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 Juste un geste de vous... [Publicola]

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Message(#) Sujet: Juste un geste de vous... [Publicola] Ven 25 Avr - 19:23



Il avait fallu plusieurs jours à Ausonia pour trouver un moment afin de s’esquiver discrètement de la taverne. Comme s’ils savaient qu’elle complotait ou parce qu’elle-même n’avait pas la conscience bien en paix, la jeune fille avait eu l’impression d’être espionnée toute la semaine depuis le passage de la patricienne sur son lieu de travail. Mais enfin elle avait un moment rien à qu’à elle pour faire ce que bon lui plaisait. Saisissant cette occasion en or, elle avait enfilé sa plus belle robe, ce qui la ferait toujours passer pour une pouilleuse auprès des patriciennes mais elle souhaitait que le duumvir, si elle parvenait à le voir, s’aperçoive de l’effort. Elle prit évidemment soin de prendre son mouchoir qu’elle avait plié dans une petite boite en bois. Et puis avec tout son courage, la rouquine traversa la cité avec l’objectif le lieu de résidence de son prince charmant. Elle ignorait à quoi s’attendre, elle n’avait jamais mis les pieds dans les quartiers riches mais autant dire que cela la dépaysa rapidement. Elle se sentait tellement peu à sa place qu’une fois devant la porte elle hésita. Elle ne pouvait décemment pas entrer comme dans un moulin et ce qui ressemblait à un garde devant l’entrée la dissuadait presque.

Finalement, elle redressa le menton et bomba la poitrine et passa devant lui avec un grand sourire et un bonjour tout ce qu’il y avait de plus aimable. Sit il se moquait un peu d’elle ou de ce qu’elle venait faire là, soit la maison accueillait peut-être les indigents. Toutefois à peine l’adolescente avait-elle mit un pied dans l’enceinte qu’elle fut ébahie par le décor qui l’entourait désormais. La richesse aurait presque une odeur dans un tel lieu. Rufia regarda le tout avec la bouche légèrement entrouverte les yeux sur les murs, les fresques et mosaïque, si loin de la taverne. Une esclave la bouscula sans ménagement et la regarda de façon à lui signifier qu’elle n’avait rien à faire là. La rousse avait l’air plus mal fagoté que la population servile de la ville. L’atrium pullulait d’une telle effervescence qu’Ausonia se revit à son arrivée à Pompéi, au moment où elle avait passé les portes de la cité après tant de temps sur les routes de campagnes. Elle était perdue, se sentant si loin de la maison. Où pourrait-elle bien trouver le maitre des lieux, s’il était même présent. Avec sa fonction la jeune fille savait qu’elle prenait le risque qu’il soit au forum pour ses affaires ou celle de la ville. Que dirait-elle si on lui demandait ce qu’elle faisait là ? Si elle tombait sur un Pompeii en personne et qu’on la jetait dehors comme une mal propre ?! Elle le mériterait peut-être, avec son nom et la réputation de son cousin, elle n’avait aucun droit de se trouvait au milieu de tant de beauté. Face à l’agitation, Ausonia se recula contre un mur et prit le temps d’observer un peu, elle ne pouvait décemment par s’aventurer plus loin, bien que son imagination l’ait déjà emporté à la chambre de maitre pour y déposer son présent en toute discrétion, mais c’était prendre trop de risques, pour que finalement le duumvir ignore qui lui faisait un cadeau si personne ne trouvait la boite avant lui. Elle la serra d’ailleurs un peu plus fort contre sa poitrine et continua de reculer jusqu’à sentir ce qui devait être la surface dur du mur.



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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Dim 18 Mai - 15:28


Droso, le petit esclave maigrichon est tout sourire lorsqu’il descend l’immense escalier de marbre qui mène aux chambres. Il a une nouvelle fois eu l’honneur de vêtir le dominus ce matin et cette fulgurante ascension sociale lui donne l’impression que des myriades de jolis papillons lui volètent dans l’estomac. Avant, il n’était préposé qu’au plateau du petit déjeuner mais maintenant, il peut enrubanner le Duumvir de sa toge ou de son pallium, selon le jour, ce qui fait qu’il cumule deux occupations d’importance. Oui, oui. Il a l’impression que Cicero en a pris ombrage car il le toise parfois sèchement mais Droso a une imagination galopante et il est probable qu’une oeillade bienveillante passe pour une réprimande muette à ses yeux encore enfantins. Mais il a déjà oublié cette impression et il descend les dernières marches presqu’en sautillant : il fait beau, la vie est belle, le maître est magnifique et il a été réélu. Notons la très grande objectivité de Droso, lecteur.

Alors qu’Ausonia franchit le seuil de la villa des Mystères, passant sans encombre sous le regard ensommeillé d’un garde quelconque qui aurait mieux fait de moins roupiller, Droso franchit, tel le conquérant revenant de la terre nouvellement soumise, l’entrée de la cuisine. La jeune esclave qui est chargé de composer les repas considère un instant sa face de ravi avant de simplement hausser les épaules. Elle dit qu’elle a croisé une jeune personne dans l’entrée, une personne inconnue et pas très bien habillée et demande au petit d’aller voir. Droso, qui ne sent plus ses chevilles prend cela comme une mission d’importance : le seul Pompeii présent à la Villa aujourd’hui, c’est le maître des lieux et pas question qu’une fille mal fagotée vienne l’importuner. S’il doit être le dernier rempart face au dérangement, il le sera. Il prend donc vaillamment le chemin de l’atrium, armé de son visage qu’il croit déterminé puis d’un pas de souris qu’il voudrait être celui d’un géant, il arrive au niveau d’Ausonia et lui lance : « Que fais-tu donc là ? J’espère que tu n’as pas dans l’idée d’aller quémander auprès du Duumvir, il a bien d’autres affaires à traiter ! ».

Soudain, son visage se décompose et il avise de haut en bas son interlocutrice. Si ça se trouve, elle veut simplement parler de la livraison de quelques poulets et elle est nouvelle. Car Droso connaît les livreurs habituels et elle, il ne la remet pas. Il continue donc, sans prendre le temps de justifier ni le changement de ton, ni le changement de sujet : « Hmm où sont donc les 25 poulets que nous avions commandés, je ne vois guère de cageots et la petite boîte que tu as là n’a l’air de contenir aucun volatile, ou alors il est nain ! »

La visage d’Ausonia doit trahir sa plus complète incompréhension ce qui met de plus en plus Droso mal à l’aise. Lui qui rêvait de maîtriser la situation, il est face au difficile constat de son inconsistance. Sa voix se fait aiguë, tandis qu’il part sur le ton de la réprimande, parce que si on ne peut plus se fier à personne, même pas aux marchands de poulets, où va le monde ma bonne dame ?

***

J'ai été réélu. Cet doux constat tourne encore dans ma tête au réveil tandis que j'envisage la journée ensoleillée avec beaucoup plus d'indulgence que toutes les journées qui ont précédées les élections et qui pourtant affichaient un visage clément. Je dois aller voir nos domaines agricoles alentours car les ancillae ont rapporté que certaines vignes étaient malades et se racornissaient… Je suis donc prêt à quitter pour quelques heures la cité, bien que je sois plus un homme des villes que des champs. C’est en descendant l’escalier (oui c’est la mode du jour) que mes oreilles captent sans grande difficulté les vociférations de Droso, qui semble tourner en boucle. Je hausse un sourcil, interloqué et m’avance tranquillement vers la source du raffut histoire d’en savoir un peu plus. Et puis après tout, c’est mon chemin. Je perçois d’abord la silhouette rachitique du petit esclave, qui s’embrouille dans des histoires de poulets. Le pauvre… il a encore oublié que la soirée aurait lieu la semaine prochaine et que de fait, nous serions livrés la veille, pas 6 jours avant. Puis mon regard s’aimante à la silhouette frêle que je reconnais aussitôt. Cela me fait bizarre de la revoir ici, en ces murs, je dois avouer que je ne m’y attendais guère.

J’avance d’un pas nonchalant et je tapote l’épaule de Droso avant de lui dire :

- Laisse donc là les poulets Droso et va voir à la cuisine s’ils ont besoin de toi.

Je ne me résous pas encore à le réprimander sèchement, malgré les nombreuses bourdes qu’il accumule. Je crois que ce favoritisme énerve un peu Cicero, surtout que je l’ai chargé de le recadrer, et c’est quasiment un travail à plein temps. Il me regarde un instant, l'air d'un lapin ébloui par les feux de Jupiter en personne et je fais un geste pour le congédier. Il disparait alors aussitôt et avec une rapidité peu commune. Je souris légèrement et penche la tête :

- Ausonia Rufia n’est-ce pas ? De l’Auberge des Ausonii ? Que me vaut cette visite inattendue ?

Si j’en suis à la place que j’occupe aujourd’hui, c’est parce que je parviens à me souvenir des noms et des visages, même si parfois, je mélange certaines choses. Mais je ne connais pas 36 rouquines dans le coin, et encore moins une rouquine qui me dévisage comme si j’étais un dieu descendu de l’Olympe rien que pour elle.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mer 21 Mai - 11:58


Ausonia sursauta en entendant qu’on lui adressait la parole. Elle dévisagea un petit homme assez chétif et qui bien que lui donnant l’impression de l’agresser ne lui faisait pas très peur. Surtout parce que dans ce qu’il venait de dire il avait illuminé la journée de la jeune fille. Le duumvir était là puisqu’il ne fallait pas le déranger. Elle s’empêcha toute fois de sourire et chercha quoi dire pour répondre. Elle était là pour le maitre des lieux, pour lui remettre un présent, modeste mais tout de même. Toutefois si elle disait cela à son interlocuteur il la jetterait dehors, il semblait un chien de garde efficace et près à tout pour défendre sa maison. Cela rassura la rouquine qu’une personne se souci à ce point de son prince charmant. Il était bien entouré. Cependant elle ne put empêcher un « Quoi ?! » de s’échapper de sa bouche quand il commença à parler de poulet. Il la confondait avec une marchande ce qui était bien dommage pour tous les deux. Elle aurait certainement préféré cela à travailler pour son cousin et au moins elle aurait eu une véritable excuse pour se trouver dans la villa. Durant un instant elle envisagea de mentir pour profiter de l’occasion mais ce n’était pas son genre, elle ne voulait pas dire n’importe quoi, cela pouvait se retourner contre elle à tout moment. La demoiselle serra sa boite un peu plus fort contre sa poitrine quand il parla de son contenu. Cela ne le regardait pas ce qu’il y avait dedans et puis elle ne souhaitait pas qu’il se moque de son cadeau, elle s’était donné du mal pour le faire et cet homme n’était qu’un esclave si elle en jugeait par sa tenue, et elle refusait qu’une personne de plus basse condition qu’elle la prenne de haut. Ce n’était peut-être pas très gentil de sa part mais la pensée était plus forte qu’elle. Rufia sursauta une nouvelle fois en entendant la voix de Publicola, elle tourna la tête vers lui et lui offrit son plus beau sourire. Comme il était séduisant dans sa tenue, cela le changeait de l’armure qu’il arborait avec tant d’élégance la dernière fois qu’elle l’avait vu, la première fois qu’elle l’avait vu. Il envoya le dénommé Droso aux cuisines et ils se retrouvèrent seuls.

Le cœur de la jeune fille palpitait dans sa poitrine. Il se souvenait d’elle, cela la transporta de joie. Il était si beau, si important et il se souvenait d’une petite serveuse de sa condition, elle n’arrivait pas à y croire. Elle lui fit rapidement une révérence pour lui rester aimable et lui tendit sa petite boite. « Noble duumvir, veuillez excuser mon intrusion chez vous, je souhaitais pour offrir ceci en gage de ma reconnaissance et pour remplacer celui que vous m’avez si gentiment donné lors de notre rencontre. » En ouvrant son présent, le blond pu découvrir un mouchoir plier en quatre, d’un tissu populaire loin des textiles dont il devait avoir l’habitude mais avec une jolie broderie de l’emblème des Pompeii, réalisée par Ausonia. Elle en avait eu l’idée après que la patricienne à la cheville blessée lui ait enfin donné son nom en échange de ses services à sa personne. Elle y avait passé trois nuit pour tout bien faire et portait sur ses mains les quelques traces de son travail d’aiguille. La rousse avait un sourire jusqu’aux oreilles et le contemplait littéralement plus qu’elle ne le regardait. La demoiselle se redressa et tritura ses doigts, il allait probablement trouver cela affreux et la renvoyer chez elle, à la taverne. Mais elle ne lui en voudrait pas, un tel homme méritait ce qu’il y avait de mieux, ce qui ne ferait pas tâche dans un tel environnement, alors que son misérable mouchoir allait le faire rire sans nul doute. Rufia regretta aussitôt de le lui avoir donné, d’être venue même jusque chez lui. Elle secoua la tête, sa chevelure flamboyante se mouvant au passage. « Mais je suis désolée, je me rends bien compte que ce modeste mouchoir ne vous convient point, c’était trop audacieux de ma part d’espérer que cela vous ferait plaisir. »

Elle esquissa plusieurs fois le geste de tendre les mains vers lui pour le lui reprendre mais cela ne serait pas du plus bel effet. En plus de l’importuner, elle se révélerait mal élevée et appartenant donc bien à la famille de Kaeso. Son cousin la tuerait s’il savait qu’elle était là, il ne devait jamais le découvrir et plus elle s’attarderait plus il y aurait de chance que cela se sache. Elle devait trouver un moyen de partir vite sans pour autant s’humilier plus que ce n’était déjà le cas. Et pourtant que ne donnerait-elle pas pour vivre ici, même si elle devrait certainement travailler encore plus dur qu’à l’auberge, elle donnerait n’importe quoi pour contempler cet homme à longueur de journée. Le regarder se mouvoir, être et agir. Cela pouvait paraître idiot mais elle était totalement subjuguer par le duumvir. Il était beau, intelligent, populaire, gentil et attentif, ce n’était pas étonnant qu’il est été réélu. Ausonia se devait de s’excuser une nouvelle fois de le déranger jusque dans sa demeure. « J’espère que vous ne m’en voudrez pas de vous importuner de la sorte, je peux m’en aller tout de suite si cela vous sied. » Elle lui offrit avec cela son air le plus désolé et son sourire qu’elle espérait le plus beau. Par chance sa dentition ne souffrait d’aucun défaut trop grave malgré sa condition. Il allait surement la jeter dehors, comment une fille comme elle osait-elle se présenter chez lui, elle ne voulait pas l’embêter plus longtemps mais au moins elle aurait passé cinq minutes en sa présence.


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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Dim 29 Juin - 18:04


Droso traine sa mine déconfite jusqu'aux cuisines et la désagréable impression d'avoir déplu au maître, alors que la journée avait si bien débuté, lui restera jusqu'au soir. Pendant ce temps-là, je suis dans l'entrée, devant Ausonia, à observer sans qu'il faille le faire à la dérobée, la jolie jeune fille qui bafouille à présent que je suis apparu. Je la laisse s'empourprer un moment puis s'embourber dans ses explications, autant par politesse que parce que je tiens à la voir dépasser l'angoisse qui l'étreint. Depuis que j'ai rencontré cette petite, son sort ne m'est pas étranger... Peut-être est-ce parce qu'elle a l'air toujours si perdue, où qu'elle se trouve ? Peut-être parce qu'elle me rappelle l'innocence qui se peignait jadis dans les grands yeux de ma propre fille... Une innocence qui n'est aujourd'hui plus qu'un mirage...

L'atrium se vide, peu à peu, depuis que j'y ai mis les pieds et les esclaves se dispersent dans le dédale de la villa des Mystères. Je penche légèrement la tête sur le côté, interrogateur. Que vient-elle donc faire ici jusque dans ma demeure ? J'avais promis de m'assurer de sa santé, en passant à l'auberge, mais avec toute la danse des élections, je n'en ai guère eu le temps. Sans perdre une minute, elle me salue et me tend une jolie boîte ouvragée et je ne tarde pas à en soulever le couvercle. J'en sors alors un mouchoir brodé au lion des Pompeii et de mon pouce, j'effleure les fils dorés dont elle s'est servis. C'est si inattendu, si naïf aussi comme sorte de présent qu'un véritable sourire sincère nait sur mes lèvres. D'habitude, l'on me couvre de cadeaux aussi précieux qu'inutiles, afin de s'attirer mes faveurs... Mais ici, il s'agit d'une jeune fille des plus dépourvues de manigance et je l'imagine, le soir, sous les boiseries de son auberge sordide, broder avec habileté le mouchoir, en subodorant qu'il me fera plaisir.

Je reste un instant interdit, avec mon sourire et mon mouchoir. Ses grands yeux me dévorent, attendant certainement une réponse, n'importe laquelle, qui terminera là son supplice. Mais, son angoisse semble prendre le dessus et elle bafouille de nouveau, rougissante et elle pousse même l'audace jusqu'à essayer de me retirer le mouchoir des mains. Mon sourire s'agrandit et je tire ma main en arrière, ôtant de sa portée son présent :

- Voilà donc une demoiselle impossible, qui ne sait guère que lorsqu'on offre, il faut laisser le temps de recevoir... Merci Ausonia pour ce présent, je ne m'y attendais pas et cela fait bien longtemps qu'on ne m'a offert un ouvrage d'une telle qualité.

Je mens parce que le tissu est simple mais c'est de l'intention dont je parle. Mes enfants m'ont jadis donné quelques petits cadeaux faits de leurs mains et c'est toujours ceux que j'ai le plus appréciés, même lorsqu'ils étaient maladroitement exécutés.
Je me ressouviens de notre rencontre et du fait qu'elle a voulu plusieurs fois me rendre le mouchoir dont je lui avais alors fait cadeau. C'est donc un caractère chez cette petite. Je souris une fois encore et je range aussitôt le mouchoir dans l'un des plis de mon pallium. J'esquisse ensuite un geste en direction du portique qui borde nos verdoyants jardins :

- Si j'ose vous proposer une boisson fraiche à l'extérieur, vous ne me ferez quand même pas l'affront de me la rendre aussitôt n'est-ce pas ?

Je ris légèrement et j'attends qu'elle me suive jusqu'à des fauteuils de repos. Je m'y assieds, puis d'un geste, je demande à Naïa, qui se trouve à proximité, de nous apporter une eau fraiche aromatisée. Tandis que l'esclave revient avec son plateau et qu'elle pose une coupe devant Ausonia, je lui demande :

- Comment se passe votre vie à l'auberge de votre cousin ?

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Lun 7 Juil - 10:26

QQuelle ne fut pas la surprise d’Ausonia lorsqu’elle entendit que le maitre des lieux ne la chassait pas à coup de pied mais se moquait gentiment d’elle en lui disant qu’il fallait laisser le temps au gens d’apprécier les présents qu’on leur offrait. Il la remercia pour son modeste cadeau et la jeune fille eu du mal à y croire. Elle avait mis toute sa volonté dans sa broderie en espérant que l’ouvrage serait à la hauteur de cet homme merveilleux. Un immense sourire naquit alors sur ses lèvres et son cœur s’emballa à ce simple compliment. Il aimait son cadeau, ou du moins il avait la politesse de dire que c’était le cas. Rufia fut prise d’une envolée lyrique, elle aurait pu sauter partout tant elle était heureuse, si seulement elle pouvait connaître ce bonheur tous les jours, la vie serait parfaite, malheureusement ce n’était pas ce que les Dieux avaient en réserve pour elle. S’attendant à devoir maintenant quitter les lieux, elle fut une nouvelle fois surprise qu’il l’invite à se rafraichir après avoir ranger son mouchoir dans sa tenue. Une pointe de tristesse s’empara d’elle en pensant que lorsqu’il se changerait l’esclave qui s’occupait de l’habiller et de le dévêtir trouverait son ouvrage et le jetterait en se demandant ce que c’était que cette immondice. Mais ce ne fut pas suffisant pour lui gâcher sa bonne humeur de pouvoir passer du temps avec le duumvir qu’elle regardait toujours comme si lui aussi était une divinité. Elle secoua la tête. « Non, je vous le promets…et je ne vous ferais pas l’affront de vouloir vous offrir une amphore venant de la taverne Ausonii. » La qualité pêchait bien trop pour son noble palais et il l’avait déjà refusé une fois, ce qu’elle comprenait tout à fait. Les hommes de sa classe ne mettaient pas les pieds dans un tel endroit, certains peut-être du côté du lupanar mais en toute honte et dans la plus grande discrétion surtout.

Ausonia le suivit ensuite au jardin et s’installa sur un fauteuil différent de celui de Publicola mais le plus près possible de lui pour que les effluves de son parfum lui arrivent au nez. Elle se sentit un peu mal de recevoir les attentions d’une esclave alors qu’à l’intérieur de la villa, l’adolescente ne valait pas plus que la population servile. Le blond lui demanda ensuite comme cela se passait pour elle à l’auberge et cela la fit grimacer. « Et bien je n’ai pas à me plaindre, j’ai un toit sur la tête et je mange à ma faim… » Enfin presque ajoute-t-elle dans sa tête, elle se nourrissait du strict minimum car Kaeso n’offrait rien de trop extravagant même pour sa famille, il ne fallait pas que cela lui coute trop d’argent non plus. Un petit sourire effleura ses lèvres et elle prit à boire pour faire un peu passer sa nervosité de discuter comme si de rien était avec son prince charmant. « C’est un peu dur de travailler enfermée cependant, à Rome j’aidais mon père aux champs mais il faut bien gagner sa vie. » Elle s’interrompit soudainement. « Mais je vous ennuis certainement avec mon passé… » Rufia lui offrit cette fois un sourire désolé de l’importuner de la sorte. Après s’être invitée chez lui sans autre motivation que le souhait de le revoir et de lui apporter son présent, elle ne voulait pas s’imposer à lui plus qu’il ne pouvait le tolérer. Elle abusait déjà de son hospitalité en restant chez lui, en busant son eau. Il lui avait probablement demandé de ses nouvelles par pure politesse, tout comme il lui avait proposé un rafraichissement, mais de là à s’embarrasser de détail sur sa vie à elle, il devait s’en moquer comme de sa première toge.
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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Lun 18 Aoû - 19:48


C'est une journée ensoleillée qui accueille nos pas sur la terrasse. Je me laisse tomber sur un fauteuil, avec un style affecté, car je sais quel effet je produis sur la petite et j'avoue qu'il me plaît d'en jouer. Cette excitation d'adolescente, ce n'est guère ce que l'on connaît chez les femmes et il y a en elle on ne sait quoi de spontané qui émeut plus qu'une minauderie empesée. Mais mon jeu s'arrête là car j'ai goût des femmes véritables, farouches et joueuses, comme Helvia peut l'être et n'apprécie guère les jeux douteux de ces vieux croulants qui rêvent encore aux formes esquissées des petites filles. Toutefois, je ressens malgré tout un attachement envers cette petite. Un attachement trouble sur lequel les mots sont difficiles à mettre. Depuis l'instant où elle fut malmenée verbalement par ma garde, j'ai en sa présence l'envie folle de la protéger. Cela ne sied ni à mon rang, ni à mon emploi du temps, c'est même à la limite du farfelu mais je ne peux m'en empêcher.

Elle me suit docilement et je vois que parmi les fauteuils que je désigne d'un geste nonchalant du bras, elle choisit celui qui est assez proche du mien. Elle a beau être gênée, et cette gêne est absolument exquise, elle ose malgré tout une certaine proximité. Je lui souris un instant, tandis qu'elle répond à ma question. Elle mange à sa faim dit-elle et mon regard glisse sur son corps que je trouve un brin trop émacié. Je ne suis pas convaincu par ce qu'elle dit, mais par politesse, je ne préfère pas la contredire et par là insulter son cousin qui est pourtant un personnage que j'abhorre. Quelle dommage qu'elle soit tombée entre ses griffes... Si je pouvais la placer ailleurs... Cette idée vient si naturellement à mon esprit que je ne peux qu'afficher une mine perplexe, mais je me reprends vite :

- Naïa, apporte du pain et des fruits, veux-tu ?

L'esclave hoche la tête et s'efface aussitôt. Comme ça, Ausonia mangera et quelque part, ma fibre protectrice s'en trouve satisfaite. Elle me parle à présent de sa vie d'avant avec ce me semble quelques notes infimes de nostalgie dans la voix. J'observe aussi intensément son visage que je l'ai fait avec son corps tout à l'heure et j'ai un sourire assez chaleureux lorsque je lui dis :

- Mais vous ne m'ennuyez pas, je n'aurais guère proposé de prolonger votre visite si ce fut le cas. Comment était votre père ?

Ma question est naturelle, la petite m'intrigue. Entre fragilité et détermination. Beaucoup eurent été brisées en travaillant chez Faustus mais pas elle. Une demoiselle opiniâtre, elle fera une bonne épouse. Mais allez savoir à qui ce gougnafier sera tenté de la marier ? Serais-je en mesure de ployer son cousin pour arranger un mariage avec l'un de mes clients ? Malheureusement, ils sont tous vieux... Quelque chose en moi ricane alors, et se fout carrément de moi d'ailleurs : depuis quand la vieillesse du promis t'arrête-t-elle Publicola ? Si tu peux utiliser cette petite et la plier à tes desseins politiques, qu'importe n'est-ce pas ? Je regarde un instant ailleurs, conscient de ma vaine tentative de voir en Ausonia le substitut de ma fille, que j'ai vendue pour le pouvoir. Me racheter, pourquoi ? Parce qu'elle est belle ? Non...

Parce qu'elle me regarde exactement comme Aurea avait l'habitude de me regarder autrefois. Tant d'admiration... Et je l'ai sacrifiée.

Je fixe Ausonia, comme si j'essayais de distinguer en elle quelqu'un d'autre, perdu dans mes songes, puis je reviens à la conversation, tandis qu'elle semble une nouvelle fois gênée, parce qu'elle se confie :

- Vous ne devriez pas sans cesse regarder vos pieds Ausonia, vous devriez lever vos grands yeux et regarder le monde tel qu'il est.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Lun 25 Aoû - 15:25

Ausonia eu un rire un peu nerveux à la réponse du duumvir. Il ne l’aurait pas invité à rester si elle l’ennuyait. C’était si bon t’entendre des mots si simples de sa part. Ce voulait dire tellement pour elle. L’adolescente avait pourtant du mal à croire qu’il puisse s’intéresser sincèrement à elle. Ils avaient fait connaissance alors même qu’elle gênait son convoi et elle venait le déranger jusque chez lui. Qui pouvait véritablement croire qu’il ne lui voulait que du bien. Et puis qu’il lui offre à boire et à manger, elle était une invitée sous son toit. Elle pouvait mourir heureuse. C’était ce qu’elle se disait. Alors elle se permit de lui sourire, un peu charmeuse malgré elle alors que ses joues se tintaient légèrement de rose sous l’intimidation. Il était si beau et si gentil, un véritable prince charmant. Sa femme était tellement chanceuse. Connaissant son cousin, il n’y avait aucune possibilité pour la rouquine d’avoir un époux dans son genre. Il serait surement croulant, vieux et méchant, comme Kaeso. Cette simple pensé lui envoya un frisson de dégout dans tout le corps. Cela faisait plusieurs fois que Rufia pensait ainsi à son avenir et que celui-ci lui faisait toujours plus peur. Elle ne voulait jamais devenir une femme et saigné, pour pouvoir échapper à son destin. Enfin elle ne voulait pas se gâcher ce moment et répondit donc à la question qu’on lui posait. « C’était un homme bon, travailleur et généreux. Très pieu également. Je l’aimais beaucoup… » C’était une des premières fois depuis qu’elle vivait à Pompéi que la jeune fille parlait de son père, pour la simple et bonne raison qu’on ne le lui demandait jamais. Cela aidait un peu à passer à autre chose, il fallait bien le reconnaître. Cependant tout le temps de son mini discours Ausonia avait eu les yeux baissés et Publicola ne manqua pas de le lui faire remarquer, ce qui lui fit encore plus baisser la tête.

« Je suis vraiment désolée. » Fut tout ce qu’elle put répondre. Elle n’osait pas le regarder en face et pas seulement à cause de sa beauté aveuglante. Mais elle n’était personne, pas une goutte de sang noble ne coulait dans ses veines, comment pouvait-elle sagement se trouver là, sur son siège, dans sa villa à manger son pain et boire son eau. Elle devait au moins lui montrer un peu de respect, en ne le défiant pas du regard. Mais puisqu’il le lui demandait, elle devrait bien s’y plier. Doucement elle releva la tête et remit nerveusement une mèche de cheveux derrière son oreille. Avec sa longueur elle aurait aimé avec de jolies coiffures, avec des tresses sophistiquées, digne de son hôte mais elle n’avait personne pour l’aider à se préparer le matin. « Je ne dois pas regarder mon cousin dans les yeux alors…quelqu’un comme vous je ne peux que regarder mes pieds. » Disant cela elle avait d’ailleurs plutôt le regard fixé sensiblement derrière lui. Ce n’était pas faute d’avoir un magnifique modèle à regarder face à elle pourtant mais si elle le fixait il pourrait mal le prendre, la plèbe ne pouvait se permettre cela avec lui. Rougissant toujours elle fit pourtant l’effort de ne plus baisser les yeux. Et remercia l’esclave et prit un raisin pour s’occuper les mains et la bouche. Elle suçota le grain avant de le percer avec ses dents mais sans y aller franchement. Elle jouait avec pour passer sa nervosité. « Votre demeure est somptueuse…je comprends votre répugnance à venir à la taverne…si je pouvais je n’irai pas non plus. » Elle se mordit la lèvre inférieure se rendant compte de son aveu. « Oh s’il vous plait ne le dites à personne, si Kaeso l’apprenait… » Il la jetterait peut-être à la rue, il la battrait, ou pire il la ferait travailler au lupanar. Elle regarda alors Publicola avec ses grands yeux brillants et innocents, un brin suppliante.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Ven 19 Sep - 18:54


Le rire nerveux s'élève et va se briser sur les colonnades. L'extérieur ne le répercute pas et le jardin demeure tranquille, tout comme mes deux prunelles qui regardent, un brin rieuses, Ausonia se dépêtrer avec sa timidité. Je ne peux lui en vouloir, cette situation est totalement décalée. Ai-je véritablement reçu des plébéiens dans ma demeure autres que mes clients ou ceux avec je suis en affaires même lointaines. Juste pour l'agrément. Juste pour lui faire plaisir et la voir rire encore, même nerveusement. Le plaisir est communicatif, toujours. Et je goûte donc son contentement, depuis ce fauteuil où je continue de poser en Ami du peuple. Voilà bien qui je suis, n'est-ce pas ? Voilà bien le personnage que la population se plaît à apercevoir quand je marche ou chevauche sur les voies pavées de notre cité. Je connais assez le langage du visage et du corps pour savoir que je lui plais. Peut-être plus que je ne l'intimide d'ailleurs. Et ma fibre de pater y répond aussitôt, reconnaissant dans les yeux bleus tout l'amour que peut porter à son père une fille sans cesse choyée. Pour les prunelles scintillantes d'Aurea j'aurais pu conquérir le monde entier. Lorsqu'elle est née, je ne regardais plus qu'elle, ma première fille, ma petite merveille. Il m'a fallu tant de travail, tant de retenue pour ne plus céder à ce qui eut pu la rendre bien trop faible. Était-ce un tort de ma part ? À quoi bon poser même la question lorsque le chemin est emprunté ?

Je la vois soudain frissonner de dégoût, tandis que son regard se noie dans ses pensées. Qu'est-ce qui peut bien contrarier ainsi une jeune fille de son âge ? La dureté du travail auquel elle est soumise ? Ou l'amour sans doute ? Oui, cela doit être une de ces affaires de coeur que seules savent nouer les femmes en devenir, avant qu'elles n'apprennent à lier complots et habileté aux sentiments.
Je l'écoute alors parler de son père, avec une certaine émotion, comme si ces paroles me rappelaient les compliments que glissaient ma fille dans mon oreille, dès qu'elle en avait l'occasion. Ma fille, ma petite merveille, ai-je réellement su te rendre forte, autant que je te destinais à l'être ?
Ausonia n'est pas forte, les yeux baissés, la voix posée comme dans un souffle trop ténu. Je me dis alors que je la rendrai plus apte à affronter la vie. C'est mon devoir envers cette petite que les dieux ont placée sur ma route. Impossible d'ignorer l'admiration dans ces deux grands yeux bleus qui me rappellent tant les moments oubliés par le père que je ne suis plus. Alors j'attends qu'elle réponde à ma remarque par un geste. Qu'elle lève ses deux grands yeux bleus et qu'en eux je puise les atours qui me manquent.

- Je ne suis pas votre cousin et les règles que j'édicte ont forcément plus de poids que les siennes. Il importe peu que vous continuiez à les baisser pour échapper à son courroux, cela n'empêche en rien que vous rassembliez peu à peu suffisamment de courage pour prendre l'avantage le moment opportun. Les femmes ont bien d'autres armes que les défis ouverts.

Ce terrain ne leur appartient guère, la lutte franche est faite pour les hommes honnêtes. Les plus habiles préfèrent quant à eux la joute verbale encore plus assassine. Les femmes enfin déversent les murmures d'où naissent ensuite d'invincibles tempêtes. Ausonia Rufia, je forgerai ton caractère vu que ton cousin ne cherche qu'à l'étouffer.
Le moment se suspend, suffisamment pour qu'elle se laisse aller aux confidences et mon sourire s'étire sur mes lèvres tandis que je réponds, en entrecroisant mes doigts :

- Une supplique apeurée qui n'a pas lui d'être. Votre secret Ausonia, votre dégoût d'un lieu infâme, je m'en ferai le détenteur le plus sérieux. Votre langue peut fourcher ici, mais il va falloir vous apprendre à la dompter. On ne survit qu'en étant maître de ses émotions à tout instant.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mar 23 Sep - 21:08

Ausonia avait encore du mal à croire qu’elle se trouvait dans le jardin du duumvir, qu’elle y était son invité et qu’elle partageait sa nourriture. Elle se sentait flotter dans l’odeur des arbres et surtout par celle que lui dégageait. Cette senteur lui était si caractéristique, elle n’aurait su la décrire mais elle était certaine de pouvoir la reconnaître n’importe où si les effluves lui arrivaient aux narines. Elle avait répondu à ses interrogations sur son père avant que sa langue ne fourche et révèle son désamour de son cousin. Kaeso n’avait pas que des mauvais côtés, il ne fallait rien exagérer mais il n’était clairement pas le tuteur dont la jeune fille avait rêvé pendant son voyage vers Pompeii. Il ne l’avait prise chez lui que par obligation, il le lui avait fait comprendre directement à son arrivée et elle avait peur de lui, de ce qu’il lui réservait pour son avenir. Toutefois, elle ne devait pas aider à lui faire une réputation plus mauvaise que celle qu’il avait déjà. On ne devrait jamais salir soi-même le nom de sa famille. Elle fut donc rassurée d’entendre Publicola lui dire que ses lèvres étaient scellées. Et encore plus qu’il lui dise ensuite qu’il fallait tout de même apprendre à ce maitriser. Elle baissa alors les yeux, honteuse. « Vous avez parfaitement raison, pardonnez-moi. » Elle adopta alors une position un peu plus en retrait, s’écartant sensiblement de lui, reculant un peu dans son siège et reposant son grand de raisin. Elle savait qu’il ne lui avait pas dit cela pour être méchant mais pour un principe d’éducation seulement cela lui rappelait qu’elle n’était qu’une petite souillon face à lui. Une moins que rien, une mocheté. Alors que lui avait la fortune, la gloire et un physique digne de Phoebus. Rufia ne comprenait toujours pas ce qu’il pouvait lui trouver, pourquoi il lui accordait la moindre seconde de son temps. Elle avait tout de même interrompu son convoi, elle s’était introduite chez lui. D’ailleurs elle ne devrait peut-être pas abuser de son hospitalité.

« Vous avez été tellement aimable de m’accueillir alors que je me suis invité chez vous avec la plus grand impolitesse, je suis désolée de vous mettre dans l’embarras de garder mes secrets. » Elle se mordit la lèvre et fit un mouvement pour se lever puis se rendant compte que ce n’était pas non plus très poli de s’en aller de la sorte et qu’elle ne souhaitait pas s’en aller comme une voleuse elle se jeta a genou devant lui. Ausonia n’aurait sût dire sous quelle impulsion elle faisait cela mais elle avait besoin de lui exprimer sa gratitude, et elle n’avait sur le moment penser à rien d’autre. Dans un geste qui pouvait être mal interpréter elle lui saisit les mains pour les porter à son front. « Je vous serai éternellement reconnaissante pour cela, je le jure devant les dieux. Vous pouvez me demander ce que vous voulez en retour. » Rufia n’était que le bas de la plèbe, une pauvre serveuse dans un établissement peu recommandable, au nom de famille souillé par les activités de son tuteur. Elle en faisait probablement un peu trop pour une coupe de fruit, mais il ne pouvait même pas commencé à imaginer tout ce que représentait pour elle les minimes attentions qu’il avait à son égard. D’un autre côté il devait avoir l’habitude du peuple mendiant le suppliant de la sorte, elle s’avilissait alors qu’il lui avait dit de rassembler son courage et d’apprendre à tenir sa langue. Ausonia faisait tout le contraire encore qu’il lui fallait une bonne dose de bravoure pour agir ainsi, pour aussi lui proclamer un certain amour, pour lui déclarer sa soumission. Il fallait autant de courage pour affronter quelqu’un du regard, pour lui tenir tête qu’il en fallait pour remettre sa vie entre les mains d’un inconnu finalement. Elle s’attendait à ce qu’il lui rit au nez, qu’il lui dise qu’il n’avait pas besoin de quoi que ce fut de la part d’une souillon. Il la ferait jeter dehors après cela sans nul doute, mais au moins elle avait pu lui remettre son présent et lui dire toute sa dévotion pour lui.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mer 29 Oct - 0:52


Et ils s'y trouvaient bien, dans ce charmant jardin, qui faisait plusieurs hectares en espaliers, jusqu'à faire front avec la mer à versant de falaise. Cette mer bleue et parfois un brin houleuse, qu'on pouvait apercevoir, en train de tutoyer l'horizon d'un cyan orné aujourd'hui de nuages blancs. La villa des Mystères avait définitivement un majestueux cadre, tout aussi majestueux que le voulait être son propriétaire, qui se plaisait à avoir cette conversation dégagée, en un après-midi qu'il l'était certes d'un point de vue météorologique mais pas vraiment selon l'emploi du temps fort chargé du Duumvir. Appuyé sur une colonnade, son âme grise, Cicero, lui faisait parfois un petit signe, car il fallait se presser à présent. Ils devaient rejoindre tous deux l'office sise sur le forum, afin d'y rencontrer le témoin principal de quelque affaire d'escroquerie. Le Duumvir le savait, et il esquissait un léger sourire à l'attention de son cher intendant / secrétaire / homme de confiance et presque frère.

Attends donc mon ami, attends donc encore un peu. Je parle à cette petite. La petite qui a l'air d'une enfant ravie qui découvre l'entrée dissimulée d'un jardin enchanteur où dansent nymphes et autres esprits des bois. Et au sein de ce jardin, il y a moi. Dans ce fauteuil où je suis actuellement assis. Ne peux-tu donc le voir Cicero ? Ce même jardin qui nimbe les yeux des jeunes filles amoureuses, qui colore prunelles et les rend plus sombres et brillantes, rosit les joues, parfois rougit les lèvres. Tout cela me rappelle ma jeunesse qui croisa centaines d'yeux semblables, habités par une similaire fièvre. Et quand je plonge mon regard dans cette sorte d'appel, je ne peux que lentement m'y abreuver. Est-ce le pouvoir qui attire la donzelle ? Est-ce la beauté conservée ? Ou est-ce la fausse idée qu'elle se fait du gentilhomme patricien, toujours prompt à servir les dames ? C'est après tout l'image que je lui ai renvoyée, ce jour-là, lorsque je lui ai offert mon mouchoir.

Alors que ses yeux se baissent de nouveau pour esquiver ma douce remontrance, je tends la main cette fois-ci et relève son menton, sans geste brusque, pour qu'elle croise de nouveau mon regard. Ne me suis-je pas à l'instant juré d'affermir son caractère ? Je souris et répète :

- Ne vous dérobez pas...

Je sais que le contact la rend mal à l'aise, parce que je représente à la fois cette autorité envers laquelle on ne souhaite que répondre complaisamment, et aussi cet être parfait qu'elle doit se dessiner dans sa tête. Je vois du trouble dans ses iris... Pas seulement parce que je la touche non. Parce que je viens de la sermonner, de lui rappeler que j'en sais plus et qu'elle ne manie pas les lois qui régissent ce genre de conversation. Je la lâche aussitôt, ne souhaitant pas accentuer son malaise, ni détourner pureté par mes manigances. Oui... je ressens une once de scrupule à jouer cette fable. Je dois la bercer de sentiments qu'elle ne devrait pas nourrir, et ce parce que cela me flatte. Faiblesse que voilà.
Alors elle se lève et s'excuse une nouvelle fois de s'être imposée en ma présence. Peut-être a-t-elle senti le danger et que tout lui hurle de courir à toute jambe. On ne gagne rien à tomber sous la coupe d'un manipulateur tel que moi. Même habité des plus louables intentions, j'aime trop ployer les natures pour leur laisser leur totale liberté. J'ai cette habitude qu'on m'obéisse. En tout. Je me prépare à la saluer avec froide amabilité lorsqu'elle me surprend en faisant volte-face et en se jetant à mes pieds. Je ne peux guère bouger de mon fauteuil sans la piétiner ou l'enjamber. Et au fond des replis de mon être, le façonneur de destins jubile. Soit, elle a donc choisi. Je m'en tiendrai à ma résolution.

Elle renoue le contact en me prenant les mains et je me laisse faire, sans opposer de résistance. Ses mains d'enfant sont si fines... Sa proposition qui pourrait avoir des connotations très indécentes font se plier d'aise le mâle, même si je suis rompu à mâter ses dérives. Non... je ne te demanderai pas cela, mais d'une voix profonde, presqu'un brin grondante, je lui réponds :

- Savez vous que donner un tel pouvoir sur votre personne pourrait être... dévastateur ? Pour vous j'entends. Comment pouvez-vous savoir de quelle façon je pourrais en user ?

Je ne souris pas, je ne plaisante plus. Je l'observe et mon regard pèse sur elle en cet instant, comme si je jaugeais sa détermination à m'offrir cette promesse. Alors petite, auras-tu la force de te lier à ma destinée, d'une façon ou d'une autre ? De me servir comme je l'entends ? Elle ne cille pas et demeure, dans sa position soumise. Alors je saisis l'une de ses mains et murmure :

- C'est protection que vous appelez de vos cris, et ils seront entendus. Votre détresse et vos accents de faiblesse ont su me toucher. Vous pouvez me servir... oui. Et d'une manière qui ne fera point de vous une créature avilie. Vous savez ce qu'on confie à deux grands yeux plein d'innocence comme les vôtres ? Tout... J'imagine que vous avez pu recevoir moults confidences de la clientèle bigarrée de l'auberge. Sachez que j'ai parfois quelques messages à faire porter. Rien d'important voyez-vous, rien de dangereux. Il s'agit de les déposer à un endroit et d'en récupérer d'autres. Qui se méfierait de l'innocence même n'est-ce pas ? Sauriez-vous me rendre ces quelques services et tenir votre adorable langue Rufia ?

Je me penche vers elle, reprenant mon air avenant et charmeur. Voyons-voir si elle est apte à ce genre de mission. De plus, elle n'est aucunement affiliée à moi dans la cité, personne ne ferait le rapprochement. Elle est l'élément parfait... Mais s'en rend-t-elle bien compte ?

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mar 18 Nov - 20:50

Était-ce ce geste qu’il avait eu envers elle qui avait provoqué ce geste inconsidéré de sa part ? Une tendresse évidente pour elle, une porte ouverte au déversement de sentiment dont elle venait de faire preuve. Ausonia n’aurait su le dire. Elle ignorait toujours d’où lui était venue cette impulsion de se jeter à ses pieds et de lui offrir sa vie sur un plateau. Sa modeste vie, si elle prenait le temps de regarder autour d’elle, dont un duumvir n’avait probablement rien à faire. Il avait suffisamment d’esclave pour ne pas se soucier d’en avoir une de plus. Surtout une qui pouvait médire sur son tuteur. Cela pouvait aussi venir du désespoir qui l’avait envahie à l’idée de partir, de quitter la magnifique villa ou elle venait de vivre le moment le plus romantique de toute sa vie, et donnant toutes ses lettres de noblesse au mot charmant, telle que son cœur de jeune fille en fleur le définissait. Passer les murs de la demeure s’apparentait à un adieu. S’en aller maintenant, de cette façon, voulait presque dire qu’elle ne le reverrait jamais. Et cela Rufia ne pouvait pas le supporter, elle n’avait pas pu simplement tourner le dos à cet homme qui représentait à ses yeux même si elle ne représentait rien pour lui. Il l’avait invité dans son intimité, il lui avait ouvert un accès à lui et la demoiselle s’était engouffrée dans la brèche aussi vite que possible. S’il devait la chasser à coup de sandale, s’ils ne devaient plus jamais échanger le moindre regard, la moindre parole voir partager la même espace alors il devait savoir tout ce qu’elle ressentait. Aussi égoïste que puisse être ces révélations. D’autant que cela ne signifiait absolument pas qu’elle ressortirait le cœur plus léger, surtout s’il se moquait d’elle, de son comportement et de ses sentiments à son égard. Mais il y avait une chance même infime qu’il accepte tout cela avait rien de plus qu’un simple sourire.

N’avait-il pas délicatement touché son visage pour la faire le regarder dans les yeux, comme si lui non plus n’avait pas souhaité la voir s’en aller. Et ce avant même qu’elle ne se lève. Elle se rendit compte qu’il parlait et releva légèrement la tête, éloignant la main du blond qu’elle avait saisi et se retrouva une nouvelle fois face à son ton autoritaire. Presque celle d’un père mais de façon protectrice. La prévenant du danger de telles révélations. Rufia n’en avait cure, elle ne possédait pas le moindre doute quant à ce qu’il ferait d’elle ou sa vie, il pouvait lui demander n’importe quoi de toute manière. Elle préférait mille fois qu’il la punisse ou la maltraite ou pire que de subir les foudres de son cousin qu’elle détestait finalement. Comme s’il venait de comprendre cela, il posa sa main par-dessus la sienne lui envoya un nombre incalculable de frisson d’émoi dans le corps. Ce qu’il lui déclara ensuite accentua les battements de son cœur, les papillons dans son ventre. Ausonia aurait pu en pleurer tant elle était heureuse d’avoir face à elle non pas du  mépris ou de la moquerie mais une reconnaissance. Toutefois ses élans d’espoir moururent bien vite quand il ajouta qu’il ne la ferait pas directement entrer à son service dans sa maison. Elle ne comprit pas bien ce qu’il voulait dire. Il parlait de son innocence mais elle ne se serait jamais décrite de la sorte. Il parlait des confidences de la clientèle mais on ne lui disait jamais rien à elle alors de quoi pouvait-il bien s’agir ?! Venait-il de lui confier une mission, elle n’en était pas sûre et se fustigea intérieurement de son imbécillité. « Je crains de ne pas comprendre…vous souhaitez que je continue de travailler à l’auberge ? Ou non ? » Dans un monde idéal, l’adolescente n’y aurait jamais remis les pieds. Elle voulait travailler ici, n’importe où en cuisine, au service de la mater ou aux écuries même du moment qu’elle pouvait chaque jour poser ses yeux sur le duumvir.

« Les clients font comme si je n’existais pas vous savez et mon cousin…Kaeso est un homme très secret et qui n’aime personne et surtout pas moi… » Une bouche de plus à nourrir, voilà bien tout ce qu’elle représentait pour son tuteur. S’il avait pu se débarrasser d’elle, il l’aurait probablement fait, peu lui importait qu’elle soit de sa famille ou non. Puis se rendant compte que ce qu’elle disait pouvait ressembler à un refus la jeune fille resserra sa prise sur la main du blond. « Mais je ferai tout ce que vous voudrez, transmettre des messages et je tiendrais ma langue, je pourrais même me l’arracher si vous voulez. » Cela devait faire extrêmement mal, surtout à faire soi-même mais si cela pouvait lui prouver toute sa dévotion Rufia n’hésiterait pas une seconde. Et même si elle n’avait pas bien saisi ce qu’il attendait d’elle, ce qu’il voulait qu’elle fasse précisément, elle le ferait. Il lui semblait qu’elle devrait un peu écouter aux portes pour lui dire ce qu’elle entendait. Cela ne se faisait pas mais pour lui elle le ferait. Une petite part d’elle essuya tout de même une déception. Elle était une jeune fille, pas encore une femme ou en état d’être mariée mais elle avait cru un moment que ce sentiment qui lui serrait le cœur pouvait être partagé. Cependant elle ne pouvait pas lui en vouloir, un tel éphèbe ne voyait qu’une enfant en elle et pouvait avoir toutes les femmes qu’il voulait et toute aussi belles que lui. « Je ferai absolument n’importe quoi pour vous, même si cela est aussi désastreux que vous l’avez dit. » Ajouta-t-elle pour bien lui signifier que dès ce moment elle était sa chose, sa propriété, même si sa vie était désormais en danger.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mer 31 Déc - 11:33


Tandis que je lui parle et lui dévoile le pacte que je veux lier avec elle, ma main quitte bientôt la sienne pour venir se poser de nouveau sur son visage. Telle une plume sur sa joue. Un geste que je crois paternel mais que je sais suffisamment ambigu pour que son émoi en cet instant augmente tandis que, dans ses yeux, je vois peut-être une once de stupeur venir nicher et y établir demeure. Je crois qu'en cet instant précis il est fort probable que je la subjugue et je continue de jouer de cette corde unique qui semble pouvoir la faire vibrer à ma guise. Mon visage se penche vers elle, tandis qu'elle est toujours à mes pieds, mes lèvres sont sans doute un peu trop près des siennes et la rougeur qui envahit ses joues est tout à fait exquise.
Elle m'offre tant. En retour, ne pourrais-je consentir une seule seconde à lui donner ce qu'elle souhaite tant découvrir ? Ma langue vient comme claquer sur mon palais et j'imagine un instant ce que ce pourrait être que de m'abreuver à une telle jolie fleur à peine éclose mais mon esprit ne s'égare pas davantage. Je ne puis céder à une envie qui serait aussi courte que ridicule. Je peux tout avoir, tout de suite, tout le temps et pourtant jamais je n'en abuse. Ne suis-je pas l'aimé Publicola ? L'infaillible ? Le vertueux ? Pendant un bref instant, ce personnage qui vient se dépeindre devant mes yeux me donne envie de rire. Suis-je cela ? Véritablement ? Ou bien l'opposé ? Ou ma propre caricature peut-être ? Je ne sais pas, je ne sais plus et à vrai dire, tandis que mon pouce vient jouer et caresser la fine mâchoire de Rufia, je m'en fiche totalement. Ma main quitte la douce chaleur, comme si elle venait de me brûler et après l'avoir mise en émoi je m'écarte subtilement pour lui parler plus avant des plans que j'ourdis à son endroit. Son regard se perd dans mes phrases qui, sans doute, lui paraissent trop absconses :

- Mais voilà que je vous perds jeune demoiselle dans mes divagations de politicien. Peut-être que... non... non... je ne peux vous demander cela...

Ici, je surjoue l'éveil de ma conscience qui dort pourtant à poings fermés. Je ne sais pourquoi j'ai tant envie qu'elle renouvelle avec force démonstration qu'elle veut se donner corps et âme... Mais la voir offerte à mes manipulations est si délicieux que je ne peux m'empêcher de la pousser un peu plus, pour voir de quel bois elle est réellement faite. Pour voir si elle me sera bel et bien fidèle. Alors je détourne un instant le visage, secoue légèrement la tête, puis reviens à elle, attendant qu'elle me témoigne de nouveau sa bonne volonté. C'est dans ses yeux bleus que je vois fixés à moi telles deux nixes à la coque d'un navire que je trouve la confirmation que j'attends et je continue :

- Vous mettre en danger est bien loin de ce que je souhaite... Mais j'ai souvent quelques affaires à régler aux alentours de l'auberge de votre cousin voyez-vous. Et je ne peux m'afficher là-bas, ni y envoyer l'un de mes esclaves, on parlerait... Alors que vous qui nichez là-bas de façon quotidienne, eh bien, quoi de plus naturel que votre blanche main pour remettre des messages à certains clients et m'en rapporter les réponses n'est-ce pas ?

Et là je joue, peut-être sans en avoir besoin mais avec un délice certain, la carte que je sais déjà maîtresse dans le jeu qui s'annonce entre nous :

- Puis, cela nous permettrait de nous rencontrer plus souvent... À moins que cela ne vous ennuie, bien évidemment.

J'arbore un fin sourire, certain de la réponse mais je note malgré tout que quelque chose en moi serait réellement ravi de la revoir. Placer une âme dévouée chez Kaeso est tout à fait en mon pouvoir, sans besoin que cela soit Ausonia. N'importe quelle fille suffisamment payée ferait l'affaire. Et pourtant, l'utiliser elle me sied mieux, car j'aime cette petite. J'aime voir à quel point elle m'admire et ce que je saisis dans ses prunelles à chaque instant me donne une irrépressible envie de la protéger. Je ne sais pourquoi mais je m'incline face à ce sentiment qui semble profondément ancré depuis que je l'ai croisée la première fois dans cette rue.

- Je sais que vous êtes déçue mais... Je ne peux déjà vous arracher aux griffes de votre cousin. Vous n'êtes guère esclave Rufia, cela eut été plus facile de vous racheter. Mais ainsi, je peux m'assurer que vous êtes bien traitée et sachez que vous serez amplement rétribuée. Puis, si celui qui vous sert de tuteur s'avère plus pourri qu'il n'en a déjà l'air, alors il sera toujours temps de le ployer et de vous récupérer à mon service, à la villa des Mystères. Les messages que je vous demanderai de faire passer n'impliquent pas votre cousin directement, plutôt sa clientèle.[b] J'ajoute cela pour qu'elle comprenne que je ne lui demande pas de trahir la main qui la nourrit...

Puis fâcher Ausonius n'est guère dans mon intérêt pour l'instant. Le bougre m'est bien utile, car son auberge est une mine de renseignements qui se monnayent toujours aisément. Sans compter que je tiens toujours à gagner ses faveurs pour m'assurer son soutien politique que je n'ai guère pour l'instant. Qui sait s'il ne me remercierait pas de lui arracher Rufia au final, si l'envie m'en prenait ? C'est quelque chose à considérer... Lorsqu'elle aura fait ses preuves.

[b]- Vous couper une si jolie langue ? Non pas ma dame... La dompter seulement, voilà ce que je vous apprendrai. Vous verrez Ausonia, l'ombre que je vous offre ne vous flétrira en rien et j'espère pouvoir vous regarder grandir et vous épanouir.


Ma main saisit la sienne et je l'enjoins à se relever, tandis que je suis moi aussi à présent debout :

- Sommes-nous alliés Ausonia Rufia ?

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mer 21 Jan - 11:59

Évidemment malgré les mots insensés qu’elle venait de prononcer, Rufia avait quelques réticences à faire ce que le duumvir lui demandait. Elle ne s’était jamais imaginée au centre de quelque manipulation, quelque machination que ce soit. Évidemment cela ne représentait pas grand-chose de servir de simple messager, des bouts de papiers passant de main en main, c’était un geste des plus banals mais cela signifiait tout de même agir dans le dos de son cousin. Et si elle n’avait qu’un moindre problème de conscience à le trahir de la sorte, la jeune fille craignait surtout les conséquences. Toute dévouée au blond qu’elle fut, elle risquait gros si Kaeso se rendait compte de ce qui se tramait quand il avait le dos tourné. Les dieux seuls savaient ce que son tuteur serait capable de lui faire s’il se sentait menacé, trompé. Elle n’était qu’une enfant mais n’importe qui dérangeait le patron de l’auberge pouvait le payer très cher, famille ou non. Ce n’était pas le genre d’homme à s’attacher à ce genre de détail, du moins pas quand il s’agissait d’un coup de couteau dans le dos. Et c’était bien de cela qu’il s’agissait dans le cas présent. Et comme il le précisa, il y avait effectivement cette déception de devoir retourner là-bas. Elle n’aurait pas rêvé de rester ici en venant de prima bord, elle voulait juste remettre son présent au maitre des lieux et repartir dans son trou à rat mais les évènements qui avaient suivi avaient fait naitre ce rêve fou en elle de vivre à ses côtés. De pouvoir l’admirer et l’aimer de loin. Si cela se voyait sur son visage, il devait véritablement la prendre pour une enfant, pour une gamine naïve et probablement un peu idiote. Elle appartenait à la plèbe et ne méritait même pas qu’il pose les yeux sur sa personne. Il chercha donc à la rassurer, disant qu’elle n’agirait pas directement contre son cousin, ce qui l’aida effectivement à accepter un peu mieux, même si elle ne serait jamais revenue sur ses paroles. Elle lui était entièrement dévouée, depuis le moment où leurs regards s’étaient croisés, il l’avait conquise d’un simple sourire.

Sur son impulsion à lui, Ausonia se releva, le regard toujours perdu dans ceux du duumvir malgré ses dernières paroles. Il voulait l’attirer dans l’ombre sans pour autant lui faire courir autant de danger qu’il l’avait laissé entendre et un instant la rouquine se laissa sombrer dans la peur. Aurait-elle vraiment le courage de se rendre auprès de ces gens vers qui il voulait l’envoyer ? Aurait-elle la force d’affronter silencieusement le regard de son cousin sans rien lui dévoiler de ses activités ? Elle n’en savait rien, mais pour lui, oh oui pour lui elle gagnerait en force et en courage. Pour pouvoir le voir aussi souvent que possible pouvoir être accueilli à la villa des Mystères sans peur de ne pas y être reçue, sans peur d’être venue pour rien ou chasser ensuite comme la plus inférieure des esclaves. Elle sera tendrement sa main avec laquelle il tenait la sienne et esquissa un sourire léger. « Aucune ténèbres ne saurait me terrifier avec vous à mes côtés…je ferai tout ce que vous voulez, absolument tout ce que vous jugerez bon de m’enseigner. » Se disant, elle avait monté sa main libre sur son torse qu’elle se permit de caresser de haut en bas. Un geste fou et insensé mais dont elle avait tellement envie, tellement besoin. Ne lui rendait-il pas des mouvements d’affection, ne la complimentait-il pas sur sa douceur et sa beauté…Ausonia ne pouvait pas être la seule à ressentir quelque chose de plus fort dans leur échange. Bien sûr il était un homme marié et elle ne doutait pas un instant de son succès auprès de la gente féminine, mais pour lui provoquer de tels sentiments, la gorge sèche, les papillonnements dans son ventre et les fourmillements entre ses cuisses. Cela ne pouvait pas totalement être à sens unique. Elle ne pouvait pas y croire sans avoir envie de pleurer alors même que sur son visage ses joues s’enflammaient de nouveau de penser à lui autrement que par les codes imposés par la société. Il n’était pas que le magnifique Publicola, il était aussi son beau prince charmant.

Le regard toujours plonger ses prunelles semblables à la mer, Rufia s’offrit de succomber à une nouvelle pulsion. Elle murmura un « Oui… » final, répondant à la question de leur alliance, oui elle serait son pantin, oui elle serait son élève, oui ils seraient alliés, quelle que soit l’entreprise dans laquelle il souhait l’entrainer. Et puis elle se mit sur la pointe des pieds pour atteindre ses lèvres des siennes. Elle en avait tellement envie qu’elle trouva le moment parfait. Comme si l’occasion s’était présentée d’elle-même pour venir sceller leurs paroles. Toutefois elle se recula bien vite faisant un pas en arrière pour s’éloigner, les doigts légèrement appuyés sur sa bouche comme si elle n’en revenait pas de ce qu’elle venait de faire et garda bien les yeux au sol. Il changerait probablement d’avis maintenant mais elle y avait gagné son premier baiser, expliquant le sourire un peu idiot qu’arborait son visage malgré la situation dans laquelle elle venait de se mettre alors qu’elle venait de gagner de le voir encore et encore. Mettre les pieds chez lui l’avait rendue si fougueuse et spontanée, la demoiselle ne se reconnaissait pas vraiment mais au moins ce geste-là elle ne pourrait pas le regretter même s’il s’agissait de son dernier souvenir avec le duumvir. D’ailleurs elle ne pouvait même pas s’en excuser, elle avait envie de recommencer en en profitant d’autant plus mais elle ne pouvait pas croire que cela arriverait de nouveau et de sitôt. Retirant sa main, elle releva sensiblement le regard mais jouant toujours sa timide, ce qu’elle était réellement mais dont le blond aurait été en droit de douté cette après-midi. « Je vais partir maintenant, et vous laisser tranquille…je reviendrais si vous le souhaiter…pour des messages ou autre chose. » Il y avait encore une chance infime qu’il veuille le revoir après ce geste fou de sa part et elle y croyait de ses yeux d’enfant même si dans la réalité, Rufia venait surement de tout gâcher, mais encore une fois, elle ne pourrait pas le regretter, jamais de sa vie car elle aurait au moins la satisfaction de savoir que ces premiers émois auraient été récompensé d’une certaine manière et que son cousin ne contrôlerait pas cela dans sa vie même s’il lui choisissait le pire des maris.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Lun 2 Mar - 16:27


Spoiler:
 

Dans toute son attitude, je peux lire les atermoiements qu'elle peut traverser, à chacune de mes paroles. C'est comme effleurer la surface claire de l'eau et la regarder se mouvoir sous l'index. Je ne sais encore si cette petite ira loin, si j'obtiendrai d'elle plus que quelques messages portés ci et là mais je sais qu'elle est venue ici pour chercher assistance et protection, ce que je serai ravi de lui offrir, si tant est qu'elle se plie à la proposition que je viens de lui faire. Après avoir tout exposé, je ne la presse pas plus car je vois bien qu'il ne faut pas ajouter de la peine aux tourments avec lesquels elle fraye déjà bien assez. J'imagine bien les arguments qui peuvent naître dans sa tête : n'est-ce pas trop dangereux, n'est-ce pas une infidélité à sa famille, n'est-ce pas au-delà de ses forces ? Pourtant il y a chez elle un trop plein de bonne volonté matinée d'ingénuité, ce qui est non seulement charmant mais aussi prouve que mon choix est bon. Elle sera un matériau merveilleux à façonner. Je suis un peu navré malgré tout de ne pas accéder à sa silencieuse requête, et de la garder simplement ici, que ce soit en cuisine ou aux jardins. Mais je viens de le lui dire, je ne peux me le permettre aussi facilement.

Je la regarde donc attentivement tandis qu'elle digère mes paroles parsemées je l'espère, de mots rassurants. Elle a d'ailleurs l'air de les prendre comme telles, car bientôt, elle plonge ses yeux dans les miens, deux bleus qui s'appréhendent et se répondent, et je sais qu'à cet instant, elle m'est fidèle. Même si ses prunelles vacillent un instant, même si elle doute encore d'être assez forte pour devenir l'informatrice que j'ai vue en elle. Je ne cherche qu'à révéler ce qui est déjà là, tout du moins je m'en convaincs tandis que j'affermis ma main autour de la sienne, comme pour la rassurer un peu plus encore. Il allait lui falloir être caressante parfois, ou blessante d'autres, pour affronter les énergumènes à qui elle devra adresser les divers messages. Mais il n'est pas l'heure de lui apprendre tout ceci, j'aurai bien le temps une prochaine fois, pour l'entrainer à diverses situations. Je lui souris et lui murmure :

- Ne doutez pas, je sais que vous serez parfaite.

Et sur ce dernier mot, je caresse les syllabes tandis que je les prononce, sûr de moi. Car bien entendu, même les êtres et leur nature se plient devant ma simple volonté, je n'en doute pas une seule seconde. Les mots viennent en réponse affermir le serment délivré par ses yeux et je souris encore plus de la voir prête à connaître des arcanes qui lui sont pourtant étrangères. Je hoche simplement la tête, car bientôt je lui apprendrai les tactiques qui lui manquent et je sais qu'à force, elles deviendront certainement une seconde nature chez elle.

Tandis que je souris, je sens sa main contre mon torse, j'entends son dernier murmure en réponse à ma demande d'alliance et sans même songer un instant à me dérober, je goûte ses lèvres sur les miennes. Un baiser chaste, un baiser tendre. Je ne me souviens pas de ce genre de tendresse, je ne sais même pas si je l'ai un jour moi-même prodiguée ou si j'ai su l'insuffler. Mes étreintes sont toujours pleines de désir et de puissance, la douceur n'est pas l'un des traits qui me caractérise dans certains aspects de l'intimité... Tout du moins pas cette douceur là, cette douceur d'enfant déjà femme. Une brève seconde j'en suis presque ému et je sais que chaque fibre de mon être a apprécié ce moment, l'a dégusté tout à fait pour le graver en mémoire. J'inspire assez brusquement, non pas par colère mais parce qu'avec ses atours de jeune demoiselle fragile, elle m'entraine vers des terrains que je me suis toujours promis de ne pas pénétrer. Et pourtant, elle a su à l'instant en faire naître l'envie. Son visage à elle est empourpré, c'est peut-être son premier contact charnel avec un homme et je n'ai ni l'envie ni la froideur pour la rabrouer. Cette spontanéité, c'est cela que j'ai hâte de façonner à ma guise et j'avoue être d'autant plus charmé de cette frivolité dont elle vient de faire preuve. Je ne doute plus un instant du potentiel porté par cette jeune femme. Elle retire sa main de ses lèvres, un instant interdite et ma bouche s'entrouvre, faisant courir ma langue sur mes lèvres alors que je saisis ses doigts pour les lui baiser avec la déférence d'un homme bien élevé. Ma voix est un peu rauque tandis que je lui dis :

- Ne déchainez pas ce que vous auriez bien du mal à contenir, Ausonia... Partez oui, je vous ferai bientôt revenir pour... tout ce que je jugerai nécessaire.

Je ne peux m'empêcher de jouer avec elle sur cette dernière bravade mais j'incline la tête, poliment, avant de reprendre place sur la terrasse, mon visage de nouveau empreint de cette placidité politicienne. À très bientôt Ausonia Rufia.

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Message(#) Sujet: Re: Juste un geste de vous... [Publicola] Mar 10 Mar - 16:05

Alors même que Rufia s’attendait à être renvoyée chez elle pour son ultime affront au duumvir elle eut la surprise une nouvelle fois de découvrir qu’il appréciait, si le mot était juste, son geste. Elle trouva des plus séduisantes la façon dont il se lécha les lèvres comme pour absorber les dernières gouttes de son essence partager durant de bref baiser. Cela émoustilla la jeune fille qui ressentait toutes ses choses pour la première fois de sa courte vie. Si elle avait déjà été une femme, elle n’aurait jamais eu la chance de vivre tout cela, de succomber aux charmes de cet homme, son prince charmant. Jamais elle n’oublierait ce moment et encore moins quand de nouveau il s’empara de ses doigts pour lui faire un baisemain. Elle une simple petite serveuse dont la peau des doigts ne devait pas être aussi douce que celle des femmes qu’il côtoyait habituellement, pour autant il la traitait en cet instant comme tel, ce qui le rendait encore plus désirable à ses yeux de demoiselle en fleur. Elle retint un petit gloussement idiot ne souhaitant pas paraître encore plus enfantine que ce n’était déjà le cas et but ses paroles comme si elle se fut trouvée dans un désert depuis longtemps et trouvait seulement une source d’eau. La rouquine ne savait trop comment interpréter ce qu’il venait de lui dire sur ce qu’elle pouvait déchainer en lui ou pour lui. Mais l’ambiguïté de sa dernière phrase lui offrait l’espoir qu’en dehors de voulait faire d’elle sa poupée, elle ne le laissait pas totalement indifférent. Cette pensée gonfla son cœur d’un espoir insensé mais qui la galvanisa plus que rien n’y était parvenu jusque-là.  

Souriante mais avec encore le feu aux joues, Ausonia qui sentait ses jambes trembler fit de son mieux pour faire une révérence courtoise respectant son rang et celui de son interlocuteur puis elle le salua oralement avant de tourner les talons pour repartir. Avant d’être totalement hors de vue du blond, elle accéléra le pas jusqu’à courir. Pas une course folle ou effrénée mais plutôt le pas gambadant d’une enfant contente et au cœur léger. Elle avait envie de crier sa joie et son bonheur mais elle attendit d’être sortie de l’enceinte de la ville des mystères pour cela. Peu lui importait le réel danger que pouvait entrainer cette collaboration, peu lui importait à cet instant que Kaeso découvre quoi que ce soit sur ce qu’il venait de se passer. Elle venait de vivre son premier baiser, elle venait de tisser le premier fils de son lien avec le grand Publicola. Elle ne pouvait être plus heureuse ; pensa-t-elle en s’arrêtant pour toucher de nouveau ses lèvres et même ses doigts où la bouche du blond l’avait touché. Elle avait hâte de le revoir, de revenir pour découvrir ce qu’elle pouvait vraiment faire pour lui être utile et agréable. Cette demeure portait bien son nom car mille mystères l’entouraient encore pour la demoiselle qui venait de mettre le doigt dans un engrenage qui la dépassait totalement et dont la véritable ampleur lui était inconnue. Non tout ce qu’elle avait retenu était que très bientôt elle serait convoquée ici ou ailleurs pour le revoir. Juste pour le revoir.


FIN
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