{Flashback. An -28 av J-C. Eté} Force et Honneur (Marcus V.)



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Mer 17 Juil - 22:28
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Le vent fouettait mon visage mais cela ne faisait pas baisser pour autant la chaleur qui consumait tout mon être. J'avais l'impression d'être le feu de Vulcain et qu'il était impossible au Dieu lui même, de l'éteindre, tant le brasier était ardent. Ouranos avait posé son manteau sur ses épaules et seuls les boutons d'or de son linge divin, scintillaient. Tout semblait paisible. Tout sauf la colère qui fulminait en moi. Je n'arrivais pas à me calmer. Et les coupes de vin que j'avais bu les heures précédentes n'avaient rien changé à ma fureur. Je marchais le long de l'allée pavée. Mes pas n'étaient pas tous assurés mais j'arrivais à avancer sans heurter le moindre badaud qui circulaient dans cette partie de la Cité. Je m'arrêtais un instant, posant ma main sur l'une des maisons de la rue où les habitants semblaient tous s'être endormis. Je venais poser la fiole que je tenais à ma main sur mes lèvres sèches. Je sentais le liquide sucré couler jusqu'à mes entrailles. La dernière goute était amère. Je regardais le récipient avant de le fracasser sur le sol. Je me redressais à nouveau avant de marcher vers un endroit qui m'était familier depuis des années et des années. Même aveugle, je pourrais retrouver le chemin. Je jetais un œil à mes arrières, cherchant mon cheval. Je ne savais pas où ce canasson se trouvait. « Argento! » La chaleur était étouffante même à cette heure avancée. Je passais donc une main sur mon front, chassant la moiteur qui s'y trouvait. Puis j'entendis des bruits de sabot derrière moi. « Tu mériterai un coup de fouet. » Je me saisissais des rennes et je me hissais non sans mal sur la selle. Une fois sur le pur sang, je me redressais, par habitude. Le cavalier qui était en moi n'oubliait pas ses automatismes. D'un coup sec, j'ordonnais à mon cheval de prendre le chemin juste devant lui. J'étais nerveux et l'animal le ressentait. Il était difficile à guider ou était-ce moi qui n'avait pas l'esprit assez clair pour le faire suivre un chemin qu'il connaissait pourtant. Je ne savais pas et à vrai dire je m'en fichais. J'arrivais à maintenir toutefois une bonne cadence de trot.

C'est une odeur de bois qui brûle qui chatouilla mes narines à mon arrivée sur le campement. Je connaissais tous les hommes de cette légion pour avoir servi à leurs côtés. Et par bien des côtés, elle était ma seconde famille. L'un des gardes remarqua mon cheval et se redressa.

«Marcus! »

Son sourire m'accueillit au sein des miens. Je descendais d'Argento en chancelant, lui donnant une accolade. Je jetais ensuite un oeil à mes autres frères d'armes. La plupart s'était assoupi autour du feu, d'autres affutaient leurs épées et les derniers, jouaient aux dés. Je m'écartais de Tertius tout en disant, d'une voix assez forte pour qu'on puisse m'entendre.

« C'est comme ça que vous surveillez la Cité, bande de feignants! »

Il n'y avait aucun humour dans mes paroles. J'avais envie de croiser le fer ce soir et je faisais tout pour que ma colère soit communicative. J'avais envie de faire sortir cette rage que je contenais depuis des heures. Je repoussais alors violemment Tertius tout en lui retirant l'épée qu'il avait encore dans son fourreau. Par terre, il m'observait.

« Qu'est-ce qui te prends?! »

Les autres légionnaires se levèrent, me voyant empoigner l'arme avec détermination, la brandissant devant mon camarade.

« Alors, que fais-tu maintenant? »

Je mettais la lame sous le menton du légionnaire.

« Marcus, baisse ton arme. »

Aurelius s'avança vers moi, pointant à son tour son épée sur moi. Je relevais la mienne, lui faisant face.

« Tu as bu mon ami? »

Il semblait inspecter mon visage à la recherche d'une confirmation. Une confirmation qu'il ne tarda pas à  venir. Mais je n'y faisais pas attention. Ce qui je regardais, c'était Aurelius qui pointait son épée sur moi. C'était une provocation à laquelle je ne pouvais que répondre. Bien que j'avais été le premier de nous deux à défier les camarades présents sur le camp. Nos lames s'entrechoquèrent à plusieurs reprises. Je maniais très bien mon arme. J'étais doué et j'en étais conscient tout comme Aurelius. Je m'étais entrainé et entrainé encore. Et même si je n'avais pas (encore) une place  permanente dans leurs rangs. Durant ce duel, je lui montrais une nouvelle fois que je pouvais me montrer plus doué qu'il ne le sera jamais même après avoir bu plusieurs coupes de vin de Falerne. Je le désarmais avec un coup rapide. La seconde suivante, je me retrouvais cloué au sol par un camarade qui était venu derrière moi. Une bagarre s'ensuivit où je ne comptais pas les coups que je donnais mais aussi que je recevais. Je ne ménageais pas ma force. Mais contrairement à mes amis, je n'avais pas de cuirasse segmentée. Je ressentais les coups, bien plus que mes frères. Mais cette effusion de fureur me faisait du bien. Même si je ne pensais pas que le Mal qui était à l'intérieur de moi, était disposé à se retirer. Mes camarades s'étaient mis à cinq pour me retenir de battre un peu plus Aurelius qui gisait encore sur le sol. J'arrivais toutefois à me redresser, la bouche en sang. Je portais une main à ma poitrine où une forte douleur m'étreignait le torse. Tertius se posa dos à moi, passant sa lame sous mon menton, comme je l'avais fais précédemment. Une douleur lancinante traversa ma main quand je venais la poser sur le bras de mon ami. Le calme s'était à nouveau abattu sur le campement. J'avais mal à la poitrine à chacune de mes respirations. Et ce n'est que lorsque  Aurelius qui s'était approché de moi pour me donner un coup de poing, recula que je remarquais une silhouette qui s'avançait vers nous. Tertius me lâcha alors que je portais mes yeux bleus sur Marcus Vinicius qui s'approchait de nous, visiblement interdit par ce qui venait de se passer. Je ne savais pas depuis combien de temps il se trouvait là, ou s'il venait d'arriver. Ce que je savais, c'était que mon oncle n'allait pas apprécier mon emportement. Je repoussais Aurelius qui se trouvait trop près de moi à mon goût et je passais ma main sur mes lèvres, essuyant le sang qui avait coulé.


Dernière édition par Marcus Pompeius Fortunato le Lun 26 Aoû - 15:44, édité 1 fois
Sam 27 Juil - 15:07
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Alors qu’il arrivait au-devant du camp, il vit au loin deux hommes qui combattaient épée à la main. Il ne s’agissait pas ici d’un entraînement, mais bien d’une bataille entre deux soldats. Et plus il avançait vers eux et plus il pouvait reconnaître distinctement de qui il s’agissait. Par tous les dieux, c'était pire que ce qu'il croyait. Deux officiers se battaient comme des chiens furieux devant le reste des troupes.

Fourbue, il n’avait aucune envie de faire le préfet de discipline, mais comme il avait donné congé pour la nuit à son tribun, il n’avait pas le choix, il devait sévir surtout s’il voulait préserver un tant soit peu d’autorité et de disciplines sur le reste de ses troupes. Il s'avança à grand pas, se racla la gorge et leur cria :

- Vous deux suivez-moi immédiatement.

Il ne leur laissa aucune chance de s’expliquer. Son ton était sans appel et il valait certainement mieux pour les deux hommes de le suivre s’ils ne voulaient pas se faire crucifier sur le champ pour insubordination. Furieux, il marcha rapidement en direction de sa tente et fit entrer le premier des deux hommes devant lui. Il ordonna au second de l’attendre à l’extérieur. Il entra ensuite sous la tente et alla se placer derrière son bureau pour faire place au jeune homme qui se dressait devant lui. Ce dernier ne lui était pas inconnu bien au contraire. Il le connaissait depuis toujours. Il l’avait vu naître et il portait même son prénom en son honneur. Il s’agissait de Marcus Pompeius Fortunato, le fils aîné de son meilleur ami Lucius Pompeius Publicola.

Le regard dure, il resta un moment à l’examiné. Bien qu’il soit à quelques mètres de lui, il pouvait nettement sentir les effluves du vin qui émanait du jeune homme. Ivre de colère et déçu par l’attitude du jeune homme, il lui lança :

- Par Jupiter, tu es ivre. Je te rappelle que lorsque tu es sur le territoire du campement tu es en service. Dois-je te rappeler ton serment et les règles d’engagement de la légion?

Il se servit à boire pour tenter de se calmer tant tout son corps était secoué par sa fureur et lui dit encore.

- Je peux savoir ce qui t’arrive… en fait je ne veux même pas le savoir. Peu importe ce qui t’arrive. Rien ne te permet de lever la main sur un autre homme par-dessus tout sur un officier! Ce n’est pas l’un de tes esclaves sur qui tu peux frapper quand bon te semble, mais d’un officier!

Si toi-même tu souhaites un jour t’élever dans la hiérarchie tu vas devoir apprendre à te faire respecter de tes hommes et ce pas en agissant comme tu viens de le faire que tu vas y parvenir.


Il prit une gorgée de vin, mais ce dernier était si mauvais qu’il le recracha sur le sol et s’essuya les lèvres de nouveau avec sa tunique et tout en le dévisageant, il ajouta :    

- Tu me déçois énormément Marcus. Comme puis-je désormais avoir confiance en toi alors que tu me trahi de la sorte. Je t’ai donné plusieurs chances jusqu’à maintenant, mais cette fois je ne peux pas faire de passe-droit.

Tout le monde sait qui est ton père et quels sont nos liens. Si je ne fais rien, on m’accusera de favoritisme. Je ne sais pas ce qui t’arrive petit, mais ce qui vient d’arriver ne peut rester impuni. Est-ce que tu en es conscient au moins?

Sam 3 Aoû - 23:24
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C'était bien la première fois que je laissais mes pulsions s'exprimaient de la sorte. D'ordinaire, j'étais bien plus modéré mais le feu de Vulcain brûlait en moi. Et je n'arrivais pas à l'éteindre. Pire, j'avais la désagréable impression que chaque personne que je croisais, s'acharnait à y déposer une nouvelle braise incandescente. Voir Aurelius et Tertius prendre si peu à cœur leur devoir de garde, me rendait encore plus furieux. J'aurais donné beaucoup de choses pour être à leur place. Et ils ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient. Défendre la cité était un devoir mais aussi un honneur. J'avais agi comme n'importe quel soldat qui aimait ce qu'il faisait et qui respectait les règles d'engagement de la légion. Je n'étais pas d'humeur diplomate ce soir là et ils l'avaient tous les deux compris. J'étais simplement déçu de ne pas avoir pu continuer la partie. Marcus revenait au camp. Je soupirais intérieurement en voyant Aurelius faire des courbettes devant le légat. Encore un qui donnait plus d'importance à ses relations, qu'à ses véritables habilités au combat. Aux paroles de Marcus, je restais un instant immobile. Je jetais un œil à Tertius puis je relevais son épée que je tenais toujours à la main pour la jeter au sol. Ce crétin devrait apprendre à garder un œil dessus. Je lui tournais ensuite le dos, marchand jusqu'à une tente plus loin. Bien sûr, j'étais le premier à m'exprimer, Aurelius attendant devant la tente. Je me plaçais face au bureau, me tenant droit. Ce petit échauffement m'avait fait reprendre mes esprits. Mais ces litres de vin n'arrivaient toujours pas à calmer mon tourment et j'avais beau penser à autre chose, une seule chose me venait à l'esprit. Et c'était encore bien plus douloureux que les côtes que je venais sûrement de me casser. Je gardais mon regard azur sur le gradé devant moi. A ses mots, je serrais mes poings. Je le laissais à son monologue. De toute façon, mon avis n'était pas requis. Tout comme il l'était rarement quand je me trouvais face à Lucius Pompeius Publicola. Ils étaient meilleurs amis après tout. Les défauts de l'un, se calquaient sur l'autre.

Je restais donc silencieux. J'avais fixé mon regard sur l'Aigle de Rome qui se trouvait derrière le bureau de Marcus. Depuis le début de mon service militaire,  certaines choses avaient bien changé. Avoir été coupé de ma famille de la sorte, avait été une providence. J'avais changé mais mon père semblait ne voir en moi que le bambin qui l'écoutait sans l'interrompre, celui qui l'observait avec des yeux admiratifs. J'avais envie qu'il comprenne que je n'étais plus ce gamin. Mais parfois je me disais que c'était peine perdue. Peine perdue également de vouloir me justifier face à un homme qui m'avait déjà déclaré coupable. Mais cela ne m'étonnait pas tant que cela. Après tout, peut-être était-ce encore une stratégie de Publicola pour que je me tourne définitivement vers la Curie et ses vieux sénateurs desséchés et retords. J'ai toujours su qu'il faisait preuve de complaisance à mon égard afin de ne pas envenimer nos relations. Mais je ne laisserai à personne le soin de dicter ma conduite et même si cette personne est mon propre père. Je sortais de mes pensées pour constater que Marcus était toujours en pleine tirade. Cela m'agaçait. M'élever dans la hiérarchie? Comme si j'avais jamais eu cette opportunité. Ma vie était un mirage et je me bornais à marcher dans un désert aride et humide, en sachant pertinemment que mes désirs et mes rêves d'avenir n'allaient représenter que des chimères. J'allais finir par mourir de soif et d'épuisement. Je relevais mes yeux sur le légat qui recrachait son vin sur le sol. Blablablablablabla. Mais ces paroles commençaient réellement à m'exaspérer. Quand il s'arrêta enfin de parler, je gardais le silence un instant. J'en avais assez de me justifier sur toutes mes actions. Je n'avais pas demandé à avoir cette position. Je n'avais pas demandé à être héritier et à devoir supporter ma famille comme un fardeau jusqu'à la fin de ma vie. Parce que j'étais le fils de Pompeius Publicola, on scrutait le moindre de mes faits et gestes et on me jugeait en permanence. Cela m'agaçait. Et cela me décevait quand ce jugement venait des personnes que j'appréciais.

« Tu me connais bien mal en fin de compte. » J'avais posé mes yeux sur lui, l'alcool ne m'empêchait pas d'être conscient et de mes actes, et de mes paroles. Je reprenais ensuite, d'une voix posée et claire.

« Saches premièrement, que je n'ai jamais levé la main sur un esclave. Deuxièmement tes soldats jouaient aux dés et dormaient, alors que tu leur avais demandé de veiller sur la ville. Je ne faisais qu'un rappel à l'ordre. Troisièmement, tu parles de déception et de confiance. Je crains qu'à ce niveau, nous soyons a égalité. »

Je n'étais pas dupe des manigances de mon père dès que j'avais le dos tourné. Et je savais très bien que Marcus faisait parti de ses confidences. J'en avais assez de tout ça, de cette mascarade. Cela me faisait vomir.

« J'ai toujours été un très bon soldat. L'un des meilleurs, qu'il n'en déplaise à certains. Je n'ai jamais eu besoin de chance pour te montrer que j'étais un soldat fidèle et dévoué aux taches qui me revenaient. »

Voir que mes efforts et tout ce travail, toutes ses heures à m'entrainer, à me perfectionner aux armes, à monter les chevaux les plus difficiles, au fil des années, n'avaient finalement pas servi à grand chose. On ne verra jamais en moi, que le fils ainé de Publicola. Et on attendra qu'une seule chose de ma part. Je retirais de l'un de mes doigts, une bague en or avec l'insigne de la légion que Marcus m'avait offert, quelques années plus tôt. Je le lui déposais sur son bureau avant de reculer et de revenir à ma position initiale.

« Il semble à présent, que je n'en suis plus digne. Alors fais ce qu'il te semble juste. »
Dim 11 Aoû - 13:40
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Debout derrière ce qui lui servait de bureau, il pouvait lire la rage et la déception dans le regard du jeune homme qui se dressait fièrement devant lui. Contrairement à bien d’autres de ses hommes, il ne baissa pas les yeux lorsqu’il éleva la voix, pas plus qu’il ne chercha à se disculper en gesticulant bêtement. Non, il resta bien droit tenant sous son bras son casque. Son regard était perçant. Il se tenait prêt à se défendre le temps voulu. Il était calme, mais il pouvait sentir que le jeune homme bouillonnait intérieurement. Alors que d’autres se seraient confondus en excuses en implorant son pardon, lui Marcus Pompeius Fortunato, restait muet attendant son heure.

Bien qu’il soit encore très jeune, il pouvait voir en lui la prestance d’un grand général. Il avait le talent, le courage, la discipline et l’intelligence qu’il fallait. Au combat, il ne prenait jamais de risque inutile, ses attaques étaient calculées. C’était un homme de troupe et il ne rechignait pas à se mêler aux subalternes. Fier cavalier, il avait rapidement appris à combattre autant au sol que sur le dos de son destrier. Même s’il cherchait constamment à se démarquer de son père en affichant ses propres couleurs, il lui ressemblait tant. Marcus ne pouvait s’empêcher de voir en lui, les mêmes mimiques que Publicola. Ils avaient la même posture, le même regard hargneux quand on les attaquait. Et bien sûr, les deux hommes avaient un orgueil surdimensionné. Un orgueil pompéien qui leur permettait en toute circonstance de se montrer à la fois dignes et arrogants. Lorsqu’il taquinait son vieil ami sur la question, ce dernier se contentait de lui dire que de telles qualités le serviraient en tant que politicien. Dans ces moments, Marcus se fessait un plaisir de lui rappeler leur histoire et lui dire qu’une telle arrogance avait coûté la vie à de très grands hommes tels que Jules César et Marc Antoine. Était-ce le destin que Publicola désirait pour son fils? Certainement pas.  

Ayant retrouvé un peu de son calme et dit ce qu’il avait sur le cœur, Marcus laissa au jeune homme la chance de s’expliquer. Comme il m’en doutait, le jeune Marcus le croyait contre lui et complice de son père pour en faire un politicien. Blessé de voir que le jeune homme qu’il considérait pratiquement comme un fils n’ait pas confiance en lui et son jugement, Marcus lui dit :

- Tu as tort de croire que je suis contre toi alors que je m’efforce depuis des mois de convaincre ton père de te laisser une chance de prouver ce dont je te sais capable. Il croit dur comme le fer que ton salut et ton avenir aillent de pair avec ton cursus honorum. Je ne suis pas de cet avis. Je déteste probablement la politique plus que toi, mais je ne suis pas ton père et je n’ai de pouvoir sur toi que lorsque tu te trouves sous cette tente.

Si tu désires que je te traite en homme et que je te respecte. Et bien tu devras apprendre à faire de même avec moi et cesser de croire que je suis ton ennemi !


Il fit une légère pause et ajouta :

- Tu as raison, tu es un excellent soldat. Peut-être même l’un des meilleurs qui m’est été de voir dans ma carrière, mais il te reste encore beaucoup à apprendre jeune homme. Et ses choses, je pourrais te les apprendre si tu voulais bien cesser de croire que je suis contre toi. Je suis ici ton supérieur. Je n’agis ici que dans l’intérêt de ma légion. Lorsque je me trouve devant toi sous la garde de l’aigle de Rome, je ne suis plus ton oncle ni même l’ami de ton père, mais le serviteur de notre empereur. En tant que Général et chef de cette légion, il est de mon devoir de faire régner l’ordre.

Probablement trop aveuglé par son orgueil et le surplus d’alcool qu’il avait bu, Fortunato enleva de son doigt une bague qu’il lui avait offerte et qui représentait l’insigne de la légion.

Horrifié par son geste, Marcus le regarda pendant un moment en tentant de garder son calme. Comment pouvait-il se comporter ainsi avec lui? Son geste était inqualifiable et blessant. Alors qu’il allait lui rendre sa bague, le jeune homme lui dit :

« Il semble à présent que je n'en suis plus digne. Alors, fais ce qu'il te semble juste. »

- Petit imbécile. Cesse de dire pareille stupidité et reprends cette bague. On ne refuse ni ne remet un cadeau. Il s’agit d’un affront. Tu devras apprendre à ravaler ton orgueil si un jour tu désires véritablement te hisser parmi les grands !
Mar 13 Aoû - 18:44
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De mes premiers souvenirs d'enfance, je me rappelais de ces journées que je passais avec Marcus. Il me montrait des enchaînements, des coups. Ce que je devais faire pour les éviter. Et déjà à cette époque, je faisais tout avec sérieux même si je n'étais qu'un gosse. Ma mère me sermonnait quand je rentrais à la villa, couvert de bleus ou de coupures en tout genre. Je crois que cela lui faisait peur à l'époque. Même si elle ne disait rien, je savais qu'elle comprenait l'importance que cela avait pour moi. Peut-être était-ce cela qui lui faisait peur. Me voir attirer par les honneurs militaires lui faisait craindre de me voir rendre mon dernier souffle sur un champ de bataille, loin d'elle. Mais elle avait comprit que c'était important pour moi. Alors elle se contentait de me dire de ne pas oublier mes protections. Mon père, restait distant. Il préférait que je reste dans le Tablinium pour apprendre avec mon pédagogue. Malgré tout, il me laissait m'entraîner. Il devait surement penser que tout ceci était un amusement. Il n'avait jamais compris que les armes, c'était quelque chose que j'avais en moi. Quelque chose que j'aimais faire. Je me sentais bien, utile le glaive à la main et à l'endroit où je devais être. Jusqu'à présent, je croyais que seul Marcus m'avait compris. Et c'était peut-être pour cette raison qu'il tenait une place importante dans mon existence. Un mentor, il en avait pris la place. Je ne craignais pas de laisser libre court à mon tempérament, à me dépenser sans compter. Je ne craignais pas qu'il me juge parce que nous étions pareils. Il était l'homme dont je voulais m'inspirer pour m'élever dans la hiérarchie, comme lui même l'avait fait bien avant ma naissance. Mais je me rendais compte que je m'étais bercé d'illusions. J'avais oublié trop longtemps que Marcus était avant tout le meilleur ami de mon père, son frère de cœur s'il ne l'était pas de sang. Et je savais que quoiqu'il se passe, ce sont les projets de Lucius qu'il allait supporter et non les miens. Et cette réalité était bien douloureuse mais elle n'était pas aussi douloureuse que ce qu'il se passait à cet instant. A cet instant précis, je n'avais qu'une envie: partir d'ici. Partir de Pompéi, aller quelque part, seul, quelques temps. Rien ne m'attachait à Pompéi pour l'instant, plus rien.

Je gardais mon regard sur Marcus. Bien sûr, les mots que j'avais prononcé, l'avaient touché. J'en étais conscient. Je n'avais pas dis ces mots pour le blesser mais parce que c'était la plus stricte réalité, aussi hideuse soit-elle. Encore le cursus honorum. A croire que je n'étais né que pour cela, que pour remplir ces fonctions et obtenir plus de puissance encore pour les Pompéi. Mais j'étais à mille lieux de tout cela. La politique ne m'intéressait pas. Cependant, je devais rester la marionnette de mon père qui se fichait bien du propre bien être de ses enfants. Après tout, il n'avait pas hésité à donner en pâture Aurea, à un vieil homme lubrique, juste pour flatter un peu plus son égo et obtenir le pouvoir qu'il convoite depuis si longtemps. J'avais su à cet instant que je ne pouvais plus espérer quoique ce soit. Il y avait eu une cassure entre lui et moi. Je savais que je n'avais plus à espérer, dans les rangs de la légion. Marcus reprit la parole. Je ne le quittais pas des yeux. Il ne comprenait pas ce que je voulais dire. Il s'emportait une nouvelle fois. Nous avions le même caractère et ce n'était pas la première fois que nos voix s'élevaient. Après le discours du militaire, je restais un instant silencieux. Puis je repris la parole, d'une voix égale à la première fois.

« Je n'ai jamais dis que tu étais contre moi. Mais nous savons tous les deux que ce sont ces décisions que tu vas soutenir. Que quoiqu'il arrive, je serais le seul à me battre et faire valoir mon point de vue. Je ne souhaite plus aucun soutien, de vous deux. Je n'attends qu'une chose, que tu me traites comme n'importe quel soldat, comme tu l'as fait jusqu'à maintenant. »

Je ne bougeais toujours pas de la place où je me tenais. S'il voulait m'insulter pour ce sentir  mieux, qu'il se fasse plaisir. A ces paroles, je restais immobile.

« Mon orgueil comme tu dis, est la seule chose qui me permette encore de rester debout. Quant à ma place parmi les grands, j'arriverai à la décrocher. Et je ne devrais cette position qu'à moi même et à personne d'autre. »

Il me coutait de lui dire ces mots. Mais je devais le lui dire. J'en avais assez que les gens puissent croire que j'étais une marionnette. Marcus semblait déjà croire qu'il ne me restait qu'un choix d'avenir: le cursus honorum. J'étais le fils aîné des Pompéi. Certes mon Destin était tracé depuis ma naissance mais je comptais bien le mener comme je le souhaitais. Honorer ma famille et faire ce que je souhaitais n'était pas obligatoirement contraire, et incompatible  même si pour l'instant, mon père pensait le contraire. Une douleur me fit serrer les dents. Et ce n'est qu'à cet instant que je remarquais les taches de sang sur le sol. Portant une main à mon côté droit, je remarquais que le tissu de ma tunique était pleine de sang. Je n'avais pas senti la blessure jusqu'à maintenant. Je me redressais à nouveau avant d'ajouter.

« Ce sera tout, général? »
Sam 17 Aoû - 16:50
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Profondément blessé par les paroles et les gestes du jeune homme. Marcus ne savait plus ce qu’il devait faire. Comment arriverait-il à lui faire comprendre qu’il pouvait avoir confiance en lui. Que contrairement à ce qu’il croyait, il n’était pas son ennemi! Quand allait-il enfin saisir que malgré son amitié pour son père et leur grande complicité, il n’était pas nécessairement d’accord avec toutes les décisions et les opinions de ce dernier?

Il s’était pourtant montré fort patient avec son jeune neveu, mais son insubordination et son entêtement, le rendait fou de rage. Bien sûr, il pouvait comprendre sa hargne. À sa place, il aurait probablement agi de la même façon. Étant fier et indépendant, il n’aimait pas qu’on décide de sa vie pour lui. Il se rappelait de nombreuse dispute à ce sujet avec son père. Étant le cadet de la famille et ayant deux frères qui le précédaient, il avait cru pouvoir choisir lui-même sa carrière, mais c’était sans compter les ambitions de son père. Ce dernier aurait nettement préféré faire de lui un politicien ou un magistrat. Il avait dû défendre et se battre pour ses idées et ses opinions et c’est seulement contre la promesse de faire un officier supérieur qu’il arracha à son père le droit de s’enrôler dans l’armé.  

Le jeune Marcus avait les mêmes rêves, les mêmes ambitions que lui. Pourquoi devrait-il y renoncer? C’était injuste. Il l’avait fait savoir plus d’une fois à Lucius, mais ce dernier ne voulait pas entendre raison. Borné, Publicola n’allait pas changer d’idée facilement, mais Marcus était déterminé à faire tout son possible pour lui démontrer à quel point son fils était fait pour la vie militaire. Le jeune Marcus, était trop vif et agressif pour vouloir l’enfermer avec de vieux politiciens qui n’avait rien mieux à faire que de discourir pendant des heures du pourquoi et du comment des choses. Ce serait non seulement un véritable gaspillage de talent, mais une grande perte pour nos armées. Je me devais donc de trouver une solution qui pourrait satisfaire à la fois le père et le fils.

Alors qu’il était perdu dans ses pensées, Fortunato reprit la parole et lui dit :

« Je n'ai jamais dit que tu étais contre moi. Mais nous savons tous les deux que ce sont ces décisions que tu vas soutenir. Que quoiqu'il arrive, je serais le seul à me battre et faire valoir mon point de vue. Je ne souhaite plus aucun soutien, de vous deux. Je n'attends qu'une chose, que tu me traites comme n'importe quel soldat, comme tu l'as fait jusqu'à maintenant. »

Quelle suffisance et quelle effronterie. Comment pouvait-il lui parler de la sorte alors qu’il passait son temps à défendre sa cause? Marcus avait de plus en plus de mal à se retenir de lui infliger une claque derrière la tête. Seulement, il devait se tempérer. La violence et les cris n’arriveraient pas à calmer le tempérament bouillant du jeune homme. En lui, il se revoyait sous bien des aspects. Sur le moment, son emportement et sa colère lui avaient fait dire des mots qu’il regrettait déjà, mais il était trop tard. Il avait blessé le jeune homme qui lui répliqua :

« Mon orgueil comme tu dis, est la seule chose qui me permette encore de rester debout. Quant à ma place parmi les grands, j'arriverai à la décrocher. Et je ne devrais cette position qu'à moi-même et à personne d'autre. »

Bien sûr qu’il voulait se démarquer. C’était un homme d’action. Il voulait se battre, il voulait conquérir et gagner. Il voulait surpasser ses prédécesseurs. Son nom tout le monde le connaissait déjà. Ce qu’il voulait c’est qu’on sache qui Fortunato était et seule cette idée semblait le guider. Il voulait accomplir de grande chose. Il en avait la capacité, mais contrairement à ce qu’il croyait, il n’y arriverait pas seul. Même les plus grands hommes tels qu’Alexandre avaient eu besoin d’allié pour accomplir ses rêves. Il pouvait être cet allié, mais pour cela il fallait qu’il gagne de nouveau sa confiance.

Il prit place sur son fauteuil et resta quelques minutes à l’observer.
Que devait-il faire. Devait-il le punir pour faire de lui un exemple et montrer qu’il ne le traitait pas différemment des autres? Sa décision, il le savait changerait certainement leur relation aussi Marcus décidai de prendre son temps. Il ne voulait pas prendre de décision précipitée qui serait prise sous l’effet de la colère. Il devait donner à Fortunato une punition à l’égard de ses fautes en tant que soldat et non parce qu’il avait osé le défier personnellement. Il devait le juger selon les règles militaire seulement et faire fi de ses sentiments pour lui.

« Ce sera tout, Général? »

- Tu vas retourner à ta tente pour cuver ton vin et tu reviendras me voir demain à la première heure. Je te donnerai alors ta punition pour ton manquement aux règles du camp. Maintenant, file avant que je ne change d’idée.
Dim 18 Aoû - 19:19
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C'était bien la première fois que je me comportais de cette façon. La première fois que je m'en prenais à l'un des miens et la première fois également, que je disais réellement ce que je pensais. Je commençais de plus en plus à croire que tout ceci était vain, que jamais je n'allais pouvoir gravir les échelons de la légion comme je le souhaitais depuis que j'étais gosse. J'avais l'impression de perdre tout ce qui me tenait à cœur. Que je ne pourrais jamais aller à l'encontre de ce que j'étais: le fils aîné de Publicola, l'héritier des Pompéi. J'avais la sensation de perdre le contrôle de ma propre vie. Pendant toutes ces années, j'avais fais passer les désirs des autres, et surtout de mon père et de ma famille, avant les miens. Je n'attendais pas de faveur, juste qu'on me laisse faire, ce pourquoi j'étais doué. Mais même cela, semblait impossible à présent. Cela me mettait dans une telle colère... Je n'avais pas réussi à me contrôler face à Aurelius et Tertius. Ces deux-là avaient manqué à leur devoir et j'espérais bien qu'ils allaient être puni pour cette raison. Quant à moi, je ne voulais pas de traitement de faveur. J'avais commis une erreur en venant sur le camp alors que j'avais bu plus que de raison. J'avais noyé mon affliction en buvant plusieurs coupes de vin. A l'annonce du départ de Caria, j'avais reçu un coup de poignard. Mais je n'étais pas dupe. Mon père n'avait pas écarté la jeune femme de la maison pour une raison futile. Non, il avait du comprendre certaines choses. En tout cas, je refusais de croire que c'était Caria elle même qui avait demandé à vivre avec ce moins que rien. Mais si c'était le cas? Je n'arrivais pas à me faire à cette idée. Pas, après l'avoir aimé et désiré ces dix-huit dernières années. La colère s'était emparée de moi. Sur l'une des couches de mon cubiculum, je n'avais cessé de penser à elle, entre les mains de ce plébéien. Je ne pouvais souffrir qu'un autre la touche. Cela devenait insupportable et me rendait fou de colère. J'avais crié sur Eusebia pour qu'elle m'apporte plus de vin. Après deux bonnes heures, mon trouble toujours présent, j'étais venu jusqu'au camp. Là, où je me sentais bien, où je pouvais penser à autre chose. Où je pouvais retrouver une ambiance qui me rendrait serein. Mais au lieu de ça, je m'étais emporté contre deux de mes camarades. C'était idiot mais pour la toute première fois, j'avais laissé mes émotions prendre le dessus. Peut-être avais-je cru que ma peine allait s'en aller. Mais il n'en était rien. Et à présent, je devais subir les remontrances de Marcus Vinicius, l'homme dont je portais le prénom. Il était visiblement déçu par mon attitude et les mots que j'avais prononcé. J'avais l'impression que ma vie était semblable à du sable et que ce dernier me glissait entre les doigts. Peu importe ce qui allait se passait, j'avais bel et bien la sensation que je ne pouvais pas rester avec eux plus longtemps. Et puis à quoi bon, insister pour garder une place que j'allais perdre de toute façon? Je me posais la question quand le général m'ordonna de regagner ma tente. Je posais à nouveau mes yeux sur lui. Je m'inclinais avec respect avant de tourner le dos et de quitter sa tente.

Je tombais nez à nez avec Aurelius qui s'apprêtait à entrer. Ce dernier resta un instant immobile devant moi avant de s'écarter et de me laisser passer. Je n'avais aucune envie de rester dans ma tente pour que mes démons me tourmentent à nouveau. Mais je ne pouvais pas désobéir à Marcus. Je me dirigeais donc vers ma tente à l'extrémité est de celle-ci. Je marchais d'un pas régulier sans faire attention à ce qui m'entourait. Une fois à l'intérieur de ce qui me servait de logis, je disais à Protos, mon aide de camp qui se trouvait à l'intérieur: « Empares-toi d'une aiguille et du fils. » Je retirais le haut de ma tunique, la laissant tomber sur mes hanches. Une large entaille barrait mon ventre du côté droit. Protos s'exécuta. Ce n'était pas la première fois qu'il recousait une de mes blessures et je trouvais qu'il était plutôt habile de ses mains. Mes mains posées sur mon bureau, je le laissais s'activer, maniant l'aiguille comme je lui avais demandé. Une fois fait, je le laissais aller se reposer. Il était tard mais je savais que je serais incapable de dormir. Changeant de tunique, je quittais à nouveau la tente. J'avais besoin de prendre l'air. La nuit était tombée et un souffle frais venait caresser ma nuque. Debout, je remarquais Argento qui était attaché un peu plus loin. On avait du le mener jusqu'ici. Je venais vers lui, caressant son encolure. Je remarquais alors que mes mains étaient toujours couvertes de sang. J'avais laissé des traces sur sa robe blanche. J'avais eu Argento alors qu'il n'était qu'un poulain. Je l'avais élevé et je l'avais dressé pour être un parfait cheval pour la cavalerie. Il était très obéissant et il savait ce que je voulais sans avoir à bouger mes lèvres. J'allais me laver les mains dans un seau d'eau tout proche. Je m'emparais ensuite d'une brosse et je venais vers l'étalon pour le panser, m'appliquant dans ma tache. Cela avait toujours eu le don de me calmer. Je m'occupais de lui, une bonne heure, vérifiant ensuite ses sabots pour enfin lui donner à manger et le laisser se reposer. Je reposais la brosse avant de venir m'asseoir sur le petit muret de bois où Argento était attaché. Je soupirais, prenant ma tête entre les mains. Je sentais les effets du vin se dissiper dans mes veines. Mais Somnus ne souhaitait toujours pas m'accueillir dans sa grotte. Je retournais alors dans ma tente. Protos dormait dans un coin, son sagum sur sa poitrine en guise de couverture. Je prenais place à mon bureau. J'avais demandé des cartes sur la prochaine campagne et elles étaient devant moi. Je m'attelais à les examiner. Et c'est Proto deux heures plus tard, qui mit fin à mes stratégies militaires. Je levais les yeux sur lui. « Le soleil s'est levé. » Je hochais la tête avant de me lever de la table. Je n'avais pas eu le temps de songer à ce qui m'attendait avec Marcus. Peut-être n'était-ce pas plus mal. Je remettais mes attributs de cavalier avant de m'emparer de mon casque. Une fois prêt, je me dirigeais vers la tente du général. Je me faisais annoncer avant d'entrer.
Sam 24 Aoû - 15:58
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On dit que la nuit porte conseil et pourtant à son réveil Marcus ne savait toujours pas ce qu’il allait faire du jeune Fortunato.

Que devait-il faire? Comment lui faire comprendre qu’il n’était pas contre lui et qu’au contraire il encourageait ses rêves et ses ambitions. Jeune homme sérieux et passionnée par la vie militaire, ce n’était pas dans ses habitudes que de s’enivrer de la sorte. Qu’est-ce qui lui était arrivé pour qu’il désobéisse à une règle aussi élémentaire du code de conduite?

Est-ce qu’il s’était une fois de plus disputé avec son père? Avait-il des ennuis avec ses esclaves, avait-il des dettes de jeu ou était-ce tout simplement des soucis avec une maîtresse un peu trop encombrante? Toutes les possibilités étaient envisageables, mais ce n’était pas pour autant des excuses valables pour s’attaquer à un confrère et encore moins pour boire en service.

En y réfléchissant, Marcus ne pouvait s’empêcher de rire de la situation. Combien de blâmes cumulait-il lui-même pour de tels comportements? Il ne les comptait même plus. L’alcool faisait partie de sa vie depuis sa puberté. Elle était devenue son meilleur compagnon durant les longues et interminables campagnes et puis son seul réconfort après la mort de Julia. Tout comme son jeune apprenti, lui aussi avait oublié nombre de dispute avec les siens dans quelques litres de vin. Sa seule chance à l’époque avait été d’avoir un supérieur un peu plus compréhensif et surtout un chef qui comme lui avait un énorme penchant pour le vin. Combien de fois avait-il passé des nuits complètes à s’enivrer avec Marc Antoine? À eux d’eux ils pouvaient vider des tonneaux de vin et pourtant au petit matin, les deux hommes étaient prêt à se battre contre l’ennemi et remporté des victoires. C’était une autre époque. Une époque révolue. Il ne pouvait plus se permettre autant de liberté. Ni pour lui et encore moins pour ses hommes.

Aujourd’hui, le chef suprême de l’armée était un homme qui exigeait de l’ordre et un respect des valeurs ancestrales. Les hommes qui composaient ses légions devaient être au-dessus de tout. Au-dessus du peuple et de ses perversions. Ses légions et ses officiers devaient montrer l’exemple. Partout où ils allaient, ils représentaient Rome. Rome la grande. Rome la forte. Celle qui un jour dominerait le monde.  

C’était une grande ambition. Un grand rêve. Un rêve auquel il croyait toujours et qui pour lui valait la peine de se battre et se dépasser. Malgré ses erreurs du passé, il avait reçu un grand honneur d’être nommé légat. On lui avait offert le commandement de sa propre légion. L’empereur avait confiance en lui, il le croyait capable de former des hommes capables de réaliser ses ambitions. C’était non seulement un honneur, mais aussi une lourde responsabilité. En devenant Légat, on remettait entre ses mains le pouvoir de diriger 6 000 hommes. Parmi eux se trouvait le jeune Marcus Pompeius Fortunato. En quelques années seulement, il avait gravi les échelons de la légion. Aujourd’hui, il était en voie d’aspirer à un poste d’officier supérieur. Comme lui autrefois, Fortunato avait fait le choix de rejoindre la cavalerie. Téméraire et courageux, le jeune Marcus n’hésitait pas à se lancer à l’attaque de l’ennemi. Tenace et perspicace, il était devenu maître dans les attaques-surprises. En bien des aspects, Marcus se revoyait en lui. Et parce qu’il avait beaucoup d’affection pour lui, il était déterminé à l’empêcher de saboter sa carrière. Pour s’épanouir pleinement, le jeune homme devrait s’affranchir des siens. Il devait pour son propre l’éloigner pendant quelque temps de Pompéi.

Le jeune homme était rempli d’agressivité et de colère alors autant faire passer toute cette colère sur leurs ennemis plutôt que sur ses propres compagnons d’armes. Sa décision prise, il donna l’ordre à ses officiers de faire démonter le camp. Il appela Demetrius et lui demanda de lui couper la barbe. Comme il devait retourner à Rome autant avoir l’air présentable. Il était assis sur sa chaise en train de se faire raser quand Fortunato se présenta sous sa tente. Marcus l’invita à rentrer et sans plus de préambule, lui dit :

- Ma décision est prise. Tu vas partir rejoindre le Général Decimus Flavius Cato avec une vingtaine de nos meilleurs cavaliers. Un groupe de rebelles parthes à déclencher des hostilités dans le désert et tente de bloquer nos navires dans les ports de la mer Caspienne et de la mer Noire. Cela risque de fragiliser également nos transports sur la Méditerranée et bloquer le commerce. Je sais que tu n’as pas le pied marin, alors je ne t’obligerai pas à monter sur les galères.
Une petite chasse aux Parthes dans le désert devrait calmer tes esprits et te remettre les idées en place.


Marcus fit une pause et ajouta :

- Tes amis Tertius et Aurelius partent avec toi. Vous en profiterez pour vous s’expliquer et faire la paix. Je ne tolérai plus d’incident de la sorte sous mon autorité !
Au revoir et bonne chance.


Spoiler:
 
Sam 24 Aoû - 17:30
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Merci pour ce superbe Rp tonton.
Bien sûr, Fortunato te remercie de l'envoyer en campagne.
Et bien sûr, il a botté le cul de ces Parthes ♥

RP terminé.
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