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 I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius

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Message(#) Sujet: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Mer 30 Avr - 17:36




I will not die a faceless slave forgotten by history
Voroncius & Priam



-Doctore… Un moment ?

Sa silhouette se découpe sur le mur de sa cellule, quelque peu à l’écart des nôtres, et danse à la lueur des chandelles. Il va s’y retirer lorsque je l’interpelle. L’homme s’immobilise et fait volte-face vers moi. Après toutes ces années, il arrive encore à me faire sentir bien jeune et inexpérimenté les rares fois où nous nous retrouvons en tête à tête. Il n’en a pas toujours été ainsi.

Lorsque je suis arrivé il y a des lunes de cela, ces murs bruissaient de ses hauts faits d’armes, tous mes frères n’avaient que ses exploits en tête et aux lèvres. A le voir arpenter le sable de son allure placide et solennelle, nous attribuant nos partenaires de combat, nous intimant des ordres, nous prodiguant des conseils, sans jamais verser une seule goutte de sa propre sueur, j’affirmais à qui voulait bien l’entendre que je n’en croyais pas un traitre mot, que cela faisait partie de ces légendes transmises de bouches à oreilles et déformées, gonflées au fil du temps. Je voulais bien lui reconnaître l’expérience, certes, mais j’étais persuadé qu’avec un peu d’entraînement, chacun d’entre nous pouvait se hisser aisément à sa hauteur.

Depuis j’ai eu l’occasion de réviser mon jugement. Je me souviens encore des jours qui ont précédé mon combat contre Fortius il y a quelques mois. Sine missione. Mon premier. Je n’avais nul autre choix que de vaincre ou mourir. Et Voroncius m’a entraîné tant et tant, sans répit, sans relâche, sans pitié, que j’ai bien crû voir l’Achéron avant même le primus. Il avait l’âge d’être mon père, des décennies nous séparent, et pourtant j’avais souffert entre ses mains comme jamais devant nul autre adversaire. Depuis ce jour, je ne ris plus lorsqu’on évoque les batailles de « Brennus » et je me trouve même d’être celui à les raconter aux nouvelles recrues.


Je m’avance jusqu’à sa hauteur, pourtant je peine à soutenir son regard posé sur moi. Ce que j’ai à dire n’est pas aisé. J’ai tergiversé toute la journée, reculant sans cesse l’échéance, me trouvant des excuses et des causes de délais toutes plus lamentables les unes que les autres. Craignant de le voir s’impatienter, tandis que mon silence se fait trop long, je finis par lâcher.

-Je… L’autre jour contre Cataeris… Je n’ai pas d’excuses… C’était indigne de cette maison et de votre enseignement…

Si je n’avais pas tant d’orgueil je me trouverais sans aucun doute bien penaud en cet instant. Je m’efforce malgré tout d’afficher une attitude aussi digne que ma honte me le permet.
Emporté par la colère, submergé par la rage, je m’en suis pris à un frère, à raison peut-être diraient certains. Je l’aurais moi-même affirmé il y a peu encore et m’en serait tenu à cette affirmation coûte que coûte, avec toute l’obstination et la mauvaise foi que l’on peut me connaître. Mais le souvenir ce que j’ai lu dans les yeux de bon nombre de mes frères, dans ceux de Domina, du duumvir et enfin de Voroncius me glace rétrospectivement le sang, inévitablement. Je pourrais prétendre que cela ne m’affecte pas –après tout il en a été ainsi pendant des années- mais ce serait me mentir, indiscutablement.
J’ai besoin de retrouver leur confiance et leur estime, j’ai besoin de retrouver celui que j’étais. Que je suis.

-Tout comme ma défaite…

Un Champion.



Spoiler:
 

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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Mer 14 Mai - 18:15


 ❝I will not die a faceless slave forgotten by history❞
feat. Priam


Le vent soufflait fort ce jour là sur Pompei, un vent de renouveau pour le ludus Lucretii qui accueillait ses nouveaux pensionnaires, fraîchement achetés aux mains de Caeso Epidius Statius. Cependant l'attraction de la journée n'était clairement pas les nouvelles têtes mais plutôt l'annonce des gladiateurs qui auront le privilège de participer à la venatio à venir en l'honneur de Cérès. Lurco, Magnus et Ulysse seront les représentants du ludus Lucretii, trois combattants que la foule jugera assurément d'un très bon niveau mais qui sont encore loin d'être les meilleurs gladiateurs du ludus pour Voroncius. Du coin de l'œil le doctore aperçoit la tête déconfite de Priam visiblement très déçu... Pensait-il vraiment être pris après les derniers événements? Pensait-il réellement avoir la légitimité de voir son nom figurer sur la liste des combattants si rapidement après sa défaite face à Remus? Il a décidément encore beaucoup de choses à apprendre...

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Après l'annonce des combattants pour la prochaine venatio l'entraînement avait repris de plus belle, il fallait bien rattraper les minutes perdues. La nuit commençait à tomber sur Pompei, l'obscurité n'était plus combattu que par la lumière des torches lorsque Voroncius donna l'ordre d'arrêter, demain l'entraînement recommencera de plus belle et encore plus tôt. Le doctore se dirigeait bien tranquillement vers sa cellule lorsqu'une voix l'interpella dans son dos. Se retournant tranquillement pour faire face à son interlocuteur Voroncius ne fut pas surprit lorsqu'il vit qu'il s'agissait de Priam. Le champion voulait certainement avoir des explications sur sa mise à l'écart, il ne sera pas déçu...
Le dimachère s'avance jusqu'à la hauteur du doctore, il brisa finalement le silence après quelques secondes d'hésitation. Il ne venait pas pour la venatio, il venait pour s'excuser de ses récents écarts de conduite.

- Te rappelles-tu de ton arrivée au ludus? Tu étais comme un chien fou, sans repères et indiscipliné, très loin d'un gladiateur d'un quelconque intérêt. Et pourtant tu es devenu un champion, du ludus d'abord puis de Pompei ensuite, tu es fort et spectaculaire. Dès lors que tu es venu pour me parler, Priam, tu as franchi un cap en tant que gladiateur, tu as appris l'humilité. Tu as beaucoup de qualité et pourtant comprends bien que tu n'es encore qu'un nom parmi tant d'autres, qu'une merde parmi les multiples champions qu'a connu ce ludus. Le premier champion de ce ludus s'appelait Castus, un Thrace qui remporta à mains nus son combat contre un lion après avoir perdu son glaive face à la bête, plus récemment Caeso l'invincible obtient sa liberté en combattant dans le sable chaud de l'arène... Chaque champion du ludus a sa propre légende, avec tes qualités tu pourrais déjà avoir la tienne mais tu agit toujours sans réfléchir et avec stupidité.

Les yeux sévères du doctore fixèrent ceux du gladiateur, après quelques secondes de silence pour s'assurer que ses derniers mots soient bien assimilés Voroncius reprit.

- Tu avais la gloire, tu avais les avantages d'un champion et tu as tout laissé filer. Tu peux essayer de trouver des excuses, de te persuader qu'il était plus fort que toi mais tu as eu une vingtaine d'occasions de prendre l'avantage. Mais la honte de la défaite ne t'as pas suffit, tu as envoyé un frère à l'infirmerie sans prétexte valable qui plus est lors de la venue du Duumvir, si tu étais nouveau tu ne serais déjà plus ici à me parler mais bien aux mines à vivre l'enfer.

Le visage menaçant du doctore s'était rapproché à quelques centimètres de celui du dimachère.

- Tu as perdu ton statut, tu n'es plus le champion de Pompei ni même celui du ludus mais rien de plus qu'un gladiateur comme les autres. Pourtant bien plus qu'un statut c'est ton niveau armes en mains que tu as perdu, ta défaite a laissé des traces aussi bien physiquement que mentalement c'est un fait que tu ne peux nier. J'ai déjà été dans cette situation, j'ai gagné beaucoup de combat mais j'en ai aussi perdu quelques uns mais malgré ça mon nom est encore présent à la bouche d'une partie de l'arène. Un véritable champion se relève après une défaite, il s'entraîne encore et encore pour revenir deux fois plus fort lorsqu'il affrontera à nouveau l'adversaire face auquel il a chuté. Tu as perdu le soutient d'une bonne partie du public avec ta défaite mais la foule aime le spectacle et les rebondissements, elle aime les retours en grâce des gladiateurs déchus. Une légende ne se construit pas sur une victoire de prestige, elle se construit avec de la persévérance et du talent,elle se construit au fils des adversaires mis au tapis et non du nombre de fois où tu y es allé. Maintenant c'est à toi de choisir, continuer de sombrer dans la médiocrité ou te relever, t'entrainer et revenir à ton meilleur niveau, le dépasser et reconquérir le titre de champion du ludus Lucretii puis celui de champion de Pompeii aux prochains jeux?

Ne laissant pas le temps à Priam de répondre, Voroncius continua.

- Je ne t'ai pas vu essoufflé aujourd'hui, je ne vois pas beaucoup de sueur sur ton corps, peut être que je devrais accentuer les entraînements. En attendant, suis-moi je vais te montrer comment retrouver ton niveau.

Le doctore fit signe au gladiateur de le suivre en direction du terrain d'entraînement situé à plusieurs dizaines de mètres de là. Il pris deux torches sur le chemin qu'il planta en plein milieu du terrain remplit de sable. Voroncius se dirigea alors vers les glaives d'entraînement tous bien rangés comme à leur habitude. Il en lança deux à Priam avant d'en prendre un pour lui. Se rapprochant de la lumière des torches, il s'adressa au gladiateur.

- Prêt pour une nouvelle leçon ?


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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Mar 27 Mai - 8:31




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En allant au devant de Voroncius, je ne m’attendais pas à ce qu’il balaye aisément, d’un revers de la main, les offenses que j’ai multiplié envers le ludus –autant dire à son égard- ces derniers temps. C’est peut-être pourquoi ce fût une démarche aussi délicate pour moi, peu accoutumé aux remords ou aux regrets et encore moins à les admettre publiquement.  Et encore maintenant, ses yeux fixes et sévères posés sur moi, je n’ai qu’une seule envie : faire demi-tour et me terrer dans ma cellule.

Mon orgueil, toujours, me pousse pourtant à relever le menton et ne pas me dérober face à ses mots âpres. Je sais ses reproches fondés, je ne m’attendais pas à moins, mais sa dureté me pique au vif, me fait tressaillir. Il me jette au visage ce que je n’aurais toléré d’aucun autre et ce qu’aucun autre n’aurait osé me dire. Mais Voroncius peut tout, ose tout. Il ose secouer avec rudesse les ruines du piédestal que je me suis érigé pour le faire s’écrouler tout à fait et remettre en question mes prétentions au titre de Champion.

Il me parle d’humilité et dans sa bouche ce mot sonne comme une qualité alors qu’il écorche mes oreilles, synonyme à mes yeux de soumission. Une soumission non pas imposée par nos maîtres, mais de celles que l’on s’impose à soi-même. Ne suis-je pas suffisamment entravé pour m’enchaîner davantage ?
Si je me confronte à lui ce soir, porteur d’excuse, ce n’est pas par humilité –c’est du moins ce que ma mauvaise foi s’évertue à penser- mais parce que j’ai le désir d’endosser toute la responsabilité de mes échecs comme de mes réussites et que je lui dois cette honnêteté.
Non, Remus n’était pas plus fort que moi, égal peut-être mais il me revenait de faire pencher la balance en ma faveur. Sans cesse je revis ce combat qui m’a vu déchoir et en parcourant mes souvenirs, je trouve mille failles que j’aurais pu exploiter, mille façons de le terminer autrement, mille raisons de ne m’en vouloir que davantage.

Et sous l’avalanche de ses remontrances pourtant, mon être tout entier de révolte. Contre lui, plus encore contre moi. Je ne veux plus être cette ombre, cette coquille vide, je veux sentir de nouveau la chaleur du soleil sur ma peau et les caresses de la foule qui scandent mon nom.
Et je n’ai qu’une ambition: lui prouver sa méprise. Je ne suis pas qu’un parmi tant d’autres. Je veux qu’on se souvienne de moi, de mon nom. Si c’est cette vie de combat et de servitude que les Dieux ont voulu pour moi, alors je m’emploierai à la mettre à profit plus que de raison. Si c’est le seul moyen qui m’est donné pour exister dans ce monde.

Voroncius ne me laisse pas le temps d’articuler une réponse à sa question, mais est-elle bien nécessaire ? Tout mon corps lui hurle ma détermination irrévocable. Mes yeux se sont enflammés d’une braise éteinte puis ravivée, mes poings se sont peu à peu crispés, nos corps même se sont rapprochés sous la tension palpable qui nous anime l’un l’autre.

Il raille et remet en doute mes talents à l’entraînement. Sa pique fait mouche : je me suis démené comme un beau diable aujourd’hui, avec toute l’application et la détermination dont je peux faire preuve.
Pourtant je dois lui reconnaître qu’il a raison, je n’y mets plus le même cœur, ni la même passion qu’autrefois. J’ai chuté de bien trop haut, je crains de trébucher encore et je ne parviens qu’à peine à maintenir l’illusion auprès de mes frères : cela me rend prudent, retenu, prévisible. Médiocre.

Je le laisse me conduire sur le terrain d’entraînement et le préparer pour ce qui semble être une session improvisée. Je ne me suis que rarement trouvé en face à face avec notre légende l’arène, la dernière fois, il s’agissait de me préparer au sine missione contre Fortius. Ma situation est-elle aussi précaire et désespérée qu’elle l’était alors face au géant de Naevius?
Quoi qu’il en soit, je ne sous-estime en rien l’insigne honneur qu’il me fait et compte employer tous mes efforts m’en montrer digne, au prix de la sueur qui me fait défaut. A lui prouver qu’il a tort et que je demeure légitime de représenter cette maison, de porter ce titre. Digne de mes frères, de Lucretius, de Pompéi, et puis…

Mes sicae de nouveau au creux des paumes, je secoue la tête :

-Je ne veux pas retrouver mon niveau Doctore… -puis je prends position à l’endroit qu’il me désigne- Je veux être meilleur. Apprenez-moi.


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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Dim 29 Juin - 22:27


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feat. Priam


Priam se mît en position en face du doctore tandis que seul le crépitement des torches, dont les flammes semblaient danser au milieux du sable reflétant une lumière changeante sur les torses nus des deux combattants, se faisait encore entendre. Priam semble avoir retrouvé une partie de sa rage de vaincre qui l'a conduit aux sommets mais malgré un léger sourire en coin il en faut d'avantage pour Voroncius, il lui faut des actes.

- Voilà une bonne résolution Priam mais tu es le seul qui peut en faire une réalité, je t'ai déjà appris tout ce qu'il te faut connaître et je m'assure simplement que tu n'as rien oublié.

La voix rauque de Voroncius laissa place à un léger silence, juste le temps pour le doctore de faire quelques moulinets avec son arme. Une arme qu'il n'avait pas eu en main depuis un certain temps, depuis qu'il avait entraîné ce même Priam pour un combat colossal, pour un combat sine missione contre le géant Fortius, un des rares titans du ludus Naevius que Voroncius trouvait digne du talent des dieux de l'arène Lucretius. Le contact du pommeau avait décidément manqué au doctore mais après deux petits moulinets il revint à son sujet et cria à l'encontre de Priam.

- Attaques !

Le dimachère s'élança aussitôt, une charge classique suivit d'une attaque prévisible que Voroncius n'eut aucun mal à contrer. Priam avait l'avantage du nombre d'armes mais une journée d'entraînement de Voroncius laissait des traces, plus encore lorsque l'on est au plus mal mentalement comme l'était l'Anatolien. Ses gestes étaient plus lents, plus prévisibles, plus retenus et ça n'échappe pas à Voroncius.

- Tu es tombé bien plus bas que ce que je pensais, tu n'es plus bon que pour les combats du matins contre des adversaires inexpérimentés !

Les mots se voulaient blessant, le doctore voulait toucher le gladiateur dans son orgueil. Avait-il réussit? Peut-être... Les coups furent plus nombreux mais Priam n'arrivait toujours pas à prendre le dessus sur son adversaire. Voroncius attendait patiemment une ouverture, se contentant de contrer les multiples assauts du dimachère.
Soudain l'ouverture arriva, Priam avait laissé son flanc gauche vulnérable suite à une attaque facilement esquivé par Voroncius. La riposte ne se fit pas attendre et c'est instantanément que le bois du glaive d'entraînement du doctore entra en contact avec les côtés du dimachère.

- Si tu expose ton flanc, tu es mort !

Cria Voroncius avant de revenir à la charge. Cette fois-ci son attaque fut bien stoppée et les le combat reprit de plus belle. Priam avait gagné en vitesse d'exécution mais ses coups étaient toujours aussi prévisibles, presque répétitifs. Voroncius ne laissait aucune faille pour le dimachère, il le connaissait, connaissait sa technique de combat bien plus que Priam connaissait celle de Voroncius. Le doctore savait où et quand frapper pour mettre l'ancien champion au tapis.
Lorsqu'enfin Priam tenta une nouvelle attaque en employant simultanément ses deux sicaes dans le même mouvement, Voroncius eu du mal à parer avec son unique glaive mais lorsque les lames s'entrechoquèrent finalement, un duel de force s'engagea entre les deux adversaires. Un duel de force qui semblait tourner à l'avantage de Priam jusqu'à ce que ce dernier fut déséquilibré par un coup de pied bien placé de Voroncius qui aboya à l'encontre de l'Anatolien.

- Si tu perds ton équilibre, tu es mort !

Il laissa à peine le temps au dimachère de se relever qu'il attaquait déjà. Mais l'échange de coup tournait à l'avantage du dimachère pour une fois, ce dernier visiblement piqué au vif par le début de l'affrontement commençait à reprendre du poil de la bête au plus grand plaisir du doctore. Pourtant Priam était encore loin de son niveau habituel et il ne suffit que d'un coup bien placé pour permettre à Voroncius de reprendre l'avantage. Un coup très puissant au niveau du poignet gauche de Priam obligea ce dernier à lâcher une de ses armes puis, cherchant le duel de force, Voroncius entrechoqua sa lame avec celle de son adversaire et d'un rapide moulinet dont il avait le secret il désarma totalement Priam.
Le regard noir avec lequel il regarda Priam pour lui faire comprendre sa déception quant à son niveau n'avait d'égal que la puissance avec laquelle il assena le dernier coup dans l'abdomen du dimachère qui s'étala au sol.

- Si tu perds tes armes pendant le combat tu es mort encore !

Le doctore hurlait maintenant à l'encontre de son opposant, Priam allait devoir hausser son niveau et rapidement. Mais le doctore tendait désormais la main au gladiateur pour l'aider à se relever, cependant lorsque ce dernier agrippa la main tendu il reçu un violent coup de genoux dans le visage.

- As-tu déjà oublié tout ce que je t'ai appris ? Ton adversaire ne te fera jamais de cadeau, si tu veux gagner tu ne dois pas lui en faire non plus. Il n'y a qu'un vainqueur dans un combat de gladiateur et chaque erreur peut te coûter la vie.

Ramassant les armes de son adversaire, Voroncius les lui lança en ajoutant.

- Relèves-toi maintenant, on n'en a pas terminé...

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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Lun 28 Juil - 11:10




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Mes deux pieds plantés dans le sable du terrain d’entraînement, je regarde Voroncius se préparer à son tour. Ses gestes sont précis et naturels, comme s’il n’avait jamais raccroché les armes. Je suis fatigué de la journée qui vient de se passer, une nouvelle journée d’entraînement comme bien d’autres avant elle, mais depuis mon récent échec, je ne m’y suis jamais autant investi.
J’en suis encore à m’interroger sur les raisons qui m’ont vu chuter face à Remus, persuadé –et même encore- que ma technique ne me faisait pas défaut. J’ai eu le dessus sur lui pendant une bonne partie du combat, j’aurais même pu y mettre fin à mon avantage. Quand je songe à cette chance que je n’ai pas su saisir alors qu’il se trouvait à terre… Je pouvais lui glisser mon glaive sous la gorge à ce moment-là, lui imposer le missio et entendre de nouveau la foule faire pleuvoir sur moi les acclamations qui me semblent aujourd’hui si lointaines. Au lieu de ça, mon goût du spectacle m’a poussé à vouloir faire durer encore un peu plus notre échange pour plaire à la plèbe. Je me revois pousser du bout du pied le glaive qui m’a vaincu…
Une boule me serre la gorge. La rage, la haine, la colère, la déception que je nourris n’est destinée qu’à moi seul et elle me bouffe, morceau par morceau, de l’intérieur. Et ce soir, après avoir essuyé celles du duumvir Pompeius et de Domina lors de mon châtiment par le fouet, je vais devoir affronter celles de Voroncius à mon égard. Une épreuve d’autant plus méritée. Et redoutée. En chutant de la sorte puis en m’enfermant dans cette position de vaincu, j’ai gravement offensé l’ancienne légende de l’arène qui n’a jamais ménagé ses conseils, sa patience et sa sueur à mon égard. Je ne m’attends à aucune merci et c’est tant mieux, je ne crois pas en mériter aucune.

Malgré tout ce soir, j’ai à cœur de lui faire honneur et de relever le défi de lui prouver une nouvelle fois ma valeur. Que je suis encore digne de son enseignement, de ces murs et du titre de Champion. A son signal, je bondis comme un fauve, toutes griffes dehors. Voroncius me cueille en plein vol comme un aigle fond sur un mulot.

- Tu es tombé bien plus bas que ce que je pensais, tu n'es plus bon que pour les combats du matin contre des adversaires inexpérimentés!


VLe camouflet est sévère, l’injure à mon orgueil cuisante. Sans le savoir –ou peut-être si justement- Voroncius vient de mettre le doigt sur ma terreur la plus profonde. Cela fait bien longtemps que je me suis hissé à force d’efforts et d’entraînement au dessus de ces combats de peu de gloire. Si je devais m’y retrouvé cantonné de nouveau… Non, je ne le permettrai pas. Je vaux mieux que cela. Alors, avec rage, j’utilise ce que je sais être mon atout majeur. La vitesse pour acculer mon adversaire et le pousser à la faute. Voroncius aussi le sait et il ne me laisse pas le loisir de m’en servir très longtemps. Bientôt son glaive de bois heurte mes côtes découvertes. Je n’ai rien vu venir.

Qu’à cela ne tienne, j’essuie ce revers avec tout le sang froid dont je peux faire preuve et songe à la manière dont je pourrais faire vaciller ce géant de l’arène. Pour le vaincre, je dois le surprendre. Si la vitesse ne fonctionne pas, il me reste mon second atout, mes deux lames. Bien des adversaires se sont trouvés désarmés face à la danse de ces deux griffes mortelles. Un instant, il me semble que Voroncius l’est aussi car il peine à repousser mes lames qui s’approchent inexorablement de son visage. Alors que je le sens plier, mon regard s’embrase du feu de la victoire imminente. Un coup de pied de Voroncius dans mon estomac met  fin à notre face à face et manque de me faire rendre mon repas du soir sur le sol devant moi.

Doctore perd patience, et moi aussi. Doucement, sournoisement, le doute s'insinue: et si je n'arrivais pas à le battre? Il attaque sans crier garde et je pare son attaque avec fougue. Mais sans succès. Je tombe de nouveau. Je ne parviens pas à trouver la faille ce soir mais je sais qu’elle existe. Ce soir-là, la veille de mon combat à mort contre Fortius, je l’avais décelée. Peut-être est-ce qui me faut pour retrouver la flamme qui m’habite : un sine missio. A cet instant, il ne s’agissait pas de titre à conquérir ou à défendre, mais de vie ou de mort. Chacun de mes sens en éveil, comme un animal traqué, guidé par le seul instinct de survie. Je me souviens sans trop de peine de ce fourmillement dans mes tripes et il me semble ne m’être jamais battu avec autant de clairvoyance que lors de ce combat et en le préparant les jours précédents.


Je ne peux que mesurer le fossé  qui s’est creusé entre celui que j’étais alors et celui que je suis aujourd’hui. Une ombre pâle et sans consistance. Suffisamment toutefois pour recevoir les coups de Voroncius qui sont, eux, bien réels. Il ne dissimule plus son irritation et la déception dans sa voix ou dans son regard. Il attend de moi quelque chose que je voudrais tant lui donner mais que je ne trouve plus. Je sais les reproches qu’il m’assène fondés et justes. Je devrais savoir tout ça. Je le savais.

Ces quatre années de sang, de sueur et de labeur n’auraient-elles donc servi à rien ? Se peut-il que je vienne de lui prouver ce que certains murmuraient déjà sans à peine se cacher ? Se peut-il que j’ai vraiment usurpé ce titre ? Ce que je prenais pour du talent ou de l’expérience, n’était peut-être en réalité que de la chance… Elle existe, dans l’arène comme ailleurs. Notre entraînement quotidien nous conditionne à la faire basculer de notre côté, et peut-être est-ce seulement cela : elle m’a tenu la main longtemps comme une vieille compagne, m’accordant un peu de sursis avant la mort, provoquant quelques beaux succès aussi rapides qu’inattendus. Et à présent, qu’elle s’est lassée, elle me laisse à un avenir de médiocrité, détruisant mes certitudes une à une.

Voroncius m’intime de me relever et je n’en trouve pas la force. Je crache un filet de sang sur le sol, encore sonné du coup au visage qu’il vient de m’asséner. Je suis fatigué… Chacun de mes mouvements réveille une ecchymose, mes yeux peinent à rester ouverts, mon corps tremble d’épuisement. Je n’ai jamais eu autant envie de me laisser aller dans les bras de Morphée. Là-bas tout est chaud et doux. Ici, tout est dur et violent.  
Je suis fatigué… Les mots se pressent sur mes lèvres mais aucun n’ose franchir le pas. Voroncius ne me laissera pas m’en tirer de la sorte.  Aux yeux du doctor, cela n’a jamais été une excuse valable, pis encore je sais que cela ne fera que redoubler sa fureur à mon égard.  S’il faut m’éprouver jusqu’au lever du soleil ou me laisser crever le nez dans le sable, il le fera.
Alors je ravale mes paroles qui se teintent du goût ferrugineux du sang et je reprends appui sur mes deux jambes. Dans un dernier sursaut d’orgueil.

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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Ven 1 Aoû - 13:49


 ❝I will not die a faceless slave forgotten by history❞
feat. Priam


Priam. Un nom qui était encore sur toutes les lèvres de Pompei il y a peu. Un nom qui embrasait la foule, un nom qui sublimait l'arène, un nom qui tombera dans l'oubli collectif. Une prophétie bien noire mais qui se dessinait de jour en jour tant l'ancien champion s'enfonçait dans la médiocrité. Et ça n'allait pas être les derniers échanges qui me feraient dire le contraire, le Perse devenait prévisible, perdait en confiance à chaque coup reçu, il n'arrivait plus à se hisser à son meilleur niveau mais il ne terminera pas l'entraînement sans avoir inversé la vapeur quitte à rester jusqu'à l'aube... Déjà il se relève, le visage en sang du dernier coup que je lui ai donné, déjà s'installe une ronde d'observation entre nous. Je scrute son visage, je plonge mes yeux dans son regard, avec le temps j'ai appris à savoir, à reconnaître et là je sais, il n'est pas dans son combat, quelque chose le bloque, quelque chose le perturbe, quelque chose l'empêche de retrouver pleinement son potentiel. Quelque chose ou... Quelqu'un ?
Oui, quelqu'un, ce jour là il m'avait pourtant assuré qu'il se préparait à son combat, au sine missione du lendemain et pourtant le garde qui le suivait m'a bel et bien décrit le portrait d'une femme, Priam m'avait menti.

- Tu es distrait Priam, toute ta concentration n'est pas sur ce combat. Étais tu aussi distrait ce jour là, le jour où tu as chuté, où Remus t'a ridiculisé, où tu as perdu ton titre? Pourtant tu t'étais bien isolé pour bien te préparer et te concentrer, seul... Ou avec une certaine blonde aux yeux vairons. Tu pensais que je n'en saurais rien, tu pensais pouvoir passer la nuit avec une esclave du ludus Naevius sans que personne ne soit au courant? Mais regardes toi Priam, tu es un esclave ! Tu n'es rien sans tes maîtres !

Je veux le stimuler, appuyer là où sa fait mal, je veux déclencher une réaction chez un gladiateur qui s'était effondré plus bas que terre. Ai-je réussi, je vais bientôt le savoir puisque le dimachère attaque à nouveau. Je connais sa technique, je connais ses forces et ses faiblesses, je connais ses attaques et je connais celle-là. Je bloque ses deux lames avec ma seule épée puis, lorsque nos deux visages sont au plus près, je lui assène un coup de boule bien placé. Le nez en sang, il recule de quelques pas.

- Tu as de la haine en toi, tu as de la colère mais tu ne t'en sers pas.

Cette colère qui alimente la volonté de vaincre, cette colère qui nourrit la soif de victoire, cette colère qui fait gagner un combat, Priam la laisse le détruire, il la retient au lieu de la laisser s'exprimer, il retient ses coups au lieu de les asséner avec toute la force et la vitesse qu'on lui connaît, il perd au lieu de me terrasser...
Mes mots semblent enfin avoir fait mouche, en l'observant je vois ses poings plus serrés, sa mâchoire plus contractée, son regard plus noir qu'avant, son esprit est enfin concentré sur l'instant présent. Tel un fauve enragé le Perse fond sur moi, ses lames virevoltent dans la pénombre du soir et en une fraction de seconde il est sur moi. Ses gestes sont plus rapides, plus puissants, moins prévisibles que précédemment. Les épées s'entrechoquent et se repoussent, des morceaux de bois commencent à s'enlever des glaives d'entraînement tandis que Priam veut me faire reculer mais je ne lui laisse pas se plaisir. Les coups pleuvent de part et d'autre sans pour autant faire mouche, on est entré dans une danse infernale où l'enjeu est de rester debout. Soudain je trouve la faille dans sa défense, ses glaives sont trop lions pour parer mon coup et j'abats mon épée de toute mes force... Dans le vide. Le corps de Priam s'est dérobé, le dimachère a esquivé mon coup d'une roulade bien maîtrisée et se trouve maintenant à quelques mètres de moi.

- Tu m'as menti Priam, tu m'as déçu, mais plus que tout tu as déshonoré ton nom, ton ludus et tes maîtres. Qu'as tu fait ce soir là? Qu'as tu fait avec cette catin de Naevius? Tu n'as aucun droit en ce monde, ton corps, ta vie, tes émotions, tes sentiments, ce n'est pas toi qui en décide mais tes maîtres ! Ils peuvent faire cesser ces rencontres, ils peuvent t'enlever ce qui fait de toi un homme, ils ont tout pouvoir sur toi.

Le revoilà à la charge, cette fois-ci je suis bien contraint de reculer. La flamme de la torche que j'ai posé il y a plusieurs minutes commence à s'épuiser et tandis que l'obscurité grignote de plus en plus d'espace, Priam me grignote de plus en plus de terrain. Ses coups sont précis, puissants et rapides mais il lui manque une certaine vision du combat, il ne trouve pas les points faibles de l'adversaire alors que j'en laisse quelques uns très nets. Il tape sans réfléchir, enchaînant des coups qu'il maîtrise à la perfection mais qui ne me mettent pas en danger. Alors qu'il prépare une nouvelle attaque je m'engouffre dans une brèche dans sa défense, le projetant à plusieurs mètres devant moi. Le dimachère, étalé de tout son long, mange une nouvelle fois du sable.

- Peut être n'es tu pas fait pour être un gladiateur, peut être que l'on devrait te renvoyer dans le trou dont tu viens. Tu y sera plus à ton aise, la crasse, la pourriture, la honte ça tu connais, tu aimes ça, hein? Tu fais tout pour les retrouver en tout cas. Peut être que les combats sans honneur, sans gloire, seulement pour quelques minables pièces sont faits pour toi, tu n'es rien de plus qu'un chien, un chien enragé  qui se prend pour un lion.

Je veux qu'il contrôle sa colère, qu'il la domine, qu'il l'utilise pour vaincre au lieu de la laisser prendre le dessus. Je sais qu'il a le potentiel pour le faire.
Alors qu'il peine à se relever je crie à son encontre.

- Ils avaient raisons, tu n'étais pas digne du titre de champion, tu n'étais pas digne des honneurs que tu as reçu, tu n'es pas digne de ce ludus, tu n'es pas digne d'être un gladiateur.

Dans un ultime effort l'ancien champion réussit à se remettre debout, je lui fais signe d'approcher en repliant mes doigts sur la paume de ma main.

- Encore !

Les choses sérieuses doivent désormais commencer si Priam veut espérer être à nouveau le champion de Pompei.
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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Jeu 14 Aoû - 14:44




I will not die a faceless slave forgotten by history
Voroncius & Priam




Je tressaillis comme il me confronte au souvenir de ce jour-là. A son souvenir. Je ne cherche pas à nier cette vérité qu’il sait déjà. Depuis combien de temps sait-il que je lui ai menti –dissimuler la vérité serait plus exact- à propos des instants précédents ce combat? Mais elle et moi  n’avons pas… Il s’agissait pas de ça. Il ne s’est jamais agi de cela. La méprise de Voroncius autant que la servitude qu’il me jette au visage fait gronder en moi une révolte sourde. Ma défaite et ma honte ne sauraient lui être imputées. Peut-être aurais-je pu mieux me préparer et gagner de ce fait, pourtant aurais-je le pouvoir de changer la course du temps et de revenir en arrière, je n'échangerai aucune seconde passée en sa compagnie.
Mû par le sang qui remonte le long de mes veines comme la sève dans un arbre, je fais fis de ma lassitude et m’élance de nouveau à son encontre. Une nouvelle attaque qu’il essuie avec autant de facilité et de brio que les précédentes. Je ne me résous pas pour autant à lui céder si facilement le terrain et alors que nos lames de bois se croise je rapproche mon visage du sien. Nos deux regards se livrent un combat tacite, de mâle dominant à mâle dominant. Je ne suis pas « rien ». Je n’ai jamais été « rien ».

Voroncius brise ce face à face tacite en venant écraser son front contre mon nez. La douleur me saisit un instant mais je la balaye d’un revers de la main en même temps que le sang qui s’écoule de mes narines. Ca oui, de la haine, de la colère, j’en éprouve. J’en éprouve tant qu’il me semble que lui laisser une porte entrouverte reviendrait à la laisser s’emparer de moi tout entier et m’engloutir totalement. Alors je m’efforce de la contenir, de la subir. Voroncius m’invite à la laisser parler et à prendre empire sur elle. Les Dieux savent comme j’aimerais la maitriser plutôt que de la laisser me malmener de la sorte. J’en ignore encore le moyen…
Je l’attaque de nouveau, mû par ce grondement sourd qui n’attend que d’être libéré. Face à ce brasier intérieur qui me consume et que je ne suis pas certain de contrôler totalement, Voroncius ne me semble soudain plus être le combattant invincible que je voyais en lui au début de notre duel. Redoutable, certes. Féroce, à n’en pas douter. Puissant et expérimenté, bien plus que moi. Mais invincible, non.

Cette pensée, aussi fugace soit-elle, réchauffe mes membres engourdis et timorés par la défaite et notre passe d’armes, cette fois, dure bien plus longtemps que les précédentes. Je cherche ses failles qu’il dissimule habilement, sans parvenir à les trouver et ce constat ne m’en électrise que davantage. Je vois sa lame fondre sur moi et mon instinct semble à son tour s’éveiller d’une longue gueule de bois. Voilà bien longtemps que je n’avais esquivé de la sorte, l’effort me saisit et il me faut quelques instants de répit pour retrouver mon souffle.


Voroncius lance une nouvelle offensive. Non pas avec ses armes mais cette fois en paroles. Me confrontant de nouveau à mon statut d’esclave, à cette sous-humanité qui me révulse. Prononçant à voix haute ce que je sais, crains et déteste par-dessus tout. Mais plus encore, il parle encore d’elle. Ou plutôt il utilise ce mot. Catin. Ma fureur se fait telle qu’elle en fait trembler mes poignets et que mes doigts se contracte douloureusement autour des pommeaux de mes sicae de bois. Mon instinct pousse mon corps à la charge tandis que le sang faire bouillir mes veines.

Son souvenir m’enveloppe et me submerge. Pendant des semaines j’ai lutté, je me suis interdit d’y penser, jusqu'à son prénom. Sa douceur, sa lumière, la caresse de sa main sur ma joue, et le bien-être en sa présence. Des souvenirs trop doux pour ma déchéance. Des souvenirs que je ne méritais pas et qui ne faisaient que creuser un peu plus ma honte et mon déshonneur. J’en avais oublié cet espoir qui m’avait fait lever la main dans l’arène et demander la grâce. Celui de la revoir, encore.
Je ne suis plus sûr d’en être capable : elle est celle qui me donne le plus envie d’être homme et devant laquelle je crains le plus de me montrer en tant que tel. Je l’avais rencontré Champion, je ne le suis plus à présent et c’est comme si je n’étais plus rien.

Si je m’en suis éloigné de mon propre plein gré, aux paroles du Doctore, je crains que sa prophétie s’avère et que l’on me tienne à l’écart de sa compagnie. Je n’y avais songé auparavant, mais si Doctore sait, qui d’autre peut le savoir et porter dessus un regard désapprobateur ? Nous ne sommes rendus coupables d’aucune autre faute que de converser, mais peut-être que cela en lui-même constitue une trahison à l’égard de nos maîtres respectifs. Je l’ai longtemps cru, elle aussi peut-être.
Quant à ce qui se terre en mon for intérieur, j’aurais toutes les peines du monde à en embrasser les contours. Je ressens les symptômes sans rien comprendre ni connaitre de la maladie.

J’ai pourtant à l’esprit qu’il me faut réparer l’outrage prononcé par Voroncius, et murs par ce but mes sicae l’acculent comme rarement depuis le début de notre duel et depuis ma défaite. Pourtant cela ne suffit pas et Voroncius me terrasse une fois de plus. Ses lèvres me crient ce que mon âme a nourrit au plus profond d’elle-même, ces idées noires que je n’avais de cesse de me répéter tout en les combattant au point presque d’atteindre la folie.
Alors qu’il m’intime de me relever, je lève mon regard vers lui. Ce roc, cette légende de sable et de sang incarne ces démons qui m’obsèdent et me tourmentent. Il leur donne corps et chair et en fait un adversaire tangible. Puissé-je le vaincre et entrevoir la possibilité de les vaincre de la même manière.


Je ne fais pas de difficultés cette fois pour répondre à son appel et m’élance derechef. Plus rien n’importe, ni la fatigue, ni les coups, ni la lassitude. Il faut que cela cesse. Il le faut. Je sens les remparts contenant ma haine s’abattre un à un et son flot m’envahit comme je songe aux outrages trop longtemps contenus et encaissés. Je prépare mes lames en position de combat et alors qu’il se campe pour absorber le choc, je m’évanouis de sa vue pour glisser sur le sable et me relever derrière son dos.
J’amorce une attaque qu’il pare cependant avec brio, je devine pourtant la surprise dans ses yeux. Je comprends qu’il ne me faut pas lui laisser l’occasion de prendre de nouveau l’avantage sur moi où il n’en fera qu’une bouchée. Je profite donc de cet instant d’hésitation pour faire pleuvoir de nouveau mes coups sur lui, nos lames de bois s’entrechoquent comme les gouttes d’orage martèlent la terre.

Une pour chaque fureur qui m’habite. Pour me dénier depuis l’enfance mon statut d’homme. Pour ces coups de fouet reçus. Pour avoir fait de moi une marchandise à la valeur fluctuante. Pour les caprices endurés et le silence imposé. Pour cette main levée en signe de reddition. A cette dernière pensée, ô combien douloureuse, je laisse échapper un cri qui accompagne mon attaque. Un cri de rage et de douleur mêlé. Libérateur.

Conscient de ma propre limite à conserver trop longtemps l’avantage dans cet échange, je m’écarte légèrement pour relever ma jambe et asséner un coup de pied dans l’estomac de Voroncius. Le choc le fait reculer et je feule à son endroit, menaçant :

-Je suis ce que vous avez fait de moi. Ni un chien, ni un lion, une panthère. Pas un Champion, mais un Dieu.  Pas un esclave, ni un gladiateur, mais un guerrier.  

Profitant de son déséquilibre, je le frappe au visage du pommeau de ma sica. Au lieu de l’accabler de coups comme j’ai coutume de le faire, j’instaure entre nous une distance raisonnable pour mieux penser mes coups et anticiper les siens. Je tiens ma garde résolument baissée comme il une invitation à s’approcher : si je craignais ses coups, je m’en protégerais sur le champ et il saurait quelle emprise il a sur moi. Dans l’arène, notre attitude a autant de poids sur l’adversaire que nos attaques directes. Je l’attends.
Possédé par cette fureur qui transpire de tout mon être, j’en oublie une seconde, infime, la hiérarchie qui nous sépare :

-Et d’ailleurs son nom est Eirene. Ne l'offense plus jamais comme tu l'as fait en ma présence.

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Priam dit bonjour:
 
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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Dim 24 Aoû - 17:12

I will not die a faceless slave forgotten by history


You will fight, or fall where you stand




Gladiateur, les mots ne sont pas assez fort pour ce que ces dix lettres représentent. Nous vivons pour la foule et par la foule. Nous vivons pour la gloire, pour les ovations, pour l'honneur, pour la victoire et si nous devons mourir notre mort sera dans l'arène par le glaive de l'un des nôtres. Priam était l'un des meilleurs gladiateurs de Pompei, un champion qui déchaînait les foules et qui amenait du spectacle, un titan qui faisait mouiller bien des femmes et rêver bien des hommes. Il était un dieu de l'arène au sommet de son art mais il a tout perdu, son titre de champion, son honneur, le respect, la foule, son talent... Il n'est plus rien désormais, rien qu'un gladiateur parmi tant d'autre, un esclave qui a perdu les faveurs de ses maîtres. Le Perse n'est plus que l'ombre de lui-même mais ce soir il remontera sur le devant de la scène, qu'il faille le faire travailler une heure ou jusqu'à l'aube je le ferais, il ne quittera le sable qu'en champion ou il ne le quittera pas. Qu'il doive me haïr ou m'aimer, qu'il doive me voir en tant que monstre ou qu'ami je me promet de lui faire remonter cette pente infernale comme je l'avais remonter il y a des années de cela.

C'est en esclave qu'il est tombé, c'est en champion qu'il doit se relever et pourtant c'est comme un enfant en colère qu'il semble revenir à la charge. Mes mots n'auraient-ils donc servis à rien ?  Ce talent qui semblait être le sien serait-il un mensonge, son titre de champion un coup de chance ? Je l'observe depuis de nombreuses années, il a toujours eu le potentiel pour être une légende de l'arène, pour avoir sa statue dans le ludus Lucretii, me serais-je trompé à ce point ? Peut être n'est-il tout simplement pas à la hauteur, peut être ne peut-il pas être plus fort, plus imprévisible...

À peine cette pensée se fraye un chemin pour m'occuper l'esprit que Priam vient me contredire. Alors que je l'attendais comme à chaque fois, campé sur mes positions, prêt à parer son attaque frontale habituelle, le voilà qui se jette au sol pour se relever dans mon dos. La surprise m'atteint, enfin il retrouve sa vivacité, son imprévisibilité qui l'a amené si haut dans l'arène. Mais il en faut plus pour me battre, beaucoup plus...
Ses coups pleuvent, toujours plus rapides, toujours plus puissants, me forçant à reculer. Le dimachère a le dessus pour le moment, c'est indiscutable mais je commence à lire ses attaque, anticiper les trajectoires de ses sicaes, encore un peu et...

Ce cri, je le connais. Ce cri rageur, je l'ai lâché des années auparavant alors que j'étais moi-même dans la position de Priam, en plein doute. Par ce cri il me signale inconsciemment que mes paroles ont fait mouche, que mes coups ont touché bien plus que sa peau et que ses muscles, il me signale qu'il est prêt à réapprendre à gagner, qu'il est prêt pour redevenir un titan et reconquérir son titre, qu'il est prêt à devenir le meilleur. À ce moment précis ce n'est plus seulement contre moi qu'il se bat mais contre tout ce qui l'a bloqué, qui l'a rabaissé à ce niveau depuis sa défaite contre Remus, à commencer par lui-même. Mais ceux qui me connaissent savent que ça ne me suffit pas, il me faut plus, toujours plus, il me faut avoir la certitude qu'il a dépassé son niveau, qu'il est à nouveau l'homme à battre, celui contre qui il est inutile de parier, il me faut la perfection.

Son pied vient trouver mon ventre pour mettre fin à l'échange et le chien blessé se sent pousser des ailes. Ses mots sont emplis de colère et de rage, il me les jette à la figure mais c'est sur lui qu'elles font effet, il gagne en confiance et en maîtrise, il vit le combat comme si sa vie en dépendait, il combat en gladiateur. Un nouveau coup m'atteint au visage avant que j'ai le temps de réagir et tandis que je recule de quelques pas pour m'éviter une autre mauvaise surprise du même genre je le vois devant moi avec son arrogance légendaire m'inviter à l'attaquer. Il me cri à nouveau dessus, me montrant par la même occasion sa plus grande motivation dans ce combat, ce qui peut être son point faible comme sa plus grande force. Je souri.

- J'ai touché un point sensible on dirait... Bien, très bien.

Je crache au sol, mon sang se répand sur le sable tandis que je m'essuie la bouche avec ma main gauche. Je reporte mon attention vers Priam. Le dimachère a juste assez de haine pour l'utiliser et la maîtriser dans le combat mais arrivera-t-il à canaliser un surplus d'émotion ?

- Tu étais tout cela, tu avais tout pour réussir mais tu as changé. Tu es devenu celui que tu as choisis d'être, pas une panthère mais un chaton, pas un guerrier mais un sous homme, pas un dieu ni même un champion mais un moins que rien qui se cache sous les jupes de sa putain pour échapper à la réalité !

Je m'élance vers lui bien décidé à le faire toucher terre une fois de plus. Eirene est sans doute la plus grande faiblesse de Priam car il ne sais pas utiliser ses sentiments pour gagner, c'est nouveau pour lui mais ça peut devenir sa plus grande force s'il apprend à en faire une arme de volonté. Parmi tous les titres de champion que j'ai gagné certains d'entre-eux je les dois à ma femme et mon fils, non pas que je leur montrais un quelconque surplus d'affection mais que leur seule pensée me donnait la volonté de lutter même lorsque tout semblait perdu, la force de continuer pour pouvoir les revoir le lendemain, je ne pouvais pas mourir lors de ces sine missiones.

Dès le premier contact entre nos glaives de bois je comprends avec un certain plaisir bien dissimulé que Priam a enfin apprit à canaliser sa colère et ses sentiments et ce, qu'ils soient omniprésent comme à l'instant ou non. Depuis le début de notre combat j'avais l'habitude de dominer l'échange si on excepte bien sûr le moment où Priam m'a prit par surprise mais dans cet échange de coup je le sens plus précis, plus virevoltant et plus puissant que moi, je sens la haine l'envahir pour finalement s'abattre sur le bout de bois que je tiens fermement entre mes mains. Je dois me contenter de défendre, étant continuellement mis sous pression, attendant patiemment de trouver une ouverture dans la défense de Priam. Soudain elle apparut, le dimachère préparait une attaque avec ses deux sicaes simultanément laissant son ventre totalement à découvert et à la merci de mon pied droit et mon bon quarante-neuf de pointure. Mon enchaînement est parfait, je bloque son attaque avec mon glaive d'entraînement tandis que dans le même temps mon coup atteint sa cible, mais alors que je pense ma victoire totale, ses sicaes m'atteignent en plein visage. Je recule de plusieurs mètres tout comme lui je suppose, son attaque était musclée et en aurait assommée plus d'un. Je m'étonne d'ailleurs qu'il m'ait atteint car je suis persuadé d'avoir paré son coup, un rapide coup d'œil vers mon arme me fait comprendre la raison de ma douleur. Je ne tiens entre mes mains qu'un bout de quelques centimètres de long, le bois s'étant cassé avec le choc l'autre bout de mon arme trainait sur le sable à quelques mètres de mes pieds, me voilà désarmé bien malgré moi.

Je pourrais donner le signal de fin du combat mais je n'en fais rien, Priam ne m'a pas encore totalement convaincu, j'en attends plus peut être trop mais pour moi ce n'est jamais assez. Je vais pour me diriger vers le coffre où sont entreposées les glaives d'entraînement lorsque j'aperçois, posé contre le poteau le plus proche, la lance et la Parma, un petit bouclier hémisphérique, les instruments d'un hoplomaque. Un sourire embelli mon visage tandis que je m'empare de ces armes de bois. Je n'ai pas manié la lance depuis des années, depuis que je suis doctore en fait; Même lorsque j'ai entraîné Priam pour son premier sine missione contre Fortius j'avais seulement utilisé le glaive d'entraînement. Oh, mais que vois-je cher lecteur, douteriez-vous de mes talents après une si longue période sans toucher une lance ? Sachez que pour moi le maniement de cette arme c'est comme monter à cheval, je l'ai dans le sang et je ne l'oublierai jamais. Inquiétez vous plutôt pour Priam car même en ayant retrouvé une partie de sa superbe il ne me connais pas avec la lance. C'est d'ailleurs en lui tournant le dos pour m'équiper tranquillement et pour le provoquer en lui montrant délibérément ma face la plus vulnérable alors que le combat n'est pas terminé que je lui lance.

- Allez petit, montre moi ce que tu appelle un vrai champion.  



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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Lun 27 Oct - 21:58




I will not die a faceless slave forgotten by history
Voroncius & Priam




Voroncius pousse un peu plus loin dans la provocation. Peut-être ne devrais-je pas relever. Peut-être devrais-prétendre n’avoir rien entendu. Pourtant, si je suis capable de bien des prouesses dans l’arène, de bien des dissimulations quotidiennes, je suis incapable de celle-ci. Incapable de feindre l’indifférence ici et ce soir.
Peut-être parce que le sujet me touche trop. Peut-être parce que je souffre depuis bien trop longtemps de ne pas être entendu. Jamais. A croire que je n’ai pas de voix ou bien que les autres n’ont pas d’oreilles. Pourtant, j’ai tant à dire ou à exprimer que le feu brûle sous ma poitrine, n’attendant que son heure pour se déverser sur le monde.  

Ma mâchoire se crispe comme mes phalanges autour des manches de mes lames. Par tous les Dieux… Qu’est ce qu’elles viennent faire là… Je les sens me nouer la gorge, faire trembler mon menton, piquer mes yeux, vouloir se frayer un chemin jusque sur mes joues. Putain, non.  Pas maintenant. Plus tard peut-être lorsque je serais revenu dans la solitude de ma cellule. Pas là, pas devant lui.
Je comprends pourtant que toutes ces années de frustration endurée n’ont pas, contrairement à ce que je pensais précédemment, été effacées lorsque je suis devenu Champion. Je peux le redevenir demain, ce soir même. Je le peux, je le sais. Mais est-ce vraiment suffisant ? Pour m’ôter ce fardeau que je traîne, ces chaînes qui m’entravent, cette marque d’infamie ? Non bien sûr, pourtant c’est un moyen de me les rendre supportables, vivables. J’en ai découvert depuis peu un autre, non sans promesses d’espoir.

Un nouveau râle et je fonds de nouveau à l’assaut de mon instructeur, préparant une attaque dans laquelle j’insuffle toute ma violence contenue. Nos glaives se rencontrent et je sens l’onde de choc remonter en fourmillement tout le long de mes bras jusqu’à mes épaules, puis le long de mon dos. Tandis que je m’attends à voir Voroncius plier, son pied vient me repousser et m’incite de la plus rude des manières à prendre le large. Toute l’énergie contenue dans nos corps s’additionne et je recule sur plusieurs mètres, manquant de peu de mordre de nouveau le sable.


Le glaive de Voroncius ne mérite plus guère que le terme d’ « écharde », pourtant il semble encore bien loin d’en avoir fini avec moi.
Le souffle court, je le vois s’emparer des armes typiques de l’hoplomaque, son style de prédilection. D’un revers de poignet, j’essuie la sueur qui dégouline de mon front, en préparation de la nouvelle épreuve qui m’attend. Je connais suffisamment bien la légende qui entoure notre doctore, je sais comment il a acquis ses titres de gloire. Ainsi armé, ce n’est plus Voroncius qui se tient devant moi, mais Brennus.

Champion de Lucretius et de Pompéi depuis des lustres avant même que je sois dans le ventre de ma mère, dont les anciens radotent encore les exploits, dont on entend parfois encore le nom résonner dans l’enceinte de l’amphithéâtre lorsque certains nostalgiques s’offusquent devant un combat de gladiateurs médiocres.
J’ai toutes les raisons de me sentir aussi vulnérable et humble qu’un enfant dans son ombre, et c’est ce que je suis sans doute à ses yeux. Pourtant, depuis la première fois depuis le début de notre entrevue musclée, je sens un sourire se dessiner sur mes lèvres. Il ne reprendrait pas la lance et le parma s’il n’avait pas le souci de se montrer redoutable. Il sait ce qu’il vaut ainsi armé. S’il me pensait vraiment incapable de tenir la concurrence, il ne se donnerait pas cette peine. A quoi bon ?
Ma position présente et mon corps déjà rompu devraient m’inciter à la modestie et à l’humilité, pourtant je ne peux m’empêcher de m’enorgueillir de l’honneur qui m’est fait, du défi qui m’est lancé et j’ai à cœur de m’en montrer digne. Et redoutable, moi aussi.

Ce combat contre un hoplomaque ressemble fort à une réminiscence de mon combat contre Fortius, celui qui m’a vu lui survivre, lui succéder et devenir Champion à mon tour. Je n’ai plus guère affronté ce type de combattant depuis, si ce n’est aux entraînements. Il me faudra avoir la mémoire des gestes et de l’attitude face à la lance mortelle. Sur l’invitation de Voroncius, je m’élance le premier et nous faisons quelques passes d’armes en guise d’échauffement, bien que je crois être le seul de nous deux à avoir besoin d’un tel prélude.  
Sa maîtrise de la lance n’est en rien émoussée d’après ce que je peux en juger. Pour une attaque qui parvient à le mettre à terre, j’en essuie deux. Pourtant, bien loin de me terrer à l’abri derrière mes lames et d’essuyer sans broncher ses coups, bien que rompu de corps, je me relève et repart à l’assaut inlassablement.

Autant curieux de savoir jusqu’où il est toujours capable d’aller que déterminé à ne pas lui céder le pas, je retrouve mes vieux compagnons de route, Provocation et Esbroufe, pour vous servir…  Alors que je gagne petit à petit de la vitesse dans nos échanges, je trouve à plaisanter :

-Vous avez de beaux restes, doctore. Pour votre âge…

Et cet insupportable sourire vient dévoiler une rangée de dents. Tu pourrais le croire signe d’une insouciance dangereuse, n’en fais rien. Ma concentration n’est jamais aussi intense que pendant ces moments où je prétends le contraire, car si je parviens à déstabiliser l’adversaire par cet irritant chant des sirènes, c’est là que ses failles se font le mieux jour.
Oh je me suis suffisamment pris de coups derrière la nuque et dans les côtes pour savoir que ces petits apartés ne sont pas du goût de Voroncius qui préférerait sans doute me voir tout entier focalisé sur mes attaques et mes parades que de laisser libre cours à mon instinct indiscipliné.
Pour l’heure, quoiqu’il en soit je tiens la distance. Voroncius aussi et aucune faille ne se laisse voir. Mon petit commentaire tient d’ailleurs plus du compliment que de la pique. Il manie sa lance comme un dard mortel, avec une force brute et pourtant une grâce presque insoupçonnée et insoupçonnable chez le solide Gaulois.

Alors que je tente finalement une manœuvre vers son flanc, son petit bouclier vient embrasser de toute son amplitude ma joue gauche et je me retrouve ainsi magistralement mouché de mon insolence passée. Au lieu de me trouver abattu par ce revers, comme j’aurais pu l’être quelques minutes auparavant, cette gifle à mon orgueil accroit ma rage de vaincre et tandis que Voroncius s’apprête à abattre sa lance sur mon corps recroquevillé au sol, je repousse violemment la lame avec les miennes avant de me remettre debout et de prendre de la distance.


J’ignore comment il a réussi ce tour de force, comment il a réussi à raviver la flamme dans mes tripes. Pourtant, je la sens, là, qui réchauffe mon corps engourdi par le désespoir, le sang figé dans mes veines, mon esprit abattu par la lassitude. Un tour de force oui, d’avoir réussi à vaincre une caboche aussi bornée et butée que celle qui trône sur mes épaules.

Ce geste d’ailleurs, ce revers est le premier coup que je parviens à anticiper depuis longtemps. Tellement surpris par cette pensée et mes capacités retrouvées que j’en perds ma concentration un instant. Alors, profitant de cette seconde d’absence, la lance de Voroncius fuse en direction de mes jambes et d’un saut, tardif presque inespéré, je parviens l’esquiver.
La pointe vient se ficher dans le sol meuble avec vitesse et violence, au point de s’enfoncer de presque une bonne coudée. Et tandis que je vois Voroncius lutter pour l’extirper de son socle de fortune, sans avoir encore eu le temps de dégainer sa deuxième arme, un coutelas, un éclair fuse dans mon esprit. Voilà bien longtemps que je n’ai su cerner ma chance avec tant de clairvoyance.

Je saute à pieds joints sur la lance ainsi inclinée vers le sol et parvient à la faire rompre sous mon poids. Les doigts toujours agrippés au manche,  désormais dépourvu de lame, Voroncius vacille sous le choc, puis perd son équilibre. Mû par une combattivité décuplée, j’arrache l’extrémité de la lance resté fiché dans le sol. Voroncius amorce le geste de se relever. Je resserre mes doigts sur le bois du manche, fais volte-face et je frappe.

Quelques centimètres. Je ne dois qu’à mon instinct le réflexe d’arrêter ici la course de mon bras, à quelques centimètres de sa gorge. De me souvenir qu’il n’est pas un ennemi, que nous ne sommes pas dans l’arène, ni lors d’un sine missio. Qu’il n’est pas Fortius.

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Priam dit bonjour:
 
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Message(#) Sujet: Re: I will not die a faceless slave forgotten by history ₪ Voroncius Sam 27 Déc - 1:18

I will not die a faceless slave forgotten by history


You will fight, or fall where you stand




Je m'étais replongé dans mon passé en touchant ces simples objets. Voilà une éternité que je n'avais plus manié la lance dans un combat de gladiateur. Mes succès, mes échecs, mon histoire dans l'arène... tous cela et plus encore, je l'avais forgé entre les murs de l'amphithéâtre, sur le sable de l'arène, à la pointe de ma lance et au contact de mon bouclier. Après mon premier titre de champion de Pompei je m'étais cru invincible, le jeune prodige bien au-dessus des autres, j'étais devenu trop confiant, trop arrogant, moins concentré, moins... bon tout simplement. Alors quand je subis ma première défaite autant dire que je tombais de très haut, j'étais en colère contre moi-même, contre les autres, contre les dieux mais cette colère me dévastait. Mon doctore de l'époque m'avait envoyé m'entraîner avec les provocators, les gladiateurs débutant, et pendant deux mois j'y appris l'humilité, que la gloire est éphémère si elle n'est pas suivie de travail et de discipline. Puis un jour, le doctore était venu me voir pour m'annoncer que j'allais combattre le lendemain. Ce jour-là j'aurais pu battre n'importe qui et mon doctore le savait tout comme je le savais aujourd'hui.

Priam était prêt. Prêt pour combattre, prêt pour se surpasser, prêt à verser le sang. Il était prêt comme jamais il ne l'avait été depuis sa victoire face à Fortius, ce jour-là il n'avait pas seulement gagné un titre, il avait terrassé un géant, brisé une légende et s'était accaparé les faveurs de la foule. Aujourd'hui j'avais opté pour mes armes fétiches parce qu'il n'y avait qu'avec ça que je pouvais avoir une chance de gagner. Parce que oui, je cherchais à gagner, je voulais que Priam aille jusqu'au fond de lui-même, qu'il aille chercher cette victoire avec ses tripes, ça devait venir de lui et non de moi.

Les premières passes d'armes avec ma lance furent musclées mais je me contentais de me jauger, de le jauger. Priam lança en premier les hostilités avec un bon combo d'attaques dont le dernier coup réussi à m'envoyer à terre. Aussitôt, le dimachère chercha à m'attaquer alors que je ne m'étais pas encore remis sur pieds mais ses siccaes ne rencontrèrent que le bois de mon bouclier alors que ma lance le déséquilibrait avec un coup latéral sur son pied d'appui.

Nous nous relevions ensemble pour continuer l'affrontement de plus belle. Priam en profita pour me lancer une petite pique, sa première depuis le début de notre affrontement. D'habitude je n'appréciais pas ce genre de provocation dans un combat, il se déconcentrais pendant quelques secondes et je n'aimais pas ça mais aujourd'hui c'était différent parce que cette simple petite phrase montrait le retour du Priam que je connaissais, le retour d'un champion, j'étais à deux doigts d'avoir atteint ce pourquoi je l'avais fait combattre. Je souris à cette idée, il me semblait clair désormais que j'avais fait le bon choix. Sa défaite contre Remus, les récentes défaites des gladiateurs Lucretii face au ludus Naevii étaient aussi ma faute, je ne les avais pas assez préparé, pas assez entraîné, je ne les avais pas poussé dans leurs retranchements à l'entraînement alors il m'avait fallu me remettre en question, forcer mes séances d'entraînement, les faire travailler jusqu'à ce qu'ils en crachent leurs poumons.

Pour ma part je m'abstenais désormais de tout commentaire, mes paroles avaient déjà fait mouche et en rajouter ne pouvait que détruire ce que j'avais réussi à redonner à Priam, l'envie, la rage de vaincre qui s'était enfoui au plus profond de lui sous le poids de la défaite. Mais loin de le laisser gagner, je l'envoyais au sol d'un revers de bouclier avant d'enchaîner par une attaque avec ma lance. Le coup fut paré avec brio par mon adversaire qui en profita pour se remettre debout. Loin d'en être déstabilisé par cette parade, j'enchainais avec une autre offensive en direction de ses jambes, je voyais d'ailleurs déjà mon coup toucher son but lorsqu'au dernier moment Priam esquiva mon attaque d'un bond.

Étonné par cette esquive tardive, je laissais mon arme finir sa course dans le sol, s'enfonçant de plusieurs centimètres à mon grand regret. Le reste fut très rapide, Priam cassa ma lance avant de m'envoyer au sol et le temps d'essayer de me relever il me tenait sous son emprise.

On était resté plusieurs secondes comme ça, moi un genou à terre et lui debout tenant le bout de ma lance dont l'autre extrémité me chatouillait le menton. Puis, lentement, je relevais la tête jusqu'à le regarder droit dans les yeux avant de faire le signe de la reddition marquant la fin du combat.
Je me redressais alors pour lui faire face, j'avais peut être perdu le combat, mais combattant je ne l'étais plus depuis longtemps, j'étais doctore et en tant que tel la victoire de Priam était aussi ma victoire.

« Demain tu t'entraineras avec Suspirium. Retournes dans ta cellule maintenant. »

J'avais toute confiance en mon fils pour être certain qu'il ne le ménagerait pas. Je les ferais combattre toute la journée s'il le faudrait, sans même s'arrêter pour boire ou manger, mais au prochain combat contre les hommes de Naevius chacun des gladiateurs dont je devais assurer l'entraînement serait prêt.
Tandis que le dimachère commençait à disparaître de ma vue, je lui lançais une dernière phrase.

« Priam, l'important n'est pas de savoir comment tu es tombé mais si tu as la force de te relever. N'oublies jamais plus qui tu es, ce dont tu es capable... Ni pour qui et pour quoi tu te bats. »

Aussitôt après je parti en direction des torches que j'avais installé, dont les derniers éclats de lumière commençaient à vaciller, laissant seul le Perse à ses pensée et à sa victoire.



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Force et Honneur

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