Aliam vitam, alio mores [PV Circea Valens]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Mar 15 Oct - 13:01
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    Le voyage s’était avéré long depuis l’Hispanie. Maximus n’avait pourtant pas demandé d’escorte, ceci afin de pouvoir se déplacer à son rythme et lorsqu’il le voulait. De toute manière, les routes étaient relativement sûres, et les armées romaines y avaient établis de nombreux postes, plus ou moins grands. C’était sa première longue permission depuis la tragique bataille d’Actium, il y a quatre années de cela, alors le tribun ne voulait pas en perdre une seule miette. Le patricien avait dû néanmoins faire une halte d’une journée à Rome, se rendant chez les grandes instances pour rendre compte des dernières activités et des besoins de la Xème Légion dans sa campagne en Cantabre. Maximus détestait cette ville et était reparti le soir même afin de coucher dans sa périphérie lointaine. La grandeur de Rome côtoyait la misère la plus inhumaine et les plus grands hommes se mélangeaient aux rebuts de l’humanité. Sur la route de Pompéi, le patricien se demandait s’il était bien le seul à penser ainsi ou si c’étaient les nombreuses années de campagne et de guerre qui formataient son esprit.

    Quoiqu’il en était, le tribun était arrivé avec deux jours d’avance dans la ville de Pompéi. Lorsqu’il passa l’enceinte de la cité, il put aussitôt constater l’effervescence de ses habitants, désireux de reconstruire et de réparer les dégâts commis par un tremblement de terre. Ce châtiment divin était peut-être mérité, après tout.  Demandant sa route aux quelques passants, il parvint à se rendre sans encombre jusqu’à la villa de son ami Cassius, qu’il reconnut aussitôt d’après les descriptions qu’il lui avait fait parvenir dans sa dernière missive. Cassius Circeus Vopiscus. Leur amitié remonte à l’entrée de Maximus dans la Xème Légion, le patricien étant l’un de ses supérieurs directs alors qu’il n’était qu’un jeune centurion. Ils avaient combattu côte à côte durant un peu plus de cinq ans, mais Cassius fut blessé près du Pont-Euxin et fut renvoyé à la vie civile. Pendant ces années de combats, il était né entre les deux officiers une fraternité que l’on ne peut retrouver que chez les soldats. Une amitié jusqu’à la mort, ainsi qu’une confiance absolue dans ses frères d’armes. C’était le lot de chaque légionnaire, qu’il soit en Hispanie ou aux confins orientaux de l’Empire. Sans cette fraternité, sans cette osmose entre les hommes, toute la tactique romaine s’effondrerait. Le principe même de la centurie reposait sur cette camaraderie : si l’un flanchait, toute l’unité tombait.

    Ce n’était que le début de l’après-midi lorsque Maximus passa les portes de la Villa Circei. Il s’arrêta quelques instants pour admirer l’imposante demeure de son ami, qui lui rappela celle de sa famille, avant que ses biens n’eut été saisis par les hommes d’Octave. Nul doute que la nouvelle vie de Cassius était prospère, et que ses affaires marchaient bien. Le soldat mit pied à terre dans la cour, et aussitôt une nuée d’esclaves s’affairèrent autour de lui et de sa monture. Ôtant son casque, il se passa une main dans les cheveux, enlevant la sueur de son visage et de sa chevelure avant de remettre les rênes  de son cheval à l’esclave le plus proche.


    « Panse le et occupe t’en comme s’il était le bien le plus précieux de ton maître ! » ordonna-t-il d’une voix ferme avant de lui lancer une pièce de monnaie.
    « Bien, Tribun, qui dois-je faire annoncer ? »
    « Ne te donne pas cette peine, je m’en occupe. »

    Ajoutant le geste à la parole, Maximus écarta l’esclave de son passage avant de pénétrer dans la villa. Il contempla une nouvelle fois la décoration et l’aménagement des lieux, s’arrêtant de plus près sur une mosaïque particulièrement réussie. Le tribun n’avait jamais cherché à devenir riche, bien que ses années de campagne, de service et de prises de guerre lui ont assuré une petite fortune, mais il fallait reconnaître que la carrière de marchand était bien plus rentable que celle d’un officier romain. Après tout, peut-être que la fortune avait bien fait de blesser Cassius. Sa nouvelle vie semblait lui réussir à merveille. S’avançant encore un peu dans la villa calme et déserte, Maximus s’arrêta à une table sur laquelle était disposée une amphore. La saisissant, il en renifla le contenu et se servit aussitôt une coupe lorsqu’il s’aperçut qu’elle était pleine de vin. Il ne put s’empêcher d’en boire une grande gorgée, après tout, il n’y avait rien de meilleur qu’un bon vin romain après un long voyage. Levant les yeux au ciel, il bénit les Dieux pour ce nectar avant de se remettre à la recherche de son ami, coupe en main.

    « Allons, vieux boiteux, ou te caches-tu ? »

    En temps normal, et même si la demeure de son ami lui paraissait immense, Maximus aurait au moins entendu une raillerie répondant à la sienne. Il en présuma donc que Cassius était absent, ou bien qu’il ne l’avait pas entendu. En dépit de toute politesse, le tribun continua sa visite de la demeure, jusqu’à entendre des bruits provenant d’une pièce voisine. De la vapeur s’échappait par l’ouverture de la porte, Scipio en déduisit qu’il devait s’agir des bains. S’arrêtant un instant, il essaya de rajuster sa tenue. Lui aussi aurait bien besoin d’un bain. Le voyage l’avait rendu poussiéreux, et son uniforme était également marqué par les affres de son périple. Seule sa cuirasse musculaire luisait encore un peu, laissant deviner l’origine ainsi que le grade de l’homme. Alors qu’il passait la porte avec un grand sourire, s’attendant à découvrir son ami en train de se prélasser dans son caldarium, son mouvement s’arrêta net lorsqu’il tomba sur une jeune femme à demi dévêtue. Son visage lui était étrangement familier mais Maximus ne se souvenait plus d’où. Non pas qu’il ait connu des centaines et des centaines de femmes, mais il ne se rappelait pas non plus du visage de toutes celles avec qui il avait pu coucher. La stola de la jeune femme était partiellement démise, laissant ainsi apparaître aux yeux de l’homme une poitrine généreuse. S’appuyant contre le chambranle de la porte, il ne put s’empêcher d’admirer le spectacle qui s’offrait à lui. Et il était impossible de croire que l’inconnue ne l’avait pas remarqué, puisque ses yeux s’étaient posés sur lui dès son arrivée.

    « Je suis désolé, je ne voulais pas vous interrompre…. » lui dit-il simplement alors qu’un fin sourire charmeur s’étirait sur son visage.

    L’espace d’une pensée, le tribun se dit qu’il avait peut-être affaire à la maîtresse de maison, et que ce cachottier de Cassius ne lui avait rien dit à propos de son mariage. Mais devant l’insistance de la jeune femme, qui ne paraissait pas offusquée une seule seconde par la grivoiserie de la situation, il ne lui semblait pas déroger à ses devoirs de romain en laissant ses yeux vagabonder sur une silhouette pareille.
Mar 15 Oct - 20:09
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ALIAM VITAM, ALIO MORES
Circea Valens ℘ Maximus Cornelius Scipio
Rien à perdre. Rien à perdre que son humanité, une étoffe carnée à laquelle on se cheville sans en mesurer les conséquences, se lestant de chair comme on le fait d'une chape de plomb, vrillant à son échine un destin mortel, une implacable fatalité au baiser empoisonné, suintant d'une éphémérité trompeuse et létale. Cristaux liquides, les gouttes s'attachent à sa nuque, son poussées par la gravité, dévalant le lit d'une rivière soyeuse aux flots d'ébène pour se lover au creux de ses reins à la cambrure alléchante. Les étoffes brumeuses du jour naissant ceignent sa taille des éclats ambrés d'un bijou précieux, singulier. Ni les chatoiements mordorés du soleil matinal ni la lumière diffuse des étoiles mourantes ne jettent dans sa chevelure de jais les reflets luisants d'une nuit de paresse aux promesses réminiscentes. Et pourtant, le temps qui passe l'habille sans relâche, faisant jouer sur son corps aux reliefs vaporeux les nuances mercuriales de la nuit ou celles, auréolines, du jour. S'accrochant au grain lisse de sa peau, la lumière sculpte ses courbes sulfureuses, les taille dans un stuc délicat, un marbre parfait à l'albâtre immaculé ; burin adroit de sa féminité ciselant dans sa peau lactescente les monts et vallées de la maturité, beauté callipyge aux reliefs voluptueux, indéniablement vertigineux. La limpidité des eaux tranquilles s'attarde au carrefour de ses hanches, la hisse sur un piédestal cristallin qui lui renvoie les imperceptibles reflets d'une pâle copie d'elle-même, jumelle miroitante qui s'étiole dans le liquide comme une tache d'encre aux contours flous, égérie incomplète qui ne fait qu'accentuer sa propre perfection par des répliques vacillantes et ondoyantes. Parmi les nymphes qui se calquent aux flots du bassin, elle demeure monarque incontesté, souveraine d'une beauté tangible, palpable, jalousée par ses rivales, mais jamais menacée par leur impuissante immatérialité. Et autour de la reine s'agitent une nuée d'esclaves, serviles abeilles procédant à l'onction méticuleuse de son corps royal, faisant pleuvoir sur son ventre plat une averse d'huiles précieuses à l'arôme de santal et de bois d'oranger, faisant glisser entre de lourdes boucles noires des pétales de cerisier ou des grappes de wisteria.

La solitude la happe toute entière. Même pas le spectre de Cassius dans l'embrasure de la porte pour jeter derrière ses prunelles malachite l'obsédant trouble qui la guette lorsqu'il fait couler sur elle un regard épris d'un désir malsain. Sans un regard, sans une parole il s'est éclipsé, pourtant d'humeur agréable, les yeux piqués d'une joie dont elle ignore la source, étonnée de ne pas en être la cause, cette fois, presque jalouse de ne pas être l'unique sujet de son bonheur, presque frustrée de ne pas tenir dans le creux de ses mains le salut de son humeur. Les lèvres brûlées par l'amertume, elle s'est réfugiée dans le caldarium, se submergeant toute entière dans les vapeurs d'une fièvre galopante à la condensation salvatrice, déterminée à cracher l'acide de sa colère par les pores d'une peau à la fleur d'orgueil écorchée, indéniablement lézardée d'une fierté fuyante. Raisonne dans l'aile des thermes sa voix impérieuse alors qu'elle ordonne la valse des pantins serviles qui tissent l'étoffe de sa peau de délicates huiles odoriférantes, sertissant le grain de son épiderme de perles d'eau cristalline pour en sublimer l'éclat sous le voile diffus des rayons rescapés du soleil matinal qui réussissent à se frayer un chemin, à travers les lourdes tentures turquin, jusqu'à son altière personne. L'interminable bal des doigts achève de relever mèches tombantes en un chignon travaillé de torsades et de nattes luisantes, piqué de breloques d'argent ciselé et de pierres opalines iridescentes, alors que se souligne par le contraste d'une chevelure sombre la blancheur fuselée de son cou magnifique et celle, plus laiteuse et adamantine encore, de sa demie nudité dévoilée sans gêne à travers un voile translucide à la population servile de la villa.

Je suis désolé, je ne voulais pas vous interrompre…

La fatalité invente des jeux enfantins dont elle seule peut s'amuser. Et le hasard sait mieux que quiconque comment tisser de coïncidences suspectes le canevas de sa vie. Par quel caprice les dieux ont-ils voulu lui faire revivre le passé au point de raviver avec plus de violence encore les stigmates indélébiles d'un amour adolescent presque oublié ? Puisque si l'homme qui s'étonne de voir une femme presque entièrement nue la dévisage avec tant de questions aux yeux, elle n'a eu besoin que d'une demie seconde pour voir surgir son visage sur la surface de l'étang impétueux de sa mémoire. Comment oublier l'azur pénétrant qui auréole son regard, cet aigue-marine aux contours d'acier qui vous arrache les frissons douloureux d'un désir qui fait violence à votre âme comme à votre entre-cuisses ? Comment aurait-elle pu occulter dans les méandres de l'oubli ces bras puissants, fuselés par tant de guerres et creusés de muscles par tant de sacrifices ? Alors que se dessine sur ses lèvres gourmandes un sourire narquois, irrémédiablement amusé par la nouvelle lubie des Parques, elle laisse glisser son nom avec lenteur dans une voix feutrée, suave :

Maximus Cornelius Scipio...Voilà une réminiscence agréable à extirper des flots de ma mémoire.

Elle sait d'ores et déjà qu'il ne l'a pas reconnue. Comment aurait-il pu ? Il l'a laissée derrière lui alors qu'elle était à peine une femme, fleur recroquevillée sur elle-même, illuminée avec parcimonie par le soleil de l'adolescence. Lui, par contre, avait déjà cette carrure impressionnante, cette mâchoire acérée piquée d'une pilosité, signe incontestable d'une maturité aux attributs virils, séduisants...inoubliables. Féline, elle se soustrait à la chaleur réconfortante du bassin, consciente du soleil qui danse sur les voilages diaphanes qui ceignent son corps, irrémédiablement alourdis par l'humidité, qui révèlent des attributs aguicheurs, invitants. Et alors qu'elle lui lance un imperceptible sourire mutin, elle se glisse derrière le paravent pour y enfiler une stola lie-de-vin, satisfaite de lui avoir fait miroiter l'espace d'un instant fugace les promesses charnelles d'un corps aphrodisiaque pour les lui enlever aussitôt. Maîtresse de ses moyens, désormais, elle revient vers lui, s'approche avec langueur du tribun pour glisser sur sa joue un baiser fugitif avant de passer une main avide sur son bras avec un sourire joueur.

M'abandonner à l'aube de mon adolescence n'est pas une raison suffisante pour m'avoir oubliée, Maximus...Moi qui croyais qu'il était impossible d'oublier le goût de mes lèvres...Peut-être devrais-je rectifier la situation en t'offrant un rappel, hum ?
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Dernière édition par Circea Valens le Mer 16 Oct - 18:18, édité 1 fois
Mer 16 Oct - 0:23
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    Le tribun resta impassible devant la jeune femme, l’écoutant en silence. Elle s’adressait à lui comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Etait-elle de sa propre famille ? Il s’en souviendrait probablement. De toute manière, à sa connaissance, il n’avait pas de cousine aussi délicate et raffinée, cela se saurait. Les Scipii sont connus à travers la péninsule italique pour ses fils et non pour ses filles. Toutefois, cette charmante inconnue continuait à le provoquer sans même se cacher. Les patriciennes avaient bien changé depuis son dernier passage. La jeune femme sortit du bassin, ses vêtements épousant ses formes gracieuses sous l’effet de l’humidité. Maximus, lui, profitait du spectacle qui s’offrait à lui. Après tout, l’officier ne restait qu’un homme, et certainement loin d’être le plus vertueux du monde. La dernière fois qu’il avait touché une femme remontait à quelques mois, et c’était avec une prostituée ibère aux cheveux plus noirs que l’ébène et à la peau basanée. Le tribun ne saurait dire la dernière fois qu’il avait posé les yeux sur une Romaine, une vraie. Cette patricienne incarnait probablement l’idéal de la femme romaine : des formes délicieuses, un regard intelligent doublé d’une malice certaine ainsi qu’une voix suave et attirante.

    Maximus ne quitte pas son regard des yeux tandis que son petit sourire reste en place, cherchant désespérément dans ses souvenirs lointains le nom de cette tentatrice. Il savoura le baiser qu’elle lui déposa sur la joue et resta immobile lorsqu’elle lui prit le bras. Le contact avec sa peau le fit frémir, mais il préféra ne pas trahir ses sentiments virils et feindre l’indifférence. Tout lui revint alors, et il comprit aussitôt la raison pour laquelle il ne se rappelait pas d’un visage aussi délicat.


    « Circea Valens … »

    Le patricien laissa ses paroles flotter quelques instants dans les airs, s’emmurant dans ses souvenirs. Comment ne pas se rappeler du goût sucré des lèvres de la jeune patricienne, qui n’était qu’une adolescente à l’époque. Toutefois, Maximus ne parvenait pas à se rappeler si ce goût provenait de l’innocence et de la pureté de Circea, ou encore du vin qui irriguait ses veines. Se séparant du bras de la patricienne, il posa son casque sur une table proche, conservant toutefois sa coupe de vin, dont il se délecta d’une gorgée. Revenant vers la femme, sa main libre entreprit d’épouser sa joue, plantant son regard dans le sien avant de déposer un baiser sur son front.

    « Par Jupiter, ce que tu as grandi, Circea. Te voilà une femme désormais, faisant de l’ombre à Vénus elle-même. » Son sourire s’écarta légèrement, son regard azur restant planté dans le sien.

    Elle n’était qu’une adolescente lorsqu’il l’avait rencontré la première fois, et nul n’aurait pu dire quelle femme elle serait devenue. Désormais, toute cette situation devenait plus claire. Durant la première campagne du militaire contre les assassins de César, et alors qu’il combattait en Achaïe, il fut plusieurs fois convié par ce dernier à des dîners ou des réceptions tenues chez son oncle, légat propréteur de la région. Tous les moindres détails surgissent désormais dans son esprit. Sa rencontre avec la cousine de Cassius, dont une amourette était née. Il ne savait pas pourquoi il s’était entiché d’une si jeune femme à cette époque. Peut-être la peur de la mort, le fait de se dire que ce serait la dernière qu’il croiserait. Lors de son ultime soirée chez l’oncle de son ami et supérieur, il l’avait gratifié d’un baiser. Un unique baiser. Il ne l’avait plus jamais revu depuis, et s’était bien privé de s’en vanter ou d’en parler à Cassius. Scipio était ensuite parti pour le Pont-Euxin et l’Egypte, et le souvenir de Circea s’était peu à peu estompé dans son esprit.


    « Tu es bien loin de ton Achaïe, Circea. Que viens-tu donc faire à Pompéi ? Le soleil d’Athènes n’a rien à envier à celui-ci. »

    Maximus était intrigué par sa présence sous le toit de son cousin. Surtout qu’elle semblait s’être approprié les lieux avec une facilité déconcertante. Il lui tardait de découvrir les véritables raisons de la jeune femme et à l’heure actuelle, il lui semblait impossible qu’elle ait épousé l’ancien légat de la Xème Légion. Sauf mariage arrangé, cet homme n’était clairement pas fait pour elle. Le soldat, comme à son habitude, préféra couper court à toutes ses pensées et prit les devants.

    « Pour ce qui du rappel, je m'en ferais une joie, mais peut-être un peu plus tard ... » lui avoua-t-il sur un ton joueur avant de poursuivre « J’ai fait un long voyage depuis l’Hispanie. Que dirais-tu de m’accompagner autour d’une coupe de vin et me raconter ce que j’ai pu rater en quoi … dix ans ? » s’étonna-t-il.

    Dix longues années à combattre pour le solde de Rome. Dix années pleines de victoires, mais également de défaites et de déceptions. La présence de Circea lui rappelait ses années de jeune centurion, ou il était encore mû par un idéal qui le transcendait, ou il croyait encore dans ses supérieurs. Maximus était tombé bien bas. L’officier était désormais désabusé, et bien qu’il croyait encore à la splendeur de Rome, il ne croyait pas en son dirigeant….

    Scipio tendit alors son bras à la jeune femme, l’invitant à le suivre vers l’atrium ou il s’était servi une coupe de ce si bon nectar.
Mer 16 Oct - 20:57
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ALIAM VITAM, ALIO MORES
Circea Valens ℘ Maximus Cornelius Scipio
La faim, cet appel lancinant, irrévocable qui creuse dans sa poitrine une vacuité sans nom. Échos, tambours battants qui déchirent le silence, remplissent le vide qui se sublime en fauve famélique au rugissement carnassier, intarissable. Cette bête qui l'habite, transforme le creux de sa volonté en tanière, nid de carcasses et d'ossements rongés par des dents affûtées, cette bête qui hurle, inlassable, à la lune invisible d'une morale en fuite, cette bête qui la terrasse d'un coup de dents, qui plante en elle des griffes acérées, faisant s'écouler le rubis d'une maîtrise de soi exsangue, clapotis de contrôle qui macule le sol et blanchit sa peau. Esclave. Esclave de ses souvenirs, de ces ivres réminiscences aux exhalaisons de fantasmes, de cette mémoire chancelante et capricieuse qui ne fait remonter en elle que les fièvres adolescentes, implacable désir qui brûle ses lèvres et laisse au creux de ses reins une empreinte frissonnante. Torturée, vierge de fer qui la pique d'envies indicibles, chevalet qui écartèle sa volonté, disloque ses appréhensions, la pousse irrémédiablement vers l'aveu, la culpabilité. Une décennie les a séparés, gouffre sans fond d'amnésie, un caprice de la fatalité les a réunis, coup de dés qui fait se rapprocher les antipodes, s'effacer l'oubli pour jeter sur le parchemin de leur mémoire l'encre tranchante et contrastée des souvenirs provoqués. L'interdit est alléchant. Même dix ans plus tard. La pomme est plus rouge, teintes d'écarlate et de grenat, elle invite les yeux avides, affamés, à s'attarder sur une robe capiteuse, foncée. Le fruit défendu ne demande qu'à être croqué, ces dix ans d'absence ne demandent qu'à être comblés...  

Circea Valens…

Un sourire de sa part découvre des dents à l'ivoire d'albâtre, perles soigneusement rangées dans un écrin de soie carmin. Le contact dont il la gratifie l'électrifie toute entière, alors que le baiser qu'il dépose sur son front achève de la convaincre de reprendre la maîtrise de ses moyens perdus. Effervescence envahissante qui se hisse jusqu'à sa nuque pour colorer sa peau des frissons d'une ivresse charnelle, celle qui précède irrémédiablement le jeu de la séduction, la valse des orgueils et des fiertés, le bal des tentations et des envies réprimées...

Par Jupiter, ce que tu as grandi, Circea. Te voilà une femme désormais, faisant de l’ombre à Vénus elle-même.

Hum, la flatterie. Égide de la romanité, il se sert de ses paroles comme d'un glaive, pourfendant la cuirasse de sa modestie pour atteindre sa fierté. Mais l'Achéenne n'est pas dupe. Le badinage l'enchante, la transporte sur des flots maîtrisés, en terrain connu. S'il maîtrise le fer et le feu, guerrier chevronné, elle, sait manier les paroles et les envies, donner une couleur chatoyante aux indicibles fantasmes pour leur faire prendre vie, insuffler aux spectres de papier des désirs enfouis une matérialité nouvelle, une clarté de diamant.  

Tu es bien loin de ton Achaïe, Circea. Que viens-tu donc faire à Pompéi ? Le soleil d’Athènes n’a rien à envier à celui-ci.

Un regard qui se voile, se ternit. Le temps l'a pétrie d'un jeu impeccable, une tragédie qui tisse ses cils de perles salines, feintes avec la justesse d'une émotion longtemps mûrie. Une larme s'échappe de sa prison cristalline, roule sur une joue et glisse jusqu'à sa lèvre. Une main chasse subrepticement le vestige d'une tristesse fabulée. Le simulacre a fait son effet. C'est une voix chargée de chagrin qui répond à la question anodine :

Mon père est mort il y a peu de temps. Injustement assassiné par des bandits de grand chemin. Cassius m'a recueillie chez lui. Il est ma seule famille désormais.

Mais le jeu de pantomimes s'achève sur un sourire sincère. Pourquoi assombrir des retrouvailles aussi chaleureuses ? La peau brûlante du tribun appelle ses caresses et elle ose égarer une main sur son avant-bras, effleurant à peine cette veine gonflée qui serpente sous le parchemin de sa carnation.

Pour ce qui du rappel, je m'en ferais une joie, mais peut-être un peu plus tard ... J’ai fait un long voyage depuis l’Hispanie. Que dirais-tu de m’accompagner autour d’une coupe de vin et me raconter ce que j’ai pu rater en quoi … dix ans ?

Quitte ou double. Elle glisse arroche sa main à son bras et l'entraîne à travers la villa, disséminant quelques ordres aux esclaves avant de lui faire découvrir l'atrium. Mutine, elle lève vers lui des yeux scintillants d'une lueur narquoise avant de plaquer une main sur son torse et de l'obliger, d'une pression, à s'asseoir dans le fauteuil qui trône derrière lui. La séduction est un bijou qui lui sied à ravir, pierreries opalescentes aux reflets irisés qui font briller l'émeraude de ses yeux d'une lueur malsaine, énigmatique. Polarité inversée, leurs deux corps s'attirent, soumis aux lois implacables du magnétisme alors qu'elle se penche imperceptiblement au-dessus du corps du tribun, offrant sans doute à des yeux avides une vue des plus splendides, rafraîchissement cristallin dans un désert d'absence et de solitude, abrasion adoucie sans conteste par la source d'une beauté aux milles joyaux lapis-lazuli. Une magie servile fait apparaître entre ses doigts lactescents une coupe pleine d'un capiteux vin de Falerne où elle plonge un doigt espiègle avant de le porter à ses lèvres, lentement, délicatement. Les subtilités du muscat l'enivrent, promettent les évanescences brumeuses et éthyliques d'un aphrodisiaque au goût de regret ou d'abandon total. Se piquera-t-elle le doigt sur le rouet de la tentation ? Elle lui tend la coupe, les lèvres sculptées d'un sourire équivoque.

Beaucoup de choses ont changé en dix ans...L'adolescente que tu as connue jadis est devenue une femme accomplie...Une femme libre comme l'air, de surcroît.

Grisée par le jeu, elle tournoie sur elle-même, faisant voler les voiles vaporeux de sa stola et vient s'asseoir sur ses genoux, brève incartade dans l'enfance, qui ne fait qu'accentuer la plénitude d'une maturité désormais bien apparente. Un index joueur vient s'accrocher à une joue aux aspérités viriles avant de serpenter sur sa cuirasse pour aller s'accrocher à la coupe qu'elle saisit entre ses doigts pour lui ravir et la porter à ses lèvres, mutine.

Mais dis-moi, Maximus, quels beaux yeux t'ont arraché à tes champs de bataille pour te faire venir au pied du Vésuve ? Cette femme doit être d'une beauté à couper le souffle pour te convaincre de quitter l'orage impétueux des glaives et le soleil des honneurs militaires...

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Mer 16 Oct - 23:25
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    « Je suis navré pour ton père. C’était un homme bon. »

    Politesse et mensonges. Certes, son défunt père les avait hébergés lui, Cassius et de nombreux autres officiers de la Xème Légion plusieurs fois pour des soirées fastueuses, mais le tribun ne pouvait pas dire qu’il comptait parmi ses amis proches. Tout au plus lui avait-il présenté ses respects à chaque début de soirée, comme on le lui avait appris durant son enfance. Circea pendue à son bras, l’attention du patricien ne s’attardait pas cette fois sur les murs et les différentes mosaïques mais bel et bien sur la jeune femme qui ne cessait de le surprendre au fur et à mesure qu’il la redécouvrait. Elle avait définitivement mûri. A la voir ainsi donner des ordres aux esclaves de la demeure de Cassius, à s’approprier les lieux comme elle le faisait, Circea dégageait une étrange impression d’autorité et de maturité. La patricienne semblait épanouie. Elle n’était plus la petite adolescente fragile et innocente qu’il avait pu connaître. Maximus se laissa guider jusqu’à la table qu’il avait croisé lorsqu’il était entré. Docile, il se prêta à son jeu, et s’installa le plus confortablement possible. Le confort de ce fauteuil n’était pas pour lui déplaire, lui qui avait passé les dernières semaines sur la selle de son cheval. A cet instant, et alors que Circea se penchait au-dessus de lui en lui laissant nonchalamment profiter d’un spectacle sans équivoque, les instincts virils du tribun prirent le dessus dans son esprit, et le seul endroit ou il rêvait d’être était dans une confortable couche entre les bras et les cuisses d’une femme.

    Impassible et muet, Scipio continue d’observer d’un œil songeur la jeune femme, qui lui précise sa situation. Ainsi, Cassius serait devenu son pater familias à la mort de son père. Etrange, le tribun ne lui connaissait pas cette compassion et ne savait pas qu’il était aussi proche de la jeune femme pour s’en montrer garant jusqu’à son mariage. Maximus fut extirpé de sa torpeur lorsqu’il sentit Circea s’installer sur ses cuisses. Tout d’abord surpris, il se réajusta sur le fauteuil afin que les deux soient installés le plus confortablement possible.  Il se laisse flatter par son doigt et ses paroles, ne laissant transparaître qu’un sourire amusé aux remarques de la patricienne, alors que sa main libre s’enhardit, et vient ceindre la taille de Circea.


    « Mais je croyais que j’étais là pour les tiens ! » s’amusa-t-il avant de lui reprendre la coupe des mains et d’en boire une gorgée. «  Plus sérieusement, je n’ai aucune idée de ma venue ici, si ce n’est l’invitation de ton cousin. Le commandement m’a envoyé en permission pour une durée indéterminée, et les bruits courent que je serais réaffecté à un autre poste. Apprenant cette nouvelle, Cassius a généreusement proposé de m’héberger.» Maximus resta quelques instants pensifs. Que lui réservait la Fortune ? Voilà qu’elle venait de mettre un vestige de sa vie sur son chemin, mais il était loin d’imaginer ce qui l’attendait dans les jours, semaines ou mois à venir. « Peut-être m’ont-ils même envoyé ici pour que je me fasse oublier. Si ça ne tenait qu’à moi, je ne serais même pas parti d’Hispanie. Je me sens bien plus proche de ces barbares que de toute cette faune qui passe sa vie à se pavaner aux jeux, ainsi qu’à intriguer et comploter. »

    Scipio se garda bien d’évoquer son parti pris avant la bataille d’Actium, qui lui valut déshonneur et la saisie des biens de sa famille. Il préférait rester méfiant aux paroles qu’il pouvait dire et le tribun ne pouvait décemment pas crier sur les toits son aversion pour Auguste. Après tout, il ne connaissait qu’à peine Circea, et bien que délicieuse ainsi qu’hôtesse accomplie, l’officier ne pouvait statuer sur ses considérations politiques, si tant est qu’elle en avait. Il en était de même pour Cassius. Ce dernier, invalide après une bataille contre les Parthes, n’avait pas connu la suite de la campagne de Marc-Antoine. Dès lors, le tribun ne pouvait statuer sur son sort. Toutefois, Circeus Vopiscus restait un ami, et un ami fidèle.  Maximus tâcherait de ne pas commettre d’erreurs et d’amener la discorde de la politique sous son toit.

    « Quoiqu’il en est, j’ai quelques prises de guerre et des sesterces sonnants et trébuchants à dépenser avant que les hautes instances ne décident de mon sort. Autant en profiter jusqu’au bout, ce sera peut-être la dernière ! » clama-t-il en portant haut la coupe. Le sort en était jeté de toute manière. Maximus était condamné à n’être que le spectateur de sa vie durant les mois à venir. Bien qu’il soit habitué à recevoir des ordres ou des consignes générales, il détestait être aussi dépendant de la fatalité, lui qui était d’ordinaire plus prompt à la provoquer.  Scipio se rappela au souvenir de la belle en lui flattant doucement le flanc, sa main se laissant aller en un va et vient lascif. « Je parle, je parle, et je t’ennuie certainement avec mes déboires. Aurais-tu une idée de l’endroit où se cache ton cousin ? » Il eut une petite moue désolée, avant de retrouver son sourire.  « Bah .. ton cousin peut attendre un peu, après tout. Parle-moi plutôt de toi Circea. Comment est Pompéi ? Je parie que tu fais tourner la tête de tous les patriciens de la ville depuis ton arrivée, et que chaque marâtre napolitaine ne souhaite que ton départ pour placer leurs filles ? »
Jeu 17 Oct - 1:24
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ALIAM VITAM, ALIO MORES
Circea Valens ℘ Maximus Cornelius Scipio
L'homme. Curieux pantin de chair frémissante, carnation effervescente aux aspirations triviales, perpétuelles envies inassouvies qui vrillent votre conscience d'un pacte de fer aux crochets brutaux. Plus vous luttez, plus il vous entraîne dans une chute vertigineuse, falaise aux aspérités métalliques qui vous écorchent et vous retournent alors que vous vous abandonnez dans la vacuité d'une volonté laissée sur le porche d'un bordel mental, d'un foutoir de poupées de chair disloquées par le vice et la luxure. Le stupre est un Léviathan aux souverains caprices sans cesse exaucés. On ne dit pas non au roi de votre bas-ventre, on ne refuse rien au monarque de vos cuisses. Et Circea a saisi trop vite les subtilités du jeu pour ne pas y succomber avec excès, avec un zèle presque fanatique. La chair mène le monde. Une évidence à laquelle aucune femme n'échappe lorsqu'elle frémit à l'angle d'un couloir, ses lèvres prises d'assaut par les frissons d'un amour précoce, une certitude à laquelle aucune adolescente ne se soustrait lorsqu'elle constate qu'elle peut faire s'élever monts et forteresses d'une seule caresse, qu'on lui promet joyaux et richesses pour une seule tendresse. Une seule œillade, un seul baiser peut vous séparer du salut, intelligence bien féminine qu'on dissimule sous les couverts d'une faiblesse tentatrice. Mais qui est réellement dupe ? Quel homme, asservi à l'empire de sa faiblesse charnelle, peut se targuer de voir dans leur jeu badin les signes d'une naïveté tout juste habillée d'intérêts creux, de lubies féminines indéniablement engendrées par l'infériorité d'un intellect lacunaire ? S'ils se repaissent de cette illusion, c'est précisément parce que la réalité les effraie, les plonge dans une phobie maladive qui ne fait que souligner leur propre débâcle. L'homme n'est que le produit de ses limites : un animal pensant, mais surtout capricieux, irréfléchi, mu par ses passions, ses envies, ses impulsions... Le vin coule dans la nef de sa gorge, invoque les feux de ses sens qui s'aiguisent, se peaufinent, se profilent et étincellent derrière des prunelles de jade.

Mais je croyais que j’étais là pour les tiens ! Plus sérieusement, je n’ai aucune idée de ma venue ici, si ce n’est l’invitation de ton cousin. Le commandement m’a envoyé en permission pour une durée indéterminée, et les bruits courent que je serais réaffecté à un autre poste. Apprenant cette nouvelle, Cassius a généreusement proposé de m’héberger.

La satisfaction est un vin qui se consomme sans demie mesure. Elle hausse un sourcil, un sourire colorant la commissure de ses lèvres d'une teinte d'amusement consommé à l'aulne de perspectives plus qu'alléchantes. Ainsi partagera-t-il les mêmes murs, les mêmes espaces, les mêmes nuits fiévreuses passées à espérer qu'une audace en pousse un des deux dans le lit de l'autre, comme on espère au matin l'empreinte d'un fantasme consommé, brûlé sur deux corps ivres d'orgasmes, ayant laissé ses stigmates sur l'oreiller fautif d'une culpabilité partagée. Et s'immiscent en elle les délicieuses éventualités d'un jeu pervers dont elle se grise déjà, enivrée par une victoire à double-tranchant qu'elle touche déjà du bout des doigts : puisque peu importe l'issue de la lutte, elle se sait déjà gagnante. Elle oscille déjà, harcelée par le sempiternel dilemme qui lui dévore les sens : succomber maintenant, consommer la folie éphémère dans le creuset d'une hâte brûlante ou boire au compte-gouttes une démence tranquille ponctuée des euphories passagères d'un contrôle illusoire et utopique ? Pourquoi ne pas se compromettre un peu encore, juste pour goûter à la salvation du bout des lèvres et la rejeter ensuite dans un élan de masochisme dévorant ? La main qu'il promène sur sa hanche achève de clouer en elle les indicibles fièvres d'une luxure qu'elle se sait capable d'épancher d'un claquement de doigts. Peut-il lire en elle le trouble qu'il sème dans son âme, les frissons qu'il distille sur la peau délicate de ses reins ?

Quoiqu’il en est, j’ai quelques prises de guerre et des sesterces sonnants et trébuchants à dépenser avant que les hautes instances ne décident de mon sort. Autant en profiter jusqu’au bout, ce sera peut-être la dernière ! Je parle, je parle, et je t’ennuie certainement avec mes déboires. Aurais-tu une idée de l’endroit où se cache ton cousin ? Bah .. ton cousin peut attendre un peu, après tout. Parle-moi plutôt de toi Circea. Comment est Pompéi ? Je parie que tu fais tourner la tête de tous les patriciens de la ville depuis ton arrivée, et que chaque marâtre napolitaine ne souhaite que ton départ pour placer leurs filles ?

Le voilà qui la berce de flatteries encore, alors que la seule envie qui meuble son âme est de le débarrasser de cette cuirasse pour goûter au sel de sa peau d'une langue avide, affamée. Que ferait-il, seulement, si elle laissait libre cours à son imagination, si elle le plaquait sur une des colonnes de l'atrium pour enrouler ses jambes autour de ses hanches puissantes, s'abandonnant à ses caprices les plus inavouables, épanchant gémissements et soupirs au creux de son âme juste pour lui donner l'envie irrépressible de la faire hurler pour qu'on l'entende jusqu'au Sénat de Rome ? Les élucubrations de son esprit dévoyé l'obligent à se mordre la lèvre, unique signe visible de ce qui se trame derrière ses iris à l'éclat malachite, alors qu'elle le gratifie de paroles prononcées avec une voix suave, lascive :

Tu ne m'ennuies pas, Maximus. J'avais oublié l'effet qu'avait ta voix sur moi. Tu pourrais me bercer de paroles jusqu'à ce qu'Hadès en personne vienne réclamer mon âme et toujours je ressentirais les frissons qui m'ont poussés, adolescente, à vouloir partager un moment avec toi quelques chaleurs coupables...

Elle ose soutenir son regard alors que sa main rencontre la sienne sur la coupe de vin qu'elle saisit à nouveau pour la porter à ses lèvres. Mais le jeu ne fait que commencer et elle reprend constance, se déguisant d'une expression badine, presque mondaine alors qu'elle lui répond :

Pompéi est une ville fascinante. Toute l'élite se noie dans le stupre et l'ambition démesurée, se brûle au soleil à faire avancer ses intérêts. Nous ne sommes pas si loin de l’œil de Rome qui jette sur son engeance pompéienne des regards aussi amoureux que ceux qu'elle jette aux charognards qui se dévorent dans ses propres rues. Quant à moi...

Elle s'avance vers lui, diminuant considérablement la distance qui les sépare, avant de suspendre ses lèvres près de son oreille gauche, lui chuchotant, féline :

Je fais mon chemin dans cette foule ennuyeuse, attendant impatiemment qu'un vrai Romain me délivre de ma lassitude perpétuelle...

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Dernière édition par Circea Valens le Jeu 17 Oct - 14:41, édité 1 fois
Jeu 17 Oct - 2:17
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    « Fascinante » ? Maximus ne partageait même la même opinion sur cette cité. Il l’avait détesté au moment où il avait franchi ses portes. A l’image de Rome, une horde de plébéiens et d’esclaves, plus sales et répugnants les uns que les autres se mêlaient dans un étrange manège avec ceux qui se considéraient comme les descendants de Romus et Remulus. L’odeur y était aussi nauséabonde que les faux airs dans lesquels se drapaient les rares patriciens que le tribun avait pu croiser. Egoïsme, profit, intrigues plus tordues les unes que les autres. Scipio venait de plonger en plein dans un nid de vipères et ce qu’il ignorait alors, c’est qu’il avait entre les bras la plus venimeuse de toutes.

    Fascinante était plutôt le qualificatif qu’il réservait à Circea. Dix longues années venaient de s’estomper en une fraction de seconde. Plus elle avançait son jeu, plus elle dévoilait les cartes et plus il se rendait compte qu’elle n’avait plus rien à voir avec cette fragile et naïve adolescente. Le tribun l’écoutait parler, il se laissait séduire et flatter par les mots qui sortaient de sa bouche. Tous ses sens se hérissent lorsqu’elle se penche à nouveau vers son oreille. La situation le fait sourire intérieurement. Lui qui était connu pour son sens tactique et sa stratégie sur le champ de bataille, et même face aux pires situations, il se rendait compte que son audace et sa bravoure ne se résumaient qu’à ce même champ. Scipio avait passé bien trop d’années loin de Rome et de la péninsule italique, loin des mondanités et de la haute société pour se rappeler comment agir dans de pareilles situations. Il était tiraillé, et son esprit était torturé par l’ardente Circea. Devait-il succomber à des pulsions primaires et viriles, mais ô combien satisfaisantes et jouissives ? Ou devait-il se montrer plus réservé, plus chaste et plus poli que jamais ? Que dirait Cassius s’il les surprenait ainsi ou qu’un esclave un peu trop curieux venait fourrer son nez là où il ne devait pas ?

    Au diable les bonnes manières ! Puisqu’il semblait être entré dans un jeu à son insu, il essaierait d’en modifier les règles.


    « Un vrai Romain … »

    Son regard plongea dans les profondeurs émeraudes des yeux de la belle et le soutint alors qu’il portait la coupe à ses lèvres, finissant le délicieux breuvage de plusieurs lampées, comme s’il cherchait à reprendre consistance en désinhibant son esprit de délicieuses volutes éthyliques. Façades et mirages. Son visage n’arborait aucune expression. Ni désir, ni tentation. Son sourire s’était recroquevillé sur lui-même, laissant apparaître aux yeux de la jeune patricienne un Maximus plus sérieux qu’elle ne l’avait jamais connu. Alors d’un geste brusque, presque rageur, il jeta la coupe encombrante dans le petit jardin de l’atrium. Sa main désormais libre vint se poser doucement sur la cuisse de Circea, l’effleurant à peine, comme s’il craignait de faner la fleur qu’elle était par ses manières viriles et martiales. La délicatesse n’avait jamais été son fort, et contrairement au politicien, elle ne lui avait jamais été d’un grand secours.

    L’offensive était souvent la meilleure des défenses. Attirant son attention par son regard qui hésitait entre ses pupilles de jade et ses lèvres qu’il désirait ardemment, le tribun profita de la confusion pour reprendre l’initiative. Sa main s’agrippa fermement à sa hanche tandis que l’autre, qui s’attardait jusque là sur d’autres terrains bien plus intéressants, passa en dessous des jambes de Circea pour venir l’attraper. Dans un mouvement étonnamment vif, il contracta ses muscles et se leva malgré la difficulté de l’exercice. Le vin lui donnait des ailes, et ce sentiment typiquement masculin de vouloir à tout prix impressionner sa proie le dominait. Circea ne resta pas longtemps dans ses bras, du moins, pas assez longtemps pour qu’il puisse, et réciproquement, savourer le moment. En effet, Scipio la posa aussitôt sur la table, et s’inséra au plus près d’elle, écartant ses cuisses pour venir se coller contre son corps. La carafe était à son tour tombée, et le vin se répandait dans le jardin, absorbé avidement par la terre de Pompéi. Ses mains vinrent un instant se poser sur ses jambes, avant de venir prendre appui sur la table, se rapprochant le plus possible de la jeune femme. Maximus pouvait sentir sa poitrine oppressée contre sa cuirasse, tandis qu’il s’approchait de son oreille, lui murmurant à son tour :


    « Cela fait bien des années que les vrais Romains ont déserté la péninsule italique et toutes ses cités. Cela fait bien des années qu’ils se massent aux confins de l’Empire et qu’ils se battent pour des femmes comme toi … »

    Ses lèvres vinrent se poser tour à tour sur les joues de Circea, avant de venir s’enfouir dans le havre de paix que représentait la chute de son cou. Scipio s’enivrait du parfum exaltant de cette irrésistible tentatrice, savant mélange de bois d’oranger et de sental, curieuse odeur qu’il n’avait senti depuis des lustres. Ses mains ne restèrent pas en reste, l’une d’entre elles se promenant sur les flancs de la belle, doucement et lascivement. Après s’être repu du parfum et du goût sucré du cou de la patricienne, ses lèvres se rapprochèrent à nouveau de son oreille, lui soufflant :

    « Crois-tu vraiment être digne d’un vrai Romain ? »

    La question resta à nouveau en suspens. Le tribun avait repris l’initiative, et il se préparait à la contre-attaque de son adversaire. Résider sous le toit de Cassius prenait alors une tournure des plus intéressantes….
Jeu 17 Oct - 18:48
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ALIAM VITAM, ALIO MORES
Circea Valens ℘  Maximus Cornelius Scipio

Un vrai Romain …

Son regard la transperce, vrille la cambrure de ses reins de frissons tièdes qui courent sur son échine pour se perdre dans sa chevelure carbone. Mais elle le soutient, laisse se masser en elle les neiges impérieuses de son humeur, alors que la tempête de son âme se répercute en elle par osmose, à travers ces bras forts, ces bras qui pourraient la briser dans un caprice, sans le moindre effort. La violence tranchante d'une coupe se fracassant sur le sol la fait tressaillir, jette en elle les appréhensions d'une brutalité qui s'estompent presque aussitôt. La chaleur qu'il dissémine sur sa peau invoque les tambours d'un cœur qui s'emballe alors qu'elle laisse un souffle s'échapper du berceau grenat de ses lèvres. Il l'a soulevée, la soustrait à l'emprise de la gravité, pour l'étendre sur la table. Les effervescences incontrôlables d'une fièvre délicieuse la gagnent indéniablement, elle cherche son regard alors qu'il cloue son bassin au sien, lui arrachant les supplications charnelles de frissons envahissants qui parsèment sa peau de reliefs irréguliers, aspérités altérant la perfection du marbre carné. Il joue le jeu, se hisse jusqu'à son oreille pour y laisser des paroles amères, brûlantes :

Cela fait bien des années que les vrais Romains ont déserté la péninsule italique et toutes ses cités. Cela fait bien des années qu’ils se massent aux confins de l’Empire et qu’ils se battent pour des femmes comme toi …

Il a connu son lot de batailles, s'élançant dans l'orage des glaives, laissant pleuvoir sur lui l'averse de fer, le déluge des flammes, le flot continu des sangs qui se déversent sur la terre craquelée, avalés par les sols arides et poreux, jusqu'à disparaître complètement, massacre oublié dans les charniers où reviennent insensiblement les ruisseaux, les marais. Comme si les os devenaient ronces, comme s'ils étaient lavés par la pluie pour revenir à la terre sous forme de cendres fertiles d'où repousse inéluctablement la vie. Dans ses yeux, le choc des hommes et des lames, cette confusion de chair et de métal qui sème désolation dans les sillons d'une terre cendreuse, comme si on appelait à force de cris et de chants de guerre les moissons d'une espérance qui justifie tant d'offrandes de sang, tant de pactes mortifères. Et pourtant, après la valse des cadavres, la mascarade des sacrifices injustifiés, la sarabande des viols et des atrocités perpétrés, les fleurs repoussent dans la mort, brillant d'une lumière intrigante, contrastant avec la monochromie d'un paysage volcanique, morne, sépulcral. Les fruits de la terre germent dans la pestilence des macchabées et la digestion des charognards. Pourtant, il lutte sans comprendre, sans voir, aveugle dans la violence et l'injustice, sourd dans le sacrifice et l'abnégation, muet dans l'hégémonie d'un destin qui lui échappe.

Tu ne te bats pas pour les femmes. Tu te bats pour leurs cuisses, pour leur offrir des joyaux qui les enchaînent dans l'artifice et la futilité, pour leur permettre de se croire toutes reines de leur propre destinée, se pavanant dans des toilettes somptueuses, alors qu'elles ne possèdent ni leur corps ni leur esprit. Tu te bats pour les hommes. Tu te bats pour Rome, mais tu ne te bats pas pour des femmes telles que moi...

S'il constate de façon bien ingénue la cruauté de ce monde, il est loin d'avoir saisi les subtilités de cette barbarie, loin d'avoir compris qu'elle se décline en nuances plurielles qui lui échappent indéniablement, glissant entre ses doigts gantés de fer, coulant sur cette cuirasse qu'il arbore si fièrement, osant critiquer la société pour laquelle il se bat et verse son sang en vain, capricieux petit soldat au double-discours aliénant. Inconscient, il mord la main qui le nourrit, continue de lui donner raison de le rendre anorexique, de le plonger dans l'inanition la plus complète. S'il exècre Rome et les porcs criards qui se vautrent dans une fange d'or liquide, pourquoi les défend-il avec autant d'abnégation ? Cafards, parasites, vermines, charognards, certes. Mais brillants insectes qui manœuvrent dans l'ombre pour engendrer délégations d'aliénés casqués, légions d'automates zélotes au glaive conditionné, frappé de l'aigle au regard acéré qui ne dort jamais et veille sur son engeance stupide avec un œil paternaliste. Les enfants de la nation, les fils de l'empire, les porteurs de la civilisation, de la romanité. Les rejetons oubliés aux confins de l'empire par une nécessité qui excuse leur sacrifice.

Crois-tu vraiment être digne d’un vrai Romain ?

Les lèvres qu'il a promenées sur ses joues puis dans son cou la rendent folle, lui font presque oublier cette envie irrépressible de lui servir une dose de sa propre médecine, de lui faire ravaler ses paroles avec violence et mesquinerie. Mais le bal des orgueils l'attire inextricablement et elle lui souffle :

Sache que ce n'est pas une question de dignité, mais de mérite. Tu es né en faisant partie de se monde. Je dois me battre chaque jour pour m'y faire une place.

Elle a enroulé ses bras autour de son cou, joint ses mains derrière sa tête pour l'obliger à la regarder dans les yeux. Croit-il qu'elle ignore ce qu'est la violence, le sacrifice et la lutte ? Croit-il qu'elle a été élevée loin de l'orage des glaives romains, qu'elle ne souffre pas, elle aussi, des dommages collatéraux ? Mais elle n'a que faire de son incompréhension, de l'autarcie qui l'a poussé à n'être qu'un reflet de lui-même, éternel pantin de Rome qui ne souhaite que la liberté de sa condition, mais ne réfléchit pas au-delà. La leçon n'en sera que plus significative encore. Ses lèvres sont suspendues à quelques millimètres des siennes, leurs souffles s'entrelacent dans l'appréhension de l'attente rompue alors que leurs regards se jaugent et s'épousent, se mesurent et se questionnent sans cesse. Et quand elle pose délicatement ses lèvres sur les siennes, elle sait d'ores et déjà que ces dix années d'absence ont creusé un gouffre qui ne s'emplira ni de baisers ni de fièvres, mais de mots, lancés au fil d'émotions déterrées, de secrets exhumés à même les charniers de leur mémoire.

Dis-moi que je ne te mérite pas. Que je ne connais ni la démence de Rome ni l'ampleur de son infection, que mon âme n'est pas vérolée de sa cruauté maladive ou de ses mœurs empoisonnées...Dis-moi que tu me mérites comme on mérite les lauriers et que je ne suis digne ni de toi ni des grands soldats qui défendent l'honneur de notre si parfait empire. Dis-moi que toi seul te bat pour notre salut à tous et que mon existence, aussi futile soit-elle, ne sert qu'à te lester d'un fardeau supplémentaire. Je t'en prie, dis-moi à quel point tu te bats pour la justice, pour la liberté, pour défendre les faibles et les indigents...

Sa voix se perd dans le sarcasme alors qu'elle tire avec force sur la rivière de rubis qui orne son cou, fait s'effriter l'argent et se répandre les joyaux sur le sol de la villa. Elle n'a que faire des chaînes, aussi dorées ou scintillantes soient-elles, qui l'emprisonnent plus que des entraves de fer forgé. Où sont-ils les soldats de l'empire lorsqu'elle s'échine à gagner sa liberté, s'écorchant les mains sur les écueils et les récifs, se rompant les os sur les violences et les joutes ? Ses boucles d'oreilles ont tôt fait de rejoindre son collier, tout comme les breloques qui retiennent sa chevelure d'ébène, qui chute lestement sur ses épaules. Frémissante de détermination, pétrie d'une colère sourde et intérieure, elle lui lance, empoisonnée :

Je suis digne. Probablement plus que tu ne l'es. Mais je ne t'empêcherai pas de m'aimer ou de me faire violence. Parce qu'au fond, je ne vaux pas mieux que toi, pas mieux qu'eux tous...
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Dim 20 Oct - 17:56
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    Circea vient d’enrouler ses bras autour du cou du tribun, le forçant à soutenir son regard alors que sa voix lui transperce l’échine, marque son esprit tel le glaive le plus affuté. Leurs deux visages sont tellement proches l’un de l’autre que le patricien peut sentir le souffle chaud de la jeune femme sur sa peau.

    Frissons. Stupeur. Incompréhension.

    Les lèvres de Circea viennent de se poser délicatement sur celles de Scipio, le délivrant d’une attente qui n’avait que trop duré, d’un subtil jeu dont il avait oublié les règles, et qu’il se savait perdu d’avance. Comme à son habitude, Maximus s’était lancé dans un combat dont il se voyait déjà vainqueur, ne serait-ce que par son audace et sa bravoure, soutenu par les faveurs des Dieux. La jeune femme venait de lui rendre brutalement la raison. Par son discours, par ses mots justes et perçants, l’officier doute, il vacille. Et s’il était simplement mépris sur toute la ligne, qu’il s’était persuadé lui-même par ses propres idées, ses propres mensonges. Il se pensait Romain par le sang versé, mais il n’était rien d’autre qu’un pantin, qu’un pion sacrifié sur l’autel de la grandeur de Rome, qui n’hésitait nullement à dilapider ses fils au profit de la gloire d’un petit nombre d’hommes.  Remontant ses yeux vers la profondeur émeraude des siens, la main du tribun vint épouser la joue de Circea dans une parfaite osmose.


    «  Je ne te mérite pas, belle Circea … »

    Tel un Janus, la force de son aveu rompt avec la brutalité dont il avait fait part peu auparavant. Ses gestes sont plus doux, mesurés et patients. Sa main continue de caresser délicatement la joue de la jeune femme, tandis que ses yeux ne parviennent à se détacher de son visage, mû par un irrésistible magnétisme émanant de la patricienne. A cet instant, il comprend qu’elle n’est pas qu’une apparence, qu’une belle femme devant laquelle tout Rome se prosternerait pour ses faveurs. Circea Valens, savant mélange d’ambitions inassouvies doublé d’une intelligence savamment camouflée, résultant en une prédatrice parfaite, sachant jongler sur ses sentiments et tiraillant ceux de ses adversaires. Toutefois, il persiste toujours quelques défauts, indéfectibles grains de sables dans une mécanique bien huilée. La fougue de la jeune femme, liée probablement à sa jeunesse, risquerait de lui jouer des tours un de ses jours.

    « Tu te méprends toutefois sur la nature de ton combat …. Tu me dis que je suis né dans ce monde, et que contrairement à toi, je n’ai pas à me battre pour m’y faire une place. Ce que tu ne comprends pas, c’est que ce n’est pas en empruntant ce chemin, en faisant face à tous contre vents et marées que tu l’emporteras. Tu amuseras tout au plus certains patriciens, intrigués par cette femme qui ne veut pas rester à sa place, qui veut se montrer l’égale des hommes. » Le tribun sort alors de l’étreinte qu’ils formaient jusque là. Ses yeux quittent les siens, ses mains referment les cuisses entre lesquelles il se sentait à sa place et se baisse, ramassant les bijoux tombés à terre. En se relevant, il lui ouvre délicatement la main, rendant les pierres précieuses à sa propriétaire avant de la refermer, sa main restant sur la sienne. « Les vrais dirigeants de cet Empire sont les femmes, Circea. Nous, nous ne sommes que des marionnettes. Pour certains, de leurs supérieurs, de leurs maîtres et pour les plus puissants, des bonnes volontés et des désirs de leurs femmes. Ce sont elles, les vraies maîtresses de Rome. » Il laissa flotter durant quelques secondes un silence marquant, avant de reprendre. « Ne te bats pas contre le système, mais exploite-le. Use t’en, presse le jusqu’à la dernière goutte et tu auras ce pourquoi tu te bats….  Et si jamais tu as besoin de mon aide un jour, aussi futile soit-elle, je te l’accorderai pour ce que tu viens de me prouver. Tu es faite de cette étoffe rare qui définit les femmes de ta trempe. Tu es prête à tout pour assouvir le moindre de tes intérêts. Tu es déterminée et déterminante, ce qui n’est que plus respectable. Ne gâche pas tout cela en étant trop impétueuse…. »

    Le tribun lui tourne alors le dos, revenant s’installer dans le fauteuil qu’il avait quitté quelques instants plus tôt. Maximus jauge à nouveau la jeune femme, la toisant impunément. Dans quoi venait-il de s’embarquer ? Pourquoi lui proposait-il son aide ? Son temps était fait, et il ne savait pas pourquoi il était toujours en vie, voilà pourquoi. Depuis Actium, Scipio s’était toujours imaginé mourir sur le champ de bataille, et il ne s’imaginait pas d’autre destinée que celle d’une mort semblable à tant d’autres. Il se sentait tellement étranger du monde qu’il venait de rejoindre. Alors lorsque la fatalité vint mettre une telle réminiscence de son passé sur son chemin, il ne peut s’empêcher que c’est un signe qu’il est peut-être temps de mettre un peu de piment dans sa vie.

    « Je crois que nous aurons besoin de plus de vin …. »
Mer 23 Oct - 0:20
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ALIAM VITAM, ALIO MORES
Circea Valens ℘  Maximus Cornelius Scipio
Se battre contre le monde. En faire une bête à terrasser, un ennemi à abattre, un golem de pierre à mettre à genoux, une infection tentaculaire à brûler à coup de fièvres. Se battre contre les hommes. En faire des adversaire à désarçonner, des soldats à décimer, des titans à enfermer, un fléau à éradiquer. Se battre contre une mentalité. En faire un antagoniste à détruire, un rival à évincer, une plaie à guérir. Se battre, envers et contre tout. Se battre, simplement, parce qu'on a rien de mieux à faire que chercher des ombres dans la lumière ou agripper des parcelles de vent de ses doigts. Se battre pour occuper son esprit, ne plus se retrouver devant le vide, la tête dans le néant et les pieds dans la vacuité. Se battre pour s'imaginer appartenir à ce monde, à ses cités défigurées par la guerre, à ses campagnes déchirées par les luttes, à ses frontières percées du nomadisme des glaives et de la marche des boucliers. Se battre pour avoir le droit d'exister, d'être et de vouloir. Se battre pour se libérer. De soi et des autres.

Je ne te mérite pas, belle Circea …

Les mots coulent, se renversent dans l'épaisseur du silence alors qu'elle se noie dans son regard, la gorge glacée par les flots d'une certitude qui la sidère. Il a tort. La conviction profonde qui s'affirme en elle pétrit son âme, creuse des sillons dans le marbre de sa conscience, tectonique implacable d'une foi qui se sublime dans un regard sarcelle. La chaleur. Cette sensation, une ivresse aux exhalaisons de vertige, une étreinte étourdissante qui laisse sur la peau les stigmates d'une solitude un instant effacée. Comment le spectre qu'il était dans sa mémoire a-t-il pu devenir chair brûlante, main ardente, souffle magmatique sur sa gorge ? Elle n'a qu'à tendre les doigts pour dissiper le mirage et effleurer sa peau. Que quelques centimètres à parcourir avant de le faire passer de l'autre côté du miroir, fantôme passéiste d'une mémoire défaillante devenu matériel, tangible, être au cœur battant et au souffle de réel plus que mouvant, vacillant sur le fil invisible du dilemme qu'elle lui a servi du bout de la langue. Les mots franchissent la frontière de ses lèvres, nets, cristallins, éthérés :

On a que ce que l'on mérite. À cet instant, c'est dans tes bras que je me trouve.

Une décennie d'absence. Une absence qu'elle ne ressent qu'à cet instant, comme si le poids des années lestait maintenant ses épaules d'une charge insupportable. Elle sent les moindres aspérités imperceptibles de la table sur la peau délicate de son dos, saisit d'un regard les fines particules qui flottent dans l'éclat diffus du jour et suffoque, asphyxiée de l'intérieur par un manque qui revient par saccades, par cercles concentriques qui se logent au creux de son ventre pour en déformer la perfection. Une main s'égare sur sa cuirasse, glisse sur le métal tiède, épouse l'omoplate avant de s'aventurer sur une peau chaude qu'elle effleure avec une douceur mesurée, effrayée qu'elle est par la perspective de rompre l'harmonie qui résulte d'une intrication induite par l'adéquation de leur manque.

Tu te méprends toutefois sur la nature de ton combat …. Tu me dis que je suis né dans ce monde, et que contrairement à toi, je n’ai pas à me battre pour m’y faire une place. Ce que tu ne comprends pas, c’est que ce n’est pas en empruntant ce chemin, en faisant face à tous contre vents et marées que tu l’emporteras. Tu amuseras tout au plus certains patriciens, intrigués par cette femme qui ne veut pas rester à sa place, qui veut se montrer l’égale des hommes.

Que peut-elle faire de plus ? Se rendre coupable de leur félonie par l'inaction, le consentement tacite et passif ? Si elle les amuse, qu'il en soit ainsi. L'intrigue est une arme qui lacère aisément le suaire de l'orgueil et le voile de l'indifférence. Et elle usera de tous les instruments inhérents à sa condition, dussent-ils dépasser les limites de la moralité ou se servir de ceux qu'elle aime le plus comme d'une arme. Si elle ne peut être l'égale des hommes par ses propres moyens, elle peut l'être grâce au concours des autres, à travers celui de Maximus. Le froid. Il la gagne dès qu'il la quitte, l'abandonne dans l'inanition, la laisse sur sa faim, une faim de contacts, une soif intarissable d'humanité, épanchée à grosses gouttes au creux de son être. Elle regrette de ne pas l'avoir retenu, de ne pas l'avoir imploré d'un regard, d'avoir tu le cri de son âme en serrant les lèvres et en avalant sa peine. Mais déjà il répare ce qu'elle a brisé dans une spontanéité rageuse, laisse tomber les pierres vermeil dans ses mains vides, en soulignant inexorablement la vacuité. Ses yeux se perdent inéluctablement dans l'éclat cristallin des joyaux alors qu'il l'abreuve de paroles, fait chanter sa voix dans sa conscience submergée par les lumières éparses qui dansent sur la surface des cristaux rougeoyants.

Les vrais dirigeants de cet Empire sont les femmes, Circea. Nous, nous ne sommes que des marionnettes. Pour certains, de leurs supérieurs, de leurs maîtres et pour les plus puissants, des bonnes volontés et des désirs de leurs femmes. Ce sont elles, les vraies maîtresses de Rome. Ne te bats pas contre le système, mais exploite-le. Use t’en, presse le jusqu’à la dernière goutte et tu auras ce pourquoi tu te bats….  Et si jamais tu as besoin de mon aide un jour, aussi futile soit-elle, je te l’accorderai pour ce que tu viens de me prouver. Tu es faite de cette étoffe rare qui définit les femmes de ta trempe. Tu es prête à tout pour assouvir le moindre de tes intérêts. Tu es déterminée et déterminante, ce qui n’est que plus respectable. Ne gâche pas tout cela en étant trop impétueuse…

Impétueuse. Il n'a pu jeter qu'un regard à travers le rideau opaque de son caractère volcanique. Ne voit-il pas qu'il s'agit précisément de sa force ? Comment peut-il négliger cet impetus, cet élan qui désarçonne l'adversaire, le prend par surprise ? Elle se redresse lentement, glisse, aérienne, jusqu'au portique qui donne sur le péristyle et laisse tomber les gemmes sur le sol dans un geste leste. Mesure-t-il l'ampleur de son magnétisme, de la fièvre qui la fait frissonner dans la nuit noire et lui arrache les suppliques d'une délivrance brûlante, imminente ? S'il veut lui offrir son aide, il doit saisir ce qu'elle peut faire, ce qu'elle est. Il doit voir de quoi elle est capable, le potentiel qu'elle peut relâcher d'un claquement de doigts, d'un battement de cils, d'un seul mot...

Je crois que nous aurons besoin de plus de vin …

Elle hèle une esclave, réclame une amphore qui ne tarde pas à atterrir entre ses doigts. Puis elle se dirige vers lui, magnétisme imperceptible qui les lie dans un pacte tacite, dans un secret figuré dans l'avenir qu'ils seront les seuls à partager. Une parole et elle congédie les esclaves qui ornent la pièce, assaillie par les réminiscences d'une autre journée, comme celle-ci, où elle rivalisait d'astuce pour séduire ce laniste dont elle n'oublierait jamais le nom... Maximus, par contre, ne risquait pas d'être une proie si difficile à attraper dans ses filets.

Impétueuse ? Tu es tribun, Maximus, tu n'ignores pas que le meilleur moyen de se défendre est d'avoir recours à l'offensive. Et quoi de mieux que d'ajouter à l'équation la variable de la surprise et celles, plus insidieuses encore, de la confiance et de la naïveté ? Laisse-moi te montrer...

L'Achéenne s'avance jusqu'à lui, attrape ses poignets et les maintient immobiles sur l'accoudoir du fauteuil, plongeant ses yeux dans les siens et soutenant son regard perçant. Déjà, elle le sait enivré de son parfum et de l'odeur de ses cheveux, dénoués, suspendus à quelques centimètres de son visage.

Lorsqu'on captive le regard d'un homme, lorsqu'on jette en lui les troubles envahissants d'un désir viscéral, on le sait déjà dépourvu de tous ses moyens les plus manifestes...

D'un geste rapide, elle accroche sa main à son menton pour le forcer à la regarder, s'approchant dangereusement de son visage jusqu'à ce que leurs souffles tièdes se mélangent dans l'horizon d'une attente mourante. Et même si elle sait qu'elle est autant gagnée par les frissons de son petit jeu qu'il l'est, l'Achéenne se plaît davantage à celui qui va suivre, celui qui donne les clefs de la cage à l'animal qui s'y enfermera lui-même, par la force des convictions qu'elle lui insufflera avec une langue de serpent, trempée de poison. Les doigts de son autre main glissent doucement sur les reliefs de sa cuirasse, sillonnant les vallées métalliques sanglées de cuir pour se perdre à la frontière entre chasteté et luxure. Elle réduit encore la distance qui sépare leurs lèvres, ne laissant entre elles que quelques millimètres...

Et même s'il croit nous avoir cernées, averti qu'il est par les charmes ravageurs d'une femme et ceux, plus hypocrites, de sa langue acérée, capable de détruire ou de fabriquer les réputations, il n'est encore qu'à des lieues de la réalité...

Elle feint un baiser, s'esquive et se glisse derrière lui, posant les mains sur ses épaules pour délier les sangles de cuir qui retiennent sa cuirasse. Laissant une main s'aventurer sur la toge du patricien, elle pose ses lèvres dans son cou pour parcourir sa nuque d'une langue brûlante en remontant jusqu'à son lobe d'oreille qu'elle attrape avec délicatesse. Une main vient s'emparer à nouveau de son menton, le forçant à relever la tête et à la pencher vers l'arrière alors qu'elle entreprend de couvrir la ligne de sa mâchoire de baisers fiévreux, volcaniques.

Quand on contrôle les envies d'un homme, on le contrôle, lui... Quand on contrôle ses fantasmes inassouvis, on contrôle son esprit.

Elle relâche son étreinte, esquisse un sourire au goût de déjà-vu alors qu'elle détache la fibule de sa stola pour la laisser chuter sur le sol. Lorsqu'elle se penche à nouveau vers lui, c'est la chaleur de sa peau dénudée qui rencontre la tiédeur de la cuirasse.

Si tu oses tourner la tête et me regarder, jamais plus tu ne pourras poser tes yeux sur moi, jamais tu ne pourras connaître mes charmes, jamais plus tu ne pourras goûter à mes lèvres, me suis-je bien fait comprendre ?

Ses mains se font plus avides encore, saisissant le tissu de sa toge pour y faire pénétrer ses ongles. Son souffle s'emballe, se heurte à la barrière de sa peau pour s'épancher en soupirs presque imperceptibles alors qu'elle continue de le harceler de baisers plus lascifs encore. Puis, elle contient la fièvre, la laisse s'échapper entre ses lèvres en paroles insidieuses :

Par contre, si tu acceptes de te rendre complice de mes désobéissances, de dissimuler mes méfaits aux yeux de Cassius, de l'étourdir d'alcool et de putains au point où il oubliera de surveiller mes moindres actions, tu peux récupérer le droit de faire ce que bon te semble sans que je t'en empêche. Dis-moi, que choisiras-tu, tribun ?

Elle lui donne les clefs de sa propre cage. Les saisira-t-il ?
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Mer 23 Oct - 2:02
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    Installé confortablement dans le fauteuil, le tribun laisse passer une main sur sa barbe, observant en silence la nymphe qui se meut devant ses yeux.  Il attend impatiemment sa réponse, pressé de savoir quel sera son choix. Ses yeux ne parviennent pas à se détacher de sa silhouette lorsque Circea s’éloigne pour ordonner qu’on leur apporte une nouvelle amphore de vin.  Sa coupe s’étant fracassée peu avant par son geste rageur, il la saisit pour en boire une bonne gorgée, essayant de remettre ses idées en place.

    Dès lors, il assiste impuissant au ballet de la patricienne. Maximus n’est plus que le pantin de la belle, et reste figé au moindre de ses caprices, sentant l’envie monter du plus profond de ses entrailles. Le corps du tribun semble être désormais le nouveau terrain de jeu de Circea, ou cette dernière peut laisser libre cours au moindre de ses désirs. Son esprit n’est pas épargné, il est tiraillé entre ses envies et la raison. Ces mains habiles et expertes qui parcourent son corps, ces lèvres douces et gourmandes qui font tomber les dernières barrières de sa raison, ces paroles qui transpercent son esprit plus facilement qu’un glaive transperçant une cuirasse…. Ses yeux se ferment instinctivement lorsqu’elle passe derrière lui, laissant son imagination le saisir d’images et de visions plus ardentes les unes que les autres. A cet instant, il désire plus que tout cette femme. Il souhaite la posséder comme elle le fait désormais. Le tribun peut sentir ses mains sur ses épaules et son visage, un râle venant supplier sa délivrance et ses baisers. La chaleur du corps de Circea se transmet tout entière à celui de Scipio. Le sentiment de cette poitrine oppressée dans son dos conclut à mettre en éveil ses sens masculins….


    « Si tu oses tourner la tête et me regarder, jamais plus tu ne pourras poser tes yeux sur moi, jamais tu ne pourras connaître mes charmes, jamais plus tu ne pourras goûter à mes lèvres, me suis-je bien fait comprendre ? Par contre, si tu acceptes de te rendre complice de mes désobéissances, de dissimuler mes méfaits aux yeux de Cassius, de l'étourdir d'alcool et de putains au point où il oubliera de surveiller mes moindres actions, tu peux récupérer le droit de faire ce que bon te semble sans que je t'en empêche. Dis-moi, que choisiras-tu, tribun ? »

    Ces paroles eurent l’effet d’une douche froide sur le patricien. Etait-ce la vision qu’elle avait du tribun ? Visiblement, elle se méprenait sur lui, ou le pensait égal à n’importe quel autre. Il n’était point question d’orgueil, mais bien qu’il était prêt à faire des écarts à son code d’honneur, c’était une erreur de ne voir en lui qu’un vulgaire animal attiré uniquement par les faveurs sexuelles d’une belle.

    « Pas tous les hommes … » parvient-il à murmurer alors que ses yeux s’ouvrent à nouveau. Le tribun se lève, et se retourne, faisant face à Circea, entièrement nue. Ses yeux feignent de ne pas profiter du spectacle, de ne pas dévorer avec envie chaque parcelle de cette peau blanchâtre, et tâchent de rester concentrés sur le regard de jade de la jeune femme. Il s’approche d’elle, d’un pas décidé, une main se saisissant de sa joue tandis que l’autre l’attire jusqu’à la colonne de marbre blanc située derrière. Le regard de Scipio est partagé entre la colère « Pour qui me prends-tu ? Crois-tu que je ne désire qu’être ton pantin, mû seulement par le désir que tu provoques au plus profond de moi-même ? Qu’un animal de compagnie qui secouerait sa queue au moindre de tes caprices ? Est-ce le seul sort que je mérite à tes yeux ? » Son regard ne parvenait pas à cacher sa déception. Pourtant, il ne pouvait que la comprendre, surtout après leurs échanges. Son ambition dépassait l’entendement, et elle était vraiment prête à tout pour parvenir à ses fins. Sa main caressa sa joue, la soutenant pour plonger son regard dans le sien. « Je t’ai proposé mon aide, Circea. Je ne l’ai pas marchandé, je te l’ai proposé. En agissant ainsi, tu bafoues mes paroles et ma proposition. » Sa voix se perd dans l’immensité de l’atrium alors que son visage se rapproche de son oreille, lui murmurant doucement. « Tout ce que je demande est ton aide. Tu n’es pas la seule à avoir des ambitions, des envies. Je pourrai avoir besoin de toi autant que tu pourrais avoir besoin de moi. Joins-toi à moi. Travaillons ensemble . Nous n’en serons que plus forts et rien ni personne ne nous résistera. Rien ni personne…. » lui susurre-t-il à l’oreille alors que ses mains s’étaient appropriées le contour de ses hanches.

    La Fortune venait de mettre sur son chemin ce qui pourrait être une formidable alliée pour le tribun. Lui qui ne connaissait ni cette ville, ni ne reconnaissait la péninsule italique serait une précieuse aide pour débuter ce qui lui tenait à cœur depuis la défaite et le déshonneur d’Actium. Maximus en était désormais certain. D’une manière ou d’une autre, leurs deux sorts étaient liés….
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