« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
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Empire
Ven 18 Avr - 12:56
« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger   




Ausonius Niger
₪ Arrivée à Pompéi : 18/10/2013
₪ Ecrits : 3206
₪ Sesterces : 404
₪ Âge : 21 ans
₪ Fonction & Métier : Au service de Kaeso Ausonius Faustus. Voleur à ses heures perdues, vacant entre une auberge et un lupanar.

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation:
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Plusieurs femmes l'habitent, mais une seule a su le kidnapper.
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Omnia vincit amor
Ausonius Niger était arrivé tôt à la taverne, ce matin-là. Il avait mal dormi et s’était réveillé alors que le soleil n’avait pas encore déployé ses premiers rayons, d’une humeur massacrante. A vrai dire, il était un peu préoccupé. Depuis de longs mois, une idée unique lui tournait dans la tête, et plus le temps passait, plus elle prenait de la place, plus elle s’intensifiait. L’accomplissement de cette idée devenait presque un besoin, il en avait marre d’attendre, il voulait du concret, il voulait là, maintenant, tout de suite, que ça devienne réalité. Les premiers jours d’Avril étaient passés, la déesse Venus avait été longuement célébrée, Niger pouvait donc espérer l’avoir de son côté, n’est-ce pas ? Et quoi de mieux que d’avoir en sa faveur la déesse de l’amour, protectrice de la cité pompéienne, quand on cherche une épouse ? Niger aurait bientôt vingt-deux ans, et son souhait le plus cher était désormais le suivant : se marier. Il voulait une épouse, il voulait une famille, et il le voulait vite. De nature peu patiente, il estimait avoir déjà assez attendu comme ça. Une jeune femme devait bien être là, faite pour lui, quelque part, ou tout du moins il l’espérait.
Mais tout cela, c’était compliqué. Les jeunes filles qui voulaient épouser des esclaves affranchis doublés d’une mauvaise réputation ne couraient pas les rues, et surtout, même s’il y en avait, même si elles étaient folles amoureuses de Niger, il fallait encore passer l’épreuve du père. Et quel patriarche donnerait sa fille à quelqu’un comme Niger, hein ? Parce que ce dernier ne voulait pas non plus n’importe qui ! Niger voulait épouser une plébéienne, pas une esclave, ni même une affranchie. Pourquoi, me demanderez-vous ? La réponse est bien simple : il voulait avoir une descendance qui pourrait profiter des joies d’être citoyen romain. S’il épousait une plébéienne, alors ses enfants seraient plébéiens. A défaut de l’être lui-même, il aurait ses enfants pour honorer sa branche des Ausonii. Le jeune homme considérait son souhait comme légitime ; fonder sa famille le rendrait heureux, et ce n’était pas non plus une requête irréalisable, il n’était pas un esclave qui voulait épouser une patricienne, juste un affranchi qui voulait une plébéienne. Les dieux devaient être avec lui, les dieux devaient lui accorder ça.

Disons qu’il avait déjà effectué plusieurs essais. Il avait trouvé plusieurs jeunes femmes qui auraient pu convenir, certaines même lui avaient beaucoup plu, mais pour leur pères … disons qu’ils n’étaient pas du même avis. Niger en avait déduit qu’il visait trop haut. C’est vrai, il n’avait cherché que dans des familles de plébéiens plus ou moins influents, dont la dot de leur fille était correcte, si ce n’est élevée ; il fallait qu’il abaisse ses critères et qu’il se rappelle qu’il n’était qu’un affranchi. Et qu’étant aussi un Ausonius, à moins de trouver d’une famille au moins aussi mal intentionnée que la sienne, il faudrait redoubler d’effort pour paraître épousable. Au début, ça l’avait dérangé. Pourquoi devait-il baisser cette barre qu’il avait placée si haute ? Après tout, il était quelqu’un de digne, avec un certain honneur, il méritait bien une femme riche et importante ? Mais au final, il s’était dit que ce n’était pas si grave : tout ce qui comptait réellement, c’était la citoyenneté. L’argent et la réputation, il en ferait son affaire. Il avait donc commencé à s’intéresser aux familles de plébéiens plus pauvres de la cité, celles dont on n’entendait jamais parler. Il avait plusieurs noms en tête, mais il lui faudrait aller voir en personne. Même en abaissant ses critères, il ne voulait pas non plus la première gourde plébéienne qui croisait son chemin. Il voulait une jeune femme belle et attentionnée, mais aussi une jeune femme qui savait quoi faire de ses deux mains. Une idiote qui resterait dans leur demeure à compter les puces qui rongeaient le plancher, très peu pour lui. Autour de lui il avait vu tant de femmes intelligentes qu’il ne voulait pas d’une idiote. Sa mère, son ancienne maîtresse ou encore Kerta, que de femmes fortes qui lui serviraient de modèle. Peut-être savoir lire, écrire, être ne serait-ce qu’un peu ambitieuse, fière, et libre. Par Isis, il voulait trouver une femme comme ça. Il le voulait tellement qu’il était sûr qu’il allait la trouver, c’était impossible autrement. Il mettrait toutes les chances de son côté pour que ça fonctionne, à ne pas en dormir la nuit, pour que le père de cette femme pour l’instant encore imaginaire, accepte de lui offrir sa fille. Il était décidé à se marier, et il allait l’épouser. Bientôt, Ausonius Niger serait à la tête de sa famille, il le sentait.

Il était donc arrivé ce matin-là à la taverne Fausta de mauvaise humeur, parce qu’il ne l’avait pas encore trouvée, et il était impatient, terriblement impatient. Pour se dégourdir les jambes – et faire un repérage – il alla récupérer une charrette dans l’arrière-cour de la Taverne, qu’il pouvait pousser de ses mains, pour faire les courses. Apparemment il manquait à l’auberge œufs, viandes et légumes, et il fallait acheter de nouveaux draps pour certaines chambres trop délabrées pour être proposées à la location. Ça lui prendrait un bon bout de la matinée, mais tant mieux, au moins il prendrait l’air et verrait du monde. Bientôt, il était dans le quartier de l’Abondance ; il était tôt mais ça pullulait déjà de monde. Cris, bousculades et chaleur humaines, voilà comment on pourrait résumer la situation. Le jeune homme commença par passer par les échoppes connues des Ausonii pour ses premiers achats. Bientôt son chariot était rempli de victuailles et beaucoup plus lourd à transporter. Aussi, la bourse qu’on lui avait donnée pour les courses était presque vide. S’il revenait avec ça à la Taverne, Kaeso n’allait pas être content : son commerce à lui reprenait tout juste des couleurs, ne le ruinons pas déjà, voulez-vous ? Alors Niger fit ce qu’il avait toujours appris à faire : il réveilla le voleur qui était en lui, à l’affut de bourses pleines. Dans la foule du quartier de l’abondance, c’était presque trop facile. Les gens se bousculaient sans arrêt, se touchaient à la moindre occasion, ce petit plébéien que Niger avait choisi comme proie fut donc à peine étonné de sentir Niger lui tomber dessus. L’idiot avait eu la bonne idée d’accrocher sa bourse à sa ceinture, offrande à tous les pilleurs comme Niger qui traînaient par là. Bientôt, Niger se hâtait de passer dans la rue d’à côté, une bourse remplie cachée entre deux salades, un sourire aux lèvres. Facile.

Il fit ensuite l’inventaire de ce qu’il avait et de ce qui lui manquait : il ne lui manquait que la volaille. Levant la tête sur la rue dans laquelle il venait de tourner, bien moins remplie, il aperçut l’enseigne d’une échoppe qui disait vendre ce type de marchandises. Parfait, il en aurait bientôt terminé. Les achats l’avaient un peu distrait de son objectif, mais ce n’était pas plus mal. Au moins, il avait lâché son air sombre pour afficher plutôt un regard brillant. Bientôt il serait de retour à la taverne avec les courses et on l’autoriserait à prendre une pause pour qu’il aille déjeuner avec sa sœur au lupanar, ou quelque chose comme ça. Ça faisait quelques jours qu’il n’était pas allé lui rendre visite, il avait envie de la voir, elle lui manquait. Malheureusement il n’aurait pas grand-chose à lui raconter, mais il était sûr qu’elle saurait le distraire avec ses histoires de louve. Seule sa sœur serait capable de lui remonter le moral, de faire disparaître sa mauvaise humeur. Voyez à quoi ça sert, la famille ? A être heureux. Niger voulait une femme à côté de qui s’allonger le soir pour pouvoir raconter sa journée et écouter la sienne. Il voulait une femme qui pouvait partager sa vie et le comprendre. Une femme pour lui. Pas une patricienne avec qui il vivait une passion flamboyante, pas une louve qui ne lui offrait que son corps. Il voulait partager son futur avec quelqu’un.

Niger s’approcha donc de l’échoppe, les mains en feu d’avoir tant poussé la lourde charrette. Il n’était jamais venu là, et ne connaissait pas le nom de cette famille, les Florii. D’après la devanture, ils étaient pauvres. Néanmoins, ça n’avait pas l’air trop sale, et la marchandise n’avait pas l’air écœurante. Au moins, il ne dépenserait pas trop d’argent. Et de toutes façons, un client intoxiqué de plus ou de moins, allons, ce n’était pas bien grave : il savait ce qui l’attendait en entrant chez les Ausonii. Niger, au contraire, n’avait aucune idée de ce qui l’attendait quand il s’est présenté à ce commerce, le sourire aux lèvres. Il voulait des œufs, et il repartirait avec la conviction que celle qu’il devait épouser ce trouvait juste ici. Mais n’avançons pas trop vite : d’abord, Niger croisa le regard d’un homme plutôt âgé, à la mine austère, mais illuminée par l’arrivée du potentiel client. Hm, définitivement, le pauvre ne devait pas bien gagner sa vie. Niger fit, les yeux valsant entre les différents produits :

« Ave ! Je voudrais deux douzaines d’œufs, s’il vous plaît. Et je n’aurai pas la place de les transporter, mais est-il possible de me faire livrer trois poulets déplumés ? Pour la Taverne Fausta ? Nan en fait, faites m’en quatre »

Finalement, le jeune homme croisa le regard du commerçant qui affichait soudain un air particulièrement enjoué. Niger se dit que c’était certainement parce que cette vente allait lui faire sa journée. Touchant, ou presque. Mais le jeune homme détacha bien vite son regard de celui de l’homme, parce qu’une nouvelle présence venait d’entrer dans l’échoppe. C’était une jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux d’un vert incroyable qui apparut à la vue de l’affranchi comme une création divine. Elle se tenait à quelques pas derrière l’homme qui devait être son père, et Niger eu du mal à décrocher ses yeux des siens pour pouvoir se reconcentrer sur le patriarche. Pourtant, il lui parlait, il lui disait que c’était très bien, qu’il allait lui préparer ça. Il lui posa même une question :

« Vous êtes Ausonius Niger, c’est bien cela, l’affranchi du tavernier ? J’ai entendu parler de vous. »

Niger parvint finalement à quitter les yeux de la fille, pour les planter dans ceux du père. C’était comme si il venait d’être débarrassé d’un poids. Par Isis, quelle brillante idée avait-il eu de passer par cette artère vide du quartier de l’Abondance, quelle excellente idée. Le patriarche lui tendit un cageot rempli de ce qui semblaient être vingt-quatre œufs, tandis que l’affranchi se décidait enfin à répondre :

« En bien, j’espère ? »

Niger offrit un sourire franc mais rassurant au commerçant. Par Isis, il fallait qu’il ait entendu du bien de lui, et pas uniquement des rumeurs mauvaises (et sûrement vraies) qui le décrivaient comme un truand, un malfrat et un arnaqueur. Par Isis, il fallait qu’il sache qu’il était loin d’être sur la paille, qu’il avait des liens avec des familles de plébéiens et de patriciens assez puissantes, que ses services d’espion étaient demandés par beaucoup parce que de qualité, et surtout qu’il cherchait à se marier. Oh oui, il fallait que cet homme sache qu’il cherchait une femme à épouser, parce qu’il venait de décider que c’était la jeune fille qui se tenait juste derrière lui qui allait partager sa vie.

©️ charney


Spoiler:
 


Brother & Sister
Lucia et Niger
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Dernière édition par Ausonius Niger le Sam 28 Juin - 11:14, édité 1 fois
Sam 19 Avr - 18:46
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« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

Ansonius Niger φ Floria Minor


Le soleil n'était pas encore sur le point de se lever quand Minor ouvrit les yeux. La nuit régnait encore dehors tout comme dans la pièce qui servait de demeure aux Florii. La jeune fille se frotta les yeux mais resta sagement couchée en chien de fusil. L'heure du lever ne tarderait probablement pas mais jusque là, inutile de réveiller ses parents. Les pauvres travaillaient très durs. Ils avaient bien le droit de profiter de leurs maigres heures de repos. Son père ayant l'oreille particulièrement sensible, la jeune Pompéienne savait que si elle se levait, cela le réveillerait. De toute façon, c'était bien aussi de rester un peu au lit. Minor n'était pas une habituée des grasses matinées. Autant qu'elle s'en souvienne, elle n'en avait même jamais eu. Elle aimait bien pourtant l'idée de pouvoir rester sous les draps à ne rien faire. Mais elle se demandait si elle supporterait de rester sans rien faire. Rien n'était moins sûr.

Minor regardait les places vides autour d'elle. Désormais, elle était la dernière à vivre avec ses parents. Autrefois, les enfants partageaient les mêmes paillasses. La brunette se rappelait cette période qui, même si elle n'était pas facile, avait été heureuse. Elle se rappelait ses sœurs quand elles jouaient à se cacher sous les draps et à se chatouiller, à se raconter des histoires amusantes ou parfois, des histoires qui faisaient peur. Quand l'une d'entre elles se sentait seule, les autres étaient là. L'hiver, elles se serraient les unes contre les autres pour avoir moins froid. Aujourd'hui Minor se retrouvait seule sur une couche qui lui semblait bien trop immense, où elle se sentait tellement perdue. Les yeux tournés vers le mur, elle essayait d'imaginer si sa vie serait pareil si elle avait un homme avec elle, son mari. Elle désespérait d'en trouver un. Son père avait encore eu de lourdes charges dernièrement, réduisant la maigre dot qu'elle avait. Ses chances étaient désormais quasiment réduites à néant. Son père risquait de la donner au premier venu qui voudrait d'elle et ce n'était pas l'idée qui lui plaisait le plus. Bien sûr, elle ne s'attendait pas à de l'amour. L'amour était un luxe. Mais elle espérait un mari qui la traiterait bien et ne lui ferait pas de mal. Vivant dans les bas quartiers, elle en avait vu des femmes avec des marques et cela l'avait effrayée. Oui, elle voulait se marier mais pas avec un homme violent ou mauvais. Mais ce n'était pas à elle de décider. Sa mère le lui avait dit, elle n'avait pas son mot à dire. Les femmes n'avaient jamais leur mot à dire sauf quand elles étaient riches ou bien nées. Or Minor n'était ni l'une, ni l'autre. Elle devrait se satisfaire de celui qui voudrait la prendre comme épouse, peu importe qui il était. Son seul espoir était les dieux. Ces derniers pourraient peut-être lui être un peu favorable sur ce point et lui donner un mari qui ne la considérerait pas comme une quantité négligeable ou un défouloir.

La jeune fille soupira alors que le chant du coq retentissait, donnant le signal du lever. Minor ne perdit pas de temps. Elle se leva, imitée en cela par ses parents. Elle alla se laver rapidement le visage après avoir versé de l'eau dans une grande bassine. Elle se sécha avant de se livrer à ses prières quotidiennes et de finir par descendre et de commencer à ramasser les premiers œufs. Un panier à la main remplit de paille, elle glissait ses petites mains dans les nids en prenant soin de ne pas effrayer les dames pondeuses. Mais elles avaient l'habitude depuis le temps qu'elle voyait Minor s'occuper d'elle. Son père s'occupait de préparer les volailles à livrer ce matin. Tuer les animaux, la Plébéienne n'aimait pas ça. Elle ne le faisait que quand elle ne pouvait y échapper. Les œufs récoltés, elle vérifia les commandes et se délesta des œufs en trop qui resteraient à la vente dans leur magasin. Elle s'occupa ensuite de nettoyer les poulaillers. Sa mère s'occupait de nettoyer la maigre échoppe ainsi que les cages qui serviraient à contenir les volailles pour de possibles clients. Peu de Pompéiens venaient jusqu'ici. La majorité de leurs clients préféraient être livrés. Minor passait beaucoup de temps à livrer et parfois à démarcher dans certaines maisons. Elle préférait cela à devoir rester enfermée dans la boutique toute la journée même si les livraisons n'étaient pas toujours faciles et les rues souvent dangereuses pour une jeune fille de son âge et seule.


« Minor ! Viens manger un morceau avant de partir. »

« Oui mère. »

Les clients aimaient bien avoir leurs œufs tôt le matin. Il n'y avait pas de temps à perdre. La demoiselle remonta rapidement dans la pièce commune et sur la table trônait un peu de pain, du fromage et des œufs durs. Rien de très original. C'était toujours la même chose. Il paraît que dans certaines maisons, il y avait du miel, du lait, des fruits frais et confits, du yaourts et pleins de bonnes choses. Minor se demanda, comme souvent, quel goût ça avait le miel. Elle n'en avait jamais mangé mais on disait cela très bon et sucré. Mais ce n'était pas le moment de rêvasser, les livraisons ne se feraient pas sans elle. Une tartine avalée avec un peu de lait et elle s'emparer d'un panier assez important pour faire ses livraisons. Elle y déposa précautionneusement le compte exact des œufs commandés et s'en alla rapidement au travers de la ville. Pompéi bourdonnait d'activité malgré l'heure encore bien matinale. Minor aimait beaucoup ce moment de la journée. Souriante, elle adressait volontiers un « ave » à quelques connaissances et s'enquérait de la santé de l'un ou de l'autre sans pour autant ralentir sa marche. Les clients étaient répartis dans toute la ville, il ne fallait donc pas traîner.

Pendant plus de deux heures, la jeune fille effectua ses livraisons avant de revenir en sa demeure, toujours le sourire aux lèvres, la bourse pleine attachée dans les replis de sa stola pour éviter les vols. Les clients avaient été content et aucun  œuf n'avait connu un funeste destin en arrivant cassé ou fendillé. Les clients pouvaient être très pointilleux parfois et ils n'avaient pas tort. Ils payaient, ils avaient le droit d'être exigeants après tout. Une fois rentrée, elle déposa la bourse dans le logement familial avant d'aller récolter de nouveau des œufs. Elle les disposa dans de nouveaux paniers pour les ventes dans la journée. Elle finit par rejoindre sa mère pour plumer les animaux tués le matin. Les plumes aussi seraient revendues pour faire oreiller, parures ou autres. Avec patience et minutie, la jeune fille triait les différentes plumes et duvets. La valeur marchande n'était pas la même et chaque plume devait être parfaite pour être revendue.


« Va voir si ton père n'a pas besoin de toi Minor. Je peux finir seule. »

Minor acquiesça pour voir quelques clients étaient venus se perdre dans leur échoppe. A sa grande surprise son père était en grande discussion avec un jeune homme. Elle fronça les sourcils. Elle ne l'avait jamais vu par ici. Pourtant, elle avait dû le croiser quelque part. Sa tête lui disait quelque chose. Alors qu'elle observait ses traits en essayant de se rappeler où elle avait pu le croiser, elle remarqua soudain que l'homme la dévisageait avec insistance. Elle baissa alors rapidement la tête, le feu aux joues. Ce n'était pas poli du tout de dévisager ainsi les gens et ce n'était pas dans ses habitudes. En même temps, c'était aussi la première fois que quelqu'un la dévisageait ainsi. C'était bizarre. Curieuse, elle releva rapidement les yeux pour remarquer que l'homme la regardait toujours, écoutant d'une oreille distraite son père. Cela la fit rougir deux fois plus sans qu'elle ne comprenne pourquoi mais un tintement de clochette vint la tirer de ses interrogations. Un nouveau client venait d'entrer. Un habitué cette fois-ci, Anterios, un vieil ami de son père. Ce dernier ne manqua pas de le saluer d'ailleurs.

« Ave Antérios. Minor, vient ! - la jeune fille se rapprocha, tête toujours baissée, devant le nouveau venu – Voici ma fille, Minor, elle vous aidera. C'est elle qui s'occupe aussi des livraisons. Minor, voici Ansonius Niger. Il a prit deux douzaines d’œufs et souhaite quatre poulets à livrer. Je te laisse t'en occuper – il se tourna vers Niger, un grand sourire aux lèvres – Ma fille a l'habitude, elle est très compétente. »

Sans plus attendre, il se dirigea vers sa connaissance. Sa remarque fit énormément plaisir à sa fille. C'était une des rares choses qui lui faisait comprendre que son père l'estimait et qu'il tenait à elle, à sa façon. Toute heureuse, elle regarda de nouveau le jeune homme, retrouvant un peu de contenance et son sourire reprit le dessus sur sa gêne.

« Heureuse de vous rencontrer, Ausonius Niger. Que souhaitez-vous comme poulet ? Quand et où souhaitez-vous que je vous les livre ? »

Elle se rappelait où elle l'avait vu, enfin aperçu ce serait plus juste. En faisant ses livraisons bien sûr, elle avait traversé une fois une rue où il se trouvait. Elle ne savait pas grand chose sur lui, si ce n'est qu'il avait une tendance au vol et aux mauvais coups. Pour autant, elle ne le jugeait pas. Parfois la vie faisait qu'on avait pas le choix et tant qu'il ne volait pas sa famille, tout irait bien. En plus, elle devait bien admettre qu'il était plutôt bien fait de sa personne. Cela la fit de nouveau rougir. Quelle poisse ! Qu'allait-il penser d'elle ? Pas grand chose sûrement comme tout le monde. Cette idée lui permit de se ressaisir.

« Vous souhaitez régler le tout maintenant ou les poulets plus tard quand je les livrerai ? »

Minor avait la chance de savoir lire, écrire et compter. Étant dans une famille de commerçants, mieux valait savoir compter les deniers et écrire les commandes sur les tablettes d'argiles. Après cela restait rudimentaire, les femmes de meilleurs milieux savaient bien plus de choses qu'elle. D'ailleurs, elle n'avait jamais lu de livres ou de parchemins. Mais elle était quand même fière de son petit savoir. Le sourire aux lèvres, elle attendait le bon vouloir de l'affranchi.


© Méphi.


Empire
Sam 3 Mai - 15:03
Re: « Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger   




Ausonius Niger
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Omnia vincit amor
Ce n’était pas juste un caprice, ce n’était pas juste un envie en l’air. De ce que Niger ressentait, il avait besoin d’avoir une épouse. De toute façon, il avait depuis longtemps appris à faire la part des choses entre besoin et envie : Kaeso ne s’était occupé que de ses besoins pendant dix-sept longues années, jamais de ses envies. Il savait donc les mettre de côté, les oublier. Par Isis, il avait des millions d’envies ! Une plus grande insula, des vêtements qui ne comportaient aucun trou, des bijoux pour orner ses doigts ou son cou, une citoyenneté. Mais tout ça ce n’était que futilités, ou encore choses qu’il ne pourrait jamais avoir. Une femme, il pourrait en avoir une, c’était dans ses capacités. Et il en avait besoin. Pour avancer dans la vie, pour ne pas avoir l’impression de stagner, d’être l’éternel esclave affranchi de Kaeso Ausonius Faustus. Et pour aimer et être aimé, officiellement. Les maîtresses de passage, ça allait pour un temps. Les patriciennes qu’il n’aurait jamais aussi. Il voulait une femme qui serait sienne autant qu’il serait sien, à laquelle il serait associé. « Mais si si, tu sais, Ausonius Niger, l’homme qui a épousé Machine », voilà ce qu’il voulait entendre, plus « Mais si si, tu sais, Ausonius Niger, l’affranchi d’Ausonius ». Ne croyez pas qu’il renie sa famille, loin de là. Sans eux, sans les Ausonii, il ne serait rien, aujourd’hui. Rien de plus qu’un enfant bâtard courant les rues, sans famille, destiné à servir il ne savait trop qui jusqu’à la mort. Niger avait reçu des Ausonii la liberté, quel plus beau présent ? Il fallait donc qu’il en profite, qu’il en use pour faire briller un peu plus cette famille qui était tout pour lui, il voulait apporter sa marque dans l’entreprise qu’ils construisaient. Et ça passait, il en était sûr, par fonder sa branche. Il avait donc besoin d’une femme. Pour lui, pour les Ausonii. C’était sa mission, c’était important. Il ne prenait pas ça à la légère, d’où les critères qu’il s’était d’abord imposés, peut-être trop hauts, mais qu’il jugeait nécessaire. Quand il était rentré dans cette échoppe et qu’il avait aperçu cette jeune fille, immédiatement, il s’était dit qu’elle était parfaite pour le rôle. Son père ne serait certainement pas trop long à convaincre, c’était une plébéienne, et puisque ça comptait aussi, physiquement elle lui plaisait déjà. Cette lueur de défi dans le regard, le fait qu’elle ait mis quelques secondes, curieuse, pour baisser les yeux face à son regard insistant, qu’elle aide son père à travailler dans l’échoppe, tout cela étaient des éléments qui poussaient Niger à vouloir mieux la connaître. Quand on voyait que certaines filles, à peine nubiles étaient mariées, l’affranchi se demandait comment elle pouvait être toujours avec ses parents. Elle devait avoir quoi, seize, dix-sept ans ? Il en déduisit qu’elle devait avoir une maigre dot, peut-être avait-elle des sœurs qui avaient déjà vidé les bourses du père, qui n’avait donc plus rien à donner pour le mariage de sa fille. Personne ne voulait donc d’elle ? Parfait, il aurait encore moins de mal à convaincre le père. Evidemment, tout ça n’étaient que des suppositions. Peut-être qu’il se trompait complètement, mais quelque chose lui disait qu’il était sûr la bonne voie. Il était habitué à espionner les gens, à comprendre comment fonctionnaient leur famille, et les Florii semblaient être de typiques plébéiens désargentés. Des candidats parfaits.

Comme s’il avait lu dans ses pensées, l’homme présenta sa fille à Niger. Il la décrivit comme compétente, mais aussi, certainement sans le vouloir, comme travailleuse. Les yeux de Niger brillaient certainement. Une fille gâtée qui ne sortait jamais de son insula, très peu pour lui. Celle-ci semblait être tout l’opposé. Si c’était elle qui s’occupait des livraisons, elle devait même bien connaître Pompéi, non ? C’était certain que ce n’était pas chez une patricienne qu’il allait trouver ce genre de qualités. Bref il regardait la demoiselle avec intérêt, un léger sourire aux lèvres, tandis qu’elle parlait. En l’espace de quelques secondes, il en avait complètement oublié la présence du père, son intérêt étant uniquement porté sur elle. Son visage, ses grands yeux, ses cheveux bruns tombant sur sa stola. Elle était belle, très belle même. Même sa voix lui plaisait. Légère, comme dépourvue de tout souci. Elle disait :

« Heureuse de vous rencontrer, Ausonius Niger. Que souhaitez-vous comme poulet ? Quand et où souhaitez-vous que je vous les livre ? Vous souhaitez régler le tout maintenant ou les poulets plus tard quand je les livrerai ? »

Elle semblait s’être ressaisie sur la fin de la phrase, comme reprenant constance. Peut-être qu’il l’impressionnait moins, maintenant qu’elle avait osé lui parler. Son père l’avait complimentée, peut-être que ça l’avait rassurée autant que lui. Pas qu’il en ait quelque chose à faire qu’elle sache convenablement livrer des poulets. Mais qu’elle sache travailler, ça, ça le rassurait sur le choix qu’il venait de prendre. Elle, ça serait elle. Bref, Niger répondit rapidement, la lâchant enfin du regard, observant les différents produits qu’il avait autour de lui :

« Ça fait beaucoup de questions, tout ça ! – fit-il, un sourire aux lèvres, amusé – Je dirais que je voudrais quatre des plus petits poulets que vous avez, déplumés et vidés si possible. Je vais régler maintenant, et j’aimerais que ça soit livré le plus vite possible, on en a besoin pour le repas de ce soir. Je les prendrai bien moi-même, mais je n’ai plus de place sur ma charrette. »

Niger parlait à la jeune fille d’un ton et d’une manière qui exprimait beaucoup de respect (et ce même si le vouvoiement n’existait pas en latin). Peut-être était-ce les restes du temps où il avait été esclave, forcé de respecter tout le monde puisqu’il était tout en bas de la chaîne alimentaire, même les petits plébéiens comme les Florii. Peut-être était-ce aussi que cette demoiselle imposait le respect, et que de toute façon, face à son père, il lui fallait faire bonne figure. En tous cas il parlait lentement, utilisant des mots qui ne lui ressemblaient pas, moins crus que d’habitude. En d’autres circonstances, peut-être n’aurait-il même jamais payé : faire affaire avec un Ausonii, même pour quatre poulets, était toujours une entreprise risquée. Tout le monde les savait proche de leur sous, mais Niger préférait que, pour un temps du moins, le père et la fille oublient cette réputation. Depuis que les murs de la taverne avaient été marqués des mots « furcifer » – pendards – par cette personne qui avait délibérément choisi de délabrer les murs de toutes les plus grandes familles de Pompéi, on regardait encore plus mal les Ausonii. Si ça jouait contre lui dans sa quête d’épouse, il chercherait et trouverait l’homme qui avait fait ça, pour lui faire subir le pire sort. Il faut assumer les conséquences de ses actes, n’est-ce pas ?

« Si votre père le veut bien, nous pouvons faire le trajet ensemble, et une fois nous auront déposé tout ça – il désigna de la main tous ses achats – en plus des poulets, je pourrai vous raccompagner ici »

Il fit un sourire à la jeune fille. Ce n’était pas qu’il avait peur de la voir errer seule dans Pompéi, après tout on était en plein jour et elle semblait de toute façon très bien se débrouiller. Mais si ça lui permettait d’être avec elle le plus longtemps possible, alors il sauterait sur l’occasion. Il voulait apprendre à la connaître, et il serait sûrement plus détendu, plus lui-même, si son père n’était pas dans les parages. D’ailleurs, Niger se réintéressa à lui quand la jeune femme parti fouiller à la recherche des produits que son client lui demandait. Peut-être entendit-elle ce que Niger dit à son père, mais ça n’était pas fait exprès. Il s’approcha en effet du père et de son client – un homme qui traînait d’ailleurs souvent à la taverne, auquel l’affranchi fit un signe de tête – pour dire :

« Vous avez une très belle fille, Florius, qui a l’air en plus de ça de savoir se servir de ses deux mains. C'est une qualité de plus en plus rare de nos jours. N’est-elle pas déjà mariée ? »

Peut-être était-il trop direct, mais il n’était pas de nature patiente. Et puis, il n’avait rien dit de spécial, il n’avait que fait complimenter sa Minor, peut-être ne comprendrait-il même pas les sous-entendus. Mais Niger était définitivement content d’être rentré dans cette boutique en ce jour d’Avril. Aujourd’hui, les dieux lui avaient tendus la main pour changer son destin, et il fallait qu’il en profite. Peut-être que l’occasion ne se représenterait jamais.


© charney


Brother & Sister
Lucia et Niger
« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger 583170teamausonii
Sam 24 Mai - 14:35
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« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

Ansonius Niger φ Floria Minor


Les Ansonii nétaient pas les clients que tous commerçants rêvaient d'avoir. Minor était peut-être jeune et un peu naïve, elle n'en était pas pour autant stupide. L'affaire des graffitis avait déferlé sur Pompéi. Presque toute la population savait désormais que si cette famille pouvait faire des économies, elle ne se gênait pas pour ça même si c'était en dehors des cadres de la lex romana. La jeune fille aurait préféré des gens un peu plus sérieux comme possible nouveaux clients mais les Florii ne pouvaient pas jouer les fines bouches. Ils avaient déjà bien du mal à manger tous les mois et à payer leur loyer. Donc tout client était une bonne chose même si ce n'était pas un homme très honnête. La jeune fille espérait juste qu'il payerait bien les poulets à son père. Dans le cas contraire, ce serait une vraie catastrophe pour leur commerce. Que l'homme soit bien fait de sa personne ne changeait rien.

« Ça fait beaucoup de questions, tout ça ! – fit-il, un sourire aux lèvres, amusé – Je dirais que je voudrais quatre des plus petits poulets que vous avez, déplumés et vidés si possible. Je vais régler maintenant, et j’aimerais que ça soit livré le plus vite possible, on en a besoin pour le repas de ce soir. Je les prendrai bien moi-même, mais je n’ai plus de place sur ma charrette. »

Minor fut soulagée. S'il payait maintenant, il n'y aurait aucun souci de règlement. Elle n'était guère de taille à faire face à un tel homme pour pouvoir réclamer les quelques pièces que représentaient quatre poulets. C'est aussi pour ça que son père était désolé de ne pas avoir eu un autre fils. Un homme a plus de poids qu'une femme dans les négociations ou pour réclamer le prix des marchandises livrées.

« Très bien, je vais vous préparer ça. »

Elle lui adressa un sourire charmant, comme son père le faisait à tous les futurs clients. Toujours être aimable avec la clientèle pour lui donner envie de revenir. Voir revenir le jeune homme ne serait pas désagréable. Il était vraiment agréable à regarder et cela la changeait des clients habituels, des femmes le plus souvent, de vieux serviteurs parfois ou encore des enfants. Les jeunes hommes venaient rarement par ici, pour ne pas dire jamais. A croire qu'ils évitaient consciencieusement la boutique.

« Si votre père le veut bien, nous pouvons faire le trajet ensemble, et une fois nous auront déposé tout ça – il désigna de la main tous ses achats – en plus des poulets, je pourrai vous raccompagner ici »

Le père en question ne se préoccupait guère de ce que les jeunes gens racontaient. Il discutait à bâtons rompus avec son ami. Preuve, encore une fois, qu'il faisait tout à fait confiance à sa fille pour gérer la vente. Au moins s'il ne le lui disait pas, il le montrait à sa façon. Minor hocha positivement la tête.

« Si vous voulez mais ne vous donnez pas la peine de me raccompagner, je connais bien le chemin. Vous avez certainement beaucoup d'autres choses à faire. Ne vous donnez pas de mal pour moi. »

Pas de condescendance dans sa voix, juste une profonde et ancienne habitude de se gérer et de gérer son travail seule. Elle ne voyait pas vraiment pourquoi ce jeune homme voudrait perdre son temps à la raccompagner. C'était l'inconvénient de ne jamais avoir eu de soupirants. Elle ne connaissait rien des façons de faire et ni sa mère, ni ses sœurs, ne lui en avaient parlé. Mais en même temps, elles non plus n'avaient pas forcément connu cela. Elle ne se doutait pas une seconde que Niger puisse vouloir passer du temps avec elle.

« Vous pouvez voir avec mon père pour le paiement, je m'occupe des poulets. »

Elle s'inclina légèrement avant d'aller rechercher dans l'étale, les poulet qui pourraient correspondre. Ils étaient déjà plumé, il n'y avait plus qu'à les vider. Exercice que la jeune fille savait parfaitement faire même si ce n'était pas ce qu'elle préférait. Mais au moins, ils n'étaient plus vivants donc c'était plus facile que de les égorger. Elle enfila un tablier de cuir avant de prendre les quatre poulets qu'elle avait sélectionné pour aller les vider dans le fond de la pièce, maniant le couteau avec habilité, forte de longues années d'expérience. Alors qu'elle œuvrait, elle entendit sans peine les propos du jeune homme. La question lui fit mal au cœur. Pourquoi avait-il dit ça ? C'est vrai que c'était inhabituel mais quand même. Elle essaya de se concentrer sur sa tâche et essayer d'oublier ses joues rouges. Se faire gifler lui aurait semblé bien moins douloureux que ce rappel de son célibat. Chose que son père n'allait pas manqué d'accentuer. Il ne ratait jamais l'occasion de se plaindre. Minor espérait juste qu'il n'allait pas trop en faire mais elle avait une très mauvaise impression. Son cœur battait la chamade alors qu'elle entendait son père prononcer ses premiers mots.

« Ah merci, merci Niger. Effectivement, elle est bien loin d'être stupide et gauche. Elle est plutôt débrouillarde et nous aide beaucoup à la boutique. »

Minor souffla. Si la discussion s'arrêtait là, ce serait parfait. C'était même flatteur. Décidément, aujourd'hui, c'était la journée des compliments. Mieux valait qu'elle les conserve dans un coin de sa tête parce qu'il ne reviendrait pas de si tôt. Mais, évidemment, la discussion ne s'arrêta pas là surtout que l'ami du père en rajouta une couche.

« Ah ah ah, disons que ce cher Florius n'a pas du honorer les dieux comme il convenait car il a eu de nombreuses filles, trop pour un homme ! »

Florius jeta un regard noir à son ami mais devait bien reconnaître la réalité.

« J'ai un fils aussi quand même ! Ne l'oubli pas ! Mais effectivement j'ai eu beaucoup de filles. Minor est la dernière, les dieux soient loués ! Mais je n'ai pas d'argent pour elle ou trop peu. Elle n’intéresse personne. J'ai peur qu'elle ne me reste sur les bras et ceux de sa pauvre mère. Elle aide mais ce n'est pas une bonne chose qu'elle reste ici. »

Le ton désolé de son père fit autant mal à la jeune fille que ses propos. Elle ne pensait pas son père à penser cela d'elle. Elle sentit les larmes lui venir aux yeux. Si déjà elle avait l'impression de ne pas être grand chose, là elle avait en plus l'impression d'être un objet encombrant. Elle avait eu raison de vouloir garder les compliments dans un coin de sa tête parce que le coup était rude même si son père était bien loin d'avoir tort.

« Au pire, donne-là dans une des tavernes du coin. Elle devrait avoir des clients. Cela te rapporterait un peu plus que si elle travaillait ici. »

Le cœur de Minor sembla manquer un battement. Se vendre à des hommes ? Devrait-elle en arriver là ? Elle préférerait mendier dans les rues que de se vendre ainsi. Elle se recroquevilla un peu sur elle, essayant d'achever sa tâche. Le pire étant que son père ne répondait rien, ne s'offusquait pas. Aurait-il déjà songer à ça ? La jeune fille ne voulait pas y croire.

« Humm... Un jour peut-être mais pour le moment, elle aide encore ici et elle connaît bien certains clients. On a eu quelques contrats de livraison grâce à elle. Je tiens à les conserver. »

Minor se sentit un peu plus légère même si ce n'était pas flatteur non plus. Au moins, elle échappait au sort de la taverne pour le moment. Elle finissait de préparer les poulets quand elle manqua de s'entailler en entendant son père s'adresser au nouveau venu.

« Pourquoi demandez-vous ça ? Elle vous intéresse ? Elle n'aura qu'une maigre dot mais elle travaille bien et beaucoup vous savez. »

La voix quasiment désespérée de son père lui fit horriblement mal. En observant son couteau, Minor se demanda si ce ne serait pas moins douloureux de se le planter dans son cœur. Elle récupéra les entrailles qui pouvaient servir avant de laver ses mains dans une bassine de terre et de prendre les poulets, revenant vers le petit groupe. Elle avait la tête basse et regardait obstinément le sol. Ses joues la brûlaient. Elles devaient être très rouge pour que cela lui fasse un tel effet. Elle avait honte, tellement honte que son père la mette ainsi en avant. S'il avait voulu l'humilier davantage, il n'aurait eu qu'à se mettre sur la place publique et la mettre à la « vente » comme une vache ou un poulet et la donner à qui voudrait d'elle. Elle sentait les larmes lui piquer les yeux mais elle ne devait pas pleurer. C'était son père, il avait tous les droits sur elle comme son futur mari bien qu'il y ait peu de chance qu'elle en eut un, un jour. Et si elle en avait un, elle doutait qu'il puisse bien se comporter avec elle. Pas après avoir vu son père quasiment supplier pour qu'un inconnu puisse vouloir la prendre.

« Vos poulets sont prêts, Ausonius Niger. Nous pouvons y aller si vous le souhaiter ? »

Sa voix demeurait aimable. Il n'y était pour rien après tout. Ce n'était pas de sa faute si son père était désespéré, si les dieux avaient eu le mauvais goûts de donnez une douzaine de filles à Florius, si elle n'avait pas de dot, si elle n'était qu'un poids pour les siens. Non ce n'était pas sa faute mais il était témoin de son humiliation. Impossible de le regarder dans les yeux après ça. Elle savait qu'il était un esclave affranchi, soit quelqu'un de moins important qu'elle dans la hiérarchie plébéienne et pourtant, pourtant, elle avait l'impression d'être très largement au-dessous de lui. Une vermine aurait certainement plus d'importance qu'elle. Elle n'était qu'une fille sans dot dans la société pompéienne, c'est-à-dire rien ou pas grand chose. Elle espérait juste que Niger allait payer son père et sortir rapidement pour qu'elle puisse l'accompagner et vite revenir se cacher pour pleurer tout son soul.


© Méphi.


Empire
Mer 18 Juin - 20:31
Re: « Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger   




Ausonius Niger
₪ Arrivée à Pompéi : 18/10/2013
₪ Ecrits : 3206
₪ Sesterces : 404
₪ Âge : 21 ans
₪ Fonction & Métier : Au service de Kaeso Ausonius Faustus. Voleur à ses heures perdues, vacant entre une auberge et un lupanar.

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation:
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Plusieurs femmes l'habitent, mais une seule a su le kidnapper.
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Omnia vincit amor
Niger n'était pas certain que la demoiselle comprenait bien ce qu'il sous-entendait. Il ne voulait pas la raccompagner chez elle juste histoire de la raccompagner chez elle ; il ne faisait que rarement les choses sans but, il n'en avait jamais le temps. Il voulait passer du temps avec elle, apprendre à la connaître, sans que le regard inquisiteur de son père repose sur ses épaules. Ça le fit sourire qu'elle ne saisisse pas : elle était jeune et innocente, tellement différente de lui. Certainement ne devait-elle pas ignorer les commodités du mariage, mais elle semblait s'en être aussi tenu le plus loin possible. Ça ne le dérangeait pas, au contraire, il préférait cela comme ça. Ça lui donnait d’ailleurs un certain charme, et ceci doublé de sa capacité à vider les entrailles d’un oiseau, par Isis, elle était décidément faite pour lui. Niger lui souriait doucement, détaillant son visage. On aurait pu penser qu’il était doux, mais Niger le voyait plutôt comme endurci. Toutes ces années à trimer dans le commerce de son père n’avaient pas du aider, mais ça lui donnait un air de femme plutôt qu’un air d’enfant. De même, bon point pour elle. Si elle remplissait pour le moment toutes les « cases » que Niger s’imaginait dans sa tête, si elle semblait convenir au profil de jeune femme qu’il se voyait demander en mariage, l’affranchi ne voulait pas non plus plonger tête baissée dans cette famille sans y réfléchir. Il n’avait passé que trois minutes avec la jeune femme, rien ne pouvait être sûr aussi rapidement. Mais il avait un bon pressentiment. Elle lui était tombée dessus alors qu’il cherchait du poulet, ça devait être un signe, n’est-ce pas ? Il ne la cherchait pas précisément elle, pas à ce moment-là, et elle lui était quand même parvenue, du fond de la boutique de son père, comme envoyée par Junon, très chère déesse du mariage. En tous cas, il voulait passer plus de temps avec elle, d’où sa proposition, qu’elle n’avait pas comprise. Il haussa les épaules à sa réponse. Il la raccompagnerait tout de même, qu’elle comprenne ou non. Il voulait s’accrocher à ses yeux verts encore de longues minutes.

« Vous pouvez voir avec mon père pour le paiement, je m'occupe des poulets. »

Niger se dirigea alors vers le patriarche, interrompant sa discussion avec l’homme qui devait être son ami ; Niger était sûr de l’avoir vu au moins deux ou trois fois récemment à l’auberge, mais l’homme fit évidemment mine de ne pas l’avoir reconnu, ce qui arracha un sourire narquois au tavernier. Il s’apprêtait à lui donner son dû, mais il ne savait à combien il s’éleva. Il préféra alors entamer une discussion en complimentant sa fille. S’il voulait la demander en mariage – et dire qu’il comptait ne pas trop s’avancer – autant qu’il s’entende bien avec son père, non ? Ça n’allait pas être si compliqué, ou tout du moins, il l’espérait.

« Ah merci, merci Niger. Effectivement, elle est bien loin d'être stupide et gauche. Elle est plutôt débrouillarde et nous aide beaucoup à la boutique. »

Niger avait l’impression d’avoir réveillé l’intérêt de Florius. Une petite étoile brillait dans ses yeux, comme si l’affranchi l’avait intéressait. Il faut dire qu’il avait choisi ses mots sans non plus trop les mâcher. Apparemment, ça fonctionnait. Tant mieux. Néanmoins, l’ami décida de l’ouvrir, et ses mots déplurent beaucoup au jeune homme :

« Ah ah ah, disons que ce cher Florius n'a pas du honorer les dieux comme il convenait car il a eu de nombreuses filles, trop pour un homme ! »
« J'ai un fils aussi quand même ! Ne l'oubli pas ! Mais effectivement j'ai eu beaucoup de filles. Minor est la dernière, les dieux soient loués ! Mais je n'ai pas d'argent pour elle ou trop peu. Elle n’intéresse personne. J'ai peur qu'elle ne me reste sur les bras et ceux de sa pauvre mère. Elle aide mais ce n'est pas une bonne chose qu'elle reste ici. »
« Au pire, donne-là dans une des tavernes du coin. Elle devrait avoir des clients. Cela te rapporterait un peu plus que si elle travaillait ici. »
« Humm... Un jour peut-être mais pour le moment, elle aide encore ici et elle connaît bien certains clients. On a eu quelques contrats de livraison grâce à elle. Je tiens à les conserver. »

Niger n’aimait pas du tout la tournure que prenait cette discussion. Comment osaient-ils discuter de la possible future mise au lupanar de la demoiselle alors qu’elle était juste derrière ? Niger porta un regard vers la table à laquelle elle s’était installée. Ses mouvements étaient précis, on pouvait voir qu’elle avait fait ça une centaine de fois. Elle gardait les yeux rivés vers sa volaille, mais Niger aurait juré que son visage avait rougi. A la limite, de la part de cet homme, pourquoi pas, elle n’était pas sa fille … mais quel père voulait que sa fille termine dans un lupanar, à vendre son corps à des hommes ?! Niger avait grandi entre les pattes de louves, et s’il les respectait, si elles étaient sa famille, il ne souhait ce futur pour personne, et surtout pas pour Floria. Niger était outré, presque énervé, mais il ne le montra pas. Il avait tellement souvent été habitué à cacher ses émotions devant son maître souvent offusquant qu’il n’eut aucun mal à afficher une expression neutre. Quelqu’un qui le connaissait bien aurait vu que ses yeux traînaient trop sur le sol pour que ce soit crédible, que son sourire était trop narquois par rapport à d’habitude. Mais pour Florius, c’était invisible. Il ne le connaissait pas, ne saurait jamais qui il était, et c’était bien mieux ainsi. Le pire était certainement « je tiens à la conserver » … Peut-être était-ce sorti de son contexte, mais n’empêche … Qu’un homme parle ainsi de son esclave, rien de plus classique. Mais Florius n’était pas pour Floria la personne qu’Ausonius était pour Niger. Il n’était pas son maître. Peut-être était-ce ainsi que les pères traitaient leurs filles, après tout, il n’avait aucun exemple sous les yeux. Toutes les filles de son entourage n’avaient que des mères pour les supporter. Bref, Niger préféra ne rien dire. Il laissa les deux hommes terminer leur discussions, jusqu’à sentir le regard du patriarche définitivement se poser dans le sien

« Pourquoi demandez-vous ça ? Elle vous intéresse ? Elle n'aura qu'une maigre dot mais elle travaille bien et beaucoup vous savez. »

De nouveau, un sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme. Définitivement arrogant, mais le plébéien ne le verrait sûrement pas, trop aveuglé par son désir de vendre sa fille. Que répondre ? Peut-être jouer la carte de l’honnêteté serait le bon plan. Ne pas trop en dévoiler, néanmoins, pas dès la première entrevue.

« Oh vous savez, l’argent, j’en ai assez pour deux, ce n’est pas vraiment la dot qui m’intéresse – si Niger avait par exemple été complètement honnête, il aurait rajouté « mais le statut de plébéienne ». C’était la réalité. La demoiselle était peut-être jolie, elle semblait peut-être plutôt maline, mais si elle avait été une esclave, il n’aurait pas jeté une œil sur elle – mais ne parlons pas mariage tout de suite, je connais votre fille depuis trois minutes à peine – il rit doucement, rejoint par les deux hommes. C’était certainement un rire forcés des trois côtés, mais ça fonctionnait bien – dites-moi plutôt combien je vous dois ?

Le patriarche se reprit, cherchant un instant, faisant les comptes sûrement, se demander s’il devait gonfler le prix pour gagner des sous, ou le baisser, pour l’inciter à revenir. Niger connaissait ces diverses techniques marchandes puisqu’il les utilisait lui-même. Finalement, l’homme fit :

« Ça vous fera cinq as, s’il vous plaît »

Niger fouilla dans sa bourse et sorti cinq petites pièces en bronze – récemment volées – et les déposa sur la table derrière laquelle se tenait le marchand, un sourire aux lèvres.

« Merci »
« Merci à vous ; au plaisir de vous revoir, Ausonius Niger »

Niger n’eut pas le temps de répondre à l’homme puisque sa fille arrivait, la marchandise en main. Le jeune homme lui sourit tandis qu’elle disait :

« Vos poulets sont prêts, Ausonius Niger. Nous pouvons y aller si vous le souhaiter ? »
« C’est parfait, allons-y ! Merci encore »

***

Floria et Niger marchaient côte à côte dans les ruelles Pompeiennes. Il régnait entre eux un silence gênant auquel l’affranchi cherchait à mettre fin. Il voulait trouver un sujet de conversation qui les mènerait un peu plus loin que trois questions et deux réponses. Ce n'était pas une chose aisée ; il ne connaissait pas la jeune femme, ne savait pas quels étaient ses goûts, peut-être n'aimait-elle même pas parler. Quelqu'un a dit un jour qu'on reconnaît l'amitié quand les silences ne sont plus gênants. Il faut croire que les deux n'en étaient pas à ce stade-là. Niger était néanmoins pressé qu'ils y arrivent. Il avait l'habitude de parler ouvertement, sans hésitation, sans gêne, mais là, la pression de la situation l'empêchait d'être lui-même. Il ne fallait pas qu'il soit trop impatient, il devait prendre son temps. Minor n'était pas n'importe quelle jeune femme, c’était certainement pour ça qu’il hésitait à parler. Leurs chariots claquaient contre les dalles de la cité, et il finit par dire, lassé par le silence :

« Alors comme ça, vous avez une famille nombreuse ? Je suppose que vous avez de la chance… J’ai une seule et unique sœur, mais elle est l’être le plus important de ma vie. »

Une seule dont il avait la connaissance. Certainement son géniteur devait avoir d’autres enfants, de même que sa génitrice. Quant à sa mère, elle avait toujours gardé le secret sur le sujet, considérant Lucia et Niger comme ses deux seuls enfants, mais il n’était pas rare qu’une louve ai plusieurs enfants. Il fit en tous cas une pause de quelques secondes avant de reprendre, moins certain de ce qu’il avançait :

« Ou peut-être pas … Votre père dit que c’est ce qui vous maintient aujourd’hui loin du mariage. C’est dommage, une jeune femme belle et habile comme vous mérite bien un mari. »

Etre le mari de cette femme, quel drôle de rêve. Les rêves qu’il faisait quand il était enfant, caché dans l’arrière-cour de la taverne, étaient loin de s’approcher de cela. Il préférait plutôt voler à travers monts et marées pour aller épouser une princesse orientale. Mais finalement, peut-être la réalité était meilleure. Minor n’était peut-être pas une princesse, mais elle était vraie. Elle marchait à côté de lui et le regardait avec ses grands et magnifiques yeux verts. Il ferait d’elle une princesse.

© charney


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Lucia et Niger
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Dernière édition par Ausonius Niger le Lun 18 Aoû - 20:10, édité 1 fois
Ven 15 Aoû - 12:05
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Ansonius Niger φ Floria Minor


Minor détestait quand son père parlait d'elle comme si elle n'était pas là. Pire, elle détestait encore plus quand il essayait de la vendre comme si elle n'était rien de plus qu'un vulgaire poulet de la boutique. Bien sûr qu'elle savait que les femmes n'avaient d'intérêts pour les hommes que pour faire des fils et les satisfaire au lit. Et encore, pour ce dernier point, ils avaient le droit d'aller voir ailleurs. En gros, l'existence d'une femme se passait à travailler et à avoir des fils. Elles ne représentaient pas grand chose d'autres et son père savait fort bien le lui rappeler. Qu'elle soit une femme n'empêchait pas qu'elle puisse avoir un cœur et des sentiments. Elle ne prétendait pas vouloir changer les choses, elle aurait juste voulu avoir un peu plus de considération que ce que son père lui donnait. Agirait-elle ainsi avec ses propres enfants ? Ses propres filles ? En admettant qu'elle puisse en avoir un jour, bien sûr. Elle ne voulait pas être comme ça, elle ne voulait pas considérer ses enfants comme une vulgaire marchandise qu'on propose au premier venu sans rien savoir de lui. Elle connaissait la situation difficile de ses parents et elle était la première à vouloir alléger leur fardeau mais se voir présenter comme si elle n'avait ni esprit, ni conscience c'était plus qu'insultant.

Pourtant, la jeune fille ne dit rien, se contentant de plumer et vider les poulets. Une fille ne contredisait pas son père quoiqu'il puisse dire ou faire. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle ne réagit pas au réplique du nouveau venu qui eut la décence de ne pas argumenter davantage avec Florius. Néanmoins, elle nota qu'il ne disait pas un non catégorique. C'était peut-être juste par politesse. De toute façon, elle n'avait pas le droit de donner son avis. Alors à quoi bon se torturer l'esprit quand on ne pouvait rien changer ? A part se rendre malade, cela ne changerait rien ou ne ferait qu'aggraver la situation. Mieux valait aller de l'avant. Elle acheva de nettoyer les poulets avant de rejoindre son père et le nouveau client qu'elle devait accompagner.

Suivant sa demande, elle l'accompagna dans la rue. Avant, elle avait pris soin de se laver les mains. Les entrailles de poulet n'étaient pas de la meilleur compagnie qui soit. Elle prit la route avec Ausonius en gardant les yeux baissés vers le sol. Elle n'osait pas le regarder après ce que son père avait dit d'elle. Heureusement, elle connaissait bien le chemin. Elle avait fait quelques livraisons à l'auberge où travaillait le jeune affranchi. Le silence était pesant mais elle ne savait pas trop quoi dire pour le briser. Après tout, elle ne savait pas grand chose de lui. Il avait été affranchi d'après ce qu'elle savait des bruits de rues. Ce n'était pas donné à beaucoup d'esclaves, il avait dû être d'une bonne aide pour son maître. Finalement, c'est lui qui osa briser le silence, ce qui lui valu de voir la demoiselle relever la tête et le regarder de ses grands yeux verts encore assez innocents de la vie.


« Oui, j'ai une famille nombreuse. Nous sommes douze, dont onze filles, c'est le grand désespoir de mon père. Que des filles et un seul fils. J'aime beaucoup mes sœurs et mon frère. Je les ai toujours beaucoup aimé même si nous avions peu de choses et peu de biens. »

La jeune fille retrouva le sourire en songeant à tout ce qu'elle avait pu vivre et faire avec ses sœurs. Elle avait souffert de les voir quitter le nid familial les unes après les autres jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'elle. Quand à son frère, elle l'aimait beaucoup aussi tout en étant un peu jalouse de lui. Florius ne voyait souvent que par lui, son fils, son fils unique. A croire que ses filles ne comptaient pas alors qu'elles travaillaient toutes très dures.

« Certains disent que nous, mes sœurs et moi, sommes une punition des dieux pour mon père – elle haussa les épaules – Moi, j'ai toujours été heureuse avec mes sœurs et je suis triste qu'elles soient toutes parties. Mon père n'est pas un mauvais homme, il est comme tout les pères j'imagine. Il ne voit que par son fils et ses filles ne comptent pas trop – elle baissa de nouveau la tête – Je suis navrée de ce que mon père vous a dit. Il a tendance à le dire à peu près à tout le monde. J'ai l'impression qu'il cherche à se débarrasser de moi par tous les moyens possibles. »

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux mais ce n'était pas le moment de pleurer. Niger n'était pas venu acheter des poulets pour la voir pleurer. D'ailleurs, il ne devait pas en avoir grand chose à faire d'elle.

« Merci pour vos compliments. Effectivement, comme je suis la dernière et que ma famille n'est pas riche... Enfin, vous l'avez entendu. Je n'ai quasiment pas de dot alors les possibles maris ne se bousculent pas devant notre porte. A croire qu'il n'y a que l'argent qui compte. »

Elle avait prononcé sa dernière phrase à demi-voix. En plus, il n'y avait que l'argent et le pouvoir qui comptaient en ce monde. C'était comme ça. L'amour, c'était bon pour les rêves, pas pour la réalité. Parfois, elle s'autorisait à imaginer une vie heureuse parfois même avec un peu d'amour mais elle savait que le monde ne fonctionnait pas ainsi.

« Pardonnez mes paroles. Je sais fort bien que le choix ne m'est pas donné et j'obéirai à mon père. C'est juste... Ce n'est pas agréable d'avoir l'impression d'être une simple marchandise – elle poussa un léger soupir avant d'essayer de sourire pour chasser sa tristesse – Navrée de me plaindre ainsi. Cela ne me ressemble pas. Pardonnez-moi. Vous disiez avoir une mère et une sœur. Vous les voyez souvent ? Je ne vois que rarement mes sœurs. »

Elle essayait de faire contre mauvaise fortune bon sœur. Après tout, son compagnon de route n'était pas désagréable et semblait vouloir engager la conversation alors autant se prêter au jeu et puis elle avait besoin de penser à autre chose. C'est avec un sourire plus franc et la tête relevée que la jeune femme avançait.


© Méphi.


Empire
Mar 19 Aoû - 23:30
Re: « Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger   




Ausonius Niger
₪ Arrivée à Pompéi : 18/10/2013
₪ Ecrits : 3206
₪ Sesterces : 404
₪ Âge : 21 ans
₪ Fonction & Métier : Au service de Kaeso Ausonius Faustus. Voleur à ses heures perdues, vacant entre une auberge et un lupanar.

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation:
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Plusieurs femmes l'habitent, mais une seule a su le kidnapper.
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« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. » || Floria&Niger Empty




Omnia vincit amor
Minor et Niger marchaient au milieu de la foule Pompéienne et personne ne semblait les remarquer. Pour la plèbe de la Rue de l’Abondance, rien ne semblait plus naturel que de les voir ensemble. Elle aurait été en train de porter des poulets à côté du duumvir, ou alors il aurait fait ses courses en compagnie d’une Vestale, là, la foule se serait retournée, et surtout la foule pompéienne qui adore les ragots. Mais là, ils passaient inaperçus. Minor et Niger ensemble, ça n’étonnait personne. Plus les minutes passaient, plus à Niger aussi, ça semblait naturel. Il devait se forcer à se détendre, mais il y arrivait. Ses mains étaient moins crispées autour de son chariot, son visage était moins tendu, son sourire moins forcé. D’ordinaire, quand il était en compagnie féminine, il mettait moins d’artifice à ses actes, mais avec Floria … C’était différent. S’il voulait faire d’elle son épouse, il devait y mettre un peu du sien, non ? Prétendre qu’il n’était pas aussi sombre qu’il ne l’était vraiment, qu’il n’avait pas une vie aussi compliquée qu’elle ne l’était en réalité. Ce n’était pas mentir, juste enjoliver la réalité, n’est-ce pas ? En tout cas, quand il avait questionné la jeune femme sur sa famille, il était sincère. Il voulait en apprendre plus sur elle, sur sa vie, ses envies, ses souhaits pour le futur. Niger avait dans l’idée qu’avec son épouse, il pourrait partager sa vie, réellement. Peut-être pas l’aimer passionnément, c’était sûrement trop demandé, mais partager, ça, c’était possible. Il était encore jeune, et même si c’était sûrement maintenant qu’il avait le plus de chance de trouver une épouse, il pouvait encore attendre, ce qu’il n’hésiterait pas à faire s’il se rendait compte qu’entre Floria et lui, ça ne marcherait pas.

La réponse de la jeune femme à sa question intéressa Niger. Comment est-ce que douze enfants pouvaient être une punition des dieux ? Niger étaient certain que les enfants étaient au contraire des cadeaux des dieux, fait pour amener bonheur et joie dans une maisonnée. Il ne s’imaginait pas sans enfant, et se doutait du bonheur qu’elle avait dû vivre, au moins un peu, avec tous ses frères et sœurs. Il partageait une telle relation avec sa sœur qu’il ne pouvait que plaindre les enfants uniques. Oh bien sûr tout n’était pas toujours rose, mais Floria avait dû pouvoir beaucoup partager avec ses sœurs, et si son père voyait ça comme une punition, elle avait raison, de son côté, d’y voir de belles choses.

« Je suis navrée de ce que mon père vous a dit. Il a tendance à le dire à peu près à tout le monde. J'ai l'impression qu'il cherche à se débarrasser de moi par tous les moyens possibles. »

Niger, sans vraiment s’en rendre compte, baissa la tête vers le sol, la balança de droite à gauche, masquant l’expression méprisante qu’avait pris son visage. Comment peut-on traiter ainsi ses enfants ? Quel père songe à envoyer sa fille dans un lupanar ? Certainement un père qui n’avait jamais mis ses pieds dans un bordel, car à peine c’était fait et on se rendait compte de l’horreur que les filles là-dedans vivaient. Niger pouvait essayer de comprendre le père : douze bouches à nourrir en plus de la sienne et celle de sa femme, c’était énorme, il fallait le dire, surtout pour un petit vendeur de poulets. On ne contrôlait pas les naissances, mais pourquoi ne pas accepter son sort ? Niger ne voulait pas trop juger ce pauvre homme qu’il connaissait depuis cinq minutes, mais il ne pouvait s’empêcher de se dire que plutôt que trouver des solutions atroces pour le futur, il ferait mieux d’accepter ce qu’il avait et en profiter. Une jeune fille qui se débrouillait bien à la boutique, attirait les clients, savait leur vendre la marchandise, pourquoi vouloir la vendre au lupanar ? Il ne saisissait pas, définitivement pas. Néanmoins il ne dit rien. Il ne voulait pas la blesser en critiquant les siens ; lui-même détestait qu’on fasse cela des Ausonii, il ne le ferait donc pas avec les Florii. Peut-être qu’il se trompait …

« A croire qu'il n'y a que l'argent qui compte. »

Pour Niger, l’argent comptait dans quasiment tous les domaines. Il n’était pas un Ausonius pour rien, il avait été élevé là-bas dans l’idée que l’argent est roi et surtout, est au centre de tout. Il faisait tout ce qu’il pouvait pour récolter ne serait-ce que quelques sesterces, c’était comme ça qu’il fonctionnait. Il choisissait ses clients en fonction du niveau de remplissage de leur bourse, s’arrangeait toujours pour prendre le plus, ne faisait jamais de ristourne. L’argent avant tout. Mais dans le mariage … Pourquoi faire ? Oh bien sûr, une femme qui lui convenait et qui voulait l’épouser était toujours mieux avec une bonne dot qu’une plus maigre. Mais au fond, il savait qu’il ne pouvait exiger cela. C’était trop demandé, les dieux ne le lui accorderaient jamais. Et puis, Minor lui plaisait bien. Elle savait quelle était sa situation, et pour le coup, elle, elle l’acceptait. Oh bien sûr, on demande toujours un monde meilleur, mais il n’empêchait que c’était elle qui avait mis les mains dans le poulet pour le lui vider. Puis les minutes passaient, plus il en était sûr. Elle ferait une excellente épouse, avec elle il pourrait partager sa vie, réellement, il le sentait. Il se voyait vivre différents événements de la vie à ses côtés, la gâter comme un mari gâte son épouse, la présenter comme la femme la plus importante de sa vie. Ressentait-elle quelque chose de semblable, elle aussi ? Niger avait tendance à s’emporter trop vite, il le savait, et c’est pour ça que face à la jeune femme, il faisait l’effort de se calmer. De repousser ses pensées et de se concentrait sur ce qu’elle disait. Elle avait la voix lourdes, pleine de larmes, et il s’en voulait d’avoir lancé ce sujet si ça la faisait souffrir. Il allait lui répondre mais elle continua, d’une voix plus franche, semblant visiblement vouloir changer de sujet :

« Pardonnez mes paroles. Je sais fort bien que le choix ne m'est pas donné et j'obéirai à mon père. C'est juste... Ce n'est pas agréable d'avoir l'impression d'être une simple marchandise. Navrée de me plaindre ainsi. Cela ne me ressemble pas. Pardonnez-moi. Vous disiez avoir une mère et une sœur. Vous les voyez souvent ? Je ne vois que rarement mes sœurs. »

Il sourit à la jeune femme. Il aimait la voir sourire, parler avec plus de constance, plus de force. Ça ne la rendait que plus belle, plus impressionnante. Une vraie femme se cachait derrière cette apparence timide, et Niger était pressé de la découvrir.

« Je ne peux que vous comprendre. J’ai longtemps été esclave, et je remercie tous les jours mon maître et les dieux de m’avoir affranchi. Je n’ai rien à regretter de ce temps où j’étais considéré comme un objet. Et vous méritez mieux, Floria. »

Il tourna la tête vers la jeune femme, souriant doucement, plongeant ses yeux dans les siens. Il laissa passer quelques secondes avant de se reconcentrer sur la route – ils arrivaient en bas de la rue de l’Abondance, il leur faudrait bientôt tourner dans les petites rues pour se diriger vers le quartier de Stabies où se trouvait le Lupanar.
Sans s’en rendre compte, Minor lui avait posé des questions plutôt personnelles. D’ordinaire, il ne parlait jamais de sa sœur ou de sa mère, et personne ne lui posait des questions sur elles, d’ailleurs. Il ne savait pas trop ce qu’il devait lui répondre, surtout que ce n’était pas une très jolie histoire, mais il opta pour la vérité, peut-être légèrement enjolivée :

« Je vous en prie, ne soyez pas déçue une fois que je vous aurai parlé de ma famille, ce n’est pas joli … - il s’interrompit quelque secondes avant de reprendre : Ma mère est morte il y a presque dix ans maintenant, dans le lupanar dans lequel elle a vécu toute sa vie. C’est là que ma sœur est née, et c’est certainement là qu’elle mourra, à moins qu’un jour quelqu’un qui ait assez d’argent veuille la racheter. J’ai été élevé parmi les louves pendant de longues années, jusqu’à ce que mon maître actuel m’achète. Il m’a appris à lire et à écrire pour finalement me donner la liberté qu’avec un autre maître j’aurais pu ne jamais avoir. Je lui dois tout. Je vois ma sœur aussi souvent que possible, surtout en ce moment. Comme elle est enceinte, elle a moins de clients. J’espère ne pas vous choquer en disant cela … »

Niger s’inquiétait réellement. Il savait que pour un œil étranger, son histoire familiale pouvait révulser. Etre élevé parmi des catins, fréquenter des prostituées tous les jours, avoir une sœur dont l’enfant bâtard naîtrait bientôt … Tout cela n’était pas exactement bon pour l’image de l’affranchi. Mais Minor méritait de savoir qui était, au moins un peu, cet homme qui la courtisait, n’est-ce pas ? Bon, peut-être n’était-elle pas au courant que justement, il la courtisait, peut-être se demandait-elle pourquoi il lui disait tout cela... En même temps, il fallait l’avouer, il n’avait pas été très clair sur le sujet ; mais chaque chose en son temps. Niger avait l’impression qu’avec la demoiselle, il faudrait qu’il soit patient, et il était prêt à le faire. Il était prêt à beaucoup, pour cette demoiselle…

© charney


Brother & Sister
Lucia et Niger
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