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 L’alcool est blanc mais rougit le visage, l’or est jaune mais noircit le coeur.

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₪ Arrivée à Pompéi : 03/06/2013
₪ Ecrits : 302
₪ Sesterces : 0
₪ Âge : 44 ans.
₪ Fonction & Métier : aubergiste et tenancier d'un lupanar.


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Canis Canem Edit
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: ma bourse ! Et peut-être ma femme, Fulcinia Ausonia Fausta.
Message(#) Sujet: L’alcool est blanc mais rougit le visage, l’or est jaune mais noircit le coeur. Mer 8 Avr - 0:33



J’essaye de noyer mon chagrin dans l’alcool mais depuis le temps... il appris à nager, mon chagrin.

La soirée tombait lentement Pompeii. Avec son arrivée, l’auberge Fausta s’emplissait lentement de voyageurs épars et naïfs, et des rats ivrognes qui étaient ses habitués. Confondu parmi ces derniers, l’œil brillant et la joue pâle, un requin déguisé en sac à vin, un ivrogne que le vin ne saoulait même plus et qui tirait sa seule ivresse dans l’observation de ces déchets humains gaspillant leur argent dans l’achat d’une piquette coupée à l’eau mais encore hors de prix. Voir cet argent passer de leurs poches à la main des serveurs allongeait son sourire sur ses joues creuses et lui donnait une expression de plaisir coupable si particulière que tous ou presque le pensaient lui aussi abruti par le mauvais vin. Pourtant Kaeso Ausonius Faustus, bien qu’il soit à cette heure de la soirée à son troisième pichet – non coupé lui, il se permettait tout de même ce petit plaisir de s’offrir à lui-même ses meilleures marchandises en l’état, avait l’esprit encore vif et l’intelligence de la sobriété. Nous ne nous étendrons certes pas sur les années de beuverie quasi constante qui lui permettaient aujourd’hui d’ingurgiter son poids en alcool divers sans trop siller (années peu glorieuses d’ailleurs, qui, bien que nous prenions un certain plaisir à décrire et détailler les plus inavouables des anecdotes à son sujet, ne nous amuseraient même pas). Notre aubergiste ruminait en silence, son sourire aux lèvres pour ne pas trahir ses pensées. Les heures étaient sombres pour lui.

A un alcoolisme avéré, il mêlait comme beaucoup le savent une avidité maladive, une avarice presque douloureuse. Son plaisir de voir ces pièces circuler pour retomber dans ses coffres était entaché par une sombre petite histoire qui lui était arrivé peu de temps auparavant, quand voulant faire pression sur des concurrents un peu trop efficaces il s’était retrouvé attenté d’un procès dans lequel il avait perdu assez d’argent pour le rendre fébrile et coléreux plus qu’à son habitude. Sa soif d’or, plus insatiable encore que celle qu’il avait de l’alcool, le faisait trembler de rage et de haine en son fort intérieur. La bourse lui tenant lieu de cœur avait été percée par un patricien un peu trop éloquent, un peu trop doué, et il avait encore toutes les peines du monde à s’en remettre. Cet argent, son argent, gagné heure après heure par ceux qui travaillaient pour lui, par son labeur même quand il se levait de sa chaise pour aller détrousser de par lui-même un innocent un peu trop inconscient qui avait le malheur de croire à son grand sourire et à sa formidable jovialité trompeuse. Que de plaisir il prenait d’ailleurs, à voir les têtes perdues des fous qu’il saoulait au mauvais vin et volait sans le moindre remord à chaque occasion. Il tirait une jouissance quasi sexuelle de l’action de vider dans ses mains grandes ouvertes les bourses empruntées à de mauvais buveurs endormis qu’il allongeait dans son lupanar pour saler encore plus l’addition au matin. Leurs têtes de bois le lendemain matin, dans lesquelles résonnaient le marteau de l’alcool de la veille, leurs yeux de merlans fris quand il détaillait leurs folies imaginaires de la soirée passée dont ils n’avaient plus aucun souvenir et leur racontait qu’ils avaient voulu offrir une tournée générale et qu’ils avaient vu trois filles différentes – qui toutes avaient vanté leur talents d’amants (car il fallait bien faire revenir ces niais dans son commerce !), et que tout cela avait un prix dont il était bien désolé qu’il soit si gros, mais hé ! les affaires sont dures en ce moment… Tout cela avait pour lui des notes de délices, et sa tristesse face à leurs mines dépitées était toute aussi feinte que son ivresse de la veille. Il jubilait de la pauvreté d’autrui, quand celle-ci faisait sa richesse. Et le soir avant de s’endormir, il fixait un moment cet or croulant qu’il enfermait à clé loin de tout regard, de peur que son ombre même ne le dépouille.

Pourtant son arrivisme avare l’avait perdu, et face aux Armensii et à leur patron, il avait était trop loin. Un trop grand coup d’éclat sans doute, cette fausse bagarre d’ivrognes trop savamment orchestrée et dont les siens s’étaient tirés sans peine. En y repensant, la colère grondait en lui. Peut-être finalement, n’aurait-il pas du boire ce troisième pichet, car il s’échauffait trop et pensait déjà aux milles maux par lesquels il pourrait se venger de sa perte. Seul dans ses pensées, il excitait lui-même son âme, et en un instant il se persuada lui-même qu’il devait faire quelque chose pour combler cette perte, lui-même, ce soir. Il se leva, légèrement titubant mais encore à peu près droit, et après un signe à Niger qui était présent pour lui confier le commerce, s’élança au dehors.

Nous n’apprendrons à personne que l’alcool et la haine sont souvent mauvais conseillés, mais emporté par lui-même le plébéien n’avait su se contenir. A présent dehors, dans les rues sombres et fraiches de la cité romaine, sa lucidité lui revenait lentement, comme elle revient à un soiffard qui prend la peine de respirer et de cesser une demie-heure de boire. Aussi, en arrivant devant l’auberge de la morue qui était sa concurrente, il se persuada qu’il pourrait trouver mieux pour se venger, et plutôt que d’entrer et faire un esclandre ou n’importe quelle action insensée, il décida de rebrousser chemin. Son pas vif de l’homme enragé qui l’avait mené jusque là était déjà plus posé, et dans la nuit qui tombait il semblait une ombre rodeuse, un rat sorti de sa cachette.

Mais il n’était pas la seule ombre de la cité. L’une d’elle, passant devant lui attira son attention. Il s’agissait d’une jeune femme qu’il jugea assez belle – et notre maquereau (n’ayons pas peur du terme !) s’y connaissait en beauté. Il s’arrêta un instant et la regarda avancer, probablement perdue en elle-même car elle ne sembla pas le remarquer d’abord, à moins qu’elle ne souhaita pas qu’il sache qu’elle l’avait vu dans l’espoir qu’il la laisse tranquille. Mais miser sur le fait que Faustus pouvait avoir cure des pensées et des sentiments d’autrui serait une folie à laquelle nous ne nous abandonnerons pas nous-mêmes, et c’est sans beaucoup de surprises que nous raconterons qu’il lui saisit le bras et la tira vers lui pour mieux la regarder. S’il sentait le vin, le cuir et l’ail, et si au premier abord il paraissait peut-être un peu effrayant avant sa haute taille, ses cheveux roux décoiffés et ses yeux luisants, il avait un sourire affable et heureux qui aurait pu rassurer presque n’importe qui ne le connaissant pas. « Et bien ma mignonne, où vas-tu ainsi ? Tu t’es perdue ? Tu ne sais pas qu’il y a tout près d’ici l’auberge des Armensii où les hommes avinés croquent les belles fleurs dans ton genre ? Imagine si l’un d’eux t’était tombé dessus plutôt que moi, qu’aurait-il fait face à ton joli minois ? » Un regard rapide en biais lui permit de s’assurer qu’elle était esclave, mais cela n’empêcha en rien son intérêt car il savait fort bien qu’avec de petits appâts, on capture de gros poissons.

Les ivrognes pouvaient bien s’entasser dans son commerce. Qu’il leur joue la comédie à eux ou à elle ne changerait pas grand-chose à sa soirée, et les quelques connaissances que l’on pouvait tirer d’une esclave se vendaient aussi bien que le vin de Campanie, Faustus ne le savait que trop bien.

code by biscotte


__________________________


« Welcome, Monsieur, sit yourself down and meet the best innkeeper in town. As for the rest, all of 'em crooks : rooking their guests and crooking the books. Everybody loves a landlord, everybody's bosom friend. Servant to the poor, butler to the great, comforter, philosopher, and lifelong mate ! Everybody bless the landlord ! »


   

   
Canis Canem Edit:
 
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Message(#) Sujet: Re: L’alcool est blanc mais rougit le visage, l’or est jaune mais noircit le coeur. Mar 28 Avr - 21:21

Les ruelles sombres, la nuit noire, seules quelques lanternes pour éclairer mon chemin. Ce soir je suis de sortie. Rarement je quitte le temple sans ma Domina, mais ce soir j'ai eu une permission spéciale. C'est l'anniversaire d'un vieil ami, du temps de mon enfance. C'était un très bon ami de ma mère et ce qui peu le plus se rapprocher d'une figure paternelle pour moi. Ils sont arrivés sur le même bateau, lui en tant que marchant cherchant à changer de vie, repartir à zéro, et elle en tant qu'esclave qu'un autre homme voulait vendre. Ce marchant au lourd passé et au cœur tendre apporta son aide à ma mère lors de son accouchement en mer. Depuis ce jour, nous sommes restés très liés et, comme à l'époque où ma mère était encore en vie, je continue à lui rendre visite pour son anniversaire.
Heureusement pour moi, ma Domina est une jeune femme très compréhensive et depuis que nous sommes de retour à Pompéi, elle m'a autorisé à lui rendre visite à lui et à d'autres amis d'enfance, mais cela reste rare. Elle m'a donné la permission tant que je suis discrète et que je ne me fais pas remarquer. Ces instructions, ce n'est pas parce qu'elle est trop stricte avec moi, non, elle ne l'est pas, du moins tant que je fais mon travail comme il le faut. Pour tout expliquer, c'est une Vestale et notre destin est ainsi étroitement lié. Si je fais quelque chose de travers, si je me fais remarquer là où il ne le faut pas, au moment où il ne le faut pas, je met alors ma maîtresse en danger car on nous associes, je me mettrais alors moi aussi en danger. Je n'ai pas peur d'être punie, mais je veux survivre, je ne veux pas finir emmuré avec elle, même si je me suis beaucoup attaché à elle. Alors ce soir, même si mes intentions sont tout à fait louables, je dois me faire petite, me fondre dans la masse, devenir l'ombre qui arpente les rues.
Vêtue de ma robe la plus simple et camouflée sous la capuche de mon manteau, je marche d'un pas léger. J'arrive petit à petit vers les quartiers les plus fréquentés, ceux où on peut trouver du plaisir avec un verre ou de la chair. C'est là qu je dois être la plus prudente, une personne encapuchonnée cela attire l'attention dans ces rues pleines de monde et de lumière. Comme à mon habitude dans ce genre de situation, je quitte mon manteau pour le porter à bout de bras. J'ai grandis en apprenant à me faire oublier, alors je met à l'oeuvre tout mon talent pour ne pas intriguer un poireau ou une louve en quête de clients.

Hélas, à mi chemin, ma splendide technique durement acquise se retrouva mise en échec, réduite à néant, balayée, bousillés, bref tout ce qui peut signifier qu'à cet instant, ma défaite était totale et cuisante.
Ce qui semblait être un alcoolique ayant un coup de nectar en trop dans le nez s'approcha de moi et me saisit le bras. J'aurais tellement voulu qu'il ne m'ai pas vu, qu'il ne m'ai pas remarqué, qu'il m'ai tout simplement laissé passer, comme le simple ivrogne qu'il semblait être. Lorsqu'il m'attira à lui, je fut si près de lui que je ne pouvais que constater, à son haleine si forte que ma tête tournait, qu'il avait bu, et pas qu'un peu.

" Et bien ma mignonne, où vas-tu ainsi ? Tu t’es perdue ? Tu ne sais pas qu’il y a tout près d’ici l’auberge des Armensii où les hommes avinés croquent les belles fleurs dans ton genre ? Imagine si l’un d’eux t’était tombé dessus plutôt que moi, qu’aurait-il fait face à ton joli minois ?
- Eu... C'est gentil à vous monsieur, mais je sais me défendre, et puis, je vais rendre visite à un ami, je suis bientôt arrivée. D'ailleurs, il m'attend, il doit certainement se demander ce qui peut bien me prendre autant de temps pour arriver... "

Je ne sais trop si cela va fonctionner, mais en tout cas je tente le coup. Je fais alors mine de vouloir repartir, après tout, pourquoi cela ne pourrait ps être aussi simple ?!
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