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Patricien
Lun 30 Sep - 19:57
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Caius Licinius Murena
₪ Arrivée à Pompéi : 19/06/2013
₪ Ecrits : 1081
₪ Sesterces : 163
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Legat / Edile de Pompéi

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Qualis pater, talis filia
Qualis Licinius, talis Licinia
Licinia Domitia & Caius Licinius Murena



L
e soleil brille déjà haut dans le ciel de Pompéi pourtant mon âme et mon humeur sont noires. La nuit ne s’est pas dissipée pour Caius Licinius Murena. Tandis que la lame avec laquelle mon esclave domestique me rase épouse avec douceur et précision la peau tendre et hérissée d’une barbe naissante de mon cou, je rumine mes idées sombres.
La soirée d’hier avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, invités par le tribun et ami Aelius à dîner sous son toit, Tiberius et moi avions fort goûté sa compagnie, d’autant que ses filles étaient absentes, tout comme la mienne et ma femme. Une véritable soirée d’hommes en somme, comme je n’en avais eu depuis longtemps, où entre gens de confiance, nous ne craignons pas de voir notre langue se délier sous l’effet du vin et le rire emplir nos poumons et l’air alentour. Puis au détour d’une partie de latroncule, jeu que je prisais fort, alors que je venais de jouer une manœuvre dont je n’étais pas peu fier, Aelius m’exposait la requête de Vinicius de lui céder pas moins de deux cohortes pour je-ne-sais-quel motif. A la mention de ce nom, mes oreilles s’étaient fermées tout comme mon visage. Je savais mon tribun familier du légat de la IVème légion et je ne lui en savais grief, convaincu par ailleurs de son amitié et de sa loyauté à mon égard, mais qu’il se fasse l’écho des souhaits de cet homme que je ne pouvais souffrir m’était intolérable. Pis encore, les vœux de Vinicius et la manière qu’il avait de me les faire parvenir me révulsaient.

M
e révulse toujours d’ailleurs, en y songeant ce matin encore, j’esquisse un geste nerveux et la lame vient effiler ma chair. Sans gravité mais assez pour sentir le sang perler et ruisseler le long de mon cou, assez aussi pour rabrouer et repousser du plat de la main celle de mon esclave. Je l’essuie d’un geste rageur et jette le linge à la tête du maladroit, qui reprend sans mot dire son ouvrage tandis que je retourne à mes fulminations.
Pour qui se prend cette outre à vin de Vinicius ? A-t-il oublié que je n’ai plus aucun ordre à recevoir de lui depuis un moment déjà ?  Que mes ordres je ne les prends que de César, et de César seul ? Je n’estime avoir guère de leçons de conduite militaire, ni dans aucun autre domaine d’ailleurs, à recevoir de cet incapable parvenu, dont la réputation des illustres ancêtres parvient tout juste encore à donner du lustre à ce nom que son existence seule suffit à bafouer…
Si mes traits avaient trahis mon irritation, je m’étais efforcé avec tout le sang froid dont je pouvais faire montre de contenir ma colère et ma rancœur, afin qu’elle n’explose pas au visage d’Aelius dont la sœur d’honorable mémoire avait été lie, je ne l’oubliais pas, au scélérat. Qu’il vienne donc me les exposer en personne ses requêtes, de légat à légat, afin que je puisse lui exposer le plus clairement du monde mes pensées et mon opinion sur la question. Voilà ce à quoi je m’en étais tenu devant Aelius, voilà qui était suffisant pour clore la conversation et laisser entendre ma désapprobation.


C
omme un évènement funeste semble en appeler un autre, voilà que de retour chez nous, la soirée donnée par ma fille pour distraire ses amies se terminait. Bien charmante vision que de voir cette jeunesse aimable et agréable prendre congé des Licinii et de lire sur le visage de ma douce enfant la joie d’une soirée des plus divertissantes, ne nous méprenons pas.
Cependant, un voile était passé sur mon visage lorsque l’ombre d’une montagne s’était découpé dans la douce lueur des torches. La voilà, l’attraction de la soirée, ce foutu barbare qui m’avait privé d’une revanche sur Pompeius : Priam, le désormais Champion de Pompéi et pis encore, Champion de Publicola. Je toisais l’esclave qui me dominait pourtant presque d’une tête. Vu de près, il ne semblait pas si impressionant, presque aussi inoffensif qu’un chaton comme il baissait les yeux pour éviter soigneusement mon regard assassin… Je me demandais encore presque un mois après sa victoire comme Fortius avait pu chûter face à lui. Si les blessures avaient été fatales au Titan de Naevius, elles étaient encore vives à mon orgueil, au seul souvenir du revers et de l’injure que la victoire de Priam m’avait infligé. Allons, son heure viendrait dans l’arène… Tout comme celle de Pompeius sous ma main vengeresse.
Et Licinia qui n’en finissait pas de vanter ses exploits comme tant parmi les autres jeunes filles de cette cité… Ne savait-elle pas à quel point elle me causait du tort en agissant de la sorte ? En la voyant nous dépasser pour reconduire sa curiosité à la porte de notre villa, je captais l’ombre dans le regard de Tiberius comme il suivait le gladiateur et sa demi-sœur du regard… J’avais été heureux de voir qu’il tenait tant dans son cœur à défendre mes intérêts…

T
oujours perdu dans les méandres de mes pensées, je ferme les yeux comme le toucher de mon esclave me semble devenir plus léger et plus doux. Ses mains semblent redevenues habiles et j’offre un peu plus mon cou nu à la caresse de sa lame. Des mains bien délicates, fraîches comme la rosée du matin… Alors que je me saisis d’un miroir pour examiner la coupure sans gravité que j’espère pouvoir masquer aisément, sa réflexion me révèle que je suis passé entre d’autres mains.
En lieu et place de l’adolescent numide, je trouve le visage tendre de ma fille venue assister son père dans ce rituel matinal. Un rituel bien délicat qui exige d’un homme qui possède toute confiance en celui qui l’exécute… Sa lame contre ma gorge, je songe comme Licinia n’a pas toujours mérité cette confiance qu’un père peut placer en sa fille unique et chérie… Puis comme je sens le flot noir de souvenirs douloureux remonter à la surface, tandis que j’ai déployé tant d’efforts à essayer de les noyer, je m’efforce de chasser l’amertume de la rancune avant qu’elle ne vienne répandre son fiel dans ma gorge.
Aujourd’hui, Licinia me donne toutes les raisons, ou presque, de l’aimer sans réserve aucune. Toutes les garanties d’une fille aimante et dévouée… Quel père serais-je si je ne savais me montrer un peu plus miséricordieux… Et puis, comment continuer à haïr et à maudire un visage tant adoré… Elle n’est pas encore fin prête de sa toilette et j’aime la voir ainsi sans trop d’artifices, le cheveux encore un peu indiscipliné de la nuit, les paupières encore porteuse de sommeil et de rêves inachevés. Elle est une femme, je le sais bien, et aime se vêtir et s’apprêter comme telle, mais c’est un aveu qui me coûte et j’aime saisir ces instants où elle me donne encore à voir l’enfant qui demeure.
Je souris simplement, sans mot dire, à son reflet par-dessus mon épaule et c’est en toute confiance que je ferme les yeux, bascule ma tête vers l’arrière  et lui laisse finir le travail qu’elle a commencé de sa propre initiative…

M
algré cet instant de plénitude, je n’en oublie pas moins ce qui me chagrine et tout miséricordieux que je sois, je n’en reste pas moins le pater familias soucieux de garder la mainmise sous son toit :

- La soirée d’hier te fût-elle agréable, ma fille ? _puis après quelques instants à essayer de mettre le doigt sur la formule qui me sied le mieux, je finis par lâcher avec une pointe d’impatience à peine dissimulée_ N’y a-t-il donc aucun autre gladiateur que ce Priam qui puisse trouver grâce à tes yeux, je suis déjà lassé de le voir et je crains que tu ne lasses également tes amies…

Pirouette bien maladroite de celui qui essaye de dissimuler sa mauvaise foi et de conserver les apparences sauves… Jamais on ne me fera avouer à quel point mon orgueil se trouve froissé de la situation, j’ose espérer que Licinia le comprendra d’elle-même…



In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.


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Patricien
Dim 17 Nov - 12:53
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feat. Caius Licinus Murena & Licinia Domitia

Étendue sur son lit, fixant le plafond, la jeune femme était sortie des bras de Morphée depuis quelque temps déjà, réveillée par les premiers rayons de soleil. Le bruit provenant du reste de la domus indiquait que les autres membres de la famille étaient en train de se lever, qu’une autre journée venait de commencer à la villa Diomède. Et pourtant, Domitia était bien trop perdue dans ses pensées pour se préoccuper de ce qui se passait autour d'elle. Une remarque de Themis s'était ancrée dans son esprit et ne lui laissait pas de répit : elle lui avait fait remarquer que maintenant que l’enfant tant attendu des Licinii était né et que tout espoir du pater familias d’avoir un fils - un héritier dans les veines duquel coulerait le noble sang des Licinii - semblait s’être envolé, la murène ne tarderait sans doute pas de marier sa fille aînée. Que cela était la seule possibilité pour lui de perpétuer sa lignée. Lorsque son esclave avait mentionné cette idée, Domitia s’était contenté de rire tellement cela lui semblait tirée par les cheveux. Après tout, si elle devait un jour se marier et avoir des enfants, ceux-ci porteraient le nom de leur père et non celui des Licinii. Et pourtant, cette remarque ne lui laissant pas de répit. Et si Themis avait raison ? Peut-être avait-elle donné de mauvais argument, mais sur le fond, Domitia ne pouvait pas la contredire. Elle avait toujours su qu’un jour où l’autre, son père finirait par l’utiliser pour créer une nouvelle alliance, pour s’acheter le soutien de tel ou tel homme. Et le fait que les Dieux lui aient une fois de plus refusé un fils le pousserait sans doute à agir plus rapidement… *Après tout, il n’avait jusque maintenant pas repoussé cette décision par amour pour moi, ou par désir de me garder près de lui plus longtemps, mais tout simplement par peur que mon ‘déshonneur’ soit découvert* pensa amèrement la jeune femme. Et qui sait, peut-être que la naissance d’une autre fille le pousserait à surmonter cette peur, à juger autrement la situation et juger que les avantages d’un éventuel mariage prévalaient le risque encouru… Pendant un instant, l’image de son amie Pompeia Septima Aurea apparu dans son esprit. Elle était sans doute le meilleur exemple du fait que l’ambition des hommes dépassait de loin leur amour paternel. Après tout, comment expliquer autrement que quelqu’un puisse marier sa fille âgée d’à peine 17ans à un homme qui pourrait facilement être son grand-père, si ce n’est arrière-grand-père ? La jeune femme pinça ses lèvres. Non, il était hors de question qu’elle accepte un jour un tel mariage, même si les convenances l’obligeaient à se plier à toute décision du pater familias. Peut-être devait-elle tenter d’accélérer ses plans de vengeance ? Car une fois Tiberius à la tête de la famille, la jalousie de ce dernier la protégerait d’un tel mariage. Jamais il n'accepterait de donner sa sœur à un autre homme… Combien de temps était-elle restée allongée sur son lit ? Elle ne saurait le dire, mais sa chambre était maintenant pleinement éclairée, preuve que la matinée était déjà bien avancée. La jolie brune soupira avant de se lever. Cela ne servait à rien de s’affoler à l’idée d’un éventuel mariage, du moins pas tant que rien n’était encore décidée. Et de toute manière, elle trouverait bien un moyen de s’en affranchir une fois le moment venu.

Après une toilette rapide, la jeune patricienne enfila une stola avec l'aide d'une esclave avant de quitter sa chambre. Elle avait toute la journée pour se préparer au banquet de ce soir et pour laisser une des esclaves coiffer ses cheveux dans une des coiffures raffinées qu'elle appréciait tant, mais avant elle devait procéder à un tout autre rituel. Poussant doucement la porte, elle pénétra dans une des pièces voisines. « Bonjours père. » dit-elle avec un léger sourire sur les lèvres, alors que son regard s'attardait un court instant sur la lame qui glisse le long du visage de son père, le long de son cou. Combien serait-il facile pour l'esclave qui la manie de mettre un terme à la vie du maître de la maison ! Et comme pour souligner cette pensée, quelques gouttes de sang perlaient déjà sur son cou... Rapidement la jeune femme détourna son regard pour le reporter sur le visage qu'elle avait autrefois tant adulé, tout en continuant à s'avancer vers lui et, après courte hésitation, l'embrasser sur la joue comme chaque matin. Voilà un petit rituel qui existait entre eux depuis tellement longtemps que Domitia était désormais à quand exactement il remontait.
S'asseyant sur la chaise que l'esclave avait eu la présence d'esprit de lui apporter, la jolie brune ne put s'empêcher de sourire lorsque les images de la soirée refirent surface dans son esprit. « Très agréable en effet. »

« N’y a-t-il dont aucun autre gladiateur que ce Priam qui puisse trouver grâce à tes yeux, je suis déjà lasse de le voir et je crains que tu ne lasses également tes amies. » « La présence de Priam est effectivement fréquente aux soirées, mais ne devons-nous pas présenter ce qu’il y a de mieux à nos invités ? Et qui pourrait être meilleur que le champion de Pompéi ? » La jeune femme s’arrêta pendant un instant. Son sourire avait laissé place à un air innocent. Elle avait parfaitement compris que la présence de ce perse gênait son père, et c’était d’ailleurs pour cela qu'elle prenait un malin plaisir à s'arranger pour qu'il soit présent à diverses soirées qu'elle donnait. « Et je crains que cela serait offensant pour Ilithyia de lui demander de venir sans son garde du corps… et il serait imprudent d’offenser les familles influentes de Pompéi, même s’il s’agit de plébéiens, n’est-ce pas ? » réfléchit la jeune femme à haute voix, avant d’adresser un léger sourire à son père et d’ajouter. « Mais tu as raison père, il est sans doute préférable d’offrir de la nouveauté à nos invités. Je tiendrais compte de ton conseil la prochaine fois. Peut-être devrais-je engager les gladiatrices de Versuitius la prochaine fois?»


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Dim 22 Déc - 12:14
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M
es yeux courant sur le plafond, choyé par les mains agiles et délicates de ma fille, mon humeur ne peut restée longtemps assombrie. J’esquisse une moue cependant lorsque Licinia évoque de privilégier à l’avenir la venue des guerrières de Naevius. Comme bien des hommes de bonne lignée, je n’aime guère les idées que ces femmes guerrières peuvent faire naître dans l’esprit influençable de nos filles et de nos femmes. On a rapporté récemment à mes oreilles le cas d’une femme de marchand ayant fermé toute la nuit son époux hors de leur demeure juste après avoir assisté à une venatio à laquelle participait la célèbre Antiope et pour laquelle ladite épouse montre une admiration de notoriété publique… Si nos pauvres pères voyaient ces femmes hissées presque à l’égal des hommes...
Néanmoins je reconnais à Naevius une habileté remarquable, il donne à la foule ce qu’elle veut voir et un homme d’ambition tel que moi ne peut que trouver son intérêt en s’associant avec un personnage comme lui. Un intérêt bien réciproque d’ailleurs, mais que j’entends conserver sous les meilleurs auspices. Pour cela, malgré mes réticences personnelles vis-à-vis de ses Amazones, et pour ne pas avoir à décourager l’initiative de Licinia et donc me décrédibiliser à ses yeux, je suis prêt à me montrer de bonne volonté :

- Je le préfèrerai oui… J’ai promis tout notre soutien à Sextus Naevius, il serait bon d’honorer cet engagement jusque sous notre toit. Tu l’as dit, il s’agit de ne froisser aucun citoyen influent et je crains que ce ne soit le cas si tu continues à afficher ta faveur pour un homme des Lucretii. Sans compter que les jeux approchant, je gage que ton Priam ne vaudra bientôt plus un denier.

Dans quelques jours, les jeux civiques verront l’ascension des hommes de Naevius et la défaite de ce foutu Perse. Bientôt, j’en suis sûr, sa renommée fondée sur sa victoire contre l’ancien champion de Naevius ne sera plus que cendres. Tout comme la renommée de celui qui en a tiré le plus de gloire, Pompeius. Le monopole de ces anciennes familles tournées vers le passé et l’ordre ancien ne sera plus qu’un vague souvenir érodé par le temps, tandis que des noms nouveaux, ceux de Licinius et Naevius, émergeront dans un course vers le sommet.

- Fais donc venir l’Egyptien la prochaine fois. Je mise fort sur lui. En voilà un taillé pour être un dieu de l’arène : haut comme leur Sphinx, féroce comme une bête sauvage… Lucretia est la bienvenue bien sûr, mais qu’elle laisse son esclave dehors à l’attendre. La maison des Licinii n’est pas un coupe-gorge que je sache, elle n’a rien à y craindre !

Je trouve habile la manière dont ma fille a su se lier avec la sœur de Lucretius, elle nous permet de ménager ces notables pompéiens sans que j’ai besoin de sembler marcher sur les plates-bandes de Pompeius. De plus, la compagnie de Lucretia est des plus agréables. J’ai surpris quelques fois le regard qu’elle m’adresse et que je m’étonne de susciter chez cette jeunesse plein d’avenir. Une situation que je n’encourage guère - Allons qu’en dirait-on ? Que Licinius pervertit les filles romaines qui vienne sous son toit ? Je sais jusqu’où peut mener ce genre de rumeurs détestables… - mais qui n’est pas sans flatter et rassurer mon orgueil d’homme mûr.


L
icinia a fini son ouvrage. Je me redresse et lui fait face. J’esquisse un sourire et prend son visage entre mes deux mains. Sous ma légère pression sur ses joues adorables, son visage prend un aspect d’autant plus juvénile qui émeut mon cœur de père.

-Je suis content de voir comme tu as su te faire rapidement des connaissances ici… Pompéi te plait ?

Une façon bien timide et maladroite de rechercher cette approbation de la part des femmes de ma famille quant à mon choix arbitraire et inébranlable de revenir sur la terre de nos ancêtres. J’aurais aimé que Licinia naisse ici et aime cette cité autant que je l’aime encore, malgré les épreuves. Elle a toute les qualités pour en devenir un jour la femme la plus influente. Je m’y emploierai sans relâche.
Enfin, je m’essuie le visage dans un linge posé à portée de main et mon esprit glisse vers un autre sujet, non moins important :

-En parlant d’entretenir de bonnes relations avec les plébéiens les plus éminents : qu’est ressorti de ton entretien avec Julia Felix à propos de la célébration du dies lustricus de ta soeur? Sera-t-elle des nôtres avec ses nymphes ? Attention, je veux quelque chose de bon goût…

Malgré les efforts de respectabilités que la Julia déploie autour de sa demeure, nous savons tous ce qui se trame dans le secret de ses murs… Pour une réception, faire appel aux talents avouables et fort prisés par tous de ces beautés qui l’entourent n’a en soi rien de déshonorant –elles me coûtent suffisamment cher !- mais je tiens à ce que la démonstration qu’elles nous offrent reste autant respectable que notre nom.




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Patricien
Dim 5 Jan - 18:24
Re: Qualis pater, talis filia; Qualis Licinius, talis Licinia ₪ Licinia Domitia   




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« Ce n’est pas mon Priam, père.  » répondit-elle en rigolant, avant de rapidement reprendre un air plus sérieux. Non, son père n’allait pas trouver ce genre de remarques amusantes, encore moins depuis il y avait des rumeurs qu’à Rome comme quoi Licinia Cornelia Laelia appréciait également ces hommes musclés en d’autres environnements que le sable de l’arène… Sans parler du fait qu’en vue de l’affaire Quintus, son pater ne serait certainement que trop prompt à s’imaginer de semblables inclinaisons chez sa fille. Ce n’était donc certainement pas par ce genre de remarques coquettes qu’elle pourrait le convaincre de lui faire de nouveau confiance. « Je tacherais de distribuer mes faveurs d’une manière plus équitable» répondit la jeune femme,  tentant de rattraper ses paroles inconsidérées. Elle aurait certainement pu répliquer qu’elle n’appréciait point le laniste en question, que son attitude mielleuse la rebutait, mais elle connaissait assez bien son père pour savoir qu’il ne voulait certainement pas entendre de tels jugements de sa bouche, pas après qu’il ait déjà décidé de soutenir le laniste en question. Non, en tant que membre de la gens Licinia, elle n’avait pas vraiment d’autre choix que de se ranger de l’avis du pater familias concernant cette homme… du moins en apparence. Étrange. Autrefois, elle n’aurait pas eu à prétendre, elle n’aurait même pas douté des décisions de son père vénéré. Mais cela semblait désormais dater d’il y a bien longtemps, avant que la vie ne l’ait obligé à ouvrir les yeux et voir son père pour ce qu’il était vraiment… et ce n’était certainement pas l’homme qu’elle avait eu tendance à idéaliser. Et pourtant, il arrivait à la jeune femme de songer au passé, lorsque tout avait semblé si simple, lorsqu’il avait encore existé une certaine complicité entre père et fille. Rapidement, la jeune femme chassa ces pensées de son esprit et de se concentrer de nouveau sur les paroles de son père. Ce n’était pas le moment de penser au passé ou de sombrer dans la mélancolie.

Le regard de la jeune femme se posa de nouveau posé sur son père. Se doutait-il que la seule raison pour laquelle elle invitait Priam était justement pour rappeler à son pater la coquette somme qu’il avait perdu aux derniers jeux ? Sans doute que non, sinon il ne serait pas aussi calme, serein même. Rien dans son expression ne permettait de deviner à quel point la présence du Perse sous son toit pouvait lui déplaire, et pourtant, il n’y avait pas de doutes possibles à ce sujet. Pourquoi en parlerait-il tant autrement ? Il aurait pu tout simplement lui ordonner de ne plus engager les hommes de Lucretius, sans donner la moindre justification. « J’ai entendu certaines personnes parler des prouesses de cet égyptien, mais je ne savais pas quel crédit accorder à ces rumeurs, je ne m’y connais que trop peu aux jeux.» répondit-elle. Sur ce point, elle n’avait pas besoin de mentir. Domitia avait beau apprécier l’atmosphère des jeux et se laisser emporter par l’euphorie de la foule, mais cela s’arrêtait là. Jamais n’avait-elle accordé un grand intérêt aux gladiateurs, si ce n’était pour offrir une distraction à ses invités. « Je te remercie de ton conseil, tu viens certainement de m’offrir un moyen d’impressionner mes amies en engageant en engageant le futur champion avant même que les jeux ne commencent. » remercia la jeune femme son père, d’une voix enjouée. A vrai dire, elle n’était pas entièrement sûre que son père avait raison : ne s’était-il pas déjà trompé au sujet du dernier champion des Naevii ? Et il l’avait payé cher, au sens premier des termes. Mais puisque Licinia ne souhaitait pas contrarier ouvertement son père, elle n’avait pas réellement d’autre choix que de se plier à la volonté de ce dernier. Alors autant le faire avec un sourire. « Crois-tu que cela est vrai ce que l’on raconte à son sujet ? Qu’une trentaine de soldats a été tué avant qu’ils ne sont parvenus à attraper cette bête ? » La jeune femme observa son père, ses yeux brillants trahissant sa curiosité. Cette histoire faisait partie du mystère qui entourait ce nouveau champion des Naevii. Une histoire que l’on ne semblait pas se lasser de raconter et qui contribuait grandement à la légende de Seth. Et même si ce récit avait tendance à amuser Domitia, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si cela était réellement une bonne idée d’inviter un tel animal dans leur domus. Mais elle pourrait toujours s’inquiéter à ce sujet le moment venu.

-Je suis content de voir comme tu as su te faire rapidement des connaissances ici… Pompéi te plait ? Si Pompéi lui plaisait… et bien, la réponse était simple : non. Elle avait beau s’être trouvée de nouvelles connaissances, cela ne changeait rien au fait que ses amis de Rome lui manquait. A leur arrivée, Pompéi avait au moins eu l’attrait du nouveau, mais après plusieurs mois, il n’y avait plus tant de nouveautés à découvrir. Sans parler du fait qu’après les récents événements, elle craignait que la colère des Dieux pouvait à tout moment refrapper cette ville au pied du Vésuve. Et combien de temps ces derniers continueraient-ils à protéger les Licinii ? « Je suis sûre qu’avec le temps, j’apprendrais à apprécier la ville de nos ancêtres à sa juste valeur. » finit-elle par répondre d’une manière quelque peu évasive. Après tout, son père disait vrai, elle avait réussi en quelques mois à peine à créer un bon nombre de liens avec les familles les plus influentes de Pompéi. Qui sait, peut-être qu'elle pourrait même se plaire ici... dans d'autres circonstances. Au fond, la jeune femme ne pensait qu'à retourner à Rome une fois sa vengeance accomplie. De repartir de cette ville où le simple nom de Licinius inspirait dégoût. Peu importaient les ressentiments qu’elle pouvait éprouver vis-à-vis de son père, la jeune femme gardait tout de même une certaine fierté, si bien qu'il était tout simplement inimaginable pour elle d’organiser une fête digne d’une famille patricienne telle la leur. D'exposer la grandeur de la gens Licinia à toute la ville. La fête serait extravagante, certes, mais pas moins de bon goût. D’autant plus que son père avait oublié de préciser une limite à ne pas dépasser dans les dépenses, si bien qu’elle était bien décidée à faire tout en son pouvoir pour que cela soit une fête que Pompéi n’oublierait pas si rapidement. Une soirée qui lui permettrait certainement de faire un pas de plus en direction de son objectif : regagner la confiance totale de son père. Un but ambitieux certes, puisque l’homme était tout aussi rancunier qu’elle, mais elle n’était pas moins persuadée de pouvoir réussir. D’une voix pensive, elle finit cependant à partager certaines de ses impressions sur Julia Felix avec son pater : « Julia Felix sera des nôtres, ainsi que ses danseuses. » La jeune femme s’arrêta pendant un court moment, pesant ses mots. « Elle m’a été une aide précieuse dans les préparatifs, et continue à l’être. Ses contacts se sont révélés être d’une grande utilité, et pourtant, je ne peux m’empêcher de croire que les éloges qui nous ont été fait à son sujet ont été quelque peu… trop flatteuses. » A vrai dire, la vision Domitia avait eu de la jolie plébéienne à travers les récits à son sujet et après l’avoir croisé lors de quelques réception s’était retrouvée mis à mal lors de leur précédente rencontre, et il y avait eu des moments où la jeune patricienne avait eu bien du mal à rester polie avec elle. « Mais tu n’as pas à t’inquiéter, ce sera une fête digne de notre gens. » conclut-elle avec un sourire dessiné sur ses lèvres. « Est-ce que Tiberius sera présent au Dies Lustricus de Minor ? » Après tout, Minor était également sa sœur, et cette fête ne serait-elle pas une occasion de montrer à tout Pompéi que, même si le nouveau-né était une fille, la maison des Licinii avait bel et bien un héritier ? Ou plutôt, un héritier potentiel, puisque la murène n’avait pas encore adopté son beau-fils en due forme, mais maintenant que les Dieux avaient jugé bon de ne lui accorder qu’une deuxième fille au lieu de l’héritier tant espéré, cela ne saurait plus tarder avant que Tiberius n’abandonne le nom d’Atius pour revêtir celui de Licinius, n’est-ce pas ? Après tout, qui pouvait bien ignorer un tel signe des Dieux ?


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Patricien
Mer 12 Fév - 18:39
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Qualis pater, talis filia
Qualis Licinius, talis Licinia
Licinia Domitia & Caius Licinius Murena



« Je te remercie de ton conseil, tu viens certainement de m’offrir un moyen d’impressionner mes amies en engageant en engageant le futur champion avant même que les jeux ne commencent.»

J
e ne dissimule qu’à peine ma satisfaction lorsque Licinia se range à mon avis, toute obéissante et avisée qu’elle est. Qu’elle invite donc ces bêtes apprivoisées pour divertir ses amies, mais qu’elle les choisisse bien afin d’honorer mon amitié nouvelle avec Naevius.  Et l’Egyptien ou tout autre à son goût sauront trouver faveur sous mon toit.
Je n’ai jamais vu ma fille intéressée dans cette engeance précédemment à Rome -je soupçonne là l’influence un peu trop prononcée de ma sœur sur laquelle je veille au grain- mais je pressens qu’elle a su mesurer l’importance, ici, à Pompéi de ces combats et des enjeux qu’ils drainent autour d’eux.  

« Crois-tu que cela est vrai ce que l’on raconte à son sujet ? Qu’une trentaine de soldats a été tué avant qu’ils ne sont parvenus à attraper cette bête ? »

-C’est ce qu’il se dit oui… Quant à savoir si cela est vrai… Qui se soucie de savoir si cela est vrai d’ailleurs ? Pourvu que le peuple le croit... C’est ainsi que se forgent les réputations, dans l’arène comme ailleurs…

Qui mieux qu’un Licinius pour connaître le véritable sens du terme « réputation » et ses fluctuations changeantes ? Une alliée précieuse mais si aisément traitresse… Il n’est  personne, à Pompéi comme ailleurs qui ne bâtisse sa destinée sur sa réputation. Gladiateurs, hommes politiques, femmes, commerçants… Nous ne sommes rien sans elle, voilà peut-être pourquoi nous mettons tous tant d’énergie à la voir fleurir ou, à tout le moins, la conserver intacte… Moi le premier.

Je l’écoute avec attention me narrer les dernières nouvelles de l’organisation de la célébration qui approche. Face à ses doutes quant aux qualités des prestations offertes par Julia Felix, je l’interromps :

-De cela nous jugerons en temps et en heure, mais  Julia Felix possède un nom  -une réputation vois-tu, elle aussi- ici à Pompéi. Ce qu’il nous reste encore à consolider. Comme celle des gladiateurs de Naevius, sa réputation servira la nôtre, c’est tout ce qui importe.

« Mais tu n’as pas à t’inquiéter, ce sera une fête digne de notre gens. »

Comme je la dépasse pour attraper dans ma main une grappe de raisin en guise de collation matinale, je dépose une main sur son épaule, heureux du zèle qu’elle met à servir nos intérêts :

-Je te fais confiance.


C
omme je les prononce, je mesure toute la saveur inconnue de ces mots dans ma bouche à l’égard de Licinia. Ma fille peut-elle seulement le mesurer à son tour ? Car il ne s’agit pas seulement de ce Dies Lustricus, aussi important soit-il pour nous tous.
Combien de temps m’a-t-il fallu pour en arriver là ? Quatre, cinq ans ? Depuis…  Par Junon, le souvenir de cette folie me hante comme au premier jour. Cette rage brûlante, acide, haineuse qui s’est instillée par tous les pores de ma peau, possédant mon corps comme mon esprit.  J’aurais pu la tuer si l’on ne m’avait pas arrêté. Jamais je n’ai souffert autant, pleuré autant, maudit autant. Pas même lorsque je fus chassé de cette ville, orphelin et déshonoré. Ma fille est ma bénédiction autant que mon malheur. Et il m’aura fallu toutes ces années pour recommencer à la considérer comme telle.

Il faut dire qu’elle m’a donné tant de raisons d’en être satisfait, surtout ces derniers mois, montrant à la fois son attachement et sa repentance, si avide et prompte à me plaire en tout. La rancœur de la Murène demeure intacte à l’égard de ses ennemis, que peut-il en être à l’égard de sa chair et de son sang ?
La pudeur me retient toutefois de ne pas lui montrer davantage mon affection, il reste difficile d’abolir la distance qui s’est crée entre nous, pourtant bien souvent, le premier élan de mon cœur me pousse à vouloir la serrer tout contre lui et couvrir son visage de baisers, comme lorsqu’elle était enfant. Mais enfant, elle ne l’est plus et mes marques de tendresse se font rares bien contre mon gré.
Bientôt il me faudra la céder à un autre homme et je redoute ce jour autant que je le sais nécessaire. Si je tarde, ce n’est que dans l’espoir de lui offrir le meilleur, à sa mesure. Je ne saurais céder ma perle pour rien.

Licinia m'interoge au sujet de son frère et je souris. Je suis heureux de voir la complicité nouvelle qui semble unir Domitia et Tiberius. Lorsqu’ils étaient plus jeunes, je n’aurais jamais cru possible qu’ils se trouvent un jour en si  bonne entente. Mais tous deux avaient changés ces dernières années. Bien trop vite en ce qui concerne ma fille, mais l’armée avait fait de Tiberius un homme véritable dans lequel je trouvais, plus encore que par le passé, du plaisir en sa compagnie. Comme Domitia, j’aimerais le savoir à nos côtés pour cette célébration familiale, même si sa présence ne me rappellerait que trop, je le sais d’ors et déjà, le fait que, malgré les apparences, il n’était pas mon fils.
Combien de querelles avons-nous eu, Octavia et moi, sur le sujet ? Des dizaines, des centaines ? Je ne les compte plus. Elle ne comprend pas mon obstination à ne pas l’adopter, je ne parviens pas définitivement à oublier le spectre d’Atius et de notre crime. Elle me reproche ma dureté et ma froideur, je ne parviens pas à mettre des mots sur mes sentiments  à l’égard de son fils. Je m’emporte, elle s’emporte malgré sa tempérance coutumière, nous nous battons froid pendant des heures, des jours. Elle me hait sur le coup de la colère, je le sais. Je la déçois,  je la meurtrie. Et j’en souffre tout autant.

Domitia a pris récemment le parti de sa mère, et peut-être parce que la question la touche moins dans sa chair, elle se montre davantage habile et patiente. Ces deux femmes que j’aime d’un amour dément me font douter, sans pour autant parvenir à entamer les piliers solides de ma résolution.

-Je le souhaiterais ma douce, mais j’ai reçu ce pli ce matin dans lequel il annonce que le retrait de sa garnison n'aurait sans doute pas lieu avant la prochaine lune, dans une dizaine de jours… La missive que je lui ai envoyé il y a quelques jours portant la nouvelle de la délivrance de votre mère et de la naissance de votre soeur ne doit qu’à peine lui parvenir à l’heure qu’il est… Oh mais j’oubliais… Il a joint un mot pour toi…

Il y en avait un également pour Octavia qui l’a reçu les yeux brillants d’émotion. Elle est partie la lire dans une autre pièce de la domus, peu encline à laisser éclater ses sentiments au vu et au su de tous. Je respecte sa pudeur autant que je l’admire. Sans même m’en rendre compte je suis en train de passer la bulle de cire qui scelle le rouleau destiné à ma fille par-dessus la flamme de ma chandelle et une fois celle-ci fondue, je m’apprête à dérouler le plus naturellement du monde les écrits de Tiberius. Je croise le regard de Domitia qui me semble soudain étrange. Et je comprends alors…

-Pardonne-moi, j’étais ailleurs…

Je souris en secouant la tête et lui tend la missive. Oui je comprends la mine de Licinia. Frère et sœur évoluent dans un jardin qui n’appartient qu’à eux, le père que je suis doit savoir ne s’y aventurer que lorsque la nécessité l’exige. Et puis… que peuvent bien s’écrire ces deux-là sinon des futilités d’adolescents?



In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.


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Patricien
Mar 1 Avr - 11:15
Re: Qualis pater, talis filia; Qualis Licinius, talis Licinia ₪ Licinia Domitia   




Licinia Domitia
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Qualis pater, talis filia; Qualis Licinius, talis Licinia

feat. Caius Licinus Murena & Licinia Domitia


Jusque-là, la jeune femme s’était contentée de donner raison à son père. Après tout, que lui importait au final de chez quel laniste provenaient les gladiateurs qu’elle faisait venir à ses petites soirées ? Cela ne changeait rien pour elle, si ce n’était la satisfaction qu’elle éprouvait à chaque fois qu’elle voyait son père lutter pour garder un visage serein en voyant l’actuel champion de Pompéi fouler le sol de la villa Diomède. Mais elle connaissait assez bien sa place pour savoir qu’elle ne pouvait pas se permettre d’ignorer un ordre de son père, même si celui-ci était présenté sous forme de conseil. Ou du moins, elle ne pouvait pas le faire ouvertement. Alors autant céder sur ce genre de détails qui finalement ne lui importaient que peu, afin de garder l’image de fille modèle qu’elle tentait de se reconstruire auprès de son père. Quant à Julia Felix, son père avait certainement raison. Au final, cela importait si Domitia l’appréciait ou ce qu’elle pensait d’elle. La seule chose qui comptait, c’était le fait qu’elle serait des leurs lors de cette soirée, qu’elle ait officiellement accepté de lier son nom au leurs. Ou du moins, cela comptait pour la murène qui pourrait ainsi se pavaner devant tous les citoyens influents de la cité, qu’ils soient patriciens ou des plébéiens aisés comme par exemple les Vettii. Et peu importe à quel point cette idée déplaisait à la jolie brune, il n’y avait rien qu’elle puisse faire pour l’empêcher sans attirer des soupçons, et surtout la colère de son pater. La jeune femme retint un soupire. Si seulement les Dieux avaient ne serait-ce qu’une once de justice, ils se chargeraient eux-mêmes de le remettre à sa place durant cette soirée.

Un contact doux sur son épaule lui fit relever la tête. Le regard qu’elle lançait à son père trahissait certainement sa surprise, tandis qu’un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Combien de temps avait passé depuis la dernière fois qu’il s’était comporté de la sorte envers elle, qu’il avait montré ne serait-ce qu’un peu de tendresse envers la fille qui dans le passé l’avait tant déçu ? Domitia était bien incapable de le dire. Ce simple geste voulait certainement dire bien plus que des mots n’auraient pu le faire, et pendant un instant, la jeune femme sentit la nostalgie envahir son cœur. La complicité qui les avait unis autrefois avait-elle réellement disparue pour laisser uniquement du mépris et de la haine ? Comment avaient-ils pu en arriver là ? Elle ne connaissait que trop bien les raisons, et pourtant, il lui arrivait parfois de regretter le tournant qu’avait pris leur relation. Certes, ces moments de doutes n’étaient pas fréquents, et pourtant, ils étaient bel et bien présents…

« Je ne te décevrais pas » répondit la jeune femme sur un ton doux
Non, elle ne le décevrait pas, et pas uniquement en ce qui concernait l’organisation de la réception en l’honneur de Gaia. Elle avait grandi, et la jeune fille innocente et naïve qui croyait pouvoir épouser un simple soldat issu de la plèbe n’était plus. Elle avait laissé place à une femme bien plus réaliste, noire et dangereuse même. Une fille digne de l’homme que l’on surnommait la murène. Se doutait-il que sa fille était bien plus rancunière que lui ? Ses paroles semblaient indiquer qu’il commençait à pardonner à Domitia ses erreurs de jeunesse. Certes, il ne les oublierait jamais, mais aujourd’hui plus que jamais, il laissait transparaitre la possibilité d’un nouvel rapprochement entre père et fille. Et pourtant, la jeune femme était bien incapable de se montrer aussi  conciliante. De pardonner ce qu’il avait fait, et encore moins de le lui pardonner.

Mais bien qu’elle ne se l’avouerait certainement jamais, ces quelques mots la touchaient bien plus qu’elle ne l’aurait voulu. Ses sentiments vis-à-vis de son père étaient bien plus complexes que l’on pouvait le penser au premier abord. Tout comme ses sentiments pour son demi-frère, bien que ceux-ci étaient d’une bien autre nature. Parfois, Tiberius était son meilleur ami. Parfois, elle était rongée de désir lorsqu’il se trouvait près d’elle. À d’autres moments, elle trouvait sa présence pesante et comptait les jours jusqu’à ce qu’il reparte. Mais maintenant, à Pompéi, elle avait hâte qu’il vienne enfin les rejoindre. Après tout, il ne pouvait pas manquer le Dies Lustricus de sa demi-sœur, n’est-ce pas ? Et pourtant, il suffisait de quelques mots de la bouche de son père pour que cet espoir s’envole en fumée. Une fois de plus, l’arrivée de son frère était repoussée.

La déception qu’elle éprouvait à cette nouvelle pouvait se lire sur le visage de la jeune femme, mais s’effaça rapidement à la mention du pli que son frère lui avait fait parvenir. Que pouvait-il bien lui écrire ? Le sourire qui s’était entre temps dessiné sur les lèvres de la jeune femme se crispa au fur et que la cire qui scellait la lettre se mit à fondre. Mais ce n’était finalement pas tant le geste de son père – qui ne faisait que trahir son manque de confiance envers elle – mais plutôt le contenu de cette fameuse lettre. Que se passerait-il si elle comprenait quelque chose de compromettant ? Mais cela serait certainement sous-estimer Tiberius. Après tout, il était assez prudent pour ne jamais adresser un seul mot déplacé lorsqu’ils étaient face à face, alors il n’allait certainement pas le faire par écrit… et pourtant, ce n’était qu’une fois que la murène lui tende le message que la jolie brune commença à se détendre.
« Tu n’as fait que ce qui est ton droit. » répondit la jeune femme, tentant de cacher son soulagement. « C'est regrettable que toute notre famille ne puisse pas se montrer unie lors d'un événement aussi important. »
Famille, et non pas Licinii. La jeune femme avait parfaitement saisi la susceptibilité du pater familias au sujet de l'éventuel adoption de Tiberius, bien qu'elle était bien incapable de dire pourquoi il réagissait avec une telle véhémence. A chaque fois que quelqu'un ne ferait ne serait-ce qu'effleurer cette question, il réagissait tel un diodon menacé. À seul différence près qu'il ne s'emplissait pas d'eau, mais que c'était la colère qui l'envahissait progressivement.
"Puis-je le lire plus tard? Sans doute il relate les prouesses de mon frère au combat, et tu sais à quel point ces discours de Tiberius m'ennuient." s'empressa de rajouter la jeune femme, tentant de se faufiler telle une anguille pour éviter les sujets épineux, et en occurrence pour ne pas donner l'impression d'accorder une trop grande importance à son frère.
En vérité, elle avait hâte de dévorer le moindre mot que son frère lui adressait, mais il était hors de question pour elle de le montrer. Et puis, comment pourrait-elle pleinement apprécier la lecture si elle se sentait épiée par la murène ? Sans réellement s'en rendre compte, elle sera un peu plus les doigts autour du pli.


They call me child
THEY CALL ME WEAK
OH BUT SWEETHEART I AM A GODDESS

adoptez la bitch-attitude Lunettes:
 
Patricien
Ven 11 Avr - 19:28
Re: Qualis pater, talis filia; Qualis Licinius, talis Licinia ₪ Licinia Domitia   




Caius Licinius Murena
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Qualis pater, talis filia
Qualis Licinius, talis Licinia
Licinia Domitia & Caius Licinius Murena



L
icinia se saisit de la lettre sans attendre, je devine malgré ses mots qu’elle est heureuse que son frère ait eu une attention pour elle. Sa mine blasée face aux exploits dont se vante Tiberius me tire un bref rire. Elle n’est pas la seule femme à se trouver ennuyée par les récits militaires qui, bien loin du feu de l’action, peuvent sembler d’un ennui mortel à celui qui les écoute. Pourtant, j’en ai trouvé moi la lecture des plus savoureuses dans le message qu’il m’a adressé et elle seule suffirait à illuminer ma journée. Je le garderai pour moi, le lui livrerai peut-être d’homme à homme si la pudeur ne me retient pas à ce moment-là, mais ce garçon m’honore bien et je suis fier.

-Fais donc… Mais tâche de ne pas le lui montrer lorsqu’il sera là, tu sais comme il a l’honneur vif et le caractère ombrageux…

Comme toi, aurais-je pu rajouter. Comme nous. A certains égards, Tiberius me ressemble parfois tant que j’en oublie qu’il n’est pas de mon sang. Comme j’aimerais qu’il le soit. Je pourrais l’appeler alors « fils », sans sentir mon cœur et ma gorge se serrer. Elle est certainement d’autant plus vive depuis la naissance de Minor mais j’ignore si un jour cette blessure d’homme, de patriarche, pourra s’apaiser : j’ai failli à la continuité de ma lignée. A l’heure où je mène mes desseins de vindicte à leur juste accomplissement, je sais ce qu’il pourrait m’en coûter. Je l’accepte, bien que je mentirai en me prétendant plus confiant que je ne le suis en réalité et n’éprouver aucune crainte à la pensée du poignard ou du poison pour m’expédier ad patres. Toutefois, cette idée me serait peut-être plus douce à l’idée que je laisse derrière moi un fils pour reprendre mes œuvres.
Et il faut plus qu’un morceau de parchemin griffonné, une reconnaissance d’adoption, pour faire un fils, n’est ce pas? Il faut le sang. Le sang des Licinii. Ce sang synonyme de vie et de mort, transmis en héritage de génération en génération. Ce sang dans lequel coule l’honneur, la fierté et la soif de vengeance. Ce sang qui brûle, hurle, consume. Malgré mes principes et la froideur que je m’impose à son égard, j’aime tendrement ce garçon et je sais ce que je lui dénie, sans toutefois en mesure la cruauté véritable, depuis tant d’années. Mais il a un père -en a eu du moins- même sans l’avoir connu et les Dieux l’ont voulu ainsi : ce n’est pas moi. Mon esprit façonné par des siècles de rigidité romaine ne peut penser autrement et l’opiniâtreté des Licinii fait le reste.



J
e m’avance et saisit son menton entre mes doigts pour plonger dans le sien mon regard de glace, empreint -après le rire- de davantage de sérieux et de gravité:

-Je ne veux pas vous voir vous quereller quand il sera des nôtres, ta mère ne le supporte pas…

Je ne le supporte pas beaucoup mieux mais je vois ces enfantillages d’un œil extérieur, détaché, sauf lorsque leurs éclats de voix viennent me tirer de la concentration de mes affaires ou de la quiétude de mon bureau. Octavia, elle, semble recevoir chacune de leur pique directement dans sa chair. Il faut dire qu’à ce jeu-là, j’ai déjà pu constater quelque fois l’aplomb de ma fille et la justesse des traits qu’elle envoie à l’adresse de son frère. Elle est d’une précision plus létale encore que mes archers. Elle sait frapper juste, vite et sans que l’on sache d’où vient le coup, elle a déjà retrouvé ses atours adorables. Si je peux m’en amuser parfois, je serais plus vigilant dorénavant car je me fais fort d’épargner Octavia suite à cette dernière grossesse dont Licinia –encore dans sa prime jeunesse- ne mesure peut-être pas toute la difficulté.
Je songe que bientôt ce seront ses enfants que je tiendrais dans mes bras. Et si je désire l’avènement de ce jour, je le redoute tout autant encore incapable de me priver de son existence à mes côtés, dans ma maisonnée. Minor saura combler une partie de ce manque dans mon cœur de père, pour de longues années elle-aussi –si je parviens à la voir grandir-, toutefois elle aura beau être une partie de mon être, rien ne saura me faire oublier que j’ai été amputé d’un autre membre. Pis que j’ai été contraint de m’en amputer moi-même, tant pèsent lourd les attentes que notre corps social fait peser sur moi. Combien de temps avons-nous perdu Domitia et moi? Déjà bien trop et de manière irrémédiable… Je le maudis ce fourbe qui nous glisse entre les doigts inéluctablement.

D’un signe de la tête, je lui fais signe qu’elle peut s’en retourner, le soleil n’est pas encore haut mais j’ai déjà fort à faire. Pour assurer mon avenir oui, mais peut-être plus encore le sien.



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