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Venus
Lun 28 Avr - 20:49
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Venus Pompeiana
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Jour d'élections à Pompéi


1er jour des Kalendes d'Avril an 725 AUC
« Le vote est clos ! »

L
e flamine de Jupiter lève haut les bras vers le ciel depuis son promontoire. A l’ouest, les derniers rayons du Soleil viennent de disparaître dans la mer et derrière les édifices du forum. Les citoyens rassemblés sur la place publique font peu à peu silence. Venus tend davantage l’oreille.

Depuis le petit matin, elle n’a eut de cesse d’observer ce que les habitants de sa cité nomment chaque année, non sans humour : « fluctus in simpulo», « la tempête dans un verre d’eau ». Comme de coutume, au terme d’une campagne électorale plus savoureuse que jamais, ils se sont pressés nombreux ceux qui portent l’honneur et la dignité de citoyen pompéien dès les premières heures de l’aube, dès l’ouverture du scrutin, au comitium où siège d’ordinaire l’ordre des décurions. Des nobles patriciens dans leurs illustres atours jusqu’aux modestes pécheurs ou petits propriétaires agricoles des campagnes alentours. Les femmes, les esclaves et les enfants de citoyens s’ils sont exclus du vote, accompagnent bien souvent le paterfamilias, c’est là l’occasion d’une journée passée dans l’effervescence de l’opulente Pompéi.

Tout s’est déroulé comme un rituel religieux, invariable et immuable, selon la loi et la coutume. Chaque citoyen réparti selon sa tribu, après avoir décliné son identité au citoyen de son bureau, s’est vu remettre une tablette de cire vierge et après s’être isolé pour y inscrire le nom de ses favoris aux charges de duumviri, édiles et questeurs, a déposé son suffrage dans une urne inviolable et scrupuleusement surveillée. Peu nombreux sont ceux qui se sont éloignés du forum leur devoir accompli. On se salue, on s’interpelle, on spécule, on argumente, on se dispute. Nul ne saurait rentrer chez lui avant l’annonce de plus en plus imminente des résultats.
Le dépouillement commence enfin, chaque bureau annonce à voix haute ses résultats. Les premiers noms s’égrainent et résonnent dans la vacuité solennelle du péristyle ouvert aux quatre vents du sénat de Pompéi.

Au terme du dépouillement, le crieur public proclame les résultats* :

« Quintus Septimus est reconduit à la charge de duumvir avec 416 voix pour lui. Lucius Pompeius est reconduit à la charge de duumvir avec 408 voix pour lui. »

Venus sourit, une nouvelle fois ces deux personnages confirment leur assise dans les institutions de la cité.

« Appius Gracchus est élu édile avec 386 voix pour lui. Caius Licinius est élu édile avec 344 voix pour lui »

Venus hausse un sourcil. Tiens… Un grain de sable semble s’être glissé entre les rouages pourtant bien huilés de la mécanique politique pompéienne.

« Publius Horacius est reconduit questeur avec 518 voix pour lui ; Marius Caecilius est élu questeur avec 321 voix pour lui. »

Venus soupire de surprise : de mémoire de citoyen on avait rarement vu si éclatante réélection à ce poste, il faut dire que la probité et l’incorruptibilité de l’homme n’avait jamais fait question.
On se réjouit, on se congratule, on se console, quelques applaudissements fusent au fur et à mesure de l’annonce, quelques sifflets et quolibets volent aussi. On se bouscule même par-ci par-là, entre partisans heureux ou mécontents.

Depuis la récente affaire des graffitis en lettres de sang, Venus en est persuadée : plus rien ne sera jamais comme avant à Pompéi. Les destins se font et se défont sans qu’il lui soit besoin d’intervenir. Elle envie parfois -très fugacement- ces vies humaines gouvernées par les passions et l’urgence de leur existence périssable. Certains, dans les jours à venir trouveront péniblement le sommeil. Bien lourdes sont les épaules de celui qui porte une charge…

Venus, elle, est sereine. Car qui, jamais, pourrait lui ravir son siège ?

***

*Note : dans le jeu, la population totale de Pompéi est fixée à 10 000 habitants. Selon les proportions historiquement supposées, les citoyens représentent environ 10% de ce chiffre au début de l'Empire, il est donc décidé que le corps électoral se compose de 1000 individus.

Les citoyens et tout habitant(e) le désirant peut évidemment intervenir dans ce topic.
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Patricien
Ven 2 Mai - 21:57
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Caius Licinius Murena
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Jour d'élections à Pompéi


C
’est avec une fébrilité certaine que je me suis laissé vêtir ce matin, mes doigts commençaient à trembler au moment de réaliser le savant drapé de ma toge et comme je commençais à fulminer, ne faisait que croître mon agacement et mon impatience, Octavia s’est imposée avec toute sa grâce coutumière. Il a fallu toute la patience et le sang-froid de ma femme pour en venir à bout avec dextérité. La douceur de ses gestes et de son toucher pour seules paroles. Il en a toujours été ainsi entre nous, nos humeurs viennent à se confondre et à se faire écho, si bien que le silence est, pour Octavia et moi, un autre moyen de communiquer que les mots.

Elle allait retirer sa main, une fois son ouvrage accompli, et je l’ai retenue, glissant mes doigts entre les siens, les entremêlant jusqu’à former un nœud gordien de nos phalanges. Impénétrable et indestructible. Je n’ai pu prononcer à voix haute tous les tourments qui me serrent les tripes, mais il n’en était pas besoin. Elle savait.
Elle savait combien ce jour était important pour moi et pour les Licinii. Combien j’ai lutté âprement ces derniers mois dans l’unique perspective de ce moment. Combien nos destins en dépendaient, pour le pire comme pour le meilleur.

Bien sûr, ce n’est pas la charge la plus haute, ni la plus prestigieuse que je brigue. Je m’étonnerai presque moi-même de ce manque d’ambition apparent que j’affiche. Pourtant cette édilité tant convoitée vaut pour l’heure à mes yeux bien plus que ma charge de légat honorablement gagnée après de longues années au service de Rome. Elle me placerait au cœur de la vie pompéienne, véritable marchepied dans l’accomplissement de mes desseins. Car avant d’en arriver là, il m’a fallu reconquérir peu à peu ce que les Licinii de Pompéi avaient perdu.
J’ai pu compter sur certains amis de toujours –ils nous en restaient tout de même malgré l’emprise écrasante de ce tyran de Pompeius et de ses sbires- pour mener ma campagne. Et surtout sur une nouvelle génération de citoyens, des jeunes gens qui n’avaient que faire des rumeurs et des vieilles rancœurs d’autrefois, qui ne voyaient en moi qu’un moyen de s’opposer –ou de s’imposer-, sous couvert du secret du vote, à la génération de leurs pères. J’y voyais là une volonté de renouveau de la vie politique pompéienne et même l’adhésion au nouveau régime d’Octave que je représentais -malgré moi, sans en avoir ni la volonté ni la prétention- dans une certaine mesure entre autre par mon mariage et par le parti pris pour le fils adoptif de Jules César que j’avais assumé sans ciller ces dernières années.
En outre, les Dieux avaient placé devant moi une opportunité inespérée de me faire connaître et gagner l’affection de la plèbe en distribuant à profusion assistance et compassion aux affligés touchés par le tremblement de terre de cet hiver. A cette occasion d’ailleurs, ma lumineuse sœur par sa benevolence envers le peuple avait été plus efficace encore pour ma cause que tous les discours pompeux ou les graffiti de la rue de l’Abondance…

V
oilà du moins ce que je ne cesse de me répéter pour me rasséréner tandis que je descends, mutique, ma famille derrière moi, notre rue en direction du forum. Mais pour chacun de ces arguments plaidant en ma faveur, j’en trouve dix pouvant me porter préjudice.
Cet ersatz d’Apollon se fait manger dans la main par tout ceux que la cité compte de plus vils, de plus fats mais hélas aussi de plus influents, par peur ou par intérêt… Allié à Septimus, ils forment un Janus à deux visages inamovible et redoutable… Tel un porc il n’a pas son pareil pour se rouler gaiement dans la fange et en éclabousser tous ceux qu’il en juge digne : ma gens semble en cela être sa cible privilégiée… Et puis je n’oublie pas que pour beaucoup, dans le cas où mon nom n’est pas synonyme de déshonneur, je ne suis somme toute qu’un inconnu, un parvenu même issu de la lointaine et hégémonique Rome, propulsé dans ce qu’il considère comme leur chasse gardée.
Et ce scandale du Dies Lustricus n’y a rien aidé… « Oiseaux de mauvais augure »… Ces mots hantent toujours ma mémoire, comme à l’heure où ils se découpaient en lettres écarlates sur les murs de ma demeure. Que Pompeius ait eu la main dans cette affaire ne me fait aucun doute, quand bien même lui aussi s’est vu éclaboussé par le scandale, il me reste seulement à le prouver. Autant de raisons de douter donc ce matin en déposant mes suffrages dans l’urne.

Le reste de la journée m’a paru d’une lenteur infinie entre les mains de la Fortune, je souris tant, sers tant de mains que mes joues et mes doigts me sont douloureux. Je dois bien lui reconnaître ça à cet escroc, il a dû sortir des cuisses de sa mère en serrant des pognes et en distribuant des accolades, il les enchaîne avec une facilité déconcertante tandis que mon caractère pragmatique de soldat doit encore se policer à ces usages hypocrites. Les femmes de ma famille tiennent parfaitement leur rôle de Romaines, nos esclaves même se montrent irréprochables. Il faut dire que depuis le temps, tous ont eu le temps de saisir l’enjeu et combien eux aussi pourraient être affectés d’une victoire ou d’une défaite. Si je l’emporte ce soir, je veillerai à ce que ce soir soit un soir de fête et de largesses pour toute ma maisonnée, eux compris. Si je perds…

Enfin, le murmure se tait comme la vague se retire de la grève, toute la foule se tourne comme un seul homme vers le crieur public. Faisant fi de mon trouble intérieur, je me compose un masque de circonstance : il me faudra donner le change en cas de défaite, ne rien laisser paraître de ma déception et en cas de victoire, nulle question de laisser éclater ma joie, il me faudra accepter ma charge avec modestie et contenance. Fausses évidemment, mais apparentes.
Septimus et Pompeius duumviri… Encore. Je ronge mon frein. C’était pourtant prévisible, mais je ne crois pas, jamais, pouvoir me faire à la bienveillance de la cité à l’égard de ces chiens.

E
nfin, dans le silence du crépuscule, de nouveau depuis plus de vingt ans, le nom de Licinius vient résonner dans l’enceinte du comitium et lui redonne vie. Mon cœur se soulève dans ma poitrine et je ferme un instant les paupières de vertige autant que de soulagement. Les mains chaleureuses de mes partisans se referment sur mes épaules et dans mon dos. Même celle de mon ami Tullius qui briguait depuis des années déjà cette charge mais que la maladie récente de son fils avait contraint à abandonner la course à la magistrature. Je l’embrasse avec amitié, je n’ignore pas que je dois à ses œuvres passées bon nombre de partisans et de voix aujourd’hui, j’aurais aimé partager avec lui l’édilité. Les battements de mon cœur m’ont rendu sourd au nom de mon co-magistrat, mais je ne me fais guère d’illusion : un pantin de Pompeius sans aucun doute…

Je sens des doigts frais effleurer mon poignet, qui viennent me ramener de la plus douce des manières à la réalité, Domitia a rejoins mon côté. Je me rengorge et lui sourit. Quel père ne serait pas comblé de fierté à l'idée de susciter l'admiration de sa fille? Je pose une main sur sa joue, heureux de pouvoir lui prouver que mes voeux de revenir à Pompéi et de lui imposer de quitter notre vie romaine -son seul horizon depuis sa naissance- n'avait pas été une chimère. Elle sera la première de nous tous à profiter des fruits de mon combat politique, je lui bâtirai un avenir à sa mesure.
Puis je me tourne vers Octavia et notre dernière née dans ses bras, qui a eu le bon goût d’ailleurs de ne pas brailler en pleine annonce, je les embrasse toutes deux sur le front conscient des yeux qui s’attardent sur nous.
Laelia enfin. Nos yeux de glace se croisent. La sens-tu cette fierté ma sœur ? Cette fierté d’être des Licinii, de porter le nom que nos ancêtres nous ont légués ? Cette fierté dont on nous a privé en le maudissant et en le livrant en pâture à la haine et au déshonneur ? Cette victoire n’est pas que la mienne et j’espère que tu le sais… La revanche non plus. Je vengerai notre père et notre mère, et je te vengerai, toi. Je pose mes lèvres sur sa joue et avant que de l’embrasser lui glisse un « merci » dans un souffle qu’elle ne peut qu’être seule à percevoir. Je ne peux lui en dire davantage en public, mais je crois qu’elle comprendra ce que j’ai mis tant d’années et de retenue à lui dire.

Déjà le flamine ouvre la voie vers le temple qui doit nous voir prêter serment, et inévitablement alors que je m’apprête à me détacher des miens pour suivre le cortège, mon chemin vient à croiser celui de Pompeius. Je le toise un instant, il me faut mobiliser toute ma volonté pour réprimer un sourire aussi narquois que mauvais à son endroit. Puis, instinctivement, comme si nous partagions un seul et même esprit –les Dieux puissent-ils me l’arracher plutôt que de lui ressembler en rien un jour !- nous nous adressons une accolade qui se veut des plus chaleureuses. Je me souviens encore de la dernière, perfide et condescendante, qui m’adressa en signe de paix alors que la terre venait juste de trembler. De paix il est toujours question, mais cette fois il semble, à mes yeux en tous cas, avoir perdu de sa hauteur. Irrémédiablement.

- Pompéi t’a renouvelé la confiance que tu as mis tant d’ardeur à conquérir. Tu me vois honoré et désireux d’œuvrer ensemble, main dans la main, pour le bien commun. C’est un avenir plein de promesses que je vois se dessiner…

Le candide y verra une émouvante fraternité. L’averti ne s’y laissera guère abuser.
En guise d’avenir le chaos, et le sang pour toute promesse.
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In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.


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Dernière édition par Caius Licinius Murena le Dim 4 Mai - 9:11, édité 2 fois
Sam 3 Mai - 16:20
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    Le jour tant attendu des élections était enfin arrivé. Licinia Cornelia Laelia avait l'impression d'avoir attendu ce moment depuis des années, des décennies peut-être même. Le retour à Pompei avait été une première étape, dans la reconstruction de l'honneur bafoué des Licinii … Toutefois, bien entendu, il était hors de question de s'arrêter en si bon chemin; revenir à la Villa Diomède était une chose et une bonne chose, mais cela n'était pas suffisant. Il fallait aller plus loin, dans les ambitions de la famille. Laelia soutenait pour cela son frère en tout point: Murena méritait d'aller jusqu'aux plus hauts échelons de la société pompéienne et de prendre sa revanche définitivement sur le passé.

    La campagne pour les élections avait été pour Licinia Cornelia Laelia l'occasion de démontrer à son frère combien elle comptait l'aider à gravir les échelons. Pendant des semaines, elle avait joué à la perfection le rôle de la patricienne. Tantôt auprès de la plèbe, payant pour des travaux de reconstruction après le séisme et prenant le temps de cajoler enfants et vieillards, tantôt auprès des patriciens, auprès de qui elle prenait le temps de sonder leurs intentions et tâchait que son charme convainque aisément les indécis, à rejoindre le camp des Licinii. Murena avait compté sur elle et la jeune femme n'avait pas manqué à ses devoirs. Elle avait donné tout ce qu'elle était en mesure d'offrir, pour aider son frère à être élu. Inlassablement, Laelia avait fait de son mieux pour faire venir jusqu'à leur famille des partisans zélés.

    Dès son réveil, la jeune veuve s'était souvenue de l'éprouvante journée qui les attendait. Xara et elle avaient convenu que la jeune femme devait être habillée d'une manière plus que sophistiquée pour cette journée. Quoi qu'il arrive, que Murena gagne ou perde, elle devrait être irréprochable. L'honneur des Licinii en dépendait. De plus, Laelia n'oubliait jamais ses arrières-pensées de mariage et c'était pourquoi paraître à son avantage était une nécessité de tous les instants. La journée avait ensuite été bien longue, jusqu'au moment où la famille avait pu se rendre pour l'annonce des résultats sur le forum de Pompeii.

    Avec courage et dignité, les Licinii s'étaient rassemblés de manière à être soudés dans l'épreuve. Le silence fait place quand vient le moment de l'annonce des résultats et Laelia retint son souffle. Le visage grave, elle attendait, essayant de paraître sereine. Ce n'était nullement le cas: elle avait l'impression que le sang bouillonnait dans ses veines, son pouls s'accélérait de manière irrationnelle et une légère rougeur colérait ses joues. Elle s'en voulut, de sentir ses joues devenues chaudes sous la tension qui régnait dans le forum.

    Puis vint enfin la délivrance. Dans ce lieu mythique, des années après, son frère avait été lu. Oui, Murena, lui-même, était devenu comme son père un personnage important de la cité et Laelia ne put empêcher un large sourire de venir s'afficher sur ses lèvres, tandis qu'elle observait son frère. L'oeil brillant, Laelia regarda son frère embrassa sa femme et son enfant, avant de se tourner vers elle. Pendant une seconde, deux peut-être, leurs regards ont battu le fer. La fierté était clairement affichée dans celui de la jeune femme, ainsi qu'une émotion qu'elle n'avait pas prévu de ressentir. Si la blessure de leur départ précipité était toujours là, ce soir-là, Laelia avait pu l'apaiser quelque peu. Tandis que son frère allait saluer les autres patriciens, Laelia ne le quittait pas des yeux. Elle s'était reprise, évidemment, mais elle avait les yeux encore un peu humide. Quelle belle surprise … Se rapprochant d'Octavia, elle déposa un baiser sur le front de Gaïa tout en glissant à sa belle-soeur. “-Nous pourrons aller remercier les Dieux … Notre famille est bénie!” Elle le pensait sincèrement, alors.

Patricien
Sam 3 Mai - 17:34
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Lucius Pompeius Publicola
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Je suis d'un calme douteux. Cicero me jette des regards, de biais, très régulièrement, car il a certainement peur que j'explose tout à coup et finisse par éclater la tête de Droso sur le miroir, tandis que le petit est en train de mettre la dernière touche au drapé de ma toge. Ce dernier est comme catapulté sur l'Olympe car il habille le dominus, alors il n'arrive pas à réprimer le sourire immense qui semble littéralement lui fendre le visage. Moi, je ne souris pas, je ne suis pas soucieux, je suis d'une effroyable neutralité. Je n'ai pas un geste plus vif que l'autre lorsque je signifie à mon secrétaire qu'il est temps d'y aller et qu'il peut aller vérifier si toute la famille est réunie dans l'Atrium. J'ai écrit à Marcus, afin qu'il soit présent avec nous en ce moment crucial et j'espère avoir eu gain de cause... Son absence serait par trop remarquée. Je sais de source sûre que bon nombre de ses clients ont soutenu Murena, à l'édilité, et rien que d'y penser... Je soupire et mon poing se serre sur le manche du calame qui se trouve sur la tablette, dans notre cubiculum. Je ferme les yeux un instant pour les rouvrir et sentir la présence de Flavia, venue s'assurer que tout va bien. Mon regard bleu se plonge dans le sien et je déglutit très lentement, tandis que mes doigts relâchent le calame innocent dans cette brouille du père et du fils. Mon épouse m'observe un long moment, comme pour jauger mon masque fier et c'est bien la seule personne à pouvoir saisir, au fond de mes iris assombries par le manque de luminosité de la pièce, l'infime doute qui s'y est niché depuis que je me suis couché, sans trouver le sommeil, hier soir. Elle hoche la tête et je la précède dans l'escalier, tandis que je rejoins toute ma maisonnée.

Les stolas des femmes sont radieuses, très ouvragées tandis que ma toge est d'un dépouillement assez feint. L'oeil attentif peut voir que le tissu blanc est parcouru par multitudes de fils d'or qui près des épaules symbolisent les lions rugissants de notre gens. Je plaque le sourire détendu que chacun me connaît et vais embrasser ma soeur, radieuse dans ses plus beaux atours. Aurea n'est pas présente car c'est son devoir d'épouse que d'accompagner Septimus jusqu'au forum mais pendant un court instant, mes yeux cherchent son sourire mutin. Nous nous mettons en marche, afin de descendre la via Herculanum jusqu'au forum et au passage trouver mes partisans, venus saluer la procession. Plus nous avançons et plus la foule devient dense. Le calme intérieur ne me quitte toujours pas, il est à la limite de la sclérose et mon estomac me semble se contracter sur lui-même, dans l'espoir fou de disparaître. D'apparence pourtant, alors que la foule nous oppresse, et que je suis bientôt entouré de tous ceux qui m'ont apporté leur soutien ou qui font mine de l'avoir fait, je redeviens Publicola, celui que le peuple continue d'aimer, malgré les manigances de mon ennemi. Mes gestes se font plus souples, mon sourire des plus naturels et je serre les mains que l'on me tend, trouvant quelque chose à dire à chacun. Il semble soudain que des ailes se sont déployées dans mon dos et j'apparais dans toute la superbe de ma toge blanche. Je m'enquiers de la santé de la fille de l'un, des derniers exploits du fils d'un autre, je salue, je plaisante, je suis sur mon terrain. Mon terrain conquis. Je sais que le détour n'est pas loin où j'apercevrai la face austère de Licinius alors je ne presse pas le pas et prends bien le temps de n'oublier personne. Voilà pourquoi ils m'aiment, parce qu'ils me connaissent... Malheureusement pour moi, ceux qui m'acclament sur le chemin ne sont guère ceux qui me rapportent des voix. Oh ils sont là aussi, les patriciens de mon bord, mais ils sont moins braillards et ils ne se contentent guère de mon soucis pour la santé de leur mère ou de leur soeur. Ils veulent plus d'argent et plus de pouvoir, leurs yeux me le rappellent sans cesse. Mais je les récompenserai, comme toujours, comme mon père avant moi. J'ai fait en sorte de toujours honorer mes promesses afin que le nom des Pompeii signifie confiance et stabilité.

Laelia a eu beau distribuer des aumônes, ce qui a redoré considérablement le blason de la famille, ce n'est pas la charité qui a le plus servi son serpent de frère. Non. C'est la nouvelle vague qui réclame à corps et à cris liberté face à la société patriarcale. Et ils sont assez idiots pour croire que le vent du renouveau sera porté par Murena, qui ne se gênera pas pour aussitôt bafouer toutes les lois qui nous sont chères et imiter son ignominieux père. J'ai dans ma manche de quoi bientôt révéler leur véritable visage mais il n'est pas temps pour moi d'en user... L'information est arrivée trop tard et j'ai bien peur que l'élection lui soit acquise. Toutefois, aujourd'hui, c'est surtout la mienne qui m'importe car si je ne suis pas réélu Duumvir, je deviens impuissant et laisse la cité à ses griffes perfides. Oiseau de mauvais augure... Si les graffitis sur ma maison ne sont que mensonges, le sien n'était pas usurpé. J'arrive enfin jusqu'à l'urne et on me laisse un moment de répit pour m'acquitter de mon devoir de citoyen. Puis je repars à l'assaut des foules, bien que ce soit l'inverse, évitant soigneusement le chemin de la murène, sans trop avoir à forcer mes itinéraires pour cela d'ailleurs. C'est comme si la foule, entité à part entière en ce jour si spécial, tenait à l'écart les deux ennemis de toujours. Ma famille suit et je jette un oeil pour voir si Fortunato nous a rejoint. Sa trahison me fait souffrir mille morts dès lors que j'y songe mais je ne règlerai certes pas ce manquement en public. Le lui pardonner... je ne sais encore si j'y parviendrai.

Mes interrogations s'envolent lorsque le crieur fait cesser le brouhaha et je lève le regard. Le calme reprend son empire sur moi et je n'entends plus rien, ne sens plus rien. Ni les murmures de Cicero, ni la main de ma femme dans la mienne. Oui dans cet ordre là... On ne peut me désavouer. Ce n'est pas possible. Bien sûr que non. Je suis Lucius Pompeius Publicola. Le temps que je me répète cela en boucle une bonne dizaine de fois, le nombre de voix tombe, ma réélection aussi et mes muscles se relâchent un peu. Je serre plus fort la main de Flavia, je lance un regard à mes deux filles que je ne peux rejoindre encore, tellement la foule nous prend en tenaille. Je lance un signe de tête à mon fils, assorti d'un sourire car même ses manigances ne terniront pas cette journée plus avant. Enfin, j'embrasse délicatement la joue de ma soeur, bientôt mariée. Puis, j'attends... et la nouvelle tant redoutée prend son envol.

Il est édile. Édile. Ils l'ont élu édile. Cette affreuse trouvaille de très mauvais goût n'a pas assez de poids pour renfrogner mon visage qui pourra s'en donner à coeur joie dans les prochains jours mais je ne peux retenir le léger claquement de langue que j'émets. Soit. Je ne peux rien y faire. Je note avec satisfaction que mon ami Gracchus a eu plus de voix que lui, ce qui signifie que le combat est loin d'être gagné pour ma très chère murène. Des plans se déploient déjà dans mon esprit et je résiste à la forte envie d'échanger un regard entendu avec Domitia. Pas ici, pas maintenant. Les magistrats restent avant tout des alliés et Licinius a certes un peu plus d'emprise mais il est fort isolé.
Je constate avec un étonnement soudain que cette légère défaite ne m'atteint pas autant que je l'aurais cru. Peut-être y suis-je préparé depuis de longues semaines ou peut-être que le simple fait d'être une nouvelle fois assis dans ma fonction de Duumvir surpasse tout le reste. C'est là ce que je dois être, je le sais depuis toujours et visiblement eux le savent aussi. Que Murena soit revenu n'a pas changé cet équilibre et j'en ai la conviction profonde pour la première fois... Je le balayerai comme les autres qui ont menacé mon pouvoir et le dévoilerai avec facilité. Ma gens semble subir des écueils mais je nous sais assez forts pour nous en relever.

Lorsque je m'avance vers le temple, à la suite de Septimus, eu égard aux aînés - et puis sait-on jamais, mieux vaut que je sois là pour ramasser ce vieillard si jamais il lui prenait l'envie de tomber... - je me retrouve à côté de Caius et je lui rends le même regard dont il me gratifie. Je souris, légèrement, n'ayant même pas envie de lui ôter la vie comme à l'accoutumée. Un souffle de tolérance doit s'être miraculeusement abattu sur moi. Je lui donne l'accolade, avec naturel, sans le serrer plus que besoin et je n'ai qu'à peu me forcer pour lui répondre. Il peut bien être édile, il n'en lave pas pour autant sa gens malade et dégénérée... Il n'en est pas encore conscient voilà tout :

- La cité t'a accueilli comme il se devait Licinius, ton chemin t'ayant de nouveau conduit en son sein. Elle est honorée de te voir tant disposé à oeuvrer à sa grandeur et je serai là pour t'y aider. Ensemble, comme nos pères avant nous, nous lui donnerons le lustre dont elle est digne.

Je crois discerner quelques murmures émus, ou faussement émus. Nous sommes d'excellents comédiens, ça c'est certain. J'incline la tête puis continue ma route, qu'il me faudra à présent parcourir avec lui... Mais bon, je serai là pour fraternellement l'accompagner jusqu'à l'ornière.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

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Patricien
Lun 12 Mai - 12:09
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Licinia Domitia
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Jour d'élections à Pompéi


Ce n’était pas sans anxiété que j’observais mon reflet dans le miroir, tandis que Themis finissait de mettre en place la dernière mèche de mes cheveux. Mais ce n’était pas les talents de mon esclave qui étaient la source de mon inquiétude. Bien au contraire : elle semblait s’être une fois de plus surpassée aujourd’hui, réalisant une coiffure des plus sophistiquées. Non, si j’étais nerveuse, c’était tout simplement qu’aujourd’hui était le jour décisif. Le jour des élections. Celui où je devais apprendre si mes complots avec Publicola et Tacitus portaient ses fruits, ou si au contraire, toutes les sorties nocturnes n’avaient servi à rien.
« Domina, votre mère m’envoie vous chercher. » La porte venait de s’ouvrir sans le moindre bruit, et la voix – pourtant douce – de l’esclave qui se tenait à l’autre bout de la chambre me tira brusquement de mes pensées. Un soupire échappa de mes lèvres tandis que je me levais pour rejoindre le reste de ma famille  qui attendait déjà dans l’atrium. Même Gaia était de la partie, sans doute la murène espérait-elle profiter de cette occasion pour une fois de plus montrer l’unicité des Licinii. Une image certainement aussi fausse que celle de l’amitié entre Licinii et Pompeii qu’il prenait tant plaisir à afficher en publique. Comme si elle venait de lire mes pensées, je sentis le regard de ma mère posé sur moi pendant un court instant, avant que notre petit cortège ne se mette en route direction le forum. Avait-elle simplement voulu s’assurer que ma tenue était appropriée pour une telle journée, ou avait-elle souhaité me rappeler de faire preuve de mon meilleur comportement aujourd’hui ? Sans doute ne le saurais-je jamais, mais cela n’avait pas tant d’importance. Dans le premier cas, parce que je portais naturellement une grande importance – trop grande même, selon la murène lorsqu’il voyait les sommes dépensées chez des joailliers ou simplement pour acheter du tissus pour de nouvelles stolas – à mes tenues. Et si c’était la seconde… et bien, je n’avais peut-être jusqu’à maintenant jamais accompagné mon père aux votes, mais cela ne changeait rien au fait que j’étais parfaitement consciente du rôle que j’avais à jouer : la fille dévouée qui soutenait son pater. Un rôle qui autrefois avait été naturel pour moi, et qui était représentait désormais une épreuve qu’il fallait franchir de nouveau chaque jour. Mais rapidement, l’attention de ma mère fut portée sur la foule qui devient de plus en plus dense au fur et à mesure que nous nous approchions du forum.

Adressant un sourire à Aurea qui se tenait un peu plus loin, je jouais pendant un instant avec l'idée d'aller la saluer, avant de rejeter rapidement cette idée. Aujourd'hui plus que d'habitude, les Licinii devaient se montrer unis, et ce peu importe les ressentiments que nous cachions au fond de nos cœurs. Pour me changer les idées et pour me détendre, je m'amusais à regarder les différents patriciens présents dans la foule, tentant de deviner sur lequel ma tante avait jeté son dévolu. Trop vieux. Marié. Trop peu influent. Marié. Trop jeune. Je devais avouer que même si je ne comprenais pas l'enthousiasme de ma tante pour le mariage, celui-ci avait au moins l'avantage de me faire passer le temps depuis qu'elle m'avait confié qu'elle comptait bien faire de son mieux pour orienter le choix de la murène concernant son futur mari. Mais lorsqu'on y songeait de plus près, on se rendait compte que -même si Laelia réussisait son tour de passe passe en imposant à notre cher pater familias on époux à son goût- le choix était plutôt limité.

La voix du crieur me ramène doucement à la réalité. En entendant les noms des deux duumviri, je sentais une part de ma tension se relâcher. Publicola est réélu. J'ai toujours un allié parmi les hommes les plus influents de la cité, jusque là, tout va comme on a pu l'espérer. Mais en entendant le nom du deuxième édile élu, je sentit ma mâchoire se crisper. Nous avions échoués. Pendant un bref instant, pendant que mon père est occupé à recevoir les félicitations de son épouse et de sa sœur, mon regard cherche celui de Themis, une des rares personnes à pouvoir s'imaginer ce que je ressentais à cet instant précis, ce mélange de déception et de colère qui semblait envahir tout mon être. Tout à coup, je ressentais le besoin de lancer quelque chose, de le voir se fracasser contre le mur et retomber en mille morceaux... mais ce n'est pas le moment de se laisser aller. Je devais continuer à jouer mon rôle. Doucement, je me rapproche de mon père, effleurant délicatement son poignet. « Félicitations père. » Ces deux mots me coûtaient, bien que je faisais de mon mieux pour afficher une mine sereine, et même d'accompagner ces paroles d'un léger sourire. « Laelia a raison : les Dieux semblent avoir entendus nos prières en permettant une fois de plus à un membre de notre gens de s'élever dans cette cité. » Mes doigts serrèrent doucement sa main, avant de rompre le contact pour qu'il puisse suivre le cortège, nous laissant derrière lui. Sait-il que j'aurais aimé que mes paroles soient une malédiction, que je voulais qu'il suive la voie de son père, mon grand-père, jusqu'au Royaume de Prosperine ?
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They call me child
THEY CALL ME WEAK
OH BUT SWEETHEART I AM A GODDESS

adoptez la bitch-attitude Lunettes:
 
Mar 20 Mai - 15:44
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Des semaines se sont écoulées depuis ma conversation avec le légat Licinus. D'abord curieux qu'il vienne à moi, j'ai découvert peu à peu, de nombreux points communs entre cet homme qu'on appelle « Murena » et moi-même. Étrange que de voir, certains de mes traits de caractères qui se reflétent dans les siens, tels des miroirs parfaitement identiques. C'est pourtant cet homme que mon père déteste plus que quiconque. Je ne sais pas quoi penser de ce patricien qui voue de son côté, une haine si féroce envers ma gens. Je voulais me faire ma propre opinion. Je voulais avoir mon avis sur lui, avant d'écouter les rumeurs qui couraient dans la cité, à propos de son nomen, de son avidité et de son ambition dévorante Et ces discussions avec lui, sont à la fois déconcertantes mais agréables. Au final, j'en viens à apprécier ce militaire que ma gens haït. L'entente cordiale entre le légat et mon père facilite les choses. Je n'ai pas à craindre les rumeurs si des personnes nous voient en grande conversation. Quoi de plus normal dans ce climat de réconciliation? Je laisse Stavia draper la toge sur mon épaule tout en gardant le regard posé sur la fenêtre. De cette dernière, je peux voir Pietros qui fait courir les chevaux dans l'enclos comme tous les matins. L'aube vient à peine de montrer sa face, mais la villa est déjà en effervescence. Ces dernières semaines ont été plus que festives et chargées en négociation. J'ai réussi avec de l'argent et des promesses, à faire ce que fait mon père depuis des années: m'octroyer les votes de ma clientèle. Et je vais savoir aujourd'hui si tous ces efforts fait dans l'ombre, vont pouvoir payer. Je n'ai pas l'intention que des imprévus perturbent d'une façon ou d'une autre, ce que j'ai mis en place ces dernières semaines. Je n'ai pas envie que tous ces efforts sont réduit à néant par le manque de constance ou de fidélité de l'un de mes alliés. Je sors de mes pensées quand Stavia termine ma tenue en soignant les plis du tissu blanc qui tombe avec précision sur mes sandales de cuir. Je vérifie son travail avant de la laisser retourner à sa charge. Le temps me fait me hâter. Je dois quitter la Meridiana sans trop tarder. Je laisse mes recommandations à Sertorius puis je sors de la villa. Je découvre d'autres citoyens qui comme moi, marchent en direction du comitium. Mes pas sont réguliers. Je ne cherche pas à me hâter. Je savoure ces derniers moments de quiétude. A mon retour à la Meridiana, une nouvelle ère deviendra souveraine sur la cité dont je porte le nomen. D'un geste de tête, je salue les connaissances qui se trouvent sur mon chemin. Je veille à garder un mot pour chacun. Depuis quelques semaines, je suis devenu très habile dans ce jeu. Je mets en pratique ce qu'on m'a apprit. Et j'excelle dans cet art que j'ai longtemps repoussé. J'apprends que je peux être un militaire accompli et un politicien ambitieux. Je me félicite de mes choix. Je ne veux surtout pas penser à l'échec. Je n'ai jamais échoué et je ne veux pas connaître cet affront. Je sais toutefois que Vinicius a soudoyé la quasi totalité de son armée afin que ses hommes se rangent à ses idées... Mais il n'est pas là. Il est en voyage et je sais pertinemment que certains de ses hommes vont suivre un autre chemin. Je pense même les avoir encourager dans ce sens. Enfin, mon nomen n'a jamais été mentionné mais les tractations passées, ont détourné pas mal de mes camarades. Pour les autres, je me suis arrogé le droit de leur rappeler qu'ils m'étaient redevables, d'une façon ou d'une autre. Je n'ai pas besoin d'être plus explicite pour chatouiller l'honneur de la plupart. Pour les autres, rumeurs, fausses preuves ont autant de résultat que des bourses de sesterces sonnantes et trébuchantes. Parfois, je me dis que je ressemble d'avantage à mon père. Ce que ce dernier prendrai pour un honneur, alors que pour moi, ce serait la fin de certaines de mes ambitions. Mais je me dis que la fin justifie les moyens. Et finalement, en ce matin d'avril, je me laisse gagner par une agréable exaltation, un peu semblable à celle que je ressens quand j'attends le signal pour pousser Argento sur le champ de bataille. Un fin sourire s'étire sur mes lèvres quand je découvre peu à peu, les pions que constituent mon plateau de Latroncule à dimension humaine. Ce qui est encore appréciable dans ma jeunesse, c'est que les anciens qui se targuent d'être de fins stratèges, pensent que je suis l'un d'eux, une simple pièce dans ce jeu politique. Ils ne comprennent pas qu'ils sont dépassés par les nouvelles règles qui sont peu à peu mises en pratique au sein de la cité, au détour de certaines ruelles, dans des tricliniums baignés de pénombre de certaines villas. Ma jeunesse baigne mon visage d'une innocence que j'entretiens, surtout ces derniers jours. Vestige de ma dernière campagne, ma chevelure s'est empreinte pour plus de discipline. Sertorius m'a débarrassé de quelques centimètres. Et puis qui peux se méfier du fils du Dummvir? Ce dernier a trainé sa mine déconfite et outragé à chaque campagne. Les habitants de cette cité ne sont pas dupes. Ils savent où est ma préférence. En tout cas, ils pensent le savoir et j'entretiens cette certitude avec tout l'aplomb dont je peux faire preuve.

Arrivé à destination, je viens saluer mes principaux partisans, ceux dont je suis certain de la fidélité. Je tends la main à certains, je pose des questions à d'autres. Un certain brouhaha s'est posé sur le forum. Je découvre des visages familiers. Je discute un peu, je joue mon rôle. Je jette quelques regards discrets à certaines personnes. Quelques instants plus tard, je vois ma gens arriver, se frayer un chemin à travers la foule. Mon père garde un sourire serein figé sur ses lèvres. Mais je sais qu'il est en ébullition. J'imagine sans mal qu'il a du crier sur ses domestiques et que Cicero a surement les oreilles rougies par les récriminations de son maitre. Je les observe. Ces semaines loin d'eux, me semblent des mois. J'aimerai que tout redevienne comme avant, que tout soit plus simple entre nous. Malheureusement, rien ne pourra plus être comme avant. Des paroles prononcées ne pourront jamais être oubliées. En tout cas, je ne suis pas capable d'oublier ce qui s'est passé. Mais je n'ai pas envie de ressasser tout ça. Le sujet a été abordé pour la dernière fois dans le tablinium du Dummvir et il ne sera plus évoqué à l'avenir. Je tourne le visage vers le crieur public qui prend enfin la parole. J'entends des soupires d'impatiences, des murmures curieux, tous, ont le regard posé sur lui. Je reste impassible aux résultats. Même si j'ai l'envie dérangeante de porter mes yeux bleus sur l'une des personnes citées par l'orateur. Je me garde de ce geste. J'observe la foule, les visages qui s'illuminent, d'autres qui tournent les talons. Tel est le jeu des politiques. Il y a toujours des gagnants et des perdants. Toutefois, il arrive parfois, que les gagnants ont une victoire amère. Alors que d'autres laissent transparaitre la joie du triomphe. Les citoyens joignent leurs mains pour saluer les résultats. Je me joins à eux. Je suis satisfait. Je découvre que finalement, mes talents de politicien peuvent s'avérer utile. Je suis aussi ravi de constater que Publius garde sa charge de questeur. C'est un bon allié à garder dans mes relations. Au moment où je me demande ce que pense le Dummvir de ces résultats, j'entends la voix de Murena qui surplombe le tumulte de l'assemblée. Mon père s'approche de lui et je les regarde se toiser avec satisfaction. Le Dummvir, d'une voix faussement teintée de joie prend à son tour la parole . Il est toujours aussi bon comédien, ceux qui écoutent, l'observent, pourraient jurer qu'une sincère bienveillance gouverne ses traits, alors qu'il n'en est rien. Licinius s'octroie un nouveau prestige entre les murs de sa cité. Je m'avance nonchalamment vers eux.

« Que les dieux entendent vos paroles. Il me semble que la cité n'a jamais été aussi bien servie par des citoyens faisant preuve d'une telle honorabilité. Je suis certain que vous allez rendre cette cité encore plus prospère et vaillante que jamais. » Je jette un oeil à Murena avant de regarder le Dummvir. « Quelle satisfaction que de pouvoir conjurer le passé et montrer au grand jour, que les querelles d'hier, sont désormais révolues. » Mon père est un excellent comédien oui mais je sais qu'intérieurement, il a le cœur secoué. Je garde mes yeux sur lui un instant. Je pourrais dire que le voir ainsi, me donne entière satisfaction mais je me rends compte que les résultats de ces élections sont une chance pour moi de lui montrer de quoi je suis capable et que je sais faire les bons choix. Puis je repose à nouveau mon regard sur le nouvel homme fort de la cité. Le citoyen qui a été plébiscité par ses pairs, parfois à grands coups de talons d'or, de sa part ou de ses partisans qui ont envie d'un renouveau dans la cité. « Édile Licinius, félicitations. » Je le saluais avant de laisser ses partisans le saluer à leurs tours et le féliciter. Je dois également féliciter mon beau-frère, ce bon Septimus, à croire qu'il va être emporté par Pluton sur son siège même de magistrat, si ça continue. Je viens saluer ma soeur, Aurea toujours aussi sublime. Je l'embrasse sur la tempe avant de féliciter son époux. Le jeu des alliances se fait et se défait. A observer discrètement certains visages, l'ont découvre que le bonheur des uns fait le malheur des autres. La destinée change et elle fait et défait les réputations, les carrières et les alliances. Nul doute qu'il faudra entretenir ces nouvelles corrélations.
Ven 23 Mai - 2:09
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C’était jour d’élections à Pompeï. Une belle journée semblait les accueillir pour ce grand événement. Les dieux avaient alors voulu la donner aux Licinii … Seules les heures qui passeront pourraient le dire. Comme s’ils étaient unis plus que part un mariage, Octavia ressentait une grande nervosité ce matin. Habituellement, ses gestes se faisaient plus somptueux et galants. Ils étaient plutôt frivoles et rapides tâchant de ne pas arriver trop en retard en cette journée importante pour son mari. Elle faillit bien assommer la pauvre fille qui l’habillait de sa robe et ses drapés écarlates – rien de plus beau pour bien faire paraître les Licinii. – Lente, la pauvre fille le fut aussi pour orner sa coiffure aux bouclettes brunes et ses poignets de bijoux dorés. Octavia ressentait toute nervosité de Caïus parce que son corps se porta de lui-même jusqu’à son époux énervé par le drapé de sa toge. Un à un, Octavia les plaça sans faire de faux mouvement de ses mains expertes. Elle ne souriait pas. Son corps fut enfin apaisé. Elle aimait cette présence rassurante de Caïus, son charisme … Puis, doucement il lui prit la main. Ses yeux levèrent en direction de ce visage dur, mais oh combien Octavia savait aussi qu’il pouvait être doux. Elle sourit ayant eu envie de plus toutefois.

Octavia Licinia Camellia savait tenir sa place. Elle était plus forte qu’autrui le pensait et n’aurait pas été de sa grossesse et de la petite Gaïa, la Domina prenait les mêmes responsabilités que Licinia Cornelia Laelia. Un peu jalouse que la sœur de son mari fut plus présente qu’elle pour ces élections, Octavia n’en laissait rien paraître et encore moins dans l’atrium de la domus alors qu’on s’apprêtait à sortir. Calme et froide, elle prit doucement la petite Gaïa toute vêtue de vert – ce qui faisait ressortir ses grands yeux bruns tels ceux de sa mère – pour la serrer confortablement dans ses bras. La petite gazouilla quelques mots qui fit sourire de tendresse sa mère. L’arrivée de sa sœur aînée dans l’atrium changea totalement le regard d’Octavia toutefois. Froid, elle observa sa fille aînée dans les yeux. Aucune colère ni impatience seulement un doute. Licinia n’était plus la même depuis cet incident et la mère ne savait qu’en faire. Douloureuse constatation, Octavia savait perdre sa fille, qu’elle s’éloignait de plus en plus … Mais en ce jour, il fallait se tenir droit et fier d’être Licinii. Octavia ne savait pas réellement ce que sa fille aînée pensait ni faisait, mais si elle ne voulait pas paraître fière pour son père, qu’elle le fasse au moins pour elle.

Plus on avançait dans les rues de Pompeï, plus la foule se faisait dense. Octavia regardait de tous côtés tâchant d’apercevoir une ou l’autre de ses connaissances. Des citoyens se pressaient aux urnes peut-être pour être les premiers. Si Caïus serra bon nombre de mains, Octavia commença à trouver cette marche épuisante avec la petite Gaïa dans ses bras. Elle s’assit plus ou moins régulièrement près de statues féroces de cavaliers ou de statues de quelconques patriciens célèbres. Avec les esclaves à ses côtés, elle se reposait la petite Gaïa entre ses brais qui s’endormit dans l’après-midi en sécurité avec sa mère son innocence l’empêchant de comprendre cet événement semblant si important pour les adultes.

Enfin, le crieur sonna le moment tant attendu. Sans vraiment le vouloir, Octavia sursauta aux premières paroles de l’homme ce qui réveilla la petite Gaïa dans des gazouillements tous aussi mignons que le matin même. Son regard de marbre, Octavia bouillonnait intérieurement. Sans qu’on puisse voir son corps bouger, ses grands yeux étaient tournés vers Caïus lui faisant dos. Oh ! Elle avait une telle envie de l’enlacer et de lui dire que tout irait bien, mais non … Elle savait tenir sa place et de toute manière Caïus connaissait certainement déjà les pensées de son épouse. C’était souvent comme cela entre eux. Et les mots qu’elle voulait entendre, qu’ils voulaient entendre tous les deux, vrillèrent ses tympans telle une douce mélodie. Il était élu Édile. C’était une excellente nouvelle alors que son sourire apparut sans grand effort pour une fois en public.

Octavia en oublia même les mauvaises attitudes de sa fille à l’égard de son père en voyant cette dernière le féliciter. C’était un moment de réjouissances pour les Licinii, un moment qui les uniraient à nouveaux. Elle se laissa alors bercer, fermant les yeux, par le baiser de Caïus alors que les petites mains de Gaïa voulaient empêcher son père de partir loin d’elle. La petite ne le savait pas, mais Octavia si : Caïus avait encore des responsabilités en cette journée qui n’était vraiment pas prête de se terminer malgré le soleil couchant. Elle vit son amour rejoindre d’autres hommes dont Publicola qui fut réélu Duumvir avec une forte majorité. De sa position, Octavia observa les deux hommes se faire l’accolade et discuter comme si les temps anciens étaient passés. Certes, songeuse, elle savait que ce ne serait jamais le cas. Publicola devait fulminer intérieurement que Caïus fut devenu Édile. Octavia n’aimait pas cet homme. Il lui faisait peur pour sa famille, mais elle n’allait jamais l’avouer.

- Oui. Notre famille est bénie. Félicitations pour tout le travail apporté à Caïus Laelia. Tu l’as mérité.

Insista-t-elle sur ce dernier point avec le plus grand sourire qu’elle se pouvait. Certes, on pouvait certainement ressentir une petite froideur ou rancœur peut-être aussi la résultante de son observation de la conversation entre les deux hommes qui se détestaient le plus de tout Pompeï.

Patricien
Mar 27 Mai - 23:13
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Caius Licinius Murena
₪ Arrivée à Pompéi : 19/06/2013
₪ Ecrits : 1081
₪ Sesterces : 163
₪ Âge : 41 ans
₪ Fonction & Métier : Legat / Edile de Pompéi

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: No matter how right a man may be, they always find the fallen one, guilty.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Octavia, toujours.
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Jour d'élections à Pompéi


J
e souris sous l’accolade et les paroles qui se veulent bienveillantes de Pompeius mais pourtant intérieurement, je grince des dents. M’y aider ? Me prend-t-il pour un enfant dont il faut guider patiemment les premiers pas balbutiants ? En parlant de marche, mon regard s’attarde par-dessus son épaule : il devrait plutôt soutenir son gendre que sa jambe semble faire souffrir… M’est avis qu’il ne tardera pas à quitter notre monde pour celui des Enfers.
Tandis que je brise notre accolade, je songe comme tu en serais fort chafouin, Publicola. Perdre ainsi un de tes meilleurs soutiens… Sans compter la tristesse incommensurable de ta tendre fille qu’il te faudra consoler… avant que de la vendre de nouveau au plus offrant. Allons, la cité doit bien compter encore quelques séniles et quelques infirmes sur lesquels porter ton choix !

Notre échange de fiel enrobé de miel est interrompu par l’arrivée d’un nouveau protagoniste qui vient à notre rencontre. Je fais mine de rester en retrait face au fils qui vient saluer son père, pourtant le regard que nous échangeons un fugace instant, Fortunato et moi, vaut bien plus que des mots. Je sais ce que je lui dois : rien de moins que mon élection de ce soir grâce à la diligence avec laquelle il a plaidé ma cause auprès de ses amis et clients.

- Édile Licinius, félicitations.

Je pose sur son épaule une main amicale, qu’il sache que je n’oublie pas ce qui m’est donné et que je l’honore en conséquence. L’occasion et l’instant ne s’y prêtent guère, mais il me faudra le retrouver un peu plus tard dans toute cette foule…

-Il y a bien des raisons de se réjouir ce soir... Pour nous tous.

Quelques mots seulement dont j’espère qu’il saura cerner tout le poids. J’ai reçu moi aussi des nouvelles il n’y a pas deux jours. Frappées du sceau impérial.


M
ais déjà, il nous faut abandonner nos soutiens et amis pour s’engager dans le cortège ouvert par le prêtre de la Triade qui nous conduit jusqu’au temple, de l’autre côté du forum. Là, je cède le pas aux duumviri presque de bonnes grâces, certain de ce que, bientôt, je n’aurais plus à le faire.
La procession se trouve d’être plus solennelle que nécessaire, ralentie par l’état physique du croulant Septimus. Je retiens un soupir derrière mes dents, par les cuisses de Junon, si j’allais plus lentement, je pense que je reculerais !

Enfin, l’interminable ascension des quelques marches terminée à ce rythme quasi funèbre, nous nous tenons en surplomb devant la foule réunie. Mon tour vient enfin de réciter les vers sacrés :

-Moi, Caius Licinius, jure par Jupiter et les dieux pénates, qu’en ma qualité d’édile je ferais tout ce que la loi de la cité me commande de faire, sans en jamais violer les prescriptions.

L’intensité que je mets dans ces derniers mots ne suffira pas à effacer le soupçon ancré dans le cœur des plus retors, pourtant j’y mets toute la conviction qui m’anime. Si je pouvais de ces quelques mots lever l’opprobre qui pèse encore dans le souvenir de beaucoup sur le nom des Licinii.

A
lors que nous revenons au cœur de la foule, une tête broussailleuse qui en surplombe bien d’autres attire mon attention. Je me fraye sans peine un chemin parmi la concentration que cette attraction fait naître :

-Ah ! Tu es en belle forme, Champion !

Je rejoins la stature de Remus se découpe dans le crépuscule, heureux de voir que Naevius a répondu favorablement à mes incitations de se faire accompagner de son Titan sur le forum ce soir. J’ai loué ses services allégrement tout au long de ma campagne : et pour aller parader sur le marché, et pour aller payer mes respects aux commerçants de la rue de l’Abondance, et pour m’accompagner à telle réception mondaine, les occasions n’ont pas manqué et j’ai usé jusqu’à la lie de voir nos deux images, synonyme de prestige et de renouveau, associées. Je crois bien que lui dois à lui aussi quelques voix inattendues. Je pose ma main entre ses omoplates et après nous avoir excusé auprès de son maitre l’entraîne à marcher de concert avec moi comme je retourne auprès des miens :

-Allons, ce genre de victoire doit te sembler à toi bien moins palpitante que celles que tu as coutume de remporter… Pourtant, crois-moi, le goût n’en est en rien moindre, je peux le gager!

Je laisse échapper un rire. Ne sommes-nous pas lui comme moi un peu semblable : il n’était pas donné plus favori que moi et il nous a fallu combattre avec plus d’acharnement encore… Je m’arrête là pourtant : ancien homme libre réduit à la servitude à la suite d’un fratricide… Je ne pousse pas plus loin la comparaison, ni n’en ait nul désir. Toutefois, il a droit lui aussi à ma gratitude, ne serait-ce qu’à cause des regards que nous attirons ensemble sur notre étrange association :

-Demain matin, je ferais porter à ton dominus vingt deniers en guise de remerciements pour ta peine. Vingt deniers qui te seront entièrement dédiés et que tu pourras utiliser comme bon te semblera …

Naevius m’a déjà averti que l’homme n’était guère porté ni sur les catins, ni sur le vin, mais qu’importe, il trouvera bien un quelconque usage de cette somme plus que rondelette pour un esclave. Je m’arrête et prend un instant pour fixer mon regard dans le sien.

- Et ensemble, nous continuerons à remporter de belles victoires, n’est ce pas, Remus ?

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In sanguine honor
Les Licinii ne pardonnent pas, n'oublient rien... Des coups, ils peuvent en supporter mille et rendre soudain non pas oeil pour oeil mais apocalypse pour chiquenaude.


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Patricien
Mer 28 Mai - 20:24
Re: EVENEMENT ₪ Jour d'élections à Pompéi   




Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Et voilà. Elle était perdue. Pas exactement perdue dans le sens où elle était livrée à elle-même dans une ville qu'elle ne connaissait pas, au milieu de personnes dont elle ne parlait pas la langue, et sans connaître quiconque ici. Mais Claudia Rufia était tout de même perdue, ou plutôt, laissée seule. Elle avait eu tant de choses à faire, aujourd'hui, et pourtant, elle n'avait pas encore pu aller se coucher, pour les beaux yeux de son frère, Marius Claudius Falco. Pas que pour ça, certes, mais c'était quand même lui qui avait tant insisté pour qu'elle l'accompagne. Elle, à vrai dire, cela ne l'avait pas dérangée plus que ça, même si elle était un peu chiffonnée. Chiffonnée parce qu'elle n'avait pas beaucoup mangé et qu'elle avait piqué un petit somme, sans le vouloir. Marius lui avait fait les gros yeux, et avait ordonné à Diona d'entièrement revoir la tenue et la coiffure de sa sœur. De Rufia, donc. La jeune femme n'avait pas été plus ravie que ça d'être brusquée, y compris si cette brusquerie émanait de son frère. Au contraire, même : elle estimait qu'il devait la ménager et prendre soin d'elle, et non pas la bousculer, sans cesse, et exiger toujours la perfection de sa part. Elle n'était pas parfaite, elle avait ses défauts, comme tout le monde, et sans doute était-ce là bien naturel. Mais elle n'avait pas trop insisté en lui disant ses quatre vérités, car elle le sentait et le savait plus que tendu. Sans doute y avait-il de quoi. Les élections avaient eu lieu, et les résultats étaient enfin proclamés, et pour son frère, l'enjeu et l'issue étaient assez importants. Pas qu'il soit impliqué dans tout ça, mais les Claudii avaient tout de même conclus une alliance avec les Pompeii qui, eux, jouaient plus que simplement leur personne. Et puis ... Et puis en tant que Claudius, Marius était censé ne pas être porté disparu dès lors que se profilait à l'horizon quelque échéance et décision importantes pour la cité de Pompei. Mais il y avait aussi autre chose qui perturbait son frère, et elle le savait. En ce jour, ce serait la première réapparition publique depuis cette fameuse histoire de graffiti. Les gens n'avaient pas oublié, sûrement, mais Rufia, elle, se disait qu'ils ne se focaliseraient pas là dessus alors même qu'un évènement autrement plus important tenait place à cet instant précis.

Au final, Rufia avait donc rangé ses protestations de côté, quelque peu, pour accompagner son frère. Un frère qui avait fini par la planter là. Au milieu de la foule. Un peu désorientée parce qu'au final, toute cette agitation était assez conséquente, et qu'elle sentait de l'électricité dans l'air, un climat tendu, et il y avait de quoi. Il y avait tant d'enjeux dans les résultats électoraux de ce jour. Tant d'enjeux, qui étaient loin de tous lui échapper, même si la jeune patricienne était tout à fait consciente que, comme des grains de sable vous filant entre les doigts, certains enjeux devaient quand même lui échapper, dans la masse. Des enjeux, donc, qu'elle n'était pas sans ignorer, mais auprès desquels elle n'avait aucune force de position ou de participation, quelles que soient ces forces. Elle était née femme, et même si elle faisait partie de la caste patricienne, cela ne lui donnait aucun droit supplémentaire par rapport aux plébéiennes. C'était là l'un des très nombreux domaines qui transcendaient les classes dès lors qu'il s'agissait de ne vous résumer qu'à votre statut de femme, en faisant fît de tout le reste. Alors, seule, Rufia cherchait. Elle cherchait un regard, un signe, un visage, ou même une posture, une allure. Elle se félicitait de reconnaître de mieux en mieux ceux qui l'entouraient, et d'en reconnaître surtout de plus en plus, mais aucun d'eux n'était un espace de refuge, présentement. Sans se sentir esseulée, un instant, la jeune patricienne se demanda bien ce qu'elle faisait là. Même si elle le savait très bien, dans le fond. Pour Marius tout comme pour elle, il était important qu'elle soit là : l'un des hommes du jour était tout de même son futur beau-père, et elle n'était toujours pas mariée à Fortunato, héritier de la gens des Pompeii. Son absence ne se ferait sans doute pas exactement remarquée par tous, mais les principaux concernés ne passeraient sûrement pas à côté, eux : et comme c'était eux qui comptaient ... Un instant, aussi, Rufia crut reconnaître, enfin, une silhouette plus que connue, mais cela ne fut que fugace, et elle devait bien avouer avoir quelques doutes. Dès lors, elle se devait de s'orienter vers la logique : elle savait que son futur beau-père avait été réélu à sa charge. La logique voulait donc qu'autour de lui devaient graviter, déjà, mille et une personnes : ou plutôt mille et uns vautours. Mais cela ne changeait rien pour elle : là où il y avait attroupement, et concentration, il devait y avoir, avec de fortes probabilités, Lucius Pompeius Publicola.

Mais il n'y n'était sûrement déjà plus temps pour ça, la procession se mettant en marche. La menant, comme les autres, jusque face à ce temps d'où furent prononcés les vers sacrés forgeant et scellant ces destinées d'élus. Forgeant surtout des promesses qu'elle savait ne pas toujours être tenues. Les mensonges d'ici étaient sans doute plus doux que ceux de Rome, mais ils n'en étaient pas moins existant. Ces pas n'ont cependant sans doute pas été des plus clairvoyants, car la jeune femme s'est retrouvée, bien malgré elle, dans les proches environs de la gens des Licinii, avec suffisamment de citoyens entre elles deux pour qu'on ne pense pas que, soudainement, voilà que Marius laissait sa sœur forger des alliances avec une toute nouvelle gens, et ce en dépit du bon sens et de certains liens familiaux des plus rebutants, pour les Claudii. Les dieux ne pourraient-ils pas, là, maintenant, tout de suite, placer sur sa route quelques Pompeii ?



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Patricien
Dim 15 Juin - 10:46
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Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
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C'est mon fils qui me sauve de l'accolade à laquelle je ne sais plus trop comment mettre fin. La proximité avec Murena devient insupportable et je commence à avoir mal à la mâchoire de continuer à sourire ainsi à mon ennemi, que j'aimerais mieux dévorer à coup de dents. Je passe d'ailleurs inconsciemment ma langue sur mes incisives lorsque la voix familière de Marcus retentit à un pas de nous. C'est alors un vrai sourire qui remplace celui que j'arbore depuis tout à l'heure, bien que personne ne puisse véritablement distinguer la différence entre les deux. Toutefois, je dois véritablement retenir l'élan qui me prend de vouloir réduire la distance et de le prendre dans mes bras, d'une façon beaucoup plus naturelle que celle dont j'ai serré Licinius il y a deux minutes. Mon fils et moi ne nous sommes pas adressé la parole depuis ce qui paraît être une petite éternité et cela me manque bien plus que je ne pourrai jamais l'avouer. Les diverses tractations dont je le crois l'auteur ne parviennent pas à ternir ces quelques secondes qui me ravissent : je puis contempler à quel point il a l'air sûr de lui, à quel point manier le verbe se fait avec aisance et j'en retire une éminente fierté. Je sais qu'il est le digne successeur que j'entrevois en sa personne, depuis tant d'années. Mais malgré cette criante réussite de mon éducation, je me surprends une fois encore à me poser une question ridicule : est-il toutefois heureux ?

- Nulle autre but ne peut mieux seoir à un homme de bien que de laisser choir les querelles inopportunes pour ne garder en son coeur que la volonté de pardonner.

Bientôt, je ferai plus fort que les prêtres ! Mais en vérité, je ne parle pas de Murena ici, je m'adresse à Fortunato : mon regard bleu se plonge dans le sien et mon sourire se fait peut-être plus nostalgique l'espace d'un court instant. Mettre fin à nos disputes, voilà ce à quoi j'aspire avec hargne. Un tel mur subsiste entre nous... Sommes-nous encore assez forts l'un et l'autre pour l'abattre ? Je détourne le visage lorsqu'il félicite le nouvel édile, me rappelant les rumeurs qui sont venues à mes oreilles, comme quoi certains de ses clients auraient choisi l'ondoyante murène plutôt que le fier lion et je décide d'emboiter le pas à mon si sémillant gendre qui clopine un mètre devant. J'imagine déjà la foule parier sur la probabilité qu'aura Septimus à atteindre le temple avant de se vautrer lamentablement sur les dalles ou non. Bien que mon côté railleur serait véritablement satisfait d'un tel spectacle, je ne souhaite guère qu'un tel opprobre retombe sur ma magnifique Aurea, si bien que je me porte rapidement à la hauteur du vieillard afin de parer au pire.

Nous finissons enfin de gravir la volée de marches et je jure comme je l'ai fait il y a une année d'honorer les lois de la cité que je chéris. J'ai dans ma voix tout autant de ferveur que celle que j'ai mise lorsque je suis devenu pour la première fois Duumvir. J'aurais pu croire que passé la savoureuse jubilation d'avoir enfin atteint mon ultime but, ce bis repetita attendu me paraîtrait fade mais il n'en est rien. Je ferai en sorte d'être le rempart devant l'ambition dégoulinante de mon ennemi.
Nombreux sont ceux à me féliciter une fois encore, lorsque je regagne le gros de la foule, tout rayonnant de cette victoire et il me faut échanger encore bien des mots avant de recouvrer quelques brèves secondes de calme. Calme qui m'est en réalité procuré par la proximité de mes détracteurs, qui taisent aussitôt leurs murmures dès lors que bien malgré moi, j'apparais dans leur sphère. Je leur sers mon plus carnassier sourire avant de froncer le sourcil lorsque j'aperçois, en plein milieu, ma si jolie belle-fille. J'étends d'un geste souple mon long bras pour saisir le sien et la happe hors de ces longues figures malveillantes avant de faire quelques pas dans l'autre sens, arborant maintenant Rufia à mon bras :

- Alors, on se fait de nouvelles connaissances ?

Mon ton ne laisse guère le doute sur le fait que je plaisante :

- Vous dénotiez tellement au milieu de ces tristes sires que je n'ai pu qu'aller vous sauver de ce guêpier Rufia... Bien que je suis certain que vous avez bien des armes héritées de votre fière gens. Vous ne manquerez pas de glisser quelques mots à votre frère n'est-ce pas ? Je l'ai fait mais nous avons été interrompus par un mouvement de foule. Je sais combien Marius a affiché notre alliance. Je n'en attendais pas moins de lui mais il est toujours agréable de ne pas voir ses espoirs déçus.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

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Patricien
Ven 20 Juin - 19:47
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Pompeia Praedita
₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
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₪ Âge : 26 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre - membre d’un cercle littéraire secret

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Délivrance.

Ce mot résonnait dans son esprit depuis qu’elle s’était réveillée. Ce mot lui donnait envie de sourire. Ce mot lui faisait fredonner quelques airs guillerets pendant que ses esclaves la coiffer ou l’habiller. Ce mot lui donnait littéralement des ailes.

Délivrance suite à ses nombreuses semaines à subir la nervosité croissante de son frère à l’approche des élections. Délivrance suite à l’incertitude au sujet de son mariage – qui n’était qu’une audace « impardonnable » pour cette époque bien patriarcale -. Délivrance bonnement et simplement.

Praedita avait d’ailleurs en tête de quitter quelques jours les murs de Pompei pour rejoindre sa sœur ou alors une quelconque cousine ou amie dans une demeure en campagne, dès que la petite Vinicia sera confiée en main propre à son cher père toujours en voyage. Peut-être paraît-elle sereine et avec quelques couleurs, mais dans le fond, elle était juste épuisée et toutes ces couleurs n’étaient que quelques habiles artifices permises par la magie du maquillage.

« M’allonger dans l’herbe ou sur le sable ou dans la véranda de ma sœur, et écrire ou me plonger dans quelques nouveaux récits. Peut-être que quelques troupes illustres seront là si je vais rejoindre ma sœur. Que choisir ? » se demanda-t-elle, le regard fixé à son miroir, attendant que son esclave fasse les derniers retouches.

- Finis maîtresse.

Aussitôt, Praedita se leva et rejoignit le petit comité à l’entrée de la demeure. Comme à son habitude, Flavia était belle et élégante et son frère toujours aussi pompeux et beau. La jeune Pompeia se sentait à l’ombre devant ce couple aux cheveux d’or et à l’air royal. En effet, s’ils respiraient suffisances, puissances et maîtrises, elle inspirait davantage l’énergie et la passion. Par exemple, aujourd’hui, ils ne paraîtront jamais lassés alors qu’elle, dès qu’elle pourrait avoir une petite occasion, elle fuira rapidement toute cette agitation inutile pour se réfugier dans sa demeure ou rejoindre un lieu de Pompei qu’elle affectionne, au calme.

Elle aspirait vraiment à cette quiétude et voilà une chose complètement compréhensive. On pourrait croire que la petite brune aime les mondanités et ne vit que pour ça mais ce n’est pas du tout le cas. Elle aime paraître, assister à des spectacles et discuter mais elle adore tout autant se ménager des moments de solitude pour penser, imaginer et écrire.

Elle se lassait très vite. Sauf du théâtre.

D’ailleurs, en parlant de théâtre, toute une comédie se jouait sous ses yeux ébahis. En effet, aussi incroyable que cela puisse paraître, Caius Licinius Murena a été élu édile. Jusqu’à ce jour, cette figure ne représentait pas un danger aux yeux de la brune, si ce n’est un des innombrables ennemis ou adversaires de son frère chéri.

Sauf qu’il n’était pas de ce lot ou plutôt ne l’était-il plus. En l’étudiant davantage, elle remarqua que la Murène véhiculait bel un bien une image et une certaine prestance. De même, il jouait parfaitement bien cette fausse cordialité avec Lucius.

Finalement, son frère avait peut-être réellement raison de se méfier de curieux personnage. Si ce n’est pas ces élections ni la prochaine, qu’en serait-il des autres sur du long terme ? Petit à petit, elle-même se sentait en danger. En effet, qu’en serait-il du nom si glorieux des Pompeii et du prestige dont ils avaient si longtemps bénéficié ? Oui, à cet instant, un court instant, Praedita craignait pour le futur et le confort de sa si fabuleuse famille.

« Impossible ! Nous avons toujours brillé dans cette ville dont on porte le nom même ! Personne ne peut nous ravir ce titre ».

Un regard vers Fortunato, et elle se dit que peut-être que oui, ce titre leur sera ravi. CE n’était pas un secret au sein de la famille que père et fils, unique fils à ce jour, ne s’entendaient guère.

Du coin de l’œil, elle vit Lucius s’approcher de Claudia Rufia, future épouse de Fortunato. Elle abandonna ce spectacle-ci pour jeter son dévolu sur Septimus, époux de sa chère Aurea. Ce dernier était tremblotant et semblait avoir quelques difficultés à avancer. Praedita se surprit à penser qu’il serait drôle qu’il s’écrase publiquement sur cette chausée

« Vraiment dommage que ce vieux crouton soit l’allié principal de mon frère ! » pensa-t-elle amèrement.

Spoiler:
 
Patricien
Dim 29 Juin - 23:43
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Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
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₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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Par politesse, et courtoisie, la jeune patricienne offre des sourires à ceux qui la dévisagent et semblent lui adresser quelque signe prouvant qu'ils l'ont reconnue. A moins que bon nombre d'entre eux ne cherchent qu'à demeurer prudents, en saluant tout membre de l'élite patricienne croisé et rencontré : sait-on jamais, peut-être que cela pourrait leur servir, par la suite, ou conforter la réputation dont on pourrait bien les parer. Mais dans son esprit, Rufia n'effectue ces sourires que par réflexe, et parce qu'on l'a éduquée pour se montrer présentable et respectable en toute occasion. Mais doucement et sûrement, ce petit jeu de dupe et de rôle commence à l'excéder. Elle a encore du mal à mettre un nom sur chaque visage, et elle ne sent pas forcément que de bonnes pensées dans tous ces regards : certains se montrent trop détaillants, à son goût, la jaugeant et la jugeant comme si elle n'était qu'une proie. Ce qu'elle était sans doute, dans ce monde politicien auquel elle comprenait plus qu'on ne le pensait, mais dont elle ne se montrait pas plus charmée que ça. Elle savait que le fond lui plaisait, mais pas la forme. Comme si, quelque part entre les prémices de la politique et aujourd'hui, les vrais enjeux s'étaient perdus, et qu'aujourd'hui, il s'agissait plus d'un combat de félins que d'une réelle envie, pour tous ces politiciens, de prendre soin de leur Cité. Comme si le prestige et l'honneur attachés à ces charges prévalaient désormais sur leur responsabilité et leur nature primaire. Bien sûr, en tant qu'issue d'une gens qui, comme plusieurs ici, avait su s'élever de par ces jeux politiques, elle se gardait bien de tout rejeter en bloc : il y avait du bon et du mauvais, sans doute. Mais, au moment présent, elle se sentait vraiment trop proie au milieu de griffes félines pour réellement savourer et jauger à la juste valeur. Elle voyait plusieurs bouches commencer à s'entrouvrir, sans doute pour lui parler, avant de se refermer : sans doute réalisait-on qu'elle n'était que Rufia, et non Marius. Ou peut-être se méfiait-on un peu de ce qu'elle allait bien pouvoir répondre à tout début de conversation, alors que son frère n'était pas là pour la canaliser et la surveiller. Ou peut-être craignait-on trop d'attirer sur soi quelque courroux. Alors que ce bras se déployait vers elle, et la happait, elle eut ce réflexe de réactivité vivace, comme pour se dégager de cette étreinte non appréhendée. Jusqu'à ce que son regard se pose, une fraction de seconde plus tard, vers ce visage qu'elle connait désormais assez bien, et pour cause. Celui qui l'extraie de cette fosse aux lions, et de ce nid de rapaces n'est autre que son futur beau-père. Son corps entier semble alors se détendre, alors même qu'elle se saisit du bras du Duumvir, un bras passé sous le sien, et l'autre main se posant sur l'avant-bras du patricien. Elle sait qu'actuellement, elle ne peut rêver meilleure compagnie que lui, alors que Fortunato et Marius ne sont nulle part, semblait-il.

Malgré le ton employé par son beau-père, une partie d'elle-même ne peut s'empêcher de se sentir prise en défaut. Elle saisit bien le ton de la plaisanterie, mais ne peut pas non plus s'empêcher de se sentir contrariée d'avoir été aperçue au sein d'une telle compagnie. Son petit nez se fronce, alors que ses joues, elles, prennent quelque couleur rosé. Mais elle ne tarde vraiment pas à se reprendre, préférant faire passer ce teint qui se rosit pour une vraie vivacité et énergie que pour une sensation de prise en défaut. D'autant plus que Lucius lui fournit les armes pour rebondir sur ses dernières paroles, et se saisir de cette opportunité pour réagir et montrer sa vivacité d'esprit, et sa capacité à se montrer, sans doute, plus impertinente que ce que l'on pourrait souhaiter et attendre d'une jeune patricienne issue d'une aussi bonne gens que la sienne, et ce en dépit des derniers tourments et orages vécus et essuyés par cette dernière.
    « Les rapaces et autres oiseaux de mauvais augures n'ont jamais eu ma préférence. Je leur ais toujours préféré les félins, alors me voici fort aise. » Elle lui adresse un sourire qu'elle sait assez piquant et charmeur pour qu'il ait tout de ces sourires qui savent très bien éclairer un visage d'une malice et d'un sens de la répartie non feints. « Mon cher frère ne manquerait aucune occasion de se laisser pousser des griffes et des crocs, auprès des meilleurs artisans du pouvoir au sein de cette ville. Il m'opposerait sûrement être déjà bien paré dans ce domaine, ce que je lui reconnaitrais fort aisément, mais il est fort plaisant pour moi de souligner les motivations qui sont siennes. Marius tient sans doute plus que moi à la viabilité et à la force de ma future union, et il lui a paru incohérent de ne pas se montrer parmi vos supporters lors de cette réélection. Je crois aussi que cela a été une excellente occasion pour lui de ne pas rester enfermé plus longtemps en tête à tête avec moi, au sein de notre villa. Il semble en effet que ma douce voix lui tape sur le système dès lors qu'elle s'érige contre lui, pour un motif quelconque. Une douce voix qui ne manquera effectivement pas de glisser quelques mots à mon frère, des mots certainement très bien accueillis ! ... Il m'est fort agréable de montrer mon joli minois en votre compagnie, Lucius. Profitez en, bientôt, votre fils risquerait de s'en réserver les faveurs exclusives ! » Elle lui décocha un nouveau sourire, charmeur et joueur, alors qu'elle sentait de nombreux regards coulés sur eux. Elle ne s'en montra pas le moins du monde effarouchée, habituée qu'elle était à servir d'anoblissement au cavalier qu'elle accompagnait. Et, comme d'habitude, sa chevelure rousse ne faisait que rehausser et illuminer le ton de tout ça. Blondeur et rousseur s'associant visiblement d'autant plus d'une parfaite façon, semblait-il.



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Lun 11 Aoû - 17:11
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Les élections. Je ne m’y intéressais pas ou plus exactement, je ne m’y intéressais plus depuis que j’étais devenu un gladiateur. Pour moi, ils étaient tous les mêmes à présent et je n’avais plus qu’une seule allégeance : elle allait à mon Dominus. Cependant, comme sa propre allégeance allait à un Praticien, je me devais de le suivre et si jamais je pouvais m’y opposer, je ne devais le faire qu’intérieurement : faire autre chose n’aurait fait que me nuire et si je voulais pouvoir continuer à profiter de mon titre de  Champion pour avoir des privilèges et pour pouvoir retrouver ma fille, je devais me taire et suivre. C’était simple en fait, très simple. Tout comme me tenir debout au milieu de cette foule de gens aisés étant censé l’être et pourtant, ça ne l’était pas. Je n’étais qu’un élément de décoration et de distraction pour eux, rien de plus et je n’aimais pas ça. J’avais rejoint le forum en compagnie de mon Dominus et les regards se tournèrent rapidement vers moi, comme à l’accoutumée. J’avais fait beaucoup de sorties officielles durant la campagne de Caius, de cette homme influent dont mon Dominus cherchait le soutien quotidien. Cela n’était cependant pas plus facile parce que j’en avais un peu pris l’habitude : je n’aimais pas ça. En attendant que ceux qui avaient remporté les élections arrivent, je fus ainsi l’attraction principale pour praticiens et plébéiens qui s’étaient déplacés pour cette journée d’élections. A l’oreille, mon Dominus ne cessait de me donner des instructions sur ma façon de me comporter, sur ma façon d’appréhender les gestes et les mots que l’on pouvait avoir envers moi. J’avais beau avoir été sollicité plusieurs fois déjà, j’accueillisvolontiers ses consignes, préférant ne rien faire qui pourrait nous porter préjudice, à lui comme à moi. Ainsi donc, je les laissai tous s’approcher sans rien dire, me contentant de regarder droit devant moi tel à une statue. N’était-ce pas cela de toutes les façons que l’on me demandait ? N’être qu’une statue, qu’une chose immobile sans parole et sans conscience ? Finalement, il s’avéra plus facile que je ne l’avais pensé d’être cette statue même si j’aurais largement préféré pouvoir m’entraîner avec mes frères ou, bien mieux, passer du temps avec Serena.

Penser à elle me fit sourire mais je me repris rapidement : statue je devais demeurer.

Cela me sembla durer bien longtemps avant que le cortège ne fasse son retour. Une voix parmi la foule me détourna du vide que je m’obstinais à fixer et je posai ainsi mon regard sur un grand de la Cité, un qui aujourd’hui avait gagné beaucoup, celui dont le soutien état vital pour mon Dominus. Je baissai la tête pour le saluer avec autant de respect qu’il m’était donné de lui accorder. Rapidement, Caius se faufila jusqu’à moi et posa sa main dans mon dos, m’incitant ainsi à le suivre. Il souhaitait apparemment s’entretenir avec moi en privé. Je n’étais pas en position de refuser, Sextus non plus, si bien qu’il m’adressa simplement un regard sévère avant de nous laisser la place pour passer : Sextus attendait beaucoup de moi, je le savais. Lorsqu’il prit enfin la parole, ce fut pour me dire que sa victoire devait lui sembler bien moins palpitante que celles que j’avais pour habitude de remporter même si d’après lui, le goût n’en était pas amoindri. Oh je ne doutais pas que cette victoire représentait autant pour lui que ma victoire contre Priam pouvait représenter pour moi. Il voyait cependant juste : je n’avais pas les mêmes priorités que lui mais il aurait surprenant du contraire. Il laissa finalement échapper un rire auquel je me contentai de répondre par un sourire poli. Il n’était pas simple de trouver la bonne attitude à adopter : je devais faire correctement sans trop en faire. Les regards étaient plus que jamais sur nous alors, je devais véritablement faire preuve de prudence. Tout à coup, Caius m’annonça qu’il allait faire porter vingt deniers à Sextus en guise de remerciements pour ma présence. Cet argent me serait entièrement dédié et je pourrais l’utiliser comme bon me semblerait.

Vingt deniers…

Ce n’était pas une mince somme et j’allais pouvoir ainsi les garder précieusement de façon à poursuivre sur ma lancée : plus j’aurais d’argent, plus il me serait facile de racheter la liberté de Flavia si je venais à la retourner. Je n’eus pas le temps de formuler le moindre remerciement, qui tarda un peu à arriver tant j’étais surpris de sa générosité, qu’il m’arrête et me fixa droit dans les yeux avant de me dire que nous allions remporter encore de belles victoires. Le message était clair : plus je gagnais, plus il gagnait aussi. Nous étions donc d’une certaine façon liée et j’avais donc encore moins le droit à l’erreur. En fait, aucune erreur n’était possible au risque de tout perdre. Je hochai la tête.

« Elles seront nombreuses, je vous en fais le serment. » dis-je d’une voix dure mais sincère. « Et je vous remercie de votre immense générosité. » ajoutai-je en baissant la tête une nouvelle fois avant de reporter mon regard dans le sien. « Votre soutien est important pour la maison de mon Dominus et j’entends bien en être digne. » terminai-je par dire en relevant légèrement le menton, mon regard ne cillant pas du tout.

Fier ? Je l’étais oui, depuis que j’avais remporté le titre en tout cas mais n’avais-je pas toutes les raison d’être fier de ce que j’avais accompli ? J’avais gagné la foule, son respect, son amour et ainsi, j’avais pu m’élever à un rang supérieur. De simple gladiateur j’étais devenu Champion et même si je restais un esclave, j’en avais gagné de nombreux privilèges. Ces privilèges n’étaient cependant pas gratuits : je devais continuer à me battre, je devais défendre mon titre de Champion et je devais être à la disposition de ceux qui souhaitaient profiter de cette notoriété que j’avais gagnée car cela leur permettait de se rapprocher de cette foule que j’avais réussi à conquérir. J’étais le pont, je m’en rendais réellement compte maintenant que je me tenais en compagnie de Caius au milieu de cette foule qui avait les yeux rivés sur nous, et j’avais bien l’intention d’être le plus solide possible parce qu’au final, être solide et l’être encore plus demain, c’était augmenter les chances de pouvoir un jour prétendre à la liberté.

Patricien
Ven 15 Aoû - 10:16
Re: EVENEMENT ₪ Jour d'élections à Pompéi   




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Je digère, lentement mais sûrement l'aigreur occasionnée par la première victoire de Licinius sur moi et je dois avouer que le visage des plus avenants de ma future belle-fille m'y aide grandement. Lorsque je pose mes yeux sur elle, je me dis que Cassia n'aurait définitivement pas pu me proposer meilleure alliance que celle-ci. Je sais que je suis encore abusé par sa grâce et sa beauté mais je crois ne pas me tromper en discernant un esprit des plus fins sous ces traits parfaits. Tandis que je la tire gentiment du cercle de loups qui s'est alors presque formé autour d'elle, je sers des sourires triomphants à la ronde car le poids qui m'oppresse depuis ce matin m'a tout à fait quitté. Qu'ils jubilent de voir avancer mon ennemi, je ne me sens guère menacé alors que j'assois de nouveau mon pouvoir, pour deux années consécutives. J'ai été éduqué, comme la jeune femme, à être et paraître avec cet air de naturel qui ne pourrait pourtant être plus travaillé mais je n'en tire aucun dégoût, c'est devenu ma façon de vivre et parfois même, mes rêves prennent les atours de ces parades politiques, de ces tirades aux milieu du sénat, de ces oeillades meurtrières. À vingt ans, le pouvoir me semblait merveilleux et j'avais hâte de l'embrasser. Aujourd'hui, je ne saurai le quitter sans tomber aussitôt dans la dégénérescence. Je ne suis rien sans lui et j'ose même penser que le pouvoir de cette cité n'est également rien sans moi. Ce constat parfois m'effraie encore mais je finirai par balayer cette frayeur comme toutes les autres qui ont cru pouvoir se nicher en mon coeur et n'en ont été que mieux repoussée.

Mes prunelles se posent un instant sur la main finement ciselée qui s'agrippe à mon avant-bras et j'arbore pendant un moment un air paternel tandis que nous nous éloignons. Rufia fait déjà partie de ma famille et j'entends la défendre avec la même ferveur que l'un des miens. J'ai saisi l'éclat presqu'avide de certains regards ennemis lorsqu'elle s'est égarée de leur côté et je n'ai pu qu'en consentir un sentiment de souillure. Je marche donc peut-être sans empressement mais mon désir est bien de la ramener vers des terres plus avenantes et tandis que je fends la foule, je compte la garder jusqu'à ce que je puisse la confier à mon fils ou à son frère. Je plaisante, comme toujours et ne peux passer à côté du trouble qu'elle affiche quelques secondes, comme si je l'avais grondée telle une enfant désobéissante. Mais la vitesse avec laquelle elle se ressaisit est étonnante et j'y note une nouvelle fois la vivacité d'esprit que je lui soupçonne. J'ajoute d'une voix profonde :

- Un choix éclairé si vous voulez mon avis mais il est vrai qu'on ne peut qu'attendre la clarté d'esprit chez une jeune femme telle que vous.

Je réponds à son sourire plein de charme, savourant l'échange et la connivence qui se noue comme lorsque nous avons été présentés pour la première fois. Elle sait mieux masquer qu'elle ne le croit car on attend que peu un tel sens de la répartie chez une demoiselle éduquée comme elle. Elle me fait penser à Praedita, ce qui redouble ma sympathie pour elle.

- J'ai une soeur et sa mélodieuse voix qui ne manque pas de s'élever au sein de notre maison peut parfois provoquer un effet similaire que ce que subit votre frère... Mais ne désarmez pas pour autant Claudia, car souvent les conseils avisés sont parés d'une douce sonorité féminine. Je lui glisse un léger clin d'oeil, j'ai toujours aimé les femmes à forte tête, puis je ris à l'évocation de sa future captation par mon fils : Alors je vais vous garder à mon bras plus longtemps, afin d'en profiter et puis j'aime voir tous ces visages jaloux tournés vers nous. Je fais mine de ne pas les voir mais je note chaque air et chaque nom, car rien ne doit jamais être oublié. Je suis certain que vous serez de cet avis.

Tandis que je lui confie certaines ficelles de ma politique, on ne sait si j'évoque avec cette dernière phrase les trahisons présentes ou passées et qui concernent sa propre famille. Mon regard appuyé et des plus sérieux pourrait faire pencher la balance en direction de cette dernière voie. D'ailleurs, je continue :

- Non n'oubliez jamais rien du passé, car c'est avec lui qu'on forge les avenirs. Que l'aigle compte encore pour un temps sur ses griffes acérées et sur ses réformes, il n'en balayera pas pour autant ceux qui ont fait Rome avant lui. Devons-nous courber l'échine et à jamais vivre les défaites de nos aïeux ou relever la tête Claudia, jusqu'à défier les despotes ?

J'ai à présent un fin sourire et on sent que m'anime cette rage née des défaites de Pompée le Grand, cette rage d'avoir dû ployer lorsqu'Octave a vaincu Antoine, de devoir encore rogner mon pouvoir à cause de ses réformes récentes concernant les magistrats, d'accepter ses émissaires de tout poil et surtout, de devoir subir jusqu'ici l'enfant prodigue en la personne de Licinius, qui a su se dégoter un mariage avantageux avec une Octavia. Tandis que les regards nous saluent ou nous assassinent presque, oui je mémorise leur nomen car ma revanche cinglera bientôt leurs odieux visages et ils comprendront ô combien il a été imprudent de me défier aujourd'hui. En attendant, je chemine, avec cet air bienveillant, le soleil frappant mes cheveux blonds s'accordant en effet magnifiquement bien avec l'airain de la chevelure de ma belle-fille, autant que nos familles déchues s'unissent dans le même désir de voir un jour leur nom briller autant que jadis.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

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Dim 24 Aoû - 17:05
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Le vent soufflait, doucereux, se lovant dans les rides aqueuses de l’euripus. Ce n’était qu’un soufflement, un fin souffle d’air ; à peine osait-il effleurer les feuilles des lauriers sombres. Il venait d’on ne savait où, des hauteurs ensauvagées du mont Vésuve où des étendues salées de la baie de Naples ; on ne distinguait ni les embruns du grand large, ni le parfum des aromates. Timide, il enlaçait tendrement les colonnes de marbre du tablinium, entrait prudemment à l’intérieur même de la domus, sans jamais oser prendre l’audace d’un courant d’air. C’était ce souffle doux et chaud, presque humide, semblable au souffle de l’acteur, léchant les parois de la bouche en porte-voix de son masque. C’était cet air léger, aux infimes senteurs, respiration des dieux, infime exhalaison… Comme si Venus Pompeiana elle-même, contemplant sa cité bénie, retenait son souffle…

Aujourd’hui était jour d’élections, journée placée plus que nulle autre sous le regard des dieux. Cnaeus ne l’ignorait pas, comment aurait-il pu ? Son être tout entier le poussait à se préoccuper de l’évènement, son sang l’appelait à attendre avidement le résultat du scrutin, palpitant incessamment  dans ses veines, comme si son héritage le poussait malgré lui à être pénétré de cet évènement… C’est qu’il était patricien, malgré tout. Il  était patricien, malgré l’opprobre dont s’était couvert son propre père, malgré la honte qui salissait son propre nom, l’insulte qui noyait sa propre gens au plus profond des égouts de la cité.  Quels rats restait-il encore pour oser fréquenter les Loreii, quels rats accepteraient encore de plonger dans cette fange immonde, dans ce purin ignoble ? Qui accepterait de salir son honneur, au point de mêler son nom, sa gens,  à ceux-là, aux Loreii… A ce bègue ridicule, et à son fils mutique… Seuls ceux qui n’avaient d’autres choix pour survivre, songeait Cnaeus. Ainsi que ces quelques autres, qui, envers et contre tout, restaient fidèles à leurs maître, à leur patron, quel qu’il soit, père ou fils, muet par nécessité, ou par choix…  Des citoyens ne valant guère mieux que son propre père, il en était certain. Des hommes libres, certes, mais aux affaires louches, bien trop souvent, ou aux habitudes trop peu conformes avec celles qui avaient cours dans la colonie, ou même au-delà… Un bon fond de commerce que lui avait légué Blaesus. Une excellente base pour conquérir le pouvoir. Qu’avaient à perdre ces damnés ? Ne pouvaient-ils pas le suivre où qu’il le désire, jusqu’aux tréfonds du tartare s’il le voulait ? Ils avaient bien suivi son père après tout… Ils avaient accepté de suivre Blaesus, quelle dignité pouvait leur rester, quel résistance pourraient-ils opposer au nouveau maître de la gens ? Catilina avait réuni son engeance damnée pour renverser la République ; il avait échoué. Cnaeus avait la sienne propre à présent, se l’appropriait toujours un peu plus discrètement… Lui ne laisserait nul Ciceron se dresser face à lui. La toge le cèderait face aux armes.

Le vaste jardin de l’opulente domus s’étendait face à Cnaeus, assis à son bureau, à l’intérieur du tablinium. Quelques esclaves s’y affairaient, serviles ombres voletant autour des bosquets de laurier, s’affairant au milieu de ces fleurs enchanteresses. On ne les entendait qu’à peine, ces sombres abeilles vaquaient à leur tâche silencieusement, s’effaçant derrière le gazouillement des oiseaux exotiques et le chant nacré des fontaines. Le jardin, puissant et luxuriant, étouffait de sa fraiche tranquillité tous ces labeurs, toutes ces peines ; cette nature ordonnée absorbait paisiblement les affres de la civilisation moderne. Le patricien n’y prêtait guère attention, habitué à ce doux spectacle. Ce n’était là qu’un cadre habituel, un décor bien trop familier pour qu’il puisse encore s’extasier devant cette opulence végétale. Comment pouvait-il goûter à ce luxe, lui qui avait grandit entre ces murs ? Assis à son bureau, retiré au cœur de ce tablinium encaissé, il ne levait même plus la tête pour se réjouir de la perspective qui s’offrait à ses yeux. Tournant le dos à l’atrium, il laissait venir un à un ses clients, les laissait longer le péristyle seuls, en compagnie d’un esclave, sans qu’il puisse les voir venir s’approcher. Un à un, ils contournaient le tablinium, descendaient les quelques marches conduisant au bureau du futur dominus, attendaient que celui-ci daigne lever la tête pour recevoir leur Salutio. Les uns après les autres, il les regardait, longuement, écoutait leurs plaintes, leurs suppliques. Et leurs interrogations. Pour qui convenait-il de voter…

« Crachez-moi à la gueule de ce fils de catin, prenez-moi ce blondinet ridicule et mettez lui votre vote bien profond dans le… »

Les clients des Loreii avaient toujours apprécié les réponses de Blaesus, et ne manquaient pas de lui poser la question chaque veille d’élections, comme si les peintures électorales ne leurs suffisaient pas. Peut-être était-ce là le seul talent de cette brute, sa seule occasion de briller ; jamais il n’avait autant d’imagination que lorsqu’il ne s’agissait d’insulter Publicola. Il y avait cette lueur dans ses yeux,  cette lueur passionnée, dans laquelle on pouvait, à l’occasion, entrapercevoir quelque éclat de génie. Son être entier, son corps de brute, ses joues pendantes, étaient pris de tremblements fiévreux, véritable transe inspirée par les dieux, sans aucun doute. Il se levait, souvent, faisant les cent pas, comme s’il ne pouvait contenir davantage cette élan de furie créatrice. Parfois, il saisissait son client, ne le brutalisait que rarement. C’était un géant, un colosse, un Antée qui ne puisait son énergie que de la haine, de l’humiliation. Qu’un geste déplacé, qu’un regard un peu trop trainant vienne l’irriter, et il se dressait, immense, furieux, et broyait l’impudent. Voir les murs de la cité barbouillés du nom de l’être haï ne faisait qu’augmenter cette colère, qui enflait, sourdement, tension invisible qui le dévorait, le consumait. Pendant toute la campagne, on le voyait ruminer, tourner en rond, puis disparaître, n’adresser la parole à personne, avant d’éclater brusquement, aussi imprévisible qu’un orage d’été. Tous le fuyaient, les esclaves prenaient parfois quelques coups furieux, donné aux hasard, Loreia Minor souffrait. Combien de vaisselle précieuse avait fini broyée, brisée, au fil des diverses élections… A la moindre évocation de Publicola, on voyait se dessiner le contour de cette veine dilatée, sur sa tempe, battant furieusement ; c’était le Gange en furie barrant la route à Alexandre, c’était le Rubicon à ne pas franchir, si vous vouliez rester en vie. La colère électorale de Blaesus devenait un sujet de discussion, qui se diffusait dans la ville, jusqu’au plus misérable tripot. Tel client des Loreii venait exhiber ici et là les hématomes laissés par son patron, comme s’il en retirait de la fierté – ceux-là restaient les fidèles de la gens, heureux de côtoyer ce rustre balbutiant qui les payait pour leurs visites. Telle rumeur circulait sauvagement, d’un citoyen assassiné pour avoir demandé s’il convenait de voter pour Pu-publico-cola, jamais la justice ne s’y était intéressée.

Cnaeus fut à cet égard une déception. Il restait froid, impassible, scrutant du regard chacun de ces clients qui défilaient devant lui. Il les connaissait, de nom, il les avait étudié, de loin, sans même qu’ils ne s’en doutent, à peine ceux-ci concevaient qu’il s’agissait là du descendant de Blaesus. Ils ne lui faisaient pas confiance, il le savait. Aucun d’entre eux ne lui faisait pleinement confiance, il n’était que le fils du patron, une ombre froide, peu rassurante, qui se glissait dans ces murs, discrète, impossible à atteindre… Ces plébéiens étaient attachés à sa gens, par devoir, ou par défaut, certains étaient restaient liés à son père, par un curieux attachement. Lui, ils ne le connaissaient pas. Ils hochaient la tête quand on les interrogeait sur lui. Froid, muet, distant. A quoi bon se soucier de lui, tant qu’il les entretenait…  Ils semblaient presque gênés de se présenter devant lui en ce jour d’élections, s’adressaient plus volontiers à ses intendants, qui se tenaient debout à ses côtés. Ceux-ci l’interrogeaient toujours du regard avant de répondre. Ils commençaient à connaître ses manières, ceux-là. Il avait longuement interrogé chacun d’entre eux, avait écouté tout ce qu’ils pouvaient lui raconter, sur les finances de la gens, sur leurs possessions, sur l’état de leur clientèle, sur la politique de la cité, sur les évènements de la République, sur les rumeurs courant les ruelles comme sur les paroles des oracles circulant au-delà des mers. Ils se sentaient jugés par lui, ils sentaient qu’il était devenu leur maître, sans que nulle ne sache comment, alors même que Blaesus vivait encore…  Certains clients demandaient à voir l’ancien dominus, on les invitait à brûler de l’encens dans les temples en son nom. D’autres s’enquerraient de sa santé, on leur rappelait que dès la naissance son destin avait été placé dans les mains des dieux. Cnaeus restait muet. Ses intendants réglaient les affaires courantes à ses côté, gratifiant, sanctionnant, répondant aux questions de ces plébéiens. Cnaeus restait de marbre. Et puis venait la question. Pour qui convient-il de voter.

« Caius Licinius. »

Son regard froid restait planté dans celui du client qui lui faisait face, ses traits restaient durs, impassibles. Personne n’y trouvait rien à redire. Et pourtant, cela faisait bien longtemps que les Loreii n’avaient ouvertement soutenu un candidat…


La foule se pressait sur le forum, se mêlait en une cohue bigarrée. De partout s’élevaient cri, jurons, insultes et rires. Peu se souciaient de la politique de la cité, qui ne semblait guère devoir varier. Ils se cherchaient bien davantage des protecteurs, des bienfaiteurs, qui viendraient distribuer avec largesse leurs richesses, leur promettant spectacles et jeux, nourriture et boisson. Ce n’était pas une élection, pour la majorité d’entre eux ; la plupart ne pouvaient voter. Et cependant se multipliaient les  paris, les plaisanteries, les rumeurs les plus folles ou les histoires les plus amusantes. L’on évoquait les tics des politiciens, l’on défendait ardemment que celui-là voulait construire un nouveau théâtre, ou des nouveaux bains, plus grands, plus somptueux. Celui-là trompait sa femme avec une plébéienne, celui-là portait à l’inverse des cornes qui ne faisaient mystère pour personne, si ce n’était lui. Certains murmuraient que Publicola était en froid avec Rome, d’autres assuraient qu’il voulait dresser sa statue à chaque carrefour. Une folle rumeur annonçait qu’un ami de la femme d’un client avait entendu dire que Murena entretenait un bassin de murènes qu’il nourrissait lui-même, et dans lequel il jetait ses ennemis ; il y jetterait Publicola un jour. Celui-là s’esclaffait en annonçant avec orgueil que Marcus Vinicius lui avait vomi dessus, en pleine nuit, et qu’il n’avait pas même pu protester parce qu’il était accompagné de soldats. Tous imaginaient les jeux que pourrait offrir le vainqueur pour s’attirer les grâces de la populace, certains défendaient ardemment avoir vu Septimus porté en litière au port pour accueillir des éléphants venus d’Asie, d’autres disaient que l’on avait apporté de Germanie d’immenses ours.  Les propos les plus insensés circulaient sans que quiconque ne vienne les remettre en question, les plaisanteries les plus grasses sur les patriciennes se murmuraient sous le manteau, sans que l’on osât pour autant toucher aux prêtresses.

Cnaeus ne s’était entouré que de quelques esclaves pour venir ; il restait en retrait, à distance de ces cercles patriciens qui se dessinaient nettement sur le forum. Le peuple évitait soigneusement de se mêler aux plus riches, dissuadés par les gardes privés et la milice publique. Il attendait. Il voulait en personne être présent lors de la proclamation des résultats. Assuré de la loyauté des Claudii et des autres principales familles patriciennes, Publicola ne saurait chuter. Pas cette fois là. Le vieux lion resterait fièrement dressé sur son trône, méprisant, méprisable, faisant de Septimus son pantin, jouant au prince dans les rues de Pompeii. Peu lui importaient ces résultats-là, son heure viendrait bien assez tôt, qu’il profite donc de l’ivresse du pouvoir, tant qu’il n’avait pas d’opposant sérieux. Mais Licinius s’apprêtait. Licinius se préparait, dans l’ombre, à précipiter son adversaire dans un précipice, dans la boue de l’infamie publique. Murena était ambitieux, ne le dissimulait qu’à peine. Ce devait être là son premier jour face à Pompéi, là première fois qu’il se dressait ainsi face aux citoyens de la cité, attendant leur jugement. Et Cnaeus attendait lui aussi ce jugement, lui qui l’avait soutenu, avec ses modestes moyens. Lui qui attendait que la Murène morde enfin le Lion, que tous deux se dévoilent, et se détruisent mutuellement. Qu’ils sèment le chaos dans la cité, qu’ils sèment la guerre et la sédition, la haine et la méfiance, qu’ils brisent les liens tissés entre les patriciens, et au sein du peuple, qu’ils brisent cette image dorée qui les préserve de la colère populaire, pour ne devenir que des tyrans politiciens, ne défendant que leurs propres intérêts. Que le désordre se lève en une tempête noire, couvrant de nuages de ténèbres et d’éclairs de feu la cité, que tous aient peur et se trahissent…  Il ne suffirait alors que d’un simple courant d’air pour balayer l’ordre ancien… Pour l’instant, Murena n’était que candidat, et Publicola triomphait toujours. Mais…

« Caius Licinius est élu édile avec 344 voix pour lui »

Cnaeus eut un mouvement de froide satisfaction. Bien. Le jeu s’ouvrait, le bal commençait. Peu lui importait les autres résultats, Publicola avait toujours placé ses marionnettes où bon lui semblait, quand il voulait. Sauf cette fois-ci. Murena avait été élu, édile. Murena se rapprochait de lui, le pressait. Lentement, Cnaeus se mêla à la foule, venue féliciter les nouveaux dignitaires. Il se laissait porter par le mouvement, patiemment. Publicola devait enrager. Publicola devait commencer à avoir peur. Quand oseraient-ils s’affronter ? Il était encore trop tôt, bien sûr. Mais rien ne serait plus jamais comme avant. Les citoyens admis devant les nouveaux élus ne manquaient pas de compliments pour féliciter ceux qui désormais avaient l’ascendant sur eux. Cnaeus se contentait d’un simple signe de tête. Il n’était pas grand-chose pour eux, ils ne le connaissaient qu’à peine. Grand bien leur face, ils n’avaient pas à se soucier de lui pour l’instant.  Publicola se pavanait un peu plus loin, Rufia à son bras. Apercevant la chevelure rousse de la patricienne, Cnaeus ne put s’empêcher de penser à sa sœur. Il n’avait pas accepté qu’elle vienne, craignant les remarques déplaisantes des pires plaisantins, il le regrettait un peu. Sa sœur, sa tendre sœur, abandonnée à elle-même… Pourvu qu’elle ne fasse pas de bêtise. Il lui fallait prendre plus soin d’elle, songeait-il tristement. Il lui faudrait rendre visite, un soir, s’asseoir face à elle pour l’écouter raconter ses histoires, comme il l’avait toujours fait, étant gamin, et puis la consoler doucement de tous ses malheurs, et la bercer dans ses bras. Elle était de son sang, il devait la protéger, elle était sienne… Publicola passa à son niveau, la mine orgueilleuse, comme toujours, cet infâme sourire lui déchirant le visage, convaincu de sa superbe, et de sa supériorité. Cnaeus le regarda. Sans sourire, sans lui adresser la moindre parole. Qu’il aille savourer son triomphe autre part, la cité ne lui appartiendrait jamais totalement. Toujours subsisteraient ces insatisfaits, enhardis à présent que s’élevaient Murena. Ton règne s’achève, Publicola. Peut-être devras-tu un jour songer à changer de cognomen.  

Plus loin, Murena s’entretenait avec son champion, profitant allègrement de la popularité du gladiateur pour s’attirer la sympathie du public – et la jalousie des plus jeunes demoiselles. Il jouait, lui aussi. Il faisait siennes les manières de son adversaire, caressant, séduisant son public avec ses manières, cherchant à se faire aimer par le plus grand nombre pour se faire porter au sommet de l’Olympe par leur simple sympathie débordante. La murène avait sérieusement limée ses dents, en ce jour-ci. Elle se faisait simple dauphin, ridicule à force de courbettes et de plongeons, ne songeant qu’à exécuter ses tours en publics. Une simple bête de spectacle, un politicien comme un autre… Reprends-toi Murena, reprends-toi, tu ne m’es utile qu’en bête assoiffée de sang et de domination, tu ne m’es utile que tant que tu t’amuses à chasser et déchirer les soutiens de ton adversaire… Reprends-toi vite, s’il te plaît, mort et chaos ne peuvent pas attendre, c’est ta carrière qui est en jeu, c’est mon destin qui t’attends… Cnaeus s’était approché lentement du nouvel édile, intégrant progressivement son cercle, jusqu’à arriver à son niveau. Il attendit que le regard de son allié se pose sur lui, le salua gravement :

« Félicitations. »

Il n’en fallait pas plus, si l’homme était intelligent, pour qu’il devine qu’il avait son respect, et son amitié. Après tout, Licinii et Loreii avaient tous deux été frappés d’infamie par les Pompeii, c’était tout naturellement que Cnaeus vienne le retrouver à présent, afin de tisser des liens, des liens bien plus étroits qu’une simple neutralité bienveillante…
Patricien
Dim 31 Aoû - 18:54
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Claudia Rufia
₪ Arrivée à Pompéi : 26/09/2013
₪ Ecrits : 761
₪ Sesterces : 59
₪ Âge : 19 ans
₪ Fonction & Métier : Patricienne de la maison Claudii, et future épouse de Marcus Pompeius

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₪ Citation: Sic iutr ad astra
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
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Par de nombreux aspects, et à plus d'un égard, sans doute Rufia était-elle faîte pour ne pas éternellement s'éterniser avec ceux de son âge. Née dans un foyer déjà pourvu de trois fils, plus âgés qu'elle, donc, elle avait dès lors eu pour habitude de partager ses jeux d'enfants avec ses aînés. Sans qu'il n'y ait toujours babioles de fillette impliquées. Souvent ses poupées de chiffon, confectionnées avec des tissus récupérés sur une ancienne stola de sa mère, effectuaient-elles un grand plongeon dans le vide, du haut de l'étage, pour finir dans l'un des bassins des cours intérieurs. Souvent finissaient-elles aussi piétinées par l'un des chevaux de la famille, car laissées à trainer à même le sol alors que Rufia les aura abandonnées là pour courir saluer l'un de ces majestueux équidés. Souvent leur préférait-elle, de toute façon, d'autres babioles, pourtant bien plus destinées à ses frères. Les épées en bois de ces derniers lui étaient toutes passées entre les mains, et il lui était déjà arrivé, à au moins une reprise, de rosser l'un de ses frères, en l’occurrence, Marius, pour elle ne savait plus trop quelle raison. Sans doute en fallait-il pourtant une, et il y avait effectivement dû y en avoir une. L'objet, déjà fragilisé par bien des combats enfantins, avait fini par se briser, un éclat atteignant Marius au visage, y laissant une légère cicatrice encore observable aujourd'hui, sous certaines lueurs de bougie, et certains profils. En grandissant, on l'avait un peu éloignée de ce monde de garçon, pour faire d'elle cette parfaite jeune femme accomplie, celle qu'elle était au jour d'aujourd'hui. Mais elle n'avait cessé de vouloir mettre sa petite touche personnelle à un peu tout ce qui la concernait, jouant avec les limites fixées par ses parents. Des parents tant et si bien impliqués dans la vie politique et la vie civique de la cité que Rufia avait pu voir défiler un balai d'hommes d'état et de pouvoir au sein des murs de la domus familiale. Tous plus âgés qu'elle, évidemment. Alors, aujourd'hui encore, les gens de son âge avaient tendance à être encore trop fades et verts, à son goût, et elle continuait allégrement de leur préférer des êtres plus âgés, plus expérimentés. Toujours plus prompts à la tenir informée, à l'éduquer, aussi, un peu, bien malgré eux, souvent, car elle savait si prendre pour ne jamais laisser paraître qu'on lui apprenait quelque chose de nouveau dès lors qu'il n'aurait pourtant pas toujours fallu qu'elle soit instruite sur le sujet en question. De la bouche d'un autre que d'un Claudius, par exemple. Avec Lucius Pompeius Publicola, les choses étaient sans doute assez différentes, dans le sens où il faisait désormais partie de ses proches, à défaut de déjà être son beau-père.
    « Vous devez en être reconnaissante à mon père, qui a toujours eu à cœur de ne pas avoir engendré une ingénue, et d'entretenir ces qualités développés assez souvent malgré lui, et qu'il aurait sans doute préféré ne pas toujours me voir détentrice. »
Savoir Praedita assez semblable à elle la confortait dans cette intuition qu'au sein de la gens des Pompeii, on ne la briderait pas plus que de raison. Sa tante, ou son frère, elle ne savait plus trop, l'avait récemment comparée à une jeune pousse. Et il est plus que connu que les végétaux ont besoin d'air, de soleil et d'eau pour pousser. Se savoir déjà assurée de ces trois éléments, au sein de son futur foyer, ne pouvait qu'être une bonne chose. Rufia se savait assez chanceuse pour ne pas cracher sur tout ceci. Bon nombre de jeunes patriciennes de son âge étaient mariées à de vieux croulants, qu'elle n'avait pas forcément déjà rencontré avant de se trouver face à eux, devant l'autel des dieux. Une perspective terrifiante, mais désormais loin de son esprit, maintenant qu'elle avait plus que déjà rencontré la quasi totalité des Pompeii. Et sans doute tout ceci était-il étroitement lié à la chronologie telle qu'elle avait été, pour elle, mais Rufia ne parvenait pas à dissocier cette Cité de Pompéi de la gens des Pompeii, ayant rencontré les deux à des intervalles plus que très proches. Restant dès lors assez étrangères à tous ces autres, ce qui la poussait à être un peu hésitante quant à ce qu'il fallait penser, les concernant. Au cas par cas, s'il le fallait.
    « Ils devraient pourtant tous déjà être coutumiers du fait. Après tout, Flavia Pompeia Lupida est l'une des plus belles femmes de cette cité. » Ses cheveux blonds lui rappelaient ceux de sa propre mère, hélas en exil ... Une mère qui elle aussi été une Flavia. « Je tente effectivement du mieux possible de me familiariser avec eux, autant que eux avec moi, sans doute. Certaines facilités me sont sans doute accordées du fait que bon nombre d'entre eux sont parents avec des patriciens de Rome. J'imagine qu'ils font pareil, en m'associant aux Claudii qu'ils peuvent connaître. Souvent, j'aimerais pouvoir lire leurs pensées, car bien des masques sont affichés, en tout temps, et en tout lieu, dissimulant de noirs desseins. » Quant à ne pas oublier ... La main de Rufia se resserra sur le bras de Publicola, avec force, et détermination, telle une serre. Ou plutôt, une patte féline. Oui. Laissons les serres à tous ces oiseaux de mauvais augure, et au plus abhorré de tous. « Non. » Sa voix se faisait ferme, décidé, malgré sa faible tonalité. Il y avait des choses qui n'avaient pas besoin d'être déclamées pour être comprises, et communiquées. « Non. Je n'oublierais pas. Et je ne courberais pas l'échine. ... Je n'oublierais pas ce que l'Aigle a fait subir aux miens, et à tant d'autres. Et nul parmi les miens n'oubliera non plus, ascendants comme descendants. Cela ne se pourra, car je ne le permettrais pas, autant que je le pourrais. »



« SPOILED, SELFISH LITTLE CHILD, WENT OUT TO PLAY OUT IN THE WILD. FOUND YOU SHAKING LIKE A LEAF UNDERNEATH YOUR FAMILY TREE. YOU COULD NEVER LIVE OUT IN THE OPEN, REGRETTING EVERY WORD YOU'VE SPOKEN. YOU KEEP BEGGING FOR FORGIVENESS, BUT YOU DON'T THINK YOU'VE DONE WRONG. YOU'VE BEEN OUT CRYING OUT FOREVER, BUT FOREVER'S COME AND GONE. »
Patricien
Sam 25 Oct - 19:12
Re: EVENEMENT ₪ Jour d'élections à Pompéi   




Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2402
₪ Sesterces : 63
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir

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₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
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Je lui coule un regard entendu lorsqu'elle fait état de la beauté éclatante de mon épouse. Je sais que tous me jalousent d'arborer si belle femme à mon bras, en toute circonstance et j'irai même jusqu'à dire que, dans notre duo de persifleurs qui versons également dans le complot, nous en jouons et que nous aimons cela. Nous aimons voir glisser sur nous ces regards noirs nimbés d'étincelles rougeoyantes d'envie. S'ils pouvaient m'atteindre, ils me dépouilleraient de ma femme, ils me dépareraient de ma toge, ils m'ôteraient tout avant de simplement me trancher la gorge. Car on aime mieux voir son ennemi tomber dans la plus immonde déchéance que seulement regarder son corps animé des soubresauts de la mort imminente.
Ces regards sont les mêmes aujourd'hui. Pas seulement pour Rufia et ses cheveux d'airain, mais pour ma réussite qui s'entérine un peu plus chaque jour. Parce que certains d'entre eux ne supportent plus mes sourires, mes choix ou bien mes victoires sur la politique de la cité. J'y demeure en maître et Licinius n'est qu'un accroc à la belle toile finement tissée de mon règne qui semble n'avoir aucun crépuscule. J'ai définitivement dépassé la rage qui est venue m'étreindre à l'annonce des résultats, complètement noyée par le soulagement que je ressens d'avoir été réélu.

Nos pas nous ramènent peu à peu en terrain conquis, les flatteurs sont là, par dizaine, les véritables amis également. Je hoche la tête vers quelqu'un qui me salue joyeusement et le nom de Publicola retentit un peu partout. Ils l'aiment mon cognomen... Après tout, ce sont eux qui me l'ont accordé. Je poursuis notre conversation précédente, tandis que mes pas suivent toujours les mouvements de foule :

- Je lui en sais gré, j'eus détesté découvrir une ingénue et renâclé à la donner à mon fils. Fortunato a un avenir florissant devant lui, qui sera autant hérissé d'embuches que mon passé le fût et il lui faudra compter sur son épouse.

Je la regarde car oui, l'épouse ce sera elle. Pas moins belle que Flavia, pas moins intelligente sans doute. Ces grands yeux clairs qui se parent encore des aubes de l'enfance redécouvriront bientôt les risques inhérents lorsqu'on s'approche par trop près du pouvoir. Je pense à son passé déjà si mouvementé, déjà au fait du pire qui peut incomber à ceux qui mettent en péril les empires et me demande un instant si elle n'eut préféré alliance augurant moins de trouble. Mais le destin parfois vous cueille au coin de l'ornière, et vous voilà emporté sans avoir pu objecter quoique ce soit.

- Je n'ai pas réticence quant aux qualités que vous évoquez. Une faible femme ne convient guère à un politicien, comme le sera un jour Fortunato, quoiqu'il en dise. C'est un difficile chemin... Je sais que vous en êtes consciente.

Je l'observe une fois encore, n'ayant pas forcément besoin de cette confirmation. Elle me parle de masques et la réflexion ne vient en rien écorner celui dont je me pare et qui devient mon véritable visage. Je penche la tête et lui explique :

- Vous ne serez jamais en mesure de voir au travers des masques arborés, certains ont bien trop d'entrainement quant à cela. Ce qu'il faut, c'est essayer de faire vaciller son porteur... Suffisamment pour qu'il oublie pendant un bref moment de le porter. Et là vous aurez un point de vue sur ses plus noirs secrets. Mais... je vous souhaite de ne jamais avoir à plonger le regard dans ce genre d'abîme.*

Je sens sa main comprimer légèrement mon avant bras, où elle repose et interrompt notre déambulation, car nous voici à présent tout près de notre famille. Le ton dont elle pare sa voix augure tant de détermination que je ne peux que poser un regard entre affection paternelle et franche admiration sur sa personne. Voici ma belle-fille et elle est telle que je l'attendais. Je murmure alors d'une voix sombre :

- Et tout ce qui sera en mon pouvoir pour vous accorder cette possibilité de ne jamais oublier, je vous l'accorderai. Tout comme j'espère vous voir toujours m'accorder ce merveilleux esprit qui se profile sous votre adorable tête.

Ma main est venue se poser un instant sur la sienne et je la relâche. Rufia n'a plus besoin de ma protection. Tout du moins pour le moment. Je sais que mon inclination envers elle s'est accrue au détour de cette conversation et que la jeune fille que j'imaginais est bien celle qui se tient devant moi. Digne de notre nom. Digne de mon fils.

* [La rédaction tient à dire qu'elle s'est véritablement retenue d'ajouter : "Car alors, l'abîme vous regarde aussi..."]



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

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