[Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Patricien
Mar 27 Mai - 23:51
[Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




Caius Licinius Murena
₪ Arrivée à Pompéi : 19/06/2013
₪ Ecrits : 1081
₪ Sesterces : 163
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Legat / Edile de Pompéi

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: No matter how right a man may be, they always find the fallen one, guilty.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Octavia, toujours.
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Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens
Octavia Licinia Camilla & Caius Licinius Murena




Rome, An 747 AUC
veille des Ides de Mars

Enveloppé sous le couvert protecteur de ma cape qui masque autant mon corps que mon visage, j’avance d’un pas prudent dans les ruelles de Rome détrempées.
La pluie tombe sans discontinuer depuis trois jours et l’humidité ambiance me colle à la peau et me glace jusqu’aux os. De temps à autres je ne peux m’empêcher d’adresser un regard scrutateur par-dessus mon épaule. Je connais bien le chemin, mais je ne m’autorise aucun excès de confiance.

Parvenu devant la petite porte qui attend mon arrivée, je frappe le signal convenu, avec peut-être plus de nervosité que d’habitude, empressé de me savoir à l’intérieur pour échapper aux trombes d’eau qui déferlent sur la ville. Enfin la porte tourne en grinçant sur ses gonds.
Le visage parcheminé d’une femme d’un certain âge me contemple de pied en cap et le battant s’ouvre plus grand pour me laisser passer. A cette heure avancée de la nuit, la cuisine par laquelle elle me fait passer est depuis longtemps déserte, le corridor aussi.

Comme j’ai un moment de recul au moment de grimper les quelques marches qui doivent m’emmener dans la villa, elle me saisit d’un geste rassurant par le bras et secoue la tête, un léger sourire en coin.
Elle approche sa lampe à huile d’une petite pièce annexe où ronflent de concert les gardes que rien ni personne, pas même Jupiter qui fait tonner sa colère dans les cieux, ne semble pouvoir éveiller. D’un doigt sur la bouche pour m’intimer au silence, elle m’invite à la suivre et à reprendre notre marche. Je ne lui demanderai pas si elle les a drogués, mais je suis à peu près persuadé que oui.

La chaleur des appartements supérieurs, ceux des maîtres, me saisit avec douceur, pourtant je ne songe pas encore à me délester de mes atours d’anonymat qui ruissellent sur le marbre raffiné. Lorsqu’enfin, il ne me reste plus que quelques mètres à parcourir, l’esclave se fige et me laisse terminer seul. Le cœur battant, les tripes nouées, je m’avance vers cette destination et toutes les promesses qui l’accompagnent.

A peine ais-je franchi le seuil des appartements, à peine l’ais-je aperçue, allongée et assoupie sur sa couche, que j’en oublie aussitôt toute prudence et j’ôte aussitôt ma cape austère, pour révéler mes atours plus seyants de jeune Romain.  Une tunique bleue car elle m’a dit une fois combien cette couleur sur moi lui plaisait, mes cheveux noirs coupés courts et sur lesquels s’accrochent ça et là quelques perles de pluie. J’ai vingt ans et l’amour me gonfle le cœur.


Sa tenue de nuit vaporeuse épouse et laisse deviner ses formes ravissantes, son visage clos et paisible est encadré par les vagues sombres de ses cheveux, sa respiration régulière s’échappe dans un souffle entre ses lèvres rosées.  

Il me semble avoir surpris Venus dans son jardin et happé par cette vision enchanteresse dont je ne parviens pas à détourner le regard, je m’avance doucement, faisant mon pas plus léger que possible, trop soucieux de ne pas briser cet instant de grâce.  Je caresse d’une main tendre son ventre rond de plusieurs mois.  Que ne nous sommes pas rencontrés quelques mois plus tôt , Octavia, et cet enfant que tu portes aurait été le mien… Qu’importe, je l’aimerai comme j’aime tout de toi.

Je parle au futur et un instant mon regard se voile. Il ne peut y avoir de futur pour nous deux… Parce qu’Octavia est la femme d’un autre homme et parce que celui-ci l’aime éperdument. Atius ne consentira jamais à s’en séparer. Tout comme je ne parviendrai jamais à me détourner d’elle. Il n’y a pas de « nous », il ne peut pas y avoir de « nous ».
A moins que…  Je déglutis avec peine songeant à la discussion que nous avons déjà eu, il y a de cela plusieurs nuits, dans le secret de la pénombre. Des mots et des regards chargés de sous-entendus. J’ai acquiescé. Elle aussi. Certains qu’il n’y avait pas d’autre alternative. Le feu qui nous consume est trop impatient, trop entier, trop sauvage pour laisser aucune place à la raison.
J’ignore toutefois si j’en aurais le courage le moment venu. Je n’ai jamais ôté la vie de personne et je dois tellement à Atius… Il m’a pris sous son aile protectrice, sans poser aucune question, et m’a introduit à tout ce que Rome compte de plus influent… Un véritable père.


J’effleure de mes lèvres celles d’Octavia. Je dois beaucoup à Atius, mais je lui dois plus encore. Elle a redonné vie à cette carcasse vide que je traîne depuis que la souillure a entaché les miens et que j’ai dû fuir Pompéi. Si je dois ma survie à mes promesses de vengeance et à ma sœur Laelia, je lui dois la lumière et le rêve d’un avenir possible. Du bonheur, peut-être. Je n’ai d’autre loyauté qu’envers  les miens, et à présent, elle.

Ses paupières s’ouvrent sur ses pupilles brunes et je lui souris, taquin, en effleurant son nez avec la pointe du mien:

- Je suis bien peu attendu dans cette demeure…  - puis il se fane quelque peu-  De combien de temps disposons-nous?

Le message qu’elle m’a fait parvenir m’annonçait le départ de son époux, mais je n’en sais pas davantage. Cinq mois déjà que nous nous voyons à la sauvette, dans l’urgence, que je demeure assoiffé de ses baisers et de ses caresses, que je peine à trouver le sommeil sachant son lit réchauffé par un autre que moi.
Quel que soit le temps que les Dieux et les affaires d’Atius nous accordent, ce sera trop peu, sans doute.

Ce sera toujours trop peu.  



In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.




Lun 2 Juin - 18:59
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




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La pluie tombait en cette belle soirée. Elle tenta une main au-dehors pour alors ressentir la délicatesse de l’eau sur sa peau, mais rien ne se put. La jeune fille leva le cou pour apercevoir le faîte du toit de tuiles. Il ne pourrait y avoir de pluie se rendant jusqu’à elle comme elle ne pourrait sortir de cette douce prison dorée. Non, au début, Octavia aimait sa vie auprès d’Atius le préfet de Rome. Elle allait alors très certainement rencontrer son très cher cousin. Quelques lunes passèrent seulement, mais bien des choses changèrent.

Octavia fit une mou à son incapacité d’atteindre la pluie. La jeune fille de 17 ans se rappela cette joie lorsque sous la pluie et trempée jusqu’aux os en compagnie de ses amies. Puis, elles allaient titiller les Gladiateurs qui n’en menaient pas large apercevant les formes des jeunes filles sous leurs atours mouillés. Aujourd’hui toutefois, il n’y avait plus de Gladiateurs qui tiennent ni même d’Atius. En parlant de celui-ci, son époux était à la taverne discutant – et picolant certainement – avec d’autres politiciens. Octavia toucha son ventre … Enceinte de cinq mois, Atius l’avait interdit de sortie si ce n’est avec lui. Il ne connaissait pas toutefois le sombre secret de son épouse. Il ne la connaissait pas.

- Ah … !

Cachant du mieux qu’elle le pouvait un cri de surprise par une main sur la bouche, Octavia venait de l’apercevoir : ombre se faufilant dehors tel un espion. Elle en oublia alors tout … Son époux, ses devoirs, son enfant. Son cœur se mettait à battre alors que ses souvenirs ramenaient en avant ses caresses, le ton de sa voix et sa carrure. Oh ! Un moment debout entre le bien et le mal, Octavia alla finalement s’asseoir prestement ses voiles blancs miroitant dans les lueurs des chandelles allumées non loin. Rapidement, elle travailla sa chevelure … Elle n’avait pas encore les courbes qui la ferait femme. Elle ressemblait encore à une enfant par rapport à d’autres de ses semblables. Seul fait était la grosseur de son ventre. La jeune fille fit alors semblant de s’être assoupie. Oh ! Qu’elle désirait se ruer sur lui au moment où il entrerait dans la chambre. Oh ! Elle entendait son pas doux, suave, mais dur en même temps tel un héros de guerre entrer dans la pièce. Elle n’avait plus la force de se lever qu’il lui caressait le ventre. Aussitôt, ses yeux foncés tels le jais s’ouvrirent et il apparut sur ses devant. Nerveuse elle était, il semblait l’être aussi. À quoi pensait-il ? À nous peut-être espérait-elle du plus profond de son cœur telle une petite fille encore naïve. Lentement, elle se laissa caresser et ressentir ses lèvres sur les siennes. Son souffle s’expira, un souffle doux et elle se cabra légèrement de plaisir souriant et riant un peu à leurs deux nez qui se touchaient.

- Vous êtes attendu par moi et c’est ce qui compte Caïus.

L’appela-t-elle par son prénomen dans un second souffle alors que les bonnes manières, le respect appris semblait être disparu en fumée. Octavia sourie et attira l’homme à elle avec ses bras autour de sa nuque. Il était trempé ce qui la fit frissonner de part et d’autre, mais ... C’était certainement le seul frisson qu’elle penserait agréable. De ses mains douces, mais habiles elle commença à lui enlever cette cape humide qui la faisait frissonner. Il était alors plus beau, plus fort et parfait. Son demi-dieu à elle.

- J’aimerais que l’on ne parle pas de lui ce soir, mais si vous voulez vraiment savoir, à la taverne, Atius prend souvent trop de vin. Il y restera pendant quelques heures comme d’habitude.

Sourie-t-elle finalement à Caïus dans un murmure d’une beauté insoupçonnée. Elle n’aimait pas mêler Caïus et Atius ensemble. Une nervosité immense s’emparait alors de sa personne surtout que le deuxième était le dominus du premier. Certes, elle n’aimait pas le deuxième et était passionnée du premier. Était-ce si mal que cela ?

Pour toute réponse, Octavia passa une main espiègle et probablement un peu trop fonceuse dans le dos du jeune homme dès qu’elle réussit à lui enlever cette cape et bien malgré sa tunique toujours présente. Elle y ressentait toute la dénivellation des muscles à toute cicatrice prouvant la bravoure.

Patricien
Sam 28 Juin - 21:17
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




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-Vous êtes attendu par moi et c’est ce qui compte Caïus.


Son rire cristallin résonne et je mesure alors comme elle s’est jouée de moi, prétendant ainsi le sommeil. Mon sourire retrouve alors toute sa lumière comme elle m’attire tout contre elle, faisant fi de la pluie qui perle sur ma cape de laine et détrempe sa fine  tenue de nuit.

-Rien d’autre n’importe.

Je la laisse m’ôter de ses mains prestes, ce vêtement détestable qui n’a désormais, bien à l’abri des marbres des Atii, plus aucune raison d’être. Je constate du déplaisir dans ses prunelles :

- J’aimerais que l’on ne parle pas de lui ce soir, mais si vous voulez vraiment savoir, à la taverne, Atius prend souvent trop de vin. Il y restera pendant quelques heures comme d’habitude.

- Le fou… T’aurais-je pour moi tout entière que je me contenterais de la seule ivresse de ta peau…

Et joignant le geste à la parole, je plonge mes lèvres au creux de son cou, à la naissance de son oreille, comme un assoiffé trouve refuge dans sa coupe. Le contact de ses doigts m’électrise  et à mon tour mes caresses se font plus audacieuses et fiévreuses. Entre deux baisers, je soupire, le souffle brûlant et la voix rauque:

-Tu m’as tellement manqué…


Cela fait plus d’une semaine que nous ne nous sommes pas vus, son époux depuis sa grossesse semble plus attentionné et plus présent que jamais, rendant difficiles nos entrevues secrètes mais malgré toute ma mauvaise foi, comme l’en blâmer : serais-je à sa place que je ferais évidemment de même. Nous parvenons pourtant toujours -ce soir n’en est qu’une illustration supplémentaire- à nous retrouver, parfois même au mépris des règles les plus élémentaires de prudence et de sécurité.

Plus je possède Octavia, plus je la désire et plus je souffre de ne pas l’avoir pour moi toute entière. Et cette douleur se fait amère, lancinante. Je me console toutefois lorsque son corps se tend et se cambre de nouveau, lorsque ses premiers soupirs de plaisir s’échappent sous l’assaut de mes caresses. Voilà ce que j’ai, moi, et qu’Atius n’aura jamais. La fougue de ses baisers et le doux abandon dans ses yeux.

Désormais, la séparation et l’absence deviennent insupportables et nos besoins de nous retrouver ne s’en font plus pressants, quitte à faire moins attention à nos regards, nos gestes ou nos paroles… 
Parfois, je me demande si je n’en viendrais pas à souhaiter qu’Atius sache enfin. Comme expliquer sinon qu’il nous soit de plus en plus difficile de nous cacher de lui. Bien sûr les conséquences seraient désastreuses, tant pour elle que pour moi, et c’est pourquoi nous en sommes venus l’autre soir à murmurer à demi-mot l’hypothèse d’une toute autre alternative. 
Et ce soir, alors que je dénoue doucement les fils de sa vertu et fait glisser sur sa peau de soie le vêtement qui nous sépare, mes doutes à ce propos semble s’être envolés de concert. Pour elle, j’en serais capable. Si elle le veut, je le tuerai.


Un instant, toutefois, au moment d’ôter à mon tour ma tunique, une pensée me traverse : je vais trop vite… 
Je m’écarte un peu et la contemple, alanguie, le cou palpitant et les cheveux étalés autour de sa tête comme un soleil noir. J’aimerais prendre mon temps, parler de tout, de rien, la faire rire, et rire avec elle. J’aurais tant de choses à lui dire : comme elle est belle, comme je l’aime et comme elle me rend heureux. 
Mais du temps, nous n’en avons pas. Jamais. Nos seuls instants ensemble sont volés, clandestins, ce qui nous contraint à toujours profiter du moindre d’entre eux comme s’il était l’unique et peut-être le dernier.

Et naturellement, dans ces moments si précieux, ce sont nos corps qui se réclament, la fusion comme seul salut pour tenter d’apaiser la passion qui nous brûle. 
Je n’ai connu que peu de femmes, n’en ai aimé qu’une avant Octavia, mais cette rencontre a produit en moi l’effet d’un raz-de-marée, puissant et violent, balayant tout sur son passage. Elle me donne ce qu’aucune ne m’a jamais donné, elle fait de moi un être plus fort, meilleur. 
Un homme. 




In sanguine honor
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Jeu 10 Juil - 17:06
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




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Invité

Caïus Licinius Murena ∞ Octavia Licinia Camilla
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Elle avait rit de plaisir. Oui, de ces termes tous simples employés par lui. Il la rendait tellement heureuse. Tout ce qui était important se trouvait être elle … Si longtemps Octavia Licinia Camilla ne se fut pas sentit autant aimée, célébrée pour ce qu’elle était. Elle était alors plus qu’une faiseuse d’enfants. Elle était une femme, une domina et la cousine d’Octave. L’ironie lancée par Caïus quant à ce benêt d’Atius lui fit lâcher le manteau détrempé qui tranquillement alla choir au sol sans bruit. Ramenant sa main, Octavia s’empressa d’approcher Caïus d’elle … Elle en avait envie … Tant envie.

C’était bien quelques secondes précédents l’homme lui-même. Plus rapide, elle ferma les yeux et frissonna d’un plaisir fou de par les caresses fraîches de Caïus. Elles étaient douces et envoutantes bien malgré que l’on pourrait penser en leur rudesse par le passé militaire de l’homme. Il n’en était rien. Il lui a manqué aussi alors qu’un murmure traversa ses lèvres. Tant manqué. Jour, nuit, matin, soir … Octavia pensait à Caïus. Trop souvent, elle paressait déprimée mettant cela sur le compte de sa grossesse lorsqu’Atius le lui demandait. Elle avait besoin de Caïus auprès de sa personne. Il la réchauffait, la sécurisait. Elle avait une main en l’air prête à approcher à nouveau son passionné amoureux d’elle, mais se cabra déposant finalement la main en sa cuisse Comme si ce n’était pas assez, le petit être qu’elle portait dans son ventre se mit à frapper lui de l’intérieur. C’était certainement un garçon. Aucune fille ne ferait ceci alors qu’on toquait déjà de l’extérieur. Ils s’étaient parlé peut-être tous les deux ? Certes, tout ceci ne fut point assez. La jeune fille souhaitait elle aussi le faire languir. Elle voulait lui donner ce plaisir réclamé depuis plus d’une semaine … ? Si longtemps !

Alors, elle se retrouva complètement nue son drapé éparpillé en-dessous. Il semblait disparaître par sa blancheur coïncidant avec celle du lit. Brusquement, Octavia se redressa sur les coudes tout en observant Caïus la tête légèrement penchée sur le côté. Un regard en coin, ce sourire taquin, semblait intimer à l’homme de continuer. Toutefois, il ne le faisait pas. Elle soupira toujours ce sourire espiègle aux lèvres pour se lever.

- Tu t’arrêtes ? As-tu peur du gros méchant Atius ?

Le taquina-elle dans un petit rire sans pour autant lui donner vraiment la possibilité de rétorquer. Aussitôt, elle fut assise les jambes de chaque côté de son corps son gros ventre nu touchait le corps musclé de Caïus. D’une main, elle prit doucement la tête de ce dernier et apposa de ses lèvres un baiser des plus langoureux. Certes, ses mains se mirent à bouger et cela de plus en plus. Elle remonta le haut pour le lui permettre de l’enlever et caressa de baisers doucereux ce torse musclé. Fougueusement, Octavia embrassa Caïus.

Elle n’entendait pas les pas précipités s’approchant de la porte de sa chambre. Elle n’entendait pas les dires de sa servante qu’Atius était revenu … Déjà ? Il s’ennuyait de son épouse et la trouvait un peu pâle ces derniers jours. Il avait le souhait de la requinquer un peu, mais la concernée n’entendait rien. Tout ce qui comptait était Caïus celui lui donnant une telle force comme une vraie femme devrait posséder.

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Patricien
Jeu 7 Aoû - 15:40
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




Caius Licinius Murena
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Octavia Licinia Camilla & Caius Licinius Murena




Rome, An 747 AUC
veille des Ides de Mars

Alors que nos deux corps se cherchent et s’appellent, je suis aveugle et sourd au monde qui m’entoure. Je ferme mon esprit à tout ce qui pourrait venir troubler cet instant, il n’y est rien d’autre qui existe alors qu’Octavia et moi, ses mains qui électrisent ma peau, ses doigts qui exaltent mon désir, la passion dans ses yeux qui fait écho à la mienne. Je l’invite à se relever pour me faire face et achève de faire glisse sur sa peau sa tenue de nuit, seul rempart ténu entre nous. Je prends sa place sur la banquette et alors qu’elle se glisse au dessus de moi, ses cheveux sombres ruissellent en cascade pour former ce rideau soyeux qui nous isole du reste du monde. L’avancée de sa grossesse force notre inventivité et notre plaisir ne s’en trouve que décuplé.

Un frisson parcourt mon échine tandis que nos corps s’assemblent comme les deux pièces d’un tout. Elle est mienne comme je suis sien et enfin mon esprit se libère, chacune de ses caresses est un baume passé sur mes anciennes blessures, chacun de ses baisers le souffle de vie. Mes mains avides parcourent son corps divin entièrement offert et prennent le temps d’en vénérer tous les contours. Et puis soudain elle emmêle ses doigts dans les miens pour faire prisonniers ces intrus impudiques. Je ris de son audace, je sais comme elle aime prendre empire sur moi et je cède bien volontiers à cette si douce reddition.

-Lupa!


Un tressaillement et l’instant de grâce se brise. Mes paupières closes de plaisir se rouvrent violemment et mes pupilles se dilatent sous l’effet de la lumière autant que de la surprise. Octavia pousse un léger cri qui s’étrangle dans sa gorge tandis qu’elle brise notre étreinte. Je me redresse et fait face à Atius qui vient de franchir le seuil de la chambre. Il me parcourt du regard dans toute ma nudité et j’y devine autant de surprise, que de rage et de douleur mêlées. Ses poings se serrent dans le noir :

-Toi…

Je me prends à regretter d’avoir souhaiter qu’il découvre notre liaison devant le désespoir qui envahit cet homme à qui je dois tant. Dans le son de sa voix, je perçois cette douleur, d’une violence infinie, qui suffit à me saisit d’effroi. D’une main prudente, je fais glisser Octavia derrière mon dos et de l’autre j’invite Atius à la distance.

-Reste calme…


A peine ais-je prononcé ces mots que je prends conscience de leur absurdité. Quel homme, quel époux bafoué le pourrait dans de telles circonstances ? Encore plus lorsque ces mots lui sont intimés par l’amant de sa femme ? Un éclair passe dans ses yeux pourtant embués de larmes, son visage se chauffe d’une montée de sang et je le vois fondre vers moi. Un vase attrapé à la volée s’écrase sur mon crâne, je vacille et je chute.
La douleur embrume mon esprit. Je perçois au loin la violence d’une gifle et lorsque je rouvre les yeux, Atius force Octavia à terre à se redresser empoignant ses longs cheveux noirs. De l’autre, il cherche le poignard accroché à sa ceinture. Les larmes ruissellent à présent librement sur ses joues. Je ne peux qu’imaginer la douleur qu’il ressent devant l’évidence de sa trahison. Lui qui l’a tant aimée et je le savais. Je le savais et c’est peut-être pour cela que je ne l’en ai voulu que davantage.
Le crâne sur le point d’exploser, devant la menace qui pèse sur mon aimée et pourtant incapable de tenir sur mes jambes, je tente de raisonner Atius :

-L’enfant…

Articuler ce mot me réclame tous les efforts du monde mais j’y place tout mon espoir. Le salut de son héritier pourrait suffire, je l’espère, à épargner la vie de sa femme adultère. Comme espéré, il parvient à détourner son attention d’Octavia et je sens sa résolution faiblir. Il balbutie, la voix étranglé de sanglots :

-Le tien… ?


Il me faut un moment avant de comprendre et de secouer négativement la tête. La folie de la douleur semble lui avoir fait oublier l’impossibilité de la chose. Elle et moi ne nous connaissons pas depuis suffisamment longtemps. Un moment d’hésitation de ma part qui dure trop longtemps sans doute, une négation qu’il ne perçoit pas –ou ne veut pas perçoir- et il lâche son poignard, ainsi qu’Octavia, pour retourner sa haine vers moi :

-Le tien!

Avant que j’ai pu réitérer ma négation, il m’empoigne fermement par la gorge et me soulève jusqu’à me coucher à demi sur la banquette où il y a quelques instants je faisais l’amour à sa femme. Ses doigts se resserrent fermement autour de mon cou. Au bord de l’inconscience, je cherche vainement mon air, incapable de me défaire de son emprise. Il vocifère à mon encontre des paroles que je ne comprends déjà plus. Peu à peu je perds pied et glisse vers les ténèbres.



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Sam 9 Aoû - 4:21
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Caïus Licinius Murena ∞ Octavia Licinia Camilla
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EIl ria. Il était heureux. C’était tout ce qu’Octavia désirait : rendre heureux Caïus. Oh ! S’il devait être malheureux, s’il devait arriver un soir dans sa chambre l’âme en peine que ferait-elle ? Toutefois, il est fort probable que ceci ne se produise jamais, car on débarqua dans la chambre à grandes enjambées. Non loin, Octavia pourrait apercevoir son esclave … Si elle le pouvait, car son regard resta cloîtré sur Atius. Elle avait sursauté et telle une puce son corps s’éloigna par réflexe de Caïus pour se tourner vers son époux. Son cœur … Ses battements tanguaient encore entre le plaisir éprouvé avec le jeune homme et la frayeur que ses yeux exorbités démontraient envers Atius. Que faire ? Que dire ? Elle n’en savait rien. Elle n’était qu’une gamine tirée de sa maison mariée à un homme pour devenir une Domina. Rien de plus ! Rien de plus …

- J … Arrête !

Hurla-elle avec horreur la voix lui revenait aussitôt qu’Atius écrabouilla un beau vase sur la tête de Caïus. Atius était furibond. À la porte, il y avait maintenant trois ou quatre esclaves, mais aucun s’avançaient vers le Dominus. Soumis, dominés, étrangers ils ne comprenaient guère tout ceci. Que ce passait-il ? Pour toute réponse, Octavia se fit gifler. Elle ferma les yeux plus par surprise ressentant un goût de sang dans la bouche. Elle s’était mordue la langue par mégarde. Étrangement, elle ne lâcha aucun cri, rien … Silencieuse, elle se laissa dès lors tirer par Atius. La douleur sourde à son cuir chevelu l’empêchait de porter un cri. Il y avait trop de douleur pour cela. Trop.  Les esclaves venaient alors de décamper. Certes, Octavia ne voyait plus rien. Elle ferma les yeux. C’était à peine si elle entendait la vile discussion entre Caïus et Atius. Oh non ! Non ! Non ! Non ! Cela ne devait pas se terminer ainsi. La jeune fille sentit une larme couler le long de sa joue et le plancher froid l’accueillit en un léger choc. Elle tenta bien de reprendre son souffle, mais fut incapable de respirer à plein poumon. Alors, lentement, ses yeux montèrent vers le lit et elle vit l’horreur. Caïus se débattait avec Atius sur lui. Non ! Il allait le tuer !

- Non ! Arrête !

Hurla-elle à nouveau. Elle était maintenant au bord de l’hystérie, les larmes emplissaient ses beaux yeux marron. Les doigts tremblants, elle tâtait en même temps autour et mit le poing sur un poignard – celui de Caïus laissé au sol lorsqu’elle l’en débarrassa plus tôt. – Son poing ne lâchera plus jamais le poignard dorénavant.

- Arrête !

Hurla-elle à nouveau tout en se levant pour se ruer vers Atius tâchant de lui faire lâcher prise. Il allait tuer Caïus. Non ! Les yeux emplis de larmes, Octavia tambourinait de son poing libre, le gauche, sur le dos d’Atius jusqu’à ce que ce dernier se tourne pour lui faire face. La peur se lit distinctement dans les yeux d’Octavia alors que dans un réflexe, on ne sut pas réellement comment, elle enfonça le poignard de toutes la force de son bras droit dans la poitrine de son légitime époux. Elle l’enfonça … L’enfonça et le sang en gicla. Elle voulait voir ce sang. Un instant, Octavia n'était plus la même. Elle souhaitait uniquement tuer ... Tuer ... Tuer ... Puis, leurs deux regards se touchaient presque effarés par ce qu’ils venaient chacun de faire. Tâchés de sang qu’ils étaient, Atius perdit pied et alla pour s’échouer au sol emmenant Octavia dans sa course. Il se laissa tomber contre le lit où se trouvait encore Caïus. La jeune fille était tremblante de tous ses membres le poignard toujours serré fortement dans sa main droite. Elle ne se rendait pas compte que ses doigts devenaient blancs à force. Elle ne se rendait compte de rien autre qu’Atius qui mourrait peu à peu. Son regard restait sur lui néanmoins … Atius couvert de sang. De son propre sang !

- Je … J … aimais …

Aussi faible qu’Atius paressait en disant ces mots, Octavia se sentait plus faible encore. Son corps l’avait abandonné de ses forces. Qu’avait-elle fait ? Ses yeux n’arrêtaient pas de rejeter des larmes, mais on avait l’impression que son corps était même trop faible pour sangloter.

Elle réussit tant bien que mal à remonter son regard quittant Atius pour chercher les yeux de Caïus. Oh ! Un réconfort … Aide-moi songea-elle sans être capable de parler ses lèvres tremblaient trop. Elle était à nu ayant l’impression d’avoir découvert sa véritable nature. Une meurtrière ? Non ? Elle refusait cette idée, mais son corps était trop faible pour l’affirmer.


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Patricien
Dim 17 Aoû - 11:47
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




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Alors que je ne me débats déjà plus, je sens ses mains quitter le tour de mon cou. Pourquoi ? Les sons qui me parviennent sont lointains et il me faut quelques instants pour que l’air qui remplit de nouveau mes poumons parvienne jusqu’à mon cerveau et désembrume mon esprit. Lorsque je rouvre les yeux, Atius a disparu. Devant moi, Octavia, les mains ensanglantée, une lame à la main. Je me relève, les jambes molles, et contemple la scène tragique qui vient de se jouer. Tout ce sang…

Devant l’horreur de notre crime, je sens mes tripes se nouer d’angoisse et doucement la panique semble vouloir se frayer un chemin jusque dans mon esprit. Par tous les Dieux, nous sommes perdus… Un nouveau regard vers Octavia, blafarde, qui demeure le regard fixe. Et alors que nos yeux se croisent en silence, je comprends qu’elle place son salut en moi. Je l’aurais tué pour elle et voilà qu’elle l’a tué pour moi.

Alors l’instinct de protection l’emporte sur la peur. Nous autres, Licinii, sommes bâtis pour la survie, il n’est rien que nous faisons mieux que de demeurer alors que tout s’écroule autour de nous. Doucement, je prends sa main et l’invite à desserrer ses phalanges pour me donner le couteau. Je caresse sa jour, tendre, ma voix pourtant se fait inflexible.

-Nettoie le sol, brûle tes draps, tes vêtements, tout… Il ne faut laisser aucune trace.


Je m’entends dire ces mots, comme si j’avais fait cela toute ma vie. C’est faux, je n’ai jamais ôté la vie d’un homme, hormis sur le champ de bataille. Et ça n’a rien à voir avec ce que nous venons de faire. Rien. Alors que je sens Octavia m’échapper, je la saisis par les épaules dans un geste qui ne se veut pas brutal. Il faut qu’elle tienne, bon sang, il faut qu’elle tienne ! Je garde une voix égale, sereine presque, résolue :

-Regarde-moi... Regarde-moi. Ce qui est fait est fait. Désormais, il faut que personne ne sache… Et personne ne saura rien, jamais, je te le jure. Si tu en es convaincue, tout le monde le sera. Demain on retrouvera le corps de ton mari dans le Tibre, on en déduira une mauvaise rencontre comme cela arrive fréquemment la nuit dans les rues de Rome… Il aura trop bu et était incapable de se défendre. Ni les deux esclaves qui l’accompagnaient…

Je désigne les deux hommes derrière moi d’un geste du menton, un éclair passe dans mon regard d’acier tandis que je le reporte vers elle. Octavia semble comprendre où je veux en venir. Je répète, avec une froideur méthodique :

-Aucune trace.

Ces deux esclaves partageront le sort de leur maître. Plutôt cela que de devoir craindre à chaque instant que leur fidélité envers leur maître ou les tourments de leur conscience ne les poussent un jour à quelques confidences aux conséquences désastreuses. Un maigre sacrifice nécessaire.


Tandis que je me détache d’Octavia, je claque des doigts à l’attention des trois esclaves pétrifiés derrière moi qui ont assisté à la scène, la vieille femme qui m'a ouvert et les deux esclaves qui accompagnaient leur maître dans sa sortie du soir. Tous les autres ont été drogués pour permettre notre entrevue clandestine et dorment à poings fermés.

-Toi, aide ta maîtresse. Toi, va chercher le manteau de ton maître. Toi, aide-moi.

Les deux premiers s’exécute, comprenant que même si je ne suis pas leur maître, ils ont désormais tout intérêt à me considérer comme tel, le dernier reste planté, les bras ballants, contemplant avec horreur le corps sans vie d’Atius. Ma voix claque comme le coup de fouet que je crève d’envie de lui asséner sur l’instant :

-Aide-moi !

Tandis que l’autre revient avec le manteau, nous enveloppons le corps dedans avec minutie. Certes nous n’emprunterons pas les grandes artères fréquentées de nuit et le Tibre n’est pas loin, mais j’entends bien garder notre anonymat intact et éveiller le moins de soupçons possibles. Trois bougres encombrés d’un cadavre venants tout droits des quartiers aisés de la Ville, il faudrait être sot ou imprudent pour croire que cela passerait inaperçu. Notre macabre ouvrage achevé, je me revêts de mon manteau toujours détrempé et me plante devant Octavia:

-Attends-moi, je vais revenir. Soit sans crainte, je prendrais soin de tout.

Avant de disparaître dans la nuit, je dépose un baiser sur ses lèvres et la serre tout contre moi. Je mesure la portée de son geste et plus encore le fait qu’elle l’ait fait pour moi. Le lien qui vient de se tisser entre nous, nous rapproche de manière aussi brutale qu’étroite. Je ne le mesure pas tout à fait encore, mais déjà nous ne sommes plus deux amants adolescents portés par leur inconscience et leur folie amoureuse.


Spoiler:
 



In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.




Mar 19 Aoû - 1:10
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




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Caïus Licinius Murena ∞ Octavia Licinia Camilla
Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens
Les lions sortiraient, du feu dans leurs yeux, prêts à la dévorer. Pratiquement nue, elle n’aurait absolument rien pour se défendre. Elle chercherait Père dans les gradins sans le trouver: oh ! Honte qui s’abattrait sur la famille. Elle ne voudra point le voir ni sa mère ni ses frères et sœurs … Elle était une meurtrière. Elle apercevrait seulement son cousin, Octave 1er, un regard neutre, mais tout aussi menaçant au visage. Il ne la laisserait pas vivre pour l’Empire. Pourquoi le ferait-il ? Elle avait péché, déçue sa famille. Elle devait mourir.

Octavia se laissait désarmer les yeux dans le vague. La douceur de sa main dans la sienne et cette caresse était un délice. Pourquoi était-il aussi gentil ? Atius fut son maître et elle était un assassin. Caïus devait la livrer aux autorités.

- Brûler … N … Non, mourir …

Avait-elle murmuré tellement difficilement sa bouche qui ne répondait plus à ses appels. Son regard se faisait plaintif, larmoyant en direction de Caïus. Elle allait se retrouver dans le royaume de Pluton. Ce ne serait pas plus mal. Pas plus mal pour elle. Certes, Caïus ne semblait pas de cet avis. Ses grandes mains contre les épaules lui firent un peu de bien. Néanmoins, Octavia ne put pas sourire ni quoique ce soit. Son regard se détourna sur les esclaves et les mouvements qui se posèrent dans la chambre. Elle se rendit compte être nue … Du sang masquait sa poitrine, ses mains et un filet avait aussi dégouté sur ses cuisses. Caïus revint aussi prestement près d’elle pour lui enfiler un baiser … Un baiser qu’elle voulut plus long … Non ! Elle ne voulait pas être seule ! Non, ne pars pas voulut-elle dire malgré que ces mots se coincèrent une fois de plus dans sa bouche.

Et Octavia était seule. Une, deux, trois minutes passèrent.

- Il faut brûler … Oui. Je suis convaincue.

Sur ce murmure résolut, elle prit une grande inspiration et se leva. Cela fut difficile, car ses jambes tremblèrent. Sans penser, des mouvements digne d’une transe, la jeune fille prenait les draps dans ses mains et les fourra au sol pour ramasser ce sang … Ce sang, il y en avait partout. Et puis, POUF ! La soirée lui revint très clairement. Très, très clairement. Elle se revit caressant Caïus sur ce même lit puis, ce sang … Atius mourut. Prestement, Octavia mit les mains devant sa bouche en une frayeur sans nom. Ce fut à ce même instant que son tout petit voulut lui rappeler sa présence par de petits coups contre son ventre. En un sanglot, elle caressa son ventre. Elle laissa aller ses pleurs. Lentement, sa main libre serpentait au sol et finit par retrouver le poignard. Elle l’agrippa. À hauteur d’yeux, Octavia l’observa longuement se rappelant que … Que le métal ne brûlait pas. Tout était perdu. On soupçonnerait alors Caïus de meurtre. Il était, pourtant, innocent.

- Le métal ne brûle pas …

Se disait-elle sans arrêt déglutissant pour tâcher de calmer ses nerfs à vifs. C’était après une énième fois qu’elle prononça ses mots l’idée lui vint enfin. Gracieusement, mais tremblante Octavia se leva – poignard en main – et alla retrouver son coffre à parfum et poudres de toutes sortes sur un petit meuble coquet. Maladroitement, ses mains tremblaient, douloureuses. Octavia déverrouilla le coffre et en sortit tout le contenu pour y enfouir le poignard. Un tissu de couleur rouge par-dessus puis, vint tout le reste du contenu. Comme si ces gestes l’avaient calmé, ce fut d’une dextérité toute autre qu’Octavia verrouilla le coffre entendant enfin des bruits sur ses arrières.

- Désolée … Si tu refuses de me revoir, je comprendrais.

Avoua-elle étrangement froide sans pour autant se retourner. Oui, elle était désolée. Désolée de vivre dorénavant en veuve d’Atius. Elle allait devoir éduquer son enfant et … Un jour lui révéler la vérité. L’héritier d’Atius la tuerait pour avoir tué son paternel. La respiration soudainement bloquée dans sa gorge pour cause de sanglot qui refusaient de sortir par cette fierté, Octavia ramena les mains contre son ventre. Oh ! Que lui dirait-elle à ce petit être ?

- Que … Que fait …

Sanglota-elle incapable de tenir plus ses larmes. Elle avait bien tenté de paraître froide, forte, mais la jeune fille n’en fut plus capable.


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Patricien
Sam 11 Oct - 19:02
Re: [Rome, -49 av. JC] Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens ₪ Octavia    




Caius Licinius Murena
₪ Arrivée à Pompéi : 19/06/2013
₪ Ecrits : 1081
₪ Sesterces : 163
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Legat / Edile de Pompéi

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₪ Citation: No matter how right a man may be, they always find the fallen one, guilty.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Octavia, toujours.
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Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens
Octavia Licinia Camilla & Caius Licinius Murena




Rome, An 747 AUC
veille des Ides de Mars

Ses yeux froids, sans vie, me contemplent avec obstination. Accusateurs. D’un geste vif, je rabats le dernier pan de tissu par-dessus le visage de marbre d’Atius. Son corps tout entier est enfin empaqueté. Je laisse les deux esclaves se charger de la macabre tâche de le porter tandis que je joue les éclaireurs.

La progression de notre funeste convoi est rendue chaotique par la pluie qui tombe sans discontinuer depuis des heures maintenant et comble de flaques les ornières entre les pavés. Du sol, la brume s’élève et enveloppe nos ombres d’un couvert certes protecteur, mais terriblement angoissant. Qui sait qui pourrait surgir d’une de ces ruelles ? Les hommes des cohortes urbaines patrouillent à toute heure du jour et de la nuit. S’ils nous découvrent maintenant, alors tout sera vain…
A chaque seconde, je jette un regard nerveux par-dessus mon épaule pour m’assurer que les deux esclaves s’attachent à avancer dans l’ombre, et dans toutes les autres directions afin d’être certain qu’aucun œil indiscret n’est là pour se rendre témoin de notre forfait.

Lorsqu’enfin le Tibre tumultueux se fait entendre, je sens un poids délester mon cœur. Les esclaves déposent le corps de leur maître sur le sol pavé. Je garde un esclave prêt de moi pour m’aider à retirer notre linceul –comment expliquer que des bandits délesteurs de bourses aient pris le temps et la peine d’une telle entreprise ?-, j’intime à l’autre d’un geste du menton :

-Je crois avoir entendu un bruit, va voir…

Je lis la crainte dans ses yeux qu’il baisse immédiatement. La crainte de moi. Je sais qu’il obéira et reviendra, sans tenter de fuir ou d’alerter la plèbe. Je me tourne vers celui qui s’affaire déjà à retirer les nœuds autour du corps d’Atius. Lui en revanche… Tandis qu’il s’active, il verse des larmes chaudes.
Cela devrait peut-être m’émouvoir, d’autant que ma culpabilité est grande, mais au contraire cela m’irrite. Il n’aurait jamais su se taire et feindre l’ignorance. Ses tremblements menacent ma vie, celle d’Octavia. Et finalement la sienne.
Moi Caius Licinius, je n’ai pas traversé ce que j’ai traversé, vécu ce que j’ai vécu, enduré ce que j’ai enduré pour me faire vendre par une langue servile. Pour tolérer ou pardonner la faiblesse.

Je suis concentré sur mon ouvrage en cet instant comme je ne l’ai jamais été sur rien d’autre. Je prends le poignard d’Atius à sa ceinture pour couper méthodiquement sa bourse, afin de rendre crédible la petite scène imaginée d’une embuscade nocturne, qui constitue notre unique défense.
J’enlève également ses bagues, son collier et tout autre objet de valeur que je peux trouver. Sans l’aide de l’esclave, je fais rouler le corps du préfet jusqu’au bord du quais qui sert à amarrer les bateaux des pêcheurs fluviaux, et le laisse tomber dans le Tibre.

Un instant, je crains que le courant ne l’emporte pas mais il semble que les éléments soient finalement de mon côté ce soir, et il suffit un remous, un peu plus fort que les autres. Je regarde jusqu’au bout le corps de mon mentor s’éloigner au gré du courant, emporté par les eaux noirs du fleuve. De ce crime dont je ne suis pourtant pas coupable, je sais pourtant déjà, ici et maintenant, que j’en porterais toujours la marque.

J’ai laissé le trouble s’insinuer en moi et un sanglot de l’esclave à côté de moi, qui se couvre maintenant le visage avec les mains, me tire de cet instant d’égarement. Mes doigts se crispent un peu plus autour du manche du poignard que je tiens. Tout à son deuil, il ne voit pas le coup venir. Droit au cœur. Il ne crie pas, vacille et s’effondre de lui-même dans le fleuve.

Le corps de l’homme n’est pas encore hors de vue lorsque j’entends son comparse qui revient. Il s’arrête aussitôt qu’il me voit seul, surpris. J’anticipe sa question :

-Une fois que ce fut fait et que je lui ai donné son or, il a préféré partir. –puis je tends en sa direction la bourse d’Atius lourdement chargée- Voilà ton dû.

Alors qu’il s’en saisit et s’apprête à laisser s’échapper un remerciement, son regard s’attarde sur mon autre main qui tient nerveusement ma lame. Ensanglantée.

Un froncement de sourcils de sa part et je comprends ma bévue. Et lui, mes intentions. Il fait volte-face et se rue vers la ville dans l’espoir de s’échapper pour sauver sa vie. Je bondis en même temps que lui et ma main trouve ses cheveux. Je m’y agrippe avec force, quitte à les lui arracher. Son hurlement se mue en râle lorsque mon poignard vient trouver sa gorge et l’entaille de part en part.
Son corps s’effondre sur les pavés comme une poupée de chiffon, face contre terre. Le cœur battant, je n’ai plus la force de le jeter au fleuve lui aussi. Je titube, haletant, et laisse glisser la lame sur le sol à côté de lui.

Je ne rentre pas tout de suite retrouver Octavia. Il me faut faire une dernière chose d’abord. A quelques insulae de là, je croise la silhouette d’un pauvre bougre, recroquevillé pour se protéger de la pluie, endormi sous un porche :

- Tiens, mon brave…

Lorsqu’il sera retrouvé quelques jours plus tard, après enquête, il aura beau arguer pour sa défense, qu’un homme encapuchonné dont il n’a vu le visage lui a donné la bourse contenant ces richesses avant de s’évanouir dans la nuit, il ne trouvera personne pour le croire.

***

JLorsque la vieille esclave ouvre, je devine à son air qu’elle est surprise de me voir seul. Je tressaillis. Voilà un détail que je n’ai pas su anticiper… Qu’importe, je la dépasse et m’engouffre dans la demeure sans attendre qu’elle m’ouvre la voie. Le maître de maison n’est plus à craindre.

Alors que je pénètre dans la chambre d’Octavia et qu’elle m’attend les épaules et la tête basses, je constate qu’elle a fait place nette. Rien ici, sinon le trouble de la jeune épouse. La pâleur de sa voix me saisit le cœur, tandis que je m’approche d’elle, non plus fougueux et passionné comme je l’ai été il y a encore quelques heures, mais bien ralenti par la gravité de nos gestes respectifs.
Je la saisis par les épaules et plonge mon nez dans ses boucles brunes pour me laisser envahir par son parfum. Comme l’ambroisie qui nourrit les Dieux, mon cœur reprend de son courage alors que mes poumons s’emplissent de sa fragrance.

-Comment le pourrais-je alors que je te suis redevable de la vie ? Si ce n’était le corps de ton mari qui s’était étendu là, ç’aurait été les deux nôtres. –je love ma joue contre la sienne et mes yeux se perdent dans le vide, ma voix s’éteint peu à peu- C’est moi qui doit réclamer ton pardon. Tu as fait ce que j’aurais dû faire, moi…

J’aurais aimé libérer la conscience d’Octavia de ce fardeau pour le perdre sur moi. Lors que nous n’en parlions que comme d’un sombre projet, il était évident que la tâche m’incomberait et je m’étais efforcé de faire taire les réticences qui me rongeaient. En vain. Peut-être que si j’avais montré plus de courage et de sang-froid…
Alors que je la tiens tout contre moi, je sens le corps d’Octavia être secoué de spasmes et de sanglots incontrôlables. Sans libérer mon étreinte, je me place face à elle.

-Pleure, mon amour, si cela te libère… Mais tu dois me promettre, maintenant et pour toujours, que ce larmes sont les uniques et les dernières qut tu verseras au souvenir de ce soir. Tu le dois. Pour nous. Promets le moi, Octavia…

Mes yeux fixes et fermes cherchent la promesse entre ses cils collés de larmes et dans ses yeux rougis. Quoi qu’il advienne, personne ne doit jamais savoir. Où il en sera fini de nous. Et cela je ne le permettrais pas.

A ce propos, il reste une dernière chose à faire. Mon regard se porte au-delà de l’épaule d’Octavia, sur la petite femme replète qui se tient docilement à l’entrée de la chambre de sa maîtresse, elle qui a souvent servie d’entremetteuse dans nos rencontres clandestines. Une esclave proche d’Octavia, je le sais, pour qu’elle lui confie une si périlleuse mission. Le dernier témoin de cette funeste soirée. La dernière langue à pouvoir encore parler et accuser.
Je crois qu’Octavia a deviné mon regard qui s’attarde et peut-être les intentions qui l’accompagnent. J’étends ma main vers la petite table remise en place où se trouvent un pichet rempli de vin miellé et deux coupes. Je les remplis toutes deux généreusement du savoureux liquide. A l’abri du regard de l’esclave mais au vu de la domina, j’enlève une bague d’un de mes doigts sur lequel brille un flamboyant grenat.

L’œil attentif saura déceler une minuscule charnière à l’ouvrage, juste en dessous de la gemme taillée. Le bijou dissimule en effet un petit réservoir rempli de poudre de cyanure. J’en ai appris l’effet salutaire auprès de mes compagnons d’armée pour une mort rapide plutôt qu’une lente agonie ou une capture entre les mains des Barbares. A présent que je fréquente les cercles politiciens de Rome, je lui ai découvert d’autres vertus.
Alors que je m’apprête à l’ouvrir et à répandre son contenu dans la coupe destinée à l’esclave, j’arrête mon geste et regarde Octavia, avant de lui tendre la bague.

-Toi… C’est à toi de le faire.

Mon regard d’acier ne se veut pas dur mais il est inflexible. Oui, il le faut. Je veux qu’elle me prouve la force que je perçois en elle. Mieux, qu’elle se la prouve à elle-même. Elle doit le faire sans trembler, sans un remord, sans un regret.
Elle doit verser le contenu du poison dans la coupe destinée à son esclave et la convaincre de boire, sans rien laisser paraître de son trouble. Je pourrais le faire, moi, bien sûr, comme je me suis débarrassé du corps de son mari et comme j’ai éliminé déjà deux témoins. Mais je veux qu’elle sache s’affranchir de sa peur, de ses doutes et de sa culpabilité. De tout ça, il ne doit jamais être question lorsqu’il s’agit de survie.

Aucune trace. Jamais. 


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Lun 27 Oct - 3:48
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Caïus Licinius Murena ∞ Octavia Licinia Camilla
Le plus sombre des secrets noue le plus étroit des liens
Il avait été long avant de revenir dans la chambre. Octavia avait même pensé qu’il l’abandonna et la trahie. C’était bête de penser cela de Caïus. Ce meurtre avait même été pensé par les deux amants. Il aurait été inconcevable de le voir disparaître de sa vie … La trahir à son cousin … La voir saigner, déchiqueté dans les sables de l’arène. Alors, tous ses muscles se tendirent et son échine la fit frissonner recouvrant son corps de la chair de poule. Comment pouvait-elle encore jouir du contact de Caïus après ce qu’il se fut passé ? Était-elle si forte que cela ?

Octavia était bien en peine de le penser. Ses yeux ne pouvaient pas s’empêcher à s’embuer de larmes coulant jusqu’à en mouiller son cou. Son esprit aimait la torturer d’images barbares d’elle dans l’arène. Pire, elle se prenait maintenant à voir Caïus entouré de ces lions … Et ses qualités de guerrier n’arrivaient même pas à venir à bout des fauves. Ses épaules sursautaient aux sanglots rejetés sans lui demander la permission. Octavia voulut le sauver lui. S’il mourrait, son geste ne vaudrait plus rien. Sa joue contre la sienne la fit presque sourire.

- C’est moi qui l’aie fait.

Articula-elle ces quelques mots sans trop comprendre comment ils réussirent à se mêler aux sanglots, aux larmes pour se rendre à Caïus. Il voulait porter ce blâme, elle voulait le sauver. Il ne devait donc pas porter ce blâme ayant été la victime, son amant, celui que Venus semble avoir conçue pour elle. Elle se sentait telle une poupée se laissant retourner et tombant agréablement dans la force de ces yeux. Ce ne furent pas uniquement ses mots. Tout son être démontrait une puissance bien malgré la jeunesse de l’homme. Étrangement, à ce moment même, Octavia imaginait Caïus en un puissant homme d’état. Peut-être était-il là une vision du futur. Elle prit alors une grande inspiration et se força à sécher ses larmes de ses mains doucement et sans un geste brusque ou trop déplacé. Un léger hochement de tête répondit à Caïus. Mêlée entre amour, désespoir et cette envie de vivre Octavia reprit une autre inspiration pour tâcher de faire cesser pour de bon les sanglots. Alors, son regard tomba finalement sur son esclave. Elle faillit lui sourire. N’ayant pas été capable de le faire avec Caïus, l’esclave dut voir là une drôle de grimace. Elle suivit docilement des yeux son amant et … Ses mains se portèrent à son ventre alors comme pour se soustraire à ce qui allait se passer. Elle le savait parfaitement et cela bien avant de voir la bague de l’homme.

Octavia et cette femme étaient amies. La jeune fille se liait souvent d’amitié avec les esclaves de son père lorsqu’elle était enfant et adolescente. Cela ne changea point avec ceux de son mari. Les deux femmes avaient été si proches. Il y avait eu un temps elle permettait à l’esclave de partager sa couche. Elles avaient alors des ébats sexuels. Cette femme devait mourir sinon … Sinon, ce serait peut-être Caïus qui mourrait. Vous saviez tous déjà qu’Octavia refusait cette idée, son geste ne vaudrait plus rien son amour mort. Octavia déglutit lorsqu’elle vit devoir le faire. Il la testait ? Pourquoi ? N’avait-il pas confiance en elle ?

Probablement pas. Déçue et agacée, elle savait pourquoi néanmoins. C’était de sa faute en somme. Elle était faible. Naïve, amicale et un peu trop innocente pour jouer dans la cour des grands et des complots. Elle déglutit et s’avança à grande enjambée élégante toujours dans son plus simple appareil. Octavia prit doucement la bague et … Un instant, on crut que Saturne arrêta le temps. « Caïus » songea-t-elle comme si c’était la réponse tant attendue. Elle versa finalement le cyanure dans l’un des deux verres dûment identifié mentalement. Octavia semblait alors déterminée et froide. Ses pensées l’avaient subitement quitté.

- La soirée a été longue. Toi, viens nous rejoindre … J’ai besoin de toi près de moi.

Dit-elle à la femme de manière toute innocente malgré la froideur se voulant être dégagée. Son cœur battait tout de même plus fort. Octavia vit son amie avancer jusqu’à eux. Elle sourit et montra les coupes sur la table.

- Je te remercie d’être restée près de nous et d’avoir eu confiance en nous. Merci. Grâce à toi, ce plan est devenu notre victoire.

L’esclave se courba docilement un sourire polie aux lèvres croyant parfaitement que sa maîtresse – son amie – tâchait de cacher ses émotions. Octavia porta son regard en Caïus souhaitant qu’il prenne la deuxième coupe rendant le tout plus crédible. Elle prit alors la coupe avec le cyanure pour la porter à ses lèvres. Elle feinta de boire et la passa à son amie. Toutes deux se partageaient toujours les boissons, le vin, l’eau même voir les fruits, la viande. Sans ménagement, son amie en avalant presque la moitié. Aussitôt, les traits d’Octavia se tendirent. « Non ! » Tu en as pris beaucoup trop songea-elle. Presque rien ne se perçut de son trouble hormis cet air grimaçant lorsqu’elle la vit chanceler. La coupe tomba et se brisa éclatant jusqu’à frôler un orteil de la patricienne. Elle en caressa son ventre détournant le regard vers son amant pour prendre appui dans sa sa force.

- Octavia … Que … J’ai mal au ventre … Que … Pourquoi ?

Bégaya-elle abasourdie. La concernée inspira un grand coup pour tâcher de regarder … Un peu. Sans sourire. Froide. Jamais plus un esclave ne sera alors proche d’Octavia Camilla.

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