu comprendre, par la force, et bien obligée, que ce genre de paroles était empli de bon sens, de véracité, d'honnêteté et de franchise. Petite, en effet, elle en avait vu, défiler, des êtres se parant de bien des vertus, mais dissimulant, sous leur toge, de bien sombres desseins. Tout comme elle en avait vu, des êtres qui ne payaient pas de mine, et semblaient bien plus austères que réellement chaleureux, mais qui, pourtant, étaient droits et loyaux. Ce qui l'avait faîte conclure que, parfois, un silence en dit bien plus que de très longs discours, parce qu'un silence peut tout à fait venir vous signifier et vous indiquer que, quand on ne voit rien à dire, on ne dit rien, plutôt que de se complaire en flatteries et en verbes creux. De la même façon qu'elle avait compris que ces êtres qui lui apparaissaient austères étaient tout simplement en pleine observation et calcul du monde, et qu'ils portaient bien des fardeaux sur leurs épaules sans chercher en se plaindre, ou à entrer dans votre bonne grâce en tirant sur la corde de la pitié et de la compassion. Ils avaient simplement d'autres moyens de vous prouver leur loyauté et l'intérêt qu'il y avait pour vous de les compter parmi vos plus proches : par des actes, entre autres. Se voir confirmer de la bouche même de son futur époux que le jeu de dupes romain se retrouvait ici aussi, tout pompéien, c'était une bonne chose : ainsi ne le découvrirait-elle pas par elle-même, au hasard d'une mauvaise fortune, ou de la bouche d'un autre, qui chercherait à la déstabiliser. Ce qui faisait qu'elle offrit à son fiancé un sourire poli et jovial, ainsi qu'un geste de tête reconnaissant. Mais ça, ce fut juste avant que ses dents ne grincent quelque peu, à l'évocation de l'empereur. Cependant, Rufia savait se reprendre en un quart de seconde lorsqu'elle sentait de mauvaises humeurs assombrirent quelque peu trop sa vue. Ce qui la poussait, alors, à légèrement se mordiller la lèvre, comme pour se retenir de rire. Une tâche dans laquelle elle n'excellait visiblement pas beaucoup, sur le moment, car c'était à peine si elle parvenait réellement à clore suffisamment sa bouche de ses dents, quand seul l'un des coins supérieurs était encore pris dans cet étau d'ivoire blanc.
    « "Glaive à la main, écartes toi de mon chemin" ... Je saurais m'en souvenir, si jamais ! » Sans savoir trop pourquoi, elle imaginait Fortunato armé d'un glaive en bois, et la poursuivant. Sans doute parce que cette image ne lui était pas entièrement étrangère, à elle : elle ne comptait plus les fois où l'un de ses frères l'avait poursuivie d'une telle façon, parce qu'elle avait, par exemple, mélangé du vinaigre à leur vin, alors qu'ils s'abreuvaient en pleine séance d'entraînement aux armes. Ou parce qu'elle avait fais glissé des crapauds dans leur bain ... « Il s'agit donc juste pour moi d'espérer que, sans glaive à la main, tu te montreras plus tendre ... Pas trop non plus : c'est toujours bien, un brin de danger et de menace. »
Cependant, ce petit éclat de rire qu'elle semblait retenir avec peine finit par mourir de lui-même, et ce, très rapidement, dès lors que la jeune patricienne vit un sourire se faner sur le visage de son vis à vis. Un peu comme brûlée à vif, Rufia s'empressa de reposer sa coupe là où elle pouvait, de façon stable, afin de ne rien en renverser, pour ne pas donner de travail inutile à qui que ce soit, et pour ne pas non plus passée pour incapable de se montrer adroite et mesurée. Elle devait bien le reconnaître, elle ne s'était pas exactement attendue à une telle réaction de la part de son futur époux, ce qui la poussait à se dire, un instant, que si elle avait su, elle se serait abstenue. Visiblement, elle avait mal compris les préoccupations de Fortunato, ce qui amenait ce dernier à repréciser les choses. Et, un instant aussi, la jeune patricienne se sentait comme prise au dépourvu, ou la main dans le sac. Recadrée, ou presque, comme une petite fille à qui il fallait expliquer la vie, les choses à faire, et celles à ne surtout pas faire. Ce qui ne lui plaisait évidemment pas particulièrement : elle détestait déjà ça quand elle avait l'âge de ces sermons là, alors, maintenant, alors qu'elle était en passe de se marier ... Voir son frère impliqué dans la conversation n'améliorant rien, sur ce visage peiné qui était le sien se profilait aussi quelque mine boudeuse, ou plutôt, chiffonnée. Elle n'allait pas se jeter à genoux devant Fortunato pour le supplier de ne rien en dire à Marius, mais elle ne voulait tout de même pas que les deux hommes en viennent, à un moment ou à un autre, à aborder le sujet. Pendant une fraction de seconde, son buste, et surtout ses épaules, semblèrent protester contre le qualificatif de "jeune", parce qu'après tout, elle n'était que de 5 ans la cadette de son futur époux. La thématique de la réputation revenait à grand fracas dans la conversation, et une chose était sûre, si Rufia pouvait trouver celui qui, initialement, avait décidé que l'on devrait apporter une infinie importance à tout cela, elle lui aurait réservé un sacré mauvais tour. Ses mains se pausèrent à plat sur ses genoux, alors qu'elle baissait légèrement la tête, pas par honte, ou par soumission, mais parce qu'elle sentait comme un poids lui lester soudainement les épaules. Et tout le corps, dans le même mouvement. Et elle restait silencieuse, laissant Fortunato dérouler ce genre de monologue, alors que, sans doute, il s'attendait à ce qu'elle lui réponde, à un moment ou à un autre. Mais c'était juste qu'il ne semblait pas encore en avoir fini, avec tout ça, alors ...
    « Tu as raison, Marius n'en sait rien. Et s'il était au courant, il aurait sûrement décidé de me cloitrer dans mes appartements jusqu'à notre union, sans même avoir le droit de les quitter sans son autorisation, et sans être sous très haute surveillance. La réputation d'une gens ne peut s’entacher que par l'une de ses femmes, n'est-ce pas ? ... » Ses mains se crispèrent sur le tissu de sa stola, la remontant quelque peu sur ses chevilles. Avant que Rufia ne baisse subitement la tête, après avoir croisé le regard de Fortunato, droit dans les yeux, au cours de ses dernières paroles. « Fortunato, je suis désolée, je ne voulais pas dire ça. Enfin, pas de cette façon ... » Fermant les yeux, et reprenant son souffle, elle reprit alors. « L'échiquier de Pompéi m'est encore assez inconnu, et j'ignorais tout de ta mésentente avec Lucretius. On m'avait rapporté que ton père s'entendait bien avec lui, et j'ai voulu lui prouver qu'il pouvait voir en moi une jeune personne avisée et différente de toutes celles à qui il aurait pu décider de te marier. Marius tient énormément à cette union, et chacun de mes gestes, selon lui, doit être, pour l'instant, diriger dans ce sens. J'ai voulu me libérer autant que possible du carcan imposé et ... Il semble que j'ai été mal-avisée. Et j'imagine que, désormais, je te semble bien moins clairvoyante et ... Nous ne sommes pas encore mariés, et voilà déjà que je te fournis, sur un plateau, en plus, un grief à mon encontre. » Elle releva doucement la tête vers lui, le fixant de ses billes légèrement écarquillés.



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Jeu 31 Juil - 17:42
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Le monde des patriciens était un monde où grouillaient des serpents aux crocs acérés et aux venins puissants. Il fallait toujours se méfier des personnes qui croisaient notre chemin. De part mon éducation et le passé de ma gens, j'avais appris à me méfier de tout le monde. Et rares étaient les habitants de la ville qui pouvaient se targuer de me connaître, réellement, en dehors du visage et du caractère familier que j'offrais à la population. Cela me permettait de me rapprocher de certains cercles sans éveiller le moindre soupçon. Tout ceci était donc une histoire d'apparences et de jugements hâtifs. C'était un avantage pour ma part et je voulais que Rufia en fasse aussi une force. Une force qu'elle pourrait user sciemment envers les personnes qui pourront lui être utiles à l'avenir. Malgré tout, en tant que fiancé et futur époux, je me devais de lui montrer le chemin à suivre et de la mettre en garde contre certaines personnes. Mes conseils dans ce domaine, pourraient toujours lui être utiles. Je savais que Rufia avait déjà bénéficié des conseils de sa gens. Mais elle était nouvellement installée à Pompéi. La vie ici n'était pas la même qu'à Rome. Les personnages étaient différents et il était de bon augure de lui faire un petit récapitulatif des  patriciens à connaître et ceux à éviter. La jeune femme était assez intelligente et vive d'esprit pour cerner facilement les personnes qui gravitaient autour d'elle. Elle avait un bon jugement d'après ce que j'avais constaté. A elle donc, de l'utiliser à bon escient et de faire en sorte de faire un tri intelligent dans toutes cette noblesse ou non, qui allait gravitaient autour d'elle. Sa fraicheur et sa candeur était un atout. Mais pour cela, elle devaient s'en servir correctement. Jouer l'ingénue sans aucune finesse pourraient être considéré comme un affront. Non, il fallait ruser et opter pour des méthodes un peu plus subtiles afin de ne pas attirer la méfiance. Mais une fois l'attention gagnée, rien n'était joué. Il fallait encore la conserver et savoir la renouvelé afin de rester en course. Le monde était un vaste plateau de latroncules où il fallait user de stratégie pour capturer tous les pions de son adversaire.

Je voulais toutefois la mettre en garde contre le monde dans lequel elle allait être invité. Mon père était l'un des Duumvir de la cité. C'était un homme respecté, autant que détesté. Ma gens avait de nombreux ennemis tout comme celle des Claudii. Nous ne manquions pas de détracteurs. Alors elle devait se préparer à prendre des coups. Mais également à être prête pour redonner ces mêmes coups. Parce qu'il était certain qu'on allait épier le moindre de ses pas, de ses actions afin de les retourner contre elle. D'ailleurs, l'un de ses choix me mettait déjà dans un certain embarras. Soutenir un ludus, ce n'était pas réellement ce que j'attendais de ma future épouse. Même si intérieurement je ne pouvais que montrer agréablement surpris par une telle hardiesse. Seulement, aux yeux de la cité, cela pourra passer pour une première preuve de défection de Rufia envers ma personne et ma gens. C'était délicat. Bien sûr, elle ne pouvait pas savoir que je soutenais le ludus concurrent à celui de Lucretius. Mais il n'en restait quand même, que ce choix, ombrageait quelque peu notre relation. Toutefois, je ne pouvais pas me montrer trop ferme avec la jeune femme. Je savais qu'elle n'avait pas fait ce choix en connaissance de cause. Ce qui était dommageable. Mais c'était ainsi. Son soutien, elle l'avait déjà offert à ce gladiateur.

« Je me demande pourquoi tu as fais le choix de soutenir un gladiateur? Après tout, il y avait des tas de façon de devenir mécène dans cette ville sans pour autant franchir les portes de bois d'un ludus. » C'était la question que je me posais. Elle pouvait soutenir un artiste, un sculpteur, un musicien, une troupe de théâtre. Pourquoi décider de soutenir une personne qui représente, ce qui a de plus sournois dans la société? La gladiature était un monde masculin très fermé. Elle n'était nullement guidé par les bonnes manières et la bienséance. C'était un monde rude et je savais que Rufia n'étais pas prête à en connaître toutes les subtilités. « En plus à présent que je suis dans la confidence, tu me mets dans une situation délicate vis à vis de ton frère. »

Je n'avais pas envie d'entacher de futures bonnes relations. Avoir Marius dans mes alliés était une bonne chose où l'on pourrait mutuellement se rendre service. S'il apprenait que sa soeur financer un gladiateur et que j'étais dans la confidence, cela pourrait changer la donne. Toutefois, je ne pouvais pas jeter les torts sur Rufia. Tout le monde pouvait faire des erreurs. Aux autres mot de la patricienne, je me rendais compte qu'elle avait fait ce choix sans en mesurer les conséquences. Alors je ne pouvais pas lui en vouloir. Comment aurait-elle pu savoir?

« Mon père fait ses choix d'après ce qu'il peut en tirer, peu importe les moyens qu'il met en œuvre pour y parvenir, ni même les alliances qu'il doit nouer à ce but. Il n'a que peu faire des personnalités en jeu. Je ne suis pas comme lui. Je ne peux pas lier une alliance avec une personne dont je n'apprécie pas les méthodes, ni même la personnalité. Lucretius serait prêt à tuer sa propre sœur pour avoir son quart d'heure de gloire. Alors mon père... dès qu'il n'en aurait plus besoin, il trouvera un moyen pour se défaire de cet homme un peu trop encombrant. Rappelle-toi ce que je vais te dire Rufia: tu n'intéresses les gens que si tu as quelque chose à leur donner. Quand cela ne sera plus le cas, tu seras remplacée aussi facilement que le vent chasse les nuages. Mon père est sur un siège instable. On veut sa perte. Et si cela arrivait, beaucoup de ses alliés choisiront un autre camp. »  Il ne fallait pas croire non plus que je faisais les mêmes choix que mon père. Nous n'avions pas la même personnalité. Nous avions une vision différente des choses. Et bientôt, il allait lui-même s'en rendre compte. Je soupirais légèrement avant de prendre une nouvelle gorgée de ma coupe de vin. J'aurais préféré qu'elle se préoccupe davantage de mes préférences que celles de mon père. Elle était ma future femme. Je reposais mes yeux sur Rufia quand elle reprit la parole. « Ce mariage aura lieu. Quand mon père prend une décision, il ne revient pas dessus. Alors inutile de vouloir lui plaire à tout prix. Tu devrais plutôt te préoccuper de mes desseins et non de ceux du Duumvir » Il ne sera pas toujours à la tête des Pompeii. Et vu les temps présents, je préférais que Rufia ne cherche pas à tout prix à se rapprocher du pater familias. Je voulais qu'elle soit mon alliée et non le sien. « Tu as fait un mauvais choix. Nous pouvons tous en faire. Ne t'en fais pas pour ça. Et puis finalement, ce soutien que tu donnes à ce gladiateur pourrait finalement être une bonne chose... »
Patricien
Dim 10 Aoû - 21:21
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
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La fortune. La fortune, la gloire et le pouvoir. Sans doute était-ce là les trois grandes entités qui dirigeaient ce monde. Les trois entités derrière lesquelles courraient tant d'êtres, dans une course effrénée contre le temps, et contre la concurrence. Il fallait jouer des coudes pour défendre ce que l'on possédait, et pour acquérir avant tout autre ce qu'on ne possédait pas encore, ou ce qui viendrait compléter et embellir grandement ce que l'on possédait déjà. Nul n'était logé à la même enseigne, et rien n'était immuable. Ça, Rufia le savait. Du moins l'avait-elle appris, plus jeune, avant de se le voir confirmer, récemment, et pas de la plus grandiose des façons. Tout était en mouvement, et l'envie, la jalousie et la convoitise faisaient leur ravage bien plus sûrement que ne le faisaient les vagues sur les falaises, le long des rivages. Là où il fallait probablement des centaines d'année pour voir se modifier certains paysages naturels, il suffisait parfois de seulement quelque chose pour changer la face d'une gens, ou de la situation politique. Beaucoup avaient tant pleuré César après que le corps de ce dernier soit lardé de tant de coups de couteau. Une date que nulle n'oubliait. Pas plus les Claudii que les autres. Même si au sein de la famille de Rufia, cette date marquait également, et sans doute à égalité, voire même en premier lieu, la date de la disparition du frère jumeau de cette dernière. Certains diraient, ou plutôt, penseraient que cette attitude assez peu conventionnelle de la part de la jeune femme, celle-ci la tenait du fait qu'elle était la survivante de son frère, et qu'elle avait sans doute emporté avec elle, avant que Maximus ne parte pour toujours, une part de son frère jumeau. Comme pour que nul n'oublie qu'elle était le pendant féminin d'un jeune homme qui aurait aujourd'hui dû pouvoir défendre l'honneur et le nom des Claudii, autant que le faisait Marius, et sans doute aussi Rufia. La jeune femme ne se souvenait que très peu, visuellement, de son frère, mais elle ressentait à chaque fois comme un gouffre en pensant à lui, comme un manque, une sensation que tout ne serait plus jamais complet et entier, désormais.

La fortune. La fortune, la gloire et le pouvoir. Tous ne pouvaient pas se targuer d'associer les trois en même temps. Y compris parmi la caste patricienne. Certaines gens avaient la fortune, mais leur nom était tombé en désuétude, ou avait fini par sombrer dans l'ombre, car aucun de ses hommes ne parvenait à devenir être de premier plan. D'autres gens avaient la gloire d'un nom qui résonnait encore puissamment dans les esprits, mais étaient aujourd'hui quasi' ruinés, par un mauvais coup du sort. Quant au pouvoir ... Le pouvoir ne s'acquérait pas uniquement au sein de la politique. C'était quelque chose d'assez méconnu, par beaucoup. Certains se disaient qu'en étant politiciens, il ne pourrait jamais arriver un jour où tout s'effondrerait pour eux. Réussir à maintenir un prestige d'un temps passé alors qu'aujourd'hui les choses allaient moins bien, c'était seulement possible si on avait su s'y prendre à temps pour faire ce qu'il fallait pour que la désuétude ne s'abatte jamais trop violemment et trop rapidement sur votre gens. Et, effectivement, Fortunato avait raison : le mécénat était là pour ça. Beaucoup devaient bien jurer, le coeur sur la main, qu'ils faisaient uniquement ça pour l'art, et pour la cité, en finissant la rénovation de certaines places publiques, ou la création de nouveaux aménagement censés faciliter la vie de la plèbe, mais dans le fond, le prestige d'un nom était toujours un peu derrière chaque décision. Le temps finissait par faire son œuvre corrosive, mais la pierre s'abime toujours moins vite, encore une fois, que certains destins familiaux. Qu'une Claudia tente elle aussi de marquer de son empreinte son temps et ses contemporains, voire même au delà, ce n'était sans doute pas si surprenant que ça : après tout, Ostie n'était-elle pas parvenue à voir lui arriver la statue de Cybèle grâce à Claudia Quinta, alors que le vaisseau la transportant s'était enlisé dans la vase si caractéristique du port ? D'autres vous diraient aussi que, par le mariage, certaines Claudia étaient parvenues à conserver le prestige des leurs. Mais face à une telle vérité, Rufia ne pourrait sans doute que plisser le nez : pour elle, l'épouse d'un certain empereur ne devait pas être érigée plus haut qu'elle ne devait l'être, quand elle avait laissé son époux s'en prendre à d'autres Claudii. Cependant, extérieurement, vous ne verriez rien de tout cela : elle-même avait assisté au couronnement ...
    « Je ne peux me battre. Alors, sans doute ai-je voulu le faire, d'une certaine façon, en employant un moyen dérivé ? ... Il ne reste à présent que Marius, pour ... Pour porter les armes. Mes deux autres frères sont portés disparus. » A l'évocation de Marius, de la bouche même de Fortunato, Rufia ne put que laisser son regard se voiler. Que son frère en ait après elle n'aurait rien de nouveau, mais la jeune patricienne avait, jusque là, entièrement assumée elle-même les remontrances, sans piéger quiconque avec elle dans les griefs de son aîné. Sauf Diona. Diona était toujours de toutes ses confidences, mais au final, l'esclave était plus souvent de mèche que victime collatérale. Mais là, c'était tout autre chose : on parlait de Fortunato, son fiancé, et son futur époux. « Je dois reconnaître que je n'y avais pas pensé, Fortunato. C'est assez inédit pour moi, que de ... Tu es mon fiancé, il est donc logique que désormais, la moindre de mes actions te soit associée, mais c'est inédit pour moi, et je n'y avais effectivement pas pensé. Je te prie de bien vouloir m'en excuser : je n'ai pas cherché à te causer du tord, ou à créer une quelconque altercation entre vous deux. »
Se retrouver au sein d'une querelle familiale, c'était assez nouveau pour Rufia. Certes, elle-même avait toujours plus ou moins été vectrice de petites confrontations familiales, de par son attitude et ses habitudes si peu conventionnelles de jeune patricienne. Mais jamais elle n'avait monté les Claudii les uns contre les autres. Jamais non plus elle n'avait vu son père et l'un de ses frères entrer tant et si bien en opposition que leurs chemins avaient divergé, et que leurs griefs avaient été assez conséquent pour qu'ils sortent de leur sphère duale. Jamais non plus elle n'avait entendu aucun de ses frères tenir des propos aussi durs à l'encontre de leur père. Peut-être parce que la situation était différente, et que ses frères étaient suffisamment à l'image de leur père pour qu'aucune discorde n'éclate. Sans doute aussi était-ce parce que nul n'avait grand chose à reprocher à Marcus Claudius Urbicus. Ou peut-être n'avait-elle rien vu, et qu'il avait pourtant existé une telle réalité au sein de sa gens : ce qui l'étonnerait cependant fortement, elle qui avait les yeux qui trainaient si souvent partout, y compris et surtout là où il ne fallait pas. Alors, oui, il était assez nouveau pour elle de voir un fils être aussi dur à l'encontre de son propre père. Ce qui l'amenait à ne pas trop savoir comment réagir. Elle dont le principal motif de grief à l'encontre de ses parents aurait sans doute été leur attitude à son égard par rapport à la disparition de son frère jumeau : ils n'avaient jamais trop su trouver le juste équilibre, en la voyant trop comme une fille, ou trop comme sa sœur à lui. Cependant, la morale émise par Fortunato, ça, Rufia connaissait.
    « Je suis née femme, Fortunato : je sais dès lors combien toute position peut être précaire. Et je suis également une Claudii ... Qu'un soupçon de lassitude ou qu'une infime envie de changement et d'avidité de puissance s'instiguent quelque part, et tout peu changer. ... Le seul endroit où je ne pourrais jamais être remplacée, c'est au sein de ma famille : je suis l'unique fille, et ... Aux yeux de mes parents, et de ma mère, surtout, je suis celle qui est restée vivante, quand Maximus nous a quitté. Elle a longtemps porté le deuil de mon frère, et je crois qu'elle le portera toujours. Je l'ai toujours lu dans ses yeux. Ce qui a sans doute fait de moi ce que je suis : j'étais leur unique fille, mais également le reflet vivant de leur fils décédé. Ils m'ont passée beaucoup de choses à cause de ça, tout en attendant toujours plus de moi que de simplement me contenter d'être une jeune patricienne comme on en trouve tant. » Fortunato finissait par la remettre à sa place, ou plutôt, par la recadrer. Elle allait l'épouser, lui, et non son père. Pourtant, un instant, Rufia espéra de tout son cœur que ce n'était pas ainsi que la voyait son fiancé : uniquement intéressée par Lucius Pompeius Publicola, et non par lui. « Tant d'êtres nous ont tourné le dos, et je ne connais pas ton père. Je ne sais pas quelles sont ses habitudes, ni même ce dont il est capable. J'ai préféré prendre les devants et ... Et il semble que cela ait été une erreur. Je le regrette, sincèrement. Mais je regrette encore plus qu'il te paraisse plus important pour moi de m'accorder avec les desseins de ton père plutôt qu'avec les tiens. » Finalement, le jeune patricien semblait vouloir la rassurer, ce qui ne chassait pour autant pas totalement le petit soupçon d'amertume qu'elle sentait sur le bout de sa langue. Comme si elle avait été prise à défaut, alors même qu'elle abhorrait tout simplement cela. Penchant la tête, elle approcha doucement l'une de ses mains de celles de Fortunato, sans pour autant franchir entièrement le pas. « Expliques moi. Expliques moi comment je pourrais retourner cette erreur d'empressement en ta faveur, et je le ferais. C'est toi que je vais épouser, et je refuse tout simplement de mettre sur ton chemin quelque décision que ce soit de ma part. Je veux œuvrer en ton sens, ou, même mieux, je veux que nous œuvrions ensembles. »




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Sam 30 Aoû - 16:13
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Un mariage était l'union de deux personnes. Ce n'était pas seulement une histoire charnelle, c'était aussi et surtout, l'entente de deux caractères différents afin de défendre les mêmes intérêts. De cela, allait dépendre la réussite d'un mariage. En observant Rufia, je ne pouvais que constater qu'elle avait encore beaucoup de choses à apprendre. Elle ne connaissait rien de ma famille, rien de Pompéi. Tout ceci était nouveau pour elle. Et je ne pouvais pas la blâmer de commettre un impair. Je me souvenais d'Aurea quand cette dernière faisait ses premiers pas à Rome. Elle apparaissait tel une belle fleur, mais à l'étroit dans son pot en terre cuite. Perdue au milieu d'autres fleurs dont les racines étaient déjà bien ancrées sous une terre fertile. Elle ne savait pas où donner de la tête, ni à qui offrir une oreille attentive. Dans un sens, Rufia était dans la même situation. Elle était une belle fleur, mais au milieu d'un parterre de ronces et des plantes odorantes. Alors je voulais mettre son impair sur le compte de l'ignorance. Rufia était une jeune femme intelligente. Et je savais qu'elle apprenait de ses erreurs. Je gardais mon regard sur elle. Les femmes de notre société vivaient dans des carcans qui les empêchaient d'être vraiment elles-même. Et je me rendais compte que c'était la même chose pour la jeune Claudii. Elle cherchait à se démarquer, à trouver sa place dans cette société patriarcale. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Depuis que j'étais gosse, je voyais comment la société traitait les femmes de notre milieu. Je les voyais se faner d'années en années. Celles qui n'avaient pas de caractère ou très peu, devenaient des épouses fades, ternes, effacés. Des femmes qui vivaient dans l'ombre de leurs époux, leurs frères, leurs tuteurs. Elles n'osaient pas vivre pour elles-mêmes. Et d'ailleurs la plupart d'entre-elles, ne pouvaient pas agir comme elles voulaient. La plupart des hommes ne traitaient pas leurs femmes comme des alliés. Mais je ne voulais pas être ce genre d'homme. Je n'avais pas envie que mon mariage soit un fardeau que je porterai le restant de ma vie. Et quoi de mieux pour rendre solide cette union, que de jouer sur la franchise, l'honnêteté? C'était mon avis. Malgré tout ce qui s'était passé avec ma gens, il y a une chose que je ne remettrai jamais en cause: c'est l'entente exemplaire entre ma mère et mon père. Voilà bien une chose dont je voulais m'inspirer pour les années à venir.

Aux paroles de Rufia, je posais ma coupe à présent vide sur la table devant nous. Je sentais la sincérité dans ses propos et je ne parvenais pas à me montrer trop dur avec elle. Comme elle le disait assez bien, le fait de penser pour nous deux, était pour elle, nouveau. Je voyais dans son regard, qu'elle était perdue et la gêne marquait ses joues. Je me rendais compte qu'elle n'avait cherché qu'à se montrer présente pour ma gens. Même si la manière était plus que douteuse. Je concevais qu'elle n'avait jamais voulu porter atteinte à mes intérêts. Alors finalement, j'essayais de prendre avantage de cette situation au lieu de la blâmer comme une petite fille qu'elle n'était décidément plus.

« Ne pense plus à ça. Je sais que tu n'as pas songé à toutes les répercutions de ton geste et que tu ne voulais pas me causer du tort. Sache cependant, que je ne suis pas solidaire de toutes les décisions du Duumvir. Nous avons pas mal de points de désaccords, surtout en ce moment... » Je faisais signe à l'un des esclaves pour qu'il mette à nouveau un peu de vin dans ma coupe. « Cela n'est plus un secret pour personne dans la cité. »

Peut-être n'avait-elle pas prêté une attention particulière aux rumeurs qui se répandaient dans la cité. Même si pas mal d'entre elles, étaient plus qu'erronées. Je ne mettais aucun crédit aux rumeurs en tant normal. Mais cette fois-ci certaines rumeurs étaient fondées. Mon rapprochement avec la Murène n'était pas passé inaperçu. Je ne pouvais pas ignorer ce qu'on disait sur moi même si cela ne m'empêchait pas d'avancer. Mes paroles pouvaient paraître dures mais elles résultaient d'une série de querelles incessantes entre le Duumvir et moi. Et j'étais plus que lasse de toujours devoir me plier à la volonté de ce dernier. Il savait être inflexible sur certains points, et je pouvais l'être sur d'autres. Mais Rufia n'avait pas à être mêlée à tout cela, voilà pourquoi je ne voulais pas particulièrement qu'elle se montre trop enthousiaste à l'idée de charmer son beau-père. Je ne savais pas quelles étaient les relations qu'elle avait eu avec son père, mais je supposais qu'elles étaient différentes des miennes. Et pourtant, à une époque nous avions été proches. Mais à trop vouloir se montrer inflexible, sans même vouloir m'écouter, me considérant que comme un pion, j'avais fini par chercher par moi-même comment parvenir à mes fins. Pourtant cela aurait été si simple s'il m'avait écouté. Je ne cherchais pas à nuire à ma gens, juste à trouver ma place. Mes intérêts pour ma famille passaient avant tout, avant même mes intérêts personnes. Seulement, il était difficile de le faire comprendre à l'un des hommes, si ce n'est le plus influencé de la cité. Voilà le paradoxe qui résumait notre relation ces dernières semaines.

« Je ne cherche pas à te confiner dans un rôle, Rufia. Je ne te demande pas d'être une femme effacé, qui reste dans l'ombre de sa gens. Ce que je voulais souligner, c'est qu'il y avait bien d'autres manières de faire entendre ta voix et faire valoir ton opinion. »

Soutenir un gladiateur n'était pas la meilleure idée qui soit. Par cette décision, Rufia mettait en lumière un tempérament de jeune femme téméraire. Ce n'était pas forcément le trait de caractère que l'on appréciait chez une femme. Même si je devais avouer, que pour ma part, son initiative pouvait finalement m'être utile. Et puis, pour l'instant personne n'était au courant et j'espérais que cela allait continuer ainsi. Je laissais l'esclave remplir  la coupe toujours posée sur la table. Mes yeux se portaient à nouveau sur Rufia qui avait reprit la parole. Un fin sourire s'afficha sur mes lèvres. Je m'approchais un peu d'elle sans toutefois me montrer trop proche avant de replacer une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

« Nous allons œuvrer ensemble, sois-en sûre. Je suis certain que nous ferons de grandes choses toutes les deux. Quant à cette histoire de ludus, n'y pense plus. En tout cas, pas pour l'instant. Nous en reparlerons plus tard. » Je jetais un œil à Ystos qui nous observait. « Je crois qu'il est temps que je te raccompagne. » En effet, trois bonnes heures étaient passées depuis son arrivée. Notre entrevue s'était allongée mais je ne voulais pas que la jeune femme puisse avoir des ennuis avec son frère. La présence d'Ystos montrait bien que Marius voulait garder le contrôle de la situation. Et comme je ne voulais pas mettre la jeune patricienne dans une situation délicate vis à vis de son aîné, je préférais la rendre à son autorité. De toute façon, je savais bien qu'à présent, nos chemins allaient régulièrement se croiser de nouveau. « Ton frère risque de s'impatienter. » Je me levais de mon siège tout en lui offrant ma mère pour qu'elle fasse de même.
Patricien
Ven 12 Sep - 21:41
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Être à l'affût de ce qui se disait, c'était plus qu'essentiel, et important, dès lors que vous faisiez parti d'un certain petit cercle fermé. Mais il fallait aussi savoir démêler les fils, tirer le vrai du faux. Se méfier des apparences, aussi, c'était plus qu'essentiel. Sans parler du fait que les mensonges et les fausses rumeurs, dans le domaine de la politique et du pouvoir, c'était plus qu'un argument, et qu'une arme, à savoir manier. Et si l'on refusait d'être de ceux qui mentent, dupent et manipulent, et bien il fallait tout de même savoir y voir clair, dans tout ça. Cela n'hésitait un certain apprentissage, pour certaines personnes. Pour Rufia, cela aurait sans doute été inné et instinctif si elle était née garçon et qu'on lui avait toujours permis, sans barrières ni restrictions, de tout apprendre de ces subtilités. Oui mais voilà, malgré les quelques largesses accordées par ses parents, la jeune patricienne avait quand même beaucoup de retard. En quelque sorte, quelque chose comme ça. Alors, ces histoires de désaccords entre le père et le fils, non, Rufia n'en était pas foncièrement et entièrement consciente. Mais cela suivait son cours, d'ores et déjà. Face aux paroles de Fortunato, qui se voulait rassurant, et laissant quelque semblant de contrariété de côté, Rufia se laissait d'elle-même se détendre.
    « Au moins, maintenant, me voilà avertie. »
Face aux autres façons sous entendues par Fortunato pour qu'une femme puisse faire entendre sa voix, la jeune patricienne tenta de s'empêcher, le plus fort possible, de ne pas penser à toutes ces matrones romaines, des enfants tout autour de la taille, qui hurlaient après leur progéniture, et aussi après leurs maris, dès lors que ceux-ci, très souvent, marchands, ou commerçants, ne ramenaient pas assez de deniers pour faire vivre toute la famille. Ces femmes là, leur moyen de se faire entendre, visiblement, c'était de crier. Il y avait aussi celles qui utilisaient leur corps pour faire aller dans le sens de leur maître tout homme passant dans leur couche. Dans ces deux cas de figure là, Rufia ne s'y retrouvait pas : sans doute parce que, de base, elle n'était ni matrone plébéienne, ni esclave fille de joie. Il lui était aussi un peu compliqué de chercher à prendre pour exemple sa propre mère, qui n'était plus vraiment elle-même, selon tant de personnes, depuis la mort de Maximus, qui n'avait alors pas encore franchi la barrière des 2 ans, tout comme sa sœur jumelle Rufia. Sans doute la jeune patricienne devrait-elle alors piocher ses exemples parmi les femmes de la gens de Fortunato, à moins que Helvia ne fasse à l'affaire, à sa façon. A c sujet, donc, Rufia ne préféra rien rajouter, tout d'abord parce que, présentement, un peu démunie, elle ne savait trop quoi ajouter, et ensuite parce qu'elle refusait de causer quelque nœud de cerveau que ce soit à son futur époux qui voudrait tenter de la rassurer, ou de l'aiguiller, ou même de lui expliquer quoi que ce soit d'autre. Quoi qu'il en était, ces façons, et ces moyens, elle les trouverait. C'était sûr et certain. Et cela allait dans le même sens que sa demande d'explications quant à savoir comment se rattraper, de son erreur de jugement, auprès de lui. Sans doute. Le fait de le voir sourire, même seulement un peu, c'était déjà rassurant. Le sentir et le voir lui replacer une mèche de cheveux derrière l'oreille, c'était une preuve, s'il lui en fallait encore, qu'il ne craignait nullement de se tenir prêt d'elle, que cela ne le rendait pas physiquement malade, et qu'il ne se sentait pas contraint et forcé d'être en sa présence. Du moins Rufia percevait-elle les choses ainsi. Avant de se sentir prise d'une bouffée de chaleur bienveillante face aux promesses qui lui étaient faîtes, et à cet avenir qui semblait déjà s'ouvrir devant eux. Ce regard à Ystos, Rufia ne le manqua pas, avant de se rendre compte qu'effectivement, plusieurs heures devaient s'être écoulées depuis son arrivée en ces murs. Face à la référence à son frère, elle eut ce petit sourire un brin narquois.
    « Les dieux ont doté Marius de bien des qualités, mais certainement pas de patience, effectivement. En toutes circonstances, et toutes occasions. » Elle se levait, se saisissant de cette main qui lui était offerte, et s'occupait, de l'autre main, de remettre de l'ordre dans les pans de sa stola. Alors qu'Ystos les suivait, tous les deux, jusqu'à la sortie, d'un pas mesuré, mais efficace. Comme s'il maintenait toujours la même distance, depuis ce départ vers l'extérieur. Avant de le voir les dépasser et se stopper près de cet accès vers la sortie. Rufia se stoppa elle aussi, posant sa main libre sur le bras de son fiancé. « Fortunato, je te remercie infiniment de m'avoir accordée du temps. Cela m'aide infiniment à voir bien de mes futures horizons se défricher. Et je sais mieux quel homme je vais épouser. Avant même de t'épouser : une possibilité loin d'être offerte à toutes, j'en suis plus que consciente. Alors, oui, merci ... » Elle lui sourit, avant de déposer fugacement ses lèvres sur l'une des joues du patricien. « Nous ne tarderons sûrement pas à nous revoir, sans doute. Ne serait-ce que pour nos fiançailles. » Un petit sourire poli et sincère s'afficha sur ses lèvres, avant qu'elle ne suive Ystos, une fois cet accès vers l'extérieur ouvert. « A bientôt, Marcus. »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
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