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 « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus

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Message(#) Sujet: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Dim 28 Sep - 15:05


 

 

Laelia & Ahenobarbus

725 AUC – Cinquième jour avant les Ides d’Avril


Certains jours au Temple de la Triade étaient des jours creux, et ce jour-là en faisait partie. Aulus n’avait pas de fête à préparer ni d’animal à égorger, il attendait simplement patiemment que quelque chose se passe. Ce n’était pas commun : il y avait la majeure partie du temps des dizaines de choses à faire, des événements à préparer, des dieux à remercier, des entrailles à déchiffrer, mais pas toujours. Quand il s’était levé ce matin-là, il savait qu’il n’aurait pas grand-chose à faire au Temple, à tel point que s’il était resté chez lui, le résultat aurait été le même. Mais il ne voulait pas décevoir le Flamine. Il s’était juré et avait juré aux dieux que tous les jours de l’année qui viendrait, il resterait fidèle à son supérieur, le priant silencieusement de l’excuser de ses absences parfois allongées, quand il était en voyage. Ce n’était pas l’heure de le décevoir, mais plutôt d’être là, constamment, même quand on n’avait pas besoin de lui. Aulus s’était alors levé avec le jour, on lui avait servi fruits et céréales, son esclave personnel lui avait rasé la barbe, et l’avait aidé à s’enrouler dans sa longue toge blanche. Pompéi encore endormie, le jeune patricien était sorti de la villa Sola pour se diriger vers ce Temple qui lui était aussi familier que chez lui. Il aimait son métier, il savait que c’était fait pour lui. Jamais il n’aurait pu être militaire comme ses frères ou son père, encore moins politicien, lui qui était si peu charismatique. Il avait rapidement su qu’il ne pourrait dédier sa vie qu’aux dieux et à sa famille, son métier était donc une vocation, une passion. Sans s’en rendre compte, il avait risqué de perdre sa place, de ruiner sa réputation, mais il s’était remis sur la voie de la rémission : pas de voyages toutes les trois semaines, pas de départs sans prévenir personne, pas d’arrivée la barbe proéminente. Il l’avait juré au Flamine : il ne le décevrait plus.

Aulus avait passé une partie de sa journée à donner des ordres ; il fallait bien s’occuper. Il avait envoyé les esclaves  lustrer le poil des animaux qu’on égorgerait bientôt, puis il leur avait demandé d’aller quérir un cheval noir pour le sacrifice à Jupiter qui aurait lieu bientôt. D’ordinaire, les Pompéiens donnaient volontairement leurs animaux, considérant comme un honneur de les voir offerts aux dieux. Néanmoins, si par malheur ils trouvaient un magnifique étalon dans la demeure d’un truand qui refusait de le leur donner, Aulus avait glissé quelques pièces d’or dans les mains de ses esclaves. Certains n’avaient en effet pas conscience de l’importance qu’avaient ces sacrifices, et il leur fallait quelques sesterces pour le leur rappeler. Aussi, il avait envoyé les victimaires nettoyer et blanchir leurs tuniques, chose qu’ils ne songeaient jamais faire par eux-mêmes.
Trop peu de personnes à son goût étaient passées pour donner des offrandes. C’était ses moments préférés lors de ces journées « creuses », parce qu’ils lui permettaient de voir des visages familiers, de parler et de sourire. Le patricien s’ennuyait, le temps passait avec une lenteur épuisante, il trépignait que quelqu’un débarque et anime un peu cette journée. Il était midi largement passé maintenant, il était assis sur un fauteuil, et lisait la lettre d’un ami romain qui lui racontait les nouvelles de la grande Cité. Apparemment, il ne s’y passait pas grand-chose par rapport aux dizaines d’événements qui avaient secoué Pompéi ces derniers mois. Alors qu’il terminait de lire les mots de son correspondant, les dieux semblèrent enfin enclins à répondre à ses prières. Quelqu’un rentrait dans le temple, et Aulus ne tarda pas à lever la tête vers le nouvel arrivant, qui était en réalité une nouvelle arrivante. Il n’eut aucun mal à la reconnaître ; c’était Licinia Cornelia Laelia, la sœur du nouvel édile de Pompei, Murena. Les deux patriciens s’étaient souvent croisés, au détour de fêtes et de banquets organisés par le gratin pompéien. De plus, les Caelii étant alliés aux Licinii, il était impossible qu’ils ne se soient jamais vus. Néanmoins, il fallait avouer qu’ils ne se connaissaient que peu. Ahenobarbus voyait en elle une femme impressionnante, imposante, devant laquelle on rougissait facilement. D’ailleurs, peu après l’avoir reconnue, il baissa de nouveau les yeux vers son parchemin. Ses frères se seraient moqués de lui s’ils l’avaient vu, mais heureusement, il n’y avait pas une chance de les croiser ici. Finalement, Aulus se leva de sa chaise, et finit par relever la tête vers la patricienne, les rires des jumeaux résonnant dans son crâne. Ils avaient raison, il n’y avait rien de très glorieux à ne pas oser regarder une femme dans les yeux.

Les pas de la patricienne résonnaient sur le marbre du temple tandis qu’Aulus s’approchait d’elle, sa toge glissant derrière lui, d’une démarche qu’il voulait assurée. Il était le maître de ces lieux en l’absence du Flamine, et devait adopter une stature adéquate. Alors qu’il était encore à une dizaine de mètres de Laelia, il lança de sa voix la plus sûre possible :

« Chère Laelia, que nous vaut cette visite ? Puis-je t’aider en quoi que ce soit ? »

Alors qu’il s’approchait encore de la patricienne, un doux sourire naquit sur son visage. Réellement intrigué et surtout ravi de voir sa journée égayée par la présence de Laelia, il n’eut aucun problème à lui proposer ses services. Arrivé à son niveau, il s’arrêta et baissa un instant son crâne vers le sol, en signe de respect. Licinia Cornelia Laelia n’était pas n’importe quelle patricienne, elle était de celles pour lesquelles on devait montrer son respect à toute occasion. Elle était la sœur de l’édile, une Licina, veuve du légat Cornelius. Définitivement, il était ravi qu’elle soit rentrée dans le Temple aujourd’hui ; il ne la connaissait que trop peu, et l’occasion qui se présentait à eux était en or. Autant profiter de la protection des dieux de la Triade pour ce premier vrai entretien ; tout ne pouvait se passer qu’au mieux.
 
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Message(#) Sujet: Re: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Sam 4 Oct - 18:40



    Laelia Licinia Cornelia n'était certes pas une vestale. Pour autant, la jeune femme était respectueuse des Dieux. Tout d'abord parce que le contraire aurait immédiatement eu pour conséquence de rejaillir sur sa famille et c'était là une possibilité que la jolie rousse n'aurait souhaité pour rien au monde. Désormais par deux fois veuve, Laelia savait qu'elle devrait peut-être compter encore longtemps sur le patronyme de son frère, Caïus Licinius Murena et en conséquence, elle ne souhaitait en aucune façon altérer l'image qu'il pouvait avoir d'elle; rester dans les bonnes grâces de Caïus lui semblait un bien meilleur calcul. Mais oublions toute logique tacticienne: Laelia a également une certaine piété, qui a été renforcée par le tremblement de terre qui a soigneusement évité de toucher les siens. Non, elle n'est pas dévote, mais un peu de prière ne peut pas nuire.

    Le temps de la Triade devait de fait, abriter les prières de la jolie Laelia. Elle avait choisi ce lieu avec un certain soin. En effet, il semblait arriver aux oreilles de la rouquine que les voeux de mariage étaient exaucés plus souvent qu'à leur tour dans cet endroit. Cela convenait fort bien à la jolie Laelia: en effet, celle-ci était désormais veuve depuis bien trop longtemps et n'hésiterait pas longtemps avant de poser son grappin sur l'un ou l'autre des patriciens correspondant aux voeux de son frère comme aux siens. Le mariage permettait de faire venir les alliés au sein de la famille … ou de surveiller les ennemis. Néanmoins, Laelia le savait, sa jeune nièce était bien plus en odeur de jeune mariée qu'elle-même. Nul doute que Murena voudrait d'abord fêter les épousailles de Domitia avant de s'occuper de celles de sa soeur.

    L'ironie du sort était très certainement que la jolie rousse avait bien plus hâte que sa nièce … de trouver chaussure à son pied. Laelia commençait à se sentir à l'étroit, dans son rôle de soeur de l'édile et aimerait prendre son envol, d'une manière ou d'une autre. Trouver le bon prétendant, toutefois, prenait plus de temps que Laelia ne l'aurait tout d'abord pensé. Elle patientait donc, tout en allant se recueillir dans le temps adéquat.

    Pénétrant dans le temps, le coeur plein d'espoir, Laelia ne fit guère attention à ceux qui l'entouraient. Elle venait ici pour confier une intention aux Dieux qu'elle n'avait aucune envie de dévoiler aux autres … Cette intention était la sienne et nul n'avait besoin d'avoir plus d'informations à ce sujet. Malheureusement, il semble qu'une terrible malédiction soit attachée à l'espèce humaine: dès que l'on souhaite cacher quelque chose, des événements divers et variés viennent nous barrer la route. Cela fut encore le cas ce jour-là. Vêtue d'une toge assez légère -le temps le permettait- Laelia s'avança donc, un léger sourire aux lèvres, accentuant le mystère qu'elle pouvait laisser flotter autour d'elle.

    Mais soudainement, Laelia fut interrompue dans ses pensées par une voix qu'elle ne devait pas entendre pour la première fois. En effet, relevant la tête, elle aperçut à quelques mètres d'elle, un jeune homme qu'elle avait déjà eu l'occasion d'observer de loin. Aulus Caelius Ahenobarbus lui faisait face et pendant une seconde Laelia se demanda si les Dieux venaient tout juste d'exaucer ses prières ou bien si il y avait une sacré coïncidence. Elle n'avait jamais envisagé cet homme comme un potentiel prétendant, mais cette rencontre était bien trop surprenante pour ne pas en tenir compte. Le détaillant d'un regard quelque peu inquisiteur, Laelia ne put s'empêcher de poser mille questions … et de se rendre compte de tout ce qu'elle ignorait sur ce jeune homme. “-Aulus, je suis ravie de te voir en ces lieux.” Un bref sourire, un petit mouvement des cils, Laelia commençait d'ores et déjà sa petite enquête sur ce jeune homme de bien bonne famille qu'elle avait déjà eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois, mais uniquement par petites touches. “-Je ne m'attendais certes pas à te voir par ici, mais cela fait des bonnes surprises de la vie.” Un petit rire, une flatterie légère … Ah, comme manipuler les hommes était un art!

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Message(#) Sujet: Re: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Lun 20 Oct - 16:25


 

 

Laelia & Ahenobarbus

725 AUC – Cinquième jour avant les Ides d’Avril


On pouvait dire qu’Aulus n’était pas exactement à l’aise en présence de la gente féminine. Pourtant, ce n’était pas faute d’essayer, ou d’en avoir rencontré. Il avait probablement croisé autant de femmes qu’il n’avait croisé d’hommes, et pas seulement à Pompéi mais aussi dans toutes les autres contrées qu’il avait visitées, et pourtant rien n’y faisait, il ne parvenait pas à se sentir complètement détendu en leur présence. Elles l’impressionnaient énormément, certainement les mettait-il sur un piédestal, il ne parvenait alors qu’à être extrêmement formel avec elles. Ses sœurs et sa mère étaient les seules à échapper à cela, mais même ses cousines le voyait en un garçon timide et mal à l’aise. C’est pourquoi, alors qu’Ahenobarbus s’avançait vers Laelia, il tentait de se persuader de se détendre. Son arrivée l’avait mis d’excellente humeur, quelle meilleure condition pour ne pas se ridiculiser en bafouillant entre chaque mot ? Dans ce temple, il était chez lui, raison de plus pour ne pas trembler. Il avait tenté une marche assurée, s’était arrêté devant la patricienne en espérant ne pas avoir trop rougi. Il nota en tout cas que la sœur de l’édile avait l’air extrêmement surprise de le croiser dans ce temple. Un sourire était né sur son visage gracieux, ce qui enchanta Aulus : au moins, elle ne semblait pas déçue de le voir lui, ici. C’est vrai, elle aurait pu tomber sur n’importe qui dans le Temple de la Triade Capitoline, sur des gens beaucoup plus intéressants que lui, ne serait-ce que le Flamine, par exemple. Aulus tendait à ne pas trop avoir confiance en lui, imaginez donc son soulagement quand il lut sur son visage un certain enchantement. Elle confirma l’impression qu’il eut quand elle fit, d’une voix douce :

« Aulus, je suis ravie de te voir en ces lieux. »

Cette fois, il rougit. Ce n’était certainement pas flagrant puisqu’il ne sentait pas non plus son visage brûler comme ça lui arrivait parfois, mais il était tellement pâle que la moindre émotion avait tendance à apparaître immédiatement sur son visage. Ses frères trouvaient d’ailleurs qu’on lisait très vite en lui, qu’on savait facilement ce qu’il pensait. Peut-être était-ce vrai, peut-être était-ce seulement qu’ils le connaissaient assez bien pour le comprendre, en tout cas, il fallait avouer qu’ils étaient assez doués pour provoquer exactement le sentiment qu’ils voulaient chez lui. Mais ici, il était seul dans l’arène. Pas de jumeaux pour le taquiner, le faire sortir de ses gonds, seulement la patricienne et lui. Il devait en profiter, éclairer sa journée de la présence de cette femme. Elle ajouta d’ailleurs :

« Je ne m'attendais certes pas à te voir par ici, mais cela fait des bonnes surprises de la vie. »

Cette fois, les yeux d’Aulus ne parvinrent plus à rester dans ceux de la jeune femme, ils valsèrent plutôt vers le sol. Il était extrêmement flatté qu’elle considère sa présence ici comme d’une bonne surprise, déjà qu’il était surprit qu’elle ne sache ne serait-ce que son nom. Apparemment, elle n’en savait pas assez sur lui pour être au courant qu’il n’était pas seulement dans le temple pour prier les dieux mais qu’il travaillait là, mais il ne pouvait pas retenir cela contre elle. Après quelques secondes d’hésitation, toujours rougissant, il finit par relever les yeux vers la patricienne. Il prit une inspiration, avant de répondre :

« Je te remercie, Laelia. Je suis aussi ravi de voir ici, c’est étonnamment la première fois que nous nous croisons entre ces murs alors que pourtant c’est dans ce temple que je travaille ! J’avoue que c’est de ma faute, je n’ai pas été ici très souvent ces derniers temps, avec mon dernier voyage en Gaule, tout ça. Mais enfin, je parle trop… »

De nouveau, Aulus baissa les yeux vers ses spartiates. C’était certainement la nervosité qui créait chez lui cet effet moulin à paroles. Il espérait qu’elle ne remarque pas son – flagrant – stress, il redressa alors le crâne, son habituel doux sourire accroché aux lèvres. Ses mains étaient moites, mais ses joues n’étaient pas trop rouges, simplement colorées, et il valait mieux ça qu’une horrible lividité, n’est-ce pas ? C’était un excellent exercice, soit dit en passant, que cette discussion avec la patricienne. Il avait vingt-cinq ans, il était temps de savoir se comporter auprès de cette fameuse gente féminine, et se comporter n’impliquait pas fondre littéralement à peine elles ouvraient la bouche ! Non, non, c’était un adulte, un futur flamine – ou du moins l’espérait-il, un grand voyageur, un patricien, par tous les dieux !
 
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Dernière édition par Aulus Caelius Ahenobarbus le Sam 15 Nov - 14:45, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Jeu 30 Oct - 20:50



    Toujours à l'affût de la moindre occasion de changer sa situation, Licinia Cornelia Laelia ne serait pas passée à côté d'une occasion en or de changer le cours de sa vie. Serait-ce Ahenobarbus qui lui prodiguerait ce changement ? Rien n'était moins sûr. Mais en attendant, avancer ses pions était rarement inutile et Laelia devait bien avouer qu'elle ne se faisait pas prier pour taper à toutes les portes. D'une part car l'espoir n'était jamais une mauvaise chose. D'autre part car elle savait que toute relation pouvait un jour se révéler primordiale alors que la veille encore, elle semblait absolument vaine. Le temps des hommes n'est pas celui des Dieux et Laelia avait eu des nombreuses occasions de s'en rendre compte. La dernière en date était très certainement le retour à Pompeii en fanfare de sa famille. Murena avait su attendre son heure et son jour, mais il avait finalement trouvé sa place. Les dernières élections le montraient bien, de fait. Les Licinii étaient de retour et il faudrait compter sur eux.

    D'ailleurs, le jeune homme qui faisait face à Licinia Cornelia Laelia devait tout à fait savoir ce qu'il en était. En la voyant, Laelia eut l'impression qu'il avait eu comme un mouvement de recul, presque de crainte: était-ce la timidité qui le faisait agir ainsi ? La jeune femme en eut bientôt la preuve, en le voyant rougir comme une pivoine alors qu'elle lui adressait de manière fort libérale, la parole. Souriante, elle se contenta d'un léger rictus des lèvres et d'un battement de cils pour relever cette rougeur fort malvenue. Amusée, de fait, la jeune femme ne lui reprocherait pas de se sentir faible devant elle. Au contraire, c'était tout au bénéfice de Laelia, que de faire cette impression. Si peu était que ce jeune homme était impressionnable, il serait une proie facile pour notre rousse à la main leste.

    Le regard du jeune homme changea alors brusquement de direction et Laelia comprit qu'elle l'avait intimidé, pour de bon. Dommage, elle ne souhaitait pas réellement avoir ce résultat, mais plutôt que le jeune homme soit ébahie devant elle, comme si elle représentait la déesse du temple et non une simple mortelle. Visiblement, cette technique n'était pas encore tout à fait au point et elle devrait donc la travailler afin de devenir irrésistible.

    Enfin, il la regarda à nouveau et lui répondit avec gentillesse, racontant plus ou moins ce qu'il avait à dire, en vrac, sans véritable ordre défini. Il lui apprit diverses choses toutes très utiles pour ce que Laelia avait en tête. Ainsi, il travaillait ici, se préparant à devenir flamine. En voilà une position qui méritait un brin d'intérêt. Et il était allé en Gaule ! Fort bienvenu également, il devait y avoir des contacts intéressants que Laelia se ferait un plaisir d'exploiter, si il lui en donnait ne serait-ce que l'occasion. Mais avant de penser à aller plus loin, la jeune femme devait tout d'abord lui faire comprendre qu'il n'avait rien à craindre d'elle … tant qu'il agissait comme elle le voulait. “-Ainsi tu as voyagé jusqu'en Gaule ? Il faudra absolument m'en dire plus … Mais où pourrions-nous aller pour en discuter plus amplement ?” La jeune femme estimait qu'il connaissait les lieux mieux qu'elle et qu'il saurait donc la guider. “-Tu as l'air d'avoir déjà d'importantes responsabilités, n'est-ce-pas ?” Laelia ou comment mettre les pieds dans le plat dès le départ. Elle posa une main qui se voulait douce sur le bras du jeune homme, l'invitant ainsi à la guider et à lui parler plus longuement de ce qu'il faisait.

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Message(#) Sujet: Re: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Sam 15 Nov - 16:19


 

 

Laelia & Ahenobarbus

725 AUC – Cinquième jour avant les Ides d’Avril

Les voix de Laelia et d’Ahenobarbus résonnaient dans le temple de la Triade Capitoline. Les dieux ne devaient néanmoins pas être mécontents de les voir ensemble : deux citoyens romains de bonne famille, quelle meilleure alliance ? Issu du même clan politique, en plus, c’était le genre de chose qui plaisait à tout le monde, n’est-ce pas ? Aulus ne se rendait pas vraiment compte de cela. Sûrement trop naïf, il se voyait simplement parler avec une patricienne, et n’avait aucune arrière-pensée quant à cette discussion. Néanmoins, plus les minutes s’écoulaient en compagnie de la sœur de l’édile, plus il tendait à remarquer son comportement qui n’était pas tout à fait naturel. Peut-être que d’ici à la fin de leur entretien, il aurait compris qu’elle tentait de l’aguicher ; mais n’en mettons pas notre main à couper, rien n’est moins sûr.
En tout cas, avait le temps qui passait il retrouvait un peu de sa prestance ; son visage n’était plus cramoisies, et si ses mains étaient toujours moites, elles ne tremblaient plus. Parler de ses passions, son travail et ses voyages, lui donnait une certaine confiance en lui. Il était heureux de voir qu’il ne l’ennuyait pas, puisqu’elle lui demandait de lui en dire plus. Les yeux d’Aulus brillaient alors qu’elle lui proposait de trouver un endroit calme où il pourrait lui raconter ses aventures en Gaule. Il lui répondit, sûr de lui :

« Viens, je sais où nous pouvons nous asseoir. »

Le Temple ne disposait pas de cour intérieure ; il fallait alors forcément sortir pour avoir un peu de lumière, et donc se lancer dans une discussion agréable. Néanmoins, sortir par la porte principale n’était pas la meilleure idée ; en effet, elle donnait directement sur le forum, qui à cette heure-ci de la journée devait gargouiller de monde. Depuis l’intérieur du temple, ils entendaient d’ailleurs le bruit qui émanait de cette grande place, et ça ne donnait pas très envie à Aulus, qui n’aimait vraiment le monde et la foule, leur préférant largement la solitude. Il se retourna alors vers la porte arrière du temple ; peu de gens la connaissait, pourtant elle était souvent fort utile. Ils passèrent devant les magnifiques fresques représentant les dieux sous leurs plus beaux atours qu’Ahenobarbus ne pouvait s’empêcher d’admirer à chaque fois qu’il passait devant. C’était un travail de maître, mais rien n’était trop beau pour les dieux. Alors qu’ils se dirigeaient ensemble vers le fond du temple, où la lumière se faisait de plus en plus rare, la jeune patricienne demanda :

« Tu as l'air d'avoir déjà d'importantes responsabilités, n'est-ce-pas ? »

Aulus leva un peu la poitrine, gonflé par un peu d’orgueil que la patricienne semblait vouloir lui offrir. Un sourire cette fois plus fier au visage, il ouvrit la porte arrière du temple, qui donnait sur une rue plus calme, pavée de grosses dalles noires lustrées par le passage des hommes. Le soleil était haut dans le ciel, et Aulus fut ébloui durant quelques secondes. Il venait de passer des heures dans un endroit fort sombre, le soleil agressait alors ses iris vert d’eau. Néanmoins, il n’y avait rien de plus agréable que de sentir le soleil sur sa peau, à son sens. Contre le temple s’étalait un carré d’herbe verte dans laquelle poussaient quelques fleurs printanières, qui s’avançait jusqu’à l’allée pavée. Un banc en pierre était adossé à un mur ; apparemment, quelques amoureux s’étaient déjà assis sur ce banc, et avaient gravé dans la pierre leurs cognomen entrelacés. Indiquant de la main cet endroit tranquille, il répondit à Laelia :

« La vie religieuse de Pompéi est très animée, il faut dire, alors en effet, on a souvent besoin de moi. Je ne m’ennuie jamais, ici. »

Ce n’était pas tout à fait vrai, ça lui arrivait souvent de s’ennuyer. Mais quand il était occupé, son travail était plutôt intense, il devait consacrer tout son temps au Flamine, et donc aux dieux. Ça lui arrivait de ne pas dormir, de revenir chez lui recouvert de sang d’animal, ce qui avait tendance à inquiéter sa mère, simplement pour se changer avant de repartir de nouveau pour mettre sa vie au service des dieux. Bien sûr, sa dévotion était incomparable à celle des Vestales, qui vouaient chaque minute de leur vie à la déesse Vesta, de même qu’à celle de son maître le Flamine ; néanmoins, ça allait de manière croissante ; plus il avançait dans sa carrière, plus il avait de responsabilités, plus il devait passer d’heures auprès des dieux.
Les deux patriciens s’avançaient vers le banc, et Aulus laissa la femme s’assoir avant lui. Puis, une fois que tous les deux furent installés, il ajouta :

« Mais je m’ennuie encore moins quand je voyage. Je suis allé deux fois en Gaule, je suis aussi allé en Grèce, et je rêve de visiter Carthage. Et puis bien sûr, j’ai vu Rome, Naples, Ostie … Tu ne peux pas savoir combien l’Empire Romain est riche, Laelia. Nous pouvons remercier les dieux, et nos armées, bien sûr. »

Il avait levé les yeux vers le ciel, et ferma quelques instants ses paupières, laissant le soleil réchauffer sa peau. Puis, retournant le visage vers la jeune femme, il ajouta :

« Tu as voyagé, déjà, Laelia ? Je crois savoir que tu as vécu quelques années à Rome ? N’est-ce pas une ville magnifique ? »
 
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Message(#) Sujet: Re: « Aut amat aut odit mulier, nil est tertium » || Laelia&Ahenobarbus Mar 9 Déc - 19:30



    La patricienne, veuve par deux fois, s'amusait tout à fait. Certes, Licinia Cornelia Laelia savait qu'elle n'aurait pas du prendre tant de plaisir à provoquer un homme tel que Ahenobarbus ou même n'importe quel homme, de fait, dans l'antre des dieux. Pourtant, cette situation remplissait la demoiselle d'une légereté qu'elle ne s'expliquait pas elle-même. Pourquoi était-ce si amusant de séduire sous les yeux des Dieux alors qu'elle savait pourtant que cela la condamnait à être une femme superficielle ? Laelia avait plusieurs raisons en tête, mais elle n'était pas certaine qu'aucune de celles-ci ne représentent la réalité. En vérité, elle aimait peut-être tout simplement le sentiment du scandale qui grandissait à elle.

    Elle avait réussi à mener la conversation là où elle le voulait, à savoir, vers une situation tout à fait agréable de son point de vue: une discussion un peu isolée, rien que tous les deux, où elle aurait l'occasion de le prendre dans ses filets. La jeune femme ne savait pas encore qui il était exactement et elle espérait qu'il se dévoilerait assez rapidement. Avec grâce et sourire, Laelia accepta donc ce qu'on lui proposait et suivit Ahenobarbus là où ils pourraient se retrouver tous les deux. Le jeune homme avait soudainement l'air plus sûr de lui et cela plut à Laelia: elle avait visiblement réussi à éteindre son anxieté face à elle et tout ce qu'elle pouvait représenter.

    Le patricien semblait se diriger vers le fond du temple et la jeune veuve fit de son mieux pour rester à sa hauteur tandis qu'ils avançaient par là. Elle ne s'était pas trompée en pensant qu'il pourrait y avoir derrière cette façade un peu lisse, quelqu'un d'intéressant. Il avait immédiatement saisi qu'il ne fallait pas passer par la grande porte, afin d'avoir un peu de tranquillité. Soudainement, tandis qu'ils avançaient discrétement, Licinia Cornelia se demanda si cet homme pouvait aussi avoir des intentions détournées. Après tout … Il ne fallait pas se fier aux apparences, elle était bien placée pour le savoir.

    La question qu'elle posa par la suite donna au jeune homme l'occasion de se rengorger, ce qui rassura Laelia: elle avait plus ou moins compris son fonctionnement. Il n'avait besoin que de peu d'encouragements pour s'épanouir face à elle. La jeune femme savait comment agir dans ce genre de situations, de sorte que Ahenobarbus puisse se sentir à l'aise, en confiance, sûr de lui. Ce serait son plaisir à elle que le de voir prendre de l'assurance. D'autant plus qu'elle savait qu'elle en récolterait les fruits. Quel homme n'aimait pas qu'on l'amène à se prendre pour quelqu'un de plus fort, jour après jour ? La sensation qu'elle lui donnerait pourrait le mettre à ses pieds, elle le savait.

    Bientôt arrivés près d'un banc, Laelia s'y assit ainsi que semblait lui proposer le jeune homme. Une fois assise, elle tourna son regard clair vers Ahenobarbus, prête à lui donner l'impression de boire ses paroles. Toutefois, Laelia savait aussi qu'elle apprécierait sincèrement ce qu'elle allait entendre. Et ce notamment car sa curiosité était réelle. L'empire romain était si grand … Et Aheno en connaissait une partie. “-Oh, la Grèce … Fais moi rêver!” Elle semblait avoir des étoiles dans les yeux, tandis qu'elle lui demandait de rajouter des détails.

    Mais le jeune homme espérait aussi en savoir plus sur Rome et Laelia ne se fit pas prier du tout. “-Oui, j'ai vécu à Rome de longues années, avec deux époux.” Dis comme cela, elle donnait l'impression d'avoir vécu avec deux hommes. “-Je veux dire avec l'un puis l'autre, bien entendu.” Ses années à Rome avaient été de belles années où elle avait pu s'épanouir, mais elle était aussi arrivée là-bas suite à la décadence familiale ce qui n'était pas très agréable. “-C'est une ville magnifique, vivante, chaleureuse … Mais Pompeii me plaît plus encore, peut-être car c'est la Terre de mes ancêtres.”

    Désireuse de ne pas s'attarder plus longtemps sur elle-même, la jeune femme relança la conversation. “-Tu as l'air de ne pas apprécier l'ennui, Ahenobarbus. Comptes-tu bientôt repartir en voyage, vers Carthage dont tu me parlais plus tôt ? Ou alors veux-tu t'installer à Pompei ?” Le mettre au centre de la conversation lui semblait nécessaire, afin de mieux le cerner; mais elle ignorait encore pour le moment si lui accepterait de rentrer dans ce jeu.



HJ: désolée du retard, vraiment! Relance moyenne, si tu n'aimes pas, envoie moi un mp pour qu'on discute de la suite ... Wink
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