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 Le rabot de l'alcool sculpte ma gueule de bois - Kaeso Ausonius Faustus & Ricinus

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Message(#) Sujet: Le rabot de l'alcool sculpte ma gueule de bois - Kaeso Ausonius Faustus & Ricinus Jeu 28 Mai - 16:19

Cela puait. L'odeur âcre de l'alcool s'élevait dans la touffeur de l'air, rampant sous les tables, entre les jambes des clients avinés, pour se glisser jusqu'aux murs de plâtre peint et ronger les poutres sombres du plafond. Cela empestait le vinaigre et la sueur, la pisse et le poisson rance. Ces parfums, plus agressifs que les mouches se jetant sur les chairs du trépassé, imprégnaient l'air, s’incrustaient dans le moindre grain de poussière pour ne plus le lâcher, pénétrant dans votre corps par vos narines, vous rongeant, vous brûlant de l'intérieur. Cela attaquait vos poumons, les emplissant de cette atmosphère de vice, pestilentielle et pestiférée, cela pénétrait votre esprit comme le ver entre dans le fruit, dévorant vos pensées jusqu'à ce qu'il ne reste que cet entrelacs livide et frémissant de puanteur.

Ces vers volatils éclosaient de partout, naissant dans l'aisselle humide du badaud, dans les âtres des foyers enfumés, au creux des amphores défoncées. Cela exhalait de chaque plat, de chaque assiette,   de ces bouches aux chicots immondes, cela venait des profondeurs de l'établissement, cela venait des épaves de la rue. Le moindre mouvement, la moindre expiration exhalait une odeur nouvelle, une nouvelle note odorante, et cela s'élevait dans l'air, vague serpent vaporeux s'entortillant sur lui-même, voletant comme une bête souffreteuse pour retrouver ses frères, et se mêler à eux, nouant leurs corps comme l'on tresserait une corde, renforçant la puanteur générale par la somme, par l'union charnelle de tous ces parfums éphémères. Ces notes odorantes s'alignaient sur ces cordes, dessinant dans cette atmosphère lourde de poussière et de voix rauques une symphonie âcre, acide, pesant sous la chaleur et la pestilence de l'endroit.

Le vent qui soufflait ne parvenait pas même à arracher ces âcres effluves à leur territoire. Il balayait la salle en bourrasques torrides, se contentant de caresser les immondices de ses larges doigts malhabiles, patauds. Ses ongles éthérés pouvaient bien racler le sol, griffant les larges dalles de terre cuite, à peine pouvaient-ils en arracher quelques grains de poussière, en une nuée volatile tourbillonnante entre ces jambes tannées de crasse et de soleil. Ce souffle chaud ne parvenait pas à extirper les chairs de cette atmosphère, il restait superficiel, pesant sur les corps sans jamais pouvoir les mordre, sans jamais pouvoir s'insinuer en eux pour en arracher la puanteur, sans jamais pouvoir nettoyer l'endroit comme le feraient de grandes eaux vives. Qu'importent les embruns du grand large ou les parfums des aromates du mont Vésuve, en entrant dans l'auberge le vent se voyait corrompre par milles doigts pestilentiels, pour ne devenir, prisonnier de ces murs écarlates, qu'un lourd souffle chaud, qu'une haleine empuantie pesant sur vos épaules.

Mais tout cela n'était rien. Ces relents amers et acides, les vers grouillants de la puanteur, cette atmosphère pesante et étouffante, empreinte de cette odeur de vomi et de vin vinaigré, tout cela n'était rien. Rien de plus qu'un désagrément, rien de plus qu'un relent de misère, d'exclusion, rien de plus que l'écho odorant de ce bas monde, de cet univers misérable qui s'étendait au delà des esplanades de marbre. Cette chaleur populaire, suintante de sueur et de friture, saturée d'alcool et de garum, était tellement commune, tellement courante, que l'on s'y faisait, comme l'on se faisait aux bestioles d'été, à ces insectes sombres qui vous incommodent, mais dont jamais vous ne pourrez vous débarrasser. Tout cela n'était rien, mais il y avait cet homme.

Il y avait cet homme, aux chairs horriblement marquées par le temps, le labeur, et une hygiène qui restait, très largement, déplorable. Il y avait ce cyclope du troisième âge, ce minotaure écorné, gisant misérablement, seul, au fond de ce labyrinthe. Il y avait ce cent-bras réduit à la quadrupédie, il y avait cette méduse tondue, que les regards persistaient à fuir. Il y avait ce sanglier d'Erymanthe sans défense, ce titan en miniature, cet infâme sous produit de Grées, ce satyre dépenaillé aux pieds nus. En bref, il y avait ce rebut de monstruosité, ce déchet d'abomination, abandonné là, au milieu des hommes, sans le moindre héros, sans le moindre guerrier pour le faire entrer dans la postérité. Cette ombre vaguement humaine, décharnée, était échouée là, sur le bord d'une minuscule table de bois sombre, sur ce bord d'humanité et de civilisation, dans un coin éloigné de la taverne des Ausonii.

Oh, il savait bien que s'il se trouvait ici, ce n'était pas par hasard. On n'entre jamais par hasard chez Faustus. Il est tant de chemins qui y mènent, qui vous conduisent jusqu'à cet antre, cœur palpitant de la basse ville, entraille fumante de Pompéi étendant ses viscères jusqu'aux plus hauts lieux, d'après les rumeurs. Tant de routes menaient à cette humble auberge, et pourtant il pouvait être difficile de l'atteindre, car, comme enchantées, ces voies pouvaient s'évanouir sous vos pas comme elles pouvaient apparaître brusquement, au moment où vous vous y attendiez le moins, vous projetant sous les doigts avares du maître de l'établissement contre votre plein gré. Nul n'entrait ici à son insu. Le maître des panses à vinasses et des gorges assoiffées régnait en despote sur son monde, en seigneur omnipotent et tyrannique. Il  eut pu, sans le moindre problème, évincer Ricinus avant même qu'il ne songe à faire un pas en direction de son établissement. Il ne suffisait pas même d'un murmure, tout juste d'un bref regard, et la rue se faisait le serviteur de sa volonté, se tordant sur ellle même, béhémoth serpentant au cœur de la cité, choisissant avec soin ceux qui avaient l'honneur de pénétrer en son sein comme ceux qu'il recracherait plus loin, selon les désirs de ce maître.

Le vagabond, lui, voulait juste boire un peu, se réchauffer la gorge au parfum âcre de la vinasse. Il ne demandait rien d'autre qu'à se bourrer la gueule, bien sérieusement. Sentir l'aigreur du liquide emplir sa bouche, agresser sa langue pâteuse, flottant misérablement dans cette mer d'écarlate sombre. Laisser ce goût infect imprégner ses papilles, et puis en jouir, en jouir comme on ne pouvait jouir que des choses les plus méprisables, les plus abaissantes, le désir et le plaisir s'étreignant charnellement dans ces régions interdites, excitées par le dégoût  et l'humiliation. Il voulait enfoncer cette vinasse au plus profond de son être, comme on s'enfonce dans les tripes de la catin la plus infestée, la plus laide qu'il soit ; avec cette irrépressible envie de vomir, de vous vider entièrement dans un râle terrifiant, les sens affolés, extase de l'abaissement le plus vil, le plus puissant. Le trait d'acide transperçant son être, il voulait se perdre dans les brumes de l'alcool, sentir ses doigts gourds, le sol hésitant sous ses appuis, cet abandon, cette perdition bienfaisante qui vous accueille au creux de ses bras éthérés.

Et puis, et puis… La chaleur qui vous ronge… Cette chaleur si douce, si réconfortante… Qui vous brûle les pommettes, vous embrase le regard… Cette chaleur qui se loge dans votre poitrine, incandescente, emplissant votre cœur, votre esprit, de braises ardentes.  Alors il y a cette sensation irrépressible qui s'empare de vous, cette folle sensation de puissance… Vous vous contemplez, vous vous voyez grands, terribles, infiniment terrible. Rien ne peut désormais vous faire obstacle, ni homme, ni dieu. Vous vous dressez enfin, et toutes vos chaînes semblent s'être brisées, gisant piteusement à vos pieds. Vous êtes enfin libres, et si puissant, si puissant… Puissant à en pleurer, puissant à en chialer… Tous les murs de cette existence… Brisés, détruits, rasés. Tous les obstacles, toutes les peurs, tous ces regards et ces paroles qui vous hantent… Évanouis. Brûlés à jamais. Il n'y a plus que vous, vous seul, vous qui vous dressez enfin, droit, seul, sans rien d'autre que l'horizon autour de vous. Vous vous dressez, immense, et il ne vous reste plus qu'à pleurer, à pleurer de tout votre soul, de toute votre âme, à pleurer à vous en faire saigner les yeux, à vous en brûler les pommettes, rongées par le sel de vos larmes. Vous êtes enfin libre… Vous êtes si puissant… Seul face à l'immensité…  Et il ne vous reste plus qu'à pleurer.

Ouais.

Voilà ce qu'il voulait.

Se bourrer sérieusement la gueule. Et chier à la face de ce monde là.

On l'avait laissé entrer. Il avait fait un pas, puis un second, laissant progressivement ses yeux s'habituer à la pénombre de ces lieux. Un instant il resta là, hésitant, en travers de l'entrée, agitant la tête comme le ferait une bête traquée. L'endroit ne lui plaisait pas. Il lui semblait devoir pénétrer dans une antre néfaste, aux parois tapissées de fil arachnéens, traîtres, gluants. Déjà il sentait l'haleine putride de la bête l'envelopper, l'entraîner dans ces profondeurs sournoises. Les paupières dilatées, il renâclait à avancer plus encore, comme saisit de dégoût, d'une sourde appréhension. Il lui fallait respirer, il lui fallait ramper sous le ciel d'acier blanc, goûter la poussière et crottin, lécher le pavé. Il se sentait prisonnier, empêtré entre ces murs là, empêtré dans ce monde qui cherchait à l'engloutir. Ce n'était que grouillement de bras et de jambes, de corps ruisselants d'alcool et de sueur, qui se mouvaient lentement, lourdement, reptiliens,  se mêlant et s'entremêlant dans cet espace exigu. Au milieu de ces chairs rougies traînaient ces pieds de bois, et ces cruches d'argile, se brisant en éclats d'écarlate, éclatant en gerbes chaudes et humides. L'ivresse, la chaleur, le rire et les éclats de voix tressaient toutes ces lianes invisibles, toiles sournoises vous collant à la peau sans que vous ne vous en rendiez compte, jusqu'à ce que vous ne puissiez vous en dépêtrer, pris dans ce piège mortifère. Il basculait encore du chef, les narines dilatées, courbé en avant, alerte, prêt à esquiver le premier coup qui s’abattrait sur ses épaules. Il fallait bien que ces chiens le refoulent, le renvoient sur le pavé… Tout établissement se doit de prendre soin de sa réputation… Presque hargneux, il attendait ce choc qui ne venait pas, guettant ces ivrognes qui le contemplaient, le regard torve, assis près de l'entrée. Il se tournait alternativement vers l'un ou vers l'autre, guettant le moindre mouvement… Seul persistait le vide de l'alcool dans leurs yeux vitreux. Il aurait juré avoir entraperçu un sourire narquois répondre à sa pantomime, un sourire bien trop vif et alerte pour un homme saoul… Il sentait ces ronces rampantes s'enrouler autour de ses chevilles, le tirant insensiblement dans cet antre… Sa crainte hargneuse le poussait à s'arracher à cet endroit de mauvais augure, cette crique à naufrageurs, mais, plus puissant que tous les feux de la côte, l'alcool l'appelait, ravageant ses narines et sa gorge, rongeant déjà ses entrailles… Il avait soif, de cette soif insatiable que l'eau la plus pure ou le nectar le plus délicat ne pouvaient apaiser…

Il y eut un mouvement de corps, un infâme grouillement de chairs suintantes, semblable à une régurgitation. Ricinus se sentait entraîné, englouti dans les entrailles fumantes de l'auberge, sans qu'il ne puisse dire s'il avait avancé de lui-même. De toutes parts, il se faisait bousculer, interpeller, piétiner. Ici c'était un coude qui traînait, là une jambe, plus loin un corps tout entier qui basculait. Ce n'était qu'un frémissement continu de chairs, de graisses, de ces peaux distendues aux pores suintantes d'alcool et de sueur. Cela s'entortillait, humide en chaud, en bourrelets pendants. Il en coulait ce jus jaune, écume bouillonnante, dégoulinant le long des poils noirs, et tout cet antre sombre et profond, replié sur lui même, était saisi de spasmes irrépressibles, de crispations baveuses. Il s'enfonçait dans cette cave tortueuse, toujours plus profondément, sans même pouvoir se débattre, poussé par il ne savait quelles contractions animales. La cavité suante semblait vouloir l’engloutir, la chair l'enserrait de toutes parts, frissonnante, ivre de désirs assouvis, de toutes ces explosions charnelles. Cela giclait, cela se contractait, vaste bête mugissante, golem de viande dégoulinante. C'était cette vie grouillante, cette vie humide de plaisir et de jouissance, qui lui coulait dessus comme le pus suinte de la plaie purulente. Chien d'humiliation, léchant le pavé froid et goûtant la poussière des rues, il se trouvait plongé, noyé dans cette lubricité sauvage, grondant, se débattant en vain contre toutes ces tentacules visqueuses qui l'enserraient, le poussaient, le bousculaient…

Les ténèbres, se fourrer dans ces ténèbres, dans ce trou d'oubli… Se réfugier dans ce coin misérable, dans ce recoin poussiéreux et puant, loin de toute cette folie charnelle… La silhouette brisée, la tête rentrée dans ses épaules, il roulait des yeux, bête sauvage effarouchée, perdue au milieu de ces meurtriers avides… Il y avait là bien trop de main, bien trop d'yeux louches qui traînaient, indolents, ça et là, prêts à saisir la moindre occasion, prêts au moindre coup fourré… Lui voulait juste boire, se bourrer la gueule, s'oublier au fond de son gobelet dégoulinant d'une lie acre et épaisse. Il voulait dégueuler ses peurs et sa hargne dans cette cruche ébréchée, laisser les gouttes d'écarlate dégouliner le long de sa barbe hirsute, mais il y avait tous ces regards, une antre puante de regards traînants qui le scrutaient, carnassiers, prêts à le dévorer s'il le fallait… Il avait déjà trop goûté à ce cannibalisme là, il voulait la paix de l'ivresse folle à présent, se renfonçant autant qu'il le pouvait contre le mur poussiéreux, le poing tremblant refermé sur les quelques misérables piécettes qu'il lui restait, craignant par dessus tout qu'on lui dérobe cette évasion alcoolisée.

Il y eu comme un simple froissement de chairs, deux mains qui s'effleurent furtivement, dans un geste sec, mécanique. La face un peu abrutie d'un métèque basané, d'un vulgaire affranchi, qui s'impose, souriante de ce sourire commercial. Brusquement, le contact dur et froid de ces lamelles métalliques disparaît, laissant ces veines saillantes palpiter, doucement. Le poing brisé, la main ouverte, encore un peu crispée comme une bête morte. Ses yeux se froncent, suivent fixement la fine créature qui bondit entre ces rangs de chairs alcoolisées. Il s'en va se frotter à son maître, en chien servile qu'il est, murmurant à son oreille avec toujours ce même air mi-imbécile, mi-intelligent, avec cette face de lévrier moqueur. Les sourcils roux et broussailleux se froncent, se froissent, le regard du taulier se fait rieur, prédateur, cherchant à travers la salle les pupilles noires du misérable qui a osé se traîner jusqu'ici. Un regard lâche et traître, cupide et sauvage, un regard de meurtrier, de ces meurtriers qui n'ont comme sang sur les mains que la larme fade du vin et la marque de l'argile rongé par la morsure des chiffres. Comme l'ombre sinistre d'une vautour, Ricinus sentait l'attention de l'aubergiste planer au dessus de lui, sombre, menaçante, évoluant dans l'air avec cette fourbe délectation. Il connaissait cette menace. Il ne l'avait que trop connue, dans le temps, il y a une éternité, quand il préférait encore les cris de souffrance aux insultes, la sueur à la poussière du pavé. Son premier réflexe fut de se dérober, de fuir, échapper à l'emprise de ces serres vicieuses, à cette griffure maudite qui jamais ne vous lâchait vraiment, maudite graine de gangrène. Ses jambes se déplièrent, laissant le tabouret racler sur la terre cuite, son corps déjà se détournait de la scène, les épaules basculant vers l'avant comme par instinct de protection. Son poing se referma prestement. Dans le vide. On l'avait déjà dépouillé de sa menue monnaie. Il avait déjà payé. Au loin, la face de lévrier moqueuse semblait jubiler. Ricinus se sentait déjà dans l'escarcelle de Faustus. Lentement, il se replaça, l'air mauvais, attendant de voir le rapace se poser lourdement face à lui. Il connaissait ce monde là, et voulait le gerber, aiguillé par le souvenir des peines subies.  Le moindre murmure, le brouhaha des conversations se faisaient oppressants, cris aigus de harpies sauvages qui lacéraient ses chairs. L'atmosphère poussiéreuse se faisait plus pesante, chape d'airain brûlante pesant sur ses épaules…

Boire…

Il lui fallait boire.

Se bourrer sérieusement la gueule.

__________________________

IVèmes Césars:
 
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Le rabot de l'alcool sculpte ma gueule de bois - Kaeso Ausonius Faustus & Ricinus

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