INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore



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Venus
Dim 20 Juil - 21:23
INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Venus Pompeiana
₪ Arrivée à Pompéi : 20/08/2012
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Le banquet de Flore


D
es cris s’élèvent dans l’amphithéâtre. Serait-ce une nouvelle catastrophe, encore? Un combat de gladiateurs? Certes, non! Il y vient tout juste de se terminer une procession insolite et pourtant, au combien, festive, propres aux fêtes de Flore, qui agitent Pompéi et toutes les cités romaines en ce moment.  
Cette procession, c’est celles des louves de tous les lupanars de la ville, s’exhibant devant la foule dans des tenues et des poses suggestives, affichant sans retenue aucune leurs tarifs. Moment de gloire pour ces créatures condamnées à la clandestinité et à l’anonymat de la nuit tous les autres soirs de l’année. Comme chaque année, les filles de Julia Felix et d’Ausonius Faustus, rivalisant de charme et d’extravagances, ont été particulièrement  remarquées et applaudies par les Pompéiens, hommes, femmes et enfants.
En effet, nul –sauf peut-être les vieux barbons agrippés à leur morale et à la vertu-  ne trouve à s’offusquer de cette célébration licencieuse, censée assurer la fertilité et la fécondité de toute la cité et de la nature.

E
t toute la populace s’élance à présent à la lumière des flambeaux, au son des flûtes, des lyres et des tambours, dans une joyeuse et insouciante procession le long de la rue de l’Abondance, foulant un tapis de fleurs multicolores. Tous ont coiffé des couronnes de tilleul ou de fleurs sauvages, et revêtus des tenues colorées également, pâles ou vives, accompagnant la renaissance des fleurs et des fruits.
Du simple esclave à la précieuse patricienne, aucun n’est oublié ou laissé de côté ce soir, et tous se mélangent avec l’aisance dont ils peuvent faire preuve. Oh bien sûr, l’échelle sociale ne saurait être totalement gommée mais elle est volontairement ignorée afin de montrer aux dieux et aux hommes la cohésion de la belle Pompéi.

Personne n’a oublié la catastrophe des jeux en l’honneur de Cérès, une dizaine de jours auparavant, pourtant, si on y pense, ce n’est qu’en secret. Nul ne songerait aborder publiquement la question de ce carnage qui a pourtant laissé des familles endeuillées et des autorités publiques ébranlées et outragées. C’est qu’on craint, une fois encore, que la divine Cérès n’ait été courroucée de voir ses fêtes ainsi gâchées.
En ce jour,  clôturant ses fêtes et inaugurant celles de Flore, toute la cité a à cœur de se montrer sous son jour le plus fervent, le plus pieux et le plus uni. Et c’est pourquoi cette fin d’ après-midi, et pour encore toute une semaine, tout Pompéi bruisse de musique, de rires, d’acclamations et de fête.

P
arvenue à la porte marine, ouvrant à l’horizon sur la mer, au-delà des remparts de la cité, la procession s’éparpille dans les champs d’oliviers alentours, baignés par les derniers rayons du soleil flamboyant. De longues tables y ont été dressées, sur ces terres publiques qui appartiennent à toute la cité. Le banquet de Flore est offert par celle-ci d’ailleurs, et le menu s’annonce savoureux : légumes frais, coquillages du matin, puis volailles farcies, jambons affinés, poissons marinés et enfin fruits confits, pâtisseries au miel. Son oublier le vin… Beaucoup de vin! Comme s’il en pleuvait! Comme si Bacchus lui-même avait ouvert ses caves pour Pompéi! Du vin d’ici, bien sûr!, de la bonne terre de Campanie.

Déjà les convives, des milliers et des milliers d’individus, s’installent, les musiciens lancent les premiers accords et les danseuses déhanchent leurs corps. Il flotte dans l’air un doux parfum de communion, la douce ivresse de la gaieté retrouvée, le renouveau du printemps.

***

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code by biscotte
Arene
Lun 21 Juil - 16:48
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Priam
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Le banquet de Flore
The happy life by these:
The quiet mind, the equal friend.
No grudge, no strife,
Wisdom joined with simplicity.
The night discharged of all care.



L orsqu’il s’est agit de revêtir les tuniques qu’Ilithyia nous destinait pour aujourd’hui, je n’ai pu retenir un froncement de nez. Son frère nous épargnait des couleurs trop chatoyantes, mais en son absence et Domina aux commandes du ludus, nous voilà parés de de tissus chamoirés éclatants de couleurs et de reflet, finement brodés. Le tissu de la mienne, bleu azur, était doux entre mes doigts, mais semblait si fin et si fragile que j’ai crains un instant de le déchirer par mégarde. Et surtout je suis peu habitué aux tuniques. Cela me fait sentir comme un Romain.

Mon humeur maussade n’a pas su tenir face à la gaieté qui a progressivement emplit les murs de Pompéi sous le ciel de cette journée radieuse. Dans l’amphithéâtre tout d’abord, assis dans les gradins en spectateur pour la seule fois de l’année,  j’ai sifflé et applaudit à tout rompre les catins qui défilaient et leurs poses aguicheuses. Puis lorsque ce fut au tour de Kerta, qui souleva une bonne partie du public, je me levais et renchéris devant l’écriteau qu’elle présentait : « Est-ce qu’elle ne vaut pas plus que cela, peuple de Pompéi ? » et de faire redoubler les acclamations derrière nous.


E t puis, alors que nous avançons, mes frères et moi, emportés au milieu de cette foule immense qui déferle comme une vague le long de la rue de l’Abondance, des femmes viennent accrocher nos bras, passent des colliers de fleurs à notre cou, déposent des couronnes sur notre tête, puis enfin embrassent nos joues.

Après des semaines entières confiné à l’intérieur du ludus, n’ayant que peu de goût pour reparaître aux yeux du public après mon récent échec face à Remus, je renoue peu à peu avec la population pompéienne, je croise de nouveau des visages familiers et ce sourire, absent depuis longtemps, retrouve le chemin de mes joues broussailleuses. Il s’en faut de peu pour qu’il ne s’assombrisse de nouveau –la vision de Remus par exemple, ou bien une énième remarque cinglante de Domina - mais allons, le ciel est clair, le soleil est chaud, l’odeur de la mer et de la nature en plein réveil vient me caresser les narines tandis que nous arrivons sur les lieux dressés pour le banquet.

Les torches ne brûlent pas encore, il faudra attendre le point du jour. Des enfants nous courent entre les jambes, Suspirium a soulevé un petit garçon sur ses épaules que mes autres frères et moi incitons à le talonner comme s’il était un cheval.


S oudain, un léger tiraillement sur le bas de ma manche fait mourir mes interjections dans le fond de ma gorge. Je fais descendre mon regard en direction du sol. Et enfin une tête brune apparait, décorée de pétales blancs et bleus, et ornée de deux prunelles noires qui me dévisagent. La petite fille, accompagné par sa mère me tend un bouquet miniature de fleurs sauvages fraîchement cueillies.

J’hésite un instant puis m’en saisit, et à peine mes doigts ont-ils effleuré ceux, minuscules, de ma soudaine bienfaitrice, celle-ci court se cacher dans les plis de la stola maternelle. Je glisse les petites fleurs derrière mon oreille et l’enfant rit aux éclats. Un coup de coude moqueur dans mes côtes me ramène auprès de mes frères et je les raille pour leur jalousie :

-Qu’est ce que vous voulez, maintenant elles me veulent dès le berceau…

Il sera toujours bien temps de continuer à broyer du noir dans l’obscurité de ma cellule demain et les autres jours. Cette nuit est nôtre.




Priam brings sexy back:
 

Plebe
Mar 22 Juil - 12:35
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Epidia Tullia Ravilla
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Ravilla n’appréciait pas particulièrement les fêtes de Flore. Toute la ville s’y réunissait dans un même élan de joie et d’allégresse qu’elle ne partageait pas. Un tourbillon de vie humaines beaucoup trop nombreuses. La foule était monstrueuse et pour quelqu’un qui avait peur des autres, et qui n’aimait pas se sentir oppressée, c’était raté. Chaque année, depuis maintenant bien longtemps : c’était la même rengaine. La même effervescence matinale qui lui était inconnu et le même transport d’émotion qui lui était indifférent…

Etant fraîchement veuve, elle avait espéré pouvoir échappé au supplice qu’était l’odeur de toutes ces pétales parsemées sur les pavés pompéien. Au chant des lyres qui parfois n’était pas des plus mélodieux, il fallait bien le faire remarquer… Et à toutes ces louves et à leurs positions indécentes qui bien loin de lui donner des idées pour faire vivre la couche conjugale -qu’elle n’avait du reste plus- la révulsait.

Non, les fêtes de Flore n’était pas pour Ravilla et ses proches ne le savait que trop bien.

Seul les yeux farceurs de Manilius Tullius, son fils, réussirent à la faire changer d’avis. Elle oublia tout son mépris pour les autres citoyens, sa rancune et elle habilla son fils d’une belle tunique de couleur verte qui faisait écho à ses yeux enjoliveurs. L’enfant rayonnait, et ne tenait plus en place et aux chants qu’il percevait du premier étage il y mêlait sa voix insouciante et pleine de gaieté. Sa petite main se posa sur la joue de sa mère ; « papa est mort, mais tu as le droit de sourire. » L’ironie du sort étant bien évidemment qu’elle était la responsable de cette mort et que de cet acte elle ne pouvait évidemment pas sourire… Mais sa commissure frémit et elle baisa le front de son fils, les enfants étaient étrangement clairvoyants parfois…

« Nous sommes prêts Caeso. »

Elle poussa légèrement en avant son fils, à qui elle venait de -re-donner mille et un avertissement sur les festivités qui se déroulaient à l’extérieur… Il ne devait jamais lâcher sa main, à elle ou à son oncle, jamais. Il suffisait d’un simple regard pour comprendre que la mère était plus angoissée que l’enfant, qui déjà piétinait d’impatience à l’idée de pouvoir s’amuser dans sa nouvelle ville!

Epidia Tullia Ravilla se demande soudain d’où pouvait lui venir une telle joie de vivre… Aussi loin qu’elle essayait de se rappeler elle n’avait jamais eu la même fougue que son fils… Et si oui, ces années lui semblait bien révolues! Elle glissa sa main dans celle de son fils, tentant de maîtriser son appréhension quand les portes s’ouvrirent sur la rue festive. L’odeur florale lui bloqua pendant un instant sa respiration et si ça avait été possible elle ne l’aurait reprise qu’au sein de l’amphithéâtre, où malgré l’absence de gladiateur elle se sentait plus en sécurité, chez elle.

Les louves défilèrent avec une arrogance sans pareille, et tandis qu’elle essayait de s’échapper de cette vision trop sensuelle, elle ne put s’empêcher de remarquer que son fils et son frère savourait le spectacle avec une considération tout autre… Ils n’étaient pas les seuls : Pompéi entier applaudissait chacun de leurs pas, elles étaient des reines, quand elle, était toujours invisible. L’après-midi sembla durer cent an et si il n’y avait pas eu son fils pour lequel, elle aurait fait n’importe quoi et son frère qu’elle avait promis de soutenir, jamais, au grand jamais elle ne serait restée.

Quand la nuit tomba -enfin- et qu’ils purent -enfin- quitter la ville vers la douceur de l’aigue-marine, elle respira un peu plus.

Fertilité. C’était bien le mot de cette célébration. Les mêts les plus fameux coulaient en abondance et seuls les Dieux avaient pu faire don de tant de richesses… Un instant, elle resta médusée face à la splendeur de tant de décadence et de profusion. Elle glissa une main sous le bras de son frère et murmura : « tant de richesses … qui un jour seront tiennes. »


You shut me down but I won't falll ∆
You shout it loud, but I can’t hear a word you say. I’m talking loud not saying much. I’m criticized but all your bull is ricochet. You shoot me down, but I get up. I’m bulletproof nothing to lose fire away, fire away. Ricochet, take your rain fire away, fire away. You shoot me down but I won’t fall. I am titanium. You shoot me down but I won’t fall. I am titanium. I am titanium...


Dernière édition par Epidia Tullia Ravilla le Dim 17 Aoû - 21:12, édité 2 fois
Patricien
Jeu 24 Juil - 14:58
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Helvia Claudia Scaevola
₪ Arrivée à Pompéi : 26/05/2013
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₪ Fonction & Métier : Reine des Vipères et femme d'affaires

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Le Banquet de Flore

Seule, allongée sur sa couche, Helvia gardait les yeux fixés au plafond. Son teint était terriblement blafard, son regard sans expression. Posée sur un coussin, sa cheville, immobilisée depuis plus d’une semaine, l’empêchait toujours de sortir de ce lit. Ordre du medicus. Pire que la douleur. Pire que l’angoisse. Pire que ces souvenirs atroces qui lui revenaient en tête bien plus souvent que ce qu’elle aurait imaginé. L’inaction. Helvia craignait cette inaction dans laquelle elle était enfermée depuis des jours. Chaque minute passée seule dans cette chambre, dans le silence et l’obscurité, était pour elle une torture bien plus blessante que tout ce que pouvait lui infliger sa cheville malmenée. Qu’importe les mixtures de fenouil que lui préparait cet incapable medicus : la souffrance semblait se rire d’elle et elle ne pouvait toujours pas mettre le pied à terre. L’articulation demeurait enflée et la douleur persistante. Et à mesure que le temps passait, la veuve devenait de plus en plus sombre et aigrie.

Quelques bruits de pas se firent entendre sans qu’Helvia ne détourne un instant le regard. Qui cela pouvait-il être d’autre que Nasica, qui s’obstinait encore à vouloir ouvrir ces rideaux opaques pour « faire entrer la lumière » ? L’esclave ne dit pas un mot, elle avait abandonné depuis longtemps l’idée de la faire parler ou de lui tenir compagnie pour lui être agréable. Dans ces moments-là, rien ne pouvait mieux  convenir à sa domina que la solitude…

Un vif bruit de métal et la lumière envahit la pièce. Helvia plissa les yeux, soudain aveuglée. Elle laissa échapper un soupire agacé, mais ne dit pas un mot. Un lourd silence s’installa alors, et la patricienne sentait Nasica près d’elle, qui ne partait pas. Plusieurs secondes s’écoulèrent ainsi sans qu’aucune des deux femmes ne desserre les lèvres, mais la clameur de la rue emplit la pièce avec une force bien suffisante pour sortir Helvia se sa léthargie. Doucement, la veuve tourna la tête pour pouvoir regarder son esclave qui la défigura un instant, comme si ce simple geste eut été un miracle.

- Pour l’amour du ciel… grogna-t-elle d’une voix enrouée. Qu’arrive-t-il à tous ces idiots ? Ils crient comme si Venus elle-même était descendue de l’Olympe avec simple feuille de laurier pour cacher ses atouts…

L’esclave ne répondit pas tout de suite.

- Eh bien ?

- Non pas Venus, domina… Mais toutes les femmes qui peuvent légitimement… faire valoir leurs atouts…

Helvia écarquilla les yeux, comme si elle avait eu une révélation.

- Quel jour sommes nous ?

- Aujourd’hui se déroulent les fêtes de Flore, domina…

- Les fêtes de Flore… répéta-t-elle comme un écho sinistre.

Dix jours… Dix jours qu’elle était là, allongée sur cette couche, immobile dans cette chambre que le temps faisait devenir abjecte. Dix jours que ce medicus de malheur ne trouvait ni un moyen de soulager sa douleur, ni une autre solution que sa phrase miracle « Il faut du temps… ». Du temps, elle en perdait suffisamment. Chaque minute de plus dans ce lit lui serait insupportable.

D’un geste, elle jeta sa couverture sur le côté et commença à se redresser. Chaque muscle de son corps tremblait, engourdi par cette période bien trop longue de sommeil. Nasica se précipita vers elle.

 - Domina, non...

Helvia lui jeta alors un regard glacial qui arrêta immédiatement son geste.

 - Amène-moi tout de suite à ce fauteuil au balcon. Porte-moi si tu veux, mais je ne resterai pas une minute de plus dans ces draps infectes… siffla-t-elle.

₪ ₪ ₪

Quelques minutes plus tard, Helvia était face Pompéi, du haut de son balcon, sur un grand fauteuil, une couverture sur les jambes. Nasica revint avec une coupe de vin que sa domina lui prit sans un mot avant d’en boire une grande gorgée. Si le fenouil ne pouvait pas faire taire sa cheville, l’alcool le ferait…

En bas, la foule s’amassait dans les ruelles en direction des remparts. La veuve ne pouvait rien voir de la fête, mais les bruits lui suffiraient. Son imagination ferait le reste. Elle demeurerait seule, et loin. Mais elle aussi aurait sa célébration, à sa manière, comme un retour à un semblant de vie hors de cette couche. Doucement, elle leva sa coupe en direction de la foule.

 - Bonne fête de Flore, Scaevola…

lumos maxima


-


Si mon sexe me refuse les ambitions qui me dévorent, laisse ma haine et ma soif de pouvoir servir ton ascension. Que ma rage te hisse aux sommets qui me sont interdits et fais qu'en ta réussite je trouve ma consécration. Deviens homme de lumière, je reste femme de l'ombre. Mais brille pour nous deux car la vipère gronde... Son venin te servira tant que tu tiendras parole.  

(c) crackle bones


Dernière édition par Helvia Claudia Scaevola le Mar 21 Oct - 19:29, édité 3 fois
Ven 25 Juil - 9:51
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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Invité



    La procession de Flore était un moment très particulier de l'année à Pompeii. C'était une fête tout à fait intéressante et agréable puisqu'il s'agissait de faire défiler dans la ville les louves des différents lupanars. Cela était censé assurer la fécondité et la fertilité de tous. Caeso, avec son état d'esprit à l'humour et à la fête appréciait tout à fait ce genre de cérémonies. Mais ce qui intéressait tout à fait Caeso Epidius Statius était tout autre chose: le banquet qui terminait la procession. En effet, ce jeune homme était un bon vivant se régalant par avance de ce repas qu'on allait leur servir dans les terres de la cité. Le jeune homme était optimiste et positif, il avait donc chassé de son esprit le désastre de Cérès et se concentrait maintenant sur la procession de Flore.

    Caeso se rendait à cet endroit avec sa soeur et le fils de celle-ci. Epidia était revenue depuis peu dans la vie de son frère et il comptait bien s'occuper d'elle au mieux. Epidia le méritait et Caeso ferait de son mieux pour que la demoiselle retrouve le goût de la vie et le sourire. Il avait revêtu une belle toge – une des plus belles qu'il possédait. Elle n'était pas blanche car son teint était bien trop pâle pour être mis en avant par cette couleur. C'était plutôt un beau beige crème, qu'elle appréciait.

    Il attendait Epidia qui ne tarda pas à arriver, avec son fils, le petit Manilius. Un bel enfant que Caeso se ferait un véritable plaisir d'éduquer avec la mère du petit. Il s'en sentait responsable, maintenant que l'enfant n'avait plus de père pour s'en occuper. Il lut sur le visage de sa soeur que la jeune femme n'avait vraiment pas envie d'aller à cette fête. Cela la renvoyait très certainement à un passé qu'elle n'aimait guère, puisque son mariage n'avait pas été glorieux, loin de là. Souriant, Caeso posa une main sur l'épaule de Epidia, lui glissant à l'oreille. “-Tout ira bien. Souris, détends-toi. Je suis là.” Et il le pensait réellement: il voulait le meilleur pour la demoiselle et son fils.

    La procession eut lieu devant leurs yeux intéressés -du moins ceux que Caeso. Il avait d'autres voeux que de posséder des louves, fort heureusement pour lui. En effet, c'était bien avec la jolie Lucretia que Caeso voulait s'unir -charnellement comme officiellement- et absolument pas avec ses louves, aussi tentantes puissent-elles sembler. Caeso savait se contrôler quand son futur était en jeu et que ce futur pourrait se révéler glorieux, avec l'aide de Illythia.

    Epidia avait été assez silencieuse, pendant la procession et ce ne fut qu'à leur arrivée au banquet qu'elle se glissa près de son frère pour lui glisser quelques mots à l'oreille, qui amusèrent énormément Caeso. Souriant, le jeune homme déposa un baiser sur la tempe de sa soeur. “-Merci de ta confiance, ma chère soeur.” Prenant les choses en main, Caeso Epidius Statius s'empara de la main de Manilius et de celle de Epidia. “-Allons nous restaurer! Il ne sera pas dit que nous ne profiterons pas de cette fête !” Avec un large sourire, Caeso Epidius Statius dirigea sa famille pour profiter du banquet. “-Si cette fête n'est pas ma préférée, il va de soit que nous sommes bien gâtés !” En effet, la splendeur du banquet était tout à fait impressionnante.

    Il se servit une coupe de vin et en tendit une à sa soeur aînée, tandis que le petit Manilius lui, buvait autre chose. Le regardant du coin de l'oeil, il demanda à Epidia. “-Tu devrais peut-être laisser ton petit allait se mêler aux autres enfants ?” C'était une proposition mais en rien une obligation. Il pensait juste que cela ferait du bien à ce petit, quelque peu surprotégé par la mort de son père.

Patricien
Sam 26 Juil - 12:21
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Aulus Caelius Ahenobarbus
₪ Arrivée à Pompéi : 18/06/2014
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Le banquet de Flore
Ça faisait trois jours que Aulus était revenu de son dernier voyage. Il était parti à Rome, pour affaires religieuses, mais il avait un peu tardé à revenir, décidant de remonter encore plus au nord pour visiter Mediolanum qu’il ne connaissait pas encore. Puis, au retour au lieu de passer par Rome, il avait fait un détour par Ostia, car il voulait voir la Mer. Il avait été ébloui, comme d’habitude. Comment se lasser, comment accepter de passer sa vie sans être une seule fois ébloui ? La beauté des paysages coupait le souffle du patricien, et il ne savait pas comment il pourrait un jour s’en défaire. En tous cas, il était revenu, et juste à temps. Les fêtes de Flore s’apprêtaient à être lancées, et il ne voulait pas manquer ça. Il avait déjà loupé la Venatio – pour le meilleur au final – et il aurait trouvé ça dommage de ne pas assister à celle-ci. Beaucoup de choses avaient changé ces derniers temps à Pompéi et dans sa famille, et il était heureux que les habitudes telles que ces fêtes soient restées.
Aulus était assis sur un siège au milieu de sa chambre et un esclave de la maison s’approchait de lui avec une lame en argent, dans l’espoir de pouvoir – enfin – couper la barbe de son maître. Une autre esclave débarqua dans la pièce avec plusieurs couronnes entourant son bras droit. Elle s’approcha de son maître, évalua laquelle irait le mieux avec ses cheveux roux, et finit par en déposer une sur son crâne. Aulus, lui, passait ses doigts dans sa barbe, jouait avec, et finit par regarder son esclave pour lui faire :

« Tu sais quoi ? Je vais la garder, encore une journée. Elle va bien dans le thème de ces fêtes de Flore. J’aime être Ahenobarbus, au moins une fois de temps en temps – L’esclave soupira et son maître lui adressa un regard noir. Pourquoi le rasoir le démangeait-il à ce point ? – Tu me la couperas demain, c’est bon, allez, va-t’en voir si les autres sont prêts ! »

Par « les autres », Aulus entendait son père, ses grands frères et sa sœur, les Caelii. Sa mère ne viendrait pas – elle s’était enfermée dans sa chambre depuis le début de la matinée avec son esclave, mais c’était mieux ainsi ; voir des femmes nues toute la journée pourrait lui donner des idées. Il y avait aussi une autre personne comprise dans ce lot : une jeune femme qui habitait depuis quelques jours dans la Villa Sola avec eux, Antistia Helena. D’après ce qu’elle disait, sa famille napolitaine était alliée de la sienne, et elle venait pour vivre ici quelque temps. Au début, elle avait son père avec elle, mais ce dernier avait dû rentrer en toute hâte pour des affaires inconnues. Aulus ne l’avait pas croisé, il était encore en voyage quand ils avaient débarqué.

Cette journée promettait d’être intéressante. Il se releva de sa chaise, passa devant un miroir et observa sa tenue. Une toge orangée ceinturée par un ruban doré au niveau de la taille. Ça ferait l’affaire. L’esclave revint, annonçant à son maître que tout le monde était prêt. Il sortit alors de la pièce pour rejoindre les siens. Ils étaient déjà sortis de la Villa. Evidemment, ses frères s’étaient habillés exactement de la même manière, de sorte que pour des yeux non habitués, il était impossible de déterminer qui était qui. Pauvre Helena. Sa sœur portait une tunique d’une rouge pimpant, et à peine le vit elle débarquer qu’elle s’accrocha à son bras. Pius, le père, qui avait mis une toge blanc cassé, fit :

« Tout le monde est-là ? Allons chercher  ma fille, alors ! »

En effet, avant de rejoindre la procession, ils devaient passer chercher Severa et son mari, qui avanceraient avec eux. Pius semblait très content de revoir sa fille chérie. Elle lui manquait, depuis qu’elle était partie dans son nouveau foyer. Bientôt, tout le monde était réuni. Alba avait lâché le bras d’Aulus pour rejoindre sa sœur, avec laquelle elle se lança dans une vive conversation. Pius et le mari de Severa s’étaient lancés dans une grande conversation. Les jumeaux quant à eux avaient décidé qu’il était l’heure de taquiner leur petit frère chéri :

« Alors Aulus, prêt à voir des femmes, des vraies ? »
« Des femmes nues ! Ce n’est pas ta barbichette qui va te protéger, c’est certain !  »
« Tu ne vas pas t’évanouir, hein ! Elles ne vont pas te bouffer, tu le sais ? »

Ils étaient infernaux. Aulus ne prenait même plus la peine ne serait-ce que de lever les yeux au ciel. Ils continuaient, un placé à sa gauche et l’autre à sa droite, à le taquiner. Aulus savait qu’ils se tairaient une fois qu’ils les verraient, ces fameuses louves. Là, ils étaient trop excités, et il leur fallait quelqu’un pour relâcher la pression. Des gamins. Peut-être n’avaient-ils pas tout à fait tort, peut-être qu’Aulus n’oserait regarder les prostituées, tenterait de cacher ses rougissements avec sa barbe, mais était-ce une raison pour le lui rappeler ? Devant tout le monde, en plus ?
Ils tournèrent une nouvelle fois dans une petite rue Pompéienne, et finalement, ils virent la foule. Tout Pompéi était là, c’était certain. Accélérant le pas, les Caelii rejoignirent vite la procession. Aulus revoyait dans la foule des gens qu’il n’avait pas croisés depuis des mois. Patriciens, plébéiens, esclaves, tout le monde était là. Tous les esclaves des Caelii avaient aussi l’autorisation de venir, peut-être même que l’esclave de sa mère avait trouvé un moment pour laisser sa maîtresse seule et rejoindre la fête. Apparemment, les événements de la semaine passée à la Venatio avaie,t été oubliés. Tant mieux. Comme prévu, les jumeaux laissèrent leur petit frère tranquille, pour admirer la vue ; et il y avait beaucoup de chose à voir, en effet. Des louves de tous les côtés, montrant leur corps pour célébrer la fertilité et la fécondité. Aulus n’osait les regarder, alors il portait son attention sur la foule. Son regard croisait des collègues, des amis, des ennemis. Il y avait aussi des enfants qui se faufilaient entre les jambes des plus grands. Qui pouvait croire qu’il y avait autant de personnes qui habitaient à Pompéi ? La procession avançait lentement, mais c’était pour le mieux ; on avait mieux le temps de regarder ce qu’il se passait autour de soi. Et puis, ils arriveraient bien assez tôt au banquet. Les jumeaux semblaient déjà assoiffés, la langue pendante, effet secondaire très certainement de toutes ces louves. Même Alba et Severa semblaient très intéressées par le spectacle. Il finit donc par se retourner vers la nouvelle arrivante, Helena, et il lui fit, un sourire sincère aux lèvres :

« Bienvenue à Pompéi ! »
 
© charney

 


Aulus Caelius Ahenobarbus
Wannabe-Flamine à la barbe d'airain.
Plebe
Dim 27 Juil - 12:50
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Titus Cornelius Servilius
₪ Arrivée à Pompéi : 07/01/2014
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₪ Fonction & Métier : Commerçant, intrigant et mécène

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₪ Citation: Trahit sua quemque voluptas.
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₪ Côté Coeur: Marié à Lucilla Cornelia Secunda
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- M'accompagner ? Mais tu n'y songes pas ma belle ? Tu es bien trop chaste pour pareil spectacle...

Je dis "ma belle" d'une voix doucereuse mais mon regard reste froid. Mon épouse acquiesce d'un petit signe de tête, se rangeant à mon sage avis, comme toujours. En vérité, elle est jeune et ne s'insère pas encore dans la bonne société. Trop timide sans doute. Il faudra que je demande à Maestus de la sortir un peu, et de lui montrer quelque spectacle qui ferait monter un peu de rose à ses joues trop pâles. Je lui baise le front, comme s'il s'agissait là d'un devoir, tout en essayant de ne point le faire passer pour tel puis je tourne les talons, tandis que j'ai revêtu une tunique moins austère que celles que j'arbore d'habitude.

Je n'ai certes pas opté pour les couleurs les plus chatoyantes et je me suis contenté d'un vert soutenu. En vérité, si j'ai choisi de laisser mon épouse à la domus, c'est pour retrouver mon ami en toute tranquillité. Comme autrefois lorsque nous voguions de concert dans les ruelles de Pompeii, à rêver à deux. Senianix est-il toujours l'ami que j'ai eu autrefois ? Cette seule pensée me fait revêtir une expression des plus absente et mon visage se mure dans la morosité. Tandis que je marche et que mes pas me guident tous seuls sans que j'ai à y songer, me voilà bientôt devant les quartiers de la troupe, qui jouxtent l'échoppe du tanneur. Je frappe quelques coups et c'est Clemens qui vient m'ouvrir. Il se retourne en lançant : "Cornelius est arrivé !". Il ne m'appelle pas dominus car le dominus gregis, c'est bien Senianix, mais la déférence avec laquelle il me regarde est tout comme. Je suis le patron de son maître. S'il me passait par la tête de démanteler cette troupe et de la faire disparaître, cela serait bien entendu en mon pouvoir.

Mais nous ne voulons pas cela n'est-ce pas ? Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est servir les Licinii, du mieux que nous pouvons, afin que la route pavée d'or vers Rome nous soit enfin ouverte. Quand je vois la mine sombre dont Maestus fait preuve en descendant l'escalier de bois, je me rappelle que c'est ce que je veux moi. Mon ami d'enfance partage-t-il aujourd'hui cette même ambition ? Ou voilà donc son rêve concrétisé ? Aurait-il préféré continuer à courir les routes comme il le fit jadis lorsque nous avions obtenu son affranchissement ? Plus jamais... grogne alors ma conscience.

Malgré la froideur qui nous entoure de son manteau écrasant, j'esquisse un sourire dans la direction de Senianix, car je suis malgré tous nos heurts, heureux de le retrouver et heureux qu'il ait décidé de bien vouloir m'accompagner ce soir. Je chasse aussitôt le murmure qui me rappelle que peut-être a-t-il cru ne pas avoir le choix et je le laisse me rejoindre tandis que nous nous enfonçons dans la nuit, pour rejoindre les viae plus animées, comme la rue de l'Abondance.
Sans préambule, je lui dis, du ton de l'insouciance d'autrefois :

- Te souviens-tu lorsque nous nous sommes échappés un soir, pour assister à cette même fête ? Mère disait "ce n'est pas pour les enfants, quoiqu'on en dise aujourd'hui ! C'est si... licencieux". Et père ne disait rien comme toujours.

Je dis père et mère comme si ces parents étaient les nôtres, oubliant bien vite que ce ne sont que les miens. Je ne parle pas de ce qui nous a fâchés, de la froideur, de la colère que je ressens enfin, tapie dans l'ombre de mon âme corrompue. Mais mes yeux demandent : "te souviens-tu de jadis Senianix ? De nos jeux, de nos découvertes, de nos rêves ? Te souviens-tu de la passion, te souviens-tu de cette soif jamais assouvie ? Alors que nous frôlons du doigt l'accomplissement, pourquoi n'es-tu pas heureux Senianix, pourquoi ?". Et je me dis sourdement : suis-je heureux moi-même ?


Tout a l'air si compliqué. Tout est si simple pourtant. Si j'avais eu la lune, si l'amour suffisait, tout serait changé.
Dim 27 Juil - 16:25
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Le Banquet de Flore

ou la nuit des plaisirs inassouvis.


Julia Félix savait recevoir et ce n'est pas moi qui dirais le contraire. Cette nuit était ma nuit ! La nuit la plus incroyable de l'année. Celle où tout le monde m'admirait et me suppliait d'être à ses côtés pour combler le moindre de ses plaisirs. Je me sentais toute puissante cette nuit-là mais je savais que cela durerait qu'une nuit et que le lendemain, je redeviendrais une catin comme toutes les autres. En attendant, Julia avait paré sa villa de mille soieries et dorures puis nous avait forcé à nous habiller dans le plus simple appareil. Une feuille d'or cachait mon anatomie mais vous savez je ne suis plus pudique depuis longtemps. Mes cheveux noirs étaient entrecoupés de fils dorés et tressés pour laisser mon corps au plaisir des yeux des hommes de la ville et de leurs familles. Les riches patriciens de la cité allaient se presser dans la villa de ma domina et je savais que je devais lui faire honneur en étant la plus merveilleuse catin qu'il soit.

Ce que j'aimais dans ces nuits d'ivresse c'est que je devais jouer un rôle. Personne ne rechercherait la vraie Rosalina ce soir mais une autre femme. Une femme qui change à chaque regard d'homme. Pourtant je savais ce que j'avais à faire et ma domina me l'avait mainte fois expliqué. Ce soir, j'allais me poster sur le bassin d'eau et danser avec deux autres femmes. Corps à corps. Le sexe entre femmes était là que pour divertir les hommes et les exciter pour se payer une folle nuit avec nous. Avec moi. Les invités passaient et repassaient devant nous. Nous avions même le droit aux regards libidineux des gladiateurs. Je me sentais comme prise d'une folie envoûtante et me laissait aller aux fantasmes de ces hommes en les regardant droit dans les yeux et en m'approchant d'eux. Je n'avais pas le droit de les toucher mais certains me forçaient la main.

Il faut demander à Madame Félix pour ça, leur répondais-je sans plier.

Peut après la tombée de la nuit, je me suis mise à chercher du vin pour me désaltérer. Je n'y avais pas le droit constamment alors je me laissais tenter par une coupe en ce soir de fête. Les invités étaient tous affalés autour de ce buffet majestueusement dressé en leur honneur. C'est alors qu'au loin j’aperçois un client bien aimé. L'ancien roi de l'arène, Priam, s'étaient rendu avec son ludus à la fête de Julia. A vrai dire, ce sont nos clients les plus proches. Ce gladiateur m'avait aidé à me débarrasser d'un client trop pressant et même si je lui dois une fière chandelle, je ne suis pas prête à la lui donner de suite. Il était en compagnie d'une mignonne petite fille qui lui donnait des fleurs. Je me décidais à faire mon apparition à ce moment-là pour déranger le lion qui sommeil en lui.

Bonsoir monsieur le gladiateur, quel plaisir de vous voir parmi nous.

Je m'adonnais à un jeu de rôle audacieux qui avait forcé ma réputation en dehors du lupanar. A ces mots, je le sentis surpris de me voir. Il est vrai que lors de nos rencontre, je n'ai pas d'accoutrement aussi luxueux. Ce qui est bien dommage.

Je vois que l'on s'amuse en bonne compagnie. Que nous vaut l'honneur de ta venue ce soir ? Titus Lucretus a voulu rejoindre sa bonne amie pour le banquet de Flore ?

Cet homme me faisait toujours le même effet mais je le savais aussi féroce aux vues des liens qu'il avait avec les autres gladiateurs. Pourtant, je me laissais aller à lui lancer des regards concupiscents. Peut-être n'avais-je pas remarquer que je n'avais pas besoin de le séduire. Il était déjà tout à moi...



©BlackSun
Lun 28 Juil - 18:23
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le banquet de flore

Les fêtes de Flore, je les avais presque oubliées. A dire vrai, je n'arrivais pas à m'ôter de la tête ce qui s'était déroulé quelques jours auparavant. Les fêtes de Cérès ne s'étaient pas aussi bien passées que le peuple avait pu espérer et je craignais que ces nouvelles festivités eurent une fin tragique à leur tour. Pourtant, une part de moi souhaitait passer à autre chose, je ne voulais pas garder un souvenir mouvementé de la cité pompéienne et ma nature curieuse prit le dessus, je souhaitais voir comme Pompéi allait rendre ces fêtes de Flore palpitantes. Je vivais chez les Caelii depuis quelques temps maintenant, mon père m'ayant abandonné pour des affaires dont je ne savais pas la nature. Peut-être ne voulait-il pas m'y voir mêler ? Peut-être me faisais-je du soucis pour rien ? Je trouvais cela étrange qu'il ne m'est rien dit de cela, habituellement il me tenait toujours au courant de ses affaires. Mais soit. J'avais décidé de laisser mes pensées sombres au placard et quoi de mieux que de me rendre à ces fêtes de Flore en compagnie de la gens Caelia. Comme je m'y attendais, la mater familias restait chez eux, personne ne voulait avoir à lui courir après. Certes, il s'agissait d'une fête en l'honneur des courtisanes, on les verrait probablement dénudées et en position fort suggestives, toutefois, on ne pouvait pas se permettre de laisser une patricienne se promener en petite tenue. S'il y avait une – prétendue – grande cohésion sociale en ces fêtes, il ne fallait pas non plus tout mélanger. Alors j'étais vêtue d'une robe de couleur bleue, même si ma couleur préférée restait le pourpre, une couronne de fleurs sauvages sur ma tête, une parure que mon père m'avait offerte avant de partir, et j'étais prête pour m'y rendre. J'étais satisfaite de ma tenue. Ainsi, nous étions prêts à partir de la villa. J'avais eu l'occasion de parler avec Aulus, le dernier arrivant. Si je pensais connaître la famille Caelia, son père nous avait raconté que son fils était parti en voyage et qu'il rentrerait dans quelques temps. Au fond de moi, j'avais eu hâte de voir qui était ce fameux jeune homme, ressemblait-il à ses frères ? Ce fut une constation que j'eus le bonheur – si l'on puit dire – de faire lorsque je vis les trois frères habillés de la même façon. Je fronçais légèrement les sourcils, essayant de déterminer qui était qui. Ce n'était pas une chose facile mais pourtant un détail me permettait de reconnaître au moins celui qu'on surnommait Ahenobarbus : sa barbe, comme l'indiquait son surnom. La sœur Caelia arriva et j'admirais sa robe rouge. Puis de par les indications de Pius, nous partions chercher la grande sœur d'Aulus qui était mariée. Nous marchions rapidement afin de rattraper la procession. Je regardais d'un coin de l'oeil les fils Caelii se taquiner entre eux, ne prêtant guère attention à ce qu'ils pouvaient bien se dire mais au fond, j'imaginais parfaitement leur conversation tournant autour de ces louves qui se trémoussaient devant nos yeux. Quel intérêt ? Pensais-je. Finalement, nous rattrapâmes rapidement la foule pompéienne et nous nous fondions presque parfaitement dans la masse. J'admirais comment la foule pouvait se complaire dans cet événement, ce sentiment de festivités qui avait pris place. On semblait avoir oublié les tragédies passées. Peut-être certains les redoutaient encore ? Mais personne ne le laissait paraître. Je me laissais perdre, regardant chaque visage qui défilait à mes côtés, devant moi ou derrière moi. Je regardais chaque détail minutieusement, comme si je voulais graver cela dans ma mémoire. « Bienvenue à Pompéi ! » Cette voix me tira rapidement de mes rêveries et je m'aperçus qu'elle appartenait à Aulus. Je lui rendis son sourire. « Merci ! C'est une belle fête pour rendre hommage à ces louves. » dis-je en haussant légèrement les épaules. Peut-être avait-il perçu un brin d'humour dans ma voix. Toutefois, je n'avais rien contre cela, je trouvais juste amusant la façon dont certains hommes pouvaient se trouver aux pieds de ces femmes. Je regardais d'ailleurs ces dernières et me demandais ce qu'elle devait ressentir. Elles étaient peut-être fières, certainement même. Après tout, ce jour était leur jour. « Je ne savais pas que Pompéi abritait tout ce monde. » avouai-je, un demi-sourire aux lèvres.

copyright Bloody Storm



Dernière édition par Antistia Helena le Sam 9 Aoû - 18:39, édité 1 fois
Lun 28 Juil - 23:10
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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Entourée de sa suite, tout l’après-midi durant, Octavia Licinia Camilla regardait ces femmes sur le sable de l’arène. Droite, on ne vit pas l’ombre d’une peur passer devant son visage. Mais oui, elle avait eu peur avant de rentrer dans l’arène à nouveau. Plusieurs ecchymoses attestaient de son séjour dans les égouts, mais rien de vraiment probant heureusement qu’une frousse terrible un cauchemar l’avait rappelé du royaume des rêves une fois ou deux la dernière semaine. Sans plus. La Domina de la maison Licinii sut habilement cacher l’ecchymose sur sa joue gauche avec quelque poudre de maquillage. Oui, Octavia était en beauté comme l’habitude le laissait entendre. Elle fit savoir à son époux aller aux fêtes de Flore pour les Licinii. Elle ne faisait rien sans la fierté qui la liait à Caïus après tout. De sa robe blanche, on n’en voyait guère entourée d’une toge rouge. Ses sandales lacées jusqu’à ses chevilles soutenaient de manière noble ses chevilles et sa chevelure était coiffée de manière à laisser percevoir son mince, élégant cou.

Jeune, Octavia adorait les fêtes de Flore. Ses amies et elle prétendaient être bien plus belles que ces femmes. Elle appréciait toujours, mais une légère jalousie se profilait parfois sur certaines des déesses mortelles : elles feront peut-être naître des bâtards mâles et notre patricienne n’était point capable de donner un héritier à son époux. Elle pria en ce jour pour que la fertilité lui soit proprement rendue. Le visage fermé, on ne perçu rien de ce petit trouble. Suivie de sa suite – ses esclaves sauf une restée avec Gaïa – Octavia se surpris à soupirer à la fin de la représentation. Le ciel était charmant et rien de dommageable ne se fut passé aujourd’hui. Elle se fut surpris à avoir peur et réclamant soudainement la présence de son époux à ses côtés. Certes, elle cesse ses piteuses faiblesses étant, après tout, une fière Licinii qu’elle devait représenter. La journée durant, Octavia Licinia Camilla et sa suite marchèrent dans Pompéï souriant à des gens, de simples Plébéiens, ou appréciant un spectacle données par les femmes. Les fleurs étaient partout et cela apaisait largement le cœur de notre Domina. Le soleil descendait rapidement dans le ciel et on s’était docilement rangé dans la procession menant vers la porte marine. Une brise sentant les algues lui souhaita la bienvenue. Octavia prit alors une inspiration très attendue.

Elle fit emprunter à elle et à sa suite le centre de la place souhaitant se faire admirer sous toutes les coutures. Un sourire polie et agréable trônait sur ses lèvres à chaque rencontre amicale. Évidemment, certains le furent moins comme on connaissait ce qui est arrivé dernièrement aux Licinii. Certes, Octavia n’en tint pas compte. D’une main, elle laissa ses esclaves vaquer à leurs propres occupations comme le voulait la fête de Flore. Puis, elle n’était pas si faible seule bien au contraire. Son regard capta, en premier lieu, ce Gladiateur déchu il y a peu par un autre. Il lui rappelait un homme pour lequel elle en pâmait jeune … Jusqu’à ce qu’il se fit vaincre. Celui-ci venait de se faire accoster par une femme: probablement l’une des femmes du spectacle.

Élégamment, Octavia s’assit à la table tâchant d’éviter les hommes bruyants et les indisciplinés incapables de manger proprement. De surcroît, elle aperçut un mécène de la famille Licinii. Octavia Licinia Camilla savait l’avoir déjà aperçut auparavant, mais ne lui avait pas vraiment adressé la parole.
Arene
Jeu 7 Aoû - 22:22
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Priam
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Le banquet de Flore
The happy life by these:
The quiet mind, the equal friend.
No grudge, no strife,
Wisdom joined with simplicity.
The night discharged of all care.



L a bonne humeur flotte au dessus de nos têtes, mes camarades et moi. Il s’agit de notre première sortie publique depuis qu’Ilithyia gère les affaires de son frère et s’est employée à serrer la bride autour de notre coup avec une fermeté à laquelle elle ne nous avait pas habitués.
Aussi nous avons à cœur de profiter de cette soirée sans pour autant en outrepasser les limites. Nos consignes sont claires, nous les avons bien compris et personne n’a à cœur de les enfreindre. De fait, les tensions de ces dernières semaines semblent se dissiper, peut-être seulement momentanément, pour nous laisser le cœur léger et plein d’entrain.

Une nouvelle présence féminine se fait sentir dans mon dos, à en juger par le parfum capiteux qui l’enveloppe, elle n’a rien d’une enfant. Je me retourne et considère la nouvelle venue d’un œil inquisiteur.
Il y a quelques temps de cela, alors que j’étais encore Champion, j’ai surpris Rosalina aux prises avec un client un peu plus pressant qu’à l’accoutumée pour en obtenir les faveurs monnayées. Rien ne m’obligeais à y mettre bon ordre, pourtant je ne me suis pas senti le cœur de passer mon chemin. Et une fois débarrassée de l’importun, j’aurais crû obtenir, à tout le moins, la reconnaissance de la louve. Il n’en fut rien et au contraire, elle m’asséna quantité de reproches et me battit froid. Il n’en fallu pas plus pour froisser mon orgueil que l’on sait ô combien sensible. Aussi je ne lui accorde qu’une attention parcimonieusement octroyée :

-Eh bien… Je suis digne de ta considération ce soir, tigresse ?


Ca, oui, j’ai la dent dure et c’est bien là le moindre de mes défauts… Je me devais de soulever le fait et de montrer que je ne suis pas homme à me laisser si aisément mener par le bout du nez. Pure fierté masculine.
J’apprécie néanmoins le geste que Rosalina fait à mon égard et j’apprécie plus encore de voir l’attention que suscite notre échange vis-à-vis de mes frères. Il y a trop peu souvent de femmes dans nos vies pour qu’ils restent insensibles aux atouts généreux d’une telle que l’Ibère. Je m’amuse de leur désir pour les provoquer davantage. Bien trop longtemps ils m’ont vu comme l’ombre de moi-même depuis ma défaite, j’ai à cœur de relever la tête hors de l’eau.

Je glisse un bras autour des hanches de Rosalina afin de l’attirer un peu plus près contre moi, plus par défi et par jeu envers elle et envers mes compagnons que par réelle arrière-pensée.

-Je t’ai trouvé toute à ton avantage tout à l’heure dans l’arène, un bien ravissant spectacle… Tes tarifs ont quelque peu augmenté depuis la dernière fois non ?

Ma voix se fait enjôleuse et féline. Elle semble se teinter invariablement de la même manière lorsque je côtoie une jolie femme dont les faveurs sont en jeu, patricienne ou pute, c'est bien du pareil au même. Je joue comme un chat s’amuse de sa proie. Pas certain que la sanguine Ibère soit une inoffensive petite souris, non… En revanche, que ne donnerais-je pour m’assurer qu’un certain Romain –Ulysse, puisqu’il faut vous le dire- soit suffisamment proche pour entendre le miel s’écouler de mes lèvres jusqu’au dans le creux de l’oreille de sa catin favorite.



Priam brings sexy back:
 

Ven 8 Aoû - 16:22
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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En ce printemps plutôt tardif, un soleil éclatant illuminait la ville de Pompéi. Après les jours sombres qui avaient suivi la venatio, il était grand temps de retrouver le sourire et s’amuser. Tant de familles avaient été éprouvées par cet horrible drame. Alors que la ville était plongée depuis plusieurs jours dans le deuil et les larmes, il était temps de laisser place aux réjouissances que nous offrait la Fête de Flore.

Alors que mes mains étaient occupées à terminer la couture d’une nouvelle stola, mon esprit voyageait à l’extérieur de la Meridiana ou je vivais depuis la fuite de la maison de mon ancien maître. D’où j’étais assisse, je pouvais entendre les acclamations et les cris de la foule suite au passage du cortège des louves. Ces bruits contrastaient avec l’étrange silence qui régnait dans la villa. En d’autres temps, celle-ci aurait été beaucoup moins calme, mais en l’honneur de cette fête, Marcus avait généreusement accordé un congé de quelques heures à ses esclaves pour qu’ils puissent assister aux célébrations et ainsi rendre hommage aux dieux.

Alors que je terminais les quelques retouches sur ma nouvelle tenue, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon amie Carmen. Comme cette journée devait lui paraître longue et horrible. Contrairement à moi, elle n’avait certainement pas eu le loisir de se reposer et elle ne pourrait certainement pas le faire avant plusieurs heures puisqu’aujourd’hui, en raison de la Fête de Flore toutes les prostituées et courtisanes qui oeuvraient à Pompéi étaient exhibées sur des chars à travers la ville dans des tenues suggestives. Parfois, certaines femmes poussaient même l’audace à se promener totalement nue pour stimuler les phantasmes des curieux. Après le défilé, un immense banquet serait offert à tous les habitants de la ville. Et puis quand finalement le soleil ira se caché derrière le Vésuve et que les fêtards auront bien bu et manger, Pompéi se transformera pour une nuit en un gigantesque bordel à ciel ouvert. Pendant quelques heures, les autorités fermeront les yeux sur les excès de débauches et de luxures de ses habitants afin que les Dieux les bénissent et leur offrent fertilité et fécondité. Ce genre de célébration ne m’excitait pas du tout, mais comme c’était la toute première fois que je pouvais participer librement aux festivités, une partie de moi était curieuse de voir de mes yeux ce qu’il en était réellement.

Voyant que l’heure du banquet approchait, je me dépêchai à terminer mon travail et j’enfilai l’une des stola que m’avait offertes Marcus. Afin de passer inaperçu dans la foule je passai sur ma robe une palla de couleur assortie ainsi je pourrais me couvrir la tête et cacher mon visage pour me fondre dans la foule. En vérité, je cherchais surtout à ne pas me faire reconnaître et pointer du doigt comme étant l’esclave fugitive de la famille Pompeii ou pire encore tomber nez à nez avec mon ancien maître. Cette idée me terrifiait et me glaçait le sang. Je n’avais aucune envie de le revoir et encore moins de devoir lui parler.

Alors que je sortais de la villa, je vis au loin la foule qui se dirigeait vers la montagne et me mit à mon tour en marche dans cette direction. Lorsque j’eus franchi les remparts de la citée à la recherche on me remit une couronne de fleurs sauvages pour mettre dans mes cheveux et une coupe pleine de vin du pays signe que j’étais bien arrivée ou avait lieu la fête. Prenant la coupe dans mes mains je bus une gorgée de vin et me mit à la recherche de mon amie. Partout autour de moi des gens buvaient et mangeaient en chantant et festoyant. Ce soir toutes les classes sociales étaient mélangées, pourtant je pouvais discerner les étendards des différentes familles présentes. Alors que je me rapprochais de l’immense feu de joie, je vis flotter au dessus d’une table l’étendard des Licinii. Mon cœur sauta un battement en le voyant et me rappela la promesse que je m’étais faite en revenant à la vie. Un jour, j’allais me venger de mon ancien maître. Un jour, il paierait pour tout ce qu’il m’avait fait et pour la mort de mon fils. Cette rage et rancune que j’avais envers lui me consumait totalement et je n’aurais de repos tant que je n’y serais pas arrivée. Alors que je poursuivais mon chemin, je reconnus parmi les Licinii l’esclave Themis que j’avais rencontrée au marché quelques semaines plutôt. Cette dernière se pencha vers sa maîtresse pour lui dire quelques mots, je sus alors qu’elle m’avait reconnue et j’attendis de voir ce qui allait s’en suivre. L’idée de m’allier aux pires ennemis de mon ancien maître me réchauffait le cœur et me redonnait espoir.
Patricien
Ven 8 Aoû - 23:00
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Caius Licinius Murena
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Le banquet de Flore



Mon âme de militaire n’a jamais guère prisé les fêtes de Flore, au contraire des femmes de ma famille qui y voyaient là –à Rome déjà- l’occasion d’inonder notre demeure de fleurs toutes plus odorantes les unes que les autres au point de m’en donner un mal de crâne persistant. Cependant, ici à Pompéi, ces fêtes revêtent un tout autre sens qu’à Rome, un sens plus profond. Que sait-on dans la Ville de la générosité de la terre nourricière ? On ne voit guère pousser les grains et l’on pille l’Egypte fertile au nom de l’Empire pour nourrir la population de la capitale grouillante et avide.

A Pompéi, c’est différent. La terre donne tout et reprend tout comme elle nous l’a prouvé il y a déjà quelques mois. Cela je l’ai appris depuis mon plus jeune âge et c’est peut-être parce que je garde un souvenir si vivant et si émouvant de la symbolique de ces fêtes dans mon enfance qu’aujourd’hui je ne rechigne pas à me parer comme mes concitoyens de couleurs chatoyantes –il ne sera pas dit que la Murène ne porte pas bien la couronne de fleurs…


Tout à ma ferveur religieuse et à mes réminiscences d’un autre temps, je n’en oublie pas pour autant que cet événement est une occasion inestimable de mon montrer dans ma nouvelle dignité. Point d’or et de fioritures non, le simple fait d’être là, de prendre le pouls de la cité, de poser la main sur quelques épaules et sentir, timidement, le nom des Licinii tracer son chemin vers un retour en grâce longtemps dû et espéré.
Justement, je m’arrête pour saluer Titus Cornelius Servilius dont le soutien récent –et peut-être plus encore celui de la troupe de son affranchi- a indéniablement favorisé ma cause. Cet homme-là pue l’arrivisme... Et après ? On pourrait tout aussi aisément me retourner le compliment et tant que son arrivisme rencontre le mien, je n’ai nulle raison de le lui reprocher.

Alors que je passe près de la table à laquelle Octavia est assise, je me penche pour lui caresser la joue. Je sais comme l’isolement de sa grossesse lui a été pénible et je tiens à ce que ce soir lui fasse retrouver de sa superbe et renouer avec la vie mondaine qu’elle affectionne tant. Voilà pourquoi je ne lui impose pas ma présence d’époux sur ses talons, d'autant qu'elle est rejointe par une charmante jeune personne qui m'est parfaitement inconnue.
Il est temps pour elle de briller indépendamment de moi. Je sais comme elle possède la ruse, le doigté et le charisme nécessaires pour se faire aimer et placer habilement ses pions pour servir mes intérêts. Je place toute ma confiance en elle et avant de la quitter lui adresse un regard et un sourire qui valent tous les mots entre nous.


SJ’aperçois Pompeius déjà attablé, entouré de plusieurs de ses fidèles –oserais-je dire courtisans. Ma récente victoire aux élections me rend davantage audacieux et insuffle encore davantage de courage à mes velléités vengeresses. Plutôt que de prendre place aux côtés de mon épouse, je m’avance vers l’homme et parvenu à sa hauteur lui adresse un salut cordial.

-Félicité et abondance sur ta demeure, aimable Pompeius. Acceptes-tu de rendre grâce à Flore et ses largesses, et de partager le vin et la bonne chère avec moi ?

Un large sourire jovial fend mon visage. Que ne donnerais-je pour que tu t’en étouffes, amicus




In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.




Dim 10 Aoû - 3:36
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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Elle venait de rabrouer un homme inconnu de sa personne assit à la table dans sa diagonale à droite. Il semblait être Plébéien, car Octavia Licinia Camilla ne le connaissait pas et il mangeait comme un cochon pour choisir un doux euphémisme. Avec des mots choisis avec soins pour se faire respecter, mais aussi appréciée de la population de Pompéï, elle lui démontra que sa manière de manger lui déplaisait grandement.

- Oh ! Excusez-moi m’dame.

Trouva-il rien de mieux à dire et l’observant tel un pervers de surcroît. Elle hocha strictement la tête avant de relever un peu le menton ne faisant plus attention à l’homme. Ne savait-il pas qui elle était ? Ne connaissait-il pas son époux ? Peut-être fut-il là un citoyen qui avait voté pour ce cher Duumvir. Dans un sourire tout satisfait, Octavia prit alors une olive du bout des doigts. Alors, son action fit probablement gagner un partisan de plus à Caïus. Peut-être deux, voir trois. Cet homme devait avoir des frères et des amis. Ainsi, elle ne l’empêcha pas d’aimer la reluquer sur toutes les coutures croquant avec aise quelques olives dans des manières toutes princières telle la cousine d’Octave qu’elle était. Si cela pouvait lui prodiguer une note positive auprès de ce Plébéien et de ses amis.

- Toi …

Sourie-elle alors qu’un frisson traversa son échine à la caresse de Caïus sur sa joue. Levant le regard, Octavia tomba dans les yeux de son époux et sourie tout simplement. Elle ne sut absolument pas s’il viendrait. Ce fut une agréable surprise alors que droite elle ne laissa point paraître plus son amour passionnel pour lui au-devant de tous ces gens. Leurs ennemis pourraient utiliser cette faiblesse à mauvais escient alors que notre cher Plébéien semblait vert de jalousie. À quoi s’attendait-il aussi ?

Alors qu’elle regardait s’éloigner Caïus, Octavia remarqua l’attitude d’une femme auprès du feu. Celle-ci l’observait. Avalant une énième olive, la Domina se rendit compte que le regard de cette femme était plutôt dirigé vers l’esclave Thémis de sa maison. Interrogée par ce subit intéressement aux esclaves Licinii, Octavia se leva avec toute la grâce que Venus elle-même l’en avait drapée à sa naissance pour se diriger vers Caria. Elle l’aborda par un sourire polie et respectueux. C’était jour de fête et Octavia ne cherchait certainement pas la bagarre. Ses ecchymoses, cachées par ses vêtements, attestaient trop bien d’un moment fort peu glorieux pour la Domina de la maison Licinii qu’elle ne souhaitait nullement revivre. Certes, elle n’en laissa pas moins tomber sa superbe et son charisme.

- Bonjour. Je remarquais précédemment que vous semblez très intéressée par l’une des esclaves de ma maison …

Affirma-t-elle, mais tâchant de garder un ton avenant tout de même. Octavia laissa alors un court moment de silence – si on pouvait parler de silence avec la musique qui se jouait aux alentours – entre elles, prenant ce temps pour observer cette jeune femme inconnue à ses yeux.

- … Pourrais-je en connaître la raison ? En fait, je suis Octavia Licinia Camilla, Domina de la maison Licinii et de surcroît je ne me souviens pas vous avoir vu près de la villa ni en compagnie de l’esclave Thémis.
Empire
Dim 10 Aoû - 17:35
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Ausonius Niger
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Le banquet de Flore
Niger portait une tunique qui dans un autre temps devait être d’un bleu sombre, mais qui avec les multiples lavages qu’elle avait subi avait été tellement délavée qu’elle était désormais bleu clair. Il l’avait enfilé rapidement, se disant que ça ferait l’affaire. Il n’avait pas envie de faire d’effort ; s’il avait pu porter une toge, il se serait mieux apprêté, mais ce n’était pas le cas, alors il avait enfilé ça. C’était déjà mieux que ses habituels habits noirs, n’est-ce pas ? De toute façon, il ne voulait pas se faire remarquer. Pour ce que son mettre lui avait demandé de faire, valait mieux passer inaperçu. Comme d’habitude, il était chargé d’avoir la main baladeuse (pour les bourses des pompéiens et pas les fesses des pompéiennes) et les oreilles attentives. Rien de trop compliqué, il pourrait même profiter du banquet ; tant mieux, il adorait les fêtes de Flore, et il était certain que ça ne pouvait pas se terminer en massacre comme l’avait été la dernière fête dédiée à Cérès. Niger rejoignit rapidement la procession, accompagné d’abord par quelques jeunes esclaves de Kaeso ; ils apprenaient tous les jours à devenir les meilleurs travailleurs possibles, et les fêtes de Flore étaient une occasion rêvée pour montrer leur talent à leur maître. Niger se souvenait que quand il avait leur âge, il donnait lui aussi tout ce qu’il avait pendant ces fêtes. Aujourd’hui, il ferait de même, mais ça serait bien moins compliqué. Il avait quelques années d’expérience derrière lui, même si ce n’étaient pas des qualités dont on pouvait se vanter en public. Il les voyait là, les gosses, le teint presque vert de toute cette pression que Kaeso leur avait mis aujourd’hui sur les épaules. Ça le faisait plus marrer qu’autre chose, bien qu’un sourire un peu nostalgique flottait sur ses lèvres quand il les regardait s’activer. Bientôt, la petite troupe Ausonienne se dispersa, et Niger passa à l’action. Il y avait un tel monde, les gens étaient tellement serrés les uns contre les autres que c’en était presque facile. Tout le monde était mêlé à tout le monde, et puis tous les hommes avaient leur regard rivé sur les louves. D’ailleurs, ceux qui avaient les yeux un peu trop portés sur les courtisanes de Julia voyaient leur bourse rapidement vidée … Eh bien quoi ? Valait mieux que cet argent passe dans les mains des Ausonii plutôt qu’il soit dépensé chez Julia Felix, non ? Alors que ceux qui avaient leurs yeux portés sur les louves d’Ausonius avaient plus de chance de garder leur piécette, pour pouvoir les dépenser le soir-même au lupanar Faustus. Ce n’était que pure logique.

Quelqu’un posa sur le crâne de l’affranchi une couronne d’il ne savait quelle plante. Parfait, il était maintenant monsieur tout le monde. Bientôt, la procession arriva sur le lieu du banquet. Niger fila se chercher une coupe de vin et quelque chose à se mettre sous la dent – c’était son moment préféré de la fête. Du coin de l’œil, il surveillait ses louves, veillait à ce qu’elles soient toutes en bonnes compagnie, et tentait de repérer les jeunes esclaves. S’il n’arrivait pas à les voir, alors c’était un bon point pour eux. Certains étaient prometteurs, même si Kaeso oubliait de leur dire ou même de s’en rendre compte. Il croquait dans des raisins et venait de piquer quelques sesterces dans la bourse d’un patricien inattentif quand il aperçut pas très loin de lui un « couple » plutôt intéressant. En fait, il avait d’abord vu la femme, une louve qu’il ne connaissait pas mais qui ne laissait aucun doute sur sa situation, et qui devait donc être de la maison de Julia. Immédiatement, elle fut classée dans la catégorie des personnes qu’il n’aimait pas – ou plutôt n’avait pas le droit d’aimer. Puis, il ne put s’empêcher de sourire en comprenant qui était l’homme qui lui tenait fermement la taille : Priam, le champion déchu de Pompéi. Par Isis, les courtisanes de Julia ne choisissaient pas n’importe qui, n’est-ce pas ?

Niger s’approcha d’eux rapidement, un sourire aux lèvres, tentant de ne perdre aucune goutte de son vin en passant à travers la foule. Il était ravi de croiser de nouveau la route de son gladiateur préféré (bon, c’était le seul qu’il connaissait), et il n’allait pas manquer une si belle occasion de lui parler. Bientôt, il interrompait avec son tact habituel leur petite discussion, se plaçant face à eux. Il dit, d’une voix forte, portant toute son attention sur le gladiateur, oubliant rapidement la louve.

« Priam ! Tu n’es jamais venu récupérer ton dû à la taverne ! Je t’aurais bien offert un verre de vin pour te consoler de ta défaite, j’aurais même fait un effort sur la qualité ! Mais maintenant que je vois que tu fricotes avec des louves de la maison opposée … Je dois dire que je suis assez déçu ! »

Il ne l’était pas du tout, d’ailleurs, vu le ton qu’il employait, il n’était absolument pas crédible. Il riait presque, un sourire enfantin aux lèvres, tentant de paraître faussement sérieux. Finalement, il reporta son attention sur la louve – ou courtisane, pour lui c’était du pareil au même, dans les deux cas leur boulot était d’écarter les cuisses – et fit :
« Bonjour mad’moiselle. Tu t’es trouvé un excellent cavalier ! Comment se porte ta Domina ? »

Comme s’il en avait quelque chose à faire. La pauvre, elle était sûrement très gentille, mais c’était ainsi, ils n’étaient pas fait pour s’entendre. Niger porta à ses lèvres la coupe de vin et but quelques longues goulées. La dernière fois qu’il avait vu Priam, il était dans un état d’ébriété assez élevé, et c’était fort probable que vu tout l’alcool gratuit qu’il avait à disposition, ça recommence … Mais bon, quelle meilleure occasion que de boire en l’honneur de Flora et surtout des louves, hein ? Il souleva alors sa coupe dans les airs, et fit en direction de la putain :

« A ta santé ! »

 
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Venus
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Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Venus Pompeiana
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In vino veritas


U
ne belle soirée, si agréable, si douce. Comme Pompéi n’en a connu que trop peu ces derniers temps… Les barrières sociales, sinon affranchies, se sont du moins abaissées. On rit, on parle, on chante et on danse entre plébéiens et patriciens, esclaves et affranchis. Demain, la distance et la naissance reprendront leurs droits, pour l’heure Flore, le vin et la bonne humeur vont le reste.

La soirée poursuit ainsi son cours, quelques bagarres alcoolisées sur le point d’éclater de ça et de là viennent à peine entamer la gaieté régnante. Noyée au milieu des convives, ripaillant et buvant autant que les autres, la silhouette attend, observe… Elle s’impatiente… Elle doute. La poudre qu’on lui a vendue ne serait-elle que du sel ?

Non vraiment… Toutes ces boutades, ces sourires ne sont que de façade et cela l’ennuie profondément. Elle qui a tant envie de rire… Comme l’autre jour, lorsqu’elle a vu tous ces Pompéiens courir pour échapper aux griffes des fauves et de la mort… Comme le mois précédent où elle a jubilé devant le spectacle de la mine déconfite de ces comédiens mis face à leurs vérités, étalées au grand jour en lettres de sang sur les murs de leur demeure…

A
lors, oui, elle espère que cette poudre qu’on lui a vendu et qu’elle a réussi à glisser dans les multiples amphores destinées à désaltérer la joyeuse assemblée fera son petit effet. De l’extrait de volubilis… Une plante réputée puissamment hallucinogène. Quel doux nom pour une plante destinée à un si noble dessein… Oh oui, qu’ils parlent ! Qu’ils se roulent sous les tables ! Qu’ils se mettent à quatre pattes en hurlant à la Lune et en se tapant sur les fesses! Ce serait tellement drôle !

Tandis qu’elle est sur le point de désespérer, la silhouette se rassure. Déjà son cerveau s’embrume et le trouble la gagne, comme ses compagnons et compagnes de soirée. Les sentez-vous ces picotements aux bouts de vos doigts ? Vos paupières un peu plus lourdes et votre bouche plus pâteuse ? Et puis il y a cette légère nausée, rien de très agréable mais l’ombre se rassure : dans peu de temps ce ne sera qu’un vieux souvenir.

Ce soir, la désinhibition portée à son paroxysme, le vieil adage pourra se vérifier : dans le vin se trouve toujours la vérité…

***

Les membres qui n'ont pas encore rejoint le topic ou l'intrigue de manière générale peuvent évidemment le faire à tout moment.
Pour plus d'informations et d'indications concernant cette intrigue et notamment le dernier rebondissement, rendez-vous dans ce sujet
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Esclave
Lun 11 Aoû - 0:41
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Lucia
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Le banquet de Flore


Une soirée plutôt mouvementée

Enfin le banquet de Flore !

Depuis mon accouchement je n'avais rien fait mis à part m'occuper de ma fille qui est adorable c'est sûr. C'est le plus bel enfant que la terre n'ai jamais porté, quoi de plus normal avec une telle mère me diriez-vous. Bien que m'occuper d'elle est la chose qui me rend le plus épanoui possible j'attendais quand même avec impatience le banquet de Flore qui marquerai pour moi la fin de mon repos post-accouchement et le casi retour à la normal.

Et quoi que mieux pour ce remettre dans le bain qu'une fête où je suis à l'honneur ! Tout les ans c'est pareil toutes les filles se préparent des jours voir des semaines à l'avance pour être la plus belle. Cette année il fallait aussi que je prouve déjà que ma beauté n'avait pas taris (d'ailleurs grâce à mon jeune age j'avais rapidement retrouvé une silhouette tout à fait convenable bien que ce n'était plus comme avant ma grossesse). Mais aussi je devais montrer à Kaeso et Kerta que j'étais toujours la plus talentueuse et quoi de mieux qu'une fête où je dois m’exhiber et montrer mes plus beaux atours devant tout le beau peuple de Pompei !!!

Ainsi j'avais donc enfilé ma robe la plus transparente et attaché mes cheveux de façon assez recherché pour que ça ai l'air tout à fait négligé sans l'être réellement... Oui c'est une énorme prise de tête me diriez-vous. Mais je me permet de rappeler que mon travail est de vendre mon corps , et vous n'imaginerez jamais à quel point la chevelure peut être une arme redoutable pour attraper les hommes dans son filet. Je portais donc cette magnifique robe blanche assez transparente pour deviner mes formes mais pas assez pour les voir tout à fait. Tout un art en somme. Je portais sur la tête une magnifique couronne de fleur blanche: nous avons décidé de prendre chacune une couleur différente. Les filles avaient trouvé cela comique de mettre la dernière qui venait d'accoucher dans une robe de couleur pure telle une colombe ! J'ai trouvé cette ironie très drôle, me voici donc dans les rues de Pompéi ainsi vêtue.

J'ai autour du bras des couronnes de fleurs blanches également que je mets sur la tête d'homme que je trouve séduisant mais aussi de client que je reconnais. J'avais l'idée dans mettre un aussi sur la tête de Niger mais quand je l'ai trouvé il en avait déjà un. Il était d'ailleurs très occupé comme tous les jours de fête à faire jouer ses talents. Mais je savais qu'il gardait quand même un œil sur moi comme d'habitude ! Je n'y prêtais pas garde, aujourd'hui c'est ma journée et je me sens terriblement belle !


* * * * * * *


La nuit est magnifique. Je suis au milieu des filles sur une des tables. Nous sommes bien sûr en représentation, tout est faux, comme au Lupanar. Mais il y a quand même quelque chose de différent. Des personnes nouvelles osent venir nous voir. Il est déjà arrivé que des femmes viennent nous parler. C'est vraiment une journée particulière où les conventions sociales sont presque abolis et j'adore ça. C'est vraiment ce dont je rêve depuis que j'ai pris conscience de l'existence de ces barrières invisibles.

Du regard je cherche Corvus. Je ne l'ai pas encore vu et je trépigne de le voir. Et d'une certaine façon je veux aussi savoir s'il n'est pas avec une autre femme. Même si, oui, bien sûr ça ne me regarde pas. Je sais ! C'est juste pour savoir, comme ça...

Enfin bon... Et Niger alors. Encore je ne sais pas où lui, à traîner. C'est ce qu'il sait faire le mieux, en même temps il est payé pour ça.

Je décide de me balader un peu. Les barrières sont rompus pour la soirée autant en profiter pour aller découvrir de nouveaux horizons tant que je peux ! Et puis je dirai à Kerta que pour séduire il faut d'abord être vue ! Les gens sont tellement différents. Certains ont l'air même très importants. Les femmes sont magnifiques ! Celle-là doit être une patricienne, quelle beauté, cette parure, ces vêtements. J'aurais voulu tout cela, je le voudrais pour Aurélia....

Enfin je ne suis pas là pour ruminer au contraire ! Je bois encore une gorgé de ce vin qu'on m'a donné. Je ne sais pas qui d'ailleurs mais peu importe après tout, sentir ce breuvage même capiteux couler dans ma gorge n'est pas une sensation désagréable. Je sens même que l'alcool commence à faire son effet. Peut-être un peu rapidement à mon goût. Je me sens de plus en plus désinhibée. J'entends de la musique et je me mets à danser au milieu de nulle part. Une danse assez langoureuse. Je suis terriblement sexy ce soir. « Je suis la plus talentueuse et la plus belle. J'ai tout pour moi et ils me désirent tous ».

Un jeune femme s'approche de moi et se met elle aussi à danser, puis une autre. Bientôt une dizaine de jeune femmes dansent avec moi. L'une à côté de moi a de magnifiques cheveux blond. Elle est vraiment ravissante dans une robe bleu claire. J'ai très envie de l'embrasser, ce que je fais d'ailleurs sans attendre. Elle a un mouvement de recule et me regarde sans comprendre.

_ Tant pis pour toi ma belle ! Tu sais que tu ferais une magnifique louve !!!

Je reprend mon chemin en pelotant toutes les belles petites paires de fesses que je trouve sur mon chemin. Je sais que tout le monde me veux. Ils rêvent tous d'arracher ma petite tenue pour découvrir mon corps magnifique ! Comment je les comprends je regrette de ne pouvoir me caresser tant ma peau est douce et fraîche grâce à cette légère brise. Je vois soudain un magnifique soldat et j'entends quelqu'un l'appeler Numerius.
« Huuuum toi mon jeune loup ce soir je vais faire de toi un dieu vivant . Accroches-toi bien tu vas avoir le droit à toute ce qu'une magnifique louve peut te donner »


(C) Galimybé - Mini BN


Louve à jamais.


Césars:
 


Dernière édition par Lucia le Dim 17 Aoû - 12:49, édité 1 fois
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Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Numerius Petronius Vop.
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- Attends moi Lucius ! Je ne suis pas aussi rapide... Pas avec ça.


Numerius eu un léger mouvement de main vers sa blessure à la jambe, un souvenir d'un lion aux crocs acérés durant les fêtes de Cérès. Le jeune garde marchait difficilement avec une canne que son frère avait acheté la veille pour lui permettre de participer au banquet de Flore.


- Allez, plus vite petit frère. On va rater le plus important, les louves !

Le grand sourire de Lucius fit redoubler d'effort le pauvre Numerius, en grande souffrance avec sa jambe.

Après plusieurs minutes de marche le duo arriva enfin à l'amphithéâtre. Un frisson parcourut le jeune garde lorsqu'il entra dans l'édifice, un frisson de souvenirs qu'il préférait éviter de se remémorer.


- Je le sens mal Lucius, la dernière fois que je suis venu ici...



- Oh mais tais toi un peu ! Arrêtes de cogiter et profites un peu du spectacle.

Ils avaient trouvé de bonnes places dans les gradins, la vue était magnifique sur le sable de l'arène et sur les merveilleuses créatures qui le foulaient. À côté de Numerius son frère sifflait à tout rompre, il était dans son domaine, la moitié de ses connaissances à Pompei étaient dans l'arène. Le plus jeune frère ne partagea pas l'exultation de son frère, non pas que le spectacle n'en valait pas la peine mais plutôt que sa blessure monopolisait toute son attention. En effet, le jeune garde commença à refaire son bandage de manière à ce qu'il soit légèrement moins seré. Il regarda toutefois les louves de l'arène lorsqu'une voix retentit dans les tribunes.


- Est-ce qu’elle ne vaut pas plus que cela, peuple de Pompéi ?

Les acclamations redoublèrent alors et Numerius se prêta au jeu avec énergie.

Emporté par la foule dans les rues de Pompei, la procession avançait lentement ce qui ne déplaisait en rien le jeune blessé. Tout Pompei était rassemblé en un même lieu ce soir, la soirée s'annonçait des plus festives et des plus longues. Soudain Numerius sentit une main sur ma tête, Lucius venait de dénicher un petit stock de couronnes de fleurs et en avait enfoncé une sur son crâne. Râlant un court instant sur sa délicatesse légendaire le frère cadet ne vis que trop tard son ami Ausonius Niger passer à proximité de lui et dont Lucius avait revêtit la tête d'une autre de ses couronnes.


- Bon, assez joué avec toutes ces fleurs, il est temps de passer aux choses sérieuses. À la bouffe bordel !

Lucius était venu dans un but très précis apparemment, se remplir la panse. Les deux frères se mirent donc à table, l'aîné dévorait littéralement tout ce qui passait dans son assiette à tel point qu'une patricienne à sa diagonale lui reprocha sa manière de manger.


- Oh ! Excusez-moi m’dame.

Répondit simplement l'aîné des Petronius tandis que la tête de son petit frère commençait à pâlir en reconnaissant le visage de la patricienne, pourvu qu'elle ne l'avait pas reconnu. Glissant deux mots à son aîné au sujet de l'identité de cette femme ce dernier ne pu s'empêcher de l'observer plus en détail. Au bout de quelques instants il finit par reporter son attention sur son petit frère qui essayait tant bien que mal de cacher un maximum son visage à la patricienne.


- Par la verge de Jupiter ! Tu ne me m'avais pas dit que tu travaillais chez une famille de superbes créatures.

Glissa Lucius entre deux gorgées de vin.

Soudain Numerius ressentit comme des picotements au bout de ses doigts, sa bouche devint pâteuse et il fut pris de nausées.


- Mais qu'est-ce-que... Je n'ai pas bu tant que ça pourtant...

Le jeune Petronius se leva immédiatement et s'éloigna, ça allait arriver il le savait, ce n'était pas la première fois, il allait vomir. Pourtant, à mi-chemin entre la chaise qu'il venait de quitter et la ruelle la plus proche ses paupières devinrent lourdes, très lourdes, trop lourdes, le jeune garde s'effondra par terre.

***************************************************


- Oooooooh... Ma tête...

Les soirées de l'Olympe sont décidément trop arrosées mais je ne m'en plaindrais pas, c'est moi qui les organise. Je me relève avec difficulté mais je retombe instantanément ne pouvant que constater ma blessure à la jambe, sans doute le résultat d'un duel avec Diane ou Mars que j'ai remporté bien évidemment. Fort heureusement mon précieux sceptre est tout proche, je vais pouvoir m'en servir de canne. Je me relève donc pour apercevoir des centaines, des milliers de visages dont aucun n'appartient à un dieu.


- Oh non... Mais qu'est-ce que je fais au royaume des mortels ?

Junon va me tuer si elle me sais ici... Bon, même si techniquement c'est impossible puisque je suis immortel.
Soudain, un homme d'une bonne vingtaine d'années accoure vers moi en criant.


- Numerius ! Petit frère, attends !

Encore un de ces fous qui se crois l'égal d'un dieu, comme s'il pouvait être mon frère... L'envie de le foudroyer me traverse l'esprit mais j'opte finalement pour le coup de sceptre lorsqu'il arrive à ma porté, le mettant instantanément KO. Autour de moi les gens cris et cours dans tous les sens s'ils ne sont pas immobiles et figés, un tel désordre est inacceptable en présence d'un dieu ! Furieux, je monte sur la table la plus proche et hurle à plein poumons.


- Silence misérables mortels ! Prosternez-vous devant Jupiter, roi des dieux si vous ne voulez pas subir sa colère !

Je vois que quelques mortels ont arrêté de courir pour me regarder comme si j'était l'un des leurs, comme si j'étais un humain ! La majeure partie de ces infâmes non-croyants ne prête même pas attention à ma divine personne, ils ont choisi leur avenir, ma colère va se déchaîner.
Je suis sur le point d'envoyer la foudre sur cette misérable cité lorsque j'aperçois enfin une personne qui semble écouter le roi des dieux, une personne qui s'avance vers moi.


- Si tu veux sauver cette ville de la colère divine, il va me falloir de nombreux présents !

Oh oui, pour laver cet affront fait au dieux il va me falloir beaucoup de sacrifices, bœufs, agneaux, chèvres, tous les animaux blancs de cette cité devront y passer pour apaiser ma colère.




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ω We shall defend our land whatever the cost ω




4ème cérémonie des Césars :
 
Patricien
Mar 12 Aoû - 14:53
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Aulus Caelius Ahenobarbus
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Le banquet de Flore
Plutôt que d’observer les louves passer près d’eux, Ahenobarbus avait préféré s’approcher de l’invitée des Caelii, Antistia Helena, pour lui souhaiter la bienvenue à Pompéi. De toutes les villes qu’il avait visité, le jeune homme était certain de n’en avoir vu aucune comme Pompéi, pas même Herculanum, qui pourtant ne se situait pas très loin, juste de l’autre côté de la montagne. Helena devait se sentir bien étrangère à cette ville remplie de fous, alors Aulus avait décidé qu’il se devait de l’aider à s’y repérer.

« Merci ! C'est une belle fête pour rendre hommage à ces louves. »

C’était indéniable ; les fêtes de Flore étaient majestueuses, du plus petit esclave au plus grand des patriciens, tout le monde s’habillait merveilleusement bien, revêtait des couronnes de fleurs, mangeait à sa faim et semblait même heureux. Les Caelii venaient par exemple de croiser la route du poissonnier de la Rue de l’Abondance qui d’ordinaire était toujours grognon ; pourtant il paraissait plus qu’heureux, accroché au bras de sa femme, avec son tilleul dans les cheveux.  Néanmoins le jeune homme ne put s’empêcher de noter le trait d’humour dans la voix de leur invitée. A peine trois jours qu’elle était arrivée à Pompéi et elle en découvrait déjà tous les bas-fonds. Tant mieux, au moins ainsi elle ne pourrait plus être surprise. Souvent les patriciens avaient plus de mal avec ces fêtes, parce qu’il n’était plus question de partager seulement le terrain avec la plèbe, mais aussi avec les esclaves, les affranchis, les pérégrins, et puis bien sûr les louves. Mais ça valait le coup ; les dieux étaient toujours ravis de ce spectacle, et les Pompéiens rentraient souvent chez eux l’air ravi.

« Je ne savais pas que Pompéi abritait tout ce monde. »

Ahenobarbus sourit franchement dans sa barbe. Impressionnant, n’est-ce pas ? Ô combien il adorait voyager, pourtant il ne pouvait être plus fier de sa cité. Elle abritait tant de vie que c’en était impressionnant. Les grandes villes comme Rome n’offraient aucune surprise de ce côté-là, on s’attendait toujours à voir les rues pulluler de monde. Pompéi, par contre offrait une nouveauté à chaque coin de rue ; le jour des fêtes de Flore étaient un bon moment pour s’en rendre compte, et la patricienne serait bientôt ravie d’être arrivée en ville peu avant ces festivités. Elle se rendrait compte que son père ne l’avait pas envoyé vivre dans n’importe qu’elle cité, mais dans une magnifique ville de l’Empire Romain.

« Je m’en étonne moi aussi tous les ans pendant les fêtes de Flore. Mais tu verras que dans cette cité, nous ne sommes jamais à l’abri d’une nouvelle surprise ! »

Il ne pouvait pas mieux le dire …

***

Les Caelii étaient assis sur une des longues tables de banquet. Pas très loin d’eux on pouvait distinguer les silhouettes d’autres familles liées comme eux aux Licinii, mais il y avait aussi des patriciens, des esclaves, et puis bien sûr les louves, qui rôdaient autour des hommes. Ahenobarbus avait avalé quelques tranches de viande, des raisins et encore d’autres mets divinement préparés posés sur la table. Il se serait resservit une deuxième coupe de vin si l’alcool ne commençait pas déjà à lui monter à la tête. Il fallait avouer qu’il ne buvait pas souvent – contrairement à ses frères qui avaient, eux, une bonne descente – mais à ce point ? Il se sentait déjà mal, sa tête tournait et ses membres étaient lourds comme jamais. A côté de lui, les gens criaient, le bruit frappait dans son crâne. Il ferma les yeux un instant, espérant que la douleur passerait quand il les rouvrirait. Ça fonctionna plus ou moins ; en effet, quand il les rouvrit tout semblait adoucit, calfeutré. C’était une sensation assez étrange, mais c’était bien plus agréable que les martèlements dans son crâne. Il leva les yeux vers ses sœurs qui étaient assises en face de lui, mais quelle ne fut pas sa surprise quand il entendit s’échapper du bec d’une oie blanche la voix de sa sœur Alba. Face à cette oie, une lionne qui lui parlait de la voix de son autre sœur, Severa. Quel était ce maléfice ?! Alors comme ça, les animaux d’ordinaire ennemis avaient le droit de s’entendre eux-aussi en ce jour de fête de Flore ? Mais par tous les dieux, comment était-ce même possible qu’oie et lionne puisse parler ?! Et puis cette oie et cette lionne n’étaient que têtes ! De corps, c’était bien ces sœurs qu’il avait face à lui, il pouvait voir leur mains bel et bien humaines se mouvoir devant elles. Les yeux du patricien s’écartaient de plus en plus face au spectacle qu’il avait devant lui, mais il ne préférait faire aucun mouvement brusque : qui sait ce que pouvaient faire une lionne  et une oie si on les mettait en colère ?! A côté de lui il y avait Helena. Il posa une main sur la sienne, et fit, les yeux toujours fixés sur l’oie et la lionne :

« Ne bouge surtout pas, où elles risqueraient de s’entretuer … »

Aulus s’autorisa alors à quitter des yeux les deux animaux, pour détourner le regard vers la Napolitaine, avec au visage un air qui se voulait rassurant. Quelle ne fut pas sa surprise quand il s’aperçut qu’elle aussi était possédée par un démoniaque animal : un chat. Il pouvait reconnaître ses yeux mais le reste de son visage était recouvert de poils blancs et de moustaches. Elle n’avait pas l’air de comprendre, mais il était terrifié. Rapidement, il tourna la tête pour regarder autour de lui : poissons, chiens, chevaux, poules, loups, cochons, singes … Il y avait de tout, partout ! Derrière lui, un homme à la tête de Taureau jurait qu’il était Jupiter ! Un Dieu, parmi les hommes, à la dégaine d’un Minotaure ?! Impossible, le Dieu des dieux ne s’infligerait pas une telle honte ! Aulus vit l’âne qui avait pris la place de son père se lever de son banc, réajuster sa toge avant de se prosterner devant l’autoproclamé taureau-Jupiter. Aulus, consterné, tira l’âne par le bras – un vrai bras d’homme ! – et fit :

« Père, ne vois-tu pas que c’est un simple mortel à la tête de taureau ? Tout cela n’est que supercherie ! »

Il parlait à un âne ! Par tous les dieux, il parlait à un âne qui avait pris la place de son père ! Son père qui d’ailleurs croyait tout ce qu’on lui disait surtout quand ça concernait les dieux à tel point que c’en était ridicule ... Un taureau qui se prenait pour Jupiter, on avait tout vu, n’est-ce pas ? Soudain, une femme à tête de loup s’approcha du fameux Jupiter, langoureuse … Aulus, stupéfait, recula de plusieurs pas, poussant du monde sur son passage (un poulailler, à ce qu’il paraissait) et il finit par se heurter au banc de la table du banquet qui lui fit perdre l’équilibre si bien qu’il tomba en plein milieu des plats, comme si ce n’était pas suffisant. En se redressant, la toge tachée en de multiples endroits, il maugréa dans sa barbe des « Impossible ! » inaudibles (ou tout du moins c’était ce qu’il croyait, parce qu’en réalité il cria ce mot une dizaine de fois à plein poumons), jusqu’à apercevoir son visage dans un pichet en argent à côté de lui … C’était une catastrophe, une catastrophe ! Un renard roux lui avait volé ses traits. Il passa ses mains sur son visage et sentit un certaine fourrure, un museau humide et même des moustaches ! Cette fois, c’en était trop ; il se griffait le visage, comme pour s’enlever un masque, en criant :

« Enlevez-moi ça, par Jupiter, enlevez-moi ça !! »


 
© charney

 


Aulus Caelius Ahenobarbus
Wannabe-Flamine à la barbe d'airain.
Plebe
Mer 13 Aoû - 16:03
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Epidia Tullia Ravilla
₪ Arrivée à Pompéi : 23/03/2014
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La main de Ravilla relâche doucement la main prisonnière de l’enfant… Son frère a raison. Il a le droit de goûter à une liberté qu’elle ne lui a jamais réellement offert… Ses yeux gris observent craintivement la tête brune de son fils qui se mêle aux autres enfants sans autre timidité qu’un regard encourageant envers sa mère et son oncle. Elle s’oblige à incliner doucement la tête.

« Si cette fête n'est pas ma préférée, il va de soit que nous sommes bien gâtés ! »

Les paroles de son frère résonnent en elle, tandis qu’elle sent déjà le doux nectar glisser en son corps et enivrer ses sens. Comme son frère, cette fête n’était pas sa préférée elle lui rappelait trop de mauvaises choses qu’elle aurait préféré oublier, et en soit elle ne trouvait pas que les citoyens étaient particulièrement gâtés. Tout n’était que décadence et profusion… c’est-à-dire à l’image de la vie des patriciens qui faisaient le jour et la nuit dans la cité. Non, elle ne trouvait pas qu’ils étaient particulièrement gâtés, mais elle garda le silence car au fond d’elle : elle rêvait de tout cela pour son frère. Et plus elle se prenait à penser de cette opulence dont peut-être un jour son frère se parerait, plus elle buvait avec délectation le doux vin de Campanie…

Soudain, sa vision se trouble comme un enchantement maléfique et sa tête semble commencer une cadrille jusqu’alors inconnue… Prise d’une soudaine panique, quoique la sensation est particulièrement agréable, elle pose une main fébrile sur l'épaule de son frère…

« Caeso… »

« Silence misérables mortels ! Prosternez-vous devant Jupiter, roi des dieux si vous ne voulez pas subir sa colère !»

Ravilla sursaute et sa main se crispe, serait-ce possible que cet homme se prenne véritablement pour le Dieu? Ou le serait-il?! Elle plisse les yeux, espérant améliorer sa vision trouble… Mais soudain sa main se détache doucement de la toge de son frère et elle laisse son corps doucement glisser au sol, hypnotisée…

Si ce n’est un filet de bave qui s’échappe de ses lèvres frémissantes de désir de cette soudaine vision, ses yeux brillent d’une nouvelle lueur et elle ne peut s’empêcher de taper sur la jambe de son frère comme une enfant insupportable, pour qu’il s’accroupisse lui aussi.

Des calcei divine.

« Caeso le cuir de ces sandales n’est-il pas de médiocre qualité pour un dieu? murmure-t-elle dans l’espoir de ne pas s’attirer la foudre de Jupiter, qui s’ébroue déjà devant une jeune femme…Ravilla se surpris à se sentir tellement concernée par la chose, elle n’était pas particulièrement fétichiste de ce genre de chose et de toute évidence elle n’en avait pas les moyens… Mais plus les instants passaient plus elle se sentait attiré par la question. Crois-tu que le cuir est de moins bonne qualité sur le mont Olympe? »

Sa voix était tremblante, soudain prise de panique car à bien y réfléchir … il semblait tout d’un coup évident que les bêtes ne pouvaient vivrent à leur aise aussi haut perchées… Et si les Dieux s'apercevaient qu'ils étaient moins bien chaussés que les habitants de Pompeii, les malheurs s'abattraient à nouveau sur la ville.... Ravilla sa concentra longuement, soudain prise à dépourvue qu’un dieu puisse se revêtir de moins belles choses qu’eux…

Des socci flambants neuves et magnifiques passèrent devant sa vision divine et elle porta ses deux mains, sur les pieds de l’homme, le stoppant net : « mais regarde Caeso tu vois bien la différence! ». Les sandales étaient finement ouvragées et épousaient chaque pied parfaitement... Une pièce d'art.

Elle se releva, l’entreprise fut difficile car son esprit semblait embrumé d’un parfum nouveau, et devant l’homme roux -ce qui pour être honnête lui fit un moment peur, mais il portait à ses pieds un si bel ouvrage qu'elle ne pouvait pas lui demander cette question qui lui brûlait les lèvres- ; « toi romain, le cuir de tes lanières, elle pointa un doigt inspecteur sur les chaussures de l’homme, provient-il bien de Campanie? »

Le regard -mortellement- effrayé du patricien fit reculer la jeune femme d'un pas.

Que lui prenait-il donc de demander de telles choses?


You shut me down but I won't falll ∆
You shout it loud, but I can’t hear a word you say. I’m talking loud not saying much. I’m criticized but all your bull is ricochet. You shoot me down, but I get up. I’m bulletproof nothing to lose fire away, fire away. Ricochet, take your rain fire away, fire away. You shoot me down but I won’t fall. I am titanium. You shoot me down but I won’t fall. I am titanium. I am titanium...
Patricien
Ven 15 Aoû - 19:00
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Lucius Pompeius Publicola
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Cela fait bien longtemps que je n'ai eu le loisir d'apprécier véritablement une fête. Toutes mes pensées ont jusqu'alors été troublées, bien que je le niais farouchement, par les élections à venir et maintenant que je peux parader tel le duumvir deuxième mouture que je suis, me voilà plus guilleret. Oh certes, je n'oublie pas le couple de loups qui s'était juré de me mettre au déjeuner du jour, ni l'ombre qui semble roder ça et là, tandis que nos murs rougissent d'injures ou que nos cages sont mystérieusement ouvertes... Mais ce soir, rien de tout cela ne peut arriver n'est-ce pas ? C'est la grande fête de Flore et qui plus est, je vogue en solitaire ce soir. Lupida a décidé de garder le lit, car une sorte d'affliction d'été semble ne plus pouvoir la lâcher, depuis qu'elle a craint pour ma vie et l'entièreté de mes mollets suite au drame de l'amphithéâtre. Mon ami Marcus, qui ne manque pas chaque année de me tenir compagnie dans ces festivités, qui sont souvent bien arrosées, est en voyage au loin si bien que je chemine lentement dans les ruelles, entouré de ma garde personnelle, qui se réjouit, une fois n'est pas coutume, de m'accompagner dans les dédales de cette sortie nocturne. Le sparte que j'ai engagé quelques jours plus tôt mène la marche, serein, attirant les regards, tellement son exotisme transcende son personnage. Quant à moi, je me suis paré d'atours clinquants : les rouges de ma tunique semblent n'avoir jamais été aussi rouges et les ors ruissellent presque à chaque fois que les lumières les frappent.

Tandis que je fais mine d'innocemment lever les yeux, vers un balcon pourtant bien choisi, mon oeil caresse, à la faveur de la nuit, la silhouette boudeuse juchée sur un fauteuil. J'incline légèrement la tête dans sa direction, pour la saluer, et inspire longuement l'air nocturne, si jamais il avait la fantaisie de porter jusqu'à mes narines les effluves de son parfum. Je n'ai plus que faire une visite des plus protocolaires, afin de m'enquérir de sa cheville, sous couvert que nos familles sont alliées mais il ne m'a pas été possible de prolonger la rencontre, ni de m'échapper de mes devoirs. Mes yeux finissent par la quitter, bien malgré moi, avant que quiconque n'ait le loisir de remarquer ce que je regarde et j'espère qu'elle m'a vu.

Bientôt, les rires, les couleurs, les conversations m'entourent et m'accablent. Je me dois de serrer les mains, de m'entretenir avec certains au sujet d'affaires pressantes mais je les repousse rapidement. Ce soir est un soir insouciant, tout du moins en apparence, alors je ne traiterai pas de politique plus avant. Je prends place à la grande tablée qu'on a dressée en plein forum, papotant à ma gauche très joyeusement avec Octavius Petronius, l'un de mes plus vaillant soutien lors de la campagne récente. Il est jeune et il a une magnifique femme des plus ambitieuses. De quoi me les conserver pour un long moment, j'en suis certain. Je salue son épouse et ne fait que tremper mes lèvres dans le vin, me promettant de ne faire aucun excès. Ma tête se souvient encore de mes derniers écarts...

Lorsque je mords dans une patte de poulet enduite de miel et relève le regard, c'est pour croiser celui que j'aurais dû attendre mais qui pourtant me surprend à frayer aussi près de moi. J'en recrache presque mon repas à peine avalé mais me contient et affiche aussitôt un rayonnant sourire (aux lèvres essuyées, mauvaises langues que vous êtes !), comme si apparaissait ici un ami de toujours. Je réponds à son salut, méfiant et scrutateur à la fois, et incline la tête sur le côté :

- Fortune et gloire sur la tienne, cher Licinius. J'accepte avec joie, vois donc ici la chaise qui est restée libre à mes côtés, elle semblait presque t'attendre.

C'est d'un décalé cette conversation que je sens nettement Petronius se tendre à mes côtés mais il plonge son nez dans le vin, comme si de rien n'était. Tandis que je laisse Caius s'assoir, je pousse même la comédie jusqu'à lui proposer un morceau de poulet et je prends bien garde d'en découper l'aile et de lui servir avec. Il y a des petits os là-dedans, avec un peu de chance, il s'étranglera avec et je ne connais rien en manoeuvre pour débloquer les gorges obstruées. Quelle dommage n'est-ce pas ?

Ma coupe est bientôt remplie, la sienne aussi et c'est avec fermeté que je plonge mon regard dans le sien et que je trinque. Santé Licinius, santé et que ta vie soit des plus intenses. Et courte. Je bois ensuite une large gorgée, oubliant mes précautions pour faire passer le fait que je vais devoir partager une partie de la soirée avec l'infâme. Pater, tu serais fier de moi me dis-je, tandis que l'amertume du vin me reste sur la langue. Je me dois de lancer la conversation et je lui parle, en mimant un air distrait, alors que je suis chacun de ses gestes, de l'amphithéâtre et des rondes qui y ont été redoublées depuis que les fauves ont pris la poudre d'escampette. Je lui demande également en riant si un détachement de sa légion ne pourrait pas venir renforcer les hommes, car on en manque, et qu'après tout, en tant que légat il doit s'en soucier. Et puis si au passage il avait le bon goût de les accompagner et de se faire enfermer dans la fosse aux lions... Quoiqu'il y est déjà. Je souris, de toutes mes dents, carnassier, à cette idée mais en vérité, la conversation va bon train, nous feignons tous deux avec tant d'aisance :

- Et comment se porte Gaia ?

À croire que nous conversons ainsi depuis toujours. Plus j'ai envie de le mordre, plus je lui souris. Plus j'ai envie de l'injurier, plus je suis affable et drôle. J'en oublie presque de l'écraser de mes allusions mesquines... Oublier... oui, c'est bien cela. Je l'avais pourtant tout à l'heure. Je m'écrie soudain, comme si c'était dans le ton de la conversation :

- Où est mon glaive d'apparat ?

Je tâte ma ceinture, ou gît un glaive des plus classiques. Rien de plus normal vu que j'ai décidé de laisser ce fichu glaive d'apparat dans mon tablinum, depuis que je me suis retrouvé face à des loups sans pouvoir leur trancher un morceau de bidoche. Mais ce soir, je ne m'en souviens pas. Ce soir, je suis persuadé de l'avoir eu sur moi pendant des heures. Je suis même convaincu qu'en cet objet, il y a la clef de mon existence même, que je ne peux pas respirer sans. Octavius me dévisage et balbutie quelque chose signifiant qu'on va bien le retrouver, qu'il n'a pas pu tomber bien loin mais bientôt me voilà à disparaître sous la table en bois, et à chercher et à rugir :

- Où est-il par tous les dieux ?

Ne l'ayant pas trouvé encore, je sors de sous ma cachette, échevelé, un peu rouge, autant par l'énervement que par le vin et je fronce les sourcils en face de Caius. Je lance, presque boudeur :

- C'est toi qui l'as, j'en suis sûr !

Et ni une ni deux, me voilà en train de fureter du bout des doigts vers la ceinture de mon meilleur ennemi.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Arene
Sam 16 Aoû - 19:42
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Priam
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Le banquet de Flore



Lorsque la tête de Niger se profile au milieu des autres et que je l’entends venir à ma rencontre, j’étends une lourde patte vers lui pour la lui poser amicalement sur la nuque. Le petit gars m’a l’air sobre ce soir… Pour le moment…
Tout à mon heureuse surprise de le revoir après tout ce temps et de constater qu’il n’avait pas oublié notre rencontre malgré sa gueule de bois, j’en oublie presque la pique qu’il m’assène en évoquant ma défaite. Comment lui en vouloir avec sa mine de grand gamin ? Et puis j’apprends à passer outre… Je ris franchement de sa répartie :

-Qu’est ce que tu veux, bonhomme, c’est mon fardeau quotidien que de me dévouer corps et âme pour notre belle cité ! Allez, trinque donc à notre santé et à celles des louves de Pompéi ! Et fais attention de tenir ton vin ce soir…

Je lui adresse un regard entendu, je ne suis pas certain d’être moi-même apte à le reconduire chez lui au terme de cette nuit… Ni à le sortir d’un quelconque pétrin s’il lui prenait l’envie de s’y fourrer… Allez savoir pourquoi, mais ce soir encore et presque instinctivement, j’ai à cœur de garder un œil sur lui. Je lui propose en montrant notre groupe de gais lurons :

-Tu t’assoies avec nous ?

***

Notre tablée est sans doute l’une des plus bruyantes, on nous a commandé de ne pas faire honte à notre domina et nous nous y efforçons du mieux possible, mais cela n’empêche pas de boire, de manger et de rire à foison, si ? Au moment où je songe aller soulager ma vessie, qui se remplit doucement mais sûrement, derrière un olivier, je sens mon estomac me peser davantage, et un coup de barre me tomber sur le crâne. Depuis quelques minutes déjà, je ne suis plus certain de ce que je dis…

Soudain je plisse le front, contrariée. J’hume d’un air suspect l’air environnant. Une odeur bien familière. Pas désagréable pourtant pour la déesse de l’Amour que je suis, mais lorsque je comprends qu’elle vient de moi, le sang vient empourprer mes joues. Je porte une main à ma gorge, confuse et me penche vers Rosalina à mon côté pour lui souffler à l’oreille :

-Ca alors, je sens l’homme…

Je ne me rappelle pourtant pas avoir batifolé avec aucun de mes galants… En passant une main sur mon bras, la surprise me saisit, autant que l’effroi et je laisse échapper un petit cri strident :

-Et cette peau rugueuse ? Velue ? Quelle horreur ! C’est encore cette mégère de Junon qui m’a jeté un sort ! J’en parlais l’autre jour avec Minerve, rien d’étonnant à ce que mon frère préfère des nymphes et des mortelles à cette garce mal-baisée…

Je m’emporte… Allons, il va me falloir remédier à ce corps… Je me sens légère et belle à l’intérieur, et je me lancerais bien dans une de ces danses comme ces jeunes filles. Une d’entre elle semble particulièrement sensuelle et désirable, la déesse de l’Amour et de la Beauté que je suis a bien du mal à résister aux appels de son corps.
Instinctivement, les yeux fermés, me laissant portée par la douce musique, j’ondule mes hanches de manière hypnotique et laisse mes bras effleurer les airs puis venir se perdre dans ma chevelure.


Je me tourne alors vers ce jeune homme aux cheveux noirs et au teint mat qui me fait face et aussitôt j’en oublie la jolie danseuse et mes propres élans. N’est-il pas beau et attendrissant avec ce regard ombrageux et ce visage juvénile? Il me rappelle le jeune Pâris… Je me rapproche de lui et lui caresse le bras de ma voix la plus douce et enjôleuse :

-Salut à toi, bel éphèbe… Voudrais-tu faire préparer un bain au lait d’ânesse à la divine Venus?

Pour ajouter davantage à ma technique de séduction légendaire et à mon charme ravageur naturel, je secoue sensuellement mes cheveux et laisse ma main glisser sur son torse adolescent :

-Tu pourras m’y rejoindre si tu veux…




Priam brings sexy back:
 

Patricien
Dim 17 Aoû - 11:57
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




Caius Licinius Murena
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Le banquet de Flore



Le sourire du fourbe fait écho au mien. Tandis que je prends place à son côté, je remarque  que sa coupe est presque vide et je me fais fort de la remplir de nouveau avant de m’en servir une. Si je pouvais le faire boire jusqu’à s’en soûler et à hurler des chansons paillardes… Dommage que les élections soient déjà passées, je m’en souviendrais pour la prochaine campagne dans un an… Si je n’ai pas perdu patience d’ici là et ne me contente plus seulement de dénicher quelques scandales aptes à venir ternir le lustre de sa toge encore immaculée…

- Et comment se porte Gaia ?

-Fort bien, je te remercie. Comme à cet âge où rien ne compte sinon le lait de la nourrice et les bras de Morphée...

J'accompagne ma réponse d'un léger rire. Et voyons… Nous voilà à converser comme deux paterfamilias débonnaires, on s’y méprendrait ! Que ne me faut-il pas faire pour cette foutue cité… Partager le pain et le vin avec l’infâme, le corrupteur. Chaque bouchée m’est une épreuve, pourtant je sais qu’il me faut prendre patience. Le tyran ne chutera pas de son trône dans lequel il a implanté son auguste arrière-train plus sûrement que Jupiter sur l’Olympe.

Vraiment cette mascarade me donne la nausée… Dans le sens figuré, mais même à présent au sens propre. Ma tête tourne et s’embrume, je grimace. Puis reste ainsi, quelques secondes, la tête dans une main et mes doigts venant masser mes tempes. Par tous les Dieux…


Soudain, je sens des doigts venir palper ma taille et j’en interromps alors ma mastication et mon isolement. Le mal n’était que passager car il semble peu à peu se dissiper. Je lance un œil surpris et incrédule à ces doigts qui me courent sur la tunique, puis assène une tape sèche à ces intrus insistants.

Bon sang mais cette voix… Cette stature… Cette chevelure dorée… C’est lui! Mes yeux s’écarquillent et je manque de m’étouffer avec mon morceau de poulet –décidemment ces petits os…-  et de tomber à la renverse de mon siège. En lieu et place je bondis sur mes pieds pour tomber à genoux devant mon interlocuteur, les mains et les bras tournés vers le ciel, les yeux clos et la tête renversée en arrière.

-Oh noble Apollon descendu parmi nous que tu inondes de lumière, je suis ton humble serviteur.

Alors que je vois le Dieu des Arts tourner autour de moi et inspecter ma ceinture avec instance, craignant son furieux courroux, je me prosterne face contre le sol en signe d’humilité.

-En quoi puis-je t’être agréable, divin Apollon ? Ordonne et j’obéis.

Au bout d’un petit instant, j’ose ouvrir un œil et me redresser :

-Veux-tu que je m’occupe de garer ton char ? Il est en double file…

Je pointe du doigt un espace derrière lui. Là où moi je vois un superbe cortège de pur sang majestueux piaffants devant un char rutilant d’or, il n’y a en réalité que des oliviers dont les branches se balancent au gré du vent du soir et fait bruisser les feuilles.
Et puis soudain avant même d’entendre sa réponse, une voix s’élève un peu plus loin derrière moi, au dessus de l’assemblée.

- Silence misérables mortels ! Prosternez-vous devant Jupiter, roi des dieux si vous ne voulez pas subir sa colère !

Le cœur saisi, ému presqu’aux larmes, mon regard dilaté et injecté de sang se met à briller d’une ferveur inconnue tandis que je tourne la tête:

-Jupiter… ?




In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.




Dim 17 Aoû - 15:03
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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Alors que le soleil s’éclipsait derrière le Vésuve pour faire place à la nuit, une chaleur inondait mon corps tout entier. Je sentais un brasier ardent dans tout mon être et je n’avais qu’une seule et unique envie boire pour tenter de calmer ce feu qui menaçait de me consumer. Je pris donc sur l’une des tables tout près de mon le pichet de vin pour remplir ma coupe vide et le but d’un trait. Étrangement, ma gorge était toujours sèche ce qui me poussa à boire encore et encore. Je ne m’étais jamais enivrée avant aujourd’hui, mais je m’en moquais, j’avais tant à oublier et puis l’idée de devoir affronter mon ancien maître me donnait la nausée. Alors que je m’approchais encore de la table des Licinii, je ne pus décrocher mon regard de celui qui la présidait. À ma plus grande honte, j’avais toujours eu un faible pour les uniformes militaires. Et bien qu’en cette folle nuit de débauche, il avait choisi une tenue plus sobre, Caius Licinius Murena était de loin l’homme le plus désirable des lieux. Je ne pouvais décrocher mon regard de sa personne, et ce même si je sentais sur moi le regard sombre des Pompéiens et de cette chère Thémis qui devait m’en vouloir d’avoir l’audace d’ainsi désirer son maître.

Ce fut pourtant femme de ce dernier qui vint mettre fin à cette douce caresse des yeux que je lui prodiguais. Tel un fauve en chasse pour sa proie, elle se déplaça avec grâce et rapidité vers moi. Elle stoppa sa course à quelques pas de ma personne et me dit :

- Bonjour. Je remarquais précédemment que vous semblez très intéressée par l’une des esclaves de ma maison…

Elle me parla avec politesse malgré son rang beaucoup plus élevé que le mien et me regarda intensément comme si elle pouvait de son seul regard scruté le moindre de mes secrets. Aussi gênant que cela puisse être, je ne me dérobai pas à ses questions. L’alcool avait ce pouvoir magnifique de nous donner de l’audace, de l’allégresse et de faire tomber toutes nos inhibitions. Ne me laissant pas le temps de lui répondre, elle enchaîna :

-… Pourrais-je en connaître la raison? En fait, je suis Octavia Licinia Camilla, Domina de la maison Licinii et de surcroît je ne me souviens pas vous avoir vu près de la villa ni en compagnie de l’esclave Thémis.

- N’ayez aucune crainte Madame. Je ne suis pas ici pour vous causer d’ennuis bien au contraire. Je suis probablement celle que vous et votre époux attendiez depuis toujours.

Je fis une légère pause le temps de me tourner de nouveau vers Murena, mais ce dernier ne semblait pas me voir et n’avait d’yeux pour son interlocuteur. Déçu, je me tournai de nouveau vers son épouse et ajouta a son intention :

- J’ai fait la connaissance de l’esclave Thémis au marché, il y a quelque temps de cela. Elle m’a abordée afin de savoir à quelle maison j’appartenais et je crois que ce qu’elle a découvert lui a plus. Je suis seulement étonnée qu’elle ne vous ait encore rien dit à mon sujet. Peut-être cherchait-elle le bon moment ou voulait-elle se servir de cette information pour s’avantager auprès de vous. Peu importe maintenant que je suis là. Sachez que j’ai appartenu à la maison de votre pire ennemi pendant de nombreuses années. Et aujourd’hui je désire qu’une seule chose… sa chute!

Dans un geste lent et lascif, je m’aventurai à lui caresser la main.


Dernière édition par Caria le Sam 13 Sep - 13:54, édité 2 fois
Dim 17 Aoû - 21:00
Re: INTRIGUE ₪ Le banquet de Flore   




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Elle avait remarqué sa coupe entre les doigts. Oh ! Il était vrai que ce petit vin fut un vrai délice. Elle-même y goûta précédemment assis à la table près de ce Plébéien … Et de Petronius. Oh oui, Octavia Licinia Camilla avait bien remarqué ce dernier souhaitant vaille que vaille ne pas voir ces deux-là amis. Ce serait une véritable honte pour les Licinii non ? Non ?

Un malaise, probablement passager, s’emporta de sa personne un court moment. Alors que Caria lui répondit avec toute la politesse semblant lui être due, Octavia porta doucement et discrètement la main à son ventre. Un malaise post-grossesse peut-être ? Ses souvenirs ne lui rappelaient pas avoir eu ce genre de nausée et maux suite à ses autres grossesses pourtant. À moins qu’elle se faisait vieille. Elle tangua un peu et accrocha uniquement à « celle que vous attendiez. »

- Ah …

Répondit-elle simplement sans en avoir trop compris le sens alors que les maux firent plus place à une chaleur et un certain mal de crâne. Toutefois, la suite des choses paressaient complètement loufoques, étranges voir même dangereux. Un homme au loin, c’était bien ce Petronius, criait des mots. Octavia ne comprenait pas. Elle l’entendait les traiter tous d’immortels. Elle l’entendit les mettre en garde contre un fou rire. Fronçant les sourcils et soupirant d’agacement, Octavia aurait bien été le ramener à sa place celui-là qui avait certainement trop bu, mais Caria rétorqua à nouveau envers sa personne laissant entendre ne pas bien connaître Thémis et s’étant battu avec elle au marché, elle voulait vraiment s’en excuser. Fronçant les sourcils, on savait dès lors qu’Octavia devait vivre encore plus de confusion que vous là – oui vous qui lisez. -  Certes, l’horreur prit Octavia lorsque Caria lui annonça être sa pire ennemie et vouloir … La tuer.

- Ah ! Lâchez-moi !

Bondit-elle sur ses arrières en menaçant d'une main Caria. Son cœur battait la chamade. Elle voulait la tuer ! Pourquoi ? On venait de la retrouver pour le meurtre d’Atius ! Son cri s’étouffa dans sa gorge. Les sons s’avouèrent vaincus. Reculant à tâtons, la domina mettait ses bras devant soi ne lâchant point Caria des yeux. Elle ne connaissait pas cette personne. Maintenant, si : c’était un assassin. Son assassin venant probablement de Rome. Subitement, Octavia se retourna et se mit à courir, courir, courir !

- Caïus !

Cria-elle le prénomen de son mari, mais c’était plutôt pour arriver près de lui qui se prenait pour un Roi devant des oliviers, mais évidemment vous saviez tous que quelque chose n’allait pas avec Octavia : ce cher Édile ne se prenait pas pour un Roi ici, mais plutôt il se soumettait. Les oreilles de la domina semblaient tout chambouler, tout inverser. Mettant la main devant sa bouche, Octavia sentait son corps se tendre et ses membres trembler. Elle respirait rapidement. Elle avait peur. Alors, Octavia vit le Duumvir sous la table. Aller savoir le pourquoi du comment cet idiot se trouvait sous la table actuellement. Apeurée comme elle était, elle ne sut pas réellement pourquoi elle lui demanda son aide.

- Sire … Sire ! On veut me tuer ! Un assassin ! Un assassin à Pompeï, à la fête de Flore !

Approcha-elle de Publicola penchée sous la table comme ce dernier. Son ton de voix se faisait affolé. Ok, elle n’avait plus que lui pour sauver sa vie. Ce n’était pas le moment de chipoter sur un sauveur ou un autre. Elle était en totale panique souhaitant trouver une épée digne de ce nom. Observant de part et d’autre, Octavia cherchait à voir si Caria la suivait. Oh ! Oui, vous avez tout compris. Octavia Licinia Camilla hallucinait sur les mots prononcés par tous.
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