Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Patricien
Ven 9 Aoû - 17:39
Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
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La lumière de la Lune jouait sur les pavés polis par le temps et le mouvement incessant de la plèbe. À certains moments, on eut pu croire que la pluie venait de tomber et revêtait le sol d'une couche cristalline et aqueuse mais seule la lumière de l'astre nocturne était cause de cette transformation. C'est donc le nez parfois porté vers les étoiles, parfois vers le sol qui prenait des atours d'oeuvre d'art, que je marchais plutôt tranquillement. Mon cheval m'attendait à quelques rues de là, ainsi que Cicero. Plus j'avançais et plus des sons joyeux me provenait d'une demeure cossue des alentours. Des fenêtres se déversaient de conserve lumière, rires et musique. Ces sons mêlés qui ne laissent aucun doute sur la métamorphose d'une soirée classique en orgie. Je ne jetais pas de coup d'oeil, même si l'envie n'en manquait pas. Point par perversion mais plutôt par désir de saisir sur l'instant quelque secret inavouable d'un concitoyen, que j'aurais ensuite pu faire danser selon mon bon vouloir. Mais je n'avais pas la tête aux secrets d'alcôves : mon désir le plus cher était de retrouver la villa des Mystères au plus vite, ainsi que ma chère Lupida, qui souvent attendait mon retour, même lorsque mes affaires me faisaient m'attarder en ville.

Je revenais du ludus de Fronto, où j'avais conversé avec la soeur du Laniste. J'y allais souvent pour faire un point sur les comptes, les nouveaux gladiateurs, les futurs combats mais aussi pour faire mes amitiés à Titus et Lucretia, que je considérais comme appartenant à ma famille. Le comportement du laniste m'inquiétait parfois, car il me semblait toujours trop louvoyant pour que je m'y fie tout à fait. Mais j'avais la faiblesse de croire qu'alors Lucretia me mettrait au courant, si jamais les fréquentations de son frère devenaient trop dangereuses pour lui et par extension néfaste pour moi. Après tout, ils avaient tout intérêt à ce que je continue à financer leur ludus. Marcus m'avait souvent conseillé de me méfier mais je n'arrivais pas encore à m'y résoudre. Je ne pouvais croire que l'appétence de Titus pour l'argent pouvait l'amener à me trahir. Mais qui pouvait être certain de l'avenir ? Dans tous les cas, je me tenais prêt à agir... Ce qui m'avait sauvé la peau jusqu'alors et permis de devenir Duumvir était que j'avais toujours fait passer ma famille et mon intérêt avant tout le reste.

J'avais l'esprit occupé par ces conjectures diverses lorsque je faillis rentrer de plein fouet dans quelqu'un mais je fis un écart au dernier moment, tout en détaillant qui pouvait être le sot qui eut pu avoir l'outrecuidance de me bousculer. Mon regard perçant fouillait les ténèbres jusqu'à ce que je puisse constater qu'il s'agissait en fait d'une femme. Qui était-elle ? Je n'en avais pas la moindre idée mais la lumière de la Lune ne pouvait guère me permettre de distinguer totalement ses traits. J'aurais pu passer mon chemin mais il me semblait distinguer dans sa posture une once de défi. Je ne pris pas le temps de déterminer si je me trompais ou pas et je lançais, d'un ton assez sec et moqueur :

- S'agit-il là d'un de vos passes temps que de bousculer les gens ? Où est-ce le mauvais vin qu'on vous a servi lors de cette soirée qui vous trouble la perception ?

Vu les parfums qui se dégageaient d'elle, il me semblait logique qu'elle soit sortie de la villa qui semblait si animée et dont la musique à présent portait chacune de ses notes à mes oreilles.



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Lun 26 Aoû - 20:37
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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La lune projetait ses rayons comme une toile. Les étoiles étaient les points qui reliaient chacun des fils de cet immense piège qu'était devenus la nuit, comme autant de perles mortels. chacune d'entre elles étaient l’œil froid et scrutateur d'un prédateur arachnéen. La déesse Nuit avait lâché sur Pompéi son essaim en quête de nourriture. Comme chaque fois que le jour s'éteignait ses enfants partaient en quête de nouvelles âmes à consommer, glissant dans la pénombre des rues de la cité, faisant crisser leurs pattes comme autant de rires qui allaient hanter les villas des plus riches et des plus dépravés des citoyens de Pompéi.

L'une d'entre elle avait un appétit dévorant et ses lèvres, tel des crochets, déversaient aux cœurs de ceux qui l'écoutaient un enivrant venin qui finissait par les rendre flageolants, incapable de lutter face à leurs instincts les plus primaire.

Les fêtes étaient ses repères. Dans les sombres alcôves elle attirait les jeunes gens qui allaient satisfaire sa gourmandise. Elle tendait son dard, amphore aux fragrances grisantes qui endormait d'abords la vigilance.
Ses caresses et ses murmures, ensuite, étaient comme les pattes d’Arachnée, tournant l'esprit de sa victime dans un filet qui allait devenir sa tombe pour cette nuit. Elle recueillait alors le nectar des confessions dont elle se servirait le lendemain pour soutirer faveurs et services. Et si cela ne suffisait pas elle enfonçait la pauvre créature dans les replis les plus malsain de son âme, elle le livrait à sa propre débauches qu'elle encourageait non seulement pour que la culpabilité devienne sa laisse mais pour accomplir ce pourquoi la Déesse aux milles yeux l'avait envoyé, cette nuit, comme la nuit d'avant et celle d'après. Le plaisir qu'elle en retirait n'était que le bonus octroyé par la Déesse pour son zèle et sa passion.

Le jeune garçon au bras duquel elle sortait de la villa devait avoir trois ou cinq ans de plus qu'elle. Il était ivre au point que chacun de ses pas l'emportait d'un côté à l'autre de la rue que le couple descendait. Il baragouinait quelques mots qui n'avait de sens plus que pour lui et elle riait.
Son rire était l'écho du délire dans lequel était plongé le romain qu'elle avait choisis de dévorer cette nuit, mais un observateur aguerris, un prophète peut-être, aurait hésité sur le sens donné à ce son cristallin: partageait-elle l'exaltation de Vinicus, ou se riait-elle de son état; comme un démon s'amuse de voir sa victime souffrir les affres de la tentation à laquelle il a succombé?

Il titube à droite et elle se tient à son bras. Il titube à gauche et elle le retient de peu pour qu'il ne s'écrase pas dans le caniveau. Peut-être est-ce là qu'elle laissera la cadavre aux os blanchis après qu'elle est dévoré toute la chair, la pauvre respectable conscience de ce citoyen; mais pour l'instant elle compte bien prendre son pied. Un dernier moment d'extase, la piqure mortelle qui mettra fin à sa pauvre innocence dans une poignet d'heures ou débauche ne sera pas un terme suffisant pour décrire la dépravation et la perversion dans laquelle le garçon va s'engluer. Le Vice! Le Vice sera la toile dans laquelle Aelia va définitivement piéger sa proie.

Il titube de nouveau à droite. Cette fois elle redresse les yeux au dernier moment et cesse de rire alors qu'elle manque de se prendre un homme qui se tient là. Elle ne l'évite que grâce à l'adresse de ce dernier.

La lune éclaboussait un visage dont elle ne percevait que difficilement les traits. Un homme aux visage fins et carré et aux cheveux de blés.

Vinicus était tombé, mais elle n'avait pas un regard pour lui, même lorsqu'il se mit à vomir en essayant de se relever. Inutile de dire que cela entamait sévèrement son enthousiasme pour le reste de la soirée.

Elle tenta de percer l'obscurité pour découvrir l'identité de celui qui lui faisait face. Elle portait, débraillée au point de découvrir ses deux épaules, une stola rouge sang dont les replis semblait faits de ténèbres. La finesse du tissus, dans les reflets de lune, laissait deviner les courbes du corps que recouvrait le vêtement. Ses cheveux, noirs comme les ailes des corbeaux, étaient en bataille donnant à son visage un air rebelle que ne faisait que souligner le défi qu'elle portait dans ses yeux. Ses lèvres, rouge du vin qu'elle avait consommés, semblaient de sang, comme si elle c'était gavé de celui de son pauvre amant.
Son regard brillait aux reflets argenté de l'astre lunaire comme si ses prunelles étaient d'un feux bleu, glaciale.

- S'agit-il là d'un de vos passes temps que de bousculer les gens ? Où est-ce le mauvais vin qu'on vous a servi lors de cette soirée qui vous trouble la perception ?

- N'est ce... niou... demandions pardon... essaya de dire Vinicus en s'essuyant la bouche du revers de son bras tandis qu'il se relevait pour rejoindre celle qu'il avait eue l'intention de séduire, ignorant son sort, ni même que l'homme à qui il demandait pardon l'avait sans doute sauvé d'un destin funeste.

En face de l'étranger la jeune fille se tenait droite, soit qu'elle fut habituée au vin, soit qu'elle en ai moins consommé que sa victime, à moins que cela ne soit un peu des deux.

- Est-ce un pervers voyeurisme qui vous pousse à regarder par les fenêtres des villas en fête ou bien cherchez vous à vous faire bousculer vous même dans un fol espoir d'être invité là ou jamais vous ne pourrez mettre un orteil? Rétorqua Aelia avec dans la voix une colère sourde d’où ne s'échappait que le ton supérieur de ceux qui ont l'habitude de commander.

-Que tu sois mendiant ou soldat en patrouille je te conseil de passer ton chemin si tu ne veux pas avoir à faire à mon père. Et tant que tu y es évite de croiser mon regard, pose le sur tes pieds afin de ne plus manquer à ton chemin.

Aelia, persuadée de sa force et de son autorité, resta plantée en face de l'homme à qui elle s'adressait aussi certaine de son invincibilité que de la protection immuable que lui portait sa mère la Lune.
Patricien
Mar 3 Sep - 22:35
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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La nuit. Ce silencieux vaisseau qui vous porte jusqu'à l'aube et vous procure l'anonymat que vous désiriez. Pourtant, je ne savais pas que je l'attendais, cet anonymat béni des dieux, avant qu'il me tende les bras et, il était là, incongru, voire cocace. J'avais tellement l'habitude permanente d'être reconnu, attendu dans chaque lieu qui recevait l'honneur de ma présence. Ç'en était parfois grisant et je ne pouvais me mentir : j'aimais la puissance que cela m'apportait, cette impression d'être indispensable, d'être désiré. Que cette femme inconnue, certainement ivre mais sûrement lubrique vu ses fréquentations, ne souhaite ni ma présence, ni ne la pèse à sa juste valeur, était alors tout aussi grisant et tandis que la nuit masquait mon visage, je me prenais à sourire, vraiment amusé. Mon esprit me rappela alors qu'il était bien rare que je m'amuse à présent. Était-ce l'âge ? Était-ce la fonction ? Je ne le savais guère et cela ne me manquait que peu en général. En avais-je vraiment le temps ? Mais cette pépite que je venais de découvrir, un petit trésor qui permet d'illuminer la banalité quotidienne, je n'allais pas la dédaigner, ni la négliger. J'allais en profiter aussi longtemps que possible, jusqu'à ce qu'elle devint une véritable fortune !

Je jaugeais cette femme de petite vertue qui me parlait sur ce ton, en silence. Je n'eus même pas l'idée de me mettre en colère, trop surpris sans doute par son assurance affichée, malgré sa situation, malgré l'alcool qui devait dévaler ses veines et ravager ses tempes... L'incongruité me faisait apprécier sa posture, un brin provocante, un soupçon orgueilleuse. Je me délectais également de son ton, de son dédain. M'avait-on jamais autant dédaigné ? Je ne le croyais pas... Depuis mes plus jeunes années, j'avais appris à être entouré de soutiens divers et même mes ennemis ne commettaient pas l'impair de me sous-estimer. Mais qui était-je, silhouette fuiyante, au milieu de l'obscurité ? Une voix, seulement une voix, se permettant qui plus était de faire remarquer à mon interlocutrice qu'elle menait une vie dissolue. Impossible de m'en empêcher.

D'ailleurs, je compris vite que nous étions dans une sorte d'affrontement très binaire. Seuls nos égos, nos frustrations, nos envies comptaient et non ceux de la créature flageolante et rampante, affalée dans sa bile répugnante. Tout chez le jeune homme me débéctait, même le rire qui tintait au creux de la via, un peu plus tôt. Un rire de jouvanceau mal assuré par les vapeurs du vin et les désirs affichés. Mais quel jeune homme aurait su faire bonne figure face à une telle créature ? Elle avait cette sorte d'attitude masculine qui écrasait immédiatement les ridicules moustiques soit disant mâles qui lui tournaient autour... Des proies faciles certainement. Je n'en étais pas une. Mais pourquoi ne pas lui en laisser l'illusion pendant quelques instants, n'est-ce pas ?

La Lune vint frapper une brève seconde mes traits, les dévoilant à l'inconnue et je fis mine de baisser les yeux, contris. Son compagnon rampait toujours mais mes pupilles ne le rencontrèrent pas, je n'allais quand même pas m'abaisser jusqu'à lui. J'avais une seule adversaire à ma mesure ici. Elle et ses épaules nues. L'obscurité m'engloutit une fois encore et je laissai aller mon regard le long de la ligne de ses clavicules. Ravissante. Un regard qui, si elle l'avait surpris, ne lui aurait guère plu ! La larve, au sol, quémandait à présent ma clémence. Je ne la lui accordais guère, il n'était même pas digne que je lui adresse la parole. Alors mon pardon...
La réplique fut cinglante, comme attendue et je souriais maintenant de façon non déguisée. Dominatrice, elle l'était à n'en point douter et ce jusqu'au bout des ongles. Je répondais, sur le ton de l'ironie :

- Je n'ose même pas imaginer qu'une telle invitation puisse m'échoir un jour, dans des quartiers aussi recherchés que ceux-là. Doit-on en déduire que tout voyeurisme est pervers ? À vous d'en juger...

Son ton péremptoire était assez impressionnant, je devais l'admettre. Elle ne devait pas être n'importe qui pour s'exprimer ainsi.
Lorsqu'elle continua, je compris que mon regard de tout à l'heure ne lui avait guère échappé. Je conservais mon fin sourire mais avais l'habileté de me montrer comme pris sur le fait et regardait ailleurs. Aucune femme ne m'a jamais parlé sur un tel ton. Bizarrement, ce n'était pas si déplaisant que cela... Même si je crois que je n'eus pu le supporter dans une situation quotidienne. Ce qui se déroulait appartenait à l'instant, à ces rares moments inattendus où les codes volaient en éclat. Je continuais, en regardant mes pieds :

- Figurez-vous que passer mon chemin était à la base ma première idée, avant que vous ne manquiez me percuter. Peut-être souhaitiez-vous être en meilleure compagnie qu'avec la chiffe molle qui semble vous accompagner ? Bien qu'à présent, il préfère de loin la compagnie du sol.

Je relevais enfin le regard pour le poser dans ses yeux à elle, ou tout du moins dans la direction de ses yeux car son minois demeurait lui aussi dans l'ombre :

- Quant à éviter à avoir affaire à votre père, je ne demande que cela, encore faudrait-il me donner son nom pour que nos routes demeurent séparées.



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Mar 10 Sep - 13:59
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




Invité

La lune éclairait par partie les toits des villas alentours, le pavé ou le sol des artères de la ville. Qu'un nuage passe par là et toute la cité était alors dévorée par le néant. Les âmes qui la traversaient devenaient alors les esprits en peine cherchant à s'évader des limbes; et l'anonymat couvrait les visages des hommes et des démons avec autant d'aisance pour les uns que pour les autres. Pendant une seconde le visage de celui-ci fut éclairé par l'astre de la Déesse mère. Une lumière argenté teinté d'un bleue pâle qui donnait un peu l'apparence livide de morts qui marches.

Mais a n'en pas douté l'homme était beau, fort, son visage carré avait le charme des citoyens murs et le caractère de ceux qui se batte dans la vie comme sur les champs de batailles. Aelia fronça les sourcils surprise de découvrir autre chose qu'un alcoolique centenaire à la recherche d'un cul juvénile ou un jeune homme à peine sortie de l'adolescence accros aux excès en tout genre. Le genre d'hommes trop rares aux fêtes et qui partent en général avec les divines mantes religieuses que sont Circea Valens ou Helvia Claudia.

- Figurez-vous que passer mon chemin était à la base ma première idée, avant que vous ne manquiez me percuter. Peut-être souhaitiez-vous être en meilleure compagnie qu'avec la chiffe molle qui semble vous accompagner ? Bien qu'à présent, il préfère de loin la compagnie du sol. Dit-il avec une assurance qui plus immédiatement à la jeune femme.

-C'est PAS du tout! rétorqua l'autre en se relevant.

Le ciel était agité et les nuages faisaient un ballet incessant pour venir flirter avec la lune. Cette dernière déchiré leurs corps les uns après les autres. Une brise légère soufflait dans la ruelle ou le trio se défiait tout en politesses et répliques cinglantes. Aelia laissa sa réponse en suspend. Elle cherchait à découvrir qui elle avait en face. Les faux semblants, s'ils cherchaient à la tromper, n'avait pas l'effet escompté. Ce n'était pas ce qu'elle avait crus au premier abords, mais l'homme, aurait-il pu être son père en âge, l'intriguait et son jeu ne faisait qu'accentuer un peu plus l'idée que sa présence serait plus plaisante que celle de Vinicus.

Depuis le bas de la rue ils entendaient les sons portés par le zéphyr, les braiment de la fête, ce monstre pataud qui s’endort sur lui même en gémissant son plaisir, en poussant les cris de son infâme agonie. Il empuantait d'ici les relents d'encens, d'alcool et de sexe, de nourriture qu'un simple citoyen ne pourrait jamais que rêver de voir en une seule nuit, comme s'il était en train de crever la gueule ouverte en relaxant son haleine fétide. Derrière elle Vinicus s'était relevé et l'avait rejointe. Il c'était torché la bouche grossièrement de son bras et venait enlacer son amante. Un baisé dans le cou suivit d'une main malaxant doucement son sein comme s'il allait laissé libre cours à ses instinct ici même, devant l’inconnu aux cheveux blonds.

c'était suffisant pour qu'elle prenne sa décision. Pourtant elle pris encore quelques secondes, une poignée de graviers volé au sablier de la décence pour voir si cette caresse sur sa poitrine pouvait avoir un quelconque effet sur la silhouette avec qui elle décidait maintenant de partir.

- Quant à éviter à avoir affaire à votre père, je ne demande que cela, encore faudrait-il me donner son nom pour que nos routes demeurent séparées.

Elle souriait, un sourire emplis d'une certaine satisfaction, elle appréciait l'assurance de l'homme. Elle remit sa stola en place sur ses épaules comme si Vinicus n'existait pas. Une fois apprêtée correctement elle se tourna vers lui avec un regard plein de compassion, comme on peu en avoir pour un vers de terre qui tente de ressembler à un homme. Elle déposa une caresse sur sa joue du bout des doigts puis, sans force poussa légèrement. Cela suffit à lui faire perdre de nouveau l'équilibre. D'une certaine façon elle venait de jeter son amant au caniveau pour se régaler de ce que le destin lui servait. Elle était nouvelle à Pompei. Ses relations étaient en train de se faire. Elle connaissait maintenant Circea, qu'elle faisait chanter sans la moindre clémence, Helvia de loin, comme l'une des femmes les plus mortelle et désirée de la cité et Sextus, le Laniste, dont elle se servait pour assouvir sa soif de sensations fortes. Elle connaissait le nom de Lucius Pompeius Publicola, et peut-être même l'aurait-elle reconnus en journée.

Elle fit un pas en avant pour venir se coller à lui. Elle passa ses bras autour de son cou et se hissa sur la pointe des pieds pour venir lui murmurer ses mots à l'oreille.

-Mon père, tu n'as pas envie de savoir qui c'est, mais si tu me fais oublier l'idée que j'ai faillis finir ma soirée avec cette épave, je te garantis que tu n'aura aucune raison de le craindre. Emmène moi, j'ai quelques surprises pour finir cette soirée agréablement et je n'ai aucune envie de gouter à la fin des festivités avant que l'on m'est épuisée.
Patricien
Lun 16 Sep - 23:19
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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Quelques notes de silence au milieu du vide de cette nuit, qui pourtant portait parfois jusqu'à nos oreilles une once de musique provenant d'une fête avoisinante ou le râle aviné d'un promeneur ivre. Je sus que j'avais accroché son regard car elle demeura silencieuse quelques secondes. Elle m'avait vu et pendant un court instant je crus être découvert. Cela n'eut guère été grave mais aurait un peu gâché ce doux anonymat qui émancipe si facilement. Je n'avais pas prévu que cette nuit, particulièrement celle-ci qui avait commencé comme tant d'autres, éveillerait en moi une humeur de joueur. Encore moins que j'allais trouver une compagne de jeu plus attirante que je ne l'avais cru au premier abord.

Ce moment de quiétude et d'observation mutuelle fut une nouvelle fois interrompu par les pathétiques bégaiements de l'importun. Je ne relevais pas, comme la première fois mais je portais vers lui un regard lourd de dédain. Car il s'agissait bien là d'un importun dans le duel qui se jouait à présent. Sa présence était plus ennuyeuse qu'autre chose bien qu'il était certain que le pauvre bougre ne se souviendrait de rien le lendemain matin. Des souvenirs inexistants pour un être inexistant. Pathétique en effet. Je soupirais légèrement alors que les nuages revenaient habiller l'astre lunaire de son manteau duveteux. L'atmosphère redevint sombre et je ne distinguais plus que les yeux noirs de la jeune femme. Je lâchais, de ce ton impérieux qui m'est propre, du ton de celui qui a l'habitude qu'on lui obéisse sans sourciller :

- Vous devriez congédier votre... ami. J'ai l'humble pressentiment qu'il ne se sent pas bien.

L'autre protesta dans un gargouillis mais eut l'audace de se relever et de venir mettre ses pattes de propriétaire autour de la taille de sa maîtresse, avec toute l'outrecuidance des hommes quand ils se croient en terrain conquis. Pourtant, s'il eut été habité par une once d'intelligence, il aurait su qu'on ne dompte que difficilement ce genre de femme-là. Tout du moins on n'y parvient pas avec cette sorte de gestes maladroits. J'eus un sourire en coin, même s'il ne pouvait guère le voir d'ici, devant cette démonstration inopportune, qu'il poussa jusqu'à laisser un piètre baiser dans le cou de l'inconnue. Nous atteignîmes alors la vulgarité, alors que sa main attrapait un sein qu'il malaxait avec un geste qui me sembla des plus maladroits. La jeunesse, que voulez-vous... La jeunesse doublée de l'ivresse, un cocktail infâme. J'eus une seconde de compassion pour ce jeune homme mais je retins bien vite là l'identification. Je n'avais jamais ressemblé à cela, même adolescent, les dieux m'en gardent.
Je ne répliquais pas devant le spectacle, n'ayant guère à donner mon avis mais me permettait un petit ricanement moqueur, qui précisait à peu près le fond de ma pensée. Je préférais continuer notre conversation, comme si l'importun n'eut tout simplement pas existé, histoire de lui rappeler qu'il y a certaines sphères qu'il ne toucherait jamais. Et encore moins ce soir...

La jeune femme remit ses vêtements en place et je ressentis une satisfaction pure à la voir m'imiter. L'autre devait commencer à comprendre qu'il ne jouait pas dans la même cour... Cependant, je m'étais attendu à ce qu'elle le congédie d'une parole si bien que lorsqu'elle le poussa, d'un geste fort gracieux, jusqu'à ce qu'il aille rejoindre la seule amante qu'il aurait ce soir, c'est à dire la via empestant le mauvais vin et la putréfaction, j'inspirais d'un coup, surpris mais à la fois ravi :

- Charmant caractère, traitez-vous tous vos amants de la même manière ?

Elle s'avança vers moi, de son pas assuré et je ne pus que m'en trouver charmé. J'aurais dû la reconnaître sur l'instant mais je ne l'avais jamais réellement croisée, tout du moins par d'aussi près, pourtant Marcus m'avait parlé d'elle. Et puis jamais je ne me serais douté que je pourrais croiser la fille de Coclès dans un tel endroit... Alors, quand elle vint se coller et qu'elle m'entoura de ses bras pour murmurer suavement à mon oreille, je ne la repoussais pas. Le jeu m'inspirait... Il faudrait bien qu'il cesse, mais pour l'instant, je n'avais rien fait, je l'avais laissée seule actrice de la scène, comme elle aimait tant être, à n'en point douter.

Je profitais de la promiscuité pour inspirer son parfum. La stola, la coiffure, l'odeur, la façon d'être. Ce n'était pas une jeune femme ordinaire. Elle était certainement patricienne, surtout pour se revendiquer ainsi de son père. Je répondis à son murmure, me penchant également à son oreille :

- Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... Qu'en penserait donc votre cher paternel ? Quant aux surprises, un homme comme moi ne les goûte guère, il planifie tout, tu vois donc bien que nous serions si semblables que nous en deviendrions incompatibles.

Je m'écartais un peu, tout en la laissant promener ses bras autour de mon cou, pour mieux la regarder, scrutant sa réaction. Puis j'ajoutais, gardant le tutoiement vu qu'elle avait laissé ici une partie des convenances :

- Mais je peux tout à fait t'emmener où bon te semble, je m'en voudrais de t'abandonner ici et d'encourir les foudres de ton mystérieux père. Quant à l'épuisement, je crains ne pouvoir t'offrir que celui de la marche, à moins que tu aies des arguments pour me convaincre.

Je haussais alors un sourcil suggestif... Je ne savais guère où tout cela allait me mener mais j'étais curieux de connaître plus avant cette femme, à l'aplomb et l'audace remarquables. En tirerai-je un quelconque profit à l'avenir ? Si elle était bien patricienne, je l'espérais.



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Jeu 17 Oct - 9:58
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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- - Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... Qu'en penserait donc votre cher paternel ? Quant aux surprises, un homme comme moi ne les goûte guère, il planifie tout, tu vois donc bien que nous serions si semblables que nous en deviendrions incompatibles.


Il s'écarte d'elle, mais cela semble être plus par jeu que par refus.
Elle laisse ses mains derrière sa nuque, les doigts entrelacés pour le retenir et, même si elle a les bras tendus et qu'elle doit s’élever sur la pointe des pieds pour rester à son niveau, elle ne fait que suivre la danse que lui impose son nouveau jouet de la soirée. Elle garde, malgré tout, l'approche ludique d'un flirt invraisemblable qui se déroule ici, comme l'acte nocturne et occulte d'une pièce de théâtre au thème vaguement suggestif.

- Mais je peux tout à fait t'emmener où bon te semble, je m'en voudrais de t'abandonner ici et d'encourir les foudres de ton mystérieux père. Quant à l'épuisement, je crains ne pouvoir t'offrir que celui de la marche, à moins que tu aies des arguments pour me convaincre.

Le passage du vouvoiement au tutoiement, comme pour la taquiner, la fit rire, pas autant, toute fois, que le défis qu'il lui lançait. Une fille moins pertinente aurait peut-être crus que, par jeu, il la poussait a voir si elle pourrait aller plus loin. Aelia devinait la manipulation derrière les mots. S'engager sans vraiment le faire. Il n'était ni un soldat, ni un vagabond. Il était comme elle, de l'élite, un joueur, pas seulement noctambule d'ailleurs. Les politiciens de la nuit, les orateurs des orgies n'ont pas la subtilité mêlée d'assurance qu'elle discerne dans le ton de son partenaire de cette nuit.

Il y a une façon d'aborder chaque personne en fonction de son caractère, une façon d'aborder ces personnes en fonction du résultat que l'on souhaite obtenir. Le plus grand jeu au monde est celui du marionnettiste humain, et pour jouer à ce jeu d'adresse il vaut mieux bien connaitre l'utilisation des fils que l'on tire. Ils sont si fragile qu'une seule mauvaise manipulation peut les briser. Ensuite il est quasiment impossible de les reprendre. Mais Aelia ne craint pas l'erreur. Elle n'a pas peur car elle sait exactement ce qu'il veut, ce qu'elle veut et ou tout cela va finir.

Elle ne répond pas. Son rire, soudain, clair, amusé et doux s’éteint sur un sourire et sur le défi de l'étranger. Elle s'approche de lui et dépose un baisé sur la bouche de l'homme qu'elle tient dans ses bras. Ses lèvres sont douce et le baisé ressemble à la caresse des ailes d'un papillon. Il est aussi fugace qu'une promesse, aussi éphémère qu'un murmure.

Aelia respire le parfum de l'homme: elle ressemble à celle de son père, celle d'un homme fort, d'un guerrier, un mélange musqué de sang et de pouvoir. Elle suit la trace de son odeur le long de sa joue, de son cou, juste sous son oreille ou elle dépose un autre baisé plus prononcé avant de chuchoter dans un souffle langoureux.

- Peu importe ou tu m’emmène, s'il y a du vin et un brasero je m'en contenterais.

Elle se recule pour voir son visage, savoir s'il sourit, s'il a gardé son assurance. Les hommes sont souvent des ballons de baudruches qui se dégonflent aussi vite qu'il sont arrivés.
Elle sourit plus sur d'elle que jamais, intransigeante sur la suite car elle ne permet pas la déception ou la frustration. Pour autant il résonne en elle les coups de cœur que l'homme ne peut percevoir, la partie invisible qu'elle cache mais aussi celle qu'elle préfère.

Une jeune fille comme elle ne devrait pas fréquenter de tels endroits, pas plus qu'elle ne devrait se livrer à des inconnus, ou se saouler de vins, de luxure et d'autres surprises qu'elle réserve à son invité de cette nuit.
Une jeune fille comme elle ne devrait pas, et c'est exactement ce qui lui plais. Et comme elle attend la réponse de l'homme qui lui fait face -une marionnette plus dangereuse que toutes celles qu'elle à approché jusque là, un homme dont les mots et le visage exprime parfaitement sa supériorité sur les autres- comme elle attend sa réponse elle goutte aux battement sourd de son propre cœur, à la peur intime qui glisse dans son ventre, s'enroule autour de ses cuisses en une forme d'excitation tiède et remonte le long de sa colonne vertébrale. Le mélange des émotions vient se dégrader dans les volutes d'alcool et de drogues à la base de sa nuque.

Que la nuit est douce. La lune laisse passer de nouveau son visage pour éclairer le couple. Derrière eux l'épave se relève et comprenant qu'il vient de perdre son passeport pour le plaisir et la douce chaleur du corps de la jeune fille il titube de deux pas en arrière. Un geste obscène suit une insulte à peine compréhensible qui doit s'apparenter à "salope" puis il tourne les talons.

Aelia n'a pas eue un regard pour lui, elle n'a pas décroché de celui qui lui fait face, détaillant son jolie visage, sa barbe de quelques jours sur laquelle elle passe sa main en une tendre caresse, ses yeux ou se mélangent amusement, maturité et convictions. Puis elle vient, lèvres demi ouvertes, pour donner un vrais baisé, un argument attendu, une promesse de la nuit à venir.
Elle passe sa main gauche dans les cheveux blond de son amant potentiel quelques secondes avant que leurs langues ne se mêlent en une caresses sensuelle, déclaration de ses propres désirs qui la pousse vers lui. Elle goutte à sa saveur.
Elle même sait que son baisé est sucré, capiteux et presque enivrant, contenant de subtils engagements de tout ce qu'elle peut offrir à un homme.

L'instant est malheureusement brisé par une nouvelle parole de l'hideux ivrogne qui, presque au bout de la rue, tient à ajouter un dernier mot. Comme il se tient difficilement à l'angle d'un bâtiment il crie comme pour blesser.

-Pertinax, sale... pute, j'me vengerais, tu l'payeras... t'entends Aelia? SALE PUTAIN!
Patricien
Mer 23 Oct - 20:32
Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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Le tutoiement. Cet assaut qui fait sauter la barrière si stable donc s'entourent les convenances. Cette approche, comme une promesse, qui d'un changement de sémantique abolit la distance. Et la distance était abolie entre eux depuis que la jeune femme avait noué ses bras graciles autour de son cou. Cette caresse si tentatrice que son corps de mâle avait envie d'y répondre. Mais jusqu'alors, il se tenait droit, passif, se laissant approcher sans jamais lui même réduire la distance. Et ce jeu qui s'était installé entre eux, et peut-être intensifié parce qu'ils avaient un voyeur ivrogne pour spectateur, leur plaisait visiblement à tous deux. Il goûta son rire, une fois encore, comprenant que dans cette défense, elle dévoilait un adversaire à sa mesure.
Les femmes étaient souvent effacées, souvent passives et l'inversion des rôles était plus qu'enivrante. Pourtant, il n'avait bu que peu de vin, en rencontrant Fronto ce soir-là. Les yeux profonds de sa partenaire lui rappelaient ceux si parfaits de sa maîtresse. Il savait malgré tout que jamais Helvia ne serait dépassée, que ce soit en beauté ou en charisme.

Quelque part, au fond de lui, sa conscience tel un ronronnement répétitif l'admonestait sur un ton plutôt sec. Était-il suffisamment imprudent pour se laisser enlacer, au coeur de la nuit, par des bras étrangers ? Mais qui, dans cette rue, aurait pu reconnaître le Duumvir, alors que la Lune ne dévoilait ses traits que par intermittence ? Elle s'avança alors, affirmant son étreinte et il crut qu'elle allait répliquer, mais c'est d'un geste qu'elle répondit, d'un baisé rapide et doux, qui le surprit à peine. Ses propres lèvres demeurèrent inertes mais il ne put nier, intérieurement, que cette caresse était bienvenue. Il savoura donc son effet, comme un présent si agréablement délivré, mais ne répliqua pas et haussa un sourcil, amusé par la tournure des choses :

- Sais-tu que normalement, les demoiselles bien élevées attendent qu'on les embrasse avant de le faire elles-mêmes.

Il eût été son père, il aurait été mortifié par ce comportement. Il était si aveuglé par sa fille aînée et ses douces promesses qu'il n'imaginait pas une seule seconde qu'elle put agir de même. L'étrangère l'arracha à cette constatation, humant son odeur et il ne put réprimer un frisson de plaisir lorsqu'elle l'embrassa sous l'oreille. Non seulement elle se comportait comme une fille de joie mais qui pis était, elle semblait très expérimentée. Tout ceci avec des couverts de femme sûre d'elle, voilà un mélange bien détonnant. Il inspira et reprit aussitôt contenance, la jaugeant intensément, l'air de lui signifier qu'il ne fallait pas trop jouer avec le lion assoupi :

- Ce que tu demandes, je peux te le donner.

Il sourit franchement. Une parole trompeuse, exploitant le biais de la situation. S'agissait-il de sa demande charnelle ou de son braséro et son vin ? De cela il la laissait seule juge. Son soucis était de s'assurer qu'elle avait un endroit où passer la nuit et il imaginait que sa maison était suffisamment opulente pour être chauffée à toute heure de la nuit. Il ne croyait pas une seule seconde cependant qu'elle pût se contenter d'agréments aussi simples. Il souriait toujours, d'un air de défi. Expression qu'elle lui renvoyait tel un miroir. Elle était bien jeune pour qu'il la goûtât plus avant, surtout qu'il ne s'était attaché jusqu'alors à ne déguster charnellement que son épouse, sa si somptueuse domina. Ainsi que sa magnifique amante aux yeux de chat, dont les tentations étaient irrésistibles pour lui. Mais son code d'honneur, alors que le temps semblait s'être suspendu, au coeur de cette ruelle sombre et moite, vacilla une infime seconde. Elle-même semblait être aux prises à l'excitation et pendant un moment, les yeux de Publicola s'étrécissèrent, comme pour la percer à jour.
Ce fut la créature avinée et repoussante qui choisit son moment pour le ramener sur la terre ferme. Mais il ne lui jeta pas un coup d'oeil, même s'il devina aisément son geste de rancoeur : tu n'es qu'un parasite parmi les prédateurs, être infâme, passe ton chemin, pensa le Duumvir tandis qu'une moue moqueuse se peignait sur ses lèvres. Et comme pour répondre à son injonction silencieuse, cet importun tourna les talons et la donzelle en profita pour cueillir cette fois-ci un baiser plus profond et il laissa ses lèvres s'entrouvrir, goûtant cette langue avide et soyeuse. Il prit garde de ne pas se laisser emporter par la tempête qui sembla naître dans son estomac, qui essayait de le pousser à l'étreindre plus près, plus fort. Il calma sa respiration et reprit empire sur lui même alors que leurs visages s'écartaient. Il savait qu'il devait mettre un terme à ce jeu dangereux et il en était à peser sa parade, sa belle parole de politicien prête à contre-carrer une attaque si bien menée, quand la voix criarde retentit.

Il fallut quelques instants à Publicola pour intégrer les informations. Pertinax, ça semblait lui aller si bien n'est-ce pas ? Et Aelia, c'était un charmant prénom... Mais les deux ensemble dissonaient et il eut du mal à recoller les morceaux jusqu'à dévoiler l'ampleur du désastre. Aelia Pertinax, la fille de Coclès. Tout sembla se remettre d'équerre dans son esprit à la vitesse de l'éclair : l'âge de l'inconnue, son aplomb, son fameux père. Il se raidit quelques instants, sans que ce fut sous l'assaut du désir puis rit soudain, en réponse aux insultes de l'autre :

- Je me disais bien aussi que ce tempérament ne m'était pas inconnu.

Il fit une pause et s'arracha à son étreinte, avant de lui offrir son bras. Promesse de la suite ? Son attitude était tout aussi détendue qu'avant la révélation, mais il était à présent tout à fait alerte et semblait ravi, comme celui qui est l'heureux détenteur d'un secret. Il firent quelques pas silencieusement tandis qu'il se demandait comment Coclès préfèrerait le tuer, pour avoir oser enfoncer sa langue dans la bouche de sa fille, même si c'était plutôt l'inverse qui s'était produit. Cependant, il était certain d'une chose : qu'elle ne narrait guère ses escapades nocturnes à son militaire de père, un avantage certainement. Lucius savait parfaitement où demeuraient les Aelii à Pompéi, il orienta donc son trajet dans la bonne direction, sans qu'elle n'ait à lui dire quoique ce soit. Alors, qu'ils allaient sortir de cette rue qui avait été le théâtre de leur rencontre, par un petit défilé pavé qui leur permettait d'atteindre le quartier de la Fortune au plus court, il lui demanda :

- Prête alors à aller brûler tes ailes auprès de ce braséro Aelia ? Je peux t'appeler Aelia n'est-ce pas, maintenant que j'ai goûté ta bouche ou me faudra-t-il simplement te nommer demoiselle, comme lorsque tu me fus présentée par ton père quand il donna sa première réception à Pompéi ? Si j'avais su que tu embrassais tous les hommes que tu croisais, peut-être me serais-je présenté bien plus tôt à ta villa.

Un homme comme lui planifiait tout n'est-ce pas ? Eh bien il n'avait guère planifié cette rencontre osée ni que l'une des personnes qu'il n'aimait guère fut le paternel de sa compagne de jeu.

Spoiler:
 



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Re: Une jeune fille comme vous ne devrait pas fréquenter de tels endroits... (Aelia Pertinax & Lucius Pompeius Publicola)   




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