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 Une aide bienvenue [Corvus]

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Message(#) Sujet: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 31 Juil - 11:05



    Bien souvent, on fonctionnait par buts et enjeux. C'était bien le cas de Caeso Epidius Statius. Depuis qu'il était enfant, le jeune homme avait l'impression qu'il n'était pas à la hauteur. Cette impression avait de plus été renforcée par la façon dont son père le traitait … Et même sa mère, en fin de compte. En le surprotégeant, la maman de Caeso lui avait donné l'impression qu'il n'était pas aussi fort que ses frères. Malheureusement … En conséquence, le jeune marchand d'esclaves avait des objectifs qui lui permettaient de voir plus loin. C'était notamment pour cela qu'il voulait absolument parvenir à ses fins avec Lucretia Ilythia et le ludus dont elle était désormais la propriétaire.

    Il progressait lentement. La semaine précédente, il avait sélectionné avec le doctore de Lucretia de nouveaux esclaves qui viendraient permettre à ce ludus de retrouver toute sa splendeur. Ils avaient trouvé quelques spécimens qui plairaient sans doute … Mais Caeso Epidius Statius voulait plus que cela. Il voulait absolument que Lucretia soit satisfaite de ce qu'il lui proposait. Il la voulait conquise et heureuse. En fait, Caeso la voulait tout court et avec elle, son ludus. Être marchand d'esclaves, c'était une chose. Diriger des gladiateurs, c'était tout à fait intéressant. Bien plus passionnant. Et ainsi, Caeso pourrait tout à fait montrer à la face de Pompeii qu'il était un homme brillant. Un homme qui méritait tous les honneurs. Et non pas seulement d'être le bras droit de son père, moqué par celui-ci et vu comme un loser par beaucoup.

    Bien sûr, Epidia était son soutien. Et heureusement. Mais elle venait de rentrer et elle était une femme. Lucretia aussi ceci dit. Il semblait bel et bien que Caeso Epidius Statius allait devoir s'appuyer sur les membres du sexe féminin. En fait, il comptait même sur cela. Il aimait les femmes -sincèrement- les trouvant intéressantes pour la plupart -et à quelques exceptions près. Elles étaient bien trop souvent négligées, malheureusement … Ou plutôt heureusement. Comme elles ne cherchaient souvent qu'un soutien et qu'une oreille attentive, Caeso pouvait devenir celui qui serait leur confident. Oh, il fallait dire qu'en plus, il n'avait pas vraiment besoin de se forcer, quand il s'agissait notamment de Lucretia et Epidia. Ces deux femmes étaient extrêmement talentueuses et il les appréciait très sincèrement. Lucretia représentait plus ou moins la femme idéale pour lui, c'était vrai.

    Et pour atteindre cette femme, il comptait bien utiliser un autre homme. C'était quelqu'un dont il n'était pas si proche que cela, à la réflexion. Ils se connaissaient et semblaient s'apprécier. Dernièrement, il avait même rendu un fier service aux Epidii et il semblait qu'Epidia l'appréciait tout particulièrement. Caeso avait confiance dans le jugement de sa soeur, en vérité et cela suffisait donc au jeune marchand. Manius Oppius Corvus, voilà celui qui allait aider Caeso Epidius Statius.

    On disait souvent que les marchands d'esclaves étaient les moins bien servis en esclaves. Ce n'était pas toujours faux mais néanmoins, Caeso était bien entouré. Il avait envoyé un message au cher Manius afin de prendre rendez-vous avec lui. Une taverne, voilà quel serait le lieu du rendez-vous. Mais une taverne où on pouvait trouver des endroits discrets: il ne faudrait pas que tout Pompei soit au courant des vues de Caeso sur Lucretia. Cela jaserait et cela amènerait peut-être Titus à sortir de sa léthargie actuelle.
    Caeso avait donné rendez-vous à Corvus non loin des thermes de Stabies où il officiait, si Epidia disait vrai. C'était une taverne qui n'était pas située le long de la rue de l'Abondance et qui était donc bien plus discrète. Le jeune brun avait choisi pour cette rencontre de retrouver Corvus aux alentours de 17h, l'après-midi, espérant que son comparse pourrait se libérer. Arrivé sur les lieux en premier, il commanda à une accorte esclave qui travaillait là du vin. Il se doutait que celui-ci ne serait guère goûteux, au vu de l'endroit. Mais au moins serait-il sûr de la discrétion des lieux.

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 31 Juil - 18:44

Une aide bienvenue


Quartier des Stabies ~ Fin avril 725 AUC


- Aaah… Merci Corvus. Je me sens un nouvel homme, me lance le patricien en se levant de la table de massage.

- Comme toujours, n’est-ce pas ?

En réponse, il m’offre son rire aussi gras que lui et me tend quelques pièces supplémentaires.

- Pour t’amuser avec tes donzelles ce soir… ajoute-t-il alors d’un ton entendu.

- Je n’y manquerai pas.

Un sourire salace fend ses lèvres et il se rhabille avant de me saluer et de disparaître dans les couloirs des thermes. J’attends quelques secondes qu’il s’éloigne, puis vais pour m’appuyer sur la table de massage et lâcher un profond soupire. Cet homme est immonde. Chacune de ses visites est d’une lourdeur tant physique que psychologique… La petite douceur du mois d’avril le fait déjà suer comme un bœuf et chacune de ses phrases suinte la répugnance et la goujaterie. Ah ! Je suis certes mal placé pour reprocher les mœurs libertines ou la grossièreté de quiconque. Mais je pense respecter malgré tout certaines limites que ce bougre semble avoir dépassées depuis longtemps. L’élite patricienne dans toute sa splendeur…

Mais il laisse de bons pourboires, comme pour s’excuser de sa propre médiocrité. Je prends donc ces quelques pièces comme une douce consolation pour chaque minute que j’ai été forcé de passer en son infecte compagnie. Masseur n’est pas un emploi de tout repos, que diable ! Je mériterais une compensation pour « travail à risque »… Que je dépenserais chez Faustus, bien entendu !

Mes émotions enfin remises, je sors de la pièce qui est réservée à mes clients pour trouver une ouverture et observer où en est la course du soleil. Un esclave est venu me trouver ce matin pour m’apporter un message de ce brave Statius. Le frère d’Epidia n’est pas très bavard d’habitude, mais aujourd’hui, il semble avoir quelques mots à me dire. Je pense pouvoir aller le retrouver sans crainte, nous sommes tous deux en bons termes, comme avec tout le reste de sa famille d’ailleurs. Nous devons nous retrouver en fin d’après-midi dans une taverne dont je n’avais encore jamais appris l’existence, ce qui m’a surpris d’abord, car je pensais avoir essayé tous les lieux de Pompéi où le vin coule plus que l’eau depuis longtemps ! Dehors, le soleil me paraît bien bas et je pense qu’il est temps pour moi de terminer ma journée. Revenant dans la salle qui m’est réservée, j’essuie mes mains sur un linge propre pour enlever le gros des huiles dans lesquelles je les ai trempées toute la journée avant de les plonger dans un récipient en terre cuite rempli d’eau claire. Je les rince avant de m’humidifier plusieurs fois le visage. Mes doigts remontent jusque dans mes cheveux et l’eau froide qui coule sur ma nuque m’arrache un délicieux frisson. Je ne sors jamais des thermes avant d’avoir accompli ce petit rituel, et je ressors ainsi sans cette sensation d’être terriblement poisseux après une journée passée au milieu des huiles et des vapeurs.

En sortant des thermes, je salue plusieurs Pompéiens qui me reconnaissent et m’enfonce dans le quartier des Stabies à la recherche du mystérieux repaire de Statius. Mes yeux cherchent cette petite taverne avec une pointe d’excitation : je ne sais pas la véritable raison de cet entretien et j’ai toujours eu un petit faible pour l’inconnu. Au détour d’une ruelle, je remarque une légère agitation du genre de celles que l’on retrouve là où le vin s'invite. J’observe le lieu avec attention. Il ressemble à s’y méprendre avec la description que m’en a faite l’esclave de tout à l’heure. Mes sourcils se froncent et je pénètre dans la taverne terriblement sombre comparée à la clarté de la rue baignée dans la lumière chaude de la fin d’après-midi. Alors que mes yeux s’adaptent doucement à la pénombre, je cherche la crinière ondulée du jeune Epidius. Et, alors que je pensais m’être trompé d’endroit, je l’aperçois seul à une table, tassé dans un coin. Un sourire triomphal se dessine alors sur mes lèvres comme si je venais de gagner une chasse et je me rapproche de lui avec détermination.

Quand son regard se lève pour venir croiser le mien, je lui lance avec un certain enthousiasme.

- Statius. Je suis heureux de te voir.

Je tape alors légèrement son épaule avant de prendre place en face de lui.

- Tu as l’air en forme. Comment va ta sœur ?

Si j’entretiens des relations cordiales avec Statius depuis plusieurs années, j’ai toujours été plus proche de sa sœur qui est comme une troisième petite sœur pour moi. Caeso le sait et je n’ai donc aucune gêne à parler d’elle ainsi. Une jeune serveuse vient poser devant moi une coupe vide pour me laisser la remplir avec le pichet déjà présent sur la table pour le marchand d’esclave.

- Merci, ma belle…

Je lui lace un sourire en coin et laisse mes yeux admirer quelques instant son délicieux fessier alors qu’elle s’éloigne. Puis, je reviens à Statius en me servant une coupe de vin.

- Je ne te pensais pas capable de venir dans des endroits pareils, l’ami… Tu m’étonneras toujours, dis-je d’un ton taquin.

Au même moment, les voix rauques de nos voisins résonnent dans la taverne quand un des joyeux ivrognes renverse sa coupe, arrosant de ce fait la moitié de leur table. Des éclats de voix résonnent un peu partout avant le retour d’un calme tout relatif. Mes yeux recroisent ceux de Caeso et un léger sourire se dessine sur mes lèvres, comme si cet incident était venu exactement pour souligner mes dires. En vérité, ce serait tout à fait le type d’établissement que je serais capable de fréquenter et j’apprécie ces ambiances dictées en immense partie par le degré d’alcool de l’assemblée. Mais j’imagine qu’il n’en est pas de même pour Statius et cela m’amuse. J’amène ma coupe à mes lèvres et en bois une gorgée qui me fait plisser les yeux. Pouah ! Cette piquette est peut-être pire encore que celle de Faustus. J’en reprends immédiatement une autre gorgée pour y habituer mon palais puis repose ma coupe et plonge mon regard dans celui du jeune Epidius qui m’a amené ici.

- Alors, Statius, dis-moi. Que puis-je faire pour toi ?
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Dernière édition par Manius Oppius Corvus le Mar 21 Oct - 19:49, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Sam 2 Aoû - 16:24



    Un plan de génie ne pouvait cependant prendre vie qu'avec l'aide des acolytes du génie. Caeso Epidius Statius pensait -tout à fait modestement comme cela lui seyait en général- qu'il avait trouvé un moyen totalement intéressant de conquérir Pompeii. Et Corvus allait être l'un de ses géniaux acolytes, sans même s'en rendre compte, si cela était possible. Le jeune homme arriva bientôt en face de Statius qui releva la tête, croisant alors le sourire et le regard de Corvus. Visiblement, si Caeso appréciait la compagnie de Corvus, il n'était pas le seul. Voilà qui était bon à savoir … A moins que cet homme manie l'hypocrisie avec application, ce qui faisait tout à fait parti de l'ordre des possibles.

    Répondant néanmoins au sourire par un sourire tout aussi éclatant -Statius avait le sourire et même le rire facile, il attendit que son ami s'installa à sa table. Cette taverne avait tout du bouge, si on y songeait bien, mais c'était malgré tout un endroit où on les laisserait tranquilles et c'était bien tout ce qui pouvait compter pour Statius. “-Heureux de voir que tu es venu, Corvus. Prends place, je t'en prie!” Le salut était banal, mais toujours bienvenu. La politesse, Caeso avait fini par le comprendre, avait son importance même si elle n'était certainement pas absolument nécessaire au bon fonctionnement des choses.

    “-Je vais aussi bien que possible et je crois pouvoir dire que ma chère Ravilla se porte elle aussi très bien. Mais tu n'as pas mal d'aller mal, toi non plus, mon ami, je te trouve une mine resplendissante. Presque celle d'un chérubin !” Riant à sa propre plaisanterie -qui n'avait rien de fabuleuse- Caeso Epidius Statius laissa son ami s'installer et commander ce qu'il voulait. Lui-même avait déjà son vin et sa coupelle si il souhaitait boire. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres tandis qu'il observait son ami faire son beau devant l'esclave en charge du service. Ah, les hommes étaient tous semblables, songeait Statius.

    L'ambiance était bonne quoi qu'il en soit. Le jeune homme se sentait à l'aise, même si ils n'étaient pas dans un lieu des plus reluisants, il n'empêchait que Caeso Epidius Statius s'y sentait bien. Ce qui ne manqua pas de faire réagir Corvus. “-Eh oui, que veux-tu ! Si je ne te surprenais plus, pourquoi viendrais-tu encore aux rendez-vous que je te propose, n'est-ce-pas ?”
    La plaisanterie, l'amitié … Voilà qui était de bien belles choses. Statius savait pourtant que ce n'était pas la seule chose importante dans une vie, bien au contraire. Lui-même avait ses ambitions. Et Corvus montra qu'il le connaissait bien. Ah tiens, voilà qui n'avait rien d'étonnant: le masseur se demandait ce que pouvait bien lui vouloir le marchand d'esclaves. Statius but une nouvelle gorgée de ce vin fort peu savoureux, avant de lancer d'un air mystérieux, quelques informations à ce cher Corvus. “-J'ai besoin de tes mains. Il paraît qu'elles font des merveilles et ça tombe bien car j'ai de futurs gladiateurs à chouchouter pour Lucretia Ilithyia.” Il n'avait pas parlé du ludus ou de Titus. Non, Caeso ne faisait pas mystère que c'était avec la blonde qu'il faisait affaire. “-Ils suivent actuellement un entraînement intensif afin d'être prêts, mon ami. Mais toi comme moi savons combien des corps fatigués peuvent ressortir revigorés des thermes. Et comme on me murmure que tu es le meilleur …” Un peu de flatterie n'avait jamais fait de mal à qui que ce soit.

    Statius avait du finir par hausser la voix: en effet, le bruit ambiant était tout à fait présent, même si ils étaient un peu à l'écart. Le jeune homme ne s'en rendit pas compte tout de suite, cependant. Il avait espéré qu'ils pourraient discuter plus tranquillement que cela. Mais il s'était visiblement trompé. Prenant une autre gorgée de vin, Statius attendit la réponse de son ami. Il avait choisi de traiter lui-même avec Corvus, plutôt que d'envoyer sa soeur, car il souhaitait se faire une idée plus précise des intentions de Corvus.


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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Sam 16 Aoû - 12:56

Une aide bienvenue


L’endroit ne manque certes pas de sympathie, mais le vin y est vraiment immonde ! Ma peu glorieuse mais néanmoins existante expérience en matière de bibine ne me permet peut-être pas de différencier un grand cru d’un vin juste honorable, mais tout de même. Je sais encore reconnaître du vinaigre quand j’en bois ! Chaque gorgée m’arrache une légère grimace que je tente de dissimuler au mieux. Quel est donc cet endroit dans lequel m’a conduit Caeso ? S’il voulait un lieu discret et inconnu de la plupart des Pompéiens, je crois qu’il y est  parvenu...

Mais Statius ne m’a pas fait venir pour comparer la subtilité de nos palais respectifs et j’en suis bien conscient. Par ailleurs, la véritable raison de cet entretien m’est encore complètement inconnue et il me tarde de la connaitre. L’étude de ce vin râpeux attendra. Parmi les politesses et les taquineries du marchand d’esclave, j’y décèle cependant quelques indices me permettant de m’assurer que la révélation sera pour bientôt.

- Eh oui, que veux-tu ! Si je ne te surprenais plus, pourquoi viendrais-tu encore aux rendez-vous que je te propose, n'est-ce-pas ?

Un rictus vient écarter mes lèvres légèrement entrouvertes et je hausse un sourcil sans quitter son regard.

- Parce que nous savons tous les deux que Caeso Epidius Statius ne viendrait jamais me chercher pour une simple visite de courtoisie…

Aucun reproche ne vient teinter le ton de ma voix, plutôt un tremblement d’excitation lui indiquant que je suis curieux d’enfin savoir la raison de cette rencontre. Ce que je viens de lui dire n’est un secret pour aucun de nous deux : nous avons toujours eu une certaine sympathie l’un envers l’autre, mais nous ne sommes pas proches pour autant. La plupart de nos rencontres ont eu lieu soit pour des raisons commerciales, soit par le biais de Ravilla, sa sœur. Et difficile, connaissant Statius, de croire que le bougre m’aurait simplement invité à devenir pendant quelques heures son camarade de beuverie dans un endroit où l’on sert du si mauvais vin ! Je sais qu’il attend quelque chose de moi et cette réalité m’intrigue, car jamais encore nous ne nous sommes demandé une vraie faveur. Alors, la secret tombe.

- J’ai besoin de tes mains…

Inconsciemment, mes sourcils se froncent quelque peu alors que je tends davantage l’oreille. Je pose un coude sur la table et fais reposer mon menton entre mon pouce et mon index, mon regard ne déviant pas une seconde de celui du marchand d’esclave. De nouveaux gladiateurs pour le ludus Lucretius… Je connais la qualité des esclaves des Epidii. J’ai rarement eu à leur reprocher quoi que ce soit du temps où c’était moi qui vérifiait leur marchandise avant qu’elle ne soit présentée à Lucretius. Pourtant, cette nouvelle vente semble revêtir un caractère particulier puisque la seule forme physique de ces esclaves ne semble pas être suffisante… Deux raisons me viennent immédiatement en tête : soit Ilithyia est devenue plus exigeante encore que son frère depuis qu’elle a repris les rênes du ludus, soit Statius cherche à devenir un partenaire de choix de cette école de gladiature en marquant les esprits avec sa prochaine livraison… Les deux sont tout à fait possibles et je suis curieux de connaitre les véritables motivations de Statius.

Une douce flatterie vient ronronner à mes oreilles et m’arrache un sourire à la fois heureux et amusé. Le marchand d’esclaves sait comment de bonnes négociations doivent être menées. Il faut dire qu’avoir son père et son frère en modèles est une bonne façon d’entrer dans le monde des affaires. Alors que je repense quelques secondes à ce qu’il vient de m’annoncer, mes yeux quittent les siens pour regarder pensivement les reflets brillants qui dansent sur le dessus de ma coupe de vin. Lui offrir mes mains… Rien ne m’en empêcherait : Statius fait partie des rares hommes que je serais heureux d’aider. Pourtant, je ne suis pas du genre à offrir quoi que ce soit sans rien y gagner en retour, même si je peux parfaitement me contenter d’une amitié durable !

Mon silence a duré quelques secondes avant que ma main ne quitte mon menton pour venir empoigner ma coupe. Je bois une nouvelle gorgée de vin avant de venir recroiser le regard de Caeso.

- Décidément, il semblerait qu’Ilithyia devienne bien difficile à satisfaire…

Un sourire fend de nouveau mes lèvres. Une légère ironie est venue teindre ma dernière phrase car je sais que quelle que soit la qualité des esclaves demandée par la jolie blonde, les massages réguliers ainsi que le prix qu’ils coûtent pourraient difficilement entrer dans ses exigences. Statius veut marquer des points grâce à moi, ce qui signifie que le ludus Lucretius est certainement le lieu de toutes ses ambitions…

Doucement, je viens me poser sur le dossier de ma chaise.

- Tu sais le prix que coûtent les soins des thermes. Des soins de qualité, j’entends, prodigués par quelqu’un qui a l’expérience nécessaire pour te donner les résultats que tu attends.

Caeso connaît mon parcours. Le ludus Lucretius, je le connais comme une deuxième maison. J’y ai travaillé pendant cinq ans et je sais les soins exacts que demandent les corps des gladiateurs. S’il est venu me voir, c’est qu’il me connait, certes, mais aussi parce qu’il sait que je suis un des mieux placés pour lui fournir ce qu’il veut. Mais il sait également que je l’apprécie lui et sa famille. Et je ne suis pas un idiot.

- C’est pour cela que tu es venu me voir, n’est-ce pas ?

Je n’en suis nullement offensé, sa démarche est intelligente. De grandes choses sont accomplies par des hommes se rendant mutuellement service. Et il doit certainement se douter que l’affection que j’ai pour les Epidii me permet difficilement de lui refuser cette faveur. Néanmoins, je demeure un artisan, quelqu’un qui vend ses talents et la lourdeur toute relative de ma bourse ne me permet pas d’accepter n’importe quel marché, même avec quelqu’un comme Statius. Si je lui offre mes services, je dois y gagner quelque chose et ça, Caeso doit le savoir tout de suite.

- Navré de te mener tout de suite vers ces sujets épineux, mais tu comprendras certainement que je me dois de te poser cette question… Qu’y gagnerai-je ?

En plus du simple intérêt que je trouve à cette question, elle me permettra de commencer à entrevoir la réelle motivation de Statius. S'il veut vraiment que nous fassions affaire, je dois savoir ce qu'il a dans le ventre et la détermination qui l'habite. Je ne peux me permettre de m'associer avec quelqu'un qui manque d'assurance, même si je l'apprécie sincèrement.
lumos maxima


Dernière édition par Manius Oppius Corvus le Mar 21 Oct - 19:50, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 21 Aoû - 14:29



    On n'a jamais rien sans rien. Caeso Epidius Statius le savait bien. Lui plus que bien d'autres. Toute sa vie, il l'avait construire sur son travail: ses ambitions, il ne pouvait les remplir que parce qu'il était un jeune homme ingénieux, intelligent, suffisamment malin pour se débrouiller bien mieux que d'autres dans sa situation. Comme avec Lucretia par exemple … Se sentait-il coupable à ce sujet ? Pas le moins du monde: il pensait -avec raison- qu'ils pouvaient l'un l'autre s'apporter beaucoup et cela suffisait à le conforter dans l'idée qu'il fallait la conquérir, elle, personnellement, pour parvenir à ses fins à Pompeii. Et quant à Lucretia, elle parviendrait à son tour à montrer à cette cité qu'elle n'était ni folle ni affreuse. Elle était une charmante jeune femme et elle leur montrerait que son père l'avait caché pour de mauvaises raisons. De fait, pour le moment, Caeso ne parvenait à trouver aucune raison qui puisse justifier le choix du père de Illithyia. De son point de vue, elle était charmante, adorable. Le genre de filles que tous les pères devraient souhaiter avoir … Alors pourquoi ? Le mystère était encore complet à ce sujet. Mais il parviendrait à savoir, il n'en doutait pas.

    Se servir des talents de Corvus marchait dans son plan et c'est bien pour ça qu'il l'avait fait venir. A voir la manière dont l'homme se tenait et parlait, Caeso avait bien l'impression qu'ils s'appréciaient mutuellement … mais serait-ce suffisant pour se mettre d'accord, commercialement parlant ? Peut-être. Ou peut-être pas. La réplique de Corvius amusa beaucoup Caeso. Effectivement, il ne se trompait pas: Caeso n'aimait pas spécialement les visites de courtoisie. Certes, il y avait des personnes qu'il appréciait plus ou moins. Mais il agissait souvent avec une idée derrière la tête. Comme cette fois-ci, avec Corvus. Ou comme la fois où il était allée voir Lucretia, initialement.

    Cela ne voulait pas dire qu'il était un affreux calculateur qui ne pensait qu'au profit. Non, simplement, il n'était pas dans ses usages de simplement discuter du beau temps -surtout quand comme à Pompei le beau temps était en fait un tremblement de terre récents qui avait causé beaucoup de blessés et de morts. C'était une tragédie donc le jeune homme ne souhaitait pas spécialement discuter. Rester concentré sur ses affaires lui permettait de mieux réussir sa vie, estimait-il. Corvius l'avait bien percé à jour, à ce sujet, c'était certain. Avec bonhommie, Caeso sourit et hocha la tête. “-Cela ne fait pas de moi un portrait bien flatteur, dis moi, Corvus ! Mais tu n'es pas loin de la vérité. Je n'aime pas parler pour ne rien dire.” Il le faisait volontiers quand il avait une idée derrière la tête, en vérité. Mais ce n'était pas à dire.

    La discussion se poursuit, Statius cherchant à convaincre Corvus qu'il a besoin de son aide -et seulement de la sienne- pour aider le ludus Lucretius. La flatterie est maniée à bon escient, notamment. Statius n'en a pas honte, loin de là. Il estime que c'est la nature humaine qui fonctionne ainsi et qu'il n'y a donc pas de mal à montrer qu'on suit celle-ci. D'ailleurs, Corvus se détend nettement, sourit, se permet même de se montrer moins méfiant: Statius le voit dans ses yeux. Cela a souvent cet effet et c'est tant mieux: c'est comme ça qu'on fait affaire.

    La remarque de Corvus amuse cette fois Statius qui comprend bien qu'il a été percé à jour. Oui, c'est bien pour cette femme qu'il se met en quatre, car elle a les capacités de lui ouvrir le chemin jusqu'au paradis. Et ce paradis-là, Statius le veut avec autant de force que possible. Corvus développe ses arguments. Le coût, d'abord. Cela est un faux problème: bien entendu, Statius a l'intention de payer. Pas plus que ce qu'il a prévu, bien entendu. Mais un prix certain pour un service de qualité. Calmement, il hoche donc la tête devant les explications de Corvus, préférant garder le silence.

    Il a eu raison: Corvus vient de lui-même à la phase concrète de leur discussion: à quoi cela sert-il pour lui ? Caeso Epidius Statius a un large sourire: il s'attendait bien à cette question et aurait bien été déçu finalement, si Corvus n'avait pas demandé. “-Ma reconnaissance éternelle … Quoi, allons, n'est-ce-pas suffisant mon ami ?” La petite plaisanterie a pour but de faire monter la pression et la tension. Une discussion commerciale a besoin de ses temps d'attente. “- Plus sérieusement, tu serais évidemment rémunéré … Et il y a à la clé un contrat avec le ludus Lucretius.” Ce contrat là, il vaut son pesant d'or, car si le ludus utilise beaucoup les services des masseurs, ils paient assez largement pour cela. Cependant, il y a un mais. Un mais que Statius apporte assez rapidement. “- A moyen terme.” Cette petite note rajoutée vaut beaucoup: elle explique que Statius a des projets à moyen termes et que Corvus a tout intérêt à se rallier à ceux-ci. Mais à n'en pas douter, le mystère de cette déclaration amènera Corvus à vouloir en savoir plus … N'est-ce-pas ?

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 28 Aoû - 23:30

Une aide bienvenue


Les beuglements des ivrognes dans la taverne résonnent dans l’air jusqu’à peser sur mon crâne mais je ne laisse pourtant rien paraître aux yeux de Statius. Son regard déterminé, sa voix posée, son maniement parfait de la rhétorique de tout bon commerçant… La chose est trop bien préparée. La raison de sa venue est importante et si elle l’est pour lui, il se peut qu’elle le soit également pour moi. Je demeure pourtant celui que tout Pompéi appelle « le Corbeau », et une chose intéressante est pour moi une chose qui a un prix. Un prix honnête. Et j’attends celui de Caeso avec impatience.

Le large sourire qui lui fend d’ailleurs ses lèvres m’incite à croire que le marchand s’attendait à cette réaction de ma part. Pendant quelques instants, j’ai la pénible impression d’être quelqu’un de prévisible, mais je me reprends vite. Caeso me connait. Ce trait de caractère est peut-être même quelque chose qu’il apprécie chez moi. Je suis direct, encore plus lors de telles discussions portées presque uniquement, disons-le, sur les intérêts mutuels et le profit de chacun. Le but de cette rencontre n’est désormais plus un secret : nous parlons affaire.

J’observe Statius et son air satisfait. Sa reconnaissance éternelle… Lui et moi savons pertinemment que malgré toute l’affection que j’ai pour lui, il en faudra un peu plus pour me convaincre. Baissant les yeux vers ma coupe, je souris malgré tout à cette petite pique avant de boire une nouvelle gorgée de vin. Je laisse échapper un gentil soupire, puis, quand je reviens à lui, son air se fait plus sérieux et j’ai soudain l’impression que la véritable négociation s’amorce.

Un contrat chez Lucretius… Immédiatement, ma mémoire ma ramène huit ans en arrière, lorsque j’ai mis les pieds au ludus pour la première fois. Mon travail auprès des gladiateurs, je n’en ai certainement pas un mauvais souvenir. J’y ai rencontré des esclaves encore maigres et inconnus qui aujourd’hui ont foulé le sable de l’amphithéâtre lors des primus. J’ai noué des liens avec de nombreux gladiateurs, certains aujourd’hui sont morts, d’autres combattent toujours avec l’espoir de graver leur noms dans l’histoire pompéienne. Pendant ces cinq années au service de Lucretius, j’ai appris à aimer la gladiature, à m‘en passionner, et cet amour pour le duel ne m’a jamais quitté depuis. Les soins que nécessitent leurs corps brisés par l’effort quotidien, je les connais sur le bout des doigts. Et revoir certains de mes anciens compagnons serait, je l’avoue, quelque chose qui me plairait bien.  

Pourtant, je ne peux pas si aisément oublier la place qui est aujourd’hui la mienne. Aux thermes des Stabies, j’ai rencontré bon nombre d’hommes puissants, de gras sénateurs et de riches marchands. Ce réseau qui s’est peu à peu tissé autour de moi, je risque de le perdre en m’enfermant de nouveau dans un lieu aussi clos qu’un ludus. Et ma rémunération, sans compter les pourboires parfois généreux des hommes que je soigne, est déjà plus qu’honorable. Le dilemme est donc certain et la décision complexe.

C’est alors que Statius rajoute quelques mots qui changent radicalement la donne. « A moyen terme. » Immédiatement, mes sourcils se froncent et je lui lance un regard intrigué. Je n’ai jamais aimé les devinettes et les incertitudes. Si Caeso veut faire affaire avec moi, il va devoir jouer franc jeu.

- Et que veut dire « a moyen terme » ?

Doucement, je m’enfonce davantage sur mon dossier et ramène ma coupe de vin à mes lèvres. Je réfléchis quelques secondes sans bien savoir quoi faire. Je n’ai pour ainsi dire pas beaucoup de matière me permettant d’évaluer convenablement la situation. Tout cela me semble encore bien obscur.

Mes doigts viennent distraitement dessiner le contour de ma bouche sur ma barbe naissante et, quand mes yeux viennent recroiser ceux de Statius, je compte bien lui faire part de tout ce qui me freine dans ce mystérieux projet qu’il semble avoir bien du mal à me décrire.

- Et pourquoi irais-je au ludus Lucretius ? J’y ai déjà appris tout ce dont je peux avoir besoin et j’ai aujourd’hui un emploi confortable aux thermes. Je rencontre du beau monde, j’y reçois une bonne paie. Fronto… Ou plutôt Ilithyia, peut-elle encore rivaliser avec ça ?

A vrai dire, ma question est des plus sincères car je sais que les Lucretii ont de la ressource. Leur concurrence est rude, mais après les récents déboires qu’a connu leur maison, ils seraient capable de mettre le prix pour se donner toutes les chances d’enfin récupérer le titre de champion et toutes les richesses que cela peut apporter avec lui. Cette place en or est donc tout à fait probable. Mais j’ai besoin d’en savoir plus… Tellement plus…

Je me penche alors sur la table pour me rapprocher de Caeso et je lui murmure d’une voix grave :

- Sérieusement, Caeso, il va falloir m’en dire plus que ça. Tu me demandes de jouer gros sur ce coup là. Sais-tu ce que je risque en quittant les thermes ?

Non, je ne suis pas certain qu’il le sache. Il faut connaitre la richesse que peuvent apporter les bonnes relations pour le comprendre et je ne sais pas si Statius jouit d’un réseau aussi dense que celui que je me suis créé grâce à mon boulot. Mais je comprends également ce qui peut inciter quelqu’un à garder pour lui ce genre de secrets et l’affection n’amène pas une confiance aveugle. Je me dois pourtant d’essayer. Je dois tenter de le convaincre de me livrer au moins une partie de ce qu’il manigance, assez pour me sentir véritablement lié par un marché, et non roulé dans la farine par un tout jeune marchand d’esclaves.

Le silence qui s’est installé entre nous a déjà duré plusieurs secondes et je me lance alors en prenant ma voix la plus rassurante :

- Alors, dis-moi… Qu’est-ce que tu prépares ?
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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Ven 5 Sep - 9:37



    Comme toujours à Pompei, la négociation est un art subtil extrêmement complexe à maîtriser. Malgré les années qui sont déjà passées, Caeso Epidius Statius ne peut pas dire qu'il est certain, à chaque fois, de voir ses transactions aboutir. Bien au contraire, il le sait, pendant ces négociations, le jeune homme est sur le fil du rasoir: un mot de trop, un mot en moins et voilà ses rêves qui s'envolent. Caeso en est éminemment conscient et prend donc bien garde à ce qu'il dit, pense et présente comme arguments. Cela est nécessaire … presque vital, dans sa vie. Avec l'âge et une certaine maturité -il a tout de même la trentaine- il a appris cependant quelques ficelles lui permettant de s'en tirer bien mieux que d'autres … mais toujours bien moins bien que certains autres.

    Avec Corvus, Caeso a un avantage: ils se connaissent. Pas parfaitement, bien entendu, mais suffisamment pour que le marchand d'esclaves sache repérer les hésitations, les faiblesses et même les doutes de son partenaire … Un partenaire qui devient d'ailleurs un adversaire dans certaines phases des transactions. Caeso le sait, il lui faudra convaincre et c'est dans cette perspective qu'il met toute son énergie dans cette rencontre d'un genre nouveau.

    Les sous-entendus flottent dans l'air, tandis que Caeso développe ses idées face à cet ami de la famille. Bien entendu, chaque mot est pesé et chaque idée est amenée avec une volonté particulière. Caeso essaie en vérité de maîtriser ce qui se passe, même si certaines choses lui échappent. Ainsi, les quelques mots prononcés en fin de discours, ces fameux “à moyen terme” sont prononcés avec légèrement plus de joie qu'il n'aurait du. Mais ce n'est rien. Caeso sait qu'il réussira à se reprendre, même si bien entendu, Corvus ne laisse pas pareille occasion d'en savoir plus. A moyen terme … Que répondre ? Caeso dirait bien quelque chose comme “quand j'aurais épousé la belle”. Mais il ne dit rien. Pas encore. Corvus ne doit pas tout savoir. “-Je suis en négociation avec le ludus. Des négociations d'un genre qui nécessite un peu de temps.” Il n'en dira pas plus. De toute façon, cela n'est pas nécessité, puisque Corvus va plus loin, déjà, actant le rapprochement avec le ludus Lucretii comme d'un futur proche. Ma foi, ce n'est pas Caeso qui s'en plaindrait!

    Les questions de Corvus continuent à pleuvoir et Caeso fait de son mieux pour être en mesure d'y répondre, d'une manière ou d'une autre. Cependant, il semblait que Corvus se soit mépris. Caeso décide donc immédiatement d'éclaircir cette situation. “-Tu te méprends. Je ne te demande pas de quitter les thermes définitivement, bien au contraire. Je n'ai besoin que de ta présence ponctuelle … disons une fois que tu as fini ton office là-bas. Plus tard, peut-être que si tu le souhaites, le ludus pourra t'employer de manière définitive, mais ce que je ne demande là, ce n'est qu'un coup de main, une aide ponctuelle en quelque sorte.” Minimiser ce qu'il demande est une stratégie comme une autre, mais Caeso n'est pas certain du tout que ce soit la meilleure qu'il existe. Pourtant, il en use, en abuse, même

    Et c'est alors que son partenaire d'affaires abat une dernière carte. La curiosité est un très vilain défaut, Caeso n'a de cesse de le dire et de le penser. Pourtant, il ne s'étonne pas que Corvus ne lâche pas l'affaire. Bien entendu, celui-ci veut savoir de quoi il en retourne. Caeso a voulu l'appâter mais il a trop mis en avant ses ambitions. Certes, maintenant Corvus est attiré dans ses filets, mais à quel prix. Peu désireux de se dévoiler, Caeso choisit une tactique intéressante. “-Que crois-tu donc que je prépare, mon ami ?” Répondre à la question par une autre interrogation. Cela donne certes à Caeso le temps de se reprendre. Mais cela ne durera pas …

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 18 Sep - 8:46

Une aide bienvenue


Les interrogations sont nombreuses et les mystères entiers. De tout le projet de Caeso, je ne vois qu’une partie encore floue et le jeune marchand me semble de plus en plus déterminé à garder secret le reste. Il est calme, réfléchi, et la façon dont il répond à chacune de mes questions me fait croire que tout est déjà bien préparé dans son esprit, et qu’il a anticipé jusqu’à mes réactions. J’ai la désagréable impression d’être prévisible et mes sourcils se froncent. Mais une autre part de moi en est heureuse car je réalise alors quel homme est en train de devenir Caeso. Et ce nouvel homme m’inspire…

J’ai connu Statius bien des années auparavant, par le biais de son père. Il n’était alors qu’un adolescent apprenant le métier de son prédécesseur pour prendre sa suite quand celui-ci serait trop fatigué pour continuer seul l’activité familiale. Mais je ne me suis rapproché du jeune Epidius qu’après avoir rencontré sa sœur, Ravilla, lors d’une vente d’esclave au ludus lucretius où elle était venue seule. Devenir plus proche de la sœur m’a fait devenir plus proche du frère… Mais aujourd’hui, l’adolescent n’est plus et c’est en face d’un véritable commerçant que je me trouve, un stratège qui, lorsque l’on parle affaires, en oublie presque l’affection qu’il peut porter à son interlocuteur, ce qui est, dans ce contexte, bien plus un compliment qu’un reproche.

Evidemment, tous ces mystères m’incommodent et plus Caeso refuse de me dire, plus il éveille ma curiosité. Ce contrat à « moyen terme » me dérange, car je n’aime pas vraiment m’engager sur un chemin dont je ne connais pas les travers. Mais je n’insiste pas davantage, car je sais par avance qu’une nouvelle tentative serait vouée à l’échec.

Mais ce qui m’inquiète bien plus encore, c’est cette possibilité de me voir quitter les thermes. J’y connais tellement de monde, j’y ai établi tellement d’alliances… Risquer de tout perdre m’effraie, même si rejoindre Lucretius est une opportunité qui ne se représentera peut-être jamais. Mon visage reste donc fermé lorsque je lui fais part de mes doutes, et ce qu’il me répond alors m’arrache un soupir de soulagement que je ne cherche pas à cacher.

- Aaah... Tu sais que tu me rassures, Statius ?

Je bois une gorgée de vin pour humidifier ma gorgée trop sèche et reprends, bien moins crispé.

- Le contrat pourrait paraître moins alléchant pour un tout jeune masseur qui n’a pas encore eu le temps de se créer un réseau comme le mien, mais pour moi, c’est une place qui me conviendrait bien mieux. Je préfère conserver les avantages que me confèrent mes places. Mais si je peux les cumuler tous…


Je ne termine pas ma phrase, voilà qui serait trop simple. Peu de choses m’empêchent d’accepter son marché tout de suite, mais j’ai encore quelques cartes à jouer et une curiosité à satisfaire. De plus, les détails de notre marché n’ont pas encore été évoqués, et même si mon métier me passionne, additionner plusieurs heures par semaines, le soir, à celles que je dois déjà faire aux thermes des Stabies demeure quelque chose à considérer sérieusement.

- Je supposes que tu ne sais pas encore de combien d’heures tu aurais exactement besoin… murmuré-je, pensif. Mais tu ne me feras pas coucher trop tard, n’est-ce pas ? Tu sais que j’ai des filles à aller voir…

Je lui lance un sourire entendu censé détendre quelque peu cette atmosphère peut-être trop commerciale qui s’est lentement installée entre nous. Puis je bois à nouveau et plante mon regard dans le sien quelques secondes. Il reste une question que je meurs d’envie de lui poser, et je sais que je ne résisterai pas à la tentation. J’ai terriblement envie de savoir ce qu’il prépare… J’ai toujours affectionné l’inconnu, mais j’admire davantage encore la traque. Depuis que je me suis assis à cette table, Caeso s’est appliqué à brouiller les pistes, à me donner uniquement ce dont j’ai strictement besoin. Mais je ne veux pas être passif dans cette histoire, et il est temps qu’il le sache. Ma question se fraye alors un chemin entre mes lèvres. Et la réponse de Statius m’arrache un sourire amusé. Je lui réponds alors en un murmure :

- Quelque chose d’assez important pour que tu le gardes pour toi…

Ma voix a été plus grave et pensive que je ne l’aurais cru et mon imagination s’emballe. Je suis aussi frustré qu’amusé par ce qu’il se passe. Caeso est malin et sa détermination m’étonne. Soit son projet est dangereux, soit il est complètement fou et dans les deux cas, le dévoiler serait visiblement risquer de perdre mon soutien. Oui, je parle déjà de soutien, car plus j’y réfléchis et moins je trouve de raison de refuser son offre. Moins de temps libre, c’est moins de pichets de vin à payer à Faustus, ce qui ne me ferait pas de mal. Avec ces quelques heures de travail supplémentaires, convenablement payées, je pourrais peut-être enfin rattraper mes quelques dettes de jeu avant que des inconnus aux gros bras ne viennent mettre leur dernière menace à l’œuvre. Qu’avaient-ils dit déjà ? Ah oui… « Avec ta nouvelle gueule, même les putes ne voudront plus t’approcher… » Charmant.

- Cela doit être un sacré projet, pour que tu refuses de l’exposer même à un ami que tu souhaites mêler à ton histoire…

Je n’en suis pas blessé. Je suis simplement obsédé par ce qu’il me cache, par l’importance que cela doit avoir. Mes sourcils se froncent quelque peu alors que mon pouce vient distraitement caresser ma lèvre inférieure. J’ai envie de savoir, mais je ne veux pas qu’il se referme sur lui-même en se sentant menacé. Je joue le rôle d’un équilibriste, cherchant le juste milieu entre l’acceptation trop simple et l’insistance trop poussée. Le regard de Statius me semble imperméable à toute émotion, sa négociation est peut-être bien mieux menée que je ne l’aurais crue. Certainement, même…

J’inspire profondément, cherchant à prendre ma décision. Statius est un homme que j’apprécie réellement et en qui je suppose que j’ai confiance. Une certaine vanité me pousserait à m’offusquer de ce mystère qu’il entretient, car cela montre qu’il ne peut pas encore tout me dire. Mais au fond, suis-je moi-même capable de lui conter toutes mes ambitions et tous mes travers ?

Certainement pas.

Je ne lui en tiens donc pas rigueur, même si je refuse de me dire déjà vaincu. Peut-être qu’une trêve me permettra plus tard de remporter la bataille…

- Tu as certainement tes raisons. Garde donc ton secret…

J’ajoute cependant d’une voix chaude, comme si je voulais séduire sa conscience :

- J’espère simplement que tu trouveras le moyen de ne pas me mettre devant le fait accompli.

Je lui lance un regard entendu et retourne à mon vin. Alors, lorsque ma coupe vient frapper de nouveau la table, ma décision est prise.

- Alors... Quand est-ce que je commence ?

Un sourire sincère se dessine sur mon visage et je tends mon bras vers lui pour sceller notre accord par ce doux son des coupes de vin qui s’entrechoquent.


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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Lun 22 Sep - 9:14



    Cette belle discussion entre Caeso et Corvus semblait se dérouler selon un schéma qui n'était pas pré-établi. En effet, le jeune marchand d'esclaves -si il savait ce qu'il voulait obtenir finalement- n'était pas de ceux capables de dire exactement comment il allait finalement procéder. Une belle statégie de négociation, voilà qui pouvait effectivement être intéressant. Néanmoins, Caeso le savait: finalement, il variait toujours de ce qui était initialement prévu, se retrouvant à essayer de nouveaux arguments voire à changer son objectif final.

    Ce n'était cependant pas le cas pour ce dernier point, ce jour-là. Dès le départ, Caeso avait prévu les réticences de son ami à abandonner sa place qu'il avait très sûrement chèrement gagné de masseur dans les thermes publiques. Certes, sa réputation était bonne dans le milieu, mais tout lâcher pour suivre Caeso pouvait se révéler dangereux. Corvus, bien entendu, l'avait perçu immédiatement et n'avait donc pas accepté de but en blanc cette proposition. Le marchand d'esclaves, toutefois, était plus fin que cela: il avait proposé un compromis qui semblait concilier les intérêts des deux parties et attendaient de voir si cela avait une chance quelconque de fonctionner.

    Devant le visage relâché de son interlocuteur, Statius sut qu'il avait au moins réussi à détendre son ami. Corvus, désormais, semblait prêt à en savoir plus sur les modalités de cet accord, ce qui satisfaisait tout à fait le cher Epidius. Un large sourire -spontané comme souvent- vint se poser sur les lèvres de l'esclavagiste, qui commençait à apprécier le déroulement de toute cette discussion. On touchait au but, en d'autres termes. “-Je me disais bien que tu finirais par avoir les grands avantages de ce que je te propose. Tu ménages la chèvre et le chou et tu obtiens les avantages des deux.”

    Idéaliser cette situation était bien entendu dans les objectifs de Caeso. Cependant, ce qu'il disait n'était pas si loin de la réalité. Certes, son ami serait surmené pendant quelques temps … Mais sa vie matérielle en serait tout à fait amélioré et cela en valait très certainement le coût horaire …
    La question suivante fut amenée avec une pointe d'humour et Caeso ne put s'empêcher de rire. Des filles à voir … Si son ami semblait en vouloir plusieurs, Caeso, lui, n'avait qu'un objectif en tête, ces derniers temps. C'était Lucretia Ilythia qu'il souhaitait voir entrer dans son lit et si possible, par la grande porte: celle du mariage. Il ne perdait pas de vue cet objectif finalement et espérait réellement que cela se concrétiserait. Il n'y avait après tout pas de raison que cela n'arrive pas. Elle semblait toute proche de lui tomber dans les bras. Mais n'idéalisait-il pas les choses, dans son désir si fort qu'une pareille chose arrive ?

    “-Tu auras toujours le temps pour la gaudriole, mon ami!” Cela était dit. Mais Caeso se doutait que son ami n'en resterait pas là: très certainement voudrait-il savoir ce que manigançait son ami. Caeso ne fut pas déçu: Corvus commença à poser de nouvelles questions. Il ne semblait pas en colère, ni déçu, mais plutôt frustré de ne pas réussir à mettre le doigt sur les projets de Corvus. Le jeune homme faillit d'ailleurs céder à la pression que lui mit Corvus, mais il résista courageusement, ne souhaitant pas se dévoiler plus loin. Gardant le silence, coûte que coûte, le jeune homme ne lâcha pas le regard de Corvus, souhaitant que celui-ci continue à lui faire confiance, malgré tout.

    Enfin, et Statius en fut soulagé, son ami accepta l'idée qu'il n'en saurait pas plus et préféra échanger avec lui un sourire visiblement sincère. Caeso Epidius Statius n'hésita pas une seule seconde à accepter ce changement de conversation. “-Dès demain si tu le veux, ou la semaine prochaine si tu veux un peu de temps.” Le plus vite sera le mieux, Caeso n'en doute pas. Tendant à son tour le bras, Caeso répond au geste de son ami, faisant retentir un entrechoc de deux chopes, avec un grand sourire. “-A nous, mon ami!” Il sourit et but une gorgée, ravi de cette fin de discussion. “-Maintenant que cette question est réglée, nous pouvons discuter plus légèrement … Quelles sont les nouvelles chez toi, mon ami ?” Caeso était certes venu discuter affaire, mais il appréciait sincèrement ce cher Corvus et attendait d'en savoir plus.

    Détendu, désormais, le jeune homme souriait et buvait son vin avec bonne humeur. Il était arrivé à ses fins d'une manière qui ne l'avait nullement obligé à trop se confier. Il gardait pour lui son secret et ses ambitions … pour le moment du moins.

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Mer 22 Oct - 14:10

Une aide bienvenue


Nos coupes s’entrechoquent et le vin coule lentement dans ma gorge. Je savoure avec peu d’entrain ce breuvage douteux pendant que la voix de Statius résonne à mes oreilles comme le ronronnement d’un gros chat. Je ne suis pas dupe, le marchand a obtenu ce qu’il voulait et il gronde de satisfaction devant sa victoire. Je le laisse profiter de son succès, il le mérite bien.

Me voilà donc en affaires avec mon ami Statius… Notre avenir ensemble me semble encore un peu flou car je ne sais toujours pas pour quelle raison je travaille pour lui réellement. Ces esclaves que je dois amener à un tel stade de perfection, les relations de confiances avec Ilithyia… Je ne sais que mon rôle dans tout ce projet sans en connaître pour le moment les réelles répercussions. Je me retrouve finalement dans une position peu confortable et je réalise que je n’accepterai pas de tels marchés avec n’importe qui et que mon affection pour Caeso joue pour beaucoup dans ce marché que nous avons conclu tous les deux. Pour autant, je demeure assez confiant. Certains diraient que je suis toujours confiant, certes. Mais mes raisons me semblent aujourd’hui plus légitime qu’à l’accoutumée et, quelque part, je garde la main sur une partie de mon avenir car je considère que Statius me doit une faveur, une faveur que je pourrai venir lui rappeler en temps voulu. L’amitié n’empêche pas les règles élémentaires de négociation et je crois que ce cher Caeso me connait assez pour savoir que je ne fais rien par pure charité. Je considère cet accord comme une aide apportée à son mystérieux projet et il m’aidera donc pour un des miens. Pur échange. Pure solidarité. Et ainsi, nous serons quittes.

- Compte sur moi demain, en ce cas…

Je lui lance un sourire teinté d’excitation. J’ai hâte de retrouver le monde de la gladiature qui me semble étrangement lointain désormais. Et travailler avec Statius demeure objectivement très sympathique. Moi qui ai toujours conservé de bonnes relations avec les Epidii ne fais que renforcer ainsi cette alliance tacite entre nous. Décidément, cette journée s’annonce bien meilleure que je ne l’aurais crue.

Caeso avale une gorgée de vin et reprend alors la parole d’une voix bien plus détendue. Les discussions légères peuvent apparemment reprendre leurs droits et je laisse mes yeux parcourir les contours de ma coupe avec détachement pendant que je lui réponds, pensif :

- Il me semble avoir peu de raisons de me plaindre, mon ami. Je déserte toujours autant ma chambre bruyante à l’insula et continue de remplir les poches de Faustus avec abnégation.

Mon visage se referme quelque peu alors que je m’apprête à parler de mon frère, mais je tente de dissimuler ma frustration derrière le masque de l’indifférence, sans grande conviction.

- Tiberius continue d’être félicité aux thermes par nos supérieurs et je ne serais pas surpris si l’un d’eux lui proposait bientôt une proposition disons… alléchante. Cela ne serait que justice, je suppose.

Je bois une nouvelle gorgée de vin pour me laver la bouche des mots que je viens de prononcer, puis reprends, moins crispé.

- Musca va bien, toujours aussi rêveuse. Tu me rappelles qu’elle me demande depuis des jours de passer à la villa familiale… Il faudra que je m’y rende un de ces jours avant qu’elle ne me réserve sa moue boudeuse pour les trois prochaines décennies. Pulchra est toujours aussi belle et toujours aussi courtisée. Je suis bien heureux de laisser toutes ces questions de mariage à mon père et mon frère. Ce petit bout de femme est bien trop entêté pour que je garde ma patience plus d’une heure en sa compagnie.

Evoquer mon père me rappelle son air épuisé la dernière fois que j’ai eu l’occasion de le voir. Je garde le silence quelques secondes, les sourcils légèrement froncés par mon inquiétude.

- Scapula est... fatigué, ces derniers temps. Je ne sais pas à quand remonte votre dernière entrevue, mais mon père me semble… de plus en plus vieux. J’espère que cela n’est dû qu’à un manque de sommeil  passager.

Ma dernière phrase me semble soudainement bien creuse et je bois à nouveau. La vérité est que mon père semble avoir perdu le sommeil depuis des mois si tel est le cas car son état me paraît s’aggraver à chacune de mes visites. Mais le patriarche refuse de garder le lit et je n’essaie plus de le raisonner depuis longtemps. Empêcher Scapula de travailler c’est le laisser mourir à petit feu et j'ai pourtant l’impression de le voir disparaître malgré tout chaque jour davantage dans les profondeurs du Styx. Je me sens totalement désarmé...

Mais je secoue soudain légèrement la tête pour m’échapper de ces pensées sombres face à Statius. Il est des sentiments que je ne suis pas prêt à partager avec quiconque sur cette terre et ceux-ci en font indéniablement partie. J’évite donc de terminer sur cette note sombre pour esquiver les questions qui pourraient suivre.

- Et ta petite famille, l’ami ? Comment se porte le commerce de ton frère ? Béni par les dieux, je l’espère…

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Jeu 30 Oct - 21:11



    L'amitié était une valeur dont Caeso Epidius Statius avait rapidement compris le sens, d'autant plus que la famille n'avait pas toujours été tendre avec lui. Petit frère de bien des grands frères, il avait du se faire un nom malgré la situation et cela n'avait pas été sans peine. Aujourd'hui, il faisait de son mieux pour que tout se passe bien avec les siens, mais il n'oubliait pas le passé. Ainsi était Caeso. Il passait l'éponge, mais jamais il n'oubliait. Certes, les erreurs passées ne méritaient pas qu'on en reparle sans cesse … Mais il fallait se souvenir de ce dont était capable les autres.

    Avec Corvus, toutefois, Caeso n'avait pour le moment pas de souvenirs négatifs dont il aurait du se souvenir. Si il avait du connaître l'échec dans leurs négociations d'aujourd'hui, en revanche, cela aurait pu teinter leur amitié d'amertume. En effet, Caeso était certain de sa bonne foi et des avantages certains qu'il allait procurer à son ami. Dans ces conditions, pourquoi Corvus refuserait-elle ? L'idée -même que son ami puisse ne pas le suivre aurait été un affront à leur amitié et Caeso était donc bien heureux que cela se passe différemment. Après tout, Corvus connaissait bien Epidia et Caeso n'avait aucune envie de blesser sa soeur par des problèmes mettant en cause Corvus.

    Fort heureusement donc, l'accord venait d'être conclu, après des tractations qui avaient duré plusieurs minutes. Certes, on n'avait pas négocié ici un traité des jours durant, mais pour Caeso, la victoire était quand même là. Heureux d'avoir obtenu un soutien dans sa course au ludus, le jeune homme but sa coupe avec plus grand plaisir qu'il ne l'aurait fait quelques minutes plus tôt. Soulagé, en vérité, de voir qu'il approchait peu à peu son but, Caeso s'autorisa à mettre son esprit en repos le temps d'une conversation amicale. Oublier les difficultés, les stratégies, les sentiments, les problèmes. Là, seulement pendant quelques minutes ou quelques heures au plus, Caeso se reposerait sur un ami solide.

    Lentement, Corvus délie sa langue, racontant à Statius ce qu'il en est. L'Epidii sait en gros de quoi il en retourne, il connaît la famille de Manius, connaît les différentes tensions qui peuvent exister. De toute façon, quoi qu'on essaie de cacher, cela ne fonctionne pas dans la plèbe pompéienne: tout finit par se savoir, d'une manière ou d'une autre. Et en vérité, le secret bien caché de Caeso Epidius Statius ne durera pas forcément longtemps. Un jour ou l'autre, quelqu'un commentera sa manière d'être aussi proche de Lucretia, alors que ce pauvre Titus est alité. Et cela en sera fini de sa capacité à agir discrètement. Rapidement, il devra se déclarer dans ses intentions ou la pauvre Lucretia aura des problèmes. Ou alors, il devra cesser de la voir. Mais Caeso espère encore un peu garder pour lui ses intentions. Ainsi, quand Corvus parla de son frère, Caeso put voir qu'il y avait entre eux toujours une rivalité. Il pouvait comprendre … Lui aussi vivait cela. Hochant la tête, toutefois, il choisit de ne pas commenter plus que cela, du moins pour le moment.

    De fait, Corvus continuait de parler de ses soeurs et la remarque sur Pulchra amusa beaucoup Caeso. “-Ah ces femmes, elles nous font tourner en bourrique.” Il pensait gentiment à sa propre soeur, Epidia. “-Mais ne le dis pas à ma chère soeur, tu imagines qu'elle n'apprécierait pas!” Il eut un grand rire, en pensant à la tête de sa chère soeur si elle savait qu'il l'utilisait dans une métaphore employant une bourrique.

    Malheureusement, toutefois, l'heure n'était pas à la discussion amusée, du moins pas trop longtemps car déjà Corvus expliquait que son père vieillissait. “-J'en suis bien désolé pour ton père … A-t-il fait des offrandes aux Dieux, récemment ?” Pour Caeso, c'était la première chose à faire quand on sentait qu'on allait moins bien. C'était désormais à son tour de parler, de raconter, de dire ce qu'il en était. “-Nous allons bien, le retour d'Epidia auprès de nous nous ravit même si les circonstances sont bien tristes. Le commerce va bien, même si mon frère espère toujours mieux.” Une manière de dire que les dents de son frère rayait le parquet tant il avait de l'ambition. Cela n'empêchait toutefois pas Caeso de prévoir d'en avoir autant que lui, voire plus. “-Mère est quant à elle toujours semblable à elle-même. Un vrai roc.” La mère de Caeso était le coeur du foyer, dans toute l'acception de ce terme. “-Le temps passe … que veux tu!” Dire des banalités en conclusion était … d'une banalité affligeante!

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Mar 11 Nov - 15:53

Une aide bienvenue


Un instant, je regrette de ne pas parvenir à offrir à mon ami la légèreté de discussion qu’il semble rechercher à présent. Parler de ma famille n’est certes pas pour moi la meilleure façon de calmer mes nerfs et c’est une réalité que je ne peux que difficilement cacher. Mon père vieillit, mon frère me rappelle tous mes échecs, ma chère Musca est menacée par un mariage prochain et Pulchra est… Pulchra. Juste Pulchra. Ce qui suffit amplement ! Oh ! Il serait bien ingrat de cracher sur ma famille qui demeure malgré tout ce que je peux lui reprocher un des rares piliers de ma vie dont la base ne s’effrite pas encore. Mais la combler d’éloges ne serait mensonges et je ne ferais pas à Statius l’affront de dissimuler tout cela derrière cette illusion. Il ne le mérite et me connait trop pour cela. Qu’il sache de quoi il en retourne me paraît digne de lui et si je ne lui dis pas tout, je n’en demeure pas moins sincère dans tout ce que je lui confie.

La pique qu’il lance sur les femmes me fait sourire et alors qu’il évoque Epidia, je ne peux m’empêcher de lui rétorquer :

- Elle en joue assez pour être consciente de ce genre de talents sans que je les lui rappelle, mon ami. Sois en sûr !

Mon rire accompagne celui de Statius et je bois une gorgée de vin pour humidifier ma gorge qui s’assèche lorsqu’il refait allusion à mon père. Je pense alors avoir éventé une rumeur qui ne tardera pas à empoisonner chaque ruelle de Pompéi. Un homme comme Scapula demeure connu d’une bonne partie de la plèbe et même de certaines familles patriciennes et sa santé fragile commence à se deviner. Lorsque son travail aux thermes deviendra trop difficile pour ses vieilles mains, toute la ville n’hésitera pas à lui mettre le premier pied dans la tombe… Si un homme doit connaître en premier les menaces que je prévois pour mon père, je préfère que ce soit Statius.

Ses paroles se veulent réconfortantes et je ne peux qu’apprécier son geste. Mais cette solution divine me laisse amer et je lui réponds en un murmure grave :

- Les dieux… Ils semblent bien trop occupés à faire trembler la terre et couler les navires pour répondre à nos prières. Scapula n’a jamais cessé de leur faire des offrandes. Je lui souhaite d’être plus apprécié d’eux que je ne l’ai été.

Beaucoup de Pompéiens s’en remettent aux divinités et semblent y trouver ce qu’ils y cherchent, car ils n’ont de cesse de réitérer leurs offrandes et leurs prières. Les miennes n’ont pour ma part jamais été véritablement entendues. Peut-être ai-je toujours manqué de ferveur à leur égard ? Je ne suis pas homme à me remettre souvent en question mais la remarque de Statius a le mérite de me faire réfléchir à ce propos, ne serait-ce qu’un instant. L’envie de retenter l’expérience m’effleure, peut-être parce que mon impuissance me force à me tourner, sinon vers l’impossible, au moins vers l’improbable. Une réponse divine pour aider mon père… Les services des dieux ne sont jamais sans redevance et si devoir de l’argent est quelque chose qui m’est malheureusement plus que familier, devoir une faveur me semble autrement plus dangereux, car on apprend les réelles clauses du contrat qu’une fois ce dernier signé.

Non, je ne pense pas encore être capable de m’en remettre ainsi aux dieux, quels qu’ils soient. Peut-être prierais-je, plus parce que mon père y croit que pour moi. Mais je garde plutôt l’espoir de voir mon père cesser de s’obstiner à se lever aux aurores pour se rendre aux thermes et se reposer enfin, pour préserver ces dernières forces qui lui permettent encore de respirer chaque jour. Et, sans mentir, cette possibilité me semble bien plus probable qu’une réponse divine…

Je comprends pourtant que mes paroles puissent déranger quelqu’un comme Caeso qui garde une foi sincère. Je me force alors à me reprendre :

- Pardonne-moi… Ces quelques soucis me font dire des choses… Insensées.

Je bois à nouveau avant de rebondir sur les quelques nouvelles qu’il me donne de sa famille.

- Ta sœur ne m’a pas l’air si malheureuse d’être revenue aux pieds du Vésuve… L’air pompéien a dû lui manquer. A moins que ce ne soit mon charme ravageur ?

Je ris en lui faisant un clin d’œil. Il n’y a jamais eu d’ambiguïté entre Ravilla et moi, et Statius sait aussi que l’affection que je porte à sa sœur est dénuée de toute attirance charnelle. Je sais donc que ma taquinerie ne sera pas mal interprétée.

- Je suis heureux de savoir ta famille sous de si bons augures.

Le temps passe, oui. Mais les jours ne se ressemblent pas. Pourtant, il est des fins de journées que j’apprécie de revivre encore et encore…

Je lève une dernière fois ma coupe de vin et la termine d’un trait avant de me lever.

- Et si le temps passe, je veux en profiter autant que possible ! Que dirais-tu d’aller boire un coup dans une véritable auberge ? Du genre… avec du véritable vin et de… « véritables serveuses ».

Une voix dans ma tête me murmure déjà que l’auberge de Faustus est le dernier endroit où Statius se rendrait, et elle a certainement raison. Un sourire de défi se dessine sur mes lèvres et j’insiste quand même, avec enthousiasme.

- Allez, viens ! Nous avons un accord à fêter après tout !

Ce soir, j’ai un retour dans la gladiature à arroser et quelques mauvais souvenirs à oublier… Me faire accompagner par un ami serait on ne peut plus apprécié ! Et par Statius, voilà qui serait… Intéressant !

lumos maxima

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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Sam 13 Déc - 20:50



    Un bon contrat venait d'être conclu et Caeso Epidius Statius n'avait aucune raison de s'inquiéter à ce sujet, il savait que Corvus était un réel ami -même si il avait le sens des affaires- et que cela leur permettrait à tous les deux de développer un lien, y compris d'affaires, qui serait tout à fait efficient. Cela, au moins, avait normalement le pouvoir de faire se réjouir le jeune homme. De fait, le marchand d'esclave plaisantait gaiement sur les femmes, signe sans doute que la phase complexe de leur discussion s'était achevée, du moins pour le moment. Le rire coule tout comme le vin entre les deux hommes et Caeso s'autorise cette distraction. Il sait qu'il la mérite et surtout qu'il en aura vraisemblablement besoin dès que possible, lorsqu'il sera confronté à des difficultés bien supérieures, comme le fait de voir partager la gestion d'un commerce bien lucratif avec son père et d'autres membres de la famille.
    Caeso aurait préféré que ce soit lui et lui seul qui puisse prendre les décisions. Et c'était notamment pour cette raison -parmi tant d'autres- qu'il voulait développer un autre commerce et notamment celui des gladiateurs à travers Lucretia. Ainsi, personne d'autre ne pourrait le diriger, commander sa vie … et surtout souvent se tromper. Le moment où enfin il serait maître de sa destinée arriverait, l'espérait-il.

    La solution que proposait Caeso Epidius Statius à bien des maux était de s'en remettre aux Dieux. Visiblement, cette possibilité déplut souverainement à Corvus. Cela, le marchand d'esclaves pouvait le comprendre -ou du moins essayer- puisque bien souvent les Dieux avaient déçu les citoyens dans le passé. Corvus, lui aussi, n'avait pu que constater bien trop souvent combien les oracles lui étaient défavorables. Pourtant, il avait gardé la Foi en ces Dieux. Pour Statius, chaque chose qui lui arrivait était le fruit du travail divin, bonne ou mauvaise. Et dernièrement, il espérait que le vent allait tourner en sa faveur et sa ferveur pour les divinités ne faisaient donc qu'augmenter.
    Toutefois, si Statius peut comprendre des réserves, il a du mal à appréhender cette colère qu'il sent monter chez son ami. Un peu en retrait, soudainement, il ne sait que répondre. Lorsque Corvus finit par s'excuser, Caeso décida de ne pas s'attarder plus longtemps sur cette désagréable sensation et hocha la tête vigoureusement. De fait, il y mit peut-être trop de vigueur pour que cela soit réellement sincère. Il avait été quelque peu choqué par la manière dont son ami avait dépeint les divinités et il se posait milles questions. Bien sûr, cela ne le regardait en rien... Mais il n'aurait pas voulu que cette nouvelle alliance ne soit pas bénie des Dieux.

    Pour revenir à des sujets plus sympathiques, Corvus préfère revenir à Ravilla. Pourquoi pas ! D'autant plus que sur ce sujet, les deux hommes étaient tout à fait d'accord. Sa sœur ne s'était pas pleinement confiée à lui, mais Caeso avait su lire entre les lignes qu'elle n'avait pas été si heureuse qu'elle aurait pu, auprès de son époux. De fait, elle avait tout de suite semblé assez épanouie, de retour à Pompei et Statius s'en était grandement réjoui.

    Redonner à sa sœur une place qui serait celle qu'elle méritait, à l'avenir, voilà encore une motivation de plus pour le marchand d'esclaves. Ravilla méritait ce qu'il y avait de meilleur, elle lui avait prouvé sa loyauté à plusieurs reprises et le ferait très certainement encore dans le futur, Statius n'en doutait pas. Hochant donc la tête, le jeune homme fait montre de son accord. « -Ma famille est chanceuse, crois-moi … tout comme je le suis du retour de ma douce sœur. Ravilla est une femme dont beaucoup d'autres devraient s'inspirer ! » C'était là un compliment ultime, vis à vis de sa sœur.

    La suite de la discussion, en revanche, plut moins à Statius. Le jeune homme -si il ne rechignait pas devant les plaisirs de la chair, il fallait bien l'avouer- n'était cependant pas le premier à se rendre dans un bordel pour y passer la soirée voire la nuit entière. Il y avait maintes activités qu'il préférait à celle-ci. Ce soir-là, même après la conclusion d'un accord de ce type, le jeune homme ne se sentait pas attiré par une telle possibilité. En fait, Statius a aussi peur que des rumeurs arrivent aux oreilles de sa principale alliée -bien qu'elle ne le sache pas encore- Lucretia. Secouant la tête, il se crut donc obligé de décliner. « -Pas ce soir, mon ami. Mais merci pour la discussion et la boisson. » Souriant à son ami, Statius cherchait une échappatoire, ne voulant pas vraiment se retrouver dans une situation compromettante, le soir-même. « -Désolé, mon ami, vraiment … Mais je compte sur toi pour t'amuser pour deux, je suis sur que ce sera dans tes capacités ! » La blague graveleuse était alors de bon goût …

    Se levant, Caeso salua une dernière fois son ami, assez fier du travail qu'ils venaient de réaliser autour d'un vin de piètre allure et d'une salle bondée. Plus tard, leurs conditions de travail seraient différentes, Statius se le jura. Mais en attendant … « -Passe une bonne nuit, l'ami ! »



Désolée -mille fois- pour le retard. J'ai choisi de le conclure, afin qu'on puisse éventuellement repartir sur les nouvelles bases du contexte par exemple ... Smile J'espère que ça te va !
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Message(#) Sujet: Re: Une aide bienvenue [Corvus] Dim 21 Déc - 13:34

Une aide bienvenue


Mes dernières confessions me mettent dans une position délicate et je suis soudain mal à l’aise. Je sais comme mon tact légendaire peut heurter même mes amis sincères et il n’est pas sujet plus dangereux que la foi religieuse. J’espère seulement que Statius ne m’en tiendra pas rigueur et qu’il ne cherchera surtout pas à me convaincre de changer d’opinion. Pas aujourd’hui. Je n’en aurais pas le courage.

Alors que je le vois hocher la tête fortement, je remarque son regard songeur, peut-être légèrement inquiet. Je sais comme nous pouvons être croyants dans l’Empire de Rome et je me trouve bien téméraire d’avoir joué ainsi cette carte de la franchise sans réfléchir. La sincérité est une des conditions des relations d’affaires saines, j’en suis bien conscient, pourtant, sur ce sujet, mieux aurait fallu garder une part de secret qui m’aurait évité ce regard de Statius. Son silence semble m’indiquer pourtant qu’il ne remet pas notre alliance en doute. L’avertissement est bien reçu, mon ami et je prendrai garde à mes paroles par la suite. Je ne veux pas perdre cette place au ludus de Lucretius qui me sera peut-être offerte pour une simple querelle religieuse, d’autant plus que mes quelques amertumes concernant les dieux ne remettent nullement ma foi en doute.

Fort heureusement, ces quelques ombres au tableau de dissipent avec l’évocation de Ravilla qui est un sujet sur lequel aucun de nous deux ne tarit d’éloges. Je sais que son frère peut compter sur son soutien infaillible et que cela ne peut qu’être à mon avantage également. J’aurais certainement l’occasion de parler de cette affaire à Epidia rapidement car quelque chose me dit qu’elle n’est peut-être pas pour rien dans cette entrevue que j’ai avec Statius aujourd’hui.

La discussion semble s’achever sur cette note bien plus agréable et je vide une dernière fois ma coupe de vin. Toutefois, ma soirée n’est pas terminée car j’ai une façon bien personnelle de fêter une bonne affaire que l’auberge Fausta connait par cœur.

Alors que je me lève pour lui proposer de me rejoindre, un sourire taquin vient se dessiner sur mes lèvres. J’imagine déjà les réticences de ce brave Caeso et je me risque à insister pour tenter de le convaincre. Jamais je ne suis parvenu à passer une soirée que j’estime digne de ce nom avec Statius et ma curiosité à cet égard ne cesse de gagner en puissance. Mais son regard se ferme déjà quelque peu et je sens son refus se dessiner rapidement. Alors qu’il secoue doucement la tête, je souris et pousse un gentil soupir. Pas ce soir. Encore.

La blague qu’il me lance en conclusion m’arrache un rire qui lui répond pour moi. Alors qu’il se lève, je me rapproche de lui et nous nous saluons une dernière fois. Ma nuit sera bonne, je n’ai pas de doute à ce sujet, et j’espère que la sienne lui sera tout aussi agréable même si visiblement elle ne sera pas animée de la même façon.

- Compte sur moi demain… ajouté-je avant de disparaître dans les rues du quartier des Stabies.

Une fois dehors, la fraîcheur de la nuit qui approche me fait prendre une grande bouffée d’air. Le sourire que j’affiche et celui des meilleurs jours, de ceux que l’on est heureux de vivre. Le ludus Lucretius… Retrouver ces braves gladiateurs sera véritablement un plaisir. Voilà bien trop longtemps que j’ai quitté la gladiature et il me tarde d’y rejouer un rôle de choix.

Mais pour l’heure, il est temps de fêter cet accord ! Ma destination est toute trouvée et mon vin et mes louves m’y attendent certainement déjà, comme tous les soirs ou presque. Mes pas me guident ainsi naturellement un peu plus loin dans le quartier des Stabies, dans une rue bien plus fréquentée que là où m’a conduit Caeso. Alors que je pousse la porte, le torse bombé par la fierté de ce nouveau contrat décroché, je retrouve avec joie mes camarades habituels de la taverne et les merveilleuses filles de Faustus. J’en cherche une du regard que j’espère bien croiser ce soir.

Demain, je retrouverai Statius et commencerai mon travail auprès des gladiateurs comme au bon vieux temps. Plus que jamais, mes relations privilégiées avec les Epidii semblent me servir en plus d’être agréables. Peut-être est-ce finalement Caeso qui me rouvrira les portes de la gladiature ?


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