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 Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia

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Message(#) Sujet: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Jeu 6 Juin - 21:07


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

feat. Helvia & Licinia

Les rumeurs, voilà bien une chose étrange. Parfois elles vous font tort, vous discréditent. Parfois elles vous prêtent des qualités que vous ne possédez pas et vous rendent d’autant plus redoutables aux yeux de vos ennemis. Si vous savez vous en servir adroitement, elles peuvent vous servir sur votre chemin vers la gloire… ou au contraire vous faire chuter. Mais dans tous les cas, les rumeurs attisent la curiosité et surtout l’attention des gens. Et même Licinia n’échappait pas à cette règle. Elle avait entendu bien des choses sur la veuve de Marcus Claudius : certains parlaient d’elle dans les termes les plus élogieux, d’autres n’éprouvaient que de la méfiance à son égard. D’autres encore prétendaient qu’elle devait cacher bien plus d’un sombre secret si dix ans après la mort de son premier mari, elle s’était toujours pas remariée… Mais tous ces différents récits n’avaient finalement fait qu’attiser la curiosité de la jolie brune au sujet de Helvia. Comment n’aurait-elle pas pu éprouver une certaine admiration – ou du moins un certain intérêt – pour cette femme qui semblait assez forte pour ne pas prêter attention sur ce que les autres disaient sur elle ? Plus Licinia avait entendu parler de cette femme, plus elle avait désiré la rencontrer, se faire elle-même une idée du personnage si l’on puisse dire, jusqu’à ce qu’à une des nombreuses fêtes auxquelles les Licinii avaient assisté depuis leur arrivée quelques mois plus tout, une occasion de rencontrer la dame en question s’était enfin offerte à elle. Et le courant était plutôt bien passé entre elles, puisqu’aujourd’hui, Licinia avait été invitée à se rendre à la maison de Helvia. Pour le moment, elle était encore à la Villa de Diomède, la demeure des Licinii depuis leur retour à Pompéi. Assise dans sa chambre, la jolie brune regardait d’un air ennuyé et surtout impatient la stola qu’un des esclaves lui tendait. « Je t’ai dit de m’apporter la rose, pas la violette. Ce n’est pas si difficile à retenir non ?! » Rapidement, la jeune esclave dépérit après avoir murmuré ‘je te demande pardon domina’, revenant quelques instants plus tard avec la bonne tenue sous le regard dédaigneux de sa jeune maîtresse.

* * * * * * * * * *


Une heure plus tard, les esclaves de la jolie brune déposèrent sa litière devant la luxueuse demeure d’Helvia Claudia Scaevola. D’un geste presque machinal, la jeune femme ajusta sa palla avant de sortir de sa litière. Elle respira une dernière fois avant de s’avancer à l’entrée de la luxueuse demeure. « Préviens ta domina que Licinia Domitia est arrivée. » On la conduisit dans l’atrium, pendant que l’esclave auquel elle avait adressé la parole partit prévenir la maîtresse des lieux de l’arrivée de son invitée. Pendant les quelques minutes que la jeune femme passa à attendre, son regard se promenait inlassablement sur les riches ornements muraux. Pendant les années qu’elle avait passées à Rome, elle avait vu bien des choses, et pourtant, elle devait avouer que la propriétaire du lieu avait réellement bon goût. Voilà bien une maison comme elle aimerait la posséder un jour… sauf que cela ne semblait pas prêt d’arriver, et à vrai dire, Licinia ne savait pas réellement quoi en penser. D’un côté, cela l’arrangeait de ne pas être mariée, mais de l’autre, il lui arrivait souvent de souhaiter ne plus être sous le joug de son père… Enfin, si son plan fonctionnait, elle n’allait bientôt plus être sous le joug de cet homme, sans pour autant devoir se plier à un époux. Un léger sourire se dessina sur le visage de la jolie brune quand elle essaya de s’imaginer comment serait la vie sans son géniteur, sous la tutelle de Tiberius. Mais rapidement, la voix d’un jeune homme qui lui indiqua poliment de le suivre la sortit de ses pensées. Toujours silencieuse, la jeune femme se laissa guider par l’intendant dans une jolie pièce, tandis que sa propre esclave la suivait de près. Un peu plus loin de tenait la femme qu’elle était venue voir. Avec un sourire dessiné sur son visage, la jeune femme s'avança dans la pièce. « Ave Scaevola. C'est un honneur pour moi que vous m’ayez invité. »

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Lun 10 Juin - 20:33

Deux esclaves s'affairaient autour de la patricienne qui ne cessait de fixer son reflet dans le miroir comme si elle pouvait communiquer avec. Les jeunes femmes qui la coiffaient et la parfumaient étaient à son service depuis tant d'années qu'elles ne faisaient plus attention à cette étrange attitude depuis bien longtemps. Aujourd'hui, Helvia tenait à se montrer sous son meilleur jour : elle recevait une jeune femme qu'elle jugeait pleine de promesses et digne du plus grand intérêt de sa part. Il était donc bien logique pour elle de la voir en tête à tête.

La veuve avait rencontré Licinia Domitia pendant l'une de ces riches soirées réservées à "l'élite pompéienne". Rapidement, Helvia avait été intriguée par cette jeune femme. Elle lui rappelait ses jeunes années. Beaucoup de traits de caractère de le belle patricienne lui rappelait sa propre personnalité vingt ans auparavant et elle aimait se remémorer ces instants où tout allait encore bien. Ou presque...

A vingt ans, Helvia était déjà mariée et supportait déjà son immonde époux aujourd'hui heureusement disparu. Et visiblement, Licinia jouissait du même privilège infecte. Mais il était presque incroyable de voir à quel point leurs vies semblaient similaires.

Helvia se plaisait à croire qu'elle connaissait déjà l'avenir de la petite Licinia. Si elle suivait son chemin, elle deviendrait aussi forte et rude qu'elle. Aussi seule également... Elle ne pouvait que lui souhaiter d'être débarrassée plus rapidement de son mari qu'elle-même en avait eu l'occasion. Car après tout, Helvia ne se sentait réellement elle-même que depuis qu'elle avait été libérée des chaînes de Marcus...

Un bruit de métal la tira de ses rêveries. A travers son miroir, la veuve chercha l'origine de ce vacarme et aperçut une de ses esclaves ramasser un bracelets par terre.

- Fais donc attention à ceci, pauvre sotte ! Ce bracelet à lui seul vaut dix fois ta propre vie !

- Pardon, domina...

Et alors que l'esclave retourna à son ouvrage, un jeune homme pénétra doucement dans la chambre.

- Domina ?

- Oui ?

- Licinia Domitia est arrivée, domina.

- Mène-là jusqu'au salon près des jardins. J'y vais de ce pas.

- Tout de suite, domina.

Il s'inclina avant de sortir prestement. De son côté, la patricienne leva la main, faisant signe aux deux filles de s'éloigner d'elles, ce qu'elles firent immédiatement en baissant les yeux.

- Ma robe... siffla-t-elle en tendant les bras pour leur permettre de la lui enfiler.

***

Helvia patientait depuis seulement quelques secondes dans le salon quand la belle Licinia passa dans l'encadrement de la porte. Un sourire radieux illuminant son visage angélique, c'était une jeune femme d'une beauté indiscutable. Elle la salua avec la dignité des gens que la veuve appréciait. Sans hésitation, Helvia s'approcha d'elle, la mine enjouée et posa ses mains sur les fines épaules de son invitée.

- C'est un plaisir de t'accueillir ici, ma chère Licinia. Tu illumines cette maison par ta seule présence.

Avec un sourire, elle leva un bras en direction des épaisses couches qui occupaient le salon pour l'inviter à prendre place.

- Mets-toi à ton aise, tu es ici chez toi...

Les deux femmes se dirigèrent doucement vers les causeuses et s'allongèrent gracieusement l'une face à l'autre. Helvia fit apporter deux infusions par ses esclaves et soufflait doucement sur le liquide de sa coupe pour le refroidir. Sur une petite table qui les séparait des fruits frais étaient disposés dans de délicates panières. Et même s'il était difficile d'en trouver à cette époque de l'année, Helvia n'avait pas hésité à y mettre le prix pour offrir à Licinia ce qu'elle estimait qu'elle méritait.

Après avoir bu une première gorgée de son infusion de plantes, la veuve prit la parole.

- Je suis très heureuse de pouvoir enfin t'accueillir ici, Licinia. Il y a bien longtemps que j'espérais pouvoir discuter tranquillement avec toi. Toutes nos rencontres ne se sont soldées que par quelques échanges bien trop brefs à mon goût et il me tardait d'enfin pouvoir en savoir plus sur toi !

Elle tendit une main pour arracher une petite grappe de raisin du reste des fruits et en porta un à sa bouche.

- Dis-moi, ma chère, comment te portes-tu aujourd'hui ? Les bruits de rues ne sont pas tous tendres à ton égard et j'espère que tu n'en souffres pas trop.

Helvia savait certainement mieux que quiconque de quoi elle parlait. Elle subissait les plus ignobles ragots depuis plus de dix ans et savait à quel point il était dur d'y tenir tête sans en être affectée. Et elle se doutait que pour une jeune fille tout récemment sortie de l'insouciante adolescence, ces rumeurs étaient un fardeau encore bien plus dur à porter.
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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Dim 16 Juin - 22:43


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

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Le sourire de la jeune femme s’agrandit face à l’accueil que celle-ci lui réservait. Il fallait dire que leur quelques rencontres, bien trop rares et trop courtes aux yeux de Licinia, s’étaient plutôt bien passées, et aujourd’hui la jolie brune aurait le temps d’apprécier le caractère marqué et pourtant si digne de son hôte. Licinia avait grandi à l’ombre de deux femmes fortes, et même si pendant de longues années, il avait semblé qu’elle n’avait pas hérité du caractère de sa mère ou de sa tante, elle avait fini par devenir une jeune femme dont on était bien conseillé de se méfier. Tantôt douce fille digne de la grande famille des Licinii, parfois serpent tentateur et vénéneux, elle avait appris à jouer sur les apparences et à cacher ses véritables intentions à son entourage. Et pourtant, les quelques instants passés avec la veuve de Marcus Claudius, le peu de paroles qu’elles avaient pu échanger, le tout mêlé aux rumeurs très différentes qu’elle avait pu entendre au sujet de cette femme, lui disait que son interlocutrice était au moins son égale en la matière, si ce n’était son supérieure. Il n’empêche que Licinia pensait chaque mot qu’elle avait dit : être invitée par une femme comme Helvia était un honneur pour elle. « Tu me flatte ma chère. Rien ni personne ne saurait illuminer cette maison plus que tu ne le fais. » Certes, cela était de la flatterie, et pourtant, on ne pourrait pas reprocher à la jeune femme d’exagérer : si certaines femmes de l’âge d’Helvia semblaient bien plus marquées par les années, la maîtresse de maison était toujours une femme magnifique, et surtout était-elle loin de faire son âge, au point où lorsque Licinia avait appris pour la première fois que cette femme avait le double de son âge, elle avait été incapable d’y croire.

Doucement, elle se laissa guider par son hôte avant de gracieusement prendre place sur une des couches. A vrai dire, elle ne savait pas dire avec exactitude si Helvia avait réellement souhaité lui parler en privé, ou s’il s’agissait uniquement là de politesse. Peut-être avait-elle jugée qu’il était bon de ne pas offenser les Licinii dans un premier temps ? Après tout, Helvia savait certainement jongler entre les familles importantes, faire en sorte qu’aucune ne se sente offensée par son comportement et réussir de cette manière à garder une certaine indépendance… Quoique, peut-être Licinia était-elle seulement un peu trop méfiante. Après tout, son hôte venait de lui tendre la main de l’amitié, alors elle était certainement sincère sur ce point. Doucement Licinia souffla sur son infusion pour tenter de la refroidir avant d'en prendre une petite gorgée, sans doute fois quitter Helvia du regard. A vrai dire, elle était curieuse de savoir comment cette rencontre allait se passer. S'entendraient-elles aussi bien que leurs courtes rencontres l'avaient laissé entrevoir ? Après tout, ses expériences avec les Claudii n'étaient pas des meilleurs, surtout quand elle pensait à cette gamine qu'elle avait croisée bien des années plus tôt à Rome... Rapidement, elle chassa ce souvenir de son esprit. Non, cette fille ne valait pas la peine qu'elle songe à elle ne serait-ce qu'un seul instant! Et encore moins Licinia se laisserait-elle gâcher cette après-midi par un souvenir qui datait déjà d’il y a six ans, d’autant plus que son interlocutrice n’était qu’une Claudia par alliance. Ce n’était qu’une fois qu’elle entendait de nouveau la voix cristalline de la maîtresse de maison que la jeune femme parvient enfin à chasser ce souvenir douloureux de son esprit et de se concentrer de nouveau sur leur discussion, remarquant par la même occasion que son « absence » momentanée avait été remarquée, bien que Helvia semblait mal l’avoir interprété. Mais de toute manière, comment aurait-elle pu le savoir ? Caius Licinius Murena avait pris mille-et-une précautions pour garder la disgrâce de sa fille unique secrète et pour éliminer en secret. le jeune soldat qui l’avait déshonoré. « Lorsqu’on est un Licinii, les rumeurs font partis de l’ordre du jour je crains… particulièrement lorsque la famille revient à Pompéi. » répondit la jeune femme avec un léger sourire sur les lèvres. Même après plusieurs mois, les murmures sur les raisons qui avaient pu pousser les Licinii à revenir dans cette ville au pied du Vésuve n’avaient pas encore complétement cessées de circuler, et sans doute n’étaient-elles pas prêtes à le faire. A vrai dire, elle en voulait à son père de l’exposer elle et toute la famille à de tels ragots… et pourquoi ? Pour satisfaire sa propre fierté en se dégradant de la sorte ? Enfin, cela ne servait pas vraiment à grand-chose de se prendre la tête avec ca, pas maintenant du moins. « Mais vous êtes une Claudii, vous ne devez que trop bien savoir ce que c’est. » Licinia scrutait le visage de l’hôte, tentant de cacher sa curiosité. Après tout, bien des rumeurs circulaient non seulement au sujet des Claudii, mais également d’Helvia elle-même.

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Sam 22 Juin - 12:46

Helvia regardait Licinia avec attention, surveillant le moindre de ses gestes, guettant la moindre de ses réactions. Il n'était pas fréquent de pouvoir profiter d'un tête à tête désintéressé (du moins en apparences) avec une fille de noble famille. Aussi, la veuve comptait bien en profiter pour en apprendre le plus possible sur cette jeune femme.

Au fond, Helvia se reconnaissait à travers les yeux de cette tigresse en devenir. Du moins, elle se plaisait à le croire. Elle adorait voir dans le comportement de Licinia une espèce de double jeu censé cacher la lionne qui était en elle, sans savoir si elle était dans le vrai ou la fiction. Et ce doute ajoutait à cette journée une dimension de jeu que la veuve entretenait avec malice. Helvia ne savait que très peu de sa jeune invitée. Et quoi de mieux que l'ignorance pour libérer l'imagination ? 

Helvia sourit à cette simple pensée alors que Licinia semblait  à son tour plongée dans les siennes. Son absence ne dura que quelques secondes et pourtant, elle suffit à faire naître en Helvia une curiosité presque maladive. Cet après-midi semblait décidément s'annoncer très intéressant.

La maîtresse de maison prit une gorgée de son infusion. Entre femmes de grandes familles, elles pouvaient se comprendre. Aussi, la veuve parla sans difficulté.

- Je ne pourrais pas te contredire là-dessus sans mentir. Il est vrai que les Claudii sont tous sujets à des ragots et rumeurs, fondées ou non. Malheureusement, il semblerait que je sois la favorite des ces bruits de rue. J'hésite à en tirer une petite fierté.

Elle lança à Licinia un regard complice avant de reprendre.

- Le monde s'ennuie. Les citoyens attendent désespérément quelque chose censé changer leur quotidien misérable. Un printemps plus tardif qu'un autre, quelques giclées de sang sur le sable d'une arène, des histoires sordides de voleurs ou d'assassins...

Elle fit une courte pause pendant laquelle se tourna pour planter son regard dans celui de la belle Licinia.

- ... le retour mystérieux d'une grande famille à Pompéi.

Ses yeux bleus la scrutèrent quelques secondes avant de revenir à la coupe qu'elle approchait de ses lèvres. 

- Tout est bon pour occuper ses journées à parler de choses et d'autres. Et je me rends parfois compte que nos amis de l'élite ne sont pas toujours en reste !

Elle croqua dans un nouveau grain de raisin. Puis, elle se pencha pour se rapprocher de Licinia et feindre de lui dire un secret.

- Quand on y réfléchit bien, le tout n'est certainement pas de rester irréprochable, mais plutôt de ne pas se faire prendre.

Elle eut un léger rire puis elle se laissa retomber gracieusement dans le fond de sa couche. Elle lança alors d'une voix plus forte et déterminée :

- Alors, profitons de cette belle journée pour enfin en savoir plus l'une sur l'autre. J'attends cela depuis longtemps. Dis-moi, chère Licinia, qu'est-ce qui vous a fait revenir, ta noble famille et toi, dans cette belle Pompéi ? 

Son regard était empli de curiosité et Helvia ne cherchait nullement à le cacher. Toutes les deux avaient depuis longtemps eu l'occasion de s'échanger les salutations de politesses habituelles lors des quelques soirées où elles s'étaient croisées. Il était désormais temps de se connaître un peu plus en profondeur.

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Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Sam 10 Aoû - 16:48


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

feat. Helvia & Licinia


A Rome, Licinia avait souvent été invitée. Certes, les Licinii n’avait peut-être pas fait partie des familles les plus importantes de la capitale, mais là-bas au moins, leur nom avait eu un certain prestige. Ils avaient été « quelqu’un ». Ici à Pompéi, ils n’étaient que les descendants d’un homme qui avait trahi la ville, qui avait jeté un voile de honte sur la famille. Voile qu’aujourd’hui encore, ils avaient bien du mal à lever. Les Dieux seuls devaient savoir quelle folie avait bien pu pousser le pater familias des Licinii à retourner dans cette ville maudite, et surtout à obliger son épouse et ses enfants à le suivre. Mais qui sait, peut-être était-ce là aussi une chance inouïe pour Domitia ? Une chance pour se faire de nouveaux alliés dans sa quête de vengeance, et peut-être même de raviver les anciennes rivalités pour les tourner à son avantage ? Du moins, c’était ce qu’elle avait tenté de faire ces derniers mois, et maintenant qu’elle était assise face de Scaevola, elle se demandait bien ce que cette femme pourrait lui apprendre. Après tout, les rumeurs qui couraient sur elle étaient pour certaines des plus scandaleuses… En tout cas, difficile de croire que cette femme accueillante soit réellement la gorgone de glace telle qu’on la décrivait. Mais les apparences étaient trompeuses, et ça la jeune patricienne ne le savait que trop bien, ayant elle-même bien souvent recours à la tromperie pour arriver à ses fins ou pour endormir les soupçons de certains. C’était un jeu qu’elle ne connaissait que trop bien pour ne pas rester sur ses gardes amlgré l'air accueillant de la belle patricienne.

Un leger sourire se dessina sur les lèvres de Licinia. En effet, les Claudii avaient beaucoup fait parler d’eux quelques années plus tôt, où ils avaient eu la maladresse de choisir le mauvais parti politique si l’on puisse dire. Comment Licinia aurait pu l’oublier ? Encore aujourd’hui, elle était persuadée que sa vie aurait pu prendre une bien autre tournure sans cette trahison des Claudii envers son « cousin » Octave-Auguste… et surtout sans cette haine de la petite vestale envers toute la parenté de l’héritier légitime de Jules Césars. Quintus serait-il encore en vie si à l’époque elle aurait eu la bénédiction de la vestale de la gens Claudia ? Peut-être. Mais aurait-elle vraiment été heureuse dans une telle vie, une vie de plébéienne sans le moindre sou ? Voilà bien quelque chose dont elle doutait fortement. Elle était bien trop habituée au luxe, à l’argent, pour y renoncer complètement. A l’époque, elle avait tout simplement été trop bornée pour le voir. Mais sans doute n’était-ce pas le moment de se perdre dans ses souvenirs, encore moins lorsque ceux-ci étaient aussi peu agréables. La jeune patricienne reportait donc toute son attention sur son hôte. « Parfois, il peut être avantageux que vos ennemis  vous croivent plus dangereux que vous ne l’êtes vraiment… tout comme parfois, il est avantageux que les gens ignorent ce dont vous êtes réellement capable. » Dans le premier cas, ses ennemis réfléchiraient deux fois avant de s’en prendre à vous. Quant au deuxième… Licinia aimait croire que c’était justement le cas où elle se trouvait. Bien sûr, certains devaient déjà se douter de ce dont elle était capable, cela avait été un mal nécessaire que de révéler certains de ses plans pour se faire de nouveaux alliés. Mais jamais elle n’avait montré toutes les cartes qu’elle avait en main, et l’homme dont elle souhaitait voir le sang couler continuait à la voir comme fille dévouée et était finalement bien loin de se douter de ses plans… heureusement.

« En effet. » répondit la jolie brune, le visage impassible. Elles avaient donc fini par arriver au cœur de la discussion : le retour des Licinii à Pompéi était un sujet de discussion parmi les patriciens, et ce depuis plusieurs mois. Ce n’était donc pas la première fois que l’on posait indirectement à Domitia les raisons de ce retour, et comme bien souvent, elle préférait faire comme si elle n’avait pas compris où son interlocuteur voulait en venir. Les raisons de leur venue étaient pourtant bien simple : l’orgueil de son père. Cet orgueil démesuré qui le faisait croire qu’il parviendrait à restaurer l’honneur des Licinii à Pompéi. L’orgueil qui l’avait toujours empêché de voir sa fille autrement qu’en jeune romaine exemplaire et dévouée à sa famille. Mais voilà bien quelque chose qu’elle ne pouvait pas dire sans eveiller des soupçons au sujet de la relation qu’elle entretenait avec son père.

Le rire de la jeune femme se joignit à celui de son hôte. Elle devait avouer qu’Helvia n’avait pas tort : qui était vraiment irréprochable ? Aucun des Licinii ne l’était. Chacun avait son secret qu’il préférait ne pas voir révélé au grand jour, des ombres sur le tableau de la famille soudée. Et après tout, pourquoi devait-ce en être autrement pour les autres familles ? Mais l’avouer ouvertement aurait certainement montré qu’elle en savait bien plus long sur ce sujet qu’une jeune fille de son rang ne le devrait. « J’imagine que certaines matronnes respectées de Pompéi vous contrediront à ce sujet. » Une petite allusion à celle que tout le monde surnommait la louve, et qui était certainement une des femmes les plus respectées de la cité… et ce pas uniquement à cause de la place qu’occupait son époux dans la société. Mais comme tout le monde, elle aussi devait avoir des histoires qu’elle préférait garder secret, et qui sait, peut-être que son hôte pourrait lui faire part d’informations croustillantes sur les Pompéi ? Mais Scaevola connaissait sans doute bien trop bien ce genre de jeu pour tomber aussi facilement dans le piège que lui tendait Licinia. Mais qui sait, peut-être pourrait-elle apprendre la position de son hôte vis-à-vis des Pompeii ? Car pour l'instant, elle avait bien du mal à situer la jolie patricienne dans le jeu du pouvoir qui scindait désormais Pompéi en deux...

- Alors, profitons de cette belle journée pour enfin en savoir plus l'une sur l'autre. J'attends cela depuis longtemps. Dis-moi, chère Licinia, qu'est-ce qui vous a fait revenir, ta noble famille et toi, dans cette belle Pompéi ?
En tout cas, son hôte semblait enfin décidée à aborder le sujet qui semblait réellement l’interesser : le retour des Pompéi. Et cette fois, Licinia ne pouvait pas simplement prétendre de ne pas avoir compris la question : celle-ci avait été bien trop directe. « L’honneur » répondit-elle donc, attrapant un des raisins posées devant elle avant d’enchaîner : « Pompéi est la ville de nos ancêtres, et ce n’est pas un scandale qui pourra nous en chasser, d’autant plus que celui-ci s’est produit il y a fort longtemps. Bien que j'imagine certains auraient préféré que nous restions à Rome. » Un sourire était dessiné sur les lèvres de la jolie brune, comme si elle parlait d’un sujet des plus banals. Certes, le scandale en question mettait à mal l’honneur des Licinii puisque le grand-père de Licinia avait été accusé – à tort, du moins si l’on croyait les paroles de Murena – d’avoir détourné des fonds destinés à Venus, et sans doute aurait-il été judicieux de ne pas l’évoquer… Sauf que Domitia n’en voyait pas la raison. Après tout, les opposants des Licinii avaient certainement fait en sorte de faire circuler de nouveaux ces rumeurs, si bien qu’à l’heure actuelle, une bonne partie des habitants de Pompéi devaient en être conscients. D’un geste lent, presque songeur, la jeune femme glissa le raisin dans sa bouche, avant de reprendre la parole. « Et vous ma chère Scaevola, qu'a bien pu vous pousser à vous installer au pied du Vésuve ?. »

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Lun 26 Aoû - 15:12

La veuve ne quittait pas Licinia des yeux, trop intriguée par cette jeune femme dont la force intérieure transpirait. La belle était loin d'être une idiote et sa manière de rester sur la défensive ravissait la patricienne qui y voyait là une marque d'intelligence. Helvia se reconnaissait en Licinia d'une manière si poussée que ça en était presque effrayant. Plusieurs fois, elle ne put s'empêcher de penser qu'elle aurait certainement pu être sa fille...

- Tu ne dis là que la stricte vérité, ma chère... Ton père t'a visiblement déjà bien préparée au monde de requins dans lequel tu seras bientôt plongée seule. C'est une belle marque de sagesse.

Helvia retrouva dans sa mémoire le visage de Caius Licinius Murena. Rarement elle avait eu l'occasion de discuter avec lui et elle était dans l'incapacité de jauger convenablement le personnage. Ce petit défaut lui fit froncer les sourcils le temps d'une seconde : il faudrait vite pallier à cette erreur. De toutes les familles de Pompéi, les Licinii depuis leur retour faisaient partie des plus importantes. Les négliger serait une faute grave pour quiconque aspirait à une influence conséquente entre les murs de la cité.

Oui, la patricienne n'avait pas peur de l'avouer : elle se constituait peu à peu et depuis dix ans une sorte de réseau, indispensable à tous ceux qui désiraient s'élever dans l'ombre. Helvia s'était depuis longtemps résignée à désirer le devant de la scène. Mais malgré tout, ses ambitions n'avaient pas été revues à la baisse. La richesse, le pouvoir, le plaisir, l'admiration avaient toujours été ses premiers amours. Et pour les obtenir, elle se refusait de reculer devant une société de tradition misogyne, des à priori de peureux ridicules ou des soucis de bienséance. Et elle se plaisait à croire que la belle Licinii était capable de la même chose...

A cette pensée, la veuve sourit.

Licinia gardait la réserve des gens ne sachant pas encore jusqu'où aller avec leur interlocuteur. Helvia s'en amusait. Le petit rire qui suivit dans leur discussion sembla détendre légèrement l'atmosphère et la patricienne s'en félicita. La remarque de la jeune femme ne fit qu'accentuer le rire de la propriétaire des lieux.

- Et c'est bien pour cela qu'elle ne brilleront jamais autant que celles qui osent, ma belle...

Cette phrase résonna comme un appel, comme un conseil. Helvia lui lança un regard complice avant de boire une nouvelle gorgée de son infusion. La coupe se trouvant vide, elle la déposa sur la table basse avant de s'enfoncer de nouveau dans le dossier de sa couche.

Elle admira son invitée un moment, ravie de voir en elle comme une adversaire à sa taille malgré son jeune âge. Licinia avait trop de valeur pour que la veuve ne tente de la piéger avec des attaques bien trop évidentes. Cela aurait été une insulte...

Sa question avait donc été brève et simple. Et Helvia se demandait comment Domitia allait décider de réagir.

Finalement, sa réponse se concentra en un seul mot : "l'honneur".

Helvia regarda le grain de raisin rouler entre les doigts de Licinia alors que celle-ci lui répondait avec un ton qui semblait résonner de franchise. L'esprit de la veuve demeura ailleurs pendant plusieurs secondes. Elle réfléchit à ce simple terme, à ce qu'il représentait pour elle et à l'importance qu'elle lui avait donné pendant les quarante premières années de sa vie. Et la réponse, peut-être douloureuse, arriva d'un coup sec : le néant.

Non, la veuve n'avait jamais donné d'importance à l'honneur. Toute sa vie, elle l'avait considéré comme un frein, une contrainte inutile, futile, censée protéger les grands de ceux désireux de les rattraper. Le déshonneur, elle l'avait fait découler sur elle dés les première années de sa vie. Enfant, elle désirait maîtriser sa vie, diriger les garçons et avait refusé l'autorité de son père et de son frère. Mariée, elle n'avait fait que subir un époux dont la force physique lui permettait de la faire plier. Mais elle ne lui avait jamais donné d'héritier et n'avait jamais été résignée au point de lui montrer un soupçon de soumission dans son regard. Après sa mort, elle n'avait pas pleuré et ne l'avait jamais fait croire à quiconque. Et dix ans plus tard, elle demeurait la simple veuve de Marcus Claudius Celsus, Helvia Claudia Scaevola, qui refusait toujours de se remarier malgré le poids de toute la société romaine qui pesait sur les femmes.

Oui, sa vie entière n'avait été que déshonneur, au plus grand dam de toutes sa famille, qu'elle soit d'origine ou par alliance. Et elle avait du mal à concevoir comment ce mot pouvait dicter la conduite de tant de Romains sur cette terre.

Pourtant, c'était bien l'honneur qui avait fait revenir Licinia et sa famille à Pompéi. Le scandale qui avait maculé leurs blanches toges restait encore dans certaines mémoires pompéiennes. La jeune femme affirmait qu'il ne pouvait les empêcher de vivre chez eux, dans leur cité. Mais peut-être était-ce justement ce scandale qui les avait contraint à revenir.

Car certaines familles tiennent à rattraper leur honneur, n'est-ce pas ?

Certaines personnalités auraient visiblement préféré oublier les Licinii. Mais une question vînt rapidement aux lèvres de la patricienne.

- Et toi ? Aurais-tu préféré rester à Rome ?

Alors, le grain de raison glissa dans la bouche de Licinia et une question se formula. Helvia baissa les yeux, un sourire au coin des lèvres. Elle s'attendait à cette question, certainement comme Licinia s'était attendue à celle d'avant.

Elle se laissa quelques secondes le temps de trouver les mots juste. Puis, faisant replonger son regard dans celui de la jeune Licinii, elle lui répondit :

- Certains événements fâcheux nous poussent parfois à changer d'air, que nous le voulions ou non. J'avais toujours vécu à Rome et... le décès de mon mari aura été comme un prétexte pour enfin quitter la capitale.

Elle s'empara d'une datte avant d'ajouter :

- Et il faut croire que je me suis plu à Pompéi, car voilà dix ans que j'y réside et je n'ai nullement l'envie de retourner à Rome !

Elle sourit, croqua sans sa datte, puis elle leva la main pour appeler une de ses esclaves qui s'empressa de se rapprocher.

- Nous voilà lancées dans des discussions bien sombres ! Peut-être aurions nous besoin d'un petit remontant pour ramener un peu de gaieté dans cette maison. Que dirais-tu d'un peu de vin ?

L'esclave regardait sa maîtresse, attendant son ordre.

- J'ai du vin de Rome, quelques uns de Sicile et un très bon Falerne. A moins que tu ne préfères le vin miellé ?

Elle se leva alors, attendant la réponse de son invitée. Et une fois l'esclave partie, elle tendit une main à Licinia pour l'aider à se lever.

- Que dirais-tu d'aller nous rafraîchir sur le balcon ? Je vais te faire apporter une étole.

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Lun 23 Sep - 22:32


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

feat. Helvia & Licinia


L'honneur. Voilà certainement un sujet sur lequel Domitia aurait pu faire toute une tirade s'il y aurait eu quelqu'un pour l'écouter. Ce mot semblait inscrit au plus profond d'elle, et semblait même baigner son esprit. Toute la vie de la jeune femme semblait être sous le signe de l'honneur, comme si cet unique mot suffisait pour décrire chaque étape importante dans sa vie, allant du meurtre de Quintus au retour des Licinii à Pompéi, passant par ses plans de vengeance. Quoique ce dernier point pouvait certainement être attribué à la fierté légendaire des Licinii : car plus que la mort de son amant, c'était le fait de voir tout cet homme avait représenté à ses yeux qui irritait la jeune femme au point de risquer de devoir affronter la colère divine en commettant un parricide. Les furies la poursuivraient-elle comme elles avaient hanté Oreste lorsque celui-ci vengea Agamemnon ?  Finirait-elle aussi par sombrer à la folie face aux assauts de ces divinités persécutrices ? Voilà certainement des questions auxquelles elle n'aurait réponse qu'une fois qu'il serait trop tard pour revenir en arrière, lorsque la murène foulera enfin le sol du royaume de Prosperine. Mais quoiqu'il en soit, la jeune femme était bien décidé à payer le prix pour sa vengeance, quel qu'il soit. Et qui sait, peut-être les dieux ne s'intéresseront pas à elle : l'arrogante prêtresse de Vesta ne l'avait-elle pas maudite ? Bien des années avaient passé depuis, et le châtiment divin se faisait toujours attendre...

D'ailleurs cela était quelque peu ironique que désormais, Domitia se trouvait de nouveau face à une Claudii, une parente par alliance de cette même prêtresse qui l'avait maudite... Mais il ne fallait pas se fier au nom de gens pour juger une personne n'est-ce pas ? Et la jeune patricienne en était sans doute le meilleur exemple. Non, Scaevola semblait être une personne bien trop intéressante pour que Licinia s'arrête au nom de Claudii. Après tout, cette tache dans le tableau de son interlocutrice n'avait pas été acquise de plein gré, mais plutôt par obligation : sans doute, elle n'avait pas eu son mot à dire concernant son mariage. Et même si cela ne suffisait pas entièrement pour la laver du défaut d'appartenir à la grande famille des Claudii, les rumeurs qui circulaient à son sujet le faisaient. Ne disait-on pas que cette union avait été loin d'être heureuse, au point même que certains puissent penser que la ravissante brune puisse avoir joué un rôle dans la mort de son époux ? Mais de toute manière, il ne pouvait être qu'avantageux d'avoir un lien avec les Claudii. Certes, cette famille avait perdu beaucoup d'importance ces dernières années, et pourtant ici à Pompéi, Scaevola jouait un rôle non négligeable. Il n'était donc que prudent de ne pas l'offenser, et qui sait, peut-être même la gagner en alliée contre son père? Quoique, ce dernier point semblait quelque peu utopique. Après tout, quelle raison la veuve aurait-elle se s'en prendre à la murène ? Le vent tournait, et même ici à l'ombre du Vésuve, on avait du constater que les Licinii étaient revenus plus forts qu'ils ne l'avaient été dans le passé, que leur pater familias avait le soutien, ou du moins le bon vouloir du Princeps. Voilà d'ailleurs bien une autre raison pour laquelle Domitia était incapable de comprendre et encore moins d'accepter la décision de son pater : pourquoi devait-il revenir dans cette ville si éloigné du siège de pouvoir au lieu de continuer à évoluer dans l'entourage de son cousin par alliance et de tenter de gagner quelques faveurs pour les Licinii ? Non pas qu'il aurait réellement le temps d'en jouir, mais cela aurait certainement été d'une grande utilité pour Tiberius plus tard, et donc aussi pour elle... Comme si son interlocutrice avait lu dans ses pensées, elle se mit à parler de Rome, demandant si la jeune femme n'aurait pas préféré rester à Rome. « Je crains que mon avis importe bien peu dans cette décision. » répondit la jeune femme, avant de se pencher vers son hôte comme pour lui avouer un secret. « Bien que je dois avouer ne pas comprendre comment un homme sain d'esprit puisse s'écarter ainsi du siège du pouvoir, encore moins dans des temps comme celui-ci. » La jeune femme n'avait pas pu s'empêcher de faire allusion à son lien de parenté - aussi éloigné soit-il - avec l'homme qui tenait désormais les rênes de l'Empire, sans toute fois en parler ouvertement pour ne pas sembler arrogante. Un sourire malicieux dessiné sur les lèvres, la jeune femme reprit sa position initiale. Pourquoi n'avait-elle pas pensé avant à la possibilité d'entacher la réputation de la murène par quelques remarques futiles par ci par là qui pouvaient sembler tout à fait innocentes, mais pourtant faire réfléchir son interlocuteur, voir même commencer des rumeurs ? Comme par exemple le fait que la murène ne soit pas venue de plein gré à Pompéi, peut-être même qu'il ne soit pas si haut placé dans l'estime du Princeps que certains semblaient le penser... Le tout était de ne pas trop insister sur cette idée, de laisser son interlocteur croire qu'il a reçu cette information contre son gré. Quoique... Domitia observait la veuve d'un air attentive. Elle ne semblait pas être une femme qui se laissait si facilement manipuler. Au contraire, elle pourrait certainement apprendre plus d'un tour à la fille unique des Licinii... Mais c'était trop tard, les mots avaient été dit, et il ne servait donc à rien de trop y penser. « Vous me donnez espoir ma chère. Peut-être qu'un jour, je parviendrais à apprécier Pompéi à sa juste valeur. La ville est très charmante, mais la multitude de distractions qu'offre Rome me manque. »

Sur un signe de sa domina, une s'empressa de s'approcher d'elle, tandis que Scaevola proposa un rafraichissement à son invité. « Vous avez certainement raison. J'espère que vous pouvez encore me pardonner cette fois-ci, parler de Rome a tendance à me rendre nostalgique; cette ville qui m'a vue naître est bien plus ma maison que la ville de mes ancêtres. » répondit la jeune femme, un sourire gêné sur son visage. « Du vin de Sicile serait parfait. » ajouta la jeune femme, acceptant par la même occasion de clore le sujet de Rome, tout en acceptant la proposition de son hôte d'aller prendre l'air frais sur la terrasse. Une fois que l'esclave leur avait apporté leur châles, Domitia attrapait le bras de la maîtresse de maison avant de la suivre sur la terrasse. Pendant un moment, elle resta silencieuse, observant le Vesuve qui se dressait au loin. « Je pourrais presque vous envier ma chère pour être la maîtresse d'une aussi belle maison. » Cette fois, la confession prononcé sur un ton quelque peu rêveur n'avait rien d'enjouée ou de prémédité, mais au contraire, elle venait du fond de l'âme de la jeune femme. Qu'aurait-elle donné pour ne plus être sous l'autorité de son père, et d'avoir une position semblable à celle de Scaevola !

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Ven 4 Oct - 19:32

Helvia regardait la jeune lionne des Licinii dans les yeux et croyait pouvoir y lire toutes les questions qui les assaillaient. Cette discussion qu'elles deux voulaient faire croire légère n'était pas moins qu'une grande prouesse stratégique d'un côté comme de l'autre. Et dans cet exercice qu'elle affectionnait beaucoup, Scaevola pensait avoir trouvé une adversaire à sa taille. Licinia était de bonne famille, savait comment parler et comment détourner les sujets à son avantage. Chaque question était une attaque à demi dissimulée, chaque réponse une mise à l'épreuve qu'elle se devait de réussir de la manière la plus naturelle possible. Ses sourires étaient calculés, sa respiration rythmée, ses regards étudiés. Et Helvia lui souriait.

Beaucoup de bruits courraient sur la famille des Licinii et les fréquentations de la veuve ne faisaient qu'accentuer cette impression. Amie intime du duumvir, elle connaissait la haine que Publicola vouait au père de son invitée. Tante de Claudia Cassia, sa nièce favorite, elle ne pouvait ignorer les différents qui l'opposaient à Licinia. Et pourtant, sans jugement moral sur cette jeune femme ou sa famille, Helvia ne voyait que le talent d'oratrice et de stratège qu'elle possédait. Elle avait trop peu de sources diverses pour se risquer à un jugement de valeur sur la fleur des Licinii. Aussi, elle ne faisait que profiter sans aucune honte de la compagnie d'une future patricienne romaine accomplie et du jeu cérébral que cela impliquait.

Certaines aspirations de la jeune Licinia transpirèrent dans ses paroles. Et Helvia crut reconnaître une pointe d'amertume dans ses dires concernant son père. Un "homme sain d'esprit"... Murena ne l'était-il donc pas aux yeux de sa fille ? Voilà une façon bien étrange de qualifier l'illustre pater familias... Cette remarque piqua au vif l'intérêt de Scaevola qui n'en laissa pourtant rien paraître. Ses doigts effleurant doucement le bout de ses lèvres, elle répondait d'une voix douce :

- Le pouvoir... T'attire-t-il ?

Sa question paraissait dans la tête de la veuve bien plus rhétorique qu'autre chose. Et comme pour involontairement justifier le geste de Murena, elle ajouta :

- Pour percer dans ce monde élitiste, il faut parfois accepter de se cacher un temps dans les coulisses, ma chère. Je comprends ta frustration, Pompéi paraît bien loin de toutes les institutions les plus prestigieuses de l'empire. Mais méfie-toi des villes dites secondaires. Certes, Pompéi n'a pas le prestige et la richesse de Rome. Mais la concurrence pour le pouvoir y est bien moindre ! Mieux vaut s'illustrer dans une ville de second plan que rester toute sa vie inconnu à Rome. Si ton père réussi à Pompéi, ses victoires le propulseront directement lui et sa familles dans les cercles les plus sélectes de Rome. Peut-être est-ce ce que ton père a en tête...

Terminant sa phrase, Helvia se rendit compte qu'elle n'avait jamais encore officiellement rencontré le pater familias des Licinii. Son visage lui revenait cependant, fantôme parmi tant d'autres des soirée mondaines de Pompéi. L'espace d'un instant, l'envie la prit de mettre plus qu'un visage sur un nom et l'idée d'inviter la famille Licinii au complet dans sa demeure germa dans son esprit. Mais le regard perçant de la jeune Licinia la tira de ses rêveries.

La jeune femme avait ce genre de regards pénétrants, capables d'intriguer ou de faire se sentir mal à l'aise n'importe qui, même les plus grands. Des regards énigmatiques qui ne laissaient que rarement transparaître des émotions quelconques. Le regard des femmes qui savent où elles veulent aller et ce qu'elles sont capables de faire pour y parvenir. Un sourire en coin se dessina de nouveau sur le visage de Scaevola sans qu'elle ne tente de le dissimuler. Après tout, il ne lui témoignait qu'une sorte d'admiration bien à elle. Une admiration particulière, mais certaine cependant. Une estime. Estime qui commençait gentiment à se transformer en sympathie. Et alors que la nostalgie semblait avoir envahie une petite part de Licinia, Helvia chuchota d'une voix douce en se penchant vers elle :

- Pompéi sera la ville que tu veux qu'elle soit. On peut trouver une part de lumière même dans les plus sombres nuages. Le tout est de savoir si tu es prête à lui donner sa chance.

Elle se redressa alors et ajouta d'une voix légèrement plus forte :

- Mais je comprends qu'elle puisse paraître des plus ennuyantes pour une jeune femme telle que toi. Tu es trop jeune certainement pour te délecter des discussions hypocrites de notre magnifique élite patricienne. Mais peut-être que le temps te donnera les réponses que tu souhaites. Car si Pompéi est finalement devenue mon refuge, peut-être saura-t-elle également devenir ta cité de coeur.

Elle lui offrit un sourire des plus sincères avant de se lever pour enfiler l'étoffe que lui tendait Nasica. Licinia fit de même, bredouillant des excuses polies dignes des plus belles jeunes patriciennes de Rome. Helvia posa une main chaleureuse sur son bras, la mine radieuse.

- Ne dis pas de sottise, Licinia. Si nous n'avons pas le droit d'être honnêtes entre femmes, quand le pouvons-nous ?

Elle se tourna alors vers Nasica et lui lança d'une voix plus ferme.

- Apporte nous du vin de Sicile.

Alors, son invitée gentiment cramponnée à son bras, elle se dirigea vers la terrasse.

Un vent frais faisait se soulever leurs vêtements et leurs tissus. Helvia croisa les bras, le sourire aux lèvres. Elle avait toujours adoré s'abandonner à la fraîcheur de l'hiver dans ses moments perdus. Elle prit une grande inspiration, admirant la vue que le balcon leur offrait sur Pompéi. La ville paraissait toujours plus vide en hiver, d'un calme surnaturel comparé à l'effervescence de l'été. On entendait les coups de marteau de quelques artisans et des exclamations bruyantes des gens de la plèbe au loin. L'air embeaumait le cheval, le métal chaud, le pain et le sable. Il avait plu pendant la nuit, laissant une odeur humide dans les ruelles étroites de Pompéi que le peuple envahissait par groupes de plus ou moins grande imoprtance. Les deux femmes demeurèrent silencieuses quelques secondes, pensives. Un silence agréable et sain qui contrastait peut-être avec le petit jeu verbal auquel elles avaient joué quelques minutes auparavant. Nasica amena une amphore de vin accompagnée d'une deuxième esclave qui tenait une coupe dans chaque main. Elles les remplirent avant de les tendre respectivement à chacune des patriciennes.

- Merci... murmura Helvia avant d'en boire une gorgée.

L'alcool coula délicieusement dans sa gorge, répandant sa chaleur dans tout son corps. Cette impression délicieuse de dualité enttre le chaud et le froid la fit frissonner. La voix de Licinia s'éleva alors, frêle, basse, comme si elle ne devait pas se trouver là. Helvia lui lança un regard doux avant de sourire discrètement. Oui, elle-même avait longtemps désiré cette liberté. Cette villa, cette ville, cette liberté d'action,... Tout ce dont elle avait rêvé pendant toute sa jeunesse s'étendait sous ses yeux. Elle jeta de nouveau un oeil à la cité qui s'offrit humblement à son regard puis baissa la tête pensive. Elle se demanda si elle était heureuse. Et elle l'était, très certainement. Plus que pendant l'immense majorité de sa vie, c'était une certitude. Pourtant, une petite voix dans sa tête l'empêchait de pleinement profiter de ce qu'elle avait acquis. Car au fond d'elle, elle savait que tout ce qu'elle possédait n'était qu'illusions. Certes, elle vivait seule. Son mari était mort, sa fortune était considérable et elle se gardait bien de rentre compte de ses agissements à qui que ce soit. Cependant, depuis sa naissance et jusqu'à sa mort, elle resterait de près ou de loin sous le joug d'un homme, comme elle était aujourd'hui sous celui de son père.

- Cela peut faire rêver, il est vrai... murmura-t-elle pensive avant de prendre une voix plus résignée. Mais tout cela se paye.

Licinia avait parlé avec franchise, sa remarque n'avait pas été calculée. Elle était sortie du coeur, sans faux-semblant ou stratégie cachée. Du moins, Helvia n'en avait pas l'impression. Aussi, comme pour lui rendre la pareille, elle décida de s'ouvrir elle aussi un peu plus.

- Avant d'arriver là où j'en suis, j'ai sacrifié vingt-quatre ans de ma vie. Puis j'ai eu à subir les bruits de rues à mon égard qui ne se sont pas tout encore taris, je dois dire... Toutes les femmes souffrent, c'est le propre de notre sexe dans la société romaine. Nous essuyons les plâtres dans les coulisses sans jamais être autorisées à entrer dans la lumière. Et certaines places sont parfois encore plus ingrates que d'autres...

Elle fit une pause quelques secondes, se permettant enfin de plonger ses yeux dans ceux de Licinia.

- Toute situation enviable possède sa part d'ombre et n'oublie jamais que pour les femmes, elle ne sera qu'illusion. Car une femme demeurera toujours sous l'autorité d'un homme. J'ai seulement la chance d'être sous celle d'un père qui a depuis longtemps abandonné l'idée de dicter ma vie dans tous ses détails...

Elle s'arrêta une seconde et pensa à son père qu'elle n'avait plus vu depuis des années. Sa famille n'avait jamais vraiment eu une importance capitale pour elle. Elle ne s'entendait pas avec ses parents, pas plus avec Tiberius ou Helvia Ocella. Quant à sa famille d'adoption, elle ne se sentait assez proche que de ses nièces : Cassia et Rufia. Et pourtant, cette autorité que son père avait sur elle assurait un lien entre elle et les Helvii qu'il lui arrivait de regretter amèrement.

Elle se refusa de donner de véritables détails supplémentaires, car il n'y avait pas encore de confiance entre les deux femmes. Juste une intrigue mutuelle, un intérêt étrange, une attirance particulière entre deux femmes aux nombreux points communs. Toute la question était de savoir si les contraires allaient s'attirer ou s'éloigner...

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Dim 17 Nov - 12:49


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

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Depuis leur première rencontre, Domitia avait été intriguée par cette femme qui se tenait désormais non loin d’elle. Jamais auparavant elle n’avait vu un tel mélange de subtilité et de force, de féminité et d’ambition, et ce malgré le fait que ces caractéristiques pouvaient également être utilisées pour décrire deux de ses plus proches parentes. Mais Scaevola avait une chose que ni la tante, ni la mère de Domitia n’avaient, et ce que la jeune femme convoitait plus que tout : son indépendance. Elle avait su résister à la pression des convenances qui voulaient qu’une femme en âge de donner vie se remariait rapidement après la mort de son époux, et mieux encore, elle avait su résister sans pour autant que les portes de la haute société ne lui soient fermées, sans que son nom ne perde en renommée. Et c’était finalement cela qui fascinait le plus la jeune Licinia, et sur quoi elle aurait aimé en apprendre d’avantage. Et bien que leur discussion puisse sembler bien superficielle, elle était consciente que son hôte tentait tout autant de lire en elle qu’elle cherchait à découvrir plus sur la veuve des Claudii. Et sans doute que Scaevola était le meilleur adversaire qu’elle ait pu avoir jusque-là, car jamais n’avait-elle eu l’impression de devoir autant surveiller ses propos. Si le pouvoir l’attirait ? Il y a quelques années encore, sa réponse aurait été un seul mot : non. Mais depuis, au fur et à mesure de ses intrigues, elle avait appris à faire plier des hommes à ses caprices, certains par flatterie ou en les charmant, d’autres en les faisant chanter. Et bien que cela ait été uniquement dans le but de se venger de son père, elle ne pouvait pas nier le fait qu’elle avait rapidement appris à apprécier ces petits jeux de pouvoir. Heureusement pour Domitia, son hôte ne semblait pas attendre de réponse à cette question, puisqu’elle enchaîna rapidement en parlant de la position politique de Rome. Un léger sourire parut sur les lèvres de la jolie brune lorsqu’elle s’imagina l’expression sur le visage de son père s’il aurait entendu de telles paroles. A quel point aurait-il eu du mal à cacher son indignation ! « Mon père possède les faveurs du Princeps pour avoir été des premiers à s’être battu à ses côtés. Je doute que s’écarter du siège de pouvoir puisse lui apporter quelque chose. » Oh, certes, ces bonnes grâces n’avaient pas été suffisantes pour que la famille de Murena soit présentée à l’Empereur, mais pourquoi s’arrêter à ces détails ? Au contraire, plus les habitants influents de Pompéi craindront le nom des Licinii, plus il serait facile pour elle de trouver des alliés. Une fois que les anciens ennemis des Licinii se croiraient dos au mur, ils se sentiraient obligés d’agir… Souriant légèrement, la jeune femme abandonna ses plans de vengeance et ajouta « Mais qui suis-je pour critiquer les actions de mon pater. Vous avez certainement raison, mon père doit avoir ses raisons pour quitter Rome et rejoindre la ville qui a vu naitre nos illustres ancêtres. » Sous-entendre que le legatus était en ville non pas pour des affaires de politique, mais bien pour des raisons bien plus personnelles donnerait sans doute à penser à certains, et Domitia ne doutait pas une seule seconde que son interlocutrice était assez intelligente pour comprendre ce sous-entendu… et deviner que, bien que la jeune femme avait assez d’esprit pour ne pas l’évoquer plus ouvertement, il était question de la rivalité entre Pompeii et Licinii. Que peut-être Murena avait attendu d’avoir assez de pouvoir avant de revenir dans cette ville et d’avoir enfin sa vengeance. Mais si Licinia avait appris une chose pendant les années à Rome, c’était bien que parfois, les non-dits avaient bien plus d’impact que ce qu’on prononçait les mots à haute voix. Et qu’il ne fallait en aucun cas trop hâter les choses. Pour l’instant, la jeune femme n’avait pas la moindre idée où se situait son interlocutrice dans la rivalité entre les deux gens ; et comme elle ne souhaitait en aucun cas éveiller la méfiance de cette femme respectable à son égard, il était certainement préférable qu’elle n’insiste pas trop sur ces choses-là. Parler sur la beauté de la maison de son hôte par exemple semblait être un sujet bien moins délicat. Et pour la première fois depuis bien longtemps, la remarque de Domitia n’avait pas été calculée, mais venait bien du fond du cœur. Elle ne s’était pas attendue à ce que le sujet prenne un tel tournant, et pourtant, elle ne pouvait nier qu’elle était heureuse que cela soit le cas. « Et pourtant, vous vous tenez là, droite. Les rumeurs ne vous ont pas empêché de continuer votre chemin et compter désormais parmi les personnes les plus influentes de Pompéi et de jouir d’une relative liberté. Cela ne vaut-il pas les sacrifices ? » La jeune patricienne admirait mais aussi enviait son interlocutrice pour son indépendance. Cette dernière ne valait-elle pas tous les sacrifices ? Ne valait-elle pas mieux que d’être enchaîné à un homme qui ne vous considérait uniquement comme un part d’un marché conclue avec votre famille, comme un bout de viande là dans le seul bout de satisfaire sa faim ? La jolie brune ne se faisait pas d’illusion sur le fait que le jour où son père la donnerait en mariage à un quelconque allié, elle n’aurait pas d’autre options que d’accepter et de jouer sa part dans le jeu. Mais était-ce tellement déplacé d’aspirer à plus, de ne pas vouloir être qu’une simple marionnette passée de main en main pour sceller un accord ?

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Lun 13 Jan - 18:37

Drôle de conversation que celle qu’entretenaient les deux femmes. Si étrange. Si simple en apparences, mais si grave en vérité et la veuve savait que la jeune Domitia était elle-même consciente des enjeux de chacune de leurs paroles. La fille de la Murène était très jeune mais très douée déjà. Elle connaissait les armes nécessaires au jeu des mots, les pirouettes à utiliser en cas de difficulté, les silences à imposer aux moments opportuns… Certes, cela n’aidait pas la veuve à obtenir les quelques informations qu’elle espérait découvrir, mais cela rendait la conversation ô combien plus intéressante. Et Helvia avait toujours préféré les véritables duels rhétoriques aux batailles trop facilement gagnées.

Licinia regrettait Rome. C’était une évidence. Elle ne comprenait pas les raisons qu’avait son père pour avoir quitté la capitale pour revenir dans cette ville bien plus modeste au pied du Vésuve. Et la veuve était bien incapable de lui expliquer ce changement dans leur vie car Licinia était le premier membre des Licinii qu’elle rencontrait véritablement. Elle ne connaissait pas assez Murena pour prétendre comprendre ses projets. Pourtant, elle savait qu’il avait ses raisons et de bonnes raisons, car Publicola se méfiait de ce retour. Helvia ne savait pas si elle pouvait comparer son regard à de l’inquiétude. Mais ce qui était sûr, c’était que pour le duumvir, ce retour ne semblait présager rien de bon. Alors oui, la Murène savait certainement ce qu’elle faisait en revenant à Pompéi, la terre de son déshonneur. Car les réactions des Pompéiens lui donnaient déjà raison.

Pour autant, la veuve ne pouvait que comprendre les frustrations d’une jeune femme ambitieuse soudainement emmurée derrière les remparts d’une cité de bien moins grande envergure que Rome. Aussi, plutôt que d’insister sur les décisions certainement réfléchies de son pater, elle préféra laisser à la jeune Licinii le temps d’observer les conséquences qu’allaient avoir leur retour sur leur blason familial. Quelque part, pour tous les Licinii, on pouvait souhaiter que Domitia ait tort. Pour les Pompéii, on espérait qu’elle ait raison. Où Helvia devait-elle se placer ?

Elle sourit.

La fille de la Murène regarda alors autour d’elle avec des yeux qui ne laissaient place à aucun doute : l’admiration était là, avec peut-être aussi une part de rêve… Helvia ne put s’empêcher d’en ressentir une certaine fierté et laissa son regard se balader à son tour sur les murs de sa villa. Oui, elle était parvenue à faire bâtir cet endroit et en était la seule maîtresse. Les esclaves n’écoutaient que leur domina et lui étaient, elle en était presque sure, tous entièrement dévoués. Nasica, bien sûr, avait une place particulière dans son cœur. Mais tous respectaient la maîtresse de maison, car elle-même traitait ses esclaves correctement. Ses richesses, elle avait su les conserver, en les misant dans des investissements réfléchis qui avaient jusqu’à lors rarement été malheureux. Sa liberté, malgré toutes les limites qui s’imposaient toujours à elle, demeurait bien sûr très rare pour une femme romaine. Elle le devait à la mort de son époux, évidemment, et à un père qui s’était résigné avec le temps à dicter son bon vouloir à sa fille aînée.

Oui, Helvia Claudia Scaevola était fière de ce qu’elle était parvenue à construire, de sa situation enviable et de la célébrité de son nom. Beaucoup de Romains connaissaient encore certainement Scaevola, d’une manière ou d’une autre. Et désormais, à Pompéi, la gauchère avait également sa place. On la traitait d’empoisonneuse ou de génie, d’opportuniste ou de stratège. Mais on la connaissait et on savait son influence. On pouvait la haïr, l’admirer… Helvia ne s’en préoccupait plus. La seule chose importante était qu’on la connaissait.

La voix de Licinia s’éleva de nouveau, si naturelle qu’elle pouvait sembler irréfléchie. La jeune Domitia était-elle envieuse de cette situation ? Helvia baissa les yeux, un sourire triste aux coins des lèvres. Ce statut ne se gagnait pas sans sacrifice. Et pour obtenir cette villa, cette fortune, cette notoriété ou ce semblant de liberté, la veuve avait dû accumuler les sacrifices. Domitia semblait croire qu’une telle situation méritait ces difficultés. Mais quand les sombres moments de sa vie revinrent à la mémoire d’Helvia, elle ne put que nuancer les propos de sa jeune invitée.

- Oui, je me tiens droite. murmura-t-elle. Mais il m’arrive parfois de me demander comment je parviens encore aujourd’hui à me tenir ainsi debout.

Elle prit une grande inspiration avant de plonger son regard dans celui de la Licinii.

- Longtemps, je n’ai eu aucun doute. Encore aujourd’hui, j’ai rarement des regrets concernant les choix que j’ai pu faire. Mais parfois, mes cauchemars me rappellent tout ce que j’ai dû sacrifier, tout ce que j’ai vécu avant d’arriver là où j’en suis. Tu es trop jeune pour te douter de ce que réserve le destin à une femme plus ambitieuse encore qu’un homme. Mon corps et mon esprit sont couverts des cicatrices qui me rappellent chaque jour tout ce que m’a coûté cette liberté. Cette vie est mon choix. Je sais pourquoi je l’ai voulue et pourquoi je fais tout aujourd’hui pour conserver ce que j’ai si difficilement acquis.Mais je ne peux oublier tout ce que j’ai perdu et tout ce que je ne récupèrerai jamais. Cette vie n’est pas pour toutes les femmes. Il faut être capable d’aller au bout de ce projet car une fois débuté, il est impossible de revenir en arrière. Sache-le, Domitia, cette situation nécessite de commettre des choses irréparables.

La veuve détourna alors le regard vers le balcon et la ville de Pompéi qui grouillait sous leurs pieds. Elle laissa une voix pensive s’élever alors.

- Je sais ce que j’ai perdu et je sais ce que j’ai gagné. Je ne regrette pas mes choix. Mais cette relative liberté a brisé a jamais une partie de moi…

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Jeu 27 Fév - 21:01


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

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Pompéi. De toutes les villes où son père aurait pu choisir de s’installer, il avait dû opter pour cette cité au pied du Vésuve. La ville où le simple nom de Licinia portait préjudice. L’endroit où plus que jamais il avait besoin d’alliés s’il souhaitait y demeurer. Bien sûr, la jeune femme pouvait tirer un certain avantage des anciennes rivalités et tenter de les tourner contre la murène. De faire en sorte que Pompéi serait une fois de plus le pavé qui ferait trébucher le pater familias des Licinii, comme son prédécesseur une vingtaine d’années auparavant. Et pourtant, une part de la jeune femme redoutait qu’elle ne devienne rapidement une pièce maître dans la recherche d’alliés de son pater. Après tout, quel meilleur moyen de conclure une alliance que par un mariage ? Et elle n’avait finalement pas eu besoin de rencontrer Pompeia Septima Aurea, la fille du duumvir qui était mariée à un homme de près de sept fois son âge pour comprendre que le même destin risquait de l’attendre d’ici peu. Et elle n’était que trop consciente qu’une fois que son père aurait choisi un candidat, elle n’aurait pas d’autre choix que de l’accepter. Personne ne se soucierait de son avis sur la question. Cela avait été le sort de bien de femmes avant elle, et pourtant, cette idée la révoltait. Sans doute était-ce aussi en partie pour cela qu’elle s’était découverte une certaine admiration pour son interlocutrice. La jolie veuve avait réussi à se construire une vie ici, seule, sans se laisser dicter ses faits et gestes. Et même si quelques mauvaises langues semblaient prendre plaisir à rappeler derrière son dos qu’il n’était pas normale pour une femme de vivre seule, de ne pas se remarier même plusieurs années après la mort de son époux, Scaevola n’avait pas moins réussi à se faire la réputation d’être une femme respectable, indépendante, alliant grâce et sagesse. N’était-ce là pas quelque chose d’enviable ? Si l’on se fiait aux paroles de la belle veuve, cela ne l’était pas tant que ça. Pendant quelques instants, Domitia resta silencieuse, tentant de saisir toute l’étendue des paroles de la gauchère. De quels sacrifices parlait-elle ? Elle avait échappé au sort de la grande majorité des femmes romaines. Elle était parvenue à sortir de l’ombre de son époux. Sans doute était-ce justement là ce qu’on lui reprochait : qu’elle ne se soit pas contentée de son rôle d’épouse, de matrone… Était-ce justement cela qu’elle regrettait, de ne pas avoir eu d’enfants, de famille ? Dans ce cas, elle baisserait dans l’estime de Domitia. Même si elle rêvait du contraire, la jeune femme savait parfaitement qu’elle n’échapperait pas indéfiniment au mariage, qu’un jour elle deviendrait elle aussi matrone et aurait des enfants. Mais contrairement à bien d’autres femmes, cela n’était pas quelque chose qu’elle attendait avec impatience, bien au contraire même. Pourquoi vouloir voir son corps déformé, sans parler des tous les autres soucis d’une grossesse ? Non, cet état n’avait absolument rien d’envieux. C'était juste un des devoirs que l'on avait en tant qu'épouse. Et ce n'était certainement pas pour rien que l'on appelait cela devoir conjugal , n'est-ce pas ? Non, Scaevola avait certainement dû faire allusion à autre chose, une allusion dont la jeune femme était bien incapable de saisir l’étendue. Des choses irréparables ? Voilà bien une expression qui pouvait cacher bien des choses. Comme ce que Domitia s'apprêtait à faire en complotant contre son père. Là non plus, il n'y avait pas de marche arrière possible. La gauchère savait-elle quelque chose sur ses intentions ? Non, cela était impossible... Qu'est-ce qu'il serait tentant de demander des éclaircissements à ce sujet, mais la jeune femme était parfaitement consciente que cela ne servirait à rien si ce n'était s'attirer la méfiance de son hôte.

« Je crains que parfois, mon parler est trop franc et mon esprit pas toujours conscient des conséquences de mes mots. Je suis désolée si je vous ai rappelé des souvenirs peu agréables.  Ce n'était nullement mon intention. » s'excusa-t-elle d'une voix douce pour clôturer le sujet. Sa remarque n'était ni un mensonge, ni la vérité. Normalement, elle contrôlait bien plus ses mots, mais ce sujet avait été bien trop intéressant pour qu'elle fasse preuve de sa retenue habituelle. Et il était grand temps pour remédier à cela. En temps voulu, elle pourrait peut-être y revenir dessus, mais pas tout de suite. Pendant quelques instants, la jolie brune resta silencieuse et observa la ville qui semblait s'étendre à leurs pieds. La chose la plus intelligente à faire aurait certainement été de changer de sujet, et surtout cette fois ci d'en choisir un... disons moins polémique. Comme demander à la veuve où elle s'achetaient ses magnifiques bijoux par exemple. Mais peu importe à quel point la jolie femme appréciait ces jolies accessoires, une telle conversation lui semblait bien fade face à celle qu'elles venaient d'avoir. Pour une fois qu'elle se trouvait face à une femme qui semblait aussi - voir même plus - réticente qu'elle à se laisser dicter sa vie par des hommes et qui semblait partager son envie d'indépendance, elle ne souhaitait pas parler de sujets sans intérêt.  « Puis-je vous poser une question personnelle ? » demanda Domitia, pourtant une fois de plus son regard sur son interlocutrice. Restant silencieuse juste assez longtemps pour laisser une chance à la gauchère de répondre, elle finit par enchaîner  « Je ne veux pas paraître indiscrète, mais n'avez vous jamais songé à vous remarier après la mort de votre époux ? »  La jeune femme songea à sa tante. Laelia était veuve depuis bien moins longtemps que Scaevola, et pourtant, elle n'hésitait pas de faire part de son envie de se trouver un autre époux. Et comme son hôte avait parlé de regrets... peut-être regrettait-elle ne pas avoir agit de la sorte que Laelia le faisait maintenant et s'être trouvé un époux ?

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Ven 21 Mar - 20:31

Licinia semblait plus pensive encore qu’auparavant. Peut-être ne comprenait-elle pas tout ce que la veuve désirait lui dire. Ce désir étrange, par ailleurs, surprit Helvia plus qu’elle ne l’aurait cru. Quelle était cette envie qui naissait en elle et qui lui demandait de parler à cette jeune fille comme une mère ou un mentor ? Pourquoi mettait-elle la fille de la Murène en garde alors que de toute son âme, elle voulait protéger Publicola, l’ennemi de son père. La chute de la fille ne fragiliserait-elle pas le père ? Alors pourquoi Helvia avait cette impression aussi soudaine qu’inattendue de se voir affublée d’une sorte de responsabilité qui voulait qu’elle prévienne Licnia des dangers d’une telle vie ? Elle regardait cette jeune femme et avait l’impression de se reconnaître, encore. Peut-être aurait-elle voulu à son âge rencontrer une femme capable de la mettre en garde sur les conséquences de ses ambitions dévorantes. Peut-être aurait-elle voulu avoir ces armes pour savoir exactement quelle vie choisir et pourquoi, pour se préparer aux sacrifices qu’elle avait dû faire. Peut-être était-ce ce regret qui la forçait à se comporter ainsi avec l’aînée des Licinii, malgré cette voix qui hurlait et hurlait dans sa tête de la laisser prendre autant de risques qu’elle le voulait, de la laisser trébucher et tomber finalement dans le scandale et l’opprobre…

Non. Licinia ne méritait pas cela. Quand elle tentait de lire en elle, Helvia ne voyait qu’une jeune fille perdue dans ses devoirs et les lois que l’Empire lui imposait, une créature sans repère qui craignait d’être plongée dans les eaux des Enfers par la main même de celui qu’elle appelait son pater. Elle aussi serait mariée pour sceller une alliance, elle aussi devrait être aimante avec un homme qu’elle apprendrait à connaître après son mariage, elle aussi devrait avoir des enfants, sous peine d’être répudiée, salie, déshonorée… Et face à toutes ces échéances qui se rapprochaient comme autant de prédatrices, Domitia ne semblait rêver que d’une chose : être assez forte pour que la proie finalement domine.

Helvia avait-elle l’obligation de sacrifier la fille pour faire tomber la Murène ? La défense de Publicola devait-elle aller jusque-là ? Caius Licinius Murena était l’ennemi de Lucius, mais Domitia, dans ce duel, n’était que tombée dans un camp plutôt qu’un autre par sa seule naissance. Le hasard pouvait-il être la seule raison d’un acte aussi lourd de conséquences ? Non. Pas pour Helvia. Licinia était un membre de la famille déshonorée, de la famille rivale des Pompeii. Mais elle n’en était pas moins Domitia, une femme à part entière prise au piège d’un combat dont elle ne pouvait presque rien maîtriser, mais qui la blessait autant que son père à chaque attaque qui lui était faite.

Alors oui, elle préviendrait Licinia, elle la mettrait en garde sur les conséquences que peuvent avoir une ambition aussi prononcée pour une femme. Après cela, elle choisirait son avenir. Peut-être ferait-elle tout pour obtenir ce semblant de liberté et une villa où elle serait la seule à prendre les décisions. Peut-être choisirait-elle de prendre le chemin tracé par Rome et agirait-elle à la gloire de l’Empire. Cela ne concernait qu’elle. Mais Helvia aurait agi en son âme et conscience.

La voix de Licinia résonna de nouveau dans les oreilles de la veuve, plus douce, plus hésitante aussi peut-être. La jeune fille s’excusa, comme si elle avait pu blesser son hôte. Lentement, Helvia secoua la tête pour la rassurer.

- Rien de ce que tu as dit ne mérite que tu t’excuses, chère Licinia. Les blessures que tu crains d’avoir rouvertes ont définitivement cicatrisé depuis bien longtemps déjà. Aujourd’hui, mon rôle n’est-il pas au contraire de savoir en parler avec les femmes qui n’ont pas encore mon expérience afin que mes victoires et mes échecs leur servent à faire les bons choix lorsqu’elle auront à dicter leur propre vie ?

Le silence s’installa entre elles quelques instants. Helvia sourit alors et Licinia retourna à ses pensées en parcourant du regard le paysage qui se dessinait sous leurs pieds. La veuve était heureuse de partager ce moment avec la fille des Licinii : elle se révélait aussi intelligente qu’elle l’espérait et sa famille ne pouvait nullement lui enlever de sa valeur, même si, en discutant avec elle, Helvia avait parfois la douloureuse sensation de s’entretenir avec l’ennemi. Ou plutôt, elle le craignait. Rencontrer Licinia n’était pas pour elle qu’une simple visite de courtoisie : elle désirait véritablement découvrir qui était cette jeune fille et si oui ou non, elle pouvait avoir raison de se méfier d’elle et de la considérer comme une menace pour elle ou pour Lucius, de la même manière que Caius, son père. Et au vu des légères confidences qu’elles se permettaient toutes les deux de faire, la gauchère n’avait certainement pas à se sentir déçue.

Alors qu’une nouvelle question s’échappa des lèvres de Domitia, Helvia détourna de nouveau son regard vers elle.

- Bien sûr, répondit-elle. - Tu peux la poser. Je déciderai après si je désire te répondre.

Elle lui lança un sourire ironique qui soulignait bien la deuxième partie de sa réponse. Helvia demeurait une femme de secret qui appréciait de maîtriser les chemins que suivait une conversation. Les mauvaises postures ne duraient jamais bien longtemps avec elle, parce qu’elle les empêchait de se produire ou faisait tout pour rapidement les réduire à néant.

Quand elle entendit la question de Licinia, elle ne put s’empêcher un sourire discret, comme si elle l’attendait. Non pas qu’elle connaissait par avance les pensées de Domitia, mais elle se doutait des mystères qui l’entouraient et que ce genre d’interrogations devait certainement être partagé par plusieurs Pompéiens, et même peut-être encore quelques Romains pour qui son souvenir n’avait pas péri avec son départ. La veuve n’hésita pas bien longtemps. C’était le genre de sujets qu’elle n’avait pas peur d’évoquer avec des personnes comme Licinia. Alors, après une profonde inspiration, elle répondit :

- Je suis restée mariée quatorze ans, Licinia. Quatorze longues années. J’ai connu des femmes ravies de leurs mariages, des couples heureux qui paraissent indissociables. Le duumvir et sa femme sont ainsi décrits par bon nombres d’habitants de Pompéi, et il me semble que l’on parle de cette même manière de tes parents. Malheureusement, cela n’a jamais été mon cas.

Pendant ces quatorze années, je n’ai été que l’ombre de moi-même. En plus de mentir à mon entourage pour jouer ce rôle d’épouse soumise et aimante, je devais me mentir à moi-même pour que ce jeu maintes fois répété garde un minimum de crédibilité. Autant te dire que ces années sont loin d’avoir été les plus heureuses de ma vie.

Quand Marcus est mort, j’ai découvert une nouvelle vie. Ou peut-être même une vie, tout simplement.


Elle avait prononcé cette dernière phrase sans sourciller, comme si rien ne pouvait paraître choquant dans ces propos. Elle les pensait avec une telle sincérité qu’elle ne parvenait même plus à glisser une pointe d’hypocrisie politiquement correcte dans son jeu.

- Comme je te l’ai dit, cette vie ne m’a pas apporté que du bien. Loin de là. Mais il n’y a que depuis que je vis seule et que j’ai le loisir de prendre mes propres décisions que je me sens vivante. C’est un sentiment dont on ne connait l’importance que si l’on est déjà mort une fois…

Oui, Helvia était morte dans cette villa romaine. Tout son être était mort, repoussé, banni, tant par son époux que par elle qui tentait par toutes les manières de se protéger. La mort du sénateur avait permis sa renaissance, ni plus ni moins.

- Si j’ai songé à me remarier, dis-tu ? Pas une seconde… Je crois que la seule raison véritable est parce que j’en ai peur. Mon premier mariage m’a fait tout perdre, jusqu’à moi-même. Jamais je ne me suis retrouvée complètement, mais ce que j’ai gagné aujourd’hui, je ne veux plus risquer de le perdre.

Elle plongea de nouveau son regard dans celui de Licinia afin qu’elle puisse y voir toute sa sincérité. La jeune femme cherchait-elle à travers ces questions une raison de vouloir un mariage prochain, une raison de partager certainement avec son père le désir commun d’une future union ? Si tel était le cas, elle n’était certainement pas tombée sur la bonne personne. Il était difficile pour une femme qui avait connu les côtés les plus sombres du mariage de le souhaiter à une de ses connaissances par la suite.

- Crains-tu cette prochaine étape dans ta vie ? demanda-t-elle en penchant légèrement la tête de côté.

Après tout, n’avait-elle pas elle aussi le droit de poser des questions… indiscrètes ?

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Mar 20 Mai - 18:56


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

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Pourquoi faisait-elle confiance à Scaevola en laissant transparaître ses véritables pensées entre les lignes ? Était-ce peut-être parce que d'une certaine manière, la veuve lui rappelait sa tante et sa mère ? Les trois femmes avaient beau paraître très différentes au premier regard, et pourtant, chacune d'elles œuvraient à leur manière pour obtenir ce qu'elles désiraient. Là où elles se différenciaient, c'était justement dans leur objectif. Laelia souhaitait trouver un nouvel époux, être une fois de plus maîtresse de sa propre maison. Camilla, elle, œuvrait pour la gloire de son mari. Sur ce point, peut-être manquaient-elles d'ambition en se contentant du rôle que la société leur imposait. Un rôle d'épouse dévouée, de mère ? Qui sait, peut-être était ce justement le fait que son interlocutrice semblait avoir des objectifs bien autre qui fascinait la jeune femme.  Contrairement aux deux femmes dans l'ombres desquelles Domitia avait grandi, la gauchère semblait être parvenue à se défaire de l'emprise des hommes. Certes, cette liberté n'était pas complète, comme elle venait de le souligner à l'instant. Et pourtant, quelle autre femme pouvait prétendre jouir d'une telle vie ?

Si jusqu'ici, la veuve n'avait fait qu'intriguer la jeune Licinii, désormais cette dernière commençait réellement à l'apprécier. Elle était parfaitement consciente que son interlocutrice ne lui disait certainement pas tout. Elle était bien trop intelligente. Mais sans doue était-ce justement pour ça que le respect qu'éprouvait la jeune patricienne envers la gauchère ne faisait qu'augmenter ave chaque minute qu'elle passait en sa compagnie. « Malheureusement, les mariages heureux sembles réservés seulement pour une minorité » répondit la jeune femme. Le sourire légèrement moqueur sur ses lèvres disait sans doute long sur ce qu'elle pensait du mariage, mais en réalité, elle tentait surtout de cacher son malaise face à l'idée de se retrouver elle-même dans une telle situation. Pendant un instant, la jeune femme resta silencieuse, réfléchissant à ce que la veuve venait de lui dire. N'y avait-ilpas eu des rumeurs à Rome comme quoi la mort de son époux avait été suspecte ? Des rumeurs qui n'étaient certainement pas fondées, sinon Scaevola ne serait pas ici entrain de s'entretenir avec elle. Et pourtant, en entendant la veuve lui avouer qu'elle avait commencé à vivre qu'une fois que son époux avait traversé le Styx, la première question qui venait à l'esprit de la jeune femme était simple : l'avait-elle fait? Avait-elle décidée de prendre son destin en main et de se débarasser de son époux ?  Cette pensée lui semblait horrible, et dans aucun cas ne pouvait-elle la prononcer à haute voix. Elle n'imaginait que trop bien la réaction de son père s'il venait à apprendre qu'elle accusait une Claudii, un membre d'une des familles les plus influentes, d'un meurtre ? Mais sans doute n'était-ce pas là la principale raison qui liait la langue de Domitia, mais plutôt la compréhension qu'elle pouvait éprouver vis-à-vis de Scaevola si jamais elle avait réellement commis un tel geste. Ou alors, était-elle seulement entrain de s'imaginer tout cela ? Parce qu'elle aurait sans doute réagit de cette manière, ou du moins pensé à agir de la sorte ?  « Aviez-vous pensé au divortium ? » demanda la jeune femme, curieuse. Après tout, si l'on racontait qu'au début de la République, le divorce n'avait été autorisé que dans de rares cas, celui-ci était devenu bien plus fréquent, et aujourd'hui, même une femme pouvait demander le divorce. Et si elle était issue d'une famille aisée, la restitution de sa dote lui permettait de vivre avec une relative in dépendance. Mais pour cela, il fallait que l'épouse soit indépendante... ou qu'elle ait le soutien du pater familias. Malheureusement, cela n'était sans doute pas fréquemment le cas. Si jamais son père ne la mariait avant qu'elle ne soit parvenue à ses fins, elle pouvait toujours espérer obtenir le soutien de Tiberius une fois que la murène soit ad patres. « Je suis désolée, c'était une question bien trop indiscrète » se dépêcha de rajouter la jeune femme.
Et pourtant, malgré cela, leur discussion semblait prendre des tournures de plus en plus surprenantes... et surtout personnelles. Si Domitia craignait le mariage ? A vrai dire, la jeune femme ignorait la réponse. Il y avait seulement quelques années, elle n'aurait été que trop heureuse de se lier à un homme en particulier... mais maintenant ? La simple idée d'être donnée comme signe d'alliance à un homme que son père souhaitait relier à sa cause la répugnait. Parce qu'elle ne voulait pas être un pion sur l’échiquier de son père, et inévitablement lui aider dans sa cause, ou parce que l'idée du mariage en elle-même la répugnait ? « Craindre ? Non, je ne pense pas craindre le mariage. C'est plutôt l'incertitude que je crains » finit-elle par répondre sur une voix songeuse. L'incertitude de ne pas savoir qui serait son futur mari. L'incertitude de savoir si elle finirait par subir le même sort que son amie Aurea. « Peut-être Vesta ne m'a-t-elle pas bénite avec le même enthousiasme pour le mariage que certaines femmes dans mon entourage » ajouta-t-elle, un sourire sur les lèvres. La situation en soi n'était sans doute pas amusante, ni l'était sa remarque, et pourtant, la jeune femme ne put s'empêcher que l'ironie de la situation. C'était une fois de plus avec une Claudii qu'elle parlait de mariage. La dernière fois qu'elle avait eu une conversation à ce sujet avec une membre de cette gens, celle-ci s'était terminée avec une malédiction. « Non, je ne crains pas cette prochaine étape, mais elle ne m'emplit pas non plus d'impatience » conclut-elle. « Rassurez-moi : Septimus Senex n'a pas de frère ? » ajouta-t-elle sur un ton plus coquet, tentant de ramener leur discussion sur des sujets plus , et aussi moins personnels. « Je ne pourrais supporter de subir le même sort que cette pauvre Aurea. » S'il y avait une alliance qu'elle n'avait pas à craindre en vue de l'état des choses, c'était bien celle avec un membre de la gens Septima. Après tout, le lien qui existait entre les familles des deux duumviri était trop fort pour qu'ils ne songent à le rompre pour s'allier aux Licinii, peu importe à quel point il pouvait sembler séduisant aux yeux de Murena de priver son ennemi du soutien d'au moins une partie du soutien de la puissante gens Septima.

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Jeu 19 Juin - 9:03

Helvia sentait cette conversation devenir de plus en plus intime, de plus en plus dangereuse aussi, sans qu’elle ne fasse rien pour empêcher cela. Peut-être même l’encourageait-elle inconsciemment, ne serait-ce qu’en répondant à chacune des interrogations de la jeune Domitia. La veuve était incapable de mettre un mot sur le lien étrange qui semblait se tisser entre elles. Elle le savait mystérieux, imprudent et fascinant. Etait-ce la curiosité qui la forçait à continuer dans le sens de cette discussion à la fois pleine de promesses et de menaces ? Oui. Très certainement.

Plus le temps passait et plus Helvia se félicitait d’avoir invité la fille de la Murène ce jour-là. Cette petite dépassait aisément toutes ses attentes. Elle débordait d’intelligence, de rage de vivre, et surtout, sa détermination forçait la veuve à prévoir pour elle un avenir bien plus intéressant que celui de la plupart des femmes du monde romain. Que dire ! De la presque totalité des femmes de l’Empire.

Néanmoins, Helvia savait que cet avenir plein de promesses était également un avenir dangereux… Car l’Empire cherchait toujours à briser les femmes fortes et insoumises. Elles étaient une trop grande menace, avaient une trop grande ambition et des moyens parfois bien plus efficaces que ceux des hommes pour parvenir à leurs fins. Une envie soudaine naquit alors en Helvia : celle d’aider cette jeune princesse là où elle avait échoué quand elle était jeune, pour que l’une d’elles obtienne exactement la vie qu’elle désirait. Pourtant, à cette idée, la veuve secoua la tête. Dans quelle folie sombrait-elle à présent, de vouloir se faire la défenseuse de la fille de la Murène, celui qui voulait faire chuter Lucius ? Oubliait-elle qui était en face d’elle ? Elle sourit…

La voix de Domitia rompit alors le silence. Les mariages heureux… Il y en avait peu, c’était une certitude. Espérer faire partie de cette minorité était le meilleur moyen de tomber dans la pire des déceptions et de souffrir toute sa vie de cette espérance bafouée. Il était difficile pour Helvia de trouver quelque chose à redire à cette phrase toute simple qu’avait prononcée Licinia. Une idée naquit dans son esprit, pourtant, et elle ne résista pas à la tentation de la murmurer à l’oreille de sa jeune invitée :

- C’est bien pour cela que la plupart des femmes trouvent ailleurs que dans leur ménage de quoi combler le vide qui est en elles.

Pourquoi tant de femmes étaient-elles décriées pour leurs mœurs peu convenables, et Helvia en tout premier plan ? Un mariage raté était source de tellement d’ennui et de déception… Nulle surprise à ce que ces mêmes femmes aillent chercher ailleurs de quoi remplir leurs journée de gaieté et de frisson : les arènes, les forums, toutes les fêtes de débauche patriciennes, les bras d’un autre homme que le leur… Comme pour bien des choses, la vie des hommes était plus facile pour ce qui était de trouver un moyen de chasser l’ennui. Pourquoi avaient-ils donc inventé les lupanars sinon pour pallier à l’enfermement qu’impose la vie de couple ? Certes, ces « loisirs » étaient bien loin d’être ouverts aux femmes et ainsi, ces dernières avaient dû s’inventer de nouveaux moyens pour contourner cette difficulté. Après tout, ne disait-on pas que les gladiateurs avaient d’autres devoirs envers leurs admiratrices que celui de briller sur le sable des arènes ?

La veuve sourit à nouveau. Elle savait que Licinia serait assez intelligente pour comprendre tout ce qu’elle lui disait à demi-mots. Helvia en était certaine : quel que soit le mariage auquel la fille de la Murène serait attachée, elle saurait agir de manière à combler un vide potentiel. Les femmes fortes avaient ce pouvoir, ce savoir, cette capacité à oser ce que les timides ne pouvaient même pas imaginer. Il serait très intéressant finalement de garder un œil sur cette jeune femme. Elle serait certainement pleine de surprise, de quoi impressionner plus d’une femme à Pompéi.

Un mot siffla alors aux oreilles de la veuve, un mot qu’elle avait banni de son esprit il y avait bien longtemps. Le divortium… Elle y avait pensé pendant de si nombreuses années avant de le cacher dans un coin bien sombre de sa tête. Divorcer ? Comment ? En était-elle seulement capable ? Ces questions, elle se les était posées des centaines de fois et la réponse qu’elle avait obtenue à chaque fois refusait de changer, irrémédiablement. Impossible, Helvia. Tu le sais bien, c’est impossible… Domitia se reprit alors, s’excusant pour son indiscrétion. La veuve fronça légèrement les sourcils, puis pencha la tête sur le côté en fixant son invitée bien droit dans les yeux.

- Il semble bien mal avisé de laisser une échappatoire à son interlocutrice lorsque l’on est avide de réponses…

Elle laissa le silence s’installer une seconde, le temps de laisser Licinia méditer sur ses derniers mots.

- Ces réponses, tu les veux n’est-ce pas ? Elles t’intéressent ? Alors ose poser les questions, quitte à t’exposer aux mauvaises réactions de celui que tu interroges. Une rhétorique agile suffira par la suite à soigner les égos malmenés si tu maîtrises assez la langue pour cela, ce dont je ne doute pas, à vrai dire. Ne laisse pas de possibilité de fuite à celui que tu questionnes, d’autant plus si tu sais que lui ne t’en laissera aucune. Crois-tu que je t’en laisserai ?

Elle planta sur elle un regard lourd de sens pendant quelques longues secondes.

- N’expose donc pas de faiblesse à celui auquel tu fais face, belle Domitia. Cela te jouera des tours…

Elle lui offrit un sourire digne de celui d’une mère devant sa fille. Sa propre réaction l’étonna par ailleurs. Elle agissait comme avec ses deux nièces… Que lui faisait donc cette jeune femme ?

Enfin, la veuve rebondit sur la question que lui avait posée Licinia. La réponse venait d’elle-même, aussi elle n’hésita pas à la lui fournir.

- Les hommes, et surtout les politiciens, aiment à crier à tout va que le divortium est de plus en plus accessible aux femmes et qu’elles peuvent ainsi plus facilement se libérer du joug des hommes. Mais imagines-tu toutes les difficultés qui demeurent présentes ? Une femme sans l’appui inébranlable de son pater familias, sans preuve concrète des faits qu’elle reproche à son époux, et sans une réputation sulfureuse de ce dernier ne peut rien espérer de la justice romaine. Qu’avais-je, moi, pour combattre mon mari ? Mon père avait noué une solide alliance avec les Claudii par ce mariage, une alliance bien trop douloureuse à briser. J’avais mis de grandes distances avec ma famille d’origine depuis des années. Seraient-ils venus pour me soutenir ? Rien n’était moins sûr. Je devais combattre l’honneur des Claudii avec celui des Helvii, une famille bien moins importante, tu en conviendra certainement. Il était facile de savoir vers qui pencherait la justice… Et, dans le fond, je crois que ma fierté m’empêchait aussi d’agir dans ce sens. Demander ce divortium, c’était affirmer que j’avais échoué face à Marcus, qu’il était plus fort que moi, et que j’avais besoin d’aide… Mon orgueil a toujours dicté beaucoup de mes décisions. Je ne sais pas si cela est bien ou mal. Je sais que c’est ainsi…

Encore aujourd’hui, l’égo d’Helvia la forçait à prendre une décision plutôt qu’une autre. Y avait-il un mal à cela ? Pour la veuve, ce n’était qu’une manière comme une autre de savoir quelle conduite adopter. Chacun avait sa morale et elle avait la sienne.

Ces mariages… Ils brisaient tellement de femmes… Il en rendait si peu heureuses, finalement. Helvia était passée par là il y avait si longtemps qu’elle n’avait plus eu à y penser depuis ses dernières discussions avec ses nièces. Il était un âge où toutes les femmes romaines, qu’importe leur condition, devaient se préparer à ce que leur vie change radicalement sans qu’elle n’ait plus aucun pouvoir sur elle. La veuve écoutait les craintes de Domitia et les comprenait sans mal. Elle nourrissait cependant l’espoir de voir cette jeune fille capable de trouver le moyen de demeurer elle-même, avec cette force qui semblait transpirer par tous les pores de sa peau, et ce quel que soit le mari qu’on lui attacherait. Quand elle fit allusion à un frère de Septimus Senex, Helvia ne put empêcher un sourire amusé de se dessiner sur ses lèvres. Les Septimii étaient-ils à ce point désignés comme les vieux maris à éviter à tout prix ? Quelle réputation ! Elle était peut-être encore plus douloureuse à apprendre que celle d’être la « Vipère de Pompéi »…

Quand Licinia prononça le nom de la fille de Lucius, la veuve perdit néanmoins son sourire. Elle ne put même s’empêcher de trouver ce nom malvenu dans la bouche d’une Licinii. Son attachement au duumvir l’empêchait très certainement de demeurer objective face à l’histoire d’Aurea, mais malgré tout, il demeurait étrange, impossible de voir un Licinii parler d’un Pompeii sans arrière-pensée apparente. De peur de se mettre à avancer sur une pente trop glissante, Helvia se refusa à plus insister sur le sort de la belle Aurea. Après tout, parler d’un Pompeii à un Licinii, et inversement, n’était jamais anodin et rarement sans risque.

- Tu es assez intelligente, Licinia, pour savoir ce qui risque de t’arriver prochainement. Ta lucidité est précieuse, conserve la bien. Tu seras liée à un citoyen romain, un grand citoyen, sans nul doute. Pour le reste, tu ne peux qu’attendre. Tu apprendras son véritable caractère une fois dans sa villa, sous sa protection et son autorité. Il serait des plus avisé de se préparer à cette nouvelle vie… Peut-être même tout de suite.

Licinia était jeune, mais en âge de se marier. Quand son père trouverait-il le prétendant idéal pour sa chère petite fille. Demain ? Dans une semaine ? Dans six mois ? Dans un an ? Le temps importait peu finalement car le résultat serait toujours le même. Dans sa tête, Licinia devait être prête et dans ce combat contre elle-même, elle ne pouvait compter sur l’aide de personne.

- Tu ne sais à quel homme tu seras attachée. Tu ne le sauras que trop tard pour espérer avoir encore le pouvoir de réagir. Etre mariée à un homme bien plus âgé que soit, autoritaire et sec comme l’écorce d’un arbre mort, de nombreuses femmes ont subi ce sort. Il est dangereux de considérer déjà que l’on serait incapable de supporter une telle situation car malheureusement tu n’auras guère le choix.

La veuve lui lança un regard de soutien. Elle savait la dureté de ses propos, mais Licinia ne pouvait pas se cacher derrière des espérances éphémères en priant pour qu’elles n’aient que le droit de se réaliser. Cela était bien trop dangereux pour l’esprit…

- Tu dois te préparer à toutes les éventualités, aussi douloureuses soient-elles. Et tu as la force pour cela…

Helvia détourna les yeux quelques secondes pour laisser à Licinia le temps de méditer seule. Décidément, cette discussion était bien étrange et plus qu’inattendue ! Pourtant, la veuve la trouvait bien trop intéressante pour se convaincre de l’abandonner en si bon chemin. Une porte semblait s’être ouverte entre elles et la veuve tenta de s’y engouffrer.

- De quelle nature sont tes relations avec ton père ? Je sais qu’il a toujours ces étoiles dans les yeux lorsqu’il parle de toi. Aurais-tu un moyen de lui parler à ce sujet ? D’orienter peut-être son choix s’il t’en laissait l’occasion ?

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Dim 31 Aoû - 19:22


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

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Pour la première fois, Domitia semblait avoir trouvé une interlocutrice qui partageait ses ressentiments vis-à-vis du mariage. Comme elle, Scaevola ne se contentait pas du simple rôle de matrone. Mais cela n’était finalement pas la seule chose qui la fascinait chez son interlocutrice. La gauchère semblait allier à la perfection toutes les qualités que la jeune femme admirait tant : intelligence, force de caractère, charme et grâce… et certainement aussi sa capacité à la manipulation. Tout cela faisait que la fille aînée de Licinii parlait bien plus qu’à l’accoutume, sans doute même beaucoup plus qu’elle l’aurait dû. C’était comme si la jolie veuve avait réussi à déjouer la méfiance naturelle de la jeune femme, qui, bien trop fascinée par leur conversation, avait par moment tendance à oublier qu’elle ne savait finalement que trop peu de choses sur son interlocutrice. Qu’elle ne connaissait pas les allégeances de cette dernière, et lui parler trop ouvertement pouvait se relever risqué. Mais le plus étonnant, c’était certainement que Domitia, si susceptible habituellement lorsqu’il s’agissait de recevoir des conseils, ne bougea pas un sourcil en entendant ceux de la belle veuve. Dans un certain sens, son interlocutrice avait raison. Mieux valait-il de s’excuser à posteriori - après avoir reçu les réponses que l’on souhaitait - de sa curiosité au lieu de servir sur un plateau d’argent à la personne d’en face une excuse pour se soustraire aux questions. Et pourtant, le passé lui avait appris qu’il était souvent préférable de prétendre de faire preuve de modestie, de retenue, pour endormir la vigilance de son interlocuteur et éviter de le pousser dans ses retranchements.
« Je tacherais de m’en souvenir. »
Un léger sourire était dessiné sur les lèvres de la jeune patricienne alors qu’elle prononçait ces mots qu’elle employait si souvent. Mais aujourd’hui, contrairement à d’habitude, elle le pensait.  Soutenant le regard de la gauchère, la jeune femme resta silencieuse, laissant son interlocutrice décider de la tournure que prendrait la suite de leur conversation. La surprise était de taille lorsque Scaevola décida de répondre à sa question. A vrai dire, en vue de ses conseils, la jolie brune ne s’était pas attendue à ce qu’elle répondrait. Et au fur et à mesure qu’elle l’écoutait parler, la jeune femme se rendit compte à quel point sa question avait été naïve. Pourquoi n’avait-elle pas pensé à tous ces points que citait la maîtresse de la maison ? Surtout qu’elle doutait fort que son père la soutiendrait si, une fois mariée, elle déciderait de demander un divorce. Peut-être pouvait-elle compter sur la jalousie de son frère pour qu’il lui aide dans une telle procédure… mais malheureusement, son demi-frère était tout sauf naïf, et il ne connaissait que trop bien l’importance des alliances. Est-ce que son ambition était plus grande que l’attachement qu’il lui portait ? Elle aimait croire que non, mais en y réfléchissant, rien ne lui permettait de l’affirmer avec conviction.
« En effet, je crains que je n’ai pas considéré tous ces aspects. Ma question me semble désormais bien naïve. »
A vrai dire, la jeune femme était quelque peu en colère contre elle-même. Elle appréciait la compagnie de la jolie veuve au point qu’elle aurait aimé l’impressionner à son tour… Sauf qu’elle venait de se conduire comme une jeune fille naïve avec beaucoup de rêves, mais pas le moindre sens de la réalité. Elle aurait du s’attendre à cette réponse. Après tout, combien de pater familias accepteraient un divorce uniquement parce que leur fille ne se sentait pas épanouie aux côtés de son époux ? Si de tels hommes existaient dans l'Empire, sans doute que les doigts d’une seule main suffiraient pour tous les compter.

Si jusque là, la jolie brune n'avait pas eu du mal à comprendre les paroles de son interlocutrice, sa dernière réplique l'intriguait. Se préparer dès maintenant  au mariage ? Que voulait-elle dire par là ? Que Domitia devait se plier à son destin, qu'elle devait commencer à se faire à l'idée que bientôt, elle ne serait plus dépendante de son pater, mais bel et bien d'un époux ? Ou parlait-elle de complètement autre chose? Dans tous les cas, ces quelques mots avaient suffi pour piquer la curiosité de la jeune patricienne.
« Comment peut-on se préparer au mariage ? Je veux dire... je sais que je ne pourrais pas éternellement y échapper. Que tôt où tard, les miens décideront de conclure ou de consolider une alliance par un mariage. Et même si cette idée est loin de m'enchanter autant qu'elle le devrait...  » 'très très loin même' rajouta-t-elle dans ses pensées. « Je sais que le jour venu, je n'ai pas d'autre choix que de me plier aux volontés de mon père, puis de mon futur époux. Je sais que je le supporterais d'une manière ou d'une autre... Mais de là à le souhaiter ? »
Domitia laissa la fin de sa phrase en suspens. Sa jeunesse lui faisait croire qu'elle qu'elle était assez forte pour parvenir à supporter son époux d'une manière ou d'une autre. Ou que dans le cas contraire, elle parviendrait à se débarrasser, comme elle allait bientôt se débarrasser de la murène. Et après ? Elle savait qu'elle pouvait compter sur son demi-frère pour l'accueillir de nouveau dans la famille. Contrairement à la murène, il ne se servirait pas de sa sœur pour conclure alliance après alliance. Non, une fois qu'elle était sous la tutelle de Tiberius, la jeune femme était persuadée qu'elle pourrait jouir d'une certaine liberté. Mais encore fallait-il qu'elle soit sous la tutelle de son frère... une chose qui ne risquait pas d'arriver tant que la murène était encore de ce côté-ci du Styx.

Pendant un bref instant, le regard de la jolie brune divagua lorsque son interlocutrice aborda le sujet de sa relation avec son père. Il était hors de question de dévoiler la véritable relation qui les unissait ou encore d'évoquer cette haine qui s'accumulait depuis des années dans le cœur de la jeune femme. Elle devait donc se contenter de décrire les apparences... mais est-ce que la belle veuve lui croirait ?
« Nos relations sont parfois quelque peu... délicates. » commença la jeune femme sur un ton hésitant, décidant au moment même où elle ouvrait la bouche de dire la vérité... ou du moins une infime partie de cette dernière. « Je crains ne pas toujours être à la hauteur de ses attentes. » continua-t-elle, un sourire triste dessiné sur les lèvres. « Et malheureusement, mon pater n'est pas le genre d'homme qui se laisse influencer dans ses décisions... et encore moins par une femme, quel qu’elle soit. »
Ce dernier point n'était sans doute pas tout à fait exact, car il y avait au moins Camilla, et même dans une moindre mesure Laelia, qui parvenait à influencer du moins certaines décisions de la murène. Mais que pourrait d'avantage rebuter Scaevola qu'un homme qui n'accordait pas d’importance à l'opinion des femmes de sa famille ? Certes, Domitia jouait à un jeu dangereux en tentant d'influencer l'opinion que son hôtesse avait du pater familias des Licinii, mais cette occasion semblait tout simplement trop belle pour la laisser passer.

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Mer 22 Oct - 20:53

Les rumeurs, l’ambition, les hommes, le mariage… Tant de sujets que la veuve n’aurait pas imaginé évoquer avec une jeune femme telle que Licinia Domitia. Non pas qu’elle en fut malheureuse, bien au contraire. Mais toutes deux dialoguaient avec une telle facilité que cela en était fascinant, étrange même peut-être.

Helvia avait prépare cette entrevue comme une rencontre purement stratégique visant à en savoir davantage sur le clan Murena par la bouche même de sa propre fille ce qui était, somme toute, peu moral. Mais quel patricien pouvait se vanter de garder sa toge parfaitement immaculée du haut du balcon de sa somptueuse villa du quartier de la fortune ? Et finalement, les deux femmes s’étaient mises à discuter comme deux bonnes amies qui auraient dû se rencontrer bien des années auparavant et qui rattrapaient là tout ce temps perdu. La veuve, qui pensait devoir, par loyauté à Lucius, haïr cette jeune patricienne, se retrouvait finalement en présence d’un sentiment bien contraire, celui d’une affection surprenante car au combien inattendue.

Ainsi, la veuve se permettait avec la jeune Licinia quelques confidences sans grand danger, mais qui avaient malgré tout le mérite d’exister et avait le sentiment que son interlocutrice se laissait également aller à quelques révélations. Après tout, ni l’une ni l’autre ne se mettaient véritablement en danger, mais ces petits secrets divulgués donnaient à l’atmosphère une impression d’intimité que Helvia ne pensait pas trouver avec la fille de la Murène. C’était donc avec étrange confiance que la veuve répondait aux interrogations de Domitia, y compris quand celles-ci concernaient des sujets aussi délicats que celui  du divortium.

Pour autant, leur rencontre n’en demeurait pas moins lourde de sens et cet enjeu semblait parfois peser lourd sur les épaules de la jeune représentante des Licinii. Alors que cette dernière sembla se maudire d’avoir parlé peut-être sans réfléchir suffisamment, Helvia ne tarda pas à se pencher vers elle pour poser une main réconfortante sur la sienne.

- Tu as bien le temps de maîtriser tes gestes et tes paroles pour mettre à tes pieds tes adversaires sans avoir besoin de lever le moindre glaive. Les questions « naïves », comme tu les appelles, sont le propre des gens de ton âge. Profite de cette impunité qui t’autorise à en abuser tant que tes interlocuteurs te trouvent encore assez jeune pour cela car quand tu seras vieille et  ensevelie sous les responsabilités comme je le suis, tu regretteras de ne plus pouvoir poser ces questions que tu me posais alors…

La jeune fille sembla néanmoins perdue dans des pensées bien obscures. Des inquiétudes, peut-être même. Et les questions qui suivirent confirmèrent cette première impression de la gauchère. Elle prit quelques secondes pour reconsidérer la question de Domitia avant de lui répondre de la manière qui lui semblait la plus franche, mais aussi la moins douloureuse.

- En évitant de fermer les yeux sur les risquent qu’entraine inévitablement ce changement de vie dans le seul et unique but de conserver un présent confortable car teinté d’une délicieuse insouciance. Cette innocence doit être réservée à l’enfance et c’est malheureusement un âge que tu as déjà dépassé depuis plusieurs années. Cette période de répit qu’il te reste, utilise la pour te préparer aux prochaines épreuves qui seront peut-être les tiennes même s’il est toujours agréable de garder l’espoir d’un mariage heureux. Dans le monde dans lequel nous vivons, il est toujours avisé de se préparer aux situations les moins enviables pour se préparer l’avenir le plus sûr.

Ainsi, prépare-toi au plus profond de ton âme à un sort qui ne saurait pas satisfaire toutes tes aspirations. Et il n’y a pas meilleur moyen que de s’entourer de soutiens forts et sincères. Une famille, des amis, des alliés, des citoyens qui te devront une faveur, des amants peut-être… On ne peut survivre seul dans cet empire. Et si tu ne trouves pas dans les bras de ton époux ce réconfort dont nous avons tous besoin, assure-toi d’avoir sur cette terre d’autres appuis capables de combler ce manque, sans quoi la folie te guettera tout comme les horreurs qu’elle pousse à commettre.


Elle lui adressa un sourire de soutien sincère avant de boire une nouvelle gorgée de vin, un vin qui sembla lui rappeler les quelques intérêts qui l’avaient poussée à inviter Domitia ce jour-là. Murena était un homme que la veuve ne connaissait encore que bien peu et qu’elle n’avait eu que le droit de saluer de temps à autres lors des cérémonies pompeuses auxquelles devaient assister avec une religieuse assiduité tous les patriciens de Pompéi. Sa fille, en revanche, pouvait se vanter de fréquenter l’homme qui faisait trembler les vieux politiciens confortablement installés depuis bien longtemps sur leur siège à la curie sans adversaire assez menaçant pour les inquiéter. Elle connaissait sans nul doute certains secrets de Murena et des Licinii et en cela, elle faisait une connaissance de grande valeur pour quiconque parvenait à lui extorquer ces si précieuses informations.

La question que Helvia posa sur son père n’était donc nullement innocente et la veuve savait que Domitia était capable de flairer le piège, sans pour autant être certaine qu’elle le ferait. Le jeune femme ne parla pas tout de suite et qui fit discrètement sourire la veuve, partagée entre la déception de na pas arriver si facilement à ses fins et la fierté de voire cette fille prometteuse apprendre si rapidement de ses anciennes erreurs.

« Délicates ». Tel était le mot choisi par l’aînée de la Murène pour décrire ses relations avec son père. Voilà qui était intéressant, riche de sous-entendus, de mystères et de faiblesses. De quoi piquer indéniablement l’intérêt de la Vipère, mais un intérêt qu’elle devait se forcer à museler pour le moment, sous peine de perdre cette douce confiance qui semblait s’être installée entre les deux femmes.

La veuve garda donc pour elle les nombreuses questions qui lui sautaient déjà à la gorge et prit quelques secondes pour trouver les mots les plus justes.

- Je ne peux que te conseiller de tenter ta chance malgré tout. En tant que fils et filles, nous avons souvent tendance à sous-estimer l’amour paternel. J’en ai moi-même fait l’expérience une fois dans ma vie. Et il n’est pas plus libérateur qu’une discussion franche entre adultes.

Car Domitia était une adulte à présent, il n’y avait plus aucun doute sur ce point. Bientôt, elle devrait porter sur ses petites épaules de toute jeune femme les responsabilités d’un foyer et d’un nom lourd à porter. Son avenir, elle commençait à se le tracer dès maintenant et ses décisions changeraient déjà le cours de sa vie. Et peut-être aussi celles de bien d’autres membres de son entourage.

Soudain, des bruits de pas hésitants firent lever les yeux d’Helvia vers l’entrée de la pièce où elle trouva Nasica qui gardait ses mains jointes à hauteur de son ventre en jouant nerveusement avec ses doigts.

- Qu’y a-t-il ? demanda la veuve sans la moindre animosité.

- Le cuisinier demande s’il peut servir votre repas, domina…

- Déjà ? laissa-t-elle échapper, prise de court.

La gauchère se tourna vers son invitée et lui dit d’une voix teintée d’un soupçon d’amusement :

- Il semblerait que nous soyons ici depuis bien plus longtemps que je ne l’aurais cru. C’est le propre des bonnes conversations…

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Message(#) Sujet: Re: Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia Jeu 25 Déc - 18:22


« Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. »

feat. Helvia & Licinia


Naïve ou irréfléchie, voilà bien deux qualificatifs qui ne semblaient pas s’appliquer à la jeune femme. Ou du moins ne le faisaient-ils plus depuis bien des années. La dernière fois qu’elle avait parlé sans penser aux conséquences, cela ne lui avait non seulement valu une malédiction de la part d’une des membres de la famille de son hôte, mais cela avait également causé la mort de son bien-aimé Quintus. Un incident qui lui avait fait perdre sa vision quelque peu utopique du monde qui l’entourait. En un sens, cette épreuve l’avait fait grandir et avait forgée la femme qu’elle était devenue. Mais est-ce que ce changement était véritablement à la hauteur du sacrifice ? Voilà sans doute une question à laquelle elle n’aurait jamais une réponse satisfaisante. Elle était consciente que tout ce que son ancien amant avait eu à lui offrir était une vie marquée par la privation, et même si à l’époque, son amour l’avait rendue aveugle au point de croire que tout cela ne l’aurait pas dérangé tant qu’elle pouvait partager sa vie avec l’homme qu’elle aimait, le temps qui s’était écoulé depuis lui avait fait comprendre que cela n’avait été que l’illusion d’une pauvre petite sotte. Elle appréciait bien trop le luxe et la bonne société pour pouvoir s’en passer à vie. Aujourd’hui, elle comprenait ce qu’elle avait refusé de voir à l’époque : que les soldats comme le feu Quintus étaient bons pour réchauffer une couche déserte et porter une certaine jouissance, voir même du réconfort dans les pénombres de la nuit, mais que cela s’arrêtait là. Une pensée que Domitia n’allait certainement pas répéter à haute voix. Au cours des années suivant la mort de Quintus, elle avait continué à avoir des amants. La seule chose qui avait finalement changé, c’était qu’elle avait fait preuve de plus de discrétion qu’auparavant. Mais ce n’était certainement pas le moment de se laisser aller à de telles pensées.

‘Et toi Scaevola, as-tu de tels regrets ?’ se demanda la jolie brune en silence, tout en observant attentivement les mimiques de son interlocutrice. La voix de cette dernière avait beau être posé, presque détaché, il y avait pourtant quelque chose dans ces mots qui semblait suggérer qu’elle parlait d’expérience. Ou est-ce qu’elle était en train de l’imaginer ? Domitia avait beau se vanter en temps normal d’être capable de voir au-delà des apparences pour lire dans les gens du moins jusqu’à un certain point, mais ce face à face avec la gauchère ne lui démontrait que trop clairement ses propres limites. Scaevola semblait être une énigme à elle seule : une femme belle, raffinée, agréable, voir presque maternelle. Et pourtant, malgré cet air amical et ces paroles chaleureuses, il n’était pas difficile de deviner l’intelligence qui se cachait derrière ce visage aux traits parfaits, et qui laissait deviner qu’elle ferait une ennemie extrêmement dangereuse. Voilà certainement un trait que la jeune femme ne devait pas oublier, malgré les confidences que la jolie veuve pouvait sembler lui faire. Elle avait sans doute déjà dit plus qu’elle ne devrait, et le pire dans tout cela, c’est qu’elle était parfaitement consciente que les confidences, ou du moins ce qui semblait l’être, de Scaevola avaient justement pour but de la faire parler. C’était un jeu qu’elle connaissait depuis bien longtemps, et pourtant, face à la veuve des Claudii, elle avait presque l’impression de n’être qu’un enfant, une débutante dans ce domaine. Elle avait trouvé une adversaire de taille en son interlocutrice, voir même une sorte de professeur, car une chose était sûre : Domitia pouvait encore apprendre bien des choses de la veuve, et pour l’instant, celle-ci semblait plutôt enclin à lui faire part d’une partie de son savoir. Et c’était là sans doute une des dernières choses auxquelles la fille de la Murène s’était attendue en entrant dans la villa luxueuse de Scaevola. Bien sûr, elle avait espéré découvrir d’avantage sur cette veuve fascinante afin de satisfaire sa curiosité, mais jamais n’aurait-elle pensé parler de mariage ou d’ambitions avec elle. Et encore moins de ses doutes  concernant les éventuels projets matrimoniaux que son père pouvait bien avoir pour elle. Mais pour l’instant, cette conversation était bien trop intéressante pour y mettre un terme.

Pendant un bref instant, la surprise pouvait se lire dans les yeux de la jolie brune lorsque la gauchère évoqua la possibilité de trouver du réconfort ailleurs si on ne le trouvait pas dans les bras de son époux. Etait-elle en train d’évoquer … ? Non, sans doute que son esprit était en train de lui jouer des tours. Bien sûr, elles avaient évoqué bien des sujets délicats, mais de là à évoquer le fait de prendre un amant… Non, elle devait avoir mal interprété les paroles de son interlocutrice. Et pourtant, cette sensation que la veuve des Claudii avait su lire dans ses pensées ne quittait pas la jeune patricienne. N’avait-elle pas pensé à son ancien amant, seulement quelques instants avant que son hôte ne prononce ces paroles à double sens ? Mais rapidement, le visage de la jolie brune redevient impassible.
« Je dois avouer qu’en acceptant votre invitation, je ne m’attendais pas à parler de tels sujets. répondit la jeune femme, un sourire malicieux sur les lèvres. Mais je dois avouer qu’il est fort agréable de converser avec une personne aussi avisée. Les femmes de ma gens sont moins… impartiales au sujet du mariage. »
Et sur ce point, elles ne faisaient certainement qu’une avec une grande majorité des femmes, considérant que le mariage était non seulement essentiel – c’était bien un point que Domitia ne pouvait pas réfuter – mais en plus souhaitable. Même Laelia, une femme que la jolie brune considérait comme intelligente et accomplie – ne semblait penser à plus rien d’autre que de se trouver un nouvel époux. Quant à sa mère... il était sans doute mieux qu'elle ne se lance dans ce sujet. Malgré tout le respect et l'amour qu'elle pouvait porter à cette dernière, elle était bien incapable de comprendre l'attachement aveugle que Camilla portait à son époux. Parler avec une femme qui semblait parfaitement saisir son point de vue était donc non seulement agréable, mais avait également quelque chose de rassurant. Elle n'était donc pas la seule à se poser de telles questions, contrairement à ce qu'elle pouvait parfois ressentir lorsque ce sujet était évoqué en compagnie de sa tante ou de sa mère.
« Peut-être avez-vous raison. répondit Domitia d'un air songeur. Mais un homme peut-il comprendre les doutes d'une femme au sujet du mariage ? Je doute que les deux sexes vivent cet événement de la même manière... »
Après tout, un homme avait les pleins pouvoirs pour son épouse, et s'il désirait mettre un terme à cet union, cela était bien plus facile pour lui que cela ne l'était pour la femme. Sans parler du fait le mariage apportait bien des avantages aux "jeunes" époux, que cela soit en terme d'alliances politiques ou encore en terme d'argent. Mais pour la femme, qu'y gagnait-elle ? Voilà bien une question à laquelle elle pourrait certainement répondre dans peu de temps.

La jolie brune allait ajouter quelque chose lorsqu'un esclave vint mettre un terme à ce tête-à-tête entre les deux patriciennes. Etait-ce donc déjà l'heure du repas ? Ne souhaitant pas donner l'impression de s'imposer, la jeune patricienne se leva élégamment de sa couche.
« Je vous prie de m'excuser, mais je pense qu'il est grand temps que je retourne à la villa Diomède. J'espère que vous ne m'en voulez pas d'avoir monopolisé tant de votre précieux temps. répliqua poliment Domitia. Peut-être me feriez-vous l'honneur de venir me rendre visite un jour à la villa de ma famille ? Je suis sûre que ma mère et ma tante souhaiteront également faire votre connaissance. »
Sur ces mots, la jeune patricienne remercia une fois de plus son hôte pour son invitation, avant de la saluer et de tirer sa révérence. Ces quelques heures passées en compagnie de la gauchère avaient été fortes instructives, bien que l'esprit de Domitia était désormais empli de bien plus de questions au sujet de la gauchère qu'il ne l'avait été avait sa venue. Mais qui sait, peut-être saurait-elle satisfaire un peu plus sa curiosité lors d'une prochaine visite. Quoique, elle avait des doutes à ce sujet. La veuve des Claudii semblait aussi intelligente qu'elle était fascinante, si bien qu'il fallait certainement un bien plus grand nombre de discussion à coeur ouvert - ou presque - pour en apprendre d'avantage sur elle... et même là, elle ne risquait de découvrir uniquement ce que la gauchère souhaitait lui montrer.

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Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyensdiscutent des événements ; les petits esprits discutent des gens. | PV Helvia

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