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 Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Patricien
Dim 17 Nov - 22:48
Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Tout semblait s'enchaîner si vite ... Claudia Rufia voyait à peine les jours passés. Et elle oscillait entre tant de sentiments aussi divers et variés que complémentaires et opposés que, parfois, elle se prenait à avoir le tournis, au sens propre comme au sens figuré. Ce n'était pas que c'était si désagréable que ça, non ... En fait, si, un peu. Parce qu'en dépit du fait qu'en tant que femme, elle était loin d'avoir les rênes en main, elle avait toujours apprécié savoir qu'elle gardait toujours un peu le contrôle, d'une façon ou d'une autre. En s'obstinant à avoir certains principes, ou à penser très fort ce qu'elle ne pouvait pas dire. Mais là ... Là, tout semblait lui filer entre les doigts, comme des grains de sable. Vous avez beau en prendre une pleine poignée, le sable trouvera toujours un moyen de s'enfuir de votre emprise, pour retourner à son banc de sable, que cela vous plaise ou non. Depuis qu'on lui avait annoncé qu'elle était fiancée et que, donc, viendrait dans quelques temps le jour où elle devrait se marier, ou plutôt, où on l'épouserait, de plus en plus d'évènements, soit disant majeurs, s'enchaînaient les uns à la suite des autres. De quoi la déconcerter plus qu'à l'accoutumée. On semblait soudainement attendre encore plus de chose d'elle qu'on avait l'habitude de le faire. Son frère ne la quittait presque plus des yeux dès lors qu'il se trouvait à l'intérieur de la Villa Claudia, lorsqu'il n'était pas en train de s'entraîner au maniement des armes ou de dompter toute monture récalcitrante. La veille même, il avait exigé sa présence dans son cabinet personnel, alors qu'il rédigeait une lettre à elle ne savait trop qui. Il ne lui avait pas donné l'autorisation de lire par dessus son épaule, de corriger ses éventuelles fautes, ou tout simplement de lui demander si la forme ne l'emportait pas trop sur le fond. Non. En réalité, il l'avait obligée à rester assise, dans un coin de la pièce, lui concédant, certes, la meilleure assise possible, ainsi qu'une coupe de fruits, mais cela n'avait pas suffit à la distraire de l'ennui qu'elle avait éprouvée. Elle s'était sentie inutile, et sale gamine que l'on veut avoir à l’œil pour l'empêcher de faire la moindre bêtise. Rufia n'avait plus 7 ans. Loin de là. Et elle n'était pas en sucre, et n'allait pas non plus soudainement s'enfuir, simplement parce que, désormais, elle était fiancée.

Oui, son frère avait vraiment eu une étrange idée que celle-ci. Mais, en quelque sorte, cela avait été la concession à accepter afin de pouvoir se rendre seule à la Villa Meridiana, où l'attendait Fortunato. Ou plutôt où ce dernier l'avait invitée. Son aîné lui avait parlé d'un ordre, mais Rufia n'avait pas perçu les choses ainsi. Donc, oui, elle avait réussi à faire que son frère ne l'accompagne pas. De là à dire qu'elle était seule ... Elle avait dû accepter qu'Ystos la suive, en laissant Diona derrière elle. Ce dernier point l'avait quelque peu révoltée, mais son frère avait fait taire toute protestation en tranchant qu'il avait décidé, et que c'était comme ça. Rufia ne savait pas trop si avoir Ystos auprès d'elle était la meilleure idée qui soit : peut-être Fortunato percevrait-il cela comme une façon détournée de son futur beau-frère de lui manifester le fait qu'il n'avait pas forcément assez confiance en l'héritier de la gens des Pompeii pour lui "envoyer" sa sœur sans un esclave capable de vous botter le séant et de vous désarmer si vous vous en preniez à elle. Et Ystos n'y connaissait rien, en aménagement et décoration ! Mais ces histoires là étaient des histoires d'homme, et Rufia s'était faîte rabrouée lorsqu'elle avait soulevé l'hypothèse que ce n'était peut-être pas le geste le plus judicieux qui soit. Enfin ...

Elle était en avance. C'était obligé. Ce matin, son frère l'avait faîte levée à l'aube, comme par peur qu'elle oublie, ou qu'elle ne soit pas à l'heure au rendez-vous fixé. Lui avait parlé de convocation mais, encore une fois, Rufia ne voyait pas les choses comme ça. Elle avait eu la mine chiffonnée une bonne partie de la matinée, et lui avait présenté sa moue la plus boudeuse, pour lui manifester son mécontentement. Parce que Rufia appréciait ne pas être levée aux aurores pour de simples lubies complètement hors sujet. Comment pourrait-elle oublier, ou se présenter en retard ? Oui, merci, elle était bien consciente de la relative importance qu'allait avoir cette entrevue. Elle n'était pas stupide, et n'avait pas soudainement perdu toutes ses capacités cognitives durant la nuit. Somnus l'emmenait vers bien des contrées, lorsqu'elle dormait, mais sûrement pas vers ce genre de contrées là, où l'on vous vide de votre esprit et de votre intelligence ... Elle était en avance. C'était obligé. Alors, pour palier à cette avance, puisque son frère l'avait carrément mise hors de chez eux, quelques minutes auparavant, en lui intimant bien l'ordre de ne pas aller se promener dans les rues, la jeune femme observait depuis déjà cinq bonnes minutes les dehors de la Villa Meridiana. L'édifice était impressionnant, du moins Rufia avait-elle déjà vu des Villae bien moins conséquentes que celle-ci. Ainsi, c'était là qu'elle vivrait et résiderait, bientôt ... La jeune femme était contre les jugements trop hâtifs, et les regards qui se cantonnent au dehors, et aux belles apparences exposées. Elle se méfiait. Certains sourires, les plus majestueux et entreprenant, pouvaient dissimuler des pensées bien plus noires et des desseins des plus ténébreux. Mais Fortunato ne lui avait jamais encore présenté ce type de visage là. Pourquoi sa Villa le ferait-elle ? La jeune patricienne se décida enfin à faire son entrée, alors que les premiers esclaves qu'elle croisa la saluèrent respectueusement. Cependant, elle aperçut bien l'un d'entre eux quelque peu écourter ce salut, et quitter la pièce, probablement pour aller quérir Fortunato. Pendant ce temps là, Rufia se prit à froncer, anxieusement, entre les doigts de l'une de ses mains, le tissu de l'un de ses voilages, pendant qu'Ystos restait auprès d'elle, pour l'instant, bras croisés derrière le dos, mais aux abois. Si jamais. Si jamais quoi d'ailleurs ? Les fiançailles étaient officielles, son frère savait où elle était, alors ... Alors pourquoi Fortunato essayerait-il de s'en prendre à elle de quelque façon que ce soit ? C'était ubuesque, tout simplement ...



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mer 20 Nov - 0:29
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Invité

On ne pouvait pas dire que les jours précédents avaient été des plus simples. Je n'avais pas souvent été à la Meridiana. Et ensuite, j'avais eu quelques soucis personnels de quoi m'obliger à reporter la visite de Rufia dans sa futures domus. Je ne pouvais pas recevoir ma fiancée dans ces conditions. Et puis, depuis la soirée de fiançailles, je savais aussi que Rufia n'avait pas eu une minute pour elle. Alors je me sentais un peu moins coupable de ne pas pouvoir honorer sa première villa à la Meridiana. Mais tout ceci, c'était plus ou moins arrangé, je pouvais reprendre un rythme plus régulier au niveau de mes obligations. Les séances à la curie s'était multipliée et je ne pouvais pas m'absenter. De plus, le voyage à Rome avec le légat Vinicius et Maximum avait retardé mes autres rendez-vous. Maintenant j'étais occupé du matin au soir. Mais j'avais pu m'octroyer une après-midi pour recevoir enfin la jeune femme. La veille, j'avais demandé à Sertorius d'envoyer un message à Rufia, comme il l'avait fait quelques jours plus tôt pour lui dire que le rendez-vous était reporté, mais cette fois-ci, c'était pour l'inviter ce jour-là si elle était disponible. Je ne pouvais pas promettre d'être disponible un autre jour. La jeune femme avait rencontré sa belle famille quelques jours plus tôt et les fiançailles étaient donc officielles. Par cette occasion, j'avais pu voir comment la jeune femme se comportait avec mes propres parents mais aussi avec tous nos amis. C'était parfois un exercice difficile pour des jeunes femmes de son âge mais Rufia avait su charmer tous ceux qui avaient fait sa connaissance. Ce qui bien sûr, rassurait encore plus mon père dans son choix de la prendre comme belle-fille. Il avait paradé pendant toute la soirée et j'aurais bien aimé à ce moment là pouvoir déroger à cette obligation. Malgré tout, j'étais resté pour ma mère et pour Rufia qui n'était pas dans un environnement familier. La soirée, finalement, s'était bien passée. Et cela me confortait aussi, en me disant que la jeune patricienne était la femme qui me correspondait. Nous avions des caractères complémentaires ce qui me permettait d'espérer que la concorde allait s'installer entre nous.

En attendant l'heure de l'arrivée de la jeune femme, je m'étais octroyé une petite heure pour m'occuper de mes chevaux. Ces derniers temps, il n'y avait que ma passion qui me permettait de ne pas m'enivrer tous les jours. Ce qui était étrange, sachant que d'ordinaire, je n'étais pas le genre d'homme à faire passer mes états d'âme grâce à l'alcool. Je préférais m'occuper d'Argento, le panser, lui donner à manger. Cela avait toujours eu le don de me calmer, de me rendre plus serein. Et comme si le cheval comprenait, il était encore plus docile que d'habitude. Le monter régulièrement était une chose qui me manquait ces derniers temps. En campagne, nous étions ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je soupirais intérieurement en faisant passer la brosse sur sa robe. A ce moment-là, les choses étaient encore gérables pour moi, plus simples qu'elles ne l'étaient aujourd'hui. J'essayais de reprendre le contrôle sur mon existence et j'y arrivais avec plus ou moins de réussite. C'est Sertorius qui une nouvelle fois, arriva jusqu'aux écuries pour me rappeler l'heure qu'il était. Je laissais donc mon cheval tranquille, demandant à Pietros de le laisser courir dans le champ puis je me dirigeais vers la villa pour me changer. J'optais pour une tunique bleu avec des motifs argentés sur le col, les manches et le bas du tissu. Je laissais mes bracelets en cuir noirs. Un brin de toilette plus tard, je demandais à l'une des esclaves de préparer un plateau de fruits tout en lui rappelant de ne pas oublier les abricots secs, dont je savais Rufia, friande. Puis je laissais un autre esclave préparer la table extérieure. Je préférais me poser à l'extérieur de la domus, près du grand bassin d'eau, entouré par des pommiers, des oranges, ce qui était bien plus agréable que de rester enfermer dans le triclinium. Et puis, il faisait bon, alors autant profiter de la clémence des cieux. Je venais à peine de traverser l'atrium quand Cyrus m'expliqua que mon invitée se présentait devant la villa. J'allais donc à sa rencontre. La jeune femme était ponctuelle, trait de caractère que j'appréciais. J'accueillais Rufia, la future domina de la villa. Je m'emparais doucement de sa main en la menant à mes lèvres afin de la saluer. Puis je remarquais un garde derrière elle. Son frère avait-il peur que j'outrepasse les convenances? Ou faisait-il preuve d'un trop grande autorité sur sa cadette? Je me posais la question quand je reportais mon attention sur Rufia qui s'était une nouvelle fois, parée de ses plus beaux atouts.

« Bienvenue Rufia. Je suis ravi de t'accueillir à la Meridiana. J'espère que tu vas apprécier cette visite et cette après-midi à mes côtés. »

Je lui donnais le bras, gardant un fin sourire sur mes lèvres. Puis je lui demandais, faisant abstraction à l'esclave qui la suivait comme son ombre.

« Voudrais-tu prendre une collation avant la visite ou souhaites-tu découvrir la villa avant que l'on s'attable? »

Puis, ne pouvant pas me retenir, je venais murmurer à son oreille pour qu'elle soit la seule à entendre.

« Tu as du laisser ta suivante sur ordre de ton frère? »

Je pensais de plus en plus que mon futur beau-frère était du genre possessif. Malheureusement, il allait devoir calmer son tempérament parce que Rufia sera bientôt ma femme et je n'accepterai pas aussi facilement qu'aujourd'hui, qu'il vienne imposer ses humeur jusqu'à dans ma domus. Je pensais le frère de Rufia, bien plus censé.
Patricien
Mer 20 Nov - 21:59
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
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La Société avait toujours plus ou moins posé son regard sur Rufia. Elle n'avait pas évolué et grandis au sein d'une chrysalide que rien ni personne ne serait venu perforer jusqu'au jour d'aujourd'hui. Ses parents ne l'avaient pas non plus élevée dans un déni total de la réalité, même si elle était assez intelligente et clairvoyante pour savoir qu'on l'avait tout de même tenue à l'écart des réalités les plus dures de ce monde. Ne serait-ce que parce qu'elle était née patricienne, et que, donc, mourir de faim, de froid ou de solitude, ça n'avait jamais été son quotidien. Pas même un peu. Elle avait dormi dans un vrai lit, avait pu toujours être au chaud, même si le climat romain était loin d'être frigorifique. De la même façon, sa sécurité avait toujours été garantie, tout comme sa survie. Personne n'aurait osé pénétrer à l'intérieur de la domus de Marcus Claudius Celsius en toute impunité. Du moins, pas tant qu'Octave ne s'était pas imposé. Car après, bien des choses avaient changé : certaines exactions horribles avaient été commises. Comme chez son oncle paternel, Crassus, par exemple. Un évènement plus que tragique. Rufia n'avait pas directement été touchée, mais son oncle faisait partie de sa famille, et au delà de sa simple personne à lui, la jeune femme estimait qu'on s'en était aussi pris à la gens des Claudii, en abattant sa tête de proue, son chef. Un acte que jamais elle n'oublierait. Pour rester à l'abri de toute perception futile d'une quelconque sécurité permanente, prétendument assurée par le simple fait d'être issu d'une famille prestigieuse, ou de porter un nomen non moins prestigieux. Comme pour ne jamais oublier, non plus, qu'on n'est jamais à l'abri d'un drame, d'une exaction, d'un crime. Car les cartes de la politique, de la diplomatie et de la stratégie pouvaient s'abattre les unes après les autres bien plus vite qu'on ne le penserait possible. Parce que la vie est également une grande partie d'échecs : on avance ses pions, dans une perspective précise, celle de l'emporter ou, en tout cas, de présenter une belle défense. Mais un coup du sort, et un revers du destin sont là deux facteurs à absolument prendre en considération, et à ne jamais sous-estimer, repousser à plus tard, à quelqu'un d'autre, ou à ailleurs. Et vous pouviez être sûr que la Société ne manquerait pas de souligner votre manque de prudence, votre trop plein d'assurance, ou vos prétentions bien trop colossales pour tenir la route ou vous présenter comme raisonnable, prudent, et non narcissique. De la même façon, il était sûr que la Société ne vous manquerait jamais au moindre faux pas. Une certaine pression reposait donc en permanence sur vos épaules. Avec le temps, et l'habitude, vous finissiez plus ou moins par vous y habituez, de sorte à ce que cela vous semble moins lourd que cela ne l'était. Avant qu'un immense contre-poids ne vienne s'abattre sur vous dès lors que vous flanchiez, ou que vous preniez suffisamment de recul pour bien apprécier la situation dans laquelle vous étiez sans rien sous-estimer ou minimiser. Alors, Rufia, bien consciente de tout cela, évitait de tenter une introspection sur elle-même et sur ce qui allait bientôt lui arriver, de sorte à éviter de tout réaliser tel qu'il fallait pourtant le faire, par crainte, sans doute, de la lourdeur et du côté colossal et crucial de tout ce qui l'attendait si prochainement. Et, en quelque sorte, prendre peu à peu ses marques, en commençant déjà par l'aider et le conseiller quant à la décoration de la Meridiana, via la proposition de Fortunato, c'était plus que bienvenue pour y aller doucement, par petites touches.

Comme à chaque fois, Rufia se prit à sourire doucement face à la façon dont la saluait son futur époux. C'était poli, galant et courtois. Surtout, ce n'était ni feint ni forcé. Elle ne l'avait jamais nullement contraint à une telle attitude. Il agissait ainsi comme il l'entendait, et pas contraint et forcé. De la sorte, la jeune femme voyait la différence avec toutes ces salutations bien plus protocolaires, feintes et surjouées. De ces salutations qui, en quelque sorte, vous donnent envie de vous laver les mains au plus vite par la suite. Et puis, malgré sa maturité et les autres qualités qui ne faisaient pas d'elle une jeune patricienne naïve, utopique et rougissante à la moindre flatterie ou au moindre regard, Rufia n'en demeurait pas moins une jeune femme tout à fait charmée dès lors qu'on lui apportait certains bons égards. De là à dire qu'un fard des plus rougissants lui montait aux joues, c'était plus qu'extrapoler. Un rosissement, tout au plus. De la même façon, elle souriait face à ses paroles de bienvenue, sans se mettre à trembler telle une jeune fille encore non nubile qui se pâme devant le premier sourire et le premier compliment, qui sent ses jambes trembler et qui se met à défaillir pour rien. Rufia avait plus de retenue et de contrôle sur elle pour agir de cette façon, voyons. Néanmoins, elle était tout à fait charmée, là n'était pas la question. Dès lors, elle répondit à ses salutations d'un sourire poli, courtois et jovial, avant d'incliner légèrement la tête.
    ❝ Merci à toi de cette invitation qui ne me réserve, j'en suis sûre, que de belles perspectives. ❞ Car, non, elle ne doutait absolument pas du fait qu'elle allait passer un bon moment en compagnie du jeune homme. Sans parler du fait que, si l'intérieur de la Villa Méridiana se révélait à la hauteur de ses extérieurs, Rufia était plus que persuadée qu'elle ne serait pas déçue de ce qu'elle allait voir, dans ce cadre qui serait bientôt le sien. Attrapant doucement et avec grâce le bras tendu de Fortunato, elle laissa son autre main se poser contre le biceps du jeune patricien. Posant son regard plus sur le visage de son futur époux, elle entreprit de répondre à sa question, un léger sourire poli restant accroché à ses lèvres. Un sourire poli, mais surtout sincère. Il ne s'agissait en effet pas pour elle, pour le coup, de jouer un jeu, ou d'arborer un masque. ❝ Je n'ai rien contre le fait que tu me fasses d'abord découvrir les lieux. Cela m'évitera de regarder un peu partout par curiosité, distraite par ce nouvel environnement. A moins que me voir distraite et ne t'écoutant que d'une oreille ne te convienne ! ❞
Un petit éclat de rire fusa, sincère et naturel. Elle secoua légèrement la tête, faisant quelque peu cliqueter ses boucles d'oreilles, alors que ses cheveux se déployèrent quelque peu sur son dos, pris, eux aussi, dans cet infime mouvement. Cependant, elle reprit son sérieux, alors que, soudain, son visage arborait une autre réalité, dès lors qu'elle sentit le jeune homme s'approcher d'elle. Retenant un frisson alors que leurs deux visages se rapprochèrent, elle crispa légèrement les doigts lorsqu'il évoqua la présence d'Ystos à ses côtés, à mots couverts, en soulignant surtout l'absence de Diona. Ses sourcils se froncèrent légèrement, alors qu'elle plissait le nez et que ses traits adoptèrent un profil plus sérieux et peiné. Plus boudeur et mécontent, surtout. Elle accéléra un peu le pas, et vit qu'Ystos comprenait, sans un seul échange de mots, que la jeune femme désirait mettre un peu de distance, pour obtenir intimité et cocon de confidences, sans avoir, pour ça, à se coller entièrement à Fortunato. Même si elle s'était bel et bien rapprochée de lui, à son tour.
    ❝ Oui. Malheureusement ... Ystos est quelqu'un en qui j'ai confiance et en la présence de qui je ne me sens pas mal à l'aise, mais ... Ses domaines de compétence, à lui, c'est plutôt le combat, pas la décoration de domus ... Mais il est très gentil, ce n'est pas le problème ... ❞ Elle soupira, avant de quelque peu secouer la tête, de gauche à droite. ❝ C'est sans doute sa façon de continuer à quelque peu régenter ma vie, même à distance. Pour que je n'oublie pas à qui je dois encore allégeance et obéissance, jusqu'à notre ... mariage. ❞



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Sam 23 Nov - 20:01
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Invité

Même si la situation s'était compliquée depuis notre dernier entretien, je ne voulais pas reporter les conséquences sur la jeune femme qui m'offrait sa présence. Notre premier entretien avait été un succès et je ne voulais pas que celui-ci tourne à la débâcle. Et puis la présence de Rufia me faisait du bien. C'était une jeune femme pétillante qui ne manquait pas de conversation. Je savais que je n'allais pas m'ennuyer en sa présence. De plus, comme cette après-midi, je n'avais rien de prévu, je n'allais pas devoir écourter la visite de la jeune femme. Cette fois-ci j'allais pouvoir lui accorder autant de temps que je le souhaitais. La villa était vaste tout comme la propriété qui l'entourait. En songeant à cette future domus, j'avais des idées bien arrêtées. Grâce à mes voyages, j'avais eu la possibilité de découvrir une bonne quantité de demeures, toutes plus variées les unes que les autres. Et j'avais gardé ces souvenirs pour les adapter à la Meridiana. Bien sûr, la villa restait romaine dans son essence, dans ses peintures, ses fresques. Mais les mosaïques, certaines statues, certains décors extérieurs étaient plus exotiques sans pour paraître trop barbares aux yeux de la population romaine. J'avais envie de vivre dans une villa différente de celle qui m'avait vu naitre. Je ne souhaitais pas passer mon temps dans une villa qui me rappelait mon enfance et surtout, qui me rappelait mes parents. J'avais envie de changement et de faire une décoration et un aménagement qui était en adéquation avec ma personnalité. Je voulais que la villa soit une symbiose de mon caractère mais aussi celui de sa future domina. Dans ce but, c'était tout naturellement que j'avais proposé à Rufia de venir à la Meridiana. Parce qu'elle allait y vivre et j'espérais aussi qu'elle allait s'y plaire, je voulais que la jeune femme puisse mettre sa touche personnelle à la villa. L'agencement et l'aménagement des pièces et de la demeure en général étaient terminés mais la décoration ne l'était pas. Ainsi, Rufia pourrait donner ses idées et aussi ses volontés aux décorateurs pour parfaite la demeure dans laquelle elle allait vivre à mes côtés. Et puis, je n'oubliais pas l'hortus de la villa Claudii, qui était une pièce agréable et verdoyante. Le genre de pièces que j'appréciais et j'étais très intéressé par le fait que la jeune femme souhaite refaire le même genre de pièce. Cela ne sera pas seulement une pièce où elle pourra s'y détendre mais aussi une pièce où je pourrais l'y rejoindre et où nos futures enfants pourront troubler notre tranquillité.

La perspective de parler décoration m'enthousiasmait pas plus que cela. Ce qui me plaisait, c'était de pouvoir passer un peu de temps avec Rufia. Ces derniers jours avaient été compliqués et me détendre en sa compagnie allait me faire le plus grand bien. Je l'accueillais donc au sein de la Meridiana. Je souhaitais que la jeune femme puisse avoir un bon feeling avec la maison mais aussi avec son hôte. Je voulais entretenir cette bonne entente qu'il y avait entre nous, l'entretenir et la faire perdurer. Je regardais la patricienne qui jetait un œil autour d'elle. Les esclaves de la domus avaient reçu des indications strictes  afin qu'ils exécutent la moindre demande de la jeune femme. Je leur avais expliqué que Rufia était la future domina et que par conséquence, ils devaient se comporter avec elle comme ils se comportaient avec moi, soit avec discrétion et efficacité. Je laissais la jeune femme prendre mon bras tandis que son autre main s'accrochait lui aussi, à moi. Aux paroles de la jeune femme, je ne pouvais m'empêcher de sourire.

« Alors je crois que nous allons commencer par la visite. N'hésite donc pas si tu as la moindre remarque ou souhait à formuler. Je ferais en sorte d'adapter les choses selon tes envies. »

Je la guidais donc à travers la domus. Je voulais lui montrer d'abord, l'intérieur avant de finir la visite par les jardins et les terres voisines. Ainsi nous pourrions nous installer ensuite directement à la table de la terrasse. Mon regard se posa ensuite sur l'esclave de Rufia, Ystos. Je m'abstenais de faire tout commentaire sur le sujet. La décision du frère de Rufia n'était pas l'une des plus éclairées. Il était indéniable que la loyauté de la jeune femme restait encore à sa gens alors pourquoi faire cette démonstration en lui imposant l'esclave hellénique. La visite commença donc par la domus. De l'entrée, il y avait une vue dégagée sur l'atrium plus loin. Il était vaste avec une impluvium au centre et des banquettes qui l'encerclaient. Il y avait des plantes à chaque coin de la pièce. La couleur verdoyante se mélangeait très bien à celle des fresques rouges, or et blanches. La visite se poursuivait. Je prenais un soin particulier à décrire chaque pièce à Rufia, chaque objet qui s'y trouvait, surtout quand il provenait de mes campagnes. Et puis je la laissais donner ses directives quand elle en ressentait le besoin. Un décorateur nous suivait tout au long de notre périple à travers la villa. Les pièces étaient fastes et bien décorés. Elles n'étaient pas ostentatoires mais jamais négligées. Elles étaient toutes agencées de façon à procurer un maximum de bien être. La villa était vaste et nous avions mis plus d'une heure à tout visiter. Je finissais la visite par la cour intérieure où se trouvait le grand bassin qui longeait toute la villa. Un bassin ornaient de trois statues en son centre. Il était entouré d'espaces arborés, parfait pour se détendre un peu. Puis nous avons traversé la domus pour aboutir de l'autre côté de la villa. Nous arrivions dans un grand jardin avec des pommiers, des citronniers, des orangers. Les parfums fruités embaumaient l'atmosphère. Je laissais Rufia admirait les alentours tout en jetant un oeil à l'esclave qui venait de déposer des coupes de vin à la table qui était proche de nous. Je posais à nouveau mon regard sur ma fiancée avant de dire:

« Que penses-tu de ta future domus? Est-elle à ton goût? » Je jetais un œil au décorateur. Puis j'ajoutais: « Je ferais en sorte que tes demandes soient exécutées avec soin. Parce que j'ai envie que tu te plaises ici. »

J'avais même aménagé une place plus loin dans la villa pour en faire un hortus. J'avais aménagé le lien mais les plantes n'étaient pas toutes présentes. J'attendais la liste de Rufia pour finir l'aménagement. Puis je l'invitais à nouveau à me suivre jusqu'à la table du jardin.

« Veux-tu à présent boire quelque chose? »
Patricien
Mar 26 Nov - 22:00
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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On avait appris à Rufia à toucher un peu à tout. Parce qu'on lui avait dit que c'était nécessaire. Parce qu'on lui avait dit, aussi, que c'était ce qui était attendu d'elle. Alors, oui, Rufia avait bénéficié de certains enseignements le plus souvent réservés aux fils, et non pas aux filles, mais dans le même temps, ces apprentissages assez inédits ne s'étaient pas fait au détriment du reste. A elle aussi, ainsi, on avait appris l'agencement des couleurs, la tenue d'un foyer, les protocoles, les respects de hiérarchie, l'art des fleurs et des goûts culturels. Combien de fois s'était-elle piquée le doigt en se mettant à son ouvrage de couture ? Il s'agissait pour elle de savoir embellir un tissu, une tenue, plus pour le prestige que pour réellement mettre ces dons là à profit, car on prétendait qu'il y aurait toujours une esclave pour remplir cette tâche. Mais Rufia appréciait de savoir que, si elle le voulait, elle pouvait tout à fait régler ces petits soucis d'ourlets qui se décousent, ou d'ajustements à réaliser, en cas de prise de poids, de façon plus ou moins naturelle. Car il s'avère que certaines prises de poids sont bien mieux vues que d'autres : lorsque votre ventre s'arrondit, et que votre poitrine augmente, sous l'effet du petit polichinelle que vous avez dans le tiroir, si l'on peut dire ça comme ça. Cela lui avait été utile, à quelques reprises, plus jeune, à mesure qu'elle devait une femme et que son corps prenait des rondeurs bien proportionnées et bienvenues, tout çà parce que, sans doute, il avait s'agit là d'évolutions sur lesquelles elle n'avait eu aucune emprise, et qui l'avait un peu déstabilisée, au point de vouloir retarder l'échéance à laquelle les siens réaliseraient qu'elle quittait le monde des petites filles pour devenir une jeune femme. Mine de rien, elle avait bel et bien réussi à les duper, sans doute parce qu'ils la voyaient chaque jour, et que les évolutions étaient moins décelables que lorsque absence il y avait entre deux rencontres. Mais la duperie n'avait pas duré éternellement. Et aujourd'hui, quand elle y repensait, elle se disait qu'elle avait été bien puérile et utopique, pour le coup. Mais il fallait bien reconnaître qu'il faut bien, dans ces phases là, réaliser que ce corps qui change est le vôtre, et réussir à l'apprécier, à l'accepter, à le gérer. Et c'était également une toute autre histoire que de se sentir parfaitement à son aise, dans son corps si féminin, dès lors que l'on était en présence de son futur époux, d'autant plus lorsque la proximité entre vos deux corps n'était pas des plus légères. Alors, au bras de Fortunato, Rufia hocha la tête, lorsqu'il l'encouragea à communiquer avec lui tout ce qu'elle estimerait judicieux de dire, ou de demander. Ce qu'elle ne fit surtout pas, en revanche, fut de rajouter quoi que ce soit au sujet de la présence d'Ystos à ses côtés. Car elle percevait un certain mécontentement de la part du jeune patricien, ou, tout du moins percevait-elle quelque chose dans le même genre d'idée. Il lui semblait donc inutile de rajouter du bois dans le feu, ou d'enfoncer le glaive encore plus loin.

De toute façon, la petite visite de la Meridiana, sa future domus, lui donnait allégrement de quoi faire, sans qu'elle ne se sente obligée de parler. Elle observait, encore et encore, avec minutie, en détails, mais aussi avec une grande attention, et un pluralisme le plus grand possible. Car elle refusait de se focaliser sur une seule thématique, ou sur une unique série de détails. Voir la domus dans son ensemble lui semblait en effet une bien meilleure option. Elle voulait que tout soit idéal : une grande ambition, sans doute impossible à réaliser, mais cela ne coûtait rien d'essayer, n'est-ce pas ? Et puis ... Et puis, visiblement, du temps pour tout perfectionner, elle en aurait, à rallonge, devant elle, une fois mariée à Fortunato. Et puis, après tout, c'est en vivant dans ces lieux qu'elle se rendrait compte des ajustements à réaliser, de l'ergonomie à prôner, ainsi que de la fonctionnalité à rechercher. En tout cas, ce qu'elle voyait lui plaisait. Aussi bien l'agencement des pièces que leur luminosité. Sans manquer de préciser qu'elle avait bien sûr remarqué les touches de nature et de verdure d'ores et déjà présentes. Ce qu'elle remarquait déjà, et appréciait tout particulièrement, c'était la cohabitation entre matériaux assez lapidaires (comme le marbre, par exemple), matériaux plus nobles (comme le bois) et la nature. Un juste milieu, un juste équilibre qui lui plaisait. Cependant, son œil ne manqua pas de remarquer quelque petits ajustements à prévoir : comme un léger éloignement et rehaussement de tout objet fragile entreposé trop près d'un passage, ou d'une porte. Son futur époux et elle auraient probablement des enfants, et un enfant, ça court, et ça a les mains baladeuses : autant éviter de les laisser faire chuter un objet précieux, tant financièrement que sentimentalement, et autant éviter, aussi, qu'ils ne se fassent pas. Elle recommanda aussi la couleur de quelques voilages supplémentaires, tout en précisant qu'il ne s'agissait là que de quelques suggestions. C'était surtout une façon pour elle de tenter de mêler, de ci de là, quelques références à sa famille. Une couleur, par exemple. En tout cas, de sa main libre, elle n'hésitait pas à toucher les matières. Parce que c'était ainsi qu'on lui avait appris à juger : en touchant, en palpant, en allant au plus près de la réalité, sans rester dans les apparences et le superficiel. Alors, peut-être que cela pourrait paraître malpoli, à un esprit conservateur, qu'elle agisse de la sorte alors même qu'elle n'était même pas encore chez elle, ici, dans cette fameuse Villa Meridiana, mais c'était ainsi que la jeune femme espérait pouvoir agir. Et puis, la première fois qu'elle avait mené une telle approche, en tout début de visite, elle avait jeté un regard à son fiancé, et n'avait lu aucun reproche, et vu aucun haussement de sourcils, réprobateur. Alors elle se disait qu'il lui était permis d'agir ainsi.

    ❝ C'est magnifique ... ❞ Une réalité observable et observée. Des paroles sincères, et donc non muées par une quelconque volonté de flatter ou de congratuler.
Elle était à l'affût de la moindre explication sur la moindre chose, sur le moindre objet, de la part de Fortunato. Sans doute parce qu'elle s'intéressait réellement à ce qu'il lui disait, et puis aussi, parce qu'elle tenait à comprendre l'importance réelle de chaque objet, pour aller au delà de l'aspect financier et visuel. Certains souvenirs rapportés d'un conflit ne valait rien, en monnaie sonnante et trébuchante, quand, sentimentalement, ils éveillaient de telles émotions qu'il était impossible de simplement les voir comme étant simplement l'objet qu'ils étaient : il y avait un message, une portée symbolique, une signification, bref, des vecteurs à prendre en compte et à ne surtout pas rabaisser, ou minimiser. Et puis ... Si elle espérait pouvoir elle aussi voir entreposer certains objets lui étant chers au cœur, elle avait intérêt à ne pas snober le moindre souvenir de guerre rapporté par son futur époux. Quoi qu'il en était, Rufia ne voyait pas le temps tourné. Et il lui semblait déjà qu'ils arrivaient tous deux dans la cour intérieure, alors même qu'ils avaient déjà tant vus avant. Mais la jeune patricienne ne se lassait pas, bien au contraire. Un sourire quelque peu épanoui pris place sur ses traits lorsque son regard s'attarda sur ce si long bassin. Elle aimait l'idée, beaucoup, même, tout en concevant cependant que cela devait amener à un entretien régulier. Ne serait-ce que pour partir à la pêche aux feuilles tombées dans l'eau, par exemple. Mais Fortunato semblait être doté d'un personnel de maison suffisant pour assurer l'entretien d'une telle bâtisse. Puis, il y eut le grand jardin, et Rufia ne put résister. Elle quitta le bras de son futur époux pour s'approcher au plus près de ces arbustes et arbres fruitiers. L'endroit sentait si bon, et elle éprouva le besoin de toucher du plat de la main les différents troncs, comme pour ressentir la vie qui s'y propageait, à l'intérieur. Comme pour ressentir force et survie. Car la nature survit si bien à des tas d'aléas. Quand on ne pouvait malheureusement pas toujours en dire autant pour l'espèce humaine. Il suffisait à la jeune patricienne de fermer les yeux pour revoir ces portes si grandes ouvertes, devant la Villa de son oncle, à Rome. Pour revoir les feuillages alentours se balancer, bien que l'on était déjà en hiver et que, feuilles, il n'y avait plus beaucoup. Une force naturelle imperturbable, alors qu'une exaction des plus sanglantes et déshonorantes pour ses instigateurs avait été commise ... La vie, le destin et leurs tours et détours ... Rufia se prit à se déconnecter quelque peu de la réalité, réalité à laquelle elle revint lorsque son fiancé l'interpella. Elle se retourna alors de profil vers lui, une légère rougeur tintant ses joues, de s'être montrée distraite, et d'avoir été surprise légèrement ailleurs. Elle inclina alors légèrement la tête, tout en tentant de reprendre toute contenance.

    ❝ De ce que j'en ai vu, c'est très prometteur. Il y a du potentiel, et la demeure a bien été bâtie. ❞ Alors, oui, cela était vraiment à son goût. Vraiment. ❝ Dans l'ensemble, je n'ai que peu à redire. Aucune des pièces n'a été surchargée, et tout me semble être à sa place, sans redondance ou inutilité. ❞ Avec tout ça, elle oubliait complètement la présence d'Ystos, non loin. C'était dire ! ❝ J'aime beaucoup ce que tu as décidé de faire des lieux. Et puis ... Ces touches personnelles, constituées des prises que tu as ramené de tes combats, sont tout à fait judicieuses. Cela donne un cachet à cette domus, en plus de lui donner un cachet, et surtout, du caractère. Peut-être rajouterais-je cependant des voilages, donc, pour plus de féminité, sans rien surchargé, cependant. L'un de mes frères, de ceux que tu n'as jamais rencontré ... ❞ Et pour cause : il était porté disparu, tout comme le troisième frère de la fratrie. ❝ ... m'a rapportée de l'une de ses premières batailles un tissu initialement destiné à pouvoir me constituer une stola. Sauf que Mère a manqué de faire un malaise : ce tissu était bien trop transparent ! Je suppose qu'en voilage, cela sera bien venu. Sans parler du fait que cela laissa entrevoir la teinte et le texture du mur, derrière, ce qui n’alourdira pas la pièce, et ne brisera pas son profil. ❞ A la suite de Fortunato, elle le suivait, doucement, et avec grâce, tout en inclinant encore une fois la tête, de façon positive. ❝ Volontiers ! J'ai l'impression d'avoir trop parlée, alors voilà qui m'occupera ! ❞ Soudain, elle réalisa sa relative bévue, mais s'en amusa, au lieu de s'en empourprer. Tiens donc, voilà qu'elle parvenait enfin à être totalement dans la maîtrise, face à Fortunato ? ❝ Je ne m'enivre jamais à outrance, je tiens à le préciser. C'est juste que j'ai la sensation d'avoir, présentement, la gorge quelque peu sèche. ❞



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Jeu 28 Nov - 17:24
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Je me souvenais que lorsque j'étais enfant, il m'arrivait souvent de voir ma mère, parler avec certains artisans du pays. Elle faisait des réunions régulières pour se tenir au courant des dernières tendances venant de Rome, de ce qui se faisait le mieux. Elle passait beaucoup de temps pour arranger, aménager ou décorer la villa. Elle choisissait chaque tissu, chaque motif et chaque couleur pour chacune des pièces de la domus, avec une extrême précision. Aucune pièce ne ressemblait à une autre. Chacune était parfaite, tant par le choix des meubles, que des décors qui y étaient attachés. Ma mère prenait grand soin à ce que sa maison reflète la grandeur de sa gens et puisse faire honneur à son nomen. Elle a toujours été fière de sa maison. Et c'était compréhensible. Parce que la villa des Mystères ne ressemblait à aucune autre dans la cité. Et tout le mérite en revenait à la domina. Aussi en invitant Rufia à la Meridiana, je voulais qu'elle puisse faire en sorte de se sentir chez elle, à son arrivée. C'est pourquoi, une visite était indispensable avant le mariage. Ainsi, elle pourra choisir les étoffes et tous les ornements de la domus. Le reflet de la Meridiana sera celui de notre nomen. Notre image provenait également de l'endroit où l'on vivait mais aussi de celui où nous invitions nos amis. Une belle demeure avait toujours attiré les regards, que ce soit à l'extérieur ou à l'intérieur. Et la maison allait être l'occupation de Rufia. Je ne pouvais pas dire que j'y connaissais grand chose à la décoration. La mienne bien qu'agréable à l'œil, était loin d'être digne des plus grands raffinements. Je n'avais fait que poser quelques objets, ici et là. Et la plupart des objets étaient semblables à d'autres. Seuls les trophées de mes campagnes donnaient une touche exotique à la demeure sans en faire pour autant une domus étrangère. Je n'oubliais pas les codes patriciens en vigueurs et les agencements spécifiques que devaient avoir toute demeure patricienne. Il n'empêche qu'il lui manquait quelque chose. Et je faisais confiance à Rufia pour en faire une demeure semblable à aucune autre et digne de nos nomens.

Je prenais soin de ne pas aller trop vite dans la découverte des lieux. Je m'attardais devant chaque pièce, l'invitant à y pénétrer si elle le souhaitait. Je lui détaillais parfois les objets qui s'y trouvait et dont je connaissais exactement la provenance. J'étais un peu plus prolixe quand il s'agissait des objets de mes butins. Parce qu'ils avaient tous une histoire et une signification. Bien sûr, j'avais posé mon armure et mes armes dans un coin du triclinium. Elle n'était pas passée inaperçu à la visite de Murena. Chaque pièce fut donc décrite en long et en large de façon à ce que Rufia puisse se faire une idée exacte de ce qu'elle voulait y faire ou y ajouter. Je ne la réprimais pas quand elle voulait toucher un tissu, bouger un objets ou découvrir une peinture, une frise ou une sculpture. A vrai dire, cela me réjouissait qu'elle y prenne autant de plaisir à découvrir sa future maison. Et je voyais que son intérêt n'était pas fait. Je la laissais donc faire avec plaisir, hochant de temps à autre le visage quand elle donnait des directives au décorateur derrière lui. La jeune patricienne avait déjà commandé quelques tissus colorés pour parfaire l'intimité de certaines pièces. Ce qui était un bon choix, je devais l'avouer. Ses décisions étaient pleines de sens, et éclairées. Et je me félicitais intérieurement, une nouvelle fois, de l'avoir convié cette après-midi. Je savais qu'elle allait avoir de bonne idée et un goût certain pour l'aménagement de la Meridiana. Parfois sa seconde main quittait mon bras pour toucher le mur d'une pièce, frôler le voilage d'une autre. Je n'avais pas vraiment fait de réels efforts de ce côté et je savais que je devais remédier à cette situation. Je comptais donc sur ma fiancée pour parfaire la domus. Je lui donnais l'entière liberté d'aménager les pièces qu'elle souhaitait et comme elle le souhaitait. Je savais déjà qu'elle pouvait faire preuve de beaucoup de goût, il ne fallait que pour cela, observer sa tenue et le soin qu'elle apporter à son apparence, alors je la laissais faire. J'acquiesçais de temps à autre à ses propos, faisant un signe de tête au décorateur pour qu'il puisse prendre en note les demandes de la jeune femme. Une fois fait, nous reprenions la découverte des lieux. J'avais pris soin de mon côté à faire de la Meridiana, une villa très spacieuse où l'on pouvait parcourir sans rencontrer la moindre personne et garder une certaine tranquillité. Et puis, chaque pièce avait son puits de lumière qui faisait que dès les premières lueurs du jour, la demeure s'éveillait doucement au rythme de la nature. Et elle était aussi largement verdoyante. Je détestais les lieux lugubres et dépourvus de la moindre chaleur. Ici, chaque pièce invitait à la relaxation. La domus était entourée de deux espaces: un grand bassin de plusieurs mètres de long à l'est, idéal pour donner un peu de fraicheur au lieu et puis les trois fontaines qui jaillissaient de l'eau, donnaient de la quiétude à toute la demeure. Le cliquetis régulier de l'eau invitait à la sérénité. Et de l'autre côté, à l'ouest, il y avait un très jardin où se mêlait des pommiers, des cerisiers, des orangers. Les parfums se mêlaient à la perfection et il régnait une atmosphère fruitée qui embaumait une bonne partie des pièces ouvertes sur l'extérieur. Et c'est d'ailleurs dans ce jardin baigné de lumière que Rufia et moi terminions la visite de la Meridiana. La jeune femme se détacha de moi et s'éloigna vers les arbres fruitiers. Je la laissais faire, profitant du soleil qui jouait avec les cheveux de la patricienne. Elle semblait se perdre dans ses songes et je prenais à nouveau la parole pour l'inviter à prendre une coupe de vin.  

Aux paroles de Rufia, j'esquissais un sourire. Son compliment me faisait plaisir, surtout que j'étais celui qui avait dessiné les plans de la domus. J'avais eu le droit aux remarques de l'architecte qui me faisait part de certains doutes concernant certaines fondations. Mais je savais que c'était faisable. J'avais imposé mes choix et cela semblait plaire à Rufia. A la remarque du voilage, je ne pouvais m'empêcher de rire légèrement, imaginant bien la scène.

« Je suis ravi que la domus te plaise. Tu peux aménager toutes les pièces que tu souhaites. Je concède que je n'ai pas toujours fait très attention à la décoration. C'est loin d'être mon domaine de prédilection. Et tu as raison sur le fait qu'il manque quelques voilages. »

J'ajoutais, un peu plus sur le ton de la confidence:

« Même si j'aurais préféré que tu gardes ce tissu pour te faire une stola. » Je l'observais avant de poursuivre: « Enfin, une stola que tu aurais pû porter uniquement en ma compagnie. »

Un fin sourire se dessina sur mes lèvres avant que de la suivre jusqu'à la table exposée dans le jardin, à l'abri quelque peu du soleil. Je la laissais s'installer avant de faire de même, sur le siège juste à côté d'elle.

« Rassures-toi, je ne t'ai pas proposé une coupe de vin pour couper court à la discussion. J'aime te voir avec autant d'entrain sur une chose qui semble te plaire. »

Un esclave donna une coupe à la jeune femme, tandis qu'un autre lui présentait un plat en argent avec des abricots secs, travaillés comme elle les aimer. Je prenais pour ma part une gorgée de vin avant de jeter un oeil au décorateur qui attendait à nos côtés.

« Aurais-tu autre chose à lui demander? Sinon je peux le congédier pour aujourd'hui. Nous pourrions ainsi être tranquille. »
Patricien
Dim 1 Déc - 16:53
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Une domus était un refuge, un havre de paix. Un refuge, un havre de paix qui, le plus clair du temps, se présentait comme un espace privé, et sacré. Et lorsque vous étiez issu de la classe patricienne, que le moindre de vos faits et gestes, que la moindre de vos paroles et que les moindres de vos décisions sont surveillés, scrutés, passés en refus, et jugés, il est bon d'avoir en ce monde un lieu où vous reposez, et où pouvoir enfin vous sentir pouvoir être vous-même, sans crainte de faillir à votre réputation, et de devoir répondre de vos actes et de vos paroles. Tous ont en horreur de devoir rendre des comptes, de devoir s'expliquer. Pourtant, c'est ce que l'on vous demande, si souvent. Bien sûr, une telle chape tombait moins lourdement sur les épaules des patriciennes, telles que Claudia Rufia, pour la simple et bonne raison qu'elles n'occupaient et n’exerçaient aucune charge publique. Cependant, en soi, il y a transfert : elles, elles étaient les responsables toutes trouvées dès lors qu'au sein du foyer, quelque chose n'allait pas. On leur reprochait toute mauvaise éducation de leurs enfants dès lors que l'un d'entre eux s'avisait d'emprunter une voie qui déplaisait, ou qui jurait trop avec les chemines habituellement empruntés. On leur reprochait aussi la mauvaise humeur de leurs époux, en les accusant de ne pas bien les satisfaire, de ne pas répondre à leurs attentes, ou de leur causer bien du soucis, intra muros, en les obligeant à prendre le relai dans les tâches que l'on disait qu'elles n'assumaient pas assez bien. Alors, oui, la domus se devait d'être un havre pacifié. Et s'y sentir bien, à l'aise, confortable, c'était presque une obligation nécessaire et vitale. Et chacun des membres de la famille devait s'y sentir à l'aise, ne serait-ce que dans l'une des pièces de la propriété. Parce qu'il est bien évident que tous n'ont pas les mêmes goûts, les mêmes attraits, les mêmes charges et les mêmes occupations. Il s'agissait donc d'accepter la différence, et de reconnaître que ce qui pouvait enchanter l'un ne plaisait pas forcément à l'autre. Dès lors, oui, chacun devait pouvoir s'y retrouver et, au mieux, avoir une pièce lui correspondant bien plus entièrement. C'était la raison pour laquelle la jeune femme savait déjà très bien qu'elle refuserait d'avoir son mot à dire quant à la décoration de certaines pièces, préférant laisser ces dispositions là au principal concerné, c'est à dire, à Fortunato. Son bureau, par exemple. La salle d'armes, aussi, s'il voulait en avoir une. Tout comme elle trouvait agréable et courtois, de sa part à lui, de lui laisser bien plus la main sur certaines pièces. Mais ils avaient le temps de voir cela : pour l'instant, Rufia faisait connaissance avec les lieux, prenant la peine d'ouvrir grand les yeux et les oreilles, pour ne rien manquer, et pour tout comprendre. Un lieu avait une âme, autant pouvoir et savoir la saisir le plus rapidement possible, histoire de pouvoir se sentir en pleine possession de ses capacités à accorder ses envies avec cette fameuse âme, pour ne rien dénaturer, et pour utiliser au mieux tout le potentiel vous étant disponible, et à porter de main.

    ❝ Je conçois tout à fait que, dans ton éducation, tes parents aient décidé de privilégier certains domaines. On ne peut être excellent partout, et puis ... Moi, je n'y connais rien aux tactiques militaires, par exemple. Même si je sais monter à cheval, et que je sais réfléchir, non, les tactiques militaires, ce n'est pas pour moi. Tout comme la décoration n'est pas pour toi. ❞
Dans un sourire, elle tentait, sans doute, de lui faire relativiser les choses, tout en passant sous silence le fait qu'elle n'ait rien dit quant à ton connaissance dans le maniement des lames. Parce que lui annoncer, de but en blanc, qu'Ystos lui avait appris, à sa demande, comment on manie le poignard, ce n'était peut-être pas la chose à faire. Pas plus que rougir face à une nouvelle petite confession de sa part, à lui, n'était certainement pas ce que l'on attendrait d'elle, en premier lieu. Mais, pour le coup, sans doute était-elle dans son plein droit. Après tout, ce fameux voilage était vraiment peu recommandé dans la confection d'une stola, car laissant bien trop entrevoir ce qu'il était censé, pourtant, dissimuler. Après l'évocation de nuits au clair de lune, la dernière fois, voilà que le jeune patricien recommençait à aborder le sujet de la vie de couple, sous son aspect intime et quelque peu charnel. Un genre de conversation dont Rufia n'avait toujours pas pris le pli, ni l'habitude.

    ❝ Oui, c'est ... Heu ... Je ... ❞ Très bien. Il allait falloir qu'elle se reprenne, sérieusement. Oui, sérieusement. Et qu'elle repense à sa discussion avec sa tante, Helvia. Car il était hors de question qu'elle passe pour une empourprée à chaque fois qu'on abordait le domaine de l'intime. Tournant un instant sa silhouette dans la direction opposée, comme pour de nouveau regarder des arbustes fruitiers qu'elle ne regardait pas, dans les faits, puisqu'elle avait fermé les yeux, pour se re-concentrer, la jeune femme fit le vide dans son esprit, pour réguler son rythme cardiaque, et pouvoir espérer redonner une teinte plus naturelle à ses joues. Et lorsqu'elle regarda à nouveau Fortunato, on aurait cru avoir affaire à une toute autre facette d'elle. Ce qui était plus ou moins le cas, dans les faits. ❝ Cela pourra toujours se faire, j'imagine, mais pas avant notre mariage. C'est plus convenable ainsi. ❞
Elle avait repris le contrôle sur elle-même, et alla s'assoir plus loin, dans la direction indiquée par Fortunato. Et elle allait jouer franc-jeu avec lui, du moins, plus ou moins. D'abord, elle prit la peine de s'assoir convenablement, et de vérifier, discrètement, puisque Diona n'était pas là pour l'aider dans cette entreprise, si elle n'était pas mal assise sur l'un des pans de sa stola, au risque de trop relever le tissu sur ses jambes, ou de le distendre au niveau de sa poitrine. Il serait en effet regrettable qu'elle offre, et à quiconque, un spectacle d'effeuillage, n'est-ce pas ? Remerciant du regard les esclaves qui lui tendaient, respectivement, une coupe, ainsi qu'un bol d'abricot sec, elle ne tarda pas à remarquer l'attention, alors que ce fut à présent à Fortunato qu'elle adressait un regard, quelque peu surpris, mais agréablement. Agréablement surpris.

    ❝ Je vois que tu m'as bien observée lors de notre précédente rencontre ... ❞ Elle but une gorgée, avant de reprendre. ❝ Mon existence se déroulera bientôt à tes côtés, alors j'imagine qu'il me plait de m'intéresser à ce qui deviendra ma future domus, pour m'y sentir la plus à l'aise possible, le plus vite possible. Il serait regrettable que les mauvaises langues en viennent à dire que je ne m'habitue pas à ma nouvelle condition, ou que j'en suis malheureuse. ... Pour le décorateur ... ❞ Elle hocha la tête, et posa sa coupe à ses côtés, avant de regarder le principal intéressé. ❝ Si vous avez bien pris en note mes suggestions, je pense que ce sera tout. Merci à vous. ❞ Oui : il était à ses côtés, alors autant le regarder, pour lui répondre, directement, plutôt que de le snober. Même si, peut-être, Fortunato aurait-il préféré qu'elle lui laisse la main dans cette situation, car c'était ce qui était conventionnellement fait. D'ailleurs, la jeune femme posa ensuite le regard sur son futur époux, comme pour le sonder, et deviner, à l'avance, sa réaction, ou son état d'esprit. ❝ Je m'en remets à toi ... ❞



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Mar 3 Déc - 19:49
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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La Meridiana devait être une domus dans laquelle, je prendrai plaisir à venir me reposer et passer autant de temps que je le pourrais. Malgré toutes mes obligations, j'espérais pouvoir  vivre des moments agréables entre ses murs. Je voulais qu'elle représente un refuge, un espace où je pourrais me reposer, profiter de ma vie de famille à l'abri des regards indiscrets. Sa conception, son aménagement et sa décoration devaient donc remplir toutes les fonctions propices à cet état de faits et d'esprit. J'avais veillé à ce que la villa soit de conception agréable mais aussi pratique tout en étant à la fois différente et semblable à d'autres domus de la cité. Je ne voulais pas me démarquer dans l'esprit. C'était plutôt dans la forme que je la voulais différente. Et pour l'instant, les avis sur la Meridiana étaient positifs. Rufia à son tour semblait apprécier la maison qui allait être la sienne. J'esquissais un sourire à chacune de ses remarques, à chaque fois qu'elle émettait un commentaire ou qu'elle s'approchait un peu plus près des objets pour les toucher ou mieux les contempler. J'appréciais sa curiosité. Elle était la bienvenue. Cela prouvait au moins qu'elle s'intéressait à la villa et qu'elle souhaitait participer à sa décoration. Bien sûr, je lui avais donné toute la liberté qu'elle avait besoin pour devenir la domina de la maisonnée. Elle avait su trouver les bonnes façons d'aménager les pièces et les bons tissus à utiliser. Comme je m'en doutais, elle avait de très bons goûts. Elle savait quoi choisir pour quelle pièce sans en faire trop ou pas assez. Son aide était donc la bienvenue. Je ne voulais pas que cette domus ne reflète que ma personnalité, ni même mon nomen. C'était aussi (bientôt) sa domus et elle pouvait y mettre son empreinte, des objets qu'elle appréciait. Ou encore une couleur qui pourrait rappeler son propre nomen. Parce qu'après tout, même en devenant mon épouse, elle n'allait pas cesser d'être une Claudii. Je lui avais d'ailleurs affirmer, que je ne comptais pas la couper de sa gens, ni même lui faire renoncer à ce qu'elle était avant notre mariage. Il était donc tout à fait normal qu'elle puisse exprimer ses envies quant à ce nouvel environnement qui allait être le sien. Si elle voulait mettre des objets qui lui appartenaient ou qui appartenaient à sa famille, je n'y voyais aucun inconvénient. Elle avait toute la liberté de le faire. Je ne voulais pas qu'elle se sente comme une étrangère ici. D'ailleurs, c'était le but de cette visite. Qu'elle puisse découvrir la Meridiana mais aussi faire en sorte que je puisse tout mettre à sa disposition pour qu'elle s'adapte rapidement à la nouvelle vie qui l'attendait, à mes côtés. J'esquissais un mince sourire à ses propos. En effet, je n'avais pas eu l'éducation adéquate pour savoir choisir tel ou tel tissu pour telle pièce. A vrai dire, je trouvais cela ennuyant. Et je me demandais d'ailleurs si Rufia appréciait ce « domaine ». Ou si en tant que jeune femme de bonne famille, elle se sentait obligé de montrer un certain intérêt pour tout ce qui concernait l'embellissement d'une future domus. C'était un peu comme moi, avec la politique. Cela ne m'intéressait pas plus qu'un autre domaine que j'ai eu le devoir d'étudier plus jeune. Malgré tout, et malgré ma gens et sa facilité à maitriser l'art de la politique et de l'éloquence, je devais me montrer digne des talents de ma gens. Alors je siégeais à la curie, certes pas toujours avec entrain mais j'arrivais à dissimuler mon ennui quotidien pour donner une bonne image de moi, d'un digne héritier des Pompeii, et du Duumvir qui était mon père.

J'accompagnais la jeune femme jusqu'à la table aménagée avec différents mets. En parlant de la stola, je ne voulais pas la mettre mal à l'aise. Ce n'était pas mon intention. Je la voyais s'empourprer légèrement tandis qu'elle se tourna vers les arbres fruitiers. Je répondais alors, pour dissiper les éventuels malentendus.

« Loin de moi l'idée de vouloir te causer de la gêne. Je voulais juste plaisanter. Et tu n'as rien à craindre pour ta vertu. Elle restera intact jusqu'à notre mariage. »

Je me demandais alors si Rufia pensait que j'étais capable de profiter de la situation. Si c'était cette image de moi qu'elle se faisait. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle avait accepté malgré tout la présence d'Ystos à ses côtés. Ou alors elle était juste encore ignorante de certaines choses et que c'était sa façon à elle, de se protéger.

Je prenais une gorgée de vin tandis que je la laissais prendre sa coupe. L'esclave lui avait présenté les abricots qu'elle appréciait. Je hocha un peu la tête à ses propos. En effet, j'étais très bon observateur. C'était l'une de mes qualités. Cela m'était très utile au quotidien, surtout dans la sphère dans laquelle j'évoluais chaque jour. Je la laissais remercier le décorateur puis je laissais l'homme repartir, accompagné par Sertorius. Puis je reposais mon regard sur la patricienne.

« Rufia, je ne veux pas t'obliger à faire quoique ce soit. Je veux que tu puisses te sentir libre ici, et en ma compagnie. Comme je te l'ai dis, je n'ai pas l'intention de faire quelque chose contre ton gré. S'il y a certaines choses qui t'ennuient ou que tu ne souhaites pas entreprendre, dis-le moi simplement. »

Je n'avais pas envie d'avoir une épouse qui se renfermait dans sa condition. Ce que je lui avais dis, quelques jours plus tôt, étaient sincères et je souhaitais qu'elle puisse aussi se sentir libre de me dire les choses qui ne lui plaisaient pas. J'attendais une certaine franchise de sa part. Je n'avais pas envie qu'elle fasse les choses pour me faire plaisir.

« Je sais que cela ne ressemble pas à ce que tu as l'habitude. Mais c'est ma façon de voir les choses, c'est notre future vie à deux et j'aimerai que tu apprennes à me faire confiance. »

Je gardais mon regard sur elle. J'avais envie d'une relation épanouie entre nous et je savais qu'elle ne pourra l'être, que si elle me faisait confiance. Même si cela allait prendre du temps, je voulais qu'elle apprenne à me connaître. Et je suis certain que tout allait bien se passer.
Patricien
Jeu 5 Déc - 22:09
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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Il était évident que nul ne se résumait à cela, mais il n'en demeurait pas moins que l'apparence physique était très importante, dès lors que vous aviez une place sur la scène patricienne. Vous renvoyez une certaine image, comme tout le monde, mais il restait indéniable qu'il y avait bien plus d'enjeux lorsque vous évoluiez parmi les patriciens, élite de cette société. Vous ne vous résumiez en effet pas qu'à votre personne : dès lors que vous étiez dans la sphère publique, c'est à dire, dès lors que vous étiez entouré par ne serait-ce qu'une personne non issue des vôtres, vous étiez en quelque sorte en représentation. Vous deveniez ambassadeur de votre gens, ou tout du moins en étiez vous l'un de ses représentants. Il était donc inconcevable que vous renvoyiez une image ternie, altérée, ou même écornée. Vous deviez impressionner, prouver que vous aviez grâce et prestance. C'était important. Comme l'exposition du type d'éducation que vous aviez reçu, et donc de la façon d'éduquer les siens de votre gens. Une belle pousse parmi un jardin était toujours mise en valeur, mais il fallait que cela ne se résume pas qu'au simple physique. Une certaine force de caractère se devait aussi de transparaître.

Mais malheureusement, et trivialement, avant toute chose, il fallait donner envie à autrui de vous approcher. Et, de façon terre à terre, cela passait par pouvoir compter sur un physique aguicheur, ou tout du moins séduisant. Sinon, vous vous deviez d'abattre deux fois plus d'efforts. Vous n'aviez pas exactement toujours le choix, pour ainsi dire. Alors, quand Mère Nature, ou les Dieux eux-même vous avaient pourvu d'un physique avantageuse, il était fortement dans votre intérêt de ne pas laisser cette qualité de côté, et de l'exploiter autant que possible, sans tomber dans l'excès et la mauvaise gestion. Parmi les Claudii, les filles étaient en sous-nombre, mais avaient toujours pu compter sur des physiques loin d'être repoussants. Seulement, cela ne faisait pas tout. Alors, on leur avait appris, à Rufia comme aux autres, à savoir exploiter cela. Par exemple, en étant éduqué sur le maintien, la façon de marcher, de se déplacer, d'entreprendre des mouvements. La façon de sourire, de poser ses mains, de porter son regard. La façon de se vêtir, de coordonner les couleurs, de se parer, et de se coiffer. Même si, en règle générale, nulle patricienne ne se coiffait éternellement seule. Mais elle devait en tout cas savoir quelle coiffure lui allait, et laquelle était la plus à même de compléter une tenue, un maquillage, et des bijoux. Une gestion du corps, complétée par une gestion de l'esprit, même si, concernant cette dernière thématique, de grandes disparités étaient observables. Rufia se savait dotée d'un physique assez avantageux, d'autant plus qu'elle avait les cheveux roux, ce qui n'était pas si commun. L'Italie comptait beaucoup de brunes, ainsi que quelques blondes, dans certaines familles, spécialement, ou dans certaines zones géographiques. Mais les rousses étaient réparties plus sporadiquement, et on jouait au jeu du hasard, quand à leur répartition. Rufia avait donc été éduquée pour savoir accepter son corps, et savoir l'utiliser à son avantage, mais cela ne l'empêchait pas, parfois, de revenir en plein doute, dès lors que cela sortait un peu des chantiers battus en l'entraînant vers des voies dont on lui avait toujours refusé l'accès, ou presque, jusque là. On lui avait aussi répéter, encore et encore, que, outre sa gens, son caractère, son intellect et sa beauté, l'une de ses principales richesses était sa virginité. On l'avait donc plus que mise en garde contre toute tentation de la céder un peu trop promptement, et sans réfléchir : la pureté de la lignée étant assurée par la femme, il était crucial pour elle que rien ne vienne semer trouble et doute, que rien ne vienne rien entacher.
    ❝ Cela causerait mon déshonneur si je venais à ... Même si c'est avec toi. Il semble être connu que les Pompeii triomphent de nombreuses barrières, mais que celle-ci reste debout jusqu'en temps voulu me semble primordial. ... Je suis une patricienne, pas un patricien. ❞ Un doux sourire venait clore l'explication, alors que la jeune patricienne, justement, avait une pensée pour sa tante, qui lui avait prodiguée de si judicieux conseils, et s'était dite prête à la conseiller encore et encore, si elle en ressentait le besoin.
Un instant, Rufia fixa sa coupe, et se laissa aller à des pensées quelques peu désorientées. Ou plutôt à des pensées qui l'éloignaient du temps présent, l'emmenant au loin, comme une feuille qui se laisse dériver par le vent. Les derniers mois avaient été des plus mouvementés. Ses parents étaient d'abord partis en exil, ou plutôt avaient-ils fuis, et le vent avait alors vraiment commencé à tourner. Tous les Claudii l'avaient d'ailleurs probablement ressenti. Rufia se souvenait que c'était alors l'automne, et qu'une nuée de feuilles rougies, orangées, et jaunies, avait tourbillonné dans le vent, devant l'entrée de la domus de ses parents. Le spectacle avait sans doute été magnifique, et magnifié, de par sa présence, à elle, aux cheveux roux et détachés, dont plusieurs mèches bouclés avaient été mises en mouvement par le vent, alors que les pans de sa stola avaient eu aussi été pris dans le mouvement, donnant amplitude et claquements secs, torsades et vagues, en épousant certaines formes plus que d'autres, quand le tissu se plaquait, de par le vent. Mais ce jour là, Rufia avait senti un froid mordant lui dévorer le coeur, et lui brûler les poumons, à chaque respiration. Elle avait alors senti, pour la première fois, que sa vie allait basculer, d'un instant à l'autre, qu'il n'y aura pas de demain semblable à aujourd'hui, ou même à hier. Une page se tournait, ou s'apprêtait à le faire, en tout cas. Elle l'avait sentie. Et elle n'avait pas eu tord. Même si, à tout avouer, jamais elle n'avait imaginé qu'elle en serait ici, exactement ici, plusieurs semaines après. Elle n'avait pas songé à ça. Au massacre de plusieurs des siens. A une fuite désespérée vers Pompeii. A un mariage si prochain. Sortant de ses pensées, elle fixa, justement, son fiancé, de ses deux yeux, au regard océan.
    ❝ J'ai toujours été désespérément honnête, Fortunato. En tout cas, je sais l'être, alors ... N’aie aucune crainte. ❞ La saveur d'un abricot sec mourut sur ses papilles, alors qu'elle prenait le temps de savourer le fruit. Elle avait toujours eu quelque chose pour le sucré, avec une certaine force de caractère. La simple douceur ne lui convenait pas : elle aimait le fait que cela accroche, fasse réagir. Perturbe les sens, oblige à réellement goûter la saveur, et à ne pas enfiler bouchée sur bouchée par mécanisme. Un instant, elle posa tout ce qu'elle tenait dans ses mains, là où elle put, afin d'avoir les mains libres, par pure praticité plus que par besoin nécessaire et obligatoire. ❝ Les habitudes qui étaient les miennes ont été majoritairement balayées. Ma vie ici, aujourd'hui, n'a pratiquement plus rien à voir avec celle que j'avais, il y a encore peu de temps, à Rome. Tout a tellement changé ... J'ai besoin de temps, pour m'habituer. Non, j'ai besoin de temps pour tout assimiler, et pour tout m'approprier. Et j'ai toujours eu difficulté à accorder ma confiance. Sans doute parce qu'elle a été trahie. ❞ Un instant, elle resta silencieuse, tout en observant un point imprécis, juste au dessus de l'une des épaules du jeune patricien. Ses mains, elle, étaient posées sur ses genoux, paume contre revers, et ses doigts agrippaient quelque peu le tissu de la stola. ❝ Mes frères m'avaient demandée de leur faire confiance : ils rentreraient du front. C'était du moins ce qu'ils disaient. Et aujourd'hui, seul notre aîné à tous est à mes côtés. Les deux autres sont portés disparus. Mes parents sont partis si vite, et ... J'ai été seule, pendant plusieurs jours. Et maintenant, je dois te faire confiance, à toi, que je connais malheureusement encore si peu. C'est ... compliqué. ❞ Son regard se portait à nouveau sur lui, plongeant droit dans ses yeux à lui. ❝ Mais j'y arriverais. Tu n'as fais que me montrer attention, politesse et respect depuis notre rencontre. J'apprendrais sûrement, en temps voulu, à déceler tes zones d'ombre, mais je ne veux pas y penser maintenant. Comme tu l'as dis, notre futur sera commun. Et je veux me sentir réellement épanouie. Sans sans cesse me demander où sont les limites, ce que je peux et ne peux pas faire. ... Il faut aussi que tu me fasses confiance, j’imagine ... ❞



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Lun 9 Déc - 20:35
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Envisager la vie à deux était encore une chose nouvelle pour moi. Il y a encore trois mois, j'étais en campagne contre les Parthes et je ne pensais pas à chercher une épouse. Mon père l'avait fait pour moi, à peine étais-je rentré à Pompéi. Bien sûr, je lui en voulais de m'avoir mis devant le fait accompli. Je pensais encore jusque là que nous étions assez proche pour qu'il s'abstienne d'user de stratagème pour me mettre au pied du mur. Mais je savais qu'il était temps pour moi de prendre une épouse. Maintenant que je devais me consacrer à la curie, il me semblait que c'était une suite logique des évènements. Et bien que j'avais déjà eu des maitresses, j'étais encore peu familier avec l'idée de consacrer le restant de ma vie à une seule et unique personne, comme l'avaient fait avant moi, mes parents. C'était étrange. Et peut-être que dans un sens, je me sentais aussi perdu que Rufia qui se trouvait à mes côtés. Envisager une relation sur le long terme était étrange et me faisait me poser des tas de questions. Est-ce que je serais un bon mari? Dans le sens où j'avais des idées assez libérales. Est-ce que cela allait porter préjudice à Rufia ou même à notre mariage? Je n'en savais rien. A vrai dire, je pensais que c'était comme devenir père. On ne savait pas avant d'avoir un enfant, d'être à ses côtés, de le voir grandir, si on allait être un bon parent. Ce genre de choses s'obtenaient avec le temps et l'expérience. Il en allait donc de même du mariage. Mais une chose était sûre, je ne voulais pas enfermer Rufia dans son rôle d'épouse et de patricienne. Comme je lui avais déjà dit, je voulais qu'elle soit mon pendant, ma moitié dans le sens où je souhaitais qu'elle s'implique dans notre vie et pas seulement dans la sphère privée. Je ne voulais pas d'une patricienne qui ne comptait que sur les apparences et qui se contentait de donner des ordres aux esclaves pour tenir sa domus. Bien sûr, je ne disais pas que ce genre de patricienne n'était pas recherché. Mais ce n'était pas ce genre d'épouse que je voulais. Et puis, Rufia était pleine d'esprit, intelligente et consciente des enjeux et du rôle qu'elle pourrait tenir dans ma gens et dans sa propre domus. Je voulais qu'elle en soit pleinement consciente. Qu'elle puisse s'exprimer et s'épanouir dans son rôle de femme et d'épouse.

En plus, elle avait un sens de l'humeur que j'appréciais. D'ailleurs, même si sa tirade au sujet de sa  virginité n'était pas censé être drôle, elle me tira quand même un sourire. Je ne comptais pas abattre cette barrière avant notre mariage, et cela était une évidence. Bien que j'étais un patricien comme elle le soulignait. Je connaissais mes principes et les usages de ma caste. Et puis, toute cette discussion était partie d'une boutade. Je ne pensais pas du tout à me retrouver dans un lit avec elle pour l'instant. Mais avec les paroles de Rufia, je ne pouvais m'empêcher de penser à Aurea. Cette dernière avait du passer une terrible nuit de noces. Encore un supplice supportait pour mon paternel. Je portais ma coupe de vin à mes lèvres. Je venais ensuite piocher quelques raisins dans une grappe posée sur un plateau en argent. Combien de femmes se fanaient dans un mariage qui ne leur plaisait pas? Surement plus que la bonne morale pourrait dévoiler. Je ne voulais pas que Rufia connaisse ce genre d'expérience. Bien qu'aussi novice qu'elle en matière de mariage et de vie à deux, et ne doutant pas une seule seconde que j'allais faire des faux pas, ce qui était normal, je voulais faire en sorte qu'elle ne souffre jamais. Qu'elle ne regrette jamais d'avoir pris mon nomen. Certes le mariage était une série de compromis mais peut-être qu'il sera plus simple si nous étions déjà sur la même longueur d'ondes et faire autant d'effort l'un que l'autre. Même si je savais que sur certaines choses, nous allions être en conflit. C'était inévitable. Il y a des choses que je ne pouvais pas laisser derrière moi et je n'en avais pas envie. Peut-être devrais-je même lui en parler. Mais je n'avais pas envie de gâcher notre entente qui était très bonne pour l'instant. Et puis tout était encore très compliqué dans ma vie en ce moment. Il était inutile d'en rajouter, surtout que je ne pouvais prendre aucune décision avant quelques jours. J'avais encore le temps de songer à ce qui allait se passer et comment les choses allaient se présenter.

Manger les raisins tout en jetant à nouveau mon regard sur Rufia, j'acquiesçais à ses paroles, encore une fois, pleine de sens. Si déjà, je pouvais compter sur sa franchise, c'était tout ce que je voulais. La franchise était primordiale dans un couple et encore une fois je pensais à Caria. Elle qui avait encore une place importante dans ma vie. Notre mariage était arrangé. Et en d'autres circonstances, j'aurais été serein d'esprit d'épouser une femme comme la jeune Claudii. Mais j'avais un passif et je devais lui confier. Je ne voulais pas être un lâche et la faire vivre dans le mensonge. Est-ce que cela allait la peiner? La blesser? Je n'en savais rien. Peut-être que si elle était une femme amoureuse ce serait différent. Mais je doutais qu'elle éprouve déjà des sentiments pour moi, si un jour, elle en éprouvait. Alors peut-être serais-ce plus simple pour moi de lui parler de l'esclave... Après tout, elle devait se douter que je n'avais déjà eu une vie avant que nos chemins se rencontrent. Je pensais de plus en plus, qu'il fallait que j'aborde ce sujet avec elle. Mais je ne savais même pas quoi lui dire... comment lui expliquer les choses vu que je ne savais même pas où j'en étais moi même.

« Tu auras tout le temps pour t'habituer à notre vie à deux. Et il est normal que la confiance ne vienne pas tout de suite. Après tout, nous nous connaissons à peine. Toutefois j'aimerai que tu n'hésites jamais à venir me trouver ou à me parler si quelque chose te dérange ou même si tu te poses une question qui t'ennuie. Je ne te repousserais jamais, sois-en certaine. Il est évident que beaucoup de choses vont changer, pour moi aussi. Mais je suppose qu'avec beaucoup de compréhension et de franchise, les choses devraient bien se passer. »

Et c'était ce qui importait le plus. Qu'elle sache qu'elle pouvait compter sur moi. Et qu'elle n'hésite pas à venir me parler si quelque chose la perturbait. Et puis, je n'étais pas un homme fermé d'esprit. J'étais même plutôt libéral. Et cette liberté, je voulais aussi qu'elle soit présente dans nos rapports à tous les deux. Puis quand elle parla de zones d'ombre, je fronçais un peu les sourcils. Je ne voulais pas justement qu'il subsiste ce genre de choses entre nous. Je l'observais alors... Peut-être que cette conversation sur Caria pouvait attendre alors. Je ne savais plus. Serait-il encore épanouie en sachant ce que je lui cachais pour l'instant. Cette idée ne me plaisait pas. Je finissais donc par dire:

« Je ne veux rien te cacher Rufia. Et je répondrai à toutes tes questions si jamais tu en avais. »  Peut-être serait-ce plus simple si c'était elle qui me poser des questions... L'idée de commencer notre mariage sur des non-dits, n'était pas ce que j'espérais pour nous deux.

« Je veux que tu apprennes à me faire confiance, comme j'apprendrai à faire la même chose avec toi. »
Patricien
Jeu 12 Déc - 21:43
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Fortunato semblait songeur. Il ne restait pas impassible face à elle. Il avait ces petits gestes d'occupation attentive, ces gestes que l'on fait, sans même y penser, alors même que nos pensées sont tout à fait tournées vers autre chose. Il semblait songeur, comme s'il menait, en parallèle de son écoute, ses propres observations, ses propres réflexions. Car les faits étaient là : le jeune patricien était en train d'écouter avec attention tout ce que pouvait chercher à lui dire Rufia. Du moins la jeune patricienne ne doutait absolument pas du fait de n'avoir pas besoin de conquérir son auditoire. Elle était intimement persuadée d'avoir l'attention du jeune homme. Une chose assez logique, normalement. Mais très peu courant. Dans ce monde patricien, il était en effet assez habituel, aux yeux de la jeune femme, que l'on n'écoute que d'une oreille. Que l'on feigne porter intérêt et attention à celui qui nous parlait. Peut-être que c'était une façon de snober, de se prétendre au dessus de tout ça, nous, être supérieur qui avait des choses bien plus importantes à prendre en compte et auxquelles s'intéresser. Une telle attitude était d'une impolitesse monumentale, mais était monnaie courante. Comme si tous se passaient le mot, ou avaient été éduqués pour agir de la même façon que leurs aïeux, que leurs prédécesseurs. Mais ce n'était pas parce que c'était l'habitude que Rufia entendait céder à ce soit disant effet conventionnel. Elle n'avait jamais réellement refuser de faire ce qui lui plaisait ou, du moins, d'agir et de penser selon ses propres convictions, en suivant son instinct, ses prédilections. Et elle était plus que soulagée de voir que Fortunato avait semble-t-il les mêmes desseins. De constater que son éducation patricienne n'avait pas été entachée de certains travers. Probablement parce que le Duumvir, père de son fiancé, n'était peut-être pas de la trempe malpolie de ces mufles et de ces politiciens aux prétentions monstres mais au réel prestige très minimal et accessoire. On ne peut pas éternellement se cacher derrière un nom prestigieux : si, derrière, les actions ne suivent pas, on se retrouve très vite démasqué, surtout lorsque des yeux avisés et clairvoyants, tels ceux de Rufia, vous observent et vous scannent. Lucius Pompeius Publicola avait sans doute compris tout ça depuis bien longtemps. Ou alors, il avait très bien élevé son fils de sorte à ce que celui-ci soit le meilleur des comédiens ... Ainsi qu'un excellent orateur, sachant trouver les mots justes et forts, ceux qui vous inclinent à, justement, vous laisser confiance. A vous laisser aller, et porter.
    ❝ J'imagine que je pourrais faire ça ... Après tout, les hommes de ma gens ne m'ont-t-il pas répété des centaines de fois que je me posais trop de questions, pour une femme ? ❞
Un sourire laconique et nostalgique, ainsi que dosé d'une pointe de douleur, vint prendre place sur ses lèvres, avant qu'elle ne secoue la tête, de gauche à droite. Rufia n'avait pas peur du changement. Elle craignait simplement de se perdre en chemin, en quelque sorte. Après tout, si l'on excluait son frère, elle n'avait plus d'autorité auprès d'elle. Bien sûr, il y avait sa tante, Helvia, mais elles ne s'étaient pas vues durant près de 10 ans, et ne se connaissaient pas forcément tant que ça. Quant à Cassia, il était bien sûr exclu qu'elle lui serve de tutrice, de bâton sur lequel pouvait se reposer en toute sérénitté, persuadée d'être protégée et couvée : Cassia était sa cadette, leurs relations étaient plus que compliquées, et surtout, elle, elle était Vestale, loin de bien des préoccupations de ce monde, et encore plus novice que Rufia dans un tas de domaine ... Jamais elle n'aurait dû se présenter face à cette grande étape de sa vie quasiment seule, sans suffisamment d'appui. Dans un contexte au sein duquel elle ne pouvait même pas compter sur ses propres parents. Ce ne serait pas son père qui se présenterait en tant qu'autorité jusqu'à ce que son union avec Fortunato soit officialisé via la cérémonie de mariage. Ce ne serait pas sa mère qui l'aiderait à se préparer, qui lui prodiguerait les dernières paroles destinées à la rassurer et à lui insuffler le courage qui pourrait venir à défaillir en elle, au seuil de cet évènement si crucial, si capital, si charnier. Elle crispait quelque peu les doigts sur le tissu de sa stola, et avait quelque peu, aussi, baissé le regard. Avant de relever rapidement la tête, et de plonger son regard dans celui de son fiancé.
    ❝ Que penses-tu de notre future union ? Dois-je uniquement m'attendre à une cohabitation strictement cordiale et polie ? Ton cœur m'est-il inaccessible ? Je ne veux pas jouer un rôle, en privé. Je veux que nos relations soient véritables, dans le sens où ... Dans le sens où je ne veux porter aucun masque, aucun fard, lorsque nous serons entre les murs de cette domus. Je ne veux pas être malheureuse, ni même espérer après l'inespérable. ❞




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Ven 13 Déc - 16:56
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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C'était étrange et peut-être aussi difficile à admettre, mais en présence de Rufia, je me sentais bien. J'oubliais mes préoccupations en sa compagnie. Elle semblait agir comme un calmant. Elle me permettait de souffler et de chasser ce qu'il y avait de pire en moi, de chasser également les pensées qui me tourmentaient. Cela ne m'était pas arrivé depuis des années. Pour la première fois depuis longtemps, je sentais que je pouvais enfin me reposer et ne pas calculer tout ce que je disais ou je faisais. Même si on ne se connaissait pas depuis très longtemps, c'était une sensation qui était apparue à notre première rencontre et qui était là, à chaque fois que nous étions ensemble. Peut-être étaient-ce les prémices de ce que serait notre mariage, de notre entente à tous les deux. Je l'espérais. Parce que je n'avais pas envie de me construire une façade et de garder enfoui tout ce que je ressentais, tout ce que je pensais. Et je voulais que ce soit la même chose pour Rufia. Je voulais qu'elle puisse être elle même à mes côtés. Dans notre société et surtout dans notre caste, on demandait à nos épouses, d'être dociles et surtout silencieuses. Je n'avais pas envie de ce genre de femme. Rufia était brillante et je ne doutais pas qu'elle serait d'un grand soutien dans ma vie, dans mes décisions et dans notre vie de tous les jours. Je ne savais pas comment elle avait été élevée. Sûrement dans la pure tradition patricienne, et pour cela, elle avait dû être freinée à la fois dans ses idées, ses pensées et ses actions. Je souhaitais que notre mariage soit différent de ce qu'elle avait connu. Je connaissais trop bien les ravages qu'un mariage arrangé pouvaient causer. Je n'avais pas envie que Rufia s'imagine que je voulais l'enfermer dans une cage, dorée certes, mais une cage. Or je ne le voulais pas. Peut-être qu'avec une autre femme cela aurait été différent mais Rufia avait toutes les qualités pour faire une épouse parfaite. Et cela me rassurait. Je ne voyais plus notre mariage comme une contrainte mais bien comme une bonne chose de laquelle pourrait découler de réelles bénéfices. Et j'appréhendais beaucoup moins notre futur mariage. Elle me rassurait. Et pourtant nous n'étions que fiancés. Je voulais lui faire confiance et j'espérais qu'elle fasse de même. Je n'étais pas là pour faire son malheur. Aux mots de Rufia, je hochais donc doucement la tête. Cela me tira également un léger sourire amusé. Notre éducation était empreinte de traditions. Malgré tout, nous pouvions construire notre vie à deux, sans pour autant nous sentir enchainer par ces dernières. C'était un pari que je voulais relever en sa compagnie.

« Tu as toute la liberté de me poser les questions que tu souhaites. Alors surtout n'hésite pas. Je peux comprendre que la dispersion de ta famille, la disparition de tes frères, ton arrivée à Pompéi ou encore notre mariage sont des sources de crainte. C'est pour cette raison que j'aimerai que tu n'hésites pas à venir me parler, ni même te confier à moi. Ma gens est connue pour savoir manier les mots et je le fais très bien à la curie, mais je sais aussi écouter, Rufia. »

Je me disais que la patricienne, n'avait pas vraiment de support mis à part son frère mais ce n'était surement pas la même chose. Elle serait surement plus à l'aise de parler avec une femme. Et la seule tante présente à ses côtés et capable de lui parler de sa future vie de femme, était Helvia. Et je me félicitais de savoir cette dernière à Pompéi. Cela lui faisait au moins, une femme de bons conseils. Je lui aurais bien proposé de parler avec ma propre mère. Je savais que cela n'allait pas déplaire à cette dernière. Mais Rufia ne la connaissait pas et cela pourrait être un peu plus difficile. Je prenais une nouvelle gorgée de vin. Peut-être aurait-elle pu discuter avec Aurea. Mais cette dernière boudait ces derniers temps. Elle avait un peu de mal avec l'idée que j'allais me marier à mon tour. Quand Rufia reprit la parole, je reposais mon regard sur elle. J'avais amené la conversation à ce questionnement. Malgré tout, cela ne voulait pas dire que je me sentais à l'aise pour aborder certaines choses. En temps normal, je n'aurais même pas abordé le sujet mais c'était différent à présent. Rufia allait être ma femme. Je n'avais pas envie de construire une relation basée sur le mensonge. Elle avait le droit de savoir. Elle devait savoir. Reposant ma coupe sur la table, je finis par prendre la parole:

« Au début, j'ai été furieux. Oh bien sûr pas contre toi, mais contre le fait accompli. Je venais à peine de rentrer de campagne et j'avais encore des tas de projets en tête. Et mon père m'a annoncé que j'étais fiancé, sans même m'avoir parlé de ses intentions. J'étais furieux... Mais je suis bien conscient qu'il est temps pour moi de prendre une épouse et de fonder une famille. Je vais avoir vingt cinq ans et à mon âge mon père avait déjà trois enfants. Et puis, je t'ai rencontré. Au delà de ton physique, j'ai découvert une jeune femme raffinée, gracieuse, intelligente, spirituelle. Je me suis alors dis que mon père avait fait le bon choix. Puis j'ai appris à te connaitre. Et je me suis surpris à nous découvrir des points communs. »

Et ce n'était que la vérité. L'annonce de mes fiançailles ne m'avait pas transporté de joie. Et je ne parlais pas de la forme mais plutôt de la manière dont cela avait été fait. Rufia n'y était pour rien dans la dispute qui avait suivi. Et je ne voulais pas transporter ma colère sur elle, surtout pas. Puis j'ai appris à l'écouter, à la connaître. Et je me rendais compte qu'elle était une femme que je voulais pour épouse. Puis je restais silencieux un moment avant de reporter mon regard sur elle. J'espérais trouver les bons mots pour lui expliquer la situation... Je jetais un œil à Sertorius puis je lui fis un léger signe de tête. Il acquiesça puis il invita Ystos à boire un rafraichissement à l'intérieur de la domus. Ce n'était pas vraiment une invitation mais le garde des Claudii compris qu'il n'avait pas trop le choix de le suivre. Tous deux quittèrent la terrasse et je me retrouvais seule avec Rufia. Mon siège était proche du sien, sur sa gauche. Je n'avais donc pas besoin de lever plus la voix pour parler, ce qui était parfait.

« Comme je te l'ai dis, j'aimerai que notre union soit franche. Pour cette raison, je te dois la vérité. Une femme a une place importante dans ma vie. Je l'ai connu quand nous étions enfants. Au fil des ans, au lieu de la considérer comme une troisième sœur, je me suis surpris à la regarder autrement... Mais la situation faisait que je ne pouvais rien dévoiler. Cela a duré des années. Mais elle a fini par se marier avec un autre. Quand je suis revenu de ma dernière campagne, j'ai appris que son mari la brutalisait. J'ai voulu qu'elle le quitte, ce qu'elle a refusé avant de s'enfuir de chez lui et de venir ici il y a quelques jours... »

Je m'arrêtais un instant de parler. Cette situation était compliquée. Ma vie était bouleversée bien plus qu'à notre première entrevue où j'étais davantage serein. Maintenant c'était différent. Ces derniers jours ma vie s'était compliquée.

« Je ne m'attendais pas à la retrouver. Je pensais qu'elle faisait partie de mon passé. »

Et c'était la stricte vérité. Caria m'avait repoussé à deux reprises. Deux fois où elle m'avait tourné le dos, sans me faire confiance. J'étais donc parti en campagne en mettant le plus de distance entre nous. J'avais réussi à aller de l'avant et à retrouver un semblant de vie normale. Accepter les fiançailles était le premier pas que j'avais fais dans cette nouvelle vie. Seulement, je ne savais pas tout ce que je savais à présent.

« Mais elle était souffrante et je l'ai recueilli. Je lui ai trouvé une maison où elle pourra retrouver la santé. Je me sens incapable de la chasser de ma vie. Il ne lui reste personne sur qui compter. Je sais que cette histoire pourra surement te choquer ou te bouleversait mais je t'assure que ce n'était pas mon intention. »

Je soupirais légèrement face à cette confession. Je me sentais totalement dépassé par la situation. Mais je voulais que Rufia comprenne que je voulais être sincère avec elle. Et que je ne m'attendais pas à ces complications. Seulement j'étais un homme d'honneur et de valeurs. Et je ne pouvais pas me résoudre à laisser Caria tout seule.

« Je ne peux pas la chasser de ma vie. Je me sens responsable d'elle. Cependant, je ne veux pas remettre en cause notre mariage. Tu es la femme qu'il me faut. Avec toi, j'ai oublié les difficultés du passé. Je n'ai pas à chercher mes mots pour te parler. J'aime ce que tu m'apportes et j'espère sincèrement t'apporter autant pendant notre mariage. Alors non je ne veux pas d'une simple cohabitation, qui ne serait que polie ou cordiale. Je veux être ton mari. Je ne peux pas changer mon passé. Mais je te fais la promesse de ne jamais agir au détriment de ton bonheur. Je sais que les choses n'ont pas été faciles pour toi jusqu'à maintenant, mais je veux qu'à mes côtés, tu redeviennes sereine et retrouve la liberté d'être la femme que tu es. Mon cœur ne te sera jamais fermé Rufia et j'espère que je saurais gagner le tien, si tu le permets. »
Patricien
Dim 15 Déc - 23:18
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Savoir ce qu'il en était était une chose. Mais entendre la vérité être égrainée, cela en était une toute autre. Rufia n'était pas narcissique, ni même ignorante des réalités de la vie. Elle savait très bien qu'il y avait nettement plus à plaindre qu'elle. Certaines jeunes filles, à son âge, vivaient déjà une vie usée jusqu'à la corde. A force de grossesses, coup sur coup. A force de devoir tenir à bout de bras un foyer qui s'effondrait, alors que leur époux était incapable de gagner de quoi faire vivre toute leur famille. A force de devoir affronter les maladies, les conditions climatiques, et les deuils successifs de plusieurs enfants. A force de subir plutôt que d'agir. A force de n'y rien comprendre. A force de voir l'Empire se glorifier, s'enrichir et s'agrandir alors qu'elle ne voyait absolument pas la couleur de tout ceci, et que, dans le même temps, elle ne pouvait que remercier encore et encore les lois qui avaient fait disparaitre le nexum, qui avait asservi bien des citoyens romains afin qu'ils règlent leur dette. Rufia était loin de toutes ces préoccupations là : jusqu'à preuve du contraire, jamais elle ne cesserait d'être une patricienne, et ne deviendrait donc jamais une esclave. Pour l'instant, elle arrivait aussi à assez bien comprendre tout ce qui se passait autour d'elle : elle avait les connaissances et les clefs de compréhension pour. Elle n'avait encore jamais donné le jour au moindre enfant, tout simplement parce qu'elle n'avait jamais encore été enceinte. Elle n'était de la même façon pas encore mariée, bien qu'elle soit fiancée. Et aujourd'hui comme demain, la ruine financière ne semblait pas la guetter. Certes, les Claudii avaient énormément souffert, ces dernières années, mais leur fortune leur appartenait encore. Tout comme leurs possessions. Quant à subir plutôt qu'agir, elle avait eu la chance de voir le jour au sein d'une gens qui se trouvait pourvu de patriciennes qu'il ne fallait absolument pas dénigrer, ni percevoir comme tenues à l'écart de bien des connaissances pourtant habituellement réservées aux hommes. Rufia était un exemple parmi d'autres : il y avait aussi Cassia, Helvia, également, bien que cette dernière appartienne à la gens des Claudii de par feu son mariage. Restait donc, seulement, si l'on peut dire ça comme ça, le cas des maladies. Rufia ne pouvait que savoir à quel point Pluton se montre impitoyable et implacable dès lors qu'il a décidé de vous attribuer une place aux Enfers. La jeune femme avait après tout perdu son frère jumeau, emporté par une fièvre paludéenne. Les murs des domus, même lorsqu'ils sont épais et solides, ne protègent ainsi pas toujours de tous les dangers ... Mais malgré cette vie confortable, aisée et privilégiée qu'elle menait, il fallait bien reconnaître qu'elle avait souffert de bien des désillusions, et de nombreuses tragédies. Et bien qu'elle ne tenait pas à ce qu'on s'apitoie sur son sort, elle veillait cependant à ne jamais oublier, et à faire une force de ces temps durs. Pour que le monde entier n'oublie pas qu'il restait encore bien des Claudii en ce monde, et qu'elle, aussi, elle était encore en vie, et loin d'être achevée, abattue.
    ❝ Je saurais m'en rappeler ... Et ... J'essayerais. ❞ Un soupir, des doigts qui se crispent, puis se décrispent. Un regard qui tente de se fixer dans un autre regard. ❝ Il m'est juste étrange de voir une main se tendre, vers moi, sans arrière-pensée, ni prix à payer, quand si peu se sont élevés et insurgés contre le sort réservé aux miens ... De sa résidence auprès de Pluton, mon grand-père doit bien grincer des dents : sur ses quatre fils, le seul restant en vie a été exilé ... Et que dire de ma génération ... ❞
Et puis ... Et puis, elle écouta, attentive, la réponse de Fortunato à la question si importante qu'elle lui avait posé. Une importance peut-être relative, mais une importance quand même. Rufia abhorrait plus que tout le mensonge. Cela la rendait furieuse, d'autant plus lorsque, confronté, et acculé, vous vous obstiniez à nier et à continuer de mentir. Voilà, c'était sans doute ça, l'une des plus exécrables et révoltantes facettes de certaines personnes : le mensonge, éhonté, en face à face. Elle écouta, impassible, sans chercher à réellement réagir, et sans chercher à l'interrompre. Encore moins en cherchant à l'interrompre, d'ailleurs. Elle avait besoin de savoir, besoin que ça sorte, là, tout de suite, maintenant, alors qu'ils n'étaient pas encore mariés. Alors même qu'ils n'en étaient qu'au début de ce qui semblait être comme un restant d'éternité passée d'ensembles. Alors même qu'ils n'avaient pas vraiment d'intérêts à se mentir. Alors même qu'ils se devaient de tout mettre en œuvre pour s'apprivoiser, et pour donner envie de se faire confiance l'un à l'autre. Mentir maintenant serait presque se donner un coup de glaive soi-même, dans le pied. Et, oui, Rufia savait tenir un glaive en main : le manier était une toute histoire, mais au moins, elle savait tenir l'arme en main sans se sentir basculer en avant, et sans se fouler le poignet. D'une certaine façon, elle comprenait Fortunato, et ses réactions initiales. Après tout, à elle aussi, on avait imposé tout cela. Même si, bien sûr, c'était différent : elle, elle savait depuis le début, ou presque, que cela se passerait plus ou moins comme ça, pour elle. Lui avait sans doute été bercé de toutes autres certitudes ... Surtout en voyant les années s'écouler pour lui, tout en parvenant à rester non marié.
    ❝ Je ... Je comprends. Enfin, je crois ... A 25 ans, mon père nous accueillait en ce monde, Maximus et moi, ses quatrième et cinquième enfants. Et ... Et à mon âge, 19 ans, ma mère donnait le jour à son troisième enfant ... Ils se sont mariés tôt. Et jeunes. Mes parents. 19 et 15 ans, je crois ... ❞ C'était plus une réflexion personnelle énoncée à haute voix qu'une réelle explication. Quoi que : cela pouvait toujours intéresser Fortunato, si ce genre de détails ne lui paraissait pas trop futiles ... Elle n'avait encore rien dit sur les quelques compliments que lui avait servi son fiancé. Sans doute parce qu'elle n'avait pas pour habitude de s'en complaire, ou de prendre un ingénieux plaisir à les relever pour s'en parer et se construire un prestige artificiel et extrapolé. Cependant, cela la touchait, grandement. Et elle refusait de laisser apparaître, dans l'esprit du jeune patricien, de quelconques raccourcis l'amenant à penser, lui, qu'elle passait bien au dessus de tout ça, qu'elle s'en moquait éperdument, et qu'elle ne relevait pas parce qu'elle s'estimait habituée à de tels compliments à son égard. ❝ Je te remercie, de ces paroles si ... gratifiantes. Mais j'ai également beaucoup de défauts, tu sais ... Je suis impulsive, parfois énervante, compliquée, obstinée, parfois insolente, et aussi ... Désolée. Je m'emporte. ❞ Elle mordit sa lèvre inférieure, alors que son nez se plissait alors que sa bouche esquissait ce petit sourire mutin qu'on lui connaissait énormément, parmi les siens, mais qu'on ne lui voyait jamais ailleurs.
Cependant, sans doute déchanta-t-elle quelque peu, par la suite, alors que Fortunato semblait vouloir aborder un sujet un peu plus complexe, ambivalent et brûlant. Brûlant, surtout. Rufia n'était pas stupide, elle savait bien qu'il n'avait sûrement pas attendu bien gentiment qu'on lui annonce qu'il était enfin fiancé pour vivre pleinement sa vie de jeune patricien. Il avait cet avantage là, que d'être né homme. Il n'y avait pas de question de pureté, de virginité, et d'honneur, pour lui. C'était bien sûr entièrement différent pour les patriciennes. Parce qu'elles donnaient le jour aux enfants, et que la parenté des héritiers ne devait jamais pouvoir être remise en cause. Mais il était vrai qu'elle ne s'attendait pas réellement à recevoir de telles confessions, lorsqu'elle lui avait posé une question plus personnelle que formelle. Disons qu'elle n'avait pas exactement cherché à recueillir de tels aveux en posant sa question : elle avait tout au plus espéré pouvoir savoir si Fortunato tenait, pour l'avenir, à dissocier leur mariage de son cœur, à séparer l'un et l'autre pour ne pas le laisser interférer, en aucune façon, dans les choix, décisions et directions qu'il choisirait de faire ou d'emprunter. Elle comprenait qu'il ait déjà pu aimer. Bien grand lui en faisait. Au contraire, c'était sans doute une bonne chose, pour lui, tout du moins, que de se savoir capable d'aimer. Même si Rufia ne comprenait pas bien tout, exactement. Elle redoutait surtout de savoir où il voulait en venir, exactement. Et il y avait cette question du temps de conjugaison employé : le présent. Cela voulait tout dire, et rien à la fois. En tout cas, bien qu'elle sentait quelque peu son cœur se serrer, en même temps qu'un nœud semblait se former au niveau de ses intestins, elle sentait une douce brise, légèrement douce de par sa température, lui frôler l'échine, lorsqu'elle l'entendit témoigner de sa réaction face à ce qui s'apparentait, en tout état de cause, à des violences conjugales. Même si la loi autorisait presque ce genre de pratique, Rufia était comme soulagée de savoir que Fortunato était loin de cautionner de tels agissements. Ce qui laissait entendre qu'il était loin d'être capable de suivre le même chemin. Mais il y avait la question de la présence de cette femme ici, entre les murs de cette même domus, quelques jours auparavant, semblait-il. Elle était donc venue ici, chez Fortunato, avant même que Rufia n'y mette les pieds. Sur le moment, cela contraria beaucoup la patricienne, qui n'en laissa cependant rien paraître. Bien que, dans la forme, elle ne pouvait que percevoir son fiancé que comme un homme bon et généreux, qui protégeait une femme battue, et qui lui permettait de s'en remettre, doucement, et en toute sécurité. Cependant, non, elle ne comprenait pas tout.
    ❝ Je ... Je ne comprends pas. S'il la battait, et que cela était visible, pourquoi n'a-t-elle pas cherché à obtenir le divorce ? Et pourquoi son père n'est-il pas intervenu ? ... En tant que patriciens, nous avons accès à des facilités, alors ... ❞ Non, effectivement, Rufia ne comprenait pas tout. Ce qui l'amenait à légèrement froncer les sourcils, un peu égarée dans ses pensées et son incompréhension. Et puis, elle se reprit quelque peu. ❝ Mais tu as bien fais de lui accorder ta protection. Une femme ne devrait jamais subir pareil traitement. Aucun être humain, quelle que soit sa classe, et même s'il s'agit d'un simple animal, comme les chiens, par exemple, ne devrait subir pareille chose. ❞
La jeune patricienne releva la tête, comme pour chercher Ystos du regard et lui sourire, parce qu'elle savait qu'il serait touché par ses paroles, elle qui respectait bien trop les esclaves aux yeux de beaucoup, sans doute. Mais elle ne trouva pas l'ancien gladiateur, et réalisa, à retardement, que le geste de tout à l'heure, de Fortunato, avait sans doute à voir là dedans. Bref. Elle ferma les yeux, un instant, en écoutant la suite des propos de son fiancé, comme pour apaiser son cœur, et rester sereine. Même dans de telles circonstances, et même face à de tels aveux. Un instant, elle ne savait plus trop si elle avait, face à elle, Fortunato, son fiancé, ou Marcus Pompeius Fortunato, fils d'un Duumvir, et rompu aux oratoires et aux beaux discours. Mais assez rapidement, elle comprit qu'il était sincère, et qu'il ne cherchait en rien à endormir sa méfiance, et ses potentielles réticences. Cela aurait été une grave erreur de sa part que de tenter un tel stratagème, avec elle, qui était assez clairvoyante pour voir où on voulait la mener, et qui était assez intelligente pour comprendre et s'insurger. Finalement, elle rouvrit les yeux, et constata que, bien malgré elle, elle avait rapproché ses deux mains de son corps, les joignant l'une à l'autre, comme pour les tenir hors de portée de son fiancé, bien inconsciemment.
    ❝ Pourquoi serais-tu responsable ? Ce n'est pas toi qui lui a porté ces coups, à ce que tu m'en as dis. ... Est-ce que ... Est-ce que votre relation s'en est toujours tenue à un caractère platonique ou ... Ou votre relation a-t-elle été empreinte de plus que cela ? ❞ Le rose lui montait aux joues, mais elle tenait à continuer. ❝ Il n'y a jamais eu personne, pour moi. Personne. Je n'ai jamais aimé, et je n'ai jamais ... ❞ Elle ferma à nouveau les yeux, avant de les rouvrir et d'avoir un léger mouvement d'épaule, comme pour chasser quelque chose qui planait et rodait autour d'elle. ❝ Je veux que l'on m'aime, entre les murs d'une domus comme en plein jour. Je veux donner le jour à des enfants nés de l'amour, et non pas de rapports conjugaux contraints et forcés. Mais je sais que l'on n'a pas toujours ce que l'on veut, et qu'en tant que patricienne, je devrais savoir me contenter de ce que tu voudras bien me donner. Parce que j'ai tout à te donner, moi. Mon corps comme tout le reste. ❞ Brusquement, elle remarqua sa bévue, et son lapsus entre deux mots qui se ressemblaient tant, surtout dans leur prononciation. ❝ Je voulais dire mon cœur. ❞

Spoiler:
 



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mar 17 Déc - 22:36
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Invité

Mon avenir marital arrivait avec beaucoup d'incertitudes. Je ne savais pas ce qu'il allait avenir de cette union qui allait avoir lieu. A vrai dire, je n'avais jamais eu de relation sérieuse. Et c'était par choix. J'avais bien autre chose à faire que chercher la présence et l'affection continuelles d'une femme. Je me consacrais à mes entrainements, à mon service militaire et mes campagnes et cela me suffisait. Les femmes étaient un élément de ma vie et rien de plus. Quand j'avais envie de leur présence ou de davantage, j'allais vers elles. La plupart du temps, ce n'étaient que des aventures sans importance. Cela me convenait. Je n'étais pas intéressé par le fait de m'assimiler à une autre personne. Et puis, je me disais que les choses allaient changer plus tôt que je ne le croyais. Alors pour l'instant, je me contentais profiter de cette liberté. Et cela me reussissait. Je voyais tellement de querelles matrimoniales autour de moi que l'idée de vivre avec une autre personne, me paraissait presque irrationnelle. Pour l'instant, seul le mariage de mes parents me semblait stable. Enfin, jusqu'à ce que j'apprenne certaines choses récemment. A croire que tous les mariages étaient voués à l'échec. Mais je ne voyais pas que cet échec fasse parti de ma vie. J'avais envie de me sentir bien chez moi. Je ne voulais pas devoir faire attention à chacun de mes gestes, ni à chacune de mes paroles. J'avais envie de lui faire confiance et que cette confiance soit réciproque. C'était pour moi, les bases même d'un bon mariage, solide et heureux. Mais pour arriver à cette réciprocité, nous devions tous les deux mettre à nu nos caractères, nos façons d'être et nos actes. J'avais un passé. Un passé que je ne reniais pas. Mais un passé qui impliquait une autre femme. Et une femme qui avait encore beaucoup d'importance pour moi. J'aurais très bien pu cacher l'existence de cette dernière. Mais je savais qu'un moment ou à un autre, cette présence serait révélée. Et puis, je n'avais pas envie de lui mentir. Je n'étais pas un lâche et je n'avais pas honte de ce qui s'était passé. Et comment espérer que Rufia me fasse confiance si je ne lui disais pas tout? J'étais sérieux quand je lui disais que j'aimerai montrer digne de confiance. Et qu'avec moi, elle ne pourra craindre d'être blessée ou malheureuse. Elle devait craindre cette nouvelle vie, loin des siens, loin de sa famille, de ses parents. Je ne comptais pas lui interdire de rester en contact avec elle mais cela ne remplaçait pas une présence constante à ses côtés. Je voulais faire en sorte que ce mariage lui soit bénéfique et qu'elle trouve dans cette domus, un foyer dans lequel s'épanouir et vivre des jours heureux. Aux paroles de Rufia, je posais mes yeux bleus sur elle. Je voyais ses mains se crisper nerveusement. Cette gêne, ce malaise, je le ressentais depuis notre première entrevue. Malgré les silences, son regard parlait sans avoir besoin de mot.

« Et bien sache qu'ici, tu n'auras jamais rien à craindre. Nos familles ont tous les deux étaient malmenées par le passé. Nous en gardons encore des séquelles. Notre génération arrive à se relever malgré les tourments. Quant à la prochaine, elle sera bien plus forte que nous. Nos enfants ne manquerons de rien. Nous ferons en sorte de leur construire un avenir loin des anciennes afflictions. »

L'idée de me voir en père de famille ne me déplaisait pas. Même si cela avait une signification particulière pour moi... J'arrivais à me projeter dans ce mariage bien que l'idée première ne m'avait pas séduit. J'avais été même farouchement opposé au fait de lier mon destin dès cette année avec une femme dont je ne savais rien. Non ce n'était absolument pas mon choix. Et cette constatation avait entrainé la première grosse dispute avec mon père. J'en avais profité, pour la première fois également, de lui dire tout ce que je pensais, de sa façon d'agir. Malgré tout, je ne pouvais pas nier qu'il était temps pour moi de me marier et de fonder ma propre famille. Rufia après un temps d'observation et après quelques discussions me paraissait un merveilleux choix. J'avais espéré épouser ce genre de femme et Rufia regroupait toutes les qualités que je recherchais chez la future mère de mes enfants. Était-ce un signe? Peut-être. Le destin était parfois si capricieux. Et je me disais qu'avec tous ces éléments favorables, je n'avais pas envie de tout détruire à cause des mensonges et des non-dits. Et je préférais que cela sorte maintenant plutôt que de laisser faire le temps, que les conséquences soient pires. Rufia confirmait ce que je pensais. J'avais déjà assez tardé. Même si pour un homme, c'était moins préjudiciable que pour une femme. Une femme de ma caste et de mon âge, pas encore mariée, avait tous les risques de ne jamais l'être. Rufia et moi étions encore jeunes pour faire de ce mariage une réussite. Et j'étais satisfait d'avoir une fiancée comme elle. D'ailleurs je lui avais dis. Oui l'enveloppe était belle, agréable à regarder et surement plus encore à toucher. Mais son esprit était tout aussi ravissant, même plus encore. Même si comme elle le disait elle même, je ne doutais pas qu'elle pouvait avoir des défauts. Ces paroles me soutiraient un sourire amusé.

« Je n'en doute pas. Comme j'en ai moi même. Et puis, j'aime bien les femmes obstinées. Cela mettra du sel dans notre mariage. Tu as du caractère et c'est une très bonne chose. Comme ça, tu ne te laissera jamais marcher sur les pieds. »

Bien que je serais là pour elle à chaque fois qu'elle aura besoin de moi. Il était bon de savoir qu'elle pouvait se défendre seule si elle avait besoin de remettre quelqu'un à sa place. Elle avait déjà une bonne verve et je ne doutais pas que les mots sortiront avec plus de facilité si elle avait mon assentiment. Puis la conversation dévia sur Caria et sur la place qu'elle avait encore dans ma vie. Ce n'était pas un sujet facile à aborder mais il le fallait. Quel genre de mari et d'époux ferais-je si je ne lui parlais pas de la jeune femme? Nos relations se nouaient à peine et j'avais besoin de lui dire, besoin qu'elle comprenne et qu'elle accepte ce passé qui était le mien. A ses mots, je soupirais intérieurement. Bien sûr, le divorce. Cela aurait pu être une possibilité si la situation avait été différente.

« Parce qu'elle n'a plus de père et sa mère est morte aux ides derniers... Et le divorce n'est accordé qu'aux patriciennes. »

Cette femme n'était pas de notre milieu. Elle faisait même partie d'une caste que l'on devait ignorer et même dénigrer. Mais le cœur ne se gêne pas de choisir le milieu sans distinction autre que les sentiments. Puis aux paroles de Rufia, j'étais un peu rassuré qu'elle comprenne la situation. Une autre femme aurait pu dire que son mari avait tous les droits sur elle et que ce qui était fait dans une domus, ne concernait que ces habitants. Jamais je n'avais lever la main sur une femme et cela n'allait pas commencer. Je remarquais ensuite que Rufia se tendait légèrement. Je ne savais pas si c'était à cause de la conversation ou si le vent qui s'était levé, en était la cause.

« Non ce n'est pas moi... mais elle a accepté ce mariage pour ne pas me causer du tort. Et à cause de ça, elle a du subir la violence d'un homme qu'elle déteste... »

Je n'étais pas celui qui avait porté les coups mais parfois j'en avais l'impression. Si seulement j'avais su ce qui se passait... j'aurais pu adoucir les mois qui avaient suivi notre conversation avant mon départ pour la Parthie. A la question de Rufia, je relevais mon visage sur le sien. Ses joues s'étaient colorées en prononçant ses paroles. Les paroles de Rufia me troublaient. Je savais qu'elle était sincère. Je l'observais un instant avant de tendre ma main et de saisir les siennes qu'elle tenaient fermement serrés contre elle.

« Rufia, sache que jamais je ne te forcerai à quoi que ce soit. Jamais je ne pourrais abuser de toi, te contraindre à te coucher sur notre lit si tu n'en as pas envie. Je ne suis pas ce genre d'homme. Ce que tu évoques, c'est tout ce que je souhaite. Un mariage d'amour. Tout ce que tu souhaites, je voudrais te l'offrir et je te l'offrirai. Mon avenir t'appartient Rufia. »
Patricien
Jeu 19 Déc - 22:46
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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Leurs enfants ... Ainsi, lui aussi y pensait déjà ? ... Mais après tout, sans doute fallat-il quasiment obligatoirement s'y attendre. Car, dans le fond, chez les patriciens, on ne se mariait que très rarement par amour. Car les deux leitmotiv, les deux raisons principales pour lesquelles on contractait une union tournaient autour de toute autre chose que l'amour, la passion, et l'affection. En réalité, on se mariait pour rester entre gens de la bonne société, et également pour pouvoir compter sur le réseau et le prestige respective des deux gens dont étaient issus les deux futurs époux. On bénéficiait ainsi, aussi, d'une alliance au sein d'un même milieu. Cela permettait également aux pères qui n'avaient pas eu la possibilité d'avoir de fils de pouvoir continuer à se dire homme important, de par leur affiliation avec leurs filles, qui leur donneraient des petits-enfants dont ils pourraient se revendiquer être le grand-père. Il y avait derrière cette même idée l'optique de contracter un mariage afin d'avoir des héritiers. Bien que, le plus souvent, ce soient les pater familias qui arrangent ces unions là, alors qu'ils ont déjà un héritier (du côté de l'époux) et veulent simplement s'assurer que ce dernier aura lui aussi un héritier, très rapidement, de sorte à être assuré de la pérennité et de la survie de la lignée le plus rapidement possible. Une guerre est si vite arrivée, et les dieux décident aussi parfois de frapper brusquement, vous amenant alors à devoir rejoindre le Royaume de Pluton bien plus tôt que prévu.

Rufia avait toujours évolué au sein d'une famille assez bien portante. Surtout sur le plan démographique. Car au delà des aléas politiques et diplomatiques, les Claudii avaient toujours réussi à garder un cap inaltéré, celui de la force du nombre. Les branches familiales étaient nombreuses, et ne montraient pas encore de signe quant à bientôt se tarir. Du moins en avait-il été ainsi, pendant un certain temps. Maintenant, il fallait bien avouer que le quota masculin avait subi de très lourdes pertes, de par les aléas de la guerre, et à cause, aussi, de bien sombres desseins projetés par ordre d'une certaine haute figure d'autorité. C'était bien plus que dramatique, c'était épouvantable. Mais pas encore désespéré : bien des Claudii étaient portés disparus, ce qui signifiait que, pour l'instant, leur décès n'était pas encore avéré. Et puis, il restait encore, en tant que présence certifiée, celle du frère aîné de Rufia. Cependant, bien au delà de ces tragiques circonstances, la jeune patricienne avait en effet évolué au sein d'une gens assez peuplée. Signe, s'il en fallait, que les femmes de la gens étaient plus qu'en mesure de porter en elles la future génération de Claudii. Seule Helvia semblait ne pas avoir été touchée par la même prédilection fertile des dieux. Rufia n'avait jamais souhaité savoir si, oui ou non, sa tante avait pu offenser une quelconque déesse qui l'aurait alors maudite et condamnée à ne jamais pouvoir enfanter. Non. En réalité, la jeune femme avait préféré observer l'exemple de sa propre mère, capable d'enfanter en ce monde près de 5 enfants, en à peine 6 ans. Quelque chose d'assez courant, mais qui n'était malheureusement pas toujours aussi viable, à terme, avec la haute mortalité infantile. Ses enfants à elle avaient tous passés ces âges que l'on dit fatidiques, à l'exception d'un seul, Maximus, frère jumeau de Rufia. Alors cette dernière avait toujours été élevée par sa mère en s'entendant dire d'être assurée de pouvoir elle aussi devenir à son tour mère, en temps voulu. Cependant, elle savait très bien qu'il était tout à fait impossible de réellement pouvoir se dire prête à devenir mère avant de serrer contre soi son premier né. Parce que l'on peut prétendre être prête, il est impossible de réellement en être sûre tant que l'on n'avait pas été confrontée au caractère colossal et vivifiant d'une telle situation. Les enfants étaient l'avenir d'une gens, et parfois, par extension, de deux gens. Mais ils étaient surtout l'avenir tout court. Alors, oui, Rufia ne pouvait qu'être d'accord avec Fortunato lorsque celui-ci concevait leurs potentiels futurs enfants comme les meilleurs vecteurs possibles d'une chance de faire mieux que leurs ancêtres, et de repartir vers des bases et des horizons plus stables et plus assurés. Malgré tout, pour avoir des enfants, encore faut-il les concevoir. Et, pour l'instant, Rufia n'étant pas encore mariée, c'était une perspective de moins réalisables. Dans le même temps, visiblement, rien ne venait encore refroidir Fortunato quant à ce mariage futur, pas même lorsqu'elle lui avouait avoir de nombreux défauts.
    ❝ Plus nous discutons, plus cela me confirme le portrait que je me suis fais de toi : tu n'as rien d'un patricien des plus conventionnels Fortunato ... Je crois qu'aux vues de ma situation personnelle, je ne pouvais guère espérer meilleur époux ... ❞
Visiblement, jouer carte sur table était l'une des situations les plus saines. Cependant, Rufia se sentait réellement perdue, probablement parce qu'elle était justement loin d'avoir toutes les cartes en main. Dans le fond, bien qu'elle se tienne auprès de son futur époux, elle était encore loin d'en savoir suffisamment sur lui et sur sa vie passée pour pouvoir connaître tout ce qu'il y avait à connaître afin de tout parfaitement comprendre. Malgré tout, elle n'avait aucune honte à reconnaître qu'elle était dans une relative incompréhension, tout comme elle ne se sentait absolument pas honteuse de devoir lui poser des questions, ou d'émettre des pistes de raisonnement, afin de le voir réagir et en savoir un peu plus, via ses réponses à lui. En toute prudence, et en toute politesse, bien sûr. Tant qu'elle n'en savait pas assez, la jeune patricienne s'interdisait d'émettre le moindre jugement, pas même un tout petit peu. Juger à la hâte était une erreur des plus primaires et stupides, et elle refusait d'être prise, elle aussi, dans ce genre de déviance là. Ainsi, donc, la jeune femme en question était désormais orpheline. Une situation plus que regrettable, qui la plaisait donc dans une position des moins enviables : si elle avait perdu son père depuis quelques temps déjà, visiblement, cela signifiait qu'elle n'avait plus d'ancien responsable légal, si l'on peut dire ça comme ça, en mesure de s'opposer à celui qui l'avait actuellement sous sa tutelle. Cependant, la suite des paroles de son futur époux la laissa un peu songeuse.
    ❝ Elle est donc plébéienne ? ... ❞ Est-ce que cela ressemblait à une question ? Même Rufia ne devait très probablement pas le savoir elle-même. En tout cas, il n'y avait aucune pointe de répugnance dans le ton utilisé par la jeune patricienne, pas plus qu'il n'y avait la moindre once de reproche ou de critique. Les plébéiens étaient loin d'être infesté de maladies ou d'épidémie. Ils n'étaient juste pas nés dans le même milieu social qu'eux.
Il y avait encore bien des questions dans son esprit, sans parler de celles qui naissaient à mesure, comme les bulles de savon qui naissent à la surface de l'eau lorsque vous prenez un bain dans les thermes. Cela bullait de partout, et, dans un sens, c'était assez compliqué de réellement y voir clair, d'autant plus qu'il fallait savoir demeurer maîtresse de soi. Rufia refusait de jouer à celle qu'elle n'était pas, mais elle savait également qu'au naturel, elle avait parfois ces réactions un peu sanguines, et brutes. Le genre de choses capable de vous refroidir, ou de vous échauder, voire même de vous faire revenir sur votre jugement en le ternissant, histoire de bien marquer votre désapprobation face à la réaction d'une jeune femme encore non mariée et qui se permettait de vous attaquer, ou de se montrer trop incisive envers vous. Rufia se devait de tout doser, pour rester dans un juste milieu, respectable et acceptable. Cependant, elle ne put s'empêcher de fermer les yeux, un instant, à la nouvelle évocation de ces fameuses violences conjugales. Jamais elle n'avait vu son père lever la main sur sa mère, mais, bien des fois, elle avait surpris des paroles et des gestes violents de la part d'autres patriciens, particulièrement envers leurs esclaves, bien sûr, mais aussi, parfois, envers leur épouse, ou leurs filles. Un poignet que l'on enserre trop fort, une boucle de cheveux sur laquelle on tire, une remise en place des plus humiliantes, un rappel du rapport dominant/dominée, supérieur/subordonnée, par exemple. Un bras que l'on tire violemment vers soi, pour entraîner ailleurs, loin des regards, là où l'on entend parfois ces bruits mats, ces bruits qui claquent, et ces sanglots, légers, discrets, mais présents. Des choses, des actes et des situations que Rufia avait tout simplement en horreur. Malgré tout, elle ne pouvait pas rester hermétique à ses propres émotions, à ce qu'elle ressentait, elle, sur d'autres sujets que sur celui des violences conjugales. Et elle ne pouvait donc pas empêcher son corps d'adopter certaines postures, de prendre certaines libertés sur son self-control, d'autant plus lorsque sa langue fourchait, bien involontairement. D'autant plus qu'elle ne pouvait que remarquer que son futur époux avait semble-t-il éludé tout un pan de l'une de ces dernières questions. De quoi ne pas vraiment la placer dans une position sereine et rassurée ... Mais elle devait faire avec : insister serait risquer d'offusquer Fortunato. Et tant qu'ils n'étaient pas mariés, elle ne tenait pas vraiment à trop jouer avec le feu, au risque de s'en brûler les doigts, et les ailes. Et puis, Fortunato, lui, n'hésitait visiblement pas à relever cet aveu qu'elle avait fait, car, après tout, pourquoi s'en sentirait-il gêné, lui qui avait un certain degré d'expérience dans les relations charnelles et les interactions plus que platoniques avec des membres de la gente féminine ? Ses mains tremblèrent au creux des siennes, alors qu'elle tentait de ne pas fuir son regard, mais de ne pas non plus y plonger le sien. Cette question du juste milieu, encore une fois ...
    ❝ Mais ton passé n'est pas à moi ... ❞ Une simple constatation, rien de plus, rien de moins. ❝ Je ne te vois pas être comme ces hommes violents, comme ce mari violent envers ton ... amie ? ❞ Oui, encore une fois, elle n'en savait que peu sur la nature de la relation de Fortunato avec cette fameuse autre femme. Comment être précise, dans ce genre de situation assez brumeuse et vaporeuse ? ❝ Mon avenir t'appartient aussi, Marcus. Dès aujourd'hui, d'autant plus. Car aux yeux de tous, de nous deux, tu as déjà l'ascendant, juridiquement parlant. ... Je ne veux pas être trop insolente, ou incisive. Et ... Je ne cherche nullement à vouloir t'entendre me rassurer, ou me protéger : je suis forte, tu sais. ... Mais ai-je à craindre cette femme ? Je ne veux pas d'ores et déjà avoir une ennemie, car elle ne m'a rien fait, et je ne lui ais rien fait. A part, peut-être, être ta fiancée ... Et la mère de tes futurs héritiers ... ❞




« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Mar 31 Déc - 15:09
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Je ne pensais pas devoir aborder certains sujets comme j'étais entrain de le faire. Parler de moi, de ma vie était une des choses que je détestais le plus au monde. Je n'étais pas du genre à me confier facilement, ni même à me confier tout court. Non pas que je trouvais que ceci était un signe de faiblesse. Mais tout simplement parce que ce n'était pas dans ma nature. Mais je devais la vérité à Rufia. Je devais lui faire part de certains éléments de ma vie parce qu'elle allait en faire partie. Et parce que je n'avais pas envie de débuter un mariage sur des non-dits ou des mensonges. Je ne voulais surtout pas ce genre d'union. Et j'espérais que ce n'était pas son but non plus. A vrai dire, je n'en savais rien. Mais avec tout ce qu'elle m'avait déjà dit auparavant, j'avais perçu chez elle, une envie sincère de s'impliquer dans sa vie de femme mais aussi d'épouse. C'était l'opportunité que je lui offrais. En échange, j'attendais d'elle, une confiance à toutes épreuves. Bien sûr, cette confiance se gagnait et elle s'installait peu à peu mais je souhaitais qu'avec le temps ce soit le cas. Or comment pourrais-je souhaiter ce genre de chose, si je n'étais moi-même pas capable de lui dire ce qui me tourmentait. Je ne pouvais pas passer sous silence certaines choses. Je savais que cela risquait de la blesser et peut-être était-ce d'ailleurs une bonne idée d'avoir cette discussion dès maintenant. J'avais envie, avant toute chose également, qu'elle puisse se rendre compte que je n'étais pas un patricien bourru et totalitaire dans sa façon de vivre, de penser et de la traiter. Je n'étais pas un homme ancré dans les anciennes traditions. Et même certains traditions présentes m'exaspéraient. J'étais un homme plutôt ouvert, bien que je n'aimais pas qu'on surpasse sa place, ni qu'on porte atteinte à l'honneur de ma famille. J'avais tendance à être libéral. Peut-être était-ce à cause de tous les voyages que j'avais pu faire depuis le début de mon service militaire. J'avais vu d'autres contrés, rencontré d'autres peuples, d'autres façons de penser, d'agir, de parler. J'avais découvert des traditions différentes où la place de la femme était plus importante qu'elle ne pouvait l'être à Rome ou même ici, dans cette cité qui portait mon nomen. Disons que j'avais des idées progressistes en totale opposition avec celles de mon paternel. Encore un point de friction qu'il y avait entre nous.

Je voulais que Rufia découvre l'homme que j'étais, ma façon de penser et d'agir. Et je voulais qu'elle puisse avoir une vie d'épouse, différentes de la plupart des autres patriciennes. Pour ma part, un mariage n'était pas synonyme de soumission mais plutôt d'entraide et de compromis, de façon à le faire perdurer dans le temps. Nous avions, dans toute cette histoire, d'avoir quelques points communs. Et je trouvais que c'était déjà un très bon début pour une vie à deux. Tout ce que je lui disais, tout ce que je lui avais déjà dit, étaient des paroles sincères. Je ne jouais pas un jeu. Je ne cherchais même pas à gagner son affection par le mensonge ou les compliments. Je me montrais tel que j'étais et je voulais qu'elle fasse de même. Si elle souhaitait me parler, elle n'avait pas à hésiter. Elle pouvait me confier ce qu'elle voulait. C'était sûrement le moment pour moi, de penser à deux et non tout seul. Je n'avais pas l'habitude. J'étais un solitaire dans l'âme qui préférait la compagnie de son cheval, à celui de certains hommes. Mais je n'étais pas fermé pour autant. Du moins, je voulais faire les efforts nécessaires pour établir une bonne communication entre Rufia et moi. C'était primordial. Je devais faire de la Claudii, une alliée et non une ennemie. Elle allait être ma moitié, la femme qui allait partager ma vie. Je ne voulais pas et je ne pouvais pas, la considérer comme une simple patricienne et la mère de nos futurs enfants. Ce n'était pas ce que je souhaitais. J'avais envie de me retrouver en elle sans avoir à prononcer la moindre parole. Elle devait se fier à moi, comme j'apprendrai à me fier à ses jugements qui, jusque là, ont tous été plutôt bons. Alors peut-être que c'était un risque que je prenais. Peut-être que ce n'était pas la bonne façon d'aborder un mariage et une vie future à deux. Mais c'était ma décision. Bien sûr cette entente, cette confiance réciproque allaient prendre du temps. Mais ce n'était pas le plus important. Le plus important, était que cette confiance puisse réellement s'installer et qu'elle puisse perdurer au fil des années, sans s'étioler comme un fil de laine de mauvaise qualité.

Je portais mon regard bleu sur elle à ses premiers mots. J'espérais qu'elle commençait à faire à pas en ma direction. Parce que je n'étais pas là pour être la cause de son malheur. Bien sûr, nous avions encore beaucoup de choses à apprendre l'un de l'autre. Cela n'allait pas se faire tout de suite. Mais avec du temps, de la compréhension, les zones d'ombres allaient s'éclaircir. Il était normal que nous avions un peu de mal tous les deux. Il ne fallait pas croire que je me sentais plus à l'aise que la jeune femme. Ce serait un mensonge. Je n'avais jamais vécu avec une femme jusqu'à maintenant. J'allais surement faire des erreurs. C'était normal. Je n'étais pas le genre d'homme à les craindre. Je me disais que chaque erreur nous apprenait plus sur nous-même mais aussi sur les autres. Elles étaient nécessaires à une meilleure compréhension de soi. Je n'étais pas plus à l'aise que la jeune femme, mais j'étais d'un naturel très entreprenant. J'osais les choses, quitte à avoir de mauvaises surprises. Mais jusqu'à maintenant, c'était un trait de caractère qui m'avait bien servi au cours des vingt-quatre premières années de ma vie.

« J'aimerai que tu arrives à me faire confiance Rufia. Je voudrais que tu me considères comme un allié et non comme une personne dont tu dois te méfier. C'est ainsi que je vois les prémices de notre mariage. C'est tout ce que je demande. Je sais qu'il te faudra du temps mais tu en disposera. Mais n'oublie pas, que je ne suis pas là pour te rendre malheureuse. »

Je ne voulais pas qu'elle croit que j'allais m'amuser avec elle, avec ses sentiments parce qu'elle n'en avait pas encore ou parce que tout simplement, elle était ma futures femme. Et que la seule chose qu'on attendait d'elle, étaient des enfants. Non. Je ne pouvais pas changer mon passé. Il était ce qu'il était. Et je ne pouvais pas non plus en faire un secret. Parce que je savais que si c'était le cas, ce genre de chose allait miner ma vie de famille pendant de nombreuses années, voir pendant toute ma vie. Et je ne voulais pas ça. Et enfin, je n'étais pas lâche au point de fermer les yeux sur certaines choses. Mais j'étais un homme de paroles et quand je faisais une promesse, je ne revenais jamais dessus. C'était ainsi. Et c'était ce qui se passait avec Caria. Malgré tout ce qui s'était passé. Je ne pouvais pas l'abandonner maintenant que j'allais me marier. Elle faisait partie de ma vie et je voulais qu'elle en fasse toujours partie même si c'était différent d'autrefois. Après tout ce qui s'était passé, je ne pouvais pas oublié que je lui avais promis de toujours prendre soin d'elle et d'être là à chaque fois qu'elle en avait besoin. Et c'était le cas en ce moment. Aux mots de Rufia, je reposais mon regard sur elle. Je l'observais un instant avant de dire.

« Elle a été affranchie récemment. C'est une femme qui a retrouvé la liberté qu'on lui avait volé. »

Je savais que cela avait toujours été le souhait de la jeune femme. Mais les choses avaient changé et j'espérais encore un peu, qu'elle désirait cette liberté et entreprendre tout ce qu'elle n'avait pas pu, jusqu'à présent. Et ce, malgré ce qui s'était passé ces derniers mois. Cette liberté, je lui avais offert. C'était à elle, à présent de savoir ce qu'elle voulait en faire. Je ne serais là que pour la soutenir et la guider si elle le souhaitait. Mais les choses étaient encore tellement compliqués entre nous. Je ne savais plus ce que j'étais censé dire ou faire en sa présence, de crainte de la blesser ou de lui rappeler de mauvais souvenirs.

Je sentais les mains de Rufia trembler légèrement entre les miennes. Je les serrais doucement avant de retirer mon emprise. Je ne doutais pas que cette histoire devait la rendre perplexe et songeuse. Et à vrai dire, j'étais un peu dans le même état. A la différence que j'avais les réponses à ses questions. Même si je ne savais pas comment les lui donner. Je n'étais pas habitué à parler de ce genre de chose. Et surtout, comme je l'avais dis, la situation était encore tellement complexes, que j'avais moi même du mal à m'y retrouver. Je devais essayer de lui expliquer les choses le plus simplement du monde. Je restais silencieux un instant, cherchant les mots adéquates et pensant aussi à ce qu'elle venait de me dire. Ses inquiétudes n'étaient peut-être pas sans fondement. Toutefois, je ne pouvais pas changer les choses. C'était ma vie. C'était mon passé, mon présent et qui sait, mon futur.

« Je ne sais pas quoi répondre à cette question pour être franc. Je ne peux pas l'abandonner. Je lui ai promis d'être toujours là si elle a besoin de moi. Mais je sais que notre mariage va la faire souffrir, encore une fois. Je n'ai pas encore de solution à tout cela, si jamais il en existait une. Mais tu as ta place dans ma vie Rufia. C'est tout ce que je peux te dire pour l'instant. Tu ne seras jamais négligée. Tu ne manquera jamais de rien. Mais laisse-moi prendre soin d'elle et réparer les erreurs que j'ai commis envers elle. »

Caria était une femme libre. Peut-être qu'avec un coup de main, je pourrais l'aider à être de nouveau heureuse, comme autrefois. Elle pouvait avoir un travail, faire ce qu'elle aimait, retrouver un équilibre. Et si je pouvais l'aider, je voulais le faire.
Patricien
Dim 5 Jan - 21:27
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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₪ Moi en quelques mots:
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Lorsqu'on lui enseignait quelque chose, la jeune patricienne retenait plus que bien ses leçons. Parce qu'elle savait que, dès lors qu'on ne tentait pas de lui inculquer quoi que ce soit de façon forcée et trop partisane, c'était que l'on souhaitait uniquement son bien, et que l'on manœuvrait pour son instruction et son élévation cognitive. Et Rufia avait par bien des fois trop vu et contemplé toutes ces jeunes patriciennes écervelées, aux sourires et politesses mièvres et vides de sens, qui n'étaient rien d'autre qu'une bien jolie façade censée porter en ce monde un ou plusieurs héritiers. De jolies potiches, aussi utiles, ou presque, à leur époux que ces jolies sculptures antiques ramenées de Grèce suite à des conquêtes. Une décoration comme une autre arborée par leur patricien de mari lors des réceptions et autres cérémonies, pour parfaire un décor purement esthétique et visuel plutôt qu'intellectuel et profond de sens. Cette vie là n'en avait justement aucun, de sens, pour Rufia. Elle refusait de se laisser maître en cage derrière un rôle qui ne lui convenait pas, qui ne lui suffisait pas. Bien sûr, elle était jeune, et aussi jeune patricienne que les autres : elle voulait être belle, attractive, séduisante, et elle voulait aussi porter en ce monde des enfants. Mais elle ne voulait pas se résumer à sa simple apparence physique, ou à son rôle de génitrice. Elle ne voulait pas être qu'un ventre fertile. Alors, oui, elle avait écouté chaque leçon qu'on avait bien voulu lui enseigner, dans le but de faire siennes toutes ces disciplines et de pouvoir devenir celle qu'elle souhaitait être. Seulement, parfois, il était vrai qu'elle avait besoin d'un peu de temps. Car on lui avait dit que la précipitation pouvait parfois engendrer bien des désagréments futurs, par péché de vitesse et de profit. Elle n'était pas lente, elle préférait prôner l'existence d'une phase d'analyse et de réflexion, tout simplement. D'où le fait, sans doute, qu'elle ne soit pas encore en pleine capacité d'affirmer à Fortunato de d'ores et déjà lui faire entièrement confiance. Mais d'un autre côté, il y avait les injonctions conseillères de son fiancé, et les paroles récentes de sa tante, qui lui avait affirmé qu'à Pompéi, les choses ne pouvaient rester trop longtemps en suspens, et que si elle ne se décidait pas, d'autres sauraient décider pour elle, ou lui menacer d'usurper sa place.
    ❝ Et je ne suis pas là pour te causer la pousse prématurée de cheveux blancs, je te rassure ... ❞ Un léger sourire s'érigea sur ses traits, alors que ses paroles esquivaient, en quelque sorte, toute réponse positive ou négative à la demande de Fortunato. Rufia savait manier le verbe, lorsqu'il le fallait.
Cependant, visiblement, des deux jeunes gens, c'était elle la plus à même de voir quelques cheveux blancs venir clairsemer sa chevelure. Les propos de Fortunato étaient loin d'être incohérents, ni même profondément effrayants, mais dans l'esprit de la jeune patricienne, rien ne devait être pris à la légère. De toute façon, si son futur époux lui en avait parlé, et semblé visiblement un peu mal à l'aise, et embarrassé, c'était bel et bien un signe de l'importance du sujet. Rufia se devait donc de ne pas négliger la moindre information à ce sujet. D'autant plus que, visiblement, le chapitre était loin d'être clos, et pas même en voie de l'être, clos. Pousser tout d'un revers de main, fermer les yeux et passer à autre chose, ce n'était définitivement pas des options un temps soit peu envisageables. Tout simplement pas. Le contexte plus superficiel, si l'on pouvait dire ça comme ça, avait sans doute moins d'importance. Ou pas. La réalisation de la vérité se lisait clairement dans le regard de Rufia, lorsque ses cellules cérébrales tiraient la conclusion qui s'imposait des précisions de Fortunato. Sans doute la réalisation se marqua-t-elle aussi sur son visage ? Ça, bien sûr, elle ne pouvait pas le savoir, n'ayant aucun miroir sous les yeux. Une esclave ... Il s'agissait donc d'une ancienne esclave, aujourd'hui affranchie. La jeune patricienne aurait apprécié qu'il en soit autrement, mais toute une foule de questionnements s'abattait soudainement sur elle, tournant et tournoyant dans son esprit. Comme des centaines de voix, et de murmures, qui lui susurraient et lui chuchotaient à l'oreille. Une sorte de brouhaha sans nom, et sans sens, ou presque. Brusquement, comme pour chasser tout ceci, Rufia rouvrit les yeux.
    ❝ Je vois ... ❞ Le ton était plutôt neutre, impersonnel. Pas de reproche, pas de peine, pas de joie non plus. Rien de réjouissant, rien d'alarmant non plus. Une façon comme une autre de réagir, et ce même si, dans le fond, non, Rufia ne voyait pas. Du moins ne voyait-elle pas tout clairement. Tout ce qui importait, sans doute, c'est qu'elle gardait pour elle une question pourtant cruciale : pourquoi cette ancienne esclave avait-elle été affranchie ? Cela avait-il un rapport avec les violences conjugales qu'elle avait subis ? Ou à l'intervention de Fortunato ? Quel était le degré d'implication du jeune patricien dans cet affranchissement ?
A mesure des paroles de Fortunato, doucement, l'esprit de Rufia sembla partir en exil, vers ailleurs, vers plus loin. Son regard ne fixait plus celui du jeune homme, à présent, lui privilégiant un point vague, dans le vide. Quelque part ailleurs. Quelque part plus loin. Alors, doucement, sans même y penser, la jeune patricienne se leva, laissant se déplier derrière elle les pans voluptueux de sa stola. Commençant à faire quelque pas, en massant le creux de l'une de ses mains du bout des doigts, Rufia songeait. Elle songeait un peu à tout et à rien. Le monde autour d'elle semblait s'être automatiquement annihiler. Tout ceci n'était pas exactement ce à quoi elle s'était attendue. Peut-être avait-elle songé à un mariage au sein duquel son époux en aimerait une autre en lui étant indifférent, à elle. Peut-être avait-elle aussi vu, furtivement, passer dans son esprit l'hypothèse d'un mariage à l'intérieur duquel son époux ne verrait que par elle. Mais, visiblement, ce ne serait ni l'un ni l'autre. Lui tournant quelque peu le dos, à moins qu'elle ne soit de profil, Rufia entrouvrit enfin à nouveau les lèvres, léchant quelques bribes de paroles s'échapper.
    ❝ Je vais donc devoir te partager ... Partager ton affection, et ton attention. ... Je m'y ferais. Après tout, n'est-ce pas le lot de toutes les patriciennes, qui voient leurs époux se consacrer tout autant à elles, parfois, qu'à leurs charges publiques ? Ce sera juste ... légèrement différent. ❞ Et puis, elle fit volte-face, le regardant à nouveau, lui. ❝ Tant qu'aux yeux de tous, je sois celle qui demeure être ta femme. ❞ Elle refusait tout simplement de voir son nom et son honneur bafoués. Pas une fois encore. Son regard se perdit un peu dans le vide. Ubi tu Gaius, ibi ego Gaia ... ... Ne l'oublie pas. ❞ Un léger sourire, et un regard qui s'accroche à nouveau à ses prunelles azures.



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Dim 12 Jan - 16:00
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Je regardais Rufia et je me rendais compte qu'elle était encore très innocente de la vie en général. Elle avait vécu dans un cocon jusqu'ici et elle n'avait pas vraiment côtoyer le monde extérieur. A chaque fois, une personne avait été là pour la rassurer et la protéger. Elle devait donc avoir une perception de la vie bien différente de celle que j'avais. Rien n'était ni bon ni mauvais. Tout n'était pas blanc et tout n'était pas noir. La vie n'était pas aussi simple. Et elle ne connaissait pas encore très bien cette nuance. Mes propos avaient du la choquer ou même l'étonnaient. Mais elle faisait un effort pour ne rien laisser paraître. Ses yeux se perdaient sur l'horizon, cherchant un point fixe à observer au lieu de porter son regard sur moi, alors que j'avais pris la parole. En même temps, je devais avouer que je ne faisais rien pour simplifier les choses. Mais le fait était que ma vie était ainsi. Je ne pouvais pas, et ne voulait pas la changer. Je n'avais pas honte de ce que j'étais, ni des choix que j'avais pu faire par le passé. Ils avaient toujours été murement réfléchis, quoique pouvait en croire mon pater. Je n'avais jamais pris de décision à la légère et cela n'allait pas commencer. Rufia était devenu ma fiancée et pour cette raison, je lui devais une certaine franchise. Je ne voulais pas que ce début d'entente entre nous, soit marqué par des non-dits et par des secrets qui pourraient s'avérer trop lourd à porter. J'avais déjà dû trop longtemps me cacher et taire ce que je ressentais, pour en plus devoir le faire face à la femme qui allait partager ma vie et le reste de mes expériences à venir. Alors je préférais dévoiler certaines parties de ma vie, même si je n'étais pas doué pour cela et même si je considérais ces parts de mon existence comme totalement privées. Il n'empêche qu'à présent, cette femme faisait partie de ma vie privée. Mais elle n'était pas encore habituée à certains aspects d'une vie à deux et je le concevais. C'était même tout à fait normal. Aux paroles de la jeune femme, je sentais le malaise ambiant. Il suffisait d'observer son regard se perdre devant elle et les coins de sa bouche se figer. La patricienne se leva alors pour faire quelques pas dans le jardin. Sa stola bougeait au rythme de ses pas réguliers. Je l'observais un instant avant de prendre à mon tour la parole.

« Il ne s'agit pas de partage. Je veux aider cette femme à aller de l'avant. Cela ne veut pas dire pour autant que tu auras à partager quoique ce soit. »

Ma relation avec Caria était encore très étrange et à vrai dire, je ne savais pas encore comment les jours prochains allaient se dérouler. Mais elle avait porté mon enfant, elle était la femme que j'aime. Je ne pouvais pas la laisser seule, tout simplement parce que je n'en avais pas envie et que c'était un devoir pour moi, de prendre soin d'elle. Je serais trop inquiet si elle me quittait, si elle partait quelque part, sans rien me dire. J'étais conscient que ma famille lui avait fait énormément de mal et j'essayais de réparer peu à peu les erreurs du passé. Seulement, les blessures étaient encore ouvertes et sanglantes. La cicatrisation allait prendre du temps et je ne voulais pas la brusquer. Je ne voulais pas lui donner l'impression qu'elle m'était redevable d'une façon ou d'une autre. Alors comment expliquer tout cela à Rufia? Je n'en avais aucune idée. Je soupirais intérieurement. Je n'ai jamais été doué pour parler de moi. Pour parler à la curie, c'était bien différent mais ici, dans l'intimité. Je n'aimais pas me dévoiler comme j'étais entrain de le faire mais je savais que c'était important de le faire pour Rufia, parce qu'elle entrait dans une vie différente. Et qu'elle voulait avoir toutes les explications possibles. La jeune femme était loin d'être idiote. Elle était intelligente et elle cherchait constamment à connaître le pourquoi du comment et c'était une qualité que j'appréciais chez les femmes. Ce qui voulait donc dire, que je lui devais certaines explications.

Assis sur le siège recouvert de soie, je l'observais. J'aurais aimé que les choses soient différentes mais elles étaient ainsi. Je pouvais essayer de vivre avec tout en faisait attention à ce que la jeune Claudii ne puisse pas en être blessée. Je finissais par me lever pour m'approcher d'elle. Une fois assez près, je reprenais la parole:

« Tu seras ma femme, Rufia. Ce fait ne sera jamais remis en question. Et je ferais en sorte pour que tu ne regrettes jamais d'avoir été impliquée dans cette union qui sera la nôtre. Même si elle nous a été imposée, nous pouvons faire en sorte que tout se passe bien entre nous. »

Je lui tendais la main pour qu'elle puisse la prendre puis je posais mon regard sur elle avant de demander:

« Voudrais-tu faire le reste de la visite? Tu n'as pas encore vu les extérieurs. Un poulain est né il y a deux jours, voudrais-tu le voir? »

Assez de parler de tout ceci. La jeune femme était venue pour visiter la domus, sa future demeure et je voulais lui faire découvrir le reste de la villa. Elle était très grande et il y avait presque autant d'hectares à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Patricien
Jeu 16 Jan - 23:55
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Observer. Scruter. Analyser. Surveiller. Épier, discrètement. Espionner, encore plus discrètement. Analyser. Encore et encore. Et en tirer leçons, enseignements, et tout le reste. C'était sans doute là l'une des clefs qui devaient permettre de s'élever, lorsque vous étiez née femme, au sein de l'élite patricienne. De s'élever au dessus des simples conventions. De s'élever au dessus du statut et du rôle que l'on aurait voulu voir endossés comme tant d'autres auparavant. Mais Rufia n'était justement pas une parmi tant d'autres. Une comme toutes les autres. Elle se voulait différente. Elle se sentait différente, depuis toujours. Sans doute est-ce là une pensée que l'on retrouve dans l'esprit de tout le monde, parce qu'il est toujours plus confortable de se sentir différent, et de se prétendre soi-même différent des autres. Parce qu'être spécial, ça vous fait dire que personne ne vous comprend, que vous êtes bien mieux que ce que tout le monde pense, et qu'un jour, vous leur en collerez une, royale, impériale, sans qu'ils ne voient rien venir, et sans qu'ils ne pressentent rien. Mais la plupart du temps, comme les gens n'en restent qu'au simple fantasme, à la simple conviction personnelle sans tenter ni oser la voir concrètement réalisée ... Et bien ça n'avance pas. Rien ne change. On reste dans un sacré marasme, un satané immobilisme, et puis c'est tout.

Rufia, elle, s'était toujours sentie une âme d'expérimentatrice, refusant de se laisser dicter sa conduite, refusant, aussi, et surtout, de ruminer quelque fantasme que ce soit dans son coin sans tenter, ne serait-ce qu'un peu, de rendre tout plus concret. Pour voir. Voir si cela tenait la route, voir, aussi, si elle était réellement autant capable que ça. Cependant, jamais encore elle n'avait réellement pris une quelconque décision spontanée, précipitée, ou irréfléchie. Elle n'avait pas besoin de trop réfléchir, ou de faire durer inutilement une quelconque phase de réflexion. Cependant,elle appréciait prendre assez de recul et de temps de réflexion pour ne pas se montrer trop précipitée et pour ne pas commettre d'erreur de jugement. L'impatience était loin d'être une vertu, à ses yeux. Et, pour elle, audace ni rimait absolument pas avec empressement. Alors, concernant cette autre femme ... Rufia envisageait déjà des possibilités, des probabilités, des pistes, mais ne se plaçait pas encore dans quelque configuration que ce soit. Rien ne se pouvait d'être certain dès lors qu'elle connaissait encore si peu son futur époux, et qu'elle était loin d'avoir tous les éléments nécessaires pour pouvoir juger. La jeune patricienne refusait de se laisser par les simples paroles et promesses de Fortunato, tout comme elle refusait de les réfuter en bloc, de s'arquer sur de potentielles positions extrémistes. Les nuances existaient, largement. Le blanc et le noir ne se devaient pas d'être les seules teintes valables et acceptables. Sans doute devait-elle faire beaucoup plus que son âge, à cet instant précis. Pas physiquement. Du moins ne le pensait-elle pas. On ne lui avait encore jamais prêté la moindre ride prématurée. On avait au contraire toujours vanté son teint et sa jeunesse, l'éclat flamboyant de son regard, et la beauté de ses cheveux. La finesse de ses traits, ainsi qu'un sourire des plus pluriels et pluralistes. Mais jamais on ne l'avait affublée d'un âge supérieur au sien. Même si, bien sûr, toute personne douée de raison saurait qu'il serait bien fou et impertinent de vieillir une femme, encore plus lorsque celle-ci était patricienne. Ce n'est ni courtois, ni poli, et encore moins diplomatique et clairvoyant, voyez-vous ... Une autre qu'elle aurait pu courber la tête et se montrer résiliente dès que ce fameux sujet assez sensible avait été abordé. Une autre encore aurait pu piquer un fard, et éclater en sanglots. Mais à ses yeux, la situation ne s'y prêtait pas, et ce genre de réaction ne lui avait jamais été familier. Et tant pis si elle se montrait trop impertinente, ou qu'elle empruntait des voies romaines bien peu recommandées pour une jeune patricienne, dès lors qu'elle n'était même pas encore mariée, et que cette promesse d'union pouvait voler en un éclat si Fortunato le souhaitait, et s'il parvenait à faire pencher son père à son avis. Même s'il serait alors certain que cela pourrait être une vraie déclaration de défiance entre la gens des Pompeii et celle des Claudii.
    « Si nous nous engageons d'ores et déjà sur de telles bases et que nous commençons déjà à emprunter cette voie, je suppose que tout se passera effectivement bien entre nous deux. Devenir ton épouse me conférera, j'ose l'espérer, plus qu'un simple titre fantoche. Des responsabilités vous m'incomber. Et des droits vont m'être conférés. Mais jamais je n'outrepasserais ces droits. » Ce qui signifiait, par exemple, sans doute, qu'elle ne prendrait jamais sur elle de défier bien trop publiquement son époux. Ni même de s'arroger des droits qu'elle ne posséderait pas. Un instant, elle observa la main que lui tendait Fortunato, avant de s'en saisir. La discussion était close, du moins, concernant ce chapitre. Mais aux yeux de la jeune patricienne, le livre était loin de s'être fermé. Même si elle était tout à fait capable d'en suspendre la lecture sans amertume ou vexation. Aussitôt, sur son visage, un sourire se fixa, sincère et poli. Comme si l'on passait de la nuit au jour, ou presque. Sans que cela ne semble ni vain ni feint. « Ce sera avec grand plaisir. J'imagine qu'il s'agit là de l'une des toutes premières naissances en ces murs ? Ou, du moins, sur cette propriété. »
Rufia était loin d'être un oiseau que l'on pouvait aisément enfermer en cage. Bien au contraire. Les espaces ouverts et la nature lui allaient très bien au teint. Peut-être parce qu'avec ses yeux, elle se fondait dans la nature, quand sa chevelure de feu donnait de la couleur et complétait une palette chromatique déjà bien vaste et décomposée en une multitude de couleurs et de variations de teintes. Et puis, de l'air frais ne leur ferait probablement aucun mal, pour aérer leurs esprits et amener plus de légèreté après des échanges certes enrichissants mais quelque peu éprouvants.
    « Parle moi de ce poulain. Est-il le fils d'un équidé cher à ton cœur ? Et sa mère n'a-t-elle pas trop souffert en lui donnant la vie ? »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Lun 20 Jan - 0:13
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas un homme qui parle facilement de lui. Je ne suis  pas du genre à me confier et encore moins quand cela concernait ma vie privée. Seulement là, j'estimais que Rufia devait savoir certaines choses. Même si cela me demandait des efforts pour lui faire toutes ces confessions. C'était la première fois que je parlais autant de choses aussi personnelles. Ce n'était pas dans ma nature. Et je savais que ce genre de conversation avait très peu de chance de se reproduire à l'avenir. Mais là, je voulais mettre une certaine clarté de nos relations. Il y avait tellement de non-dits autour de moi, que je n'avais pas envie de vivre dans les secrets et les silences pesants. Je savais que cela ne devait pas être facile pour la jeune femme. Toutefois, je savais aussi pertinemment que je ne pouvais pas lui cacher l'homme que j'étais. J'avais un passé que j'assumais totalement. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle comprenne, ni même accepte cette situation. D'ailleurs, il n'y avait rien à accepter. Je lui avais promis de ne jamais la mettre dans l'embarras, ni même de porter atteinte à sa personne, d'une façon ou d'une autre. Je ne voulais pas non plus que mon nomen ou le sien, soit terni par une quelconque affaire. Sur ce point là, nous étions tous les deux d'accord. J'attendais de la jeune femme, une certaine compréhension. Elle devait savoir que la vie, n'était ni noire, ni blanche, mais teintée de nuances. Et que ce sont ces nuances avec lesquelles nous devions nous adapter.

Peut-être que mes mots n'avaient aucun sens pour elle. Elle allait apprendre à me connaître et peut-être à me faire confiance si elle y arrivait un jour. Et je voulais le faire également. C'était ainsi que les choses s'étaient passées pour mes parents et c'était probablement la même chose pour les siens. Le mariage n'a jamais, ou alors très rarement, était un acte d'amour. L'amour venait ensuite, si nous étions chanceux. Sinon, il convenait de toujours garder un respect et une compréhension réciproques. Ce qui allait nous facilitait la vie à tous les deux. Je ne comptais pas me montrer un mari violent, réfractaire à toutes idées, borné à ses plans ou encore un mari qui voulait prendre l'ascendance sur elle par le chantage ou les persécutions. Absolument pas. Malheureusement pour l'instant, tout ce que je disais, n'étaient que des mots, peut-être sans grande valeur. Je ne pensais pas que Rufia pourrait me faire maintenant, une confiance aveugle. Alors seul l'avenir pourra nous dire si nous avons su passer outre nos différences afin de faire de notre mariage, une entente cordiale ou une franche réussite. Je relevais mon visage sur la jeune Claudii quand cette dernière reprit la parole après un long silence. Je l'observais alors que je m'étais approchée d'elle pour lui tendre ma main. Je comprenais à ces mots et à l'intonation de sa voix, pleine de révérence, qu'elle ne s'autorisait pas encore complètement à être totalement elle-même, et oublier le carcan dans lequel on l'avait fait grandir. Je considérais que toute femme devait être un atout pour son époux, et non un objet, une décoration que l'on pouvait regarder de temps en temps. Malgré tout, je ne pouvais que la comprendre. Je voulais qu'elle prenne toute l'ampleur de l'homme que j'étais. J'ajoutais alors en gardant mes yeux sur elle, avec un léger sourire amusé, ne voulant nullement me jouer d'elle.

« Crois-moi quand je te dis que jamais je ne t'enfermerais. Je veux que tu sois mon épouse mais aussi mon alliée et que tu prennes toute la place que tu es en droit d'obtenir à mes côtés. Tu finiras par comprendre ce que je veux dire. »

Serrant sa main dans la mienne, je la guidais pour traverser le jardin. Son entrain au sujet du poulain me faisait plaisir. Il est vrai qu'elle aimait les chevaux. C'était un point commun que j'appréciais mettre en évidence. J'adorais mes chevaux. Je pouvais me passer de toute chose matérielle mais pas d'Argento. Il était mon cheval depuis des années, mon compagnon de campagne, parfois d'infortune et souvent de gloire. Il était ma fierté de cavalier. Et j'aimerai que la jeune patricienne puisse apprendre à le connaître et à l'apprécier. La compagnie des chevaux avait toujours eu le temps de me calmer, de tempérer mon caractère parfois impétueux. Je partais souvent pour faire de longue balade pour oublier le tumulte de Rome ou de Pompéi, pour oublier mes tourments et mes disputes avec le Dummvir. Ces derniers temps, l'étalon avait été mon seul réconfort. Je ne m'en plaignais pas. Il était le seul vers qui je me tournais quand j'avais envie de calme et de réfléchir tranquillement dans mon coin. Aux paroles de Rufia, je hochais doucement de la tête, un sourire franc sur mes lèvres.

« Oui. C'est la première naissance. Elle n'était pas prévue si tôt mais tout s'est bien passé. »

Je me souvenais encore très bien du réveil en pleine nuit dont Sertorius m'avait gratifié. J'étais resté le reste de la nuit avec lui et Pietros qui s'occupait de mes chevaux. J'avais crains pendant de longues minutes de perdre la jument et le poulain mais finalement, aux premiers rayons de soleil, l'écurie comptait un nouveau pensionnaire.

« C'est le poulain de mon cheval, Argento! Le premier! Le bougre était difficile en matière de jument jusqu'à ce que je reçoive une jument récemment. Apparemment, il a enfin trouvé sa compagne. »

Tout en parlant, nous étions arrivés à l'écurie. Dans la cour fourragée, Argento nous observait. Je le présentais à Rufia alors que le cheval venait vers nous. Je venais le caresser à l'encolure. Sa robe blanche luisait sous le soleil.

« Voici mon cheval. Argento. Je l'ai depuis que je suis gosse. Il n'y a pas de plus fidèle cheval dans tout l'Empire. »  

Comme pour appuyer mes paroles, le pur-sang hennit bruyamment à nos oreilles, ce qui me fit sourire.
Patricien
Ven 24 Jan - 22:32
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Selon Marius, le frère de Rufia, la jeune femme avait changé, depuis l'annonce de son mariage prochain avec l'héritier de la gens des Pompeii, Marcus Pompeius Fortunato. Mais de l'avis de Rufia elle-même, son frère se méprenait. Pas exactement sur toute la ligne, mais presque. Pour elle, oui, elle avait effectivement changé. Mais l'annonce de sa future union avec l'un des meilleurs partis, si ce n'était le meilleur, de tout Pompei n'était pas l'élément majoritaire dans tous ces changements chez elle. En réalité, pour elle, tout ceci était surtout en grande partie dû à ce qui était advenu des siens. Le fait que l'on ose s'en prendre de façon si sanglante aux siens lui avait fait réalisé qu'elle se devait de ne rien faire qu'elle pourrait par la suite regretter. Car cela serait des plus tragiques si elle en venait à vivre avec des regrets, ou si elle en venait à se placer d'elle-même dans une situation des plus inconfortables, où l'on pourrait bien aisément finir par s'en prendre à elle aussi. Certains soutiendraient que la meilleure de ses chances, pour ne plus pouvoir être victime ou cible du moindre courroux impérial, c'était d'épouser au plus vite Fortunato. Mais Rufia ne souhaitait aucun empressement. Parce qu'elle refusait de laisser surligner le fait que, dans le fond, si Cassia avait décidé de l'amener dans une telle union, c'était pour sauver la mise des Claudii, et, de façon quelque peu indirecte, sa mise à elle, Rufia. De plus, sans doute appréhendait-elle, malgré tout ce qu'elle pouvait prétendre, ce nouveau futur changement considérable pour elle. Elle avait déjà quitté le monde des jeunes patriciennes encore éloignées de toute future union. Désormais, elle était fiancée. Légalement, ce statut n'existait pas, mais il était presque évident que si on s'en prenait à elle, ce serait presque comme s'en prendre à Fortunato, et, par extension, aux Pompeii eux-même. Du moins l'espérait-elle. Et, visiblement, assez prochainement aurait lieu son mariage. Ce qui la ferait encore une fois changer de position, et surtout, ce qui allait littéralement révolutionner sa vie. Un monde inconnu. Dont on lui avait parlé, mais qu'elle ne connaitrait réellement qu'une fois qu'elle y entrerait, pour de bon. En attendant, elle haussait quelque peu les sourcils en entendant les paroles de Fortunato, paroles dans le fond plus ou moins cryptiques.

Main dans la main, la jeune patricienne le laissait l'entraîner vers le dehors. D'une certain façon, oui, Fortunato l'entraînait. Parce que Rufia n'avançait pas forcément aussi rapidement qu'il l'aurait fallu, refusant de manquer le moindre détail à tout ce qu'elle pouvait voir. Les extérieurs étaient plus que prometteurs, et d'une certaine façon, c'était plutôt amusant que de sentir Fortunato acharné à la mener là où il voulait la mener. Elle devait donc peut-être mettre, pas malgré elle du tout, un peu de frein au rythme impulsé par son futur époux. Pour ne ps tout lui faciliter, et pour se démarquer, aussi, en tant que capable de rajouter de la difficulté et du challenge dans ses volontés, tout en demeurant aller dans son sens à lui. D'un autre côté, sans être surexcitée, car elle n'était plus exactement une enfant, même si, légalement, cela serait toujours plus ou moins le cas, elle avait réellement envie qu'ils en arrivent jusqu'aux écuries, afin de réellement pouvoir voir les chevaux. Pour certaines patriciennes, voire même pour la très grande majorité, l'odeur des animaux était repoussante. Rufia, elle, sans l'apprécier par dessus tout, la trouvait chaleureuse, et confortable. Comme si cela réveillait en elle une sensation des plus réconfortantes, comme si, autour d'elle, l'air et les alentours épousaient parfaitement ses formes, la plaçant dans une sorte d'alcôve. Elle se souvenait que, petite, son père lui expliquait, en souriant quelque peu, alors qu'elle s'insurgeait du fait qu'on ne la laisse pas monter seule, sur ses chevaux qui, à l'époque, aux vues de sa taille, étaient géants, qu'elle devait sûrement cette sensation des plus agréables au fait que, pour s'endormir, alors qu'elle était enceinte de son frère et elle, sa mère grimpait contre lui, se calant bien, alors que lui faisait tourner en rond, dans le manège, sa monture. Rufia, elle, pensait simplement qu'il ne fallait pas forcément chercher aussi loin que ça.
    « Les naissances prématurées, n'est-ce pas ? ... Je suis née prématurée, tu sais. Mes parents ont toujours voulu mettre ça sur le compte de mon empressement à voir le monde et à chercher à l'épuiser et à le déstabiliser. ... Peut-être que ce poulain est comme moi ? » Un éclat de rire qui fuse, puis un sourire qui vous taquine, simplement. Dans le même temps, elle s'empêchait de faire le moindre commentaire à la suite des dernières paroles de Fortunato concernant le côté difficile de son cheval en matière de jument. Pour avoir grandie majoritairement entourée d'hommes, et pour toujours avoir été du genre aventurière et espionne, Rufia en avait tellement entendu en termes d’insinuations, de parallélismes et de comparaisons ... Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de penser à son frère aîné, lui aussi non casé, et lui aussi très difficile en matière sentimentale ...
Mais, justement, il semblait que le fameux Argento venait de les apercevoir, avant de se décider à s'avancer vers eux, doucement. Monsieur savait se faire désirer ou, en tout cas savait-il imposer son rythme. Inutile de chercher à le brusquer, car sans doute ne changerait-il rien à son petit rythme. Peut-être même lui prendrait-il l'envie rebelle de ralentir l'allure, juste pour se laisser encore plus désiré et prouver qu'il ne s'en laissait pas vraiment dicter. Sa robe blanche était magnifique, et cela changeait réellement Rufia de la robe ténébreuse de Bucéphale, la monture de son frère aîné. Italia, elle, était un peu plus foncée qu'Argento. Ah, Italia ... Rufia espérait réellement que la jument ne l'oublierait pas, une fois qu'elle quitterait la Villa Claudii. Car sans doute son frère ne lui accorderait-il pas le droit de la garder, et de l'emmener, avec elle. Après tout, elle lui appartenait, à lui. Et Bucéphale, sans se l'être arrogé, était assez possessif et capricieux. Plus d'une fois, il avait saisi un pan de la stola de Rufia pour tirer la jeune patricienne vers lui alors même que Marius était venu les interrompre dans un moment à deux pour discuter avec sa sœur cadette. Plaçant sa main vers l'avant, paume tendue vers le ciel, Rufia envisageait en tout cas de saluer Argento comme il le fallait. Et cela passait par de la prudence, et le respect d'une certaine marche à suivre. C'était à Argento lui-même de décider s'il acceptait les salutations de la jeune femme. De la même façon, c'était avec prudence, et une certaine lenteur, qu'elle approchait son autre main, du bas vers le haut, jusqu'au cou de la monture, avant de la laisser glisser, doucement. Un nouveau hennissement se faisait entendre, suivi de plusieurs autres, moins sonores.
    « Je crois qu'il a l'air de bien m'apprécier. ... Ou alors il tente de me séduire, qui sait ? ... Il est magnifique, en tout cas. Il a l'air en pleine forme, et ... Son poulain tient-il de lui ? Et comment l'as-tu appelé ? Je me souviens que pour son premier poulain, mon frère a pris le temps de réfléchir durant des heures au nom à lui donner. Il était là, planté en plein milieu de la cour, sans bouger, sous un soleil ardent. Il est resté là, alors même que la nuit était déjà tombée. ... Il est devenu père ce jour là, lui aussi, en quelque sorte. Depuis, je n'ose même pas penser à sa réaction lorsqu'il aura vraiment son premier enfant. » Doucement, Argento avait posé sa tête sur sa main gauche, alors que la main droite continuait de flatter l'encolure. Et que le regard de Rufia s'était lentement glissé dans celui de Fortunato, sans réellement vouloir insinuer quoi que ce soit avec ces histoires de paternité.



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Dim 26 Jan - 20:17
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Les chevaux étaient un sujet qui me passionnait et forcément mon engouement se reflétait non seulement dans mon attitude et dans mes paroles. Je crois que l'équitation était la seule passion qui m'habitait depuis que j'étais gosse. Les heures que je passais avec Argento étaient les meilleures de la semaine. Et je ne voyais pas le temps passer avec lui. Je me sentais bien en compagnie des chevaux. Le premier aménagement extérieur que j'avais entrepris, étaient les écuries. J'avais demandé à Pietros qu'il ne regarde pas à la dépense afin d'aménager des box spacieux et fonctionnels. Et le résultat me plaisait. Les écuries étaient spacieuses et trois fontaines alimentaient les seize box. Je devais avouer que Pietros mettait beaucoup de bonne volonté dans ce qui était de prendre soin de mes chevaux. Il faisait du bon travail. Les chevaux étaient en parfaites santés, ils n'étaient pas stressés et ils s'habituaient bien à leur nouvel environnement. Et c'était le principal. Preuve supplémentaire qu'ils étaient bien ici, Argento avait enfin assuré sa descendance. Après des années à refuser toutes les juments que je lui présentais. Il avait finalement accordé son attention à la jument que le légat Vinicius m'avait offert à mon retour de Parthie. Un poulain était né, le premier à la Meridiana. Et j'en étais très fier. Il n'était pas le poulain de n'importe quel étalon. Non c'était celui de mon cheval. C'était peut-être un peu idiot. Mais je le considérais comme mon meilleur ami. Bien sûr, j'avais des amis de mon âge, même un ami très proche. Mais c'était différent avec Argento. Je l'ai acheté quand il était un poulain. Il était maigre, il avait des coups de fouet sur la robe. Et sur le marché, personne n'en voulait. Je l'ai observé mordiller la corde qui l'attachait à un poteau. Cela se voyait que la bête n'avait pas mangé depuis des jours. Et que personne n'avait pris soin de lui. Alors je l'avais racheté sous l'œil effaré de Titus, mon serviteur de l'époque. Il m'avait d'ailleurs fait comprendre à demi mot que je faisais une folie. Et que c'était de l'argent perdu pour ce canasson. Mais je me fichais de ce qu'il pouvait dire. Argento, comme je l'avais appelé, était devenu mon cheval. J'avais réussi à voir au delà de son apparence miséreuse. Il avait une belle ossature, il trottait en ligne droite et il avait une bonne assise sur ses pattes. Bien sûr, il était récalcitrant et j'ai évité trois fois qu'il me donne un coup de sabot. Mais c'était le seul moyen pour le cheval de montrer son tempérament et extérioriser les sévices qu'il avait du subir de son ancien propriétaire. Et je l'avais repris avec moi. Titus marmonnait entre ses dents, me suivant tout en évitant les coups de sabots du poulain. Ce souvenir me soutira un sourire. Enfin j'avais beaucoup moins ris quand mon père avait vu Argento dans notre écurie familiale. J'avais eu droit à un discours auquel je m'attendais. Le Dummvir n'avait vu aucun potentiel en Argento. Enfin, cela avait été la même chose avec moi. Il avait été incapable de voir mes atouts. Mais je ne m'étais pas fié à ses mots. J'avais réussi à l'apprivoiser, même si je devais rester des heures près de lui sans le toucher. Il a mit quasiment six mois à m'accepter près de lui. Puis, peu à peu, j'ai gagné sa confiance, lui montrant que je n'étais pas là pour lui faire du mal. Puis nous avons commencé à travailler ensemble. Je crois que l'étalon avait autant besoin que moi, de montrer de quoi il était capable. Maintenant c'était un très bel étalon. Il avait une belle musculature. Il était fier et courageux. C'était un cheval intelligent qui comprenait tout rapidement, sans même que je ne fasse entendre ma voix. Sincèrement, je n'aurais pas pu avoir meilleur cheval.

Aux paroles de Rufia, je posais mes yeux bleus sur elle. Elle était née avant le terme. Tiens, c'était quelque chose que je ne savais pas. Et je devais dire qu'en général, ce n'était pas des choses qui se disaient. Un sourire s'afficha sur mes lèvres aux autres mots de la patricienne. Je me joignais à son éclat de rire.

« Oh la la, il risque de me donner des sueurs froides alors, avec un tel caractère. »

Je jetais un œil à Rufia qui s'était mise à caresser la robe immaculée de l'étalon qui y prenait plaisir et hennissait de bien être de façon régulière.

« Mais s'il tient de son père, ce sera un très bon cheval. Un cheval doit avoir du caractère. Il ne doit pas se laisser dompter facilement. Il doit savoir faire agir son instinct. C'est primordial sur un champ de bataille et... »

Je me tus un instant, me rendant compte que je parlais un peu trop, et sûrement d'un sujet qui ne l'intéressait pas plus que cela. Je passais une main dans mes cheveux tout en ajoutant:

« Je vais finir par t'ennuyer avec mes discours... »

Je reportais mon regard sur mon cheval qui se laissait approcher par Rufia. Tant mieux s'ils s'appréciaient tous les deux. Cela me fit sourire. Argento avait un bon instinct. Et s'il se laissait approcher par la jeune patricienne, c'était bon signe. Signe que la belle a gagné sa sympathie. Je venais à mon tour caresser l'étalon avant d'ajouter:

« Oui, on dirait bien qu'il t'apprécie. Il ne se laisse pas facilement approcher. » J'écoutais ensuite les propos de la jeune femme. Mon futur beau frère semblait être quelqu'un de très réfléchi. Le nom d'Argento m'était venu tout de suite à l'esprit. De même que pour les autres chevaux. C'était comme ça, j'avais su immédiatement comment les nommer. Sur les derniers mots de la demoiselle, mon sourire se figea quelque peu. Je pensais à ma propre réaction d'il y a quelques jours. Et de cette paternité que je n'avais pas eu conscience et qui n'avait été qu'éphémère. Je détournais le regard tout en reprenant:

« Viens, je vais te montrer le poulain. »

Je l'invitais à me suivre vers les écuries. Comme le temps était un peu couvert ces derniers temps, il avait été décidé d'un commun accord avec Pietros que le poulain resterait au chaud dans son box avec sa mère. Tout en entrant dans la grande écurie, j'ajoutais à Rufia qui était à mes côtés, un sourire à nouveau sur les lèvres.

« On le laisse ici afin qu'il prenne des forces. Il est encore un peu trop maigre d'après le medicus. » Je m'arrêtais devant le box dont le montant bas était resté fermé. Mais par la partie du haut ouverte, on pouvait voir le poulain, debout, pas encore très stable sur ses jambes. Il tremblait un peu. Et les coups de langue de sa mère sur son crane ne faisait rien pour arranger les choses. Le poulain avait une robe blanche tachetée de noir. Il était déjà bien grand pour un poulain, signe qu'il sera un cheval robuste. « Je l'ai appelé Spiritus. » Ce qui signifiait « souffle de vie » parce que ce petit poulain s'était bien battu pour venir au monde. C'était un battant, comme son père.
Patricien
Mer 29 Jan - 22:47
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
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Jamais on n'avait prédit à Rufia, plus jeune, la moindre difficulté à trouver un époux, un mari. Sans doute parce qu'elle était issue d'une gens prestigieuse, et qu'elle était la seule fille de Marcus Claudius Urbicus. Dès lors, il n'y avait pas des dizaines de possibilités d'alliance : si l'on voulait tisser lien, relation et alliance avec Marcus, on devait épouser l'une de ses filles. Et comme il n'en avait qu'une ... Cependant, la jeune patricienne avait toujours préféré se dire qu'on ne l'épouserait pas seulement pour son nom. Malgré tout, elle n'était pas exactement de ces jeunes femmes que l'on n'élève et ne forme que dans l'unique optique de faire d'elles les meilleures futures femmes, les plus accomplies, les plus parfaites. Celles qui sont destinées à devenir un précieux bijou aux bras de leurs époux, celles qui deviennent surtout de magnifiques présents très rapidement enfermées dans leurs écrins dès lors que la scène publique disparait et que l'on entre dans l'intime, dans le privé, au sein de la domus et de la gens du marié. Non, on n'avait jamais réellement réservé un tel traitement et un tel sort à Rufia. Ainsi, elle avait échappé au sordide, à l'infâme, au gâchis monstrueux et à l'objectivation empressée et destructrice. Cependant, on lui avait accordé le meilleur enseignement possible. Elle avait même bénéficié de leçons habituellement réservées aux hommes. Sans doute parce qu'on avait compris, très jeune, qu'il serait bien compliqué et complexe de l'enfermer, de restreindre le déploiement de ses ailes, de son caractère, de ses qualités et de ses défauts. Rufia savait faire dans la légèreté, la petite touche, l'insinuation progressive mais déterminée, mais elle était également dans la force et l'impact. N'en déplaise à bon nombre, et à tous les préjugés et stéréotypes rattachés à ce que son apparence physique pourrait laisser entendre et comprendre. Rufia savait écouter, mais elle savait surtout réfléchir, et ne pas sourire naïvement et béatement à chaque parole qu'on lui adressait. Dès lors, si elle continuait d'écouter Fortunato alors même que celui-ci se pensait partir dans de trop longs discours, c'était uniquement parce que ce qu'il avait à dire l'intéressait. Et aussi parce qu'elle était polie. D'ailleurs, elle aurait déjà su lui signifier qu'elle préférait qu'ils abordent un autre sujet, plus intéressant, avec politesse, si telle avait été sa préférence.
    « Tu ne m'ennuies pas, non. Bien au contraire. »
Bien au contraire, car ces paroles ne glissaient pas sur elle comme la goutte d'eau glisse sur la feuille, par temps d'orage. Car la jeune femme ne pouvait s'empêcher de sentir se réveiller en elle certaines choses. Tout comme elle ne pouvait s'empêcher d'avoir quelques dérivations auditives. Brusquement, elle avait assez étrangement cessé de rester sur le fait qu'ils étaient en train de parler équidés. Car dans son esprit, les dernières paroles de Fortunato venaient se mettre en adéquation avec des discours qu'elle avait souvent entendu chez son père. Mais pas à propos des chevaux. Ou plutôt, chez sa mère. Flavia était elle aussi capable d'une grande force, mais celle-ci en avait malheureusement pris un grand coup avec la mort de Maximus. Mais elle avait toujours aimé ses enfants, et souhaité le meilleur pour eux. Quitte à leur faire savoir, sans gant, lorsqu'elle était mécontente, ou déçue. Sa mère ... Elle avait donc adressé ce même genre de discours à ses fils, et, alors qu'encore une fois, elle était dissimulée là où elle ne devrait pas se trouver, à écouter ce qu'elle ne devait pas entendre, Rufia l'avait entendue tenir le même genre de discours la concernant. En un tel instant, et même si des horizons plus lumineux semblaient commencer à se dessiner devant elle, sans doute la vie et l'existence de la jeune patricienne prenaient-elles corps sur ce qui pouvait très bien être assimilé à un champ de bataille ? Rufia se devait de prendre les armes, et elle l'avait sans doute déjà sûrement fait. En ne perdant rien de sa bravoure, de son caractère fort, de sa détermination. De sa volonté à garder la tête haute, et hors de l'eau, malgré le fait qu'on est souhaité la voir noyée, et perdue, dérivant à la surface et flottant comme flottent les cadavres sans vie. La jeune femme avait déjà vu la Mort. Elle se souvenait, toute petite, d'avoir vu flotter le cadavre d'un esclave, dans le bain de son maître. On l'avait vite écartée, mais la scène restait imprégnée en elle. D'après ce dont elle se souvenait, l'esclave avait commis une faute, aux yeux de son maître. Une faute qui l'avait conduit à avoir la tête fracassée contre le rebord en pierre du bain, avant d'être noyé. Oui, Rufia se devait de se prendre, de s'armer, de s'endurcir. De demeurer droite et fière, malgré tout. Et de faire tout son possible pour défendre l'honneur et le nom des siens, alors même que ceux qui auraient normalement dû assurer un tel devoir avaient exilé ou massacré, quand ils n'étaient tout simplement pas portés disparus. Restait Marius, certes, mais un seul homme ne pouvait combattre seul. Il avait besoin de se savoir soutenu, et épaulé. Alors, oui, à sa façon, Rufia se devait de faire honneur à sa gens, en se battant avec des armes lui étant propres. Adaptées à sa condition, et à ce que l'avenir semblait lui réserver, certes, mais il s'agissait là d'armes non moins redoutables. Sans doute l'étaient-elles même encore plus, car insidieuses, discrètes, de celles qui s'infiltrent sous votre armure et vous poignardent au cœur avant même que vous n’ayez eu le temps de tout remarquer, car le tout s'était fait progressivement, avec intelligence, clairvoyance et tacticité. Être là, auprès d'un cheval, apaisait quelque peu tout ce qu'elle pouvait ressentir. Malgré tout, sans doute ne serait-elle jamais une patricienne dont les préoccupations et l'intellect étaient en lien avec ce que l'on attendait d'une jeune personne de son âge. Rufia était certes encore non mariée, mais elle n'allait sûrement pas être tirée de l'enfance. Une enfant, cela faisait longtemps qu'elle n'en était plus une. Ou tout du moins cela faisait-il longtemps qu'elle avait appris à grandir, en allant au delà de ce que l'on attendait d'elle pour son âge.
    « Sans doute a-t-il compris que je ne vous veux aucun mal ... » Un doux sourire accompagna ses paroles, alors qu'elle jeta un regard discret au jeune homme, alors que sur ses lèvres, la douceur laissait place à une pointe mutine.
La jeune femme ne se fit pas prier lorsqu'il s'agit de suivre son futur époux afin qu'il lui présente le fameux poulain dont il était question depuis tout à l'heure. Rufia se devait cependant de contenir, tant bien que mal, une petite pointe d'excitation. Parce qu'elle était la plus jeune de sa fratrie, et qu'elle comptait parmi les plus jeunes de sa gens, Rufia n'avait vu que très peu de naissances dans son entourage. Tout naturellement, elle s'était donc tournée vers des dérivés. Ainsi, elle avait toujours apprécié voir le plus tôt possible le moindre chiot né parmi les Claudii, ou le moindre poulain enfanté dans les écuries familiales. Se soulevant sur la pointe des pieds, légèrement, une fois qu'ils furent arrivés devant le box, la jeune femme se mordit les lèvres, alors que ses yeux s'écarquillaient quelque peu, ce qui pouvait lui donner un air enfantin. Ou, en tout cas, souligner encore plus sa jeunesse, et rappeler à tous ceux qui l'auraient oublié en se fiant uniquement à son caractère, qu'elle n'avait après tout que 19 ans. Le poulain était encore chétif, alors que sa mère tentait de le lécher scrupuleusement, comme après s'être lancée à elle-même le défi de ne manquer aucun centimètre carré de robe. Malgré tout, il apparaissait aux yeux de Rufia comme étant déjà fortement prometteur. Bien sûr, elle n'était pas spécialiste du monde équin, mais elle possédait tout de même certaines connaissances, et avait déjà vu plusieurs poulains peu de temps après leur naissance pour remarquer qu'il semblait porté par une envie de se tenir debout le plus possible, et de se grandir autant que possible, alors que sa taille était quelque peu supérieure à celle que l'on pourrait s'attendre à voir chez un petit de son âge. Posant ses mains, doucement, sur le bois du montant de bois d'en bas, Rufia tourna la tête aux paroles de Fortunato, tout en sentant son cœur s'accélérer de satisfaction face à un tel spectacle. Face à Spiritus, donc, mais aussi face au bonheur s'affichant sur les traits de son fiancé.
    « C'est un très joli nom, pour un magnifique petit poulain. Même si Spiritus ne semble pas vraiment être petit pour son âge, je ne me trompe pas, n'est-ce pas ? » Mais elle ne se laissa pas aller à la contemplation du bonheur de son fiancé, au détriment de celui-ci, peut-être, mais c'était ainsi. Elle préférait observer le poulain, en plissant quelque peu le nez d'admiration. Elle vit la jument, jeune mère, la surveiller, du coin de l'oeil, tout en finissant par s'apaiser, comme si elle avait compris que Rufia ne leur voulait aucun mal, au petit et à elle. Non, en fait, certainement la jument avait-elle réellement compris. Ce n'est pas stupide, un cheval. Bucéphale avait traversé et erré au milieu du champ de bataille, peuplé de morts, pour retrouver Marius, et ce même s'il était lui-même un peu blessé et qu'il n'avait ni bu ni mangé à sa faim pendant quelques jours. Et alors qu'elle se laissait aller à sa contemplation, Rufia bougea légèrement, pour trouver le meilleur angle de vue. Jusqu'à quelque peu bousculer Fortunato, ce qui la tira de ses observations et lui rougit les joues. « Toutes mes excuses ... » Le geste n'était pas déplacé, la percussion bien involontaire, mais tout ceci pouvait apparaître comme un mouvement malvenu si Fortunato avait été un autre que celui qu'il était. Car Rufia était après tout une jeune femme, plutôt séduisante. S'éclaircissant la gorge, elle se mit à changer de sujet. « D'autres naissances futures sont-elles attendues ? Un autre mâle attend-il un héritier ? ... Enfin, je veux dire, un autre de tes chevaux ? » Oui, il valait mieux ...



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Jeu 30 Jan - 23:51
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




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Invité

Il m'arrivait parfois d'oublier que je n'étais pas avec mes frères d'armes, au sein de la légion et que peut-être mes discours pouvaient être ennuyeux pour d'autres. Surtout pour une jeune femme comme pouvait l'être Rufia. Elle devait être bien plus habituée à aborder des sujets de femmes, que ceux abordaient par les hommes quand ils étaient entre eux. C'était évident. Mais je savais toutefois que la patricienne était issue d'une famille de militaires comme je pouvais l'être. Que son père, ses quatre frères étaient militaires. Donc forcément, elle devait parfois entendre certains de leurs mots. Mais la plupart du temps, les Claudii avaient du l'exclure de leur discussion. Et j'étais parfois moi-même trop enfermé dans ce que je pouvais dire pour me rendre compte tout de suite que je ne parlais pas à des oreilles attentives. Ou tout au moins, avec des oreilles aussi attentives que je le souhaitais. Et puis je passais la plupart de mon temps hors de Pompéi, sur les terres étrangères pour croiser mon glaive au cours des campagnes qui agrandissaient et enrichissaient encore plus l'Empire. J'en oubliais parfois où j'étais et avec qui je me trouvais. J'oubliais que mes campagnes semblaient à présent être un lointain souvenir. Enfin, j'espérais repartir prochainement. Si je m'y prenais bien. J'aurais bientôt de bonnes nouvelles. En attendant, je ne pouvais que me satisfaire du fait que Rufia aimait les chevaux et qu'elle était également familiarisée avec leur présence. Cela nous faisait un point commun. Je voulais toujours qu'elle reprenne l'équitation. Elle aimait monter et elle pourra remonter en scelle après notre mariage. Et ou même quand elle se trouvait dans la propriété. Elle était assez vaste pour qu'elle puisse trotter à l'extérieur sans avoir peur des regards. Et je comptais bien l'accompagner pendant ces promenades si j'en avais l'occasion. Ces derniers temps, j'étais très occupé. Mais régulièrement, je faisais des promenades avec Argento. Je passais une heure à faire des exercices physiques et à m'entrainer aux armes avant de me consacrer à la curie. C'était mon quotidien. Je savais qu'Argento avait autant besoin que moi, d'exercices et de prendre un peu l'air. Le cheval avait encore la chance de pouvoir rester au grand air alors que je devais m'enfermer dans un bureau le restant de la journée. J'aimais les balades. J'aimais rester hors de chez moi. Et quoi de mieux que d'être en compagnie de mon cheval préféré. Cela me rappelait tellement mes campagnes. Et quand il s'agissait d'Argento et des campagnes, je pouvais parler pendant des heures. J'en oubliais que Rufia était loin, très loin de cet univers dans lequel j'évoluais quand je ne me trouvais pas à Pompéi.

Heureusement, mes propos ne semblaient pas déranger la jeune patricienne. Mais il était temps que je cesse de lui parler de tout cela. Et aussi, parce que cela me rappelait à quel point, les campagnes me manquaient. Je l'avais donc ensuite mené jusqu'à l'écurie. Il y avait trois autres chevaux qui étaient dans leurs boxes, deux d'entre-eux parce qu'ils avaient fini leur entrainements quotidiens et un autre, qui était soigné pour une blessure à la cuisse. Et puis, il y avait le box où se trouvait Roma et son tout jeune poulain: Spiritus. Ce dernier nous avait observé avec curiosité, laissant sa mère examiner avec sa langue, chaque centimètre de sa tête. Le poulain tanguait mais il restait sur ses jambes. Aux mots de Rufia, je ne pouvais m'empêcher de sourire.

« Tu as l'œil. Il est en effet un peu plus grand que la moyenne des poulains à leur naissance. Et tout cas, j'en ai vu des plus petits. Mais Spirit a une belle ossature. Regarde ses jambes, elles sont bien droites. Et regarde son dos comme il est parfaitement dessiné. Cela montre qu'il va être un bon cheval de course. »

Le poulain était prometteur. Le medicus était d'accord avec moi. J'espérais seulement qu'il allait récupérer de cette naissance précoce. C'est pourquoi il allait passer quelques temps ici, au soin, en compagnie de sa génitrice. Je ne voulais pas prendre le risque qu'il s'épuise ou ne prenne froid. Cela pourrait lui être fatal. Puis mon regard se porta sur Rufia et je lui demandait, une pointe de curiosité dans la voix.

« Tu sembles t'y connaître un peu en ce qui concerne les chevaux. Ton père et tes frères te permettaient d'approcher les cheveux de ta gens, et même de les monter? »

Il me semblait que Marcus Claudius Urbicus était un peu plus strict, d'après ce que j'avais pu en entendre. Les rumeurs disaient qu'il était un homme à la fâcheuse tendance de vouloir tout contrôler. Ce n'était pas étonnant pour un homme de son âge. Mon père était pareil. Il voulait avoir le contrôle sur tout et sur tout le monde. Claudius Urbicus était-il différent? J'étais curieux sur ce point-là. Je lui aurais même posé d'autres questions, si je ne pensais pas que cela pourrait paraître déplacé. Après tout, les parents de Rufia étaient en exil et ses frères étaient portés disparus. Seul son frère aîné, Marius était à ses côtés. Posant mon regard sur elle, je me disais qu'elle avait quand même un sacré tempérament pour avoir supporté tous ces revers pendant ces années. Rufia était une femme qui avait l'habitude de se battre et je lui faisais confiance pour défendre ses intérêts. Mon regard se posa à nouveau sur Spiritus. Sa découverte de son équilibre le fatiguait apparemment, puisqu'il plia peu à peu ses jambes pour ensuite se coucher près de Roma. Celle-ci se pencha sur son nouveau-né pour lui mordiller l'une de ses oreilles. Cela ne semblait pas plaire au petit qui hennit bruyamment. Ce spectacle me soutira un sourire. Je les observais tous les deux quand Rufia me bouscula. Elle semblait vouloir se contorsionner pour voir de plus près la jument et son poulain. Je lui tendais ma main pour qu'elle s'en empare.

« Viens, ce sera plus facile comme ça. » Je lui montrais du regard, le battant de la porte qui était resté fermé. Elle pouvait y poser les pieds pour s'élever un peu plus et observer plus à son aise ce qui se passait dans le box. « Tu verras bien mieux ainsi. Fais-moi confiance. » Je n'allais pas faire de geste déplacé. J'allais juste l'aider à se hisser sur le bois. Puis alors qu'elle reprenait la parole, je posais mes yeux bleus sur elle. « Pas que je sache. Mais si un prochain poulain voit le jour, il sera pour toi. Enfin, si tu veux un cheval. » Je savais qu'elle montait. Mais avait-elle un cheval à elle? Un cheval qu'elle pourra ramener à la Meridiana? Je ne le savais pas. Une fois Rufia, posée sur le bois, je me mettais derrière elle au cas où elle glissait et ne chancelait, mais sans toutefois trop me rapprocher. Je ne voulais pas qu'elle se méprenne sur mes intentions. Je n'oubliais pas que son frère n'avait pas confiance en moi et qu'il avait obligé Rufia à venir jusqu'ici avec un garde. Le comble. Il manquait cruellement de délicatesse. Heureusement que j'avais décidé de ne pas en garder ombrage. Après tout, je prenais cela comme un geste de protection d'un frère envers sa sœur. Derrière Rufia, je la laissais observer Spiritus puis je lui demandais. « La vie à Pompéi doit te changer de Rome, n'est-ce pas? » J'aimais Rome. C'était une ville bruyante, en constante effervescence. Mais j'aimais Pompéi pour sa tranquillité, la mer toute proche et la qualité de vie qu'on ne trouvait pas dans la capitale.
Patricien
Sam 1 Fév - 18:22
Re: Gods gave women intuition and femininity, to jumble the brain of any man ♆ Fortunato   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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La vie était fragile. Elle pouvait ne plus tenir qu'à un fil. Un souffle de vent bien placé, et c'en était fini. Du moins les choses pouvaient-elles aller ainsi. Après tout, nul n'avait exactement l'entière maîtrise et l'entière possession de sa destinée. Les dieux avaient leurs volontés propres. Mais rien n'empêchait tout de même de se battre, d'aller de l'avant, d'agir et de réagir, de ne pas se laisser doucement porter. Si on refusait de laisser quiconque avoir trop d'emprise décisionnelle sur votre existence, peut-être que cela dissuaderait les dieux de mettre leur grain de sel. Peut-être pouviez-vous réussir à les convaincre qu'ils devaient vous faire entière confiance, et que vous saviez gérer et mener votre vie sans avoir besoin que quelqu'un, et pas même eux, ne se substitue à vous. Mais la vie n'en demeurait pas moins pouvoir être fragile. Face à ce charmant spectacle, attendrissant, il était fortement possible d'oublier cela, mais aussi de s'en souvenir, brusquement. Comme si cela vous sautait aux yeux, et que vous étiez rattrapé par la cruauté et la fatalité. Spiritus chancelait sur ses petites jambes, mais il se battait pourtant pour rester debout. Il était jeune, et à peine arrivé en ce monde : mais il se battait, voulait garder la face, et peut-être aussi prouver, déjà, à sa mère, qu'il était capable de tenir plus longtemps qu'elle ne le pensait sans avoir immédiatement besoin de son aide à elle. Comme si une force coulait déjà en ses veines. Et sans doute cela était-il vrai. Et vérifiable, autant chez lui que chez d'autres, êtres humains, se tenant sur deux jambes et non sur quatre. Vous étiez ce que votre passé vous avez forgé à devenir. Mais il fallait aussi compter sur la part de génétique, de prédestination, sans oublier, bien sûr, tout ce que vous, vous décideriez de faire entrer dans votre existence pour la modeler un peu à votre guise. Pour vous démarquer, et vous différencier des autres, et surtout, des vôtres. Et ce afin de ne pas devenir un énième duplicata de vos ancêtres, ou de vos aînés, tout simplement. Mais comme Spiritus, oui, vous pouviez chanceler, et plus vite que vous ne le pensiez. Les Claudii avaient été redoutables et prestigieux. Ils l'étaient sans doute encore, mais en quelques mois seulement, ils avaient tant perdu. Si vite, si rapidement, et avec tellement de facilité dans la main vengeresse et destructrice de leurs adversaires. Rufia ne pouvait aller à l'encontre de cela : elle ne pouvait pas nier ce qui s'était passé, et ne le devait pas. Parce qu'elle était persuadée pouvoir tirer tant de force et de motivation de ces coups du sort multiples.
    « Argento a donc frappé fort, pour son premier poulain ... »
Elle se mordilla la lèvre, d'amusement, tout en continuant d'observer le poulain sans aucune lassitude. Oui, un tel spectacle pouvait vous rappeler la faiblesse et le peu de résistance que pouvait avoir votre vie, mais cela vous montrait aussi à quel point le cycle de la vie était un réel mystère. Comment imaginer que dans quelques années, ce poulain deviendrait aussi grand que son père ? Comment ne pas s'émerveiller devant le fait que ce futur cheval aura tenu dans le ventre de sa mère ? Les mystères de la conception étaient si mystiques pour Rufia, qui n'avait pas exactement eu la moindre éducation sexuelle, mis à part ces conseils et réflexions recueillis de ci de là, et surtout, récemment, auprès de sa tante, Helvia. Et les dieux avaient aussi leurs mystères. Tournant enfin la tête vers son futur époux, elle se devait de répondre à sa question, tout en veillant aux mots qu'elle allait employer.
    « Je ne m'y connais pas autant que ça, détrompes toi ... Il se trouve simplement que ma gens a accueilli la naissance d'assez nombreux poulains, et que pour pallier à certaines de mes frustrations face à la négation de certaines permissions, mon père m'a laissée l'aider à baptiser plusieurs d'entre eux. Et ma technique a toujours été de prétendre avoir absolument besoin de voir le poulain en question avant de pouvoir lui donner un nom qui lui convienne et lui aille à la perfection, ou presque. » Oui, Rufia savait faire preuve de ruses et de manœuvres quelque peu manipulatrices pour obtenir ce qu'elle voulait, ou tout du moins pour pouvoir y goûter ne serait-ce qu'un peu. « Il était rare que je puisses approcher les chevaux toute seule. Je devais être éternellement accompagnée, soit disant parce que ... Mais, petite, j'avais tendance à être curieuse, et je n'avais pas mon pareil pour échapper à la surveillance des adultes. Alors, j'ai réussi plus d'une fois à me glisser jusqu'aux écuries. Quant à savoir monter ... J'ai appris à monter dès que j'ai réussi à faire plier mon père, et ça n'a pas été une mince affaire. En tant que seule fille parmi ses enfants, s'il m'arrivait quelque chose à cause d'une mauvaise chute, cela aurait été une grande perte pour lui. » De façon personnelle, mais aussi diplomatique et politique, puisqu'elle était l'une de ses clefs d'accès, si ce n'était la seule, pour lier son destin à celui des Claudii, ou pour que ceux-ci lient leur destin à celui d'une autre gens patricienne. « Je suis une assez bonne cavalière dès lors qu'il s'agit de monter en amazone, mais je me débrouille bien moins bien dès lors qu'il s'agit de monter comme les hommes. Les pans de la stola semblent toujours entravés les mouvements, et puis, cela est peu convenable, pour une jeune patricienne comme moi. » Elle avait cependant su se débrouiller lorsqu'il avait fallu prendre refuge, pendant quelques jours, chez son oncle et sa tante, suite à la condamnation à l'exil de ses propres parents, et jusqu'à ce que Marius arrive et qu'ils regagnent tous deux leur villa familiale. « Il a toujours été hors de question qu'ils me laissent monter leurs chevaux ! Ils étaient trop possessifs et trop peu partageurs pour ça ! » Un petit éclat de rire fusa, avant qu'elle ne tourne la tête de droite à gauche, légèrement. « J'ai toujours monté des juments. Italia, surtout. J'espère pouvoir faire céder mon frère, pour qu'il me permette de la garder avec moi, lorsque nous serons mariés. Si tu n'y vois aucune objection, bien sûr ... Elle a un fort caractère, et parfois, je dirais qu'il ne lui manque plus que la parole ! Mais on se comprend, et elle est une oreille de plus attentives à mes confessions. ... Je pourrais toujours avancer l'argument que son départ ravirait Bucéphale : en parlant de poulain, elle n'a jamais voulu en avoir un avec lui ! »
Et elle revenait à sa contemplation, en espérant secrètement que Fortunato accepterait d'accueillir Italia en ses écuries. Il serait en effet bien stupide de tenter de faire flancher Marius si Marcus, lui, refusait d'offrir un box à la jument. Rufia laissa échapper un petit sourire attendrit en voyant Spiritus se coucher auprès de sa mère puis protester face à la démonstration d'affection qu'elle lui offrait. Un instant, elle revoyait le plus jeune de ses frères protester contre un geste affectueux de leur mère, alors qu'ils étaient tous encore enfants. Peut-être qu'un mâle, qu'il soit humain ou poulain, tient toujours à son honneur et à devenir grand avant l'heure ? Allez savoir. Une chose était sûre : le jour où Rufia aurait un fils, elle ne lâcherait en rien du terrain dès lors qu'elle devrait faire face aux protestations de sa progéniture. Et parce qu'elle était ailleurs, elle avait percuté Fortunato, puis rougit comme une petite ingénue. Elle s'en voulait : de l'avoir percuté, et d'avoir rougie de la sorte. Cela la rendait plus mièvre qu'elle ne le voulait. Elle observait la main qu'elle lui tendait, plutôt que de croiser son regard, avant de prêter attention au conseil qu'il lui donnait. Cependant, elle releva immédiatement le regard lorsqu'il lui demanda de lui faire confiance. Avant de détourner le regard, et de faire ce qu'il l'enjoignait de faire. Même si cela remontait légèrement les pans de sa stola, ou qu'il ne s'agissait pas là de la position la plus conventionnelle et convenable pour une jeune femme de son rang. Ensuite, elle s'embrouillait quelque peu dans ses paroles, mais Fortunato semblait avoir compris le message. Message auquel elle s'empressa de répondre, un peu confusément, et avec une pointe d'empressement, comme pour éclaircir tout malentendu.
    « Je ne demandais pas ça pour ça ! Bien sûr qu'avoir un poulain à moi me plairait, mais je ne cherche en rien à t'extorquer quoi que ce soit. » Elle s'apaisa un peu, et reprit le fil de son caractère habituel. « Mais si tu en décides ainsi, saches que je te donnerais quelque chose en échange. Parce que je refuse que tout aille en sens unique, que tout me vienne, et que rien ne te soit offert. Tu me donneras déjà ton nom, et un foyer plus stable que le mien à l'heure actuel. Et je ne peux rien te retourner en échange concernant cela. Du moins, pas dans l'immédiat. » Certains présents prennent du temps. Un peu moins d'un an, par exemple. Et pour le coup, dans ce genre de présent là, le principal destinataire ne se trouve justement pas être le seul comblé. Du moins, dans l'absolu. Mais voilà que Fortunato l'interrogeait sur Rome, et qu'elle devait se souvenir de sa conversation passée avec sa tante. Elle devait être honnête, mais surtout réfléchie. « Effectivement. J'étais déjà venue à Pompeii, auparavant, mais j'étais petite, ou alors, c'était un séjour éphémère. ... Cela me semble si petit par rapport à Rome, et en même temps, c'est comme un monde à part. Avec ses propres familles dirigeantes, son propre monde politique. Mais ce qui me change le plus, c'est de ne plus être entourée des miens. Bien sûr, il y a Marius. Mais c'est tout. Ma tante Helvia est là aussi, mais nous apprenons tout juste à nous connaître. Et Cassia se doit d'être une Vestale avant d'être ma cousine. ... Cependant, Pompeii me semble plus sure, pour moi, en ce moment. Et peut-être est-ce une bonne chose que d'être entrée si rapidement dans une future union matrimoniale : quitte à m'habituer à vivre dans une ville que je connais si peu, autant laisser mon existence entière prendre un nouveau tournant. »



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