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 Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités]

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₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Message(#) Sujet: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Lun 11 Nov - 18:49


Spoiler:
 

Il n'y a pas que le Dies Lustricus dans la vie, que diable ! Pouah d'ailleurs, que cette fête si banale pour accueillir un nouvel arrivant dans la vie de ses traitres de parents, n'est-ce pas ? Lecteur, je te sens un peu récalcitrant, mais tu verras que tu y viendras... Je disais donc, il n'y a pas que la naissance de la dernière Licinia, surtout que voilà un événement inintéressant au possible (oui oui, tu me lis bien Lecteur, j'ai dit inintéressant). Face à la médiocrité, opposons donc le jour le plus important du moment, où le glamour va se disputer avec le raffinement, où le beau monde va rivaliser avec les plus délicats des mets, j'ai nommé, le jour des fiançailles officielles du fils de Lucius Pompeius Publicola, le bien surnommé Fortunato.

Pour rappeler l'enchaînement des événements à ceux qui s'étaient endormis au fond de la salle, Lucius avait gentiment demandé (enfin d'aucun diront sommé, mais ils mentent) à son fils d'aller rencontrer au plus tôt sa future épouse, la si belle Claudia Rufia car le père avait arrangé le futur mariage par l'entremise de la vestale Cassia, qui était arrivée, blanche apparition dans son tablinum, avec ses visions de l'avenir et cette alliance plus que tentante. Le patriarche avait fait un peu la fine bouche, il avait essayé de faire celui qui ne cède pas vite, mais il avait adhéré à l'idée dès que la bouche de Cassia la lui avait soufflée. Mettre au courant Fortunato s'était révélé une conversation moins agréable pour Lucius mais il avait fini par dire en gros : c'est comme ça, et Fortunato était allé rencontrer sa future épouse.

Entre temps, le ciel nous était tombé sur la tête, comme disent certains gaulois, et à Pompéi, on avait bien besoin de se remettre en scelle, de se redorer le blason, de penser à autre chose, en bref, de faire une fête bien arrosée. Une fête qui éclipserait ou tout du moins tenterait d'éclipser la petite sauterie des Licinii pour leur babillante progéniture (une fille, gniark gniark gniark).

Lucius avait également eu des démêlés avec Caria, son esclave, à qui il avait dû retirer son statut privilégié, car elle lui avait fait une scène concernant son malheur. En patriarche hermétique, il n'avait rien voulu entendre et avait plus ou moins sévi (tout en épargnant à l'esclave de vivre avec son bourreau de concubin, pour ce que ça changeait). Et puis, entre temps, la petite avait pris la poudre d'escampette, déclenchant l'ire de son maître, mais ceci est une autre histoire. En bref, il avait fallu réorganiser toutes les cuisines, surtout que la remplaçante de Caria n'était pas, dirons nous, le même cordon bleu.
Aujourd'hui, heureusement, elle s'était sensiblement améliorée. Et puis on avait décidé, entre parents Pompeii, de servir des mets délicats certes mais typiquement romains : des yeux d'anguille en gelée, des oreilles de cochons confites dans du miel, des légumes finement hachés et braisés qu'on avait disposés dans les entrailles de divers poissons, je ne vous apprends rien. Le vin coulerait à flots, bien entendu, le meilleur, le plus cher et non celui qui était produit sur les terres de la villa, qui n'était pas aussi goûteux que celui de Falerne. Enfin, une immense sculpture de glace serait présentée au dessert, au milieu de fruits frais, dessinant deux chevaux cabrés, un prodige emprunté aux soirées tendances à Rome, dont personne ne savait exactement comment on réussissait à avoir des pains de glace suffisamment gelés pour qu'ils demeurent en sculpture... Disons qu'en hiver, c'était beaucoup plus facile qu'en Juli. Quoi Lecteur ? C'est vrai, je te jure, je ne te prends pas pour un simplet, je t'explique c'est tout.

Le Duumvir, à la perspective d'organiser tout cela, était sur le fil de l'excitation depuis des jours : comprenez qu'il était tout bonnement insupportable (oh je t'ai entendu Lecteur, oui plus insupportable que d'habitude, si tu veux...) et qu'il menait toute la maisonnée à la baguette. Les invitations étaient parvenues aux divers proches de la famille. C'est ainsi que les parents Pompeii, la si belle Flavia et Lucius, attendaient tous deux leur arrivée. La vaisselle dorée, les tentures et divers tissus rouges rappelaient les couleurs des hôtes et un grand enclos avait aménagé, dans le jardin, à l'orée de la villa, où broutaient pour l'instant au calme, des purs sang au poil brillant. La nuit tombait peu à peu et les esclaves voletaient, de ci, de là, afin que tout fut prêt à l'heure dite.

Dans son for intérieur, Lucius se réjouissait d'enfin officialiser cette alliance avec les Claudii car c'était là l'occasion de voir plus facilement et de parler en public à une certaine personne chère à son coeur...

__________________________


Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 







Dernière édition par Lucius Pompeius Publicola le Mer 13 Nov - 20:42, édité 1 fois
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₪ Côté Coeur: Il se comporte étrangement à chaque fois qu'il apperçoit ses deux yeux vairons...
Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 13 Nov - 19:35



Sujet déverrouillé

Le topic est réouvert pour les membres des familles Pompeii et Claudii qui ont tous été contactés personnellement (je présume... XD) par notre vénérable (et vénéré Razz) Duumvir! Wink

Liste des participants:
 

Nous espérons que ce compromis trouvé d'une soirée davantage privée permettra tout de même aux principaux intéressés de voir leur personnage évoluer de la manière souhaitée... I love you

Très bon jeu à tous et félicitations aux jeunes promis! Fire 

Votre toujours dévoué, Priam

PS: Ce message sera effacé après les premières réponses des invités.

by Semper Eadem
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Priam dit bonjour:
 
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Sam 16 Nov - 23:00

Certains évènements se révélaient être cruciaux, de par leur caractère majeur. Comme vos fiançailles officielles. Alors, il va de soi qu'il vous est impossible de ne pas être présente. Et, dans l'esprit de Claudia Rufia, cela signifiait également apparaître à son avantage, et dans les meilleures conditions physique et mentale possibles. C'était d'ailleurs avec cet argument choc qu'elle avait réussi à faire céder son frère aîné quant à l'une de ses exigences. Elle refusait de se cacher, ou plutôt, d'être cachée, à l'intérieur d'un convoi, pour se rendre jusqu'à la Villa des Mystères, là où se dérouleraient, par volonté du Duumvir Lucius Pompeius Publicola, les fameuses fiançailles officielles dont il était question. Non. La jeune patricienne avait souhaité pouvoir, pour une fois, apparaître comme quelque peu émancipée d'une trop lourde tutelle. Et à ses yeux, cela passait par pouvoir monter à cheval. Oh, pas comme les hommes, bien sûr. Mais il existait une façon bien féminine de pratiquer l'équitation. Il fallait certes aller au pas, mais au moins, on ne se trouvait pas enfermer à l'intérieur d'un convoi. On prenait l'air frais et on pouvait admirer les alentours, d'une certaine hauteur. Son aîné avait pesté, mais il avait cédé. Non sans avoir fait en sorte d'ordonner à Rufia d'absolument rester au pas, et de trotter à ses côtés. Lui monté sur Bucéphale, et elle sur Italia, l'une des juments des écuries de la Villa Claudia, à Pompéi. Du coin de l'oeil, la jeune fille n'avait cessé d'observer son frère, qui se mordait très probablement déjà les doigts de lui avoir en quelque sorte cédé. Mais elle l'avait menacé de faire la tête toute la soirée, et comme ce n'était absolument pas ce qu'il voulait ... Il n'en demeurait pas moins que Rufia comprenait parfaitement pourquoi la gente féminine appréciait tant le faciès de son frère, même lorsque celui-ci avait une mine pincée, et qu'il fronçait les sourcils.

Rufia laissa son frère l'aider à descendre, sans repousser sa main, tout à fait consciente qu'elle avait besoin de lui, quelque peu engoncée qu'elle pouvait être, dans ses jupes et ses voilages. Pour la circonstance, la jeune patricienne avait décidé de rester quelque peu dans le ton des noces à venir, tout en sachant s'en différencier. En d'autres termes, elle avait choisi d'inverser les coloris. Pour la circonstance, sa stola se trouvait donc être couleur safran, alors que c'était sa palla qui se teintait d'un blanc entre le pur et le cassé. Dans ses cheveux roux, une petite tiare en fer forgée prenait place, ornée, de-ci de-là, de petites pierres précieuses, rouges. Saurait voir le geste, et la symbolique, qui parviendrait à ouvrir l’œil et à accorder de l'importance à cette petite touche de détail. Remettant de l'ordre dans les plis de sa tenue, Rufia se prit à lever les yeux vers le ciel, qui s'étoilait de plus en plus, à mesure que Diane prenait son règne dans les cieux, bien haute, et que la pénombre s'abattait sur eux, simples mortels qu'ils étaient tous. Petites fourmis qui parcouraient la terre. Mais finalement, son frère décidait de la ramener à la réalité, alors que l'on prenait soin de leur monture respective. Cette petite incartade étoilée avait surtout eu pour dessein de divertir Rufia des mondanités qui l'attendaient. Certes, elle avait déjà rencontré ses futurs beaux-parents, puis son futur époux. Mais il n'en demeurerait pas moins que tous les regards seraient braqués sur elle. Et jamais encore, auparavant, Rufia ne s'était sentie dans l’œil du cyclone avait autant d'intensité. Auparavant, on l'avait ciblé en tant que fille de Marcus Claudius Urbicus. Aujourd'hui, certains l'observeraient et la dévisageraient en tant que Rufia, tout simplement, future épouse de l'héritier de la gens des Pompeii.

Cependant, rien dans son attitude ne laissait déceler ses réelles pensées. Ses pas étaient assurés, tout en s'abstenait bien d'être conquérants et incisifs. Et, en réalité, elle s'abstint d'accorder le moindre regard trop prononcé ou trop appuyé, à quiconque. Sans snobber. Ses pas devaient la mener jusqu'à ses futurs beaux-parents, et lorsqu'elle aperçut leurs silhouettes, plus rien d'autre n'avait, pour l'instant, d'importance. Sans doute devrait-elle d'abord chercher à trouver son futur époux. A vrai dire, elle n'en savait trop rien, et préférait jouer la carte de la politesse, de la courtoisie, et du respect. Elle était ici chez les parents de Fortunato, chez les hôtes de ces fiançailles officielles, donc. De plus, pour l'instant, son regard n'avait pas encore trouvé son fiancé. Alors ... Alors, lorsqu'elle se présenta face à Lucius et à Flavia, elle leur fit son sourire le plus poli, alors que la main-mise de son frère se détendait légèrement. Effectuant un salut de tête respectueux, elle laissa ses lèvres s'entrouvrir, pour découvrir ses dents blanches, droites, régulières, et bien alignées.
    ❝ Flavia Pompeia Lupida, Lucius Pompeius Publicola, bonsoir à vous. Je vous remercie de tenir en votre domus une telle cérémonie ... ❞

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« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 17 Nov - 20:38

Grand jour pour les Pompeii? Grand jour? Oui, c'était ce qui se disait au sein de la cité. L'héritier des Pompéi se fiançait. Et c'était un grand événement. Toute la cité était au courant. Il faut dire que les habitants ne rataient pas une occasion pour s'amuser. Et avec le Dummvir, les choses avaient du être préparées de façon fastueuse. Je n'en doutais pas. Il fallait toujours faire mieux que tout le monde. Et puis, c'était aussi une façon de se différencier des Licinii qui accueillait un nouveau né... Et pourtant, je n'avais franchement pas la tête à faire la fête et à parader devant toute la bonne société de Pompéi. J'aurais préféré reporter cette soirée mais c'était bien sûr, hors de question. Je me devais d'être présent et de me comporter comme l'héritier que je suis. Oui, j'avais bien compris la « leçon » de ma mère à ce sujet. Sans nouvelles de moi, c'était elle qui était venue jusqu'à la Meridiana. Elle m'avait parlé de mon père, non sans mettre toutes les formes possibles pour adoucir ses propos et me faire passer son discours. J'avais été à deux doigts d'écourter cette entrevue. Mais je connaissais mes responsabilités malgré ce que mon père pouvait dire. Alors je savais que je devais assister à cette soirée. D'ailleurs, elle n'aurait aucun sens, sans ma présence. Mais j'aimais bien lui procurer quelques sueurs froides. J'y prenais de plus en plus plaisir à mesure que les jours s'écoulaient.

Après un énième rappel de Sertorius alors que j'étais sur Fortis, lui faisant faire quelques exercices, je me décidais enfin à me préparer. Soupirant, je descendais de l'étalon, le flattant un peu pour son bon travail avant de donner la corde à l'un des esclaves de l'écurie. Alors que j'entrais dans la domus, l'intendant me rappelait alors le déroulement des choses, les personnes qui allaient être présentes. Je l'écoutais tout en me dirigeant vers Neris, qui me montrait des tuniques toutes plus élégantes les unes que les autres. Je me décidais à prendre celle de couleur verte et doré. Je choisissais également les bracelets, le collier qui allaient compléter ma tenue, sans oublier la ceinture en cuir et en argent. Je jetais ensuite un œil à Sertorius demandant si le medicus allait bientôt arriver. Ce dernier m'expliqua qu'il n'allait pas tarder. Et c'était vrai. Quelques minutes après avoir fini de me préparer, le medicus me donnait des nouvelles. La situation n'était pas encore hors de danger mais elle s'en approchait. Je laissais mes instructions au medicus, le payant une nouvelle fois, grassement. Je lui demandais une nouvelle fois, de me donner régulièrement des nouvelles de sa patiente. Et je lui rappelais qu'il devait s'occuper d'elle, de façon continue tant que le mal n'était pas parti définitivement. Il avait déjà réussi à faire des miracles et je voulais que cela continue. Je lui donnais donc ces instructions avant de lui offrir une bourse de sesterces. Je donnais à l'un des esclaves, les ordres de lui donner tout ce dont il avait besoin et que cela soit préparé rapidement.

Quelques minutes plus tard, j'arrivais, par la plage à la villa des Mystères. Je remontais le chemin pour entrer dans la propriété. Les esclaves qui se trouvaient aux portes, ouvraient ces dernières pour me laisser entrer. J'étais en retard et je préférais faire une entrée discrète. Non pas que cela m'ennuyait plus que ça, mais je pensais surtout à ma mère. Et c'était d'ailleurs pour elle que j'avais fais tous ces efforts. Je laissais un esclave prendre les rênes d'Argento pour le mener à l'écurie. Puis j'entrais par l'une des portes arrières de la villa. L'atmosphère était à la fête comme je me l'imaginais. Le Dummvir devait se trouver sur son piédestal. Ce constat me soutira un soupire, agacé. Il y avait déjà quelques invités. J'observais le décor d'un air absent avant de poser mes yeux sur mes parents au centre de la  pièce et Rufia qui venait à leur rencontre. La laissant saluer mes parents, je venais à leur rencontre. Je n'oubliais pas mes bonnes manières, malgré les circonstances. Une fois les salutations faites, je m'avançais à mon tour vers la patricienne.

« Rufia. Je suis très heureux de te revoir. »

Je lui tendais ma main pour qu'elle s'en empare. Nous avions des invités à saluer et quoi de mieux pour montrer l'image d'une famille parfaite, sans secret, sans tabou, sans animosité, que de se tenir tous ensemble uni, devant le flot des Pompéiens qui allaient franchir le seuil de la villa des Mystères? Une fois la jeune femme à mes côtés, je reportais mon attention sur les autres invités.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 19 Nov - 17:44

Le soleil se couchait doucement sur la ville. Dans ses appartements, Marcus terminait de se préparer pour le banquet que les Pompeii donnaient en l’honneur des fiançailles de leur fils Fortunato. Ce dernier devait épouser, la jeune Claudia Rufia. Il savait très peu de choses à propos de la jeune femme sinon qu’elle était une cousine de Claudia Cassia. Elle venait d’une famille fort respectable et il ne doutait pas que la jeune femme soit parée des plus grandes qualités seulement c’était toute l’idée du mariage arrangé qui l’indisposait.  

Alors qu’une esclave terminait de plier sa toge sur son épaule, il regarda son reflet dans un miroir. Pour l’occasion, il avait choisi de porter une magnifique tunique de couleur bleu-anthracite brodée de fil d’or sur laquelle une toge assortie avait été pliée avec soin. Les vêtements qu’ils portaient étaient très stylisés et cousus dans les plus riches étoffes disponibles sur le marché. Ils auraient très bien pu passer pour des vêtements faits par les plus grands couturiers de Rome, mais en vérité, ils avaient été confectionnés par Tirzah. Il s’agissait d’un cadeau de la jeune femme et il était très fier de parader dans d’aussi beaux vêtements faits par la femme qu’il aimait. Prêt à partir, Marcus se dirigea ensuite vers la chambre de sa fille pour s’assurer que cette dernière était également prête. Vêtu d’une tunique de soie vert émeraude elle resplendissait de beauté. Pour ajouter un peu de style a sa tenue, Tirzah lui avait fait une coiffure ou s’entremêlaient des rubans de sois ornées de perles. Sans voix, Marcus resta un moment à la regarder. Ainsi habiller et coiffée elle ressemblait tellement a ça défunte épouse qu’il en avait eu le souffle coupé. Ému, il s’avança vers elle et la souleva dans ses bras pour l’embrasser et lui dit :    

- Ma chérie. Il ne peut pas exister en ce moment un père plus fier que je ne le suis. Tu es magnifique.

Il l’embrassa tendrement et lui indiqua d’aller prendre son manteau puisqu’ils allaient bientôt partir. Il se tourna ensuite vers Tirzah pour la remercier une fois de plus de son aide avec la petite et il l’embrassa à son tour. Avant de la quitter pour la soirée, il l’embrassa de nouveau et lui dit à l’oreille :  

- Tu as des doigts de fée mon amour…


***


À leur arrivée à la villa des Mystères, ils furent accueillis par Cicero et d’autres esclaves de la maison. Marcus salua chaleureusement l’intendant de son meilleur ami et aida sa fille à enlever sa cape de laine qu’il remit à une esclave. Ils prirent ensuite le chemin vers l’immense triclinium où les attendaient le maître de la maison et sa famille. Marcus salua tout d’abord les dames de la maison à commencer par Flavia Lupida a qui il présenta Vinicia ainsi que les filles de cette dernière Virgina et Aurea. Tout près d’elle se trouvait l’élégante Flavia Albina ainsi que la plus jeune sœur de Lucius, Pompeia Praedita. Une fois les salutations de politesse terminée, Marcus se tourna vers son ami à qui il fit une accolade et lui dit avec grande fierté :

- Lucius laisse-moi te présenter mon petit rayon de soleil, ma fille Vinicia.

Intimidée devant tous ces inconnus, la petite restait en retrait derrière son père. Par politesse, elle fit un léger sourire à l’ami de son père, mais elle garda le silence laissant son père discuter avec l’hôte de la soirée. Curieuse, la petite regardait tout autour d’elle et lorsqu’elle aperçut enfin un visage qu’elle reconnaissait, elle tira sur la main de son père et lui demanda la permission pour aller saluer Fortunato. Ce dernier acquiesça avec plaisir et laissa partir sa fille vers le jeune fiancé. Au bout de la pièce, Fortunato saluait sa promise lorsqu’il sentit qu’on tirait sur le bas de sa toge. En se tournant, il aperçut la petite fille de Marcus qui lui souriait et lui dit :

- Bonsoir mon amie. Je suis triste mon papa m'a dit que tu allais te marier.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 20 Nov - 0:59

Flavia Pompeia Lupida arborait un large sourire en pénétrant dans la salle de la villa des Mystères dans laquelle les époux Pompeii recevaient leurs hôtes ce soir-là, l'un de ces sourires chaleureux et bienveillants qui lui avait valu sa réputation de parfaite maîtresse de maison à Pompéi. Mais ils étaient bien peu, parmi ceux qui se retournaient à son entrée et à celle de son mari, à se douter que le masque joyeux qu'arborait la Louve était entièrement factice. Qui aurait pu imaginer que derrière l'apparence somptueuse de la belle Flavia se dissimulait une sourde inquiétude qui montait en son cœur à mesure que le temps s'écoulait – et que son fils n'était toujours pas arrivé ? Car dès son arrivée, elle se détacha un court instant de son époux pour saluer avec effusion quelques uns des amis de la famille faisant résonner son rire cristallin dans la pièce, donnant à tous l'illusion que la situation était parfaitement sous contrôle et que tout se déroulait à la perfection. De la poudre aux yeux, voilà ce dont il s'agissait, et Lupida, revêtue d'une stola brodée de pourpre aux couleurs de sa maison qui soulignait sa taille encore délicate malgré les années et les grossesses, arborant des bijoux aux poignets, au cou et aux oreilles, dont l'éclat rivalisait avec la flamme des bougies, faisait entièrement partie de l'illusion. Ses longs cheveux blonds ondulaient soigneusement dans son dos, rappelant sans cesse la statue de la déesse Vénus qui se trouvait dans les jardins et à laquelle Flavia vouait un culte tout particulier, et malgré le fait qu'elle ait perdu depuis de longues années son surnom de « pulchra », elle ne présentait pas une beauté fanée mais paraissait dans tout le triomphe de ses trente-huit ans. Mais la Louve ne se formalisait pas de son apparence ce soir-là, combien même la soirée se devait d'être mémorable et éblouissante pour faire oublier à chacun que les Licinii fêtaient la naissance d'une dernière née, une fille qui ne pourrait hériter du nom de son père. Non, la Louve s'inquiétait de l'absence de l'un de ses petits, de celui-là même dont on célébrait les fiançailles, et qui avait provoqué une déchirure, la plus grave depuis le début de ses disputes avec son père, dans la famille. Mais elle ne laissait rien paraître, trop occupée à sourire, même si ses yeux bleus fermes et décidés revenaient de temps à autre à l'endroit où aurait dû se profiler son garçon.

L'assemblée était constituée de la fine fleur de la société pompéienne et Lupida recevait les hommages en hochant la tête, en demeurant à côté de son époux, non sans jeter à ce dernier des regards où se mêlaient fierté, celle d'offrir à Lucius cette célébration qu'il avait tant espérée, et inquiétude. La domina avait dû plaider auprès de son fils pour qu'il remît de côté leurs querelles pour se présenter à la villa des Mystères et elle savait tout aussi bien que Lucius souffrait à la fois de cette situation mais resterait buté. Elle allait tenter un geste de tendresse pour son époux lorsque Claudia Rufia fit son apparition pour les saluer à leur tour. Flavia allait détailler sa mise, fort soignée, d'un œil appréciateur quand elle vit se matérialiser aux côtés de la jeune femme le jeune Marcus et elle sentit soudainement un poids s'ôter de ses épaules. Il était venu ! Il était présent pour remplir ses devoirs de Pompeius, cela signifiait bien qu'il n'avait pas l'intention de rompre tout lien. La fête pouvait enfin commencer, et ce, sous de meilleurs auspices que quelques minutes auparavant. Que les dieux leur étaient donc favorables !
- Tout le plaisir est pour nous de recevoir la fiancée de notre fils, répliqua Flavia en faisant un signe de tête bienveillant en direction de Rufia, j'espère que nous allons tous profiter de cette soirée.
Mais elle se détourna rapidement pour adresser un sourire à Marcus, le visage réellement éclairé par une joie profonde, celui de la mère qui voit son enfant rentrer au bercail, et le regarda s'éloigner en compagnie de sa fiancée avant d'être distraite par les silhouettes de ses deux filles qui s'évitaient soigneusement ainsi que celle de sa sœur qui parlait avec un peu trop d'animation à un homme que Flavia connaissait mal. Elle allait se renseigner sur la question quand une autre arrivée, appelant beaucoup moins la suspicion, relégua ce problème et Albina au second plan.
- Bonjour, petite Vinicia, s'exclama Lupida en se baissant pour se trouver à la hauteur de la fille de Marcus Vinicius qui couvait un regard protecteur sur son enfant, à quelques pas d'elles, bienvenue à toi, je suis ravie de faire ta connaissance.
Ce faisant, elle passa sa main dans les rubans de la chevelure de la fillette alors que cette dernière semblait fasciner par la brillance de la fibule perlée de Lupida. Flavia finit par se redresser et ne put s'empêcher de lancer en direction du meilleur ami de son époux, la gorge un peu serrée :
- Elle lui ressemble tellement...
C'était évidemment à Julia qu'elle songeait mais évoquer son souvenir en ces circonstances n'était pas douloureux, au contraire. Il lui semblait que Julia revivait à travers sa fille et protéger et aimer cette dernière, c'était bien là le plus bel hommage qu'on pouvait lui faire.

En apparence, cette fête somptueuse qui prenait place dans un écrin de beauté, où le vin et la nourriture se trouvaient d'abondance, était parfaite et absolument maîtrisée de bout en bout. Mais Lupida si elle donnait le change et si elle espérait que rien n'était irrémédiable – car rien ne pourrait jamais vraiment séparer les Pompeii au cœur de lion –, avait bien conscience que les rires, les regards joyeux et les verres levés cachaient des fractures et des rancœurs : Albina lui vouait une rancune secrète, Aurea et Virginia évitaient ses pas, Marcus n'avait pas adressé un mot à son père. Mais Lupida ignorait encore que son époux lui-même avait introduit une vipère sous son propre toit.


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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Jeu 21 Nov - 15:24

La nuit était fraîche mais la lune haute. La soirée s’annonçait belle. Et pour Helvia, ce ne pouvait être que de bon augure. Les invitations étaient arrivées près d’une semaine plus tôt : les Pompéii donnaient un banquet en l’honneur de Rufia et Fortunato à la villa des Mystères. Leurs fiançailles étaient certainement le meilleur des prétextes pour regrouper tous les proches de la famille et renforcer les liens encore davantage. L’avenir des deux gens devait être droit, simple, inébranlable. Alors autant s’assurer des soutiens mutuels dés le début.

Pour la veuve, ce n’était là qu’une preuve de bon sens mêlée à un pur respect des traditions. Les Pompéii par excellence. Elle sourit.

Dans son dos, Nasica brossait doucement ses cheveux et préparait ses nattes pour lui faire une coiffure haute. Un peu plus loin, sa robe pourpre trônait majestueusement sur son lit, attendant qu’on la fasse vivre de nouveau. Helvia restait muette, regardant son reflet dans le miroir  avec des yeux interrogateurs, comme si cette femme brune qui la fixait lui posait mille et une questions. Cette soirée n’était pas une réception banale donnée par un couple de patriciens avides de louanges et de relations utiles chez les puissants. Ce soir se jouait une partie de l’avenir commun des deux gens. Ce soir se jouait l’assurance du mariage de sa nièce. Ce soir, il y aurait Lucius. Mais ce soir, il y aurait aussi sa femme.

Etrangement, Helvia remarqua un sourire en coin se dessiner sur les lèvres de la femme dans le miroir. Cette idée lui plaisait-telle ? Peut-être bien…

Quand elle avait été présentée à Lupida la première fois, Helvia était celle des deux qui avait échoué, celle qui devait baisser les yeux, écrasée sous le poids de ce qu’elle avait perdu. Elle venait de perdre celui qui la décrivait alors par ce terme de « connaissance » avec cette nonchalance plus blessante encore que s’il s’était tu. Pendant cinq ans, elle était restée seule dans l’ombre, acceptant la décision du duumvir qui n’était encore qu’édile, sans pour autant moins en souffrir.

Pourtant, aujourd’hui, tellement de choses avaient changées. Lucius lui était revenu, avec une passion peut-être plus grande encore que celle qui l’animait autrefois. Helvia l’avait récupéré. Ne le devait-elle qu’à elle ou à une force qui les dépassait tous les deux ? Elle n’en savait rien. Et cela au final ne changeait nullement la donne. Aujourd’hui, elle était au même niveau que Lupida, attachée au même homme. Soutenue par le même homme. Aimée par le même homme. D’une façon différente, elle en était certaine. Mais réelle cependant. En ressentait-elle de la fierté ? Oui, sans aucun doute possible. Revoir la Louve avec cette fierté retrouvée était terriblement agréable. Presque jouissif. Ce soir, elles seraient deux femmes face à face, partageant un secret sans en avoir vraiment conscience. Lupida se doutait-elle seulement que Lucius retrouvait une autre femme durant quelques nuits brûlantes ? Helvia espérait que non. Les défis l’avaient toujours attirée, mais la peur de perdre ce qu’elle avait mis quinze ans à reconquérir l’incitait à vouloir garder toute leur histoire aussi secrète que possible. Toujours.

Malgré tout, aujourd’hui, son amant serait là et cette fois, elle ne s’inclinerait pas devant son épouse en femme vaincue. Helvia prenait sa revanche et ce soir, elle allait venir la tête haute.

- Presse-toi, Nasica. Il est hors de question que je sois en retard ce soir…

₪ ₪ ₪

Dés l’entrée, on pouvait entendre les paroles et les rires patriciens. Quelques invités étaient déjà présents. Alors qu’elle pénétrait dans la villa, plusieurs esclaves s’occupaient de prendre les manteaux et de guider les invités jusqu’au triclinium. Helvia, le sourire aux lèvres, fière d’être de retour ici en terres désormais à demi conquises, avançait d’un pas lent et silencieux jusqu’à pouvoir apercevoir les invités qui occupaient la salle.

Une fois entrée dans le triclinium, elle s’arrêta quelques secondes, le temps d’étudier les privilégiés membre du cercle ô combien convoité des Pompéii. Immédiatement, ses yeux se posèrent sur les cheveux flamboyants de sa nièce à laquelle elle lança un regard complice quand leurs yeux se croisèrent. Le jeune homme à son bras devait être son fiancé. Elle fronça légèrement les sourcils, un discret sourire demeurant sur ses lèvres. Voilà donc celui qu’elle allait devoir surveiller d’un peu plus près. Elle l’avait promis à sa nièce… Un peu plus loin, elle reconnut un visage que tout Pompéi connaissait : Marcus Vinicius, le fameux légat qui était devenu le tuteur de la belle Cassia. Elle lui parlerait certainement avant la fin de la soirée. Ce serait même inévitable… Et cette prévision lui plaisait bien plus qu’elle ne la rebutait. Après tout, il y avait bien longtemps qu’elle voulait rencontrer officiellement le légat. Lucius, ce soir, lui offrait cette occasion.

En parlant de Lucius… Elle l’aperçut enfin, près d’une magnifique blonde. Etrangement, elle sourit de nouveau en se rapprochant d’eux. Arrivant à la hauteur de Lupida, elle lui fit un respectueux signe de tête en ajoutant d’une voix enjouée :

- Bonsoir, Lupida. C’est une joie de vous revoir, d’autant plus en de circonstances aussi heureuses.

Dans le fond, aucune de ces phrases n’était mensongère.

- J’espère que cette soirée débutera une alliance fructueuse entre les Pompéii et les Claudii…

Elle se tourna alors vers Lucius, cachant avec minutie le moindre signe traduisant les sentiments qui s’empoignèrent immédiatement de son âme. Plantant son regard dans ses yeux bleus, ce regard qu’eux seuls étaient capables de décrypter, elle lui dit d’une voix tout aussi douce.

- Bonsoir, Lucius.


Hrp:
 

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Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Lun 25 Nov - 17:40

L’odeur des fleurs d’orangers que j’avais mis dans mes cheveux semblait se disperser autour de moi comme l’annonce du printemps. La villa des Mystères était déjà plein d’invités quand j’arrivais. Des amis, des clients tous étaient réunis comme témoins en ce doux jour. Au centre, les fiancés saluaient tour à tour les personnes qui venaient leur présenter leurs félicitations. Un pincement de fierté m’ébranla. Lucius et moi pouvions être fiers de ce que nous avions accomplis ! Je souris avant de m’avancer à l’intérieur de la pièce. Je m’approchais, altière, des maîtres de maison et les saluait respectueusement : «  Ave Pompeius, Flavia Pompeia Lupida. Je leur souris avec empathie. Je n’avais encore jamais eu l’occasion de parler à la patricienne, mais je  savais à présent d’où Virginia avait hérité toute sa beauté et sa grâce ! Je suis si heureuse de voir ce jour enfin arrivé ! Que nos deux familles puissent désormais et pour longtemps être unies ! ». Je souris avec chaleur car cette perspective, véritable muraille dressée contre les Licinii m’emplissait de joie et de fierté.

Après avoir pris congé du Dumviir, j’allais trouver les deux futurs époux. Nombreuses étaient les invités qui se pressaient autour d’eux… Finalement, Rufia n’était pas restée bien longtemps dans l’ombre, elle qui en avait eu si peur… Ma commissure droite se leva légèrement avec une légère ironie dans le regard. Toutes ces disputes… Aujourd’hui, à nouveau, les abeilles bourdonnaient autour de cette jolie fleur. J’étais fière d’elle, et je savais que de là où ils étaient, ses parents aussi. Je souris à Rufia et lui présentais mes mains avec l’amour d’une sœur. Nos mains serrées, unies à l’image de notre famille réunie je lui embrassais chaleureusement ses joues et lui chuchotait furtivement ;  « Personne d’autre que toi n’aurais pu briller aussi intensément » … pas même moi. Je me tournais alors vers le futur époux ; « Nous n’avons pas encore eu l’honneur d’être présenté, Claudia Cassia. J’inclinais imperceptiblement la tête, le scrutant en tentant d'apercevoir une faiblesse quelconque, le moment dura le quart d'un instant avant que je laisse s'épanouir un sourire franche et sincère sur mon visage, votre sœur Virginia m’a beaucoup parlé de vous ! ». Je pris à la volé une coupe de vin coupée d’eau, le cœur léger. « Puisse les Dieux vous bénir en cette journée auréolée de gloire céleste ! ».

J’aperçus alors Marcus accompagné de sa fille, Vinicia. Mon cœur se serra à cette vue et certaine que ma cousine me pardonnerait je pris congé du couple, promettant de revenir les voir un peu plus tard. Doucement je m’approchais de l’enfant qui était parée avec élégance tout comme son père, j’offris un grand sourire à ce dernier ; « Marcus ! Comme je suis heureuse de te voir ici ! Père doit être si fier de te savoir auprès de sa nièce et fille en ce grand jour… ». Je savais bien évidemment qu’il était venu pour son tendre et plus fidèle ami, mais mon père de là où il se trouvait ne pouvait être qu’heureux de voir nos familles se rapprocher encore un peu plus… Un nuage de mélancolie passa dans mes yeux, mais avant que celle-ci ne s’empare de moi je me baissais vers la petite fille ; « Alors c’est toi Vinicia ? C’est que de nombreuses personnes m’ont parlées de toi !Je lui souris avec candeur. Puis je levais un regard théâtral vers Marcus, tu aurais du me dire que ta fille était si jolie, elle va faire de l'ombre à toutes les grandes dames de l'assemblée ! »

HRP : vu que j'arrive un peu après dîtes moi si quelque chose ne va pas Yeux roses

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ô bienheureuses vestales...
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Ven 29 Nov - 22:49

[justify]L’effervescence avait gagné toute la villa et ces dernières semaines avaient été une course sans fin, matin et soir, pour préparer cette soirée-là. L’événement était d’une grande importance : les fiançailles de Marcus Pompeius Fortunato, fils de Lucius Pompeius Publicola, avec Claudia Rufia. Pour bien marquer ce jour, son grand frère avait mis sans dessus dessous la maisonnée, s’excitait pour le moindre problème ou la moindre réussite et aboyer sans cesse ses ordres. D’ordinaire, elle aurait tout fait pour fermer son clapet mais elle n’en fit rien. C’était les fiançailles de son fils après tout alors autant être compréhensive. Elle prit donc son mal en patiente, écouta docilement Lucius et exécuta ses différents ordres, l’aidant ainsi de son mieux à organiser cette soirée.

Cette course était finie, du moins la première partie, et elle put enfin prendre soin d’elle. Son esclave lui amena ses huiles et parfums venant tout droit d’Orient ainsi qu’un vêtement pompeux de couleur rosé qui se confondait doucement avec sa peau pâle. Quelques motifs dorés brodés au niveau de ses épaules rehaussaient le tout et apportaient un petit air. Son objectif était de ne pas trop faire ni passer trop inaperçu. L’excès, elle le réservait pour le mariage. Par contre elle ne lésinait pas sur ses bijoux et opta massivement sur ses bijoux en or. Ainsi, elle avait un accessoire de forme arabesque retenant ses cheveux en un beau chignon, quelques bracelets d’or et enfin un collier lui entourant tout le coup. Enfin, elle termina le tout – et toujours avec l’aide de son esclave – avec des touches de parfum, un peu de rouge sur ses lèvres et du khôl tout autour des yeux.  

Avant l’arrivée des invités, souriante et bien belle, elle félicita chaleureusement son frère et sa belle-sœur. Cette dernière brillait de mille feux et la jeune Pompeii ne fut qu’émerveillée devant tant de beautés. Les années ne semblaient pas l’affecter et elle espérait garder tant de vigueur et beauté à son âge dans le futur.

Par contre, la suite se déroula étrangement. Les invités afflués, la jeune fiancée était arrivée mais son neveu, la seconde star de cette soirée, n’arrivait toujours pas. Praedita se demandait comment Lupida maintenait un tel calme et un tel sourire. La brune avait du mal à cacher son impatiente pour sa part. Préoccupée, elle vit à peine Marcus la saluer, accompagnée de sa petite fille. Elle se promit de le remédier à cela par la suite dans la soirée. Après tout, ce banquet risquait de durer jusqu’au matin.

Enfin son neveu apparut parmi ce flot d’humains et après qu’une bonne partie des personnes les aient félicité, elle s’avança à son tour, le sourire toujours aux lèvres. Oh elle paraissait joyeuse, elle l'était oui, mais dans le fond elle avait également envie de gifler ce neveu. Comment peut-il encore causer de telle frayeur un tel jour ?

- Vous êtes si beaux. Je prie les dieux pour que votre mariage ne soit que bonheur et fortune.

Elle leur montra son affection comme il sied à son rang et à l’événement puis s’éloigner un tout petit peu. Elle vit au loin que Marcus était assez occupé par un petit monde et préféra attendre encore un peu avant de l’aborder et de lui faire un accueil digne de ce nom. Elle s'occupa donc longuement à discuter avec différents hommes et femmes invités, récoltant certains potins par ci, quelques invitations par là et ainsi de suite.

Non loin d'elle, elle vit la petite fille de Marcus et attendrit devant cette petite beauté, elle s'avança, l'embrassa chaleureusement et la raccompagna auprès du père. Au passage, elle interpella une servante et lui susurra quelques mots. Cette dernière acquiesça et la suivit.

- Oh Marcus, je ne pense pas qu'il est nécessaire que je complimente la beauté de ta fille. Beaucoup de personnes ont dû le faire avant moi. Clairement elle tient de sa mère et heureusement devrais-je dire.

Elle n'avait pas pu s'empêcher. Oh non, ce n'était pas de la méchanceté gratuite mais voilà ... Elle aimait l'embêter constamment. Enfin, peut-être que ce soir ce n'était pas une très bonne idée. Elle avait des projets et Marcus en faisait partie.

- J'ai été grossière et laisse moi me pardonner : mon frère a acquis récemment un excellent vin qu'il garde jalousement dans une pièce. Si tu veux y goûter, suis-moi. On peut confier ta fille à cette esclave. Elle s'est occupée de tant d'enfants jusqu'à maintenant et elle appartient à la maison.


Elle pouvait lancer des pics mais elle savait rapidement se faire pardonner. Bien entendu, elle se donnait ce mal-là qu'aux personnes qu'elle appréciait.

Elle attendait la réponse de cet homme, impatiente, et un grand sourire aux lèvres, les yeux brillants de mille feux.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Jeu 12 Déc - 19:03


Lucius devait se retenir de tourner nerveusement la tête vers l'arrière de la domus, car c'était bien par là que Fortunato se glisserait, maintenant qu'on pouvait dire qu'il accusait un peu de retard. Mais le patriarche des Pompeii ne souhaitait nullement dévoiler son appréhension, surtout qu'il niait tout sentiment sur cette triste histoire, devant sa femme, et devant tout le monde d'ailleurs, depuis des jours entiers, se murant dans sa fierté blessée. Il jeta un regard à Lupida, qui se tenait juste à côté de lui et la vision de son épouse eut le don, comme à chaque fois, de le calmer. Il vit à quel point elle semblait elle aussi sereine, tandis que ses pensées devaient être similaires : quelle femme il avait épousée, si accordée à sa façon d'être. Chaque jour, il en remerciait les dieux et il ne manquait pas de prier ses pénates afin qu'elles veillent sur cet être qui partageait sa vie depuis tant d'années, ainsi que sur leur progéniture.

En parlant de progéniture, c'est la très jolie Claudia Rufia qui pénétra dans le triclinium pour leur présenter ses hommages. Lucius répondit à son sourire, sans avoir à beaucoup se forcer, car sa belle fille ne lui inspirait que des sentiments positifs. De plus, il avait cru comprendre qu'elle s'entendait bien avec son futur époux, ce qui ne manquait pas de le rassurer sur le bien fondé de toute cette histoire. Le rassurer, demandes-tu lecteur ? Quoi, le grand Duumvir a-t-il vraiment besoin de se rassurer quant à ses choix, c'est à en tomber de son fauteuil ! Eh bien sache que comme tout homme autoritaire, le Duumvir avait besoin qu'on le conforte en ses choix, même si l'opposition ne le faisait pas pour autant changer d'avis. Cesse donc de fanfaronner et écoute moi parler de Rufia, voilà l'intérêt... Donc nous disons que la fiancée était fort aimable et Publicola lui répondit sur le même ton :

- Nous sommes ravis d'héberger les prémices de votre mariage, Rufia, c'était là bien le moindre de nos devoirs. Et c'est également un plaisir, tu t'en doutes.

Il faillit sortir une platitude quant à l'absence de Fortunato, afin de couvrir cette étrangeté quand Cicero se pencha pour murmurer à son oreille que le jeune maître arrivait. Le visage de Lucius s'éclaira visiblement mais on eut pu aisément croire qu'il s'agissait là d'une réponse logique à l'arrivée d'autres invités, qui déjà se pressaient pour leur parler. Après tout, il était dit partout que l'on savait bien recevoir chez les Pompeii. Son fils vint dans son champ de vision et le père le salua, tout aussi aimablement qu'il l'avait fait avec Rufia, mais le sourire n'atteignit pas ses yeux, qui demeurèrent froids. Quelque chose s'était brisé entre eux qu'une fête ne pouvait réparer aussi facilement. Il ne lui fit cependant aucune remarque sur son retard, mais aucun commentaire sympathique ne vint non plus :

- Bonsoir mon fils, j'espère que tu trouveras cette soirée en ton honneur à ton goût.

Et on ne savait si Lucius l'espérait réellement ou ne disait cela que par simple politesse. Comme toujours, son masque était indéchiffrable même si aujourd'hui il s'agissait de protéger son amour propre. Il laissa les deux tourtereaux à l'honneur aller ensemble et son meilleur ami se substitua alors à un couple de vieilles personnes, jadis amis de son père, qu'on aurait eu du mal à ne point inviter mais que Publicola ne considérait guère comme des proches. Il glissa à Lupida, railleur :

- On se demande comment ils tiennent encore debout. Suffisamment malheureusement pour venir nous seriner les oreilles.

Puis, apercevant Marcus, il lui fit un léger signe pour l'accueillir comme il se devait :

- Marcus, dit-il en lui faisant l'accolade, tu es venu avec une cavalière des plus magnifiques à ce que je vois. Lucius se pencha à la hauteur de Vinicia, en même temps que Lupida, ce qui fit un parfait ensemble, pour lui sourire, de cette façon bon enfant qu'il réservait à sa soeur ou aux enfants les plus jeunes. Sois la bienvenue à la villa des Mystères, jeune fille. Savais-tu que ton papa, lorsqu'il était un peu plus âgé que toi, passait beaucoup de temps ici ? Je suis sûr que si l'occasion s'en présente, il te fera découvrir bien des cachettes que nous connaissions par coeur, lui et moi. Et mon fils Flavius sera ravi de découvrir en toi une compagne de jeu.

Il se redressa et serra légèrement la main de son épouse, dans un geste doux, lorsqu'elle évoqua la défunte Julia. Lui aussi n'avait pu ignorer la ressemblance troublante qu'il y avait entre la fille et sa mère. A n'en point douter, cela ne pouvait augurer que des choses positives pour la petite Vinicia, car ses deux parents avaient un excellent fond. Bien plus que de leur physique, elle hériterait de leur gentillesse. Lorsque Marcus alla semblait-il parler à Praedita, ce qui ne choqua absolument pas Lucius qui avait l'habitude de les entendre se chamailler tous deux, il se tourna afin de sourire à sa petite soeur. Quand il se retourna, il se retrouva en face d'Helvia, magnifique comme toujours. Nul trouble ne vint habiter son visage mais son regard se fixa sur elle tandis qu'elle s'avançait. Il la connaissait suffisamment pour ne point craindre ce qui sortirait de sa bouche, elle avait un esprit bien trop fin pour risquer de provoquer Lupida, ce qui n'aurait pas manqué de lui détacher irrémédiablement Lucius. Son ton enjoué appela le sien :

- Cela sera une alliance fructueuse, à n'en point douter car que pourrait augurer d'autre le rapprochement de deux si estimables familles. Bonsoir Helvia, ajouta-t-il. Puis il se tourna vers son épouse pour lui dire : Tu te souviens d'Helvia Claudia, n'est-ce pas ? Une amie que j'ai connue lorsque j'ai été rappelé à Rome ?

Son regard s'arrêta une infime seconde dans celui de sa maîtresse, indéchiffrable de l'extérieur mais significatif pour eux deux. Ce qui était plus significatif mais que Lucius ne notait pas, c'était ce subtil glissement de sémantique. La dernière fois qu'il avait présenté Helvia à Flavia, il avait dit "connaissance" et non pas "amie".
Cassia vint bientôt troubler cette petite réunion au sommet, de sa démarche si reconnaissable. Lucius la salua tout aussi respectueusement, n'oubliant guère ce qu'il lui devait. C'était grâce à elle qu'aujourd'hui ces fiançailles avaient lieu :

- Nous en sommes tout aussi heureux que toi Cassia. Je souhaite que l'alliance que nous forgeons résonne pour longtemps encore dans les années à venir.

Le patriarche en profita pour lever sa coupe, à la cantonade, car ces belles paroles ouvraient le début officiel des festivités. Tous étaient réunis à présent et le triclinium se trouvait fort animé. Il en profita pour ajouter, à l'attention des convives :

- Nous sommes honorés de vous recevoir ce soir sous notre toit afin de célébrer les fiançailles de Rufia et Fortunato. J'imagine que vous avez tous su remplir votre coupe, les mets seront bientôt servis et je vous invite chaleureusement à en profiter.

Il prit délicatement la main de Lupida afin qu'ils aillent ensemble rejoindre leur place d'honneur, sur leur lectus respectif et les esclaves de la villa commencèrent à défiler avec les divers plats. On en trouvait pour absolument tous les goûts mais on remarquait cependant qu'un soin avait été porté à leur disposition dans chacun des plats. Et surtout, beaucoup d'entre eux comportaient ce que Rufia et Fortunato préféraient manger, comme de bien entendu. Lucius laissa Cicero lui apporter une assiette, car son secrétaire savait presque mieux que lui ce que le maître mangeait. Pendant ce temps, il sourit à son épouse :

- J'espère que tout se passera comme nous l'avons souhaité.

C'était là trahir, mais devant elle seule, une pointe d'appréhension. On lisait également dans les yeux de Publicola beaucoup de fierté. Les lectus étant disposés, vu le nombre important d'invités, dans le triclinium entier, qui comportait beaucoup d'alcoves, cela permettait à des petits groupes de se constituer, afin de discuter en privé.

Es-tu heureuse Flavia ? Lui demanda-t-il. C'était là un rituel qui durait depuis l'aube de leurs noces, où Lucius s'assurait du bonheur de sa femme pour chaque étape importante de leur vie : leur mariage, l'emménagement de Lupida à la villa des Mystères, la naissance de leurs enfants...

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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Jeu 12 Déc - 22:42

Il était presque obligatoire que certains convives n'en aient rien à faire d'elle, et qu'ils soient uniquement venus pour se faire voir, eux, et pour se faire bien voir des hôtes de la soirée, mais au moins avaient-ils l'intelligence de ne rien dire de leurs réelles motivations. Il était vrai qu'il aurait été très malvenu et stupide de leur part que d'exposer au monde entier, c'est à dire, dans le contexte actuel, à la société patricienne de Pompéi, leurs réelles pensées. Cela aurait remis en cause leur place sur la scène publique, car cela serait sûrement vu comme un affront à Rufia, ce qui, par ricochet et jeu d'association, serait aussi un affront à Fortunato, et donc, directement, à la gens de ce dernier, dont le patriarche n'était autre que Lucius Pompeius Publicola, l'un des deux Duumvirs de la cité. Bref, Rufia savait qu'elle pouvait évoluer sans devoir affronter, à visage découvert, la moindre attaque. Cela devrait sans doute la rassurer, mais elle était loin d'être naïve et de se dire que, obligatoirement, cela signifiait que tous l'appréciaient et la respectaient. Et Fortunato n'était toujours pas là ... Alors, pour chasser sa relative angoisse, elle ne manquait pas de sourire à ses futurs beaux-parents, et à observer, avec patience et agrément, sa future belle-mère en particulier. Celle-ci était tout simplement magnifique. Appartenant, sans doute, à cette classe de femme sur lesquelles l'âge n'avait que peu d'emprise : sa propre mère en faisait partie, connue pour être l'une des plus belles femmes de Rome; Helvia aussi, était, à ses yeux, de cette petite caste là. A moins que la jeune femme ne soit que trop sectaire et familiale, allez savoir ... Mais finalement, elle fut quelque peu délivrée de ses pensées par l'arrivée de son fiancé, à qui elle adressa un sourire sans doute un peu trop naturel pour que ce dernier puisse dissimuler entièrement la disparition de toutes les craintes qu'elle avait pu avoir. En d'autres mots, sans doute laissait-elle trop entrevoir le fait qu'il se présentait, là, un peu comme un sauveur. Elle se saisissait alors de sa main, délicatement, avant de tourner à nouveau son regard vers le Duumvir et son épouse. Elle se devait d'être polie, et de répondre, cordialement, à Lupida, qui venait de lui parler.
    ❝ Je l'espère aussi ... ❞ Même si elle était loin de d'ores et déjà tout savoir sur tout, Rufia ressentait cependant quelque peu une certaine tension, sans trop savoir, encore, pourquoi une telle tension pouvait se faire ressentir. Alors, elle sourit, avant d'incliner la tête, respectueusement, et de suivre son fiancé dans le périple qu'il semblait vouloir les amener à faire.
Il y avait réellement beaucoup de monde et, pour être honnête, Rufia n'en connaissait que très très peu. Pour ne pas dire qu'elle ne connaissait pratiquement personne. Certes, elle était nouvellement arrivée à Pompéi, et l'on ne pouvait pas dire que son frère la laissait sortir si aisément de la domus familiale, mais il n'en demeurait pas moins que cela ne la mettait pas à l'aise, et que cela lui causait aussi une certaine frustration. Car elle aimait savoir où elle mettait les pieds, tout comme elle appréciait avec excès ne pas apparaître comme n'ayant de cesse de vous sourire alors même qu'elle ignorait qui vous étiez. Elle respirait aussi bien qu'elle le pouvait, non sans discrètement serrer encore plus fort son étreinte sur Fortunato, avant de se rapprocher doucement de lui, afin de lui murmurer ce qu'elle refusait de laisser entendre à tous.
    ❝ Je ne connais presque personne Marcus. ... Arrêtes moi tout de suite si je me montres trop courtoise envers quelqu'un qui ne le mériterait pas ... ❞ Elle avouait, presque penaude, être à la traîne. C'était un grand effort, et elle prenait énormément sur elle, car tout ceci ne lui ressemblait pas, elle qui était si physionomiste et dotée d'une mémoire à toute épreuve, la rendant quasiment incollable concernant la scène patricienne romaine. Sauf que, là, on était à Pompéi, ce qui changeait absolument pratiquement toute la donne ...
Lorsqu'elle croisa le regard de sa tante, Helvia, Rufia recouvra cependant plus de force et d'assurance. Parce qu'elle savait désormais qu'elle n'était plus entièrement seule. Pas qu'elle considère Fortunato comme incapable de la rassurer, mais c'était différent. Entre femmes, elles partageaient certaines choses, sans parler du fait qu'elles étaient de la même gens : Helvia via mariage, et Rufia par la naissance. Et l'on pouvait transmettre et dire tellement, via un simple regard ... Mais les rencontres s'enchainaient, et Rufia ne pouvait malheureusement pas encore aller saluer sa tante. Sans doute cela lui serait-il impossible, aux vues de l'affluence, et du fait qu'elle était probablement parmi les quatre personnes les plus demandées ce soir, en plus de son fiancé et de ses futurs beaux-parents ... Mais déjà, les choses s'enchaînaient. Il y avait cette petite fille, qui se mit à attirer l'attention de Fortunato. Une petite fille qui se disait peinée. Sans doute était-elle éperdument sous le charme de Fortunato, ce que Rufia trouvait compréhensible, surtout à son âge. Mais elle préféra laisser son fiancé lui répondre, afin de ne s'immiscer aucunement au sein de la conversation. Elle savait que cela pourrait être mal pris, de la part de cette enfant : après tout, c'était elle qui allait épouser Fortunato, ce qui pouvait lui donner le rôle de la méchante voleuse ... Et puis, de toute façon, la toute jeune finit par s'éloigner, alors qu'encore une fois, les nouvelles rencontres se faisaient, parfois uniquement via un sourire, et un léger signe de tête. Rufia remercia ainsi d'un sourire cette jeune femme qui s'approchait d'eux, alors même qu'elle n'avait pas la moindre idée concernant son identité. En tout cas, elle semblait connaître Fortunato, et se montrait polie et bienveillante. Ce qui amena Rufia à la remercier, verbalement, avant de la regarder s'éloigner et d'adresser un très rapide et discret regard perdu à son fiancé. On aurait alors très bien pu l'apparenter à un jeune faon ... Et puis, peu de temps après, il y eut Cassia. Elle, elle la connaissait. Sur le moment, Rufia aurait bien été capable de la serrer si fort dans ses bras qu'elle serait probablement parvenue à lui briser une ou deux côtes. Mais il fallait se maîtriser, et ne pas virer dans l'irrationnel et l'illogique. Ce qui ne l'empêcha pas de se détacher de Fortunato, pour se saisir des mains de sa cousine, avant de se laisser enivrer par les senteurs qu'elle amenait avec elle, et de sourire légèrement en entendant les paroles qu'elle lui murmurait à l'oreille.
    ❝ Merci Cassia ... ❞ Un remerciement pour le compliment mais aussi, sans doute, pour le fait d'avoir arrangée pour elle une telle union ... Rufia sourit, sous cap, face à la façon qu'avait visiblement décidé d'adopter sa cousine pour se présenter à Fortunato. Et déjà, la voilà qui les quittait, alors que Rufia se rapprochait de son fiancé, plus par envie d'être proche de lui que par nécessité de vraiment tout bien lui expliquer. ❝ C'était donc ma cousine, Claudia Cassia ... C'est à elle que nous devons en partie notre future union. ❞ Oui, donc, effectivement, ça, il devait déjà le savoir, mais bon ! ❝ Tu connais absolument tous ces gens, toi ? Ou s'agit-il majoritairement du cercle des connaissances du Duumvir ? ... Tout ceci est ... Cela me plonge plus dans une relative inquiétude qu'autre chose. Ne me lâches pas, ils risqueraient tous de m'engloutir, tels Charybde et Scylla, pour me noyer ... ❞ La comparaison n'était sans doute pas la plus pertinente, mais exprimait assez bien la sensation de perdition que Rufia pouvait sentir poindre en elle. Est-ce que la voix de Lucius, qui vint un instant recouvrir tout ce bourdonnement, pour remercier tous les invités de leur présence et tous les convier à profiter des futurs mets, vint atténuer ce sentiment de relatif affolement, et de petitesse au milieu de toute cette foule ? Seulement un peu, sans doute ... ❝ Tout va bien ? ❞ Ou comment détourner la conversation ...


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« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 17 Déc - 14:41

Je m'avançais donc vers Rufia pour la saluer. Je prenais sa main dans la mienne, frôlant ses lèvres sur sa peau avant de reporter mon regard sur elle. Je ne pouvais pas être absent de cette célébration. Mais l'envie de m'y soustraire avait été présente jusqu'à ce que ma mère vienne jusqu'à la Meridiana. D'ailleurs, je remarquais le regard de cette dernière sur moi et le sourire qu'elle m'offrait. Mais pour l'instant, j'étais incapable d'y répondre. J'invitais Rufia à se mettre à mes côtés pour accueillir les invités. Je ne pouvais ensuite m'empêcher de sourire. Je comprenais sa nervosité. Et je voulais faire en sorte qu'elle puisse se sentir bien.

« Ne t'en fais pas. Je vais te parler de chaque invité. Ainsi tu pourras assimiler toutes les identités présentes. Et puis, la courtoisie n'est jamais de trop. Elle pourrait même nous être utile. »

Qui pourrait se méfier d'une jeune femme aussi agréable visuellement? Cela pourrait nous faciliter certains rapprochement. Gardant sa main sur mon bras, je reportais mon attention sur l'assemblée. A chaque entrée, je faisais mon possible pour décrire les personnes qui se présentaient face à nous ainsi que le rôle qu'elles jouaient sur la scène pompéienne. Je ne doutais pas que ce genre de réception devait rendre nerveuse la jeune femme. Mais je voyais qu'elle faisait tout pour cacher cette nervosité. Entre deux convives, je portais mon regard sur elle avant de murmurer quelques mots à son oreilles pour qu'elle soit la seule à entendre. Je reportais mon attention sur les invités quand je sentis une pression sur ma toge, je découvrais Vinicia, aussi jolie qu'une poupée. J'esquissais un sourire avant de me baisser à sa hauteur pour lui parler:

« Vinicia, tu es très jolie. » Je me redressais avant de la présenter à Rufia. Puis j'ajoutais: « Pourquoi es-tu triste? »

Quelques minutes s'étaient ensuite passés, alors que Rufia et moi avions abordé un autre sujet quand je vis apparaître une jeune femme à la chevelure brune. Je sentais la main de Rufia se dérober avant de voir cette dernière saisir les mains de l'inconnue. Je compris alors rapidement qu'il devait s'agir de l'entremetteuse. Celle qui avait scellé notre destin à tous les deux. Celle qui était la responsable de cette future union. Je laissais Rufia saluer sa cousine avec affection. Aux paroles de la Vestale, j'inclinais doucement la tête tout en gardant mes yeux bleus sur elle.

« Je suis très enchanté de faire ta connaissance, Claudia Cassia. »

Il n'y avait pas de pointe de rancœur dans mes propos. J'avais fini par passer au delà de cette arrangement. Bien d'autres choses pour l'instant, occupaient mon esprit. Puis aux autres paroles de la Vestale, j'ajoutais, un fin sourire aux lèvres.

« J'espère qu'elle n'a pas été trop élogieuse en ce qui me concerne. »

Je croyais même tout le contraire. Virginia et moi n'avions jamais été très proches. Et c'était encore moins le cas ces dernières années. Qui sait, ce qu'elle avait pu dire à Cassia. Même si je savais qu'elle ne ferait rien pour causer du tort à sa gens. J'étais loin de penser que Virginia avait été agréable à mon sujet. Puis j'ajoutais:

« En tout cas, je te remercie pour ton intervention et pour ta présence ici. »

Je la saluais une nouvelle fois avant de la laisser saluer d'autres invités. Je souriais ensuite doucement à Rufia. A ses questions, je serrais sa main dans la mienne.

« Je ne risque pas de te lâcher, sois-en certaine. »

Je tournais à nouveau mon visage quand Praedita s'avança vers nous. Je la remerciais pour ces quelques mots. Puis la voyant s'éloigner sans même prendre la peine de se présenter, je finis par dire à Rufia, qui semblait aussi surprise que moi.

« Ma tante, Praedita. Excuse-là elle doit surement avoir la tête ailleurs. »

Je la voyais se diriger vers le légat. Oui elle avait surement autre chose en tête. C'est à ce moment que le Duumvir prit la parole. Je soupirais intérieurement. Puis à la question de Rufia, je reportais mon attention sur elle.

« Oui, tout va bien... »

Je jetais un œil à un esclave qui s'approchait de nous.

« Veux-tu prendre un peu l'air? Ou manger quelque chose? »

J'étais incapable de manger quoique ce soit, mais peut-être que la jeune femme, elle, avait faim. Je prenais une coupe de vin que je lui offrais.


Petit mot à Claudia Cassia:
 
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Invité



Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 8 Jan - 21:22

À peine arrivé, Marcus remarqua le soin qu’on avait apporté à la décoration de la villa. Pour faciliter le déplacement des convives à travers les pièces, on avait déplacé quelques meubles et ajouter des lanternes et des vases remplies de fleurs magnifiques dans l’immense triclinium. Connaissant les hôtes de cette réception, Marcus savait que rien n’avait été négligé pour faire de cette soirée un évènement spécial dont tout le monde se souviendrait.  

Dès qu’il fit son entrée dans le triclinium avec sa fille, il se dirigea automatiquement vers Lucius et son épouse. Souriant et fier de recevoir familles et amis pour cette occasion toute spéciale, les deux hôtes de la soirée saluèrent chaleureusement Marcus et sa fillette. Cette dernière intimidée tentait de se cacher derrière son père lorsque Lucius se baissa à sa hauteur pour lui parler.    

- Sois la bienvenue à la villa des Mystères, jeune fille. Savais-tu que ton papa, lorsqu'il était un peu plus âgé que toi, passait beaucoup de temps ici? Je suis sûre que si l'occasion s'en présente, il te fera découvrir bien des cachettes que nous connaissions par cœur, lui et moi. Et mon fils Flavius sera ravi de découvrir en toi une compagne de jeu.

Surprise par les paroles de Lucius, Vinicia le gratifia d’un sourire et fit une légère révérence comme le lui avait appris sa tante. Rapidement, elle regarda autour d’elle afin d’y chercher le fameux Flavius, mais ne voyant aucun autre enfant elle reprit sa place auprès de son père. Ce dernier remercia son ami et fit un sourire à sa fille lui promettant qu’il lui présenterait le Flavius dès qu’il l’apercevrait. Alors que Lucius reprenait sa place auprès de son épouse, ce fut cette dernière qui se pencha vers l’enfant pour la saluer. Habituée aux jeunes enfants, Lupida prit sa voix la plus douce et lui dit :    

- Bonjour, petite Vinicia, bienvenue à toi, je suis ravie de faire ta connaissance.

D’un geste tendre elle passa doucement sa main dans les rubans qui ornaient sa chevelure et resta un moment à l’observer en silence. La ressemblance entre Vinicia et Julia était si grande qu’il était impossible pour ceux qui l’avaient connue de ne pas être troublée par cette vision. Inconfortable et sentant que tout le monde la regardait autour d’elle, la petite fille devint toute rouge et retourna se cacher derrière son père. Ému par la scène touchante qui venait de se dérouler sous ses yeux, Marcus souleva sa fille dans ses bras pour la rassurer et il l’embrassa tendrement sur le front. La petite se blottit dans les bras de son père et Flavia profita de ce moment pour se redresser afin de reprendre place auprès de son époux. La gorge un peu serrée par les émotions, elle croisa le regard de Marcus et lui dit :  

- Elle lui ressemble tellement...

- Oui, c’est parfois même troublant de voir comment elle réagit et bien qu’elle n’est jamais connue sa mère elle a souvent les mêmes expressions et les mêmes regards.

Marcus marqua une légère pause le temps de remettre sa fille sur le sol. Il s’avança ensuite vers Flavia et lui prit doucement une main dans la sienne et ajouta :    

- Ma chère Flavia, je sais combien vous étiez proches toutes les deux. Julia t’aimait comme une sœur et je sais qu’elle aurait été très fière de te présenter notre fille. Seulement, je me demande si j’ai bien fait de l’amener avec moi ce soir. Je ne voulais pas gâcher ta soirée avec de tristes souvenirs. Il s’agit d’un grand moment pour toi et ta famille et si j’avais sûr que cela te bouleverserait autant j’aurais attendu que nous soyons seuls pour te présenter Vinicia.      

Sentant que d’autres invités se pressaient derrière lui pour saluer Lucius et son épouse, Marcus céda sa place sachant qu’il aurait d’autres occasions pour parler à ses amis au cours de la soirée.


***


Après avoir pris congé de ses amis, Marcus se dirigea vers le buffet question d’y trouver quelques petites choses à grignoter pour lui et sa fille lorsqu’il vit s’avancer vers eux la ravissante Claudia Cassia. Souriante et radieuse, la jeune femme le salua chaleureusement et lui dit :

- Marcus! Comme je suis heureuse de te voir ici! Père doit être si fier de te savoir auprès de sa nièce et fille en ce grand jour…

À son tour, Marcus salua la jeune femme et lui répondit :

- Je suis moi aussi très heureux de te voir ma chère Cassia. J’espère que tu seras m’excuser, mais j’ai été tellement occupé ces dernières semaines que je n’ai pas pu te rendre autant visite que je l’aurais voulue.

Il prit une légère pause le temps de donner une assiette remplie de nourriture à sa fille et ajouta :

- Je suis d’accord avec toi, ton père aurait certainement approuvé cette alliance. J’espère sincèrement que c’est le début d’un temps nouveau pour ta famille et que le bonheur de ta cousine apportera un peu de baume sur tes peines.    

Sachant que le sujet de sa famille était toujours douloureux pour la jeune femme, Marcus lui caressa affectueusement la joue avant de la gratifier de son sourire le plus sincère. Ils bavardèrent encore quelques minutes ensemble avant que la jeune femme ne s’intéresse à Vinicia.  À son tour, la vestale se mit à la hauteur de la fillette et lui dit tout en souriant :    


- Alors c’est toi Vinicia? C’est que de nombreuses personnes m’ont parlé de toi!


Une fois de plus, Vinicia resta sans voix. Timide de nature, elle se sentait mal à l’aise devant toutes ses personnes qui disaient la connaître. Ne voulant pas se montrer impolie la fillette salua rapidement Cassia et retourna à son assiette remplie de sucreries. Amusés par la réaction de l’enfant, Marcus et Cassia se mirent à rire de bon cœur avant que la jeune femme ne le complimente sur la beauté de sa fille.

- Je te remercie Cassia, mais tu sais ce n’est pas de moi que lui viens cette élégance, mais de sa mère.


Il prit une légère pause le temps de boire une gorgée de vin et ajouta :

- J’espère que tu viendras bientôt nous visité et ainsi nous pourrions discuter plus amplement de la promesse que j’ai fait à ma nièce Virginia concernant l’avenir de la ma fille.

Alors qu’il attendait la réponse de la jeune femme suite à son invitation, il vit passée tout près de lui la jeune sœur de Lucius. En bonne hôtesse, Praedita saluait les invités et les remerciait de s’être déplacé pour l’occasion quand elle sembla remarqua la petite tête rousse assise à ses côtés. Elle s’approche doucement de Marcus et lui dit :

- Oh Marcus, je ne pense pas qu'il est nécessaire que je complimente la beauté de ta fille. Beaucoup de personnes ont dû le faire avant moi. Clairement, elle tient de sa mère et heureusement devrais-je dire.

Si le ton et les paroles prononcées par la jeune patricienne semblèrent étonner Cassia, Marcus lui resta insensible. Habitué aux remarques acerbes et peu courtoises de la jeune Pompeii à son endroit, Marcus se contenta de rire à sa remarque. Il connaissait la jeune femme depuis toujours. Il l’avait vue grandir et il s’était toujours amusé lui-même à la taquiner lorsqu’elle était une enfant. De la petite fille chétive et timide qu’elle était jadis, elle s’était transformée au fil des années en une femme d’une grande beauté. En grandissant, elle avait pris de l’assurance et elle s’était mise à se défendre de ses attaques. Contrairement aux autres femmes qui n’osaient jamais lui répliquer ou l’affronter directement, Praedita avait appris à le connaître suffisamment pour ne plus avoir peur de lui. Sûre d’elle et de l’affection que Marcus portait aux membres de sa famille, elle prenait toujours un malin plaisir à le tourmenter de ses répliques acerbes. Entre eux, la moindre discussion banale pouvait se transformer en une bataille épique de mots et de sarcasmes.

Avec les années, Marcus avait également appris à mieux connaître la jeune femme. Il admirait sa vivacité et son intelligence. Elle ne ressemblait en rien aux autres jeunes patriciennes de son âge. Elle était intéressée par les arts et les sciences, elle lisait beaucoup et avait une opinion sur tout. Contrairement aux jeunes femmes intéressées que par les belles robes et les bijoux, Preadita avait une véritable passion pour le théâtre. Élevée au sein d’une famille des plus traditionnelles et versée depuis toujours dans la politique, elle avait appris très jeune à se faire une opinion sur tout. Bien que les femmes ne soient pas autorisées à voter ou même à discuter de politique en public, la jeune femme ne se gênait jamais pour faire valoir son point de vue. Bien que ses idées et ses propos soient souvent avant-gardistes et peu conventionnels, Marcus aimait discuter avec elle. Ses idées pouvaient parfois le heurter, mais elle lui apportait toujours matière à réflexion. En somme, Marcus était bien plus qu’un simple ami de son frère. Il était pratiquement un second frère pour la jeune femme et elle une petite sœur. Pour toutes ses raisons, Marcus acceptait à peu près tout de la jeune femme. Ce fut donc avec le sourire aux lèvres qu’il accepta les propos de la jeune femme au sujet de sa fille et lui répondit :

- Heureusement comme tu dis, sans quoi j’aurais bien du mal à lui trouver un époux le moment venu. Seulement, tu sais comme moi que la beauté n’est pas un gage de réussite en la matière puisque même de grande beauté

Il sembla hésité un moment et il se rapprocha d’elle pour lui dire à l’oreille :

… comme toi par exemple, reste toujours vieille fille a près de quoi… rappel moi quel âge tu as… trente ans bientôt non?  

Sachant que le sujet était épineux et que la jeune femme était probablement souvent pointée du doigt à cause de sa condition, Marcus trouva que sa réponse était juste. Se sentant fautive, la jeune femme s’excusa d’avoir été grossière dans ses propos et lui répondit :  

- J'ai été grossière et laisse-moi me pardonner : mon frère a acquis récemment un excellent vin qu'il garde jalousement dans une pièce. Si tu veux y goûter, suis-moi. On peut confier ta fille à cette esclave. Elle s'est occupée de tant d'enfants jusqu'à maintenant et elle appartient à la maison.

- J’accepte volontiers ton invitation Praedita, mais d’abord laisse-moi te présenter Claudia Cassia. Son père et moi étions d’excellent ami et c’est honneur pour moi d’être à présent son tuteur. Comme tu peux le constater, Cassia est une vestale tout comme ta nièce Virginia.

Se tournant vers la jeune vestale, il lui dit :

- Cassia, je ne sais pas si tu as eu la chance de rencontrer Pompeia Praedita. Il s’agit de la sœur cadette de notre cher Duumvir. Maintenant, je vais vous laissez quelques instants pour faire connaissance et je vais allez voir si mon intendant est arrivé, il doit venir prendre ma fille pour la ramener chez nous.


Marcus s’excusa auprès de Preadita et Claudia Cassia, et il souleva sa fille dans ses bras avant de se diriger vers la sortie. Après avoir confié son enfant à Demetrius, Marcus revint comme promis vers Praedita et tous les deux quittèrent le triclinium pour se rendre dans une autre pièce de la villa pour discuter en tête à tête, mais surtout pour goûter à ce fameux vin que lui avait vanté la jeune femme.


***


Alors que son père était en pleine conversation avec Claudia Cassia, Vinicia se mit à regarder les gens qui l’entouraient. Curieuse, elle cherchait à savoir qui était la fiancée de Marcus Pompeius Fortunato qu’elle avait rencontré à Rome chez son oncle. Elle regardait un peu partout dans la pièce quand finalement elle reconnut le jeune homme. Désirant allez lui parler, elle tira sur la main de son père et lui demanda la permission pour aller saluer Fortunato. Ce dernier acquiesça avec plaisir et laissa partir sa fille vers le jeune fiancé. Au bout de la pièce, Fortunato saluait sa promise lorsqu’il sentit qu’on tirait sur le bas de sa toge. En se tournant, il aperçut Vinicia qui lui dit l’air un peu triste.

- Bonsoir mon amie. Je suis triste mon papa m'a dit que tu allais te marier.

Surpris par les paroles de l’enfant, Fortunato se baissa pour se mettre à la hauteur de l’enfant et lui dit :  

« Vinicia, tu es très jolie. »

De nouveau intimidée par ce gentil compliment qu’on venait de lui faire, la petite se mit à rougir. Ne sachant pas ce qu’elle devait répondre, elle porta son regard sur la jeune femme qui accompagnait son ami. Cette dernière était également d’une grande beauté et devait certainement être la fiancée de Fortunato. Voyant l’intérêt de Vinicia pour sa fiancée, Marcus fit les présentations avant de demander candidement à la petite fille pourquoi elle se disait triste. La petite hésita un moment et finalement elle lui répondit le plus sincèrement du monde :

- Je suis triste parce que tu vas te marier avec une autre qu’avec moi.


***


Après un peu plus d’une trentaine de minutes, loin du reste des invités, Praedita revint dans le triclinium suivant de près par Marcus. Si la jeune femme se mêla tout naturellement aux invités pour poursuivre ses salutations et ses remerciements, Marcus lui alla directement au buffet se chercher un verre de vin et resta en retrait le temps d’encaisser la demande qu’il venait de recevoir.

Spoiler:
 
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Sam 11 Jan - 23:50

C'était étrange, ou peut-être pas, dans le fond, mais certaines patriciennes en venaient à purement et simplement détester les enfants, avant même d'en avoir elles-même eu. Ce n'était peut-être pas si étrange que ça si on partait du principe qu'elles voulaient simplement réagir à ce qu'on leur promettait depuis qu'elles étaient nées : qu'un jour, elles deviendraient mères, et que cela serait la réalisation de leur vie. Comme si elles n'étaient faîtes que pour ça, et ne pouvaient guère espérer autre chose. Les hommes se glorifiaient de leurs batailles menées et remportées, et s'extasiaient devant leur tenue de combat, avec armes et armures, et aussi face à tous ces trophée ramenés des lointaines contrées qu'ils avaient sillonnées en se battant ou en simplement les traversant pour justement aller se battre, plus loin. Et, donc, les femmes devaient, elles, se glorifier de leur progéniture ? Certaines patriciennes ne voyaient pas les choses comme ça, et d'autres poussaient cela dans l'extrême en repoussant en bloc les enfants, et en se montrant haineuses, dédaigneuses, et détestables avec eux. Rufia était loin d'être comme ça. Issue d'une famille nombreuse, elle avait eu l'habitude de côtoyer des enfants. Et puis, elle avait été aimée par les siens, et l'était encore. Elle n'avait donc nullement besoin de faire subir un sort différent du sien, enfant, aux enfants d'aujourd'hui. Et puis, même si elle refusait de se laisser cantonner à son rôle de future mère, ainsi qu'à son rôle de future épouse d'un prestigieux héritier d'une très prestigieuse famille patricienne, respectable et respectée, elle n'avait nullement développé une quelconque haine à l'égard des enfants. Au contraire. Elle se disait que si on voulait que les choses changent un jour, il fallait leur accorder attentions et compréhension, afin qu'ils ne deviennent pas aussi aigris que bon nombre des patriciens d'aujourd'hui.

Face aux présentations effectuées par son futur époux, Rufia arbora le sourire le plus poli et gentil qu'elle possédait dans son répertoire, afin de rassurer la petite et de la mettre en confiance. Afin de lui prouver, aussi, qu'elle ne la snobbait pas et ne la percevait pas comme une sale gamine venue l'emmerder alors même qu'elle était avec son fiancé, et que cette réception était organisée pour eux deux. En réalité, elle voulait aussi se montrer courtoise envers une jeune patricienne que Fortunato semblait connaître. Vinicia ... Cela signifiait donc qu'elle devait être de la gens des Vinicii. Elle avait un peu demandé, à différentes personnes, de la renseigner sur les familles les plus influentes ou connues de Pompéii, et avait également bénéficier du support et des explications de son fiancé, quelques minutes auparavant. Alors, elle déduisait, de ces quelques connaissances assez fraîches, que cette jeune enfant se devait d'être la famille de Marcus Vinicius, que Fortunato lui avait présenté comme étant un proche du Duumvir Lucius Pompeius Publicola, de son futur beau-père, donc. Raison supplémentaire pour se montrer chaleureuse et gentille avec cette enfant. Les amis de la gens de son futur époux se devaient d'avoir la meilleure perception possible d'elle, histoire que ses futures noces avec Fortunato ne soient pas perçues comme vectrices de futures fâcheries et dissidences avec leurs proches. Mais son sourire se figea quelque peu face aux explications et aux aveux de Vinicia. Ainsi donc, Rufia avait vu juste. Elle-même n'avait jamais eu la tête qui lui tournait face à un quelconque jeune patricien. Du moins, jamais comme elle, visiblement. Alors, elle ne pouvait pas exactement se mettre à sa place, mais en tout cas, elle pouvait se montrer rassurante. Se baissant à hauteur de la jeune patricienne, laissant les pans de sa stola l'entourer et protéger son apparence vertueuse, Rufia lui adressa un sourire compréhensif.
    ❝ Bonsoir Vinicia. C'est vrai que tu es très jolie ... Et je suis sûre que tu le seras encore plus lorsque tu auras mon âge. Et à cet instant là, tu trouveras un très joli fiancé, comme moi. J'en suis sûre. Il sera fort, brave, et intelligent. En tout cas assez pour voir quelle chance il aura de t'avoir pour future femme. Et si ce n'est pas le cas, Fortunato et moi nous ferons un plaisir de lui tirer les oreilles, voire même plus ... ❞ Elle la fixa droit dans les yeux, une lueur malicieuse dans le regard, et une moue faussement guerrière sur le visage. Une moue complice, surtout. Après avoir laissé fuser un petit éclat de rire, Rufia prit le temps de réfléchir. ❝ En attendant ... ❞ Glissant ses doigts dans ses cheveux, elle en retira doucement sa tiare, avant de la poser sur la tête de la petite. ❝ Goûtes déjà au plaisir d'être une magnifique jeune fille ... ❞ Oui, "petite fille" semblait plus déplacé, si elle voulait être dans ses bonnes grâces.
Rester dans les bonnes grâces d'un peu tout le monde. Cela avait tellement l'air plus facile à dire qu'à faire. Car Rufia refusait d'apparaître comme allant de convive en convive, telle une abeille loin de s'être fixée, et dérivant plus qu'autre chose, enivrée par le pollen qu'elle récoltait de ci de là. Vous n'avez jamais vu une abeille droguée au pavot, par exemple ? Un léger mal de crâne se faisait sentir, mais la jeune patricienne gardait la face. Et évitait de trop laisser la moindre ride de concentration ou d'anxiété apparaître sur son visage lorsqu'elle entretint cette assez rapide conversation avec sa cousine. Cependant, elle ne put rien faire contre sa moue étonnée face à la tornade brune qu'avait été ... la tante de son promis, donc, c'était bien ça ? Hochant la tête en réponse aux précisions de Fortunato, elle se sentait comme de plus en plus engoncée dans sa tenue, et se demandait déjà si elle devrait en arriver à demander à ce qu'on lui donne plus amplitude et moins de compression, surtout au niveau de la poitrine. Bien sûr, elle n'irait sûrement pas demander ça à son fiancé, surtout parce qu'il était inconvenant de le solliciter ainsi alors qu'il était chez lui, ou plutôt, au milieu de sa gens, et que bon nombre de pairs d'yeux étaient scrutées sur eux, détaillant, à n'en pas douter, leurs moindres faits et gestes, et près à se gargariser du moindre faux pas, ou de la moindre inconvenance de part et d'autre. Reprenant un peu d'assurance, elle tourna son regard vers Fortunato, et prit le temps de réfléchir avant de lui répondre. Réponse qu'elle formula plutôt à voix basse, pour ne heurter aucune sensibilité. Des oreilles indiscrètes, espionnes et au discours trop cadré et aisément vexables, cela se devait bien d'exister.
    ❝ Je suis incapable d'avaler quoi que ce soit. Et si je tente pareille expérience, je crains fort de m'offrir en spectacle en devant courir à l'abri des regards indiscrets pour ... Enfin, tu comprends. Et si je sors prendre l'air, j'aurais toutes les peines du monde à revenir à l'intérieur. Je dois affronter et ne pas fuir. ... Mais merci de me l'avoir proposé. ❞ Elle lui adressa un doux sourire, légèrement tremblant d'une pointe d'anxiété contre laquelle elle n'était toujours parvenue à totalement lutter. Il y avait aussi le fait qu'elle savait très bien, encore une fois, qu'ils étaient plus ou moins deux des principaux éléments clefs de cette réception, et que disparaître tous les deux, en même temps, risqueraient de délier des plus aisément toute langue prompte aux racontars et au tissage d'une réputation des plus dépravées là où il n'y avait même pas lieu de voir à mal, ne serait-ce qu'un peu ...


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« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »


Dernière édition par Claudia Rufia le Lun 3 Fév - 23:37, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 21 Jan - 13:20

« Cela aurait pu être bien pire » pensa la patricienne en quittant Marcus.

Bon il avait ri évidemment, et elle en rougissait encore en y pensant. Il faut avouer qu’elle n’aimait pas beaucoup qu’on se moque ainsi de ses idées surtout si elles étaient excellentes à ses yeux. Cependant, dans ce cas-là, elle ne pouvait pas lui en vouloir : sa demande était si inattendue et si étrange, en contradiction avec beaucoup des mœurs de cette époque.

« N’y pensons plus, surtout pas devant mon frère ou Lupida ».

Ces deux-là la connaissaient assez pour interpréter beaucoup de ses états. Elle oublia donc, en partie, la conversation de toute à l’heure et se concentra à la fête, s’y donnant complètement avec cette énergie et ce sourire qui lui étaient propres. Quiconque la voyait ne douterait pas aisément de ces états d’âmes.

Elle finit par s’approcher à nouveau auprès de la fiancée de son neveu. Elle ne s’était rendue compte que bien trop tard qu’elle ne s’était pas présentée comme il se devait et qu’elle-même n’avait pas posé les questions adéquates pour connaître ce futur membre Pompeii. Décidément, la patiente n’avait jamais été sa qualité première : bien trop presser de parler à Marcus, elle en avait oublié les règles de courtoisie.

Elle attendit que la jeune fille termine sa discussion avec quelques invités pour s’approcher à nouveau. Elle était assez jeune –enfin, au vu de l’âge de Praedita, toute fiancée était assez jeune -, et plutôt mignonne. Au moins Fortunato ne pourrait pas se plaindre d’avoir une laide pour fiancée et au moins n’aurait-il pas quelques soucis à trouver le chemin de la chambre conjuguale. Etait-ce une pensée perverse ? Non. Une pensée pratique plutôt. Elle avait vingt-cinq précisément et elle en avait entendu des choses. Finalement, un couple, ce n’était pas juste de l’amour et quelques bonnes paroles.

- Je m’excuse de toute à l’heure, Claudia Rufia. Il y a tant de monde que je connais, comme ne connais pas, que j’en oublie les présentations dans ces derniers cas. Si mes souvenirs sont bonnes, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de faire ta connaissance jusqu’à maintenant.

Elle n’était pas prétentieuse du tout et elle était sincèrement intéressée. Il faut dire que lors des premiers contacts, elle aimait bien croire que toute personne en face d’elle n’était pas foncièrement méchant. Cependant, que pouvait-elle dire d’autre à cette femme qu’elle ne connaissait pas assez ? Hum, se présenter soi-même serait déjà un bon début. Elle était loin de se douter que son neveu s’était chargé de cette petite tâche.

- Je suis Pompeia Praedita, la tante de ton fiancé, dit-elle en jetant un regard vers lui comme pour s’assurer qu’il ne s’était pas mystérieusement volatilisé, et si jamais tu as une quelconque question sur qui que ce soit ou quoi que ce soit, n’hésite pas. J’espère que nous nous entendrons à merveille.

Espérer … Non pas que Claudia pouvait être méchante, mais tout simplement parce que supporter Praedita nécessitait un brin d’énergie. Elle sourit, d’excellente humeur …

- Apprécies-tu la soirée ?

Tout en parlant, elle se permit de chercher des yeux son frère. Oui, elle ne connaissait pas tout le monde et elle voudrait bien que ce dernier les lui présente. Pourquoi lui en particulier ? Il était le duumvir et autant dire qu’il était plus amusant que ce soit lui qui fasse les présentations. Les courbettes et belles paroles étaient d’avantage monnaie courante … ensuite il fallait comparer sans la présence de ce dernier. Un exercice comme un autre pour passer le temps me diriez-vous.

Elle espérait que Lucius verra son petit regard et qu'il "accourrait" un peu à ses côtés. Au pire, elle viendrait à lui avec Claudia, si cette dernière ne se faisait pas accaparer par un autre ou une autre.

__________________________






2ème cérémonie césar:
 
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 2 Fév - 14:26


Je parle avec Flavia quelques instants et me restaure sans trop d'acharnement. Il faut souligner que je n'ai jamais été ni très empressé avec la nourriture, ni avec la boisson. Comme si mon être se sustentait d'autres denrées comme le pouvoir et l'ambition. Tout du moins c'est ce que les mauvaises langues murmurent. Elles sont toujours si promptes à murmurer cependant... Aujourd'hui, point d'ennemi alentours, les invités ont été soigneusement triés. Je ne veux aucun esclandre pour les fiançailles de mon fils et ne veux surtout pas mettre ma belle-fille dans l'embarras. Je l'observe de loin, souriante lorsque quelqu'un vient la saluer. Elle ne quitte pas beaucoup son promis ce qui me rassure : leur union sera peut-être aussi solide que j'ose l'espérer dans mes rêves les plus fous. Cette petite me plaît, elle semble si parfaite et pour l'instant, je ne cherche pas à gratter ce que cela peut masquer. Mes quelques échanges avec Rufia m'ont complètement séduits.

Praedita reparaît et elle passe, suivie de près par mon frère. Que sont-ils allés comploter tous les deux ? La question ne me captive que quelques minutes, car déjà deux autres invités viennent nous saluer. Ce sont des gens proches de la famille de Lupida, par son père, et ils la connaissent depuis toute petite. J'ai beaucoup de respect pour eux car je les assimile à ma belle-famille. Ils soutiennent qui plus est avec force mes diverses campagnes, ce qui n'est pas comme chacun peut s'en douter, pour me déplaire. Je repose mon assiette sur la table basse près de mon lectum et je leur souris avant d'échanger quelques gentils mots avec eux. Mon masque tombe quelques instants et mon air est soudain très avenant, très simple. J'ai beaucoup de respect pour mes aînés. Bon, surtout pour ceux qui sont de mon côté, soit. Je les laisse en compagnie de mon épouse quand je vois que Praedita semble me convoquer du regard, comme elle en a toujours le secret :

- Excusez-moi, je crois que ma soeur m'appelle à l'aide à l'autre bout de la pièce et je serais un bien mauvais aîné si je n'accourais pas aussitôt.

Je me lève et dans la foule je passe à quelques centimètres d'Helvia, suffisamment pour frôler de façon non intentionnelle sa stola. Je lui fais un sourire poli, comme quelqu'un qui s'excuse d'entrer ainsi dans un espace vital sans y avoir été convoqué et lui dit, sur un ton en parfait accord avec mon sourire :

- J'espère que ta soirée t'est agréable et que la suite le sera tout autant.

Rien de plus mais suffisamment pour lui faire comprendre que ma représentation actuelle n'inclue pas que je l'oublie. Il n'y a rien eu de froid dans cet échange car après tout, elle fera bientôt partie de la famille. Je sais que ce détail devrait me remplir d'un malaise insoutenable mais il n'en est rien. Je trouve ça logique, bien au contraire. Je l'abandonne sur un dernier petit signe de tête : notre échange n'a duré que quelques secondes. Puis j'arrive enfin à proximité de ma soeur, en ayant malgré tout dû jouer un peu des coudes, manquer qu'on me renverse une coupe de vin sur la toge et éconduit fort agréablement quelques piplettes. C'est la première fois de la soirée que je me trouve si près de Fortunato. J'échange un regard avec lui, pas froid, pas forcément chaleureux non plus. En fait, d'une neutralité alarmante. Je n'ose le mettre mal à l'aise ou lui faire croire qu'il y a un message dans ce regard, je préfère donc demeurer près de Praedita :

- Alors soeurette, expliques-tu à ta nièce tous les moyens mnémotechniques que nous avons mis en oeuvre, tout au long de notre jeunesse, pour nous souvenir de chacun ?

Notre père a été lui aussi Duumvir et notre maison toujours emplie de nouveaux inconnus : clients, patriciens, plébéiens. Praedita a parfois eu plus de mal à retenir leurs noms, car elle était moins sollicité que moi, à part pour dire bonjour ou au revoir, comme il sied à une jeune femme de son rang. Mais malheur à moi si j'oubliais l'identité de tel ou tel, car aussitôt mon père me gratifiait d'un regard noir à vous pétrifier sur place. La connaissance, c'est le pouvoir Lucius, prends garde à ne pas l'oublier. Alors ma soeur et moi avons passé des soirées entières à trouver des petits noms parfois forts fleuris à divers convives, afin de nous souvenir de leurs identités. Je reprends, à l'intention de Rufia :

- Je sais que cela fait beaucoup de monde mais tu t'en sors à merveille, n'aies crainte. Et puis bientôt, certains d'entre eux seront suffisamment saouls pour graver à jamais leur souvenir dans ta mémoire.

D'ailleurs, afin d'éviter que nos convives ne s'imbibent trop d'alcool, je fais signe à Cicero de faire amener le dessert. Une immense corbeille de fruits, donc certains sont piqués sur un décor en bois fin, vient s'insérer à la base du socle des deux chevaux joutant, qu'on amène au passage, toujours aussi immaculés : la sculpture de glace, façonnée pour durer de longues heures, ne montre encore aucun signe de dégel. Je regarde le visage de mon fils et cherche à savoir si la soirée l'agrée au moins un peu, si la sculpture est à son goût mais je ne lui pose pas la question. Peut-être ai-je trop peur qu'il ne me réponde par la négative. En désespoir de cause, je commente donc ce choix pour Rufia, même si peut-être elle connaît déjà les goûts de son promis :

- Marcus a toujours beaucoup aimé les chevaux, amour réciproque d'ailleurs. Tu aurais été impressionnée de voir de quelle façon il a maîtrisé le premier cheval que sa mère et moi lui avons offert. C'était comme si l'animal et lui se comprenaient.

Il y a une véritable admiration dans ma voix, une sorte de fierté bien qu'elle soit peut-être teintée d'un ton un peu bourru, celui de l'homme qui n'aime pas trop faire étalage de ses sentiments. Je n'ai aucun mal à le faire lorsque c'est à l'intention de la galerie, mais en l'occurrence, me rappeler d'un tel détail de notre vie m'émeut un peu.
En vérité, j'espère que ce qui va suivre plaira réellement à mon fils, car j'ai passé plusieurs heures avec les palefreniers, les acrobates et autres cavaliers pour qu'ils préparent un magnifique spectacle équestre.

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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mer 5 Fév - 16:52

Je posais mon regard bleu sur Vinicia. La petite semblait réellement peiné de constater que j'allais épouser Rufia. Je ne savais pas quoi dire pour la rendre moins triste. A vrai dire, je n'étais pas très douée quand il s'agissait de parler de ce genre de chose. Et encore moins quand il s'agissait de le faire avec une enfant de l'âge de la fille de Marcus. Heureusement, Rufia vint à mon secours et se baissa à la hauteur de la petite fille pour lui parler. J'écoutais la jeune femme tandis que mon regard se portait sur l'assistance. J'essayais de voir Marcus, avec qui je n'avais pas encore parlé mais il me semblait encore en grande conversation avec Praedita. Je reposais mon regard sur Rufia qui offrait sa tiare à la petite fille. Celle-ci avait encore le temps de songer à se marier et à se voir privé d'une certaine liberté. Puis je regardais la petite repartir vers son père qui venait d'apparaitre un peu plus loin. Je reportais mon attention sur Rufia. Je voulais faire un effort pour qu'elle se puisse s'adapter facilement à sa nouvelle gens. Je comprenais sans mal que cela devait être difficile pour elle. Et j'étais là pour lui faciliter les choses. Mille fois pourtant depuis le début de cette mascarade, j'avais été tenté de partir de cette villa qui me faisait à présent, penser à une cage dorée. Mais j'avais des devoirs et des obligations, comme venaient de me le rappeler les paroles de la jeune patricienne. Toutefois, j'avais besoin d'un remontant. Je faisais donc un signe à un esclave pour qu'il me donne une coupe de vin. J'avais besoin de boire. Je prenais une gorgée avant de reprendre la parole.

« Courage. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Bientôt les convives seront plus intéressés par leur repas et tout ce qu'ils peuvent engloutir, plutôt que de faire attention à nos moindres faits et gestes. »

J'étais pour ma part, tellement habitué à ce genre de fête, où tout le monde faisait attention à tout le monde, où les regards scrutateurs se fixaient sur un convive puis un autre, que je ne faisais même plus attention. Les regards, les murmures coulaient sur moi comme la pluie glissait sur le pétale d'une fleur. Buvant une nouvelle gorgée, je remarquais Praedita qui revenait vers nous. Je laissais ma tante prendre la parole, s'excusant alors de son comportement d'avant. Je remarquais ensuite le regard de cette dernière vers le centre de la pièce où l'hôte du jour distribuait courbettes et sourires enjôleurs. Il était dans son élément. Et je ne doutais pas une seule seconde que ces fiançailles, était une nouvelle façon pour lui, de s'assurer la fidélité de certains convives. Je détournais le regard quand la haute silhouette du Dummvir se rapprocha de nous. Un peu de tranquillité, cela était trop demandé. Aujourd'hui, Rufia et moi étions les acteurs principaux d'une satire intemporelle: celle d'une société conservatrice dont sa nobilitas n'était intéressée que par l'appât du gain et la recherche d'alliance à tout prix. Elle comme moi, n'étions que des pions de latroncule, bougés au gré des tactiques et des besoins. Je soupirais intérieurement à l'approche du pater familias. Aujourd'hui, plus qu'un autre jour, il remplissait son rôle à merveille. Malgré tout, j'avais remarqué le regard qu'il offrit à Helvia. Un fin sourire s'afficha sur mes lèvres. Cela me faisait penser à une discussion que j'avais eu il y a quelques jours. Et si ce que ce garde m'avait murmuré à l'oreille, était vrai. Il m'avait fait sous-entendre que le Duumvir retrouvait une femme certains soirs. Et quelle femme? Le garde n'avait pu me donner de nom. J'étais donc divisé entre l'envie de me servir de cette information à bon escient (si celle-ci s'avérait véridique) et celle de garder le secret. Le garde n'avait pas vécu assez longtemps pour utiliser davantage cette information. Il m'en avait gardé la primauté. Et je ne pouvais que m'en réjouir. Malheureusement, il n'avait compris que trop tard qu'il avait joué à un jeu trop dangereux. Mon père et ses grands discours, ses leçons de morale et d'intégrité, cela me faisait sourire. Je savais qu'il n'était pas irréprochable. Je l'avais toujours su. Comment parvenir à ce niveau de responsabilité sans faire quelques dégâts collatéraux. Toutefois, j'étais loin de penser qu'il pouvait bafouer sa famille, son épouse alors qu'il en faisait des éloges à tout ceux qui voulaient bien l'entendre et l'écouter, pour une liaison. Lui, dont la notion de famille était si importante, lui qui faisait tout pour garder l'intégrité de cette famille, s'était-il perdu en chemin? Cela aurait été si facile pour moi de me venger, sans penser aux autres. Mais je ne pouvais m'empêcher de porter mon regard sur ma mère qui était entrain de saluer la troisième femme du sénateur Caius Titus Blatius. Élégante et charismatique, elle gardait la tête haute. Était-elle seulement au courant d'éventuelles incartades de son époux.

Je sortais de mes pensées, reportant mon attention sur notre hôte qui venait de nous rejoindre. Je passais une main sur mon front. La chaleur me faisait transpirer, à moins que ce soit cette fièvre qui était présente à mon réveil, plus tôt ce matin-là. Aux paroles du Dummvir, je soupirais intérieurement. Je n'avais qu'une hâte, partir. Mais je devais rester ici. Quoiqu'il puisse penser de moi, je n'oubliais pas mes devoirs envers ma gens. A son geste de la main, Cicero donna le signal pour apporter le banquet. Ce dernier était soutenu par une sculpture de glace qui représentait deux chevaux cabrés. Je devais admettre qu'il avait mit beaucoup d'énergie pour surprendre l'assemblée présente. Il y avait des murmures d'admirations et des claquements de mains. Je prenais une gorgée de ma coupe tout en essayant d'oublier le mal de tête qui rongeait le crâne. Aux paroles suivantes du Dummvir, je ne pouvais m'empêcher de soupirer légèrement tout en regardant mon père.

« La compréhension entre un homme et un animal est parfois plus simple, que celle de deux hommes qui se font face. Et qui n'ont rien d'autre à partager que le nom qu'ils portent. »

Je gardais mes yeux bleus sur lui. Mon timbre de voix était resté habituel. Je n'avais même pas élevé la voix. Tout ce qu'il faisait, m'indifférait. Tout ceci ne m'était pas destiné, ni à moi, ni à Rufia. Il cherchait encore une fois à gagner des voix pour les futures élections. Il faisait d'une pierre, deux coups. Je reposais ma coupe sur le plateau qu'un esclave me présentait. Je reportais ensuite mon regard sur Rufia. J'étais peiné pour elle, que sa famille ne soit pas présente, en tout cas, pas toute sa gens.

« Je suis désolée encore une fois que ta famille ne soit pas là pour célébrer ce jour. Mais je crois que la présence d'une certaine personne, te fera plaisir. »

Je lui montrais du regard, Marius Claudius qui venait d'entrer dans la villa des Mystères. Je savais que son frère n'était pas très heureux de cette union et qu'il ne voulait pas venir. Mais sa présence ici était importante pour Rufia et j'avais été le voir pour le convaincre de venir. Il avait fini par accepter. Peut-être arriverais-je enfin à avoir une relation saine avec lui. Je pensais que j'étais capable de faire des efforts pour Rufia. Cela ne remplaçait pas l'absence de ses parents, mais la présence de son frère, sera réellement symbolique pour elle. Et c'était tout ce qui comptait. Je reposais mon regard sur Rufia.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Sam 15 Fév - 18:46

Peut-être qu'au final, Rufia ne craignait-elle pas réellement pour elle, et pour sa réputation. Peut-être que tout ce trouble qui l'envahissait, et cette sensation de se sentir bien trop scrutée, observée, et potentiellement jugée, reposait uniquement sur le fait qu'elle n'était pas sans ignorer qu'elle jouait gros. Plus que ça, elle jouait son avenir, sans tomber dans l'exagération, et sans se prendre soudainement pour le centre de ce monde. Cette réception était donnée en l'honneur de ses fiançailles. Et, à n'en pas douter, Lucius Pompeius Publicola ne s'attendait pas à ce que qui que ce soit, et encore moins elle, ne vienne ternir la réputation des siens, et la sienne, par la même occasion. Rufia refusait que, par sa faute, cette promesse d'union soit rompue. C'était frustrant, pour elle, qui détestait devoir se montrer mesurée, et haïssait aussi devoir réfléchir avant d'agir et de réagir. Elle n'était pas de ces jeunes patriciennes qui courbaient si aisément la tête et se soumettaient aux dictats les plus misogynes et dévalorisants pour les femmes, leur caractère et leur intelligence. Ne pas pouvoir être naturelle, et devoir anticiper, c'était très désagréable, et rageant, aussi. Surtout parce qu'elle savait déjà à quel point Fortunato voulait qu'elle se montre telle qu'elle était. Alors, elle ne pouvait que lui sourire, légèrement rassurée, lorsqu'il tenta, justement, de la rassurer, en lui disant que tout ce petit cirque cesserait bientôt, ou plutôt qu'il ne se poursuivrait que vers d'autres desseins, qui la concerneraient sûrement beaucoup moins. Elle n'était pas dupe, et savait qu'ici, tous ces convives venaient pour deux raisons principales. Par curiosité, d'abord, pour la voir, elle, issue d'une gens prestigieuse et connue de tous, mais surtout parce qu'elle était la seule fille de sa fratrie, le petit joyau de ses parents, et qu'en plus, il devait y avoir sans doute aussi une curiosité un peu malsaine pour la voir au bras de Fortunato, qui ne devait pas exactement être connu pour avoir toujours rêvé de se marier, un jour, et de n'avoir que ce but là, ultime, dans la vie. Mais la seconde raison de la présence de tant de convives en ce jour devait sûrement l'emporter sur la première : tous ou presque étaient surtout venus ici pour se faire bien voir du Duumvir, et pour lui faire mille et uns compliments, mille et unes courbettes, aussi. Alors, elle espérait juste qu'ils se décideraient tous, brusquement, à assaillir son futur beau-père, ce qui la laisserait un peu en paix. Un espoir assez égoïste, et peut-être malvenu, mais un espoir qui était là, quand même. Heureusement pour elle, son attention était brusquement détournée par l'arrivée, ou plutôt le retour, de Pompeia Praedita, la tante de Fortunato. Elle avait des paroles enjouées, polies, et courtoises, et visiblement, comme Fortunato semblait ne pas lui jeter de regard mauvais, et comme Rufia ne saisissait aucune brusque tension, elle se dit qu'il n'y avait ni menace, ni danger.
    « Enchantée de faire ta connaissance, Praedita. J'ai pour l'instant un excellent guide à mes côtés, mais je n'hésiterais pas à venir te voir si j'ai besoin d'une voix plus féminine pour me guider. » Elle décocha un regard à son fiancé, comme pour guetter toute réaction, qu'elle soit amusée, approbatrice, ou plutôt tendue et réprobatrice. « La soirée est ... Elle semble bien se dérouler, pour le moment, même si, pour l'instant, elle compte à mes yeux bien trop de visages inconnus. Mais je viens d'arriver à Pompei, et il est normal qu'avant de connaître la nouvelle sphère dans laquelle je vais évoluer, je dois d'abord m'y sentir toute nouvelle arrivante ... »
Cependant, ce petit intermède empli de légéreté se stoppa brusquement, et cette bulle d'apaisement éclata, non moins brusquement. Cela avait été immédiat. Rufia n'avait pas aussi rapidement capté ce regard de Praedita que ne l'avait fait Fortunato, mais, en revanche, elle sentit très rapidement planer autour d'eux une atmosphère bien plus tendue. Fortunato changeait d'attitude, ce qui ne rassurait et ne sécurisait absolument pas la jeune patricienne. Cependant, elle n'allait pas se mettre à pâlir, ni même à rougir, car, pour le coup, elle avait tout de même grandis dans un univers où la tension était perpétuelle. Seulement, ses parents étaient parvenus à maintenir ce danger, cette tension, et cette appréhension emplie d'adrénaline hors des murs de leur villa romaine. Les portes étaient restées fermées face à ce flot de mauvaises augures, mais ce barrage n'avait tout de même pas sans cesse été hermétique. car Rufia était clairvoyante, et savait déceler ce qui se devait, généralement, d'être vécu et ressenti comme devant échapper au moindre regard. Elle avait lu tant de choses dans le regard de ses parents, tant de choses qui lui avaient donné un regard sur le monde extérieur, celui qui se déroulait hors des murs de la villa. Et puis, elle avait tout de même évolué, en grandissant, au milieu de l'élite patricienne romaine. Ses parents l'avaient couvée, jusqu'à ce qu'ils réalisent que, malgré tout, ils avaient un peu failli dans leur tâche. Cependant, jamais elle n'avait connu de tensions entre son père et ses frères, et cela, ça la perturbait au plus haut point, parce qu'elle n'y était pas habituée, et qu'à ses yeux, une gens, c'est sacré. Que l'on peut s'y entre-déchirer, mais uniquement pour d'excellentes raisons, et jamais aux yeux d'un étranger. Par étranger, il fallait comprendre un être non membre de cette fameuse gens dont il était question. Face au petit sourire de son fiancé, elle fronça imperceptiblement les sourcils, avant de noter, dans un coin de sa tête, qu'elle devrait songer, par la suite, à lui demander ce qu'il avait pensé voir de si amusant. A moins qu'une telle question ne soit déplacée, car trop intime et curieuse. Mais déjà le Duumvir était face à eux, et Rufia faisait taire et mettre en sourdine toutes les questions qui l'assaillaient, d'autant plus qu'il finissait par s'adresser directement à elle, et qu'elle se devait de lui répondre.
    « Je n'ai pas peur, rassurez-vous. Je suis juste anxieuse, ce qui est différent. » Elle ne cherchait pas spécialement à donner une leçon de vocabulaire, d'autant plus que le ton n'était pas si impertinent que ça. Très naturel et véridique, oui, mais impertinent ? Sans doute pas tant que ça. Peut-être que Rufia était surtout désarmante de répondant et de réplique, peut-être ... Elle ne se laissait en tout cas pas fondre, ni même désarmée, tout comme elle ne prenait pas appui sur son fiancé pour se savoir capable de rester debout sans trembler. « Je préfère de loin éviter de conserver de tels souvenirs. Ce serait désagréable, et fort incommodant, surtout pour eux. Car ils perdraient alors une certaine envergure et posture, à mes yeux. ... A moins qu'ils ne réveillent des souvenirs enfouis. »
Un petit sourire mutin naquit alors sur ses lèvres. A Rome, c'était connu : si vous finissiez ivre chez Marcus Claudius Urbicus et que vous vous ridiculisiez, et que vous deveniez trop rustre, vous vous retrouviez dehors très vite, manu militari, et ce quelque soit votre rang. D'autant plus si l'alcool vous faisait adopter un comportement déplacé envers Rufia, ou bien envers sa mère, ou envers toute autre femme, surtout si cette dernière être une Claudia.[/list] Mais alors que Publicola s'adressait à Fortunato, Rufia se sentait brusquement ramenée sur terre, en plein milieu d'une tension père-fils des plus palpables. Elle ne connaissait encore que très peu son fiancé, pourtant, la réaction de celui-ci ne lui semblait pas ressembler au jeune patricien. Surtout que ses paroles ne laissaient place qu'à peu d’ambiguïté. Alors, aussitôt, elle rafla le premier verre qui lui passait sous la main, posé sur le plateau tenu par un esclave. Un vin fort, et épicé, miellé, aussi, embauma alors tout son palais, alors qu'elle vidait discrètement sa coupe, d'une seule traite. Elle avait bu d'une façon très propre, mais aussi régulière, et rapide. Très discrète, aussi. En aucun cas elle ne souhaitait passer pour ce qu'elle n'était pas : une jeune créature qui se réfugiait dans l’absorption d'alcool dès lors qu'elle rencontrait quelque difficulté relationnelle ou d'adaptation. Reposant sa coupe sur le plateau où elle l'avait prise, elle laissa alors son regard naviguer d'un Pompeius à un autre. Jusqu'à ce que son regard croise celui de Fortunato. Peut-être avait-elle alors des allures de biche, mais sans doute laissait-elle surtout transparaître une véritable force et fièvre. L'alcool n'avait rien à voir là dedans, qui plus était. Cependant, elle resta un peu en suspens face aux paroles assez mystérieuses de son fiancé. Bien sûr que sa famille n'était pas là : entre ceux qui s'étaient fait massacrés, les disparus et les condamnés à l'exil, le palmarès n'était pas au diapason. Elle tourna alors la tête, dans la même direction que le regard de Fortunato, avant de laisser sa bouche s'entrouvrir de surprise. Il était là. Son frère était là. Marius était là. C'était tout à fait inattendu. Enfin, peut-être pas tout à fait. Il était déjà venu jusqu'ici, jusqu'à la Villa des Mystères, pour l'y accompagner. Mais il était convenu qu'il rentre chez eux, dès qu'elle aurait franchi les portes de la demeure, parce qu'il faisait la tête et n'était ni des plus enthousiastes, ni des plus enjoués. Fortunato avait donc su trouver les mots pour le convaincre de décider de rester, et de ne pas en dire un seul mot à Rufia. Qui, évidemment, ne s'attendait pas exactement à le voir ici.
    « Falco ... » Elle tourna les yeux vers son fiancé, assez étonnée. « C'est toi qui a réussi à le convaincre de ven... Bien sûr que c'est toi. Qui cela pourrait-il être d'autre ? » Elle lui offrit alors une moue amusée. « Tu devras m'expliquer ton secret. Il a l'air moins morose qu'à son habitude lorsqu'il se voit obligé de céder et de contredire sa décision initiale. Il me fait la tête pendant bien trop longtemps quand j'arrive à le mettre à genoux face à l'une de mes exigences. ... Merci beaucoup ... »
Elle venait saisir l'une des mains de Marius, la porta à ses lèvres et y déposait un fugace baiser, avant de tourner à nouveau la tête vers son frère, et de capter son regard, et sa silhouette. Visiblement, lui l'avait déjà repérée depuis plus longtemps, car il n'était plus qu'à quelques pas de leur petit groupe. Inconsciemment, et comme lorsqu'ils étaient encore enfants, dans un même mouvement, ils firent preuve d'un synchronisme et d'une complémentarité à toute épreuve : il avançait l'une de ses mains, et Rufia venait y loger l'une des siennes, avant que Marius ne referme sa poigne, et ne laisse son pouce glisser sur le dos de la main délicate de sa sœur. Se raclant doucement la gorge, elle s'achemina à faire les présentations.
    « Je vous présente Mar... » « Marius Claudius Falco. J'ai l'infime privilège d'être son frère. Ainé. Fils aîné de la fratrie, et de Marius Claudius Urbicus, ainsi que de son épouse » Rufia lui décocha un regard un peu désapprobateur : c'était elle qui voulait faire les présentations. Aussitôt, il lui broya un peu la main, ce à quoi elle répondit par un pied qui venait écraser l'un des siens. « Falc... » Petit regard noir. « Marius, voici les Pompeii. Ma future nouvelle gens. » Un silence plana, un peu tendu, avant que Marius ne prenne la parole. « Duumvir, nous faisons donc ainsi enfin connaissance ... » Son regard se porta alors vers Fortunato, puis ... « Rufia, ton fiancé est un homme très persuasif ... » Serait-ce un léger sourire sur ses lèvres ? « Tu dois être Praedita, n'est-ce pas ? ... Enchanté de faire ta connaissance. » Il lui adressa un sourire charmeur, séduisant, et charismatique, mais tout en retenu.

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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 16 Fév - 16:02

Praedita admirait constamment l'œil vigilant de son frère ainé. Dans toute cette foule, il avait remarqué ce petit regard et avait su venir à ses côtés sans plus tarder. Oui, quelle que soit la situation, quelle que soit le lieu et le moment, il sera toujours celui qui court pour protéger, aider ou écouter sa sœur chérie. Espérons qu'après la proposition qu'elle venait de faire à Marcus, qu'il continue à la soutenir de cette même façon. N'oublions pas qu'elle venait tout juste de trahir d'une certaine manière la confiance de son frère, qu'elle avait plus ou moins remis en cause son autorité de tuteur : au lieu que ce soit lui qui trouve et propose, c'est lui qui allait accueillir et accepter... le contraire de ce qui se fait. Connaissant le caractère des plus conservatrices de son frère ainé, elle craignait. Oui, oui, Praedita pouvait craindre son frère aimé.

- Non, je n'oserai pas lui dire une telle chose. Nous risquons de perdre en crédibilité et puis, il est bon que certaines oreilles ne l'entendent pas, dit-elle en souriant et avec un petit regard malicieux en direction de la jeune patricienne.

Ensuite, l'échange qui se fit entre Rufia et Publicola plut particulièrement à Praedita. Elle commençait à apprécier cette rousse qui n'avait pas peur de prendre la parole, qui savait bien manier les mots et surtout qui ne semblait pas se laisser déstabiliser par l'ambiance lourde. La jeune Pompeia était si habituée à subir cette tension les rares fois où père et fils se retrouvait qu'à force, elle avait su ignorer. L'astuce était de se concentrer sur quelques éléments et paroles.

- Je préfère de loin éviter de conserver de tels souvenirs. Ce serait désagréable, et fort incommodant, surtout pour eux. Car ils perdraient alors une certaine envergure et posture, à mes yeux. ... A moins qu'ils ne réveillent des souvenirs enfouis.
- Oh effectivement, cela risque de laisser de mauvais souvenirs mais l'astuce est de partir avant que tout cela ne dégénère et que tout le monde soit bien trop ivre. Enfin, c'est vos fiançailles, souriez donc et oubliez les mauvaises choses ou le passé. Rêvons du lendemain plutôt
dit-elle en prenant un verre de vin et le relevant comme pour souligner ses paroles. Elle n'en prit qu'une gorgée, ayant déjà assez bu avant, durant sa conversation avec Marcus.

Elle évita de clôturer la phrase précédente en disant que cette soirée offrait de nouvelles armes à son frère. Mine de rien, l'alcool déliait plus d'une langue. Plus d'une fois elle avait assisté à ce genre de soirée et plus d'une fois elle avait été témoin de paroles ou d'actes sensationnels voire outrageants.

Conclusion des courses : elle savait des choses par ci et par là qu'elle n'hésitait pas à user le moment venu, en cas de besoin. C'était peut-être fourbe mais bon ... dans ce monde, il fallait se défendre avec ce qu'on avait et connaître les personnes que l'on fréquentait. Elle devait bien compenser son manque de force physique ou de voix politique par quelques ruses tout de même.  

Si Marcus se montrait très désagréable, ouvertement, vis-à-vis de son père - qui s'était assez donné du mal pour être parfait dans son rôle et accueillir royalement ses invités avec cette sculpture de glace - , il n'était pas moins galant vis-à-vis des autres personnes. C'était au moins ça me diriez-vous.

Face à l'invité surprise, soit le frère ainé de la fiancée, Praedita jeta un petit regard inquisiteur à son frère - aime-t-il cette apparition ? -, un regard amusé à son neveu - petit filou qui savait convaincre les plus durs - et un regard inquisiteur à cette nouvelle personne, très charmante d'ailleurs.  Elle appréciait le ton et la manière dont il s'adressa à elle.

Cependant, il semblait aimer prendre l'ascendant  : l'échange discret de coup entre frère et sœur ou encore leur manie de se couper de temps en temps la parole ne lui échappèrent pas.

-  En effet, Pompeia Praedita, sœur du Duumvir, tout le bonheur est pour moi. Je ne me savais pas si reconnaissable,
dit-elle en riant légèrement pour tenter de détendre un peu cet atmosphère trop, trop tendu, J'avoue que Père comme fils, chacun sait convaincre habilement.  

Elle n'avait pas souvenir personnellement. Il faut dire que les visages s'enchaînaient si vite, et en nombre dans la villa des mystères ou encore dans les nombreuses réceptions où elle assistait avec Lucius.

Elle finit par poser son verre à peine entamer sur un plateau. Elle devait s'arrêter là avant de finir saoulée, son esprit étant déjà légèrement embrumé. Elle avait l'alcool joyeux et un brin trop bavarde : elle ne souhaitait pas raconter des bêtises ou annoncer à pleine voix, sans promesse de prétendant, son petit plan de mariage.

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2ème cérémonie césar:
 
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 16 Fév - 16:54


De près comme de loin, ma belle-fille ne s'en laisse pas compter. Elle sourit, elle est aimable, elle a de l'esprit, cela me fait plaisir. Peut-être est-ce un manque cruel d'objectivité de ma part, parce qu'elle est belle comme le jour et qu'elle a une langue qu'elle sait manier, sans vilain jeu de mots bande de petits perfides que vous êtes, mais lorsque je vois la façon dont elle s'accroche au bras de mon fils, je me dis que je ne me suis guère trompé sur son compte. Elle sera non seulement une bonne épouse, mais sera aussi une femme avisée, et c'est ce que l'on peut souhaiter de mieux pour Fortunato, j'en sais quelque chose. Un sourire naît sur mes lèvres et je tourne immanquablement la tête vers Flavia, qui parle toujours avec divers convives, comme si elle était née pour la représentation. Pourtant je sais qu'en public comme au privé, c'est une alliée parfaite. Mon regard revient sur mon fils lorsqu'il me parle et je rencontre ce regard bleu, si semblable au mien. Sa voix est parfaitement maîtrisée tandis que le reproche est bien là, à peine voilé. Mon fils n'est pas comme moi, il a cette franchise toujours un peu désarmante, tellement inhabituelle dans le monde de la politique. Je l'admire pour cela, car je pense que c'est cette droiture d'esprit qui l'empêchera de se corrompre, contrairement à moi. Voilà pourquoi, malgré le fait qu'il me tape particulièrement sur le système en ce moment, depuis que nous nous sommes âprement disputés, j'ai toujours cet espoir peut-être ridicule en moi que tout s'arrangera. Je crois en mon fils et malgré ce qu'il sous-entend, je crois que le lien qui nous unit est indissoluble. Tu te trompes Fortunato, si nous nous querellons, nous partageons bien plus que notre nomen, sinon il n'y aurait plus rien à batailler. Je sais qu'il m'en veut, au moins autant que je lui en veux mais ce soir est son jour, je ne le rabrouerai donc pas, surtout pas devant sa fiancée. Je souris, comme si je n'avais absolument pas saisi le sous-entendu, de ce sourire si naturel qui m'est propre, l'air de l'homme comblé que je suis forcément, vu que je suis Duumvir et que j'appartiens à la gens la plus puissante de la cité :

- C'est fort juste Fortunato, même si, les dieux m'en gardent, je ne connais aucuns hommes qui ne soient liés que par leur nom, cela doit être un sort bien cruel.

Je le pense réellement, rien de plus pénible que de n'avoir qu'un étranger en face de soi et qui soit lié par ce lien si intime qui s'appelle la famille. Et malgré nos querelles, je suis loin de ressentir cela pour Marcus, sinon nos disputes ne me retourneraient pas l'estomac. Je songe soudain qu'il faudrait peut-être que je le lui dise un jour, voilà une faute supplémentaire de ma part, de croire que c'est pourtant aussi cristallin que la statue des deux chevaux au dessus de l'immense corbeille de fruits.
Rufia n'a rien perdu de notre échange, je le vois à son visage. Peut-être n'est-elle pas au courant du froid qui s'est installé entre père et fils, ou peut-être qu'elle en prend la mesure aujourd'hui. Je souris à sa remarque : contrairement à ce qu'on pourrait croire, j'aime qu'elle pinaille. Elle a fait la même chose lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois et c'est ce qui m'a immédiatement séduit. Elle est insoumise et si ce trait de caractère affolerait la plupart des beaux-pères, c'est ce qui me plaît chez une patricienne. Mon petit sourire en coin accueille donc sa remarque chaleureusement, l'anxiété dans ce genre d'événement est normal et elle s'en sort parfaitement bien.
Alors que ma soeur renchérit à propos des souvenirs et de l'avenir, je lui prends le bras et le serre gentiment, afin de la complimenter sur son intervention de façon muette. Praedita a un caractère intensément optimiste, que nous partageons.

- Si vous saviez les souvenirs que je garde de mes propres fiançailles... fais-je à Rufia, un instant songeur. À mon ton, l'on devine qu'il n'y a rien de malheureux là-dedans. Je me souviens particulièrement de l'ébriété de certaines personnes que mon père a vertement tancées, car il faisait la morale à tout le monde, avec des termes toujours parfaitement bien choisis. Et une austérité qui vous glaçait les sangs. Je tolère quant à moi certains débordements à la Villa des Mystères, car cela me permet souvent de recueillir quelques précieuses confidences de mes convives. On ne se refait pas. Toujours est-il que moi je ne suis jamais ivre. C'est une faiblesse que je ne peux me permettre, certainement pas en public.

Le ton, redevenu léger, est interrompu par l'arrivée du frère de la fiancée. Je jauge le jeune homme avec attention et bienveillance. Il donne sa soeur aujourd'hui et je sais, oh ça oui je l'imagine fort bien, combien cela ne doit pas être facile. Je regarde Praedita un instant, fugace, comme si elle allait se volatiliser, puis accueille Marius Claudius comme il se doit, en lui serrant la main :

- Sois le bienvenu dans notre domus, Marius Claudius Falco, c'est un plaisir pour moi de te rencontrer également.

Je remarque le manège entre le frère et la soeur, et note dans un coin de ma tête les informations ainsi glanées. Je note aussi le "enfin", employé par Marius. Cette attente est partagée, car j'ai crains, jusqu'au bout, malgré l'assurance de Claudia Cassia, que l'union soit repoussée par le frère, qu'on dit arrogant. Praedita, parfaite, comme toujours, essaye de détendre l'atmosphère en faisant montre d'esprit. Ma chère soeur, que ferais-je donc sans toi ? Sur ces politesses, je me tais, à la fois pour laisser le soin à Fortunato d'accueillir son beau-frère comme il se doit, mais aussi parce que Cicero vient me murmurer à l'oreille que la nuit tombe. Ce qui signifie que le spectacle équestre peut commencer. Aussitôt, je porte mes yeux sur Flavia, qui commence de sa voix forte et agréable à prévenir les convives qu'il va leur falloir gagner la terrasse. Je garde ma soeur à mon bras et lui murmure :

- J'espère que cela va leur plaire au moins.

La préparation de ce spectacle a été mené à la manière d'une campagne. Il a fallu réunir les cavaliers, les jongleurs et acrobates. Faire venir des chevaux capables d'exécuter ce genre de figures et qui n'étaient pas effrayés à la vue du feu. Puis donner des instructions. Praedita a suivi tout cela de près, jouant le rôle du général en second, car elle s'y connaît particulièrement bien en divertissement : dehors, les chevaux s'ébrouent, les torches ont été allumées et des myriades de points dorés marquent une sorte de parcours dans le jardin de la villa. Mieux encore, le bassin extérieur est ce soir un bassin de flammes, inutile de rappeler à quel point tout chez nous est sous le signe du rouge et de l'or. Dès que les deux jeunes fiancés seront sur la terrasse, le spectacle commencera, afin de ravir leurs yeux, ainsi que ceux des invités.

Spoiler:
 

__________________________


Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 23 Fév - 22:06

Le vin était bon, la nourriture exquise et l’ambiance agréable et pourtant il lui tardait de rentrer chez lui. Cette soirée de fiançailles avait pourtant bien débuté, mais son entrevue en privée avec la jeune Pompeia Praedita lui avait rappelé combien ça situation était précaire et toute la pression qui reposait sur ses épaules maintenant que son frère Drusus était mort. On attendait de lui qu’il prenne une nouvelle épouse. Une épouse qui lui donnerait des fils, des héritiers à qui donner son nom et celui de ses ancêtres.

Il avait réussi sa carrière, il était légat et en charge d’une légion prestigieuse qui avait fait ses preuves en Égypte. Il avait réussi aussi en affaire avec son entreprise d’import-export. Il était immensément riche et avait le respect de ses pairs, mais il traînait une sale réputation qui lui ferait toujours de l’ombre.

Debout près de la grande table sur lequel étaient disposés les plats de pâtisseries et de petites gâteries de fin de soirée, Marcus buvait doucement une coupe de vin lorsqu’il remarqua a l’opposé de la pièce une femme d’une grande beauté. Une femme au regard perçant et à la chevelure sombre. Elle ne ressemblait à aucune autre femme présente. Elle se mouvait dans l’espace avec une grâce innée et semblait flottée au-dessus de la foule présente. Hypnotisé par sa beauté et sa grâce, Marcus s’avança doucement vers elle lorsqu’elle prit une coupe de vin sur un plateau. Elle stoppa sa route tout près de sa jeune protégée Claudia Cassia et amorça la discussion avec cette dernière. N’ayant aucune idée de qui il pouvait s’agir, Marcus vint vers la jeune femme et lui demanda poliment de les présenter officiellement ce qu’elle fit avec un grand plaisir. Lorsqu’elle lui révéla enfin son identité, Marcus se trouva bien stupide de ne pas avoir reconnu Helvia Claudia Scaevola. C’était donc elle, la tante de la jeune vestale ainsi que celle de la fiancée du jour. Elle l’intrigante veuve du frère de son ami Claudius Flavius Crassus. Il avait entendu plusieurs rumeurs à son sujet, il se souvenait aussi l’avoir aperçu à la cérémonie funèbre de son ami, mais il n’avait jamais eu la chance de lui parler directement. Heureux de pouvoir enfin faire sa connaissance, il remercia Claudia d’avoir fait les présentations et il fit ses hommages à la magnifique patricienne.

- Me voilà un homme comblé. J’ai si souvent entendu parler de vous par votre nièce et par feu son père qu’il me tardait de pouvoir mettre un visage sur votre nom. On m’avait vanté votre grande beauté, mais je dois avouer qu’aucun éloge ne serait égalé le plaisir que j’ai en ce moment à vous regarder.

Toujours aussi charmeur, Marcus ne pouvait s’empêcher de faire les éloges d’une belle femme lorsqu’il en rencontrait une. Elle était beaucoup plus âgée que Tirzah ou Praedita, mais elle dégageait une assurance et une superbe que seule une femme d’expérience pouvait avoir. Son maintien était parfait et une étincelle de fierté brillait dans ses yeux. Elle était tout à fait exquise. Sensible à la beauté des femmes et ce même s’il était totalement épris d’une autre, Marcus ne pouvait s’empêcher de lui faire savoir le fond de sa pensée.

- C’est vraiment très regrettable que nous ayons dû attendre aussi longtemps avant de nous rencontrer.

***

Alors que son père semblait occupé à discuter avec des membres de la famille Claudii, la petite Vinicia était venue retrouver la seule personne présente dans cette maison qu’elle connaisse assez bien pour lui parler librement. Son père lui avait appris sur le chemin qui les conduisait à la fête la raison de leur présence à ce banquet et elle n’avait pu retenir sa déception. Dans sa petite tête d’enfant, elle avait imaginé des rêves totalement fous pour eux et voilà que ses rêves se brisaient les uns après les autres.

La jeune femme qui était debout tout près de Fortunato était d’une grande beauté. Elle semblait du même âge que lui et c’était donc tout naturel qu’il la préfère elle à un enfant. Elle ne pouvait pas se montrée jalouse après tout elle ne connaissait pratiquement rien à son sujet sinon qu’il s’était montré gentil et attentif envers elle. Alors qu’elle se sentait totalement ridicule d’avoir osé lui avouer ainsi sa peine, la dame s’agenouilla pour être à sa hauteur. Sa voix était douce et ses paroles bienveillantes. Elle se voulait rassurante et cherchait certainement à lui faire comprendre qu’elle voulait elle aussi être son amie. Quand elle retira de ses cheveux sa magnifique coiffe pour la déposer sur sa tête, Vinicia se mit à rougir et la remercia de sa petite voix pour son geste. À cet instant, elle se sentait véritablement spécial. Elle embrassa rapidement la jeune femme pour la remercier et elle courut rejoindre son père à l’autre extrémité de la salle.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Jeu 20 Mar - 18:08

Avant propos:
 


Helvia, avec cette sûreté dans la voix et les gestes qui lui était commune, se tenait face au duumvir et sa femme, sa délicieuse femme, qui avait le rôle ambigu de l’amie et de l’ennemie, tous deux à la fois. Scaevola ne savait pas vraiment comment elle devait considérer cette soirée, comment elle devait se comporter avec tous ces invités. Pour beaucoup, elle était une femme à éviter, quelqu’un de qui il fallait se méfier. La méfiance était un sentiment qu’elle connaissait bien trop pour le haïr ou même le mépriser. Mais il lui arrivait malgré tout de le trouver parfois un peu trop complexe à gérer, trop dangereux, trop gênant dans les projets qu’elle voulait mener, et en particulier lorsqu’il s’agissait de sa famille.

Pourtant, elle ne remarquait pas cette méfiance dans les yeux de Lupida. Il était étrange de ne sentir aucune animosité dans le regard de la seule personne ici qu’elle était sûre de considérer comme une ennemie. Ne se doutait-elle de rien ?  Ne voulait-elle simplement rien voir ? Etait-elle dans la plus totale des ignorances, convaincue à ce point de la droiture de son époux ? En y réfléchissant, cela aurait peut-être été possible. Lucius travaillait son masque depuis si longtemps… Peut-être parvenait-il à jouer son rôle irréprochable jusque dans sa propre maison.

La voix du duumvir la tira justement de ses pensées. Il semblait quelque peu anxieux, quoi de plus naturelle face à une réception de cet ordre ? Mais il gardait cette prestance qu’elle lui avait toujours connue, entouré des siens. Elle ne réprima pas un sourire de circonstances qui répondit à son salut. Mais à la suite de ses paroles, son sourire se crispa de manière presque imperceptible mais néanmoins bien existante. Elle avait été bien trop blessée par le terme de « connaissance » qu’il avait utilisé la première fois qu’il l’avait présentée à Lupida pour ne pas remarquer le nouveau statut qu’il lui donnait ce soir. Une « amie » ? Etait-ce l’inquiétude qu’il pouvait ressentir concernant cette soirée qui lui faisait oublier toute précaution concernant le secret qu’il protégeait depuis maintenant cinq ans du regard de sa femme ? Une forte inquiétude s’empara de son cœur mais elle tenta du mieux qu’elle le put de la dissimuler. Quand elle en eu le courage, elle recroisa le regard de Lupida. Celle-ci ne semblait pas avoir changé d’humeur, pourtant Helvia ne parvenait pas à en être pleinement rassurée. Sa vie avec Lucius lui avait-elle permis de développer le même talent que lui, celui de savoir cacher ses sentiments derrière un visage perpétuellement neutre ? Cette situation lui faisait perdre la tête… Elle en venait à craindre même les signes d’amitié pure, comme si tout pouvait être perverti…

Comme pour suivre Lucius et se présenter à nouveau, Helvia sourit discrètement. Elle aussi se cachait derrière un masque ce soir en s’adressant à cette femme. Mais dans ces jeux de rôles perpétuels, il était finalement aisé de se perdre en soupçons infinis. Qui était sincère et qui ne l’était pas ? Les réponses restent muettes et les questions demeurent.

Mais elle n’était pas la seule invitée de cette soirée et bientôt, les autres voix qui  régnaient entre ces murs revinrent à ses oreilles. Un visage angélique lui apparut alors : Cassia… Helvia était heureuse de la voir, comme toujours. Le visage de la vestale semblait serein et sa mine enjouée, peut-être parce qu’elle n’était pas pour rien dans la soirée qui se tenait ici ce soir. Après tout, n’était-elle pas l’investigatrice de ces fiançailles ?

Quand leurs regards se croisèrent, un simple sourire parvînt à exprimer tout ce qu’elles avaient à se dire. Aussi opposées qu’elles pouvaient l’être, toutes deux avaient cette faculté de se comprendre avec une facilité parfois déconcertante. Elles n’étaient pas d’accord sur tout, elles n’avaient certainement pas le même rapport aux dieux. Mais il existait ce lien entre elles, comme si chacune savait qu’il y avait chez l’autre quelque chose qui devait l’inspirer, quelque chose qu’elle devait apprendre, une sorte de reconnaissance de la valeur de l’autre indépendante de leurs fréquents désaccords. La vestale apaisait peut-être sa tante, tout simplement, et pour une femme comme Helvia, n’était-ce pas le plus grand des biens ?

Cassia ne resta pas longtemps, mais ces quelques minutes avaient suffi à calmer la veuve et à lui faire oublier quelque peu la situation complexe dans laquelle elle se trouvait. Quelques instants plus tard, quelqu’un appela Lucius et quand elle se retourna, Helvia découvrit un visage qu’elle ne reconnut pas tout de suite. Seul Lucius apporta la réponse à son interrogation. Praedita… Elle était donc là également. Quoi de plus normal après tout.

Alors que Lucius partit la rejoindre, la veuve le sentit se rapprocher d’elle au point de frôler légèrement sa robe, ce qui lui arracha un frisson inévitable. Un instant, elle le soupçonna de l’avoir fait volontairement. Puis, en croisant son regard, elle fut rassurée sur ses intentions. Il n’était pas assez fou pour jouer ainsi sous le regard de sa femme et Helvia se trouva soudain bien bête d’avoir craint le contraire, ne fut-ce que pendant quelques secondes. Elle lui sourit poliment et lui répondit avec douceur :

- Je n’en doute pas…

Elle laissa trainer son regard quelques instant sur sa silhouette qui s’éloignait avant de se retourner de nouveau vers Lupida. Elle se trouva alors légèrement mal à l’aise, seule face à celle qu’elle considérait encore, malgré tout ce temps, comme sa rivale. Elle ne pousserait pas l’arrogance jusqu’à rester seule face à elle dans l’hypocrisie la plus complète.

- Je ne voudrais pas monopoliser la maîtresse de cette soirée, dit-elle aimablement. Je vous laisse au reste de vos invités…

Elle lui sourit, puis tourna les talons et s’éloigna doucement. Après être partie en chasse d’un esclave capable de lui fournir une coupe de vin, elle prit sa place accoutumée, légèrement en retrait, là où elle pouvait voir tous les invités en toute discrétion. Un petit sourire en coin, les sourcils quelque peu froncés, elle laissait son regard parcourir l’ensemble de la salle et étudier ce fleuron de l’élite patricienne de Pompéi alors en pleine représentation.

Ses yeux cherchèrent premièrement une chevelure flamboyante et un visage angélique qui étaient venus la voir il y avait de cela quelques semaines peut-être. Rufia était un peu plus loin, au bras de son fiancé qui semblait prendre soin d’elle autant qu’il le pouvait. C’était très bien ainsi. Helvia se remémora ses propres fiançailles : elle était restée la majorité de la soirée à observer son futur époux s’adonner à des plaisanteries qui semblaient sorties de la plus puérile caserne de légionnaires, entouré de tous ses amis et leurs rires gras. Les premiers signes d’un mariage majestueusement raté, sans aucun doute. En voyant sa nièce ainsi entourée, Helvia ne put que sourire avec un brin de soulagement.

Elle étudia chacun des invités présents et chercha à tous les reconnaître. Certains noms lui échappaient encore mais tous ces visages lui étaient familiers. Famille et amis des Pompeii se livraient à un nouveau renforcement de leurs liens qui devaient être les plus étroits possibles avec l’arrivée des prochaines élections. Helvia elle-même faisait partie de cette représentation qui mêlait merveilleusement bien sincérité et hypocrisie. Elle n’allait pas jusqu’à croire à une amélioration de sa réputation, il faudrait bien plus qu’une soirée mondaine pour cela. Mais elle se montrait malgré tout ce soir comme une alliée de la famille la plus puissante de la ville. Avait-elle le droit de cracher sur cela ? Certainement pas…

La veuve entendit alors deux pas se rapprocher et quand elle détourna le regard, elle croisa de nouveau celui de sa tendre nièce avant de rencontrer celui d’un homme qu’elle n’eut aucun mal à reconnaître : Marcus Vinicius.

Alors que Claudia les présentait, Helvia salua le légat d’un respectueux signe de tête et maintenant qu’elle était en face de lui, elle réalisa tous les éléments qui les liaient l’un à l’autre sans qu’ils ne l’aient jamais désiré : lui était le protecteur de Cassia, sa nièce préférée, elle était la protectrice de Tirzah, une de ses esclaves, Lucius, son amant, considérait Vinicius comme son frère, et tous deux soutenaient le même ludus… Elle se demanda alors pourquoi ils avaient mis si longtemps pour se rencontrer enfin.

Quand Cassia s’apprêta à les laisser, Helvia lui adressa un discret clin d’œil. Alors, elle plongea son regard dans celui du légat, comme elle le faisait face à tous ses interlocuteurs. Quand Vinicius débuta leur conversation, elle ne put s’empêcher de sourire :  

- Je ne me souviens pas depuis combien de temps on ne m’a plus abordée de cette manière. Peut-être est-ce parce que trop d’hommes s’y sont cassé les dents pour retenter leur chance ainsi…

Tant de compliments donnaient à ses propos une telle lourdeur qu’elle ne pouvait s’empêcher de le soupçonner d’avoir agi ainsi volontairement, par pure ironie. Elle n’avait plus connu de galanterie aussi ridiculement poussée depuis des années… Depuis son arrivée à Pompéi tout du moins. Mais elle trouvait cette situation profondément amusante et elle lança au légat un sourire qui lui disait bien qu’elle ne lui en tenait certainement pas rigueur. Qu’il la faisait rire, même.

Le légat redevînt plus sérieux et Helvia laissa doucement s’atténuer son sourire pour retrouver un visage plus sobre, mais sans aucune froideur. Elle se tourna de nouveau vers la foule puis lui répondit doucement :

- En effet… Je suis heureuse de combler cette malheureuse lacune ce soir.

Elle amena sa coupe à ses lèvres et laissa un silence planer pendant quelques secondes. Les yeux toujours fixés sur le reste des invités, elle reprit :

- Il semblerait que nous soyons aujourd’hui liés par des affaires communes.

Elle se retourna alors vers lui et planta son regard profondément dans le sien. Il savait certainement de quoi elle voulait parler.

- Nous n’avons jamais véritablement fait connaissance et pourtant, vous vous trouvez aujourd’hui en charge de ma nièce et je suis celle qui a pris votre petite esclave sous son aile. Les volontés des dieux sont parfois déroutantes…

Pourtant, Helvia ne perdait pas de vue une chose : elle ne connaissait pas Vinicius. Elle ne savait pas quel homme il était, et cela la dérangeait beaucoup vis-à-vis de Cassia. Elle ne pouvait connaître la nature de celui qui devait  protéger la belle vestale depuis la mort de son père et cette situation était bien difficile à vivre par moments. Ce soir, la veuve désirait partir en ayant accompli au moins une chose : découvrir l’âme de cet homme ou du moins, savoir si réellement elle pouvait avoir confiance en lui.

- Lucius ne dit cependant que du bien de vous et je serais tentée de me fier à son jugement en dépit de la réputation que l’on voit octroie.

Elle dit alors d’une voix plus douce, comme pour le rassurer sur l’absence du moindre préjugé de sa part.

- Inutile de vous dire le peu d’intérêt que je porte aux rumeurs et aux racontars. Disons que je les fréquentes d’assez près pour connaître leur futilité…

Nul besoin de se mentir, Scaevola et Marcus Vinicius n’étaient pas deux noms connus à Pompéi pour leurs conduites irréprochables. En ce sens, l’un et l’autre pouvaient parfaitement comprendre les blessures que pouvaient créer une réputation sulfureuse. Néanmoins, ce soir, Helvia allait se faire sa propre opinion sur le légat et celle-ci aurait une valeur bien plus grande que la moindre des rumeurs, dans le bon sens… ou dans le mauvais.

Dans la villa, une certaine agitation se faisait entendre, pourtant, Helvia ne déviait nullement son regard. Voilà si longtemps qu'elle se devait de s'entretenir avec Vinicius. Cette fois, elle ne se laisserait pas distraire...

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Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 30 Mar - 13:02

J'étais conscient que cette situation ne devait pas être facile pour Rufia. Faire la connaissance d'une gens et de toute sa clientèle devait être une épreuve. J'étais habitué à ce genre de soirée où la présentation des mets les plus exotiques, côtoyaient les alliances et les désunions des patriciens de la cité. Mais cela ne voulait pas dire pour autant que je ne trouvais pas tout ceci, guindé à l'excès. Enfin, en bon politicien, je savais donner l'illusion. Je serrais quelques mains, je portais quelques regards avisés, je faisais un ou deux compliments et j'étais tranquille. C'était du donnant-donnant. Jongler avec les mots, les situations et les humeurs, je savais faire. Sauf qu'aujourd'hui, j'aurais préféré rester chez moi. Je n'avais aucune envie de jouer la comédie et de sourire à tout le monde, prétendre que tout va bien. Et que les Pompéii sont une famille des plus respectables et honorables. Seulement, nous avions aussi nos secrets et l'illusion ne pouvait tromper qu'un moment. Cependant, je devais avouer que, comme à son habitude, le Dummvir semblait affronter tout ceci sans état d'âme. En même temps, je me demandais s'il possédait encore la sienne ou s'il l'avait vendu au plus offrant. Je prenais une nouvelle coupe en main pour en boire une gorgée pendant que Preadita et Rufia faisaient connaissance. J'observais cette scène et je ne pouvais m'empêcher de voir le Dummvir en observant ma tante. Elle était vouée toute entière à sa cause et je savais, malheureusement, qu'il fallait que je m'en méfie également. Et puis les femmes étaient si facilement influençables. Il était facile d'avoir leur confiance pour peu qu'on s'y prenait bien. Et je savais que son frère faisait des merveilles. Un véritable petit soldat dévoué. Enfin, j'espérais que Praedita n'allait pas mettre Rufia dans l'embarras. Je comptais sur son éducation et sa perspicacité pour ne pas commettre d'impair avec la jeune Claudii. J'espérais seulement qu'elle ne s'était pas liguée avec son frère pour rendre cette soirée impossible. Buvant une gorgée de vin, je posais mon regard sur l'assemblée. Je préférais ne pas m'attarder sur certaines personnes. Aux paroles de Rufia, je reportais mon regard sur elle. J'étais satisfait de voir qu'elle semblait prendre ses marques. Je lui avais dit d'être elle-même, de ne pas se laisser intimider par les personnes qui se trouvaient dans la villa. Je savais que cela ne devait pas être facile pour elle, mais je trouvais qu'elle s'en sortait bien. Rufia avait beaucoup de ressources et je savais qu'elle était capable de ne pas se laisser influencer par quiconque. Puis quand elle adressa la parole au Dummvir, je ne pouvais m'empêcher d'esquisser un léger sourire. J'aimais ce caractère impétueux. Prenant une nouvelle gorgée de vin, je posais mon regard sur l'entrée où venait d'apparaitre Marius. Il n'avait pas été simple à convaincre. Mais quand je voulais quelque chose, j'arrivais toujours à l'obtenir. Je l'observais venir vers nous avant de prendre la parole.

« Marius ne pouvait pas être absent à tes fiançailles. Et je savais que ça comptait beaucoup pour toi. Alors ne me remercie pas. »

Je la laissais aller à la rencontre de Marius. Je ne pouvais pas concevoir que le frère aîné de Rufia n'assiste pas à nos fiançailles. Il devait être présent. C'était non seulement important pour la jeune femme mais cela montrait aussi que ce dernier était favorable à notre union. Cette entente nous donnait une unité que je recherchais pour cet événement. Et je me félicitais d'y être parvenu. Je laissais la fratrie faire les présentations. Rufia semblait enfin à l'aise. Avoir sa famille à ses côtés était une source de sérénité que je ne pouvais pas lui refuser. Une certaine légèreté s'était à nouveau posée sur ses épaules. Je levais ensuite mon regard sur ma mère qui se trouvait à quelques pas de nous. Elle invitait les convives à prendre la direction de la terrasse. Je soupirais intérieurement. J'avais presque oublié le temps de quelques minutes, la raison de notre présence ici. Je posais ma coupe de vin vide sur le plateau que tenait un esclave, se trouvant à mes côtés. Je tendais à nouveau mon bras à Rufia pour la mener dehors, suivant les invités, curieux de découvrir la suprise du Dummvir. Je ne savais pas ce que c'était et à vrai dire, cela ne m'intéressait pas. Je ne pouvais pas m'empêcher que tout ceci était fait pour paraître et non pas pour faire plaisir, que ce soit à Rufia ou à moi. C'était une nouvelle fois, une bonne manière de mettre en avant sa propre personne. Un leger vent frais se posa sur mon visage. Il était le bienvenue. J'avais chaud et ce mal de crane ne voulait toujours pas partir. Je passais une main sur mon front avant de reporter mon attention sur le spectacle qui commençait à notre arrivée. Un spectacle de cavaliers. Un parcours a été balisé par des dizaines de torches. Des cavaliers en tenus se préparent à parader devant nous. Ce spectacle me rappelait à quel point les campagnes. Et j'aurais tout donné à cet instant pour être ailleurs, dans une contrée barbare, avec Argento. Perdu au milieu de nul part, je me serais senti davantage à ma place. Mieux qu'ici, où j'étais en compagnie d'inconnus et où je devais faire comme ces cavaliers: parader et me montrer sous mon meilleur jour, remplir les fonctions qui étaient les miennes. Assurer le spectacle et promouvoir ma gens et ses alliés. Je baissais mon visage sur Rufia qui observait le spectacle. Je savais qu'elle appréciait les chevaux et j'espérais que ce spectacle allait lui plaire. Ce soir, les Pompéi se donnaient en spectacle et il fallait que tout soit à la hauteur de leur renommée.
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Dim 30 Mar - 18:45

Bien que la soirée était fort agréable, Marcus ne pouvait s’empêcher de penser à Tirzah qui était restée seule chez lui. Sa présence lui manquait et il lui tardait de pouvoir la rejoindre. Ayant malheureusement trop abusé du vin, sa tête commençait à lui tourner à moins que ce soit la conversation qu’il venait d’avoir avec Praedita qui le mettait dans un tel état. Alors qu’il se trouvait un peu à l’écart du groupe d’invité, il en profita pour réfléchir un peu à la proposition de la jeune femme quand il vit une silhouette qui lui était étrangère. Ami proche des Pompéi, il connaissait pratiquement tous les gens présents, mais ce visage ne lui était pas familier. Intrigué il se rapprocha de sa jeune protégée Claudia Cassia avec qui l’étrangère discutait et demanda à être présenté officiellement.  

Cette dame d’une grande beauté et d’une grâce hors du commun était donc Helvia Claudia Scaevola. Quel plaisir c’était pour lui de pouvoir enfin associé son nom à un visage. Ce nom il le connaissait et il l’avait entendu à plus d’une occasion. Seulement son nom le ramenait également vers le passé. Si ses souvenirs étaient justes, elle était la veuve du frère cadet de son grand ami Claudius Flavius Crassus.  

Il avait fait la connaissance de Flavius durant leur campagne en Gaule et ils étaient devenus rapidement inséparables. De retour à Rome après huit de guerre, il était régulièrement invité chez les Claudii. Lors de ses visites, il avait rencontré les frères de Flavius. Parmi ceux-ci se trouvait, entre autres Marcus Claudius Celsus. Ambitieux et beau parleur, le jeune homme aspirait alors à une carrière en politique. Appartenant, l’une des plus anciennes familles de Rome, il rêvait d’occuper un jour le poste de sénateur. Doté d’un fort caractère, le jeune frère de son ami était reconnu pour être rigide, conservateur et ferme dans ses opinions. Détestant la politique, Marcus ne l’appréciait pas particulièrement et fuyait ses discours ennuyants. Après son retour d’Égypte, il avait perdu tout contact avec les membres survivants de la famille Claudii. Voulant montrer l’exemple et s’assurer que plus jamais il n’y aurait de guerre civile, le nouvel empereur avait fait juger et banni toutes les familles qu’il avait trouvé coupables de trahison contre Rome et surtout contre lui. Ayant choisi de rester loyal a Marc Antoine, Flavius avait été exécuté et sa famille décimée. Seule sa fille alors vestale avait été épargné et ce n’est que tout récemment qu’il avait réussie à la retrouver. Alors qu’il observait Helvia, il ne pouvait s’empêcher de penser à ce que cette femme avait pu vivre comme épreuve depuis que le nom de son époux avait été traîné dans la boue. Jadis, la famille Claudii était parmi les plus riches et les plus honorables familles de Rome, aujourd’hui, leur nom était honni et on craignait de s’associer avec eux. La vie pour les survivants de ces familles condamner par l’empereur n’était pas aisée. Les survivants étaient souvent la cible des pires rumeurs. On leur attribuait tous les vices de la terre et inventait toutes sortes de mensonges à leur sujet. Aussi lorsque Marcus avait entendu parler de la mort de Marcus Claudius Celsus et des rumeurs qui condamnaient son épouse comme étant la responsable de sa mort, il n’y avait pas porté attention. N’étant pas friand des ragots, il s’était alors dit qu’il devait s’agir encore une fois de calomnies. Et puis avec du recul se souvenant de l’homme qu’était Celsus il ne pouvait pas en vouloir à qui que ce soit de vouloir se débarrasser d’un être aussi arrogant et mesquin.

La vie était vraiment remplie de surprise. Alors que dans le passé, il aurait eu plusieurs occasions de faire sa connaissance, voilà qu’ils avaient dû attendre plusieurs années avant de pouvoir enfin la rencontrer. Usant de son charme légendaire avec les femmes, Marcus la couvrit de compliment avant de lui dire combien il était heureux de pouvoir enfin avoir la chance de parler avec elle. Nullement impressionné par ses courbettes, Helvia lui répondit avec aplomb ce qui le charma encore plus. Il avait toujours eu de l’admiration pour femmes qui avaient de l’esprit et de la répartie. Lorsqu’elle lui fit part qu’ils étaient non seulement liés par leur affection pour la jeune vestale, mais également par affaire, Marcus compris immédiatement qu’elle faisait référence à Tirzah. Il se souvenait que la jeune femme lui avait parlé de ses contrats pour concevoir une toute nouvelle garde-robe pour la patricienne.

- Nous n’avons jamais véritablement fait connaissance et pourtant, vous vous trouvez aujourd’hui en charge de ma nièce et je suis celle qui a pris votre petite esclave sous son aile. Les volontés des dieux sont parfois déroutantes…

- Effectivement, les Dieux sont parfois très surprenants. Il est tout de même très amusant que ce soit Cassia et Tirzah qui est provoqué notre rencontre alors que je suis depuis de nombreuses années un proche de la famille Claudii. J’ai même eu la chance de croiser votre défunt époux en plusieurs occasions.

Ne souhaitant pas discuter de Tirzah en public avec une inconnue, je me gardai bien de parler de la jeune femme davantage. Je pris une gorgée de vin et alors qu’elle ajouta :

- Lucius ne dit cependant du bien de vous et je serais tentée de me fier à son jugement en dépit de la réputation que l’on voit octroie.

À ses mots, Marcus dut se retenir pour ne pas rire de bon cœur. Partout, où il allait et chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un de nouveau, il devait faire face à cette fichue réputation qui le précédait. Quoiqu’il puisse faire pour changer et modifier la perception que les gens avaient de lui, on continuait à lui prêter une vie de débauche et les pires perversités.  

- Lucius est comme un frère pour moi et bien qu’il me connaisse mieux que personne, je crois que son jugement sur moi est biaisé par notre amitié. Et dans la même ligne de pensée, je ne pourrai jamais dire du mal de lui. Je tiens toutefois à vous remercier de m’accorder le bénéfice du doute. Certaines personnes semblent trouver un grand plaisir à inventer des histoires pour se rendre intéressantes et nous dépeindre toujours plus vils que nous le sommes en vérité.

Sachant qu’elle comprendrait parfaitement à quoi il faisait allusion, Marcus lui fit un sourire espiègle. Ce à quoi elle répondit à son tour :  

- Inutile de vous dire le peu d’intérêt que je porte aux rumeurs et aux racontars. Disons que je les fréquente d’assez près pour connaître leur futilité…

Helvia et Marcus échangèrent un regard lourd de sens et se mirent à rire de bon cœur. Charmé par son esprit, Marcus lui servit à nouveau du vin et l’invita à marcher un peu pour discuter de choses et d’autres.  

- Êtes-vous installée à Pompéi depuis longtemps? Pour ma part, j’y suis venue à plusieurs occasions dans ma jeunesse, mais je m’y suis installée définitivement depuis quelques mois. J’adore cette ville. C’est tellement plus calme que Rome.  
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Message(#) Sujet: Re: Les fiançailles du jeune lion [PV les Invités] Mar 1 Avr - 23:19

La soirée se déroulait comme prévu. Les convives se présentaient, buvaient et mangeaient, et aucun trouble n'était venu entacher l'ambiance festive. Bien que l'arrivée tardive de Marcus m'ait donné des sueurs froides, il était là à présent, et se comportait comme le parfait fiancé avec sa promise, la guidant à sa bras, la présentant à chacun. J'aperçus du coin de l’œil le frère de cette dernière se joindre à eux, et je souris intérieurement. Mon fils, sous ses dehors batailleurs et farouches, pouvait parfois faire montre d'une délicatesse surprenante pour qui ne le connaissait pas ; mais moi, je savais bien qui il était, je savais la douceur, la tendresse et la passion qui animaient son cœur. J'espérais seulement que sa fiancée en serait digne. Au prime abord, Claudia Rufia paraissait à la hauteur : de bonne extraction, malgré les malheurs qui touchaient sa famille ; élégante, jolie, délicate comme une fleur à peine éclose ; effrayée comme on peut l'être en pareille situation, jetée en pâture à la société patricienne de Pompéi, sans aide... Mais elle avait l'air de bien s'en sortir. Je prévoyais tout de même de l'entretenir en privé, de façon à me faire ma propre opinion – celui qui se jouerait de moi n'était pas encore né, et j'étais d'autant plus méfiante que cela concernait l'un de mes enfants.
Mon fils, mon cher fils. Rebelle furieux devant son père, il n'était plus qu'un chiot agité entre mes bras. Je me félicitais de parvenir encore à le raisonner, et de maintenir un semblant d'harmonie avec son père.
Mes oreilles affûtées saisirent tout de même l'acidité dans les propos qu'ils échangeaient ; l'apparition de la sculpture de glace n'eut pas l'effet qu'escomptait Lucius, cela ne me surprit pas non plus. Marcus avait la rancune tenace, tout comme son père ; ils ne se rendaient pas compte que leurs différends naissaient de leurs similitudes, et ce serait encore à moi de le leur expliquer. Tant mieux. J'aimais que les membres de ma famille aient besoin de moi, c'était ma raison de vivre.
Je continuai à évoluer gracieusement parmi les invités, saluant ceux-ci, félicitant celle-là pour sa coiffure, distribuant des ordres discrets aux esclaves afin que chacun ne manque de rien. Ce faisant, je glissai non loin de Helva Claudia Scaevola, l'observant à la dérobée tandis qu'elle faisait de même, tapie dans un coin, sirotant un verre de vin. Elle était magnifique, richement vêtue, ses bijoux étincelants sublimant sa beauté de femme mûre ; nous étions du même moule, le temps ne faisait que sublimer nos traits au lieu de les faner. Les mots de mon époux résonnaient à mes oreilles : « une amie de Rome », avait-il dit cette fois. Seul un idiot fini pourrait imaginer que je ne relève pas la sémantique ; de connaissance, Helvia était devenue l'amie de mon conjoint. Le soupçon s'insinua en moi, et je le mis de côté sous le masque de l'hôtesse parfaite, me retournant vers Marcus et Rufia. Je savais que Lucius avait une maîtresse, mais j'avais pensé qu'il s'agissait d'une femme plus jeune, peut-être une esclave, après tout c'était monnaie courante. Mais songer que cette veuve brillante, brillant par ses éclats peu reluisants répétés dans toute la cité.... Je décidai de mettre cette question de côté pour la soirée. Il serait bien temps d'investiguer plus avant, plus tard – si nécessaire.
Un signe de Cicero, je hochai imperceptiblement la tête et me tournai vers les invités pour annoncer la seconde surprise :

Chers amis, veuillez vous rendre sur la terrasse. Les réjouissances continuent à la lumière de Diane, par ici.

Ma voix portait loin, bien que mesurée et égale, et ils m'emboîtèrent tous le pas. Dehors, l'air était tiède, et une brise portait des effluves du jasmin que notre jardinier cultivait sur mes ordres. Une clairière avait été dégagée pour le passage des chevaux, et des flambeaux l'entouraient afin que nul ne perde une miette du spectacle des acrobates. Profitant du bourdonnement curieux qui montait, je me faufilai jusqu'à Lucius, toujours côte à côte avec sa sœur, et je leur souris largement.

Tout se passe à merveille, n'est-ce pas ? Praedita, merci encore de t'être chargée de cette partie. Nous savons combien les arts te sont chers, et je n'ai aucun doute quant à la réussite de ce spectacle.

Ce disant, je serrai doucement les mains de ma belle-soeur entre les miennes ; mes paroles avaient pour but, sinon de la flatter, au moins de la valoriser. De fait, elle n'était pas vraiment hôtesse de la soirée, ni la personne la plus importante à saluer, mais je tenais à ce que chacun se sente maître sous mon toit, en particulier les femmes seules.
Je songeai, par association d'idée, à ma propre cadette. Elle ne s'était pas montrée, préférant demeurer auprès de son fils à le cajoler dans leurs ailes privées ; je ne lui en tenais pas rigueur, les hommes ont meilleure opinion des femmes seules qui ne se montrent que peu en public. Bien que l'événement la touchât personnellement, je doutais que quiconque note son absence, tant il y avait de monde qui avait répondu à l'invitation.
Je me tournai ensuite vers les promis, juste à temps pour entrevoir le geste de Marcus, la lassitude sur ses traits. Je fronçai légèrement les sourcils, et m'approchai de lui. Posant une main douce sur son bras, je rivai mon regard bleu dans le sien :

Te sens-tu bien, mon chéri ? Tu as l'air fatigué. Désires-tu une coupe bien fraîche, ou un porteur pour t'asseoir ?

Je forçais ma voix à rester purement maternelle, non trop inquiète, mais mon cœur battait à grands coups. La fièvre perlait sur son front, je l'avais suffisamment vue maltraiter mes enfants lorsqu'ils étaient petits pour la reconnaître. J'espérais qu'il avait été assez sage pour consulter un médecin ; et je me consolai en me disant que s'il tenait debout, et était capable de se disputer sèchement avec son père, alors il n'allait pas si mal que cela. Malgré tout, je gardai une mine tendrement inquiète, attendant une réponse de sa part.
À ses côtés, Rufia demeurait silencieuse. Je ne l'écartais pas à dessein, mais elle devait savoir que rien ni personne, jamais, ne se mettrait entre mon fils et moi. Pas même sa propre épouse.
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