POMPEII fait un break jusqu'à début novembre pour se refaire une santé >>> Plus d'infos ici

Partagez | 
 

 Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 29/03/2013
₪ Ecrits : 2727
₪ Sesterces : 115
₪ Âge : 17 ans
₪ Fonction & Métier : Vestale


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Qu'importe que le vent hurle, jamais la montagne ne ploie devant lui.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Mon coeur ne peut appartenir qu'à Vesta, n'est-ce pas ?
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 9 Avr - 21:16

« Je suis très enchanté de faire ta connaissance, Claudia Cassia. J'espère qu'elle n'a pas été trop élogieuse en ce qui me concerne.
- Elle ne saurait l’être que comme une sœur parle d’un frère aîné. Je lui souris avec bienveillance, je ne savais pas si Fortunato attendait une réponse précise… Dans tous les cas Virginia et moi parlions rarement de nos vies passées, nous préférions nous concentrer sur notre vie de mystères.
- En tout cas, je te remercie pour ton intervention et pour ta présence ici. J’observe silencieusement ma cousine d’un regard malicieux, avant de répondre à son fiancé : je n’aurais loupé ce jour même si j’eus été malade. »

Après m’être éloignée des deux fiancés je me félicitais intérieurement, oui, les deux jeunes personnes étaient bien assorties. Et plus que bien assortis, cette alliance était un bouclier féroce contre les Licinii ! Cette pensée me donnait du baume au cœur… Un peu trop de baume au cœur. Derrière ce bouclier, je pourrais offrir une deuxième naissance à mon frère, en espérant encore qu’un jour mes pas convergent vers lui… Même cette pensée maussade ne pouvait me ternir le cœur en ce jour de festivités ! Le sourire était sur toutes les bouches et la mienne comprise.

Je m’approchais doucement de Marcus et sa fille, Vinicia. L’enfant était charmante et il était amusant de tenter de la comparer à son père.

« Je suis moi aussi très heureux de te voir ma chère Cassia. J’espère que tu seras m’excuser, mais j’ai été tellement occupé ces dernières semaines que je n’ai pas pu te rendre autant visite que je l’aurais voulue. Je lui fis un signe de la main, il ne devait pas s’excuser. Il n’avait aucune justification à me donner : nous avions deux vies totalement différentes. Ton père aurait certainement approuvé cette alliance. J’espère sincèrement que c’est le début d’un temps nouveau pour ta famille et que le bonheur de ta cousine apportera un peu de baume sur tes peines. »

Je regardai de loin les deux futurs époux déambuler au milieu des invités, il semblait que déjà les maux s’envolaient lentement. Du moins, s’ils ne s’envolaient pas ils étaient moins douloureux, plus légers. Je fis une petite moue pour tenter de chasser les funestes pensées, aujourd’hui était un jour de célébration. A la sensation de sa main sur ma joue, paternelle, je fermais les yeux et lui répondit d’un même sourire sincère. Les jours heureux reviendraient. Ils reviendraient car il y aurait de nouvelles générations, fortes et pleines d’espoir comme Vinicia. A sa hauteur, je souris à l’enfant, mais cette dernière se réfugia derrière une assiette de sucreries et je n’eus qu’une timide salutation.

« Je te remercie Cassia, mais tu sais ce n’est pas de moi que lui viens cette élégance, mais de sa mère.  Je souris une dernière fois à l’enfant -je savais quel était le sort que de perdre sa mère- avant de me relever vers Marcus. J’espère que tu viendras bientôt nous visiter et ainsi nous pourrions discuter plus amplement de la promesse que j’ai fait à ma nièce Virginia concernant l’avenir de la ma fille. » Après les tremblements meurtriers de la montagne, Virginia m’avait fait part du vœu de Marcus concernant sa fille, un vœu sacré que je ne pouvais que bénir. J’hochais la tête, délicate et l’œil intéressé « Je n’y manquerais pas ».

Une Pompeii passa à nos côtés, remerciant d’une voix presque théâtrale les invités de leur venue, elle s’attarda sur Vinicia et le complimenta. Un nouveau sourire apparu sur mes lèvres, la jeune fille était un véritable joyau et j’étais fière que Marcus ait décidé de l’offrir à Vesta. Rares étaient les élues, mais Vinicia avait toutes ses chances, je le sentais au fond de moi, il me semblait voir entre ses pupilles briller le feu de Vesta. Un jour elle deviendrait ma sœur. Je reportais mon attention sur la nouvelle arrivée que je reconnus sans peine comme Praedita. Je l’avais déjà croisé quelques minutes auparavant, mais maintenant qu’il m’était plus facile de l’observer je reconnais tous les traits physique que Virginia m’avaient vantés.

« J’accepte volontiers ton invitation Praedita, mais d’abord laisse-moi te présenter Claudia Cassia. Son père et moi étions d’excellent ami et c’est honneur pour moi d’être à présent son tuteur. Comme tu peux le constater, Cassia est une vestale tout comme ta nièce Virginia. Cassia, je ne sais pas si tu as eu la chance de rencontrer Pompeia Praedita. Il s’agit de la sœur cadette de notre cher Duumvir. Maintenant, je vais vous laissez quelques instants pour faire connaissance et je vais allez voir si mon intendant est arrivé, il doit venir prendre ma fille pour la ramener chez nous. »

Marcus s’éclipsa aussi vite qu’il l’annonça et j’inclinais légèrement la tête vers la patricienne.
« En effet, Virginia m’a tant parlé de toi qu’il me semble déjà te connaître ! Je déplore que nous n’ayons pas pu nous connaître avant. Il faudra y remédier ! Mes yeux étaient pétillants. Comment en aurait-il pu être autrement ? Je ne connaissais pas la sœur du duumvir, mais je l’appréciais déjà ! J’admirais ce qu’elle avait fait pour sa nièce bien que qu’elle ne pouvait l’imaginer. Marcus revînt vers elle, et je lui glissais, je serai très heureuse de faire un peu plus connaissance au cours de la soirée, si le temps te le permet... »

Oui, j’espérais ardemment que Praedita vienne me trouver à un autre moment de la soirée. Il me semblait que son énergie ne pourrait que m’être bénéfique. Les deux partirent et je me retrouvai seule au milieu du brouhaha.

***

Il m’était étrange de participer à une mondanité après tous ces événements… Cachée par mon voila virginal je tentais d’observer les visages, les décryptant. Je cherchais à reconnaître des visages ou à les apprendre. Il me fallait me constituer une nouvelle vie et de nouveaux alliés. Et quoique l’ambiance fût légère il ne fallait pas oublier qu’il ne s’agissait que d’une alliance. Mes yeux s’attardèrent sur ma tante qui parlait avec mon protecteur. Je repensais alors au sourire d’Helvia quelques minutes plus tôt et mon cœur se réchauffa encore plus. Elle serait toujours là elle. Si demain tout s’écroulait, encore, elle serait toujours là.

« Chers amis, veuillez vous rendre sur la terrasse. Les réjouissances continuent à la lumière de Diane, par ici. »

Extirpée de mes pensées, je me joignis au mouvement des invités qui se dirigèrent vers la voix de la maîtresses de maison. Mes yeux s’émerveillèrent devant tant de splendeur ! Amertume et émerveillement. Il fut un temps où mon oncle aussi aurait pu donner une telle réception… Il fut un temps où n’aurions pas eu à rougir de tant de fastes mis à notre honneur… Et pourtant, je ne pouvais détacher mes yeux du spectacle. La lumière des torches semblaient se refléter dans le ciel, tel un océan. J’étais plongée dans un théâtre fastueux, les jongleurs pas dizaines entraînaient nos regards dans une danse tourbillonnante si bien qu’il me semblait que les chevaux qui apparaissaient à l’arrière n’étaient qu’un mirage. Un mirage hypnotique voilà ce que nous offrait le duumvir.

Tout n’était qu’à la gloire des Pompeii.

Je me demandais soudain si malgré notre accord commun, Publicola laisserait une place pour notre ambition en cette ville… Il me semblait que la simple idée en était écrasée par tant de prestance. Je déambulais rêveuse entre les allées du jardin avant de trouver place un peu à l’écart là où la musique n’était plus entravée par le brouhaha des invités, là d’où enfin je pouvais mesurer mon audace…

__________________________


ô bienheureuses vestales...
(c) ystananas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 759
₪ Sesterces : 57
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Ven 11 Avr - 21:43

En toute honnêteté, il y avait bien longtemps que Rufia n'avait pas passé une telle soirée. Il fallait dire qu'elle n'était pas restée bien longtemps à Rome suite à toutes les condamnations tombées sur les épaules des Claudii en seulement quelques semaines. Et comme Pompéi était une ville nouvelle pour elle, et, qu'en plus, son frère Marius, autorité des Claudii, par seule option possible, n'était pas le plus prompt à organiser des soirées et à s'y rendre, préférant de loin les cercles restreints de proches fidèles, ou l'art de la guerre et du combat, et bien Rufia était restée dans la position de celle qui joue l'abstinence. De plus, il fallait dire qu'à Rome ou pas, elle n'avait pas forcément le cœur à réclamer fêtes et parades à son frère, et ce même si elle savait bien que si elle l'avait voulu, et qu'elle avait insisté, il aurait plié et accédé à sa requête insistante. Il ne pouvait pratiquement rien lui refuser, après tout. Mais la vérité, c'était qu'elle n'en avait pas éprouvé le désir, et ce pour une raison simple : jusque là, elle n'avait rien eu à célébrer. Et qu'il était malvenu pour elle de se positionner dans le rôle de celle qui veut divertir, quand elle même était en proie à un manque flagrant de divertissement, et que son cœur était embrumé de quelque brouillard cinglant et lancinant. La vérité, c'était que ses parents lui manquaient, que ses deux autres frères lui manquaient, et qu'il y avait cette plaie béante, celle de l'assassinat de son oncle et de sa tante, et de la disparition de ses cousins, qui venait s'ajouter à celles de ses deux plus jeunes frères. Mais les choses étaient bien plus supportables depuis que Fortunato était entré dans sa vie. Était-ce dû à la perspective de leur future union, qui viendrait sceller sa vie de jeune patricienne sous autorité familiale, pour la faire entrer dans la vie de jeune patricienne mariée ? Ou était-ce dû au caractère de son futur époux ? Elle ne pouvait pas vraiment se prononcer. Mais en restait tout de même un peu songeuse. Sauf que le lieu actuel n'était pas à la méditation, et encore moins sur ce domaine là. Alors, elle restait quelque peu muette, observant le petit jeu bien rodé et habile de Marius. Il avait sûrement à lui apprendre un peu, bien plus capable de masquer ses réelles émotions qu'elle, mais elle se savait déjà bien avancée dans le domaine, quand même.

Mais il n'était déjà plus temps de s'attarder aux présentations et aux discutions, visiblement, dès lors que le timbre de voix de Flavia Pompeia Lupida se fit entendre, créant une réaction en chaîne, assez logique, après tout. Tous les convives se dirigeaient vers le dehors, car lorsque la maîtresse de maison s'adresse à vous, il est plus que malvenu de ne pas s'exécuter, ou de refuser de l'écouter et de l'entendre. Fortunato réagit assez rapidement, et lui tendit son bras, afin de la mener vers le dehors. Ils ne pourraient pas y couper, et leur absence serait très vite remarquée, car ils étaient tout de même deux des principaux centres de l'attention en cette soirée, et pour cause : c'étaient eux, après tout, les deux futurs fiancés. Mais Rufia savait également que l'un des principaux centres d'attention de la soirée, c'était son futur beau-père, Lucius Pompeius Publicola. Elle était assez clairvoyante et intelligente pour comprendre cela, et savoir qu'il se parait dans un certain prestige via la tenue de ces fiançailles : la période politique était importante, et, en quelque sorte, il faisait d'une pierre deux coups en honorant des fiançailles et en mobilisant autour de sa seule personne, aussi. Tournant discrètement son regard vers Marius, Rufia y lut clairement que lui aussi avait parfaitement compris cela, et qu'il s'agissait présentement sans doute de l'une des raisons pour lesquelles il s'était monté réticent à venir. Lui et son orgueil ... Mais elle le comprenait, et partageait sans doute un peu son point de vue. Mais déjà, il ne fallait pas s'attarder, car elle refusait que quiconque se mette en tête de commencer à déchiffrer toutes ces communications entre frère et sœur qui se déroulaient sans un mot. L'une des forces des Claudii, c'était de se comprendre ainsi, rien que par des regards, et leur code était bien difficile à déchiffrer. Alors autant n'en laisser l'opportunité à quiconque.

Elle devait l'avouer, c'était splendide. Une magnificence qui lui avait manqué, et dont elle devait bien avouer raffoler. Les montures étaient magnifiques, et leurs cavaliers savaient faire corps avec elles, en les respectant et en semblant ne pas les prendre que pour un objet de leur spectacle et de leur démonstration. C'était important, pour Rufia. Nul être ne devrait pouvoir être considéré comme un objet, à ses yeux, d'où ses petits soucis avec la catégorie des esclaves : elle savait que cela était nécessaire, mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu importunée, à chaque fois, dans un petit coin de sa tête. Le rouge et l'or, partout. Deux des couleurs fétiches et privilégiées des Pompeii, visiblement. Deux couleurs qu'elle appréciait, mais qui n'étaient pas celles des Claudii. Et cela la troubla, dès lors qu'elle en fit le constat, sans trop savoir pourquoi. Son sourire ravi était toujours à ses lèvres, mais quiconque la connaissait assez saurait déceler un changement radical d'humeur dans son regard. Une flamme y brûlait toujours, flamboyante, mais toute autre que la précédente. Rufia était troublée, car, brusquement, il n'y avait plus grand chose, à ses yeux, qui honorait ses fiançailles : pas une touche en rapport avec sa gens, du moins, lui semblait-il. Et, autour d'elle, aucun Claudii. Elle cherchai très rapidement et très discrètement du regard la silhouette de son frère, qu'elle ne trouva pas. Et dans sa quête du moindre visage de la gens des Claudii, elle fit chou blanc. Pas de Helvia, et pas de Cassia non plus, même si, de façon viscérale et instinctive, elle savait qu'elle ne devait pas être trop loin d'elle, à moi qu'il ne s'agisse d'un espoir fou. Elle demeurait muette, refusant de décrocher le moindre son d'émerveillement face au spectacle. Pour tous, elle était encore en pleine contemplation, et en pleine satisfaction. En réalité, une partie de son esprit et d'elle-même était bien loin. Elle ne pouvait se faufiler parmi la foule et fuir ces mondanités. Elle se devait de rester, et de demeurer auprès de Fortunato. Qui, lui, bénéficiait de l'inquiétude maternelle. Quand elle n'avait personne auprès de qui s'épancher. Qui la comprendrait totalement, de toute façon, si ce n'était un membre de sa gens ? En attendant, leurs hôtes semblaient ravis, et il y avait de quoi : magnifique démonstration de puissance, de magnificence, et d'art pour les mondanités et l'impact visuel et émotionnel. Quelque chose de très vite écrasant et dominant, si vous vouliez son avis. Elle, elle avait assez de force et de volonté, ainsi que de caractère, pour ne pas se laisser dominer si rapidement, mais elle se sentait tout de même prise dans cette déferlante de pouvoir, bien malgré elle. Ainsi, c'était ce à quoi elle allait devoir se faire, désormais ?
    « Qu'il en soit ainsi ... » Quelques mots, prononcés sans qu'elle ne le veuille, murmurés, plutôt, sans qu'elle ne l'ait exactement voulu, désiré et souhaité. Ni regretté, d'ailleurs.

__________________________


« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2398
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 16 Avr - 13:46


Retrouver l'air extérieur me rassérène, le brouhaha ambiant ayant tendance à m'oppresser tout à coup. La soirée est aussi parfaite que je l'ai souhaitée, du choix des invités à la couleur de la nappe, rien n'a été laissé aux caprices du hasard. Le hasard ne sied pas aux Pompeii, c'est une sorte d'injure que de se laisser porter par lui. Le hasard est bon pour les destinées médiocres, on s'y réfère par lâcheté ou complaisance. J'ai voulu une soirée telle qu'elle se déroule, exactement, je pourrais presque dire à la minute près. Rien à redire... Mais l'animosité que je sens poindre sur la figure austère de mon fils me navre plus que de raison. Des fiançailles n'eurent-elles pas dû le ravir plus que cela ? Quand je vois l'intelligence que laissent paraître les traits si fins de Claudia Rufia, je sais pertinemment que j'ai fait là le bon choix. Celui qui s'impose, devant les dieux et les hommes. Cette alliance fait apparaître les Pompeii comme une gens à l'esprit ouvert et à l'indépendance farouchement chevillée au corps, on ne laisse guère nos choix être guidés par l'étroite vue de certains. De plus, tandis que Murena peut se targuer d'avoir une femme portant le prénom auguste d'Octavia, je peux voir en ma belle-fille une parente de l'épouse d'Octave. Encore une fois, je n'ai certes rien à envier à mon ennemi et cela me ravit. Un mariage prestigieux, c'est bien mais un mariage prestigieux et politique, c'est encore mieux.
Chacun ici est conscient de ce fait, le faste n'a guère été ménagé et tout hurle notre magnificence. Trop, murmurera-t-on demain, trop comme toujours. Mais ce que je peux me permettre, je ne m'en prive guère. Pourquoi jouer la fausse modestie quand chacun sait pertinemment que vous en êtes dépourvu ?

Le gros des invités arrive bientôt sur notre terrasse, trainant avec elles rires et éclats de voix divers. Le moment de solitude n'a guère été long. Je sens la présence de mon épouse avant même que mon oeil ne se pose sur elle. Nous sommes deux depuis si longtemps que certains sens n'ont plus besoin d'être sollicités pour savoir ce que l'autre fait ou même pense. Un état de fusion parfait, que nous ne nous privons pas d'afficher, en public particulièrement. Cela nous a valu bien des remarques admiratives et teintées d'envie. Praedita nous rejoint également et je renchéris en écho avec Lupida :

- Je te sais aussi perfectionniste que moi soeurette et j'imagine ô combien tu as dû faire souffrir ces pauvres cavaliers pour leur faire répéter leurs figures, encore et encore, jusqu'à ce que tout soit à ton goût.

Lupida va ensuite se quérir des envies de Marcus et je garde ma place en retrait, afin de ne pas l'importuner d'avantage. Je ne souhaite guère que les curieux devinent le froid qui s'est établi entre nous depuis des semaines. Le spectacle débute : musique et chevaux s'accordent dans la clairière à la lumière des torches mais je n'arrive guère à y plonger comme la plupart de nos convives, l'esprit ailleurs, déjà au delà des fiançailles, pensant au mariage, aux prochaines élections, à la reconstruction du forum, à mes enfants, à tout à la fois. Puis mes yeux se portent sur le visage voilé de Cassia dont je devine que les grands yeux suivent la scène en contrebas. Alors qu'elle s'efface à l'écart, je fais quelques pas pour la suivre et la retenir un instant avant d'échanger quelques paroles avec elle :

- Cassia, sache que je n'oublie pas que tu fus l'instigatrice de tout ceci. Mon bras désigne l'ensemble bruissant derrière nous. Et que jamais je ne laisse de côté mes alliés.

Un signe de tête et un sourire, avant de lui rendre sa liberté de mouvements, entravées par ma haute silhouette. Oui, si j'ai appris une chose lorsque j'étais jeune c'est qu'il ne faut jamais négliger ceux qui vous aident dans cette course au pouvoir, incessante et harassante. Oublier ceux qui vous servent, c'est se condamner à long terme. Cassia, de plus, est représentante de Vesta et je veux qu'elle comprenne qu'elle pourra toujours trouver un appui ici. Mes yeux bleus la suivent pendant un moment puis je rejoins Lupida, après qu'elle en a terminé avec Marcus. Je me penche alors à son oreille :

- Cette soirée est confondante... Il me semble presque saisir à chaque moment des bribes de conversations oubliées et de sourires échangés. Te souviens-tu ? Nous nous tenions à peu près là-bas, la clairière n'existait pas à l'époque...

Je montre un bosquet un peu plus loin, où vingt ans plus tôt nous avions congédié les invités de mon propre père, lorsque Lupida et moi nous nous étions fiancés à la villa des Mystères. Étions-nous très différents alors ? Peut-être moins soucieux, peut-être moins dissimulateurs... J'ai souvent du mal à réconcilier le jeune homme de jadis avec le politicien d'aujourd'hui. Et je me demande si Lupida traverse les mêmes affres.

__________________________


Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 625
₪ Sesterces : 3
₪ Âge : 25 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée à Marcus Vinicius
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Sam 19 Avr - 17:23

Praedita n’était pas une femme figée dans le passé. Elle ne ruminait pas les paroles de Marcus suite à sa proposition, elle oubliait bien vite le grand froid entre le père et le fils à l’arrivée du frère de Rufia et se concentrait immédiatement sur les nouvelles réjouissances. Si pour beaucoup, ce n’était qu’une parade, qu’un simple moyen de montrer l’envergure des Pompeii, pour Praedita c’était tout un accomplissement.

Lupida et Lucius savaient à quel point Praedita était frustrée de ne recevoir aucune reconnaissance pour ses écrits théâtraux anonymes. Ils savaient tout autant le talent naturel de la brune pour superviser une telle chose. En effet, elle n’hésitait pas à faire répéter encore et encore son esclave en charge de confier ses textes anonymes à une troupe, à être la plus critique possible et surtout à imaginer mille astuces pour coordonner comme il se doit une petite troupe. Impatiente dans son quotidien, elle faisait preuve d’une patiente étonnante et d’une ingéniosité quand il était question de divertissement. Par conséquent, ils n’hésitaient pas à lui confier la gestion de ce type d’événement.

D’une, cela calmait son tempérament de feu et de deux, elle était comme un poisson dans l’eau. Ajoutons à cela qu’elle n’avait pas à se cacher : elle ordonnait aux protagonistes concernés sans passer par une esclave, elle avait droit de proclamer haut et fort que c’était son œuvre et surtout, elle pouvait récupérer applaudissement, admiration et sourire. Elle n’avait pas à se cacher et ce sentiment la transportait de joie, effaçant tout souci ou pensée sombre.

C’était peut-être les fiançailles de son neveu mais c’était également sa soirée.

Lucius était légèrement nerveux, Lupida était assez calme – du moins le paressait – et la remercia pour l’organisation de ce spectacle et beaucoup de monde était curieux.

- Je l’espère bien Lupida, dit-elle nerveusement et inquiète. C’était l’inquiétude de l’artiste, celui qui était toujours mécontent de son travail, celui qui cherchait sans cesse à atteindre la perfection.

Elle était la seule de l’assemblée à être aussi impatiente, à taper nerveusement le sol de son pied jusqu’au commencement du spectacle et à retenir son souffle pour chaque figure et mouvement. Le spectacle avait été d’une grande beauté mais malgré tout, elle arrivait encore à trouver des défauts. L’un des chevaux n’avait pas tracé une ligne droite comme d’habitude, l’un des cavaliers avait brisé la chaîne parfaite avec un geste superflu et non prévu et une torche n’avait pas brûlé suffisamment et s’était éteinte trop vite. Bien évidemment ce n’était là que de petits détails dont la majorité ne voyait pas et que les rares à les remarquer s’en contrefichaient. Ce n’était que Praedita qui les voyait et qui arrivait à trouver le spectacle « à peine » satisfaisant en raison de ces futiles détails.

- Si nous ne sommes pas perfectionnistes mon frère, nous n’obtiendrons jamais des merveilles si ce n’est de la normalité et de la médiocrité. Evidemment, il faut souffrir. On dit qu’il faut souffrir pour être belle, je pense que cela s’applique pour des aspects moins … matériels. Ils ont beaucoup travaillé mais voit comme ils ont su éblouir beaucoup de nos invités. Cependant et tu me connais, j'ai encore su trouver des défauts.

Ces regards ébahis et brillants qu’elle voyait à la fin de ce spectacle sur beaucoup de visage remonta la note pour un « très satisfaisant » (mais non excellent notons). Son orgueil était flatté.

Elle se retourna vers Marcus Fortunato, à la recherche d’une approbation ou d’un sourire mais elle ne vit que Lupida avec une mine inquiète. Sciemment, elle se tint loin. Elle avait vite apprise une chose dans la demeure de son frère, à la mort de leur père : ne jamais se mêler des relations mère-fils, surtout celle-là. Elle s’enquerra des ressentis de son neveu plus tard … si elle arrivait à le voir évidemment. Voilà une chose incertaine. Elle espérait que la demeure de Fortunato sera dorénavant plus accueillante et chaleureuse avec cette épouse.

Inconsciemment, elle suivit son frère jusqu’auprès de Claudia Cassia. Aussitôt, Praedita se rappela que Marcus Vinicius l’avait présenté mais qu’elle avait dû couper court à la discussion pour faire sa proposition au légat. Elle était curieuse de continuer cette conversation à peine entamer, découvrir cette jeune dame qui était l’amie de sa nièce adorée, pupille de Marcus, instigatrice de l’arrangement Claudii et Pompeii et Vestale. De plus, la Vestale avait une aura qui excitait que davantage la curiosité et les interrogations de Praedita.

Ainsi, ne tergiversant pas bien longtemps, elle quitta son frère et suivit Claudia dans les jardins.

Doucement, elle approchait de Claudia et toussota doucement pour indiquer sa présence et donc ne pas la surprendre.

- Puis-je te tenir compagnie pendant ta promenade ? Marcus t’avait introduit mais nous n’avons guère eu le temps de discuter amplement. Ainsi donc ma nièce t’a longuement parlé de moi ? Je peux dire de même : elle ne tarit pas d’éloges à ton sujet.

Elle se mit aux côtés de la Vestale et lui sourit. Elle était rayonnante et était encore sous l’euphorie d’un spectacle bien fait et globalement réussi.

- Entre Virginia, l’alliance Claudii et Pompeii et ta tutelle, nous nous rencontrerons beaucoup les mois et mêmes années à venir.


Mariée ou non à Marcus, elle continuera toujours à lui rendre visite et inversement. Généralement les amis du légat étaient aussi les amis de son frère et tous visitaient forcément les deux villas. Quoi qu’il en soit, Claudia Cassia et Pompeia Praedita allaient se fréquenter beaucoup dans l’avenir. Déjà, rien qu’à l’allure et aux dires de sa nièce, Prae avait une excellente image de Cassia et était confiante d’un lien positif.

- Avançons par là. Nous avons une petite fontaine avec quelques poissons, dit-elle en indiquant le chemin.

La fontaine n’était pas immense. Au contraire, elle était vraiment petite et n’accueillait qu’une petite poignée de poissons aux milles couleurs, brillant en journée, et n’étant que de sombres reflets le soir sous le clair de lune. Prae appréciait se poser là et plonger ses mains dedans certains soirs pour réfléchir à ses pièces.

- As-tu apprécié le spectacle ?, demanda-t-elle.


__________________________






2ème cérémonie césar:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
₪ Ecrits : 2156
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Veuve et amante de Publicola
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 4 Juin - 18:00

Helvia se laissa une seconde pour tremper de nouveau ses lèvres dans sa coupe de vin. Son esprit pourtant ne se laissait nullement distraire. Elle savait qu’elle se trouvait alors face à quelqu’un d’influent, d’intelligent, et que pour une première rencontre véritable, elle se devait de faire ses preuves. Ce n’était plus le genre de situations qui l’impressionnait désormais. Néanmoins, Helvia avait conservé cette lucidité qui la forçait à garder l’esprit vif malgré une aisance dans la parole qui lui était reconnue.

Cette discussion malgré tout, semblait dictée par une légèreté plaisante et l’entrée en matière du légat ne laissait aucun doute à ce sujet. D’une certaine manière, Helvia apprécia cette simplicité apparente, cette volonté de ne pas insister sur l’importance que pouvait avoir cette rencontre, ce refus de demeurer replié sur soi-même, sans laisser paraître aucune faille mais en cherchant toutes celles de son interlocuteur. Ils ne semblaient être que deux invités à une soirée de fiançailles réussie, deux individus censés devenir alliés car ils affirmaient par leur présence cette amitié commune qu’ils partageaient avec Publicola. Toutes cette discussion répondrait à cette question : le resteraient-ils en quittant la villa des Mystères ?

Gardant son regard bien ancré sur Vinicius, Helvia écouta sa voix légèrement réchauffée par l’alcool. Ainsi, il avait rencontré son mari à Rome ? Avaient-ils eu l’occasion de se rencontrer depuis des années et des années ?

- Je ne sais pas vraiment s’il est possible d’appeler cette rencontre une « chance »…

Elle eut un sourire las, puis reprit immédiatement.

- Navrée d’être aussi directe sur ce sujet. Mais la relation que j’entretenais avec mon mari n’est plus un secret que pour quelques ignorants et cela me surprendrait que vous en fassiez partie. Surtout, n’y voyez aucune animosité à votre égard.

Elle le regarda de façon à lui faire comprendre qu’elle était sincère puis détourna le regard vers les animations qui se tenaient devant eux et but une nouvelle gorgée de vin. Lucius et sa femme avaient fait les choses en grand, comme on pouvait s’y attendre pour les fiançailles de leur cher Fortunato. Les artistes enchainaient les numéros avec une précision divine et les tableaux passaient de l’un à l’autre avec un naturel impressionnant.

Elle admira le spectacle en silence pendant de longues secondes, puis fit une allusion à la relation fusionnelle que semblaient partager Vinicius et le duumvir. La réponse de légat la fit sourire. Il était rare que les hommes ouvrent ainsi pleinement leur cœur et leur conscience en public. La manière dont il décrivait son amitié avec Lucius était émouvante et Helvia ne pouvait demeurer impassible face un à tel aveu.

- Il est vrai que l’on a tendance à se cacher les défauts de ceux que nous aimons pour les garder toujours au plus haut de notre estime. Mais pour avoir droit à cette impunité, ne devons-nous pas avant être capable de nous hisser justement au plus haut de cette estime ? Lucius vous pardonne peut-être vos quelques défauts aujourd’hui, au point de les oublier. Mais si vous êtes son ami, son allié le plus cher peut-être même, c’est bien que vous êtes parvenu à lui montrer toute une partie de vous qui mérite que l’on en oublie vos travers.

Elle plongea son regard dans le sien et lui sourit à nouveau.

- Nous avons tous nos travers, Vinicius. Le tout est de savoir s’attacher à ceux qui sont capables de vivre avec.

Ils se regardèrent un moment puis rirent de bon cœur ensemble. Etrangement, Helvia sentit comme une ressemblance troublante entre eux. Une vie blessée par les bruits de rue et les fautes passées. Et une amitié sincère avec l’homme considéré comme le Grand vertueux de Pompéi. L’espace d’un instant, elle se demanda comment ils pouvaient ne pas s’accorder !

Ses yeux suivaient les chevaux qui continuaient leur danse dans cette villa des Mystères. Son esprit, lui, partaient bien plus loin, dans des limbes connues d’elle seulement. Elle étudiait les invités de la soirée, observait Rufia et la façon dont son fiancé prenait soin d’elle, réfléchissait à ses prochains projets et aux alliés qu’elle pourrait trouver ici…

La voix de Vinicius la ramena à la réalité et elle posa de nouveau son regard sur lui.

- Maintenant que j’y réfléchis, ne comprends encore moins comme nous avons fait pour ne pas nous rencontrer plus tôt… Je suis installée à Pompéi depuis dix ans après avoir quitté Rome à la mort de mon époux. Nous sommes nous ignorés avec tant de force sans le vouloir ? Tout cela est de plus en plus étonnant.

Elle eut un léger rire avant de penser à la façon dont le légat avait décrit la ville. « Tellement plus calme que Rome… » L’était-elle réellement ? La veuve était loin d’en être certaine.

- Pompéi… C’est une ville que j’affectionne plus que toute autre. Pourtant, je serais tentée de nuancer votre propos, Vinicius. Calme, elle l’est oui. Mais j’ai toujours eu l’impression qu’elle cherchait à nous tromper. Ses vices se voient moins, son danger se cache avec plus de minutie… Pourtant, j’ai cette sensation d’y trouver une intensité prenante, comme si toutes les personnalités les plus éclatantes avaient décidé de se retrouver ici. A Pompéi, les rivalités semblent plus fortes, les rancunes plus profondes, les représailles plus ingénieuses… Je ne sais pas exactement ce qui me fait croire en cette deuxième facette de Pompéi. Mais je suis intimement convaincue qu’elle se joue de nous d’une certaine manière, en cachant ses travers derrière une apparence tranquille. Après tout, ne nous n’a-t-elle pas tremblé récemment comme pour nous rappeler son pouvoir ?

Elle laissa un léger silence s’installer avant de reprendre d’une voix douce.

- Mais j’aime cette ville, dans tous ses vices et toutes ses bénédictions. Elle est vivifiante. Elle nous impacte tous. Rome oublie cette intensité, noyée dans la foule grouillante de ses ruelles. Pompéi est plus modeste, plus petite. Et je crois qu’ainsi, elle concentre cette force humaine qui m’impressionne et me fascine.

Oui, Pompéi était sa ville de cœur. Elle ne la quitterait pas. Elle ne s’en sentait du moins pas capable. Elle l’avait sauvée alors qu’elle quittait sa ville natale, bafouée par un mariage désastreux et une mort désignée comme un meurtre. Elle aimait cette cité comme si elle l’avait construite de ses mains, pierre par pierre. C’était la sienne. La seule. L’unique.

- On m’a dit que vous aviez une fille ? Une petite merveille même, diraient les passants. Est-elle heureuse à Pompéi ? J’espère qu’elle n’a pas perdu tous ses repères en quittant la capitale…

__________________________

Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 29/03/2013
₪ Ecrits : 2727
₪ Sesterces : 115
₪ Âge : 17 ans
₪ Fonction & Métier : Vestale


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Qu'importe que le vent hurle, jamais la montagne ne ploie devant lui.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Mon coeur ne peut appartenir qu'à Vesta, n'est-ce pas ?
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Lun 23 Juin - 17:02

Assise au milieu des jardins parsemés de torches, je repensais aux paroles du duumvir. Il ne laissait jamais ses alliés de côté. J’en étais certaine. Néanmoins, je ne pouvais m’empêcher de me laissé aller à une certaine mélancolie déplacée. Ce monde je l’avais abandonné il y a longtemps  et néanmoins j’y étais toujours attachée, toujours reliée. A jamais. C’était une sensation étrange.

« Puis-je te tenir compagnie pendant ta promenade ? Je sursautais légèrement réveillée de mes pensées vestaliennes. Marcus t’avait introduit mais nous n’avons guère eu le temps de discuter amplement. Ainsi donc ma nièce t’a longuement parlé de moi ? Je peux dire de même : elle ne tarit pas d’éloges à ton sujet. »

Je souris. Enfin quelqu’un qui semblait franc au milieu de cette assemblée. Je rosis à entendre que  Virginia avait parlé de moi à sa tante. D’un côté j’étais honorée de cette attention et de l’autre, je la savourais comme si c’était la chose la plus normale au monde. Je m’étais dévouée à cette vie, les éloges ne pouvaient qu’en être écho.

« Virginia est une novice appliquée. Nous te serons toujours reconnaissante d’avoir oeuvré en la faveur de notre déesse mère. »



Nous. La déesse et la maison toute entière. J’admirais silencieusement le courage de Praedita. Certains parlaient de déshonneur mais je ne voyais que détermination et courage en sa personne. Elle me fascinait.

« Entre Virginia, l’alliance Claudii et Pompeii et ta tutelle, nous nous rencontrerons beaucoup les mois et mêmes années à venir. »

Je souris silencieusement à nouveau, acquiesçant les faits, me demandant néanmoins ce que venait faire Vinicius dans cette histoire. Je savais le duumvir proche du legatus mais pas si proche de Praedita… J’avais toujours du mal à me faire à l’idée que mon père ait pu me cacher une part si importante de sa vie. Quelque part, je lui en voulais aussi de ne pas avoir écouté Vinicius, et même si ce dernier me répétait sans cesse qu’il avait fait ça par honneur, pour ses idéaux : je l’acceptais difficilement. Trop difficilement.

« Il paraîtrait en effet que les Dieux aient décidé de joindre à nouveau nos familles. »



Alliée. Ennemie. Alliée. A quand le prochain coup du sort?

Avançons par là. Nous avons une petite fontaine avec quelques poissons »

Je suis la soeur de l’hôte de maison. Le bassin ma rappela étrangement celui que ma famille possédais à Rome et la lune qui reflétait ses pores me fit frissonner. Un soupçon de souvenir émanait de cet endroit que je sentais chargé d’importance pour la jeune femme. L’endroit était modeste et pourtant, elle m’y avait introduit, m’y avait guidé comme s’il comptait énormément à ses yeux.

« As-tu apprécié le spectacle ? »

Le spectacle. Il avait été extraordinaire, presque trop somptueux. Et c’était à ce presque qu’on observait finement toute la puissance et l’ancienneté de la maison des Pompeii. Ce presque que seuls les grands savaient manier à la perfection. La perfection.

« Je ne sais pas. La prêtresse en moi pense qu’un spectacle à faire pâlir les Dieux déclenche la jalousie et le mécontentement. Je lui adressais un sourire malicieux. Mais, la patricienne en moi te dis qu’elle n’aurait pu rêver mieux. »

Oui, vouloir atteindre la perfection c’est vouloir jouer dangereusement. Ce soir, les Pompeii nous avaient hypnotisé et si la mélodie de cette hypnose n’était pas montée jusqu’au sommet de l’Olympe alors… que les bons larrons nous protègent.

« Tu as parlé de ma tutelle… pourquoi penses-tu qu’elle nous rapprochera? »

Un jour j'apprendrais à me mordre la langue plus longtemps, un jour, mais pas ce soir.

__________________________


ô bienheureuses vestales...
(c) ystananas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 625
₪ Sesterces : 3
₪ Âge : 25 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée à Marcus Vinicius
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 1 Juil - 0:38

Nous.

Praedita avait encore du mal avec ce « Nous » qu’utiliser beaucoup des vestales, dont sa propre nièce. Ce « Nous » qui englobait à la fois toute la communauté ainsi que la déesse et qui détruisait l’individu en lui-même. Ce n’était plus Pompeia Virginia ou Claudia Cassia mais bel et bien des « Vous, Vestales ». Enfin, la brune ne l’avait jamais fait remarqué : elle n’aimait guère critiquer le style de vie de quiconque. Chacun faisait ce qu’il souhaitait, orientait comme il désirait son destin et sa personne … Elle s’en fichait royalement tant que sa famille ou sa personne n’étaient pas en jeu dans ces manipulations ou changements.

« Enfin, il semblerait que je me sois faite des ennemis chez les Aquillii mais des amis chez les Vestales. Un bon échange à mon goût » pensa-t-elle. Il faut dire que la famille du fiancé de Virginia n’avait pas été heureuse d’apprendre qu’elle devenait Vestale – et donc que les fiançailles avaient été annulées – et que la tante avait soutenu ardemment cette entreprise en jouant toute son influence sur son entourage.

- Je ne sais pas. La prêtresse en moi pense qu’un spectacle à faire pâlir les Dieux déclenche la jalousie et le mécontentement. Mais, la patricienne en moi te dis qu’elle n’aurait pu rêver mieux.

Praedita rit de bon cœur devant cette phrase bien tournée. Peut-être que le « Nous » ne détruisait pas tant la personnalité de chacune de ces femmes, peut-être que ce « Nous » formait un tout où chacun a pu sauvegarder sa personne, ses passions comme son intégrité ? Quel que soit la réponse, Praedita appréciait déjà cette jeune femme.

- Mon but n’est pas de rendre jaloux les Dieux. Je n’ai pas une telle prétention. Mais pourquoi ne pas considérer cette question d’un tout nouvel angle ? Peut-être ont-ils apprécié un tel spectacle et qu’ils en souhaiteraient d’autre, tout aussi beau, tout aussi grandiose ?

Finalement, peut-être était-elle un tantinet prétentieuse. Cependant, comment cacher sa fierté devant un tel acte ? Comment garder sa retenue de patricienne quand enfin elle pouvait proclamer haut et fort qu’elle avait dirigé tout un spectacle, qu’elle l’avait dirigé sans craindre lyre de tous, sans risquer son prestigieux rang et sans tâcher le nom des Pompei ? Mieux, elle n’avait fait que dorer le prestige de cette maison or et rouge.

Son sourire faiblit quand elle entendit la dernière question de Claudia Cassia. Cette dernière l’avait à nouveau mené tout droit vers l’entrevue qu’elle avait eue avec Marcus ce soir, où elle s’était proposée comme épouse. Un court instant, elle affichait un air à la fois troublée et perdue : troublée car la réponse de Marcus allait être assez décisive, et perdue car elle ne savait quoi répondre à cet instant.

Subitement, la réponse lui vint en mémoire, et elle aurait pu se frapper au front si Claudia n’avait pas été là.

- Je suis née bien trop tardivement dans ma famille. Ma grande sœur avait déjà épousé quelqu’un, de même pour mon frère. Je dirais même que j’ai grandi en même temps que la plupart de leurs enfants. Quant à mes parents, ils ont décédé quand j’étais assez jeune. Enfin, ma sœur était à Rome et moi à Pompei auprès de mon frère alors, disons qu’au lieu de fréquenter les grandes dames de ma sœur ou de ma mère, je discutais davantage avec les amis de mon frère. Marcus est un bon ami à moi aussi. Mais je ne m’entends pas qu’avec eux, Lupida a rapidement repris en main mon éducation, conclut-elle avec un petit sourire.

Elle se retient d’ajouter qu’elle tenait plus du garçon que de la petite fille obéissante et docile, qu’elle revenait sans cesse avec des blessures ou égratignures, qu’elle préférait écouter stratégie plutôt que faire du tricot ou faire circuler des rumeurs … En somme, petite, elle cherchait plus la compagnie de son frère et de ses amis – et chercher à la mériter – que celle des femmes.

Cependant, et comme dit, Lupida avait vite repris les rênes de l’éducation de la fillette pour en faire une femme bien plus honorable. Docile ou obéissante étaient deux mots incompatibles avec le caractère de la brune sur du long terme, alors la matronne avait préféré aiguisé le caractère honorable de PRaedita et adoucir ce trop-plein d’énergie et de passions.

La naissance de Virginia et d’Aurea avaient été d’une grande aide en somme. La présence de ces petites filles avait davantage féminisés la dernière de la famille.

__________________________






2ème cérémonie césar:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 27 Juil - 14:06

Cette rencontre pour le moins inattendue avec Helvia Claudia Scaevola était des plus agréables. Il avait longtemps désiré faire sa connaissance et maintenant qu’elle était tout près de lui, il prenait un grand plaisir à discuter avec elle. La dame était non seulement d’une grande beauté, mais elle était également dotée d’un esprit vif et d’une grande intelligence. Tout en elle respirait grâce et élégance. Une telle femme était une bénédiction pour un homme et Marcus ne put s’empêcher de se demander pourquoi elle ne s’était jamais remariée. Nul doute qu’elle avait dû recevoir quantité de demandes en mariage depuis la mort de son époux. Était-ce un choix délibéré ou un manque d’intérêt pour la vie à deux? Pour ce qu’il en savait, son mariage n’avait pas été très heureux et sa réponse au sujet de son défunt époux ne venait que confirmer ce qu’il avait imaginé à leur sujet.

Sentant dans sa voix tout le malheur et la tristesse qu’elle avait dû endurer durant toute la période de son mariage, Marcus s’en voulut de lui avoir rappelé à la mémoire cet homme et lui dit :

- Je suis navré d’avoir rappelé à votre mémoire des souvenirs aussi pénibles.

À cet instant, elle se tourna vers lui et leur regard se croisa pendant quelques instants. Dans un tel moment, les mots sont superflus. Il était bien inutile d’ajouter quoi que ce soit. Elle avait compris et pardonné sa maladresse et le gratifia d’un léger sourire. Rassurer Marcus but une autre gorgée de vin et comme elle, il tourna son regard vers le spectacle que leur offraient les danseurs. Pendant un court moment, ils restèrent tous les deux silencieux comme s’ils cherchaient l’un et l’autre un sujet sur lequel ils ne risquaient pas de faire d’autres faux pas. Alors qu’ils étaient tous deux absorbés par le spectacle, elle brisa le silence pour lui parler de Lucius. Quelque chose dans sa voix lui laissait croire qu’elle avait comme lui beaucoup d’affection et de respect pour le Duumvir. Était-ce là une autre chose qui pourrait les lier dans le futur?    

Bien qu’il ait tenté de se défendre de sa mauvaise réputation qui le précédait, Marcus sentit dans ses paroles que la dame ne portait aucune valeur à ce genre d’histoire. Ses paroles étaient réfléchies et on sentait chez elle une grande intelligence. Cette femme avait du vécu et comme lui elle avait souffert des folles rumeurs et des inepties qu’on avait pu raconter à tort à son sujet. Alors que tant de femmes gloussaient en sa présence ou prenaient la fuite, cette femme-ci restait là tout près de lui sans avoir peur de le regarder droit dans les yeux. Et puis pour lui prouver qu’elle n’était pas effrayée par sa supposée réputation elle lui répondit :

- Nous avons tous nos travers, Vinicius. Le tout est de savoir s’attacher à ceux qui sont capables de vivre avec.

Charmé par son sens de la répartie, Marcus porta son regard sur elle et puis voyant qu’elle se retenait pour rire, il ne put retenir son amusement à son tour. Quelle femme extraordinaire. Tout semblait si simple pour elle. Il appréciait de plus en plus cette conversation et en oubliait son ennui et son envie de rentrer chez lui.

- Maintenant que j’y réfléchis, ne comprends encore moins comme nous avons fait pour ne pas nous rencontrer plus tôt… Je suis installée à Pompéi depuis dix ans après avoir quitté Rome à la mort de mon époux. Nous sommes-nous ignorés avec tant de force sans le vouloir ? Tout cela est de plus en plus étonnant.

Amusé par ses paroles, Marcus but une gorgée de vin et lui répondit :

- J’ignore ce qui est responsable de cette si longue attente, mais croyez bien que je le regrette. J’aurais dû demander à Claudia Cassia de nous présenter bien avant aujourd’hui.

La température dans le triclinium ayant monté d’un cran avec la présence des danseurs et jongleurs, Marcus l’invita à faire quelques pas vers la terrasse afin de profiter du peu de vent provenant de l’extérieur. Le vin commençant à lui tourner la tête il abandonna sa coupe de vin sur un plateau afin de garder l’esprit vif. Alors qu’elle lui parlait de son affection pour Pompéi, Marcus l’écoutait avec attention. Il n’avait jamais envisagé la chose sous cet angle, mais il était vrai que par plusieurs aspects cette ville était remplie de mystère et que tout y était vécu avec plus de passion et de rage. Était-ce la proximité avec la mer ou la montagne, il n’en avait aucune idée, mais ici il se sentait beaucoup mieux qu’à Rome parce qu’il était loin des siens.

- J’avoue n’avoir jamais vraiment réfléchi à toutes ces questions. Lorsque j’ai parlé de calme, je voulais surtout faire référence à l’activité politique et militaire qui prime sur tout à Rome. À Rome, je dois constamment surveiller mes faits et gestes. Je me sens toujours en représentation alors qu’ici, j’ai le loisir de vivre normalement et c’est ce qui me plaît.

Un léger silence s’installa entre eux avant qu’Helvia ne reprenne la parole pour lui faire part de son amour pour Pompéi. Amusé par tant de similitudes entre eux, Marcus lui fit un sourire et lui dit :

- Voici donc un autre point sur lequel sur nous nous entendons ma chère. C’est amusant de constater que nous partageons tant de point commun et d’affection pour des gens de notre entourage.

Ne sachant pas si elle connaissait la véritable nature de ses liens avec Tirzah, Marcus hésitait à lui parler de la jeune femme. Ce sujet était délicat. Peu de gens à Pompéi ignoraient le scandale qu’il avait provoqué en la sauvant d’une mort atroce dans l’arène. L’histoire avait alimenté les discussions pendant plusieurs semaines, il serait donc bien étonnant qu’elle n’en ait jamais entendu parler. Il n’avait pas honte de ce qu’il avait fait et n’avait aucun regret, mais il se demandait ce qu’Helvia penserait d’eux si elle apprenait la vérité au sujet de leur véritable lien. Allait-elle cesser de faire des affaires avec Tirzah? Perdu dans ses pensées, il n’avait pas remarqué qu’Helvia s’était rapproché de lui. Un lourd silence s’était installé entre eux, jusqu’à ce qu’Helvia reprenne la parole pour l’interroger au sujet de sa fille. Ce sujet étant beaucoup plus simple que ses histoires de cœur, Marcus retrouva son sourire et lui dit :

- J’ai effectivement une petite fille. Elle aura bientôt trois ans et c’est une enfant magnifique. J’ai beaucoup de chance de l’avoir près de moi, elle apporte avec elle l’insouciance, le sourire et la joie de vivre partout où elle passe. Pour un homme comme moi qui est davantage habitué à vivre entouré de soldats, cela change totalement mes perspectives.

Regardant Pompéi qui s’étalait devant lui, il prit une profonde respiration et ajouta :

- Ma défunte épouse voulait que notre fille vive ici plutôt qu’à Rome, je suis donc heureux de pouvoir tenir cette promesse que je lui avais faite alors.  Je suis convaincue que Vinicia sera plus heureuse ici et je pourrai plus facilement veiller sur elle. Et vous, vous n’avez jamais souhaité avoir d’enfants?


Dernière édition par Marcus Vinicius le Dim 7 Sep - 14:16, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
₪ Ecrits : 2156
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Veuve et amante de Publicola
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 10 Aoû - 15:24

L’émerveillement pouvait se lire dans les yeux des nombreux invités de cette soirée face aux exploits des danseurs et autres artistes engagés par les Pompeii ce soir. Helvia ne boudait pas son plaisir et les admirait avec un côté enfantin qu’on ne lui voyait que rarement. En compagnie de Vinicius, elle se sentait étrangement en confiance, troublée par les ressemblances qui semblaient être les leurs et la facilité avec laquelle ils étaient parvenus à lier contact. La gauchère comprenait davantage cette relation fusionnelle qui existait entre le légat et son amant. Après tout, si elle et Vinicius se ressemblaient tellement, quoi de plus logique que de voir ces deux hommes s’accorder autant qu’elle et Publicola ?

Cependant, l’agitation créée par le spectacle commençait à lui bourdonner aux oreilles et, comme s’il avait ressenti le même inconfort, le légat l’invita à marcher quelques instants sur la terrasse, ce que la veuve accepta bien volontiers. Une fois dehors, elle profita d’une délicieuse brise venue taquiner sa chevelure et prit une délicate bouffée d’air frais. Quand elle rouvrit, elle admira Pompéi, bien plus calme que la villa des Mystères, à moitié endormie et baignée par la lumière pâle de la Lune. Doucement, Scaevola mena de nouveau sa coupe à ses lèvres et savoura son vin plus que bienvenu dans un tel cadre. Le lieu était calme et incitait aux confidences.

Les quelques allusions de Vinicius à propos de Rome rappelèrent de nombreux souvenirs à la veuve, mais bien peu de nostalgie. Rome avait été la cité de son enfance qu’elle ne pouvait qu’injustement qualifier de « malheureuse », mais elle avait également été la cité de son mariage désastreux et des débuts de sa réputation venimeuse. Elle ne la portait ainsi plus naturellement dans son cœur, malgré tous les avantages qu’elle pouvait avoir. Alors que Vinicius lui parlait de sa joie de vivre ici et du naturel avec lequel il pouvait enfin agir dans les murs de cette ville, Helvia s’interrogea sur sa propre situation. D’une voix pensive, elle lui répondit :

- Peut-être est-ce la capitale qui m’a pervertie ainsi… Mais j’avoue ne plus agir sans prendre garde à bon nombre de mes faits et gestes. Je suis heureuse à Pompéi, le nier serait mentir. Mais il est vrai que depuis mes mésaventures romaines, je vis dans une sorte de représentation permanente qui consiste à toujours s’assurer d’agir en connaissant à l’avance toutes les conséquences de ses choix et toutes les répercussions possibles pour être capable de toutes les prévoir et de s’y préparer. C’est parfois… épuisant. Mais Pompéi n’en est nullement la responsable, bien au contraire. Je crois que cette ville m’a déjà permis de prendre un peu de recul concernant ce besoin de sécurité, même s’il ne me quittera jamais complètement.

Un silence s’installa entre eux quelques secondes et, sentant leur discussions se porter sur des sujets peut être un peu trop lourds, la veuve questionna Vinicius sur sa fille. Il était toujours facile d’égayer une atmosphère en parlant de son enfant à un père comblé. Et le légat ne fit nullement exception. Alors qu’il parlait de sa Vinicia, des étoiles plein les yeux, Helvia lui sourit, attendrie. Elle avait vu la petite déambuler dans le triclinium pendant la soirée et avait été charmée par son doux minois et ses manières délicates.

Cependant, la gauchère ne s’était pas attendue à la question qui avait suivie et ne put empêcher son expression de s’assombrir quelque peu. Cet enfant absent, son époux le lui avait reproché pendant quatorze ans, leurs invités la questionnaient sur les raisons de ce manque d’héritier à presque chacune de leurs visites… Cet enfant qui n’avait jamais voulu prendre racine en elle avait été un de ses plus grands malheurs. Pourtant, Helvia ne pouvait entièrement regretter le fait de n’avoir jamais été mère. Elle le savait : jamais elle n’aurait fait une bonne mère. Les enfants ne s’étaient jamais vraiment entendus avec elle, et elle avouait sans mal ne jamais avoir fait beaucoup d’efforts pour que cela change. Elle n’aimait pas les enfants et dans le fond, elle n’en avait jamais voulu. Mais cela, elle ne pouvait le dire. Quelle femme romaine pouvait affirmer de telles insanités ? Quelle honte cela était d’oser ne pas vouloir être mère !

Helvia garda donc le silence quelques secondes, cherchant quels termes employer face à Vinicius. Alors qu’elle s’apprêtait à lui répondre, elle détourna le regard vers la ville. Il était toujours plus facile de mentir quand on ne regardait pas les gens dans les yeux.

- Vous vous doutez bien, Vinicius, qu’un enfant ne peut venir seul. Il semblerait que les dieux n’aient jamais désiré m’en confier, pour mon plus grand malheur. Les divinités ont sûrement des raisons qui nous échappent. Mais je demeure ainsi, veuve, et avec très peu de temps encore pour espérer pouvoir donner naissance. Les caprices du corps s’additionnent malheureusement à ceux des dieux… Les enfants sont l’accomplissement de bien des femmes, mais il semblerait que je doive encore trouver le mien dans une autre voie.

La veuve avait espéré être assez agile pour contourner efficacement les obstacles et éviter d’être davantage questionner sur ce sujet épineux. Vinicius ne semblait pas vouloir lui nuire après tout. Peut-être n’insisterait-il donc pas sur ce sujet, voyant la difficulté avec laquelle elle en parlait.

Mais, comme pour s’assurer cette échappatoire, Helvia chercha un nouveau chemin à emprunter avec le légat. Et la solution ne mit pas bien longtemps à lui venir. Depuis peu, la veuve avait été mise en relation avec l’esclave de Vinicius, Tirzah, et une certaine alliance c’était créée entre elles. Rien de très développé encore, mais quelque chose qui avait malgré tout le mérite d’exister et dont le légat ne pouvait pas rester extérieur en tant que maître de la jeune Juive. La veuve et Vinicius devait donc tirer cette histoire au clair et savoir le rôle de chacun dans cette affaire ainsi, Helvia se permit d’amorcer cette discussion soudain bien plus professionnelle que personnelle.

- Vinicius, puisque j’ai l’occasion de vous parler un moment, j’aimerais que nous nous entretenions sur une affaire qui nous lie depuis quelques temps et sur laquelle nous n’avons pas encore eu l’occasion de converser. Je sais, par la bouche de cette esclave même, que vous connaissez le marché que j’ai conclu avec Tirzah, la jeune Juive que vous possédez. Rarement dans ma vie, j’ai eu l’occasion de rencontrer une couturière aussi fine qu’elle. Je ne sais pas si vous connaissiez déjà son talent, même si votre ignorance ne me surprendrait nullement sachant que les tissus sont rarement affaires d’hommes… Mais cette petite a un don et j’aimerais la voir l’exprimer. Vous savez certainement que je lui ai commandé une robe pour une fête importante donnée chez Lucretius dans peu de temps. J’aimerais connaître votre sentiment sur cette affaire, car, malgré tous les espoirs que j’entretiens en cette esclave, elle demeure vôtre et je ne peux donc rien prévoir avec elle qui ne vous conviendrait pas…

La veuve laissa quelques secondes au légat pour le laisser réfléchir à ces questions qu’elle lui illustrait. Puis, elle reprit avec dans la voix la détermination qui avait toujours fait d’elle une femme d’affaire assez talentueuse.

- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Vous ne me connaissez pas encore personnellement, Vinicius, mais vous verrez vite que je n’ai pas l’habitude de me cacher derrière une rhétorique débordante d’effets de style, et je suis toujours assez directe avec les choses qui me tiennent à cœur. Si ce que me remet Tirzah m’impressionne autant que je l’espère, je compte lui proposer de lancer avec mon appui une petite affaire qui lui permettrait de vendre ses créations à de nombreuses personnalités de Pompéi, et pas uniquement ceux qui auront eu la chance de la croiser et de remarquer son talent. Mais pour cela, j’ai besoin de votre assentiment et je viens donc vous demander si vous vous opposeriez à un tel projet. Peut-être que cette esclave est déjà chargée de nombreuses responsabilités dans votre demeure et ne pourrait se permettre un travail de couture à plein temps… Peut-être y a-t-il d’autres problèmes dont vous voudriez me parler…

Bien entendu, en tant que propriétaire de l’esclave, vous toucheriez la majeure partie des bénéfices de cette affaire si celle-ci se montre rentable. L’autre partie me reviendrait en tant que simple « mécène »… Mais ne nous ennuyons pas avec les chiffres pour le moment ! Il nous faut avant tout nous décider sur le possibilité ou non de ce projet. Marcheriez-vous avec moi, Marcus Vinicius ?


La veuve lui lança un regard profond, teinté d’une lueur d’incertitude et de défi. Les bruits du spectacle continuaient à venir du triclinium en fond et on entendit les applaudissements du clan des Pompeii agrandi par cette alliance prometteuse avec les Claudii. Une future alliance se dessinait-elle entre Scaevola et les Vinicii ?

__________________________

Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 29/03/2013
₪ Ecrits : 2727
₪ Sesterces : 115
₪ Âge : 17 ans
₪ Fonction & Métier : Vestale


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Qu'importe que le vent hurle, jamais la montagne ne ploie devant lui.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Mon coeur ne peut appartenir qu'à Vesta, n'est-ce pas ?
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 12 Aoû - 17:05

« Mon but n’est pas de rendre jaloux les Dieux. Je n’ai pas une telle prétention. Mais pourquoi ne pas considérer cette question d’un tout nouvel angle ? Peut-être ont-ils apprécié un tel spectacle et qu’ils en souhaiteraient d’autre, tout aussi beau, tout aussi grandiose ? »

Cassia laisse ses lèvres esquisser un sourire friand. Son but n’était peut-être pas de rendre jaloux les Dieux, et Vesta l’en préservait, mais cette fête et se prestige déployait n’était pas pour plaire aux Dieux… Du moins trop souvent. « Il te faudra leur demander Praedita. » Elle lui sourit, affectueuse, sans pour autant l’encourager dans cette course de l’hybris si sévèrement réprimandé…

Le regard de son interlocutrice se troubla et Cassia comprit qu’en prononçant sa tutelle elle avait touché une corde sensible. Elle se tut, ne releva pas l’absence courte, mais présente de la soeur du duumvir : le temps lui avait appris à se faire transparente quand il le fallait.

« Je suis née bien trop tardivement dans ma famille. Ma grande sœur avait déjà épousé quelqu’un, de même pour mon frère. Je dirais même que j’ai grandi en même temps que la plupart de leurs enfants. Quant à mes parents, ils sont décédés quand j’étais assez jeune. Enfin, ma sœur était à Rome et moi à Pompei auprès de mon frère alors, disons qu’au lieu de fréquenter les grandes dames de ma sœur ou de ma mère, je discutais davantage avec les amis de mon frère. Marcus est un bon ami à moi aussi. Mais je ne m’entends pas qu’avec eux, Lupida a rapidement repris en main mon éducation. »

La réponse était longue et Cassia pouvait sentir le désarroi de la jeune femme, qui n’avait pas répondu clairement à sa question. Elle inclina légèrement la tête vers sa coupe, dans laquelle les torches se reflétaient comme un songe…

Un silence s’installa pendant lequel la maîtresse de maison semblait perdue dans ses réflexions… Lointaines et secrètes. Elle glissa une main sur celle de Praedita et la pressa doucement, dans un élan qu’elle n’aurait pu expliquer.

« Nous avons donc beaucoup de points communs. »

Les yeux de Cassia pétillèrent d’une nouvelle magie. Elle aussi était la cadette de frères trop âgés qui avaient vite quitté la maison pour s’abîmer dans les combats de la République. Et puis, elle n’avait jamais voulu devenir la femme qu’elle était… elle ne s’était jamais réellement préparée pour cette vie… Elle aussi c’était longtemps sentie différente, elle aussi avait longtemps lutté contre ces règles qui dictaient sa vie… Mais son caractère téméraire avait du s’éteindre, s’assagir avec le temps car il n’honorait pas Vesta, tout simplement.

« Marcus semble être un homme de bien. Il était proche de mon père. Elle ne prononça pas son nom condamné à la damnation memoriae. Eh bien qu’il ne le remplacera jamais, j’apprécierais de le connaître un peu plus, avec le temps… Peut-être m’aideras-tu? »

Sa main toujours sur la sienne, Claudia essaye de lui transmettre toute la chaleur dont elle était capable… Elle observa les alentours, un court instant ; la soirée vu d’ici ne semblait être qu’illusions, gaité et inconscience… Dans un murmure quasi inaudible, elle ajouta :

« Parfois … j’aurais aimé pouvoir vivre au milieu de ce monde, au lieu de graviter autour de lui… »

Une confidence. Tout comme Praedita, Cassia était modelée de rêves, mais elle avait du les laisser au pied d’un arbre un doux matin de printemps, pour apprendre l’obéissance et la dévotion ce qui en secret ne l’empêchait pas de nourrir des rêves bien moins provinciaux. Claudia avait compris que Praedita était un être spécial, une de ses femmes à l’aura rare, une de ces auras qu’on préférait dissimuler. La soeur du duumvir rayonnait.

« Et alors, la suite de ton histoire… Es-tu devenue réellement la femme accomplie que voulait Lupida? »

Un nouvel éclair passa dans les yeux de la Vestale, un élan de vie que personne ne pouvait emprisonner.

__________________________


ô bienheureuses vestales...
(c) ystananas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 625
₪ Sesterces : 3
₪ Âge : 25 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée à Marcus Vinicius
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 26 Aoû - 12:24

- Oui Marcus est un homme bon. Tu as là un bon tuteur.

Malgré cette heureuse affirmation, un petit "mais" planait dans l'air. Cependant, Praedita ne s'épancha pas davantage et préféra garder son avis pour elle. Elle ne voulait pas effrayer cette jeune enfant avant même d'avoir connu Marcus. Peut-être ne découvrira-t-elle pas les mauvais côtés de son tuteur, et éveillera-t-elle en lui que les bons côtés et les bons sentiments. Elle l'espérait sincèrement.

Marcus pouvait être bon, juste et respectable mais il pouvait être des plus inflexibles et des plus cruels s'il le désirait. Or réveiller ces deux derniers traits de caractère sur sa personne n'étaient pas du tout une bonne chose et surtout depuis la mort de sa première épouse. Depuis, le légat pouvait être des plus … surprenants et inattendus. Il fallait savoir parler, se taire puis attaquer au bon moment. Tout n'était que patiente.

Cependant, Cassia le découvrira bien d'elle-même. Il était inutile de gâcher la soirée avec quelques spéculations effrayantes et menaçantes.

- Parfois … j’aurais aimé pouvoir vivre au milieu de ce monde, au lieu de graviter autour de lui …
- Et moi donc …
lui fit écho la brune.

Peut-être donne-t-elle l'impression d'avoir un droit sur son existence mais ce n'est guère le cas. Elle est encore et toujours dépendante d'un membre mâle de sa famille et bientôt d'un époux. Elle ne dispose pas de son argent, sa voix n'est guère écoutée en politique ou autre sujet philosophique ou intellectuel et souvent on la place comme élément décoratif. Une pâle figure de l'ombre, un accessoire qu'on raccroche à quelque chose, un outil à utiliser à bon escient pour on ne sait quelle intrigue. A ce jour, elle n'a su contrôler que deux grands points dans son existence : ses passions et son futur en tant que femme. Rien que cela, c'était dû à un miracle car le grand Duumvir, père comme fils, n'était guère une figure paternelle ou fraternelle. C'était avant tout une figure politique froide et de sang-froid.

Cependant, elle ne pouvait guère se permettre d'être abattue si vite ! Elle avait obtenu les deux choses les plus importantes dans son existence, et elle avait encore su obtenir ce qu'elle désirait à force de patiente, de persuasion et d'ambitions. Elle releva donc la tête fièrement et lança un regard amusé à la Claudii en réponse à sa dernière question.

- Il a bien fallu. Sinon je ne serais pas là aujourd'hui.

A la Claudii d'interpréter comme elle désirait. Praedita était curieuse de voir. Allait-elle penser que le duumvir aurait renié sa sœur ? Ou alors marié de force à un quelconque patricien ? Ou alors tué ? Dans les faits, si elle s'était entêtée, elle se voyait envoyer auprès de sa grande sœur ou de subir une éducation très stricte avec un suivi rigoureux, et très peu de liberté. Praedita était peut-être entêtée quand elle avait une idée derrière la tête mais elle n'était guère stupide : elle s'était rapidement fondue dans cette moule afin d'échapper à une pire sentence. Cependant, dès qu'une occasion se présentait pour fuir cette "moule" et être "elle", elle n'hésitait pas une seule seconde.

- Mais nous ne parlons que de moi ? Parlons donc de toi ! Je suis curieuse, quel point commun avons-nous ? Demanda Praedita en maintenant une main dans le bassin d'eau.

Elle adorait plus que tout regarder l'eau en pleine nuit. Il était fascinant de voir les étoiles s'y refléter. Il était tout aussi fascinant de lever la tête et de voir qu'elles étaient bien plus belles dans ce ciel tantôt noir, tantôt bleu nuit. Et elle le fit. Elle leva ses yeux noisettes pour scruter cette infinie, ce ciel perlait d'un beau collier de diamant.

__________________________






2ème cérémonie césar:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 3 Sep - 17:39

Les festivités étaient à leurs apogées. Les gens discutaient, mangeaient, observaient le spectacle. Et pendant quelques minutes, j'espérais que leurs attentions se détachent de Rufia et de moi. Je détestais être le centre des attentions. Je laissais cela à mon père qui paradait comme à l'une de ses réélections, si fier et si sûr de lui. Comment pouvions-nous être si différents. Les invités admiraient le spectacle et je n'avais qu'une seule envie, rentrer chez moi. Cependant, j'avais des devoirs qui m'obligeaient à rester et à accompagner Rufia qui faisait son entrée officielle chez les Pompeii. Et c'était pour elle que je restais et gardais un masque intéressé devant tout ce qui se passait. Pour elle et aussi pour ma mère et Praedita qui avait apparemment, tout organisé. J'essayais de faire bonne figure. Après tout, j'avais reçu la meilleure des éducations possibles. Et malgré ce qu'il pensait, le Duumvir avait réussi à m'apprendre assez de chose pour que je puisse paraître comme il le souhaitait. Intérieurement, je me sentais fatigué. La fièvre qui s'était emparée de moi, m'avait ôté toute envie de lever la voix. Extérieurement, je me montrais en fils ravi d'être au bras de l'un des meilleurs partis de la cité. Mais je n'avais qu'une envie, que cette soirée se termine. Je posais mon regard sur ma mère qui s'avançait vers nous. Heureusement qu'elle était là, sa présence avait toujours eu le don de m'apaiser. Et comme je ne voulais pas lui faire de la peine, j'étais venu jusqu'ici et je faisais bonne figure. Puis aux paroles de la maitresse des lieux, je prenais à mon tour la parole:

« Ma mère a raison. Tu as su choisir les bons cavaliers et les bonnes attractions. Je ne pensais pas que tu me connaissais à ce point. » Dis-je avec sincérité. Praedita, même si elle demeurait l'allié de son frère, elle était aussi ma tante. Et par le passé, nous avons partagé pas mal d'interdits tous les deux sans que le Duumvir n'en sache rien. Je reconnais avec bonne foi qu'elle avait fait de très bons choix. Elle connaissait ma passion pour les chevaux et seule Praedita pouvait connaître certains détails à apporter pour que le spectacle soit celui qu'il est présentement. Et dans un sens, sur certains points, on se ressemblait tous les deux. Elle aimait le théâtre, elle voulait être reconnue en tant qu'auteure. Et je voulais la même chose en ce qui concernait ma place au sein de la légion. Nous avions des passions que nous ne pouvions pas apprécier de façon publique. « Je te remercie de t'être impliquée comme tu l'as fait. »

A vrai dire, si je mettais ma fatigue et ma rancune de côté, je faisais face à un beau spectacle. Il ne manquait rien: de l'action, de la prestance. Tout était parfait. Et j'espérais que Rufia était de mon avis même si je regrettais que sa famille ne soit pas là. Que seuls Marius et Helvia soient les représentants de sa gens. Je voulais qu'elle apprécie cette soirée. Je reportais mon attention sur Lupida qui venait de reprendre la parole. Je la rassurais sur mon état de santé pour ne pas l'inquiéter. Je faisais ensuite signe à l'un des esclaves pour prendre des coupes de vin. J'en offrais à ma mère et à Rufia. J'avais remarqué le regard de Lupida. Elle était méfiante comme toute mère qui découvrait sa future belle-fille. Mais je voulais, j'espérais qu'elles allaient être proches toutes les deux. Rufia n'avait plus sa mère et je savais que ce genre de relation lui manquait. Même si ma mère ne pouvait pas remplacer la sienne, j'aimerai qu'elle soit là pour la jeune Claudii. Alors que tout le monde observait à nouveau le spectacle, je glissais l'une de mes mains le long de mon corps avant de prendre celle de Rufia avant de murmurer pour qu'elle seule, puisse entendre. « Est-ce que tout va bien? » Je savais que cette partie des fiançailles ne lui ressemblait pas. Mais j'avais demandé à ce que Rufia et sa gens soient eux aussi à l'honneur. Aussi, après le spectacle équestre, il y avait d'autres représentations qui mettaient à l'honneur la gens de ma fiancée. Ce soir, on célébrait les fiançailles d'une Claudii et d'un Pompeii et le reste de la soirée, mit ce fait à l'honneur.

Quelques heures plus tard, il revenait au Duumvir de reprendre la parole. Les fiançailles entraient dans une partie un peu plus rigide, où les droits et devoirs reprenaient leur importance réciproque. Mon père en tant que Duumvir pouvait s'occuper de cet aspect. Avec le reste des convives, nous étions invités à entrer à nouveau dans la villa des Mystères, où une autre ambiance nous accueillait. Un nouveau banquet avait été dressé et la décoration avait été changée pour cette dernière étape. Encore une fois, je guidais Rufia jusqu'au coeur de la villa, gardant ma main sur son bras.
Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2398
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Jeu 4 Sep - 19:15


Je dois délaisser ma contemplation du bosquet qui connût les premières confidences échangées entre ma femme et moi, il y a vingt ans de cela. Les artistes éphémères sont en train de disparaitre dans la pénombre laissée par les torches et les invités, ces artistes de toujours, dans une cohue que j'entends d'ici plutôt joyeuse, se dirigent à pas lents vers la villa des Mystères. J'aperçois, au gré des flammes vacillantes des lampes à huile, la figure de mon fils et alors j'arrête mon pas, je me terre dans l'ombre, pour l'observer silencieusement. Il parle avec ma soeur, avec sa future femme, qui sais-je encore, avec une silhouette résolument féminine, mais je suis un peu loin pour le déterminer. Et surtout, je n'ai d'yeux que pour lui. Ce soir, la séparation sera consommée. Je le sais, je le sens dans mon sang palpitant qui révolte mon coeur. Il fallait bien que ce jour arrive, que je le laisse enfin. Enfin. C'est lui qui doit se réjouir et une part de moi-même ne peut malheureusement que lui donner raison. Le fait que chaque jour nous oppose un peu plus me rend cette séparation officielle plus pénible que je n'aurais cru.

Alors je me terre encore quelques instants, dans l'ombre, pour laisser là mon masque de politicien et poser mon regard de père sur les épaules d'un fils dont je suis résolument fier. Cette révélation essore mon coeur déjà chaviré. Pourquoi ne puis-je simplement lui dire cela, que je suis fier de lui, de l'homme qu'il devient ? Pourquoi dois-je absolument batailler pour cette carrière dont il ne veut pas ? Pourquoi dois-je me prendre pour mon propre père ?

Secundus a-t-il lui-même ressenti ce tourment tandis qu'il m'observait, alors que je riais avec Lupida, près de ce bosquet ? S'est-il dit qu'il me perdait à jamais ? Non je ne crois pas... Mon père n'était pas un sentimental et il a fait en sorte que je n'en sois pas un moi non plus. J'inspire lentement, remets le masque, rassérène mon âme et me décide à pénétrer en pleine lumière dans la demeure de mes ancêtres. Un instant ébloui, je n'oublie pas de sourire aux convives qui déjà se jettent de ci, de là sur les mets que les esclaves viennent tout juste de disposer pour la dernière partie du banquet. Mes yeux passent sur Helvia qui je crois discute avec Marcus, ce qui me semble être une image un peu décalée, comme rêvée sans doute et d'ailleurs, alors que je les perds de vue, je ne sais trop si j'ai imaginé cette conversation ou pas. Mon épouse me rejoint et mon index frôle son pouce, discrètement, pour reprendre courage. Pour la dernière fois de ce soir, je lève ma coupe, pleine d'un vin immensément cher car rien n'a été laissé au hasard dans cette soirée et le silence se fait, sans que je n'ai nul besoin de l'intimer.

- Je me dois une dernière fois remercier chacun d'entre vous d'être venu pour entourer de vos regards bienveillants l'union qui nait ce soir entre Rufia et Fortunato. Ce n'est pas uniquement le lien tissé entre deux familles illustres, c'est aussi les premières pierres d'un foyer en devenir, qui saura être, j'en suis certain, l'image même de la félicité que peuvent s'apporter deux jeunes personnes aussi bien faites, autant de corps que d'esprits.

Je plonge alors mon regard dans celui de mon fils. Non pas un regard dur, non pas un regard apprêté mais celui du père que je suis pour lui en cette seconde qui durera certainement trop peu :

- La nuit est claire et les dieux vous offrent leur bénédiction, mes enfants. Recevez également la mienne.

Je romps le contact et bois une gorgée de vin, pensif sans doute, de cette page qui se tourne pour notre gens. Sur un lutrin, reposent les termes des fiançailles qu'ils doivent signer dès à présent, comme le veut la coutume. J'y ai apposé ma signature un peu plus tôt dans la soirée, tout comme Marius l'a fait pour sa soeur. Les convives ont applaudi et je me suis retiré en grande conversation avec quelqu'un qui m'a alpagué pour me féliciter et me dire "votre père serait fier de vous". Vraiment ? Ai-je failli lui répondre ? Que sert de le dire, mon père a toujours été fier de moi...
La soirée se poursuit, entre conversations, rires, boissons. Je ne touche que peu à l'alcool, encore moins à la nourriture. Je ne peux plus rien avaler, ce qui me vaut un regard un brin désapprobateur de Flavia. Alors que la domus se vide, mes pas me guident jusqu'à Fortunato qui ne tardera pas non plus à rentrer chez lui. Là-bas à la Meridiana et non ici. Je sais ce que je vais lui dire. Je vais lui dire ce soir que je suis fier de lui, en lui donnant l'anneau du pronobum, celui que j'ai moi-même envoyé à sa mère jadis. Une fois à sa hauteur, je lui souris :

- Fortunato, prends-le, c'est l'anneau que j'ai envoyé à ta mère pour sceller nos fiançailles. Cela nous ferait plaisir que tu l'envoies à ton tour à Rufia d'ici quelques jours...

C'est un anneau de fer que je glisse dans sa paume, un anneau des plus banal, bien que ciselé, qui dénote étrangement avec les dorures de nos ornements de Pompeii. Mais, ainsi le veut la tradition et c'est de plus une sorte de valeur sentimentale.
Porté par le geste, je sais que les mots viendront tout seul et qu'enfin je pourrai laisser pour un temps l'être perclus de manigances pour simplement féliciter mon fils. Simplement l'étreindre. Simplement être moi. Avec lui. Les mots pourtant s''entrechoquent dans ma gorge qui se noue et mon geste s'arrête.

- Que la route te soit clémente mon fils.

Est tout ce que je parviens à dire, d'une froideur exécrable, une bénédiction d'avenir des plus vides. Le politicien à repris le dessus et je n'ai qu'un masque lisse et souriant à lui offrir. Quand ai-je cessé d'être le père qu'il attendait pour ne devenir qu'un froid mentor dont il ne veut guère ? Que s'est-il donc passé pour que je ne lui inspire plus l'avenir que je traçais pour lui autrefois ? Ces phrases me poursuivront jusqu'à ce que je m'endorme ce soir-là. D'un sommeil où même mes rêves naviguent masqués.

__________________________


Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 7 Sep - 14:18

La soirée organisée en l’honneur des fiançailles du jeune Fortunato tirait à sa fin. À l’extérieur, la nuit était bien installée et il devait être très tard. Debout sur le balcon qui surplombait la grande cour de la Villa des Mystères, Marcus observait quelques-uns des invités qui quittaient la villa pour rentrer à leur propre demeure. À l’intérieur, des esclaves continuaient à servir du vin aux invités toujours présents et d’autres s’activaient à ramasser les plats de nourriture abandonnés par les convives. La soirée avait été très agréable et cette discussion avec Helvia Claudia Scaevola la terminait en beauté. Cette femme était vraiment fascinante. Non seulement elle était d’une grande beauté, mais elle était très intelligente. Discourir avec une telle femme était des plus agréables et le changeait des discussions insignifiantes que d’autres femmes pouvaient avoir avec lui d’ordinaire. C’était peut-être une question d’âge? Après tout, cette femme n’en était plus à ses débuts dans la vie, elle avait tout comme lui du vécu et de l’expérience. Elle avait connue nombre d’épreuves, mais surtout elle était une battante. En cela, il se reconnaissait en elle et c’était d’ailleurs ce qui lui plaisait. Il aimait son franc parlé et le fait qu’elle n’accordait pas de crédit aux rumeurs qu’elle pouvait avoir entendu à son sujet. Droite et fière, cette femme ne semblait pas accorder sa confiance à n’importe qui et il espérait qu’à la fin de cette soirée, il pourrait avoir réussi à lui plaire suffisamment pour faire partie de son cercle d’intime. Non pas parce qu’il était le tuteur de sa nièce ou le meilleur ami de Lucius, mais seulement parce qu’ils avaient des intérêts communs et un profond respect l’un pour l’autre.

Alors qu’elle lui parlait des facultés de Rome de changer le tempérament des gens, Marcus ne put cacher son sourire. Comme elle avait raison. Pensif, il lui répondit à son tour :

- Rome est fait pour les purs et durs. Des gens sans scrupules prêts à tout pour éliminer leurs adversaires. Rome ne tolère pas les faibles et les sensibles. Cette ville n’est que bataille, jeux de coulisses et de représentations. Il faut constamment surveiller ses arrières et se méfier de son voisin, car on ne sait jamais d’où viendra le coup fatal qui vous anéantira vous et votre famille. Il suffit de penser à la façon dont certains ont éliminé un homme tel que Jules César pour vraiment comprendre la nature de cette ville et des gens qui y habitent. Pour ma part, je n’en pouvais plus et je manquais d’air dans cette ville. Vous devez me trouver bien sombre et pessimiste, mais croyez-moi nous sommes beaucoup mieux ici. Cette ville est faite pour le plaisir et j’irais même jusqu’à dire pour le bonheur…

Question de détendre l’atmosphère entre eux et chasser les démons du passé, Helvia le questionna ensuite au sujet de sa fille. Ce sujet, bien que délicat, lui rendit automatiquement le sourire. Son amour pour Vinicia était infini et il ne cachait pas la fierté qu’il avait d’elle, il regrettait simplement que sa venue au monde ait marqué la mort de sa chère et tendre Julia. Ne voulant pas sombrer de nouveau dans la mélancolie, il la questionna à son tour sur le sujet des enfants.

- Et vous, vous n’avez jamais souhaité avoir d’enfants?

Cette question ne sembla pas plaire à la veuve qui détourna aussitôt son regard du sien. Un lourd silence s’installa alors entre eux durant quelques secondes ou ils semblèrent tous deux perdus dans leurs pensées. Tels deux stratèges qui envisagent la prochaine bataille chacun cherchait à savoir jusqu’à quel point il pouvait avoir confiance en l’autre. Jusqu’où il pouvait pousser la confidence. La question qu’il venait de lui poser semblait pourtant simple en apparence, mais après l’avoir dite et observée les changements qui s’était produits chez Helvia, Marcus regretta immédiatement ses paroles. Ce qu’il crut pouvoir lire dans ses yeux le toucha profondément et il comprit aussitôt sa douleur. Cela lui rappela toutes ces années ou avec Julia, ils avaient attendu en vain la venue de cet enfant qui ne venait jamais. Pendant des années, Julia était restée stérile ou avait fait des fausses couches à répétitions avant que finalement elle puisse porter un enfant à terme. Était-ce ce qu’avait également vécu la veuve ou n’avait-elle tout simplement pas la fibre maternelle. Le sujet étant à ce point délicat, Marcus décida de ne pas insister et préféra s’excuser auprès d’elle pour son manque de délicatesse. Heureusement, elle ne sembla pas lui en porter rigueur et le remercia d’un simple regard qui voulait tout dire. Alors qu’il cherchait un sujet sur lequel il pourrait échanger, Helvia vint à son secours en lui parlant de ses projets pour elle et Tirzah.

Attentif, Marcus écouta ce qu’elle avait à lui dire à ce sujet tout en gardant à l’esprit qu’il devait penser en fonction du bien-être de Tirzah et non du sien. Il fut alors surpris par le changement qui se fit automatiquement chez la veuve alors qu’elle lui parlait de ses projets pour la jeune femme. Elle semblait beaucoup plus sûre d’elle et elle rayonnait totalement. Son discours était enflammé et dans son regard on pouvait y lire toute la passion et la détermination qui habitent les véritables visionnaires et bâtisseurs d’affaires. Étant lui-même doué pour le commerce, il prenait un véritable plaisir à l’écouter. Ce qui le réjouissait surtout était de constater à quel point elle avait le véritable désir de l’aider à faire connaître son talent plutôt que de vouloir l’exploiter. Alors qu’elle reprenait son souffle, Marcus l’interrompit un instant et lui dit :

- Ma chère Helvia, je tiens tout d’abord à vous remercier de venir me parler directement de cette affaire. Je suis très reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour Tirzah. Depuis qu’elle vous a rencontrée, elle rayonne et elle est si heureuse de pouvoir utiliser son talent à quelque chose de réel. Il est vrai que je n’y connais pas grand-chose à la mode, mais comme vous le savez déjà sans doute ma famille a une affaire d’import-export d’objets de valeurs et je fais souvent le commerce de tissus de qualité donc je m’y connais quand même un peu en chiffons…

Amusé Marcus, lui fit un léger sourire et reprit la parole :

- Voyez cette tunique, il fit un léger tour sur lui-même pour lui montrer la précision de la confection du vêtement et les détails de la broderie et ajouta (...) il s’agit d’une création du Tirzah. Moi qui suis habituellement habillé par les meilleurs tailleurs du pays, je dois dire que jamais je n’ai vu un travail aussi fin et délicat. Je suis donc convaincu que vous ne serez pas déçu de ce qu’elle vous a préparé. Quant à savoir si je vais lui permettre de faire des affaires avec vous, je me dois de vous dire que cette question ne m’appartient pas. Enfin, elle ne m’appartient plus puisqu’au sens strict du terme puisque Tirzah n’est plus ma propriété. Je l’ai affranchie tout récemment. Elle est donc libre de prendre ses décisions pour elle-même. Je vous conseille donc de lui parler directement de vos projets.

Voyant la surprise dans le regard de la veuve, Marcus enchaîna immédiatement en lui disant :

- Quant à la question monétaire, elle ne se pose plus puisque vous pourrez remettre directement à Tirzah ce qu’il lui revient de droit. Seulement, je voudrais moi aussi investir dans son talent afin de le faire connaître à tous seulement je voudrais que ceci reste un secret entre nous. Je ne veux pas qu’elle apprenne que j’ai offert de l’argent pour l’aider à partir son affaire. Je connais le tempérament de Tirzah et son désir d’indépendance. Si elle sait que j’ai financé votre entreprise, elle refusera votre offre et ce serait très regrettable. Pouvons-nous nous entendre sur cette question?


Dernière édition par Marcus Vinicius le Sam 18 Oct - 15:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
₪ Ecrits : 2156
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Veuve et amante de Publicola
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 30 Sep - 18:16

Il est des passions assez fortes pour être lues dans les yeux. Helvia, à cet instant, brûlait de ce feu passionnel qui s’emparait d’elle chaque fois qu’elle se livrait à une discussion d’affaires. Elle avait cette étincelle dans le regard, celui de la matrone en chasse, prête à signer là un nouveau contrat, un nouvel accord, une nouvelle victoire sans arme et sans blessure, mais avec la même fierté du devoir accompli. Car maintenir la gloire de son nom, et plus encore de son cognomen, passait par les seules victoires que pouvaient gagner les femmes des Rome : les tours de forces politiques et commerciaux. Avec Tirzah à ses côtés, la veuve espérait bien imposer davantage son nom dans le monde des affaires pompéien. Mais pour ce faire, elle avait besoin de l’accord de Vinicius.

Ou du moins, le croyait-elle encore…

Le légat l’écouta sans un mot mais avec un intérêt sincère qui transparaissait sur son visage. Les explications de la gauchères se succédaient avec précision et conviction et le militaire y semblait assez sensible. Du moins, il ne l’avait pas arrêtée tout de suite, ce qui laissait entendre qu’il était au moins ouvert à la discussion. Et quand sa voix gronda de nouveau, le ton qu’il utilisa rassura Helvia sur ses premières impressions.

La veuve fronça quelque peu les sourcils, comme elle le faisait systématiquement lorsqu’elle réfléchissait. Cette joie communicative qui avait pris le légat l’intrigua quelque peu, car porter tellement d’intérêt à une de ses esclaves et à son bonheur était une qualité rare chez les patriciens de l’Empire. Il était pourtant mal venu de chercher aujourd’hui à creuser cette étrange façon de parler d’une esclave, car Helvia avait des objectifs clairs qu’elle voulait remplir avant le lever du jour et il serait temps bien plus tard de satisfaire son élan de curiosité. Elle garda donc le silence sur ces quelques questions et se concentra plutôt sur les révélations inattendues de Vinicius. Tirzah était libre ? Voilà qui changeait fondamentalement l’intérêt de cette affaire… Car si Vinicius n’était plus le propriétaire de Tirzah, il n’avait plus de part légitime à prendre dans cette entreprise.

La veuve réfléchit sans rien laisser paraître, mais la liberté de la couturière l’enchantait. Etre la seule patricienne à la tête du commerce de Tirzah était, certes, porter sur ses épaules la totalité des risques entrainés par la création d’une nouvelle échoppe, mais également s’octroyer la totalité des profits que Helvia espérait déjà grands… Seulement, le légat dû remarquer son trouble et en profita pour lui faire part de ses propres intentions : investir lui aussi dans le commerce de la jeune couturière.

Helvia réfléchit. Maintenant qu’elle avait le choix, c’était à elle de prendre une décision, chose à laquelle elle ne s’était pas vraiment préparée. Mais la veuve n’était pas femme à avoir peur des rebondissements. Un rictus se dessina alors sur ses lèvres alors qu’elle ne quittait pas Vinicius des yeux. Elle laissa un doux silence s’installer quelques secondes, le temps de trouver la meilleure façon de lui exposer sa position. Le jeu des affaires était complexe. Imposer son choix sans perdre de possibles alliances était un manœuvre délicate, souvent périlleuse, à laquelle Scaevola avait déjà échoué plusieurs fois. Elle possédait cependant l’avantage d’un contact visiblement favorisé avec le légat, certains signes ne trompaient pas. Tous deux, semblaient s’apprécier, et la veuve espérait bien en tirer quelque facilité de négociation. Le monde des affaires était parfois une simple question de comédie…

- Voilà une nouvelle surprenante, en effet, mais dont je suis naturellement heureuse pour elle. Il est difficile de comprendre exactement la valeur que peut avoir une liberté quand on n’en a jamais été privé. Quoique certaines femmes tout à fait romaines pourraient certainement en avoir une idée plutôt bonne…

Evidemment, Helvia se rangeait sans hésitation dans cette catégorie. Mais elle se garda bien d’en faire part au légat.

- Je me dois évidemment de vous confier quelques réticences maintenant que le statut de Tirzah a changé. Comprenez qu’une relation d’affaires durable peut difficilement reposer sur un mensonge et il serait bien mal avisé de ma part que de débuter ainsi l’alliance que je compte forger avec cette jeune femme. De plus, si je dois à partir d’aujourd’hui vous considérer comme un ami, je ne voudrais pas me trouver responsable d’une mésaventure financière pour vous dès notre premier accord si l’entreprise que nous souhaitons créer avec Tirzah s’avérait tourner à l’écher…

Pure rhétorique, pure hypocrisie, et Vinicius n’y serait certainement pas dupe. Helvia n’avait que faire d’être parfaitement sincère avec une toute jeune femme libre ou d’entrainer de son plein gré un homme dans un gouffre financier. Mais ce genre de stratégies avait en général des résultats plutôt honorables car il était toujours difficile pour la partie adverse d’insister pour s’imposer sans prendre des risques et la plupart préféraient remettre la bataille à plus tard. Ainsi, la veuve conservait la main mise sur le commerce de Tirzah et plus rien ne la liait à une quelconque autre fortune de la ville. Seule investisseuse, seule décisionnaire… Voilà quelque chose qu’elle ne pouvait bien évidemment qu’apprécier.

Comme pour convaincre le légat d’abandonner tout de suite l’envie d’argumenter davantage, Helvia lui lança un délicieux sourire teinté d’une légère ironie. Vinicius comprendrait qu’elle ne voulait clairement pas de lui et de son argent dans cette affaire, elle en était certaine. Nul besoin donc de jouer une comédie à la fausseté déjà dévoilée. La gauchère préférait jouer la carte de l’intelligence commune : tous deux comprenaient, tous deux savaient et tous deux devaient découvrir qui se tenait réellement en face d’eux. Vinicius découvrait là qui était celle que l’on appelait Scaevola. Peut-être apprécierait-il cette facette de sa personnalité, peut-être écorcherait trop profondément sa fierté masculine… La veuve ne pouvait rien prévoir et dans le fond, elle s’accommoderait de l’une ou l’autre de ces possibilités. Mais pour Lucius certainement plus que pour elle, elle espérait que le légat s’en amuse plutôt qu’il s’en offusque.

- Ne voyait pas cela comme un affront, Marcus Vinicius. Plutôt comme la prudence d’une amie future… dit-elle d’un ton taquin en amenant sa coupe à ses lèvres.

Déjà, le spectacle prenait fin et la veuve réalisait le temps qu’elle avait passé seule avec le légat. Il était certainement l’heure de retrouver le cœur de la fête. Encourageant Vinicius du regard, elle tourna les talons pour retourner dans la villa où le duumvir se préparait à sa dernière allocution. Demeurant malgré tout avec le légat, elle observa Lucius en patriarche accompli, entouré de ses alliés les plus proches et des membres de sa famille les plus chers à son cœur. Au milieu de cette assemblée, la veuve comprit comme ce mariage pouvait changer l’avenir de sa propre gens. Un sourire énigmatique se dessina sur ses lèvres fines alors que Lucius boit une gorgée de vin pour sceller ses dernières paroles publiques. D’un ton pensif, elle murmura alors à l’attention de Marcus :

- Il semblerait que cette soirée touche doucement à sa fin… J’espère l’avenir de cette gens aussi brillant que le fut cette soirée. Mais ces deux jeunes me donnent bon espoir.

Son regard se posa sur sa nièce et son beau fiancé. Tellement de choses pesaient sur leurs épaules désormais. Mais de belles promesses pavaient leur chemin, la veuve en était certaine. A elle, à Lupida, à Lucius et aux autres de veiller à présent qu’ils ne s’en éloignent pas…

__________________________

Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Sam 18 Oct - 15:10

Il est de ces moments qui ne s’oublient pas. Des instants, qui ne reviendront probablement jamais, mais qui en un rien de temps vous transforment et changent votre vie pour toujours. En franchissant la porte de la demeure de mon grand ami Lucius ce soir, je ne m’étais pas préparé à ce que ma vie en soit bouleversée pour toujours. J’y étais venu pour faire acte de présence et apporter mon appui à cette famille que je considère un peu comme la mienne. J’y étais également venu pour féliciter mon neveu pour ses fiançailles et rencontrer sa promise. Fatigué des mondanités, j’aurais certes préféré restés bien confortablement chez moi en compagnie de ma fille et de ma tendre Tirzah, mais il y a des ces invitations qui ne se refusent pas. Aussi, je refoulai mes envies et me rendit à la villa des Mystères pour assurer une fois de plus mon indéfectible amitié et loyauté au Duumvir.  

Entourée de tous ces gens qui formaient la belle société de Pompéi, je ne me sentais pas à ma place. Je me rendais compte que j’étais de plus en plus blasé par ce monde qui avait toujours été le mien. Je me rendais également compte que la guerre et les champs de bataille me manquaient plus que je ne l’avais imaginé. Contrairement à Lucius, je n’avais jamais eu ce don pour la conversation et pour les mondanités qui sont le lot des politiciens. En somme, je m’ennuyais profondément, et ce jusqu’à ce que je sois surpris par une proposition pour le moins étonnante de la part de la jeune Pompeia Preadita. Cette discussion que nous avions eue un peu plutôt elle et moi allait considérablement changer ma vie et celle des miens. Avant de prendre une décision d’une telle importance, j’avais besoin de temps et j’étais justement perdu dans mes pensées lorsque je fis finalement la connaissance de la dame qui se trouvait présentement face à moi. J’avais souvent entendu parler d’elle sans jamais pouvoir savoir de qui il s’agissait et maintenant que nous avions fait connaissance, il était indéniable que jamais je ne pourrais oublier cette femme.  

Helvia Claudia Scaevola. Une femme mûre, une femme d’expérience. Une grâce et une élégance a coupé le souffle. Bref, une femme comme il n’en existe que très peu. Un visage qui ne s’oublie pas. Moi qui croyais que j’allais m’ennuyer à mourir durant cette soirée, voilà que je me retrouvais en pleine discussion avec cette magnifique patricienne à discuter de tout et de rien. Après des présentations d’usages, nous avions parlé de notre affection pour Pompéi et de notre vie passée à Rome. Et puis soudainement. La discussion se mit à dérailler sur le monde des affaires. Femme d’affaire avertie, curieuse de nature et fort probablement très généreuse lorsqu’elle était passionnée par un projet, le regard d’Helvia se mit à pétiller lorsqu’elle se mit à me parler de Tirzah.   Impressionnée par la qualité de son travail et par la beauté de ses modèles, elle semblait vouloir profiter de ma présence pour m’exposer ses idées et projets pour faire connaître le talent de Tirzah au reste du monde. Connaissant la relation qui existait depuis peu de temps entre Tirzah et Helvia, je ne fus pas surpris de ce qu’elle me dit et je devais même avouer que j’étais très fier de l’entendre parler de ma jeune protégée en des termes si élogieux. La petite avait énormément de talent et j’étais d’accord qu’il fallait absolument que son travail soit reconnu.  

- Ma chère Helvia, je tiens tout d’abord à vous remercier de venir me parler directement de cette affaire. Je suis très reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour Tirzah. Depuis qu’elle vous a rencontrée, elle rayonne et elle est si heureuse de pouvoir utiliser son talent à quelque chose de réel. Il est vrai que je n’y connais pas grand-chose à la mode, mais comme vous le savez déjà sans doute ma famille a une affaire d’import-export d’objets de valeurs et je fais souvent le commerce de tissus de qualité donc je m’y connais quand même un peu en chiffons…

Amusé Marcus, lui fit un léger sourire et reprit la parole :

- Voyez cette tunique, il fit un léger tour sur lui-même pour lui montrer la précision de la confection du vêtement et les détails de la broderie et ajouta (...) il s’agit d’une création du Tirzah. Moi qui suis habituellement habillé par les meilleurs tailleurs du pays, je dois dire que jamais je n’ai vu un travail aussi fin et délicat. Je suis donc convaincu que vous ne serez pas déçu de ce qu’elle vous a préparé. Quant à savoir si je vais lui permettre de faire des affaires avec vous, je me dois de vous dire que cette question ne m’appartient pas. Enfin, elle ne m’appartient plus puisqu’au sens strict du terme puisque Tirzah n’est plus ma propriété. Je l’ai affranchie tout récemment. Elle est donc libre de prendre ses décisions pour elle-même. Je vous conseille donc de lui parler directement de vos projets.

- Voilà une nouvelle surprenante, en effet, mais dont je suis naturellement heureuse pour elle. Il est difficile de comprendre exactement la valeur que peut avoir une liberté quand on n’en a jamais été privé. Quoique certaines femmes tout à fait romaines pourraient certainement en avoir une idée plutôt bonne…

Elle fit une légère pause le temps de boire un peu de son vin et sans doute pour observer ma réaction suite à ses paroles. Restant calme je me retins de répondre à sa dernière remarque. Ce n’était ni le lieu ni le temps de discuter avec elle de mon opinion sur l’esclavage. Je ne la connaissais pas encore suffisamment pour m’ouvrir avec elle sur un sujet aussi délicat. Aussi, je déposai ma coupe sur une table près de nous et repris la parole pour lui proposer à mon tour mon aide pour le développement des affaires de Tirzah :

- Quant à la question monétaire, elle ne se pose plus puisque vous pourrez remettre directement à Tirzah ce qu’il lui revient de droit. Seulement, je voudrais moi aussi investir dans son talent afin de le faire connaître à tous seulement je voudrais que ceci reste un secret entre nous. Je ne veux pas qu’elle apprenne que j’ai offert de l’argent pour l’aider à partir son affaire. Je connais le tempérament de Tirzah et son désir d’indépendance. Si elle sait que j’ai financé votre entreprise, elle refusera votre offre et ce serait très regrettable. Pouvons-nous nous entendre sur cette question?

- Je me dois évidemment de vous confier quelques réticences maintenant que le statut de Tirzah a changé. Comprenez qu’une relation d’affaires durable peut difficilement reposer sur un mensonge et il serait bien mal avisé de ma part que de débuter ainsi l’alliance que je compte forger avec cette jeune femme. De plus, si je dois à partir d’aujourd’hui vous considérer comme un ami, je ne voudrais pas me trouver responsable d’une mésaventure financière pour vous dès notre premier accord si l’entreprise que nous souhaitons créer avec Tirzah s’avérait tourner à l’échec…

Je ne fus pas surpris outre mesure par sa réponse. À vrai dire je m’y attendais et sa réponse me fit sourire. Elle n’était pas la première à refuser mon aide et mon argent. Tirzah avait également émis son désir de se débrouiller toute seule. Je devais donc m’incliner et accepter leurs décisions. Ne pas l’accepter et m’entêter ne serviraient qu’à une seule chose : perdre l’amour et la confiance de la jeune femme pour toujours et cela m’étais impossible. Et puis, je me devais d’être conséquent avec mes décisions. J’avais décidé de redonner sa liberté à Tirzah, je devais donc également accepter qu’elle agisse selon sa propre volonté sinon à quoi bon lui avoir enlevé ses chaînes.

Pour me montrer sa sincérité et son désir de rester des plus honnêtes avec moi, elle me gratifia d’un de ses plus délicieux sourires. À cet instant, je pouvais lire dans son regard toute sa détermination et sa force. Cette femme était une battante. Elle ne tenait à dépendre de personne et encore moins d’un homme pour atteindre ses buts. Libre de toutes les contraintes imposées par le mariage, elle n’allait certainement pas permettre à un autre homme de venir régenter ses affaires. J’avais pour ma part encore beaucoup de mal à comprendre ce fort désir d’indépendance qui poussait les femmes à vouloir s’émanciper de la protection des hommes. C’était sans doute dû à mon éducation, mais je n’étais pas non plus réfractaire au changement. Leurs idées nouvelles confrontaient les miennes et mon orgueil, mais je pouvais également reconnaître en Tirzah et Helvia une grande force de caractère. Me voyant perdu dans mes pensées et s’imaginant sans doute que son refus allait me froisser, Helvia reprit la parole et me dit :

- Ne voyait pas cela comme un affront, Marcus Vinicius. Plutôt comme la prudence d’une amie future… dit-elle d’un ton taquin en amenant sa coupe à ses lèvres.

Me retenant pour rire, je déposai doucement ma main sur son avant-bras et lui dit quelques paroles pour la rassurer que je ne fusse pas du tout fâchée contre elle :  

- Ma très chère Helvia, désolé si je vous ai donné l’impression d’avoir été vexé par vos propos. Je vous assure qu’il n’en est rien. Je dois avouer que je m’attendais à votre réponse et sachez que je respecterai votre désir de traiter uniquement avec Tirzah. Je resterai en dehors de vos affaires.

Je fis une légère pause et ajouta encore :

- Je tiens toutefois à vous remercier pour votre grande honnêteté dans cette affaire. Comme je vous l’ai dit précédemment, je vous suis très reconnaissant pour tout ce que vous faires pour Tirzah. J’ai pleinement confiance que vous serez la conseiller adéquatement dans ce projet.  

Invité par leurs hôtes à les rejoindre pour le discours de remerciement, je pris place près de ma compagne pour écouter les paroles de mon ami avant de nous dire au revoir. Comme à son habitude, Lucius nous gratifia d’une allocution remplie de verbes pompeux et de grandes envolées lyriques qui me fit sourire. Alors que tous trinquaient pour remerciait nos hôtes pour cette magnifique soirée, Helvia se pencha vers moi et me dit doucement :  

- Il semblerait que cette soirée touche doucement à sa fin… J’espère l’avenir de cette gens aussi brillant que le fut cette soirée. Mais ces deux jeunes me donnent bon espoir.

Je regardai à mon tour le jeune Marcus et sa fiancée au bout de la grande salle et ne put m’empêcher de me demander si toutes les manigances qui les avaient menés l’un vers l’autre allaient finalement leur nuire ou pas. Je leur souhaitais sincèrement du bonheur, mais j’avais malheureusement quelques doutes sur le sujet que je retins pour moi.

Ayant encore plusieurs personnes à saluer avant de pouvoir rentrer chez moi, je me tournai doucement vers la patricienne à mes côtés et lui dit :

- Comme vous l’avez si bien dit, cette soirée touche à sa fin et il est temps pour moi de vous saluer. Ce fut un réel bonheur pour moi de faire votre connaissance. J’espère que nous aurons prochainement d’autres occasions de nous revoir.

Avant de prendre congé définitivement, je la gratifiai d’un baise-main solennel et m’éclipsai pour aller saluer d’autres invités et nos hôtes.

~ FIN ~
Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
₪ Ecrits : 2156
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Veuve et amante de Publicola
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Lun 15 Déc - 17:34

La villa des Mystères résonnaient encore des derniers rires des invités dans cette soirée désormais bien tardive. Face à Vinicius, la veuve attendait de voir si son charme suffirait à effacer son petit affront. Le légat sembla perdu dans ses pensées un instant, de sorte qu’elle dût l’encourager à mettre fin à cet inquiétant mutisme. Mais fort heureusement, il finit lui faire abandonner à ses doutes.

- Ma très chère Helvia, désolé si je vous ai donné l’impression d’avoir été vexé par vos propos. Je vous assure qu’il n’en est rien. Je dois avouer que je m’attendais à votre réponse et sachez que je respecterai votre désir de traiter uniquement avec Tirzah. Je resterai en dehors de vos affaires. Je tiens toutefois à vous remercier pour votre grande honnêteté dans cette affaire. Comme je vous l’ai dit précédemment, je vous suis très reconnaissant pour tout ce que vous faires pour Tirzah. J’ai pleinement confiance que vous serez la conseiller adéquatement dans ce projet.

La veuve sourit. Tout semblait se dérouler pour le mieux. Gentiment, elle leva sa coupe de vin vers lui et invita le légat à y faire tinter la sienne pour célébrer sobrement ce premier accord. Avec cet ai satisfait de femmes d’affaires victorieuse, Helvia lui murmura alors :

- Je ne peux vous promettre de mener Tizrah jusqu’aux hauteurs auxquelles j’aspire pour elle, mais je ferai tout mon possible pour que ce soit le cas, je peux vous l’assure… avec votre bienveillant soutien, je l’espère.

Ils burent une dernière fois ensemble puis allèrent rejoindre le reste de l’assemblée venue assister aux dernières paroles de leur hôte. Les discours de Lucius gardaient toujours ce parlé savamment mêlé de politique, ces flatteries discrètes et ces invitations tacites à le soutenir, à le rejoindre, à former des alliances ou à les renforcer. Tout était politique, qu’importe son auditoire. Les enjeux étaient trop grands pour négliger la moindre occasion de conserver cette suprématie sur la ville qui portait le nom de son illustre famille. Le duumvir était bien trop conscient des risques qui pesaient sur lui et son entourage. Rien n’était jamais acquis à Rome et chaque célébration se révélait évidemment propice à solidifier cet ancrage des Pompeii dans la vie de la cité, pour les générations présentes et toutes celles à venir.

Helvia observa sa nièce au bras de Fortunato. Elle avait foi en elle, leur dernière discussion lui avait prouvé combien Rufia pouvait se révéler à la hauteur de la tâche qu’on lui incombait. La veuve regretta de ne pas connaître assez le fils de Lucius pour pouvoir se fier à lui totalement. Mais les Pompeii étaient une famille d’honneur et le lionceau avait parmi ses aïeuls bien des exemples dont il pouvait aisément s’inspirer. Nul doute qu’il saurait agir de la manière la plus fine et efficace pour prendre la relève de son père et faire briller les Pompeii, et les Claudii à travers son mariage.

Alors qu’elle murmura quelques mots à l’attention de Vinicius, comme une douce conclusion à cette belle soirée, le légat lui répondit avec un ton tout aussi attentionné :

- Comme vous l’avez si bien dit, cette soirée touche à sa fin et il est temps pour moi de vous saluer. Ce fut un réel bonheur pour moi de faire votre connaissance. J’espère que nous aurons prochainement d’autres occasions de nous revoir.


La gauchère lui montra un air malicieux.

- Je n’en doute pas… répondit-elle.

Le légat lui prit gentiment la main pour la porter à ses lèvres et Helvia lui lança un sourire amusé.

- A très bientôt en ce cas, Marcus Vinicius.

Elle le regarda s’éloigner pour saluer les derniers invités encore présents avant de s’éclipser. Dix ans avaient passé avant qu’ils ne puissent enfin avoir cette conversation, dix ans qui parurent désormais un véritable gâchis à la gauchère. Quels autres accords auraient pu naître durant une décennie d’alliance ? Ce soir, tous deux rattrapaient ce temps perdu, pour le plus grand bonheur de la veuve. Tirzah avait été leur intermédiaire, peut-être serait-elle leur plus grande réussite.

Alors que quelques invités s’éloignaient déjà pour retourner dans leurs villas respectives, Helvia hésita à aller retrouver Lucius pour le saluer une dernière fois. L’envie était présente mais la veuve savait se protéger des risques inutiles. Sa femme était présente à ses côtés tout comme bon nombre de membres de sa famille qu’il serait bien malheureux de contrarier d’une pareille manière. La discrétion était de mise et le moindre regard pouvait être dangereux dans un tel milieu. Résignée, elle se dirigea sans un mot vers la sortie à son tour. Elle lança malgré tout un dernier regard au duumvir, en espérant qu’il la remarque avant qu’elle ne disparaisse pour rejoindre la villa Scaevola, un espoir vivifiant au cœur qu’elle souhaitait naturellement garder le plus longtemps possible.

HRP:
 

__________________________

Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités]

Revenir en haut Aller en bas
 

Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Rupture de fiançailles
» Des bagues de fiançailles !
» Retrouvailles & Fiançailles [Pv: Aaron, Jacob & Swann ]
» Des fiançailles nobles par nature
» Fiche technique de Lion Damon [ Validée ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POMPEII, TERRA DEORUM ₪ ::  :: Archives RPs-