[Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
Partagez | 
Sam 15 Mar - 16:51
[Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Le jour se levait doucement sur Pompéi. Après de longs mois d’hiver, le printemps était enfin revenu et avec lui le beau temps. Couchés l’un contre l’autre dans le grand lit qui ornait la chambre, deux amants dorment d’un profond sommeil après une longue et torride nuit de passion. Il est encore tôt et dans la villa on n’entend aucun bruit hormis les chants des oiseaux à l’extérieur qui se mélangent aux respirations des deux occupants du lit. Par la fenêtre au centre de la pièce, les chauds rayons du soleil viennent réchauffer doucement leur peau nue. Doucement, le légat se réveille en s’étirant dans le lit tout en prenant soin de ne pas réveiller sa bien-aimée qui dort encore tout près de lui. Voulant se dégourdir, il se lève du lit pour faire quelques pas et quitte la pièce pour aller faire un brin de toilette. De retour dans la pièce, il enfile une tunique et en se retournant vers le lit, le spectacle qu’il a sous les yeux est telle une peinture de grand maître. Un sourire se dessine sur ses lèvres devant cette beauté qui se dessine sous ses yeux. Jamais il ne se lassera de la regarder. Pour lui elle incarne la perfection et les quelques rondeurs que son corps a prises depuis le début de sa grossesse ne viennent qu’ajouter un peu plus de sensualité à ce corps dont il craint de ne jamais pouvoir se sevrer. Au lieu d’être satisfait, son désir ne faisait que croître, et l’appétit qu’il a d’elle est le plus puissant qu’il ait jamais connu. Il éprouve le besoin irrépressible de la posséder éternellement, de la marquer au fer rouge, de l’obséder autant qu’elle l’obsède. Son amour pour elle est infini. Et pourtant, chaque fois qu’il la regarde, il ne peut s’empêcher de se sentir fautif. Il sait que tôt ou tard, ils auront mal. Que la vie viendra une fois de plus les séparer, mais pour l’heure il refuse d’y penser.

Depuis qu’il lui a fait part de ses projets de mariage avec la sœur de son meilleur ami, il profite de chaque instant qu’il peut avec elle. Depuis un mois, il a pratiquement déménagé à temps plein chez elle avec sa fille. Il ne passe chez lui que pour régler ses affaires avec son intendant et pour recevoir ses officiers. Pour la première fois de sa vie, il a l’impression de vivre une vraie vie de famille et ce temps passé avec les deux femmes de sa vie est si précieux, qu’il ne sort plus et refuse pratiquement toutes les invitations qui lui sont faites.

Ne voulant pas réveiller Tirzah, Marcus décida de quitter la chambre tout doucement pour se rendre dans le bureau qu’elle a aménagé pour lui. La pièce est confortable et baignée de la douce lumière du jour. Dans cette pièce décorée avec sobriété, il peut venir travailler en paix. Ici, rien ne lui rappelle les nombreuses responsabilités qui lui incombent. Rien ne ressemble à aucune demeure qu’il est habité auparavant. Rien n’est romain et pourtant il s’y sent bien. Dans cette demeure qu’elle a choisie et soigneusement décorée, il se sent en paix et au repos. Il ne se sent plus oppresser par ses devoirs envers sa famille et ses charges de légat. Ici, il peut simplement être lui. Il sait qu’elle n’attend rien d’autre que son bonheur et sa présence auprès d’elle.    

Assis à sa table de travail, il termina de mettre à jour ses affaires sachant qu’il va quitter Pompéi pour plusieurs jours voir plusieurs semaines. Le voyage qu’il va entreprendre avec Tirzah sera certainement long et rempli d’embûches. Il lui est donc impossible de prévoir une date de retour. Pour s’assurer que tout soit en ordre et que ses affaires continuent normalement, il a confié ses responsabilités de légat à son tribun et ses autres affaires à son intendant. Ne voulant pas laisser la charge de sa fille à sa vieille nourrice, il ira conduire Vinicia à la villa des Mystères ou Lupida et Lucius prendront bien soin d’elle en son absence. Il sait qu’il aura beaucoup de mal à se séparer encore une fois de sa fille chérie, mais il a fait une promesse à Tirzah et il ne peut revenir sur sa parole. Alors qu’elle porte la vie en elle, il sait que la jeune femme a plus que jamais besoin de retrouver les siens. Il sait qu’elle ne sera jamais tranquille tant qu’elle ne les aura pas revues et serrées dans ses bras. Elle ne lui en parle jamais, mais il sait qu’elle pleure encore la mort de son jeune frère. Il imagine qu’elle doit également se faire du souci pour sa jeune sœur enfermée dans un lugubre lupanar quelque part sur la côte et surtout pour son père enchaîné et prisonnier d’une mine oriental.  

Pour ses raisons et surtout parce qu’il n’aime pas la voir souffrir en silence, il a tout organisé pour partir avec elle à leur recherche. Grâce à ses contacts et aux informations qu’il a recueillies ici et là, il a réussi à retrouver l’endroit exact où se trouve le père de Tirzah. Ce dernier se trouverait dans une mine d’argent en Bithynie. Sachant que la route sera longue et le chemin rempli d’embûche, il a pris soin de consulter les cartographes de l’armée pour obtenir un itinéraire juste de ses déplacements. Il a ramassé un stock impressionnant de matériel et des vivres non périssables pour le voyage. Avec l’aide de Rigborg, il a trouvé un cheval solide pour Tirzah et fait l’achat d’une autre bête pour le transport de leur équipement. Ayant voyagé à plusieurs reprises dans ces contrées, le légat connaît la région et sait qu’il ne trouvera pas toujours à se loger confortablement sur la route il a donc prévue une tente et des couvertures pour les protéger du froid. Voulant s’assurer une fois de plus qu’il n’a rien oublié, il réexamine un à un les sacs de voyage préparer avec soin la veille et ne voit pas le temps qui passe.
Sam 22 Mar - 11:59
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Les jours s'étaient écoulés rapidement depuis mon retour à Rome. Tout s'était accéléré ces dernières semaines. Non seulement, je recevais à présent des commandes régulières mais Marcus s'était également installé à la Tibérias avec Vinicia. J'étais ravie de les avoir près de moi. Vinicia avait totalement imprégnée chaque pièce de la maison. Ses rires rythmaient les journées et c'était une mélodie agréable. La présence de la petite fille, me rappelait la famille que j'avais autrefois. J'aimais énormément Vinicia et la voir s'épanouir ici, était un véritable cadeau. Elle avait à présent son père à ses côtés, et cela jouait beaucoup à son bien-être. Elle était bien plus vive que lors de notre rencontre à Rome. Le poids de la rigueur des Vinicii avait joué sur elle. Ici, elle avait le droit d'être simplement une enfant. Une enfant qui pouvait faire des erreurs, commettre des bêtises. C'était ainsi, qu'une enfant pouvait grandir et apprendre ce qu'était la vie. Cette vie était presque normale. Une normalité que je n'avais pas connu depuis quelques années. Et cela faisait du bien au morale. Je finissais presque par m'habituer à cette vie. Mais je devais garder à l'esprit que les semaines suivantes allaient probablement changer. Avec son mariage, Marcus allait passer moins de temps ici. Enfin c'était ce que je croyais. En attendant, nous étions décidé tous les trois d'en profiter. Je me trouvais seul dans le lit à mon réveil. D'après le peu de luminosité dans la chambre, il semblait être tôt. Je m'étirais doucement sans avoir envie de bouger davantage. Je gardais les yeux fermés. La maison était calme. Je restais quelques minutes de plus sous les draps, me réveillant peu à peu. Une fois fait, je quittais le lit, enfilant une longue tunique de couleur verte. Je prenais un ruban de couleur plus foncé pour nouer mes cheveux en un chignon rapide d'où quelques mèches s'échappaient. Aujourd'hui était une longue journée. C'était notre départ pour la Bythinie. Tout était déjà prêt mais j'étais certaine que Marcus était encore quelque part dans la demeure, entrain de s'assurer que rien ne manquait. Maniaque du contrôle et aussi maniaque de l'organisation. En même temps, je n'oubliais pas que c'était un militaire. Et que l'organisation, cela faisait partie de sa vie. Au moins, je savais qu'avec lui, nous n'allions manquer de rien.

Mes pas me menaient hors de la chambre. Je suivais un petit couloir éclairé par une petite fenêtre dont les battants de bois étaient entrouverts. Je m'arrêtais devant une porte que je faisais glisser doucement. Une fois à l'intérieur de la pièce, je me baissais pour ramasser quelques jouets qui jonchaient le sol. Je les prenais en main pour les poser sur la table où se trouvait un dessin de Vinicia. Cette dernière dormait encore. Je m'approchais d'elle. Ses longs cheveux cuivrés étaient répandus sur les draps. Je prenais une de ses mèches entre mes doigts avant de remonter un peu plus le drap sur la petite. Elle dormait très bien. Il est vrai qu'il lui restait encore quelques heures de sommeil devant elle. Une fois rassurée que la petite dormait bien, je quittais la chambre pour me diriger vers la culina. Je préparais un plateau avec quelques fruits, de l'eau aromatisée puis du pain et du fromage. Je piochais un raisin pour le mettre en bouche. Puis je versais un peu de lait de chèvre dans une petite cruche que j'ajoutais au plateau. J'étais habituée à me trouver dans cette pièce. Avec Mina, nous étions souvent ensemble pour préparer les repas. J'aimais faire la cuisine. Une fois le plateau prêt, je me dirigeais vers le tablinium où j'étais certaine de trouver Marcus.

Quand j'arrivais devant l'entrée, Marcus s'était déjà changé et portait une tenue de voyage. Il était à sa table de travail. Je l'observais un instant, silencieuse. J'étais heureuse d'avoir retrouvé la trace de mon père. Mais j'étais aussi très nerveuse. Cela faisait plus de trois ans que je n'avais pas vu mon père. Je ne savais pas quel genre d'homme il était devenu. Le savoir esclave là bas, me nouait le ventre. La privation de liberté, de famille pouvaient changer un homme. Comme elles m'avaient changé. Avec ce qui s'était passé avec Judah, j'avais appris malgré moi, à ne plus me faire des idées insensées parce que la réalité était souvent peu conforme à ce que j'avais imaginé. Je sortais de mes pensées en entendant la voix de Marcus. J'entrais dans la pièce afin de déposer le plateau sur la table de travail. « Tu t'es levé tôt. Je t'ai apporté de quoi déjeuner. Je suis sûr que tu n'as encore rien avalé. » Je glissais le plateau sur la parcelle de bois inoccupée puis je faisais le tour du meuble pour venir vers le romain. Je me blottissais contre lui après l'avoir embrassé sur la tête. « Il ne manque rien? » Je me penchais sur le plateau pour prendre un quartier de pomme. J'en mangeais un morceau avant de donner le reste à Marcus. J'étais nerveuse à l'idée de faire ce voyage. Mais à la fois impatiente de quitter Pompéi et de retrouver des paysages qui ressemblaient à ceux que je trouvais au alentour de ma terre natale.
Dim 30 Mar - 18:49
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

L'examen du matériel et des vivres terminé, Marcus retourna à son bureau pour revoir son itinéraire et signer quelques documents pour son intendant. Concentré sur son travail, il ne remarqua pas que tout doucement la maisonnée se réveillait. Penché sur sa table de travail à lire et signer des documents, il vit cependant le soleil qui brillait de plus en plus fort à l’extérieur. Ce temps était la bienvenue puisqu’en cette période de l’année le temps était pluvieux et il préférait nettement que le début de leur voyage se passe au sac que sous les averses. Une fois la révision de ses documents terminés, il s’occupa de mettre son uniforme dans un sac de voyage et prépara les armes qu’il voulait apporter avec lui. La chose faite, il fit un brin de toilette et passa sa tenue de voyage. Il était maintenant prêt à partir, mais avant il allait devoir conduire sa fille chez Lucius et faire une dernière visite à la Bella Julia pour s’assurer que là-bas tout allait bien et que Nydia n’avait pas commencé à faire des misères a son monde. Il était à ses pensées, quand il vit arrivé vers lui Tirzah. Cette dernière apportait un plateau chargé de victuailles. Le sourire aux lèvres, elle s’approcha du bureau et lui dit :

« Tu t'es levé tôt. Je t'ai apporté de quoi déjeuner. Je suis sûre que tu n'as encore rien avalé. »

Marcus l’accueillit à son tour avec le sourire et l’embrassa avant de lui dire :

- Excellent, je n’ai effectivement rien avalé. Tu arrives donc au bon moment comme toujours.


Reconnaissant, Marcus lui tendit les bras et la souleva pour l’asseoir sur ses genoux. Ils mangèrent quelques fruits en silence tandis que la jeune femme regardait tout autour d’elle. Le sol était couvert de sac et de caisse chargée de matériel et de vivres. Amusée par la vue de tout ce qu’il avait ramassé en vue de leur voyage, elle le regarda et lui demanda pour le taquiner :

« Il ne manque rien? »


Maniaque de contrôle et habitué à préparer des expéditions pour des milliers d’hommes, Marcus se doutait qu’il en avait probablement trop fait pour un aussi petit voyage, mais il préférait ne pas prendre de chance. Ils avaient une longue route à faire et dans l’état de la jeune femme, il préférait prévoir toutes les alternatives plutôt que de se retrouver en mauvaise posture.  

- Ne te moque pas de moi. J’ai révisé le tout au moins deux ou trois fois et je ne pense pas qu’il manque quoi que ce soit. Il vaut mieux en avoir plus que pas assez. On ne sait pas ce qui peut arriver en route.

Inquiet, il passa doucement une main sur le ventre de la jeune femme et ajouta :

- Je suis seulement inquiet pour toi et je veux m’assurer que ce voyage sera confortable. J’ai beau avoir accepté que tu m’accompagnes, il reste que j’ai peur que ce voyage ne soit trop fatiguant pour toi. Je t’en ai parlé plusieurs fois. Tu connais mes craintes et mes peurs. Si jamais tu perdais l’enfant par ma faute je …

Connaissant les angoisses de son amant, Tirzah ne lui permit pas de terminer sa phrase. Elle lui caressa doucement le visage et l’embrassa avant de tenter une fois de plus de le rassurer.
Lun 14 Avr - 18:58
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Au geste de Marcus, j'esquissais un sourire avant de venir à lui et de m'installer sur ses genoux. Je posais un regard sur la liste de provisions qu'il avait encore devant lui. Puis je lui donnais un nouveau quartier de fruit. Au matin, j'aimais prendre mon temps pour me réveiller et commencer la journée, surtout ces derniers temps. Bien que j'avais plus de facilité à me fatiguer et à m'endormir, cela ne voulait pas dire pour autant que mes nuits étaient reposantes. Je faisais toujours des cauchemars et parfois, le matin, j'avais du mal à me réveiller. Aujourd'hui n'avait pas été différent des autres. Mais je m'y étais habituée. J'avais des nuits chaotiques depuis des années. Je croyais qu'avec la « stabilité » que m'offrait le romain, cela allait changer mais non. L'argent, le confort ou même la fatigue n'achetaient pas mon âme malmenée. Blotti contre lui, j'avais posé ma tête contre la sienne alors qu'il reprenait la parole. Je me redressais un peu pour l'observer avant de dire: « Mais je ne me moque pas de toi. Au contraire, c'est rassurant parce que je sais que tu as tout prévu. » Je le regardais. Je savais encore une fois qu'il s'inquiétait. Mais il devait cesser de s'inquiéter pour tout et tout le temps. Il fallait s'adapter à la vie et non adapter la vie à ses états d'esprit. En tout cas, ce n'était pas ainsi que je concevais ma vie. Quand il posa sa main sur mon ventre, je la recouvrais de la mienne. Je la prenais ensuite et je déposais un baiser dans sa paume. J'avais insisté pour l'accompagner. Parce qu'il s'agissait de mon père, des recherches que j'avais entrepris depuis des semaines. J'avais aussi écrit un peu partout pour avoir des nouvelles de Mirnah. J'avais eu quelques réponses mais rien d'intéressant. Rien de ce qui pouvait m'être utile dans la recherche de ma petite soeur. Ces recherches me tenaient à coeur. Voilà pourquoi je voulais l'accompagner. Je ne voulais pas que mon état soit un frein. Je ne changeais pas mes habitudes, bien que je me reposais plus souvent (ordre du medicus). Je me sentais capable de faire ce voyage. Si je me reposais régulièrement, je ne vois pas pourquoi on ne pouvait pas faire ce voyage. Je devais une nouvelle fois le dire à Marcus. « Je sais... je sais. » Je l'observais un peu avant de dire: « Je sais que ce voyage te fait peur. Mais je ne veux pas qu'on s'empêche de vivre à cause de cet enfant, ni toi, ni moi. » Je posais ma main sur sa joue. Je la caressais du bout des doigts avant d'ajouter: « On va faire ce voyage ensemble, rien que tout les deux. Tu ne veux pas en profiter au lieu de t'inquiéter sans cesse? » C'était la première et surement dernière fois qu'on partait en voyage lui et moi. Après son mariage tout sera différent alors je voulais en profiter. Et je ne pourrais pas en profiter s'il ne le faisait pas lui même. Je l'embrassais du bout des lèvres avant d'ajouter après un silence. « Je vais me préparer et j'irais réveiller Vinicia. Kita a encore passé la nuit avec elle. Ce chaton passe son temps à la suivre partout. » J'esquissais un sourire. Depuis que Marcus m'avait offert Kita, il passait son temps à suivre la petite. Il faut dire qu'elle lui faisait des câlins à longueur de journée. Je me relevais doucement et j'ajoutais: « Pendant que tu iras la conduire chez les Pompeii, je vais en profiter pour m'entretenir avec Mina. » Comme elle allait se retrouver quasiment toute seule, je préférais voir les détails de mes affaires avec elle. Je lui avais demandé de se rendre à quelques rendez-vous en mon nom. Et je devais lui rappeler les paquets à emporter.

Quelques minutes plus tard, habillée pour le voyage, mes longs cheveux enroulés en torsade autour de ma tête, j'allais réveiller Vinicia. Elle s'amusa avec Kita pendant que je lui coiffais les cheveux. Je lui promettais de lui rapporter un petit quelque chose et de lui raconter tout notre voyage, à notre retour. J'essayais de rassurer la petite, se retrouver toute seule ne lui plaisait pas. Mais je lui avais expliqué que ce voyage était important et elle avait comprit. Une fois la petite prête, je la menais à Marcus qui l'attendais devant la porte. Je lui faisais un dernier calin, lui remettant correctement le chaton dans les bras. Je laissais ensuite Marcus la menait à ses amis. Une fois seule dans la maison, j'allais retrouver Mina. Je lui rappelais les rendez-vous, puis je lui rappelais qu'elle devait rapporter deux pallas à Helvia. Une fois fait, je lui donnais une bourse de sesterces pour ces dépenses. Je ne voulais pas qu'elle manque d'argent, ne sachant pas combien de temps, Marcus et moi serions absent, je préférais lui donner un peu plus. Une demi heure plus tard, j'attendais le retour de Marcus. Les domestiques avaient chargé les chevaux. Tout était prêt pour le départ. Amrah avait apporté un panier repas avec les mets préférés du légat. Je l'avais posé sur la jument qui allait m'accompagner pendant ce long voyage. Je me sentais un peu nerveuse. Mais cette nervosité se calma au retour du romain.
Sam 19 Avr - 15:30
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

AAlors que le soleil prenait doucement sa place au-dessus des montagnes, je terminais les tout derniers préparatifs en vue de notre départ. J’avais tout vérifié plus d’une fois afin de m’assurer de n’avoir rien oublié. On n’était jamais trop prudent. À la demande de Tirzah, j’avais accepté de ne pas me faire accompagner d’un ou deux légionnaires. Si j’avais pensé à une telle option c’était surtout pour sa sécurité. Qui sait qui nous pourrions croiser sur les routes. Une attaque venant de bandits ou d’esclaves en fuite n’était pas impossible. Dans son état, Tirzah ne me serait pas d’une grande aide aussi, j’avais pris soin de me faire tracer un chemin sûr. Un chemin régulièrement suivi par les troupes impériales si bien que nous ne serions jamais totalement seuls et ainsi en sécurité.

Alors que ma jeune compagne venait de me retrouver dans mon bureau avec un plateau rempli de victuaille, je la pris sur mes genoux pour l’embrasser et lui souhaiter le bon matin. Je la savais impatiente de prendre la route. Ce voyage avait une grande importance pour elle et j’espérais sincèrement que ce que nous allions découvrir n’allait pas une fois de plus la décevoir et lui brisé le cœur. Bien que mes informateurs aient retrouvé la trace du père de Tirzah dans une mine d’argent en Bithynie, nul ne pouvait me garantir qu’il était encore en vie. Connaissant les conditions de détention des esclaves dans ce genre d’endroit, je ne me fessais pour ma part aucune illusion. Si nous retrouvions son père, il ne serait plus tel qu’elle l’avait laissé trois ans plus tôt.

Blottie contre moi, je caressais doucement les cheveux de la jeune femme en tâchant de rester confiant et souriant pour ne pas l’effrayer. Alors qu’elle observait l’ensemble des sacs que j’avais prévu pour le voyage, je sentis qu’elle se retenait de rire de moi et je lui en fis le reproche ce à quoi elle me répondit :

« Mais je ne me moque pas de toi. Au contraire, c'est rassurant parce que je sais que tu as tout prévu. »

- Oui, je crois avoir tout prévu, mais on ne sait jamais ce que ce genre de voyage peut nous réserver comme surprise. Mes nombreuses années de campagnes m’ont appris qu’on est jamais trop prudent ma chérie.

Sur ce, je posai doucement sur son ventre rebondi. Ces dernières semaines, elle avait pris beaucoup de poids et sa grossesse était nettement plus visible. N’ayant pas vécu suffisamment longtemps auprès de Julia lorsque cette dernière était enceinte de notre fille, je vivais cette expérience pour la toute première fois et chaque jour je m’extasiais devant la transformation du corps de la jeune femme. La maternité lui allait à ravir et la rendait chaque jour plus désirable à mes yeux. Seulement de peur de faire mal à l’enfant ou la fatiguer, je tâchais de calmer mon appétit insatiable d’elle. Bien qu’elle soit en excellente santé et que les médecins étaient confiants face à son état, j’avais pris toutes les précautions pour que la grossesse de Tirzah se déroule bien. Je restais terrorisé à l’idée que l’issu de sa grossesse se termine mal. L’idée de pouvoir la perdre comme Julia m’était insupportable. Je lui avais exprimé clairement mes peurs et je savais qu’elle fessait tout pour me rassurer, mais je n’en restais pas moins anxieux.

« Je sais que ce voyage te fait peur. Mais je ne veux pas qu'on s'empêche de vivre à cause de cet enfant, ni toi, ni moi. »

Elle posa doucement sa main sur mon visage et me dit tout doucement :  

« On va faire ce voyage ensemble, rien que tous les deux. Tu ne veux pas en profiter au lieu de t'inquiéter sans cesse? »

Bien sûr que cette idée de me retrouver seule avec elle me plaisait. Dans le tourbillon de nos vies quotidiennes, nous étions souvent séparés. J’étais pour ma part fort occupé par mon entreprise et mes obligations face à ma légion. Je devais souvent m’absenter pour de longues réunions ou des soirées mondaines où elle ne pouvait pas m’accompagner. Nous nous retrouvions généralement le soir pour dîner ensemble et parfois même seulement la nuit. Aussi, l’idée de me retrouver pendant plusieurs jours seule avec la femme que j’aimais n’était pas pour me déplaire bien au contraire.  

« Tu sais bien que je suis heureux moi aussi de faire ce voyage avec toi. Je te promets de faire de gros efforts pour chasser mon côté grincheux et éternellement angoisser pour en profiter… est-ce que cela te convient? » Lui dis-je en lui couvrant le visage de baisers.

Bien qu’elle ne m’en disait rien je savais que pour elle ce voyage était d’une grande importance non seulement parce qu’elle espérait retrouver les membres restants de sa famille, mais aussi elle était désireuse que nous passions du temps ensemble avant que mes obligations familiales ne nous séparent de nouveau.

Sans doute rassurée par mes paroles, mais surtout impatiente de prendre la route, elle ajouta :

« Je vais me préparer et j'irais réveiller Vinicia. Kita a encore passé la nuit avec elle. Ce chaton passe son temps à la suivre partout. »

Je me mis à sourire et lui taquina le bout du nez avec le mien avant de lui répondre : « Voilà animal bien infidèle envers sa maîtresse, mais cela ne me dérange absolument pas puisqu’ainsi il ne se met pas entre nous dans ton lit… »

Je ne voulais pas quitter Pompéi trop tard afin que nous puissions mettre le plus de chemin derrière nous, mais aussi pouvoir bénéficier d’une auberge sur notre chemin pour nous arrêter pour la nuit. Je la relevai donc à regret de mes genoux et lui dit :

- Parfait alors je vais attendre que Vinicia soit prête et je vais partir. Comme je dois passer par le marché pour me rendre chez les Pompeii as-tu besoin de quelque chose avant que nous partions ou tu as tout ce qu’il te faut?

Un quart d’heure plus tard, Vinicia se présenta à moi devant la porte de la maison sac de voyage et son chat dans les mains. Elle était toute mignonne dans les nouvelles robes que lui avait faites Tirzah et je la soulevai dans mes bras pour l’embrasser avant de prendre le chemin de la villa des Mystères.


***


Devoir me séparer de nouveau de ma fille, m’étais très difficile puisque nous nous étions beaucoup rapprochés elle et moi. Bien que je savais qu’elle serait en sécurité et bien traitée dans la famille de Lucius, cela me chagrinait de devoir une fois de plus la laisser seule. Ces dernières semaines avaient été des plus fantastiques. Avec Tirzah, nous nous étions construit une vie de famille à trois qui me plaisait beaucoup. La vie ensemble était simple. Nous ne voulions plus nous poser de question sur l’avenir et bien que je reste inquiet pour la suite des choses, je voulais surtout profiter du bonheur que j’éprouvais à vivre avec les deux femmes de ma vie. Lorsque j’avais annoncé à Vinicia que Tirzah était enceinte et que nous aurions prochainement un enfant ensemble, la petite fut contrairement à mes attentes fort heureuse et me demanda officiellement la permission de pouvoir vivre désormais en permanence auprès de celle qu’elle appelait sa « nouvelle maman ». Surpris par sa demande, j’en avais longuement discuté avec la principale intéressée et nous avions décidé que finalement c’était sans doute la meilleure chose à faire pour ne pas déstabiliser une fois de plus la petite. Elle avait déjà vécu tant de bouleversement dans sa courte vie autant lui donner un peu de stabilité. Cette idée de confier ma fille en permanence à Tirzah ne m’effrayait aucunement. J’avais une confiance absolue en elle. Elle avait non seulement un grand cœur, mais un instinct maternel inné.

Alors que je conduisais Vinicia chez Lucius, je lui fis la promesse de revenir le plus rapidement possible et de lui apporter plusieurs présents. Je l’embrassai plusieurs fois avant de la remettre entre les mains de Flavia en qui j’avais également une confiance aveugle. Le cœur gros, je quittai la villa des Mystères et fit un dernier tour dans ma propre villa pour m’assurer que tout y était en ordre avant d’aller finalement rejoindre Tirzah chez elle pour notre départ.


***


Un peu plus de deux heures s’étaient écoulées depuis que j’avais quitté Tirzah chez elle. Lorsque je revins chez elle, je m’occupai d’attelé sa jument et d’installer nos bagages sur le dos des animaux et alla chercher à l’intérieur pour lui faire savoir que tout était prêt pour notre départ.  





Dernière édition par Marcus Vinicius le Sam 24 Mai - 15:26, édité 1 fois
Jeu 8 Mai - 16:44
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

La nervosité s'était emparée de moi alors que je mettais la dernière touche au voyage en Bythinie. Je n'avais jamais été aussi loin et ce voyage serait une première. Je savais qu'il allait être long mais je ne voulais voir que les bons côtés. J'avais partagé des jours entiers avec Marcus, sans Rome, sans Pompéi, sans armée, sans belle-sœur aguicheuse, sans fiancée imposée, sans patricien. C'était probablement le seul voyage que nous allions faire ensemble et je voulais en profiter. Je ne voulais pas penser, pour l'instant à mes retrouvailles avec mon père. Je savais qu'elles allaient être dures. Marcus n'osait pas m'en parler mais je n'étais pas idiote. Je savais qu'une vie dans les mines était pénible et que cela changeait un homme. Le travail était dur... mon frère en était mort. Mais je n'oubliais pas non plus quel genre d'homme, était mon père. C'était un homme bon, généreux, tolérant et aimant, qui m'avait toujours fait me sentir unique. Je rangeais ma brosse dans un dernier coffre avant de le refermer. J'avais vérifié avec Mina qu'il ne manquait rien. Je lui avais laissé quelques indications quant aux dernières robes que j'avais terminé. Mina devait en porter deux à Nasica qui les donnera à sa maitresse. Une fois le coffre fermé, je sortais de la villa pour la rangeais sur le dos de la jument que Marcus m'avait attribué. Une bête calme et obéissante qu'il avait rapporté de la Bella Julia quelques jours plus tôt afin que je puisse m'habituer à la monture. Et c'était chose faite. La jument s'était habituée à ma présence et c'est vrai qu'elle était très docile. Je savais que Rigborg était derrière ce choix et je la remerciais vivement pour sa clarté d'esprit. Je partais sans avoir pu parler à la jeune femme. Mais je comptais bien aller la voir à mon retour. Nos conversations me manquaient et j'aurais surement des tas de choses à lui dire, en revenant à Pompéi. Pendant quelques jours, l'idée de regagner la Judée avec mon père m'avait traversé l'esprit. A vrai dire, j'y pensais encore. Mais je savais que c'était un rêve un peu fou. Je devais attendre, patienter jusqu'à ce que je puisse à nouveau voir le regard de mon père. Après ces retrouvailles, je pouvais décider de la suite de ma vie. Malgré tout, je n'oubliais pas que je portais l'enfant de Marcus. Je ne pourrais pas quitter Rome ou même Pompéi si facilement... Pourquoi j'aurais voulu que ce soit aussi facile.

L'absence de Marcus à la Tiberias avait été assez longue. Sa visite à ses amis et à la Bella Julia avait mis plus de temps que je ne le croyais. Mais je savais qu'il avait des choses à mettre en ordre et des dernières recommandations à faire. Voilà pourquoi j'avais fait preuve de patience. Et puis Mina m'avait tenu compagnie comme souvent. J'appréciais la jeune femme. Déracinée comme moi, elle était un peu plus habituée à sa vie en terre latine. Ce qui n'était pas encore mon cas. Et quand je la voyais au quotidien, prendre plaisir à être ici, à côtoyer des romains, je me disais que je pourrais peut-être m'y faire également. Au retour de Marcus, nous avons pris la route. Le romain voulait partir plus tôt afin de mettre le plus de distance avec Pompéi jusqu'au coucher du soleil. Il avait surement raison. Il avait parcouru les terres et les mers, bien plus que je ne le ferais jamais en une dizaine de vies. Installée sur Luna, j'avançais au rythme que le général avait imposé. Le soleil chauffait mes bras et la palla que j'avais posé sur ma tête avant glissé sur mes épaules. Mais cela faisait du bien de sentir cette chaleur et cette prise sur ma peau. Plus nous nous éloignions des cités et plus je me sentais mieux. Je caressais parfois l'encolure de la jument qui faisait parfois des efforts pour monter ou descendre certains sentiers. Le temps passé assez vite et je m'étonnais déjà de voir le soleil descendre sa course vers l'horizon. Il teinta le ciel d'une couleur mordoré. Il se perdait parfois derrière des nuages d'une blancheur immaculé, avant de jaillir à nouveau de derrière un flan de montagne. Plus le chemin avançait et plus la chaleur était un peu plus imposante. Il est vrai que Pompéi se trouvait en bordure de mer. Le climat était tempéré par cette dernière et nuancé les températures ambiantes. Ici, il n'y avait que des terres cultivables, des champs à perte de vue. Et la cuvette que l'on traversait avait l'inconvénient de retenir les vents chauds. Je passais une main sur ma nuque avant d'attraper la gourde qui était attachée à l'encolure du cheval. J'en buvais quelques gorgées et je sentais rapidement, ma gorge un peu moins sèche. Je posais ensuite mes yeux sur Marcus qui était un peu trop sérieux à mon goût. Avait-il peur que l'on puisse se perdre? Je le regardais un moment avant de prendre la parole.

« Crois-tu qu'on pourras bientôt faire un arrêt? J'ai les jambes engourdies. »

Cela faisait déjà quelques heures que nous étions à dos de cheval. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher et il allait plonger le paysage ambiant dans une sinistre obscurité.
Sam 24 Mai - 15:28
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Au loin derrière les montagnes, je pouvais voir que le soleil descendait petit à petit pour aller se coucher. Ce signe était annonciateur que la nuit ne tarderait pas et qu’il valait mieux s’arrêter pour trouver un endroit pour dormir avant de se faire surprendre par l’obscurité. Bien que nous ayons fait un bon bout de chemin depuis notre départ de Pompéi, j’étais tout de même en retard sur mes prévisions. Je n’en étais pas déçu pour autant. Je préférais nettement prendre mon temps pour que Tirzah soit confortable plutôt que de provoquer un accident regrettable par ma faute. Intérieurement, je m’en voulais d’avoir fait des prévisions aussi ridicules sur nos avancées. Il était clair que j’avais surestimé la capacité de Tirzah à me suivre. Après tout, j’étais plus qu’habitué à ces longues chevauchées et j’avais l’habitude de galoper de longues heures sans me fatiguer. Je n’étais pas non plus très bavard puisque j’étais concentrée sur le chemin pour ne pas nous perdre. À vraie dire, je devais paraître assez taciturne aussi au détour d’un sentier je stoppai mon cheval pour attendre ma jeune compagne et je lui fis un sourire pour la rassurer. Nous étions en dessus de mes prévisions, mais notre progression était tout de même encourageante.  

Après avoir franchi une colline, je m’arrêtai pour observer le paysage et je décidai de nous arrêter à la prochaine bergerie abandonnée. À cet instant, Tirzah arriva à mes côtés et me demanda :

« Crois-tu qu'on pourra bientôt faire un arrêt? J'ai les jambes engourdies. »

Je me tournai vers elle l’air inquiet et lui dit :

- Je prévoyais justement m’arrêter dès que nous aurions franchi cette vallée.

Je lui montrai du doigt le chemin devant nous et ajouta :

- Je connais bien cet endroit, il y a plusieurs bergeries abandonnées ou nous pourrons nous réfugier pour la nuit. Nous sommes également tout près de la mer donc nous pourrons allez nous y baignée pour nous rafraîchir. Encore un tout petit effort mon ange.

Je lui fis un sourire et serra doucement sa main qui tenait les rênes de sa jument. Je poussai mon cheval en avant afin de trouver le plus rapidement possible la fameuse bergerie pour nous y arrêter. Heureusement, je trouvai rapidement l’endroit parfait pour nous arrêter. Une fois arrivé devant notre nouveau logis pour la nuit, je descendis rapidement de mon cheval et me dirigea vers la jument de Tirzah pour l’aider à descendre de son cheval. La pauvre elle était toute couverte de poussière et de sable et elle semblait terriblement fatiguée. J’avais du mal à cacher mon inquiétude et je commençais sérieusement à regretter d’avoir accepté qu’elle vienne avec moi dans son état. Et puis comme elle avait tellement insisté et sachant toute l’importance que ce voyage avait pour elle, je décidai de lui faire confiance et je l’aidai plutôt à prendre ses affaires dans les sacs pour aller s’installer dans la bergerie.

À ma grande surprise, l’intérieur de la bergerie était plutôt propre pour un endroit abandonné. Habitué à beaucoup moins de confort lorsque je voyageais, j’installai sur le sol nos couvertures pour faire notre lit. Je sortis ensuite à l’extérieur pour préparer un feu afin d’éloigner les loups et les autres animaux trop curieux.  

Une fois, le feu bien partit, je donnai à manger et à boire à nos montures qui elles aussi avaient bien mérité un arrêt pour se reposer. J’allai ensuite trouver Tirzah dans la bergerie. Je la trouvai assise sur un petit tabouret en train de démêler ses longs cheveux. Par la petite fenêtre qui donnait sur la mer, les derniers rayons du soleil qui tardait à aller se coucher la couvrait de sa lumière bienfaitrice et me la rendait encore plus belle et désirable qu’au premier jour. Je restai un moment silencieux à la regarder avant qu’elle ne s’aperçoive de ma présence. J’allai ensuite tout près d’elle et lui caressai doucement le visage avant de l’embrasser et lui dire :

- Je vais aller me baigner pour me rafraîchir. Tu m’accompagnes ou tu préfères te reposer un peu? Je vais en profiter pour trouver un peu de poisson pour notre repas ainsi nous n’aurons pas à piger dans nos réserves.

Aimant comme moi la baignade, Tirzah accepta de me suivre vers la mer. Après une petite marche de quelques minutes, nous étions déjà arrivé et d’où nous étions-nous pouvions voir notre logis ce qui était des plus approprié pour éviter de nous faire attaquer. Après s’être complètement dévêtu c’est avec grand plaisir que nous firent honneur à cette vaste étendue d’eau qui s’offrait à nous. L’eau était bonne et juste assez fraîche pour nous rafraîchir après de longues heures passées sur les routes sous un soleil écrasant. L’eau était bienfaitrice et ce ne fut pas long avant qu’on ne se sente déjà mieux elle et moi. Alors que je nageais doucement dans l’eau, je ne pouvais m’empêcher de l’observer. Bien qu’elle vivait à mes côtés depuis quelques mois déjà, je ne me lassais pas de la regarder et de l’admirer tant elle était belle et remplie de grâce. Elle n’avait rien en commun avec les autres femmes que j’avais connu. Elle était pure, rempli de bonté, de générosité et d’une beauté a coupé le souffle. À mes yeux, elle ressemblait à un diamant brut. Un bijou d’une richesse inestimable et j’étais encore surpris de la chance que j’avais d’être aimé par une femme si magnifique. Je pris une profonde respiration et lui tendis les mains pour qu’elle vienne me rejoindre.  

Ici, loin de Rome et de Pompéi, je pouvais être un homme ordinaire. Je pouvais être un époux pour elle, un père pour son enfant à naître. Je pouvais agir avec elle comme n’importe quel homme amoureux Je n’avais pas a caché mes sentiments et je comptais bien en profiter. Aussi je la pris doucement dans mes bras pour la serrer contre moi et l’embrasser. Je pris des nouvelles sur sa santé et celle de notre enfant en lui caressant doucement le ventre.

- J’espère que cette première journée n’a pas été trop éprouvante. Il faut me le dire quand tu veux faire des pauses. Je suis habitué à un tout autre rythme de voyage et j’ai du mal à ressentir la fatigue alors je compte sur toi pour m’arrêter.

Voyant le soleil qui disparaissait petit à petit derrière les montagnes, je lui demandai son aide pour m’aider à trouver du poisson et sortit de l’eau pour aller cherchez ma lance qui me servirait pour l’occasion de harpon pour attraper notre dîner. Le poisson était abondant, mais petit et rapide aussi j’eus quelques difficultés à attraper de quoi nous nourrir. Je tombai à la renverse à quelques reprises au bon plaisir de Tirzah. Je devais bien avouer que cette joute avec la mer m’amusait moi aussi. Et puis j’aimais la voir rire et s’amuser. Son regard devenait alors illuminé et elle était encore plus resplendissante. Elle avait déjà tellement souffert, qu’il était bon de la voir sourire et prendre du bon temps. Après quelques tentatives ratées, j’attrapai enfin deux gros poissons et fis signe à ma jeune compagne de me suivre. La nuit était tombée il fallait rentrer à notre campement pour éviter de nous perdre. Après m’être séché rapidement, j’enfilai seulement ma tunique et ramassai le reste de mes affaires sur le sol. J’attendis qu’elle se soit à son tour habillée et nous reprirent main dans la main le chemin de notre campement. De retour devant la petite bergerie, je lui dis :

- Je vais vider les poissons et les faire griller sur le feu. Tu devrais aller te reposer un peu et j’irai t’apporter ton repas à l’intérieur

Mar 8 Juil - 19:06
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Ce voyage était le bienvenu. J'en avais déjà assez de vivre à Pompéi. Je voulais rentrer chez moi. Je voulais retrouver la nature, les espaces arides que j'avais connu étant enfant. Je voulais un peu de calme. Je voulais m'éloigner de tout ce qui faisait ma vie depuis plus de trois ans. A Pompéi, j'avais du mal à me reconnaître. Je me sentais enfermée dans un carcan. Je me sentais enchainée, même si je n'avais plus de liens physiques. C'était dur à supporter, à longueur de journée. Bien sûr, j'avais à présent ma propre maison dont je payais le loyer mais ce n'était pas encore la liberté. Et je doutais à présent, que j'allais un jour être de nouveau libre, réellement. Ce voyage avec Marcus, me rappelait la femme que j'étais. Cela me rappelait que j'étais une fille de la nature. Qu'autrefois, je passais toutes mes journées dehors, sans contrainte. Et cela me manquait, énormément. Courir en toute liberté me manquait, me baigner dans le Tibérias me manquait. Me trouver ici, loin de Pompéi me faisait du bien. J'adorais voyager mais il est vrai que j'avais présumé de mes forces. Je me fatiguais plus souvent ces derniers temps. Et j'acceptais avec reconnaissance la main que me tendait Marcus pour m'aider à descendre du cheval. Je gardais les rênes de Luna et je la menais vers la bergerie la plus proche. J'allais lui donner à boire quand le romain s'en occupa. J'allais lui dire que ce n'était pas utile mais il ne m'en laissa pas l'opportunité. Je prenais donc mon sac et ma gourde avant d'entrer dans la bâtisse. Le toit était impeccable. Et c'était le principal. Parce qu'il s'y pleuvait, je n'avais pas envie de devoir poser une couverture sur la tête. Une fois Marcus hors de la bergerie, je m'occupais de détacher mes cheveux pour les coiffer un peu. Je me sentais poussiéreuse. Alors la proposition d'aller faire une baignade était la bienvenue. L'eau était bonne, juste fraiche comme il fallait. Cela faisait du bien. Ce n'était pas à Pompéi que je pourrais entrer nue dans l'eau. Ici, nous étions un peu plus libre de nos mouvements. Bizarrement, tout en alternant les battements de pieds et les plongées sous l'eau, je me sentais beaucoup plus en forme. Je n'étais pas encore habituée à ces changements d'humeur et d'état. J'alternais les coups de fatigue et les moments ou j'étais incapable de rester assise à ne rien faire. Et puis, je voulais aussi profiter de ces moments que je passais avec Marcus. Il semblait tellement plus détendu ici, qu'à Pompéi. Ici il n'avait rien à prouver à qui que ce soit. Il n'avait pas à faire attention aux apparences, à ce que les autres pourraient penser de lui. Et cela ne semblait pas lui arriver très souvent.

« Oui promis. Si je suis fatiguée, je te le dirais. Mais tu sais... je suis enceinte, pas malade. Je peux continuer à faire ce que je fais d'habitude, mais juste à un rythme différent. »

Je n'avais pas envie qu'il s'inquiète sans arrêt pour moi. Je me sentais bien. Le medicus disait que j'étais en bonne santé. Et j'avais même repris du poids. Tout allait bien et je ne cessais de le répéter à Marcus. La séance de peche qui suivit, avait été très intéressante. J'avais essayé de ne pas rire quand Marcus loupait les poissons. Mais c'était difficile. Après cette pèche, je rentrais à l'intérieur de la bâtisse. Je laissais Marcus préparer les poissons. J'avais changer de vêtement. Il faisait trop chaud pour que je reste avec les mêmes vêtements que pour le voyage. Je voulais le moins de tissu possible sur moi. J'optais donc pour une simple tunique en lin blanc. Je coupais ensuite quelques fruits que j'avais emporté pour le voyage pour les manger avec le poisson puis je brossais à nouveau mes longs cheveux en une natte épaisse. Une fois fait, je sortais de la bergerie. Je n'avais aucune envie de rester à l'intérieur. Il faisait encore bon, autant en profiter. Là que j'étais libre de mes mouvements, je voulais en profiter. Je m'approchais du feu et je m'installais à côté de Marcus qui faisait cuir les poissons. Une bonne odeur se répandait autour de nous. C'était agréable. Cela me rappelait plein de souvenir, des fois où avec mon père, mon frère et ma soeur, nous passions nos soirées devant le lac. Papa nous racontait des tas d'histoires. Je me souvenais encore de certaines. Je piochais un morceau de fruit que je donnais à Marcus avant d'en manger un morceau.

« C'est agréable d'être ici, rien que tous les deux. »

Surtout de ne pas sentir d'autres paires d'yeux sur nous, à scruter nos attitudes et nos gestes. Je souriais ensuite un peu plus avant d'ajouter.

« Nous allons les déguster, vu le mal que tu as eu à les pecher. » Puis voyant sa mine courroucé, j'ajoutais: « Je plaisante. Tu t'en es très bien sortie. » Je prenais ensuite une brindille avec laquelle je faisais taquiner le feu qui crépitait. Ici, je me sentais bien. J'aurais préféré rester ici tout le temps, au lieu de rentrer à Pompéi, ou même de chercher après mon père... Les chance que je le retrouve étaient infimes et rien qu'à y songer, je me sentais fébrile.
Dim 27 Juil - 15:21
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Le soleil avait cédé le pas à la lune et cette dernière éclairait notre petit campement situé à quelques pas de la plage. Comme prévu, nous avions facilement trouvé une bergerie abandonnée ou nous avions installé notre couche. J’avais ensuite allumé un feu pour éloigner les animaux et nous protéger du froid. À cette période de l’année, les nuits étaient encore fraîches et je ne voulais pas que ma jeune protégée prenne froid dans son état. Après une baignade au clair de lune pour nous rafraîchir, il était temps de manger un peu avant d’aller dormir. Je m’efforçai donc d’utiliser mon peu de talent pour la pêche pour trouver quelques poissons à manger. Au grand plaisir de Tirzah, je tombai plus d’une fois dans l’eau ridiculiser par les quelques poissons qui osaient s’aventurer près de ma lance. Au bout de quelques minutes, j’eu le dessus sur deux gros poissons et déclara que ce serait bien suffisant pour notre dîner.

Voyant l’amusement sur le visage de Tirzah, je lui rendis son sourire même si mon orgueil de mâle en avait pris un coup. Je détestais faire un fou de moi, mais je savais également que je devais apprendre à me détendre. Je devais apprendre à vivre avec mes faiblesses et cesser de les dissimuler. Ce voyage n’avait pas qu’un seul but. Nous avions quitté Pompéi avec le désir de retrouver le père de Tirzah, mais secrètement je souhaitais que ce voyage soit un moyen pour nous de nous retrouver, de souder nos liens pour que plus rien ne puisse nous séparer. Je voulais me retrouver seule avec elle loin de mes obligations. Loin de Rome je redeviendrais l’homme qu’elle avait connu en Judée.

Alors que nous marchions vers notre campement, je ne pouvais détacher mes yeux de sa silhouette gracieuse. Elle avait pris un peu de poids ces dernières semaines à cause de sa grossesse, mais cela n’enlevait rien à sa beauté bien au contraire. Ses courbes s’en trouvaient plus généreuse et me la rendaient encore plus attirante. Il me suffisait de fermer les yeux pour m’imaginer la caresser de nouveau tant sa peau et son parfum m’enivraient. Cette femme était une véritable bénédiction. Elle m’avait sauvée. Sauvé d’une vie de débauche, d’ennui et d’autodestruction. Depuis que je l’avais retrouvé, j’avais recommencé à respirer et sourire.

Alors qu’elle rentrait dans la bergerie pour se changer, je m’installais près du feu pour nettoyer les poissons. Une fois terminée je déposai les poissons sur le feu et je changeai de tunique pour la nuit. Je pris un peu de vin dans une carafe et m’installai confortablement pour étudier mes cartes. J’étais perdue dans mes projections lorsque Tirzah vient me retrouver près du feu. Dans ses mains, elle portait quelques fruits pris dans nos réserves pour accompagner notre repas. Je l’accueilli d’un sourire et rangea mes cartes dans mon sac. Assise tout près de moi elle coupa un morceau de pêche qu’elle me tendit du bout des doigts avant d’en prendre à son tour. Nous n’étions pas si loin de Pompéi et pourtant nous étions déjà forts loin dans notre esprit. Ici, je pouvais lui appartenir entièrement. Il n’y avait plus de maître et d’esclave. Ici, nous étions comme n’importe quel couple en voyage. Alors que je retirais les poissons du feu pour lui en servir une part, elle me dit sourire aux lèvres :

« C'est agréable d'être ici, rien que tous les deux. »

Je m’approchai doucement de sa bouche et lui répondit par un doux baisé. Je pensais tout comme elle. L’idée de me retrouver fin seule avec elle pendant plusieurs jours me plaisait. Alors que je lui tendais sa part de repas, elle me regarda en riant. Elle semblait encore s’amuser de mes insuccès à la pêche. Pour me taquiner, elle me dit :

« Nous allons les déguster, vu le mal que tu as eu à les pêcher. »

Ayant encore du mal à me défaire de ma carapace de général et de militaire à qui, les défaites étaient inacceptables, je la foudroyai du regard. Cherchant à me détendre, elle ajouta :

« Je plaisante. Tu t'en es très bien sortie. »

À l’instant je me voulais de ma réaction et pour la taquiner à mon tour, je lui répondis :

- Tu as bien de la chance d’être enceinte sinon je t’aurais défié de nous chasser notre prochain repas question de voir qui de toi ou de moi serait le plus ridicule.

Voyant que j’arrivais enfin à me détendre, elle se mit à rire de ma provocation et nous purent dîner confortablement sous le ciel étoilé. Une fois repue, nous prirent chacun une coupe de vin avant que je ne range nos réserves en sécurité pour ne pas attirer les animaux et vint me rasseoir près d’elle. Je lui tendis doucement la main pour l’inviter à venir me rejoindre et l’installa entre mes jambes. Alors que je lui caressais doucement les cheveux, je lui dis :

- Demain, nous devrions nous rapprocher du port ou nous pourrons prendre un bateau pour traverser en Macédoine. Nous aurons ensuite beaucoup de route et le climat est encore plus chaud en Grèce. Il est donc important que tu te reposes mon cœur.

Je poussais délicatement ses cheveux pour avoir accès à sa nuque et son cou sur lequel je déposai de doux baisers. J’aimais le contact de sa peau contre la mienne et doucement je lui massais les épaules pour la détendre. La sentir si près de moi avait inévitablement réveillé mon désir et doucement mes mains descendirent sur le devant de sa tunique pour lui caresser ses seins gonflés par sa grossesse. Ne voulant pas abuser d’elle sans son consentement, j’attendis un geste de sa part pour pouvoir continuer mes caresses. Dans un geste lent, elle se tourna alors vers moi et pris possession de mes lèvres et de ma bouche. Nos langues se mêlèrent dans une danse suave auxquels nos corps ne purent résister. En un rien de temps, nos tuniques se retrouvèrent sur le sable et nous purent-nous donner l’un à l’autre avec passion. Ici, loin de notre quotidien nous pouvions nous aimer en toute liberté. Au milieu de la nature, notre passion l’un pour l’autre n’avait rien de mal et je pouvais lui prouver toute ma fougue et mon amour pour elle. Sous le ciel étoilé d’Italie, je lui promis une fois de plus de ne jamais la quitter et de l’aimer jusqu’à mon dernier souffle. Alors que nos deux corps repus d’amour reprenaient leur souffle, je la soulevai dans mes bras pour aller la déposer sur notre couche. Je revins chercher nos vêtements et ajouta un peu de bois dans le feu et alla m’étendre tout près d’elle. Quand je revins dans la bergerie, elle avait déjà les yeux lourds de sommeil. Je l’embrassais une dernière fois et lui dit doucement :

- Dors mon amour, je veille sur toi …

Cette nuit-là je dormis d’un sommeil léger afin de faire le guet pour protéger notre campement et la femme que j’aimais. Je fermai finalement les yeux quelques heures pour me reposer, mais quand le soleil se mit à me taquiner le nez je me levai pour aller nourrir de nouveau les animaux et préparer notre départ.
Dim 3 Aoû - 17:38
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Ce voyage était un moment de paix dans ces trois dernières années. Ici j'avais presque l'impression que le temps n'avait pas fait son chemin. Je profitais de ce moment, de ce temps, de ces paysages. De ce mirage dans ma vie que représentait ce voyage, une existence normale, sans contrainte. Mais je savais que ce n'était qu'un aparté. Après ces semaines hors de Rome, je devrais à nouveau rentrer à Pompéi et côtoyer ces gens dans lesquels je ne me reconnaissais pas. Certes Marcus m'avait redonné ma liberté. Mais je ne me faisais pas d'illusions. Aux yeux de beaucoup de personnes, je resterai une esclave, une prisonnière, une prise de guerre et rien d'autre. Je n'avais pas plus de valeur qu'une marchandise. Peut-être même moins avec tout ce qui s'était passé dans ma vie. L'exotisme de mes traits avait suscité l'intérêt avant que la main de l'homme ne réduise mon existence à néant. Ici, j'avais l'impression de me laver de tout ça, de retrouver la fille que j'étais: une personne pleine de foi et d'espoir. Les derniers mois avaient été riches en rebondissement. Et j'avais du mal à reconnaître la femme que j'étais devenue. Le temps m'avaient changé, tout comme les hommes qui m'avaient touché. Je gardais ces blessures au fond de moi et je savais que je ne pourrais jamais m'en défaire. Elles m'avaient rendu plus forte. Je ne voulais pas qu'on me prenne pour une petite chose fragile. Je n'étais pas une chose et encore moins fragile. Alors quand Marcus me répétait que je devais me reposer, j'avais tendance à penser qu'il oublié cette fille qu'il avait connu en Judée. Je lui avais posé un poignard sur la gorge. Je l'aurais égorgé sans remord s'il ne s'était pas réveillé. Je l'aurais fait et je n'aurais même pas regretté mon geste. A ce moment-là je ne pensais qu'à ma soeur, à sa survie et à la mienne. Quoi de plus normal? Il était alors l'oppresseur et la Judée, une terre oppressée. Il venait, lui et son armée, réclamer l'argent, les fruits de notre travail. Son peuple nous avait spolié. Alors j'étais prête à me battre jusqu'au bout. Mais les choses avaient changé. Il avait réussi à me résarmer et il avait fait mon malheur, m'emmenant enchainé à Rome où j'ai été vendue, tout comme Myrnah, telle une bête de foire. Pour cela, malgré le temps, et malgré toutes ses attentions, je ne pourrais jamais l'oublier. Maintenant, ma vie se résumait à rester enfermé dans une villa, à limiter mes déplacements, à baisser les yeux face à certains visages, à boucher mes oreilles à certaines conversations. Je n'étais pas faite pour cette vie. Mais je commençais à m'y faire.

C'était sûrement grâce à ma rencontre avec la patricienne. La veuve m'avait fait confiance pour devenir sa couturière. Et grâce à ça, je voyais enfin un avenir différent. Bientôt, Marcus sera marié. Il aura de nouvelles obligations. Et avec un peu de chance, je pourrais faire un peu de chemin. Me trouver une clientèle plus large, faire des projets, donner à mon enfant un avenir, de l'argent et une liberté que personne ne viendra remettre en question. Je ne voulais pas qu'il soit traité différent que Vinicia. J'aimais la fille de Marcus et je voulais que mon enfant puisse avoir les mêmes opportunités que la petite. N'était-ce pas le désir de toute mère? De voir son enfant s'épanouir? De lui ouvrir la voix et de le laisser faire ses preuves? J'espérais lui donner tout ceci pour que jamais il ne puisse regretter sa naissance, ni même avoir honte de la mère que j'étais. Je voulais au contraire qu'il soit fier de moi et que grâce à mon aide, il puisse être heureux. C'était ce que je souhaitais le plus au monde. Marcus n'était pas un homme cruel. Mais je savais que ses enfants légitimes auraient toujours plus d'importance que l'enfant que j'allais mettre au monde dans quelques mois. Alors c'était à moi de faire en sorte que l'équité soit un peu plus équilibré. Cette nuit-là, c'est à tout cela dont je songé quand j'avais du mal à trouver le sommeil. J'avais dormi à peine trois heures quand le soleil s'était levé. Marcus était parti donner à manger aux chevaux. Quant à moi, j'avais rangé nos affaires avant de le rejoindre. J'avais noué mes cheveux en un chignon. La nuque dégagée, je profitais du vent frais qui caressait ma peau. Deux heures plus tard, notre voyage faisait escale au port. Nous devions  prendre un bateau jusqu'à la Macédoine. J'aurais voulu profiter de ce voyage mais dès que le bateau s'est éloigné des côtes, j'ai eu de terribles nausées. La dernière fois que j'avais pris un navire, c'était pour quitter ma terre natale. Et la traversée bien que chaotique ne m'avait pas posé trop de problème, sauf qu'ici j'étais enceinte et les remous de l'eau me donnaient mal au coeur. J'étais soulagée de mettre pieds à terre. Mais j'étais très pale et j'avais besoin de me reposer un peu avant de reprendre la route. Nous nous étions donc arrêtés dans une auberge avec un lit et assez de confort pour se reposer comme il fallait. Le lendemain matin nous reprenions la route. Nous traversions un village et je ne pouvais résister à l'envie d'y faire un tour. En plus, c'était jour de marché. Nous pouvions acheter de nouvelles denrées et des fruits frais. Alors que je marchais à côté de Marcus, je lui demandais: « On peut faire une halte. Cela faisait des jours et des jours que nous n'avons croisé personne. » J'avais envie d'une petite pause dans notre périple. Il était long et épuisant et ces derniers jours, nous voyions toujours le même paysage. J'avais envie de parler à des gens, de faire autre chose que de marcher ou de me poser sur le dos de la jument.
Sam 16 Aoû - 18:30
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

J'avais toujours détesté les voyages en mer. Je n’avais définitivement pas le pied marin et cette nouvelle traversée me rappelait malheureusement cette terrible bataille d’Actium ou j’avais vu la flotte de mon ami Antoine se faire anéantir. Ce souvenir me hantait alors que le navire sur lequel nous avions monté filait sur l’eau en direction de la Macédoine. Dans la cabine que j’avais réservée pour nous, Tirzah se reposait et tentait de calmer à son tour son mal de mer. La pauvre était toute pâle et n’arrivait pas à dormir depuis que nous avions mis le pied sur le bateau. Il me tardait que nous arrivions à terre pour qu’elle prenne du mieux et retrouve ses couleurs.

Alors que j’étais appuyée contre le pont, je revoyais en tête tout le chemin que nous avions parcouru elle et moi depuis ce terrible jour en Judée ou je l’avais sauvée d’une mort certaine. Je n’avais regretté mon geste pas plus que je ne regrettais de l’avoir sauvée de nouveau quelques mois plus tôt dans l’arène de Pompéi. Plus j’étais avec elle et plus j’apprenais à mieux la connaître et la découvrait sous un nouveau jour. Chaque jour, mon amour pour elle grandissait et ici loin de Pompéi, je revoyais en elle la jeune fille que j’avais connue en Judée. Non seulement sa présence à mes côtés me comblait de joie, mais je me rendais compte qu’elle avait également le pouvoir de m’apaiser et de calmer mes peurs. Ici au milieu de nulle part, Rome et Pompéi me semblaient bien loin et je me surprenais à mieux respirer loin de mes obligations. Ici, je n’étais plus le légat d’une légion, je n’étais plus un général à la tête de milliers d’hommes, je n’étais pas non plus un homme d’affaires avides de remplir ses coffres, j’étais simplement Marcus. J’étais son Marcus et je veillais sur elle et sur notre enfant à naître. Si au départ, l’annonce de sa grossesse m’avait surpris et effrayé, j’essayais de me rassurer comme je le pouvais en me disant que cette fois les choses seraient différentes. Non seulement je serais auprès d’elle, mais j’allais également m’assurer qu’elle soit accouchée par un médecin compétent. Pour rien au monde je ne permettrais qui lui arrive le même sort qu’a Julia. Je ne pourrais le supporter.

Au large, la tempête grondait et je pris une profonde respiration pour ne pas céder à la panique et alla voir le capitaine pour savoir si nous avions le moyen d’éviter cette avarie. Rassuré par le capitaine, j’allai jetait un œil sur Tirzah et lui apporta un peu d’eau. Je fis de mon mieux pour la rassurer à son tour en lui disant que nous serions bientôt à terre. Une fois en Macédoine nous serions à mi-chemin et pour la première fois depuis notre départ, je ne pouvais m’empêcher de penser à ce qui nous attendait une fois arrivé à la mine. Grâce à mes contacts, j’avais réussi à retrouver le lieu où était détenu le père Tirzah, mais mes informateurs n’avaient pu me garantir qu'il était toujours vivant. L’idée qu’il soit morts à notre arrivée me faisait craindre le pire pour Tirzah. Comment allait-elle réagir? Quels seraient les impacts sur l’enfant qu’elle portait? Toutes ces questions me hantaient et m’empêchaient de bien dormir depuis que nous étions à bord de ce satané navire.

Heureusement notre calvaire allait bientôt s’achever. Je me débarrassai de mes sandales et de ma cape et je pris place près de ma douce Tirzah pour lui apporter un peu de réconfort. Cette nuit-là, nous dormirent à peine à cause de la tempête qui grondait dehors. Nous n’avions qu’une seule envie pouvoir de nouveau touché terre rapidement.


****


Au petit matin, le soleil brillait de nouveau dans le ciel et notre navire était enfin arrivé au port. Soulagé d’en avoir fini avec cette traversée nous purent quitter le navire avec nos bagages et nos montures. Un seul regard me suffit pour constater que Tirzah n’était pas au mieux de sa forme. Elle était toute pâle. Elle semblait lasse et c’est à peine si elle avait réussi à avaler quelques choses durant la traversée. Étant donné son état, il aurait été trop dangereux de reprendre immédiatement la route, je pris donc la décision de prendre une chambre dans une auberge près du port pour qu’elle puisse reprendre des forces.

Une fois installée, je ne me fis pas prier pour dormir. J’étais moi-même dans un sale état et une bonne nuit de sommeil ne pourrait pas me nuire.  


****


Au petit matin, nous étions ne bien meilleure forme et nous prirent un bon repas avant de reprendre la route vers la Bithynie. Après plusieurs heures a chevauché sur une route déserte, notre route croisa finalement un village sur le bord de la mer. Éreinté, nous firent un arrêt pour nous restaurer et faire boire les chevaux. Alors que nous marchions côte à côte nous virent devant nous le marché. Sur les étals des marchands, des fruits et des légumes frais nous mirent en appétit et nous firent rapidement quelques achats afin de remplir nos réserves déjà bien entamés. Alors que je croquais avec avidité dans une pomme, Tirzah examinait quelques pans de tissus dans la boutique d’un tisserand et me dit :

« On peut faire une halte. Cela faisait des jours et des jours que nous n'avons croisé personne. »

Voyant qu'elle semblait vouloir se détendre un peu et penser a autres choses que l'issue de notre voyage, je lui répondit :

- Oui, tu as raison. Nous devrions nous arrêter pour quelques heures. Tu as besoin de repos et je m’inquiète à ton sujet. Je vais tenter de trouver un médecin pour qu’il t’examine avant de reprendre la route.

Après avoir réglé ses achats au marchand de tissus, je pris sa main dans la mienne et ajouta :  

- Je te laisse continuer tes achats. Je vais nous trouver un endroit pour nous loger correctement et ensuite je viendrai te retrouver. Sois bien prudente et surtout gâte-toi en t’achetant tout ce que tu veux.

Je lui donnai une bourse d’argent bien rempli et l’embrassa ensuite sur le front avant de me diriger vers l’une des auberges pour y trouver une chambre pour quelques heures.


Dernière édition par Marcus Vinicius le Dim 7 Sep - 15:18, édité 1 fois
Mer 3 Sep - 19:41
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Loin de tout et de tout le monde, notre existence depuis quelques jours était devenue des plus banales. Je me retrouvais. Je retrouvais la femme que j'étais, loin de Pompei. J'avais presque oublié à quel point le monde était beau en dehors des murs de la cité latine. Même sur une terre inconnue, je me sentais davantage chez moi, qu'à Pompei. Les terres arides, les maisons traditionnelles faites de terre et de bois, les petites plantations familiales... Tout me rappelait ma chère Judée. Je me sentais bien ici. Et même si le voyage était long, je profitais de chaque moment. Parce que je savais que je ne pourrais pas revivre ce genre d'expérience. Je voulais en profiter au maximum. En plus, je n'avais jamais vraiment voyagé. J'avais déjà accompagné mon père quand il partait dans les villages voisins, mais jamais je n'avais foulé une autre terre que la mienne, que Rome et Pompei. Alors je voulais en garder de bons souvenirs. Je ne voulais pas penser à ce qui nous attendait en Bythinie. Je ne savais pas dans quelles circonstances, j'allais retrouver mon père. Après toutes ces années, je ne savais même pas si la vie ne l'avait pas changé, tant physiquement que moralement. Mais j'essayais de rester positive. Jusqu'à maintenant, je ne m'étais jamais laissée abattre et cela n'allait pas commencer. J'étais près du but et je voulais croire que les choses pouvaient s'arranger. Même si je ne savais pas comment il allait réagir également, face à ma grossesse. J'avais encore du mal à me dire que j'allais être mère. Il y a encore quelques semaines, je me trouvais dans l'arène. Tout cela me donnait le vertige. Mais je me devais de rester forte, non seulement pour cet enfant mais aussi pour les changements qui allaient s'opérer dans les mois à venir. J'avais tellement de projets en tête. J'avais envie de profiter de cette liberté retrouvée. Je voulais me construire un avenir. Je savais qu'il n'était plus en Judée mais peut-être qu'à Pompei, je pourrais me faire une place et vivre normalement comme n'importe quel autre habitant de la cité. Pour l'instant, je voulais profiter de ses heures loin du carcan latin. Et cela commencer par arpenter les avenues de ce village où un marché avait lieu. Je proposais donc à Marcus de passer un peu de temps ici et de reprendre la route plus tard. Comme à son habitude, il s'inquiétait à nouveau pour ma santé. Même si je ne cessais de le rassurer, les peurs du romain étaient toujours présentes.  Néanmoins, je n'arrivais pas à être fâchée par cette surveillance. Je savais qu'il s'inquiétait réellement et ce, à cause de son passé. Mais parfois, j'aimerai qu'il profite juste du moment. Même loin de Pompei, il restait un homme nerveux et souvent sur la défensive. Et à cet instant-là, quand nous étions entrain de profiter de cette belle matinée, j'aurais préféré qu'il reste à mes côtés, plutôt que d'aller chercher un medicus. Une nouvelle fois, il insistait pour payer mes achats, ce que je refusais. Je n'aimais pas qu'il m'offre toujours quelque chose. J'étais capable de payer ce que j'achetais. Et je voulais une nouvelle fois, qu'il le comprenne. Je lui redonnais donc sa bourse et donnais ensuite quelques pièces au marchand. Puis je le laissais se diriger vers l'une des auberges de la ville. Je soupirais en le regardant partir. Quand comprendra-t-il que je ne voulais pas être l'une de ses maitresses qu'il entretenait? Je savais qu'il n'avait pas cette intention mais à chaque fois qu'il faisait ça, il me blessait.

Je retournais à mes achats. Même si je restais raisonnable. J'avais laissé pas mal d'argent à  Mina pour l'entretien de la Tiberias. Et je n'avais pris qu'une bourse. Je trouvais cela suffisant. J'achetais donc seulement quelques provisions, des fruits surtout. Depuis que j'étais enceinte, je ne pouvais pas m'en passer. J'avais du mal à manger des plats plus lourds. Et puis le medicus m'assurait que c'était bon pour l'enfant. Une fois mes achats finis, je me dirigeais vers la fontaine de la place principale. Je posais mes achats sur la pierre avant de retirer mon châle et de plonger mes mains dans l'eau. C'était rafraichissant. Je mettais ensuite un peu d'eau sur ma nuque et sur mon cou. L'eau coulait sur ma peau et mouillait un peu ma robe. Puis, je prenais place sur les pierres de la fontaine, tout en retirant mes sandales. A quelques mètres de moi, des enfants s'amusaient. Ils utilisaient des noix pour renverser des petits morceaux de bois qu'ils avaient posé selon un schéma qui semblait tout droit sorti de leur imaginaire. Un vent frais vit danser mes cheveux et je venais remettre une mèche derrière mon oreille. Au même instant, je voyais Marcus qui revenais vers moi. Alors qu'il allait reprendre la parole, je posais un doigt sur mes lèvres. « Chut. » Et je prenais sa main pour l'amener vers moi et le faire asseoir à mes côtés. J'avais envie qu'on prenne le temps. J'avais envie qu'on se pose, qu'on ne fasse rien, juste profiter du beau temps et de l'innocence qui nous entourait.
Dim 7 Sep - 15:24
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Peu habitué avec ce désir si fort d’autonomie de la part d’une femme, Marcus dut se résoudre à reprendre sa bourse d’argent pour ne pas causer une fois de plus une querelle avec la jeune femme. Fière et indépendante, Tirzah voulait se débrouiller toute seule et se payer ses affaires. Ce n’était pas la première fois qu’elle lui signifiait son besoin d’émancipation. Tout avait commencé avec son désir d’avoir sa propre demeure. Bien qu’il avait eu beaucoup de mal à l’accepter au départ, il avait dû s’y résoudre pour ne pas la perdre complètement. Petit à petit, il comprenait qu’il allait devoir changer et accepter la modernité qui venait avec la jeunesse. Ce n’était pas toujours facile et il devait souvent plier sur son orgueil, mais son amour pour elle était plus fort que tout.

Alors qu’il marchait en direction d’une auberge située près de la route, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour elle. Son désir de l’aider n’était pas mal intentionné. Il voulait simplement s’assurer qu’elle ne manquait de rien et la mettre à l’abri du besoin. Il voulait l’entourer et la protéger, mais elle lui faisait doucement comprendre que son attitude pouvait parfois être contraignante, voire même étouffante. Doucement, elle le forçait à changer d’attitude vis-à-vis d’elle. Elle le forçait à avoir confiance en elle. À ne pas la sous-estimer et lui accorder plus de liberté. Bien qu’elle ne lui disait pas, il se doutait bien qu’elle agissait de la sorte pour se protéger sachant qu’à leur retour à Pompéi leur vie ne serait plus jamais la même. Non seulement l’issu de ce voyage changerait beaucoup de choses, mais la naissance future de l’enfant qu’elle portait changerait également leur rapport. Pour lui que l’enfant soit d’une ancienne esclave ou non ne changeait rien. Cet enfant était le sien. Il avait été conçu avec la femme qu’il aimait et par conséquent, il recevrait les mêmes attentions et le même amour qu’il avait pour Vinicia. Bien entendue la chose ne serait pas aisée étant donné son mariage prochain avec Praedita, mais pour lui ce n’était pas discutable. Cette question leur avait causé à plus d’une reprise des échanges explosifs, mais Marcus était déterminé à prouver à la jeune femme qu’il tiendrait parole. Jamais il n’allait l’abandonner elle et leur enfant.  

Marchant d’un pas décidé, Marcus fit le nécessaire pour réserver une chambre pour quelques heures dans une auberge de la ville et il se dirigea ensuite vers la boutique d’un apothicaire pour s’enquérir d’un medicus qui pourrait se déplacer pour examiner Tirzah. La ville n’étant pas très grande aucun medicus n’était disponible aussi Marcus acheta quelques herbes pour calmer les crampes de la jeune femme et retourna rapidement auprès d’elle.  

Alors qu’il se rapprochait d’elle, il la vit assise tout près d’une fontaine en train de se rafraîchir avec un peu d’eau. À cette heure du jour, le soleil brillait encore plus fort et la chaleur était à peine supportable. Dans son état, il était plus que normal qu’elle ait cherchée à se rafraîchir et il lui tardait de faire de même. À quelques pas d’elle, il pouvait voir l’eau qui ruisselait doucement dans son cou pour venir mourir sur sa poitrine. Il allait lui parler quand elle mit doucement son doigt sur mes lèvres pour l’en empêcher. Elle prit sa main et le força à prendre place tout près d’elle. Ne voulant pas gâcher ce moment, il s’exécuta et prit un peu d’eau à son tour dans la fontaine pour se rafraîchir. Il mouilla d’abord son visage avec ses mains et ensuite il passa complètement sa tête sous les jets de la fontaine avant d’en ressortir tout mouillée. L’eau fraîche était si bonne qu’il aurait voulu y plonger complètement, mais c’était impossible aussi il se tourna vers Tirzah et prit doucement sa main dans la sienne pour la forcer à le suivre.

Sur son chemin, il avait vu des établissements de bain romain. Certains étaient faits de source chaude exclusivement, mais ce dernier semblait équipé également d’une piscine d’eau fraîche. Une fois devant l’établissement, Marcus alla s’enquérir auprès du propriétaire des lieux pour réserver la pièce pour lui et Tirzah. Ce dernier accepta en échange d’une très grosse somme d’argent et les conduisit dans une immense pièce où il les laissa pour quelques heures. Rapidement, Marcus retira tous ses vêtements et encouragea sa compagne à faire de même et il sauta à l’eau. Sa peau brûler par le soleil ardent était enfin récompensée par un peu de bien-être et pendant quelques instants la fatigue du voyage le quitta pour profiter de ce moment de douceur. Alors qu’elle venait le rejoindre dans l’eau, Marcus prit enfin la parole et lui dit :

- Je n’ai pas réussi à trouver de médecin, mais j’ai quand même réservé une chambre pour quelques heures. Nous pourrons nous y reposer un peu avant de reprendre la route et ce sera beaucoup plus confortable que le sable du désert qui nous attend. Je t’ai également acheté un peu d’herbe pour la tisane que tu aimes tant.

Il prit ensuite sa main dans la sienne et déposa un tendre baiser au creux de sa paume.
Jeu 11 Sep - 22:07
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

En observant Marcus, je comprenais une nouvelle fois à quel point nous avions une vision différente d'appréhender les choses. J'ai été élevée dans un pays différent du sien, avec des traditions, une culture étrangère à la sienne. Nous n'avions rien en commun dans notre éducation. Même si je n'avais pas eu de précepteur, j'avais acquis les connaissance nécessaires pour être une femme cultivée. Et Marcus m'avait permit d'apprendre à lire et à écrire. Maintenant, même si je faisais encore des erreurs, j'étais capable d'écrire une lettre en latin mais aussi dans ma propre langue, l'hébreu. Et j'en étais très fier. Le romain avait été étonné par la vitesse à laquelle j'avais réussi à appréhender sa langue. Si autrefois, elle m'a été imposée, à présent je la percevais comme un atout pour les jours à venir. Bien sûr, je n'étais pas encore très à l'aise avec cette langue. Je faisais encore des erreurs et je ne comprenais pas toujours ce qu'on me disait au premier abord. Mais je m'améliorais de jour en jour. Même si, au quotidien je ne parlais plus qu'hébreu. On m'avait interdit de parler ma langue pendant si longtemps, que je voulais me réapproprier mes racines. Je n'étais pas romaine et je ne le serais jamais. Je n'avais pas envie que Marcus l'oublie. J'étais différente. Je ne voulais pas savoir ce qui s'était passé avec les autres femmes qui sont entrées dans sa vie. Je n'étais pas comme elles. Je ne voulais pas de son argent. Je ne voulais pas de cadeaux, rien de tout cela. Je voulais qu'il me fasse confiance et qu'il me laisse faire mes propres choix. J'étais capable de prendre des décisions. Et si j'avais des doutes, je pouvais éventuellement lui en parler. Mais je voulais qu'il me laisse la possibilité de faire mes propres choix. Je ne voulais pas mettre en péril sa réputation, ni même ses intérêts. J'avais juste besoin de sa confiance. Même si je savais qu'il n'était pas habitué à ce genre de comportement, il essayait de me donner cette liberté. Même si cela pouvait être difficile pour lui, n'étant pas habitué à ce genre d'attitude, il y mettait de la bonne volonté. Comme à cet instant, quand il me laissait payer le marchand.

Je voulais apprendre à me débrouiller seule. Parce qu'à notre retour à Pompéi, Marcus devra se marier et je serais seule pour prendre certaines décisions. Alors je voulais m'y préparer, m'assimiler aux pratiques, non seulement de vie mais aussi dans tout ce qui touchait au commerce. Je voulais me familiariser avec tout ça. Parce que je voulais travailler pour gagner de l'argent. Je voulais pouvoir m'acheter seule ce dont j'avais envie sans demander quoique ce soit à Marcus. Après notre petit interlude sur la place du marché, nous sommes allée nous détendre dans un bain privé. Je ne savais pas comment Marcus avait réussi à négocier du temps dans cet endroit. Mais cela nous fit du bien. On pouvait se détendre un peu plus. Et sous cette chaleur, trouver un peu de fraicheur était bienvenu. Ainsi, nous sommes restés un bon moment à nous détendre avant de passer la nuit dans la chambre de l'auberge qu'il avait réservé. Et le lendemain, le voyage se poursuivit. Je découvrais des terres étrangères, bien différentes à présent de ce que j'avais connu. A quelques moments de notre périple, Marcus fut obligé de revêtir son armure de général romain. De plus, la garde qui nous suivait depuis notre départ de Pompéi, n'était jamais très loin. Je me rendais compte que ces terres étaient un peu plus hostiles que je le pensais. Et je me rendais compte aussi que sans l'aide du romain, jamais je n'aurais pu faire ce voyage. Quelques semaines plus tard, nous étions enfin arrivés en Bithynie. Mais la cité qui nous intéressait se trouvait à l'extrémité est du pays, si bien que quelques jours de voyages en plus était nécessaire pour arriver à destination. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je craignais qu'on m'annonce une mauvaise nouvelle. Et je devais avouer que ces derniers jours, le sommeil m'avait fui. J'avais beaucoup de mal à dormir. J'appréhendais notre arrivée à la mine. J'appréhendais les nouvelles qu'on allait me donner. Nous nous étions arrêtées dans une cité voisine parce que la nuit allait tomber. Pourtant nous étions tout proche de la mine. Mais Marcus jugeait qu'il était plus prudent d'attendre le lendemain. Il devait d'abord se renseigner une dernière fois sur le lieu exacte où se trouvait mon père, aux dernières nouvelles. Cette nuit là, encore une fois j'avais du mal à fermer l'oeil. Au milieu de la nuit je m'étais à nouveau levée pour faire quelques pas. La chambre qu'on louait avait une terrasse et j'en avais profité pour prendre l'air. Après quelques minutes, je retournais à l'intérieur. Je commençais à avoir froid et cela, même avec un gros châle. Revenant dans la chambre, je voyais Marcus réveillé. Je m'approchais à nouveau du lit. « Désolée, je t'ai encore réveillé? » Je revenais dans le lit, remettant le drap sur moi. Je me blottissais contre lui, ma tête contre son épaule. La pièce était silencieuse.
Mar 23 Sep - 16:53
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




avatar
Invité

Il fait nuit dehors et bien que la journée fut des plus chaude le soleil couché le vent s’est levé et il fait beaucoup plus frais. Dans la petite chambre de l’auberge qu’ils ont louée pour la nuit, le général frissonne dans son lit. Il tire sur les couvertures et tente de retrouver le sommeil. Cherchant la chaleur de sa compagne, il se rend vite compte que cette dernière a quitté le lit. Il soulève la tête doucement pour la chercher dans la pièce et la voit appuyée contre les portes de la terrasse. Elle semble triste et rêveuse. Son cœur se serre dans sa poitrine. Elle n’a pas besoin de lui parler pour qu’il comprenne. Plus ils approchent de la mine et plus son tempérament est changeant. Il la sent de plus en plus anxieuse et nerveuse. Elle ne lui dit rien de ses peurs et de ses pensées, mais il lui est facile d’imaginer ce à quoi elle pense. Près de quatre ans se sont écoulés depuis cette terrible journée où ils ont été séparés. Quatre ans à se questionner sur le sort de l’autre et craindre le pire. Il soupira doucement et ferme les yeux afin de retrouver le sommeil. La journée du lendemain risquait fort d’être chargée en émotion et la jeune femme aurait sans doute besoin de lui autant être au meilleur de sa forme.

De son lit, il entend la respiration saccadée de Tirzah. Il sait qu’elle doit être remplie de doutes et d’appréhensions concernant ce qui l’attend lors de leur visite à la mine. De son côté, il se sent totalement impuissant et ne sait pas ce qu’il pourrait lui dire pour la rassurer. Comment pourrait-il prévoir les réactions du vieil homme lorsqu’il reverrait sa fille? Comment, ce dernier allait réagir lorsqu’il apprendrait qu’elle portait l’enfant d’un Romain? Bien qu’elle lui avait avoué son amour, leur relation était encore bien fragile. Leur situation n’avait rien de simple et bien qu’il croyait tout faire pour la rendre heureuse, il leur arrivait encore trop souvent de se disputer. Dans de tels moments, Marcus doutait de la survie de leur couple. Elle méritait tellement mieux que ce qu’il pouvait lui offrir. Elle méritait une vie normale après tant de souffrance et il ne pouvait malheureusement pas lui donner. Chaque fois qu’il s’arrêtait pour y penser, il se sentait affreusement coupable et se demandait ce que la jeune femme allait dire a son père a ce sujet. Tourmenter par autant de questionnement, il se relava doucement dans le lit et la regarda alors qu’elle se rapprochait doucement du lit.

Voyant qu’il était réveillé, elle s’excusa et vint le rejoindre. Il la prit doucement dans ses bras et la serra contre lui pour tenter de la rassurer comme il le pouvait. La jeune femme frissonnait entre ses bras. Il tira la couverture sur elle pour la réchauffer un peu et lui dit :

- Essaie de dormir un peu. La journée sera longue demain et tu vas avoir besoin de toutes tes forces mon ange…

Il l’embrassa doucement sur le dessus de la tête et attendit qu’elle se soit assoupie pour fermer les yeux à nouveau.


₪ ₪ ₪


Au petit matin, Tirzah dormait encore. Elle n’avait trouvé le sommeil que très tardivement aussi, Marcus ne voulait pas la réveillée pour qu’elle puisse reprendre des forces. De son côté, il s’était occupé avec ses hommes de tout préparer pour leur visite à la mine et avait revêtu son uniforme de général. Il demanda ensuite à l’aubergiste de préparer un plateau avec du fromage, du pain et des fruits et apporta le tout à Tirzah pour qu’elle puisse manger à son réveil. Il était inutile de retarder davantage leur départ. Autant en finir rapidement et rentrer a Pompéi avant que l’été n’arrive et qu’il fasse une chaleur insupportable sur les routes.

Doucement, il s’approcha du lit et réveilla la jeune femme qui dormait paisiblement et lui dit :

- Réveille-toi mon amour. Je sais que tu as encore sommeil, mais tu pourras te reposer dans la charrette. Nous avons encore un peu de route à faire pour nous rendre à la mine

Il attendit qu’elle se soit bien réveillée et lui demanda de se préparer alors qu’il l’attendrait à l’extérieur avec ses hommes. Ne voulant pas la brusquer, il l’embrassa sur le front et quitta la petite pièce pour qu’elle puisse faire sa toilette et s’habiller.


₪ ₪ ₪


Située à quelques kilomètres de l’auberge, la mine d’argent où se trouvait le père de Tirzah couvrait une large superficie sur le bord de mer. Sa situation stratégique en faisait l’une des plus importantes de Bithynie et un endroit des plus stratégique pour assurer la libre circulation des métaux entre l’Asie et Rome.  Ayant conquis le territoire depuis un bon moment, la mine avait été mise sous la tutelle de Rome ce qui allait rendre la tâche de Marcus d’autant plus aisé. Une fois le grand portail de la mine traverser, il s’arrêta devant la tente du contremaître des lieux et alla lui dire quelques mots. Il revint ensuite vers la charrette qui transportait la jeune femme et lui dit :

- Voilà nous y sommes. Ton père t’attend sous cette tente. Vous serez seuls tous les deux, j’ai déjà tout arrangé avec le contremaître. Prends ton temps, je serai ici et je vais t’attendre le temps qu’il faudra    
Re: [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent   




Contenu sponsorisé

Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Flashback – Début Mars -27 AUC] Autant en emporte le vent
» Cinéma - Autant en emporte le vent.
» Tiens tiens tiens... Comme on se retrouve... {Flashback} [Ryuuku Gakuen]
» Rapport d'activité du 20-21-22 mars 2010
» FLASH - Aristide sera de retour le 17 Mars 2011

Sauter vers: