POMPEII fait un break jusqu'à début novembre pour se refaire une santé >>> Plus d'infos ici

Partagez | 
 

 [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 10/06/2014
₪ Ecrits : 130
₪ Sesterces : 1
₪ Âge : 21
₪ Fonction & Métier : Louve au lupanar de Faustus


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Une louve ne devrait pas en avoir un.
Message(#) Sujet: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Lun 8 Déc - 21:32


~ Alterum non laedere ~

Aurélia avait l'air toute petite. Je lui avais fait un lit dans un panier en osier. Elle était magnifique et je ne pouvais m'empêcher de la regarder. J'avais penser quelques semaines avec elle. Juste avec elle. Je mettais sentis si bien ! Tous les soirs je restais dans ma chambre, je la regardais dormir et la nourrissait quand elle le demandait. Mais c'était finit, une autre la nourrirait, je passerais mes nuits à travailler comme si rien ne s'était passer. Je passerais mon temps à attendre de la retrouver. Elle est la seule raison pour laquelle je vie. Tout se rattache à elle à présent. Tout mon temps libre je le passe avec elle, si bien que je ne vois presque plus les filles, l'une d'elle s'est même exclamé en me voyant dans la cours : « Mais je te croyais morte en couche ! ». Bien entendu elles veulent prendre ma place en temps que chouchoute. Elle n'a pas d'enfant cette Sephora. Et puis Decimus est à moi maintenant et elle ne le supporte pas ! Tant pis pour elle si elle a était incapable de le garder.

Je sais que je devrais le dire à Decimus pour Aurelia. J'aurais aimé qu'elle soit la fille de Corvus. Il n'aurait enfin été qu'à moi. J'aurais pu le dire à toute et montrer à Kerta qu'il jouait simplement avec elle. Les Dieux ont fait que ce soit Decimus et je ne devrais pas m'en plaindre. Déjà je connais le père j'ai de la chance. Dès sa naissance j'avais remarqué cette petite tache de naissance. J'ai peut-être rêvé cependant. Je vérifierais si Decimus a bien cette tache.

Je lâchais la main d'Aurelia qui s'était endormie. À contre cœur je me levais. J'allais dans la salle commune pour me laver. Il était bientôt l'heure. Dans la salle je retrouvais les filles, certaines étaient déjà prêtes, j'étais la dernière ce n'était pourtant pas mon habitude avant Aurelia. Mais rien n'était pareil depuis qu'elle était là. Je commençais à laver mes cheveux. Je ne les avais pas couper depuis que j'étais enceinte. Ils m'arrivaient maintenant dans le bas du dos. Je ne les coupais pourtant pas, je l'ai aimé plutôt comme ça, j'avais l'impression d'être un nymphe. J'aimais cette idée. Je commençais à laver mon corps. Mon corps était presque revenu à la normal, apparemment c'était grâce à mon jeune âge. J'avais quand même une vergeture près du nombril, je l'a caressais distraitement. Je me sentais étrangement vide, légère, ce qui n'était pas si agréable.

Je m'habillais enfin, il faisait encore chaud malgré la soirée qui commençait. Je n'y allais pourtant pas à reculons. J'avais envie de voir Corvus. J'étais sûr qu'il viendrait ce soir. Je savais qu'il me fait du bien. Être dans ses bras me faisait du bien. Il était magnifique et j'avais envie d'admirer son corps. Il m'avait vraiment manquer, j'avais trop envie de le voir. Je pense que si ce n'était pour lui je n'aurais jamais laissé ma fille.

Les louves étaient dans l'autre salle commune celle où nous accueillions les clients. Où nous jouions nos rôles, nous devions donner envie comme les fruits sur l'étale du marché. Je me mis sur un coussin près de Clea. Elle me sourit.

_Alors tu vas attendre ton Corbeau ? Dit-elle.

Je savais qu'elle n'approuvait pas du tout le fait que j'étais entièrement dévouée à lui. Mais elle ne comprenait pas, il y avait quelques chose entre nous, c'était évident.

_Bien sûr que je l'attendrais, je ne suis là que pour ça tu le sais. Et ton avis je le connais alors épargne moi. Répondis-je en lui rendant cependant son sourire, elle connaissait mon opinion.

_Kerta fera sûrement en sorte de te trouver un autre client, histoire de te rappeler quelle est ta place !

C'était effectivement possible. Depuis que j'avais Aurelia j'avais l'impression qu'elle me détestait encore plus que d'habitude. Elle pensait sûrement que Corvus avait de l'affection pour elle. La pauvre tombera sûrement de haut.

Les premiers clients commencent à arriver. Nous jouons le jeu de l'amante. Je suis pourtant l'amante d'un seul homme pour ma part et je l'attends plus que jamais.

__________________________

Louve à jamais.


Césars:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 15/06/2014
₪ Ecrits : 386
₪ Sesterces : 2
₪ Âge : 28 ans
₪ Fonction & Métier : Masseur aux thermes


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C'est la femme qui choisit l'homme qui la choisira.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: j'ai bien trop d'amour pour une seule femme !
Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Dim 8 Fév - 1:29

Alterum non lædere


Auberge Fausta ~ avril 725 AUC

Le nuit et sombre et la lune baigne les ruelles de Pompéi de sa tendre lumière blafarde. Dans ma poche, les pièces de ma dernière paye tintent les unes contre les autres faisant résonner un délicieux son métallique. Je souris dans l’ombre, sillonnant les rues sans oublier de saluer les quelques connaissances que je croise. La plupart ne peuvent s’empêcher de me lancer une petite taquinerie à propos de ma prochaine destination. Toute la ville sait ce que je peux faire dehors à une heure pareille : je pars dépenser chez Faustus ces quelques deniers bien trop lourds à porter pour le fou dépensier que je suis.

Les nouvelles ne tardent pas à se diffuser dans le lupanar de Faustus et je sais que Lucia a accouché depuis maintenant plusieurs semaines. La savoir enceinte m’avait quelque peu fait réfléchir, et je sais m’être déjà demandé si cet enfant pouvait être de moi. Après tout, qui ne se le demanderait pas au vu de la fréquence de nos nuits passées ensemble ? Pour autant, je sais pertinemment que je suis loin d’être l’unique client de la louve et que tous les hommes qui ont payé pour ses charmes ont autant de chances que moi d’être à l’origine de la naissance de ce petit être. Aussi, je ne me suis pas mis à délibérer outre mesure sur ma potentielle paternité, surtout lorsque je sais que ce bambin est dès sa naissance destiné à être esclave comme sa mère et que nous ne partagerons jamais qu’un peu de sang et rien d’autre, qu'il soit mon fils ou non.

Non, ce n’est certainement pas ce bébé qui me fait presser le pas alors que je me rapproche du lupanar, mais seulement l’envie de retrouver sa mère. Avec sa fin de grossesse, son accouchement et le temps qu’on lui a laissé par la suite pour prendre soin du nouveau-né, je n’ai plus eu l’occasion de la voir depuis des semaines et j’en ressens un certain manque que je ne cherche pas à me cacher. L’amour que l’on nous donne est une drogue dont on peine à se passer lorsque l’on y a goûté, et, si je ne suis pas tombé dans le piège des sentiments avec Lucia, je suis malgré tout tombé dans ce piège là. Je ne le déplore pas tant que cela pourtant, car si cela est certainement immoral, ça n’est malgré tout pas dangereux pour moi. Pourquoi s'en passer alors ?

D’un pas décidé, je parcours les derniers mètres jusqu’à l’entrée du lupanar puis pousse énergiquement la porte avant de m’y engouffrer. Frais comme un gardon, je salue plusieurs autres habitués et échange deux ou trois mots avec mes compagnons des bas fonds avant de glisser à l’oreille d’une prostituée :

- Dis-moi, où se trouve ta reine, ma louve ?

Alors que son client vient blottir son visage dans son cou, la prostituée me montre un couloir du doigt d’un air complètement détaché. Il est terrible de voir comment ces femmes parviennent à combler leurs hommes sans avoir à dévoiler le moindre sentiment, la moindre application. Elles les connaissent, eux et leurs attentes, leurs mains agissent en toute autonomie. C’est exactement pour éviter cela que je retourne chercher ma préférée, la seule catin qui me reçoive avec des gestes autrement plus exaltants car dénués de tout automatisme.

Sans attendre, je pénètre dans le couloir alors que mon cœur accélère l’allure à mesure que l’excitation monte en moi. J’ai attendu ce moment trop longtemps pour faire croire que revenir pour Lucia me laisse de marbre ! Comme un homme en chasse, mes yeux cherchent cette chevelure blonde que je reconnaîtrais entre toutes. Ma traque dure à peine quelques secondes et enfin, je l’aperçois, seule, un peu plus loin.

Sans vraiment m’en rendre compte, je m’arrête un instant. Kerta est de dos, et je ne suis pas sûr qu’elle ait senti ma présence. Pendant quelques secondes, je reste là à la regarder, j’hésite. Les images de cette nuit de novembre me reviennent avec une puissance désarmante en même temps que les suggestions de Niger la nuit où Lucia m’a avoué ses sentiments et je ne peux m’empêcher de penser à l’évolution de ma relation avec la reine des louves depuis. Notre jeu a pris un tel tournant, ses derniers mots ont mis à mal tellement de mes convictions… Je crois pouvoir dire que j’ai été pris de court. Que je n'étais pas préparé à cela. Et depuis, si nous avons évidemment continué de nous fréquenter et de mimer nos joutes d’autrefois, nous n’avons jamais plus poussé si loin nos provocations. Nous nous sommes freinés, bridés, à moins que cette distance n’ait été que de mon simple fait ? Je ne saurais dire. Mais nous nous sommes appliqués à conserver une sorte de  tempérance, comme si avoir cédé, même pour un temps si court ce jour-là, nous avait fait réaliser combien cette pente était dangereuse. Je ne mentirai pas : notre relation d’antan me manque. Mais je n’ose pas revenir à ces taquineries et ces provocations, de peur de virer désormais à un jeu devenu bien trop dangereux. Alors je fais semblant d’être aussi détendu et impertinent avec elle qu’auparavant, mais quelque chose en moi me fait penser que ma comédie ne trompe personne, et surtout pas Kerta…

Pendant que je reste immobile, un homme massif me double sans un mot et me tire de mes rêveries. Il se dirige jusqu’à Kerta et je l’entends dire alors :

- Decimus Silius Magnus. Je viens pour Lucia.

Alors, mon sang ne fait qu’un tour et je parais enfin retrouver l’usage de mes jambes. D’un pas déterminé, j’arrive à la hauteur de Kerta en lançant :

- Inutile. Elle est déjà prise.

Je fais les quelques pas qui me séparent de Kerta et du bougre qui vient me voler ma louve ce soir puis plante mon regard droit dans celui de la matrone qui semble surprise de me voir. Peut-être ne m’avait-elle vraiment pas vu entrer. Je lui lance un clin d’œil insolent avant de gronder :

- Bonsoir ma reine.

Elle sait ce que je veux. Pourtant, ce soir, une drôle de sensation s’empare de moi, comme si lui demander de me trouver une chambre avec une autre prostituée qu’elle était devenu plus qu’inconvenant désormais. Je tente malgré tout de garder pour moi cette idée saugrenue et d’ignorer les grognements de ce brave Magnus à ma gauche qui ne semble pas prêt à me faire gagner la partie aussi facilement. Mais Kerta ne me le refuserait pas, n’est-ce pas ?
lumos maxima


Hrp:
 

__________________________

Laisse le corbeau se nourrir de ta charogne et prie les dieux qu'il ne sache pas traverser le Styx.

You and I:
 


Dernière édition par Manius Oppius Corvus le Lun 30 Mar - 14:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Mar 17 Mar - 21:30






Alterum Non Laedere




Les gens changent, les situations évoluent. Je ne croyais pourtant pas cela possible. Je voyais mon avenir tout tracé, calculé, rien n'étant laissé au hasard car le hasard est trop dangereux. Louve, matrone, maîtresse de ces lieux dans une certaine mesure n'en déplaisent à certains et certaines et rien pour venir entraver cet avenir tout tracé. Rien à part un Corbeau de malheur. Le jeu a duré longtemps entre lui et moi, et le dégoût qu'il m'inspirait s'est doucement mais sûrement transformé en un désir qui m'a entraîné sur une pente fort raide et glissante, une pente sur laquelle j'ai chuté pour finir brisée car dans le fond, même si je sais le cacher, brisée je le suis. Brisée d'avoir tant combattu pour finalement me laisser emporter. Brisée d'avoir réalisé ce que je voulais de ce Corbeau et de ce que je pouvais avoir si je ne m'imposais aucune limite. Brisée d'avoir réalisé ce qu'il a réussi à éveiller en moi et dont j'aurais préféré rester étrangère car ces sentiments nouvellement éveillés risqueraient bien de me mener à ma perte : les sentiments dans notre profession sont nos ennemis. Je ne saurais pourtant pas mettre de mots sur ce que je ressens pour Corvus : un puissant désir, c'est certain, mais au-delà de ça, il y a une certaine possessivité à son encontre mais que je me refuse toujours à lui et cette possessivité, d'où vient-elle ? D'amour ? Je ne connais pas l'amour alors comment, par tous les Dieux, pourrais-je le savoir ? Une chose est certaine : cela ne m'est pas bénéfique car mon humeur est encore plus changeante qu'auparavant et c'est surtout la mauvaise humeur qui prime. Oh, pas avec les clients car je n'oublie pas où est ma place et ce que je dois faire mais je sais que je me montre terrible avec les filles, bien plus qu'auparavant, en particulier avec une : Lucia. Il ne peut en être autrement car elle a les faveurs du Corbeau et cela m'exaspère même si je sais pourquoi elle a ses faveurs et que ce savoir me fait sournoisement sourire. Corvus ne s'est pas confié à moi mais quelques bribes de ses conversations avec Niger sont parvenues jusqu'à mes oreilles et de plus, les filles n'ont pas hésité à parler et tout le monde connaît les sentiments de Lucia à l'égard de Corvus. Elle est ainsi persuadée que le Corbeau l'aime en retour et c'est là sa plus grande erreur et je ne peux nier me délecter à l'avance de sa chute. Je ne peux également pas nier que je jalouse Lucia car elle connaît de Corvus ce que je rêve de découvrir mais dont je reste éloignée pour garder le contrôle.

Combien de temps cela durera-t-il ?
Combien de temps vais-je être capable de continuer à jouer notre jeu sans sombrer pour de bon et lui réclamer tout ce que je désire ?
Combien de temps avant que ma perte ne soit totale ?

Je ne peux le savoir. En attendant, je me dois de porter le masque, je me dois de poursuivre mon chemin comme si rien n'avait changé même si c'est loin d'être évident car même Corvus a changé d'attitude à mon égard et dans le fond, cela me blesse. J'ignore s'il a mis cette distance entre nous par crainte de ce qu'il ressent lui aussi ou à l'inverse par crainte de ce qu'il ne ressent pas. Ce jeu qui a été le nôtre et qui l'est à moindre échelle aujourd'hui, j'ignore toujours pourquoi il a pris vie à l'origine et sans doute l'ignorerai-je toujours. Ainsi, mon esprit est fort occupé à l'accoutumée par tout un tas de questions dont je préférerais me passer. Fort heureusement, dès que je passe la porte de ma chambre, je parviens à porter ce masque qui m'est essentiel et j'ose croire qu'en dehors de Corvus qui me connaît véritablement mieux que personne, aucun de mes comparses au lupanar ou à l'auberge n'a remarqué quoi que ce soit. Je suis toujours la même si ce n'est que je suis davantage plus intransigeante avec les filles qu'auparavant. D'ailleurs, tandis que j'arpente les couloirs, je n'hésite pas à leur faire des remontrances : elles doivent être parfaites et je leur rappelle à chaque fois que cela m'est possible. Lorsque j'arrive finalement dans la salle où les filles sont réunies, je les observe et toutes semblent avoir fait des efforts ce dont je suis satisfaite. Mon regard se pose l'espace d'une seconde sur Lucia dont le regard brille et je détourne finalement le regard en soupirant, exaspérée : si elle pouvait au moins faire un effort pour cacher ses sentiments... On dirait une jouvencelle stupide qui attend l'arrivée de son prince mais le Corbeau n'est pas un prince et il ne lui appartient pas et il me semble qu'il est peut-être temps de le lui rappeler.

« Clea ! Lucia ! » dis-je d'un ton sec en m'approchant des deux louves qui sont en train de discuter. « Vous n'êtes pas là pour discuter. Mettez-vous au travail, des clients sont déjà là. »

Mon regard ne laisse aucune place au doute : que Lucia veuille le Corbeau ou pas, pour l'instant il n'est pas là alors il est hors de question qu'elle reste là à attendre qu'il vienne. Elle est une louve comme les autres. D'un geste de la tête je leur intime de se lever et de se diriger vers les hommes déjà présents puis je m'éloigne d'elles après m'être assuré qu'elles se soient bien rapprochés des hommes en question. Je fais le tour de la pièce et finalement, étant plutôt satisfaite de l'attitude des filles, je m'éloigne pour emprunter un long couloir. Les filles étant dans l'autre pièce, j'en profite pour m'assurer que leurs chambres sont prêtes à recevoir nos clients. Il semble encore une fois que ma mauvaise humeur ait porté ses fruits car elles ont toutes fait beaucoup d'efforts : je saurai le leur dire demain. Je continue finalement mon avancée dans le couloir quand j'entends des pas. J'ai à peine le temps de me retourner qu'un homme massif s'arrête devant moi : allons bon, Magnus est là et il m'annonce qu'il vient pour Lucia. Mais voilà qui tombe très bien : si elle est avec lui, elle n'ira pas avec Corvus et j'en jubile intérieurement. Ma bouche s'entrouvre, prête à lui annoncer que je vais aller de ce pas chercher Lucia pour la lui amener quand une autre voix masculine retentit et cette voix me noue les entrailles. Je tourne mon regard vers Corvus, surprise de le voir, non pas qu'il soit surprenant de le voir ici, au contraire, je ne l'avais cependant ni entendu, ni vu venir. Si je n'aime pas la façon dont mon corps est si vite épris de frissons quand il est aussi près de moi, j'aime encore moins le fait qu'il estime que Lucia lui est réservé. Pour qui se prennent-ils tous les deux ?

« Bonsoir. » je lui réponds d'une voix plus froide que d'ordinaire, plus froide que ce que j'ai pu lui réserver ces derniers temps. C'est le regard de Lucia... C'est sa façon à lui de parler de Lucia comme si elle lui appartenait... Magnus s'empresse de protester et je lève doucement les mains en l'air pour lui intimer de se calmer. Je reste là à les observer, ils semblent tous les deux déterminés à mettre Lucia dans leur lit cette nuit mais ils ont tous les deux oublié quelque chose : je décide. Je termine par croiser les bras et je secoue doucement la tête de droite à gauche.

« Voyez-vous messieurs, votre chère Lucia est pour le moment occupée avec un autre client. » je leur explique calmement, en prenant intérieurement un certain plaisir à leur expliquer que Lucia n'est pas disponible. « Ceci dit, il m'est facile d'aller l'extraire aux bras de ce client pour vous la ramener et... » Je marque un silence. « Magnus a demandé en premier alors... » C'est un sourire carnassier qui étire mes lèvres tandis que je plante mon regard dans celui de Corvus. « Il va falloir te trouver une autre louve pour cette nuit, tu m'en vois navrée. »

Pas du tout en réalité et il doit le savoir, il n'est pas bête. Je ne réalise ceci dit peut-être pas que je tire trop sur une corde fragile. Si Magnus se pavane trop parce que je lui ai accordé les bras de Lucia, rien ne me dit que Corvus ne va pas s'emporter. Et si les deux finissaient par se taper dessus ? Là, je risquerais bien des réprimandes de la part de Kaeso mais il me serait facile de reporter la faute sur Lucia, après tout, elle n'a qu'à ma promettre monts et merveilles à trop de clients, non ?





© charney

Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 10/06/2014
₪ Ecrits : 130
₪ Sesterces : 1
₪ Âge : 21
₪ Fonction & Métier : Louve au lupanar de Faustus


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Une louve ne devrait pas en avoir un.
Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Mer 18 Mar - 22:30


~ Alterum non laedere ~

Au travail ! Moins de bavardage ! Kerta nous mène la vie dure en ce moment plus que d'habitude. Je ne sais pas ce qu'il lui est arrivé mais elle me tape sérieusement sur les nerfs. Enfin ce que Matrone veut Matrone l'a alors nous y allons.

Je vois Clea se précipiter sur un des clients, sans vraiment comprendre. C'est un jeune certes mais il est plutôt quelconque rien de bien méchant. Elle me jette un regard pour me narguer. Je tourne la tête vers le seul client encore vide et... Ah je vois... Le gros Caius ! Alors celui-là il est fuit comme la peste ! Pourvu qu'il ne me demande pas ! Je tente d'y aller sans y aller. Tout un art ! Kerta n'est pas dans les parages. C'est ma chance. Je peux peut-être partir sans être repéré. Je regarde Clea, son client l'embrasse dans le cou il ne voit donc rien, elle me fait des gestes pour me pousser à y aller. Rrrgh ! Que faire ! Je me retourne et là c'est le drame ! Voilà le gros Caius si proche de moi que mon nez pourrait toucher le sien si je n'avais pas près d'une tête de plus que lui. J'entends d'ici Clea glousser et je sais pertinemment que ce n'est pas du à une blague de son client.

_Alors poulette ça te dis de faire un tour sur mon bel oppidum ? Dit-il avec un sourire.

Comment vous dire ? Le mot dégoût n'est pas encore assez fort pour exprimer ce que je ressens. Je cherche autour de moi pour trouver un refuge il me faut un autre client n'importe qui. Je ne peux pas le lasser seul maintenant qu'il est venu vers moi.

Petit, trapu, une barbe dans laquelle je peux trouver assez de nourriture pour nourrir ma fille pendant une semaine. Cet homme n'avait vraiment rien pour lui. Venir chercher du réconfort chez les louves était sûrement le seul moyen qu'il avait pour toucher une femme. Je me demandais souvent comment était la sienne. Sûrement morte de dégoût après avoir arpenté l'oppidum.

Je me reprends et affiche un sourire magnifique en espérant que j'ai quelque chose entre les dents bien que je suis sûr que je n'arriverais pas à le faire fuir avec ça.

_Mon Maître vous voilà très en forme aujourd'hui. C'est un plaisir de vous voir ici. Vous a-t-on servi un peu de notre délicieux vin ? Je vais vous en amener tout de suite asseyez-vous Maître.

Je tourne les talons plus vite qu'il ne faut pour le dire. Il y a du vin dans la salle commune mais je me dis que je pourrais trouver une excuse pour en chercher autre part. De loin je vois un homme gigantesque. Je connais cette carrure. Impressionnante et rassurante à la fois. Des mains aussi puissantes que douces. Magnus ! Le voir ici est un tel réconfort je sais qu'il va aller voir Kerta je n'intervient pas. Si je n'ai pas mon Corvus je serais bien avec Magnus. Il me rassure et me fait du bien. J'apprécie vraiment sa compagnie il est différent de mes autres clients. Et puis je ne lui ai toujours pas parlé à propos d'Aurelia. Je le ferais ce soir.

Il s'approche de Kerta. J'entends sa grosse voix. Je me cache derrière un rideau, assez près pour pouvoir les entendre parler. L'image de Magnus à côté de Kerta est assez drôle. Il est si imposant et elle à l'air si fragile. Enfin ce n'est qu'une façade !

Tout d'un coup c'est une autre voix que j'entends mais celle-ci est bien différente de toutes les autres. Un mélange de force et de désinvolture. C'est Lui. Je sens que mon corps entier à besoin de m'approcher de lui. De sentir sa peau contre le mienne. Un besoin vital. Comme de respirer. Depuis mon accouchement je ne l'avais pas vu. Cela me paraît une éternité. Il faut que je sois avec lui ce soir je l'ai tellement attendu. Ce soir je serais sienne.

Mais très vite je sors de ma rêverie. Car la conversation devient quelque peu troublante. Et plus que la conversation l'attitude de Kerta. Deux hommes pour moi même dans ses plus beaux rêves elle n'aurait pas pu l'imaginer ! Et qui plus est c'est Corvus qui me demande. S'il voulait il pourrait très bien demander Kerta mais c'est moi qu'il veut ! Moi et personne d'autre ! Encore une preuve ! Il peut bien l'appeler ma reine, je ne m'en formalise pas. Il veut seulement manipuler Kerta pour réussir à m'avoir. Je sais qu'il va y arriver. J'aime vraiment beaucoup Magnus mais quitte à choisir c'est mon Corvus que je veux et Magnus le sait il n'en fera pas toute une histoire.

_Magnus a demandé en premier alors...

La voix de Kerta a eu l'effet d'un coup de dague dans mon cœur. Mais c'était prévisible ! Je ne me laisserai pas faire s'il faut se battre je le ferai. Elle le veut pour elle toute seule. Mais cela ne marchera pas car c'est moi et moi seul que veut Corvus.

Je décide donc de sortir de ma cachette. Je fais mine de venir de la salle commune et prend le premier amphore qui me tombe sous la main. J'avance d'un pas décidé vers eux en baissant la tête pour faire comme si je ne les avait pas vu avant.

_Oh Corvus mon cher Maître je suis heureuse que tu sois là. Tu voudras sûrement un peu de vin que je viens d'aller chercher pour un client, lui dis-je en remplissant une coupe.

Mais le liquide rouge que j'attendais était légèrement plus transparent que prévu. Oups ça ne va pas m'aider.

_Ah et bien je croyais qu'il s'agissait de vin, affirmais-je mine de rien en reposant l'amphore. Mais il y a un très bon vin dans ma chambre n'est-ce pas Matrone ! Avec votre autorisation je vais mener ce cher Corvus dans ma chambre.

Je sais que ce n'est pas très fin et que ça n'a que peu de chance de marcher. Magnus, je pense ne m'en tiendra pas rigueur. De plus je suis prête à tout pour l'avoir ce soir et je ne laisserais pas une matrone qui joue les tyrans l'avoir à ma place. Avec un peu de chance Corvus comprendra ce que j'essaye de faire et se battra lui aussi pour m'avoir. Ce soir je serais de nouveau dans ses bras.

__________________________

Louve à jamais.


Césars:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 15/06/2014
₪ Ecrits : 386
₪ Sesterces : 2
₪ Âge : 28 ans
₪ Fonction & Métier : Masseur aux thermes


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C'est la femme qui choisit l'homme qui la choisira.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: j'ai bien trop d'amour pour une seule femme !
Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Lun 30 Mar - 14:50

Alterum non lædere


Auberge Fausta ~ avril 725 AUC

Mon cœur tambourine dans ma poitrine sans que je sache vraiment s’il répond à de l’excitation ou à autre chose. De la gêne ? De l’inquiétude ? Je maudis cette ignorance et cette impuissance qui m’étouffent dès que je suis en présence de la matrone et, sans pourtant fuir son regard, je reçois son salut glacial comme une gifle.  Le visage de Kerta est sombre, comme à chacune de nos retrouvailles depuis mon unique visite dans sa tanière de louve. Avons-nous ce jour-là franchi une limite qu’il nous aurait mieux valu garder sacrée ? La distance que je nous impose comme la froideur qui s’échappe de Kerta tend de plus à plus à me faire regretter notre folie cette nuit-là et, alors que je plonge mon regard dans le sien, je crains de ne plus jamais retrouver l’étincelle que j’avais remarquée dans ses yeux alors qu’elle était dans mes bras.

Mais déjà, la voix rauque de ce Magnus vient perturber mes pensées sombres et émet quelques protestations qui viennent siffler à mes oreilles. Ne lui daignant pas le moindre regard, je demeure entièrement tourné vers la louve à laquelle la décision revient de plein droit. Avant que je ne lui fasse part de mes propres arguments, elle lève cependant les paumes en notre direction, nous intimant le silence.

- Voyez-vous messieurs, votre chère Lucia est pour le moment occupée avec un autre client.    

La surprise m’empêche de laisser le moindre son sortir de ma bouche. Non. Pas ce soir. Les dieux eux-mêmes n’oseraient pas me faire cet affront ! Kerta reprend pourtant, d’un ton qui me laisse deviner qu’elle prend un certain plaisir à nous voir tous les deux ainsi, cet espèce de bœuf et moi.

- Ceci dit, il m'est facile d'aller l'extraire aux bras de ce client pour vous la ramener et...    

« Et tu vas me la donner… » pensé-je presque tout haut. Mon cœur accélère de façon incontrôlable alors que j’attends la sentence de la matrone. Enfin, le couperet tombe.

- Magnus a demandé en premier alors...    

Sa phrase me noue les entrailles tant son refus me semblait inconcevable. A ma gauche, je sens déjà un sourire triomphal se dessiner sur le visage de Magnus et je reste un instant pantois, incapable de réagir. Kerta m’achève alors en me lançant avec un sourire carnassier :

- Il va falloir te trouver une autre louve pour cette nuit, tu m'en vois navrée.    

Son « navrée » résonne en moi comme la plus incisive des ironies et je demeure muet, dans l’incompréhension la plus totale. Profitant de mon immobilisme, Magnus vient déjà chercher la bourse qu’il tient à sa ceinture pour compter ses pièces. Le tintement de ses deniers réveille mes sens et, alors que ma bouche s’entrouvre pour tenter de raisonner Kerta, c’est une autre voix féminine que je reconnais sans le moindre mal qui se met à résonner dans le long couloir.

- Oh Corvus mon cher Maître je suis heureuse que tu sois là. Tu voudras sûrement un peu de vin que je viens d'aller chercher pour un client.    

Mon regard se porte sur Lucia, délicieusement apprêtée, qui ne conserve que quelques faibles rondeurs de sa grossesse. Mes pulsions masculines envahissent aussitôt mon corps d’une douce chaleur rendue plus prégnante encore par les nombreuses semaines qui m’ont privé des bras de ma favorite, trop occupée à mettre au monde et à prendre soin de son marmot. Je réalise alors combien sa présence m’a manquée, ce qui réveille ma détermination pour l’avoir mienne ce soir. Alors qu’elle me propose du vin, l’eau qu’elle se met à verser dans la coupe me fait hausser un sourcil amusé et Lucia reprend alors :

- Ah et bien je croyais qu'il s'agissait de vin. Mais il y a un très bon vin dans ma chambre n'est-ce pas Matrone ! Avec votre autorisation je vais mener ce cher Corvus dans ma chambre.    

Mon orgueil de mâle s’en retrouve flatté, et c’est naturellement bien moins abattu que mon regard vient retrouver celui de Kerta. A côté de moi, je sens Magnus frémir, certainement tout sauf enchanté de se trouver ainsi presque ignoré par Lucia. Mais que veux-tu, l’ami ? Sur ce terrain, tu ne pourras pas battre le corbeau. Lucia est à moi, et tes grands yeux de tombeur ne sauront faire céder la sœur de Niger en ma présence.

Ayant retrouvé toute mon arrogance, je croise les bras face à la matrone que je ne quitte pas des yeux. Etait-ce un petit mensonge, Kerta ? Lucia me semble bien libre, au contraire… Etait-ce simplement pour me contrarier ou voulais-tu me garder ici avec toi ? Les questions s’accumulent et s’emmêlent dans mon esprit sans que j’en laisse rien paraître et, d’une voix grondante, je finis enfin par sortir de mon mutisme.

- Eh bien, Kerta, il semblerait que Lucia en ait finalement terminé avec son client. Peut-être pourrions-nous donc rediscuter ta précédente attribution ?

Immédiatement, le grand Magnus me coupe et s’exclame :

- Cela ne change rien, au contraire. La matrone l’a déjà dit, je suis le premier à l’avoir demandée.    

Sans plus attendre, je le vois tendre une main calleuse pleine de piécettes à Kerta, prêt à se faire attribuer une chambre et à m’envoyer en Enfer, par la même occasion. Mais j’interpose ma main pour l’empêcher d’aller au bout de sa manœuvre et je reprends mon plaidoyer sans payer la moindre attention à ses grognements rauques :

- Peut-être, mais Kerta sait différencier un simple client du meilleur que compte Faustus. Et je ne saurais me faire voler Lucia le jour de son retour par un petit plébéien qui pense pouvoir se vider les bourses avec qui il veut simplement parce qu’il m’a devancé de quelques mètres. Et je ne parle pas que de celles que tu as à la ceinture…

Mon regard bleu vient alors transpercer celui de mon rival. Nous nous jaugeons un instant et je comprends qu’il est aussi déterminé que moi. Contrairement aux filles de l’auberge, je n’ai pas peur de voir cette rivalité éclater en conflit, malgré la largeur d’épaule de Magnus que je crois bien deux fois comme la mienne. Mon cœur accélère davantage l’allure à mesure que l’enjeu devient plus grand et la chaleur qui irradie mon échine n’est plus alors due qu’à l’excitation, mais également à cette promesse de défi que nous nous lançons tous les deux. Après quelques instants, je reviens à Kerta en lui lançant un air que je veux bien plus nonchalant :

- Et si la petite veut me faire goûter son vin, ma foi, j’adorerais lui faire ce plaisir…

Furtivement, mon regard vient à Lucia que je gratifie d’un clin d’œil. Et alors que je reviens enfin à la matrone, je tente de lui faire mon regard le plus charmeur pour la convaincre de me faire cette faveur. Je me suis alors avancé discrètement d’un pas, de sorte à me positionner devant Magnus et à être davantage en position de force. Je le sens bouillonner derrière moi mais prends un malin plaisir à l’ignorer. Ce n’est pas avec lui que je négocie, mais uniquement avec la reine des louves.

« Uniquement avec toi, Kerta… »

lumos maxima


Hrp:
 

__________________________

Laisse le corbeau se nourrir de ta charogne et prie les dieux qu'il ne sache pas traverser le Styx.

You and I:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Invité



Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Sam 4 Avr - 17:12






Alterum Non Laedere




Moi ? Me délecter de la mine déconfite de ce cher Corvus ? Oh mais oui et avec grand plaisir. Si je me contente d'afficher un sourire carnassier, intérieurement, je jubile véritablement de le voir là, immobile, muet, presque assommé par le coup que je viens de lui porter. Il a voulu jouer au plus malin et je prends un véritable plaisir à lui couper l'herbe sous le pied. Je savoure intérieurement cette victoire, observe Corvus encore un instant avant de m'en retourner vers Magnus tout en lui adressant un sourire certes teinté de fausseté mais je sais qu'il ne verra pas cette fausse note. D'ailleurs, il entreprend de se saisir de sa bourse pour déjà sortir les pièces qu'il va me devoir pour passer la nuit avec Lucia. Je laisse échapper un soupir satisfait sans me dépêtre de mon sourire tandis que je jette un regard en coin à Corvus. C'est à ce moment-là que je le vois entrouvrir la bouche et je hausse les sourcils, curieuse de l'entendre protester, curieuse de voir par quels mots il espère pouvoir me changer d'avis, ce qui est bien sûr voué à l'échec car non, je ne changerai pas d'avis. Et, alors que j'ai l'avantage, alors que tout ceci tourne en ma faveur, j'entends une voix, la voix que je n'aurais, pour rien au monde, voulu entendre en cet instant : Lucia. A peine entends-je sa voix que mon sourire se fait moins large et plus froid encore, plus sec. Quant à mon regard, c'est la foudre qui l'anime car Lucia, au-delà d'arriver alors qu'elle est censée être occupée avec autre, prend bien trop de libertés à mon goût. A-t-elle oublié où était sa place ? Apparemment oui et à l'instant où  elle verse un prétendu vin qui n'est en fait que de l'eau, mon sourire disparaît totalement et je termine par croiser les bras. Ma mâchoire se crispe et mon corps entier se tend : l'envie me prend de la gifler, plus particulièrement encore quand elle ose affirmer qu'elle a du bon vin dans sa chambre  et qu'elle peut donc y emmener « ce cher Corvus » avec mon autorisation.

Mon autorisation ? Parce qu'elle espère vraiment l'obtenir ? Mais oui, elle est bel et bien naïve à ce point.

Je sens soudain le regard de Corvus sur moi et reporte ainsi mon attention sur lui, sans pour autant changer quoi que ce soit à mon attitude hostile. Que croit-il ? Que l'arrivée inopinée de Lucia va changer quoi que ce soit ? Apparemment oui puisque voilà qu'il semble soudain reprendre de l'aplomb et il retrouve l'usage de la parole. Mes sourcils se froncent quand il propose de rediscuter l'attribution de Lucia à Magnus. Lui ne l'entend d'ailleurs pas de cette oreille, il proteste vite et vivement et n'hésite pas à me tendre sa main remplie de piécettes. Et voilà que Corvus s'interpose et l'empêche de poursuivre plus avant ce qui me fait vibrer de rage. Qu'ils se battent m'importe peu finalement, mais c'est la raison de ce combat qui me rend folle de rage : Lucia. Cette petite peste, cette fausse ingénue qui doit sans aucun doute jouer de sa prétendue innocence pour leur faire perdre la tête... Si elle n'était pas la sœur de Niger, je l'aurais déjà faite renvoyer, cela ne fait aucun doute. Je suis cependant bloquée mais pas complètement : si je dois la garder en tant que louve, je ne dois pas pour autant me plier à ses exigences car elle n'est pas en position d'avoir justement la moindre exigence. Sa juste place, il est temps de le lui rappeler. Plus particulièrement parce qu'elle s'est attachée à Corvus oui : je la déteste d'autant plus pour cela. Je glisse brièvement mon regard sur Lucia qui dévore sans trop de discrétion Corvus des yeux avant de justement reporter mon attention sur le Corbeau qui se perd dans une plaidoirie perdue d'avance. Je le laisse parler, restant de marbre, quoique je sais que mes yeux doivent sans aucun doute être plus sombres que jamais. Corvus finit par détourner le regard, lui et Magnus se toisent un instant et dans mon esprit, les choses se mettent en place doucement mais sûrement. Et, finalement, lorsque Corvus reporte son attention sur moi et plante son regard dans le mien, l'espace d'un instant, mon cœur s'emballe parce qu'il brille dans ses yeux une lueur que j'aime voir, une lueur que j'ai particulièrement aimée lorsqu'elle m'a été destinée. Et cette lueur, finalement, ne fait qu'attiser davantage ma haine envers Lucia, et envers Corvus également bien qu'il éveille également une toute autre chose que la haine. Corvus ajoute les quelques mots qui suffisent à me conforter dans ma décision prise il y a déjà un petit moment. Quant à ses yeux de merlan frit, ils n'ont, malheureusement pour lui, absolument aucun effet sur moi.

« Sauf que ce que veut la petite n'entre absolument pas en ligne de compte. Quand les gros poissons se battent, les crevettes doivent se tenir tranquilles ! » j'ajoute en jetant un regard plus que courroucé à Lucia afin de lui ôter toute envie d'intervenir dans la présente conversation que j'ai avec Corvus.

Je reporte mon attention sur le Corbeau et voilà qu'à nouveau, un sourire carnassier vient étirer mes lèvres.

« Magnus a demandé en premier. » je répète une nouvelle fois. « Alors Lucia va le conduire à sa chambre et toi, tu vas attendre, comme tout le monde. Que tu sois l'un des meilleurs clients de mon maître ne change rien : premier arrivé, premier servi. »

Oh comme il doit me maudire mais pas plus que je ne le maudis moi pour ce qu'il m'a fait, pour ce qu'il a changé en moi et dont il est l'unique responsable. Je tends la main vers Magnus qui, en affichant un sourire victorieux à Corvus, vient finalement poser l'argent dans ma main. Argent que je viens glisser avec précaution dans ma bourse en cuir accrochée à ceinture.

« Merci. Je dirai à Kaeso que tu as fait ce qu'il fallait pour que je sois satisfait. »

J'accueille sa remarque avec un sourire aimable tandis qu'il s'en retourne vers Lucia. J'ose espérer qu'elle ne va pas faire de scandale et le regard que je lui lance en dit d'ailleurs long sur l'attitude que j'espère la voir adopter. Qu'elle ose ne serait-ce que protester et Kaeso en entendra parler, sœur de Niger ou pas. Quant à Corvus, en dehors de chercher querelle auprès de Magnus, il n'a aucune chance de remporter la partie. De toutes les façons, si jamais j'avais décidé d'accorder Lucia à Corvus, je ne doute pas que Magnus aurait été le premier à montrer les poings. En fait, l'espace d'un instant, je me demande si je n'aurais pas mieux fait de la refuser aux deux car je réalise soudainement que, peu importe le choix, la situation peut facilement dégénérer. Tout ça à cause d'elle.

Maudite.





©️ charney



Hrp:
 
Revenir en haut Aller en bas

avatar



₪ Arrivée à Pompéi : 10/06/2014
₪ Ecrits : 130
₪ Sesterces : 1
₪ Âge : 21
₪ Fonction & Métier : Louve au lupanar de Faustus


Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue quand on les poursuit.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Une louve ne devrait pas en avoir un.
Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~ Jeu 23 Avr - 10:15


~ Alterum non laedere ~

Je me serais bien passée de cette bourde ! Qu'est-ce que je peux être bête parfois ! Mais déjà je vois Corvus retrouver toute sa verve. Kerta ne peux rien lui refuser il est notre meilleur client et ce n'est pas Magnus avec les maigres sous qu'il arrive à mettre de côté pour me voir une fois de temps en temps qui va changer cela.
Corvus reprend donc la parole et je ne peux m'empêcher de le dévorer des yeux. Comme si ne pas l'avoir vu pendant ces quelques mois l'avait rendu tout d'un coup encore plus attirant qu'il ne l'était déjà. Il a ce petit air espiègle et cette façon de parler comme si tout ce qui sortaient de sa bouche étaient portés par une force divine.

Cela ne change rien, au contraire. La matrone l’a déjà dit, je suis le premier à l’avoir demandée.

Mais qu'est-ce qu'il lui prend. Il sait à quel point Corvus compte pour moi. Il est en train de tout gâcher il faut que je fasse quelque chose. Cependant je sais que Kerta n'a pas apprécié ma petite pirouette. Déjà qu'elle ne me porte pas dans son cœur je crains qu'elle me fasse vivre un enfer bien pire que celui que je vis déjà si j'insiste. Elle serait capable de faire en sorte qu'on m'arrache ma fille cette sale harpie. Je me borne donc cette fois à rester à ma place, c'est au tour de Corvus de jouer maintenant et je sais que je peux lui faire confiance pour couper l'herbe sous le pied de Kerta.

Peut-être, mais Kerta sait différencier un simple client du meilleur que compte Faustus. Et je ne saurais me faire voler Lucia le jour de son retour par un petit plébéien qui pense pouvoir se vider les bourses avec qui il veut simplement parce qu’il m’a devancé de quelques mètres. Et je ne parle pas que de celles que tu as à la ceinture…

Je vois le visage de Magnus peu à peu se décomposer. A vrai dire je m'en veux. Je l'aime beaucoup et j'ai quelque scrupule à lui faire du mal. Mais il sait à quoi s'attendre. Il sait tout de Corvus et de moi. Je ne comprend même pas pourquoi il réagit comme cela. Peut être qu'il m'aime.... Non il pleur encore ne pensant à sa femme qui l'a laissé pour un autre homme. Il ne peut pas avoir deviné qu'Aurelia est sa fille. Il ne l'a même pas encore vu. Non ce n'est pas ça. Il est simplement têtu voilà tout.

Et si la petite veut me faire goûter son vin, ma foi, j’adorerais lui faire ce plaisir…

La réponse de Kerta se fait attendre. Et je n'arrive pas à savoir si elle est sur le point de plier ou non. Son silence commence à réellement me faire peur. Je pense que c'est ce qui m’effraie d'ailleurs le plus chez elle. Elle ne parle jamais pour rien dire. Cela lui octroie une espèce de force ou d'aura. C'est aussi pour cela que Clea lui parle le moins possible. Sa façon se regarder Corvus aussi commence à me faire peur. Il y a quelque chose qui ne me plaît pas dans leur façon de se regarder tous les deux. Mais Corvus lui fait tout le temps ça et si ça peut nous permettre de passer notre nuit ensemble alors tant mieux.

Sauf que ce que veut la petite n'entre absolument pas en ligne de compte. Quand les gros poissons se battent, les crevettes doivent se tenir tranquilles !


Celle-ci je m'y attendais elle va vouloir montrer que son autorité n'a pas était mise à mal avant de plier forcément. Elle ne peux rien contre l'éloquence de mon Corbeau. Je m'attends déjà à savourer notre victoire dans quelque minute. J'ai hâte que nos corps ne forment plus qu'un à nouveau !

Magnus a demandé en premier. Alors Lucia va le conduire à sa chambre et toi, tu vas attendre, comme tout le monde. Que tu sois l'un des meilleurs clients de mon maître ne change rien : premier arrivé, premier servi.

Celle-là par contre je ne l'avait pas vu venir. J'ai l'impression qu'on me lance un coup de poignard dans le cœur. C'est impossible pas aujourd'hui pas pour notre premier jour. J'ai besoin de lui. Je lance à Corvus des regards qui disent « Ne m'abandonne pas. » sans réelle succès la sentence est tombée et tout est de la faute de Kerta. De quelle jalousie fait-elle preuve ici ! Je la déteste ! Le regard de Magnus au contraire s'illumine. C'est pas vrai comment peut-il me faire ça?!

Merci. Je dirai à Kaeso que tu as fait ce qu'il fallait pour que je sois satisfait.


Je regarde Magnus alors qu'il dit cela à Kerta et qu'elle lui sourit en guise de réponse. Quand il se retourne à nouveau vers moi j'espère que mon regard assassin lui fait comprendre à quel point je suis déçue.

Je décide néanmoins de ne rien montrer. Je prend Magnus par la main sans rien dire et sans un seul regard vers mon Corbeau. Je ne veux pas me mettre à pleurer devant elle pour ainsi lui montrer qu'elle a gagner. Non j'amène simplement Magnus dans ma chambre. J'ai laissé Aurelia avec une des vieilles prostitués qui ne travaillent plus et s'occupent d'entretenir le lupanar.

Arrivé dans la chambre Corvus s'allonge directement dans le lit comme il le fait à chaque fois, comme si aujourd'hui n'avait rien de différent. Il n'a même pas l'air de se sentir coupable de quoique ce soi.

Je suis content d'être avoir toi ce soir, Lucia. J'en avait vraiment besoin j'ai passé une rude journée. Tu m'as énormément manqués pendant ces quelques mois.

Je me retourne alors vers lui je ne lui cache plus mes larmes. Je veux au contraire qu'il les vois. Qu'il voit ce qu'il a fait.

Et bien pas moi Mangus ! Tu me déçoit beaucoup ! Pourquoi a-t-il fallu que tu insistes ! Tu sais à quel point j'aime Corvus ! Et je ne t'aimerai jamais autant que je l'aime ! D'ailleurs aujourd'hui je te déteste !

__________________________

Louve à jamais.


Césars:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur



Contenu sponsorisé



Message(#) Sujet: Re: [Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~

Revenir en haut Aller en bas
 

[Flashback] Alterum non lædere ~ KERTA, LUCIA, DECIMUS, CORVUS ~

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Tiens tiens tiens... Comme on se retrouve... {Flashback} [Ryuuku Gakuen]
» [RP Flashback] Entre Nymphomanie et Psychopathie...
» /!\ Grosse Quête ! Besoin de personnes [ FlashBack HRP ]
» Comtesse Anna-Lucia Giovanni
» RP flashback en 1623

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Auberge Fausta et Lupanar-