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 Il n'y a pas de mauvaise route, il n'y a que des mauvaises rencontres. ₪ pv appius

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₪ Arrivée à Pompéi : 17/03/2013
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Message(#) Sujet: Il n'y a pas de mauvaise route, il n'y a que des mauvaises rencontres. ₪ pv appius Dim 8 Mar - 18:33

valerius & domitia


Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.

Pompéi, ides mai de l'an 725

Les ombres commençaient déjà à s'allonger lorsque la jeune patricienne quitta le temple de Venus ce jour-là. Contrairement à bien de femmes qui venaient rendre hommage à la déesse protectrice de la ville, Domitia n'avait nullement implorée la déesse pour que cette dernière conserve sa beauté, ou même lui permette de trouver l'amour. De telles prières appartenaient désormais à un passé lointain dont la jeune femme préférait ne pas en être rappelé. Le côté romantique, et même fleur bleue, de sa personnalité avait disparu le jour où son père avait fait assassiner son amant dans une sombre ruelle de Rome. Non, si elle était venue prier au temple, c'était pour invoquer une tout autre facette de cette déesse considérée comme étant la plus belle des Olympiens : Vénus la vengeresse. Car qui mieux que cette déesse réputée pour ses terribles vengeances pour lui aider à faire de sa propre revanche contre le meurtrier de son ancien amant une réussite ? Mais, plus que de l'aide, la jeune patricienne nécessitait se débarrasser des doutes qu'elle avait dernièrement à ce sujet. Il semblait que, plus elle réussissait à gagner la confiance de son père, plus des doutes concernant ses plans vis-à-vis de la murène s’immisçaient dans son esprit. Devait-elle y renoncer, et même pardonner -puisque jamais elle ne pourrait oublier - le geste affreux de son père ? Quoique, sans doute la question dût plutôt être : pourrait-elle accepter que la mort du jeune garde ne reste à jamais invengée ? Car si Domitia était bien incapable de répondre à la première question, la réponse à la question suivante semblait aller de soi : non, elle ne le pouvait pas. Durant les années qui s'étaient écoulées depuis le meurtre, elle avait à de nombreuses reprises douté de son amour pour cet homme, jusqu'à arriver à la conclusion qu'elle ne l'avait moins aimé lui que la douceur et la tendresse qu'il lui avait apporté. Ce n'était donc moins par amour pour cet homme qu'elle continuait à poursuivre cette quête de vengeance, mais bien plus parce qu'elle se sentait coupable de cette mort. Si seulement, elle l'aurait écouté et n'aurait rien laissé paraître devant ses parents, le jeune garde serait certainement toujours en vie... Alors n'était-il pas de son devoir également de venger la personne qu'elle n'avait pas pu protéger ? Soupirant, la jeune femme détourna son regard du temple pour continuer à descendre les quelques marches restantes. Si elle avait espéré que Venus lui soufflerait les réponses aux questions qui la rongeaient, elle devait une fois de plus être déçue, puisqu'elle était toujours aussi perdue qu'elle ne l'avait été une heure plus tôt.

En levant la tête, le regard de la jeune patricienne se posa sur son esclave, Themis, qui, comme toujours, l'avait accompagnée lors de sa visite au temple. Au service de Domitia depuis bien des années, cette dernière s'était à plus d'une reprise révélée être une complice hors du commun, non seulement grâce au soutien précieux qu'elle apportait à sa jeune domina, mais surtout, parce que bien souvent, sa présence suffisait pour faire disparaître du moins momentanément les doutes de sa domina. Comme maintenant, où la présence de l'esclave semblait rappeler à la jeune femme que cette visite au temple avait également un autre but que celui d'adresser une prière à Venus : elle conférait une parfaite excuse aux deux jeunes femmes pour quitter la villa Diomède durant quelques heures. Et pour une fois que Numerius ne les accompagnait pas pour les protéger - ou plus exactement, pour les espionner au compte la murène -, il fallait profiter de la situation pour mettre en oeuvre certains de leurs plans. Piochant dans la petite bourse qui pendait accrochée à sa ceinture, la jeune patricienne donna quelques pièces à celle qui avait été son amie d'enfance.

« Tu sais ce que tu dois faire, mais n'oublie pas : personne ne dois te reconnaître. Personne ne doit savoir que nous avons de telles potions en notre possession.  dit la jeune femme sur un ton bien plus doux que celui avec lequel elle s'adressait aux autres esclaves de la domus. Nous nous retrouverons à la ville. Et Themis... ne me déçois pas. »

Pourquoi avait-elle dit cette dernière phrase ? A vrai dire, elle-même ne le savait pas. Depuis les nombreuses années que Themis était à son service, l'esclave n'avait jamais cessé de faire preuve de discrétion et d'ingéniosité lorsqu'il s'agissait de satisfaire les demandes de sa jeune maîtresse. Et elle n'avait jamais échoué. Peut-être était-ce tout simplement le fait que, plus que jamais, elles s'aventuraient en territoire dangereux qui rendait la jolie brune plus prudente que jamais. Si jamais quelqu'un venait à découvrir ce qu'elles mijotaient, ou - pire encore - ce qu'elles avaient fait... Non, elle ne préférait même pas penser à ce qui leur arriverait dans ce cas. Elles devaient à tout prix garder leur implication dans certaines affaires secrètes, même si cela signifiait qu'elles devaient faire preuve de patience. Après tout, qu'étaient quelques jours, semaines ou même mois de plus, comparés aux années qu'elles avaient passées à œuvrer à la chute de la murène ?

Songeuse, la jeune femme continua son chemin, seule. Durant les mois qui s'étaient écoulés depuis l'arrivée - ou, plus exactement, le retour - des Licinii à Pompéi, la jeune femme avait emprunté le chemin jusqu'au temple de la déesse protectrice de la cité assez souvent pour le connaitre par cœur. Ou du moins, c'était l'impression qu'elle avait alors qu'elle se frayait un chemin à travers les rues de Pompéi, perdue dans ses noires pensées.

Ce n'était finalement qu'une fois qu'elle avait quitté la route principale pour emprunter une petite ruelle qui lui permettait de parvenir plus rapidement à la villa de sa famille qu'elle ne revînt à la réalité d'une manière quelque peu brutale.

« Qu'avons-nous donc là.  souffla une voix à quelques centimètres seulement de ses oreilles. Te serais-tu perdue ma belle ? »

A force de ne pas faire attention à ce qui se passait autour d'elle, la jeune patricienne n'avait pas entendu les trois hommes s'approcher d'elle et leur avait plus ou moins permis de lui couper la route. Rapidement, la jolie brune se trouva dos au mur, alors que ses assaillants se rassemblaient autour d'elle tels des vautours autour d'un cadavre. Paniquée, elle regarda autour d'elle, espérant apercevoir si ce n'était un visage connu, au moins une personne qui lui viendrait en aide. Mais la ruelle était déserte. 'Un jours, ton insouciance te coûtera la vie.' se répéta-t-elle dans son esprit, tentant de se raccrocher à la colère qu'elle éprouvait envers elle-même pour avoir été assez stupide pour se retrouver dans une telle situation pour ne pas céder à la panique. Et pendant quelques instants, cela semblait même fonctionner... jusqu'à ce qu'elle ne sentît les mains sales d'un des hommes s'aventurer sur sa taille.

« Qu'est-ce donc ça ? »

Le regard cupide de l'homme qui semblait être le chef de la petite bande avait désormais quitté le visage de la jeune patricienne pour descendre d'une cinquantaine de centimètres. Elle pouvait entendre les cliquètements des pièces lorsque les doigts de l'homme se posèrent sur la bourse.

« Si c'est l'argent que tu désires, prends-la, mais laisse-moi partir. » supplia Domitia, qui, depuis quelques minutes désormais, n'était plus maîtresse de ses émotions et tremblait de tout corps.

Visiblement, à Pompéi, les rencontres désagréables semblaient être à l'ordre du jour, ou du moins, elles l'étaient pour la jeune patricienne.

« Oh, mais pas si vite ma jolie, je suis sûr que nous allons bien nous amuser tous les deux. » ricana l'homme, dévoilant ses dents noires.
« A L'AIDE. »

Quiconque qui connaissait la jeune patricienne savait qu'il ne lui arrivait pas souvent - pour ne pas dire, jamais - de demander de l'aide, mais la peur a cette étrange faculté que de nous pousser à nous comporter d'une manière que nous n'aurions sans doute jamais imaginée en temps normal. Il n'y avait désormais qu'à espérer que le cri de la jeune patricienne ne serait pas en vain et que quelqu'un ne l'ait entendu, car les doigts de l'homme vinrent lui sceller les lèvres, l'empêchant d'émettre un autre son.

« Tsss tsss tsss, tu ne voudrais tout de même pas que quelqu'un ne vienne nous interrompre, hein ? »
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Message(#) Sujet: Re: Il n'y a pas de mauvaise route, il n'y a que des mauvaises rencontres. ₪ pv appius Dim 15 Mar - 17:34

Qu'est-ce qui fait un héros ? Le devient-on par un coup du hasard des plus merveilleux ? Est-ce que notre destin est tracé dès la naissance à devenir une telle icône ? Ou bien encore est-ce seulement dû à des choix importants qui nous font connaître du commun des mortels ? Sûrement que de nombreuses personnes bien plus savantes que moi se sont posés la question, et sans doutes ont-elles eut une réponse. Tout ce que je peux vous dire c'est que l'antiquité regorge de héros en tout genre. De grand héros qui ont inspirés des légendes, ou encore que nos livres d'Histoire racontent avec grande précision. Il y a aussi des héros inconnu du grand public. Des héros de l'ombre, insoupçonnable, incompris, invisible. De valeureux soldats qui ont fait renverser le cours d'une bataille, dont le mérite est revenu à un général au nom pompeux, ou encore un simple citoyen venant en aide à des personnes en danger. Oui, l’héroïsme est un concept bien complexe, mais, je pense avoir une histoire qui pourrait appuyer ma vision des choses. Voyez-vous, je suis certain que l'on ne naît pas héros, on le devient par des choix, et des actes. Un tel personnage ne cherche pas forcement la gloire, certains même préfèrent rester dans l'ombre...

L'histoire qui nous intéresse se passe à Pompéi, quelque part en l'an 27 avant notre ère. Cette histoire raconte la journée d'un certain Appius Maenius Valerius. Ancien maître d'armes de la légion, il fut forcé de passer une poignée d'années dans un ludus pour éponger les dettes de son père, un peu trop joueur. A sa sortie, il devint un homme de main fidèle de celle que l'on surnommait la vipère, prêt à tuer pour elle, et à massacrer si besoin. A première vue, un personnage que peu voudraient rencontrer. Et pourtant, notre ami avait un grand cœur. Même s'il était prêt à mourir pour cette vipère à qui il devait tout, il lui était tout simplement impensable de s'attaquer à une femme ou encore à un enfant. Plus que tout, il méprisait ceux qui le faisaient et pouvait devenir extrêment violent dans ce genre de cas. Après tout, si les gens ont fini par le nommer le Valeureux, ce n'est pas pour rien. C'était un grand guerrier, suffisant pour survivre aux arènes et à la légion. Un homme relativement peu chanceux qui vivait au jour le jour, espérant combler sa maîtresse, sans autre réel but dans sa vie tortueuse.

Ce qui nous intéresse se passe durant l'une des promenades de l'ancien soldat. N'ayant rien eu à faire de sa journée, il s'était d'abord aventuré vers les thermes pour se relaxer, passer du bon temps, et se faire masser. Une fois sec, il renfila ses sandales et déambula dans les rues de la cité sans réelle intention, ni but. Le marché l'intéressait toujours. Rencontrer des personnes de tout horizons, découvrir des objets ou fruits qu'il ne connaissait pas, il en raffolait. Seulement, ce jour-là, il n'y avait pas eu grand chose à voir, à son grand désarroi, alors, le carthagien continua sa route, jusqu'à ce qu'une voix féminine vint l’interrompre. Ou plutôt devrais-je dire un cri de détresse. La douce voix effrayé semblait venir d'une petite ruelle peu recommandable, et, en effet, une jeune femme semblait en grande difficulté aux mains de trois hommes, dont, celui qui semblait être le chef, espérait sans aucun doute explorer son intimité. En se rapprochant un peu plus, Appius put découvrir que la fesseuse demoiselle en détresse semblait disposer d'une rare beauté. Suffisamment rare pour que celles capables de l'égaler ne se comptent que sur les doigts d'une seule main. Sans doutes était-ce la principale raison de telles circonstances, mais … Que faisait-elle dans cette ruelle ? Sans prendre le temps de répondre à cette question, le guerrier prit la parole avec puissance, espérant déranger l'homme sale dans son élan.

« Je crois bien que vos affaires n'intéressent guère la demoiselle, il serait plus sage de la relâcher. »


Les trois crapules tournèrent leur tête vers l'homme solitaire, et, celui qui semblait être à deux doigts d'entamer son festin ne put se retenir de rire, détachant son regard de Valerius, ordonnant à ses deux compères de s'occuper de ça. Le premier, confiant, tentant de bousculer le colosse, qui ne broncha pas. Au contraire, il lui attrapa le crâne pour lui donner un violent coup de tête, explosant le nez de sa victime sans grande difficulte avant de venir reporter ce fameux nez contre un genoux encore plus violent. Mais une fois au sol, sa sentence n'était pas encore terminée. Appius le rua de violent coups de pieds, afin d'être sûr que ce dernier ne se relève plus et, pourquoi pas, l'empêcher de recommencer de tels actes. La défaite du second homme fut encore plus rapide, espérant surprendre le blanc chevalier d'un coup de poing, ce dernier le saisit par le poignet puis l'arrière du crâne pour venir l'encastrer dans le mur de brique. Ce fut alors au tour du présumé chef qui, après avoir violemment bousculé sa proie contre le mur, lui promettant un retour rapide, dégaina sa lame, et exécuta quelques moulinets, espérant effrayer le perturbateur. Lui qui avait affronté l'Asie, l'Afrique, les arènes, les combats clandestins et les nombreux gardes des ennemis de la vipère, cela ne l'effraya pas vraiment. Ses mouvements étaient loin d'être maîtrisés et parfaitement approximatif en plus d'être peu vifs. Se rapprochant encore et encore, un coup vertical fut donné, permettant à l'ancien soldat de passer sous le coup, en profitant même pour placer un crochet puissant dans les cotes ce qui le tordit de douleur. La garde tombée, un direct fulgurant fut envoyé à la trachée, puis, un coup de pied des plus puissants entre les jambes, espérant qu'il ne puisse plus jamais faire quoi que se soit à une femme. Enfin, comme si la sentence n'était pas suffisante, il ramassa la lame qu'il lui planta dans la cuisse, provoquant un certain hurlement. Hurlement calmé par un coup de coude sur le crâne.

Voilà comment l'on devient un héros, ne serait-ce que d'une journée. Certes, Appius n'est pas le plus doux de cette catégorie, ni le plus clément, ni le plus subtil, mais, la chose fut faite quand il fallait, et les agresseurs n'auraient certainement plus envie de recommencer leur manège. Se rapprochant avec douceur de la charmante demoiselle, qui, de plus près semblait encore plus belle. Trop belle pour que cela puisse être vrai, il lui tendit la main avec un doux sourire, espérant ne pas lui avoir fait peur.

« J'espère être arrivé à temps madame. Vous ont-ils fait du mal ou quoi que se soit ? »


Après l'avoir aidé à se relever, notre ami, cette fois gêné, se voulut d'un grand conseil.

« J'ose espérer que vous ne prendrez pas mal ces paroles, mais, je crains que cela ne soit guère une bonne idée pour une jeune femme solitaire de prendre ce genre de ruelles. Encore moins lorsque cette fameuse jeune femme est d'une si grande beauté. La beauté féminine est sans doutes la plus grande faiblesse de l'homme, je gage que cela pourrait retourner l'esprit de nombre d'entre nous. Faites attention à l'avenir. »


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Message(#) Sujet: Re: Il n'y a pas de mauvaise route, il n'y a que des mauvaises rencontres. ₪ pv appius Dim 29 Mar - 0:07

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Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur, comme on observe les étoiles, de très loin.

Pompéi, ides mai de l'an 725

‘Où est Numerius ? Où est donc ce foutu garde lorsque pour une fois on a besoin de lui ?’ songeait la jeune femme, paniquée. Comme quoi, c’était vraiment étrange comment la peur pouvait changer la perception qu’une personne a des choses : si la présence du plébéien avait en temps normal tendance à agacer la jolie brune, elle se retrouvait désormais à souhaiter voir apparaitre le jeune homme pour la sortir de là. Mais il ne viendrait pas. Il ne pouvait pas venir, et la seule personne qu’elle pouvait blâmer pour cela, c’était bien elle-même. N’avait-elle pas prises toutes les précautions pour justement échapper à l’attention de son garde ? Et sans doute était-ce bien ça qui rendait la situation encore plus rageante… ou plutôt, l’aurait rendu plus rageante, car pour l’instant, la peur emplissait entièrement le cœur de la jeune femme, ne laissant aucune place pour d’autres émotions. Et dire que seulement quelques mois plus tôt, suite à sa rencontre avec le gaulois, elle s’était promise de ne plus jamais se retrouver dans une situation similaire. Pendant bien des semaines, elle n’avait plus quitté la domus une fois la nuit tombée – ou du moins, pas sans être accompagnée -, et avait même évité d’emprunter des petites ruelles, préférant se tenir aux grandes axes. Jusqu’à aujourd’hui. Perdue dans ses pensées, elle avait choisi un des chemins qu’elle avait emprunté un bon nombre de fois avant ce fameux incident… et désormais, elle regrettait amèrement son manque d’attention. Mais se plaindre de la situation ne servait à rien.  Si elle voulait avoir sortir de cette situation, elle allait devoir agir et vite. Peu à peu, les battements de son cœur se calmaient, alors que la jeune femme regarder autour d’elle, espérant y voir une quelconque escapade. Mais il n’y en avait aucune. Peut-être que s’il n’y avait eu qu’un seul homme, elle aurait eu une petite chance de s’échapper si elle arrivait à le surprendre d’une quelconque manière. Sauf qu’il n’était pas seul, et même si  par miracle, elle parvenait à le forcer à lâcher prise, les deux autres la rattraperaient avant même qu’elle n’ait pu faire plus de deux pas. Elle n'avait pas la moindre chance... et pourtant, elle était bien incapable de rester là sans au moins tenter quelque chose. Sans vraiment y réfléchir, la jeune femme planta ses dents dans les doigts qui lui couvraient toujours les lèvres. La goût métallique qui ne tarda à se répandre dans sa bouche la rendait nauséeuse, et pourtant, elle ne lâchait pas prise, continuant à serrer ses mâchoires aussi fort qu'elle le pouvait.

« AIEE»

Le cri de douleur de son agresseur apportait une certaine satisfaction à la jolie brune, mais malheureusement, cette émotion ne fut que de courte durée. Dans un bruit sourd, une main vint s’écraser, alors qu’en même temps, elle sentit une autre main se refermer de nouveau autour de son bras.

« C’est qu’elle s’habille comme une grande dame, mais elle se comporte comme une chi… »

Une cinquième voix vint mettre fin à cet aperçu de la diversité de registres dans la langue latine. Enfin. Les dieux semblaient avoir écouté ses prières silencieuses et avaient envoyé quelqu’un pour lui venir en aide. Pendant un bref instant, le regard de la jeune femme croisa celui de son « sauveur », un jeune homme qu’elle aurait certainement trouvé fort séduisant dans une autre situation. Puis tout semblait se passer si vite. Un après l’autre, les hommes s’effondraient à terre, alors que le nouvel arrivant se tenait toujours là, au milieu de ruelle, parant chaque attaque avec facilité comme s’il était réellement un envoyé des dieux. Mais après tout, Neptune l’avait déjà sauvé une fois, alors peut-être continuait-il à la protéger ? Voilà une pensée qui avait quelque chose de rassurant… mais malheureusement, la jeune femme n’eut pas vraiment le temps de s’en réjouir avant qu’elle ne fut projetée contre un mur.

Le souffle coupé suite à l’impact, la jolie brune resta un instant recoquillée par terre. Tout son corps semblait protester contre le manque d’oxygène, si bien que les bruits de combats ne semblaient être qu’un lointain écho. Les secondes s’écoulaient, devenant des minutes, et doucement, la respiration de la jolie commençait à se normaliser lorsqu’un cri de douleur la fit sursauter. Ce genre de bruit, elle ne l’avait entendu que trop fréquemment ces derniers temps, d’abord lors du tremblement de terre, et peu après lorsque des fauves s’étaient aventurés librement dans la ville, attaquant quiconque qui avait le malheur de se trouver en leur chemin : c’était le bruit d’un homme agonisant, et elle ne pouvait qu’espérer qu’il ne s’agissait pas du jeune homme qui avait pris sa défense. Hésitant un moment par crainte de ce qu'elle allait voir, elle finit néanmoins par lever la tête. Le besoin de savoir ce qui se passait était finalement bien plus grand que sa peur du sang, ou même de son agresseur. Mais la jeune femme restait là, immobile, se contentant de l’observer. Il venait de la sauver, il semblait toujours enclin à lui venir en aide… ou pas ? A vrai dire, avec ce qui venait de se passer, la jeune patricienne avait bien du mal à faire confiance à qui que ce soit… y compris à son sauveur, et ce même si celui-ci avait une stature digne d’Apollon.

« Je… je vais La jeune femme marqua une pause. Comment allait-elle ? A vrai dire, pour le moment, elle était sans doute encore trop sous le choc pour le dire. Et pourtant, après un temps d’hésitation, elle finit par ajouter : bien. »

Non, elle n'allait pas bien. Maintenant que le danger semblait passé, elle tremblait tellement qu'elle devait prendre appui sur le mur pour se lever. Dire qu'il lui aurait suffit d'un seul geste pour accepter l'aide du beau brun, mais elle en était incapable.

« Je crois bien que le plus grand mal est celui qu’a dû subir ma fierté. ajouta-t-elle rapidement, tentant de prendre les devants et d’orienter la discussion qui suivrait dans le sens où elle l’entendait. Mais ce n'est que grâce à vous, je n'ose même pas imaginer ce qui serait arrivé si les Dieux ne vous auraient pas mis sur mon chemin à ce moment là... Un frisson parcourut le corps de la jeune femme, alors qu'elle se tenait là, appuyée contre le mur pour se tenir droite. Je crois que je vous dois des remerciements. »

Merci. Un mot si simple, et pourtant, il ne sortait que très rarement de la bouche de la jeune patricienne. Et même maintenant, ces quelques lettres n'avaient pas encore été prononcées, même si cela serait certainement la moindre des choses à faire. Mais à force de vivre dans l’opulence et à croire que chaque chose lui était due, il était facile d'oublier ces simples gestes. Mais qui sait, peut-être aurait-elle fini par dire ce petit mot si l'homme n'avait pas pris les devants. Et si jusque là, la jeune femme s'était montrée encore quelque peu chamboulée par l'incident, ces quelques phrases suffirent pour faire revenir l'ancienne Domitia.

« Et bien, il semble désormais que je ne dois non seulement vous remercier pour votre aide, mais aussi pour votre conseil.  susurra la jeune femme. Peut-être que sa voix et son sourire presque timide étaient trompeurs, mais le regard qu'elle lançait au jeune homme ne laissa pas le moindre doute sur la réelle signification de ses paroles... ni sur le sarcasme que ces dernières contenaient. Domitia avait toujours détesté l'idée que quelqu'un d'autre ne dicte sa conduite, et si elle n'avait pas d'autre choix que de se plier aux dires de ses parents et de son frère - du moins en apparence - il était hors de question qu'elle ne suive les conseils d'un inconnu... même si ce dernier avait certainement raison. Mais peut-être auriez-vous la gentillesse de me donner votre nom auparavant pour que je sache à qui je dois remercier? »


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