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 On ne peut cacher ces choses qui nous hantent

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Message(#) Sujet: On ne peut cacher ces choses qui nous hantent Mer 29 Avr - 21:20


Claudia Cassia & Daeira

Fleur aux pétales d'or, répand ta magie, inverse le temps rend moi ce qu'il m'a prit. Guérit les blessures, éloigne la pluie, ce destin impur, rend moi ce qu'il m'a prit, ce qu'il m'a prit.

La nuit est enfin tombée sur la ville, et après cette journée si étrange, je ne suis pas mécontente qu'elle soit finie. J'ai passé tout mon temps à suivre ma maîtresse, comme à mon habitude. En soit, tout s'est plutôt bien passé, rien e spécial, une journée vraiment banale. Cependant, je n'ai pas arrêté de penser à cette soirée, cette réunion secrète entre esclaves et opprimés. Ce qui a été dit à ce moment là, toute cette cruauté, cette rage, cela m'a glacé le sang. Alors la fatigue provoqués par toutes ces nuits pleines de cauchemars, de cris, de violence et de massacre, associée à cette journée à faire l'effort de paraître tout à fait normale, ce soir, je suis tellement à bout que je ne réfléchis même plus à ce que je fais, telle un pantin, je m'agite sans but.

Le repas passé, j'ai aidé ma Domina pour sa toilette et à se mettre en habits de nuit. J'ai ensuite allumé toutes les bougies, les beaux jours approchent et avec eux le soleil se couche de plus en plus tard.
Depuis quelques années, j'ai acquis une certaine dextérité dans l'art de coiffer les dames. J'en suis très fière car cela fait le bonheur de ma maîtresse qui est très friande de coiffures toujours plus élaborées. Comme à chaque fois, après avoir préparé la chambre pour la nuit, nous nous installons devant la table de chevet. Elle aime bien regarder ses longs cheveux retomber sur ses épaules lorsque je les détache. J'ai tout juste réussi à assez me concentrer pour venir à bout du labyrinthe de tresses que j'ai habilement agencé ce matin. Nous voici à présent à l'étape que moi je préfère, le brossage des cheveux. Les siens sont tellement longs, doux et brillants, je l'envie beaucoup parce que, même si cela est le résultat de nombreux soins appliqués par mes petites mains, je sais surtout que c'est en grande partie due à un terrain génétique favorable.

Tout en brossant, je me suis complètement perdue dans mes pensées, je regarde ce que je fait, sans vraiment le voir. Devant moi, à la place de cette chambre se recréait cette pièce où je n'aurais jamais dû aller, ces gens que j'ai vu s'indigner, ces cris appelant au sang, et comme pour que tout cela paraisse encore plus réel, la douleur dans mon poignet refit son apparition. C'est d'ailleurs cette douleur qui me tira de mes songes. Une grimace et quelques mouvements de la main plus tard, je me remet au travail tout en espérant que cela ne se soit pas vu.
Je me demande jusqu'à quand cet événement aura un tel impact sur ma vie et sur mes rêves...

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Message(#) Sujet: Re: On ne peut cacher ces choses qui nous hantent Mer 29 Avr - 23:11

Son front tiré dans sa paume, la Vestale s’affaisse. Qu’on la décharge de ce poids qui jour après jour devenait trop lourd. Les murmures des bas-fonds ramenaient à la surface des peurs inavouées. L’inquiétude la rongeait. Depuis des semaines Aemilia était muette. Depuis des mois son frère était sous le joug de la mort. Il l’était peut-être déjà, mort, qu’elle ne le savait pas… Ses yeux se ferment avec douleur. Elle avait essayé… Elle avait tant essayé. Depuis son arrivée à Pompéi, elle s’était efforcée de garder la tête haute, de ne penser qu’à la déesse et de se comporter comme la plus aimante des filles. Elle avait besoin de lui. Elle avait besoin de parler de ses cauchemars… Cauchemars dont il n’avait pas encore la moindre idée. Elle ne le retrouverait jamais… Jamais. Quand bien même elle avait pu naître sacrée des plus hautes grâces, elle était impuissante face au destin de son frère. Peut-être était il déjà mort… Oui, peut-être ne fallait-il plus y penser. Sa main, d’un impérialisme fatiguée, renvoie les esclaves. Qu’elles appellent Daeira! Vite! vite, elle ne pouvait plus supporter le poids de sa tête tressée.



Seule dans la pièce elle se relève, le corps lourd. Ses pas la dirigent méthodiquement vers le lararium. Du vin pour les Lares! Des galettes pour les Lares! Protégez mon sang, protégez mon frère semblent supplier ses doigts tremblants. Ses paumes se tournent vers le ciel, servilité, elle ne connaissait rien d’autre. Elle leur donne ses maux, qu’ils la décharge eux! Ils leur incombaient de veiller sur eux. Depuis des mois ils étaient silencieux. S’étaient-ils noyés dans le sang ce jour néfaste de janvier? Ses yeux se lèvent vers le plafond, durs et déterminés. Avaient-ils été assassinés eux-aussi? Pourquoi ne répondez-vous pas? Ses pupilles entêtées brillent, elles réclament. Oui, elles osent réclamer! Depuis des années elle est une servante appliquée. Pas un instant, son devoir ne lui a échappé. Pas un instant elle a été une fille mauvaise pour la plus pure des déesse. Pas un instant elle n’a offensé Jupiter, son frère. Alors comment osaient-ils l’abandonner? Ses paumes se lèvent un peu plus haut, elle implore un peu plus. Vesta, veille sur le monde, elle ne peut pas veiller sur Antonius. C’était à eux… A eux… La flamme du laraire vacille et Cassia recule. La prêtresse demande pardon. Son coeur s’est épris de colère. Elle ne recommencera plus. C’est la peur. La fatigue. Ce costume qui lui colle à la peau. Cette sueur de cette journée épuisante. Epuisante? Non, non, il ne s’agissait que de servir sa Mère Divine. Ses paumes ne questionnent plus les Cieux, ils se posent sur les côtés de la flamme. Qu’ils la pardonnent! Elle savait. Elle savait qu’ils avaient accompagné sa famille depuis la création de Rome.

Lourdeur. Suffocations. Ses doigts se crispent sur le bord du laraire. Ses lèvres fanées cherchent l’air qui lui manque. Pourquoi s’oubliait-elle? La déesse était mal à présent. Elle pouvait sentir son immense tristesse s’emparer d’elle. Sa tête vient se choir sur le mur. Que faisait Daeira? Il fallait qu’elle sorte de cette prison. La déesse suffoque.

La porte s’ouvre.

L’air froid remplit la pièce et Cassia inspire profondément. Daeira est enfin là. Tout va aller mieux maintenant. Sans un mot, elle laisse son esclave lui ôter son manteau de pourpre. Elle détache la lourde broche avec soin. Silence pieux. La prêtresse se concentre sur sa respiration. Elle n’a pas envie d’inquiéter son esclave. Elle n'a pas envie de répondre aux interrogations de ses yeux aimants. Ses douces mains lui soulèvent ses bras. Ils la libèrent du poids de sa stola. Le linceul s’évapore au sol. La douceur de la nuit enveloppe son corps nu. Elle s’infiltre dans ses pores. Libérée. Son coeur se calme. Il calme la déesse. La nudité chasse l’inquiétude. Une tunique de coton, si légère tombe sur ses épaules. Elle se fait légèrement pousser sur son siège. Les doigts rassurants de Daeira commencent à défaire ses longues tresses. Sa coiffure d’éternelle mariée se défait. Ce soir, ce n’est pas à elle de veiller sur le feu, ce soir dans le miroir d’or elle peut se laisser à s’observer… Quand Daeira aura terminé, ses cheveux épars seront un soupçon d’une vie qui aurait pu être différente. Une féminité jalousement préservée. Ses doigts se massent les tempes. Elle déteste se laisser aller ainsi. C’est bon pour la plèbe de s’offrir ce luxe. Elle, elle est une enfant divine, elle n’a pas le droit de laisser la peur s’emparer d’elle. Elle n’a pas le droit à cet égoïsme. Les Dieux veillent sur elle. Tous. Ils veillent sur son frère. C’est certain. Demain, elle ira au temple de la Triade Capitoline, elle demandera pardon. Pardon à cet oncle qui veille sur elle.



Les doigts cessent leur travail. Ils se détachent. Cassia se réveille et à travers le miroir, ses yeux cherchent ceux de son esclave. Daeira ne peut pas se laisser à ses états d’âme. La prêtresse a eu une journée éprouvante. Une déesse, une nation, un monde repose sur les rites quotidiens. Son visage angélique est déformé par une moue songeuse. Une moue qui n'a pas sa place dans cette chambre. C'était elle qui était en proie à la douleur. « Concentre toi. »


La prêtresse regrette tout aussi ses paroles. Ce soir, elle n’était pas elle-même. L’incertitude de la nuit sans doute… Les cauchemars… Un soupire lasse, destiné à elle-même. « Daeira, ton visage parle pour toi… Tu peux aller te reposer. Appelle une autre fille pour qu’elle vienne terminer de me préparer. » Un fin sourire éclaire son visage pour l'encourager.

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Message(#) Sujet: Re: On ne peut cacher ces choses qui nous hantent Jeu 30 Avr - 19:04

Je suis surement beaucoup trop habituée à être la parfaite petite esclave, parce que me faire reprendre ainsi par ma maîtresse me brisa le cœur. Je n'aime pas décevoir les gens, surtout dans des domaines où je suis censé exceller.
L'avantage, c'est que cette remarque me tira de ma torpeur et je pue alors reprendre mon travail où je l'avais laissé.

" Pardonnez moi madame, j'étais ... Perdue dans mes pensées. Je peux tout à fait finir de vous préparer, inutile d'appeler quelqu'un d'autre. "

Maintenant que mes capacités me sont revenues, je constate que quelque chose ne va pas. Je connais assez bien ma Domina, je peux même dire que je la connais pratiquement par cœur. Je la comprend et je sais quand elle n'est pas bien, et ce soir, c'est clairement le cas. Mais l’angoisse de ce qui pourrait arriver à cause de cette révolte m'effraie encore plus et me pousse à me confier à elle.
Une fois ses cheveux dénoués et parfaitement démêlés, je décide donc de lui en parler. Je me suis agenouillée à ses côtés, en essayant de trouver les mots justes pour limiter la casse. Je sais que ce que je vais lui apporter comme nouvelle ce soir va rajouter un stress supplémentaire, mais il faut que je la prévienne car je tiens à elle et j'ai très peur pour sa sécurité.

" Madame ... J'ignore si vous vous en souvenez, je vous avais parlé d'une rumeur qui circulait parmi les esclaves du temple à propos d'une réunion secrète dans la basse ville. Eh bien, hum ... Cette réunion à bien eu lieu. "

A cet aveu, les remords s'emparent de moi. Je sais que je n'y suis allé que dans le but de savoir à quoi m'attendre, pour pouvoir protéger mes proches. Mais le dire ainsi à ma Domina, j'ai l'impression de l'avoir tout simplement trahis.

" Hum, j'y suis allée ... Mais si je l'ai fait c'est parce que j'ai très peur pour votre sécurité. Là-bas, ils ont parlés du fils de l'Etna, il serait en route pour Pompéi avec une escorte d'esclaves enragés.
Madame, ils ont parlés de vengeance par le sang, ils incitaient les esclaves présents à se rebeller, à tuer leurs maîtres pendant leur sommeil, au moment où cet, cet homme se présentera aux portes de la ville. Je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose, je ne sais pas si je pourrais vous protéger des autres. J'aimerais tellement que tout ceci soit un simple cauchemar, mais ce n'est pas le cas.
J'ai décidé de vous prévenir car je voulais votre avis sur la marche à suivre, que dois-je faire ? Je sais que déjà, je ne vous quitterais plus des yeux à partir d'aujourd'hui, même si je dois en perdre le sommeil. "


J'ai parlé ainsi sans m'arrêter, je crois même que mon ton est devenu légèrement paniqué. M'en rendant soudain compte, je baisse la tête pour reprendre mon sang froid. J'ai honte, c'est la première fois que je m'emporte ainsi, je ne pensais pas que cela se produirait un jour. J'espère que personne d'autre ne m'a entendu, normalement il n'y a aucune raison pour que les autres esclaves pensent à me surveiller, mais il me faut tout de même être prudente.

" Je sais que j'ai été trop audacieuse de m'y rendre ainsi sans votre permission. Mais je voulais être sûre, et sachez que je ferais tout ce que vous désirez, tout ce qui vous permettra de survivre à cette catastrophe qui approche. Si vous souhaitez que j'aille prévenir votre tante, je le ferais bien-sûr, mais ne me demandez pas de m'éloigner de vous plus d'une heure, je vous en conjure, j'ai trop peur qu'il vous arrive malheur. Et si jamais cela devait se produire, je ne pourrais jamais me le pardonner. "

Je suis parfaitement sincère avec elle, je l'ai toujours été. Mais c'est la première fois que je le suis aussi spontanément pour quelque chose d'aussi personnel. Je ne sais comment elle va le prendre. Ce dont je suis certaine en revanche c'est qu'en premier lieu, ses inquiétudes vont de nouveau se tourner vers son frère. Si je dois moi-même aller le chercher pour le mettre en sécurité au temple et ainsi ne pas risquer de la voir s'aventurer où il ne le faut pas, soit, alors je suis prête à risquer ma vie pour la sienne.
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Message(#) Sujet: Re: On ne peut cacher ces choses qui nous hantent Mar 12 Mai - 16:13

« Pardonnez moi madame, j'étais ... perdue dans mes pensées. Je peux tout à fait finir de vous préparer, inutile d'appeler quelqu'un d’autre. »



La prêtresse ne fait pas attention aux excuses de Daeira, elle aussi elle était perdue dans ses pensées. Perdue dans un brouillard si dense qu’elle ne percevait même pas le désarroi de son esclave. Le timbre de sa voix, la maladresse de ses doigts, sa respiration entrecoupée, de tous ces signes elle était lointaine.

« Madame ... J'ignore si vous vous en souvenez, je vous avais parlé d'une rumeur qui circulait parmi les esclaves du temple à propos d'une réunion secrète dans la basse ville. Eh bien, hum ... Cette réunion à bien eu lieu. »



Ses cils se décrochent du reflet. Daeira est agenouillée devant elle, les yeux tremblants d’émois. Ses traits restent impassible. Il lui faut quelques instants pour revenir au monde réel, abandonner ses pensées. Une réunion de rebelles. Elle se souvenait à présent de lui avoir demandé de ne pas y prêter attention. Tout comme elle avait dit à Ahenobarbus quelques semaines plus tôt que toute cette tension n’était pas avérée. Il ne s’agissait que d’un grondement sournois de la part d’esclaves insatisfaits. Il ne fallait pas donner valeur à ce qui n’en avait pas. 


« Hum, j'y suis allée ... Mais si je l'ai fait c'est parce que j'ai très peur pour votre sécurité. Là-bas, ils ont parlés du fils de l'Etna, il serait en route pour Pompéi avec une escorte d'esclaves enragés. Madame, ils ont parlé de Vengeance par le sang, ils incitaient les esclaves présents à se rebeller, à tuer leurs maîtres pendant leur sommeil, au moment où cet, cet homme se présentera aux portes de la ville. Je ne veux pas qu'il vous arrive quelque chose, je ne sais pas si je pourrais vous protéger des autres. J'aimerais tellement que tout ceci soit un simple cauchemar, mais ce n'est pas le cas. J'ai décidé de vous prévenir car je voulais votre avis sur la marche à suivre, que dois-je faire ? »



Ses yeux frémissent. Cassia n’avait jamais porté intérêt pour ces menaces. Elles n’étaient que des murmures. De vils et mensongers murmures. Comment des esclaves auraient-ils pu former une armée? Comment auraient-ils pu marcher dans un même cri sur une cité romaine? Il s’agissait d’une folie! On ne pouvait imaginer des hommes se jeter dans les bras de la mort. Surtout pas des esclaves. Quelle cause pourraient-ils défendre d’ailleurs? En vérité, Cassia portait beaucoup moins d’attention à ces énergumènes qu’au fait que Daeira lui ait désobéi. Comment avait-elle pu être assez naïve pour se jeter dans une fosse aussi dangereuse? Et si quelqu’un l’avait vu? Avait-elle pensé à son image? Pourtant, toutes ces questions sans réponses s’envolent devant les yeux apeurés de l’esclave. Etait-ce réellement de la peur? De la panique? Mais qu’avaient-ils donc bien pu lui faire?


« Je sais que déjà, je ne vous quitterais plus des yeux à partir d'aujourd'hui, même si je dois en perdre le sommeil. »

 Une moue traverse le visage jusqu’alors impassible de Cassia. « Daeira… » Sa main se lève pour stopper son effusion de paroles confuses. Il fallait qu’elle reprenne son sang froid.



« Je sais que j'ai été trop audacieuse de m'y rendre ainsi sans votre permission. Mais je voulais être sûre, et sachez que je ferais tout ce que vous désirez, tout ce qui vous permettra de survivre à cette catastrophe qui approche. Si vous souhaitez que j'aille prévenir votre tante, je le ferais bien-sûr, mais ne me demandez pas de m'éloigner de vous plus d'une heure, je vous en conjure, j'ai trop peur qu'il vous arrive malheur. Et si jamais cela devait se produire, je ne pourrais jamais me le pardonner. »


Elle continue. Elle n’est plus maître de ses pensées. La peur consomme son frêle corps. Cassia le sent, la pièce s’est glacée sous ses dernières paroles. Un caractère d’urgence. Comme si le soleil ne devait désormais plus que se lever rouge. Une journée sanguinaire. Des souvenirs. Tout est si froid. Sa main vient chercher le menton de l’esclave, elle lève ce visage pâle vers ses yeux. Ses derniers inspectent le degré d’angoisse de son esclave. Les faits étaient flous, mais elle ressentait toute l’alerte de ce corps à ses pieds. Il faut tout recommencer et pour cela la calmer.



« Daeira calme-toi. » Ses doigts enserrent un peu plus le port de cette dernière. Elle allait devoir respirer à présent. Cassia allait l’écouter, mais il fallait qu’elle se calme. Elle inspire et expire plusieurs fois en intimant à son esclave de faire de même. « Si, comme tu sembles le croire, le fils de l’Etna et toutes autres de ses personnes … aventurières devaient marcher sur Pompéi, tu es la première à savoir que tu ne pourrais rien faire pour me protéger. Combien y avaient-ils d’esclaves dans la villa Claudia? Et ils n’ont rien pu faire. Seule, la déesse nous protège. Moi, sa fille et toi par ses murs qu’elle t’a humblement offert. »



Ses deux mains sont désormais autour du visage de l’apeurée. Il ne leur arriverait rien. Pas tant qu’elles seraient entre ses murs. A vrai dire, Cassia n’était même pas encore convaincue que le Fils de l’Etna soit réel. Du moins, son spectre était désormais assez dangereux pour faire exalter les bas fonds. Comment pouvait-on rêver destruction dans un monde qui avait déjà mis tant de temps à trouver sa paix interne? L’homme pouvait se montrer si bestial… mais où donc était toute la discipline de la pensée?



« Tu ne vas pas aller prévenir ma tante car il n’y a personne à prévenir. D’ailleurs, tu n’es tout simplement jamais allée à cette réunion, me comprends-tu? Ses yeux lancent un éclair. Personne ne devait apprendre que Daeira était allée à une telle réunion. Personne! Le Collège était miséricordieux, mais les murs parlaient… et qui sait à quelles oreilles sa présence aurait-t-elle pu remonter. J’ose espérer que tu n’as parlé à personne, n’est-ce pas? » Ce n’était pas réellement une question, pourtant sa voix était tintée d’angoisse. La peur de la perdre probablement. Mais par tous les Dieux, pourquoi y était-elle allée? Peut-être Cassia lui avait donné trop de libertés… Mais elle était si bonne, la plus dévouée d’entre toutes. Celle qui connaissait le moindre de ses secrets, elle ne pouvait lui enlever ce prestige qu’était la confiance. Il ne fallait pas qu’elle recommence et même si c’était dans la simple envie de protéger sa domina. Acte noble, mais ô combien insensé! Sa belle, noble et émérite esclave au milieu d’une foule assoiffée de sang… Elle ne pouvait le concevoir. 


« T’ont-ils fait du mal? Ont-ils essayé d’attenter à … ta personne? Tu dois me dire si ils ont ne serait-ce qu’oser te toucher! Parce que Cassia refoule toute idée sanguinaire, elle s’efforce de se concentrer sur Daeira. Le goût de la violence, elle pouvait encore le sentir entre ses lèvres pétrifiées. Dans ses nuits sans sommeil, le gout métallique du sang était omniprésent. Elle refoule toute la peur, elle refoule l’idée de la mort elle-même tout simplement car cette idée lui est encore trop familière. Tu fais partie du temple, tu n’es pas comme les autres asservis… Je ne peux pas croire que tu aies pris ce risque. O ma douce Daeira, tu ne dois plus avoir peur. Tu es en sécurité entre ces murs, à mes côtés, aux côtés de Vesta. »


La Vestale, très loin de s’imaginer l’horreur qui se jouerait en cet endroit même quelques semaines plus tard, se laisse glisser au sol. Elle lui pardonne. Dans un mouvement maternel, elle attire la tête de Daeira sur sa poitrine. Là, elle était là. Personne ne tuerait personne. 


« Laisse les ignares aux paroles venimeuses où ils sont. Tu leur es supérieure à tous les égards, ne les laisse pas te faire croire qu’un fils de l’Etna puisse exister. Je n’y crois pas moi… »

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