POMPEII fait un break jusqu'à début novembre pour se refaire une santé >>> Plus d'infos ici

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 PER INANIA REGNA ••• pv publi

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Message(#) Sujet: PER INANIA REGNA ••• pv publi Lun 10 Mar - 17:09

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia
« Vous pouvez disposer » Sans meme accorder un regard aux esclaves qui l’avaient porté sa litière jusqu’ici ou au garde chargé de sa sécurité, la jolie brune commença à monter les quelques marches qui s’étendaient entre elle et l’entrée des thermes avec pour seule compagnie l’unique personne digne de confiance dans son entourage Themis. C’était un rituel qui se répétait chaque jour. Chaque jour, la jeune femme se laissait porter jusqu’aux thermes où elle passait une bonne partie de sa matinée, comme chaque romaine qui se respectait. Et comme chaque jour, ses esclaves la récupéreraient d’ici quelques heures. La seule différence était qu’aujourd’hui, elle ne pensait pas passer son temps dans des bassins emplis d'eau. La jeune femme sentait son rythme cardiaque s’accélérer au fur et à mesure qu’elle enjambait les marches, et cela n’était certainement pas dû à l’exercice physique, mais bien plus à la nervosité qui la rongeait. Son plan était loin d’être parfait, et plus elle y pensait, plus elle était en mesure de voir ses failles. Que se passerait-il par exemple si les esclaves découvriraient qu’elle ne s’était pas rendue aux thermes – en la voyant revenir par exemple ? Dans ce cas, elle ne pouvait qu’espérer que  les esclaves de la domus craindraient plus leur jeune domina que leur dominus… Ou qu’elle trouve une excuse digne de ce nom. Voir peut-être même leur donner le blâme ? Tout compte fait, elle avait certainement de bonnes chances de s’en sortir sans qu’il n’y ait de conséquences si cela étaient seulement leurs esclaves qui la voyaient dans la rue. Mais quoi si son absence aux thermes seraient remarquée ? La jeune femme secoua légèrement la tête. Non, elle ne pouvait pas faire marche arrière. Et quitter la maison en plein jour, avec un prétexte inattaquable, n’était-ce pas mieux que de constamment sortir en douce ? Jusqu’à maintenant, elle avait eu de la chance, mais qui sait combien de temps cela pourrait encore durer ?

Tentant de se concentrer sur l’entrevue qui l’attendait, et surtout de ne pas se laisser envahir par le doute, la jeune femme se tournait vers la silhouette frêle qui la suivait partout. « Sont-ils partis ? » murmura-t-elle. Bien sûr, elle aurait pu elle-même se retourner pour vérifier, mais regarder par-dessus son épaule n’était pas réellement une de ses habitudes… du moins pas en plein jour. Ou du moins, cela n’avait pas été le cas jusqu’il y a peu. Jusqu’à une rencontre dans une ruelle sombre qui avait quelque peu changé sa perception des choses. Peut-être devrait-elle demander à quelqu’un de lui apprendre à manier un poignard, et également à Themis, juste au cas où ? Mais à qui demander ? Elle pourrait certainement trouver un moyen pour convaincre Tiberius de leur apprendre sans que toute la maison ne l’apprenne, mais ce dernier se trouvait à des milles d’ici. Numerius Petronius alors ? Mais le jeune garde avait embauché par la murène, et sans doute avait-il pour ordre de rapporter le moindre fait et geste de Domitia au père de cette dernière. Et comment expliquer son envie d’apprendre à manier un poignard alors qu’elle était censée sortir uniquement accompagnée d’un garde pour la protéger ? Non, Numerius n'était pas une solution, du moins pas tant qu'elle ne serait pas sûre de sa loyauté... et surtout de sa discrétion. D'ici là, ce projet allait devoir attendre.

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« Dépêchons nous, nous ne voudrions pas faire attendre l’honorable duumvir parmi les spectres du passé.» lança la jeune patricienne à l’égard de son esclave lorsqu’elles s’étaient assurées que les esclaves au service de la murène n’étaient plus dans leur champs de vision. Contrairement à ce que le ton quelque peu ironique de la jeune femme pouvait suggérer, elle éprouvait un grand respect pour le Duumvir qui s’était révélé être un excellent allié. Pour l’instant. Seul l’avenir saurait leur dire si leur coopération dans cette affaire serait couronnée de succès. Perdue dans ses pensées, la jeune femme avança d’un pas rapide, et peu de temps après, les murs de la cité se dressaient devant elles. Puis enfin la nécropole. ‘Un endroit approprié pour une entreprise macabre’ pensa la jeune femme, non sans sentir une certaine angoisse monter en elle. Pourquoi Publicola avait-il donc choisi un tel endroit pour leur rencontre ? ’Au moins, nous ne risquons pas d’y être surpris.’ Après tout, qui pouvait bien venir en un tel endroit ? ’En tout cas pas le duumvir disait une petite voix dans la tête de la jolie brune lorsqu’elle ne parvenait pas à voir l’homme qui était devenu son principal allié à Pompéi.  « Es-tu sûre de ne pas t’être trompée ? » La voix de la jeune domina était sans doute un peu plus sèche qu’à l’ordinaire. Certes, elle avait confiance dans les capacités de Themis pour organiser des rendez-vous, facultés que cette dernière avait déjà prouvé à de multiples reprises dans le passé, et pourtant, elle ne désirait pas passer un instant de plus que nécessaire dans cet endroit. A peine avait-elle prononcé ces mots que des bruits de pas la firent sursauter, et pendant un bref instant, elle s’attendait presque à entendre le rire d’Esbern le fou…
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Dernière édition par Licinia Domitia le Sam 25 Oct - 16:33, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Jeu 27 Mar - 21:01


Dans la nuit éternelle de la nécropole, seulement troublée par quelques lampes à huile disséminées ici et là, j'attends. J'attends de me fondre dans le décor, aussi silencieux qu'un pilier. J'attends de pouvoir déverser ma sourde fureur, provenant de la frustration accumulée. J'attends de la voir apparaître, comme tout à coup sortie d'un songe. Je n'ai pas choisi ce lieu par hasard : ici à part les mânes des morts, rien ni personne ne peut venir troubler notre tranquille conversation. Il est tôt, dehors la vie s'agite tandis qu'ici, la lenteur de l'inaction semble vouloir se dilater, encore et encore. J'ai l'impression que tous les sons que je produis, que ce soit le froissement de ma toge ou le bruit de mes deux mains l'une contre l'autre, afin qu'elles se réchauffent, sont d'une manière étouffés. Comme s'ils étaient immédiatement absorbés dans l'éther et recrachés en direction d'un lieu inconnu. Pourtant, je n'ai pas peur. Je me souviens du jour où jeunes garçons, nous avons bravé, Marcus et moi, la labyrinthique nécropole. Comme si s'enfoncer plus avant était un exploit supplémentaire et qu'au bout du bout nous allions défier la mort elle-même. Nous n'avons au final fait que déranger quelques toiles d'araignées, fait tomber ici et là un candélabre, et provoqué dans nos coeurs une indicible frayeur. Cette dernière n'est plus qu'un souvenir aujourd'hui : la nécropole de Pompéi me semble au contraire être à l'échelle humaine et je sais que je ne pourrais m'y perdre, même si je le souhaitais.

Venez à l'heure dite dans l'ombrageuse lenteur de l'au-delà. Qui sait ce que vous pourrez y trouver ou y troubler...

Quelques mots d'une main anonyme glissés entre les doigts de Cicero, puis dans les agiles mains de Themis. C'était là le rituel, presque pompeux, des entrevues. Les messages sont aussitôt brûlés et ne transitent qu'entre nous et nos esclaves de confiance. Cette mascarade m'amuse beaucoup car fomenter des plans compliqués sur le dos de mon ennemi juré ne me lassera jamais. Mais aujourd'hui est un jour différent. La piste délivrée par Licinia s'est avérée être un écueil et les élections ne sont plus de lointaines chimères mais bien une réalité implacable. Et la Murène est loin d'être autant en difficulté que je ne l'aurais cru. Les injures peintes dans son antre n'ont eu d'intérêt que quelques heures, quand chacun croyait qu'il n'était qu'une victime unique et si bien désignée. Mais vu que ces mots ont balafré chaque mur des maisons des patriciens, dont ma villa, c'est un peu annuler le bénéfice de l'événement, pour ma part en tous cas. Il nous faut donc trouver une issue et une faille afin que Licinius n'obtienne pas l'édilité. Il ne manquerait plus que je doive collaborer avec lui pour organiser les jeux - mes jeux : pouah ! Mon long soupire se répercute dans tout le vaste couloir où je joue les silencieux veilleurs.

Bientôt, des voix, des pas. Je me fais félin et silencieux. Le chuchotement presqu'apeuré de Licinia me parvient aux oreilles lorsque soudain je suis là, juste à côté d'elle et que ma haute taille se ploie légèrement pour la saluer et lui dire :

- Non Licinia, ton esclave ne s'est pas trompée...

Ma voix paraît un instant plus caverneuse qu'à l'ordinaire, peut-être parce que cela fait un moment que j'attends sans mot dire. Mon interlocutrice sursaute et un sourire de prédateur se peint aussitôt sur mon visage. Je ris légèrement tandis que je lui fais signe de gagner une alcôve où deux bancs de recueillement nous attendent. J'ai un regard pour Themis, qui signifie que je la remercie d'avoir si bien rempli sa tâche. Je prends place et continue :

- Eh bien, qui croyais-tu voir apparaître ? Le fantôme d'un quelconque ascendant ? Encore eut-il fallu qu'il rejoigne la tombe pour cela...

Ma voix est railleuse et je lui accorde le temps de s'installer tranquillement tandis que mon visage est à moitié plongé dans la pénombre vu qu'il n'est éclairé que par l'unique lampe à huile, qui pose tranquillement dans une niche. Ce recoin où se disputent ombre et lumière nous servira pour l'heure de repaire à conciliabule. Je lisse le pan de ma toge puis reprends :

- Sais-tu que tes informations ont failli me coûter la vie ? S'il ne s'était agi de la fureur des cieux, j'eus pu croire que tu as par là voulu te débarrasser de ton si fidèle allié. Mais loin de moi une telle idée n'est-ce pas ?

Je fais ici référence au tremblement de terre et au cas Umbrius, qui remonte à quelques mois. Nous n'avons pu en parler avec Licinia, car nous ne nous sommes croisés qu'au Dies Lustricus, où il a été fort difficile d'échanger plus que deux mots complaisants. Je me penche en avant tandis que je plonge mon regard dans celui de la fille de mon ennemi.

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Jeu 10 Avr - 19:36


PER INANIA REGNA
Licinia Domitia & Themis & Lucius Pompeius Publicola






En toute franchise, il y avait un petit quelque chose de singulièrement agaçant dans la nature inquiète de sa maîtresse parfois. Licinia avait bien des courages, mais certains ne lui venaient pas naturellement. Ceux-là, il fallait qu’elle en accouche et ce n’était pas de tout repos de se trouver à ses côtés dans ces moments-là. Heureusement, lorsqu’il s’agissait de sa précieuse maîtresse, le comble de l’agacement pour Themis se résumait à un discret froncement du nez ou à un petit regard morne levé vers le ciel et les Dieux, ses éternels témoins. Aujourd’hui par exemple, elle avait opté pour le petit regard morne.

Bien entendu  que c’était ici qu’était supposé se dérouler le rendez-vous, car si ça n’avait été le cas, c’aurait voulu dire qu’elle s’était trompée, et ça, eh bien c’était impossible. Tout simplement. Ce genre de bourde, c’était bon pour les débutantes, ces petites sauvages mal coiffées à qui l’on fichait un collier et qui récuraient les sols à la brosse, ces petits rats des champs qui balbutiaient à peine le latin, dans leurs nippes dégoutantes, pwah non. Elle portait le rang d’esclave au même titre qu’eux, mais elle n’avait rien à voir avec ces animaux là, que non.
Tout ça pour dire que Themis aurait préféré que Domitia ne la remette pas en doute, surtout si ce n’était qu’une question machinale pour rassurer ses angoisses.

Surtout que ce n’était pas une rencontre avec le poissonnier du coin qui s’organisait ce soir.  C’était le Duumvir, un Pompeii par-dessus le marché. Non pas un, LE. Le Pompéi. Celui qui avait de l’humour et s’en servait pour assassiner la Murène chaque fois que leurs chemins avaient le très grand malheur de se croiser. Celui qui ne serrait que les mains les plus propres et devant qui ne se courbaient que les nuques les plus pâles et qui, pour pousser l’insolence, avait même le toupet d’être beau. Celui qui, depuis peu, comptait parmi leurs alliés de marque. Tout ça en même temps, tout ça rien que pour elles. Enfin, surtout pour l’autre, même si c’était bel et bien l’esclave qui était en charge de la partie technique de cette affaire. Elle, et le grecque atypique du Duumvir bien sûr. Un travail rondement mené dont elle n’était pas peu fier et tout cela, c’était sans compter les heures de filatures au train de ce fameux Umbrius. Des lustres qu’elle attendait sagement la suite de l’histoire et elle apprécia donc que le politicien aborde subtilement le sujet sans s’encombrer de trop de civilités inutiles.

Pour ne rien gâcher, le bougre savait amener son sujet dans le suspense ! Ou peut-être avait-il une étrange façon de choisir ses moments ? Quelle idée de confronter le bonhomme à l’instant exacte où la terre se met à trembler ? Ou plutôt, quel message les Dieux avaient-ils souhaités leur transmettre en faisant coïncider ces événements ? Car oui, de toute évidence, c’était un signe, un message. Un message un peu mortel certes. Et aussi difficile à décrypter que ne l’était leur éminent interlocuteur.

Elle aurait d’ores et déjà souhaité s’immiscer dans cette ébauche de discussion pour lui faire part de ses petites certitudes divines, mais ce n’était qu’un hoquet de l’esprit quand le reste s’en tenait à son impassibilité coutumière. Et l’immobilité qui était sienne puisqu’elle était l’ombre de Domitia ne l’importunait guère car pour l’heure, elle n’avait besoin que de ses yeux, de ses oreilles et de son esprit affuté  pour se rendre utile. Le Duumvir avait d’ailleurs toute son attention car il était tout aussi important d’étudier ses alliés que ses ennemis. Outre le fait de son implication dans l’affaire, c’était aussi pour cela que Themis se trouvait aux côtés de sa maîtresse, et pas à l’écart au coin de la ruelle en attendant sagement que les choses se fassent ou que l’on ait une question à lui poser.



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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Jeu 22 Mai - 16:27

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia
‘Quel endroit sordide’ pensa la jeune femme en regardant autour d’elle.  Sa rencontre avec Esbern avait laissé des traces, et plus que jamais, elle était consciente que cet endroit offrait une multitude de cachettes potentielles. Des endroits cachés d’où pouvait à tout moment surgir Furius ou un de ses semblables. Certes, si elle se tenait ici, aujourd’hui, c’était que son tête à tête avec le gaulois avait pris un tournant imprévu, et pourtant, l’idée de le croiser une fois de plus dans un endroit désert était loin de l’enchanter, et même la présence de Themis ne savait l’apaiser. Peut-être devrait-elle songer plus sérieusement à attirer Numerius de leur côté ? Après tout, cela pourrait être un avantage d’avoir un homme à leur côté pour les protéger lors de ce genre de sorties… Mais avoir une personne de plus au courant de leur projets signifiait également qu’il y avait une personne de plus qui pourrait les trahir. Et est-ce que cela valait réellement le risque ? Serrant ses poingts, la jeune femme tentait de retrouver son calme, sa sérénité. Ce n’était pas le moment de son angoisse prendre les dessus, les Dieux savaient à quel point elle en aurait besoin de toute sa concentration pour tenir face à Publicola ! Et pourtant, la jeune femme se sentir sursauter à l’approche de pas. Pivotant sur elle-même, elle retint un soupir de soulagement en apercevant le duumvir. ’En parlant du loup’ songea-t-elle, tandis que ses muscles commençaient doucement à se relâcher, tandis qu'un sourire se dessina sur ses lèvres en entendant les paroles de l'ami du peuple. « Un fantôme d'un de mes ascendants, voilà ce qui serait une vision bien agréable à mes yeux » finit-elle par répliquer. Inutile de rajouter que c'était d'un ascendant particulier qu'elle parlait, quelqu'un qui lui était proche en terme de généalogie, et qui malheureusement ne semblait pas encore prêt à traverser le Styx. « Ce ne sont pas les morts que je crains, mais plutôt les vivants » rajouta-t-elle sur une voix moins enjouée. Bien sûr, il y avait le risque que leur complot ne soit découvert, qu'on ne la voie en compagnie du plus grand ennemi de son père. Mais ce risque semblait être plutôt faible. Après tout, qui viendrait en un tel lieu ? Personne de sain d'esprit. Et sans doute était-ce cela qui l’inquiétait le plus. Sa rencontre avec Furius avait marqué son esprit tel un fer rouge, et il suffisait qu'elle ferme les yeux pour revoir le visage du fou près du sien, qu'elle sente à nouveau le couteau appuyé sur son ventre, ou qu'elle entende son ricanement. Et à chaque fois qu'elle traversais une ruelle sombre, ces souvenirs lui revenaient à l'esprit, et même ici, en ce lieu désert, ces images ne semblaient pas vouloir la lâcher. « Mais nous ne sommes pas ici pour parler de nos propres craintes, n'est-ce pas? » conclua-t-elle, tout en chassant les images désagréables de son esprit.  Un sourire sur les lèvres, elle tentait de faire preuve d'autant de confiance en elle qu'elle ne l'avait été lors de ses dernières rencontres avec le duumvir, de ne plus montrer aucun de ses doutes.

En tout cas, Publicola ne semblait pas perdre un seul instant pour aborder le sujet pour lequel ils étaient ici : Umbrius. L'homme qui s'était apprêté à trahir le duumvir au profit de la murène. S'asseyant dans la petite alcôve aux côtés du duumvir, la jeune femme se demanda pendant un petit instant si peut-être le pater familias des duumvir appréciait aussi peu ce lieu qu'elle. Après tout, pour quelle autre raison aborderait-il aussi rapidement le sujet d'intérêt ? A moins qu'il ne soit pressé ? Mais à vrai dire, cela n'était pas pour déranger la jeune femme : il fallait qu'elle soit de retour aux termes avant que ses gardes de corps n'y retournent pour venir la raccompagner à la domus.  « Me débarrasser de vous ? Et pourquoi donc devrais-je tenter de me débarrasser de mon meilleur allié? » L'accusation cachée prononcé par le duumvir n'était pas sans surprendre Domitia. Après tout, comment aurait-elle pu savoir quel moment son interlocuteur choisirait pour s'entretenir avec Umbrius ? Ou encore le lieu ? Elle n'avait fait que l'informer qu'il semblait comploter avec Murena. Son rôle dans cette histoire s'était arrêté là, comme Publicola devait parfaitement le savoir. « J'ai été soulagé d'entendre qu'aucun membre de votre famille n'ait été touché dans ce tragique incident. Trop nombreuses ont été les morts, et d'après ce que j'ai pu entendre, un bon nombre d'honnêtes citoyens s'y trouvaient... alors que d'autres dont la mort aurait été bien moins déporables n'ont pas été touchés. » Comme la murène, songea-t-elle. Ce jour là, les dieux semblaient même avoir voulu montrer que leur colère ne se dirigeait pas envers les Licinii, puisqu'ils leur avaient même offert un petite fille en bonne santé. « J'ai également entendu dire qu'Umbrius n'a point échappé à la colère divine. » Voilà qu'ils abordaient une fois de plus le sujet de leur rencontre. « Dites moi mon bon duumvir, avez-vous eu le temps de vous entretenir avec lui? » Avant qu'il ne soit trop tard. Mais cette partie de sa phrase restait sous-entendue. « J'aurais aimé pouvoir vous en dire plus sur sa trahison, mais je pense qu'il serait plus judicieux que ce soit mon esclave Themis qui vous parle à ce sujet si vous le désirez, puisque c'est elle qui a découvert les agissements d'Umbrius »
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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Dim 29 Juin - 18:52


Et des endroits les plus sordides peuvent alors se tisser les complots les plus sombres... Je complète sans le savoir, la pensée de Licinia qui jette de ci, de là, quelques anxieux regards envers les majestueuses ombres qui s'étendent dans les entrailles de la ville. Jamais je n'aurais cru un jour devoir goûter l'ombre pour permettre la survie de ma propre lumière... Mais la jeunesse est pleine d'idéaux que la maturité se fait bientôt le devoir de briser sur le dos du pragmatisme. C'est le pragmatisme qui nous réunit tous les trois, dans cette nécropole, car nous avons beaucoup à faire et si peu de temps pour l'accomplir. Themis n'a pas l'air effrayée quant à elle et de son immobilité altière transpire son attention accrue. Tout ce que nous échangeons, elle l'enregistre, elle le mémorise, elle s'en nourrit même. J'ai un jour questionné Licinia sur la fidélité de son esclave personnelle mais l'un de ses regards noirs et assurés a su faire taire mes craintes.

Dans le noir, mes yeux bleus se lèvent quelques instants pour rencontrer les pupilles félines de l'esclave, puis je reviens bien vite à la conversation présente :

- J'espère malgré tout pour toi que les morts, une fois au tombeau, sauront y rester. Il n'y a rien de pire que de frayer avec les revenants...

J'avais espéré, un jour lointain, que Murena trouve la mort dans une bataille quelconque ou que jamais il n'ose revenir souiller la terre de mes ancêtres mais les dieux n'ont pas entendu cette venimeuse prière. Il va donc nous falloir leur donner un léger coup de pouce.
Je hoche la tête quant à ses craintes :

- Voilà qui est fort avisé de ta part, la prudence ne doit pas un seul instant être négligée. Bien que personne ne viendra nous écouter ici... Braver l'ombre n'est pas à la portée de tout le monde.

Les superstitions sont nombreuses et aucune âme n'est prête à se fourvoyer jusqu'ici, se tenir à la lumière vacillante de quelques lampes funèbres. Les flammes dansent sur les traits de Licinia, sur leur finesse, sur leur dureté. Je ne peux qu'admirer la ferveur qui l'étreint car je ressens la même dès lors qu'il s'agit de notre ennemi commun. Je fais un geste pour balayer les craintes esquissées. Nous n'en ferons guère l'inventaire ce soir, car il nous faudrait peut-être plus d'une nuit pour les assécher. Le sourire effleure les lèvres de mon interlocutrice et je la sens reprendre pied dans les eaux troubles où nous nageons. J'aimerais pouvoir lui promettre qu'elle pourra toujours se raccrocher à mon bras, qu'à présent que nous sommes liés dans l'intrigue, alors rien ne pourra jamais nous disjoindre. Mais je sais que les affres de la politique sont fourbes et qu'elles tranchent parfois les liens qu'on pouvait croire éternels.

Bientôt, les flammes de ma rage semblent répondre à celles des lampes à huile. Umbrius et une première victoire sur la murène m'ont été arrachés par les dieux et je ne peux décemment m'en prendre à eux. Je souris en coin à sa réplique, parée de sincérité et j'enchaine :

- Oui pourquoi ? Le sort s'en est donc mêlé ma chère Licinia, sans que tu sois la cause de rien. Même si l'amertume de cette défaite me reste encore sur les lèvres... Il est certain que je n'aurais guère pleuré la disparition de certains et que j'eus préféré qu'aux nouveaux nés se substituent les pierres. Même si j'ai été heureux de savoir que les femmes de ta maisonnée n'avaient ployé le genou face au destin ce soir-là... Les Licinia sont coriaces, voilà qui ne me déplaît guère.

Je l'écoute ensuite attentivement et lance, un brin agacé, non pas contre elle :

Umbrius était en effet très affairé avec quelque demoiselle de petite vertu quand je l'ai découvert. Et puis il est simplement mort... écrasé. Je n'ai rien pu en tirer... ou si, peut-être une sorte de râle "aaarrrrgrrrh"

Je me surprends à lever les yeux au ciel devant le peu de dignité de l'énergumène, même dans la mort. Puis, mon visage se tourne, très intéressé, en direction de Themis qui doit s'étendre sur les viles tractations d'Umbrius. Mon regard se plonge de nouveau dans le sien, l'interrogeant silencieusement. Dis-moi donc à quoi tu penses, joli chat...

- Et ensuite, j'aurais à parler avec toi d'échos dérangeant que j'ai eu de certaines bonnes oeuvres de ton pater, Licinia. Qui suis-je pour nier les faits lorsqu'ils semblent cristallins ? Les enfers se cachent parfois dans les plus louables intentions...

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Dim 24 Aoû - 9:27

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia

« Malheureusement, certains sont sont prêts à voir en cet événement une bénédiction divine, une rumeur qu’il n’est que trop heureux de voir répétés par ses sbires.»
Nombreuses étaient les familles qui pleuraient des morts, alors qu’au sein  de la gens Licinii, on fêtait la vie. Après tant d’années, tant de déceptions, un autre enfant était enfin né dans la famille, et pour l’instant, tout semblait indiquer que cet enfant n’était pas vouée à rejoindre le royaume de Prosperine, ou du moins pas pour l’instant. N’était-ce pas là une manière évidente des Dieux de montrer leur bénédiction ? Du moins, c’était l’opinion de la Murène qui la partageait avec quiconque qui voulait bien l’écouter… et un bon nombre de personnes souhaitait le croire. Le fait qu’il ne s’agissait que d’une deuxième fille, et donc que les Dieux continuaient à refuser aux Licinii un héritier de leur propre sang, ne semblait pas être important. Et, à l’image du fils de Dedale, la murène ne pouvait se contenter de sa gloire actuelle, et cherchait à s’élever d’avantage encore.
« Mais la réputation d’homme béni des Dieux ne saurait lui suffire, il désire également celle d’ami du peuple. A l’heure que nous parlons, il fait organiser l’aide aux victimes du séisme. » Un geste qui serait certes admirable s’il n’était pas doté d’arrière-pensées, et encore plus s’il n’allait pas à l’encontre de leurs plans. « Ne pensez-vous pas qu’il est temps de lui rappeler ce qui est arrivé à Icare lorsqu’il s’est trop approché du soleil ? »
La voix de la jeune patricienne s’abaissait jusqu’à n’être plus qu’un murmure. Si jusque-là, elle s’était contentée de prononcer des faits connus par tous, elle s’avançait désormais dans des eaux bien plus troubles, et elle préférait ne pas penser ce qui arriverait si c’à quoi elle pensait était découvert. Mais si son plan fonctionnerait, ce serait la Murène qui récolterait si ce n’était une accusation publique, du moins la méfiance des pompéiens. Encore fallait-il savoir jusqu’où le duumvir serait prêt à aller pour détruire son ennemi. Une petite voix dans la tête de Domitia lui soufflait qu’elle prenait un grand risque en exposant son plan au duumvir. Ce faisait, elle lui donnerait un moyen de pression  non-négligeable contre elle. Car même s’il accepterait de lui aider, qui croirait à la parole d’une jeune fille plutôt à celle du duumvir  respecté de Pompéi ? Et pourtant, si elle souhaitait que leur alliance perdure, elle ne pouvait pas agir dans le dos du pater familias des Pompeii. Surtout pas après que l’indication qu’elle lui avait donnée concernant le changement de camps d’Umbrius n’ait tournée au fiasco.
« Peut-être pouvons-nous nous servir de cette charité pour tourner notre défaite concernant Umbrius en victoire. »
La jeune femme parlait toujours à voix basse, posée, s’étonnant elle-même avec quelle sérénité elle parlait d’un crime affreux. Ou du moins, s’apprêtait de parler, car pour l’instant, elle n’avait pas encore évoqué le moindre détail de son plan, tâtant encore le terrain. Themis qui se tenait toujours à ses côtés ne bougeait pas d’un cil. Elle ne connaissait que trop bien les plans de sa domina, pour lui avoir aidé à les concevoir. Et si tout allait comme elles l’avaient prévu, c’était l’esclave qui s’occuperait de la tâche la plus ingrate.
« Mais avant de forger de nouveaux plans, je suis sûre que vous souhaitez enfin entendre ce que nous savons sur Umbrius. Themis. »
La jeune patricienne se tourna vers son esclave personnelle, l’encourageant à parler, à évoquer ce qu’elle avait appris. Malheureusement, il n’y avait pas beaucoup, et leur chance d’apprendre toute l’étendue du complot était morte dans les ruines d’un lupanar. Dans un langage fleuri qui lui était propre, l’autre fille de la murène exposa brièvement comment elle avait constaté les visites fréquentes d’Umbrius à des heures peu coutumières, ou comment il lui était arrivé de suivre son dominus lorsque contrairement à son habitude, celui-ci quittait la villa uniquement accompagné d’une des rares personnes en qui il avait entièrement confiance. Durant le récit, la jeune patricienne observa le duumvir d’un œil presque amusé. En vue de ce qu’il était en train d’entendre, pouvait-il toujours douter de la fidélité de l’esclave qui à ce moment même exposait le peu de choses qu’elle savait sur les plans d’Umbrius ? Certes, elle ne révélait rien que l’on n’aurait pas pu deviner en vue de la situation : Umbrius devait aider la Murène à gagner des voix parmi les alliés de l’ami du peuple. Par quels moyens, qui étaient ces hommes, et jusqu’où allait ce complot, voilà des questions qui restaient sans réponses. Une fois que l’esclave se tut, ce fut à nouveau la voix de la jeune patricienne qui s’éleva.
« J’aurais aimé pouvoir être en mesure de relever plus de détails, mais malheureusement il a fait preuve d’une grande discrétion à ce sujet. Une discrétion qu'il n'étend pas à tous ses plans. »  
La dite charité par exemple, cette mission qu'il avait confié à Laelia. Chaque personne qui vivait sous le toit des Licinii était au courant, et il ne serait que trop aisé pour la jeune femme d'en apprendre tous les détails.
« Si vous souhaitez quelconques détails à ce sujet pour pouvoir le devancer, je ne serais que trop heureuse de vous les fournir. Mais comme j'évoquais précédemment, il se pourrait qu'il y ait une autre solution. Une solution qui pourrait endommager bien plus la réputation de notre ami commun que le simple fait de n'être que le second à offrir sa charité aux victimes. »  
Désormais, la jolie brune ne lâchait plus son interlocuteur du regard, scrutant sa moindre réaction, chose qui se révélait particulièrement difficile lorsqu'on se trouvait face à un homme tel que Publicola, entraîné depuis le plus jeune âge à garder ses émotions pour lui et n'afficher qu'un intérêt poli à ce que l'on pouvait lui raconter. Et malheureusement pour la jeune femme, le duumvir était maître dans l'art de cacher ses véritables pensées, si bien qu'elle hésita, ne sachant pas si elle devait continuer ou non.
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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Dim 14 Sep - 12:38


Un souffle nous parvient des souterrains tentaculaires, renfermant les morts... Et ce soir les vivants. Je me suis toujours demandé s'il s'agissait d'une mauvaise isolation des lieux, ou de quelque Éole infernal, censé apaiser par son souffle le tourment des trépassés, avant qu'ils ne traversent l'Achéron. L'âme des morts est-elle tourmentée ce soir par nos indignes complots, nos mots tapis dans l'ombre et qui se glissent à l'écart de nos lèvres pour mieux éclater au milieu du ténébreux silence. Mes yeux ne quittent plus Licinia, compagne serpentine, qui sait onduler dans ce monde qui se veut d'apparence si droit. Le complot ne m'aura jamais paru aussi doux que ce soir, au sein de la nécropole.

Je hausse dédaigneusement les épaules lorsqu'elle me sert sa fable de bénédiction divine. Combien ai-je entendu cet argument, lâché sournoisement sous chacun de mes pas depuis le tremblement de terre. Mes ennemis persiflent, aiguisent leurs mots, se croient intouchables car cela fait bien longtemps que le lion ne leur a pas arraché la gorge de ses dents.

- Laisse donc les esprits simples croire que le front des dieux est penché sur eux en permanence. Tu as certes gagné une soeur mais aucune vie n'a été arraché en retour aux Pompeii. La face des dieux ne s'est donc pas encore détournée de moi, et mes partisans en semblent satisfait.

Et je fais en sorte chaque jour ils le soient davantage, les arrosant de mes largesses, de mes promesses. Brillant par cette ferveur de politicien à l'aube de sa campagne. Je capte la lumière lorsque je traverse ces pièces remplies de félons et d'amis, comme ce soir mes cheveux d'or captent sans cesse la flamme vacillante de la lampe à huile, seul témoin de notre trio ourdissant le trépas de Murena. Je lui confirme aussitôt ce qu'elle sous-entend :

- C'est exactement le sujet que je souhaitais te voir aborder. Une alliée comme toi est également une bénédiction Licinia.

Mon regard capte le sien tandis que je l'invite à continuer. Ce qu'elle va me dire, je ne sais comment encore l'interpréter. J'ai eu quelques échos des bonnes oeuvres organisées par la Murène, dont un écho très troublant, que je me suis empressé de faire courir aussitôt. Qu'il se répercute toujours plus loin, l'air de rien, jusqu'aux oreilles attentives. Qu'il rêve de devenir l'ami du peuple, il n'est pas prêt d'y arriver avec sa figure austère et ses subterfuges de novices. Il croit gagner la jeunesse quand je sais pertinemment que ce sont les patriarches conservateurs qui infléchiront les élections à venir. Et le peuple ira toujours et encore vers celui qui l'abreuve de pain et de jeux, je n'ai pas oublié cette combinaison essentielle. Ce qu'il distribue, je peux le tripler en une seule semaine, jusqu'à écraser le souvenir même de ses sorties. Mais ce serait par trop agressif et je me suis posé comme son nouvel ami. Son bienveillant ami. Je me cantonne donc à publiquement saluer les bons exemples chez les patriciens, dont Murena fait partie, mais je distille le venin dans l'ombre, doucereusement. Est-ce donc de cela dont elle veut me parler ? Sur son visage, je crois deviner autre chose.

J'inspire les murmures de ma vengeresse compagne. Lentement, je m'en repais et je souffle :

- Il est grand temps en effet de voir son orgueil s'enflammer, jusqu'à ce qu'il consume ses rêves.

Je sais que les petites rumeurs n'ont touché que trop peu de gens pour qu'elles deviennent une arme conséquente dans mon combat. Je me penche donc, avide de connaître les moindres détails du plan qui a pris naissance dans l'esprit de Domitia. Je ne l'interromps plus, je la laisse voler cette lumière, se l'approprier, faire montre de ses talents. Car jusqu'alors, nous n'avons pas joué bien gros. Un seul allié corrompu, cela n'aurait pu freiner la murène que trop peu de temps. Mais de plus sombres projets bientôt révélés, tels une lame assassine... Voilà qui éveille bien plus que de l'intérêt chez moi. Je sais Licinia volontaire, jusqu'au-boutiste, mais sera-t-elle prête à faire déchoir définitivement son père ? Même si elle me l'a promis, j'ai une certaine hâte à la voir à l'oeuvre. Transformer les défaites en victoire ? Voilà un langage qui me plaît et ma langue passe sur mes lèvres, avant qu'elles ne s'étirent dans un sourire entendu. Je sais qu'elle me jauge, j'en reconnais les signes. Dévoiler un projet d'une telle ampleur, c'est aussi se livrer à moi. Mais je ne souhaite pas la pousser. Je lui ai promis une alliance et je ne l'insulterai pas à reposer les mots qui furent alors les miens. Je me tiens droit, sur mon petit banc de pierre, mon regard froid toujours aimanté au sien, silencieux comme un bon élève. Parle plus avant ma douce. Parle.

Mais elle préfère se donner le temps d'être convaincue, car elle fait entrer Themis en scène. Je relève un sourcil, comme par légère moquerie et je dis :

- Cherches-tu donc à attiser mes envies ? Mais soit, que les grands yeux de chat nous peignent le portrait d'un fourbe. C'est toujours si divertissant.

Je reprends ma posture d'élève attentif, me plaisant au rôle qui n'est habituellement pas le mien. Cette esclave dont les yeux savent tout voir, en cet instant me fascine. Je ne doute plus de sa fidélité, sous l'oeil sondeur de Licinia, non, je suis tout ouïe quant aux moeurs qu'on me peint et je rage intérieurement que la faille m'ait échappé sous un tas de gravas. Si je l'avais eu entre mes mains dans cette position si compromettante, si j'avais seulement pu jouir de sa peur de bête traquée. Mais tout cela m'a été arraché. Je secoue la tête, plus compréhensif que mes grondements précédents :

- Ce n'est rien. J'ai surtout hâte que tu dévoiles ce qui te trotte dans la tête Licinia. Les vaines fêlures du passé ne me tourmentent plus tandis que les failles que tu augures captent mon entière attention. De troublantes rumeurs me sont parvenues, concernant cette charité, mais rien de bien concluant. Tu as mieux pour moi, je le vois...

Mon masque demeure en place mais mes yeux s'allument d'une étrange voracité. Alors que je me plonge dans les nuages sombres des prunelles de Domitia, savourant la suavité du moment, je vois que la victoire est à notre portée. Enfin. Je suis bien trop maître de moi pour montrer mon sauvage ressenti mais ma voix s'étoile d'un murmure aussi glissant et profond que les plus noirs complots que nous tendons :

- Dis-moi tout, Domitia.

Mon ton est égal mais cette sorte d'inflexion impérieuse que je sais y glisser n'appartient qu'à moi. Je ne suis pas l'ami du peuple ce soir, ce visage là lui est inconnu. Je suis le politicien que rien ne saurait arrêter et dont la soif ne saura jamais s'étancher. Si elle doutait encore de ce que je suis véritablement, tout au fond, sous ce portrait parfait de Duumvir, elle ne peut plus se voiler la face à présent. Le jeu débute. Un jeu sombre et dangereux. Alors joins-toi à moi petite. Et parle.

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Sam 25 Oct - 15:15

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia

La jeune femme abaissa légèrement la tête, se contentant à acquiescer à la constatation du duumvir. Il avait certes raison qu’uniquement les gens simples d’esprit ne puissent croire cette fable de la bénédiction divine des Licinii… mais n’étaient-ce pas justement ces gens-là qui risquaient de faire pencher la balance ? Tous ces hommes qui n’avaient finalement que trop peu de connaissance de la politique, et dont la décision se laisserait facilement influencer par de tels ‘signes des Dieux’, ne constituaient-ils pas la majorité du cortège électoral ? Quoique c’était de toute évidence un domaine dans lequel Publicola s’y connaissait bien mieux que la jeune patricienne, et comme ce dernier semblait sûr de lui, elle préférait garder ses doutes pour elle.
« J’ai été soulagée d’apprendre que les Dieux aient protégé votre gens en ce jour funeste. »
Certains événements dans le passé avaient peut-être créés des discordance entre les gens Licinia et Pompeia, et pourtant, la jeune femme ne pouvait pas nier qu’elle éprouvait une certaine affection pour plusieurs membres de cette famille qu’elle devrait – si elle écoutait son père – considérer si ce n’est comme des ennemis, du moins comme des rivaux. Mais comment ne pas apprécier la fraîcheur et l’insouciance d’Aurea, ou la complicité qui s’était établie entre elle et Fortunato ? Ou encore Virginia, sans laquelle cette alliance aurait certainement mis bien plus de temps à se mettre en place ? Sans même parler de Publicola, qui était finalement bien plus qu’un simple allié contre Murena. Au cours de leurs rencontres, elle avait appris à apprécier le duumvir et même lui porter une certaine admiration, car derrière ce visage aussi charmant qu’impassible se cachait un homme rusé et dangereux pour ses ennemis. Et c'était bien ce dernier point que la jeune femme ne devait pas oublier. Le duumvir pouvait se montrer dangereux. Pour le moment, il était son allié et ils avaient un but commun. Et c'était bien cette idée qui faisait hésiter la jeune patricienne. Devait-elle vraiment révéler son plan ? Bien sûr, s'il était mis en exécution, ils gagneraient un avantage non négligeable contre la murène... mais en même temps, elle lui donnerait une arme de choix qu'il pourrait à tout moment retourner contre elle. Contre les siens. Car, malgré cette entente qui existait entre eux, qu'est-ce qui pouvait lui garantir que Publicola arrêterait de s'en prendre aux Licinii une fois que la murène serait rendue inoffensif ? 'A moins qu'il y joue également un rôle actif' songea la jeune femme. Si Publicola était aussi impliqué qu'elle dans cet affaire, alors il serait certainement moins prompt à la dévoiler ou de l'utiliser contre elle dans le futur... Non, elle devait arrêter de trop y penser. Lorsqu'on avait à faire à un homme rusé tel que Publicola, il était certainement bon de se méfier, mais il ne fallait pas non plus que cela ne devienne la paranoïa. Elle avait choisi de se lier à lui dans cette sombre affaire et d'allier leurs forces. En conséquence, elle ne pouvait pas se permettre de constamment douter de ce dernier. Et puis, le fait même qu'elle se trouvait ici, dans l'ombre de la Necropolis, ne montrait-il pas qu'elle s'était déjà trop avancée pour pouvoir faire marche arrière ?


La voix douce de son esclave ramena Domitia à la réalité. Se forçant à mettre de côté ses doutes, la jeune femme se concentra sur les mots de Themis. Comme à son habitude, cette dernière allait droit au but, exposant au duumvir un rapide résumé de ce qu'elle avait pu raconter à sa jeune domina. Et contrairement à elle-même, son esclave ne semblait pas avoir le moindre doute sur leurs plans. Elle se tenait devant le duumvir tête haute, fière, et se contentait de baisser légèrement les yeux en tant que signe de respect, comme si la différence de rang existant entre eux était minime. Et sans doute que, dans un certain sens, elle avait raison. Ce soir, il n'y avait pas les patriciens d'un côté, et les esclaves de l'autre. Ils étaient tous mêlés au même complot, et, de ce fait, ils se ressemblaient bien plus que leurs conditions ne l'auraient laissé présager. Chacun devait jouer son rôle, y compris Themis. Mais, au vue de sa remarque, le duumvir ne semblait pas voir les choses de la même façon que son interlocutrice.
« Mais voyons mon cher Publicola, je ne vous insulterais pas en supposant que vous puissiez être aussi facilement acheté. »
Pour la première fois depuis le début de cette rencontre, un sourire amusé était dessiné sur le visage de la jolie brune, et elle avait même prononcé ces mots avec un léger rictus sur les lèvres. L'idée de se servir de son esclave - même de la manière que sous-entendaient les paroles du duumvir - n'était pas étrangère à la jeune femme. Qui sait, peut-être qu'un jour, de telles méthodes s’avéreraient nécessaires. Peut-être qu'un jour, son esclave devrait se servir de ses atout pour s'assurer qu'un homme s'allie à eux. Ou pour récompenser un de leurs alliés. Mais utiliser un tel stratagème sur Publicola, un homme dont la réputation n'avait pas la moindre tache ? Sans doute que la mission imposée au Danaïdes aurait été plus facile à réaliser pour Themis que celle de séduire le duumvir. Non, il fallait adapter son stratagème à son interlocuteur, et le pater familias des Pompeii ne semblait pas être le genre d'homme qui se laissait facilement séduire... et encore moins manipuler par de tels moyens.


Le sourire disparut peu à peu des lèvres de la jolie brune, tandis que leur conversation redevenait plus sérieuse. Jusque là, tout n'avait été que des prémices, un peu comme les nombreux combats de gladiateurs censés faire patienter la foule jusqu'à ce que ne début enfin le primus. Et pendant un bref instant, l'assurance habituelle de Domitia semblait avoir disparue, tandis qu'elle cherchait ses mots. Comment pouvoir formuler une telle action, de façon à ce qu'il n'y ait pas de doute sur son plan, sans pour autant qu'elle n'ait à le dire explicitement ?
« Que se passerait-il si cette grande action de la part de la murène ne serait pas aussi charitable qu'elle n'en a l'air ? » La jolie brune marqua une pause. Elle allait devoir devenir plus explicite si elle voulait continuer à attiser l'attention du duumvir. « Les murènes ne sont-elles pas réputées d'être des prédateurs et des tueuses hors pairs ? Que se passerait-il si cette charité rappellerait à tout le monde le côté moins flatteur de son surnom ? »
La jeune femme s'arrêta, hésitante. Avait-elle dit assez ? Le duumvir voyait-il dans quel projet sordide elle pensait l'embarquer ? Et si oui, la suivrait-il, ou est-ce que son surnom d'"ami du peuple" allait l'empêcher de faire une telle chose ?
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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Lun 17 Nov - 1:13


Je souris légèrement devant la marque de discrète sollicitude affichée par Licinia, quant à notre maisonnée sortie du tremblement de terre sans trop d'encombre si ce n'est un mur dangereusement fissuré. D'aucuns y auraient certainement vu une sorte de funeste augure, signe du morcellement de la famille Pompeii. Après tout, n'est-ce pas l'image du masque de ce politicien véreux qu'est Publicola ? Un père en froid avec son fils à ce que l'on dit... oh ça ne peut apporter rien de bon. Mais tout comme la petite Gaia, je ne suis pas prompt à voir des signes divins à tous les coins de ma maison. Ou plutôt disons que je vois ceux qui m'agréent. Alors nous avons soigneusement colmaté la fissure, à l'image du soin que je mettrai à réparer mes liens avec Fortunato. Les graffitis eux aussi ont été avec grand calme ôtés des murs et aujourd'hui c'est comme s'ils n'avaient jamais existé. Il y a bien ce petite pincement dû à la hargne dès que j'y pense, mais rien d'affiché, bien entendu. Mes proches seuls ont pu saisir la colère provoquée par l'insulte, toute comme la jubilation face à celle vécue au sein même de la demeure de Domitia.

Mais quand je regarde cette jeune femme en passe de s'accomplir au sein des complots, alliée trouvée par une sorte de facétie du destin, je ne peux qu'être reconnaissant envers les dieux qu'elle fut épargnée elle aussi. Je ne commets pas l'erreur de faire courir ma haine sur tous les membres de la famille. Le patriarche seul est ma cible car c'est lui qui charrie cet héritage morbide de la damnatio memoriae. L'outrage fait à Pompeii s'inscrit encore dans sa chair et dans les replis putrides de son âme. Une âme viciée au point qu'elle ait amené sa propre fille à fomenter contre lui. Alors je la regarde encore et me repais de sa tête bien faite, autant d'extérieur que d'esprit. Je sens même le picotement de ces sursauts paternels qui me pousseraient à la protéger si elle était découverte. Le temps passant, voilà ce qu'elle m'inspire mais je sais ne pas devoir ni pouvoir céder à ce genre d'inclination. Nous sommes ici en affaire et elle n'est pas ma fille. Pourtant, sa façon de m'exposer les faits sans trop en dévoiler est à la juste mesure de ma propre maîtrise de la politique. Mon oeil suit un instant ses lèvres, tandis qu'elle hésite et j'ai envie de sourire. De ce sourire qui met quiconque en confiance dès lors qu'il vient ourler ma bouche, comme une caresse. Comme une promesse. Mais je m'abstiens encore, afin de faire durer le plaisir de la joute et peut-être d'en apprendre encore plus sur les réticences de ma compagne de complots.

Prudente hein... Je ne peux pas lui en vouloir. Car bien que mon envie première soit de la protéger, je sais pertinemment que si ma propre carrière est en jeu à un moment, je n'hésiterai pas à nier toute accointance, voire à les sombrement noyer. Mais... non je ne souhaite pas penser plus avant à une telle éventualité et je sais les dieux suffisamment cléments avec moi pour être certain que mon aura saura protéger Licinia de tout soupçon. Puis... elle pourrait très bien retourner à ses amours filiales, me tournant définitivement le dos. Pour l'instant, ni l'un ni l'autre ne sommes réellement compromis car Umbrius a disparu sous un tas de pierres. C'est en cette soirée que tout se joue. La confiance et le risque qui en découle.

Alors oui, j'ôte tout sourire de mes lèvres et redevient d'une sobriété presqu'alarmante, dans nos souterrains où soufflent les morts. Mon léger rire est froid quand elle parle d'insulte :

- Tu sais à qui tu as affaire Licinia. Bien entendu.

Et je la regarde longuement, sans jouer de mes charmes habituels. Je ne suis plus exactement l'ami du peuple, je suis le froid politicien souhaitant la mort de son plus grand ennemi. Et comme d'un tacite accord, la belle en face de moi ne sourit plus non plus, le sérieux vient draper ses fines épaules comme une sorte de linceul et je me penche vers elle, attentif, comme à l'affût. Je sais qu'elle va dévoiler ce que je souhaite. Mais je sais également qu'elle ne s'en ouvrira pas totalement à moi si je ne lui tends pas la main. Alors je réponds à sa requête dissimulée :

- Il se passerait, belle Domitia, que la réputation qui se redore lentement autour de ta murène de père ne s'avèrerait que poudre aux yeux. Et plutôt que de l'or, de bronze mou tout revêtu, il ne saurait plus éviter les coups pernicieux du sort.

Alors je penche la tête, l'observe encore un peu et je comprends qu'elle me jauge. Qu'elle se demande si le grand et sincère Publicola est prêt à se corrompre. J'en rirai presque car c'est bien là la question que je me suis mainte fois posée pour arriver à mes fins... Si elle savait tout, la petite, elle n'en dormirait plus. Mais d'un côté, voilà qui me tranquillise sur ma propre réputation. Elle tient encore suffisamment pour faire parfaite illusion. Alors j'en joue, encore ici ce soir et reprends un léger sourire :

- Voilà des soupçons bien fâcheux car la charité va directement aux plus nécessiteux et je ne peux croire qu'on userait d'un tel moyen pour dissimuler quelque méfait. Mais... si tel était le cas Domitia, ne serait-il pas de notre devoir, dis-moi, que de dévoiler aux yeux de tous la véritable nature de ceux qui prétendent prendre soin d'eux ? Quitte à ce que la démonstration soit la plus explicite possible, bien entendu... Il faut des exemples marquants pour que l'oubli ne soit pas de mise.

Sous couvert de bonnes intentions, j'exprime l'absence de limite que je me suis fixée en pareil cas. Car après tout, ne suis-je pas véritablement persuadé de la noirceur cachée au fond des actes de Murena ? Alors quand bien même il faudrait monter quelque fable convaincante, là où il n'y a guère de manipulation de sa part, ce serait un geste loyal pour préserver le peuple lorsqu'il y en aura une ! Il ne tardera pas à manipuler pour mieux régner, bien entendu.

- Car je suis persuadé, Domitia, qu'un tel rappel est nécessaire. Que nous en soyons les provocateurs, c'est là notre fardeau. Bien entendu. Tu sais bien qu'il me faut préserver ma cité, quoiqu'il en coûte. Imagine si on apprenait, par exemple, que les rations distribuées sous l'égide de ton pater sont en fait d'une qualité si médiocre et que les vivres sont si mal entreposés, que sa charité se transforme en poison ?

Et dans le bleu nuit de mon oeil, un éclair vient se nicher tandis que j'expose ce qui dès à présent deviendra réalité. Il n'y a pas de manigance, il n'y a que notre bonté à les exposer.

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Mer 18 Fév - 21:07

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia

'Tu sais à qui tu as à faire.' Des paroles qui résonnaient dans l'esprit de la jeune femme, alors que, silencieuse, elle observait son interlocuteur, tentant de trouver les mots pour lui dévoiler son plan, sans pour autant lui donner trop d'informations qu'il pourrait retourner contre elle avant qu'elle ne puisse être sûre de sa coopération. Car oui, comme il disait si bien, elle savait à qui elle avait à faire, et cette phrase ne s'appliquait pas uniquement à la Murène. Le respect, et même la sympathie, qu'elle éprouvait envers son fidèle compagnon de complot ne la rendaient pas aveugle : elle était consciente du danger qu'elle encourait à confier un tel plan à autre personne, et qui de plus est un ennemi de sa famille. Tout comme elle était consciente du fait que Publicola la trahirait certainement sans la moindre hésitation s'il s'agissait de sauver sa propre peau. Qui sait, peut-être le ferait-il avec un certain regret mais il le ferait. Mais pouvait-elle lui en vouloir pour cela ? Sans doute ferait-elle la même chose si cela pourrait lui éviter la mort atroce réservée aux parricides... Enfin, pour le moment, ce n'étaient pas le poisson qu'il s'agissait de tuer, mais plutôt sa réputation. Si leur plan fonctionnait, ce seraient les mains de Murena qui seraient tachées de sang, et non pas les siennes. Dans le cas contraire... elle ne préférait même pas imaginer ce qu'il adviendrait d'elle si jamais son père parvenait à apprendre le rôle qu'elle avait joué dans cette sordide affaire. La seule chose dont elle pouvait être certaine, c'était qu'elle ne pourrait pas compter sur les implorations de sa mère pour la protéger, ni sur une éventuelle protection de la part de Tiberius. Si elle décidait de parler de son plan à Publicola, il fallait à tout prix que cela se termine par un succès. Maintenant, elle pouvait encore se détourner, mais une fois ces paroles prononcées, il sera trop tard pour faire demi-tour.
"Et cela dévoilera à tous les habitants de cette belle cité le véritable visage de la Murène, celui que nous connaissons depuis bien des années désormais" compléta-t-elle les paroles du duumvir.
Tel Archimède qui prouva que sous l'aspect brillant d'une couronne royale se cachait un métal bien plus commun et surtout indigne d'un grand roi, ils prouveraient à ceux qui voulaient le voir que sous le sourire hypocrite du legatus se cachait un autre homme. Un homme qui n'était pas digne d'accéder aux hautes fonctions de la cité, et encore moins à exhiber les honneurs qu'il avait pu recevoir dans le passé de la part du Princeps. La jolie brune en était persuadée... et pourtant, ce n'étaient pas ces nobles principes qui l'incitaient à commettre de tels actes, mais plutôt des raisons bien plus basses, plus humaines même. Son père avait détruit sa vision du monde il y a bien des années... et maintenant il était temps qu'elle lui rende la pareille, et elle n'arrêterait pas avant d'avoir détruits tous ses espoirs. Prenant une profonde inspiration, la jeune femme finit par se jeter à l'eau froide.
"En effet, la démonstration devrait être explicite pour ne laisser aucune place au doute. Il serait bien dommage qu'il ne parvienne à se faufiler tel une anguille."
Après tout, les poissons n'avaient-ils pas la fâcheuse habitude à parvenir à se faufiler, à glisser des doigts au moment même où l'on pense l'avoir attrapé ? A la fin, Murena risquait de trouver un bouc-émissaire qui prendrait le blâme à sa place...  Non, s'ils souhaitaient que leur pêche aboutisse, ils allaient devoir vérifier chaque maille de leur filet avant de le jeter à l'eau...
"Mais c'est justement la raison qui m'a amené ici. Il ne faudrait pas que l'affaire ne soit étouffée avant que la fumée qui n'en a émanée ne soit assez dense pour être remarquée par la ville entière."
Rien ne passait plus inaperçu aux yeux des familles influentes que la mort de quelques pauvres. Sans doute que personne ne remarquerait leur disparition, surtout maintenant où chacun était encore occupé à panser ses propres blessures suite au récent tremblement de terre... Et c'était bien pour cela qu'il était indispensable d'attirer l'attention sur ce futur incident, comme le faisait si bien remarquer Publicola. Et bien que Domitia était parfaitement consciente que Themis à ses côtés se serait certainement donné de coeur joie à lancer des rumeurs à ce sujet, elle savait tout aussi bien qu'il était certainement préférable que de tels 'ragots' émanaient d'une personne sans lien apparent à Murena ou encore Publicola. Une personne qui aux yeux de tous serait sans la moindre attache vis-à-vis des deux gens les plus influentes de Pompéi. Et c'était bien en ce point que la jeune patricienne nécessitait l'aide du duumvir : si elle était toujours en train de tenter de construire un réseau dont elle pourrait se servir pour arriver à ses fins, ce n'était pas le cas de Publicola. Il devait certainement avoir un bon nombre d'hommes qui travaillaient pour garantir ses intérêts - certains ouvertement, et d'autres, disons subtilement. Et c'était justement de cette dernière catégorie dont ils auraient besoin.

Pour le moment, les paroles de l'ami du peuple étaient plutôt encourageant, et bien que personne n'avait pour l'instant évoqué l'acte en lui-même, il semblait désormais clair que le pater familias des Pompeii semblait si ce n'est apprécier ce plan, au moins l'approuver.
"Nous nous entendons sur ce sujet mon cher Publicola. répliqua la jeune femme, un léger sourire sur les lèvres. En effet, il serait dommage qu'un quelconque incident ne vienne à détériorer la qualité de ces offrandes fait de si bon cœur. Le ton quelque peu sarcastique de la jolie brune contrastait avec la situation sérieuse dans laquelle elle se trouvait, mais à ce moment même, elle pensait bien plus à sa vengeance personnelle qu'au prix que celle-ci coûterait. Bientôt, le feu qui cuira lentement notre poisson brûlera, alors puis-je compter sur vous pour faire connaitre ce fait regrettable en temps voulu ?"
Elle n'avait toujours pas évoqué explicitement son implication dans cette histoire, et pourtant, il n'y avait plus de doutes possibles à ce sujet. Si elle ne verserait peut-être pas elle-même le poison, elle serait tout de même l'investigatrice de ce qui - en cas de réussite - risquait de coûter bien des vies. Mais une seule comptait aux yeux de la jeune femme, et celle-ci n'allait pas s'éteindre. Pas tout de suite du moins.


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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Mar 10 Mar - 14:56


L'atmosphère se tend peu à peu dans la Nécropole, qui porte son regard pesant sur les épaules des conspirateurs. S'il faisait froid jusqu'alors, quelques frissons d'anticipation qui n'ont rien de glacés parcourent les échines et je quitte un instant le visage de mon interlocutrice pour reporter mon attention sur son esclave, qui écoute, parle, écoute encore, suit les instructions de sa maîtresse au doigt et à l'oeil. Je n'échange qu'un regard avec Themis mais mes yeux brillent un moment sans qu'un nouveau sourire vienne détendre l'atmosphère. J'ai plus de raisons que je ne pourrais avouer de croire en ses capacités. Nous sommes trois à les savoir ici et pourtant, personne n'aurait l'outrecuidance de le dire tout haut. Au début, je ne prenais notre trio que pour une association nécessaire à mes plans, mais à présent, nous aimons trop ourdir dans l'ombre pour que cela ne soit qu'une alliance éphémère. Nous savons sûrement que si l'un tombe, les autres suivront de près et alors que j'échange quelques sous-entendus avec Licinia, j'espère qu'elle sait ô combien je n'ai aucun intérêt à la trahir à présent.

Nous approchons du dénouement et je sais très bien ce qu'elle attend de moi. Que je dise enfin à quel point je souhaite me corrompre pour distiller le poison qui ne sera pas seulement celui suintant de mes mots. Elle veut que je prenne les risques qu'elle me laisse, pour ne pas être seule à porter le masque de la honte. Elle attend enfin paiement pour cette alliance qui doit porter ses fruits. Je ne souhaite pas me dérober de mes engagements, mais le jeu m'amuse trop pour que j'allège le poids qu'elle porte immédiatement. Je veux la voir dévoiler toutes ses cartes, pour lui montrer ensuite que les atouts de son partenaire de Fortune seront là pour assurer sa main. Je suis certain que nous vaincrons en cette nuit, les certitudes sont un moteur extraordinaire. À être certain et à le montrer, on convainc toujours les autres, je l'ai appris depuis longtemps. Mais Licinia a assez de savoir pour ne pas se laisser berner par un sourire ou un mot bien placé. Non elle sait ce qui se joue et surtout ce que le plan fait d'elle à présent. Elle s'apprête à entacher son propre nomen et cela n'est guère anodin. Quelle que soit l'issue du complot, elle en sortira certainement différente, c'est bien loin d'être de simples fantaisies de jeune fille qui déteste son père. Mes yeux semblent lui dire à présent qu'il est trop tard pour me tourner le dos, pas besoin cette fois-ci de l'énoncer à haute voix.

Mais comme une âme complice, elle ajoute sa voix à la mienne, complétant parfaitement le tableau que je brosse. Un sourire en coin me vient et j'incline légèrement la tête pour saluer l'évidence. Ce visage hideux des patriarches Licinii, nous le connaissons par coeur, mon père le dépeignait pendant des heures et jamais je n'ai douté de la justification d'une telle haine. Je ris un instant, rôle de composition, à sa remarque sur l'anguille :

- Que les mailles tissées ce soir soient des plus serrées alors...

J'annonce par là que je la suivrai bientôt dans le bain délectable de l'intrigue. Mais je veux encore la regarder un instant s'ébattre dans ces eaux inconnues. Elle met alors rapidement le doigt sur l'évidence et je ne peux que saluer la finesse de son esprit, elle est digne des politiciens retors, la voir évoluer sera passionnant :

- Très chère, laissez-moi vous conter l'histoire de l'infortuné tribun Dantius, vous n'étiez pas ici alors vous ne pouvez guère vous en souvenir mais il s'agissait là de quelqu'un qui détournait dans l'ombre une part considérable de l'orge et du blé que nous recevions de nos provinces, pour l'écouler ensuite à des prix exorbitants au peuple. Nous vivions des temps de rationnement, l'été n'avait été qu'orages et le grain venait à manquer. Sachez que les vils travers ressortent toujours en situation de crise, et que les Patriciens, qui ne se soucient pas de la plèbe en temps normal, finissent souvent par s'émouvoir de leur sort lorsque celui-ci commence à joncher les rues de cadavres, les obligeant à détourner le nez de dégoût. Nous aurions pu régler cette affaire dans la tranquillité mais il a fallu qu'un client du tribun se penche sur la bonne épaule au bon moment et l'affaire a enflé bien avant qu'elle ne soit rapportée à mon père par les voies officielles. Cette bonne épaule, c'était celle Salustius Vero. Nous avons ensuite essayé de le favoriser par des biais divers, dans sa croisade contre les profiteurs, mais jamais nous n'avons pu le récupérer dans nos amis, parce qu'il a toujours voulu demeurer fidèle aux Loreii, allez savoir pourquoi... Et savez-vous qu'il n'a pas perdu ni de sa verve ni de son réseau ? Alors s'il entendait aujourd'hui qu'on ose distribuer des rations corrompues aux victimes du tremblement de terre, eh bien il est à parier que la population bruisserait de cette affaire avant même que je sois au courant. C'est étonnant n'est-ce pas, la probité et la bienveillance de certains ?

Il est rare que je dévoile les noms et le réseau qui me servent en général à ployer des cibles précises, mais je sais aussi que Licinia est jeune et qu'elle n'a pas le temps de réunir les personnalités adéquates en peu de temps. Autant donc que les années à tenir ma ville contribuent à faire tomber mon pire ennemi, même si Vero est très utile et que jusqu'alors, personne ne sait que j'abuse de sa probité sans faille pour répandre en ville des rumeurs diverses. Il faut dire qu'il ne me connait même pas directement, n'ayant eu affaire jadis qu'à mon père, c'est toute la beauté de la chose. Je sais cependant que donner le nom de Salustius n'est pas suffisant pour parfaire l'intrigue. J'acquiesce à sa franche demande :

- Je peux vous assurer que Salustius Vero rapportera bien vite cette affaire en justice et ce fait regrettable Licinia sera alors connu de tous. Que voulez-vous, comme jadis pour le tribun Dantius, je ne pourrai empêcher la chute des responsables, même s'il m'en prenait l'envie soudaine.

Je joins mes mains, d'un sérieux abyssal, comme si l'affaire d'autrefois m'avait véritablement choqué. Le tribun Dantius n'aurait pas dû tourner le dos à mon père, c'est chose certaine. Il me reste à présent à ouvrir le chemin qui permettra à ma comparse de jouer les empoisonneuses et un bref instant, je jette un oeil sur la belle Themis, sachant pertinemment que ce sera certainement là sa partie. Je semble soudain me rappeler quelque chose :

- Vous savez ce qui donne du grain à moudre, si j'ose dire, aux hommes probes Domitia ? Ce n'est pas forcément la malveillance directe, c'est la négligence. Et je ne sais pas pourquoi mais il me vient soudain une certitude, c'est qu'on aura négligemment omis de verrouiller la porte de l'entrepôt où sont stockées les offrandes de votre famille, près du forum, et ce d'ici une semaine. Le régisseur de votre père a souhaité les stocker à part, qu'on sache bien d'où venaient les bienfaits... Il eut fallu avoir une garde civile moins tête en l'air sans doute.

La voie lui est désormais libre et si je ne fournis pas le poison, je lui donne les rumeurs et les moyens de répandre le mal. Et du haut de mes certitudes justement, pas une seule seconde je ne regrette le drame qui environnera bientôt ceux dont le désespoir est devenu le manteau.

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Dim 15 Mar - 15:12

« Per inania regna »
Publicola, Themis & Domitia

Poison. Un simple mot. Une simple « confidence » qui marquait pourtant une nouvelle étape de leur collaboration. Si jusque-là, ils avaient surtout parlé de détruire la réputation de la murène, et les actions qu’ils avaient entreprises dans ce but avaient été d’une tout autre nature. Aujourd’hui ils abandonnaient sans doute définitivement la chasse à l’affût pour se lancer dans une chasse plus active, qui ne s’arrêtera qu’une fois que le gibier serait à terre et incapable de se relever. Et peu importait finalement le fait que pour cela, elle devait donner à Publicola des informations dont il pourrait se servir pour la faire tomber elle. Dans le jeu des intrigues, il fallait parfois prendre des risques si l’on voulait avoir une chance de réussir. Et pourtant, bien des doutes s’étaient formulés dans son esprit. La question de savoir si elle était allée trop loin était sans doute celle qui revenait le plus souvent. Et si Publicola s’était joué d’elle depuis le début ? Sauf qu’en exposant à Publicola le plan qui germait dans son esprit depuis quelque temps déjà, Domitia venait de franchir son Rubicon à elle: si jusque-là, il y avait toujours eu certaines limites qu'elle avait pensé ne jamais franchir dans sa quête de vengeance, celles-ci venaient de s'effacer une bonne fois pour toutes. Désormais, il était bien trop tard pour ne serait-ce que songer à revenir en arrière. Heureusement pour la jeune femme, le duumvir semblait être d’humeur généreuse ce soir, puisqu’il la délivra rapidement de ses doutes. Ce petit rictus bien plus significatif que ne l’auraient pu être des mots avait à la fois quelque chose de rassurant et d’encourageant. Non, il ne la laisserait pas tomber, elle était désormais persuadée.

«  Vous parviendrez toujours à me surprendre mon cher Publicola. » répliqua la jeune femme, un sourire dessiné sur les lèvres. Bien que cela n’ait sans doute pas été l’intention du duumvir, cette petite initiation à l’histoire de Pompéi avait pour effet de confirmer ce que la jeune femme avait déjà pensé quelques instants plus tôt : Publicola était de la partie. Sinon, pourquoi évoquerait-il le nom d’un de ses précieux contacts devant elle ? Cela ne pouvait dire qu’une chose : il lui faisait confiance – du moins jusqu’à un certain point -, et cela était déjà une victoire en soi. Et surtout, cela semblait vouloir lui prouver qu’elle avait eu raison de lui confier son plan. Bien sûr, elle aurait pu le faire seule, mais sans les bons contacts, l’affaire risquait fort d’être étouffée avant qu’ils n’atteindraient une dimension suffisamment importante pour nuire à la murène. En d’autres mots, sans de bons alliés, cela aurait été une prise de risque inutile. Mais avec Publicola de son côté… il y avait de forte chance que cela n’aboutisse.

« Si je me suis tournée vers vous, c’est que je ne doutais pas que vous aurez les moyens nécessaires pour donner une toute autre dimension à cette intrigue… j'espère seulement que votre ingéniosité surprendra autant nos ennemis qu'elle n'aura su me surprendre. »

Pendant un bref instant, Domitia songeait à sa rencontre avec le jeune Loreii. Se doutait-il qu’un de ses partisans ne soit un sbire de l’homme qu’il blâmait pour bien des malheurs ? Enfin sbire… si l’on se fiait à ce que venait de raconter le duumvir, il était parfaitement imaginable que ce pauvre Vero ne se doutait même pas qu’il s’était fait manipuler dans cette affaire… et peut-être même dans d’autres. Dans tous les cas, si l’accusation viendrait d’un client des Loreii – les alliés apparents des Licinii, et surtout, des opposants des Pompeii – personne ne se douterait que le duumvir avait sa main dans cette histoire. Et même si leur intrigue n’aurait pas les résultats escomptés – que les dieux les en protègent – voir ce fameux Vero parmi les accusateurs risquait au minimum d’affaiblir l’alliance entre les Loreii et la Murène. Dans tous les cas, ils gagneraient.

« Avec l’aide des Dieux, d'ici la prochaine fois que vous conterez cette histoire, le soldat en question aura reçu une promotion au sein l’armée. » finit-elle par ajouter, un sourire malicieux dessiné sur ses lèvres.

Et au lieu d’un tribun, ce serait un legatus qui aurait succombé aux intrigues des Pompeii, voilà de quoi donner encore plus de prestance à l’anecdote. Surtout si l'on ajoutait que l'homme en question appartenait à la famille éloignée du Princeps. Sauf que c'était entre autre à cause de cela qu'il fallait espérer que cette relation familiale ne soit assez éloignée pour que la chute de la murène n'attire pas l'attention des plus puissants du royaume. Mais en même temps, Octave-Auguste n'avait jamais porté un intérêt particulier à cette branche éloignée de sa famille, et ce même si Murena avait combattu pendant plusieurs années à ses côtés. Alors pourquoi devait-il le faire maintenant ?

« Je n'ai certainement pas besoin de vous le rappeler, mais il possède des appuis haut placés à Rome. Il faut donc éviter à tout prix qu'il n'y ait le moindre doute concernant sa culpabilité. Je ne pense pas qu'ils entreprendraient quelque chose pour le soutenir, mais nous ne pouvons être trop prudents, d'autant plus qu'il n'a échappé déjà bien trop longtemps aux mailles de nos filets... Votre homme saura-t-il s'en occuper ? »

L'air songeur s'effaça rapidement du visage de la jeune femme lorsque son allié parla pour la première fois plus en détail de la mise en oeuvre de leur plan. Et sur un point, elle ne pouvait que lui donner raison : ce manque de prudence était une véritable tragédie. Un rire nerveux échappa des lèvres de la jeune patricienne.

« En effet, une telle négligence est bien regrettable »

Comme quoi, cette vision des choses ne faisait finalement qu'améliorer le plan initial : si l'empoisonnement des plus nécessiteux aurait certainement provoqué de fortes réactions, elles ne seraient que d'autant plus importantes si l'on apprenait que cela était du à un simple manque d'attention. Car si bien des personnes seraient certainement capables de tolérer parmi les magistrats de la ville une personne visiblement sans scrupules, elles ne fermeraient certainement pas de la négligence. Car si une personne n'était même pas en mesure de veiller à ce qu'un simple entrepôt ne soit bien gardé, comment pourrait-il prendre en charge la sécurité de toute une ville ? Plus que le caractère de la Murène, ils s'attaqueraient à ses capacités, dévoilant aux pompéiens que cet homme était loin d'être à la hauteur pour revêtir un poste important au sein de la cité.

« Après tout, si un homme est incapable de faire obéir ne serait-ce qu'un seul garde, comment pourrait-il être capable de veiller à la sécurité de la cité ? La jeune femme reprit un air plus sérieux, avant de continuer : mais n'ayez crainte, je ne manquerais pas de tirer avantage de cette situation. »

Quitte à provoquer le départ du garde par l'utilisation d'un laxatif par exemple... Maintenant que le plus dur était réglé, elles trouveraient un moyen pour parvenir jusqu'aux réserves d'une manière ou d'une autre. A plus d'une reprise, Themis avait fait preuve d'une grande ingéniosité pour parvenir à ses fins, et cela allait être une autre occasion pour elle de se prouver.
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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Mer 8 Avr - 11:56


C'est dans la froideur sépulcrale de Necropolis que les masques tombent et que les visages hideux, pire que ces faces mortuaires figées par la cire, se révèlent enfin. Il n'y a pas à dire, mais c'est souvent au coeur de la nuit que l'on murmure sur un ton empreint de légèreté les vices et que l'on silence les vertus. Nous sommes en train de jouer la réputation d'un ennemi à l'aune de plusieurs vies, celles déjà ravagées par la colère des dieux, et ce sans sourciller. Ni l'un, ni l'autre. Car nous savons que dans le combat qui s'annonce, il ne peut plus y avoir de demies mesures, qu'il faudra subir nombreux dommages pour révéler enfin celui qui fomente dans l'ombre la corruption de la cité. Qu'il faut enfin souffrir d'être taché soi-même pour arracher les fausses parures immaculées de la murène. Cela, je l'ai appris depuis fort longtemps. La probité se doit d'être le plus souvent préservée certes, mais on finit par se faire dévorer par les loups en adoptant les atours des agneaux. Alors que prétendre en être un pour ensuite égorger celui qui se prend pour votre prédateur, est là la solution la plus efficace. Je me demande toutefois si Licinia est prête à emprunter cette voie sans retour et s'il est de mon devoir de l'avertir, peut-être de l'en garder. Je ne peux malheureusement pas me passer de notre alliance, elle est par trop précieuse pour renoncer.

Alors j'expose à Domitia les trames vicieuses des complots, les fils à faire jouer, ceux à trancher aussi. Si je ne peux pas la garder de cette voie obscure, je peux sans doute lui apprendre une partie de ce que je sais, afin qu'elle devienne la partenaire de complots à ma juste mesure. Dévoiler à ses grands yeux bleus ce que l'on peut tramer de pire pour voir notre justice triompher. La nôtre car la justice n'est pas universelle, et elle est tout sauf impartiale. Elle frappe là où l'on sait l'orienter, elle bâillonne ceux qui refusent de laisser la place, elle brise à jamais celui qui n'a su s'entourer pour protéger ses acquis. La justice pour notre cité que nous chérissons tous deux, c'est la disparition de Murena, qu'importe le moyen pour peu que le but soit enfin atteint.

- Et je vous surprendrai encore Domitia, jusqu'à ce que vous ne puissiez plus qu'être blasée par les retournements de situations, et vous en sortir toujours. Si pour arriver à nos fins il me faut vous apprendre cela, et sachant que vous y avez somme toute un don naturel, alors je le ferai.

Il s'agit plus de révéler l'existant plutôt que de façonner une personnalité que le vil pater s'est chargé de tailler dans la peur et la haine. Un homme qui ne sait garder son enfant de cela n'est pas digne d'exister.

- Quant à nos ennemis, sachez qu'ils nous attendent là où eux-mêmes se perdent. Ils s'attendent à ce que nous soyons acteurs de la reconstruction de la cité et nous le serons, ils s'attendent à nous voir verser des larmes sur les malheureuses victimes d'un énième coup du sort, rendus mourantes par là même où l'on souhaitait les secourir, et nous verserons des larmes. Car il faut justement être toujours là où l'on vous attend, pour avoir le loisir de frapper au coeur lorsque l'occasion se présente et ne laisser que la stupeur et l'angoisse dans des yeux ébahis, car ce jour précis, on ne vous attendait pas à cet endroit-là. C'est un cheminement fort long.

Alors qu'elle évoque les augustes appuis, je ne peux que sourire en coin. Ces appuis d'un Imperator fourbe donné à un plus fourbe que lui... Non rien à craindre. Ce qu'il y a de bien avec les personnages les plus vils, c'est qu'ils se gardent bien de prodigalité lorsque l'un des leurs est attaqué. Pour ne pas subir eux-même l'opprobre, ils cisaillent sur l'heure le membre vicié et le laissent alors gangréner, sans plus aucune attache. Les yeux innocents jugent cela bien cruel, les plus intelligents comprennent que c'est la seule réaction logique en pareille situation.

- Quand cet homme là flaire la misère populaire, il ne peut s'arrêter tant que justice n'est pas rendue. Et sa soif de voir les têtes tomber est aussi inextinguible que l'est son envie de servir les plus affaiblis. Ne vous inquiétez pas, si l'affaire s'ébruite, il broiera les doutes même s'ils ont lieu d'être, avec la hâte aveugle de voir le châtiment appliqué.

Je regarde ensuite Licinia comprendre tous les aspects de la négligence évoquée. Qui vote pour quelqu'un qui ne sait même pas sécuriser ses offrandes ? Qui fait confiance à celui qui est si oublieux ? L'affaire ferait grand bruit et on clamerait bientôt que voilà bien tel père tel fils, en moins calculateur pour le fils, ce qui est parfois pire. En politique, si l'on aime peu les ambitieux qui se mesurent à vous, on aime encore moins les négligents. Je hoche la tête pour ma comparse :

- Ravi que nous nous comprenions. Jusqu'à ce soir, j'étais loin d'en douter mais les saveurs de songes évanescents sont loin d'égaler celles de la réalité crue. J'ai hâte de voir Licinia, peints par les couleurs de l'horreur et de la cruauté, les vrais atours de votre père ainsi révélés. Sachez que je veillerai à ce que ces humeurs nauséabondes ne viennent pas vous éclabousser. On saura vite que le fruit est fort heureusement tombé bien loin de l'arbre.

J'incline une fois encore la tête, pour l'observer un long moment, regrettant sans doute en cet instant qu'elle porte ce nomen, puis je me lève. Bientôt, les ombres seront repoussées par le jour, nous serons contrains de quitter leur séjour, de substituer aux murmures les voix pleines et presqu'enjouées, de troquer aux complots la vie courante certes moins rocambolesque. Il est grand temps pour nous de revêtir nos costumes de scène, ceux de l'aimante fille et du vertueux duumvir.

En rabattant mon pallium sur ma tête, j'ajoute d'une voix rendue sépulcrale par l'écho du tombeau : "Une semaine à attendre, qu'est-ce pour toute une vie de félicité ?"

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Message(#) Sujet: Re: PER INANIA REGNA ••• pv publi Jeu 25 Juin - 19:31

« Per inania regna »
Publicola & Domitia

Alors que les ombres commencent doucement à s’allonger dans la nécropole, un frisson parcourt la peau de la jeune patricienne. Ce n’est point l’évocation du méfait à venir qui provoque cette réaction en elle, mais bien le souvenir d’une mésaventure passé qui revient régulièrement la hanter, et ce particulièrement au crépuscule, où derrière chaque ombre elle doit craindre n’apercevoir le visage peinturluré de ce gaulois. Mais non, elle ne doit pas se laisser distraire de son objectif, et encore moins penser à ce fou… Ou justement, si ? Car si ses souvenirs étaient exacts, il avait laissé entrevoir qu’il pourrait lui être de service moyennant quelques petites pièces. Et n’était-ce pas là la solution idéale que de se servir d’un intermédiaire dont personne ne pouvait se douter qu’il était lié à elle ? N’était-ce pas justement ce que Publicola faisait, lui aussi ? Peut-être le fou pourrait-il lui servir de diversion ? Mais pour cela, il aurait valu l’approcher une fois de plus… et c’était bien là que tout le plan semblait s’effondrer, puisque la jeune patricienne n’était pas prête à une telle rencontre. Ni le serait-elle dans un futur proche. Et puis, inclure une personne de plus dans leur plan, n’était-ce pas prendre d’avantage de risques ? Pour l’instant, ils n’étaient que trois à connaître le contenu de ce complot. Et donc que trois personnes susceptibles de le faire échouer. Que deux personnes qui pouvaient éventuellement la trahir pour servir leurs propres intérêts. Et sans doute valait-il mieux ne pas agrandir ce petit comité en incluant un homme dont la seule chose qu’elle savait était qu’il provoquait en elle un plus fort sentiment de peur que quiconque auparavant.  Non, ils étaient déjà assez de personnes au courant. Et puis, trois n'était-ce pas un chiffre très adapté à la situation ? C'était le nombre des Parques ? Mais contrairement aux déesses du destin, ils ne prétendaient pas décider du destin de tout homme, uniquement de précipiter la fin d'un seul.

Ecoutant avec intérêt les paroles pleines de sagesse de la part de son partenaire de complot, la jeune femme ne put s’empêcher de se demander une chose : où est-ce que la murène l’attendait, elle ? A vrai dire, elle avait beau faire de son mieux pour se rapprocher de son père – non pas par amour filial comme elle essayait de le lui faire croire, mais par pur intérêt – elle avait bien du mal à comprendre les sentiments de ce dernier à son égard. Certes, il semblait accepter ces attentions de la part de son aînée, et même y être sensible puisque la distance qui les séparait depuis le meurtre de Quintus commençait lentement, mais sûrement, à s’amenuiser. Mais que pensait-il au juste d’elle ? Et plus important, de quoi la croyait-il capable ? Voilà des questions auxquelles elle allait devoir trouver des réponses, mais comment ? Ce n’était pas comme si elle pouvait s’avancer dans le tablinum pour les lui poser… Mais un problème à la fois. D’abord, elle avait son rôle à jouer dans le complot qui se préparait à l’ombre de la nécropole, et qui savait ? S’il réussissait, elle n’aurait peut-être plus jamais besoin de se poser de telles questions. Et il réussirait, il n'y avait pas de doutes possibles à ce sujet. Il s'agissait plutôt de savoir quelles en seraient les conséquences : la murène serait-elle vaincue d'un simple coup ? Ou cela ne ferait qu'apporter un coup rude à la réputation du pater familias des Licinii ? Quoiqu'il en soit, Domitia et son allié en sortiraient vainqueurs. A moins que la murène ne finisse par s'apercevoir de quelque chose... et avec chaque minute passé à la nécropole, la probabilité d'une telle chose augmentait. Bien sûr, personne ne risquait de les surprendre ici - l'endroit était bien trop peu fréquenté pour cela -, mais, bientôt, son garde retournerait aux thermes pour l'y attendre, et il fallait à tout prix qu'elle y retourne avant. Ou, pour reprendre les mots du duumvir, il fallait qu'elle soit là où on l'attendait... et ce dans tous les sens du terme, visiblement. Mais avant de partir, il restait encore un dernier détail à régler, et celui-ci n'était pas des moindres, puisqu'il concernait l'étendu de ce scandale. Car si la jeune patricienne était prête à bien des choses pour nuire à son père, elle souhaitait tout de même éviter que ces actes n'entacheraient à jamais le nom de sa gens. Ce dernier devait toujours être respectable une fois que Tiberius prendrait enfin la place qui lui revenait de droit ! Mais Publicola semblait déjà avoir pensé à ce "détail", puisqu'il la rassura avant même qu'elle ne puisse aborder la question.

"Je vous en serais reconnaissante. se contenta-t-elle de répondre d'une voix douce, avant d'enchaîner : Vous avez bien raison, une semaine d'attente n'est rien... et tout à la fois."

Une semaine. Sept jour. Un délai qui pouvait paraître bien court, insignifiant même, s'il était comparé à la durée de vie d'un homme, et pourtant, quelque chose disait à la jeune femme que ces sept jours risquaient bien de lui paraître interminables.

"Mais maintenant, mon cher, je crains devoir vous quitter si mon absence doit rester inaperçue. Ce fut, comme toujours, un plaisir de s'entretenir avec vous."

S'entretenir... Voilà certainement un grand euphémisme pour décrire leurs rencontres. D'un signe de main, Domitia indiqua de son esclave de la suivre, avant de s'éloigner d'un pas rapide.

"Dommage qu'il a déjà une épouse. murmura-t-elle, une fois qu'elle s'était suffisamment éloignée du duumvir. Car pour un homme de cette trempe..."

La fin de sa phrase restait en suspens, car elles venaient de quitter la nécropole pour rejoindre la route, mais il n'était pas bien difficile de deviner où elle voulait en venir : si son père saurait lui choisir un tel époux, alors elle ne se rendrait certainement à la cérémonie du cum manu en traînant des pieds...

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