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 ANNEXE ₪ Les femmes à Pompéi

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Message(#) Sujet: ANNEXE ₪ Les femmes à Pompéi Mer 27 Fév - 17:55



Les femmes à Pompéi

Femmes et alphabétisation
Les jeunes filles patriciennes apprennent à lire et à écrire, soit dans une école soit à domicile par des esclaves précepteurs. Les auteurs latins sont nombreux à rapporter le cas de femmes particulièrement versées dans la lecture et le savoir, qu’ils en parlent en bien ou mal. Pour certains, les femmes éduquées font de meilleures épouses et mères, pour d’autres, elles sont sujet de moqueries.
L’alphabétisation, tant féminine que masculine, des élites est à Pompéi une marque de son statut et digne de respect.
Des femmes sont mentionnées souvent dans les slogans électoraux peints sur les murs de Pompéi, même si elles n’ont pas le droit de voter. Expl. : “La petite amie de Untel travaille à son election en tant que duumvir”, « Votez pour Untel, sa grand-mère a tant œuvrer pour sa dernière élection et est fière du résultat »…
Il est difficile, en revanche, de déterminer si ces slogans sont écrits par les femmes elle-même ou si ils sont écrits par des détracteurs afin de tourner en ridicule le candidat.

Femmes aisées
Certaines femmes pompéiennes figurent parmi les plus aisées, ce qui peut leur permettre, veuves ou divorcées, de subvenir largement à leurs besoins, même sans la protection d’un homme. Il faut préciser néanmoins que cela ne représente pas leur majorité car il est fort mal vu qu’une femme demeure seule trop longtemps, surtout si elle est encore en âge de procréer. De plus, être seule c’est s’exposer au danger et à la précarité, bref c’est en fin de compte une situation peu enviée et peu enviable.

Femmes actives
Les femmes de la plèbe étaient souvent associées en affaires à leur époux et pouvaient en tirer profits. Il n’était pas inhabituel de voir une femme prendre les rênes d’une affaire si son mari venait à mourir. Les épouses d’artisans ou de commerçants pouvaient tenir boutique pendant que leur mari s’occupait d’autres domaines tels que la comptabilité… Elles peuvent donc tenir n’importe quelle affaire, excepté la banque qui est le domaine réservé des hommes.

Femmes médecins
Les sources rapportent des preuves suffisantes concernant le rôle que jouaient les femmes dans la médecine. Leur statut professionnel était reconnu par la loi et leur salaire sujet à règlement. Beaucoup d’entre elles étaient avant tout assistantes du médecin ou sages-femmes, mais certaines pouvaient pratiquer en tant que docteur ou physicienne. Il faut noter que très peu de ces femmes médecins étaient de naissance libre. Il est souvent fait mention d’équipes médicales composées du mari et de sa femme, qui officiait alors en tant qu’assistante.

Femmes marchandes
Pompéi comptait une large communauté étrangère impliquée dans le commerce. Les affranchies, qui venaient bien souvent d’Orient, vendaient fréquemment des marchandises de luxe ou exotiques, tels que des teintures et des parfums, de même que des aliments (épices) ou des vêtements.
Même si l’essentiel des commerces de vêtements étaient tenus par des hommes, certaines femmes travaillaient de manière indépendante en tissant et en vendant leurs propres vêtements. Elles gagnaient très peu d’argent et leur statut social était bas.
Globalement, les femmes travaillant dans le milieu de l’artisanat étaient employées (expl. boulangerie, fullonica, etc…)

Femmes esclaves
Les esclaves femmes avaient un large éventail de compétences, dépendant des besoins de leurs maitres. Certaines travaillaient à l’entretien de la maisonnée (nettoyage et cuisine), d’autres étaient affectées à la garde des enfants ou à des tâches de nourrices (nutrices). Certaines travaillaient dans l’artisanat ou dans l’agriculture. D’autres, enfin, dans les maisons aisées, assistaient personnellement leur maitresse (pedisequae).

Quand Eros s'en mêle...
La sexualité romine obéit à des codes définis par les hommes. Les restrictions s'appliquent en particulier aux femmes issues des classes aisées car elles étaient destinées à produire l'élite sociale de la cité. Une fille de bonne famille se doit d'être vierge au jour de son mariage (qui a lieu généralement dès qu'elle est nubile, c'est à dire à la puberté) et n'était évidemment pas autorisée à avoir de relations sexuelles avec un autre homme que son mari et ce afin de s'assurer que les enfants qui naitraient de son ventre ne seraient autres que ceux de son époux légitime.
Le père d'une fille qui aurait cédé sa virginité illégalement était autorisé à la tuer et un époux dont la femme avait été surpris en flagrant délit d'adultère devait divorcer. Aucun homme ne pouvait avoir de relations sexuelles avec une femme libre si ce n'était pas dans le strict cadre du mariage.
Évidemment, il existait de nombreuses entorses à ces règles strictes, le tout était d'être suffisamment intelligent(e) pour les dissimuler.

Prostitution
Même si la prostituée elle-même était considérée comme une femme non-respectable, la prostitution était tout à fait légale, traitée comme n'importe quel autre commerce (les édiles tenaient des registres des prostituées de la cité) et vue comme partie intégrante de la sexualité des hommes romains.

Il y avait différents types de prostituées: esclaves, affranchies ou étrangères, certaines étaient de naissance romaine libre mais forcées par la nécessité, la pauvreté ou bien d'autres raisons. Les prostituées étrangères étaient particulièrement populaires car elles apportaient une touche d'exotisme et n'étaient pas soumises aux mêmes contraintes que les femmes romaines.

Les courtisanes "de luxe", parfois bien éduquées et cultivées, étaient bien entretenues par leurs amants et pouvaient posséder de riches demeures, même si son statut demeurait fort peu respectable aux yeux de la bonne société. Elles étaient très recherchées du fait de leurs "talents" et pouvaient même choisir leurs propres clients.

Les prostituées sont appelées lupae (louves) et officient dans les lupanaria (bordels) gérés par des tenanciers ou des tenancières. Le plus grand lupanar de Pompéi était tenu par un certain Africanus. Ceux-ci prennent une large commission sur les passes en échange de l'hébergement et de la "protection" de la jeune femme, le salaire dont dispose la prostituée est donc très amputé.
Les relations tarifées se produisent dans de petites cellules au confort très sommaire, afin de préserver un semblant d'intimité voire d'anonymat. Les murs de ces cellules sont ornées de dessins très explicites et de nombreux graffiti témoignent des clients qui sont passés par là, des prostituées "stars" et parfois même de leurs amours maudits.

Certaines femmes particulièrement pauvres faisaient commerce de leurs charmes sur le pas même de leur porte (le terme "forniquer" vient en effet du latin "formix": "arches").

Relations illicites et viols
Il n'était pas rare que les maîtres et les maîtresses aient des relations sexuelles avec leurs esclaves. Si ces pratiques sont relativement tolérées de la part des hommes, elles sont considérées comme inacceptables de la part des femmes. Aucun mariage licite ne peut être contracté entre un Romain ou une Romaine et un(e) esclave. Si des enfants viennent à naître de ces unions, ils naissent non-libres, à moins que le dominus n'en décide autrement.

Bien qu'il n'y ait pas de mention de plainte officielle, on peut raisonnablement supposer que nombre de ces rapports maitre(sse)/esclave n'étaient pas consentis, voire forcés. N'oublions pas que l'esclave est considéré comme la propriété totale et exclusive de ses maitres.

Le viol d'une femme libre était puni par la loi, non pas comme une offense envers la victime elle-même, mais contre l'homme dont elle était la protégée (père, frère, mari, etc...). C'est pourquoi il était impossible pour une femme de faible statut ou une esclave d'intenter une action en justice, le plaignant était obligatoirement un homme.

Conception, contraception et avortement
La législation romaine avait pour objectif d'avoir un maximum de femmes mariées et un maximum d'enfants. Ainsi, une femme devait être mariée avant d'atteindre l'âge de 20 ans, sous peine de pénalités financières. De même, une femme divorcée ou veuve ne devait pas attendre trop longtemps avant de contracter un nouveau mariage.

Bien que l'Etat romain encourageait la production d'enfants, dans les faits, de nombreux couples pratiquaient une contraception plus ou moins efficace qui était toujours préférable à un avortement dangereux ou une mort en couches.
Il faut noter qu'à ce sujet nous ne disposons que des sources laissées par les hommes, alors que c'était une pratique quasi-exclusivement féminine. Nous ne pouvons donc affirmer avec certitude quelles méthodes étaient effectivement employées.
Quelques exemples de méthodes rapportées: afin d'éviter une conception, s'enduire d'une mixture d'huile d'olive, de miel, de résine de cèdre ou de jus de sapin, avec ou bien sans carbonate de plomb, était jugé efficace.
Pour se débarrasser d'un foetus, on conseillait des efforts soutenus tels qu'une marche ou une chevauchée intensive. Ou bien, de se plonger dans un bain d'huile de lin, de fenugrec, de mauve, de plante des marais, d'armoise.
On ignore les résultats de telles méthodes, qui ne reflète pas toute la palettes des moyens employés, quoiqu'il en soit leur inconfort et le danger parfois mortel auquel s'exposait les femmes qui y avaient recours ne doivent pas être écartés.

Et le romantisme dans tout ça?
Un terme inventé au XIXème siècle, voilà qui veut tout dire... Néanmoins, même si la société romaine est ouvertement machiste et ne laisse que peu de place et de considération au "beau sexe" (nous préférons l'expression à "sexe faible" Wink), cela ne signifie pas que l'amour, le respect, et l'affection en sont totalement absents. Ils peuvent transcender les conventions, les règles, les contraintes, les statuts sociaux, voire les mentalités, seulement le poids de la société romaine et de ses codes ne doivent pas être ignorés.
traduction by Semper Eadem d'après J.-P. Descoeudres, Pompeii Revisited (ch. 4)
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