Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Patricien
Mer 7 Mai - 22:03
Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




Pompeia Septima Aurea
₪ Arrivée à Pompéi : 17/03/2013
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₪ Côté Coeur: who needs a heart when a heart can be broken ?
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Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire.


« Versuitius n’a-t-il pas eu d’objections ? » Inspectant les plats richement garni de nourriture, la jeune patricienne profitait de l’occasion pour discuter avec Themis des derniers détails de la soirée qu’elle avait organisée pour des amies. « Non pas de tes talents pour convaincre les gens » ajouta-t-elle à l’adresse de son esclave personnelle, sous-entendant là que c’était vis-à-vis du laniste que la jolie brune avait des réserves. Certes, sans doute aurait-elle pu se rendre elle-même chez cet homme pour lui demander de lui prêter son champion, ou plutôt LE champion de Pompéi, comme distraction pour sa petite soirée au lieu de laisser son esclave s’en charger, mais n’aurait-ce pas été accorder à cet homme bien plus d’importance qu’il ne le méritait ? Peut-être que la Murène était prêt  à fermer un œil sur l’insulte qu’il leur avait fait lors du Dies Lustricus en offrant à la femme de la maison, à une parente du princeps des crèmes faite par une simple assistante d’un médecin de ludus, mais sa fille l’était bien moins. Et s’il n’avait tenu qu’à elle, elle aurait préféré engager un des combattants du ludus adverse, comme elle avait pu le faire à de nombreuses reprises depuis son arrivée à Pompéi. Malheureusement pour elle, son père semblait tenir à son alliance avec Sextus malgré tous les désagréments que celle-ci avait pu lui apporter dans le passé, ne laissant pas le choix à sa fille. Tant pis. Au moins de cette manière, elle pouvait se vanter de toujours avoir le champion actuel à ses fêtes…
Voyant une silhouette enfantine passer non loin d’elle avec une carafe emplie de vin, la jeune femme mit un terme à la conversation qu’elle avait eu avec Themis. Après tout, s’il y avait une personne qui ne la décevrait sans doute jamais, c’était bien cette dernière. Elle pouvait compter sur elle, que ce soit dans ses complots ou dans des affaires bien plus anodines, comme veiller au bon déroulement de la soirée. Si elle pouvait se fier aux capacités de celle que beaucoup croyaient être la fille bâtarde de la murène, ce n’était pas tellement le cas pour la petite fille brune qui se tenait non loin d’elle. « Toi, viens ici » l’interpella-t-elle. Examinant l’enfant de la tête au pied, la jeune patricienne se rappela de la première fois qu’elle avait vu Flavinia. Elle n’avait été qu’une esclave parmi tant d’autres ce jour-là, et pourtant, la fillette maigrichonne et apeurée de l’époque avait eu quelque chose qui avait interpellé Domitia et l’avait poussé à acheter cet enfant esclave dont personne ne voulait. Mais quoi ? Même maintenant, plusieurs années plus tard, la jeune femme était toujours incapable de dire ce dont il s’agissait. Désormais la petite fille avait grandi, et pourtant, Domitia avait souvent l’impression de revoir de revoir l’enfant apeuré qu’elle avait ramené de marché d’esclaves. S’adoucissant un peu, elle rajouta « Veille à ce que les coupes soient toujours remplies. Et j’espère qu’il n’y aura pas d’accidents cette fois-ci. » Comment oublier la fois où l’enfant avait par mégarde renversé un peu de vin sur une des invitées ? Un incident certes peu grave, et pourtant, c’était exactement le genre de maladresses qu’elle espérait bien ne pas voir répétées. « Ne me déçois pas » ajouta-t-elle comme mise en garde, avant de faire signe à la jeune esclave de retourner à son travail. « Veilles sur elle, je ne désires pas d’accidents aujourd’hui » dit-elle à voix basse à l’intention de Themis.

La jeune femme se retourna en entendant de légers bruits de pas. « Laelia ! » Un sourire se dessina sur le visage de la jolie brune tandis qu’elle traversa la pièce pour attraper le bras de sa tante. « Tu arrives à point nommé. Il me semble avoir oublié quelque chose, mais je semble incapable de trouver ce dont il s’agit… Peut-être saurais-tu me dire ce dont il s'agit ? » Le vin, la nourriture, les sièges… tout semblait être préparé, et pourtant… Doucement, elle secoua la tête comme si cela lui permettrait d’oublier cette impression. « Je suis contente que tu aies décidée de te joindre à nous » finit-elle par changer de sujet, avant de rajouter d’un air innocent « Le nouveau champion de Pompéi sera également parmi nous ce soir. » L’amour de Laelia pour les gladiateurs était connu par tous les Licinii, et une petite voix dans la tête de la jeune femme se demandait si ce n’était pas justement une des raisons qui avaient poussées sa jolie tante à rester à la domus au lieu d’accepter d’autres engagements. Ou alors restait-elle pour la surveiller ? Qui sait. Mais au final, cela n'avait que peu d'importance aux yeux de Domitia : elle n'avait rien à cacher. Du moins ce soir. « Domina, votre première invitée est arrivée. » La voix douce d'une des esclaves de la domus vient couper court à la discussion entre tante et nièce. « Et bien qu'attends-tu?! Fais la entrer » répliqua la jeune femme sur ton sec, trahissant son impatience.


They call me child
THEY CALL ME WEAK
OH BUT SWEETHEART I AM A GODDESS

adoptez la bitch-attitude Lunettes:
 
Jeu 8 Mai - 0:57
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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il n'y a pas de hasard...
il n'y a que des rendez-vous
qu'on ne sait pas lire






« Il aurait été idiot de sa part d’objecter quoi que ce soit sachant de qui tu es la fille. Il semble plus intelligent que cela. Il tient simplement à ce qu’on lui restitue son titan sans égratignures »

Et l’esclave n’ajouta mot puisque déjà, sa maitresse passait à autre chose, mais le petit sourire voilé qui plissait la commissure de ses lèvres pleines trahissait sans mal ses pensées. Vu le nombre de donzelles prévues au programme de la soirée, l’esclave ignorait si ce pauvre bougre de Gladiateur réussirait à sortir indemne de cette petite sauterie mondaine. C’était une chose de faire jouer ses muscles et de faire gicler le sang face à d’impitoyables adversaires, mais c’en était une autre que de faire face à une horde de femelles en chasse. Themis lui souhaitait d’être aussi doué dans les salons que sur le sable.

Quoi qu’il en soit, tout était prêt, et si comme souvent, sa jeune et bien aimée maîtresse en doutait, ce n’était pas son cas. Ainsi donc, elle abordait cette soirée avec un calme confiant et l’assurance d’un travail bien fait. Il aurait été bien honteux de sa part qu’il en soit autrement. Il en allait de la réputation de sa Domina après tout, et elle se montrait bien trop intransigeante à ce propos que pour se laisser le luxe de la moindre maladresse laxiste.

L’esclave délaissa pourtant bien vite ces pensées lorsque Flavinia vint se planter devant elles, sa cruche de vin dans les pates. Le petit sourire voilé qui avait habité son visage jusque là se mua en rictus moqueur tandis que Domitia évoquait les précédentes maladresses de la gamine. Comme elle se tenait droite dans le dos de leur maîtresse, l’aînée des deux esclaves en profita pour adresser une petite grimace à la cadette qui, face à la Patricienne, se trouvait dans l’impossibilité de répliquer ni même de sourciller. Elle était si soupe-au-lait que c’en était devenu un sport pour Themis de la titiller jusqu’à ce que colère s’en suive. Elle trouvait cela très drôle, sans songer un seul instant que Flavinia entretenait peut-être un avis contraire…

En tout cas, elle fut bien aise de se voir chargée de veiller sur elle ! En se parant d’un masque innocent, elle s’inclina doucement pour Domitia.

« Ce sera fait Domina »

Et plutôt deux fois qu’une !
D’ailleurs, dès que celle-ci eut le dos tourné et la tête affairée à ses invitées qui arrivaient, Themis se précipita vers Flavinia, un bout de langue entre les dents d’un air mauvais. Arrivée à sa hauteur, elle lui pinça méchamment l’épaule avant d’arborer un petit sourire des plus victorieux.

« T’as entendu ça moustique ? Pas d’gaffes cette fois ! Où j’te rosserai moi-même. J’irai chercher le martinet du Dominus et tu le sentiras passer ! » cracha-t-elle avec une hargne si marquée qu’il était pratiquement impossible de savoir si elle était sincère ou tentait tout juste de faire marcher la petite. Sûrement l’ignorait-elle elle-même.

C’était gratuit et méchant bien sûr, mais c’était bien là tout le désopilant de la chose n’est-ce-pas ? Cela étant dit, elle se redressa pour croiser les bras sur sa poitrine en n’arborant plus qu’une petite moue neutre sans plus aucune animosité, ses menaces envolées tout comme les moqueries.

« Pour tout te dire je suis un brin déçue. Je trouve que le précédent champion avait bien plus belle allure que celui-ci ! Pas qu’il soit désagréable à regarder, mais Priam, c’est quelque chose ! Pwah, je ne vois même pas pourquoi je te dis cela, tu n’y connais rien toi, en Gladiateurs ! Tu rate quelque chose tu sais ? Tu t’en apercevras ce soir … » prophétisa l’esclave sans le savoir, terminant la réplique d’un petit haussement de sourcil arrogant.



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Jeu 8 Mai - 15:07
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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« J'y veillerais. »

Un ordre donné se devait d'être suivi à la lettre bien que son erreur lors d'une précédente soirée, était liée à un idiot qui l'avait bousculé au moment où elle s'appliquait dans son service. Et si l'invitée tenta de sauver la face, une erreur commise ne pouvait être défaite. Le destin l'avait une nouvelle fois conduite à servir les coupes de vin afin dé brider leurs esprits. S'ils s'amusaient de cette manière, qu'il en soit ainsi. L'enfant baissa le haut de son corps vers l'avant, laissant ses yeux traîner sur le sol pour marquer son obéissance et son respect avant de partir un peu plus loin. La présence des deux oiseaux de mauvais augures au même endroit, ne lui inspirait guère confiance. Une paire d'yeux semblaient se tourner dans sa direction et la fixer. Sa longue chevelure ébène et ses yeux clairs ne trompaient personnes. Elle faisait partie des méfiances à conserver sous peine d'y brûler ses ailes. Bien vite, sa silhouette féminine, arrivait à ses côtés. Une vive douleur la fit sursauter, délaissant quelques gouttes du breuvage, tapisser le sol. Son visage s'était tourné, au même moment dans sa direction, affichant alors un air des plus neutre. Les menaces toujours des menaces, l'enfant n'en avait que faire. Son corps ne lui appartenait pas, son nom fut choisi en deux minutes par de parfaits inconnus et sa vie n'avait que peu d'importance. Dans ces conditions, il lui était bien égale d'être enfermée dans une pièce de trois mètres carrés, de ne pas manger pendant une semaine ou encore de connaître les cicatrices affligées par un morceau de bois recouvert de lamelles de cuir.

« Je ferais de mon mieux si personne ne vient compliquer ma tâche. »

Sous entendu, un membre lambda de l'assemblée, qui faute de vin à se mettre dans la panse, chercherait à démunir l'enfant de son bien afin de le vider comme il boirait de l'eau de source, ou encore une esclave aux idées malveillantes, qui chercherait à jouer de son autorité. Au choix. Tant que les deux propositions n'étaient jamais mises en œuvre. Le ton s'apaisait peu à peu pour laisser place à un sujet qui lui était difficile d'apprécier. Les gladiateurs. Ils auraient la visite, ce soir, du nom scandé par le tout Pompéi après avoir déchue de son trône, le précédent champion de l'arène. Ses dents se serrèrent lorsqu'elle apprit cette information, elle qui pensait ne voir qu'une horde de filles de bonne famille jacasser sur les derniers commérages à la mode.

« Tu veux dire qu'il va y avoir un gladiateur ce soir ? Ici ? Ce soir ? Je ne rate rien à ne pas les connaître. Leurs spectacles sont inintéressants. »

Ses mains se refermèrent plus fortement sur la carafe qu'elle tenait entre ses doigts, faute de pouvoir montrer sa colère intérieure qui bouillonnait de plus belle. Alors c'était donc cette présence qui accorderait du prestige aux Licinii ce soir. Tant qu'il gardait ses distances, tout se passerait dans les meilleures dispositions. Sans quoi, elle ne saurait assuré un service impeccable le concernant. L'enfant se concentra de nouveau sur Thémis qui venait tout juste d'agir comme une supportrice d'un ludus adverse.

« Tu pourras très certainement lui échanger quelques mots et choisir la réputation que tu souhaites lui donner. Si tu veux bien m'excuser, je dois m'occuper de ma tâche. »

Et si la jolie esclave réussissait à la monopoliser une bonne partie de la soirée tout comme les invités présents ce soit, ce serait une bonne nouvelle pour Flavinia. Au moins, elle n'aurait pas à observer un duel de gladiateur en temps réel. S'excusant pour se défaire de son épine dans le pieds, la jeune esclave avança en direction de Licinia afin de lui servir un verre de vin ainsi qu'à Laelia qui se trouvait à ses côtés. Elle s'éclipsa par la suite pour s'approcher du premier visage de cette soirée qui n'appartenait pas au Licinii, proposant ainsi.

« Du Vin ? »

Sa carafe en main, l'enfant attendait patiemment d'effectuer son premier tour. En cuisine, il lui serait donné autant d'alcool qu'il serait nécessaire. Les moyens de cette famille, ne cessaient de l'étonner.
Sam 10 Mai - 14:46
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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    Les occasions mondaines étaient légions à Pompeii. Licinia Cornelia Laelia ne s'en plaignait pas; la jolie veuve appréciait tous ces moments où il était question de paraître à son avantage et de jouer à la perfection le rôle que la vie -et que soi-même- nous avait atttribué. Elle-même, depuis qu'elle était veuve- ne se faisait pas prier pour jouer le rôle de femme quelque peu joyeuse, qui n'hésitait pas à goûter aux différents plaisirs proposés par les Dieux sur cette terre. Bien entendu, elle veillait à ce que cela s'arrête à quelques petites rumeurs sans importance: il n'était pas dans les intentions de Laelia de faire ressurgir un quelconque scandale sur sa famille. Ainsi, si elle aimait particulièrement les apparitions publiques, elle avait toujours veillé à ce que cela ne puisse pas nuire à ceux qu'elle aimait. De fait, si il y avait eu le début d'un problème, Laelia aurait veillé à ce que celui-ci éclose dans l'oeuf immédiatement.

    Toutefois, quand Laelia était mise devant une occasion mondaine qui lui permettait également de soutenir sa famille, la jeune femme n'hésitait pas. Sa jeune nièce, Licinia Domitia, qu'elle aimait tendrement, avait désiré organisé une petite fête entre jeunes femmes de bonne famille et elle avait inclus dans son invitation sa tante, qui bien qu'elle ne soit plus de première jeunesse, semblait toujours être capable de s'adapter parfaitement à ce genre d'événements. Et elle avait accepté d'autant plus facilement qu'elle savait qu'il y aurait la présence de Remus, le gladiateur triomphant des épreuves qui avaient lieu quelques jours plus tôt. Laelia était fascinée par les gladiateurs, elle devait bien l'avouer et elle n'aurait donc pas refusé cette invitation sans une raison qui soit particulièrement valable. N'en ayant pas, elle accepta donc de se rendre avec plaisir à cette invitation.

    Vêtue d'une toute nouvelle tenue qu'elle avait choisi avec Xara et coiffée avec grand soin par son esclave, Laelia fit son entrée, rejoignant sa chère nièce qui devenait décidément maîtresse dans l'art de l'organisation d'événements … Après le Dies Lustricus de la petite Gaïa, c'était désormais comme une habitude. Cela plaisait à Laelia qui pensait que sa nièce se sentait ainsi investie d'un rôle et d'une mission suffisamment intéressante. Souriante, elle posa avec douceur sa main sur le bras de la jeune fille. “-Domitia, tu es superbe !”. La jeune fille semblait légèrement inquiète et Laelia n'hésita pas à l'encourager avec douceur. “-Je suis certaine que tout sera parfait … Tes talents d'organisatrice font décidément des merveilles, ces derniers temps.

    Tandis qu'elle disait cela, le regard de la jolie rousse passait néanmoins en revue la salle, essayant de voir si sa nièce avait réellement des raisons d'être inquiète. Toutefois, rien ne la frappa et elle revint donc vers Domitia avec un large sourire. “-Tout me semble en ordre … As-tu prévu suffisamment d'esclaves pour le service ?” La question n'avait rien d'intrusive, Laelia essayait juste de rassurer Domitia en lui montrant qu'elle avait songé à tout.
    La petite remarque de sa jolie nièce sur le gladiateur ne manqua pas d'amuser Laelia. Elle savait que ses goûts en la matière était connu et ne s'en offusquait pas. A quoi bon s'inquiéter de ce genre de choses ? Elle n'avait absolument pas honte d'apprécier les jeux. C'était bien évidemment tout ce qu'elle avouerait en public et il n'y aurait nul mention d'un goût particulier pour les jolis corps musclés des gladiateurs. De fait, son amitié avec Antiope montrait bien qu'elle n'en avait pas que pour la sensualité de ces hommes qui se battaient dans l'arène, loin de là. C'était leur courage plus que leurs corps qui plaisaient à Laelia, même si évidemment, elle n'aurait pas négligé les seconds.

    Toutefois, elle n'eut pas besoin de répondre, une esclave annonçant l'arrivée des premières invitées. Parfait. Laelia eut un sourire, s'apprêtant à souhaiter la bienvenue dans la demeure des Licinii, avec toute la complaisance nécessaire. Un verre de vin à la main, Laelia attendait le début des festivités, sans plus se soucis de ce qui pouvait se tramer en cuisine ou dans le quartier des esclaves. Hormis Xara, elle n'avait que peu de relations avec les esclaves de son frère.

Dim 11 Mai - 11:26
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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-Comment je suis ? Demanda Saxa à l'intention de Philéos, son esclave personnel.
-Tu es parfaite Domina ne t'en fais pas. Presse toi, sinon tu vas finir par être en retard. Répondit-il, un large sourire sur le visage. Il savait sa maîtresse stressée et s'en amusait même. En effet, cela faisait longtemps que Saxa n'avait pas été invitée à ce genre de soirée. Trop occupée à s'occuper de son fils et les rumeurs l'avaient forcé à s'isoler. Mais pour son plus grand plaisir elle avait été invité chez les Licinii et plus particulièrement par Licinia Domitia. Voilà un bout de temps qu'elle ne l'avait pas revue et c'était l'occasion pour les deux amies de se retrouver.

Vêtue d'une longue tunique rose pâle, elle termina d'ajuster sa coiffure, se regarda une dernière fois dans le large miroir et souffla un bon coup. Elle était stressée oui, voilà longtemps qu'elle n'était pas sortie le soir, laissant son fils. Clemens lui non plus n'avait pas l'air d'avoir envie de voir sa mère partir. Le petit bout d'homme restait accroché aux jupons de sa mère, la mine boudeuse. La jeune blonde, un sourire tendre aux lèvres le prit alors dans ses bras. Voir son fils aussi triste lui fendait le cœur mais elle avait aussi très envie de sortir, et de reprendre enfin une vie normale. A son oreille, elle lui souffla donc quelques mots doux, lui promettant de venir l'embrasser dès son retour. Puis, à contrecœur, elle le confia à Philéos. Celui-ci lui promit de veiller sur lui. Elle n'avait pas peur et faisait entièrement confiance en son esclave.

S'enroulant dans un étole assortie à sa tenue, Saxa finit par sortir. En quelques minutes la voilà déjà arriver à la villa des Licinii. La demeure était encore silencieuse, signe que la petite soirée n'avait pas encore débutée. Cette constatation soulagea la jeune blonde qui avait horreur d'arriver en retard. Entrant dans la maison, elle déclina son identité auprès d'une esclave qu'elle suivit. Une petite fille portant une cruche de vin s'approcha d'elle.

-Volontiers, merci. Répondit-elle doucement. La vue d'esclaves aussi jeunes lui faisait tout le temps quelque chose car elle imaginait tout le temps Clémens à leur place. Si jamais on apprenait qu'il était l'enfant d'un gladiateur, à coup sûr subirait-il le même sort. Rapidement, elle balaya cette pensée de son esprit, sourit tendrement à la jeune fille et partit rejoindre Domitia et Laelia.

-Quel plaisir de vous revoir toutes les deux ! Déclara t-elle en se rapprochant d'elle et les embrassant toutes deux. Je te remercie pour l'invitation, dit-elle à l'intention de Domitia, un grand sourire aux lèvres, c'est tout juste ce dont j'avais besoin.

Jeu 15 Mai - 17:44
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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Il n'y a pas de hasards...“ Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire ”




La nouvelle m'emplissait de joie. Elle venait d'arriver de Rome et mettait enfin un terme à l'effroyable culpabilité que j'éprouvais depuis mon départ de la capitale ; mon vieux père me demandait d'accueillir mes neveu et nièce à Pompéi et de prendre soin d'eux, la maladie ayant eu raison de sa dernière épouse. Ne me restait plus qu'à obtenir l'accord du tribun qui partageait désormais ma vie, mais j'étais confiante. Le convaincre était nécessaire dans ce cas de figure. Nous nous parlions peu et n'avions pas de réelle raison de nous apprécier l'un l'autre, mais j'avais déjà plus d'une fois senti chez lui une grandeur d'âme peu commune aux hommes de ce pays. Ainsi, j'étais presque certaine qu'il serait sensible au devenir de ces deux petits patriciens privés de leurs parents et presque voués à eux-mêmes. J'userais en tous les cas de tous mes talents pour qu'il les accueille au sein de sa maison.

« Calliope, nous partons ». J'annonçai mon désir de nous mettre en route à mon esclave personnelle, qui m'accompagnait toujours, afin qu'elle le transmette au cortège qui nous mènerait jusqu'à la villa de Diomède. Ainsi, j'étais on ne pouvait plus encline à aborder la soirée avec bonne humeur et légèreté. Je n'étais pas particulièrement friande de ces invitations mondaines, bien que j'y sois habituée de part mon rang et la réputation que mon géniteur avait à conserver. Je n'étais ni apeurée, ni mal à l'aise en société, simplement, j'arrivais très vite à m'ennuyer. Il m'était difficile de me passionner pour les conversations de mes congénères -essentiellement composées de commérages, et ma lassitude se devinait parfois. Mais, cette fois, je me devais de me comporter avec la plus haute distinction. C'était ma première sortie depuis mon arrivée à Pompéi ainsi qu'une première occasion à saisir ; j'allais y rencontrer des femmes importantes de la cité, me familiariser avec la noblesse pompéienne et m'en faire connaître, et surtout, j'allais en profiter pour renouer avec une branche non négligeable de ma propre famille : les Licinii.

L' invitation me parvenait de Domitia, l'aînée de Caius Murena. Hormis le demi-frère, Tiberius, je ne les avais croisés que peu à Rome, et pour cause ; de sombres rumeurs alimentaient les bouches au sujet du couple Licinius. En vérité, on en entendait très peu parler, mais j'avais suffisamment tendu l'oreille pour découvrir le pot-aux-roses. Ainsi, on soupçonnait Licinius et sa femme Octavia d'être responsables de l'assassinat de son premier mari, à savoir, mon oncle. Du moins, j'avais surpris mon propre père évoquer cette possibilité, et sa façon de se braquer violemment chaque fois qu'il était question de cette affaire, me laissait penser qu'il en savait bien plus qu'il ne voulait le dire. De la même façon qu'il restait secret à propos du décès de ma jumelle, et cet homme avait définitivement fini de me dégoûter par son silence. Je craignais qu'il soit lui-même impliqué dans ces faits sordides ; et j'étais bien décidée à découvrir jusqu'à quel point, la première étape consistant à obtenir des informations à la source : autrement dit, auprès des Licinii. J'avais conscience qu'il me faudrait du temps, beaucoup, et que peut-être je n'obtiendrais jamais de réponses. Mais j'étais déterminée à essayer. C'était toute une vie de mystères qu'il me fallait décrypter.

« Domina, nous sommes arrivés ». Je faisais confiance aux esclaves de Maximus qui m'avaient jusque là toujours bien servie. Comme j'étais encore rarement sortie, je laissai ces derniers m'indiquer l'une des plus riches demeures de Pompéi. Les lumières extérieures la baignaient d'une aura chaleureuse et accueillante, premier signe que rien n'avait été laissé au hasard dans l'organisation de cette soirée.

« Je tenais à offrir quelque chose à nos invités mais je craignais qu'un bien en provenance de la capitale ne soit déplacé » dis-je à l'attention de Calliope en m'avançant dans l'allée principale. « C'aurait été sous-entendre qu'ils n'ont pas les moyens d'y passer commande, n'est-ce pas ? » Tandis que ma servante acquiesçait, j'extirpais d'une bourse richement décorée, un bijou finement taillé. « Crois-tu qu'il plaira à Domitia ? » J'aimais les artistes, joailliers y compris. Et j'avais ramené de Rome une certaine collection de boucles, pendentifs et bracelets, créés par un jeune homme trop peu reconnu à mon goût. Son travail était plus délicat et original que celui de ses congénères, pourtant les pierres étaient aussi éclatantes et pures. « C'est un présent tout à fait personnel, Domina. Beau mais sans aucune prétention. Il conviendra parfaitement ». Satisfaite, je rangeai le bijou et le tendis à une jolie brune, esclave de la Maison, afin qu'elle l'offre de ma part à sa maîtresse quand le moment serait venu.

« Bienvenue à la villa de Diomède » Les gens des Licinii nous accueillirent à l'entrée du vestibulum et j'y laissai mes propres esclaves en retrait, Calliope y compris même s'il ne me plaisait jamais de m'en séparer.

Ma première réaction fut d'apprécier l'intérieur et sa décoration ; j'admirai même certaines œuvres avec insistance, trouvant un goût certain à mon hôtesse. C'était à mon sens agréablement surprenant.
« Domitia » ; enfin, je m'avançai vers la fille de Murena et la saluai comme il se devait. Je la remerciai poliment pour son invitation, la complimentait sur la décoration, et la laissai me présenter sa tante, que je ne connaissais absolument pas.
Près d'elles, je notai la présence d'une blonde ravissante, qu'il me semblait avoir déjà rencontré par le passé...



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Mar 20 Mai - 16:39
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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"Il n'y a pas de hasard...
Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire."

L’exhibition. Cela faisait partie intégrante du rôle du Champion. J’avais eu l’occasion d’être présenté et montré de cette façon lorsque j’avais été simple gladiateur mais cela était malgré tout resté très rare, bien plus rare qu’à présent. Je savais bien sûr qu’il s’agissait là d’une facette du titre de Champion à  laquelle je ne pouvais échapper et pourtant, je ne parvenais pas à m’y faire. M’entraîner au Ludus, aller fouler le sol de l’amphithéâtre, cela me convenait. Aller au marché avec Sextus, accompagner les praticiens qui avaient investi de l’argent dans le Ludus, être emmené à des soirées comme celle de ce soir, cela me convenait beaucoup moins mais je n’avais pas le choix. Je me devais de faire bonne figure quoi qu’il arrive : c’était nécessaire si je voulais garder mes privilèges qui n’étaient pas des moindres lorsque l’on y réfléchissait plus avant. J’avais finalement récupéré en pièce dans laquelle je vivais à présent, je n’étais plus dans une cellule et même si cela avait par la même occasion marqué la différence qui existait à présent entre moi et mes frères, j’avais été satisfait d’un pareil changement. Ne plus vivre derrière des barreaux me changeait l’existence ou plutôt, ma façon d’aborder l’existence et j’étais très reconnaissant à Sextus d’avoir fait cet effort-là pour moi. Qui plus est, cela me permettait de passer du temps seul à seul avec Serena et cela aussi j’en étais sincèrement reconnaissant même si nous ne faisions jamais que discuter et profiter de la présence de l’autre. J’ignorais de combien de temps j’allais encore avoir besoin avant d’oser lui parler des sentiments et du désir qui m'animaient. Il était certain que ces choses-là prenaient du temps, en particulier pour moi.

Ainsi, même si l’idée de cette soirée ne me plaisait guère j’allais m’en accommoder.

Dans une pièce à part, avec deux gardes à l’entrée, les esclaves étaient en train de nous préparer, Seth et moi, puisqu’il avait été le gladiateur choisi pour m’affronter lors de la démonstration que nous étions censés proposer.  Il allait s’agir là d’une première pour moi : la première fois que j’allais être le centre d’intérêt de tout un tas de personnes, la première fois que j’allais affronter Seth depuis notre combat des jeux, un combat que j’avais remporté.  J’avais craint la réaction de Seth par la suite mais tout s’était finalement bien passé et il m’avait, comme les autres l’avaient fait, félicité pour mon titre. Il était resté mon frère, mon ami, et c’était essentiel pour moi. Nous étions tous les deux silencieux alors que les esclaves s’évertuaient à nous rendre plus que présentables : des attentions auxquelles je n’étais pas habitué et qui me gênaient quelque peu, n’appréciant pas le contact des mains de ces femmes qui n’étaient rien pour moi sur ma peau. Je fronçai doucement les sourcils, une pensée désagréable venant s’insinuer doucement dans ma tête : il arrivait que des femmes de haute famille décident de profiter plus avant de la compagnie d’un gladiateur. On évitait d’en parler mais ça arrivait et tout à coup, je me mis à craindre qu’une femme ce soir ait ce désir car si cela arrivait, je ne serais pas en position de refuser.

Champion ou pas, mon statut d’esclave m’empêchait de refuser quoi que ce soit.

Les femmes quittèrent la pièce et je me retrouvai seul avec Seth qui ne tarda pas à me demander pourquoi j’étais aussi nerveux. Ainsi, ce n’était pas passé inaperçu pour mon ami. Je soupirai, reprenant place à ses côtés sur le banc en pierre : nous attendions à présent d’être appelés.

« Je n’aime pas ça. » lui dis-je d’un ton las et sombre qui ne me ressemblait guère. « Être exhibé de cette façon. Ça nous ramène trop à notre condition. Là, on nous montre bien que nous ne sommes rien d’autre que des morceaux de viande à leurs yeux. Champion ou pas. » m’empressai-je d’ajouter avant que Seth ne m’interrompe.

J’étais le Champion oui, mais preuve était que même si cela m’apportait des avantages, j’en restais un esclave comme les autres. Seth posa alors une main amicale sur mon épaule et esquissa un petit sourire avant de baisser la voix et de me parler de ma fille. Ce fut sur mes lèvres qu’un sourire se dessina alors car même si je détestais ce genre de soirée, c’était bel et bien à de telles occasions que je pouvais espérer voir ma fille ou peut-être juste entendre parler d’elle. Je gardais espoir, toujours, je n’avais pas abandonné et il était possible oui qu’elle accompagne sa Domina ce soir et ce, d’où qu’elle vienne. Ce n’était cependant pas sûr du tout. En premier lieu, il fallait que ma fille soit toujours en vie et mon cœur avait beau me le crier, ma raison commençait doucement à douter. En second lieu, même si elle était toujours en vie, encore fallait-il qu’elle appartienne (par tous les Dieux que des mots pareils me brisaient le cœur) à une famille praticienne des environs et ça aussi je commençais à en douter puisque les recherches n’avaient pour le moment rien donné. Peut-être que la fouine de Marcus cherchait trop loin ? Pas assez loin ? C’était l’inconnu, le néant total. Je ne savais pas. Si elle était morte, aurais-je préféré le savoir ? Oui. Cette absence de savoir concernant son destin commençait à me peser.  Je finis malgré tout par hocher doucement la tête.

« Peut-être que ce soir sera le bon. » lui répondis-je, essayant de me convaincre moi-même de la véracité de mes propos.
« Debout ! »

La voix du garde venait de retentir, agressive, cinglante, comme à l’ordinaire en fait. Seth et moi nous redressâmes au même moment.

Plus vite cela allait commencer, et plus vite cela serait terminé.



© charney

Patricien
Lun 2 Juin - 17:18
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




Pompeia Septima Aurea
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Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire.


La jeune patricienne rigola à la remarque bien placée de son esclave. En effet, Versutius aurait été idiot de lui refuser ce petit service qui  était finalement avantageux pour les deux parties : après tout, le laniste n'allait pas se plaindre de la petite bourse rempli qui lui sera tendue en échange, n'est-ce pas ? D'autant plus qu'en ce moment, les Licinii devaient compter parmi ses meilleurs sources de revenus grâce à la murène qui semblait prendre un malin plaisir de se pavaner aux côtés du nouveau champion de Pompéi... "Idiot en effet." déclara-t-elle, avant d'accorder son attention à l'enfant qui se tenait non loin d'elles. L'esclaves à qui elle devait certains incidents au cours de ces dernières fêtes... rien de vraiment grave, si ce n'était le coup du vin renversé sur la stola d'une jeune patricienne. A ce souvenir, la jolie brune était bien incapable de ce décider si elle devait rire en pensant à l'expression sur le visage de cette peste de Cincinnata, ou si au contraire, elle devait grincer des dents puisque cet incident l'avait obligé à s'excuser auprès de cette femme... Il n'y avait qu'à espérer que Flavinia avait appris de son erreur, et que de tels incidents ne se reproduiraient pas. Qui sait, peut-être qu'il aurait été plus sage que de demander à Laelia si elle consentirait à lui prêter Xara pour la soirée ? Non, [ub]sa[/u] soirée, et elle ne voulait pas devoir un service à qui que ce soit, même pas à sa tante. D'ailleurs, en parlant du loup, c'était pile le moment que sa tante choisit pour faire son entrée. Un sourire aux lèvres, sa main posé sur le bras de sa tante, elle rendait le compliment à Laelia. "Et pourtant, tu me dépasses une fois de plus de loin." Approchant ses lèvres des oreilles de son interlocutrice, elle murmura : "Heureusement qu'il n'y a pas d'hommes parmi les invités, ils n'auraient d'yeux que pour toi, et ce serait ô combien cruel pour nous autres" La voix de la jeune femme était sérieuse, et pourtant, il n'était pas difficile de voir en ses yeux étincelants à quel point elle s'amusait de la situation. Bien que ces paroles pouvaient certainement être vu comme une taquinerie, cela ne changeait rien au fait que la jeune femme considérait sa tante comme étant une des plus belles femmes qu'elle connaissait. "Themis, Flavinia,..." commença la jeune femme, énumérant les esclaves chargés de les servir ce soir, ajoutant encore les noms de trois autres esclaves de la domus. Cinq esclaves, sans compter que chacune des patriciennes invitées viendrait certainement accompagnée d'au moins un esclave... il ne risquait donc pas d'avoir de soucis à ce niveau là. "Sans doute est-ce le stress qui me fait douter, je veux que cette soirée soit parfaite" ajouta-t-elle, un léger sourire sur les lèvres. "Je ne sais pas si l'on peut réellement parler de talents d'organisatrice, mais je dois avouer que je prends un certains plaisir à organiser ces petites soirées." Son sourire s'agrandit lorsqu'elle rajouta d'une voix plus basse en faisant un clin d'oeil à sa tante. "En revanche, je ne suis pas certaine que père y prenne autant plaisir." Après tout, c'était la murène qui voyait son argent disparaitre lentement dans ce genre de distractions auxquels sa fille aînée avait sans doute un peu trop prit goût. Pourtant, pour l'instant, il ne disait rien, se contentant de hausser les sourcils devant les dépenses de Domitia... des mimiques que la jeune femme préférait ignorer.

L’arrivée de la première invitée mit un terme à cette discussion mi-sérieuse, mi-amusée entre les deux femmes. Un sourire satisfait se dessina sur le visage de l'hôtesse de la soirée en voyant qu'à peine entrée,on avait déjà proposé à la jeune femme blonde de quoi se rafraîchir. Flavinia devait être déterminée à être au-delà de tout reproche ce soir. Était-ce la mise en garde de Domitia qui avait eu cet effet, ou plutôt ce que Themis avait pu lui dire derrière le dos de sa domina ? La jeune femme haussa les épaules. La cause n'avait finalement que peu d'importance, tant que le résultat était là. "Ma chère Saxa, le plaisir est réciproque, cela fait bien trop longtemps." salua-t-elle son invitée d'une voix chaleureuse. Quand l'avait-elle vu pour la dernière fois ? Cela avait du être à Rome, sans doute à une fête, mais elle était bien incapable de se souvenir à laquelle. "Je suis heureuse si cette modeste soirée pourra te distraire" rajouta-t-elle, un sourire aux lèvres. "Je crains néanmoins que cela sera bien différent des soirées à Rome..." Puis, un sourire malicieux dessiné sur le visage, elle rajouta ".. bien que Pompéi peut également offrir quelques distractions forts agréables." Ces "distractions" dont elle parlaient, c'étaient bien entendu les deux gladiateurs qu'elle avait loué de Versutius pour la soirée, mais il était encore hors de question de le dévoiler. Pas tout de suite du moins. "Dites moi ma chère amie, quelles nouvelles de Rome ?" Bien que Domitia commençait à s'acclimater à sa nouvelle vie à Pompéi, elle n'avait pas perdu espoir de pouvoir retourner un jour à la capitale. Mais pour l'instant, elle allait devoir se contenter des récits que d'autres pouvaient lui faire. La jolie brune aurait voulu interroger Saxa au sujet de leurs amis communs restés à Rome, mais son attention fut attiré par une autre patricienne qui s'approchait d'elle. Atia Pia. Ou plutôt, Atia Aquillia Pia, comme elle s'appelait depuis peu. A vrai dire, Domitia ne savait que peu sur elle, les rares choses qu'elle savait, elle les avait entendu par l'intermédiaire de Tiberius qui parlait de sa cousine en termes élogieux. Des mots qui, bien qu'innocents, avaient réussi à éveiller la curiosité, et même la jalousie de Domitia. L'invitation qu'elle lui avait envoyée n'était donc nullement anodine, au contraire, elle désirait apprendre à connaitre cette femme. "Pia." l'accueilla-t-elle, un sourire aux lèvres. "Je suis heureuse que tu aies pu te joindre à nous. J'ai toujours regretté que nous n'ayons jamais eu l'occasion de faire plus ample connaissance, puisque nous sommes presque de la même famille." En réalité, il n'existait bien sûr aucun lien de sang entre les deux femmes, aussi éloigné qu'il soit. Leur seul "lien" était par l'intermédiaire de Tiberius. "Connais-tu déjà ma tante, Licinia Cornelia Laelia ? Et voici Nemetoria Livia Saxa, elle est elle aussi arrivé de Rome récemment pour rendre visite à sa cousine, Ovidia, l'épouse de Tacitus. Mais peut-être vous êtes vous déjà rencontrées ?" Sans réellement attendre une réponse, la jeune patricienne ajouta à l'adresse de sa tante et de Saxa. "Pia est la cousine de Tiberius, et vient tout juste d'épouser le tribun Lucius Aquillius Maximus. Il me semble que tu le connaisse Laelia ?" Les pater familias des Aquilli et des Licinii étaient des alliés en politique, si bien que ce nom n'était certainement pas étranger à Laelia. Domitia fit discrètement signe à Flavinia de s'approcher et de proposer du vin à son invité, quelque peu agacée par le fait de devoir rappeler à la jeune esclave de faire son travail. Invitant ses invités à prendre place sur les banquettes, elle en profita pour glisser quelques mots à voix basse à Themis : "Fais les rentrer". 'Les' étaient bien sûr Seth et Remus, les deux gladiateurs qu'elle avait loué pour la soirée. Un sourire se dessina sur le visage de Domitia lorsque quelques instants plus tard, une des portes s'ouvrit, et les deux gladiateurs apparurent dans l'entrée, escortés par deux gardes au service de Murena. "Versutius a eu la gentillesse de nous laisser le champion de Pompéi et le fameux égyptien pour nous distraire."

Spoiler:
 


They call me child
THEY CALL ME WEAK
OH BUT SWEETHEART I AM A GODDESS

adoptez la bitch-attitude Lunettes:
 
Sam 14 Juin - 17:35
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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Ce soir son service serait irréprochable. Une paire d'yeux la surveillait d'un peu trop près à son goût. Il n'était pas question, ce soir, de lui donner entière satisfaction. L'idée même de devoir répondre à ses caprices l'ennuyaient déjà. Non qu'elle n'était pas habituée mais il était temps de commencer à penser à ses propres plans. La voix douce d'une patricienne, la sortit de son état de somnolence. Ce sourire appréciable devenait un inconvénient dans le regard de l'enfant, incapable de répondre positivement à ce type d'attention qui lui était porté. Ses mains se contentèrent de diriger sa carafe vers le verre de l'invité et le lui remplir à bonne hauteur. Après quoi, son visage se dirigea vers le bas en signe de politesse tendis que ses jambes se tournaient déjà pour gagner un recoin de la salle. Disparaître pour que son existence ne soit pas une gêne pour la maison qui l'abritait depuis quatre années. Pourtant, sa petite frimousse observait la salle ainsi que les nouvelles invitées qui passaient le pas de la porte. Deux esclaves s'étaient avancées pour les saluer et ranger leurs affaires personnelles dont elles n'auraient plus besoin le temps de cette soirée. Toujours habile dans leurs mouvements et totalement insipides. Des esclaves bien entraînées, et dont la simple existence n'avait que peu d'intérêt. S'il lui fallait grandir de cette manière, elle préférait encore la mort que de devoir s'abaisser à de telles demandes. Pour le moment, elle se contentait seulement de rester stoïque. Son repos ne fut que de courte durée, car bien vite, sa domina lui fit signe de venir rejoindre le groupe et lui glissa un ordre qu'elle ne pouvait refuser. Flavinia s'exécuta, s'approchant de la patricienne à la longue chevelure ébène afin de lui servir le breuvage auquel elle avait le droit. Pas une goutte ne fut portée à l'extérieur du verre. Sans ajouter mot, l'enfant s'excusa auprès du groupe d'un léger signe de tête pour se positionner le long d'un mur. Son visage s'était tourné en direction des banquettes, qui, une à une, se voyaient accompagnées de magnifiques silhouettes, sculptées des plus belles pièces de tissus de l'empire. Sans parler des nombreuses décorations qui ornaient oreilles, cou, poignets et chevelure, à la hauteur de la bourse de leur mari ou de leur famille. A cette simple observation, ses sourcils se froncèrent. Sa lèvre inférieure fut mordue entre ses dents pour s'empêcher une remarque déplacée. Elles pouvaient bien profiter de leur statut, les dieux se chargeraient de punir leur comportement. L'enfant y croyait fortement.

Un silence s'installa devant l'annonce de sa domina. Les deux gladiateurs étaient invités à entrer afin de les divertir durant cette soirée. Des gladiateurs. Des vrais gladiateurs. Ces hommes qu'elle avait à chaque fois réussi à éviter, seraient présents dans la même pièce qu'elle, de quoi déclencher un frisson qui se baladait de bas en haut de sa colonne vertébrale. Pourtant son visage restait tout à fait neutre. Seul son regard se noircit un peu plus. De petits cris hystériques provenaient de ses collègues qui posèrent leurs mains sur leurs lèvres tout en s'extasiant l'une vers l'autre de voir apparaître deux légendes d'un ludus. Certes, leurs noms étaient connus du tout Pompéi, cependant, la jeune esclave ne les connaissait guère. Il lui était même impossible de déterminer lequel des deux venaient tout juste d'être proclamé champion de l'arène. "Allez vous vous taire ?" Elle attendait simplement que Thémis réalise la tâche qui venait de lui être confiée, collant son dos contre le mur car la prochaine tâche qui serait confiée lui donnait déjà des sueurs froides. L'enfant le savait, une seule demande sa domina lui serait faite sur le service de ses invités, tout ces invités, même les esclaves nommés au rang de gladiateur. Pourtant leur condition de vie, devait bien ressembler à la sienne en quelque sorte. L'heure de la découverte venait de sonner. Le premier gladiateur présent dans son champ de vision, possédait un teint basané et une carrure en faire pâlir plus d'un. Un corps taillé en "V", une musculature des plus développées, sans parler de sa taille gigantesque surtout devant la sienne d'un mètre trente cinq. Ses yeux s'écarquillèrent par la surprise,elle reconnaissait l'aspect plutôt impressionnant de cette silhouette qui l'effrayait. En comparaison avec celui qui l'accompagnait, il semblait plus imposant, elle se prit à penser que le champion ne pouvait qu'être que ce titan. Ses doigts se resserrèrent sur sa carafe, les forçant à rester droit et non tremblant par la peur qu'elle ressentait à ce moment présent. Elle les détestait c'était viscérale. Ils avaient leurs mains entachés par le sang de leurs camarades et des condamnés à morts conduits dans l'arène pour divertir le peuple. Ils étaient des meurtriers. Peut être que l'un d'eux exécuta son père. Elle n'en savait rien, préférant les considérer comme son bourreau peu importait leur identité. L'une des esclaves souhaitaient prendre en charge son travail afin d'approcher les colosses d'un peu plus près. Néanmoins, Flavinia refusa l'offre même si elle lui enlèverait le poids qui s'était installé sur ses épaules. Cette facilité lui vaudrait les foudres de plusieurs regards qui l'observaient. Faute d'échappatoire à sa disposition, l'enfant finit par remplir deux verres qu'elle déposa sur un plateau tenu fermement entre ses mains. Ses pas s'avancèrent dans la direction des deux gladiateurs sans pour autant parvenir jusqu'à eux. Elle se positionna simplement sur leur chemin. Ainsi, s'ils le souhaitaient, ils auraient tout le loisir de s'emparer d'un des verres à disposition sans qu'elle n'ait à leur adresser le moindre mot en retour.
Dim 29 Juin - 11:09
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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    Les divertissements, Laelia les appréciait. C'était une jeune femme qui avait appris que la vie était suffisamment difficile pour acquérir tout le loisir qu'elle pouvait, lorsqu'elle en avait l'occasion. Oui, décidément, Laelia ne crachait pas sur ce genre de choses. Souriante, donc, elle s'était apprêtée avec soin pour participer à cette petite fête organisée par sa nièce. Elle était assez fière d'avoir été conviée et que sa nièce la voit comme une amie autant que comme un membre de sa famille. Elle veilla cependant à ce que Domitia soit en mesure de réussir ce qu'elle s'était mis en tête et n'hésita pas une seconde à la questionner notamment sur les esclaves qui étaient prévues pour aider à la soirée. Hochant la tête, elle comprit que Domitia excellait désormais dans l'art des célébrations. “-Tu vois, aucune raison de douter: tu sembles avoir pensé à tout!” Sa nièce parla ensuite de son père qui ne semblait pas ravi de voir sa fille organiser tant de réceptions. Laelia eut un petit rire. “-Allons, ne t'inquiète pas, ma douce, je suis certaine qu'il est heureux de te voir si bien t'intégrer ici-bas.” En effet, Murena avait besoin d'autant de soutiens et de contacts que possible et il n'était pas sans savoir l'importance des femmes pour ce genre de choses.

    Alors qu'elle parlait à Domitia, Laelia aperçut bien vite des connaissances parmi les quelques personnes invitées et elle s'en réjouit tout à fait: comment ne pas apprécier de voir la silhouette de Saxa se profiler dans la villa des Licinii ? La jeune femme était pour elle une amie et elle n'hésitait donc jamais à la recevoir. “-Je suis fort aise de te voir ce soir, Saxa ! Comment te portes-tu ?” Les questions fusaient et la conversation commençait à prendre autour d'elles. Laelia, Domitia et Saxa faisaient un charmant tableau, qui fut bientôt complété par Pia. C'était visiblement une amie de Domitia, mais Laelia devait bien avouer ne pas bien la connaître. A ce qu'elle en savait, Tiberius et cette femme avaient des liens de sang, ce qui lui fut confirmé par la remarque de la jolie Domitia.

    C'était donc la femme de Lucius Aquillius ! Les connexions se firent immédiatement dans l'esprit de Laelia: elle connaissait bien Lucius et l'aurait volontiers épousé elle-même, si elle l'avait pu … Mais c'était donc visiblement un homme déjà marié. Sans regrets ni remords, Laelia accueillit paisiblement la nouvelle venue. “-Je connais en effet l'époux de Pia. J'ignorais qu'il se fut marié, néanmoins. Félicitations !” Elle était sincère, en vérité. Après tout, Lucius et elle, cela n'aurait sans doute pas pu fonctionner et elle espérait trouver mieux.

    Alors que la discussion continuait, Thémis semblait apporter la surprise de la soirée: un fameux gladiateur que Licinia Domitia présenta. C'était un champion qui méritait tous les honneurs et Laelia était heureuse d'avoir l'occasion de le voir de plus près. Elle appréciait les Jeux et donc par ricochet, les gladiateurs sans trop savoir qui de l'un ou l'autre, elle préférait. Patiente, elle se tourna donc vers l'endroit où cet homme devait apparaître, tout en disant à sa chère nièce. “-Quelle chance, Domitia ! Un tel champion chez nous !” Il était connu que Laelia appréciait énormément les gladiateurs … Quelques rumeurs disaient même qu'elle appréciait tout autant les corps à corps entre gladiateurs que ceux qu'elle s'accordait avec eux. Heureusement, toutefois, cela n'était que de vagues rumeurs.


Mar 8 Juil - 17:06
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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"Il n'y a pas de hasard...
Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire."

Il était temps d'assurer le spectacle : c'était pour cela que Seth et moi étions là ce soir. J'avais beau ne pas aimer jouer à ce jeu, il m'était nécessaire de le faire alors, ce fut le visage impassible que je me montrai aux invités. Nos mains étaient pour l'instant enchaînées et lorsque nous nous arrêtâmes devant l'espace vide où nous allions nous combattre, tous les regards se tournèrent vers nous. La maîtresse de la maison annonça qu'elle avait réussi à obtenir le Champion de Pompéi ainsi que l'égyptien pour les distraire. D'une façon presque imperceptible, un petit sourire naquit sur mon visage car, j'avais beau ne pas aimer me donner en spectacle de la sorte en dehors du sable de l'arène, entendre ces mots de la part de la praticienne éveillait une certaine fierté en moi : j'étais le Champion et elle était heureuse d'avoir réussi à pouvoir se vanter de ma présence ce soir. C'était nouveau mais très agréable d'entendre de tels mots me concernant. Mon regard balaya l'assemblée, observant les convives qui nous observaient avec intérêt, il me sembla même percevoir une pointe d'admiration dans certains regards se posant sur moi. Je ne pouvais qu'être fier du chemin que j'avais parcouru et je relevai légèrement le menton, décidé à faire honneur au titre que j'avais. Je continuai à observer les invités et lorsque finalement mon regard passa sur une petite silhouette, mon cœur manqua un battement. Ce petit sourire qui avait fait l'ombre d'une apparition sur mes lèvres disparut complètement et je mis à fixer l'enfant : elle était de dos mais la couleur de ses cheveux, sa taille... Cela correspondait. Cela correspondait parfaitement. Mon cœur se mit à battre plus vite mais ce n'était rien comparé à la façon dont il devint complètement fou quand l'enfant se retourna avant de s'approcher avec un plateau à la main.

Flavia.

Je clignai plusieurs fois des yeux afin de m'assurer que je n'étais pas en plein rêve mais elle ne disparut pas. Elle s'arrêta à une certaine distance de nous, nous permettant d'aller nous servir si nous en avions envie et d'ailleurs, Seth ne manqua pas d'aller récupérer une coupe. Lorsqu’il fut de nouveau à ma hauteur, en me voyant pétrifié, il s'arrêta. Son regard alla de moi à Flavia puis d'elle à moi et il n'eut pas besoin de me demander quoi que ce soit : il avait compris. Il connaissait l'existence de ma fille et pour que j'eusse une pareille réaction, il ne pouvait que s'agir d'elle. Il se replaça à côté de moi et m'intima de rester calme. Il me connaissait parfaitement bien : il savait que j'étais à deux doigts de foncer vers elle pour la prendre dans mes bras. Rester calme... Comment rester calme ? Elle était là, à quelques mètres de moi. Cet espoir qui m'avait animé n'avait pas été vain : ma fille était vivante et elle servait les Licinii ici, à Pompéi. Un sourire naquit sur mes lèvres et très vite les larmes me montèrent aux yeux. Seth m'intima une nouvelle fois de me calmer dans un murmure mais je n'eus pas besoin de suivre son conseil car ma joie, mon bonheur, mon euphorie et mon soulagement disparurent rapidement en observant Flavia car quand son regard croisa enfin le mien, il ne fut que terreur si bien qu'elle le détourna. J'eus l'impression de sentir un terrible poids se nicher dans mon cœur : elle ne me reconnaissait pas et elle avait peur de moi. Mes épaules s'affaissèrent et je détournai le regard, me mettant à fixer le vide droit devant moi.

Comment avais-je pu être aussi stupide ? Comment aurait-elle pu me reconnaître ? Elle avait été si jeune quand nous avions été séparés et j'avais beaucoup changé... Cependant... Oui, j'aurais voulu qu'elle me reconnaisse. J'avais mal. Terriblement mal.

« Elle ne me reconnaît pas... » murmurai-je tout bas à Seth quand il murmura mon nom, s'inquiétant apparemment de mon changement subit d'attitude.

Il n'eut cependant pas le temps de me répondre quoi que ce soit car on annonça le début du combat. Les gardes vinrent défaire nos chaînes et nous donna un glaive à chacun : la démonstration allait se faire sans bouclier ce soir. Ce fut d'un pas lent et quelque peu absent que j'allais me placer au centre de l'espace dédié à notre combat. Je relevai mon regard pour le poser sur Flavia qui nous observait toujours avec horreur et cela me brisa encore plus le cœur. Tout ce chemin que j'avais parcouru avait été dans le seul but de la retrouver et voilà qu'à présent je n'étais plus qu'un étranger pour elle ?

« Commencez ! »

Je fermai les yeux un instant et pris une profonde inspiration avant de les rouvrir. Seth m'observait avec insistance : je n'avais pas envie de lever ma lame, pas envie de me battre. Je n'avais plus envie de rien. Il me fit un bref signe de la tête, me faisant ainsi comprendre que je devais me reprendre. Je restai sans bouger et finalement, ce fut lui qui se jeta sur moi. Je levai mon glaive pour parer son coup dans un geste automatique sans aucune envie de me défendre vraiment ni de lui rendre le moindre coup. Il amorça une autre attaque que je parai également sans y mettre le cœur. Nos lames étaient si proches que nos visages l'étaient également.

« Ne fais pas l'idiot ! » souffla-t-il avant de me donner un coup de pied dans les côtes qui me coupa la respiration.

Je mis un genou au sol et j'entendis les exclamations de notre audience qui visiblement n'appréciait pas ma prestation. J'eus un nouveau regard pour ma fille qui était pétrifiée et je fronçai les sourcils, ayant l'impression d'être plongé des années en arrière quand j'avais été jeté dans l'arène pour mon exécution. Ce jour-là, alors que j'avais été sur le point de mourir, elle m'était apparue. Elle m'avait sauvé. Aujourd'hui, elle était vraiment là et il était bien sûr terrible qu'elle ne me reconnaisse pas mais elle était vivante et je l'étais également et il me suffisait juste de réussir à me rapprocher d'elle, juste assez pour raviver ses souvenirs. Juste assez pour... La douleur dans mon flanc droit me fit détourner mon attention d'elle : Seth venait de m'entailler la chair. La blessure n'était pas trop grave mais malgré tout assez profonde pour faire couler le sang. Nouvelles exclamations de l'audience et je roulai sur le côté avant de me redresser. Mes doigts se resserrèrent autour de mon glaive : il était temps que je me reprenne. Mon corps entier était tendu et Seth esquissa l'ombre d'un sourire en voyant de nouveau la lueur danser dans mes yeux. Sourire que je lui rendis avant de fondre sur lui. Nos lames s'entrechoquèrent ensuite, les coups furent vifs et rudes. Aucun ne ménagea l'autre et chacun connaissait parfaitement le style de combat de l'autre. Ma vitesse avait déjà été de mon côté et ce soir, elle semblait l'être encore. Seth avait beau être plus grand et mieux bâti que moi, j'avais le dessus : ce soir encore j'avais le dessus. L'échange dura un moment, chacun encaissant les coups de l'autre même si rien ne fut fatal : le but était de distraire et non pas de se battre à mort ou même de blesser trop gravement. Ma lame alla se nicher dans son bras que j'entaillai avant de lui donner un coup de pied qui le fit reculer. Il fondit sur moi mais je plongeai en avant sur la droite pour faire une roulage et l'éviter. Lorsque je me retournai, j'élançai ma jambe pour frapper droit sur ses mollets et le faire plier. Le coup fut si brutal qu'il se retrouva à genou et j'allai me placer derrière lui, ma lame allant se placer sous sa gorge. Il releva son regard vers moi et esquissa un nouveau sourire que je lui rendis juste avant que les applaudissements ne retentissent. Mon regard se posa sur la maîtresse des lieux en cette soirée et rapidement, son bras se leva, rapidement suivi par son pouce qui ainsi accorda la vie sauve à mon frère même si cela n'était que du spectacle.

Quelques minutes plus tard, nos poignets étaient de nouveau enchaînés et nous étions de nouveau immobiles, à la vue de ces femmes qui, pour certaines, semblaient se délecter de notre présence. Moi, je n'avais d'yeux que pour Flavia qui semblait vouloir s'évertuer à ne pas trop s'approcher de nous. Je ne pouvais cependant pas risquer de trop attirer l'attention en allant chercher une coupe et en restant auprès d'elle pour essayer de lui parler. Alors, quand je captai une nouvelle fois son regard qui était malheureusement toujours autant effrayé, je lui fis signe d'approcher. Elle sembla hésiter longuement avant de se décider. Au fur et à mesure qu'elle approcha, mon cœur se mit à battre plus vite, ma respiration devint plus difficile. « Calme » murmura une nouvelle fois Seth et quand Flavia fut enfin arrivée à côté de moi, je me saisis de la coupe encore pleine tout en lui adressant un doux sourire.

« Merci beaucoup. » lui dis-je, en priant pour qu'elle reconnaisse ma voix. Un merci ne suffisait cependant peut-être pas. « Quel est ton nom ? » ajoutai-je donc. Je l'avais nommée Flavia mais ses maîtres avaient sans aucun doute décidé de l'appeler autrement.

Si seulement je pouvais faire disparaître toute trace de peur sur son visage. Si seulement je pouvais lire la joie de me revoir. Si seulement... Je pouvais la prendre dans mes bras et la serrer avec force. En avoir terriblement envie et ne pas pouvoir le faire était affreusement douloureux.





© charney

Mar 8 Juil - 21:46
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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Les réjouissances ne faisaient que commencer. A peine les deux titans sorties de l'ombre qu'ils se voyaient déjà ordonner de débuter un combat à la simple force d'un glaive. La faute à une audience qui appréciait fortement le cliquetis des armes blanches qui tressaillaient l'une contre l'autre. Aux yeux de l'enfant, il ne s'agissait que de barbarie. Un fait qui venait tout juste de se confirmer par les blessures qu'ils s'affligeaient à tour de rôle. Flavinia déglutit, le sang l'effrayait, la force l'effrayait, leur ferveur également. Son souffle se coupait par intermittence alors que ses doigts, meurtrit de temps d'ardeur, se refermaient d'avantage sur le plateau manquant de crier. La cruauté n'avait aucun sens alors comment s'extasier devant ce type de spectacle. Pourtant, lorsque son visage se prit à se mouvoir de quelques degrés en direction des patriciennes, elle n'eut pour réponse que de l'admiration pour ces hommes qui les divertissaient. Et dans un dernier effort l'un d'entre déposa sa lame contre la peau fine du coup du second gladiateur pour réclamer la mort ou la vie de ce dernier. Son visage se refusait à démontrer le moindres signe d'émotion, la froideur de son attitude la contrastait avec la peur qu'elle ressentait en l'instant présent. Seuls ses yeux trahissaient son ressentit, incapable de protester, incapable de s'échapper de cette scène qui lui donnait froid dans le dos. Son rythme cardiaque s'accélérait face à l'attente interminable d'une réponse de sa domina en faveur du gladiateur. Quant enfin son pouce s'éleva en direction du ciel, la lame brillante s'écarta de la jugulaire du basané et lui laisser la vie. Un soulagement extirpa la peur de ses entrailles, bien que l'envie de tous les voir disparaître résidait dans son cœur, il lui était impossible d'assister à leur perte. C'était trop dure et éreintant, au point de voir son visage perdre en couleur, la laissant livide. Il ne s'en fallut que d'un pouce pour voir la vie d'un esclave cessait sous le choix d'un grand de Pompéi.

Flavinia profita du moment pour retourner en cuisine afin d'ajouter à son plateau, plus de coupes bien remplies et les présenter ainsi aux invités. Après un spectacle riche en couleur, leur gorge serait sans doute sèche. Elle ne voulait pas se risquer à contrarier sa domina. Lorsque les coupes furent prêtes, une nouvelle fois l'enfant fit route dans la grande salle et d'un pas lent, se rapprocher des invités, tout en se gardant une bonne distance entre les gladiateurs et elle. Sauf que l'un d'entre eux lui faisait déjà signe. Ses yeux l'observaient un instant avant de s'incliner vers le sol puis se posèrent de nouveaux dans ses yeux clairs. Depuis le début de la soirée, elle sentit son regard insistant la mettant mal à l'aise. Il lui était inconnu, son visage ne lui disait rien, et pourtant, ses expressions se voulaient fragiles. Finalement, sa silhouette se déplaça dans sa direction pour diminuer le poids de son plateau en faveur d'une absence de dialogue. Il s'agissait tout du moins de ses premières intentions jusqu'à ce que l'homme, vainqueur de son duel, n'esquisse un sourire. Il était si rare d'entendre de tels mots, au vu de son rang d'esclave. La moindre tâche exécuté, restée normales aux yeux des autres qu'elles soient faciles ou bien difficiles pour son âge. Peu importait l'énergie qu'elle mettait, les paroles restaient froides et directives. Un chien, rien d'autres qu'un chien, attachés à ses maîtres, incapable d'aboyer au risque de ne plus manger. Pour la seconde fois de la soirée, un poids s'enlevait de ses épaules. Elle n'en oubliait pas pour autant son statut, n'affichant qu'un fin mélange de haine et de peur qui la paralysaient bien que les expressions cr son visage l'interloquaient. Pourquoi ses expressions lui semblaient elles familières ? Son nom semblait l'intéressé et pourtant un esclave restait pratiquement un numéro. Si l'envie de lui rétorquer "aucun" ne manquait pas, l'enfant finit tout de même par répondre à sa demande. "Flavinia." Un prénom proche de l'initiale bien qu'il ne comportait plus qu'un mot. "Un nom inutile hormis pour cette famille et leurs propriétés. Est ce que c'est toi le champion ?" Une phrase à peine audible que cette vipère de Thémis n'aurait pas réussi à distinguer.

Un nom restait un nom mais lorsqu'il est donné alors qu'elle venait tout juste de pleurer la mort de sa mère et de voir son père emportait par des soldats vers une mort certaine, ce dénominatif devenait une malédiction. La curiosité n'apportait que des ennuis, les ennuis conduisaient à des situations improbables qui la mettraient dans une mauvaise position mais puisqu'il venait d'engager la conversation, la jeune esclave se prit à penser à de nombreuses questions qui les concernaient.

"Est ce que les gladiateurs ressentent la douleur ?"

Ce corps était affligé de plusieurs cicatrices, certaines plus récentes que d'autres. Ses yeux glissèrent vers la blessure infligée à son flanc droit dont la marque fraichement imposée, restait rouge sang. Cette question semblait démontrer de l'inquiétude. Mais il n'en était rien. L'enfant les voyait à présent comme des dieux indestructibles tombés du ciel, tant ils l'impressionnèrent un peu plus tôt dans la soirée de par leur vitesse de déplacement ou la précision de leurs attaques, tout comme leur capacité à faire fit de leurs blessures et continuer à défendre leur vie avec la plus grande dextérité. Des êtres dont il était difficile de se débarrasser même avec l'entrainement d'un soldat en poste depuis plusieurs années. C'était ce spectacle qu'elle réussit à fuir à maintes reprises sans avoir à donner des excuses pour s'en absenter. Les autres esclaves de la maison Licinii se battaient presque pour y assister. Se désister n'en demeurait pas bien compliqué. Une fuite qui l'empêchait de voir un spectacle équivalent à l'exécution de son père dont elle n'arrivait plus à distinguer les traits de son visage. Seule, l'intonation déchirante de son prénom, restait ancrée dans sa mémoire et cette envie oppressante de partir à ses côtés. Il n'en fut rien. Aujourd'hui son visage refusait toute forme d'émotion, enveloppe vide de l'extérieur et colérique à l'intérieur qui n'attendait qu'une opportunité pour s'exclamer au risque que ce soit la dernière. Sa propre existence n'avait plus d'importance à ses yeux. D'où l'ambiance générale qui se dégageait de sa personne. Une nouvelle fois, elle observait les deux hommes l'un après l'autre avec attention.

"Resservez vous. Ce sera bien la dernière fois que je vous le proposerai."

Son ton se fit plus tranchant que jamais. L'enfant n'avait pas l'intention de s'éterniser auprès de ces deux silhouettes imposantes, trouvant d'ailleurs que la compagnie des patriciennes, oh combien compliquée dans leurs envies, seraient bien plus agréables que la leur. L'attention appréciable de Remus, n'avait pas réussi à la toucher, la faute à une haine sans fin qu'elle vouait aux hommes de sa condition.
Lun 11 Aoû - 15:03
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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"Il n'y a pas de hasard...
Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire."

« Flavinia. » La révélation me fit mal : mal au cœur, mal au corps, mal à l’âme. Tout comme moi elle avait perdu son ancien prénom, tout comme moi elle était devenue une autre. Pourtant, ce nouveau prénom était semblable à l’ancien, pas si éloigné que cela contrairement à moi. Aurais-je préféré qu’il soit complètement différent ? Dans un sens oui car en lui donnant un nom d’esclave proche de son ancien prénom, c’était comme la maintenir à cette ancienne vie qui était la sienne sans pour autant lui permettre de la vivre. C’était d’autant plus cruel en fait. Les mots que prononça ma fille ensuite me touchèrent en plein cœur de par leur dureté et aussi à cause du ton sur lequel elle les prononça. D’où venait cette froideur, cette distance et cette lassitude ? Elle était si jeune et pourtant, c’était là des mots d’adulte, un ton d’adulte… Mon cœur se fendit ainsi un peu plus encore car cette enfant qui était devant moi, elle était bien différente de la fille que j’avais laissée derrière moi et si elle l’était, c’était uniquement ma faute : ce poids serait toujours sur ma conscience, toujours. « Est-ce que c’est toi le Champion ? » me demanda-t-elle sur le même ton et je hochai doucement la tête pour lui confirmer que oui, j’étais bien le Champion. Que cela signifiait-il pour elle ? Avait-elle déjà assisté aux jeux ? Cette idée me révulsa : pour rien au monde je n’aurais voulu que ma fille n’assiste aux jeux, pour rien au monde je n’aurais voulu qu’elle soit témoin de tant de violence et de cruauté, pour rien au monde je n’aurais voulu qu’elle n’assiste à un de mes combats. Quelle image aurait-elle alors eu de moi ?

Il était cependant stupide de se poser une pareille question puisque mon image semblait déjà bien ternie aux yeux de mon enfant. Elle ne me reconnaissait pas. Elle ne se souvenait pas de moi. Pour elle, je n’étais qu’un gladiateur parmi tant d’autres et la question qu’elle me posa ensuite ne fit que confirmer cela : « Est-ce que les gladiateurs ressentent la douleur ? ». Mes yeux suivirent ceux de mon enfant quand ils vagabondèrent sur mon corps parsemé de nombreuses cicatrices. Pourtant, même si elle observait ces cicatrices, même si elle semblait curieuse de savoir ce que les gladiateurs pouvaient ressentir, elle-même ne semblait pas ressentir grand-chose. Quoiqu’en y regardant de plus près, il me sembla voir danser dans ses yeux une lueur mais pas le genre de lueur que j’aurais voulu voir dans les yeux de ma fille : était-ce de l’amertume, de la rancune, de la colère, un mélange des trois ? Très clairement oui et cela me fit froid dans le dos. Mon enfant avait tant changé… Pourquoi ? Pourquoi les Dieux n’avaient-ils pas été plus cléments que cela avec elle ? Pourquoi devait-elle payer ainsi les erreurs de son père ? Même si elle ne semblait pas être maltraitée, elle n’était pas heureuse. Je finis par détourner le regard, ne supportant plus de voir le sien qui était d’une froideur à glacer le cœur de n’importe qui. Je me mis à penser au moment où je l’avais perdue, où elle s’était perdue. Cela avait commencé quand mon frère avait abusé d'elle mais même à cette époque-là, je pouvais voir encore l’innocence et l’espoir dans ses yeux d’enfant. Malgré la douleur elle avait gardé sa douceur. Alors quand ? Cela s’était-il produit quand j’avais été arrêté devant ses yeux et quand elle avait été emmenée à son tour ? Sans aucun doute oui…

« Resservez-vous. Ce sera bien la dernière fois que je vous le proposerai. »

Je fermai les yeux un instant, ayant besoin de puiser de la force en moi pour ne pas m’écorcher un peu plus intérieurement en l’entendant parler de cette façon.  Seth pris la parole en premier et la remercia. Je rouvris les yeux pour le voir se servir et le regardai un instant. Il m’adressa un regard intense et hocha doucement la tête. Je savais qu’à sa manière il m’encourageait à poursuivre mais que pouvais-je ajouter ? Elle ne me reconnaissait pas et elle semblait détruite. Sans parler de la haine silencieuse qu’elle vouait aux gladiateurs (il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en apercevoir). Alors quoi ? Devais-je m’imposer à elle ? Devais-je tout lui dévoiler ? Et après qu’allait-il se passer ? Comment allait-elle réagir en réalisant que son père était vivant et qu’il était devenu une chose qu’elle détestait ? La situation ne serait-elle finalement pas pire ? Je tournai lentement mon regard vers elle et me rendis compte qu’elle me fixait toujours avec froideur, attendant apparemment que je daigne accepter cette nouvelle coupe de vin.

« Merci. » finis-je par murmurer avant de me saisir de la coupe de vin. Je la portai à mes lèvres mais fut incapable de boire la moindre gorgée et reportai rapidement mon attention sur Flavia. J’abaissai ma coupe mais ne la reposai pas sur le plateau : si jamais je posais la coupe, c’en serait terminé. Je savais que ma fille attendait de pouvoir repartir d’où elle était venue.

« On ressent la douleur. » terminai-je par dire en réponse à la question qu’elle avait posée quelques instants auparavant. « On apprend simplement à l’ignorer car si on y prête trop attention, cela peut nous être fatal. Quand on combat, on oublie tout le reste. Après par contre, tout nous revient. La douleur physique, la douleur du cœur et de l’esprit aussi. » ajoutai-je en soupirant.

Cette douleur-là, celle du cœur et de l’esprit, était bien pire que celle du corps, à mon sens en tout cas. J’observai mon enfant quelques instants en silence, hésitant : devais-je poursuivre, devais-je oser ?... Il ne me fallut que quelques secondes pour me décider : elle était là, devant moi, je ne pouvais pas la laisser repartir comme ça. Si elle devait me détester elle me détesterait mais il ne devait plus exister de non-dits ni de mystères. J’avais attendu et espéré trop longtemps pour reculer maintenant. Ainsi, je plongeai mon regard dans le sien et la fixai avec insistance et je savais qu'en cet instant mon regard était brûlant d’intensité : la douleur de l’avoir perdue mélangée au bonheur de l’avoir retrouvée le tout couplé à la crainte de la perdre de nouveau.

« Ce n’est pas ton vrai prénom. » terminai-je par dire. Ces mots, en soi, n’avaient rien d’étonnants puisqu’il était vraiment commun que les esclaves perdent leurs prénoms originels. Il me fallait en dire plus pour essayer de lui faire comprendre. « Tu t’appelles Flavia. » ajoutai-je donc, le cœur battant. « Ne vois-tu qu’un gladiateur quand tu me regardes ? Ne vois-tu rien d’autre ? » demandai-je le souffle court.

Mon ton était suppliant et il ne pouvait en être autrement. J’avais désiré la retrouver… Par tous les Dieux, j’avais tant désiré la retrouver mais à présent, plus que tout au monde, je voulais que sa mémoire soit ravivée, je voulais qu’elle se souvienne.

Je voulais qu’elle me revienne.






© charney

Sam 16 Aoû - 14:05
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Les coupes disparaissaient rapidement de son plateau, la laissant plus légère qu'à sa sortie des cuisines. Elle attendait patiemment que leurs coupes vides ne soient déposés de nouveau sur son bien afin de s'échapper de sa position et ainsi éviter toute conversation inutile auprès des gladiateurs; Pourtant, l'un d'entre eux semblaient particulièrement intéressés par la petite esclave sans qu'elle ne comprenne la raison de cet attachement. Il n'avait jamais vu d'enfants esclaves ? Ils n'étaient pas rare que de riches familles laissent leurs esclaves s'accoupler et donner naissance à de futures mains d'œuvres pour leur descendance. Le premier finit son verre rapidement mais le second tenait à prendre son temps. Son nez se fronça d'impatience, le fixant toujours avec une froideur non dissimulée. Il était donc le champion de Pompei, le plus fort des combattants de l'arène, ayant mis à mal tous ses adversaires pour obtenir le titre qui lui donnait des passes droit dans la maison des riches de cette citée. Elle n'arrivait pas à voir autre chose qu'une bête féroce qui se tenait droit tendis que son apparence actuelle contrastait avec cette idée. Il lui semblait anormalement humain et bien plus encore lorsqu'il répondit à sa question. « On ressent la douleur. On apprend simplement à l’ignorer car si on y prête trop attention, cela peut nous être fatal. Quand on combat, on oublie tout le reste. Après par contre, tout nous revient. La douleur physique, la douleur du cœur et de l’esprit aussi. » Ils n'étaient donc pas invincible. Seuls les dieux l'étaient. Oui seuls les dieux méritaient l'immortalité. Elle espérait qu'ils écoutaient ses demandes, bien que ses offrandes restaient minimes.

Ses pensées furent toutefois coupées par un regard porté à son attention, plus que tenace. Il s'en fallait de peu pour qu'elle ne détourne son regard par la pression exercée mais elle tenait bon. Son regard se posait dans ses yeux clairs, attendant la suite. « Ce n’est pas ton vrai prénom. Tu t’appelles Flavia. » Des paroles qui l'extirpa de son apparence insensible, laissant ses lèvres trembloter sans qu'un seul mot ne sache trouver la sortie. Il venait tout juste de donner son prénom ? Mais comment ? Qui ? Oui qui était il ? Personne ne connaissait ce nom sauf ses parents et ses anciens voisins. Sans parler de cette prononciation, qui la plongeait soudainement dans les tréfonds de sa mémoire. Elle se rappelait des ombres de ses parents qui l'interpellaient à tour de rôle. Et cette voix grave qui venait se fondre dans le souvenir traumatisant de sa séparation avec son ancienne vie au moment où son père était emportait par des soldats. Non, il n'avait pas le droit de remplacer ce souvenir. Pourquoi faisait il cela en plein milieu d'une pièce entouré de regards indiscrets. Elle ne voulait pas se souvenir de ce qu'elle avait perdu ni écouter le nom qui fut donné par deux personnes qui l'aimaient. Elle n'était plus l'enfant chérie par une famille mais une esclave nommée par un vendeur d'être humain. Son regard glissa sur le côté afin de s'assurer que ni sa domina ni Thémis n'écoutaient leur conversation. Ils ne connaissaient pas son identité précédente et ne souhaitait pas l'ébruiter.

Ses petits doigts ressaieraient d'avantage le plateau afin de limiter les dégâts Alors qu'enfin un son réussit à être produit. « N... on ». Un plissement de yeux un peu plus long qu'à son habitude l'aida à reprendre sa composition. « Vous vous trompez, je suis Flavinia. Flavinia. » Elle ne voulait plus entendre ce prénom. Elle ne voulait surtout pas lui donner raison. La simple idée de perdre le peu de son ancienne vie dont elle se souvenait lui glaçait le sang. Et pire encore, ceux qui l'avaient nommés ainsi s'en était allé. Son rythme cardiaque s'était considérablement augmenté de part la peur qui se cachait derrière les questions qu'il lui posait. Ce n'était pas normale. Il insistait pour qu'elle l'observe avec la plus grande attention. Son visage, ses traits, comportaient des airs de déjà vu mais où ? La couleur de ses yeux clairs lui rappelait celle de la surface du ruisseau en contrebas de leur maison. Cette même pensée lui rappelait une phrase qu'elle répétait à son père -plus tard, je voudrais avoir la même couleur que ceux de papa parce qu'elle est belle-. Mais il n'était pas l'homme qui l'avait élevé. C'était parfaitement impossible.Il devait être mort après tout il fut emmené pour distraire le publique de Pompéi. Pourtant ce visage venait se greffer tour à tour à ses souvenirs d'enfance au point de la troubler d'avantage. « Je ne sais pas qui tu es ...... ne t'approche pas .... tu n'es pas lui. Tu n'es pas lui. » Des mots à peine soufflés alors que son visage observait plusieurs pavés au sol pour éviter toute expression qui la déboussolerait d'avantage. Son pieds droit commença à reculer d'un pas pour conserver une distance entre elle et lui. L'enfant avait parfaitement conscience que ses paroles semblaient décousues, dont le sens pouvait être interprété de bien des façons. Pourtant, elle n'évoquait que le héros de ses souvenirs, cet homme qu'elle pensait aux côtés de sa mère pour la protéger de l'autre côté. « Et n'utilise plus ce prénom. Cette personne n'existe plus. » L'espoir ne faisait plus partie de sa vie. A quoi bon perdre son temps à espérer la venu d'un sauveur, d'une âme qui la prendrait en charge et lui montrerait de l'affection, lorsqu'il n'existait aucune personne charitable qui donnerait sans demander quoique ce soit en retour. Et aujourd'hui, il n'était pas question de faire confiance à un parfait inconnu bien que son visage lui était familié, que cette voix ressemblait à celle de son géniteur, que ses yeux brillaient de plusieurs étincelles lorsqu'il l'observait. « Les gladiateurs sont mes ennemis, les gladiateurs sont mes ennemis ». Ses lèvres bougeaient à peine, laissant sa voix douce, audible à un mètre tout au plus. Ses paupières s'étaient fermées quelques secondes pour faire le vide. « Les gladiateurs sont mes ennemis, les gladiateurs sont mes ennemis » Cette soirée devenait étrange, elle avait du mal à se concentrer de nouveau sur son travail sans que ses yeux ne se laissent bercer par la couleur verte pâle du regard du champion.
Dim 31 Aoû - 15:48
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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"Il n'y a pas de hasard...
Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire."

« Non. » dit-elle après que ses doigts se furent crispés sur le plateau. Non, elle ne voyait rien d'autre que le gladiateur : elle ne voyait pas en moi celui que j'étais réellement et ce non, ce simple petit mot me fit plus mal que n'importe quel coup que j'avais pu recevoir depuis que j'étais devenu un gladiateur. « Non. ». Ce n'était cependant rien comparé aux mots à venir car elle termina par me dire que je me trompais et qu'elle s'appelait Flavinia et non Flavia et, comme pour appuyer cette affirmation, elle le répéta deux fois. Avait-elle perdu la mémoire ou souhaitait-elle simplement tout faire pour oublier ? Pour m'oublier moi ? Ainsi donc, les Dieux étaient à ce point cruels... Ils m'avaient mis sur le chemin de ma fille pour mieux l'éloigner de moi... Je l'avais retrouvée mais elle ne m'avait pas retrouvé : elle ne voulait pas me retrouver. C'était bien difficile à accepter : aurais-je préféré qu'elle ne soit plus de ce monde plutôt que de la retrouver sans pouvoir véritablement la retrouver ? Non. Si je devais subir cette torture j'allais la subir mais je préférais la savoir vivante plutôt que morte, même si cela signifiait que je n'avais aucune place dans sa vie. Elle dit finalement qu'elle ne savait pas qui j'étais avant de me demander de ne pas l'approcher. Flavia termina par dire que je n'étais pas « lui » : « lui », son père. Ainsi donc, il s'agissait d'un refus de sa part : elle ne voulait pas que je sois son père. Elle avait un doute, peut-être même que des souvenirs étaient en ce moment même en train de l'envahir mais elle refusait d'y croire. Elle n'y croyait pas. Elle ne me croyait pas.

Tout était donc terminé.

Elle fit un pas en arrière et mon cœur se serra sous la douleur : ce geste de recul était absolument terrible pour moi, comme avaient pu l'être chacun de ses mots. Lorsqu'enfin elle m'intima de ne plus utiliser « ce » prénom car il n'existait plus, je fronçai les sourcils, encore une fois profondément touché par ses paroles. Je comprenais ce qu'elle voulait dire pour le vivre moi-même : mon véritable prénom s'était perdu depuis que j'avais été fait esclave, ne subsistait plus que Remus et, dans mon esprit etdans mon cœur, je n'étais d'ailleurs plus que lui : Remus, le gladiateur, le Champion. Pourtant, Remus avait eu un passé et Flavia, ou Flavinia puisqu'elle préférait être appelée ainsi en faisait partie. Je ne voulais pas m'en détourner : je ne pouvais pas m'en détourner. Elle appartenait à un passé douloureux tout comme moi j'appartenais à un passé douloureux pour elle mais il n'y avait pas eu que de la douleur, il y avait eu aussi du bonheur au milieu des horreurs qu'elle avait pu vivre. Elle et moi... Nos moments partagés ensemble... L'amour que je lui avais donné à chaque fois que les Dieux m'en avaient donné l'occasion. Tout ceci était là, tout ceci avait bel et bien existé et je me refusais de l'oublier : je me refusais de laisser l'horreur l'emporter sur le reste. Alors, quand elle ferma les yeux avant de se mettre à répéter que les gladiateurs étaient ses ennemis, je fermai les yeux à mon tour, puis, je les rouvris soudainement lorsque je compris la raison de toutes ses paroles : bien sûr... Quel idiot, mais quel idiot... J'avais été emmené par les soldats, devant elle, puis on lui avait dit que son père avait été exécuté dans l'arène par des gladiateurs alors c'était cela que je représentais pour elle : un homme comme celui qui avait tué son père et, pire, un homme qui prétendait être ce père que les gladiateurs lui avaient enlevé.

Je n'étais cependant pas ce meurtrier et son père n'avait pas été tué. Comment lui dire ? Ou plutôt, comment la convaincre ?

La réponse me vint aussi rapidement que la question s'était emparée de moi et je me mis à observer autour de moi avec insistance : les invités semblaient occupés à discuter et pour le moment, nous n'étions plus du tout leur centre d'intérêt et pour cause, le combat terminé, nous n'étions jamais que des éléments de décoration, ni plus, ni moins. Seth capta sans doute mon regard car je sentis soudain sa main se refermer sur mon poignet. Je tournai mon regard vers lui.

« Ne fais rien de stupide. »

Je hochai la tête avant de reporter mon attention sur Flavia qui était toujours à peine à un mètre de moi les yeux fermés. Je ne voulais pas qu'elle s'en aille s'en savoir mais je ne pouvais pas m'approcher d'elle car nous seulement elle me l'avait interdit mais en plus, les gardes pouvaient trouver cela louche et s'approcher de nous et les choses pouvaient dégénérer à une telle vitesse que je devais me montrer prudent. J'allais essayer de la convaincre de là où j'étais : je n'avais guère d'autre choix.

« Je ne suis pas ton ennemi : je n'ai pas tué ton père. » dis-je à voix basse pour que Flavia et Seth soient les seuls à m'entendre. « Il n'a pas été tué. » ajoutai-je rapidement. « Il est là. Je suis là, » rectifiai-je « comme j'ai été là il y a longtemps, lorsque le moment était venu de t'endormir. » dis-je d'une voix soudain plus douce, bien plus semblable à la voix dont elle devait se souvenir. « Quand je n'étais pas en campagne, chaque soir j'étais à tes côtés, chaque soir je chantais cette chanson que j'avais inventée dès ton plus jeune âge pour t'aider à t'endormir. » Je marquai un silence, l'émotion nouant soudain ma gorge. Mon regard resta braqué sur ma fille, je sentais la main de Seth toujours refermée autour de mon poignet et je savais que s'il se passait quoi que ce soit, il resserrerait sa poigne pour me prévenir. « Quoi qu'il arrive, ne lâche pas le plateau. » dis-je soudain à mon enfant car si elle faisait tomber le plateau, nous allions définitivement attirer les regards que je cherchais justement à garder éloignés de nous. Puis, ce fut tout bas encore une fois que ma voix s'éleva sur cet air que trois personnes avaient jamais connu et su fredonner : moi, elle et sa mère.

« Maintenant s'endort la terre
Ferme vite tes paupières
Tu peux dormir sans peur
Je veille sur ton cœur
La douce brise qui se lève
Transforme tes cauchemars en rêves
Et sur toi les Dieux veillent
Durant ce doux sommeil »


Ma voix se tut ensuite tandis que je continuais à fixer ma fille : si cela ne suffisait pas à la convaincre, rien ne pourrait la convaincre. Si cela ne suffisait pas, ce serait véritablement terminé. Pour toujours.






© charney

Dim 31 Aoû - 21:48
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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Les yeux fermés, plus rien ne semblait réel. Il ne restait plus que ses pensées qui s'entrechoquaient encore et encore avec ce visage qui continuait d’apparaître à la place de son père. Cet homme était un gladiateur. Impossible. Oui impossible. Cela n'avait aucun sens. L'enfant restait hermétique à toute tentative d'approche venant d'un quelconque invité. La soirée prenait une tournure imprévisible qui la marquait plus qu'elle n'osait le dire. Qu'était ce que cet espoir d'avoir de la famille encore en vie ? Le dialogue devenait irréaliste et alors qu'elle se pensait à l'abri d'une autre information qui la bousculerait lors de cette soirée, une nouvelle annonce l'interloqua. Comment savait il pour son père et comment savait il qu'un gladiateur s'en était chargé ? Ses yeux restaient fermés, incapable de prendre partie lors de cette discussion ni même lui poser les questions qu'elle mourrait pourtant d'envie de lui poser. La suite fut un tournant majeur dans son coeur. Qu'avait il dit ? Son père, vivant ? Et il s'agissait de lui ? Son rythme cardiaque battait fortement sans qu'elle ne puisse comprendre le mécanisme de son corps. Toute cette histoire n'était qu'invention à moins qu'il ne se trompe d'enfant. Le souvenir douloureux de sa séparation avec son père lui revenait en mémoire. Présente le jour où il lui fut enlevé sous ses yeux, elle  fut incapable de bouger car porté par des adultes bien plus fort. Le son de sa voix résonnait encore dans son esprit, appelant son nom avec férocité et déchirement tendis que les ricanements des soldats, brisaient l'air. La bataille semblait perdue d'avance et sa famille condamnée à la tourmente jusqu'à la fin de leurs jours.

Doucement ses paupières se levèrent pour contempler ce visage qui ne la quittait pas des yeux. Et si l'envie de fuir restait constante, la curiosité qui la prenait, lui intimait de rester exactement à cette place pour écouter la fin de l'histoire. Ses mains plaquèrent le plateau vide contre elle pour assurer qu'aucun dégât ne se produise, conseillé par le gladiateur qui lui faisait face. Le risque n'était pas si grand à prendre, par contre si le plateau venait à tomber sur le sol, sa domina risquait de lui faire payer son geste les jours suivants. Sans y être préparée, l'air fredonné, à peine audible, perçait son âme avec instance. « Maintenant s'endort la terre. » Une musique ? « Ferme vite tes paupières.» A chaque mots, ses yeux s'agrandirent par la surprise ressentit. Tout au fond d'elle même, une voix lui sommait de se réveiller.«Tu peux dormir sans peur.» Chaque seconde qui s'écoulait, supprimait les verrou de sa boite de Pandore intérieure. Cette Flavia qu'elle avait jusqu'alors enterré au plus profond d'elle même pour ne paraître qu'une coquille, vide de joie, se contentant de sa colère pour lui donner le courage de survivre.«Je veille sur ton cœur.» Les images devenaient beaucoup plus claires, lui laissant le loisir de se remémorer une nuit, que cette voix berçait avec tendresse. «La douce brise qui se lève.» Ses lèvres se mirent à bouger de façon automatique, pour dicter les dernières paroles de cette musique indélébile.«Transforme tes cauchemars en rêves. Et sur toi les Dieux veillent. Durant ce doux sommeil»  Des mots qui furent créés par ses parents rien que pour elle. Des mots qui lui fut répétés chaque nuit de chaque journée qu'elle avait passé à leurs côtés. C'était donc vrai ? Ce n'était pas un rêve ? Ses yeux se remplissaient d'un liquide salé au bord de l'écoulement sans pour autant céder. "Tu es en retard ..." Un hurlement intérieur, vrombissait avec insistance pour qu'elle puisse s'exprimer librement mais la Flavinia, entrainé à sa nouvelle vie, se refusait à dire ce mot qui lui brûlait les lèvres ,"papa", de peur que cela n'éveille les sens de ceux qui gardaient un oeil sur elle.

Pourtant, il lui était impossible de rester stoïque. Ses pieds se mirent à faire un pas, puis deux, lentement dans sa direction. Ses mains repositionnèrent le plateau à l'horizontal comme parade pour les approcher de nouveau afin de leur proposer de déposer leur coupe. Il était là, si proche. Elle avait si souvent prier les dieux pour être de nouveau à ses côtés qu'elle se pensait dans un rêve éveillé qui se terminerait bien vite pour un retour brutale à la réalité. "Tu es vivant. Tu es vraiment vivant." Souffla t'elle doucement d'une voix tremblante emprunte d'émotion. Elle contenait difficilement ses larmes qui cherchaient à s'épancher. C'était la première fois depuis des années que son être ressentait les émotions avec une telle intensité. Son visage si souvent fermé, s'éclaircit d'un magnifique étirement au niveau de ses lèvres qui remontait ses joues pour rétrécir l'ouverture de ses yeux. Un sourire. Il s'agissait bien d'un magnifique sourire qui lui était destiné. Juste à lui et personne d'autre. Si seulement elle pouvait le prendre dans ses bras, lui dire à quel point elle était heureuse de le voir, qu'il soit présent, qu'il soit à ses côtés. Si seulement elle pouvait lui dire à quel point il lui avait manqué et qu'elle l'aimait si fort que même les mots les plus éloquent, seraient trop faibles pour exprimer ce qu'elle ressentait."Merci de ne pas m'avoir oublié et de m'avoir trouvé." Les larmes étaient si difficiles à contenir, qu'elle releva le visage pour que ses yeux se posent en direction du plafond afin que les gouttelettes puissent repartir d'où elles venaient. "Si tu savais à quel point tu m'as manqué." Tendis qu'elle proposa à l'imposant gladiateur de déposer sa coupe sur son plateau, elle utilisa son autre main pour s'emparer de celle de Remus, qu'elle dissimulait de sa petite silhouette. Celle ci se resserra contre la sienne, ressentant la chaleur de cette dernière. Le soulagement se lisant dans ses yeux clairs, comme la disparition d'un poids qui l'accablait de ses méfaits. C'était bien tout ce qu'elle s'autorisait à montrer, de peur qu'il lui soit arraché de nouveau sous ses yeux. Même en ce moment crucial, son esprit était tourné vers ceux qui pouvaient une nouvelle fois briser sa vie. Si avant, elle n'avait rien à perdre, ce soir, elle venait de retrouver un être cher, un homme irremplaçable, son père. "Comment j'ai pu t'oublier ? Je suis désolée."
Mer 17 Sep - 19:26
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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"Il n'y a pas de hasard...
Il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire."

« Tu es en retard… » souffla-t-elle et aussitôt je compris qu’elle-même avait compris : elle avait fait le lien, elle savait, elle se souvenait. Je n’étais plus un étranger, je n’étais plus un monstre de gladiateur : j’étais son père, ce père duquel elle avait été séparé plusieurs années auparavant. J’étais cependant en retard oui, très, très en retard et à ces mots, mon cœur se serra encore une fois parce qu’elle avait attendu. Elle m’avait attendu et j’avais tardé à venir mais je n’avais pas eu le choix : j’espérais que lorsque j’allais tout lui expliquer, elle allait être capable de me comprendre, de me pardonner d’avoir mis tant de temps à la retrouver. Pourtant, même si j’étais en retard, elle n’hésita pas un seul instant et s’approcha tout de suite de moi. J’entendis Seth murmurer mon nom et je secouai doucement la tête : nous ne faisions rien de mal, nous n’avions pas un comportement suspicieux, pas encore en tout cas. Tout allait bien. Flavia leva le plateau et un petit sourire étira mes lèvres : ma fille était très maligne. C’était la parade parfaite pour justifier son approche soudaine alors je n’hésitai pas et posai ma coupe. Je tournai brièvement mon regard vers Seth, m’attendant à ce qu’il dépose sa coupe sur le plateau : il tenait à la garder mais pourtant, je voyais bien qu’elle était vide. Oh, une autre parade pour moi et ma fille et c’était lui qui pourrait nous l’offrir le moment venu. Je lui adressai un regard empli de gratitude avant de reporter mon attention sur ma fille dont la voix s’éleva une nouvelle fois. Je hochai la tête en l’entendant me dire que j’étais vivant, vraiment vivant, là, avec elle : oui, je l’étais, c’était la réalité. C’était une merveilleuse réalité que d’être réuni avec elle en cet instant.

Soudain, elle m’offrit un merveilleux cadeau : un sourire radieux et je ne pus que mimer ce sourire et le lui rendre tant j’étais heureux de la voir enfin sourire. Son visage était plus doux et ses yeux brillaient de cette lueur que j’avais tant souhaité revoir à nouveau. L’émotion atteignit encore un autre sommet lorsqu’elle me remercia de ne pas l’avoir oubliée et de l’avoir retrouvée. Je dus prendre sur moi pour ne pas laisser les larmes me trahir vis-à-vis des gens autour de nous et pourtant, j’aurais aimé pouvoir me laisser complètement aller mais c’était trop dangereux pour elle comme pour moi. Alors, je pris une profonde inspiration à l’image de ma fille qui leva les yeux vers le plafond pour contenir elle aussi ses larmes. Comme c’était cruel de ne pas pouvoir profiter pleinement de cet instant… Je ne pouvais cependant pas m’en plaindre car je m’estimais déjà tellement chanceux d’avoir retrouvé Flavia et de pouvoir lui parler. Après m’avoir dit que je lui avais manqué, elle s’approcha finalement de Seth et lui tendit le plateau. Mon frère déposa enfin sa coupe et à ce moment-là, je sentis la main de Flavia se refermer sur la mienne. Aussitôt, mes doigts se resserrèrent avec force autour des siens et par cette petite étreinte cachée à la vue de tous, je lui transmis tout mon amour, tout mon bonheur de l’avoir retrouvée. C’était le seul contact que nous pouvions avoir sans éveiller les soupçons mais il était merveilleux, véritablement merveilleux. J’abaissai mon regard vers ma fille et fut particulièrement heureux de pouvoir lire un apaisement dans son regard qui avait été si sombre durant cette soirée… C’est alors qu’elle s’excusa de m’avoir oublié et mon sourire se fana quelque peu avant que je ne fronce les sourcils : non, elle ne devait pas s’excuser. Elle ne m’avait pas oublié, pas vraiment : elle avait enfermé le souvenir qu’elle avait de moi dans un coin de son esprit et j’avais changé alors, il lui avait été difficile de faire le lien. Une chose était certaine : il était hors de question qu’elle se sente coupable pour ça. Elle n’était pas coupable, elle n’était coupable de rien.

« Tu n’as pas à t’excuser. » dis-je tout bas d’une voix qui fut tout naturellement douce et rassurante. « Cela fait des années… C’est moi qui te demande pardon d’avoir mis si longtemps… »

Bien sûr, s’il n’avait tenu qu’à moi j’aurais tout fait pour la retrouver bien avant et j’aurais voulu lui dire mais je savais que nous manquions de temps alors je devais faire des choix et plutôt que de me lancer dans une explication sur la raison de ce temps trop long que j’avais mis à la retrouver, je préférais lui faire part de ce que je ressentais.

« Tu m’as manquée toi aussi. Je pense à toi chaque jour. C’est grâce à toi que je suis encore en vie : je devais vivre pour te retrouver. Je… »

Je fus rappelé à l’ordre par Seth qui prononça mon nom à voix basse. Je relevai les yeux et vit certaines patriciennes qui avaient leurs yeux intrigués posés sur nous tout en arborant un sourire. Le temps nous était compté. Je reportai mon regard sur Flavia et plongeai mes yeux dans les siens.

« Ecoute-moi : il y a tant de choses à se dire mais pas ici, pas maintenant. On va devoir se séparer dans quelques instants mais tout va bien se passer parce que nous nous sommes retrouvés. Tu sais que je suis là, en vie, et je vais te revenir, je te le promets. Je ne sais pas quand, ni comment mais je vais te revenir. » Un silence, j’esquissai un tendre sourire. « Je veux que tu t’accroches à cette pensée comme je vais m’y accrocher mais ne le montre surtout pas… Ce masque que tu as su te forger il faut que tu continues à la porter parce que personne ne doit savoir. Personne. Pas pour le moment. Je t’aime Flavia. » ajoutai-je de façon précipitée avant de lâcher soudainement sa main et de me redresser quelque peu tout en portant mon regard droit devant moi.

J’aurais voulu que ces retrouvailles soient différentes, qu’elles puissent durer plus longtemps mais nous n’avions guère le choix. Il fallait se séparer mais même si ça allait être difficile, nous allions nous revoir. J’allais tout faire pour cela et déjà dans ma tête je réfléchissais à qui j’allais pouvoir demander de l’aide : Marcus et Pompeia étaient les deux seules personnes sur lesquelles je pouvais compter en dehors des murs du ludus et j’allais devoir m’en retourner vers eux. J’allais tout faire pour que Flavia me revienne. Tout.





© charney

Dim 21 Sep - 11:46
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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HRP : Toutes mes excuses pour mon GROS retard, j'ai été très occupée.


La jeune Saxa ne pouvait s'empêcher de se sentir étrangère à tout ça. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas participé à ce genre d'évènements, même si ce n'était qu'une petite soirée entre amies. C'est un peu comme si vous remettiez à la civilisation quelqu'un qui avait été exilé trop longtemps sur une île déserte. Bon d'accord, c'était un peu voire carrément exagéré mais dans le coeur de la jeune femme c'était du pareil au même. Mal à l'aise elle salue alors les convives d'un hochement de tête poli. Les relations sociales, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Enfin …
« A merveille depuis notre dernière rencontre, et toi? » répond t-elle à son amie Laelia. Depuis que Saxa était sur Pompéi les deux amies se voyaient régulièrement, ce qui faisait beaucoup de bien à la jeune blonde. « Du peu que j'ai pu voir depuis mon arrivée ici, Pompéi n'a rien à jalouser de la belle Rome. » Dit-elle à l'intention de Domitia, et de poursuivre. « Rome se porte à merveille, tout comme moi » Oh le vilain mensonge. « Egale à elle même ! » La jeune femme sourit avant de boire une gorgée du breuvage qu'elle avait entre les mains. « Bien que de plus en plus de personnes nous manquent là bas. » Elle faisait bien sûr allusion à ses deux amies. Flatterie à l'intention de ses hôtes mais flatterie toute fois sincère. Les deux jeunes femmes faisaient parti de sa vie quand tout allait bien pour elle. Les retrouver ici, c'était un peu oublier ses problèmes.

Puis, une autre femme fait son arrivée. Pendant un instant, la jeune blonde observe donc cette dénommée Pia. Son visage ne lui était pas totalement inconnu mais elle ne saurait dire où elle l'a déjà vu. A Rome sans doute. Domitia fait alors mention de Lucius Aquillius Maximus. Lui, elle le connait. Il est un proche ami de Félix, son grand frère. Saxa s'approche alors de Pia afin de lui glisser quelques mots « Nous aurons sans doute alors l'occasion de nous revoir, mon grand frère est un grand ami de votre époux. » Elle lui sourit poliment. Elle avait l'air d'être une jeune femme tout à fait plaisante et aimable. Pompéi comptait en son sein de nombreuses perles.
Finalement Domitia annonce l'arrivée de deux gladiateurs. Et il n'en fallait pas plus pour faire basculer la romaine dans ses douloureux souvenirs. Presque sans le vouloir alors, la jeune femme se met en retrait.
Re: Il n'y a pas de hasard... il n'y a que des rendez-vous qu'on ne sait pas lire. [PV les invités]   




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