Closer to you [PV Serena]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Mer 18 Juin - 17:35
Closer to you [PV Serena]   




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Closer to you

J’étais debout, les mains enchaînées, face à Sextus qui m’observait en silence. La requête que je venais de formuler n’était pas des moindres et il n’était pas étonnant qu’il prenne quelques instants pour y réfléchir. En fait, je n’aurais pas été étonné qu’il me renvoie et ne me fasse rappeler que quand il aurait pris sa décision. Il faut bien avouer que je tirais un peu sur la corde que Sextus avait fait mienne depuis que j’étais devenu Champion. J’avais été acclamé, mon Dominus avait été particulièrement fier et heureux, tellement d’ailleurs qu’il avait même organisé un banquet en mon honneur. J’avais eu peur que cela soit trop pour moi mais finalement, j’avais passé un très bon moment en compagnie de mes frères et j’avais été fier de revenir parmi eux en ramenant le titre du nouveau Champion de Pompéi. C’était finalement au cours de cette soirée que j’avais croisé le regard de Serena ou plus exactement, que j’avais enfin vu Serena parce que nos regards s’étaient finalement croisés bien avant cela mais j’avais juste été trop aveuglé par ma douleur pour pouvoir la voir. Ce qui avait changé ? Moi en réalité ou plutôt, ce que j’avais réussi à accomplir pendant les jeux et plus particulièrement ce qu’il s’était passé quand j’avais affronté Priam. Il m’avait poussé dans mes retranchements et grâce à lui, j’avais réussi à faire sortir toute la rage qui jusque-là m’avait consumé doucement mais sûrement, comme un poison peut s’insinuer dans les veines de manière fourbe et furtive. Ce poison, c’était durant mon combat contre Priam que j’avais réussi à m’en débarrasser et en devenant le Champion, j’étais à la fois redevenu un peu l’homme que j’avais été autrefois tout en devenant un homme nouveau et cet homme que j’étais à présent avait su voir là où l’autre avait été aveugle. Voilà pourquoi ce soir-là j’avais enfin vu, j’avais compris.

Serena.

Depuis ce soir-là, nous avions échangé de nombreux regards et quelques mots. Des banalités et de très courtes phrases mais elle n’était pas responsable de cela : c’était moi qui en était responsable. Elle, elle était merveilleuse. Quand son regard empreint de douceur se posait sur moi, je me sentais bien mieux. Cependant, il m’était difficile d’affronter ce que Serena avait éveillé car je n’y avais pas été préparé. J’avais si longtemps pleuré ma femme que j’avais cru que mon cœur ne serait jamais capable de faire autre chose et pourtant, voilà qu’il s’était mis à battre pour elle. Alors oui, les paroles que nous échangions étaient brèves mais c’était parce qu’il me fallait du temps pour être capable de lui parler plus et ce temps, je l’avais pris. Voilà pourquoi je me tenais devant mon Dominus en cet instant. Je voulais voir Serena, je voulais qu’elle vienne me voir dans cette pièce qui m’était à présent réservée et dans laquelle je passais mon temps quand je ne m’entraînais pas ou que je n’étais pas avec mes frères. Terminée la cellule : je jouissais d’une certaine liberté au sein du Ludus et c’était mon titre de Champion qui m’apportait cela. Voilà pourquoi c’était sans doute trop demander de voir Serena, de la voir quand je le souhaitais et que personne d’autre ne puisse la voir. Mon cœur battait pour elle et je ne voulais pas qu’un autre homme la touche, qu’il fût mon frère ou pas. Certes, je n’avais moi-même jamais posé la main sur elle mais cela ne m’empêchait pas de déjà bouillir de l’intérieur en imaginant un autre homme que moi la tenir dans ses bras. Nous n’avions pas échangé nos sentiments que les miens me transformaient déjà en une bête sauvage et possessive. Sextus n’était bien sûr pas stupide et il avait compris ce qui motivait ma demande. Allait-il accepter ?

Le silence se prolongea encore un moment avant qu’un étrange sourire ne vienne étirer les lèvres de mon Dominus. Lorsqu’il prit la parole, il m’annonça que ma requête était acceptée : le soir-même, Serena viendrait me rejoindre et elle viendrait encore après cela, il me suffirait de le demander. Bien sûr, je ne voulais pas forcer Serena à venir me voir et cela faisait partie des choses dont je souhaitais lui parler lorsqu’elle allait venir. Je ne serais pas cet homme qui l’obligerait à venir jusqu’à moi, j’allais simplement lui expliquer que j’avais le désir de la voir le plus souvent possible. Enfin, en tout cas, c’était ce que j’avais l’intention de faire mais encore fallait-il que je fusse capable d’aller jusque-là. Sextus termina notre conversation en m’assurant qu’elle n’irait visiter aucun autre homme mais qu’il comptait sur moi pour ne pas perdre mes moyens si je voyais des regards se poser sur elle : mes frères étaient des hommes, Serena une femme très désirable et Sextus ne souhaitait pas voir la situation dégénérer. Je lui assurai qu’il n’y aurait aucun problème ce qui était parfaitement faux puisque, soyons honnêtes : il n’était vraiment pas impossible que mes sentiments pour Serena ne me fassent agir de façon inconsidérée. J’allais devoir être très prudent.

Je quittai donc la villa pour m’en retourner à l’entraînement, parvenant à me focaliser sans mal sur ce que je devais faire puisque je savais qu’à la nuit tombée, j’allais avoir la visite de Serena. Quand le soleil déclina enfin à l’horizon, j’allais dîner en compagnie de mes frères et récupérai, avec l’autorisation de Sextus, une chope de vin et deux coupes avant de quitter mes frères qui eux retournaient dans leurs cellules. Je les observai en m’éloignant, me sentant toujours un peu coupable de ne plus vivre dans les mêmes conditions qu’eux. Je traversais la cour et allai m’installer dans ce qui me servait de chambre puisque je ne pouvais clairement pas appeler cet endroit « cellule » étant donné qu’il n’y avait pas de barreaux à l’entrée mais une porte en bois. Je déposai la chope et les coupes au sol avant de m’asseoir sur ma couche, mon regard se perdant l’espace d’un cours instant dans le vide. J’étais à la fois envahi d’un calme qui m’était peu coutumier tout en étant tendu. J’étais calme parce que je me sentais assez serein, j’étais tendu parce que j’appréhendais malgré tout la venue de Serena : nous ne nous étions encore jamais retrouvés seuls en tête à tête et finalement, je n’étais pas certain de la façon dont ceci allait se passer. J’avais envie de la voir, j’avais envie qu’elle me parle d’elle, j’avais envie de lui parler de moi, j’avais envie que nous apprenions véritablement à nous connaître et par tous les Dieux… J’avais envie de lui faire part de mes sentiments mais je n’étais pas certain d’y parvenir : ces choses-là prenaient du temps, particulièrement dans mon cas en fait.

Un bruit de pas me fit revenir à moi et je relevai le visage pour poser mon regard sur la silhouette de Serena qui se dessinait déjà à l’entrée et que je pouvais aisément voir puisque j’avais laissé la porte ouverte. Aussitôt, un tendre et chaud sourire étira mes lèvres : j’étais véritablement heureux de la voir. Je me relevai et m’approchai d’elle. Il y avait une chose sur laquelle je devais m’expliquer sans attendre : j’y tenais.

« Je suis désolée que tu aies reçu l’ordre de venir ici mais c’était le seul moyen pour que je puisse te voir. J’étais obligé de demander à notre Dominus de t’envoyer ici et… » Un silence. « En fait, je lui ai demandé à ce que tu viennes dès que je le souhaitais mais je ne veux te forcer à rien. J’aimerais… » C’était décidément assez difficile et je n’avais pas encore abordé le reste : ça promettait d’être compliqué. « J’aimerais passer du temps seul avec toi mais uniquement si tel est ton souhait également. »

Elle pouvait donc repartir dès maintenant si elle le souhaitait mais j’espérais sincèrement qu’elle allait choisir d’entrer et de refermer la porte derrière elle plutôt que de me tourner le dos.



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Mer 9 Juil - 14:01
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I WANNA GET CLOSER BUT NEED YOU TO BE TRUE

Serena n’était pas tranquille. En effet, depuis le décès de la Domina, sa situation devenait de plus en plus instable et elle se sentait de plus en plus menacée. Dévouée à son service exclusif, elle avait appris à l’ apprécier et la voir mourir fut pour elle une épreuve.  Elle l’avait toujours bien traité et la jeune femme n’était pas du genre rebelle. Au contraire, elle avait tout appris à ses côtés et était même curieuse de comprendre certaines choses. Choses que cette femme romaine avait pris le temps, parfois, de lui expliquer. Son coeur se serra en repensant à ce chagrin qui frappait la maison. Mais aussi comment le dominus la regardait, ou plutôt l’ignorait. Parfois, elle avait l’impression désagréable d’être un fantôme et de son statut de servante acilla, elle était devenue peu à peu une domestique. Elle déglutit, repensant comment elle craignait, à chaque fois, qu’il ne la revende. Si jamais elle lui rappelait trop sa défunte épouse, c’était bien à ce genre d’idée qu’il pouvait céder. Et ça, Serena n’en avait pas l’envie. Pas alors que son coeur venait de s’éveiller à quelque chose d’aussi merveilleux.

La jeune femme vivait au sein d’un conflit permanent. D’un côté, elle n’osait pas parler de ses sentiments, craignant d’être frappée par la foudre de Jupiter pour simplement oser penser à autre chose que son travail. De l’autre, il lui était difficile de ne pas chercher le regard de celui qu’elle pensait aimer. Un gladiateur. Sa raison lui commandait de ne pas céder. Comme beaucoup d’autres, il pouvait bien tomber dans le sable de l’arène. C’était même son destin. De l’autre, son coeur la pressait de prendre tous les risques, justement pour faire triompher l’amour sur la mort. Sextus pourrait ne pas apprécier que son champion soit accaparé par une esclave. Il ne serait pas gladiateur, il aurait pu s’en réjouir mais un homme de combat ne devait certainement pas être déconcentré alors... Alors, elle faisait de son mieux pour taire au maximum ses sentiments même si tout la trahissait.

Et elle n’avait pas droit à l’erreur car elle ne bénéficiait plus de sa protection...  Sa domina aurait pu la raisonner. Ou bien l’aider. Mais à présent que son âme voguait dans les enfers, elle n’avait plus vraiment aucune solution. Et à vingt -trois ans, elle savait que ses jours étaient comptés. Si ce n’était pas Sextus, ce serait un autre. Un autre gladiateur que Remus. Un de ceux qu’elle méprisait. Ou bien un autre romain. Elle déglutit alors qu’elle portait une corbeille de fruits dans le triclinium. Elle entendit plus loin la voix de son maître. Avec qui parlait-il ? Elle ne saurait dire. Mais le repas serait bientôt prêt et il restait encore beaucoup de choses à préparer. Disposant chaque fruit comme on le lui avait enseigné, elle se surprit à repenser à ce banquet. Celui que l’on avait organisé en l’honneur du nouveau champion de Pompeii. Le voir revenir vivant et glorieux lui avait tellement réchauffé le coeur ! Qu’il revienne déjà, en soit, était un miracle. Mais avec en plus ce nouveau statut, elle ne pouvait que partager son bonheur. D’autant plus qu’il le méritait, elle savait bien qu’il passait des heures et des heures à s’entraîner dans le ludus. Et elle repensa à ces quelques mots dont il l’avait gratifié depuis. Oh, rien de très important, seulement de la simple courtoisie. Et pourtant, pourtant, son coeur tressaillait à chaque fois et elle se retenait de chanter et de danser comme une suivante de Venus. Et si jamais ils se frôlaient, simplement pour reprendre chacun leur route, ça lui suffisait pour lui donner l’impression de flotter toute la journée dans une douce joie que rien, ou presque, ne pouvait atteindre.

Et si jamais elle lui rappelait trop son chagrin ? Et si jamais elle n’était qu’une béquille ? Et si jamais le Dominus la revendait pour une faute qui n’était qu’un amour pur et sincère ? Et si elle finissait dans l’un de ces lupanars, à satisfaire des hommes ? Non. Serena se promit que si jamais cela arrivait, elle préfèrerait largement mettre fin à ses jours. Etre une esclave, servir des maîtres, être punie si elle faisait une erreur ou récompensée, cela était normal. Elle pouvait bien l’accepter. Mais on l’avait trop bien traité jusqu’ici pour supporter une telle condition. L’une des pêches commença à rouler le long de la coupe, heureusement, la brune la rattrapa avant qu’elle ne tombe à terre et s’abîme. La disposant adroitement, elle observa quelques secondes pour s’assurer que tout resterait en parfait équilibre quand un autre esclave entra et l’informa que Dominus la demandait. La peur s’infiltra instantanément en elle. Etait-ce déjà le moment ? Allait-il la vendre, l’offrir ou se l’offrir ? Déglutissant, elle hocha la tête et se rendit auprès de l’homme qui tenait cette villa.

Il était assis, occupé à rédiger quelque chose quand elle entra. Le saluant respectueusement, elle baissa les yeux, attendant qu’il ne termine. Elle tremblait. Quand il prononça son nom, elle sursauta et se tendit, prête à entendre une sentence, à être condamnée. Il dut percevoir ses craintes parce qu’il prit un ton rassurant pour lui annoncer qu’elle avait été demandée par un gladiateur. Son coeur cessa de battre, devenant livide. Jusqu’à ce qu’il lui dise qu’il s’agissait de Remus. Mais même s’il s’agissait de lui, elle ne savait pas trop comment le prendre. Qu’allait-il attendre d’elle ? Hochant la tête, elle signifia avoir compris. Il voulait qu’elle le satisfasse de tous les moyens possibles mais sans mettre en danger ses capacités de combattant. Hum.

Ce fut troublée et anxieuse qu’elle continua son travail, jusqu’au soir. Après avoir servi le dîner, elle fut amenée au ludus. On lui montra la direction et elle vit une porte ouverte. Son coeur battait trop vite. La peur, l’attente, tout se mélangeait et elle ne savait plus très bien si c’était ce qu’elle voulait. Et si tout ça se brisait ? Si cette belle illusion volait en éclat ? Se mordant la lèvre, elle avança jusqu’à l’encadrement. Et quand ses yeux se posèrent sur lui, elle fut totalement désarçonnée. Son sourire était tendre et si plein de gentillesse. Il se rapprocha d’elle et par réflexe, elle eut un léger mouvement de recul. Oh, elle se doutait bien que si jamais elle avait besoin de fuir, elle n’aurait aucune chance face à un gladiateur entraîné et champion de surcroît. Mais les premiers mots qu’il prononça semblèrent la calmer instantanément. Etrange. Il avait certain pouvoir sur elle qu’elle ne comprenait pas. Il s’excusa, lui expliquant qu’il l’avait demandé pour la voir. La voir pour quoi ? Elle l’observa, essayant de jauger si elle était tombée dans un traquenard ou pas. Il l’assura qu’il ne voulait pas la forcer même si elle devait venir à sa demande. Un peu étrange mais elle comprenait bien la démarche. Du temps seul ? Elle resta silencieuse un moment. Elle devait choisir. Comme au bord d’un précipice, elle avait encore le choix : sauter ou reculer. Mais reculer signifierait qu’il n’y aurait plus aucun espoir et elle tenait trop à cet amour pour abandonner. « C’est le mien également », dit-elle d’une voix douce. Les mots semblaient avoir été prononcé par une autre mais elle ne comprenait pas. « Pourquoi notre Dominus a-t-il accepté ? ». Oui, cette question la taraudait vraiment... Elle entra mais ne ferma pas la porte derrière elle et restait en fait devant.

Les hommes, esclaves ou non, étaient trop les mêmes pour qu’elle ne se montre pas un minimum méfiante. Sa Domina l’avait protégé jusque là et Sextus avait semblait-il voulu continuer pour une raison qui lui échappait encore mais qu’elle bénissait chaque jour. Parce qu’elle n’en avait pas envie. Pas avec n’importe qui. Remus n’était pas n’importe qui mais elle n’était pas encore certaine de ses sentiments. Et à ce titre, elle préférait rester en retrait même si elle sentait bien qu’elle ne pourrait pas résister très longtemps. Et à quelles conditions ? Sextus lui avait dit de le satisfaire mais jusqu’où ? Et pourquoi laisserait-il un gladiateur la toucher ? Elle n’était pas utile comme Eirene. Bien sûr elle ignorait encore la vérité sur son amie, mais elle sentit bien que sa situation était de plus en plus précaire. Un autre pourrait la demander... Pourtant, dès que Remus aurait su la rassurer, elle lui offrirait un vrai sourire.

Spoiler:
 
Dim 27 Juil - 19:45
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Closer to you

Elle avait le choix, jamais je ne la forcerais, jamais. Les sentiments que j'avais pour elle m'empêchaient d'avoir de telles pensées et m'en empêcheraient toujours. Ce que je voulais, c'était qu'elle soit heureuse, enfin, autant que cela pouvait être possible dans notre situation. Je voulais essayer de goûter au bonheur ou même ne serait-ce qu'à une once de bonheur et c'était en sa compagnie que je voulais goûter ce bonheur. Cependant, si tel n'était pas son souhait, elle pouvait repartir et nous en resterions là. Bien sûr, j'en serais blessé car j'avais fini par me faire à l'idée qu'elle partageait mes sentiments à la vue de nos regards échangés mais je ne m'opposerais pas à son choix. J'attendis donc qu'elle me libère ou me renferme dans ma solitude, cela dépendait d'elle et, quand finalement elle prit la parole pour m'avouer que c'était bel et bien son souhait également d'être là, ici avec moi, mon sourire s'élargit et mon cœur quant à lui sembla tout à coup plus gros tout en étant moins lourd, une sensation familière que j'avais déjà connue par le passé mais qui m'avait déserté depuis bien longtemps déjà. Puis, elle me demanda rapidement pourquoi notre Dominus avait accepté avant de rentrer. Je ne répondis pas de suite, m'attardant sur un détail : Seran n'avait pas refermé la porte derrière elle et restait devant, de façon intentionnelle, je le voyais bien. Craignait-elle donc de se retrouver seule avec moi ? N'avait-elle pas confiance en moi ? Si c'était le cas, je ne pouvais pas lui tenir rigueur car après tout, nous ne nous connaissions que trop peu et certains de mes frères pouvaient se montrer tellement brutaux qu'elle craignait peut-être mes réactions. Si elle avait besoin de laisser la porte ouverte pour se sentir rassurée, je n'allais pas m'y opposer de la même façon que je ne voulais pas la forcer à rester.

Ici, avec moi, je voulais qu'elle soit la seule maîtresse de ses décisions.

Me faisant donc rapidement à l'idée qu'elle pouvait me craindre et décidant de tout faire pour la rassurer, je restai assis sur ma couche, ne tentant aucune approche envers elle. Cet espace qui était le sien, je devais le lui laisser afin qu'elle se sente le plus en confiance possible. Je devais lui montrer qu'elle était celle qui prenait les décisions et que si notre relation, quelle qu'elle puisse être devait évoluer, cela se ferait à son bon vouloir à elle et non au mien. Peut-être aurait-elle malgré tout besoin de me rappeler à l'ordre de temps à autres car après tout, je n'étais jamais qu'un homme et un homme amoureux qui plus est mais j'avais confiance en moi : je ne dépasserais pas les limites. Je tournai finalement mes pensées vers la question qu'elle m'avait posée et y réfléchis en silence : pourquoi Sextus avait-il accepté ma demande ? La réponse me vint rapidement.

« Il a accepté parce que je le lui ai demandé. » répondis-je donc à Serena sans pour autant m'arrêter là car il était clair que si cette réponse me suffisait, elle ne pouvait pas lui suffire à elle. « Je suis son Champion et comme tu peux le voir, j'ai déjà quelques privilèges supplémentaires par rapport à mes frères. » dis-je en désignant la pièce dans laquelle je me trouvais. Cette pièce qui était réservée au meilleur gladiateur du Ludus, cette pièce qui n'avait rien d'une prison, cette pièce qui me donnait l'impression que je n'étais pas complètement prisonnier. C'était juste illusion, certes, mais une illusion très agréable. Je repris rapidement. « Alors, quand je lui ai fait part de mon désir de te voir ce soir, il a accepté même s'il a réfléchi avant de m'accorder ce privilège. » Un bref silence. « Pouvoir t'avoir à mes côtés ce soir est véritable privilège pour moi Serena, j'ai beaucoup de chance. » lui avouai-je en lui adressant un sourire d'une puissante sincérité.

Mes explications se résumaient à cela : la demande d'un Champion acceptée par celui qui le possédait. Ce n'était rien de plus, rien de moins, en tout cas dans mon esprit. Il n'était bien sûr pas impossible que Sextus ait un plan tordu en tête, surtout qu'en y repensant, il avait quand même eu un étrange sourire lorsque je lui avais soumis ma requête et nous n'étions à l'abri de rien mais j'aimais croire que mon titre de Champion était suffisant pour m'accorder cette faveur puisque j'en demandais quand même très peu.

« En fait, » ajoutai-je soudain en repensant aux mots exacts que Sextus avaient eu, « Il a même ajouté que je serais le seul que tu viendrais voir, que si d'autres frères voulaient pouvoir... Bénéficier de ta présence, il le leur refuserait. »

J'avais employé ces mots « bénéficier de ta présence » car je ne me sentais pas le courage d'employer un autre mot, craignant que cela n'éveille ma colère non pas envers Serena mais envers mes frères. Sextus avait véritablement raison de craindre mes réactions car rien que le fait d'évoquer ce qu'il pourrait arriver à Serena si elle visitait mes frères me rendait nerveux.

« Si cela t'inquiète, je pourrai lui demander des explications à sa générosité même si je ne suis pas certain qu'il veuille me répondre. » terminai-je par proposer à Serena.

Si elle le souhaitait, j'allais demander à notre Dominus pourquoi il s'était montré si généreux à mon égard. En attendant, j'espérais sincèrement que Serena allait me croire car malheureusement, je ne pouvais justifier autrement sa présence ici ce soir. Je l'observai un instant pour détournai mon regard pour désigner le pichet de vin et les coupes qui se trouvaient par terre tout en me redressant.

« Voudrais-tu boire un peu de vin ? »

Ou peut-être aurais-je dû rester assis et attendre un peu avant de lui proposer de boire car elle risquait de croire que je cherchais à changer de sujet. Non, je ne devais pas me torturer de la sorte : je devais continuer à agir avec naturel sans trop me poser de questions, sinon, je risquais de l'éloigner de moi alors que c'était bien la dernière chose que je voulais.




© charney

Lun 28 Juil - 13:31
Re: Closer to you [PV Serena]   




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I SHOULD STOP WONDERING THINGS

Les femmes n’avaient que peu de pouvoir dans ce monde. Oh, Serena voyait bien quelques romaines jouer un jeu politique parfois mais aucune ne se leurrait. Ce monde était un monde d’hommes. Les femmes n’avaient que peu d’importance, l’amour n’était pas souvent vu comme une bénédiction... Tout était question de descendants, de plaisir à la rigueur et encore. La raison devait souvent l’emporter sur toutes ces pulsions qui agitaient l’être humain. Il arrivait parfois qu’une femme se plaigne d’un mari prenant trop de plaisir lors de ce fardeau qu’était l’amour. Un fardeau ? Serena avait grandi avec cette idée, élevée parmi les romains elle connaissait leurs lois. Mais à ses yeux, l’amour qu’elle ressentait pour Remus n’était pas un fardeau. Au contraire... Il représentait pour son coeur un espoir. Un de ces espoirs qui permettait de supporter les jours qui passaient même si au loin, à l’horizon, des nuages noirs flottaient. Un gladiateur. Ils étaient toujours plus ou moins condamnés et si peu parvenaient à se libérer. Un soupir quittait ses lèvres à chaque fois qu’elle essayait de se raisonner. Oui, elle savait bien que tout ça était un énorme risque. Qu’ils n’auraient peut-être que quelques jours, quelques semaines, quelques années ? Qu’elle pouvait se retrouver seule, avec des enfants, à servir un romain qui pouvait les séparer quand ça lui chantait. Comme on l’avait séparée de sa mère. Tant de nuages flottaient dans sa vie, prêts à déverser leur foudre et à rayer toute once de bonheur dans sa vie. L’espoir, pour le moment, brillait dans son sourire. Combien de nuits avait-elle rêvé ce moment ? Combien de songes avait-elle rempli avec l’image de Remus ? Dès que ses yeux se posaient sur lui, elle en mémorisait chaque expression afin de pouvoir mieux combler ses rêves avant qu’ils ne deviennent réels.

Heureuse d’être là, la jeune femme pourtant restait sur ses gardes. Un dernier rempart avant d’accepter de le laisser entrer totalement dans son coeur. C’était sûrement stupide parce qu’il y avait bien longtemps qu’elle la lui avait ouvert la porte mais n’ayant jamais connu de déception amoureuse avant et n’ayant qu’une certitude par rapport aux hommes, elle préférait être prudente. Sans oublier Eirene, qui en se donnant à ces hommes avait perdu son respect. Serena n’avait pas compris ce qu’il lui avait pris mais demeurait plutôt fâchée contre elle. Ne serait-elle donc pas hypocrite en s’abandonnant à Remus après avoir eu tant de protection ? Et s’il ne l’avait réclamé que parce qu’elle était la seule qui restait ? Que parce qu’auprès des autres il pourrait se vanter ? Peut-être, à force de rêver de lui, l’avait-elle un peu trop idéalisé ? Des doutes. La brune avait encore quelques doutes et bien qu’elle savait n’avoir aucune chance face à un champion de Pompeii, la porte était restée ouverte. Observant Remus, elle observait chacun de ses gestes, prête à s’enfuir s’il le fallait. Il resta assis mais pourtant elle demeurait debout, toujours un peu tendue. Il y avait d’autres questions qui la tourmentaient : pourquoi leur maître avait-il accepter de la donner à Remus ? Sa situation était-elle plus grave qu’elle ne le croyait ? Savait-il ? Avait-il réussi à surprendre ses regards sur le gladiateur ? Allait-il la punir ? La punissait-il d’ailleurs en l’envoyant ici ? Et qu’en était-il de la mémoire de sa défunte femme qui avait mis un point d’honneur à la garder loin des hommes ? Son rythme cardiaque accélérait alors qu’elle ne savait pas si elle devait fuir ou se jeter sur lui. Ou juste approcher. Perdue dans ses pensées, elle ramena son regard sur le gladiateur quand il tenta de lui apporter une réponse : il avait juste demandé. Fronçant les sourcils, cette réponse ne la convainquit manifestement pas. Il lui rappela alors son statut et les quelques privilèges dont il disposait. Hum. Justement. Il avait déjà sa pièce à lui, c’était quand même beaucoup ! Etait-ce si normal que ça ? Remus continua de lui apporter des explications et termina par des mots qui la touchèrent beaucoup. Pour la prudence, on repasserait. La jeune femme avait en effet fondu comme neige au soleil, ses doutes, ses peurs, tout ça s’était envolé juste parce qu’il avait murmuré quelques mots doux. Mais il semblait si sincère, il était si beau, si gentil, si magnifique qu’elle peinait à lui résister.

Alors qu’elle avait fait inconsciemment un pas vers lui, il la ramena brusquement sur Terre. « En fait ». Elle s’immobilisa, attendant la révélation qui devait suivre. Et elle ne fut pas déçue. Il savait. Il l’avait démasquée ! Pourtant elle avait fait attention... Cherchant dans son esprit les moments où Sextus et elle s’étaient croisées, elle rejouait tous ses pas, tous ses mots. Il ne pouvait que savoir. Pourquoi la donnerait-il à Remus et lui assurerait-il qu’aucun autre ne la toucherait ? Ou bien c’était Remus la cible ? Avait-il parlé ? Avait-il dit à quelqu’un ce qui se passait entre eux ? Déglutissant, la jeune femme se mordit nerveusement la lèvre. Cette situation ne la rassurait pas. Elle ne comprenait pas mais elle ne pouvait pas lui demander. Elle se sentait déjà tellement en danger... Secouant la tête, elle lui répondit finalement : « Non, ne lui demande rien. Il ne te répondrait pas. Je verrai bien s’il me pose des questions quand je rentrerai... Ou peut-être qu’il t’en posera. Nous serons alors capable de comprendre pourquoi il a accepté de t’accorder ce privilège alors qu’il semblait vouloir respecter sa volonté... ».

La résilience était ancrée en elle alors elle se résigna à ne plus penser à ses peurs et à mettre ses doutes de côté. Lentement, elle le vit tourner la tête en se redressant pour proposer du vin. Elle n’aimait pas trop ça, préférant largement l’eau. D’autant plus que certains en s’enivrant perdait totalement le contrôle d’eux-même. Et elle, elle se maintenait dans une retenue polie. Loin de croire qu’il cherchait à changer de sujet, Serena était plutôt encline à croire qu’il cherchait à l’enivrer pour peut-être... Elle se gifla mentalement. Il fallait peut-être qu’elle inspire un bon coup et qu’elle profite juste de ce moment ensemble au lieu de craindre tout et n’importe quoi. Elle connaissait Remus. Son Remus ne ferait jamais une telle chose. A force de se méfier de tout, elle risquait de prendre la fuite et alors quoi ? Elle serait bien embarrassée en le croisant le lendemain dans le ludus. Non il fallait arrêter de parler, de se torturer l’esprit avec des questions qui ne trouveraient pas de réponses. Serena voulait savoir si ses sentiments étaient partagés. C’était la seule vraie question et la seule réponse dont elle avait besoin.

N’écoutant que son coeur et son courage, téméraire, la jeune femme se rapprocha soudainement de lui et lui vola un baiser en posant ses lèvres sur les siennes. Elle avait besoin de lui dire ses sentiments, d’être fixée sur tout ça. « Remus, je... ». T’aime ? C’était peut-être un peu fort... Tous les mots s’envolaient de sa tête, tous lui échappaient sournoisement comme pour la rendre muette. L’adrénaline s’infiltra dans ses veines alors qu’elle paniquait parce qu’elle ne savait pas comment lui dire qu’elle sentait son coeur battre plus vite dès qu’elle posait les yeux sur lui. Etait-ce de l’amour d’ailleurs ? Le vin. Bégayant, cherchant par des onomatopées comment se sortir de ce silence à son sens embarrassant, Serena finit tout bêtement par répondre à la question : « Oui, merci ». Son coeur battait à tout rompre, ses joues avaient rosies et son souffle s’était coupé. Elle avait vraiment osé faire ça ? Elle leva les yeux vers lui, ne sachant plus ce qui était réel ou non. « Je suis... Désolée. » Elle recula, les yeux baissés, s’attendant sûrement à être punie ou rejetée. Mais au moins... Elle saurait à quoi s’en tenir. Elle frissonna, réalisant qu’elle avait peut-être aussi signer la mort d’un songe qui l’aidait à affronter chaque lever de soleil.
Lun 11 Aoû - 11:15
Re: Closer to you [PV Serena]   




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Closer to you

J’étais un peu nerveux, il fallait bien que je me l’avoue à moi-même. La présence de Serena m’empêchait d’être complètement serein tout simplement parce que quand elle était là, mon cœur s’éveillait, mon corps s’éveillait, tout mon être s’éveillait en réalité et c’était là des sensations auxquelles je n’étais plus habitué. C’était d’autant plus fort et donc déstabilisant maintenant que j’étais seul avec elle puisque, jusqu’à présent, nous ne nous étions jamais isolés, jamais. Cette proximité, cette intimité, c’était bien cela qui me rendait un peu nerveux. Ce n’était sans doute pas si surprenant que cela que je réagisse de cette façon étant donné que depuis la mort brutale de ma femme, je n’avais remarqué aucune autre, je ne m’étais ouvert à aucune autre et puis, j’avais recommencé à vivre, recommencé à regarder, recommencé à voir et je l’avais vue, elle. Elle qui était là, près de moi, elle qui n’avait toujours pas répondu à ma proposition. Pas de vin alors ? Peut-être n’aimait-elle pas cela. J’aurais sans aucun doute dû m’enquérir de ses goûts avant de le lui proposer puisque voilà que maintenant, je me retrouvais debout, la cruche remplie de vin dans la main, attendant qu’elle accepte ou non de se joindre à moi pour boire un petit peu. Un silence s’installa et cela me sembla durer un moment si bien que je finis par froncer les sourcils, me demandant intérieurement si j’avais fait quelque chose de mal ou dit quelque chose de mal. Alors que je venais de me poser cette interrogation de façon silencieuse, Serena s’approcha soudain. Je vis sa silhouette se mouvoir jusqu’à moi et l’espace d’un instant je crus qu’elle allait me prendre la cruche des mains mais en fait, lorsqu’elle fut à ma hauteur, ce ne furent pas ses mains qui se rapprochèrent des miennes mais son visage qui se rapprocha du mien. Je n’eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu’elle avait posé ses lèvres sur les miennes.

Cela fut bref, si bref que je n’eus guère le temps de profiter des sensations que ses lèvres venaient d’éveiller en moi, les frissons, le cœur gonflé de joie qui s’était mis à battre plus vite… Et tout ceci était également mélangé à la surprise : la surprise d’un tel geste, la surprise d’une telle audace non pas que cela me gênait, au contraire mais oui, c’était surprenant car après tout, je n’avais pas encore eu l’occasion de lui parler de mes sentiments, pas eu l’occasion de lui demander si elle les partageait mais elle m’avait ainsi montré les siens. Je ne me pouvais pas me fourvoyer en pensant qu’elle ressentait la même chose car si cela n’avait pas été le cas, elle ne m’aurait pas embrassé, n’est-ce pas ? Et la façon dont elle plongea ensuite son regard dans le mien avant de murmurer mon prénom et de… Ne pas poursuivre sa phrase. Qu’avait-elle voulu me dire ? Avait-elle voulu me dire que son cœur battait pour moi ? J’avais la bouche entrouverte, toujours sous le coup de la surprise et j’étais physiquement figé dans ma stupeur, observant Serena, attendant qu’elle parvienne à poser des mots sur ses pensées mais voilà que tout à coup, elle me répondit « Oui, merci » et je restai immobile, ne comprenant pas ce qu’elle voulait dire avant de réaliser qu’elle était d’accord pour boire du vin. Après tout, je lui avais posé la question avant qu’elle ne m’embrasse. Repenser à cet instant réveilla les douces sensations et quand Serena croisa de nouveau mon regard, mon cœur me poussa à esquisser un geste pour me rapprocher d’elle mais elle s’excusa avant de baisser les yeux et de reculer. Je fronçai les sourcils et secouai doucement la tête avant de reposer la cruche de vin et de m’avancer vers elle, réduisant de nouveau l’espace qu’elle venait de mettre entre nous.

« Serena. » dis-je tout bas avant de glisser ma main sous son menton avant de faire pression sur ce dernier pour la forcer à relever son visage vers moi. « Tu veux bien me regarder s’il te plaît ? »

Quand finalement elle se laissa faire, je plongeai mon regard dans le sien avant de laisser courir mes doigts sur sa joue dans une tendresse caresse.

« Tu ne dois jamais baisser les yeux devant moi. Je ne suis pas ton maître, je ne te suis pas supérieur. » Je marquai un silence. « Tu n’as rien à craindre de moi. » ajoutai-je en esquissant un tendre sourire. « Au contraire. » Et mon sourire se fit alors plus large et chaleureux tandis que je me perdais bien volontiers dans ses yeux. « Et tu n’as aucune raison de t’excuser. Je… » Voilà que je recommençais à chercher mes mots. Il était étrange à quel point trouver les mots justes pour exprimer ce que l’on ressentait pouvait être difficile. A une époque cela m’avait été facile mais à présent… J’allais devoir réapprendre à m’ouvrir, réapprendre à partager ce que je ressentais. « J’avais tant de craintes et tu viens de les faire disparaître. » murmurai-je tout bas.

Et parce que j’en avais envie, parce que je voulais de nouveau goûter à ses lèvres, goûter aux merveilleuses sensations, j’approchai mon visage du sien et déposai mes lèvres sur les siennes dans un tendre baiser et cette fois-ci, il ne fut pas bref. Mon autre main alla se poser sur l’autre joue de Serena et j’encadrai ainsi son visage de mes mains dans des gestes tendres. J’étais vivant ou plus exactement, j’étais en train de revivre. Jamais je n’aurais pu y songer ni même y croire si j’y avais songé et pourtant, tout contre moi se tenait une femme merveilleuse, une femme qui avait réchauffé ce cœur refroidi par la douleur et par l’horreur. Elle était…

« Le soleil.. » murmurai-je dans un souffle lorsque je reculai mes lèvres.

Je posai mon front contre le sien en gardant les yeux fermés.

« Tu es le soleil, mon soleil… » ajoutai-je tout bas.

J’avais enfin réussi à trouver les mots car c’était bien cela que représentait Serena : mon soleil, ma lumière. Je ne craignais pas de le lui dire, je ne craignais pas de lui expliquer ce qu’elle représentait pour moi car mes doutes s’étaient envolés et puisqu’ils n’étaient plus, il ne pouvait subsister que la confiance que j’avais en elle et en ses sentiments à mon égard.




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Mar 19 Aoû - 13:06
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I FEEL SO RELIEVED AND HAPPY NOW

La jeune femme portait bien son nom sauf en cet instant. Intimidée, loin d’être sereine, elle cherchait les mots, cherchait ses mouvements et ses réactions. Toutes ces petites choses qui n’arrivaient qu’en posant les yeux sur Remus la décontenançaient autant qu’elles la fascinaient. Un battement de coeur raté ou au contraire un coeur battant à tout rompre, le rose qui réchauffait lentement ses joues, cette impatience et en même temps cette crainte affreuse, ce sentiment trop fort qui l’envahissait, la poussant vers le gladiateur sans même qu’elle ne s’en rende compte... Ces doutes, ces craintes, ses yeux qui le cherchaient malgré elle, ce sourire qui illuminait son visage dès qu’ils le trouvait. Cette admiration aussi. Tout ça lui faisait l’effet du vin le plus enivrant, peut-être même à la hauteur du nectar des dieux, de cette ambroisie qu’ils se plaisaient à se gorger pour étancher une soif éternelle, une soif d’amour. Même les dieux voulaient être aimés. Et la plupart des hommes aussi sûrement. Quitte à prendre de force ce qu’on ne pouvait parfois leur donner.

Un peu méfiante, Serena avait tout d’abord voulu être rassurée. Se faisait-elle des illusions ? Cherchait-il son coeur ou simplement cette chose après laquelle tant d’hommes s’enorgueillissait de prendre ? Ce fardeau qui à la fois la protégeait et qui pourtant la mettait en danger, en attisant cette convoitise bien étrange. Et les gladiateurs, tellement convaincus qu’ils devaient dominer l’arène, les adversaires et conquérir tout ce qui se trouvait à leur portée pouvait être aussi dangereux que n’importe quel romain. Face à face, le silence prit place entre eux. Des doutes plein la tête, les questions tournoyaient sans vraiment trouver de réponse. S’illusionnait-elle ? Elle avait besoin d’en avoir le coeur net alors ce fut sans prévenir qu’elle brisa cette distance qu’elle avait mis entre eux. L’esprit fixé sur son objectif, téméraire, elle vint poser ses lèvres sur les siennes. Un contact bref mais qui portait tout à la fois les questions et les réponses : ses sentiments étaient-ils réellement partagés ?

Réalisant ce qu’elle avait osé faire, elle se demandait déjà si elle devait le regretter. Remus était surpris, elle le lisait sur son visage. Par Venus, avait-elle fait une bêtise ? Venait-elle de foutre en l’air toutes ses chances avec cet homme ? L’effroi la paralysa alors qu’elle s’était lancée pour lui dire et lui avouer les sentiments qu’elle portait à son égard. C’était comme si le sol se dérobait sous ses pieds. Tout ce silence, ces doutes entre eux qui se renforçaient au fur et à mesure que les secondes passaient... Une part de son esprit s’apprêtait déjà à fuir. Tourner les talons et courir. Oui, cette solution pourrait mettre fin à cette situation oh combien inconfortable parce qu’elle ignorait son sort. C’était ça qu’ils ressentaient tous dans l’arène au moment où la foule devait décider de la vie ou de la mort d’un combattant ? Elle avait fait une erreur et pour elle ce serait certainement le coup fatal. Baissant les yeux, elle entreprit maladroitement de s’excuser, voire même d’occulter totalement cette folie en acceptant son invitation. Difficile à suivre, elle savait bien qu’elle allait probablement le perdre dans le méandre de ses réactions plus qu’étranges. Et elle ne pourrait pas mettre Bacchus en cause... Elle n’avait même pas touché son précieux liquide. Ne lui restait donc qu’à nier les derniers évènements et revenir sur la première question intelligible qu’on lui avait posé.

La brune le vit alors secouer la tête. Ah. Oui. Logique, il n’allait pas vouloir partager son vin après ce qu’elle venait de faire. Il était probablement outré et il allait la congédier en lui disant que le souvenir de sa femme ne lui permettait pas d’aimer à nouveau et qu’il ne l’avait fait venir là que pour s’amuser et prendre ce que d’autres convoitaient sûrement ici... Et elle saurait alors qu’elle n’était ni aimée, ni même respectée. Elle se souviendrait alors de son statut d’esclave mais aussi de femmes. Les femmes n’avaient aucun droit. Même celles qui se disaient « libres ». Il ne lui resterait qu’à ravaler ses larmes et à partir se coucher pour reprendre une vie morne, grise, sans saveur... Saurait-elle encore prétendre que toute vie valait la peine d’être vécue ? Ou ferait-elle comme toutes ces héroïnes mythiques qui se sacrifiaient pour leur amour perdu ? A choisir, la fin d’une héroïne était sûrement mieux. Plongée dans ses pensées, elle réalisa qu’il avait brisé la distance quand il lui saisit le menton et la força à relever la tête. On y était. Il allait lui asséner le coup de grâce. Il allait lui planté ce glaive invisible en plein coeur, comme il le faisait pour chaque adversaire qui croisait sa route dans l’arène. Des larmes commençaient à perler au coin de ses yeux. Il voulait qu’elle le regarde alors qu’elle s’obstinait à éviter son regard. Le coeur serré, elle finit par les relever lentement jusqu’à croiser les siens. Parfaitement immobile, elle se laissait faire. A vrai dire, elle était juste tétanisée. De quelle manière allait-il procéder ? Irait-il lui planter cette lame mortelle en une fois ou bien prendrait-il son temps pour la lui enfoncer en plein coeur ? La caresse sur sa joue était tendre. Mais allait-il la frapper pour la décourager totalement ?« Tu ne dois jamais baisser les yeux devant moi. Je ne suis pas ton maître, je ne te suis pas supérieur. » Sa gorge se serra en un étau que s’il l’étranglait ça lui ferait certainement le même effet. Il lui posait un ordre. Elle cligna des yeux pour lui signifier qu’elle avait entendu. Elle lui obéirait, elle était née pour ça : obéir. Un nouveau silence lui fit alors présager qu’il s’y prendrait de la manière douce. Elle s’était fourvoyée totalement et regrettait amèrement d’avoir écouté cette pulsion stupide. Il cherchait certainement les mots pour lui dire que non, non il n’avait jamais ressenti la même chose pour elle. Dépitée, découragée, elle avait abandonné le combat et gisait à genoux devant lui dans une arène invisible où les yeux du monde semblaient la fixer de tous les endroits à la fois.  « J’avais tant de craintes et tu viens de les faire disparaître. » Un murmure qui parvint à ses oreilles. Elle ne comprit pas. Quelles craintes ? Qu’avat-elle fait disparaître ? Avant qu’elle n’ait le temps de lui poser la question, il se rapprocha d’elle et elle sentit un nouveau contact sur ses lèvres. Il l’embrassait ? Il l’embrassait ! Comprenant alors le sens de ses mots et surtout qu’elle n’avait fait aucune bêtise, le soulagement lui rendit toute sa force. Répondant à ce baiser avec une ferveur nouvelle, elle frissonnait agréablement. Naturellement, ses bras se levèrent jusqu’à s’enrouler autour du cou de l’homme qui faisait battre son coeur comme jamais.  Perdue dans cet océan de sensations nouvelles, elle reprit son souffle quand il recula pour murmurer à propos du soleil.

Fronçant les sourcils, elle l’interrogea du regard tout en reprenant conscience du monde. L’espace d’un instant, elle avait été ailleurs. Elle se souvenait de cette joie immense, de cet Amour qui l’avait submergé et avait envie d’y regoûter. Ne le quittant plus des yeux, elle ferma les yeux avant de les rouvrir quand il affirma qu’elle était son soleil. Un sourire l’illumina et elle mit un moment avant de savoir comment lui répondre. « Aussi sûrement que tu es le mien. » Elle sourit et l’embrassa encore. « Tu m’éblouies depuis longtemps mais ton regard était porté sur d’autres horizons. Je ne pouvais pas... J’avais trop peur que tu te détournes de moi et me plonge dans une nuit éternelle. Mais... Tu as souvent illuminé mes journées aussi sûrement que l’astre lui-même... ». Elle sourit encore, heureuse d’avoir pu soulager sa conscience et son coeur. Apaisée, elle avait compris qu’il ne vivait plus avec un fantôme qui avait depuis longtemps rejoint les enfers et qu’elle ne serait pas une ombre de cette Nemesis. Le Destin venait de lui faire le plus beau cadeau : celui d’aimer et d’être finalement aimée en retour. Alors elle ne comptait perdre aucune minute, aucun instant de bonheur qu’on lui laisserait avoir avec lui.
Lun 25 Aoû - 19:11
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Closer to you

Il était merveilleusement agréable de pouvoir lui avouer mes sentiments de cette façon, de pouvoir lui faire partager ce qu’elle représentait pour moi sans craindre aucunement sa réaction maintenant que je savais qu’elle ressentait des sentiments semblables aux miens. Avec un baiser, elle avait fait s’évaporer tous mes doutes et cela me permettait de me sentir plus léger et tellement plus heureux. Heureux… Jamais je n’aurais cru pouvoir l’être de nouveau autant un jour, jamais, et je le fus davantage encore quand, après lui avoir avoué qu’elle était mon soleil, elle m’adressa un sourire d’une telle luminosité que j’en fus presque ébloui. Ebloui, je le fus ensuite totalement quand, au bout d’un certain temps, elle termina par m’avouer tout bas que j’étais également son soleil. J’esquissai un sourire et Serena approcha encore une fois son visage du mien pour m’embrasser avec douceur. J’accueillis ce nouveau baiser avec plaisir avant de replonger mon regard dans le sien quand elle recula son visage. C’est alors qu’elle m’avoua que je l’éblouissais depuis longtemps et cela m’arracha un sourire plus large encore parce que j’étais sincèrement heureux de savoir qu’elle nourrissait les mêmes sentiments que moi depuis longtemps déjà. Ce sourire, malheureusement, se ternit quand elle ajouta que mon regard avait longtemps été porté sur d’autres horizons. Mes lèvres terminèrent par ne former qu’une ligne droite, simple et je crispai la mâchoire, devant combattre intérieurement pour ne pas détourner mon regard du sien. Cette nuit éternelle dont elle parlait avait été mienne durant si longtemps et Serena avait eu raison de craindre que je ne me détourne d’elle ou pire, que je la plonge elle aussi dans cette nuit sans fin et si j’avais été responsable d’une telle chose, je ne me le serais jamais pardonné. Jamais. Cette lumière qui émanait de Serena, cette lueur que je voyais danser dans ses yeux, je n’aurais pas supporté de la voir s’éteindre et j’aurais encore moins supporté d’être le responsable de sa disparition.

Serena termina par dire que malgré cette peur qu’elle avait eu, j’avais souvent illuminé ses journées plus que le soleil lui-même et l’ombre d’un sourire reprit doucement place sur mes lèvres mais ce sourire n’était plus aussi large que celui que j’avais pu lui adresser avant qu’elle parle de celui que j’avais été. Mon esprit était resté focalisé là-dessus et j’étais incapable de penser à autre chose en fait si bien que cette ombre de sourire disparut rapidement complètement et je soupirai, terminant par baisser les yeux, honteux. Oui, parfaitement : honteux. Pourquoi ? Mais parce qu’en étant enfermé dans cette nuit dont elle avait parlé, j’avais été aveugle au point de ne pas la voir elle et ainsi j’avais éveillé des craintes en elle tout en nous empêchant de vivre des instants merveilleux comme celui que nous venions de partager. J’avais, moi, retardé ce bonheur. Cependant, Serena avait parlé de façon sensée et finalement, il avait mieux valu que je reste d’elle parce que…

« Tu as raison. » dis-je tout bas en relevant finalement mon regard pour le plonger dans le sien. Je savais mon visage plus sombre et plus fermé et je devais lui expliquer les raisons de ce changement soudain. « J’étais enfermé dans une nuit sans fin et si tu t’étais approchée de moi je t’aurais sans doute entraîné dans les ténèbres. Si tu savais comme je suis soulagé de ne pas l’avoir fait… » avouai-je à mi-voix avant de glisser ma main sur sa joue dans une tendre caresse. « Et comme j’aurais voulu me réveiller bien avant… Je m’en veux d’avoir été incapable de me détourner de la nuit pour m’ouvrir au jour parce que si j’avais su le faire, nous aurions goûté à ce bonheur bien avant. Nous aurions eu des mois, des années… » Que j’avais, moi, volé à Serena. « Si j’avais su te regarder, te voir… » ajoutai-je en en laissant mon pouce redessiner le contour de ses lèvres. Je restai un instant silencieux, pensant à ces années perdues puis fermai les yeux avant de prendre une profonde inspiration. « Mais je sais qu’il est vain de regretter et de penser à ce qui aurait pu être. » dis-je finalement d’une voix un peu plus assurée avant de rouvrir mes yeux pour de nouveau plonger bien volontiers dans ceux de Serena. « Maintenant je suis réveillé et je te vois Serena. Je te vois. » dis-je en approchant mon visage du sien, mes lèvres se retrouvant si proches des siennes que je pouvais sentir son souffle sur ma peau comme elle pouvait sans aucun doute sentir le mien. « Et je veux profiter de ce jour, et du jour d’après, et du jour d’après… »

Ma voix mourut sur ces derniers mots juste avant que je ne repose mes lèvres sur celles de Serena tout en posant mes mains sur ses joues. Ce baiser, à l’instar des précédents, fut d’abord empreint de tendresse avant qu’il ne se change en quelque chose d’un peu plus passionné tant j’avais envie de l’embrasser de cette manière, tant j’avais envie de lui transmettre tout ce que je pouvais ressentir pour elle à travers ce baiser. Il ne manqua pas grand-chose pour que je perde complètement pieds mais je parvins à garder une conscience éveillée et alerte et j’eus ainsi assez de volonté pour mettre fin à ce baiser avant de poser doucement mon front contre celui de Serena, le souffle court. J’étais éveillé oui et mon corps l’était également mais je me devais de me contrôler : c’était nécessaire. Nous venions d’échanger nos sentiments, nous nous découvrions l’un l’autre et je l’aimais trop pour me hâter et prendre le risque de tout gâcher. Cependant, s’il était nécessaire que je me contrôle, il était également nécessaire que Serena comprenne qu’elle éveillait toutes ces choses en moi. L’honnêteté valait bien mieux que les non-dits.

« Pardonne-moi si je suis trop… » je ne terminai pas ma phrase, n’étant pas vraiment certain du bon mot  employer. « Tu es si belle… » ajoutai-je dans un souffle. « Et tes baisers ont une telle saveur que je pourrais t’embrasser encore et encore... » Je lui adressai un doux sourire, la dévorant littéralement du regard avant d’esquisser un geste pour me reculer.

En fait, il était sans aucun doute plus prudent que je m’éloigne d’elle ne serait-ce que pour quelques instants afin d’être certain de mon contrôle total sur mes gestes. J’avais toujours respecté les femmes mais je craignais que l’amour que je ressentais pour Serena, maintenant qu’il pouvait être enfin partagé, ne m’empêche de garder les idées claires et de me contrôler afin de n’avoir absolument aucun geste de trop. Il me fallait trouver le bon équilibre, tout simplement, afin de pouvoir être proche d’elle sans pour autant l’être trop.




© charney

Mar 26 Aoû - 13:09
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AND WHAT ABOUT THAT WINE?
Le bonheur rayonnait sur eux et Serena avait l’impression de voir les nuages qui assombrissait son ciel s’éloigner un peu. Ses doutes, ses peurs, que ce soit vis à vis de Remus ou bien de sa place dans la villa, tout ça semblait loin derrière. Protégée par le statut du champion, la jeune femme espérait bien qu’il le conserverait longtemps. Après tout, leur Dominus n’avait pas hésité à la donner à Remus. Une chance que des sentiments sincères s’éveiller entre eux, autrement, l’esclave aurait connu le même destin que beaucoup d’autres, un destin auquel elle avait échappé toutes ces années grâce à la protection d’une autre femme. Les confidences s’échangeait et Serena avait tellement envie de lui dire qu’elle l’aimait secrètement depuis longtemps mais elle s’était effacée parce qu’elle pensait ne rien recevoir en retour. Ses sourires la rendaient tellement heureuse. Le gladiateur avait cet effet sur elle qu’elle ne comprenait pas vraiment mais elle se doutait bien que tout ça c’était de l’amour. Jusqu’à ce qu’elle aborde un sujet un peu sensible. Oh, quand les mots quittèrent ses lèvres, la brune avait bien eu conscience de ce qu’elle risquait de réveiller. Du bonheur intense, elle vit Remus se ternir. Tendu, elle finit par baisser les yeux. Elle avait fait une erreur, elle s’en rendait bien compte. Elle n’aurait peut-être pas dû être aussi franche. Toute à sa joie, ses pensées s’étaient déversées et elle n’avait pas pris en compte que ce chagrin, quoique lointain était toujours là. Finalement, il était toujours un peu hanté. Il semblait prêt à recommencer sa vie mais Serena se reprit une vague de doutes en plein coeur. Etait-il vraiment prêt ? Allait-elle finir comme ces femmes qui essayaient d’attirer l’attention de l’homme qui partageait leur vie ? N’être qu’un pâle reflet d’un esprit depuis longtemps disparu ?

Son soupir l’inquiéta. « Pardon, je ne voulais pas te faire de la peine... ». C’était tellement étrange pour elle. Tous les jours ou presque, elle avait pu voir que le chagrin l’affectait et maintenant qu’il semblait prêt à avancer, elle le lui ramenait devant les yeux. Yeux qu’il avait baissé. Pourquoi ? Il semblait regretter ou... Elle ne parvenait pas vraiment à deviner les sentiments qui l’habitaient à ce moment précis de leur conversation. Elle ne lui en voulait absolument pas et n’imaginait pas qu’il était en train de culpabiliser pour le temps qu’ils auraient selon lui perdu. Le regardant avec inquiétude, elle l’entendit bredouiller qu’elle avait raison. Haussant un sourcil, elle l’interrogeait du regard alors que leurs yeux se rencontraient à nouveau. Remus lui expliqua alors qu’elle avait bien fait de ne pas se rapprocher de lui parce que selon lui il l’aurait entraîné dans son malheur. Fermant les yeux alors qu’il caressait sa joue, Serena se rendait compte seulement du risque inconsidéré qu’elle venait de prendre. Oui, ils avaient échangé des regards et quand Remus semblait l’avoir remarquée, elle avait mis des jours à s’en assurer. Etait-ce son imagination, une illusion, un rêve insufflé par Morphée ou bien une réalité ? La question l’avait tourmenté des heures, des nuits entières. Mais à présent, à présent ils s’ouvraient l’un à l’autre et c’était comme si toute leur condition d’esclave s’effaçait. Il exprima alors des regrets, des regrets qu’elle ne comprenait pas car Serena ne pouvait certainement pas le blâmer pour ne pas l’avoir vue avant ! Secouant là tête, elle ouvrit la bouche pour rétorquer qu’il se trompait mais il lui coupa la parole alors qu’il redessinait le contour de sa bouche. Réduite au silence, elle le laissa donc poursuivre mais elle voulait surtout, même s’il le reconnaissait lui-même ensuite, qu’il sache qu’elle ne lui en voulait pas.

Il la voyait. Un nouveau sourire et des yeux brillants de joie accueillirent cette déclaration alors qu’il rapprochait à nouveau son visage du sien. Tout ça... Jupiter pouvait bien la foudroyer, Neptune pouvait bien la noyer, Pluton pouvait bien l’arracher pour l’emmener sous Terre mais ce moment là resterait à jamais gravé dans son esprit. Frissonnant sous cette nouvelle sensation que cette proximité éveillait, la jeune femme souriait toujours quand il lia leurs lèvres dans un nouveau baiser. Amoureuse, elle le recevait avec autant de tendresse jusqu’à l’humeur ne change. Couinant de surprise, Serena se laissa pourtant entraînée. C’était nouveau. Et bien que celui-ci était agréable, il fit naître en elle une inquiétude : la passion pouvait mener à des choses qu’elle n’était peut-être pas encore prête à donner. Tout ça allait un peu trop vite pour elle, d’ailleurs, elle avait la sensation que sa tête lui tournait. Essoufflée, elle ne rouvrit les yeux que lorsqu’il posa son front contre le sien. Bien sûr, elle n’avait même pas remarqué que le corps de Remus était prêt à réclamer plus. Elle n’y faisait pas attention parce qu’elle était trop attirée et plongée dans toutes ces nouvelles sensations qu’elle prenait le temps de savourer. Reprenant lentement sa respiration, elle perdait toute notion du temps.

« Trop ? ». Quel mot voulait-il employé ici ? Elle ne le trouvait trop rien. Enfin, si. Trop gentil, trop magnifique, trop fort mais... Elle l’idolâtrait depuis un moment maintenant. Elle l’admirait en silence, le laissant rayonner dans le ludus comme le dieu de l’arène qu’il était. Le compliment lui fit énormément plaisir, flattée qu’elle puisse sincèrement lui plaire. « Merci ». Mais concrètement, elle passait totalement à côté des messages que voulait lui faire comprendre Remus. Maintenant qu’elle était certaine de ses sentiments, c’était comme si toute sa méfiance vis à vis des hommes s’était envolée. Comme s’il n’était plus dangereux pour elle. « J’aime beaucoup t’embrasser aussi ! ». Elle avait l’innocence d’une enfant avec de tels mots et elle ne s’en rendait pas compte. La brune savait bien que son monde était loin d’être un monde innocent mais l’amour aveuglait... Et maintenant que son coeur était ouvert et que Remus n’avait qu’à tendre la main pour le cueillir, elle ne le percevait plus comme une menace.

Il recula mais les yeux bleus de la jeune femme étaient si amoureux qu’elle ne semblait même pas avoir remarqué qu’il s’éloignait d’elle. Inconsciemment, elle se rapprocha. Et en réclama un nouveau. Posant ses mains sur ses épaules, elle se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre son visage et l’embrassa encore. Son corps frissonnait. C’était si agréable... Elle ne voulait plus rien d’autre que ces baisers. Le reste semblait si secondaire. Bien que plus douce que lui, elle ne voulait pas que ce moment se termine. Elle jouait certainement avec le feu et peut-être le sentit-elle parce qu’elle brisa à nouveau leur union. Devait-elle rentrer maintenant ou... ? Un peu gênée, elle chercha autour d’elle quelque chose à dire, comme si les mots pouvaient être attrapés au vol. « Euh... Par rapport à ce que tu as dit... Tu ne dois pas regretter. Tu n’étais pas prêt et je préférais attendre... Alors on n’a rien perdu, au contraire... ». Elle sourit un peu plus timidement, se sentant maladroite. Courage. Forçant un sourire, elle reprit la parole : « Et ce vin, tu comptes vraiment me le faire goûter un jour ou bien c’était juste un appât pour m’attirer contre toi ? ». Elle le taquinait franchement et en jouait mais son sourire devint vraiment amusé.
Dim 31 Aoû - 17:28
Re: Closer to you [PV Serena]   




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C'était mieux que je me détourne d'elle : bien mieux. Pour la première fois depuis tant d'années, je ne me sentais plus uniquement esclave ou gladiateur mais je me sentais homme et même si c'était une sensation merveilleusement agréable, je craignais de me laisser emporter. Il était donc plus prudent que je prenne un peu de recul le temps de laisser mon cœur et mon corps se calmer tous deux. Je voulais être raisonnable car c'était clairement la meilleure chose à faire mais c'était sans compter sur Serena qui se rapprocha soudain de moi sans que j'ai eu le temps de me reculer davantage puis, elle posa ses mains sur mes épaules avant de se hisser pour venir de nouveau poser ses lèvres sur les miennes. Allons bon, n'avait-elle pas compris que je m'étais sciemment éloigné d'elle pour éviter de me laisser emporter par mon amour et mon désir ? Elle ne semblait pas s'en soucier en réalité et, parce qu'elle avait fait ce pas vers moi, parce qu'elle m'avait embrassé, l'espace d'un instant je perdis pieds et cet amour et ce désir que j'essayais de contrôler prirent le dessus si bien que je glissai mes bras autour de sa taille pour la serrer tout contre moi, lui rendant son baiser non pas avec tendresse mais bien avec fougue. C'est à ce moment-là que Serena recula son visage, brisant ainsi d'elle-même l'union de nos lèvres. J'avais le souffle court, mon cœur battait à tout rompre et je la dévorais du regard : j'avais envie de l'embrasser encore, j'avais envie de bien plus en réalité mais lorsque Serena prit la parole, cela eut le mérite de me remettre les pieds sur terre. Je clignais des yeux et reculai à mon tour légèrement mon visage avant de desserrer mon étreinte autour de sa taille.

Par tous les Dieux, elle me rendait complètement fou et heureusement qu'elle parvenait à ne pas se laisser complètement aller parce que dans le cas contraire je n'aurais plus répondu de moi.

Elle me dit alors tout bas que je n'avais pas à avoir de regrets quant au temps que j'avais mis pour me rapprocher d'elle et ses mots m'apaisèrent véritablement car je savais qu'elle avait raison : j'avais longtemps été loin d'être prêt à ouvrir de nouveau mon cœur et elle avait autant préféré que je sois justement prêt alors, tout était pour le mieux non ? Oui, tout était pour le mieux et je lui adressai donc un tendre sourire. Soudain, elle changea complètement de sujet puisqu'elle me parla du vin que je lui avais offert en me demandant si je comptais vraiment le lui faire goûter ou s'il ne s'était agi que d'un appât pour l'attirer contre moi. Mon sourire s'élargit alors.

« Oui. » Quoi ? « Je veux dire non. » corrigeai-je mon sourire disparaissant soudainement. Je secouai la tête et soupirai : voilà que j'avais du mal à m'exprimer à présent. Pour ma défense, j'étais fortement troublé par la présence de Serena. « Je veux dire oui, je veux te le faire goûter et non, je ne voulais pas utiliser ce vin comme un appât pour t'attirer contre moi. » terminai-je par dire, pas mécontent d'avoir réussi à mettre de l'ordre dans mes idées.

Je me détachai complètement d'elle et lui tournai le dos pour aller récupérer le pichet avant de remplir les coupes. En le faisant, je me mis à réfléchir à ce qu'il s'était passé, à la façon dont j'avais perdu pieds si rapidement et sentir mon corps entier toujours tendu et réveillé m'inquiéta un peu : j'avais tellement peur d'avoir le geste de trop... Et c'est en pensant à cela que je parvins enfin à trouver le mot que j'avais cherché quelques instants auparavant. Du coup, il sortit tout seul sans que je puisse le contrôler.

« Trop entreprenant. » dis-je en me retournant soudainement vers Serena.

Je plongeai mon regard dans le sien, lui tendis la coupe et ne poursuivis que lorsqu'elle l'eut récupérée.

« Tout à l'heure, c'était ce mot-là que je cherchais : pardonne-moi si je me montre trop entreprenant. » répétai-je donc avant de m'asseoir sur ma couche, ma coupe de vin dans la main.

Serena était libre de venir s'asseoir ou de rester debout, c'était à son aise et cela n'allait pas m'empêcher de poursuivre mes explications. Il était véritablement essentiel que j'aille jusqu'au bout des choses pour qu'elle sache, pour qu'elle comprenne.

« Cela fait longtemps que je n'ai pas été avec une femme et tu éveilles bien des choses en moi Serena, des choses qui me font agir comme un homme, tout simplement. » expliquai-je avant de porter la coupe à mes lèvres. Un peu de vin n'était pas désagréable et vous savez qu'on dit de l'alcool qu'il peut délier les langues. « Je ne veux cependant pas avoir le geste de trop envers toi, je ne veux pas être cet homme-là alors, si jamais je me montre trop entreprenant, je veux que tu me le dises, je ne veux pas que tu hésites. » En parlant d'hésitation, ce fut moi qui laissa planer un petit silence avant de reprendre. « Ce que je t'ai dit tout à l'heure je le pensais : ici, tu es maîtresse de tes décisions, c'est ta volonté qui prévaut et non la mienne. » Cette conversation prenait un ton très sérieux, peut-être trop mais mieux valait que je sois honnête. « Je pense être capable de me contrôler mais je ne peux en être certain parce que... » Je ne pus m'empêcher d'esquisser un doux sourire, mon regard l’inondant de tout mon amour. « Je suis fou de toi. Alors, quand bien même cette folie peut être très douce, je préfère que tu sois celle qui la contrôle. »

Au moins, c'était dit : elle savait. Elle savait que là, en cet instant, elle m'inspirait amour et désir. Elle savait que si elle le souhaitait, je pourrais lui offrir plus et, à l'inverse, si elle ne souhaitait rien de plus, j'allais m'en tenir à ces baisers que nous avions échangés. Cela me convenait parfaitement, ne pas avoir plus ne me dérangeait pas quand bien même je le voulais car, ce que je voulais surtout c'était son bonheur à elle. Cette pureté qui était la sienne, je ne voulais en rien la détruire, bien au contraire. C'était donc pour cela qu'il fallait qu'elle soit celle qui décide et non pas l'inverse et je savais que je me plierais à ses volontés, je savais que si elle me disait « non », je n'insisterais pas. Il était donc essentiel qu'elle sache qu'elle pouvait et devait dire « non ».




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Mar 9 Sep - 22:20
Re: Closer to you [PV Serena]   




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I'M JUST A WOMAN. AND I LOVE YOU.
Combien de nuit avait-elle rêvé de ce moment ? Bon, elle l’avait imaginé de mille et une manières différentes et peut-être jamais de celle-ci mais pourtant tout avait la saveur exquise d’un rêve qui devenait réalité. Serena se sentit comme bénie des dieux, bénie par Venus, déesse de l’amour qui ne pouvait qu’oeuvrer à combler les coeurs esseulés. Et cette distance soudaine entre lui et elle, lui sembla tout d’un coup insurmontable. C’était une mer, un océan sous les vents impétueux d’une tempête mortelle qui se hissait entre leurs deux corps, îles mouvantes qui voulaient simplement se confondre pour ne plus former qu’une terre fertile. Alors, mue par de puissants instincts qu’elle-même ne comprenait pas, la jeune femme rompit cette distance, s’accrocha à la montagne majestueuse et solide qu’était le gladiateur. Et de nouveau, elle lui avait volé un baiser. C’était comme un séisme dans son coeur : celui-ci battait à tout rompre et ses jambes semblaient vouloir à chaque fois se dérober. Frissonnant alors qu’il l’enlaçait, qu’il les confondait en un, Serena soupira de bonheur. Tout était si merveilleux dans ses bras ! Sa condition, sa naissance, sa vie... Tout ça n’avait plus aucun sens. La seule chose que son esprit acceptait, c’était lui. Le voir, le toucher, respirer son odeur, sentir cet amour réciproque la remplissait d’allégresse et rien ne semblait pouvoir l’atteindre. Elle aimait ce sentiment de sécurité qu’il lui apportait. Jusqu’à ce que la fougue finisse par la faire reculer. Etait-elle prête pour entamer cette union charnelle que son corps lui réclamait ? Elle ne le savait pas trop. En revanche, ce qu’elle savait, c’était qu’elle voulait un peu plus de temps. Elle voulait déjà savourer sa joie et son bonheur de voir toutes ses prières exaucées mais pas trop non plus parce que Remus exerçait un terrible métier : il pouvait mourir n’importe quand. Et la jeune femme, bien consciente de ce fait, voulait profiter au maximum du temps qu’ils pourraient partager ensemble.

Cependant, la brune avait un message à lui dire. Quelque chose que ses lèvres n’avaient pu formulé plus tôt. Un peu maladroitement, elle l’assura qu’il ne devait pas s’en vouloir de ne pas l’avoir vu avant. Un coeur blessé ou un coeur amoureux était souvent aveugle. Son chagrin avait surpassé tout le reste dans sa vie et il avait simplement eu besoin de temps. De toute façon, elle n’aurait jamais pu forcer les choses, étant quand même un peu réservée. Si elle était capable de courage une fois dans la fosse aux lions, la jeune femme pouvait aussi tergiverser des heures pour prendre une décision. En tout cas, avec Remus elle n’avait jamais osé, se complaisant d’abord dans une illusion amoureuse qui lui apportait alors tout l’espoir nécessaire pour vivre chaque jour qui passait. Un sourire et un regard amoureux, c’était tous les sentiments de son coeur qu’elle communiquait au gladiateur. Puis, sentant que la situation devenait un peu plus calme, trop calme peut-être, elle décida de le taquiner un peu. Et alors ce vin ?

Oui ? Haussant un sourcil, Serena le toisa quelques secondes. Il n’y avait pas de vin dans cette cruche ? Tiens donc... Non ? Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres alors qu’il s’empêtrait seul dans des explications maladroite. Prenant un air contrarié, la jeune femme se jouait un peu de lui avec la désinvolture d’une enfant. Si elle était un peu plus avertie des jeux de l’amour, elle l’aurait certainement déjà approché et aurait pu forcer un trait d’humour pour le déstabiliser un peu plus. Mais elle n’avait pas besoin de ça. Elle ne voulait pas le mettre dans une situation gênante, après tout on était dans un monde d’homme et les femmes se devaient d’être soumises. Ce qui aurait pu être une blague entre deux amis pouvait être offensant si les mots sortaient de la bouche d’une femme. Hochant la tête finalement avec un sourire compréhensif, elle lui répondit sagement : « Je sais que tu es un homme d’honneur et que le mensonge n’est pas l’une de tes perversions ».

La notion de pêché n’existait pas encore. Alors qu’il lui tournait le dos, elle prit le temps de mieux observer ses nouveaux quartiers. Ainsi, c’était vrai. Les champions avaient droit à des services d’exception. Il était encore mieux loti qu’elle mais lui il rapportait beaucoup d’argent au ludus. Elle, elle ne faisait qu’augmenter sa dette en mangeant. « Trop entreprenant. » Hein ? Serena ramena son visage dans sa direction. « Entreprenant ? ». Elle baissa encore les yeux, dans un réflexe acquis depuis bien trop longtemps. « Je crois que j’ai été bien plus entreprenante que toi ce soir et si jamais tu avais exigé plus, je pense que je n’aurai pas eu le droit de te refuser. Cela n’aura été que la conséquence de... Mes actes. ». Relevant les yeux, son regard plongea dans celui de l’homme quelques secondes avant de fixer la coupe. L’attrapant prudemment, la jeune femme n’avait pas bu de vin depuis... Jamais ? Si parfois... A quelques très rares occasions. Elle l’acceptait toujours par politesse, sachant bien quels effets cette boisson pouvait avoir sur ses pairs. « Tu n’es pas trop entreprenant, je peux donc aisément te pardonner. ».

Le regardant aller s’assoir, la brune se demanda quoi faire. Avait-elle le droit de venir s’assoir à côté de lui ? Risquait-il de le prendre comme une approbation pour partager cette couche ? Ou bien devait-elle rester debout ? Dans le doute, elle opta pour la seconde solution. Portant le verre à ses lèvres, elle les trempa et ne prit qu’une petite gorgée pour goûter le précieux liquide. C’est alors que la conversation prit une tournure toute à fait inattendue pour la jeune femme. Remus lui expliquait ce qui se passait réellement. Les mots qu’il employait la consternait, déjà parce qu’il lui donnait des droits que peu de femmes avaient. En tout cas, les romaines ne les avaient pas vraiment... Ses yeux s’écarquillèrent sous la surprise. Il lui demandait une chose insurmontable. Lui dire non ? Ne pas se soumettre ? Maitresse de ses décisions ? Sa volonté prévalait ? Tous ces mots étaient à ses oreilles comme des blasphèmes et pour son coeur la plus belle des preuves d’amour. Tiraillée entre un devoir moral et des sentiments, elle papillonna des yeux un moment avant de réagir. « Euh... ». Oui pas très éloquent. Chacun avait ses petits soucis de communication. Ses joues rosirent lentement. « Merci ». Elle cherchait ses mots, ses phrases, elle semblait bien un peu perdue. « Mais... Je t’aime et je ne suis pas sûre de vouloir te contrôler c’est... ». En s’emmêla à son tour dans ses pensées et secoua la tête, amena son index sur ses lèvres comme pour s’intimer le silence jusqu’à ce qu’elle ordonne ses pensées et ses mots dans sa tête. « Nous n’avons pas l’immortalité des dieux et je veux profiter de chaque instant que le Destin me laissera avoir avec toi. ». Voilà. Autrement dit, elle ne voulait rien contrôler. « Peut-être pas ce soir mais... Si... Si j’en ai le droit et si nous le désirons tous les deux alors... ». Alors... ? Elle haussa les épaules, un peu dépitée. Dépitée et perdue parce qu’en toute honnêteté, elle n’avait jamais parlé de ce genre de choses avant, et surtout pas avec un homme !

Mer 17 Sep - 19:49
Re: Closer to you [PV Serena]   




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Closer to you

Un homme d’honneur ? J’aimais à le croire oui. Enfin, disons que je l’avais été à une époque mais j’avais le sang de mon frère sur les mains : mon honneur avait ainsi été terni. Devenir esclave n’avait fait que le ternir davantage mais je pouvais dire, sans craindre de me tromper, que de remporter le titre de Champion m’avait redonné une partie de cet honneur que j’avais perdu. Cela dit, Champion ou pas, j’avais toujours respecté les femmes et j’avais toujours été honnête : peut-être était-ce d’ailleurs cela qui m’avait perdu. Quoi qu’il en soit, j’étais vraiment heureux que Serena puisse déceler cet honneur en moi, c’était véritablement agréable de savoir qu’elle me voyait comme quelqu’un de bien. Cependant, être quelqu’un de bien, être un homme d’honneur ne m’empêchait pas de craindre une perte de contrôle, de craindre d’avoir le geste de trop envers cette femme qui comptait tant pour moi, qui avait su éveiller ce cœur éteint depuis plusieurs années. Je ne croyais pas que Serena avait été plus entreprenante que moi ce soir. Certes, elle avait par plusieurs fois cherché le contact de mes lèvres alors que j’avais moi-même mis un peu de distance mais, malgré tout, je ne parvenais pas à la voir comme étant trop entreprenante : elle respirait trop la pureté pour cela, une pureté que je ne voulais surtout pas gâcher. Je voulais être cet homme d’honneur jusqu’au bout.

Serena resta debout. Bien sûr, j’aurais préféré qu’elle vienne s’asseoir à côté de moi, j’aurais préféré que nous puissions profiter de cette proximité qui faisait battre mon cœur plus vite mais c’était sans doute mieux qu’elle reste un petit peu éloignée de moi : elle avait beau m’avoir dit qu’elle avait été plus entreprenante que moi, elle devait malgré tout me craindre, en particulier parce que j’avais été honnête et que je lui avais avoué tout ce qu’elle pouvait éveiller en moi. Elle allait peut-être décider de repartir dès maintenant. Il n’était pas impossible qu’elle préfère écourter notre entrevue. J’en étais intérieurement convaincu en fait alors, je fus surpris lorsque je l’entendis me remercier. Je relevai mon regard vers elle : de quoi donc me remerciait-elle ? De ma franchise ? Ou parce que je lui avais assuré qu’elle aurait le choix quoi qu’il advienne ? C’était fort probable, en particulier parce qu’elle ne faisait qu’exécuter des ordres durant toute la journée alors, cette gratitude venait peut-être du fait que j’avais été clair sur le statut qu’elle aurait lorsque nous serions tous les deux seuls : nous serions égaux. Finalement, elle poursuivit en me disant qu’elle n’était pas certaine de vouloir me contrôler puisqu’elle m’aimait. Ces mots, quand elle les prononçait… Cela me rendait encore plus fou d’amour et de bonheur. Alors que je savourais ses paroles, Serena s’arrêta dans sa phrase et sembla chercher ses mots. Je l’observai avec amour, et sans doute avec insistance aussi et lorsqu’elle reprit en me disant que nous n’étions pas immortels et qu’elle voulait profiter de chaque instant que le Destin pouvait lui laisser avec moi, j’esquissai un sourire et fermai les yeux, m’imprégnant avec délectation de ses mots. « Peut-être pas ce soir mais... Si... Si j’en ai le droit et si nous le désirons tous les deux alors... » Mon sourire s’élargit et je rouvris les yeux avant de les poser sur Serena pour pouvoir plonger mon regard dans le sien.

« Nous avons ce droit. Ici, à l’intérieur de cette pièce, nous pouvons nous aimer, nous pouvons être ce que nous voulons être. » lui dis-je d’une voix douce et caressante. « Et je le désire alors quand tu le désireras, quand tu seras prête… » Je marquai un silence et mon regard devint soudain plus soutenu mais surtout plus amoureux. « Je me perdrai bien volontiers dans tes bras. »

L’honnêteté était encore une fois de mise mais je ne pouvais m’en empêcher : je n’avais aucune envie de lui cacher mon amour, mon désir ou mes intentions. Certes, je ne voulais pas la brusquer mais cela ne devait pas m’empêcher de lui faire savoir que je l’aimais, que je la désirais et que j’avais hâte de pouvoir me lier à elle de la plus belle façon qu’il existe. En attendant, il y avait tant à dire, tant à partager… Je bus une nouvelle gorgée de vin, me reculai un peu sur ma couche pour pouvoir m’adosser contre le mur et être à l’aise. Serena pouvait choisir de rester debout, ou elle pouvait décider de s’asseoir au sol près de la couche ou encore sur la couche elle-même : ce choix lui appartenait et je n’allais aucunement l’inciter dans son choix. Il s’agissait là du premier moment que nous partagions ensemble, de la première véritable occasion de parler longuement et de se confier l’un à l’autre, cela aussi était merveilleux : pouvoir parler à l’autre sans craindre quoi que ce soit, pouvoir se mettre à nu sans retenue.

« Nous n’avons jamais eu l’occasion de vraiment discuter toi et moi et il y a tant de choses que j’aimerais savoir à ton sujet Serena... »

Après tout, je ne savais d’elle que ce que j’avais pu entendre de la bouche de mon Dominus lorsqu’il avait pu converser au sujet de Serena de temps à autres c’est-à-dire qu’en réalité je ne savais que très peu de choses : je savais qu’elle venait de la même Domus qu’Eirene et que leur maître avait été bon avec elles. Le reste m’était totalement inconnu et je voulais remédier à cela.

« D’où viens-tu ? Où as-tu vu le jour ? Comment ?... »

Je m’arrêtai dans ma phrase, cherchant les bons mots mais malheureusement, il m’était impossible d’aborder le sujet de sa servitude en prenant mille et un chemins. Mon sourire se fit moins large car plus teinté de tristesse : si j’avais eu le choix, j’aurais préféré effacer sa vie de servitude même si cela aurait signifié que nous ne nous serions jamais rencontrés. Plutôt vivre sans elle plutôt que de lui infliger des épreuves qu’elle ne méritait pas… Ce n’était cependant pas de ma volonté. Elle était là et je voulais savoir pourquoi.

« Comment as-tu fini entre les mains d’un vendeur d’esclaves ? »

Ce n’était pas une simple curiosité qui me poussait à poser cette question, cela allait bien au-delà : j’avais tellement envie de la protéger, de prendre soin d’elle, de l’enfermer dans mes bras pour jamais qu'elle n’ait à souffrir… C’était cela, tout simplement et je savais qu’en plus des paroles mes yeux parlaient pour moi en cet instant.




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Ven 19 Sep - 19:03
Re: Closer to you [PV Serena]   




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THERE IS NOTHING INTERESTING ABOUT ME.

L’amour souvent vous faisait idéaliser l’objet que votre coeur chérissait le plus au monde et  Serena n’échappait certainement pas à la règle. A ses yeux, Remus était un homme d’honneur. Avait-il profité des prostituées envoyées par le lupanar ? Peut-être. Elle n’en savait trop rien et quand bien même, comment pouvait-elle lui en vouloir ? Le gladiateur était un homme. Et un gladiateur. Cela signifiait qu’il avait bien plus de pression que les autres, parce que chaque fois qu’il descendait dans une arène, il combattait non pas contre un autre gladiateur, mais contre la Mort elle-même. Et bien qu’elle l’aimait, elle ne pouvait s’empêcher de conserver une certaine distance, surtout depuis qu’il lui avait avouer qu’elle était une tentation pour lui. Pourtant, elle ne voulait pas non plus refuser de partager cet amour, simplement, elle ne savait pas si elle avait le droit. Le Dominus l’avait autorisée à venir mais il ne lui avait rien dit concernant les relations physiques. La Domina avait voulu la conserver et l’avait protégé jusque là alors.. Que faire ? Oui, si Serena refusait de se donner cette nuit là au gladiateur, c’était simplement parce qu’elle devait demander la permission. Elevée comme une esclave, elle était consciente de n’avoir aucune liberté et que d’autres pensaient pour elle à ce qu’elle devait faire ou non. Un trait de caractère que Remus avait déjà décelé et malgré lui, il lui avait dit ce qu’elle avait le droit de faire, ou non. Et tout cela, elle devait l’expliquer. Elle prit le temps de chercher les mots, pour que Remus comprenne ses craintes et ce qui la freinait encore ce soir là. Mais... Il sembla ne pas comprendre. Se noyant dans son regard, elle eut envie d’hocher la tête et de le consacrer sur un autel, de l’idolâtrer comme un dieu. Mais elle finit par baisser les yeux. « Je n’en suis pas sûre, Remus. Dominus ne m’a rien dit par rapport aux relations physiques et... Et jusqu’ici, Domina avait tout fait pour garder les hommes loin de moi. Je ne voudrai pas qu’il me punisse ou qu’il te punisse pour avoir désobéi... »

Ces mots lui coûtèrent parce que la voix du gladiateur éveillait des sensations nouvelles en elle. Des sensations qu’elle ne connaissait pas. Et alors qu’il insistait, elle hésitait. Mais si elle avait la bravoure de se lancer parfois dans des actions un peu folle, l’esclave savait aussi faire attention. Et à ce moment là, elle se montrait encore très prudente. « J’en ai envie aussi, mais... Je dois vraiment savoir si... J’en ai le droit. ». Buvant une nouvelle gorgée de vin, elle prit le temps de le savourer dans sa bouche avant de l’avaler. Cette conversation lui semblait presque irréelle. Ce n’était pas vraiment comme ça qu’elle se l’imaginait mais... Au moins, Remus semblait comprendre et il ne lui sautait pas dessus. Il conservait son contrôle. Et il ne la violentait pas. Finalement, elle voulut s’assoir. Elle observa la couche quelques instants mais elle ne se sentit pas à l’aise. Elle s’assit donc à côté, pour ne pas les tenter tous les deux.

La conversation prit alors une nouvelle tournure. Remus voulait tout savoir sur elle, comme si il y avait une grande histoire. Il allait être déçu, pensa-t-elle. Sa vie n’avait aucune valeur, rien d’intéressant. « Que veux-tu savoir de moi ? ». Et les questions suivirent. D’où elle venait, où elle était née et comment elle s’était retrouvée esclave. Comme si cet évènement était toujours traumatisant.  « Il n’y a rien de très intéressant à mon sujet. Je suis née à Pompéi, ma mère était esclave. J’ignore qui est mon père, elle n’a jamais voulu me le dire. Et au fond, il ne m’a jamais manqué. Le Dominus que j’avais n’a jamais battu ma mère, au contraire. Il a vu ma naissance comme une bénédiction : une esclave de plus serait là pour servir sa maison. Il m’a éduqué, il a peut-être joué ce rôle de père pour moi... Il me punissait si je faisais mal mon travail mais il m’a bien éduqué. Il m’emmenait même parfois avec lui dans ses voyages, pour me montrer d’autres choses, d’autres villes. C'est peut-être étrange mais... Il me traitait comme sa fille. Il nous traitait tous bien. Et puis il est décédé et nous avons été revendu. Ma mère sert dans une autre maison, laquelle, je ne sais pas non plus. Elle me manque mais ici je ne pense pas qu’elle aurait pu mieux servir. J’espère juste qu’elle n’a pas été racheté par un lupanar. J’ai été une esclave depuis toujours. Et je suis née ici. » Elle plongea soudainement dans ses pensées. Peut-être que pour Remus, ce n’était pas normal mais elle souffrait toujours de la disparition de ce Dominus qui l’avait vu naître. « Et toi ? J’ai entendu beaucoup de rumeurs mais je préférerai entendre la vérité, si tu m’estimes digne de la connaître. ». Relevant les yeux vers lui, elle ne s’offusquerait pas s’il refusait d’en parler. Elle savait que c’était certainement difficile. Lui avait connu la liberté. Il savait ce que c’était. Pour la brune, ce n’était qu’un vague concept...
Dim 5 Oct - 14:44
Re: Closer to you [PV Serena]   




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Closer to you

Serena venait de soulever un point qu'il valait mieux ne pas négliger : ce que nous étions en droit ou non de faire. Je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils en l'entendant me dire qu'elle n'était pas certaine de ce qu'elle avait le droit de faire avec moi, même si elle disait en avoir envie. Je détournai le regard en hochant la tête, comprenant finalement dans quelle position délicate elle pouvait être. Elle avait toujours été protégée des hommes par notre Domina, elle avait ainsi réussi à préserver sa pureté, elle avait réussi à ne pas faire partie de ces esclaves qu'on offrait aux gladiateurs sans y réfléchir à deux fois et finalement, peut-être que notre Dominus allait vouloir poursuivre dans ce sens. Je ne pouvais le deviner, elle non plus, il fallait donc que l'on pose la question afin que tout soit clair et que ni elle ni moi ne subissions le courroux de Sextus s'il venait à apprendre que nous avions franchi une limite qu'il ne souhaitait pas nous voir franchir. Alors, à voix basse, j'assurai à Serena que j'allais moi-même poser la question à Sextus dès que j'en aurais l'occasion car je voulais absolument la protéger : je refusais qu'il lui arrive quoi que ce soit par ma faute. De toutes les façons, si cela nous était refusé, si Sextus refusait, j'allais prendre sur moi et être en total contrôle de mon corps : je préférais l'aimer et être à ses côtés un peu que pas du tout. Les réponses nous allions les avoir et nous aviserions en fonction.

Finalement, Serena prit place non pas sur la couche mais à côté. De cette façon, nous étions proches physiquement sans l'être et c'était sans doute la meilleure façon d'agir pour nous éviter trop de tentation. Mes yeux se perdirent un instant sur sa nuque et j'eus envie de m'approcher d'elle et de glisser mon visage sur sa peau, de sentir son parfum, de m'en imprégner mais me retins. Finalement, j'étais plus capable de me contrôler que je ne l'avais cru. Pour le moment en tout cas. Enfin, Serena commença à me raconter son histoire : c'était là des détails que je brûlais d'envie de connaître si bien que je bus ses paroles, l'écoutant avec une réelle attention sans détourner mon regard d'elle. Ainsi donc, elle était née ici et n'était jamais partie. Sa mère avait elle-même été esclave et ce fut donc ainsi que je découvris que Serena n'avait jamais connu qu'une vie de servitude, contrairement à moi qui avait eu la joie de pouvoir être libre avant d'être condamné à être un gladiateur. Serena n'avait jamais connu son père mais elle m'expliqua que son ancien Dominus avait quelque peu tenu ce rôle, en partie en tout cas puisqu'il avait vu la naissance de Serena comme une bénédiction (j'étais d'accord avec lui sur ce point, c'était une bénédiction que Serena foule cette terre), et qu'il l'avait même éduquée. Il était apparemment un bon maître qui traitait ses esclaves avec gentillesse et je pus imaginer la douleur de Serena et de sa mère lorsqu'il avait trouvé la mort et qu'elles avaient donc été revendues. Je fus soulagé de l'entendre me dire que sa mère servait dans une autre maison même si elle ignorait laquelle : au moins, elle était en vie. A cet instant, l'idée de la rechercher comme j'avais recherché Flavia germa dans mon esprit : sans doute en parlerais-je à Marcus et à Pompeia. J'espérais tout autant que Serena que sa mère n'avait pas été rachetée par un Lupanar...

« Et toi ? »

Cette brève question me sortit de mes pensées et je clignai des yeux juste avant que Serena ne poursuive en me disant qu'elle avait entendu beaucoup de rumeurs à mon sujet mais qu'elle préférait entendre la vérité de ma bouche, si je l'estimais digne de la connaître. Pourquoi donc aurait-elle indigne de mes mots ? Je n'aimais pas qu'elle se rabaisse de cette façon, vraiment pas. Elle plongea son regard dans le mien et je lui adressai un tendre sourire avant de me pencher juste assez pour pouvoir glisser le bout de mes doigts sur sa joue pour la caresser doucement.

« Bien sûr que tu es digne de connaître la vérité. » lui dis-je avec douceur avant de retirer ma main et de soupirer, mon sourire se fanant rapidement tandis que je m'adossai de nouveau contre le mur. « J'ai cependant bien peur que les rumeurs à mon sujet soient vraies. »

Je restai un instant silencieux, me préparant en fait à ce qui allait suivre : j'étais sur le point de tout raconter à Serena, sur le point de réveiller les souvenirs douloureux que j'étais parvenu à maîtriser avec le temps et surtout grâce à la présence de Serena, sur le point d'être de nouveau, même brièvement, cet homme sombre qui avait tenu Serena à distance pendant très longtemps. Trop longtemps... Cependant, elle était là, juste à côté de moi, et je devais avoir confiance : je n'allais pas de nouveau me perdre, je ne pouvais pas de nouveau me perdre. Je détournai mon regard de Serena et c'est dans le vide que mes prunelles se posèrent, dans le vide où les souvenirs pouvaient apparaître et danser devant mes yeux. Comme il était facile de tout faire remonter à la surface et comme c'était douloureux...

« Je suis né à Salerne et mes parents possédaient une ferme et des terres. Mon frère et moi les aidions mais j'avais d'autres envies, d'autres ambitions et je me suis finalement engagé dans la légion. J'étais tellement fier et heureux de pouvoir avoir ce titre de légionnaire, de pouvoir me battre aux côtés d'autres soldats, de pouvoir défendre les intérêts de notre nation... » Je laissai échapper un rire sans joie, mon regard toujours porté sur le vide à ma portée. « J'étais bien naïf parce que j'étais de l'autre côté de la barrière, tout simplement. » Un silence, un soupir, je repris. « J'ai rencontré ma femme très jeune et nous nous sommes mariés très rapidement. L'arrivée de notre fille m'a comblé de joie même si je n'ai pas été là lors de sa venue au monde puisque j'étais en campagne à cette époque-là. A chaque fois que je rentrais, j'étais heureux de les retrouver toutes les deux mais également de retrouver mon frère qui avait pris la succession de la ferme après la mort de mes parents et qui veillait sur ma femme et ma fille. J'ignorais alors qu'il prenait son rôle trop au sérieux... »

Je baissai le visage en sentant mes traits se durcir et se crisper. Je savais que mon regard s'était assombri, je savais que Serena pouvait voir cette ombre qui avait tant plané dans mes yeux jusqu'à récemment. Ma gorge était soudain nouée mais je devais poursuivre : je devais tout expliquer à Serena.

« J'ai d'abord reçu un billet m'annonçant que ma femme m'avait trahi avec mon frère et j'ai ignoré cette dénonciation, n'y croyant pas un seul instant. J'avais confiance en elle et surtout, j'avais confiance en lui. Et puis, il y a eu ce geste qui m'a frappé, ce geste qui a éveillé des doutes jusque là inexistants... »

Mon cœur commença à battre plus vite.

« J'ai attendu que mon frère soit parti et j'ai... » Je secouai la tête, m'en voulant toujours énormément : je m'en voudrais jusqu'à mon dernier souffle et sans doute bien au-delà. « Je me suis montré horrible avec ma femme. Je l'ai accusée de m'avoir trahi, je lui ai crié dessus et c'est là qu'elle m'a jeté la terrible vérité à la figure. En toute sincérité, j'aurais mille fois préféré qu'elle trouve du réconfort dans les bras de mon frère, qu'elle en tombe amoureuse plutôt que de découvrir qu'il abusait d'elle et de notre fille depuis... Depuis trop longtemps en fait... »

Je serrai la mâchoire et les poings, les larmes me montant aux yeux.

« Je n'ai pas su trouver les mots pour la réconforter et elle ne m'a pas laissé faire. Comment aurait-elle pu en avoir envie ? J'avais été odieux avec elle alors qu'elle... » Ma voix mourut sur les derniers mots comme mon cœur était mort ce jour-là. « Le lendemain matin, elle s'est tranchée la gorge. Elle est morte dans mes bras. Au moins, elle n'est pas morte seule... » dis-je la voix tremblante avant de fermer les yeux. Tout me revenait, absolument tout. « J'ai été trouver Flavia, je lui ai dit de rester cachée et je suis allé trouver mon frère qui n'a même pas nié leur avoir fait du mal. » Mes poings étaient tellement serrés que j'en avais mal aux doigts à présent. « Je voulais le tuer et quand il a dit qu'il allait lui, se débarrasser de moi pour ensuite s'occuper de ma fille... A ce moment-là, il a véritablement signé son arrêt de mort. Tout a été terminé très rapidement et j'ai à peine eu le temps d'enterrer ma femme que des soldats sont venus m'arrêter. J'entends encore les hurlements de Flavia... »

Je me tus en rouvrant les yeux pour finalement les poser sur Serena. J'avais du mal à la distinguer parfaitement à travers mes larmes.

« J'ai bien failli mourir exécuté dans l'arène mais j'ai pensé à Flavia, au fait qu'elle était sans aucun doute en vie et j'ai éliminé mes bourreaux. Ensuite, Sextus est venu me trouver et... Eh bien la suite tu la connais. Vois-tu ? Tout ce qu'on peut dire est vrai... J'ai commis un fratricide mais, aujourd'hui encore, je ne regrette pas ce geste : il méritait de mourir de ma main. Ce sont les conséquences que je regrette, en particulier pour Flavia... »

Je baissai la tête, honteux. Honteux d'avoir été trop stupide pour me rendre compte des agissements de mon frère, honteux d'avoir été trop choqué pour réussir à aider ma femme alors qu'elle avait besoin de moi, honteux d'avoir été trop impulsif et d'avoir ainsi condamné ma fille à être esclave. Honteux. Et si Serena en venait à me mépriser maintenant qu'elle savait la vérité ? Eh bien mon cœur qui s'était éveillé allait de nouveau s'éteindre pour ne plus jamais se rallumer mais ça aurait été mérité. En cet instant, je pensais mériter mille et une souffrances et, je pensais surtout ne pas mériter l'amour de Serena.




© charney

Ven 10 Oct - 19:41
Re: Closer to you [PV Serena]   




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YOU'RE NOT A MONSTER.

Le regard fixé sur lui, la jeune femme étudiait les traits de son visage, comme pour déchiffrer dans des mimiques ses pensées les plus secrètes. Bien sûr, elle remarqua qu’il semblait plongé dans une profonde réflexion mais  elle craignait toujours de faire un faux pas. Elle ne voulait surtout pas le forcer à lui dire ce qu’il avait vécu ou même pensé. Elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle était bien trop curieuse ou l’agacer. La brune baissa les yeux, se mordant la lèvre nerveusement. Peut-être n’était pas encore digne de sa confiance aussi. Frissonnant sous le contact de ses doigts sur sa joue, elle fut agréablement surprise quand il lui assura encore une fois qu’elle avait sa confiance. Très sérieuse, elle hocha la tête avec un grand sourire, sourire qui s’effaça quand il avoua également la véracité des rumeurs. Mais le problème de ces rumeurs, c’était bien de mêler du vrai et du faux... Non ? Tout ne pouvait être vrai quand même parce que certains bruits de couloir gonflaient la réalité plus que nécessaire. Le silence reprit sa place, entre eux deux. La jeune femme n’osa pas le troubler, même lorsque ses yeux se vidèrent de toutes émotions.

Ainsi, Serena apprit qu’il n’était pas comme elle. Lui, il avait été libre, et pire encore, il était un romain. Comme se devait être difficile pour un homme libre de connaître la servitude... Des comme lui, elle en voyait souvent. Ils résistaient tous, se confortant dans un rêve de liberté. Un rêve qu’une esclave de naissance n’envisageait même pas. Comment envier une chose que l’on a jamais connu ? En plus, elle avait été plutôt chanceuse donc elle n’avait pas vraiment eu à se plaindre de sa condition. Alors qu’est-ce que ça faisait d’avoir une ferme, ou des terres ? Elle ferma les yeux, tentant d’imaginer. A quoi ça ressemblait Salerne ? Et c’était où ? Voulait-il y retourner ? Tant de questions nouvelles se bousculaient dans sa tête. Il s’était engagé dans l’armée romaine. Ce n’était pas si étonnant et cela expliquait grandement pourquoi il était un champion aujourd’hui. Il connaissait les combats depuis longtemps et l’armée romaine était forte. Il lui dépeignit la vie d’un rêve. Une famille qui l’attendait quand il rentrait, une femme et une fille qu’il aimait. Un frère là pour veiller sur elles... Fronçant les sourcils, elle commença lentement à comprendre ce qu’il voulait lui dire. Un frère qui l’avait trahi. Son coeur se serra parce qu’elle voyait bien que ce lien de fraternité ne valait que pour des gladiateurs. En dehors d’une arène, les frères et soeurs n’hésitaient jamais à vous planter un couteau dans le dos. Heureusement pour elle, elle était à priori fille unique. Elle ne rompit pas ce silence, le laissant raconter son histoire à son rythme, sans le troubler d’aucune manière que ce soit.

Sa femme l’avait trahi ? Surprise, elle accepta pourtant l’idée. Elle en avait vu aussi... Des romaines, lassées de leur mari allaient souvent vers leur père ou leur frère... Les maris absents perdaient souvent l’intérêt de leurs épouses... Une chose qu’elle ne comprenait pas vraiment. Un geste ? Quel geste ? Le récit devenait de plus en plus effrayant. S’attendant au pire, elle apprit seulement qu’il l’avait accusé elle. Celle-ci avait répliqué en lui disant la vérité, une vérité affreuse. Et pourtant... Cela ne faisait que confirmer le sentiment de Serena vis à vis des hommes : ils abusaient trop souvent des femmes. Et des fillettes. Elle les craignait. Mais pas Remus. Même quand il expliqua que c’était de sa faute si elle s’était suicidée. Une tragédie. Serena tenta d’imaginer. Si un autre homme que Remus la touchait de force, le repousserait-elle ? Elle se sentirait mal bien sûr... Mais l’amour aurait dû les sauver... Emue, les larmes lui étaient montées aux yeux. « Tu n’as commis aucune faute ! ». Oui. C’était terriblement injuste ! Il n’avait fait que défendre l’honneur de sa femme et de sa fille alors que faisait-il dans une arène ? « Tu n’as pas eu un procès ? Personne n’a voulu témoigner contre ton frère ? ». Puis, elle tourna la tête, fixant le sol un long moment. « Tu n’es pas coupable du crime de ton frère. C’est lui qui a abusé d’elles et trahi ta confiance. Et... Tu as pu te montrer odieux, peut-être, mais de la façon dont tu m’expliques les choses, moi je comprends qu’ensuite tu lui as témoigné ton amour. Mais elle devait souffrir de n’avoir pas su protéger votre fille... » Oui. Ce devait être difficile pour une mère de ne pas réussir à protéger ses enfants. Et elle s’était enfermée dans sa souffrance sans réussir à s’en sortir. Remus n’aurait rien pu faire. Et cette tragédie n’était qu’une tragédie, en aucun cas l’histoire d’une vengeance ou d’une cruauté injustifiée. N’importe quel parent aimant ses enfants réagiraient de la sorte ! Inspirant profondément pour chasser le chagrin que ce moment d’empathie avait provoqué, la jeune femme l’entendit reprendre la parole. Plongeant ses yeux dans les siens, elle secoua encore une fois vigoureusement la tête. « Non, il y a beaucoup de choses fausses dans ces rumeurs. Et ce fratricide... Cet homme n’était plus ton frère. Les frères sont comme ici... Vous vous battez mais vous le faites de face et même si vous êtes adversaires vous vous respectez. Ton frère ne t’a plus respecté le jour où il déshonoré votre sang. Et tu ne peux pas culpabiliser pour un crime que tu n’as pas commis. Tu faisais ton métier, pour une chose en laquelle tu croyais, tu te battais pour l’honneur de Rome. Tu te battais pour donner à ta famille de quoi vivre. En quoi est-ce un crime ? Lui a abusé de ta confiance et a pris de force ce qui était à toi. C’est lui le criminel. Pas toi. » Son raisonnement pouvait paraître un peu simpliste mais elle le pensait réellement. « Sais-tu où elle est maintenant ? » Elle parlait de Flavia bien sûr.

Loin d’avoir perdu son amour, les yeux de Serena transmettaient tous ses sentiments. « Tu es loin d’être un monstre, Remus. » Elle lui sourit et lui prit la main. Ce simple contact lui donnait des frissons incroyables mais... Elle ne pouvait faire plus ce soir. Il fallait attendre. Et se contenter de ça.
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