"No life without you" {Milo}



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Jeu 28 Aoû - 19:32
"No life without you" {Milo}   




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No life without you.



Nerveuse ? Moi ? Jamais. Ce n’était pas dans mes habitudes d’être nerveuse sauf peut-être lorsque j’étais en compagnie d’une certaine personne, d’un certain homme pour être plus exacte. Là encore, quand cela m’arrivait, je portais mon masque de froideur habituel pour ne rien laisser paraître. Pas nerveuse donc, pas le moins du monde. Sauf aujourd’hui. Sauf maintenant. Je l’étais pour la bonne et simple raison que j’étais sur le point de rejoindre Milo devant l’auberge avant de l’accompagner au marché. Il était prévu qu’il y fasse quelques achats : nous avions besoin de plantes médicinales car une louve était malade et son état ne s’était guère amélioré avec simplement du repos et de meilleurs repas. Kaeso avait donc fini par accepter le fait qu’il fallait dépenser un peu plus d’argent de façon à pouvoir guérir la louve qui, lorsqu’elle était en forme, représentait une rentrée d’argent pour Kaeso, quand bien même il avait toujours un peu de mal à admettre que le lupanar lui rapportait quoi que ce soit. Les affaires allaient d’ailleurs de mieux en mieux ce qui était bon pour mon moral ainsi et surtout pour celui des filles qui étaient rassurées : quand il y avait des clients, le risque de perdre leur place diminuait tout comme à l’inverse, lorsque les clients se faisaient plus rares, la crainte d’être revendue faisait son apparition. Bon nombre d’entre elles avaient eu cette crainte pendant un moment mais enfin, le lupanar commençait à sortir la tête hors de l’eau. Quoi qu’il en soit, il était nécessaire que cette louve soit soignée correctement et elle avait donc besoin de certaines plantes.

C’était là que Milo entrait en jeu et c’était pour ça que j’étais nerveuse.

Depuis qu’il était arrivé, je ne pouvais nier être souvent mal à l’aise. J’avais tant essayé de le garder éloigné de tout ceci, de celle que j’étais mais maintenant, parce que j’avais eu peur de le perdre, parce que j’avais refusé l’idée qu’il soit envoyé loin de moi en risquant de ne plus le revoir, il me voyait tous les jours, il me voyait travailler, il me voyait gérer les filles… Il me voyait en fait telle qu’il ne m’avait jamais vue et plus les jours passaient, et plus je craignais que cela ne ternisse trop l’image qu’il avait pu avoir de moi auparavant : j’avais très clairement peur de perdre mon fils. Oh, il pouvait être là physiquement mais me rejeter, tout simplement et il n’était pas impossible que cela arrive. J’avais aperçu certains de ses regards, sans doute quand il pensait que je ne regardais pas et j’y avais entrevu un voile qui m’avait fait mal au cœur et, finalement, nous n’avions pas passé de temps en tête à tête lui et moi depuis son arrivée chez les Ausonii. Il avait été occupé, très occupé, tout comme moi. Moi, j’étais occupée à faire ce que j’avais toujours fait et lui, il était occupé à apprendre les habitudes de la maison. D’ailleurs, je voyais d’un très mauvais œil la relation qu’il entretenait avec Niger. Je ne l’aimais pas, ce n’était un secret pour personne, je n’aimais pas sa fourberie et le voir autant avec Milo, imaginer tout ce qu’il allait lui apprendre… Cela me rendait folle de rage mais je devais cependant me rendre à l’évidence : Milo ne pouvait pas y échapper. Il ne pouvait pas travailler chez les Ausonii et rester le même jeune homme qu’il avait toujours été et j’allais en être la responsable. Souvent, quand je voyais Niger parler avec Milo, je m’en voulais d’avoir été autant égoïste : peut-être aurais-je dû le laisser partir pour qu’il échappe à tout ceci…

Je secouai la tête en soupirant avant d’arranger une dernière fois ma toilette : il était inutile que je remue sans cesse dans mon esprit ce que j’aurais pu et dû faire : il était là maintenant et, malgré cette peur qu’il ne se perde et que je le perde également, je ne pouvais cacher mon bonheur de pouvoir le voir tous les jours tant sa présence m’avait manqué au quotidien durant toutes ces années. A présent, j’avais le loisir de le voir, de lui parler et oui, j’en étais heureuse. Il s’agissait donc d’émotions très contradictoires qui s’entrechoquaient dans mon cœur mais je devais faire face et surtout, je devais garder mon masque. Pas forcément devant Milo mais devant tous les autres. Ainsi, lorsque je quittai ma chambre et descendis les escaliers, mon visage était comme à l’accoutumée fermé et froid. J’étais nerveuse à l’idée de me retrouver seule avec Milo, heureuse à l’idée de me retrouver seule avec Milo mais quand on me regardait, on avait simplement l’impression que c’était un jour comme un autre pour la matrone du lupanar. Lorsque je mis un pied dehors, je vis rapidement la silhouette de Milo qui ne se trouvait qu’à quelques mètres de là. Le masque. Je devais garder le masque. Lorsque nous serions seuls au marché, je pourrais sans doute me laisser aller à plus de libertés, je pourrais sans doute laisser ce masque se fissurer mais là, devant l’auberge, je ne pouvais rien laisser paraître.

Ainsi, lorsque je m’avançai vers lui, je me contentai d’afficher un maigre sourire, mes traits toujours crispés, mon visage toujours fermé : trop pour mon fils sans aucun doute mais je n’avais guère d’autre choix.

« Bonjour Milo. » dis-je de cette voix beaucoup trop neutre lorsque j’arrivai à sa hauteur.

J’étais calme et distante en apparence mais à l’intérieur, mon cœur était gonflé de bonheur et battait à tout rompre juste parce que Milo se tenait juste devant moi. Comme j’aurais voulu pouvoir le dévorer des yeux, encore et encore, mais ça non plus je ne pouvais pas me le permettre : pas ici. C’est pour cela que mon regard se fit tout aussi neutre que ma voix.

« As-tu noté tout ce dont tu avais besoin ? Nous pouvons y aller ? »

Par tous les Dieux, que je maudissais cette façon de lui parler, ces mots employés… Comme je maudissais la façon dont je me tenais, droite, les mains croisées, juste en face de lui alors qu’en réalité, je n’avais qu’une seule envie : m’approcher de lui et le prendre dans mes bras. C’était dans ce genre de moments que je me surprenais à regretter mon titre de Reine des louves : une louve, une simple louve aurait pu enlacer son fils sans se soucier du regard des autres mais la Reine, elle, devait se montrer prudente pour éviter de finir en charpie sous les crocs des autres.

Cruel. Très cruel. En particulier en cet instant.




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Lun 1 Sep - 0:43
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Milo faisait les cent pas devant l'auberge et triturait sans cesse le bout de papier entre ses doigts. Il était clairement impatient et extrêmement nerveux. Cependant, voilà deux sentiments qui ne lui étaient pas étrangers en ce jour si particulier - car s'en était une ! Deux sentiments qui étaient devenus ses compagnons depuis qu'il avait quitté sa mère lorsqu'il avait quatre ans, deux sentiments qui annonçaient sans cesse sa rencontre future avec sa génitrice. Certes, peut-être était-il à ses côtés maintenant mais elle avait tant "d'obligations" et lui même tant à faire que l'un comme l'autre avait à peine le temps de se voir. Leurs regards se rencontraient de temps en temps, ils s'échangeaient quelques paroles mais toujours brièvement et superficiellement. Ce n'était pas suffisant pour Milo. Il voulait à nouveau entendre la voix chaleureuse de sa mère, la serrer fortement dans ses bras, inspirer à plein poumon l'odeur maternelle, voir ses traits aimants ... Il voulait cette femme, pas celle qui s'avançait vers lui à cet instant et qui lui parlait comme s'ils n'étaient que deux connaissances.

Il n'aimait pas la femme qui lui faisait face à cet instant. Kerta pouvait voir à quel point il était déçu de l'accueil, à quel point il était frustré d'être traité comme un esclave parmi tant d'autre par celle qu'il adorait et adulait et surtout à quel point il était triste de cette nouvelle existence. Comment accepter de faire ce que son mentor lui avait toujours interdit ? Comment rester neutre quand on parlait de "louves" dans l'auberge ? Comment être heureux quand celle qu'il aimait par dessus tout semblait l'ignorer des plus belles au quotidien ?

- Bonjour. Oui, se contenta-t-il de répondre en tendant le bout de papier froissait. Je ne me rappelle pas de tout pour l'instant mais je m'en souviendrai en passant d'une échoppe à l'autre.

Il n'avait pas une mémoire visuelle et orale des plus vives. Cependant, il lui suffirait de sentir ou de gouter à quelques plantes ou poudres pour immédiatement se rappeler qu'il faut tels produits en tels quantités. Par la suite, il n'aura plus besoin de tout cela : il connaîtra les habitudes de chacun, les maladies qui sévissaient habituellement l'auberge et le lupanar et dès lors, il saura quoi acheter à chaque source. Il saura prévoir les aliments et produits en quantités suffisantes. Ce n'était qu'une question de temps.

- Je ... Nous pouvons y aller.

Il ne savait pas s'il pouvait la serrer dans ses bras ou non. En temps ordinaire, c'était elle qui prenait cette initiative. Mais ce n'était plus un temps ordinaire. Cette insouciante période était maintenant une époque révolue. Dorénavant, il devait garder son amour et la montrer à d'autres occasions, dans d'autres lieux. Il allait devoir attendre, encore. Mais il attendra ce signe ou ce mot de sa génitrice. Il attendra toujours pour elle. Elle était sa seule famille, la seule à l'avoir réellement aimé. Elle était également la seule en qui il pouvait avoir confiance à Pompei, et plus particulièrement dans cette auberge.

- J'ai entendu que quelqu'un était malade ... ne vous en approchez pas. Je ne veux pas que vous soyez malade aussi, commença-t-il tout en suivant sa mère vers le forum.

Il pouvait être de temps à autre boudeur mais cela ne durait guère. Son altruisme et son empathie envers autrui piétinaient rapidement ce mauvais trait de caractère pour à nouveau adoucir les traits de visage du jeune homme ainsi que sa voix. A défaut de ne pas pouvoir montrer son amour par des gestes, il le montrera avec ses paroles.

Et puis il se tut soudainement. Ils étaient arrivés au forum. Si la vision pouvait être "banale" pour Kerta, elle ne l'était pas du tout pour le jeune Milo. Il y avait bien trop de monde, bien trop de choses ... Avait-il peur ? Pas vraiment. Il avait déjà vu un tel spectacle par le passé lorsqu'il accompagnait son dominus et l'esclave-medicus et il avait même fait partie de la foule dans les arènes. Etouffait-il ? Peut-être bien. Il avait peut-être vu quelque fois de tels rassemblements, mais rarement il avait eu à la subir au quotidien. L'auberge, les marchés ... tout n'était que foule, attente ou cri. Pompei était à la fois trop grand, et trop étroit pour le jeune Milo.

Pompei le fatiguait.

- Par où commençons-nous ? Ou plutôt, comment se frayer un chemin ?

Se frayer un chemin ne devait être compliqué pour Milo qui avait tout de même une certaine stature et une certaine taille - dû à ses nombreuses heures d'escalades, de course et de balades lors de chasse aux plantes -. Cependant, il n'aurait pas idée de bousculer violemment. En campagne, il n'avait jamais eu un tel problème. Avancer en se faisant écraser partiellement, voilà ce qu'il imaginait. Par contre il ne pouvait pas le faire ! Il y avait sa mère avec et il était hors de question que qui ce soit la touche ou la blesse. Il allait frayer un chemin pour elle ou la laisser se reposer quelque part.

- Je ... Je saurais me débrouiller mère. Asseyez-vous quelque part.

Se débrouiller ? Il n'allait pas pouvoir le faire. Le petit homme ne savait pas encore l'art de la négociation.
Mer 17 Sep - 19:14
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Il m'était plus difficile que je l'avais pensé de me tenir droite face à mon fils sans pouvoir m'approcher davantage de lui, sans pouvoir lui montrer ne serait-ce que l'once d'un sentiment maternel à son égard. Pourtant, je l'aimais Milo, je l'aimais de tout mon cœur, de tout mon être, de cet amour maternel qui vous étreignait au point de pouvoir vous faire mal. Malheureusement, en cet instant, je n'étais jamais que la Reine des louves, celle qui ne laissait rien paraître, celle qui ne ressentait rien en fait. J'aurais préféré que Milo n'ait pas à côtoyer cette femme-là mais en décidant de le ramener auprès de moi j'avais su que ça allait être inévitable et j'avais pris le risque : allais-je en perdre mon fils, mon enfant ? Allait-il se détourner de moi parce que cette femme que j'étais ne lui inspirerait rien d'autre que du mépris ? Je priais les Dieux pour qu'il en soit tout autrement. Milo me répondit avec la même froideur que j'avais moi-même utilisée avant de me tendre un bout de papier froissé dont je me saisis sans attendre. J'observai la liste avec attention tandis que Milo m'expliquait qu'il ne se souvenait pas de tout mais qu'il s'en souviendrait lorsque nous irions d'une échoppe à l'autre. Je hochai la tête, arborant toujours cette distance et cette froideur toutes deux terriblement cruelles. Milo ajouta alors d'une voix quelque peu hésitante que nous pouvions y aller.

« Parfait. » me contentai-je de dire avant que nous nous mettions en route.

Milo m'emboîta le pas et bientôt, il fut à ma hauteur, marchant à la vitesse que je lui imposais. Je restai silencieuse en m'éloignant du Lupanar, préférant pour le moment ne pas entamer la moindre conversation : trop d'oreilles indiscrètes pouvaient traîner dans les parages. Je souhaitais attendre que nous soyons vraiment éloignés de ceux qui nous entouraient au quotidien. Ce fut cependant Milo qui brisa le silence alors que nous nous avancions au milieu des passants et je tournai mon visage vers lui en haussant un sourcil, quelque peu surprise de l'entendre prononcer de telles paroles : venait-il de m'intimer de ne pas m'approcher de la louve qui était malade parce qu'il ne voulait pas que je tombe malade moi aussi ? Oui, il venait véritablement de faire cela. Je l'observai un moment avant de reporter mon regard droit devant moi, pinçant quelques peu les lèvres pour m'empêcher d'arborer le sourire qui menaçait d'apparaître sur mes lèvres. J'avais un fils merveilleux... Je lui avais parlé avec une froideur monstrueuse, l'avait traité comme un vulgaire esclave et pourtant, il s'inquiétait pour moi. C'était là une attention qui me touchait énormément, une attention à laquelle je n'étais pas habituée car son inquiétude était sincère et venait du cœur. Kaeso aurait pu s'inquiéter si j'étais tombée malade mais ça aurait été sa bourse qui lui aurait inspiré cette inquiétude alors que Milo, lui, il refusait l'idée que sa mère tombe malade, tout simplement. Je restai silencieuse, savourant intérieurement la gentillesse et la tendresse dont me gratifiait Milo quand nous arrivâmes enfin au forum. La foule se dressait devant nous mais je la voyais sans la voir, encore trop absorbée par les mots de mon fils. Ce fut sa voix qui me sortit des mes pensées agréables : par où commencer et comment se frayer un chemin ? Cela allait nous être facile : après tout, j'avais l'habitude. Cependant, mon enfant semblait l'entendre d'une autre oreille puisqu'il m'annonça qu'il allait savoir se débrouiller et que je pouvais donc m'asseoir quelque part.

Je glissai mon regard sur lui, l'observai un instant avant qu'enfin, ce sourire que j'avais tant retenu ne vienne étirer mes lèvres. Un sourire sincère comme ceux auxquels je l'avais habitué lorsque nous nous étions vu chez son ancien Dominus.

« C'est très gentil à toi de vouloir me préserver mais j'ai l'habitude de venir ici Milo. » lui dis-je d'une voix qui se voulut bien plus douce que celle que j'avais pu adopter devant le lupanar. Je poursuivis. « Tu sais, je ne suis pas venue avec toi pour aller m'asseoir et te regarder te débrouiller au milieu de cette foule à laquelle tu n'es pas accoutumé. Je suis venue pour t'aider. » Mais encore ? Je n'étais pas venue que pour l'aider et maintenant que nous étions assez éloignés du lupanar, je pouvais bien lui parler sincèrement. Je posai ma main sur son épaule : premier geste tendre depuis qu'il était venu vivre à l'auberge. « Et je suis aussi venue pour pouvoir passer du temps seule avec toi. Comment pourrais-je faire cela si je restais en retrait ? » Mes doigts se resserrent un peu autour de l'épaule de mon fils avant que je ne retire ma main. Je fis un pas en avant et lui désignai la foule d'un geste ample de la main. « Tu vas t'y habituer mais tant que tu auras besoin de moi, je viendrai avec toi. » Et ce n'était pas une promesse en l'air, je pourrais venir avec lui, je savais que Kaeso ne s'y opposerait pas tant que cela lui permettait d'éviter de perdre de l'argent et me permettre d'aller avec Milo c'était permettre des négociations pour les prix des marchandises, donc... « Tu vas rester prêt de moi. Tu n'auras pas besoin de bousculer les gens quand tu auras appris à te faufiler au milieu d'eux. » lui expliquai-je en espérant le rassurer un peu parce qu'il avait quand même une mine quelque peu inquiète. « Es-tu prêt ? »

Je préférais lui poser la question plutôt que de le forcer à se mélanger à la foule. S'il avait besoin de quelques instants nous allions les prendre. J'avais enfin cessé d'être la Reine des louves : j'étais redevenue la mère. Sa mère.




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Ven 26 Sep - 20:49
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Elle lui avait souri.

Aussitôt le visage du jeune homme s'éclaira et toute amertume et déception disparut de ses traits ou de son regard. Il avait retrouvé ses traits de simplet joyeux, son regard admiratif devant la beauté de Kerta ainsi que son énergie maladroit. Il n'était guère difficile à rendre heureux, un rien lui suffisait et surtout si ce rien était le sourire de sa tendre mère.

Son sourire, voilà un de ses précieux remèdes qui l'aidait à supporter la distance ou encore les différentes épreuves de la vie - car être esclave était une vraie épreuve en soi -. C'était aussi l'une des rares choses qui le rendait égoïste, c'est-à-dire qu'il refusait qu'un autre que lui y a droit aussi. Il voulait être l'unique destinataire de ce petit croissant sur les lèvres de la belle femme, l'unique personne qui réussissait à lui donner ce sourire. Il n'était guère avare et égoïste mais quand il était question de sa mère, il était très pointilleux et très possessif ... définitivement, Kerta était la seule à lui rappeler qu'il était humain et non un simple objet au service d'autrui.

Et puis elle prolongea cet instant de félicité en posant une main sur son épaule. Autrefois il aurait trouvé ce geste bien insuffisant mais aujourd'hui, c'était une chose aussi précieuse que le sourire de Kerta. Effectivement à vivre des semaines sous le "même toit" mais n'avoir droit à rien l'avait laissé à sa faim, faim des gestes tendres de sa mère, quel que soit la nature ou la quantité. Un seul geste lui suffisait actuellement pour retrouver confiance en soi, pour avoir la garantie qu'elle l'aimait toujours et qu'il était encore à ses côtés.

Enfin, elle apporta le "coup de grâce" en indiquant qu'elle avait accepté de faire les courses pour être avec lui. Elle était là pour lui et non pour les courses de crapuleux maître. Il était heureux. Il était fier. Il était comblé.

- Je souhaiterai que cette journée ne finisse jamais alors ... se contenta-t-il de dire en lançant un regard un tantinet triste à sa mère.

Triste car la journée allait avoir une fin. Il n'avait pas le luxe des patriciens, la richesse des plébiens ou la liberté d'un citoyen pour espérer un lendemain en compagnie de sa mère. Il allait suivre les caprices de son détestable maître ou alors celles de cet incompréhensible Niger. Ou alors le destin lui sourira-t-il et il passera un merveilleux temps auprès de Rufia. Cette dernière pensée lui arracha un autre sourire, un sourire d'une toute autre nature de type béat, de type pleine d'espérance cependant il baissa rapidement la tête, presque honteux, lorsqu'il croisa à nouveau le regard de sa mère. Il avait l'impression de trahir ce précieux moment mère-fils en pensant à une autre femme. Il se "gifla" mentalement, et se mit aussitôt aux côtés de sa mère pour affronter cette foule.

- Je suis prêt maman ! répondit-il, sûr de lui.

Enfin sûr de lui ... c'était une façon de parler. Cette foule était oppressante et déjà il sentait son cœur battre la chamade. Cependant, par fierté masculine, il ne le montra pas. Il s'était toujours promis d'être le fils fort et protecteur, comme les gladiateurs, aux yeux de sa mère. Il finit par la suivre, empruntant plus ou moins le même chemin. Cependant, il avait bien plus de difficultés que sa mère pour plusieurs raisons.

D'une, il n'était pas habitué à la foule. Ainsi, il avait la sale habitude de s'arrêter au premier obstacle humain et attendre comme un imbécile qu'il s'avance. Il oubliait qu'il fallait contourner pour aller plus vite.

De deux, sa mère était une femme. Et il était un homme. Certes, peut-être était-ce un commentaire sexiste mais les faits étaient les faits : une femme se mouvait avec beaucoup plus d'aisance dans la foule, avec plus de souplesse. Un homme était bien plus rigide et rude, et c'était souvent des coups et des bousculades.

De trois, et voilà un point important, il était un tantinet plus grand que sa mère. Ainsi, si elle arrivait à passer par tel chemin car plus petite et plus fine, lui n'y arrivait pas car sa tête cognerait forcément celle de l'obstacle humain et son corps était un brin plus imposant que celui de sa mère, donc non, il ne pouvait pas se faufiler à l'image d'une petite souris.

- Maman ... ?

Et le prévisible arriva. Il perdit de vue sa mère. Il regarda autour de lui, se sentant de plus en plus oppressé. La sueur commença à perler sur son front ainsi que sous ses aisselles, renforçant la tenace odeur de cuisine qui s'était imprégné tantôt sur ses vêtements, tantôt sur ses cheveux, tantôt sur sa peau.

Enfin, il vit une silhouette féminine de dos, avec une longue chevelure châtain-blonde. Il y accourut et posa une main sur son épaule. La femme se retourna avec un petit sourire et regarda étrangement le jeune homme. Ce dernier ne souriait plus et affichait clairement la déception. Il s'était trompé. Ce n'était pas sa mère.

- Es-tu perdu ? demanda l'inconnue.

Milo préférait ne rien dire, s'excuser et s'esquiver. La gente féminine l'effrayait toujours un tantinet, surtout lorsqu'elle avait des yeux brillants d'intérêt. La dernière fois qu'il avait vu cette lueur, il avait eu à se mettre nu pour la fille de son maître et de son amie et subir une véritable humiliation.

Autrement, il était à deux doigts d'hurler "Maman" dans la foule mais voilà une attitude d'enfant et non d'homme. Et il s'était promis d'être un homme fort aux yeux de sa mère.
Dim 5 Oct - 15:11
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Pour être tout à fait honnête, moi aussi j'aurais souhaité que cette journée ne se termine jamais comme Milo venait d'en faire le souhait. Si tout avait été simple et parfait, nous aurions pu rester éternellement main dans la main, tous les deux, sans avoir le poids de la vie de servitude sur les épaules et là, l'espace d'une seconde, alors que les yeux de mon enfant pétillaient de bonheur, je me surpris à penser qu'il aurait été délicieux de pouvoir goûter à la liberté avec lui : rien qu'avec lui. J'esquissai même un sourire, nous imaginant quelque part, dans une petite maison sans doute très modeste qu'il nous aurait fallu remettre sur pieds de nos mains, des champs à perte de vue autour de nous et des cultures que l'on aurait pris le temps de mettre en terre et de faire correctement pousser pour survivre. Peut-être aurions-nous eu également un ou deux chevaux si les affaires avaient été assez bonnes. La voix de Milo qui m'annonça qu'il était prêt me ramena à la réalité certes bien plus amère et difficile quoi qu'en cet instant elle se faisait plus douce de par les instants partagés en compagnie de mon fils. Il semblait sûr de lui et j'en fus particulièrement fière. Nous nous mîmes donc en route. J'eus par plusieurs fois un regard en arrière pour m'assurer que Milo était toujours derrière moi et, voyant qu'il suivait bien, j'accélérai un peu le rythme, me faufilant avec aisance, encore une fois par habitude, au milieu des nombreux passants qui arpentaient la rue principale du marché. Ce n'était pas une chose désagréable que d'être au milieu de la foule, que d'entendre toutes ces voix se mêler pour former un bourdonnement qui en aurait dérangé plus d'un mais cela me changeait tellement de la taverne et du Lupanar que je ne pouvais qu'apprécier cela. Je finis par me retourner et me figeai, mon sourire se fanant aussitôt : où était Milo ?

« Milo ! »

Un regard circulaire : rien, il n'était pas là. Pourtant, étant donné qu'il était un peu plus grand que moi et que j'étais moi-même plus grande que les femmes en moyenne, il m'était impossible de le louper. Je serrai la mâchoire et secouai la tête avant de prendre le chemin inverse. J'avais été trop vite, j'avais avancé sans plus me soucier de lui pensant qu'il me suivait, pensant qu'il était prêt alors qu'il ne l'était finalement pas tant que ça et pour cause, il n'avait jamais mis les pieds ici. J'avais été stupide, voilà tout et cela risquait de coûter cher à mon fils. C'était un étranger au sein des murs de la cité et même en pleine journée, s'il se retrouvait dans une ruelle peu fréquentable parce qu'il se serait perdu, il pouvait lui arriver bien des malheurs. Le cœur battant plus vite, par la peur, j'accélérai le pas, n'hésitant pas à bousculer des personnes au passages qui furent gratifiées d'un regard absolument glacial et terrifiant lorsqu'elle protestèrent. Les choses étaient claires : j'avais perdu mon fils et personne n'allait se mettre sur mon chemin. Je poursuivis donc mes recherches et quand je distinguai enfin sa chevelure bouclée que j'aurais reconnu parmi des milliers, lorsque j'aperçus son visage terrifié, ses yeux écarquillés d'effroi en train de regarder avec frénésie les alentours, je ressentis un soulagement tel que je laissai échapper un lourd soupir avant de me dresser sur la pointe des pieds et de lever le bras, non sans gêner deux personnes au passage mais peu importait. Je ne voulais pas crier, je voulais juste qu'il me voie. Je voulais juste faire disparaître cette peur sur son visage mais c'est à ce moment-là qu'on me bouscula et que je reçus un coup de coude dans les côtes. Par réflexe, j'abaissai mon bras et me recroquevillai en grimaçant. Puis, je regardai autour de moi mais impossible de savoir qui avait fait cela. Pas le temps de m'attarder là-dessus. Cette fois, pour m'approcher rapidement de Milo, je jouai à mon tour des coudes : terminé la gentillesse et la délicatesse et finalement, lorsque j'arrivai à hauteur de mon fils, il était dos à moi. Je me saisis de sa main et je le sentis se raidir mais le forçai à se retourner.

« C'est moi Milo ! » lui dis-je et, sans lui laisser vraiment le temps de dire quoi que ce soit ou de protester, je le pris dans mes bras et le serrai avec force contre moi. Au-delà de la grimace que cela m'arracha car le coup sur les côtes était encore trop frais pour être indolore, j'esquissai un sourire, véritablement soulagée de pouvoir le tenir ainsi dans mes bras, de le retrouver en un seul morceau. « Je suis désolée. » dis-je tout bas. « Je n'aurais pas dû accélérer comme ça. » Puis, je me reculai, posai mes mains sur ses joues et plantai mon regard dans le sien. « Tout va bien ? Tu vas bien ? »

C'était quand même le comble de poser une pareille question alors qu'il faisait presque une tête de plus que moi mais cet instinct maternel que je possédais était si fort qu'il me poussait à m'inquiéter, même si mon fils était un assez grand gaillard. C'était cet instinct qui m'avait poussé à le garder, à ne pas lui ôter à vie. C'était cet instinct qui nous avait réunis.




© charney

Ven 24 Oct - 20:48
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Il était beau de dire qu'il n'allait pas hurler "maman" comme un enfant et qu'il allait adopter l'attitude d'un homme fort et courageux, mais la foule commençait à l'étouffer et la panique s'empara petit à petit de lui. Il tenta vainement de se calmer en se rassurant que sa mère était encore dans la foule ou alors dans l'Auberge, à l'entendre, et qu'il n'était donc pas seul. Cependant, comment rester confiant devant tant de visages, tant de voix, tant de discussion et tant d'odeurs? Comment rester calme quand on se savait plus grand que la moyenne et que malgré tout, on ne voyait pas la merveilleuse chevelure et la parfaite stature de la mère?

Et finalement toutes ces craintes et ces frayeurs disparurent quand deux bras l'enserrèrent. Il n'avait guère besoin de voir le visage de la personne pour la reconnaître. Il n'y avait qu'une dame à avoir cette odeur dans le monde, une seule qui pouvait lui inspirer une telle sérénité en travers d'un simple câlin et une seule avec cette douce mélodie du cœur. Sa mère était la seule et l'unique à sentir comme une mère, à avoir un cœur battant comme celle d'une mère... La seule, l'irremplaçable et fabuleuse Kerta en somme.

- Tu vas bien?

Il n'entendit pas davantage, esquissant un sourire et attirant sa mère contre lui. S'il ne pouvait exprimer son amour filial que dans un lieu bondé, alors il se plongerait dedans avec elle pour la serrer sans craindre le moindre regard, la moindre critique, la moindre rencontre. Ce n'était qu'elle et lui. Il finit par se détacher, le regard brillant et le sourire bien fier et l'allure victorieuse.

- Maintenant, je me sens bien mieux! Cependant.... pourquoi avoir grimacé tout à l'heure et même quand je t'ai à nouveau enlacé?

Le léger tressautement ou l'amertume des traits de sa mère n'avaient pas échappé à l'apprenti "médecin". Avait-elle mal? Avait-il été trop brut dans ses mouvements? Cette dernière hypothèse lui semblait peu plausible car il prenait toujours garde à ne pas blesser physiquement ou verbalement la seule qu'il aimait dans tout Pompei.

- Arrête de t'inquiéter pour moi! Je suis un homme qui dépasse tout le monde bien souvent et des mieux bâtis. Si je rencontrais un ou deux gladiateurs et s'ils veulent bien m'apprendre quelques mouvements, je serais alors imbattable.

"Et peut-être même un vrai homme désirable" pensa-t-il. Certes la gente féminine le mettait mal à l'aise mais il lui arrivait d'aimer ces petits regards ou encore apprécier certaines compagnies. Toutes les femmes n'étaient pas comme la fille de son précédent maître - fort heureusement - et certaines étaient véritablement de véritables déesses. Des femmes en somme, mais certaines n'étaient que des cadeaux empoisonnés ou des vipères, mais Milo n'en savait rien malgré que sa mère soit bel et bien une femme aux milles secrets et intrigues.

- Sortons d'ici.

Il finit par prendre sa génitrice par la main, et se fraya tant bien que mal un chemin, usant cette fois-ci de son corps pour pousser les frêles Pompeiens. Il apprenait vite et davantage lorsqu'il était question du confort de Kerta ou de sa sécurité. Enfin, si le voir plus "assuré" la rassurait, alors il fera des efforts.

De plus, il n'était pas si difficile de pousser des gens finalement surtout quand on avait un avantage physique, soit grand et musclé.
Dim 30 Nov - 18:00
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No life without you.



L'instinct maternel est quelque chose de si puissant que même lorsqu'on a face à nous un jeune homme en pleine forme, capable mine de rien de se débrouiller, on s'inquiète. C'est ainsi. C'est incontrôlable. Il est là, il me dépasse, je dois lever les yeux vers lui pour le regarder, c'est moi qui a finalement reçu un coup violent dans les côtes mais malgré tout, je lui demande s'il va bien. Il a l'air d'aller bien oui et il me prend dans ses bras avant de me serrer avec force contre lui et aussitôt je me crispe et grimace car mes côtes me font mal : cet homme y a été vraiment franchement en fait. Lorsqu'il me lâche finalement, j'esquisse un sourire et je cache ma douleur. Après tout, ce n'est pas grand chose, inutile d'en parler parce que sinon Milo va s'inquiéter, j'en suis parfaitement consciente. Il m'annonce alors qu'il va beaucoup mieux maintenant, ce qui me rassure mais voilà qu'il me demande pourquoi j'ai grimacé. Il a l’œil, il tient ça de moi mais encore une fois, je ne tiens pas l'inquiéter alors je secoue doucement la tête de droite à gauche en souriant.

« Tout va bien, ne t'en fais pas. »

Et de toute façon c'est vrai : tout va bien. En dehors de la douleur due très probablement au choc, il n'y a rien de grave alors inutile d'en discuter. Mon sourire qui jusque là a été plutôt tendre se teinte d'une certaine fierté quand Milo poursuit en me disant qu'il faut que je cesse de m'inquiéter pour lui car c'est un homme qui dépasse tout le monde. C'est vrai, c'est un homme : un homme et plus un enfant et je dois bien avouer que j'ai encore souvent du mal avec cela. Je l'ai vu grandir sans vraiment le voir, je ne l'ai pas accompagné et il a changé bien trop vite à mon goût et maintenant qu'il vit sous le même toit que moi, je me rends compte chaque jour qu'il a non seulement grandi mais qu'il a vieilli également. Je dois m'y faire, c'est ainsi : le temps est l'une des choses qu'il est impossible d'arrêter. Mon sourire s'élargit quand il mentionne les gladiateurs et je hoche doucement la tête, imaginant déjà une possible rencontre avec mon ami de longue date, Priam. Je suis persuadée que si je le lui demandais, il apprendrait certains mouvements de combat à mon fils. Après tout, Priam a été le tout premier à connaître l'existence de Milo.

« J'essaierai de t'organiser une rencontre avec un gladiateur, un ami proche et je suis sûre qu'il accepterait de te rencontrer. »

En espérant qu'il n'ait pas décidé de s'enticher de ce Remus qui est le Champion en titre. Si c'est le cas, je ferai en sorte de le remettre sur le droit chemin : Remus n'est qu'un remplaçant en attendant que Priam récupère son titre. Si Milo doit apprendre de quelqu'un, je préfère qu'il apprenne de Priam plutôt que d'un ancien légionnaire devenu gladiateur après avoir assassiné son propre frère. « Sortons d'ici. » m'annonce Milo et cela a le mérite de me sortir des me pensées. Je hoche la tête serre la main de Milo quand il vient se saisir de la mienne. Et nous voilà repartis sauf qu'à présent, c'est lui se fraye un chemin au milieu de la foule pour pousser ceux qui pourraient gêner notre avancée. Mon sourire se fait plus large encore en le voyant agir : j'ai vraiment eu tort de m'inquiéter pour lui, il est parfaitement capable de bien s'en sortir. Il est grand mais habile et finalement, on se pousse facilement sur son passage. Par plusieurs fois, il se rapproche de moi pour m'éviter d'être bousculée ce dont je lui suis reconnaissante car une fois m'a suffi. Nous progressons ainsi doucement mais sûrement, nous nous arrêtons aux commerces où nous avons besoin d'acheter ce qu'il y a sur la liste de Milo et si mon fils semble toujours être en pleine forme et faire des efforts pour se montrer à l'aise, il arrive un moment où je fatigue non pas parce que marcher est éreintant mais parce que mes côtes me font de plus en plus mal en réalité. Il arrive donc un moment où je tire sur la main de Milo pour attirer son attention et ce n'est que lorsqu'il pose son regard sur moi que je m'exprime au milieu du bruit que fait la foule autour de nous.

« J'ai besoin de m'asseoir un moment. »

Je pourrais lui dire de continuer tout seul mais sincèrement, je n'y tiens pas : je veux être avec lui tout le temps même s'il se débrouille. Il y a trop de personnes malveillantes et je veux avoir un œil sur lui. Finalement, il m'entraîne hors de la foule je prends place bien volontiers sur un banc de pierre avant de soupirer. Puis, avant que Milo ne se mette à me poser tout un tas de questions, je décide de lui dire ce qu'il se passe. Je ne voulais pas l'inquiéter mais de toute évidence, c'est râté.

« Tout à l'heure un homme m'a donné un coup dans les côtes. Ce n'est rien de grave mais c'est douloureux. Moins quand je suis assise alors... J'ai juste besoin de quelques minutes, d'accord ? »

Un sourire rassurant puis je l'observe un instant en silence avant de poursuivre.

« Je n'avais pas réalisé à quel point tu avais grandi et mûri... Je suis fière de l'homme que tu es devenu. »

C'est bien mieux de parler de cela que de mes côtes qui de toutes les façons vont guérir d'elles-mêmes.




© charney

Re: "No life without you" {Milo}   




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