Ma réponse sera vengeance, et leur mort, délivrance [Valerius & Helvia]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
Partagez | 
Patricien
Lun 16 Mar - 23:38
Ma réponse sera vengeance, et leur mort, délivrance [Valerius & Helvia]   




Helvia Claudia Scaevola
₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
₪ Ecrits : 2157
₪ Sesterces : 60
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Chaque miette de vie doit servir à conquérir la dignité.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Veuve et amante de Publicola
Voir le profil de l'utilisateur

Ma réponse sera vengeance,

et leur mort, délivrance



Villa Scaevola ~ début mai 725 AUC

Les pas précipités de la veuve résonnaient dans la villa, faisant lever les têtes des esclaves afférés à leurs corvées. Certaines jeunes servantes observaient les alentours avec des yeux apeurés, terrorisées à l’idée d’être à l’origine d’une des colères de leur domina, qui étaient aussi peu fréquentes que mémorables. Alors que l’inquiétude ambiante imposait un lourd silence entre les hauts murs de la domus, on entendit s’ouvrir les portes de l’atrium avec fracas.

- Où est-il ? s’écria-t-elle d’une voix tremblante qui ne lui était nullement accoutumée.

Les trois esclaves présents se figèrent, l’incompréhension envahissant leurs yeux.

- Valerius. Où est-il ?

Sa voix mêlait la colère et l’inquiétude. Rarement on avait vu la gauchère dans un tel état. Timidement, un esclave leva l’index en direction du couloir qui menait aux chambres du rez-de-chaussée. La patricienne reprit sa course sans attendre, brisant le silence ambiant par le seul claquement de ses chaussures sur le marbre. Elle se hâta ainsi jusqu’à une chambre aux portes déjà ouvertes où elle reconnut enfin la touffe de cheveux blonds de l’ancien gladiateur. Sans plus attendre, elle s’engouffra dans la pièce, peinant à cacher l’essoufflement qui lui soulevait la poitrine. Appius était assis sur le bord du lit, les coudes posés sur ses cuisses, le medicus à sa gauche s’appliquant déjà à recoudre une large plaie sur son bras.

- Valerius… murmura Helvia d’une voix teintée d’un profond soulagement.

La veuve acheva les quelques pas qui la séparait de lui et observa son corps tuméfié, la culpabilité étreignant son cœur à chaque nouvelle blessure qu’elle découvrait. Une coupure sur son arcade sourcilière laissait couler un filet rouge sur sa pommette bleuie et légèrement gonflée par un coup, des ecchymoses couvraient ses épaules, ses bras et son torse, une égratignure marquait son flanc gauche, probablement causée par une lame… Mais le plus grave était cette profonde coupure qui entaillait son bras gauche et dont le medicus s’occupait déjà.

La veuve approcha doucement sa main qu’elle posa sous le menton de Valerius pour lui faire lentement lever son visage vers elle afin qu’elle puisse le regarder. Elle demeura muette quelques secondes, observant sa figure abîmée dont elle se savait en partie responsable.  

- Que t’ont-ils fait ? murmura-t-elle, davantage pour elle que pour lui.

Cet effort sembla douloureux à Appius, aussi le laissa-t-elle reprendre une position plus confortable. Intérieurement, la veuve se maudissait. Quelle naïveté que la sienne ! Le trop de confiance mène toujours à la ruine ; tant d’années auraient dû le lui apprendre. Helvia n’avait que trop eu confiance en elle, trop eu confiance en la force d’Appius, et trop sous-estimé cette ordure de Flaccus. Decimus Decius Flaccus lui avait vanté les promesses d’une affaire bientôt florissante, d’un investissement rentable et sans crainte : un nouveau commerce de papyrus, de tissus et autres produits venus d’Egypte qu’il n’avait jamais été aussi simple de rapatrier vers la capitale depuis qu’Octave avait vaincu Marc-Antoine et Cléopâtre. Le brave homme ne demandait qu’un prêt, une somme certes importante qu’il s’était engagé à lui rendre avec des intérêts plus qu’alléchants. Avec la récente victoire de Remus aux jeux civiques, l’investissement de la gauchère au sein du ludus Naevius lui assurait une rentrée d’argent bien supérieure à ses meilleures attentes. Aussi, n’avait-elle hésité que quelques jours. Il était convenu que le marchand conserve la somme quatre mois durant, avant de la rembourser progressivement les mois suivants. Sa première paye avait déjà été moins importante que prévu. « De simples contretemps » avait-il dit à cette époque. Seulement, plus un denier ne revînt dans les bourses de la Vipère depuis ce jour et l’impatience avait rapidement gagné la veuve. Alors, en dernier recours, elle avait fait appel à Appius Maenius Valerius, son homme de confiance.

Perdue dans ses pensées, le souvenir de sa première rencontre avec lui revînt en mémoire de la patricienne. Comme tant d’autres gladiateurs, Helvia avait connu son nom suite à ses exploits sur le sable de l’arène. Curieuse de connaître cet ancien légionnaire devenu gladiateur chez Naevius, Helvia avait suivi plusieurs de ses combats avant de se prendre d’admiration pour ce mirmillon aux cheveux d’or venu se battre pour éponger les dettes de son père. Plusieurs fois, elle l'avait rencontré lors de ses visites aux ludus pendant lesquelles ils échangeaient quelques mots. Elle s'était finalement engagée à le financer jusqu'à ce qu'il quitte la gladiature. Quand le temps fut venu pour lui de briser ses chaînes, ce fut tout naturellement qu’elle lui proposa son aide. Seul à Pompéi, sans famille ni amis en dehors de son ludus, Helvia lui avait proposé un logement, un travail et une paye alléchante en échange de services plus ou moins respectables, plus ou moins officiels. Garde du corps, homme de main, Valerius savait défendre autant qu’il savait menacer et avec le temps, la veuve avait appris à avoir en lui une confiance presque aveugle. A son service depuis désormais trois ans, Helvia n’avait jamais regretté le moindre sesterce dépensé pour celui qu’elle considérait presque comme son poulain, parfois même comme un ami, et toujours comme un allié.

Mais aujourd’hui, pour la première fois, sa tâche ne s’était pas passée comme prévu. Appius devait trouver ce mauvais payeur et simplement lui faire comprendre combien la Vipère de Pompéi perdait patience, quel qu’en soit le moyen. Mais visiblement, à son arrivée, Appius avait trouvé un accueil minutieusement préparé. La suite lui avait été racontée à la veuve par Nasica, appelée en catastrophe par Catulus, le tout jeune esclave qui avait s'occupait de surveiller la porte et qui avait trouvé l'ancien gladiateur à son retour. Lui servant d'appui jusqu'à une chambre où elle l'avait fait s'allonger, Nasica s'était précipitée chez le medicus qui s'occupait d'ordinaire de sa maîtresse et, de retour avec le médecin, elle était venue quérir sa domina. Helvia avait laissé son stylet lui échapper des doigts avant de se précipiter dehors à la recherche de Valerius. Et, enfin devant lui, elle bénissait les divinités de le lui avoir rendu.

- Que s’est-il passé ? demanda-t-elle enfin.

Sa voix se faisait douce, rassurante. La peur avait disparue. Valerius était vivant. Blessé, mais vivant. Et la vengeance de la vipère viendrait en temps et en heure.

lumos maxima


Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 25 septembre 1991, Aristide à L'ONU : Liberté ou la mort !
» Article intéressant sur la mort Mireille D. Bertin
» 18 octobre , commémoration de la mort d'Anténor Firmin
» Rumeur sur une eventuelle mort de Preval?
» [b]GENS JUSTE OU INJUSTE LE SALAIRE DU PECHE C'EST LA MORT ![/b]

Sauter vers: