Il n'est qu'une chose horrible en ce monde, un seul péché irrémissible, l'ennui.



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Patricien
Ven 23 Aoû - 1:38
Il n'est qu'une chose horrible en ce monde, un seul péché irrémissible, l'ennui.   




Nemetoria Loreia Ovidia
₪ Arrivée à Pompéi : 22/08/2012
₪ Ecrits : 1428
₪ Sesterces : 10
₪ Âge : 18 ans.

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: « Chacun de nous porte en lui le ciel et l'enfer. »
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Mariée à Cnaeus Loreius Tacitus.
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Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais.

Il y a des maladies de l'esprit.

Les râles qu'entendaient les habitants de la villa Loreii, les odeurs qui venaient de la chambre du pater familias, qui vous faisaient tourner la tête et plaindre ceux qui s'y affairaient avaient tendance à le faire oublier à la jeune Nemetoria Loreia Ovidia, et à tous ceux qui demeuraient entre ces murs. La maladie devenait uniquement physique. Elle était au corps. Elle faisait vomir Blaesus comme elle avait fait cracher à Amatia des cailloux de sang. Et sagement, Cnaeus essuyait la bouche de son père, comme tendrement sa femme avant lui. Et tant pis si leurs mains blanches devenaient sombres, tant pis si le sang les inondait. Une maladie avait envahi le lieu et l'âme de tous ceux qui l'habitait. Elle ne les quittait plus à présent.

Mais elle n'était pas le pire des maux. Il y avait un danger derrière cette douleur apparente, cette blessure visible, ces immondices... Une autre sorte de maladie.

Une maladie de l'esprit.

Celle-ci avait trouvé une proie idéale cachée dans le jardin. Une jeune fille aux cheveux argentés, à la mélancolie naturelle, à la douceur perdue. Elle s'était faufilée vers elle au milieu d'un courant d'air glacial. Elle avait glissé dans sa nuque dans un frisson profond, et elle avait atteint son cœur.

Il y a une tristesse qui est une forme de maladie.
C'est une tristesse profonde. Elle s'accroche à vous. Elle fait paraître plus grand encore le lit froid dans lequel vous dormez, plus gris le ciel jadis bleu, plus lente la course du temps qui passe, plus douloureux chaque pas sans personne pour faire écho à vos côtés. Elle vous transperce, vous met à nue, vous déchire. Elle vous impose ses pensées. Vous voyez par ses yeux. La domus est grande. Elle est froide, comme tous ses habitants. Le parc est immense, mais peuplé de fantômes, de peurs qui attendent patiemment que vous y fassiez un pas pour vous harceler. Et l'ennui. L'ennui si grand qu'il vous force presque à y aller. A vous plonger dans cet orage. C'est un cercle vicieux.

Voilà la maladie de l'esprit qui avait attaqué Nemetoria Loreia Ovidia en silence, alors que la maladie du corps consumait Blaesus dans un vacarme assourdissant. On condamnait le second sans savoir que la première aussi souffrait aussi.

Mais, sans doute parce que, quand on se complaît dans une forme de tristesse douce, on est vite alarmée quand une plus forte veut s'imposer, la jeune romaine n'ignorait pas son mal. Elle essayait même d'y remédier. Elle rêvait, elle allait, elle s'inventait des histoires. Tout pour occuper son esprit, tout pour ne pas se laisser aller. Mais cela ne suffisait plus. Alors elle avait pris une décision. Partir. Là où elle trouverait à s'occuper. Loin de la domus, loin du parc, loin de Cnaeus, loin des cris d'agonie du malade.

Loin de cette tristesse.

Nervius suivait sa domina, respectant entre une certaine distance, s'efforçant de rester discret, mais ne la quittant pas des yeux. Il n'aimait pas beaucoup qu'elle veuille ainsi se mêler au monde, sans raison, sans rien dire à personne, sans demander, sans faire attention. Il allait derrière elle comme elle se dirigeait vers le forum, comme à la recherche de quelque chose. Ou plutôt de quelqu'un. Car tout d'un coup, elle s'arrêta. Le gaulois se rapprocha de celle qu'il devait protégé au prix de sa vie, mais elle ne bougea pas. Elle avait trouvé.

Là, devant eux, l'homme se tenait. Il n'était pas citoyen, ne portant pas la toge, et ayant les cheveux aussi longs qu'un barbare. Mais ce n'était pas le seul, et ce n'était pas pour cela qu'il avait attiré le regard de la patricienne. C'était le faucon. Face à Nemetoria Loreia Ovidia se tenait un fauconnier.

La jeune femme se souvenait d'un fauconnier qu'elle avait rencontré quelques années auparavant, et que son père avait engagé, espérant amuser sa fille. Amatia était déjà malade, mais il s'agissait d'un printemps où il faisait bon, et où l'on avait entraperçu un espoir qui s'était éteint avec les chaleurs estivales. La mère est la fille s'était installée dans le jardin de la domus familiale, et elles avaient regardé l'homme et son animal tout l'après midi. L'enfant avait même eu le droit de tenir le faucon. C'était un souvenir coloré au milieu d'années bien grises.

Aussi, ce fauconnier, là, sur le forum, était le premier homme qu'elle avait remarqué sur le forum. Suivie de près par Nervius, elle s'avança vers lui doucement. « Ave. » Un fin sourire étirait les lèvres de la blonde. « Je suis la patricienne Nemetoria Loreia Ovidia. Et vous êtes ? »

Elle avait déjà la réponse, sans qu'il ne la dise. Elle ne connaissait peut-être pas son nom, ou son pays d'origine. Mais elle avait une réponse.

L'homme qui pourrait la guérir.


Jeu 29 Aoû - 10:43
Re: Il n'est qu'une chose horrible en ce monde, un seul péché irrémissible, l'ennui.   




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C’était une journée comme tant d’autres. Une nouvelle fois, sans doute plus de la centième, Thorlak parcourait les rues de Pompéi, allant ça et là, jetant de temps à autre un regard vers le ciel où Yggdrasil volait paisiblement. Le germain était d’humeur calme aujourd’hui, bien trop : il se sentait vidé. Sa rencontre avec Rigborg, compatriote du Nord, l’avait replongé dans ses origines et vers ses souvenirs. Il pensait aux siens. Que devenaient-ils ? Pensaient-ils également à lui ? Sans doute que non, il n’était, après tout, plus l’un des leurs. Peut-être était-ce de la mélancolie, voir de profonds regrets, qui venait ainsi parasiter son esprit. Mais peu importait. L’heure n’était pas aux sombres pensées, il y avait plus important à penser : son estomac grondait d’une colère sourde, et l’argent venait à manquer. Avec ses derniers travaux, il avait gagné une coquette somme, dont la moitié était partie dans les jeux, et la seconde dans ses dettes. Bientôt, de nouveaux employeurs allaient peut-être venir mais, en attendant, il devait faire avec ce qu’il avait, autrement dit peu de choses.

C’est donc tout naturellement que ses pas le menèrent jusqu’au forum de la cité. Un lieu plein de vie où de nombreux citoyens, riches ou modestes, et de barbares, esclaves ou libres, se croisaient furtivement au détour d’un étal, à la croisée d’un banc occupé, à l’orée d’une ruelle adjacente ou, malheureusement, au pied d’une estrade dédiée à la vente d’êtres humains. Une chose que Thorlak avait toujours du mal à accepter de la part d’une civilisation qu’il avait naïvement considéré, depuis sa Germanie natale, comme un phare dans l’obscurité du barbarisme. Ici, sous ses yeux, il admettait chaque jour que sa jeunesse l’avait poussé à idéaliser plus que de raison l’autre côté de la barrière.

Il salua d’un signe de main certains marchands qui, derrière leur étal, le regardait passer avec intérêt. Parfois, la présence du fauconnier, dont les oiseaux étaient assez disciplinés pour ne pas tenter le moindre vol de nourriture ou d’autre objet simplement attirant à leurs yeux de rapaces, pouvait attirer pas mal de curieux, et donc d’éventuels clients supplémentaires pour les autres commerçants. C’est également grâce à cela que Thorlak était si facilement accepté dans certains quartiers et pouvait aisément trouver une place pour son numéro. Il repéra une partie de la grande place principale suffisamment dégagée et s’y positionna en levant les yeux au ciel. Un seul sifflement, puis Yggdrasil plongea pour aller se percher sur le gant du fauconnier et y recevoir le petit morceau de viande qui lui servait de « salaire ». Il était bien disposé à se donner en spectacle aujourd’hui. Pourtant, seulement quelques personnes lui adressaient quelques regards curieux en passant, mais pas un ne s’arrêta. Etait-ce donc une journée maudite par Loki ? Où étaient ses spectateurs ? C’était les aléas du métier, il le savait : parfois, le public était au rendez-vous, parfois les honorables citoyens avaient mieux à faire qu’admirer le vol gracieux d’un faucon. Thorlak jura intérieurement, s’apprêtant malgré tout à commencer, lorsqu’un mouvement dans sa direction attira son attention. Une jeune femme venait de l’approcher et le salua.

« Ave. » répondit-il tout en inclinant légèrement la tête en guise de salut.

Une patricienne ? Sans la moindre escorte et uniquement accompagné d’un homme qu’il identifia comme un éventuel serviteur ? En plein milieu du forum ? Le germain haussa un sourcil, un fin sourire d’amusement étirant ses lèvres. Quelle étrange apparition que voilà. Mais plus que cela, le visage de cette demoiselle, en plus de son nom, lui était vaguement familier. L’avait-il déjà rencontré ? Le connaissait-elle ? Où n’était-ce qu’une vague impression de déjà vu ? La mémoire de Thorlak s’emballait. Il l’avait déjà rencontré, il y a quelques années de cela, il en était certain.

« Enchanté je suis, de faire votre… connaissance. »  Il sembla réfléchir un instant, cherchant ses mots dans le latin imparfait qui habitait son esprit. Connaissance n’était pas le bon mot, s’il l’avait déjà rencontrée, non ? Peu importe, il poursuivit : « Thorlak Domitius, pour vous servir. Et laissez-moi présenter Yggdrasil. »

Il tendit doucement le bras ganté vers Nemetoria, le faucon tournant vivement la tête vers la demoiselle tout en poussant un petit cri qui, aux oreilles d’un habitué, était clairement amical. Yggdrasil était dans un bon jour, et avait particulièrement envie de jouer aujourd’hui. Et cette inconnue qui le regardait avec insistance l’intéressait à présent. Peut-être voulait-elle jouer avec lui ? Thorlak n’était pas contre le fait de se consacrer à cette jeune femme en particulier : elle était patricienne et donc, en suivant les règles sociétales romaines, méritait le respect et l’attention, surtout de la par d’une personne de rang inférieur. En plus de cela, il n’avait pas spécialement de public à satisfaire, excepté elle. Enfin, il était curieux de voir si elle se souvenait de lui et, surtout, si lui-même arriverait à se rappeler du lieu et de l’époque où il avait déjà aperçu ce visage familier.

« Vous plaisez à Yggdrasil. » lança-t-il avec une certaine joie contenue dans la voix.
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