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  « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger

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Message(#) Sujet: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Mar 20 Jan - 22:32




Lucia & Niger
C'était décidé, Niger allait se marier. Il n'en n'avait pas encore parlé à son maître, il n'en avait parlé à personne, d'ailleurs, mais jamais une idée n'avait été aussi fermement accrochée dans son esprit, il n'avait jamais été aussi sûr de quoi que ce soit. Il avait été affranchi quatre ans plus tôt, il considérait alors que c'était la prochaine étape : fonder sa propre branche des Ausonii. Il ne pouvait être plus fier de s'appelle Ausonius, il voulait alors transmettre ce nomen plus que tout au monde, à une femme et à une descendance. Ça ne lui était pas venu d'un coup, au contraire, cette décision avait pour une fois été largement mûrie. Néanmoins, depuis le tremblement de terre, depuis qu'il avait manqué de se faire manger par un loup, l'idée s'était mise en motion. Était-ce parce qu'il avait traversé ces événements seul (mais en compagnie d'autres pompéiens, tout de même) ? C'était alors très égoïste ; mais sans mentir, Niger était quelqu'un d'assez centré sur sa petite personne. L'idée de pouvoir rentrer chez lui auprès d'une femme à qui il pourrait raconter sa journée le rassurait. Il cherchait quelque chose de stable, dans sa vie remplie d'éphémères. Ce n'était néanmoins pas un caprice : il se savait capable d'assumer cette épouse. Il s'était monté une petite fortune à force d'économie, bien dressé par Kaeso, il pourrait gâter son épouse, lui offrir une belle vie. Il savait aussi qu'il serait capable de l'aimer. Il ne voulait pas partager tous les soirs la couche d'une femme qu'il n'aimait pas. Sa femme, il apprendrait à la chérir, à l'aimer, à la considérer comme la prunelle de ses yeux. Ça ne serait certainement pas passionné, comme ce qu'il partageait avec Aurea ; non, il ne trouverait jamais aucune femme telle que cette patricienne, jamais une relation ne ressemblerait à celle qu'il avait avec elle. Néanmoins, il se sentait capable d'aimer, s'il était assez égoïste, il ne mentait pas assez pour forcer une femme à une vie de malheur. Il donnerait à sa femme tout ce qu'il serait capable de lui donner pour qu'elle soit heureuse. C'était un acte responsable, n'est-ce pas ? Restait plus qu'à trouver la fille maintenant, n'est-ce pas ? Ça serait certainement la partie la plus compliquée de l'affaire. Qui épouserait l'affranchi des Ausonii, connaissant un tant soit peu qui il était ? S'il savait séduire une femme, séduire leur père était certainement une affaire bien plus compliquée. C'était pour ça aussi que Niger s'y prenait dès maintenant : il ne voulait pas précipiter les choses, mais souhaitait quand même être marié avant ses vingt-cinq ans. Quatre ans pour se trouver une épouse, c'était bien suffisant, non ?

Si Niger n'avait encore partagé cette nouvelle décision avec personne, il savait qui devait être la première au courant : sa sœur. Avant son maître, avant son meilleur ami, avant Aurea, Lucia devait savoir ce que son frère avait sur le cœur. On était au milieu d'une journée d'avril, et le jeune égyptien se doutait que sa sœur n'aurait pas de clients : sauf cas particulier, il était rare qu'elle ne soit pas au lupanar à cette heure-ci, seule. Ils auraient un peu de temps pour parler avant qu'ils ne retournent chacun à leurs occupations. Ils se voyaient peu, ces derniers temps, Lucia devait prendre soin de sa magnifique fille et associer à ces temps-là son boulot pour Kaeso. Elle était fatiguée, de ce qu'elle lui disait. En tout cas, il poussa la porte du lupanar avec un sourire aux lèvres. L'odeur du lieu lui empli les narines ; ça lui rappela instantanément son enfance, sa sœur, sa mère. Si pour certains le lupanar Faustus était synonyme de débauche, de sexe et d'alcool, pour Niger il était synonyme de famille. Il avait vécu ici pendant des années, entre les pattes des louves qui étaient pour certaines toujours là, et auprès d'autres qu'il avait vu grandir avec lui. Il était presque né au lupanar, et il y avait vu naître Aurelia, sa chère nièce. Le lupanar et ses louves étaient sa famille aussi certainement que le serait cette future épouse et les enfants qu'il aurait avec elle. Niger ne doutait pas de la réaction de Lucia : pour lui, elle allait être bonne. Dans son égoïsme habituel, encore lui, il ne s'était même pas demandé si ça pouvait la blesser ou l'attrister ; elle ne pouvait être qu'aussi ravie que lui.

Il arrêta une louve pour lui demander où était sa sœur ; même pas besoin de donner son prénom, au lupanar tout le monde savait que Lucia et Niger étaient frère et sœur, même les nouvelles "recrues". La jeune femme lui répondit qu'aux dernières nouvelles, elle était dans sa chambre habituelle. Un doux sourire aux lèvres, Niger se dirigea alors vers la petite pièce attribuée à Lucia. Il frappa quelques coups sur la porte avant de passer sa tête dans l'embrasure de la porte. A la vue de sa sœur, physiquement si différente de lui, ses yeux s'éclairèrent d'un éclat heureux. Il ne voyait pas Aurelia, mais peut-être était-elle dans un coin de la chambre qu’il ne voyait pas encore. En tout cas, à peine l’avait-il vu qu’il avait poussé la porte pour se jeter sur elle, son sourire s’agrandissant encore, ses yeux noirs brillants d’une flamme heureuse. Il la rejoignit sur sa couche pour la serrer dans ses bras, comme s’ils ne s’étaient pas vus depuis des mois. Lucia et Niger étaient assez tactiles, ils s’enlaçaient, s’embrassaient, Lucia était en permanence accrochée au dos de son frère qui la trimbalait partout en bon cheval d’appoint, bref ils étaient extrêmement proche, et la prendre dans ses bras ne le rendait que plus heureux. Finalement, il s’écarta de la jeune femme, pour s’assoir à côté d’elle sur la couche, et fit, le regard posé sur son visage :

« J’ai une grande nouvelle, Lucia ! »

©️ charney


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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Sam 24 Jan - 16:36



   
    Niger & Lucia
    « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. »

F
atiquée! Je n'ai jamais été aussi fatiguée de ma vie. C'est comme si avant ma petite Aurelia je n'avais jamais rien ressentie. Je l'aime, c'est vrai. Plus que tout au monde et inconditionnellement. Mais quand elle se met à pleurer au milieu de la nuit sans aucune raison apparente, je pense sur le moment que peut-être, que si je la laisse sur la plage une louve viendra la chercher pour s'occuper de ses sautes d'humeurs, et pour après fonder une nouvelle cité qui dépassera Rome et puis... Je divague il faut absolument que je dorme.
Je suis dans mon lit comme toujours durant la journée. Enfermée, seule. Depuis que j'ai Aurelia c'est comme si j'étais porteuse de mauvaise augure. Plus aucune fille ne vient me voir ou ne prend la peine de me parler d'ailleurs. Et pour le repas dernière arrivée, dernière servie. Heureusement que Clea est là. Je ne sais pas ce que je ferai sans elle.
Comme souvent elle est sur le bout de mon lit et elle me tient éveillé pendant que je donne le sein à mon petit soleil. Elle me tient éveillée car elle parle, encore et toujours, inlassablement, de tout et de rien. Et elle a ce ton comme si tout était si important qu'il faut absolument me le dire tout de suite. Elle me parle en priorité des potins. Des choses qui se disent dans la salle commune. Des trucs sur les clients etc... J'aime bien j'ai l'impression de continuer à exister.
Malheureusement je ne suis bien sûr plus du tout la « meilleure » et Sephora ne se gène pas pour nous le faire remarquer tous les soires. Comme si elle avait besoin de certifier à Kerta que c'est elle qui ferai le plus d'argent. Si elle croit que c'est comme ça qu'elle va s'attirer ses bonnes grâce elle se goure complètement. Je sais exactement comment est Kerta j'ai grandis dans ce lupanar et notamment avec Kerta. Elle, elle vient de nulle part et quand je reprendrais ma place elle pourra toujours pleurer cette garce !

_Tu m'écoutes là ou tu dors encore les yeux ouverts ?

Clea en face de moi n'arrête pas de me rappeler à l'ordre.

_Bien sûr que je t'écoute, je n'ai rien à faire d'autre de toute façon.

Elle reprend son récit, sans se préoccuper de la pique. Je l'écoute pendant quelques minutes mais c'est vrai de je finis par perdre le fil. Je regarde Aurelia qui boit en dormant. Elle sera sûrement bien réveillée quand ce sera mon tour de dormir. Je rêve souvent de Maman en ce moment et de cette espèce de rêve que j'ai fais quand j'ai accouché. C'était vraiment bizarre. J'en ai parlé à Decimus la nuit dernière. Ça l'a fait rire. Je pense qu'il croit que ce n'était qu'un rêve et rien de bien méchant. Moi je ne suis pas si sûr. Enfin j'essaye de me focaliser sur Clea. Je n'avais pas remarqué qu'elle avait une couleur de peau très proche de celle de Niger. Elle est vraiment belle je ne comprends pas qu'elle n'ai pas plus de succès. Depuis toutes petites j'ai toujours voulu avoir la couleur de peau de Niger. J'étais très jalouse petite et je trouvais ça injuste que lui ai cette belle couleur halé et pas moi !

_Qu'est-ce qu'il y a encore avec mon visage ? M'arrête Clea, complètement impatiente.

_Rien excuse moi je rêvassais encore. Je suis super fatiguée aujourd'hui.

Tout en disant cela je me lève pour mettre Aurelia dans son petit lit à l'autre bout de la petite pièce. Elle dort à point fermé, elle est tellement belle je ne m'en lasserai jamais.
Clea se lève au même moment.

_Bon tu sais quoi il faut peut-être que tu dors c'est mieux de toute façon je parle pour les murs. Me dit-elle avec un sourire complice. Tu auras encore du travail ce soir si ton oiseau de malheurs ne te laisse pas un peu de répit pour dormir.

Encore une allusion à propos de Corvus. Je ne répond même plus. Elle aime m'embêter avec ça, et cela ne me gène plus, j'ai l'habitude.

_Merci, je vais dormir un peu tu as raison. A tout à l'heure tu viens me chercher pour le dîner hein ?

_Sans problème et tu auras intérêt à être profondément endormie.

Elle sourit et sort. Je me retrouve enfin dans le silence. Je jette un œil à Aurelia, toujours aucun pleure à l'horizon. Je sens que je vais enfin pouvoir passer une après-midi au calme. Je me laisse aller sur mon lit et commence à fermer les yeux. Mais j'entends alors du bruit dans le couloir. Un bruit de pas que je reconnaîtrais encore mille. Le pas de Niger j'ai passé des années à l'entendre dans ses mêmes murs. Je me redresse automatiquement. Et comme prévu le voilà qui ouvre la porte et son magnifique sourire me fait un bien fou ! Ah il n'y a pas d'homme au monde plus parfait que mon petit frère ! Il me prend dans ses bras et je me sens tout de suite mieux. La fatigue s'est envolé comme par magie. Je l'embrasse comme si ça faisait des années qu'on ne c'était pas vu. Mais en réalité c'est presque ça ! Il me manque toujours énormément même si on ne se voit pas pendant seulement une journée. Avec Aurelia il est la personne que j'aime le plus au monde. Je ne pourrais pas vivre sans lui.
On finis par se lacher enfin et il se pousse un peu pour me parler.

_J’ai une grande nouvelle, Lucia !

Oula ça je ne m'y attendais pas. Ce que je déteste le plus c'est les imprévu et le changement. Mais ya aucune raison pour que quoi que ce soit change n'est-ce pas ?

_Je t'en pris fais moi rêver, mon cher petit frère !


WILDBIRD
 

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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Mer 11 Fév - 0:37




Lucia & Niger
Lucia et Niger avaient deux semaines d'écart, peut-être trois. Pour Lucia, ça semblait néanmoins assez pour qu'elle se qualifie de grande sœur pour Niger ; ne vous méprenez pas, ça plaisait à l'affranchi. C'était principalement grâce à sa sœur qu'il se sentait comme partie d'une famille. La notion de grande sœur ou petit frère ne faisait que rendre la chose encore plus réelle. Après tout, la famille n’avait pas été quelque chose de très naturel pour Niger. Sans rentrer dans le pathos, il avait tout de même été abandonné par ses géniteurs, donné assorti d’une bourse à un receleur d’enfant, avant d’être jeté en pâture aux louves. Bon, ok, un peu de pathos. Heureusement, tout avait tourné pour le mieux, une louve avait fait de lui son propre rejeton, agrandissant d’un membre sa tripotée réduite de louveteaux. Le receleur lui avait appris à lire et à écrire, et l’avait même affranchi. Néanmoins, tout n’avait pas été inné.
Alors, quand Lucia l'appela "mon petit frère", le sourire de Niger s'agrandit, et il la serra encore plus fort dans ses bras. Pour l'instant, sa famille se résumait à deux personnes : Lucia et Aurelia. Mais bientôt, il y en aurait une de plus. Encore une femme, parce qu'elles étaient la plus belle œuvre des dieux. Une femme, une épouse pour Niger, qui contribuerait peut-être à détruire l'équilibre familial que nos deux louveteaux s'étaient appliqués à construire depuis la mort de leur mère. Bien sûr, ça, Niger n'en avait pas la moindre idée. C'était un garçon dépourvu de tact, mais doté d'un cœur immense. Jamais il n'aurait souhaité le malheur de sa grande sœur.

« Je t'en prie fait-moi rêver, mon cher petit frère ! »

Niger remarqua en s'éloignant de l'étreinte de sa sœur le berceau d'Aurelia. Vu le silence qui régnait, elle devait dormir. Niger reporta son regard sur le visage de Lucia, et remarqua cette fois que ses traits étaient tirés par la fatigue. Elle avait des cernes, son teint paraissait plus pâle qu'à l'ordinaire, et malgré son sourire, elle semblait prête à s'endormir. Sa nouvelle-née devait l'épuiser. Néanmoins, il n'avait entendu aucun reproche la concernant. Ni de la part d'un client, ni de la bouche de Kerta, et encore moins de celle du maître. Si quelqu'un en avait douté un jour, il pouvait maintenant se rendre compte de son erreur : Lucia était une femme forte. Parfois, Niger ne parvenait à voir en elle la femme imperturbable que tout le monde percevait, surtout quand elle s'acoquinait de Corvus. C'étaient des moments comme celui-ci qui lui rappelaient combien il était fier d'elle. Dans ces moments là, Lucia lui faisait terriblement penser à leur mère. Elle devenait la femme intouchable et toute puissante que Niger voyait toujours dans ses rêves.

L’affranchi s'installa confortablement sur le lit de la louve, adossé au mur. Sa sœur était à côté de lui, il lui prit donc la main et mêla ses doigts aux siens. Fixant la porte, il se demanda comment lui annoncer cela, son intention de se marier. Il n'avait pas encore trouvé d'épouse, ce n'était qu'un plan de futur ; un plan qu'elle devait connaître, c'était certain. Finalement, il tourna la tête vers le visage de Lucia pour plonger ses yeux noirs dans les siens, bien plus clairs. Ils restèrent quelques secondes ainsi, les yeux dans les yeux, jusqu'à ce qu'il se décide à dire, d'une voix basse, pour ne pas troubler le sommeil de sa nièce :

« J'ai décidé qu'il est grand temps que je me trouve une épouse. Il faut que je fonde une famille. »

Niger avait senti son sourire s'agrandir alors qu'il disait cela. Ce mariage n'était que perspective, et pourtant ça le rendait déjà heureux. Vu combien de bonheur lui apportaient déjà Lucia et Aurelia, il était persuadé que ce serait de même avec son épouse. Il avait ses amantes, il avait Aurea, par Isis, il aimait Aurea, mais ça n’avait rien à voir. Jamais Aurea ne pourrait être sa famille. Elle serait la femme qu’il aimerait pour toujours, c’était certain. Mais elle ne serait jamais son épouse, et c’était de ça dont il avait besoin. Ce n’était pas éphémère, ce n’était pas un désir passager. Il sentait ça du plus profond de son corps, à tel point que ça faisait éclater sur son visage un sourire. Il espérait maintenant que cette perspective ait le même effet chez Lucia ...

© charney


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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Lun 16 Mar - 21:52



   
    Niger & Lucia
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I
l commence par s'installer sur mon lit. Il a grandi ici, il n'a donc aucune raison d'être mal à l'aise. Mais bizarrement, je commence à l'être moi. Niger est tellement de nature enthousiaste que dès qu'il a quelque chose à annoncer il y va directement sans préambule. Mais là c'est différent. Il prend son temps. Semble choisir ses mots. Je suis fatiguée. Peut-être que je suis juste en train de m'imaginer n'importe quoi, mais quelque chose me gène dans son attitude.

Je le vois jeter un œil à Aurelia qui dors encore comme une nymphe endormie. Elle est tellement douce quand Morphée la tient dans ses bras. Il était là quand elle est née et je sais qu'il l'aime comme sa propre fille. Ça me fait tellement de bien de pouvoir compter sur lui en ce moment. J'en ai tellement besoin. Je ne veux pas me sentir toute seule avec Aurelia. J'ai tellement peur de faire mal les choses et ça me rassure de savoir qu'il est derrière moi et qu'il me rattrapera toujours si je chute.

Il me prend la main et plonge sans regard d'ébène dans les miens. Ce qui participe bien sûr encore plus à me conforter dans l'idée que quelque chose cloche.

_J'ai décidé qu'il est grand temps que je me trouve une épouse. Il faut que je fonde une famille.

Je me prend cette dernière phrase comme une claque à la figure. J'y ai souvent songer. Depuis le jour où il a était affranchis, je savais que ça finirait par arriver. Dans l'idée cela ne m'avait pas vraiment posait problème. Avoir une femme, une maison, des enfants, c'est ce que font les hommes. Mais les hommes qui viennent ici, aussi. Une famille les attends à la maison. Mais Niger il a déjà une famille ! Pas besoin de plus ! On est là nous ! On ne compte pas pour rien !

Je me sens prête à exploser. Mon corps se met à battre dans mes oreilles. Je suis bouillante. La fatigue n'arrange rien. Il n'aurait jamais du dire cela.

_Il faut que tu fonde une famille ? C'est une blague j'espère !!! Nous ne sommes rien ???? Moi ta sœur et Aurelia presque ta fille !!! Tu l'as vu naître ! Tu étais là ! Et ce n'est rien !!!


Je hurle et je ne m'en rend même pas compte. Peut-importe le reste je suis tellement en colère contre lui. Il me regarde comme s'il ne s'attendait pas à cette réaction. Et pourtant comme aurais-je pu réagir autrement ?!

_Alors comme ça les affranchis ne devrait pas avoir de famille dans les bas fond de Pompeii ? C'est d'ici que tu viens je te rappelle ? Mais peut-être que tu penses que tes parents étaient riche ? Qu'ils étaient citoyens romains ! Et moi je suis quoi pour toi ? Ai-je un jour était ta sœur ?
Après ses mots je fond en larme. Les sanglots m’empêchent de continuer mais je ne sombre pas pour autant je reste bien droite comme toujours.

Chercher ses parents d'accord c'est dur à entendre mais je le comprend ! Trouver une femme aussi c'est normal! En plus, il paraît que l'empire à lancé des lois contre les célibataire. Donc d'accord. Mais une famille !!!! NOUS SOMMES DEJA UNE FAMILLE !!!! Cette fois-ci peut-importe que Aurelia se réveille. Je ne le laisserais pas s'en tirer comme cela !


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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Dim 24 Mai - 13:42




Lucia & Niger
Niger n’aurait pas pu être plus heureux de sa décision. Certes, il ne faisait pas exactement les choses dans l’ordre, normalement on rencontrait quelqu’un avant de décider de se marier, mais qui s’en préoccupait ? Il se sentait déjà extrêmement épanoui de cette décision, et il ne doutait pas ça ne serait que mieux quand il aurait enfin rencontré la fameuse jeune femme. En réalité, l’affranchi mourrait de peur de se retrouver seul. Il avait déjà été abandonné une fois, à sa naissance, mais ça, il ne s’en souvenait pas, alors ça ne comptait pas trop. Non, ce qui l’avait le plus fait souffrir, ça avait été la mort de sa mère. Lucia et lui s’étaient retrouvés comme seuls au monde, seuls face la vie. C’était une période terrible, dont il ne gardait aujourd’hui que des souvenirs extrêmement sombres. Il s’était juré que se retrouver dans une situation comme celle-ci, ça ne lui arriverait plus jamais. C’était un adulte maintenant, il avait un peu plus d’emprise sur son sort, même s’il fallait se rendre à l’évidence : si les dieux avaient décidé qu’il mourrait seul, il ne pourrait jamais rien faire contre cela. Niger ne voulait pas être seul, alors il s’entourait. Sa sœur et sa nièce occupaient la majorité de son temps, mais c’était comme si elles n’étaient pas assez. Il avait besoin, tout le temps, d’être entouré. Ses heures à la taverne étaient particulièrement heureuses. Les clients l’aimaient bien, s’inquiétaient de son absence, attendaient avec impatience qu’il débarque pour son créneau. Il avait les petits esclaves de Kaeso, hauts comme trois pommes, qui le regardaient avec des grands yeux admirateurs. Puis, quand il était au lupanar, il avait sa sœur, avec laquelle il pouvait parler pendant des heures, et à côté de laquelle il s’endormait les yeux à peine fermés, pour laisser ses rêves s’emplir d’images de bonheur. Depuis peu, il y avait Aurelia, qui malgré ses cris stridents était absolument irrésistible. Mais quand Niger rentrait chez lui, dans sa petite insula, il était seul. Oh certes, il y avait quelques insectes pour lui tenir compagnie, et puis l’alcool, bien sûr, mais ce n’était évidemment jamais suffisant. Parfois, ça devenait insoutenable. Alors il sortait, écumait les rues pompéiennes qu’il connaissait par cœur, et se demandait comment réduire cette solitude ; une épouse, il lui fallait une épouse. Les femmes, il fallait l’avouer, était souvent la réponse. Il n’y avait qu’à regarder son maître : le seul moment où il ne songeait pas à son or, ou disons songeait moins à son or, c’était quand il regardait son épouse. Niger voulait trouver la même chose.

Lucia comprendrait cela, c’était évident. Elle le connaissait mieux que personne, évidemment qu’elle comprendrait.

« Il faut que tu fondes une famille ? C'est une blague j'espère !!! Nous ne sommes rien ???? Moi ta sœur et Aurelia presque ta fille !!! Tu l'as vu naître ! Tu étais là ! Et ce n'est rien !!! »

Niger se prit ses mots comme un poing dans le ventre. Il ne comprenait pas, et la regardait, l’air interloqué, les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, comme s’il voulait répliquer quelque chose, mais que les mots ne sortaient pas. Que dire, en même temps ? Que non, ce n’était absolument pas une blague, mais qu’il espérait par contre que sa réaction en était une. Etait-ce la fatigue qui la faisait réagir comme ça, hurler ainsi ? Il avait remarqué ses cernes à peine il était rentré dans la pièce, mais est-ce que ça pouvait expliquer cette réaction ? S’il avait annoncé ça à Aurea, il se serait attendu aux cris, mais là … Lucia était sa sœur, pas son amante, il ne la trahissait pas, il ne choisissait pas une nouvelle sœur, il cherchait une épouse !

« Alors comme ça les affranchis ne devrait pas avoir de famille dans les bas fond de Pompeii ? C'est d'ici que tu viens je te rappelle ? Mais peut-être que tu penses que tes parents étaient riche ? Qu'ils étaient citoyens romains ! Et moi je suis quoi pour toi ? Ai-je un jour été ta sœur ? »

Elle allait pleurer, il avait entendu sa voix se briser et il la connaissait trop bien. Et en effet, juste après sa tirade elle fondit en larmes. D’ordinaire, quand elle faisait ça, quand elle pleurait, et particulièrement quand c’était sa faute, il avait lui aussi envie de pleurer. Mais là, ses yeux restaient terriblement secs, comme son cœur. Comment osait-elle lui dire quelque chose comme ça ? Comment osait-elle remettre en doute quelque chose comme ça ? Lucia était terrible, parce qu’elle savait très bien où appuyer pour que ça fasse mal. Elle y arrivait particulièrement bien, il fallait l’admettre. Elle était très douée, parce qu’elle le connaissait mieux que personne.

Ce fut autour d’Aurelia de pleurer, mais elle fut beaucoup plus bruyante que sa mère. Les yeux de Niger s’étaient assombris, se faisant encore plus noir, si seulement c’était possible. La mâchoire serrée, il se tourna vers le berceau de fortune de la petite, et la pris dans ses bras. Il lui sourit un peu, à peine, espérant que ça suffirait à la calmer ; il n’en avait pas le courage de faire mieux. D’une voix froide et rauque, il répondit à Lucia, tentant de croiser son regard.

« Je vais devoir m’excuser jusqu’à quand, Lucia, d’avoir été affranchi ? Je ne l’ai pas déjà assez fait, tu veux encore que je m’accroupisse, que je te baise les pieds pour me faire pardonner, encore et encore ? Qu’est-ce que je dois faire ? Je dois rester dans ton ombre, ne jamais me marier, ne jamais avoir d’enfant, rester à tout jamais le petit esclave de Faustus ? »

Aurelia n’était pas plus lourde qu’une plume. Il la serrait contre son cœur, la berçait un peu, espérant qu’elle se rendorme. Elle n’avait pas à entendre ça, sa mère et son oncle qui se battaient, elle devait n’être témoin que d’effusions de bonheur et de joie. Ses pleurs se calmaient, heureusement, et Niger lui sourit, un peu, à nouveau. Alors qu’il la regardait, il souffla, d’une voix encore trop froide.

« Comment oses-tu remettre en doute l’amour que je vous porte, Lucia, comment oses-tu faire ça ? Je me suis peut-être mal exprimé, mais tu es supposée être celle qui me connaît le mieux. En ce moment précis, j’ai l’impression que même ton cher Corvus comprendrait mieux ce que je ressens. J’ai sorti cette petite fille de ton ventre, je l’ai aimée avant même qu’elle ne naisse, et toi, tu fous ça en l’air par ta jalousie puérile. Je t’annonce que je veux me marier, avoir des enfants, et toi, tout ce que tu trouves à me répondre, c’est que je me prends pour quelqu’un que je ne suis pas. Je ne suis pas en train de te dire que je veux quitter Pompéi pour aller ouvrir un commerce à Rome, putain ! Je suis en train de te dire que pour être encore plus heureux, il me faut encore plus d’enfants, parce que Aurelia me remplit de bonheur tous les jours et que j’en veux encore plus, je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ça ! »

Sa voix étaient montée en puissance, jusqu’à sa dernière phrase qui fit sursauter sa nièce. Il se pencha vers elle pour l’embrasser sur le front, avant de la reposer dans son berceau. Il fixa ensuite Lucia, et lâcha :

« Ta réaction me donne envie de vomir,  Lucia. Tout ce que je veux, c’est ton bonheur, mais apparemment, tu ne peux pas dire la même chose envers moi… »


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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Mar 26 Mai - 15:42



   
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    « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. »

A
près que l'écho de ma voix se soit transformé en un léger murmure vibrant encore dans ma petite chambre, je me sens tout d'un coup confuse. Mes mots ont dépassés ma pensé, je le sais. Mais j'ai mal. J'ai mal et ce n'est pas un étranger qui me fait ressentir cette douleur. C'est mon propre frère celui en qui j'ai confiance, celui à qui je confierais ma vie sans hésiter une seule seconde.

Mais quelque chose me gêne. Je me sens toute petite tout d'un coup. Je suis blessée mais il reste mon frère et j'ai l'étrange impression d'avoir fait une bêtise. Forcément je n'aurais jamais du hurlé comme cela. C'est ce que je me dit à chaque fois que je me mets dans tous mes états jusqu'à ce point. Ce qui n'est pas rare je dois bien l'avouer. Encore plus maintenant que je suis mère. On dit de moi que je suis hystérique parfois cela doit être vrai. Mais je dois me défendre. Et ce n'est pas avec mes petits poings et mon statue d'esclave que je vais pouvoir le faire.

Le cris d'Aurelia résonne dans la pièce. Je l'ai réveillé. La pauvre petite doit être autant fatiguée que je le suis. Je l'a regarde se tortiller dans son berceau. Je suis à bout de force je ne sais même pas si je serai capable de la prendre dans mes bras. Niger me devance. Il l'a serre dans ses bras et la berce. Cela semble lui être si naturel. Ça l'est d'ailleurs depuis le premier jour. La première fois où il l'a porté. Il a d'ailleurs été le premier à la porter. Pour moi et sûrement pour elle aussi il sera toujours comme un père. Le père qu'elle n'aura jamais. A le voir comment douter qu'il l'aime. Et pourtant ces mots résonnent dans ma tête. Et pour la première fois de ma vie je doute de lui. J'ai peur qu'il ne soit pas celui en qui je crois depuis toujours. Il a toujours été tout pour moi. L'idée de la partager avec une étrangère me glace le sang. Je prend cela comme une offense à notre mère, j'ai vraiment du mal à le supporter.

J'exagère sûrement je le sais. Mais il est d'habitude le seul à pouvoir me calmer. Comment me calmer alors qu'il est la source même de mon malheur. Il est étonnement silencieux. Si bien que j'en viens vraiment à m'en vouloir. Je ne devrais pas je le sais. Je suis prise entre deux feux, face à un dilemme cruel. Mais bientôt sa voix brise le silence et mon cœur par la même occasion.


_Je vais devoir m’excuser jusqu’à quand, Lucia, d’avoir été affranchi ? Je ne l’ai pas déjà assez fait, tu veux encore que je m’accroupisse, que je te baise les pieds pour me faire pardonner, encore et encore ? Qu’est-ce que je dois faire ? Je dois rester dans ton ombre, ne jamais me marier, ne jamais avoir d’enfant, rester à tout jamais le petit esclave de Faustus ?

J'ai toujours été fière de mon frère au contraire ! Est-ce que je l'envie ? Non... Ou bien oui parfois ! Mais je suis une esclave une femme de change pas de statue à part dans de très rare cas. Et j'aimerais avoir sa place forcément mais je ne lui reproche rien. Ou l'ai-je fais ? Je ne sais plus. Je me remets à pleurer de plus belle mais cette fois-ci sans un mot sans hausser le ton. J'ai l'impression de ne rien pouvoir dire après ça. Après tout au fond je sais qu'il a raison. Mais je ne peux pas m'empêcher de trouver cela injuste. Il a l'air visuellement de mon frère. Il berce ma fille comme il le fait toujours et pourtant je pris pour que ce ne soit pas lui. Que ces mots qui me font si mal ne soient pas les siens. Aurelia commence à calmer ses pleurs. Petit à petit les miens se calment aussi comme si nous étions liées. Je vois Niger lui sourire, j'ai envie de faire comme si rien de tout cela venait d'arriver. Mais une fois encore sa voix brise les bout de mon cœur qui avaient échappés au premier assauts.

Je me remet à pleurer cette fois-ci plus fort, comme une enfant qui viendrait de se faire disputer par ses parents. Tout cela pour une bêtise qu'elle a commis certes mais qu'elle regrette amèrement maintenant. Ses mots sont encore plus durs que tout à l'heure. Plus tranchant. J'ai l'impression qu'il est une autre personne. Il s'est déjà énervé devant moi, oui. Mais jamais il n'a été comme cela avec moi. Avec sa propre sœur. Mon cœur se serre. Mes larmes m'empêchent de voir distinctement. Son laïus finit il repose Aurelia dans son berceau. J'ai l'impression d'être beaucoup plus fragile qu'elle à ce moment précis. Je m'assois sur mon lit presque malgré moi. Mes jambes ne sont plus capable de me soutenir.

_Ta réaction me donne envie de vomir,  Lucia. Tout ce que je veux, c’est ton bonheur, mais apparemment, tu ne peux pas dire la même chose envers moi…

Tout d'un coup mes larmes se calment. Il est allé trop loin. J'ai l'impression que j'ai du mal à respirer. Jamais de ma vie je n'aurais imaginer entendre quelque chose d'aussi blessant sortir de la bouche de mon propre frère. Le seul être au monde en qui je peux compter.

_Écoute bien Ausonius Niger, regarde Aurelia une dernière fois et sort de cette chambre. Je ne veux plus te voir, plus te parler. Fais ta vie comme tu l'entends. Cela dépasse mes facultés louves. Va voir les gens qui te ressemblent et te comprennent. Maintenant pars et ne reviens pas.

J'ai dit tout cela avec une voix si calme que j'ai du mal à croire qu'elle est la mienne. J'ai encore des larmes sur le visage mais aucune dans les yeux. Mon cœur s'est construit une coquille en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Une coquille imperméable qu'il sera difficile à détruire.
WILDBIRD
 

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Louve à jamais.


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Message(#) Sujet: Re: « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. » || Lucia&Niger Sam 25 Juil - 18:21




Lucia & Niger
Il était allé trop loin. Ses mots étaient sortis de sa bouche, et il avait senti quasi immédiatement qu'il avait tiré sur une corde qu'il n'était pas censé toucher. C'était l'un de ses plus grands défauts : Niger ne réfléchissait pas vraiment à ce qu'il disait, pas plus qu'il ne pensait à la conséquence de ses actes. Il aurait dû y faire attention, il aurait dû se douter qu'avec Lucia, il ne pouvait pas se permettre de pousser les choses trop loin, il y avait trop à perdre. Il savait ce qui pouvait lui faire de la peine et ce qui pouvait l'enrager, et il avait usé de ces connaissances pour la blesser. Il l'avait vu dans ses yeux, qu'il avait franchi un point de non retour. Son regard s'était comme vidé, et il ne retrouvait plus les yeux tendres qu'elle lui adressait d'ordinaire. Ils étaient froids, comme dénués d'émotion. Elle avait arrêté de pleurer, sa mâchoire s'était tendue, et quand elle avait parlé, ça avait été comme si une étrangère lui adressait quelques mots. Sa voix était méconnaissable, dure comme elle ne l'avait jamais été, et surtout, sans appel. Le cœur de l'affranchi se brisa alors qu'il l'écoutait prononcer des phrases qu'il ne croyait jamais avoir à entendre, et dont il n'arrivait pas à comprendre la portée. Ne plus jamais voir Aurelia ? Jamais ! Ne plus jamais la voir elle, sa sœur, son unique famille ? Comment s'imaginer cela ? Impossible, ça faisait des années qu'ils vivaient presque collés l'un à côté de l'autre, et maintenant, elle refusait de le voir ? Niger ne parvenait à le considérer, et pourtant, il lisait tout le sérieux de sa sœur sur son visage. Elle ne lançait pas ces paroles en l'air, elle les pensait vraiment, et c'était certainement ce qui était de plus douloureux pour l’égyptien.

Alors qu'elle lui demandait de dire au revoir à Aurelia, il arrêtait de respirer. Pendant quelques instants, il avait eu l'impression que tout en lui arrêtait de fonctionner. « Pars, et ne revient pas », elle avait dit. Elle lui ordonnait de quitter l'endroit où ils avaient été élevés, où ils avaient grandi, pour ne jamais revenir ;  pour Niger, ça sonnait comme une poussée vers les Enfers. Elle lui demandait de quitter l'endroit qui faisait de lui qui il était, et surtout, les personnes auxquelles il tenait le plus. Après plusieurs secondes d'apnée, les mains tremblantes et les yeux exorbités, il reprit son souffle bruyamment. Il crevait de chaud, et son cœur battait tellement vite que si quelqu'un s'était penché vers sa poitrine pour l'écouter, il n'aurait entendu qu'un battement continu. Sa mâchoire était lâche, ses mains moites, et ses yeux flottaient dans le vide. L'ordre de Lucia était simple, et pourtant, se retourner pour quitter la pièce avait certainement été la chose la plus difficile qu'il avait eue à faire depuis la mort de sa mère. Pourtant, il se retourna, sans adresser un regard à sa sœur ou à sa nièce, et passa la porte d'un pas lourd, les épaules voûtées. Devant la pièce se tenaient quelques louves, qui avaient dû entendre la dispute éclater à côté d'elles et qui s'étaient bien sûr empressées de venir écouter. Il fallait avouer qu'il n'y avait rien de plus étonnant que Lucia et Niger se disputant. Ils étaient liés comme les deux doigts de la main, et s'ils se chamaillaient comme n'importe quels frère et sœur, les disputes étaient rares. C'était la deuxième en quelques mois, et certaines louves devaient se demander si ça voulait dire quelque chose. Niger ne pouvait se résoudre à le considérer, mais quelque chose s'était cassé quand il était venu lui annoncer qu'il partait à la recherche de sa famille biologique, et quelque chose se cassait maintenant, peut-être toute leur relation. Peut-être qu'à cause de ses paroles, ils deviendraient des étrangers l'un pour l'autre, comme ils l'auraient dû l'être si le géniteur de Niger ne l'avait pas confié au lupanar de Faustus-père. Ils auraient été deux bâtards nés dans deux maisons différentes, qui n'auraient probablement jamais été important l'un pour l'autre, qui ne se seraient peut-être même jamais croisés. Cette pensée lui donnait la nausée.

Et pourtant, il passait la porte, et fixait un instant ces louves qui le regardaient avec des yeux ronds, silencieuses. Il tournait le dos à sa sœur, à sa nièce, parce que c'était ce que son ego lui disait de faire. Elle voulait qu'il parte ? Il pouvait le faire, il en avait la force. L'une des filles hochait néanmoins la tête de gauche à droite, l'air désapprobateur, comme pour lui dire qu'il était en train de faire la plus grosse erreur de sa vie. C'était en tout cas comme ça qu'il lut ce geste, et c'était certainement ce qui le poussa à se retourner. Peut-être la remercierait-il plus tard, parce qu'elle l'empêcha de tourner le dos à la seule femme qu'il était sûr d'aimer jusqu'à sa mort. Ce n'était pas une force que de répondre à l'ordre de Lucia en quittant le lupanar pour toujours, c'était une force de rester, et de la supplier de le pardonner. Il pénétra alors à nouveau dans la chambre, fermant la porte derrière lui, et des larmes se mirent presque instantanément à couler sur ses joues. Il respirait de plus en plus vite, de plus en plus bruyamment, et passait ses mains sur son visage, tentant d'essuyer toute cette eau salée qui débordait de ses yeux. D'une voix étouffée qu'on entendait à peine, il dit :

« Je ne peux pas partir, Lucia, je ne peux pas.»

Il s'approcha un peu plus de sa sœur, parvenant à peine à calmer sa respiration, mais le cœur battant toujours aussi vite. Il tentait de la regarder dans les yeux, mais sa honte face à ses actions, et les larmes qui lui brouillaient le regard, l'en empêchait. Il continua, d'une voix précipitée :

« Je suis désolé, vraiment, je ne voulais pas dire ça, je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je ne peux pas partir, tu ne peux pas me demander ça, je n'y arriverai jamais. Aurelia et toi, vous êtes … Vous êtes qui je suis, je ne peux pas partir et vous laisser derrière moi, vous … vous êtes trop importantes, c'est ce que j'essayais de dire, même avec une femme, même avec des parents biologiques, même avec ma liberté, rien ne peut vous effacer de ma vie, vous êtes là, comme gravées en moi. S'il te plaît, Lucia, je t'en supplie, ne me demande pas ça. Je ne peux pas partir, je ne peux pas ne plus jamais vous voir, je n'y arriverait pas, je t'en supplie Lucia, je suis désolé... »

Il se battrait pour les récupérer. Il se battrait pour reconstruire ce qu'il avait cassé, même si ça prenait des jours, ou même des années. Il se battrait parce qu'il avait besoin de Lucia et d'Aurelia, pour toujours, et malgré tout.

© charney

Spoiler:
 

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