[Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Villa des Septimii
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Empire
Ven 7 Mar - 1:56
[Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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₪ Arrivée à Pompéi : 18/10/2013
₪ Ecrits : 3202
₪ Sesterces : 400
₪ Âge : 21 ans
₪ Fonction & Métier : Au service de Kaeso Ausonius Faustus. Voleur à ses heures perdues, vacant entre une auberge et un lupanar.

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₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Plusieurs femmes l'habitent, mais une seule a su le kidnapper.
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Naissance et Renaissance
Aurea & Niger

Niger était allongé sur son lit. Enfin, sur cette espèce de paillasse à peine recouverte d’une peau de mouton qui lui servait de lit. Il avait les mains croisées derrière son crâne et regardait attentivement les poutres du plafond. Son insulae était assez lugubre, vraiment trop petite, mais au fond, elle lui correspondait bien. De toute façon, bientôt il déménagerait pour quelque chose de plus grand ; pourquoi dépenser son argent dans des meubles dès maintenant, alors qu’il pouvait encore économiser, et tout dépenser pour son prochain chez-lui ? C’était là son  côté Ausonii qui ressortait, son côté radin, rat. Mais ce n’était pas si grave, ça partait d’une bonne intention. Quand il aurait trouvé une femme à épouser, il changerait de standards, mais pour l’instant, ceux avec lesquels il vivait lui convenait parfaitement. Et puis au moins, ça donnait l’illusion aux gens qu’il était pauvre, alors que finalement, il ne l’était plus tant que ça. Bien sûr, n’allait pas penser qu’il coulait sous l’or, bien loin de là, mais disons qu’il ne s’en sortait pas si mal que ça. Après quatre ans d’affranchissement, Niger pouvait être fier de lui ; il était rapidement passé d’esclave qui ne possédait rien à homme libre qui s’enrichissait rapidement. Bref, les gens ne le voyaient néanmoins comme un homme qui cache ses réserves de sesterces sous le plancher de son insulae, mais plutôt comme un homme qui ne savait plus où chercher pour trouver quelques malheureuses pièces d’or… Et c’était tant mieux. On se méfie beaucoup plus facilement du riche que du pauvre. Niger pouvait donc tracer sa petite route sans avoir trop de personnes sur son dos à regarder quels chemins il empruntait.

S’il était parvenu à s’enrichir, ce n’était pas par hasard ou par chance. Il n’avait pas trouvé un coffre rempli de pièces d’or, il n’avait pas hérité de la fortune d’un ancêtre lointain. Il devait tout cela à ses efforts personnels. L’affranchi trimait au travail, n’hésitait pas à se rendre utile plus longtemps que nécessaire à la taverne, à faire des choses qu’il n’avait pas forcément besoin de faire, et ce pour être sûr que son employeur le paye bien. Et puis, Niger ne rechignait jamais quand on lui demandait des services, payés bien sûr. Déjà, les Ausonii étaient connus pour être, en plus des meilleurs taverniers de la ville, les meilleurs commerçants d’informations possibles. Vous avez besoin de découvrir quelque chose sur quelqu’un ? Pas de problème, donnez une bourse, bien remplie de préférence, au chef de famille, et il vous trouvera les informations que vous cherchez en un rien de temps. En plus d’être un petit espion au service des Ausonii, il se faisait aussi parfois son propre patron, cherchant lui-même des clients, sans passer par l’intermédiaire de Kaeso. Trouver un client était la chose la plus difficile, mais après, ce n’était que du bénéfice. Le travail était beaucoup plus intéressant, et surtout, par-dessus tout, beaucoup plus fructueux. Niger avait quelques clients fréquents, auxquels il avait presque juré fidélité et loyauté (bien qu’en réalité, il ne serait fidèle et loyal pour toujours qu’à sa famille, et personne d’autre). Puis, il avait d’autres clients, moins fréquents, moins réguliers, mais pour lesquels il faisait un tout aussi bon travail. Quoi qu’ils demandent, la discrétion était de prime. Niger connaissait beaucoup de secrets sur beaucoup de personnes de la ville. Il aurait pu revendre ces secrets, qui avaient pour certains, il en était sûr, une très grande valeur, pour lesquels il aurait pu se faire beaucoup d’argent. Mais le jeune égyptien avait fait le choix opposé, il garderait les secrets jusqu’à sa tombe ; ainsi, on ne pourrait jamais, ou presque, l’accuser de trahison. Il effectuait un travail sérieux, réussissait presque toujours les  missions qu’on lui attribuait. Le bouche à oreilles fonctionnait bien, il avait toujours plus de clients. D’ailleurs, il avait bientôt rendez-vous avec un nouveau bienfaiteur, ou plutôt, une nouvelle bienfaitrice. Qui l’eut cru, n’est-ce pas ? Les femmes à Pompéi demandent pourtant assez régulièrement l’aide de Niger quand elles ne veulent pas se salir les mains. Cette femme-là, qui le demandait ce soir, ce n’était pas n’importe qui. Elle s’appelait Aurea, ça vous aide à comprendre ? Pompeia Septima Aurea. Fille d’un des patriciens les plus importants de la ville, femme du duumvir Septimus. Et tout ça à dix-sept ans à peine. Dix-huit, tout au plus. Pourquoi avait-elle besoin des services d’un « homme à tout faire » tel que Niger ? Ce dernier n’en avait pas la moindre idée, c’était à cette question qu’il réfléchissait, allongé sur son lit.

Le jour feintait derrière lui, la fenêtre laissait passer les derniers rayons rougeauds du soleil. Il serait bientôt l’heure d’y aller. Mais avait cela, Niger tentait de se souvenir de tous les détails de la dernière fois qu’il avait croisé la route de la Pompeia, car ce ne serait pas la première fois qu’il lui parlerait, ce soir. Il l’avait déjà rencontrée, il y avait de cela quatre ou cinq années. Etait-il déjà affranchi, à ce moment-là ? Il ne savait plus. Peut-être. Replongeons-nous dans ce passé, voulez-vous ?

***

Un jeune homme vêtu d’une tunique beigeâtre marchait d’un pas pressé dans les rues de la cité Pompéienne. Il faisait terriblement chaud ce jour-là, le soleil tapait des rayons meurtriers sur toute la ville. L’ombre était rare, le sol s’asséchait, l’eau se faisait plus dure à trouver. Heureusement, l’air marin rafraîchissait un peu le tout, et encore, la plupart des vents étaient bloqués par l’immense montagne sur laquelle était installée Pompéi. Le jeune homme quittait le quartier des Stabies pour rejoindre la périphérie de la cité ; il devait se rendre à la Maison d’une de ces riches familles patriciennes de Pompéi, si merveilleusement renommée « Villa des Mystères ». Peut-être voulez-vous que je vous le décrive rapidement physiquement ? Disons qu’il était dans cet âge où on ne sait pas s’il est plutôt un vieux garçon ou un jeune homme. Son corps était toujours assez dégingandé, bien qu’il arborât déjà une musculature adulte. Quelques poils bruns assombrissaient son visage bien qu’il fût toujours incapable de se laisser pousser une barbe digne d’un vrai homme. Sa mâchoire était bien faite, forte, ses pommettes saillantes. Il avait le regard dur et direct, comme on le lui avait enseigné. Sa tunique était trop courte parce qu’il grandissait trop vite et qu’on rechignait à lui en acheter une nouvelles, et de la même manière,  ses sandales étaient particulièrement usées. Ses cheveux noirs étaient plus longs que d’habitude, ils tombaient le long de sa nuque, ce qui n’aidait quand il faisait si chaud ; quelques gouttes de sueurs perlaient d’ailleurs sur sa nuque. Il avait les mains sales, sa tunique était largement tâchée, mais pour le reste, il avait l’air plutôt propre. L’apparence classique d’un esclave bien traité, en somme. Ce jeune homme, ou ce vieux garçon, comme vous préférez, s’appelait Niger – à cause de la couleur de ses cheveux et de ses yeux, il était au service de la famille Ausonii et ce depuis qu’il était né, ou presque. Il effectuait un travail pour eux, d’ailleurs : il devait se rendre à la Villa des mystères pour y discuter affaire avec le maître des lieux. Il n’était pas mécontent, il prenait l’air, au moins. Et puis, c’était les Pompeii … le maître de Niger avait apparemment assez confiance en ses capacités de marchandeur pour le laisser aller dans une des familles les plus influentes de Pompéi pour lui. Niger souriait à cette idée. S’il savait ; quelques mois plus tard, sa vie changerait. Il passerait d’esclave à affranchi en l’espace d’une nuit, parce qu’il aurait fait la bonne action qui lui vaudrait la liberté. A dix-sept ans, Niger passerait d’une chose qu’on possède à une chose qui peut posséder. M’enfin, à ce moment-là de l’action, loin de lui cette idée ; c’était à peine s’il se permettait de rêver de cette potentielle libération, tant il avait peur d’être déçu.

Bref, la Villa des Mystère se tenait à présent face à lui. Des gardes lui indiquèrent l’entrée qu’il devrait prendre s’il voulait parler au maître des lieux ; les esclaves ne passaient pas par la grande porte. Cette maison était magnifique. Construite en marbre et en autres belles pierres, des dorures ornaient de l’intérieur jusqu’à l’extérieur, les bois étaient magnifiques, même la porte réservée aux esclaves était belle. Il passa donc par les cuisines, croisant plusieurs personnes de son espèce, des esclaves, qui lui indiquèrent le chemin. Leur maître l’attendait dans une espèce de pièce à laquelle Niger ne parvenait pas à donner de nom. Un espèce de cloître au croisement entre plusieurs couloirs, au milieu de rien mais au centre de tous. Les meubles étaient magnifiques, tout était coloré, brillant, propre. Pas un rat ne courrait derrière les armoires, pas une tâche sur les murs,  tout sentait le bon et surtout, par-dessus tout, le luxe. Lucius Pompeius Publicola se tenait là, dans cette pièce indescriptible, droit et fier. Il jetait une aura incroyable, même en se taisant, on savait que c’était un des hommes les plus charismatiques de la cité. Niger trouva son regard intense en quelques secondes et y planta ses iris sombres. Il avança jusqu’à ce qu’ils ne soient séparés que par un petit mètre, et finit par le saluer en baissant un peu le crâne, en signe de soumission, les mains derrière le dos.

« Ave, je suis l’esclave de Kaeso Ausonius Faustus. J’ai besoin d’informations complémentaires pour demain. C’est moi qui vous amènerai les louves. Vous pouvez m’appeler Niger. »

Le patriarche hocha la tête. Il voyait apparemment très bien de quoi l’esclave parlait, et il ne se dérangeait pas pour le dévisager. Il devait certainement se dire que le gamin qu’il avait face à lui était peut-être trop jeune pour le boulot qu’on lui confiait. Etait-il digne de confiance ? Allait-il savoir être discret ? Ecouterait-il bien toutes ses instructions, s’en souviendrait-il, les suivrait-il au pied de la lettre ? Niger ne parla pas, mais soutint son regard épiant. Il ne devait pas décevoir son maître. Il devait rentrer chez lui en contrôle sur la situation. Ça n’allait pas être si compliqué. Il devrait juste très bien écouter ce que le patricien lui disait, et même si la concentration n’était pas son fort, il ferait un effort.

« J’aimerais savoir combien vous en voulez ; devront-elles porter une tenue particulière ? Par où les ferai-je rentrer ? Et vous voulez qu’elles soient là, disons uniquement pour danser, ou pour … plus ? »


***

Niger avait un sourire aux lèvres, maintenant ; oui, c’était comme ça que tout avait commencé. Première affaire qu’il avait eu à régler avec un Pompeii : des putes. Il se souvenait maintenant combien il avait été impressionné à la fois par la Villa et par ses habitants, et comment il avait tenté de le cacher, jouant au fier alors que son cœur battait à mille à l’heure. C’était un temps révolu, un temps d’esclavage, un temps de peur. Maintenant, Niger était libre de choisir ses clients, et il n’avait plus peur de les décevoir, il se savait doué. Et puis maintenant, Lucius Pompeius Publicola lui demandait fréquemment quelques petits services, preuve qu’il n’avait pas dû être si mauvais, ce jour-là. Où était Aurea, dans cette affaire, me demanderez-vous. Oh, ne vous en faites pas, elle est là, tout près. La petite espionne. Mais elle apparaîtra bientôt, pour le meilleur et pour le pire.

(c) sweet.lips


Brother & Sister
Lucia et Niger


Dernière édition par Ausonius Niger le Mar 11 Mar - 1:04, édité 1 fois
Mar 11 Mar - 0:54
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Pompeia Aurea ∞ Ausonius Niger

Naissance et Renaissance.
Quel drôle de tableau. Venus et Vulcain. D'un côté du lit, une jeune femme, dans la fleur de l'âge, dont le corps n'était recouvert que d'un drap. Et de l'autre, un vieil homme, loin d'avoir été aussi gâté par la nature que la belle à ses côtés. Il ne s'agissait ni plus ni moins, en réalité, que d'Aurea et de son époux. Elle le haïssait. Sa simple vue la dégoûtait totalement. Et pourtant, elle n'avait d'autres choix que de supporter ses assauts lubriques en épouse docile. Oh, elle avait déjà tenté maintes malices pour lui échapper, jusqu'à utiliser quelques herbes qu'on lui avait fait parvenir pour le forcer à s'endormir une fois le soir venu. Mais, cette fois-ci, elle n'avait pas pu prévoir le coup. Pauvre petite, n'est-ce pas ? Enfin. Le seul point positif à tout cela, c'est que cette « relation » qu'ils venaient tout juste d'avoir était une sorte d'au revoir, avant qu'il ne parte on ne sait où. Il lui avait bien fait part de sa destination, évidemment, mais Aurea n'en avait rien écouté, bien trop euphorique à l'idée d'être libre pendant quelques jours. Qu'il parte donc, et ne revienne jamais. Si seulement une telle chose pouvait être possible. Demain encore, elle retournerait au temple, et prierait sa chère Venus. Seule elle pouvait l'aider à arranger sa situation. Qu'elle fasse donc rouler un rocher sur lui. Qu'elle réclame à Zeus de le foudroyer. Qu'importe, mais qu'il ne revienne plus.

Et puis, le fait qu'il ne soit pas là, ce soir, allait surtout lui permettre de mettre certains de ses plans à exécution. Ne jamais juger un livre de part sa simple couverture. Il n'y avait pas meilleur proverbe pour définir la belle Pompeia. Sous ses airs candides, sous sa beauté virginale, se cachait en réalité... La digne fille de son père. Certes, si elle ne partageait pas l'ambition de celui-ci par moments – notamment lorsque cela impliquait pour elle un mariage forcé avec une véritable antiquité ayant plus du triple de son âge -, elle n'en était pas néanmoins tout aussi maligne, tout aussi adroite, et les complots commençaient peu à peu à prendre part à vie. Circea lui avait conseillé d'assurer ses arrières. Et, Aurea était décidée à l'écouter. La jeune romaine, étant loin d'être un exemple de sagesse, avait de quoi se faire du soucis. Elle était infidèle à son mari. Et collectionnait les amants. Il ne la satisfaisait pas, il ne le pouvait, de toute manière, vu son âge et celui de la belle plante qu'elle était. Alors elle se plaisait à trouver du réconfort dans des bras plus forts. Et puis, ce serait mentir que de dire que cela ne lui plaisait pas d'arriver, entre guillemets, à fidéliser les quelques gladiateurs qui partageaient régulièrement sa couche. Tous semblaient apprécier le physique de la Venus plus que celui d'aucune autre, et le montraient de par leurs réactions, de part leur comportement. Son ego de femme en était évidemment tout aussi comblé. Et... Elle n'était donc pas prête à arrêter son petit manège. Or, il semblerait que quelques individus malhonnêtes et malintentionnés à son égard soient en possession de ces informations fort compromettantes. Qu'adviendrait-il d'elle si son secret venait à éclater ? Septimus aurait sûrement une crise cardiaque, ce qui ne serait pas plus mal. Mais son père. Son père ne s'en remettrait sûrement jamais. Elle était une Pompei, malgré tout. Et oh combien ce rang lui semblait difficile à porter, parfois.

Son projet était donc de contrecarrer leurs plans, en détenant autant d'informations sur ces gens malhonnêtes qu'eux n'en détenaient sur elle. Un peu d'égalité, que diable ! Et puis... Advienne que pourra. Pour ce faire, sous les conseils d'amis fidèles, elle demanda alors les services d'un certain Niger. Ce nom... Ce nom ne lui était pas inconnu, en réalité. Seulement, elle avait bien du mal à se remémorer exactement de qui il s'agissait. Mais sûrement qu'il lui suffirait d'un coup d'oeil pour que ses souvenirs d'enfant ne soient remis au goût du jour.

Oui. Elle le connaissait, ce Niger. Comment la fille Pompei pouvait-elle connaître un esclave ? Aha. Mais l'on ne parle pas de n'importe quelle fille Pompei ici, attention. C'est de la malicieuse Aurea dont il est question. Et autant dire qu'elle était aussi curieuse et avide de connaissances à l'époque qu'elle ne l'est aujourd'hui. Sa mère lui avait souvent dit qu'il fallait se tenir au courant du moindre détail pour avoir le contrôle sur sa destinée. Rien n'étant plus important, pour une femme. Et la petite blonde, en jeune fille obéissante, suivait alors cette recommandation à la règle. Elle passait ses journées et ses soirées à arpenter les couloirs de la belle Villa, qu'elle connaissait par cœur. Elle avait même fini par se trouver quelques petites cachettes, tout en mettant certains domestiques dans la confidence, qui étaient plus amusés par son comportement qu'autre chose. Car, soyons honnêtes, elle ne découvrait généralement que le plus futile, et cela ne restait donc, au final, qu'un jeu d'enfants. Néanmoins, ce jeu d'enfants finit par se révéler plutôt fructueux puisqu'il s'agit là de ce qui lui permit de faire la connaissance du fameux esclave.

Vêtue d'une jolie robe, ses bouclettes blondes chevauchant son dos, elle sautillait ici et là, derrière son père. Jusqu'à ce qu'il l'arrête et lui dise d'aller jouer plus loin, qu'il devait régler quelques affaires qui ne concernaient pas les plus jeunes. Il n'en fallut pas plus pour titiller sa curiosité. Et, discrètement, elle le suivit alors, rasant les murs, d'un pas agile. Elle savait se faire discrète, lorsqu'elle le voulait. Si elle prenait des risques ? Oh, comme dit plus tôt, cela ne relevait que du jeu d'enfants pour Aurea. Et puis, dans le pire des cas, que pourrait-il bien advenir d'elle ? Rien de grave, évidemment. Son père se mettrait sûrement en colère, avant de céder à son regard de chat potté, comme toujours. Ce n'est pas par hasard qu'Aurea est une jeune femme capricieuse. Cela n'est que la conséquence de son éducation : on ne lui a jamais rien refusé, on n'a jamais rien su lui refuser.

Des louves ? Mais de quoi parlaient-ils au juste ? Des louves, à la maison... ? Allaient-ils faire venir des animaux ? Si tel était le cas, Aurea voulait alors à tout prix assister à cette fête. Bien qu'elle n'en aurait sûrement pas le droit. Elle n'avait jamais vu de louves de sa vie. Oui, naïvement, cachée derrière un mur, et jetant quelques coups d'oeil en penchant la tête à travers la porte par moments, elle suivait attentivement leur conversation. Sans arriver à réellement comprendre le sens de leurs mots pour autant. Un esclave, d'un certain... Oh, elle n'avait pas retenu son nom et puis, peu importait ! Ce qu'elle avait surtout retenu, c'était qu'il s'agissait de louves. Voilà que maintenant les louves allaient porter des tenues. Voilà que maintenant les louves allaient danser ! Mais depuis quand les louves pouvaient faire tant de choses ? Elle n'y comprenait rien, la pauvre petite. Et était décidée à découvrir le fin mot de cette histoire.

Son incompréhension lui fit d'ailleurs baisser sa garde. Et elle ne se retira pas assez rapidement derrière son mur. Pas assez rapidement du moins pour échapper au regard de l'esclave qui échangeait avec son père. Audacieuse, elle n'hésita alors pas à lui sourire en posant son index sur sa bouche. Eh bien quoi ? Que gagnerait-il à la dénoncer, de toute manière ? N'était-elle pas la grande Pompeia Aurea ? Sûrement qu'il était prêt à faire un effort et à ne rien divulguer à son père. Qui n'en ferait pas pour elle, de toute manière ? Assurément personne !

Et puis, patiemment – mensonge, elle priait depuis près de cinq minutes pour qu'il cesse de parler, en réalité -, elle attendit le départ du chef de famille, penchant néanmoins la tête de temps à autres, afin de s'assurer du déroulement de leur conversation. Et lorsque ce fut enfin le cas... Libération ! A son tour de paraître en plein jour.

Du haut de ses quatorze ans, Aurea passait le plus clair de son temps à imiter les manières de grande dame de sa mère, Flavia. Et si à cette époque, elle ne possédait pas encore la grâce qu'elle aurait à ses dix-sept ans, elle n'en était pas moins irrésistible pour autant. Son regard malicieux, et son sourire mutin ne quittaient pas son visage. Elle s'avançait, les mains derrière le dos, après avoir vérifié à droite et à gauche qu'il n'y avait plus personne. Et elle lui tournait autour, le détaillant du regard. « Qui es-tu ? Et que viens-tu faire ici ? » Puis, trahie par sa curiosité, elle finit par se mettre face à lui, en lui demandant sur le ton de la confidence : « Vas-tu réellement apporter des... Animaux à mon père ? Des louves ? »
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Dernière édition par Pompeia Septima Aurea le Ven 16 Mai - 21:05, édité 1 fois
Empire
Ven 14 Mar - 14:34
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Naissance et Renaissance
Aurea & Niger

Beaucoup de choses avaient changé depuis cette première rencontre entre Aurea et Niger. A cette époque-là, la demoiselle s’appelait simplement Pompeia Aurea, et lui ne se nommait que Niger. Aujourd’hui elle était mariée, elle avait adopté le nom de son époux, et lui était affranchi, il portait depuis lors le nom de son ancien maître. Leurs situations familiales étaient donc complètement différentes. Aurea était en effet mariée, et pas à n’importe qui … Les épousailles de l’héritière des Pompeii avait fait grand bruit dans la cité : elle était devenu, à dix-sept ans, la femme du duumvir. Et pas n’importe lequel (évidemment, il n’y avait que deux duumvirs, et l’autre était son père) : le Septimus, le vieux, celui qui avait presque soixante-dix ans, donc plus du triple de son âge. Personne dans la cité n’en doutait : de tous les mariages arrangés au sein des Pompeii, celui-ci avait été le pire. Beaucoup avaient plaint la jeune fille, mais personne ne s’était non plus indigné. Ce sont des choses qui arrivent, surtout quand on naît patricien. Et puis le Septimus devait être content, non ? Une très jeune épouse pour lui, et un lien d’amitié et surtout une alliance encore plus forte avec la famille la plus puissante de Pompéi, ou presque ; il avait tout gagné. C’était un jeu politique dans lequel la blonde avait été jetée, comme mise en pâture au lion qu’était la politique pompéienne…

Elle était blonde, n’est-ce pas ? C’était néanmoins ainsi qu’il se souvenait d’elle. Il n’avait jamais eu l’occasion de la revoir, malgré ses affaires régulières avec son père Publicola ; mais il savait qu’il saurait la reconnaître, une fois qu’il la verrait, quand il la retrouverait, ce soir-là. Elle n’avait pas un de ces visages qu’on oublie, loin de là. Son air malicieux, son sourire mutin, ses yeux qui brillaient … Oh oui, Niger s’en souvenait comme si c’était hier …

***


Lucius Pompeius Publicola était un homme qui savait ce qu’il voulait. Il avait donné une liste d’instructions à l’esclave qu’était Niger, rapidement, ne le regardant même pas. Niger avait hoché la tête sérieusement, signe qu’il avait écouté attentivement, et surtout, qu’il avait compris. Et puis bien sûr, qu’il s’en souviendrait. Malgré son niveau d’exigences élevé, c’était un homme assez classique, avec des goûts disons … communs. Ne dit-on pas « dit-moi avec qui tu couches, je te dirais qui tu es » ? En tous cas, Niger s’amusait à comparer les différents clients du lupanar, à les ranger dans des cases. Lucius ne faisait pas partie des clients les plus inventifs, et encore moins des plus amusants. Il était témoin de tellement d’histoires, sa sœur lui racontait tellement de choses … Bizarrement, ou peut-être pas tant que ça, Publicola et son pire ennemi Murena faisaient tous deux partie de la même catégorie de clients très éxigeants, mais pas si joueurs. Le meilleur ami du Pompeius par contre, Marcus Vinicius … oh, lui c’était une autre histoire. La Murène et Publicola se contentaient souvent de regarder, bien trop amoureux de leurs femmes (ou de leurs maîtresses, allez savoir) pour faire plus que cela. A l’opposé, toutes les louves de Pompéi, particulièrement celles de Julia Felix, semblaient avoir partagé une couche avec le Vinicius. Bref, bref. Passons à des choses plus sérieuses après cette étude de la sexualité patricienne, voulez-vous ?

Après avoir donné ses instructions sur les louves, Pompeius partit dans un discours sur la discrétion, mais Niger n’écoutait déjà plus. Outre le fait que mine de rien, c’était un professionnel, et qu’il n’avait pas besoin d’être sermonné pour savoir qu’il ne fallait pas crier sur tous les toits que le patriarche des Pompeii organisait une soirée privée avec des prostituées, son attention avait de toute façon déjà été capturée par autre chose. Derrière un mur, il y avait une jeune fille, qui se cachait mais pas vraiment très bien puisque l’esclave n’avait pas tardé à la voir. Apparemment, elle voulait écouter la conversation. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur ses épaules, et son attention semblait fixée sur ce que son père disait – c’était son père, n’est-ce pas ? Cette jeune fille était la petite dernières des Pompeii, c’était certain. Elle ne ressemblait pas à une esclave, en tous cas. Elle avait cet air de patricienne alors qu’elle devait avoir une quinzaine d’années tout au plus. A l’opposé d’elle vous aviez Niger, le prototype même de l’esclave. Nonchalant, sale, avec des manières de rustre et aussi poli qu’un troupeau de bœufs. Oui, parce que c’était non seulement un esclave, mais son maître était Kaeso Ausonius Faustus. Les esclaves de la Villa des Mystères devaient être bien mieux élevés. Bref, Niger avait fait dévier son regard vers la petite et le patricien ne semblait pas s’en être rendu compte. Il se demandait s’il devait l’interrompre ; après tout, il était sur le point de briser l’innocence de sa fille, avec son discours sur les louves, peut-être valait mieux le lui dire ? Mais la demoiselle décida pour lui. Ne lâchant pas son air coquin, elle posa un doigt sur ses lèvres, en signe de silence. Alors comme ça, il n’avait pas le choix ? Si la Pompeia lui demandait de se taire, il devait lui obéir ! Subir ses représailles n’était pas le meilleur plan… Pas que ce soit la raison principale de son silence : il trouvait cela beaucoup plus drôle qu’elle écoute tout ce que son père avait à balancer plutôt que la dénoncer…

Bientôt – enfin – Lucius Pompeius Publicola se décidait à se taire. Il jeta un dernier regard à l’esclave, le genre de regard qui fait peur et qui dit « si tu me déçois je t’égorge », et il finit par faire demi-tour pour retourner dans ses appartements. Niger pria les dieux pour qu’il ne passe pas par l’endroit où était cachée sa fille, mais il prit un autre chemin. Niger se retrouva quelques secondes seul dans cette pièce, se demandant ce qu’il allait faire. Plusieurs idées se bousculaient dans son crâne : la première, c’était qu’il devait filer, au plus vite, comme on lui avait ordonné de le faire. Repasser par la porte de derrière, rentrer chez son maître, aller dire à Fulcinius que c’était bon, il avait fait le boulot qu’on lui avait demandé de faire. La seconde, qu’il devrait peut-être ralentir le rythme. Ne pas sortir tout de suite, mais plutôt aller explorer cette domus. Après tout, il devrait amener des louves le lendemain,  le maître des lieux lui avait parlé d’une certaine pièce, peut-être faudrait-il qu’il la trouve. Hmpf, ce n’était qu’une excuse, en réalité : s’il avait pensé à rester, ce n’était qu’à cause de la gosse. Elle l’avait rendu curieux, il voulait être sûr d’avoir bien deviné qu’elle était une des deux filles des Pompeii, savoir laquelle elle était, entre ces deux filles, d’ailleurs, la plus jeune ou la plus âgée ? Il y en avait une qui s’appelait … Virginia, et l’autre … comment s’appelait l’autre, déjà ? Aurea, ou quelque chose comme ça. Il fallait définitivement qu’il révise ses cours de société pompéienne, après  tout son maître était tout de même réputé pour être un des meilleurs espions de la cité, il fallait qu’il soit à la hauteur, et donc qu’il connaisse tous les membres des familles de l’élite patricienne, c’était absolument nécessaire. Alors donc, Virginia ou Aurea ? Le jeune homme pariait sur Aurea, allez savoir pourquoi. Il ne s’imaginait pas la Virginia aller espionner son père, par contre … Par contre l’autre, Aurea, elle pouvait être plus espiègle.
Pff, n’importe quoi, pourquoi pensait-il cela, de quels éléments avait-il pu déduire une chose pareille ? En réalité il n’en savait rien, il se disait juste que c’était plus probable dans ce sens-là que dans l’autre, m’enfin, allez savoir. Et puis en réalité, Niger voulait juste lui parler. Elle était intrigante, comme patricienne. A écouter aux portes comme ça, en toute impunité, alors que son père ne voulait très certainement pas être espionné, surtout pas à ce moment-là, surtout pas par sa fille. Encore moins par sa fille, d’ailleurs. M’enfin une nouvelle fois, ce fut la demoiselle qui choisit pour lui. Au lieu de disparaître comme son père l’avait fait dans les tréfonds de la grande maison, elle était sortie de sa cachette et s’était avancée vers lui. Il n’avait pas bougé d’un centimètre tandis qu’elle s’approchait de lui, marchant comme une grande. Elle avait mis ses mains derrière son dos qu’elle tenait très droit, la tête bien élevée – ne vous inquiétez pas, même avec ça elle était plus petite que Niger. Elle était jeune, fine, son corps de femme était à peine développé, et malgré cela, elle parvenait à impressionner l’esclave. Pas autant qu’elle l’espérait, certainement, mais elle pouvait être fière d’elle, Niger se laissait rarement impressionner par des personnes plus jeunes que lui, patriciens ou non.

« Qui es-tu ? Et que viens-tu faire ici ?  Vas-tu réellement apporter des... Animaux à mon père ? Des louves ? »

Niger éclata dans un grand rire silencieux – oui parce qu’il fallait être discret tout de même. Des animaux … Définitivement innocente, la gosse. Regardez le tableau : d’un côté vous avez celle qui a été couvée par son papa et sa maman et qui n’est probablement jamais sortie seule de chez elle, qui a appris à lire, à écrire et à compter dès l’âge de cinq ans, mais qui ne sait même pas dans quelle société elle vit. Et puis de l’autre vous avez celui qui a grandi entre les pattes d’une louve, et qui pourtant ne se prend ni pour Remus ni pour Romulus, parce qu’il sait très bien que ce n’est qu’une métaphore pour désigner les femmes qui exercent le métier le plus vieux de tous les temps. Celui qui a passé chacun de ses jours à arpenter sa cité, et qui pourtant n’avais jamais mis le pied dans une villa telle que celle-ci. Deux opposés, presque.
Niger tarda à répondre, se demandant une nouvelle fois ce qu’il devait faire : lui mentir, lui dire que oui, il ramenait des animaux sauvages chez elle, et seulement des femelles (parce que tout cela était très logique), ou devait-il plutôt briser son innocence en lui disant que son père payait pour coucher avec d’autres femmes que sa mère ? Il faut savoir que Niger est un garçon impulsif qui ne réfléchit jamais trop longtemps à ce qu’il va faire. Plantant ses yeux dans ceux de la demoiselle, il fit alors, un sourire plutôt narquois aux lèvres :

« Pardonnez-moi mais vous êtes bien naïve. Comment voulez-vous que je fasse rentrer des animaux tels que des loups chez vous, hein ? Réfléchissez un peu, vous ne pensez pas que c’est autre chose ? Que votre père ne demanderait pas à changer votre magnifique villa en ménagerie, et qu’il n’aurait de toutes façons pas besoin des services que je propose pour le faire ? »

Niger lui offrait une seconde chance de comprendre toute seule, mais il n’était pas sûr qu’elle y parvienne. Il finirait par lui dire, de toutes façons elle n’allait pas lui laisser le choix, elle avait l’air d’être ce genre de personne qui, une fois qu’une idée lui est rentrée dans la tête ne l’en fait jamais ressortir. Il avait parlé doucement, rapidement, dans un latin d’esclave, probablement décliné faussement et avec une intonation des rues. Il avait dû s’approcher un peu plus d’elle, pour être sûr qu’elle l’entendait bien. Il ne voulait pas qu’à nouveau, elle se méprenne.

« Je suis Niger, un esclave, et je ne suis que le messager de mon maître, qui n’a pas pu venir en personne pour régler cette affaire avec ton père. Vous êtes laquelle, vous ? Virginia ou Aurea ? »

Une question amène une réponse, n’est-ce pas ? Elle lui avait demandé son nom, il lui répondait. Mais une réponse peut amener à son tour une nouvelle question, ce que Niger fit, sans gêne aucune. Sans aucune politesse non plus, et pas plus d’infériorité, requise néanmoins : il lui était nettement inférieure, ce n’était pas une plébéienne qui parlait à un affranchi, mais une patricienne qui exigeait des réponses de la part d’un esclave. Pourtant il avait du mal à la prendre au sérieux après ce qu’elle venait de dire. Peut-être était-ce Virginia, finalement, pas Aurea.

***

Niger, toujours allongé sur sa couche, repensait à cette conversation un sourire aux lèvres. La pauvre, il avait sûrement brisé cette naïveté ce jour-là, et l’image qu’elle avait de son père aussi, très certainement. Allait-elle se souvenir de lui, se demandait-il maintenant ? Arriverait-elle à le reconnaître ? Il avait changé, depuis, de physique mais aussi d’état d’esprit. Et pourquoi une patricienne se souviendrait-elle d’un esclave, hein ? Lui il se souvenait d’elle comme si c’était hier, à présent qu’il venait de se remémorer cette première rencontre, mais elle … Oh, elle avait dû croiser la route de dizaines d’autres esclaves comme lui, alors que croiser une patricienne comme elle … Non, ça, ça n’arrivait pas tous les jours à Niger. Aurea apparaissait comme une figure unique et originale parmi toutes les personnes que connaissait l’affranchi. Elle ne ressemblait à personne d’autre.

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Mar 25 Mar - 20:46
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Pompeia Aurea ∞ Ausonius Niger

Naissance et Renaissance.
Oh oui, que le Septimus était heureux. Il était heureux d'avoir une si jeune épouse. Il était aussi heureux d'en avoir une jolie. Et il la promenait à son bras tel un trésor. Un trésor à en rendre jaloux et envieux plus d'un. Ils étaient jeunes, beaux, riches, mais n'avaient pu atteindre la Aurea simplement parce qu'ils n'en avaient pas le pouvoir. Au sens propre du terme. Lui, le vieux Septimus, avait réussi à faire ce qu'aucun d'eux, malgré leur fougue et leur jeunesse, n'avait réussi à faire. Et c'est ce dont il s'amusait. Néanmoins, ce n'est pas pour autant qu'il ne considérait la jeune femme que comme une poupée. Au contraire, il la chérissait, la couvrait de présents, de doux surnoms. Mais, elle ne voulait rien de tout cela. La belle blonde ne voulait que sa liberté. Liberté qu'elle ne pouvait retrouver que par sa mort. Alors, évidemment, elle souhaitait qu'il disparaisse. De tout son cœur. Il allait le faire dans le courant de la journée, et elle espérait qu'il ne reviendrait pas de si tôt. Elle ne se portait bien que lorsqu'il était absent. Au fond, le pauvre Septimus avait-il réellement de quoi être fier et fanfaronner tel un paon ? Il avait une jeune épouse, la Venus de la cité, mais elle ne ressentait que mépris et dégoût à son égard.

Marcus Vinicius. Niger comparait les lubies des uns et des autres, sûrement sans se douter que ce dernier était aussi de ceux qui désiraient la main de la toute jeune fille se tenant à quelques mètres de lui. Elle n'avait pourtant que quatorze ans, mais Aurea commençait d'ores et déjà à être courtisée. Elle n'était pas la fille de n'importe qui. Elle n'était pas n'importe qui. Et puis, son corps, et son visage, bien qu'encore juvéniles, étaient forts prometteurs. Elle avait tout hérité de la beauté de sa mère. Avec un brin de fraîcheur, qui la caractérisait tant. Ni plus ni moins qu'un soleil, le soleil de cette maison, qui ne cessait de briller et de s'amplifier alors que la Pompeia prenait de l'âge.

Mais pour le moment, plus que pour la volupté de ses courbes ou pour sa grâce, elle était surtout connue et appréciée pour sa malice. Oh oui qu'elle était malicieuse, et apprenait vite, très vite de ceux qui l'entouraient. Les fourberies des esclaves, elle s'en inspirait aussi. Mais, malgré toute la ruse dont elle pouvait faire preuve, elle n'en restait pas moins... D'une innocence incroyable, voire troublante. A croire qu'elle ne connaissait rien des travers du monde qui l'entourait. Et c'était le cas, en fait. Elle avait grandi dans une prison dorée. Elle ne savait pas même ce qu'étaient des louves parce que bien qu'elles étaient courantes dans les soirées patriciennes, Aurea ne les rencontrait jamais, restant avec sa mère. Curieuse, elle était donc venue à la rencontre de cet inconnu, en plein milieu de leur maison, qui avait prononcé ce terme. Louves. S'il allait réellement y avoir des animaux à une soirée, elle préférait être mise au courant suffisamment tôt pour préparer sa stratégie et faire un scandale afin d'être parmi les invités. Sauf que sa réponse... La refroidit totalement. Comment voulait-elle qu'il fasse rentrer des loups dans l'enceinte de la villa ? Mais qu'en avait-elle à faire, de la manière dont il s'y prendrait ? Allez savoir, ils arrivaient bien à faire venir des lions dans une arène, pourquoi pas chez les Pompei ?! Avec son petit air boudeur, la jeune Aurea rétorqua de sa petite voix : « Je ne suis pas naïve ! Et puis, père m'a promis qu'il ferait venir tout ce que je voudrais à la maison. Peut-être a-t-il su que je voulais voir des louves, et qu'il a décidé de m'en rapporter. La dernière fois, il a bien offert un tout nouvel étalon à Marcus ! Moi aussi, j'ai droit à mon animal ! » Eh bien oui, elle aussi y avait droit, voyons ! Et si Marcus avait eu un étalon, elle souhaitait recevoir une louve ! Et elle l'aurait, sa louve, un point c'est tout ! C'est plutôt lui qui était bien naïf. Oui oui, parfaitement.

Lorsqu'il s'approcha d'elle pour lui demander si elle était Virginia ou Aurea... Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire cristallin, dont elle seule avait le secret, avant de se reprendre et de répondre, un sourire en coin. « Je suis Aurea, l'aînée. Virginia n'oserait jamais suivre père, elle aurait bien trop peur de se faire gronder. Moi, je n'ai pas peur. Car père finit toujours par me pardonner. »

Aurea ne l'avait pas oublié, oh que non. Elle n'avait oublié que son nom. Mais la personne, l'esclave qu'elle avait rencontré ce jour-là, puis quelques jours plus tard, elle s'en souvenait encore. Il lui suffirait d'un coup d’œil pour que ses souvenirs refassent surface.
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Dernière édition par Pompeia Septima Aurea le Ven 16 Mai - 21:06, édité 1 fois
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Dim 13 Avr - 14:01
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Naissance et Renaissance
Aurea & Niger

Niger se releva de sa couche le sourire aux lèvres, prêt à partir chez la Septima. Le soleil offrait ses derniers rayons à la cité Pompeienne, et il s’était promis de ne pas être en retard. Il sortit alors de son insula, descendit les marches quatre à quatre, jusqu’à manquer de se casser la figure parce qu’une lanière de sa spartiate s’était accrochée à une vis mal enfoncée dans le plancher. Evidemment, ce petit accident ne fut pas sans témoin : un voisin de Niger, le bien nommé Cachetajoius (qui était en concubinage avec l’affreuse Troublefesta), était en train de monter les escaliers. Bien sûr, il ne put s’empêcher de sortir une remarque acerbe à Niger tandis que celui-ci accroupi tentait vainement de rafistoler la lanière qui avait été arrachée dans l’élan de sa descente :

« Tu vois cher voisin, si tu faisais comme moi et tu partais en avance, tu n’aurais pas à courir et tu ne casserais pas tes affaires ! »

Le concerné leva le crâne pour planter ses yeux dans ceux de son voisin. Par Isis, il avait décidément une tête de poisson-lune celui-là, avec ses grosses joues et sa bouche presque aussi ronde que ses yeux. Lâchant sa lanière de toute façon cassée, il se redressa pour pouvoir répondre tout aussi acerbement à ce Cachetajoius :

« C’est à moi que tu parles ? »

Le voisin soupira, comme exaspéré par l’insolence de son voisin l’affranchi. Il monta quelques marches, de sortes à se retrouver à sa hauteur, n’osant pas lâcher son regard, craignant certainement qu’il en profite pour le frapper, ou quelque chose comme ça. En tous cas, il devait lui rester quelques onces de courages, puisqu’il fit :

« Cher Niger, qu’est-ce que la vie t’as fait subir pour que tu sois toujours aussi violent, jusque dans tes paroles ? »

Niger s’esclaffa face à la connerie de son voisin. Décidément, jamais ils ne se comprendraient. Ça faisait quelques années maintenant qu’ils se côtoyaient, et jamais ils n’avaient réussi à entretenir une conversation plus de cinq minutes sans que ça se termine en crêpage de chignon. Pour Niger, si l’un des deux avait des problèmes avec sa vie, c’était celui qui avait la gueule de poisson-lune, pas lui ! Néanmoins, ce soir, il était de bien trop bonne humeur pour s’engueuler avec lui, et en plus de cela, il ne voulait pas être en retard !

« Cachetajoius, sache que je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... je ne suis qu’amour ! »

Niger lui adressa un clin d’œil avant de s’élancer de nouveau dans les escaliers, tout aussi vite qu’auparavant. Bientôt il était sur la Rue de Nola, marchant aussi rapidement que sa spartiate cassée le lui permettait, tentant de se rappeler de nouveaux détails sur la dernière conversation qu’il avait eue avec la Septima, qui à l’époque était d’ailleurs toujours une Pompeia …

***

« Je ne suis pas naïve ! Et puis, père m'a promis qu'il ferait venir tout ce que je voudrais à la maison. Peut-être a-t-il su que je voulais voir des louves, et qu'il a décidé de m'en rapporter. La dernière fois, il a bien offert un tout nouvel étalon à Marcus ! Moi aussi, j'ai droit à mon animal ! »

Avec sa petite voix boudeuse et sa réponse si mignonne, Aurea manqua de faire s’esclaffer de rire l’esclave ; or, il ne devait pas rire, pas fort, en tous cas : il ne fallait pas qu’il se fasse repérer s’il voulait espérer rester en vie. Discutailler avec une patricienne des affaires de son patriarche n’était pas la meilleure idée qu’il avait eut, m’enfin, pour l’instant il ne courait pas un grand danger, n’est-ce pas ? Il n’y avait personne à l’horizon. Peut-être ne faudrait-il néanmoins pas tenter les dieux trop longtemps et risquer leur courroux … Peut-être aurait-il dû partir en courant il y a bien longtemps, mais c’était probablement la dernière chose qu’il avait envie de faire. Du haut de ses dix-sept ans il usait de tout son courage juste pour pouvoir parler plus longtemps à cette gamine de patricienne de quatorze ans qui était tellement naïve qu’elle pensait que ses parents couchaient toujours ensemble, ou tout du moins que son père ne couchait qu’avec sa mère. Ô douce innocence.
Niger préféra oublier un instant la réponse de la demoiselle pour d’abord lui donner son nom et lui demander le sien. Il voulait savoir à laquelle des deux fameuses filles du patron de Pompéi il avait l’honneur de parler. Elles avaient des réputations très différentes, toutes les deux, et il voulait pouvoir se confirmer toutes ces rumeurs. Elle lui répondit qu’elle était l’aînée, Aurea ; puis, elle ajouta quelque chose qui fit sourire l’esclave :

« Virginia n'oserait jamais suivre père, elle aurait bien trop peur de se faire gronder. Moi, je n'ai pas peur. Car père finit toujours par me pardonner. »

A nouveau, elle avait joué à la grande personne. Il fallait avouer que ce rôle lui allait terriblement bien : elle se tenait droite, le menton relevé, ses yeux d’un bleu azur planté dans ceux de son interlocuteur. Elle avait d’ailleurs d’abord répondu à la question de Niger avec rire cristallin exceptionnel. Un rire qui donnait envie de rire avec elle, mais aussi de s’enfuir en courant. Même si Niger ne se l’avouait pas, elle l’impressionnait terriblement, cette gamine.

« J’espère que vous saurez pardonner votre père à votre tour, quand je vous dirai qui sont réellement ces louves. Vous êtes toujours sûres que vous voulez vraiment le savoir ? Ça n’a rien avoir avec vous, ou avec le cheval de votre frère, je vous préviens … »

De toute façon il allait lui dire. Il le sentait, elle était bien trop curieuse. Comme un chien avec son os, elle ne voudrait pas lâcher le morceau. Elle lui tournerait autour avec ses airs de grande personne jusqu’à ce qu’il avoue. Merlin, elle était douée. Le Pompeius lui avait fait jurer de garder le silence, et qu’est-ce qu’il faisait la seconde d’après ? Il allait tout avouer à sa fille … Vraiment, quel était ce pouvoir étrange dont était doté cette Aurea qui lui avait délié la langue en l’espace de quelques minutes ?

« Pompeia, vous devez me promettre de ne rien dire à votre père, de ne rien lui reprocher. Vous le connaissez, il a beaucoup de pouvoir, et je ne tiens pas particulièrement à mourir aussi jeune, ni même à voir mon dos abîmé par une centaine de coups de fouets. Je peux vous faire confiance ? »

Cette fois, c’était l’esclave qui jouait de ses charmes. Il s’était approché un peu plus de la jeune femme, avait laissé glisser ses iris encore plus loin dans les siens. Il avait parlé d’une voix basse et du coup plus rauque qu’à la normale. D’apparence, c’était sûrement juste pour ne pas se faire entendre. En réalité, c’était peut-être pour, à son tour, impressionner la demoiselle, et faire battre son cœur un peu plus fort. Celui de l’esclave, en tous cas, battait à mille à l’heure. Etait-ce la situation ou la jeune fille qui lui faisait cet effet-là ? Sur le coup, il aurait dit la situation. C’était dangereux, interdit, tout ça, évidemment que son palpitant s’accélérait. Mais à présent, il en était sûr, ce n’était pas ça, ou pas que ça, du moins : c’était elle.

***


Niger ralentissait sa marche, à présent. Il ne fallait pas qu’il soit trop à l’heure non plus, n’exagérons rien, il avait tout de même une réputation à tenir, Pompeia Septima Aurea ou non. La nuit tombait, à présent. On était en hiver, le soleil se couchait tôt, au désespoir de l’affranchi qui se délectait de ses rayons et surtout de sa chaleur. M’enfin, ce soir-là ce n’était pas l’heure du couchait du soleil qui le préoccupait le plus, point du tout, même. Non, il était plutôt obnubilé par l’idée qu’enfin, enfin, il allait la revoir. Après quoi, cinq ans ? Cinq ans passés à se souvenir de cette première rencontre, enfin il allait la retrouver. Elle aurait certainement grandit, elle était une femme maintenant, elle était mariée, tout ça. A nouveau, le cœur de Niger battait plus fort, plus vite. Etait-ce la marche rapide qui l’avait fatigué ? Ou était-ce autre chose ? Cette femme, à nouveau, qui lui faisait de l’effet, alors qu’il n’était même pas encore face à elle ? A nouveau, Niger ne voulait se l’avouer : non, c’était la course. Pas la femme. N’est-ce pas ?

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Ven 16 Mai - 22:00
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Pompeia Aurea ∞ Ausonius Niger

Naissance et Renaissance.
Naïve ? Elle ? La petite Aurea ? L'aînée des filles ? Jamais voyons, jamais ! Même son papa, il le lui disait : elle était la plus futée, la plus belle, la plus cultivée, la plus intelligente... La plus tout de tout ce qui pouvait exister sur cette planète. Et, naïvement... La patricienne y croyait dur comme fer, en fait. Si son père le disait, cela ne pouvait être que vrai ! Son père était un héros de toute manière, son héros, alors peu importait ce qu'il pouvait dire, il n'était pas même possible qu'il ait tort. Oui, car bien qu'Aurea n'osait pas l'avouer de peur des représailles des dieux... Elle préférait son père à Héraclès et à tous les autres. Et puis, évidemment, un héros comme son père ne pouvait fréquenter qu'un seul lit : celui de sa magnifique mère. Une évidence, aux yeux de la blondinette. Il ne pouvait en être autrement, encore une fois. Que d'innocence... Et dire qu'à cette époque, elle ignorait encore que cette innocence ne ferait pas long feu, et qu'elle se heurterait à la dure réalité qu'attend les jeunes patriciennes dans peu de temps. Jamais, ce jour-là, en compagnie de Niger, elle n'aurait pu soupçonner un seul instant que le destin ferait en sorte qu'elle finisse au bras d'un homme ayant moult fois son âge. Non, jamais. Elle n'aurait pu soupçonner non plus que ce beau sourire qui ornait son visage finirait par disparaître, effacé par son malheur, son désarroi et sa solitude. De même qu'elle n'aurait pu soupçonner non plus qu'elle ne croiserait Niger que des années plus tard. Sûrement que son innocence entrait en compte encore une fois, mais... Cet esclave, ou peu importait ce qu'il était en fait, elle l'appréciait. Elle l'appréciait à un tel point qu'elle espérait qu'il reviendrait encore et encore, peut-être pour jouer avec elle les prochaines fois ? Aurea était dans une sorte de prison dorée. Entourée de son frère et de sa sœur, mais possédant bien peu d'amis en fin de compte. Surtout d'amis comme lui qui connaissaient tout sur tout.

Lorsqu'il la questionna sur son identité, c'est avec fierté qu'elle dévoila son prénom. Aurea. Autrement dit, l'aînée des filles Pompeia. La courageuse, l'impétueuse, l'effrontée aussi. Celle qui ne craint ni la colère de son père, ni celle de sa mère d'ailleurs. Celle qui arrive à adoucir l'un comme l'autre d'un simple regard et d'un sourire mutin. Et puis, avouons-le, ses techniques sont plutôt efficaces, même Niger y succombe, non ? Le voilà qui s'apprêtait à lui dévoiler ce grand secret concernant les louves. Néanmoins, la jeune femme était un peu déçue : rien à voir avec elle ? Des louves, et cela n'avait rien à voir avec elle ? Mais, qui donc pouvait être concerné par ces louves dans cette villa ? Personne n'avait développé une obsession pour cet animal à part elle ! Vraiment, elle ne comprenait pas. Totalement perdue, un petit air troublé s'afficha sur son visage alors qu'elle ne le lâchait pas du regard. Mais, cette révélation ne rendait sa curiosité que plus grande encore. « Pardonner à mon père ? … Mais évidemment que je veux le savoir ! … Allez dis-moi ! Dis ! De quoi s'agit-il ? Qui va donc recevoir ces louves ?! Je veux savoir ! » Impatience quand tu nous tiens. Elle sautillait presque sur place.

Et puis, le visage de Niger se rapprocha soudainement du sien. Son ton se transforma, devenant bien plus grave. Peut-être était-ce pour ne pas se faire remarquer ? Ainsi, il avait bien plus l'air d'un adulte, tout d'un coup... Plutôt déstabilisant, en fait. Gardant ses yeux ancrés dans les siens, la bouche légèrement entrouverte, la jeune fille leva lentement son index pour le poser sur les lèvres de l'esclave, alors à proximité de son visage, avant de poser ce même doigt sur ses propres lèvres, comme une promesse de son propre silence. « Promis, je ne dirai rien... De toute manière, si l'on partage un secret, nous serons amis, non ? Et je ne veux pas que mon nouvel ami meurt ou se fasse frapper. » Un sourire refit alors surface sur ses fines lèvres. Oui, Niger était devenu son nouvel ami, elle l'avait décidé. Un nouvel ami qui lui faisait un drôle d'effet, tout de même, et qui causait à son cœur de drôles de palpitations.

Ces mêmes palpitations, elle les ressentit quelques minutes avant qu'il n'arrive à son habitation. Avant même qu'il n'en franchisse la porte. Comment ? Pourquoi ? Elle n'en savait rien. C'était étrange... Comme un pressentiment. Comme un sixième sens. Comme... Elle n'en savait rien. C'était juste... Etrange. Comme si quelque chose d'important aller arriver. Comme si quelqu'un d'important aller arriver.

Son mari était parti. Bon débarras. Enfin, enfin, bon dieu ! Qu'il ne revienne pas, tiens. Après son départ, elle s'était glissée dans un bain chaud quelques longues minutes, avant que l'une des servantes ne vienne l'aider à se préparer. Elle la vêtit d'une longue robe blanche, ornée de dorures, que Septimus lui avait fait venir d'une autre cité en cédant à ses caprices, et coiffa ses longs cheveux, blonds comme le blé. Elle lui en tressa une partie, puis grâce à quelques épingles décorées de perles et d'autres, elle les attacha sur les sommets de sa tête, lui en faisant ainsi une couronne. Vint ensuite l'étape du parfum, des huiles, des bijoux... Puis une fois prête, elle quitta sa chambre, rejoignant la pièce où l'affranchi était censé la rejoindre. Une pièce à l'abri des regards, afin d'éviter que qui que ce soit puisse les voir et se faire des idées : sait-on jamais, l'information pouvait facilement filtrer et il valait mieux pour elle que ce ne soit pas le cas.

Les minutes passèrent, et Aurea s'ennuyait. Comme à son habitude, n'arrivant pas à tenir en place – une chose qui n'avait visiblement pas changé depuis son enfance -, elle se mit à toucher à tout... Les décorations, les vases. A observer ces derniers, à en frôler les gravures puis... Soudainement, l'un d'eux lui échappa des mains. Comment ? Pourquoi ? Encore une fois, elle n'en savait rien. L'espace d'un instant, son esprit s'était comme échappé et... Et elle ne s'était rendue compte de rien. La seconde qui suivait, on lui annonçait la venue du jeune homme. Simple coïncidence ? Peut-être pas. Son sourire habituel sur les lèvres – quoiqu'un peu troublée par le désagrément étrange qui venait de lui arriver -, elle retourna s'asseoir sur sa chaise, son trône plutôt, car c'est à cela qu'il ressemblait. « Entrez. » Elle pouvait entendre les pas de l’affranchi. Mais elle ne se doutait pas encore, à ce moment-là, que c'est une vieille connaissance qu'elle allait rencontrer.
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Dim 15 Juin - 20:00
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Naissance et Renaissance
Aurea & Niger

Pourquoi était-il si obsédé par l’idée de revoir la patricienne ? Pourquoi n’essayait-il pas de deviner ce qu’elle allait lui demander de faire, comme il le faisait d’habitude ? D’ordinaire, quand il arrivait chez ses clients, il avait déjà tellement réfléchit à la question qu’il savait déjà presque déjà ce qu’ils allaient leur dire. Là, il n’en avait pas la moindre idée, et n’y réfléchissait même pas, bien trop occupé à essayer de se remémorer la moindre parcelle de son corps, les moindres mots qu’elle avait dit, les moindres pétillements qu’il avait vus dans ses yeux et qui l’avaient enchanté. Alors qu’il pénétrait dans le quartier de la fortune, il se disait qu’il connaissait presque toute sa famille, et pourtant ça faisait des années qu’il ne l’avait pas vu. Souvent, son père le missionnait pour une quelconque tâche. Sa tante, Pompeia Praedita, était la Domina de la première amante de l’affranchi, alors évidemment, il la connaissait – par contre, ce n’était pas garanti qu’elle l’aimait bien. Mais plus jamais depuis ce premier jour il n’avait revu la jeune héritière. Enfin, il l’avait entraperçue, de loin, parce qu’elle était tout de même une figure populaire de la ville. Mais ça faisait des années qu’il n’avait plus entendu le son de sa voix, et quand il fermait les yeux, il lui semblait pouvoir l’entendre de nouveau. Comme c’était étrange, il avait gardé un souvenir particulièrement vivant de la demoiselle. Pourquoi elle plus qu’une autre ? Il passa à côté de la villa des Licinii. Non, définitivement ce n’était pas là. Elle habitait chez le vieux, maintenant. Quintus Septimus Senex, franchement … Le patriarche n’aurait-il pas pu lui trouver quelqu’un de plus jeune ? Evidemment, c’était une patricienne, tout le monde savait que les mariages n’étaient que des histoires d’alliance dans cette partie-là de la population … Mais à ce point ? Par Isis, elle qui était autrefois si vivante et enjouée, sûrement s’était-elle durcie à la seconde où elle avait appris la nouvelle. Vivante et enjouée, hein ? Oh oui, définitivement.

***

Elle trépignait, sautait presque sur place. Niger en aurait ri s’il n’avait craint de se faire attraper. Comment quelqu’un pouvait lui refuser quoi que ce soit ? C’était impossible, elle était irrésistible ! Lui qu’on avait élevé pour récolter des secrets mais pour ne les révéler qu’à très haut prix, il s’apprêtait à en donner un gratuitement… Que lui arrivait-il ?

« Promis, je ne dirai rien... De toute manière, si l'on partage un secret, nous serons amis, non ? Et je ne veux pas que mon nouvel ami meurt ou se fasse frapper. »

Elle avait, pour le faire taire, posé un doigt sur ses lèvres. Il ne s'était pas rendu compte qu'elle était si proche, et se contact l'avait figé. Son coeur, le battement de ses paupières ou encore sa respiration, pendant quelques instants, tout s'était arrêté. Puis, sans prévenir, elle s'était de nouveau écartée pour cette fois poser son doigt sur ses lèvres. Ça le fit sourire, peut-être était-ce un sourire terriblement troublé par son coeur qui s'était remis à battre à mille à l'heure après ça pause, mais un sourire tout de même. Il fallait l'avouer, ça avait eu un certain effet : il s'était tût. Bref, à quoi pensait-il, avant cela ? Ah oui, gratuitement … Peut-être pas tout à fait ! Il gagnait l’amitié d’une patricienne dans cet échange, ça valait le coup, non ? Oui, définitivement. La belle excuse, hein ? M’enfin c’est celle qu’il donnerait à son maître si un jour il venait à découvrir qu’il avait divulgué un secret sur le plus grand patricien de la ville sans même l’en avertir. Niger espérait tout de même qu’il ne l’apprendrait jamais … De toute façon, excuse ou non, il passerait un mauvais quart d’heure. Mais bon. Il avait l’impression qu’elle allait mourir s’il ne lui disait pas, alors il fit, chuchotant à tel point qu’il dû s’approcher encore plus près d’elle pour être sûr qu’elle entende :

« Les louves sont des femmes, des femmes que les hommes payent pour qu’elles se dénudent face à eux, parfois pour qu’elles couchent avec eux. Vous comprenez ? Votre père organise une petite soirée entre hommes, et pour l’agrémenter, il paye pour ces louves. Je crois que votre père ne fera que les regarder, si ça peut vous rassurer … »

Oh Isis, pourquoi l’avait-il dit, il le regrettait déjà ? Niger n’était pas de nature très empathique, mais il se doutait que ça ne devait pas être facile à entendre … Savait-elle-même ce que ça impliquait ? Il n’avait aucune idée de ce que savaient les patriciennes de quatorze ans, mais ça devait certainement être très différent de ce que lui savait, lui qui avait été élevé dans un lupanar. Il ne fallait pas qu’elle défaille, hein, surtout ? Il la regardait, une lueur maintenant inquiète brillant dans ses yeux. Avant qu’elle ait eu le temps de dire quoi que ce soit, il fit, se reculant de quelques pas :

« De… Je dois y aller, maintenant. Isis, je n’aurais pas dû vous le dire … Mais s’il vous plaît, ne dites rien, d’accord, rien du tout ! »

Il la fixait, attendant un signe d’elle, ne serait-ce qu’un clignement de paupières. Quand il l’aurait, il pourrait se retourner et quitter cette maison. Maison des Mystères, par tous les dieux elle portait bien son nom ! Comment en était-il arrivé à avouer à une patricienne que son père était un de ces hommes qui voient des louves ? Il ne savait pas, à vrai dire il ne se reconnaissait plus, ça ne lui ressemblait pas. D’ordinaire, il était un esclave parfait, exemplaire, le meilleur. Là, il venait de faire une faute impardonnable. Qu’est-ce que lui faisait cette maison, hein ? Qu’est-ce que lui faisait cette fille ?!

***

Niger repensait à ce jour en souriant. Il était tellement paniqué, à l’époque. Son sang pulsait à mille à l’heure, il s’en souvenait encore. Il avait peur que Faustus découvre, ou pire, qu’Ausonius découvre. Au final, ni l’un ni l’autre n’avait découvert quoi que ce soit, rien ne s’était jamais su. Et si sur le moment il avait regretté, aujourd’hui ce n’était plus le cas. Ce jour-là, il s’était fait une amie, même si elle était de la plus étrange sorte d’amie. Une patricienne, hein ? Ce n’était pas rien. Néanmoins, la maison des Mystères lui donnait toujours cette impression d’étrangeté, comme si là-bas, tout au bout de la ville, il se passait toujours des choses qu’on ne contrôlait pas. Heureusement alors, ce soir-là il n’allait pas chez ces patriciens-là. Il allait chez l’autre Duumvir, Septimus. A l’avis de l’affranchi, il n’était pas chez lui. Son épouse n’aurait pas invité un truand chez elle alors qu’il était toujours là. Quoi que, un homme aussi vieux que ça doit passer la majorité de son temps à dormir, non ? Peut-être dormirait-il, alors ? En tous cas, Niger qui avait rasé les murs pour parvenir jusqu’à la maison des Septimii faisait maintenant le tour de l’endroit pour trouver une porte derrière, qui mènerait certainement à la cuisine. De là, il demanderait à quelqu’un de lui indiquer le chemin jusqu’aux appartements de la maîtresse de maison. Il tenterait de trouver une esclave féminine. Elles étaient toujours plus fidèles avec leur Domina qu’avec leur Dominus. Solidarité féminine, sans doute.

Sa tâche ne fut pas bien compliquée. Très vite, il trouva une esclave qui sût lui expliquer où aller – il avait toujours tendance à se perdre dans ses immenses villas. Sa tunique teintée de noir, sa peau sombre et ses cheveux d’un brun d’ébène lui permettait de se fondre dans les couloirs assombris par la nuit qui arrivait. Il n’avait pas eu le temps de toquer à la porte qu’on lui disait déjà d’entrer. Une belle voix de femme. Aurea, il en était sûr. Avait-il été si peu discret que ça pour qu’elle l’invite à l’intérieur sans qu’il ait eu le temps d’informer de sa présence ? Peu importe, il pénétrait déjà dans la chambre. La jeune femme l’attendait, assise sur une magnifique chaise, dans toute sa splendeur. Ses cheveux blonds tombaient sur ses épaules mais semblaient aussi accrochés derrière sa tête gracile – les femmes avaient tellement de cheveux c’était incroyable ; vue d’ici, elle brillait comme un soleil, et ses mèches blondes étaient les rayons. Un léger sourire naquit sur le visage de l’affranchi dont le cœur ne battait que plus rapidement. Il inclina légèrement le crâne en disant :

« Bonsoir, Pompeia. Ou sûrement dois-je dire Septima, maintenant ? En tous cas, vous m’avez demandé, et je suis là. »

Alors qu’il s’était arrêté pour la salué, il se remit à avancer, relevant les yeux vers elle, cherchant son regard. Il était exactement comme il s’y était attendu, comme il s’en souvenait : bleu et perçant. Néanmoins, il semblait moins joueur qu’avant, plus … éteint. Il s’arrêta, une fois arrivé à quelques petits mètres d’elle, et fit, la voix sûre :

« Vous m’avez un jour dit que nous étions amis. Quelle sorte d’amis sommes-nous pour ne nous voir qu’une fois tous les cinq ans ? »

Dans les yeux de l’affranchi brillait une lueur de malice. Si elle ne se souvenait pas de lui, il aurait l’air ridicule, mais quelque chose lui disait qu’elle se souvenait de la conversation qu’un jour ils avaient entretenu. Si lui se souvenait avec tant de rigueur et de précisions de leur première rencontre, elle ne pouvait avoir oublié, il en était certain. Peut-être auraient-ils mieux fait d’oublier, tous les deux. Cette soirée allait les mener loin, très loin, et tout ça parce qu’ils ne pouvaient pas oublier ; s’oublier.

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Sam 19 Juil - 22:15
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Des louves ? Des femmes qui se dénudaient ? Mais sa mère était la plus belle des femmes. Pourquoi son père porterait-il une quelconque attention à ces femmes-là ? Niger devait avoir raison. Son père ne ferait que les regarder dans le meilleur des cas. Et sûrement pas pour leur beauté. Il est vrai qu'à 14 ans, Aurea ne connaissait pratiquement rien sur les relations hommes femmes. On ne lui apprit d'ailleurs les bases que la veille de ses noces, et le reste... Le reste, elle se débrouilla seule. Elle fut forcée à tout assimiler en très peu de temps. Dire qu'à l'époque où lui parlait Niger, elle ne pensait encore qu'à sautiller et à s'amuser avec ses poupées... Comme quoi, être une patricienne n'était pas forcément une bénédiction.

La proximité de Niger avait rendu la petite Aurea bien sage. Elle n'avait plus bougé, plus cillé, et l'avait écouté attentivement. Mais le voilà qui s'éloignait déjà. Pour de bon. Elle n'eut pas même le temps de répondre qu'il lui fit savoir qu'il devait partir. Déjà ? Elle aurait aimé qu'il reste un peu plus longtemps en sa compagnie. Elle l'aimait bien, il était amusant, il n'était pas aussi ennuyeux que les autres patriciens de son âge qu'elle connaissait. Lui semblait connaître tellement de choses... Et évidemment, curieuse comme elle était, il n'en fallait pas plus pour faire son bonheur. Mais malheureusement pour Aurea... Il partait déjà. A ce moment-là, elle ne savait alors pas qu'elle ne le reverrait plus pendant une très longue période. La petite s'imaginait déjà revenir vers lui un autre jour et l'emmener avec elle afin de lui montrer ses jouets, et de lui demander quelques informations ici et là. En guise de réponse à son inquiétude, elle se contenta de lui adresser un sourire. Un sourire innocent, mais candide. Puis un petit hochement de tête. Elle ne dirait rien.

Et comme promis, elle ne dit rien. Lors de la fête, elle sortit tout de même de sa chambre et se faufila discrètement afin d'espionner les fameuses louves, avant qu'une esclave ne la voit et ne l'éloigne de là, sans pour autant informer son père. Personne ne résistait à sa petite bouille. Et elle arrivait fréquemment à avoir les esclaves de son côté plutôt que de celui de son père. Sûrement parce qu'elle était aussi très bonne avec eux.

Car Aurea était une bonne personne. Capricieuse, avec son petit caractère qu'il faut supporter mais... Une bonne personne. Elle avait gardé le secret de Niger durant toutes ces années, elle gardait celui de son frère en ce qui concernait sa relation avec une esclave... Elle ne savait pas encore à ce moment-là qu'elle se retrouverait bientôt dans la même situation que lui.

Assise sur sa chaise à la manière d'une reine sur son trône, elle attendait l'arrivée de l'esclave dont on lui avait parlé. Elle était curieuse... Car le nom lui disait vaguement quelque chose sans qu'elle arrive pour autant à avoir le moindre visage en tête. Néanmoins, elle avait une drôle d'impression... Elle ne pourrait définir exactement ce que c'était. Son sixième sens ? Peut-être bien. En tout cas, elle appréhendait autant son entrée qu'elle l'attendait avec impatience.

Lorsqu'elle entendit sa voix, il n'y eut plus l'ombre d'un doute. C'était lui. Elle le reconnaissait. Son cœur se mit à battre si vite qu'elle crut alors qu'il allait bondir de sa poitrine. Elle se sentait... Elle ne savait pas, en fait. Elle était heureuse, surprise... Elle était tout à la fois. Elle ne se souvenait pas d'avoir ressenti cet étrange mélange de sentiments auparavant. Pourquoi était-elle ainsi à cause de lui ? Elle avait l'impression que leur première rencontre n'avait eu lieu qu'hier. Elle avait l'impression de retomber en enfance, d'être la petite Aurea qui l'avait attendu pendant des mois et des mois durant sans qu'il revienne et... Qui le revoyait enfin.

Elle le fixait, les yeux pétillants, et un mince sourire sur les lèvres. Son visage s'était éclairé. Que devait-elle lui demander ? Elle ne savait plus. Elle s'en fichait. Peu importait !

Un petit rire raisonna dans la pièce, le sien, lorsqu'elle l'entendit parler des cinq ans qui avaient passé sans qu'ils ne se revoient. Alors lui aussi se souvenait aussi bien qu'elle. Lui aussi se souvenait qu'elle lui avait alors dit qu'ils étaient amis. Malicieusement, elle se pencha légèrement en avant, sans le quitter du regard. « Mais je t'ai attendu. Pendant des mois et des mois. Je souhaitais te montrer mes poupées, mes jouets, mais tu n'es plus jamais revenu. Je devrais t'en vouloir pour ça. » Elle afficha une petite moue faussement mécontente, avant de retrouver son sourire. « Assieds-toi donc, mon ami. » qu'elle lui dit en lui indiquant une chaise, sans perdre son sourire. Puis elle demanda aux autres esclaves de quitter la pièce et de les laisser seuls. Certains les observaient déjà avec de grands yeux, se demandant sûrement pourquoi elle le traitait avec tant de familiarité. Mais lorsqu'Aurea lui avait dit qu'ils étaient amis, elle n'avait pas menti. La jeune fille qu'elle était alors le pensait véritablement.
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Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Aurea & Niger

Qui aurait pu s’en douter, hein ? Niger se retrouvait dans la maison d’une des patriciennes les plus influentes de Pompéi, fille d’un Duumvir et épouse d’un autre Duumvir, et elle lui faisait savoir d’une manière à peine déguisée et sans une once d’ironie dans sa voix qu’ils étaient amis. Comme quoi, les rencontres qu’on fait quand on a dix-sept ans peuvent être plus importantes qu’elles ne le paraissent. Il observait la patricienne avec intérêt, tentant de faire rentrer dans sa mémoire le plus d’élément possible ; le sourire qui brillait sur son visage, sa silhouette féminine, son parfum envoutant. Niger avait beaucoup de très belles femmes dans son entourage. Rien d’étonnant, puisqu’il travaillait dans la taverne voisine d’un lupanar ; les louves devaient être belles, en bonne forme, bien conservées, sinon, personne n’en voudrait, c’était logique. Puis il n’y avait pas que les louves, Niger avait fréquenté et fréquentait beaucoup de femmes. Des rousses, des brunes, des blondes, des grandes et des petites, des jeunes et des vieilles, il en connaissait des tas. Néanmoins, en voyant Aurea, il se dit qu’elle avait quelque chose de différent, que quelque chose la séparait de toutes les femmes qu’il avait vu. Etait-ce parce qu’elle était particulièrement riche, et donc apprêtée ? Ses cheveux paraissaient sans fin, enroulés autour de son crâne, et elle était certainement vêtue des plus beaux vêtements qu’on pouvait trouver à Pompéi. Mais non, ce n’était pas ça ; elle semblait avoir quelque chose de plus. Niger haussa mentalement des épaules. Il trouverait certainement plus tard ce que c’était, mais là il devait arrêter de la détailler, ce n’était pas professionnel de fixer une cliente comme ça, cette cliente fût-elle une amie ou non.
La jeune femme rit à la remarque de Niger. Elle avait un rire absolument exquis, digne des femmes de son rang, certainement travaillé et retravaillé avec les années, bien qu’il paraisse toujours un peu enfantin – mais c’était ce qui en faisait son charme. Elle était si jeune et pourtant elle était mariée avec un homme dont on ne comptait plus les années, et encore moins les cheveux blancs – ou les cheveux tout court. Peut-être était-elle heureuse, avec lui ; en tous cas, le clan des Pompéi l’était. Néanmoins, l’affranchi avait des doutes : d’ordinaire, jeunes et vieux (mettons les mots sur les choses) n’étaient pas faits pour s’entendre, mais alors pour se marier ?! Et puis l’expérience faisait dire à Niger que c’étaient rarement les femmes heureuses en mariage qui faisaient appel à lui. Mais à nouveau, Niger chassa ses pensées, pour se concentrer sur la patricienne. Elle l’avait fait venir ce soir pour lui demander quelque chose, et il devait se concentrer, et ça commençait par l’écouter quand elle parlait :

« Mais je t'ai attendu. Pendant des mois et des mois. Je souhaitais te montrer mes poupées, mes jouets, mais tu n'es plus jamais revenu. Je devrais t'en vouloir pour ça. »

C’est vrai, il lui avait dit qu’il reviendrait, et il ne l’avait pas fait. Puis, il fallait l’avouer, il avait oublié sa promesse. Néanmoins, maintenant qu’il revoyait Aurea, les souvenirs lui revenaient aussi clairement que possible, comme s’il les revivait à l’arrière de son crâne. Ses yeux qui brillaient de curiosité, ses manières de patriciennes, son air heureux … Elle n’avait pas beaucoup changé, au final. Ce n’était néanmoins plus une enfant qui se tenait face à lui, mais une femme, une magnifique femme, et il était bien content d’avoir changé lui aussi, parce que ce n’était pas le Niger de dix-sept ans qui aurait pu se tenir face à elle. Aujourd’hui affranchi, grandi, il avait le courage, et peut-être même l’expérience de la regarder comme elle méritait d’être regardée : comme une femme grandiose qui parmi tous les hommes de la ville, l’avait choisi lui pour lui venir en aide.
Elle lui proposa de s’assoir près d’elle et fit sortir ses esclaves qui leur lançaient des yeux ronds. Il s’assit alors, en faisant, un air arrogant accroché sur son visage :

« Je dois avouer que je n’ai pas d’excuse, Aurea, sauf peut-être que la Villa des Mystères n’est pas un endroit dans lequel on pénètre comme on le souhaite, surtout pour une personne comme moi… Mais ne m’en veux pas, rattrapons maintenant le temps perdu, et dit moi pourquoi tu m’as appelé ce soir. Je suppose que ton mari n’est pas là ? Ou peut-être dort-il, après tout il est tard pour les personnes de son âge … »

Niger avait pris un ton faussement sérieux sur la dernière partie de sa tirade. Ne s’entendait dans ses mots ni cynisme ni moquerie. Il paraissait presque intéressé par la situation du maître des lieux, inquiet de sa santé et de son âge avancé. On n’entendait pas toute la pitié qu’il ressentait pour lui ; il testait la jeune femme. Que répondrait-elle, de son côté ? Une phrase dans laquelle résonnait un certain attendrissement pour son mari chéri ? Ou des moqueries sur le pervers qui devait partager de temps à autres sa couche, quand il n’était pas trop fatigué ? Niger ne voulait pas se montrer comme trop présomptueux en supposant qu’elle n’aimait pas son mari. Après tout, qu’est-ce qu’il en savait ? Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de la sonder, et ça commençait par plonger ses yeux dans les siens, espérant capter les lueurs qui brillaient dans son regard. Que ressentait-elle, à ce moment-là ? Etait-elle sérieuse quand elle prétendait lui en vouloir ? Il espérait que non, ça serait trop dommage. Il pencha un peu la tête sur le côté, ses yeux sombres brillants de curiosité. Que lui voulait-elle, pourquoi était-il là, dans quel but ? Il mourrait d’envie de le savoir. Pouvait-il, à ses côtés, se moquer du Duumvir ? La rejoindrait-elle dans ses moqueries ? Jusqu’à quel point ses desseins étaient-ils sombre pour qu’on lui ait conseillé de faire appel à lui, le roublard des Ausonii ? Mille questions tournaient dans la tête de l’affranchi, tandis qu’il se penchait un peu plus en avant, comme pour capter un peu mieux qui elle était. Il fallait l’avouer, il en profitait un peu. Là, assis si près d’elle, il pouvait sentir son odeur, admirer le grain de sa peau et s’émerveiller devant sa silhouette sans avoir réellement l’air de le faire. Trop proche mais encore trop loin, après tout elle n’était pas n’importe qui, et il ne pouvait se permettre de la perdre en avançant trop vite. Et puis ils avaient toute la nuit, alors pourquoi se précipiter ?


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Sam 22 Nov - 14:14
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Pompeia Aurea ∞ Ausonius Niger

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Le jeune affranchi ne devait pas s'en douter, mais Aurea était exactement en train d'adopter le même comportement que lui. Elle le détaillait discrètement du regard, tentant d'imprimer dans sa mémoire chaque trait de son visage, chaque expression. Ses yeux noirs pétillants, son sourire malicieux, ses fossettes... Tout. Elle était incapable d'expliquer les raisons de ses agissements. Mais elle ne pouvait s'en empêcher. C'était comme si... Comme si elle craignait de ne plus le revoir une nouvelle fois. Qu'il disparaisse, comme il l'avait jadis fait alors qu'elle n'était que petite-fille. Et qu'elle finisse par ne plus pouvoir attribuer ce prénom, Niger, à aucun visage. Que le tout s'efface de sa mémoire. Non, elle ne le permettrait pas une seconde fois. Puis, à lui-même d'ailleurs, elle ne lui permettrait pas de partir une seconde fois sans laisser de traces, comme dans le passé. Si entrer dans la Villa des mystères n'était pas chose aisée, entrer dans sa propre demeure allait lui être bien plus simple puisqu'elle y décidait du droit de passage et de présence. Cette fois-ci, Niger n'avait plus aucune excuse.

A vrai dire, Aurea était si heureuse de le revoir qu'elle en oubliait ce pourquoi il était là. Elle en oubliait son mari, elle en oubliait les esclaves qui les entouraient et qui les observaient sûrement d'un air interloqué. Elle en oubliait tout le reste. Pourquoi était-elle aussi heureuse ? Elle n'en savait rien. Elle ne savait plus rien, hormis qu'elle était désormais aux anges et que sa présence lui faisait un bien fou.

De l'eau avait coulé sous les ponts, et la petite-fille qu'était Aurea à l'époque s'était désormais transformée en une belle jeune femme. Mariée, qui plus est. Et pourtant, elle semblait réagir et agir comme la première fois où elle l'avait rencontré. Rattraper le temps perdu, elle ne demandait que ça. Néanmoins, lorsqu'il lui parla de son mari, ce fut comme une sorte de rappel à la réalité. Elle se souvint alors soudainement de qui elle était. De ses engagements, envers ce vieillard qu'elle ne supportait pas malgré toutes ses veines tentatives de la complaire. Le pauvre homme lui offrait mille et un présents, cédait à tous ses caprices, lui donnait le champ libre et la laissait régner en maître sur cette maison. Et pourtant, rien n'y faisait, elle ne l'aimait pas et ne l'aimerait sûrement jamais. Elle ne lui offrait pas même un tiers de ce qu'elle offrait actuellement à Niger : ni des sourires, ni un visage illuminé, ni autant d'enthousiasme à s'entretenir avec lui et à répondre à ses questions.

Un soupire lui échappa alors que son sourire se ternissait peu à peu. « Il doit sûrement dormir, oui. Mais pas ici. Il est ailleurs. » Elle avait le regard baissé, et toute sa joie de vivre semblait s'être soudainement envolé. Le seul fait de parler de cette homme suffisait à l'attrister. Pourquoi avait-il fallu que tout cela lui arrive à elle ? Si seulement elle avait été laide, et inintéressante. Sûrement que le vieil Dumviir n'aurait jamais désiré en faire sa femme. Mais, d'un autre côté... Si elle avait été laide et inintéressante, Niger lui aurait-il porté une quelconque attention ? Si la réponse était non, elle préférait alors être telle qu'elle était aujourd'hui. Car c'était bien peu que de supporter tous ces désagréments si cela pouvait lui permettre de briller aux yeux de l'affranchi.

« Enfin. Dans tous les cas, il ne nous dérangera pas. Tu n'as pas d'inquiétude à avoir. » Elle lui sourit un peu. « Et si je t'ai appelé ce soir, c'est parce que j'ai besoin de tes services comme tu dois t'en douter. A vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi, le fameux Niger. » Elle fixa un instant son visage, silencieuse, avant de poursuivre. « Vois-tu, j'ai beaucoup d'ennemis. Beaucoup trop d'ennemis. Qui ne me veulent pas que du bien, au contraire. Ils détiennent quelques informations compromettantes sur moi... » dont elle préférait ne pas lui parler. Elle ne tenait pas spécialement à lui dire que quelques gladiateurs partageaient régulièrement sa couche. « Et... Je me dois d'en apprendre tout autant sur eux, afin de pouvoir me défendre si besoin est. Je dois avoir en ma possession de quoi faire pression sur eux. Je peux compter sur ton aide... ? Evidemment, tu auras tout ce que tu voudras en échange. » Tout ce qu'il voulait, et ce n'était pas un euphémisme. Son regard bleuté ancré dans le sien, elle attendit tant bien que mal sa réponse.
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Mar 23 Déc - 13:02
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Aurea & Niger

« Il doit sûrement dormir, oui. Mais pas ici. Il est ailleurs. »

Une sensation de satisfaction à laquelle Niger ne s’attendait pas naquit en lui. Il n’était pas particulièrement soulagé de l’absence du maître des lieux, il faisait confiance à Aurea pour ne pas appeler un petit roublard comme lui alors que son mari risquait de les surprendre. Non, il était vraiment empli d’un certain contentement qu’il ne soit pas là. La jeune femme était alors la seule maîtresse des lieux, seule maîtresse de la grande Villa de Septimus. Si Niger ne faisait pas particulièrement attention à la politique, il préférait en tout cas le père d’Aurea à son mari. Ce dernier était un vieux balourd qui semblait avoir toujours eu le même âge, qui semblait être vieux depuis soixante-dix ans. Publicola était, au contraire de son collègue Duumvir, bien plus vivant. Septimus s’était racheté une jeunesse en épousant Aurea, mais on les voyait tellement rarement côte à côte qu’on croyait à peine à leur union. Bref, le fait que Niger n’ait pas à s’inquiéter de ce vieil homme l’emplissait d’une certaine joie. Ce soir, il aurait Aurea pour lui tout seul.

« Enfin. Dans tous les cas, il ne nous dérangera pas. Tu n'as pas d'inquiétude à avoir. Et si je t'ai appelé ce soir, c'est parce que j'ai besoin de tes services comme tu dois t'en douter. A vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ce soit toi, le fameux Niger. Vois-tu, j'ai beaucoup d'ennemis. Beaucoup trop d'ennemis. Qui ne me veulent pas que du bien, au contraire. Ils détiennent quelques informations compromettantes sur moi... Et... Je me dois d'en apprendre tout autant sur eux, afin de pouvoir me défendre si besoin est. Je dois avoir en ma possession de quoi faire pression sur eux. Je peux compter sur ton aide... ? Evidemment, tu auras tout ce que tu voudras en échange. »

Il fallait dire que Niger n’était pas très étonné d’apprendre qu’Aurea avait des ennemis. C’était souvent le cas, avec les patriciennes, rares étaient celles qui n’avaient pas un poignard caché dans les pans de leur tunique, et qui ne savaient concocter des poisons. Il l’avait appris au fur et à mesure, de la même manière qu’il apprenait qu’Aurea était menacée : elles appelaient l’affranchi des Ausonii à l’aide. Toutes voulaient de lui quelque chose qui leur permettrait de mettre hors d’état de nuire ces fameux ennemis, et ce qu’elles demandaient était dans la plus grande majorité des cas ce que demandait la femme de Septimus : des informations compromettantes. Les Ausonii étaient connus pour ça, le commerce d’informations. Leur taverne était la plaque tournante du plus grand réseau de petite roublardise de Pompéi, et donc d’espionnage. Niger s’étonna du fait qu’elle ne sache pas qui il était. Il ne se cachait pas de sa vie illicite, tout le monde savait qu’il ne valait mieux pas lui confier quoi que ce soit, au risque que ça soit révélé dans l’heure au tout Pompéi. Peut-être Aurea était-elle trop protégée dans sa tour d’argent pour savoir ce genre de choses. Tant mieux pour elle, après tout.

« Et à qui t’attendais-tu ? Je crois être le seul Niger, tout du moins le seul qui pratique ce genre d’activités, dans tout Pompéi. M’avais-tu déjà si vite oublié ? J’en suis presque vexé ! »

Niger, disant cela, avait pris un air faussement indigné, il était néanmoins très mauvais acteur, et un sourire amusé trahissait son mensonge. Il n’en avait pas grand-chose à faire que Aurea n’avait pas lié le Niger de dix-sept ans à celui de vingt-et-un, tant que maintenant, elle comprenait qui était qui. L’effet de surprise n’était pas mauvais pour sa réputation, au contraire. Il continua, l’indignation ayant complètement disparu de son visage.

« Mais parlons plutôt affaires ; écoute bien, c’est très important. Il va me falloir des noms évidemment, si tu veux que je fasse quoi que ce soit. Ne t’attend pas à un résultat immédiat, c’est une tâche conséquente à laquelle tu m’assignes, il va me falloir plusieurs semaines pendant lesquelles nous nous reverrons, pour que je te donne ce que j’ai déjà récolté, et que tu me dises si je me dirige vers la bonne direction. Pour que je sache où chercher, il faut que tu me dises à quel point ce sont tes ennemis, et que tu me dises, plus ou moins, quelles sont les informations compromettantes que eux tiennent sur toi. Je n’ai pas besoin de détail, mais c’est mieux de chercher chez eux dans la même direction. Au moins, une fois que je t’aurais livré mes informations, vous serez sur un pied d’égalité ; tu seras même probablement au-dessus d’eux, car je suis très doué dans ce que je fais. Qu’as-tu donc fait, toi, Aurea, pour t’attirer ces ennemis ? Affaire de cœur, affaire de cul, affaire d’argent, de meurtre, tout ce que tu veux, je peux trouver l’équivalent chez eux, il faut juste que je sache où chercher. Et pour l’argent, c’est la moitié aujourd’hui, et le reste à la fin. »

Niger avait parlé d’une voix étrangement professionnelle, dénué d’une quelconque curiosité. C’était un discours qu’il avait déjà sorti des dizaines de fois à des dizaines de personnes différentes, il l’avait rôdé, et il savait ce qu’il faisait. Aurea devait avoir confiance en lui, elle devait être certaine qu’il ferait le boulot qu’on lui demandait de faire. Niger avait appris à ses dépens que le bluff était extrêmement important, avec ce genre de client. Il fallait prétendre tout savoir sur son métier et n’avoir aucun doute sur la réussite de la mission ; Niger avait fini par croire à son propre bluff. Il avait fait ça tellement de fois que ça finissait par devenir plus facile. Il était probable qu’il n’ait même pas besoin de chercher, elle allait lui sortir un nom, et il se rendrait compte qu’il a déjà fait des recherches sur cette personne, qu’il a déjà en stock des informations compromettantes sur lui. Mais bien sûr, il n’allait pas lui dire, simplement parce qu’il risquait de perdre de l’argent au change, ainsi que des occasions de la revoir. Quoi ? Il faut bien penser à soi, dans ces moments-là, non ?! Il fit d’ailleurs, se rapprochant imperceptiblement de la demoiselle aux cheveux d’or :

« Tu l’auras compris Aurea, nous serons amenés à nous revoir régulièrement, ces prochaines semaines … »

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Dim 22 Fév - 11:45
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Naissance et Renaissance.
Personne ne croyait à ce fichu mariage. Ni elle, ni les autres patriciens, ni le bas-peuple, ni même son père. Septimus lui-même ne devait pas y croire. Honnêtement, vu la manière dont la jeune femme le traitait, il était bien fou s'il avait encore un quelconque espoir. Elle ne portait aucune attention à lui, et elle niait avec si peu d'enthousiasme ses liaisons qu'il devait être bien le seul à la trouver crédible. Aveugle. Il s'aveuglait lui-même. Peut-être était-ce l'amour qui l'aveuglait, ou bien la beauté et les expressions gracieuses de la fille Pompei. Bref, le tout était d'un ridicule. Et si Aurea s'en fichait qu'on colporte ici et là des rumeurs sur elle, elle tenait tout de même à mettre des limites. Son père n'apprécierait pas que ses aventures s'ébruitent de trop – même si, en réalité, son père, elle jugeait qu'il n'avait plus rien à redire sur sa vie, elle lui en voulait bien trop pour lui en laisser l'occasion et au contraire, si elle pouvait l'agacer un peu, ce serait un plus – puis, sa crédibilité face à Septimus en pâtirait, et elle préférait l'avoir dans le creux de la main, le contrôler un pantin : quitte à avoir un mauvais mariage, au moins elle voulait pouvoir n'en faire qu'à sa tête.

Niger semblait rassuré que Septimus ne soit pas là. Elle n'était pas inconsciente au point d'avoir les deux hommes au même moment au même endroit. Et puis, cela lui permettait d'être en tête à tête avec Niger. Rien qu'eux deux. Et cela la ravissait étrangement. Même petite fille, elle avait apprécié de pouvoir s'entretenir avec lui, et uniquement avec lui. Maintenant jeune femme, elle appréciait toujours ce genre d'entre-vue, mais d'une manière différente néanmoins. Le tout avait un goût différent... Différent, mais non pas moins agréable, très agréable, voire plus agréable. Elle avait des papillons dans le ventre, elle souriait à tout va malgré la situation critique dans laquelle elle se trouvait... L'un de ses petits rires cristallins se fit entendre lorsqu'il afficha son air vexé. « Je te prie donc de m'excuser. Je l'avoue, je l'admets, j'ai fauté. » Oh oui, comment avait-elle fait pour ne pas deviner qu'il s'agissait de lui ? Enfin, sa tour d'ivoire était la responsable. Car oui, même à dix-sept ans, même mariée, Aurea était encore surprotégée. Dans une sorte de prison dorée. Coupée de la réalité. Elle avait son propre monde, et elle ne connaissait pas l'autre, elle ne connaissait pas la vraie vie. Elle l'apprenait à ses dépends, au fil du temps, maintenant qu'elle était maîtresse de maison et avait donc des affaires à gérer, mais elle n'en était qu'à ses débuts alors que certains avaient d'ores et déjà terminé leur formation.

La suite fut une longue tirade. Très professionnelle. Qu'Aurea écouta attentivement. Ou presque. Elle ne pouvait s'empêcher d'être subjuguée par ses beaux yeux noirs, les traits de son visage... Il semblait si viril lorsqu'il s'exprimait ainsi. Lorsqu'il jouait au professionnel sérieux. La jeune femme ne pouvait s'empêcher de sourire légèrement, se mordillant les lèvres à la vue de cet agréable spectacle. Niger lui plaisait. C'était dit. L'affranchi lui plaisait réellement. Elle avait envie de le croquer tout cru, comme elle l'avait fait avec bon nombre de gladiateurs et de patriciens. A la seule différence que lui... Lui semblait tout de même avoir un statue différent à ses yeux. Une signification différente. Laquelle ? Elle serait incapable de le dire, mais dans tous les cas, elle ne le considérait pas de la même manière que les autres. Ils allaient être amenés à se revoir régulièrement. La jeune femme sourit de plus belle, alors qu'elle se penchait légèrement vers lui, se risquant finalement à prendre son menton entre ses doigts. Elle n'avait jamais été réticente à faire le premier pas. Pour obtenir ce qu'elle désirait, en capricieuse patricienne qu'elle était – car c'était fait, elle avait été bien trop gâtée et l'était encore – elle ne rechignait à aucun moyen et s'il lui fallait agir en premier pour attirer Niger dans ses filets, qu'à cela ne tienne. Son visage à quelques centimètres du sien, elle lui répondit à basse voix. « Ce que l'on me reproche, bien trop souvent, c'est d'être bien trop sensible à la beauté. » Elle admira son visage un moment, avant de sourire en ajoutant. « Et de n'avoir aucune gêne. Sûrement préféreraient-ils que j'accepte mon sort et que je sois fidèle à Septimus. Mais je ne suis pas de cet avis...» Elle s'était rapprochée de son visage, centimètre par centimètre, jusqu'à frôler ses lèvres... Puis finalement les embrasser, délicatement. Un geste vaut bien mieux que mille mots, non ?
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Empire
Ven 6 Mar - 15:46
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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Naissance et Renaissance
Aurea & Niger

Aurea était de plus en plus proche, et malgré son discours professionnel qui paraissait froid, dénué d’émotions, Niger ne pouvait s’empêcher de la détailler avec précision. Ses yeux étaient aussi bleus que les siens étaient noirs, il sentait qu’il serait facile de s’y noyer, des heures durant. Son teint laiteux contrecarrait avec ses lèvres rouges qui appelaient aux baisers les plus fougueux, ainsi qu’avec ses joues rosées qui lui donnaient un air enfantin. Le sourire de la patricienne paraissait sincère, mais Niger sentait que la jeune femme savait mentir, prétendre, et ce sourire pouvait tout aussi bien être faux. Ses longs cheveux blonds tombaient en cascade sur son dos, et Niger ne pouvait empêcher son regard de s’attarder sur les parties de son corps qui n’étaient pas cachées par sa stola. Son cou, ses épaules, ses mains… Tout chez elle respirait la grâce. S’il avait eu plus de temps, il aurait pu laisser s’envoler son imagination, pour essayer de deviner ce qui se cachait sous ses riches habits. C’était le problème des patriciennes – trop de vêtements, de bijoux, de longs tissus qui cachaient autant les jambes que la poitrine. Pauvres hommes, ils n’avaient plus rien à admirer. Dans le cas d’Aurea néanmoins, Niger trouvait tout de même de quoi nourrir ses yeux qui se faisaient avec les minutes qui passaient toujours plus brûlants et avides. La beauté émanait de cette jeune femme qui n’avait plus rien d’une enfant.

Ils se verraient souvent, la jeune femme en avait l’air décidée, et cette perspective plaisait à l’égyptien. Maintenant qu’il avait retrouvé la jeune fille innocente qui lui avait un jour demandé ce qu’était qu’une louve, il ne voulait plus qu’elle disparaisse. Apparemment, Aurea voyait aussi les choses de cette façon, puisqu’elle levait sa main vers son visage pour venir attraper son menton, l’approchant encore plus d’elle. Elle était à la fois la même personne que cette fille de quatorze ans à la curiosité débordante, qui semblait méconnaître la gêne, et à la fois complètement différente, comme changée par ce mariage qui avait dû la rendre plus mature, moins innocente. Niger se laissait faire, laissant de côté les affaires pour continuer à scruter son regard. Elle avait visiblement eu la même idée puisqu’elle laissa de côté ses idées de vengeance pour lui chuchoter :

« Ce que l'on me reproche, bien trop souvent, c'est d'être bien trop sensible à la beauté. »

Le menton toujours prisonnier de sa main, Niger se sentit sourire. La conversation prenait un tournant qu’il n’aurait pas osé prendre, par respect pour cette patricienne, fille et épouse de duumviri. Il n’en était pour autant pas moins ravi, et compter bien rester sur cette voie là ; qu’elle ne s’étonne pas, c’était elle qui l’avait choisi. Elle continua :

« Et de n'avoir aucune gêne. Sûrement préféreraient-ils que j'accepte mon sort et que je sois fidèle à Septimus. Mais je ne suis pas de cet avis...»

Plus rapidement que prévu, il sentit ses lèvres se poser sur les siennes, avec une certaine douceur. Pendant quelques secondes, il était parvenu à garder l’esprit concentré, réfléchissant sur ce qu’elle venait de dire. Infidèle à Septimus, hein ? Le contraire aurait été étonnant. Aurea n’était pas une jeune femme qu’on plaignait, elle semblait vouloir s’en  assurer par chacun de ses actes. Elle était peut-être mariée à l’homme le plus vieux de la ville, mais ça faisait d’elle une des patriciennes les plus puissantes. On n’avait pas pitié d’elle, car elle n’était pas malheureuse, ou en tout cas, elle ne semblait pas l’être. Elle avait plutôt l’air d’avoir trouvé du bon,  de se satisfaire de cette situation dans laquelle son père l’avait placée. Oh, bien sûr, elle usait de quelques recours, de quelques artifices, pour ce faire. L’un d’eux, Niger en avait maintenant la preuve, était d’embrasser d’autres hommes que son mari. Il n’allait pas se plaindre.

Vous l’aurez peut-être compris, mais il ne parvint pas longtemps à rester concentré sur les mots de la jeune femme. Bientôt, il ne pensait plus qu’à ses lèvres brûlantes posées sur les siennes, et à sa main toujours accrochée à son menton. Il n’était pas très doué dans le style « doux baisers », et surtout, ne s’en satisfaisait pas. Bientôt, il enlaçait la patricienne, ses bras s’enroulant autour de sa taille avec assurance. C’était elle qui les avait menés sur ce chemin, mais il ne comptait pas revenir en arrière. Il avait déjà oublié ses esclaves qui les attendaient peut-être sur le pas de la porte, laissant les conséquences de côté. Il était bien trop occupé à pencher son visage vers le sien, la poussant à lâcher son menton. Il goûtait à ses lèvres avidement, les découvrant avec passion. Il lui semblait avoir attendu ce moment pendant longtemps, à tel point que ce baiser paraissait être le premier qu’il donnait. Ce n’était pourtant pas le cas, ses gestes en étaient la preuve, ils étaient bien plus précis que ceux d’un adolescent qui se jette pour la première fois dans la fosse aux lions. Sa main droite remontait d’ailleurs vers la nuque d’Aurea pour venir s’y accrocher, ses doigts se mêlant à ses cheveux ondulés. Tous les deux essoufflés, ils finirent par interrompre le baiser. Niger ne put néanmoins se résoudre à la lâcher, une main toujours posée sur le bas de son dos, l’autre dans son cou, le front collé au sien. Il remarqua qu’il n’était pas bien plus grand qu’elle, il pouvait plonger ses yeux dans les siens sans trop avoir à baisser la tête. Vu d’aussi près, elle était toujours aussi belle. Une chaleur agréable avait envahi son corps, et il sentait la même sur le corps d’Aurea, sous la paume de sa main posée sur sa nuque. Le rythme de son cœur se ralentissait en même temps que son souffle s’apaisait. Le silence dura quelques secondes, peut-être quelques minutes, mais Niger ne s’en rendait pas bien compte. Finalement, il s’écarta un peu de la patricienne, faisant glisser sa main de sa nuque jusqu’à son visage. Son regard glissa jusqu’à ses lèvres qu’il effleura du bout de son pouce. Une flamme avide brûlant dans ses iris noirs, il chuchota :

« Je trouve que la fidélité est surfaite. Les douces embrassades aussi, excuse-moi donc si je t’ai paru trop … avenant. »

A nouveau, il sentit un sourire naître sur ses lèvres alors qu’il replongeait ses yeux dans les siens. Maintenant, il en était sûr : on pouvait bien se noyer dans ce regard d’azur, qui promettait un bonheur non dénué de lourdes conséquences …

(c) sweet.lips


Brother & Sister
Lucia et Niger
Ven 12 Juin - 21:39
Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




Invité

Pompeia Aurea ∞ Ausonius Niger

Naissance et Renaissance.
Aurea ? Heureuse ? C'était ce qu'elle essayait de faire croire, oui. Mais la réalité était tout autre. La jeune femme s'ennuyait, dans cette nouvelle vie qu'était la sienne. Oui, elle avait des amants, et était bien entourée. Mais, tout était calculé. Eux ne venaient que pour sa beauté, et elle ne s'intéressait qu'à leur physique, et à ce qu'ils pouvaient lui apporter. Son mari, quant à lui, l'insupportait. A vrai dire, le seul avantage dont elle bénéficiait actuellement était tout le pouvoir que cela lui procurait, d'être désormais en plus de fille du duumvir, l'épouse du second duumvir de la cité. Mais, elle n'en restait pas moins triste. Réellement triste. Elle ne voyait plus sa famille aussi souvent, était loin de son frère, et entretenait désormais de mauvaises relations avec son père. Et ses soi-disant amies patriciennes n'en étaient pas, et ne cherchaient qu'une bonne occasion pour pouvoir colporter quelques rumeurs ici et là. Un monde cruel, que celui dans lequel elle évoluait et auquel elle s'habituait peu à peu, bien qu'à contre-coeur. Son enfance lui manquait. Jadis, tout était tellement plus simple. Elle courait, jouait, accompagnait sa tante ou son père ici et là. Un paradis. Qui s'était transformé d'une nuit à l'autre en un véritable enfer.

Comme dit plus tôt, Aurea aimait collectionner les amants. Une manière comme une autre de se divertir, de se prouver à elle-même qu'elle était capable d'attirer qui elle le souhaitait dans ses filets, et puis aussi parce que Septimus était clairement incapable de la satisfaire dans le lit conjugal, qu'elle préférait alors quitter. Et pourtant... Ce ne sont pas les mêmes raisons qui l'ont poussée à embrasser Niger. A céder à l'appel de ses lèvres. Leur relation était si étrange. Du moins, la manière dont elle le percevait. Il avait beau avoir disparu des années durant, elle avait beau n'être plus une petite fille mais une jolie jeune femme, c'était comme si... Comme si rien n'avait changé. Qu'elle ne l'avait vu qu'hier, la veille. Qu'il avait été là, tout le long durant. Et puis, elle avait été si marquée par la rapide discussion qu'elle avait eu avec lui, dans le passé. A peine quelques minutes. Et pourtant. Ce baiser avait semblé être comme une délivrance, sans même qu'elle sache pourquoi. Une libération. Comme si elle n'avait attendue que cela, depuis toujours. Si son père l'apprenait, sûrement qu'il la tuerait, qu'il entrerait dans une rage folle : voilà qu'après les patriciens, sa fille s'attaquait aux esclaves, maintenant. Mais Aurea s'en fichait pas mal. D'autant plus que... Elle ne pouvait pas l'expliquer mais... Mais cet acte avait une signification bien plus particulière pour elle. Ce n'était pas un simple baiser. Il n'avait rien en commun avec ceux qu'elle distribuait à ses amants lambdas, qu'elle collectionnait allègrement. Non. C'était autre chose. Ce baiser lui avait donné des papillons dans le ventre. L'avait fait frissonner, de tout son être. Elle avait apprécié de le voir répondre aussi passionnément, et transformer ce simple baiser en une embrassade passionnée. C'est avec plaisir qu'elle s'était d'ailleurs blottie contre lui, caressant ses lèvres des siennes jusqu'à être à bout de souffle. Elle aurait voulu que ce moment dure une éternité. Mais à vrai dire, elle n'était pas prête à le laisser s'arrêter là, de toute manière.

Elle parcourait son visage du regard. Il était... Différent, des hommes qu'elle connaissait. Pour la plus part, ils avaient plus ou moins le teint pâle, des traits similaires... Fades. Oui, fades. Voilà ce qu'ils étaient. Mais, Niger avait quelque chose... D'exotique. Ses cheveux noirs. Son teint halé. Et puis ses yeux. Son regard mutin. Elle ne s'en lassait pas. Malicieusement, elle mordilla légèrement son pouce lorsqu'il le passa sur ses lèvres, avant de répondre, sans perdre son sourire. « Si c'est cela pour toi que d'être avenant, j'aimerais te voir l'être plus souvent, alors. » Prenant l'une de ses mains dans les siennes, elle la caressa longuement, jouant avec ses doigts sans rien dire, avant de relever les yeux vers lui. « Penses-tu que quelques embrassades t'encourageraient à travailler plus efficacement, mon cher Niger ? Etant une patricienne très dévouée, je n'hésiterai pas à donner de ma personne s'il le faut, pour te soutenir dans ta oh combien grande mission ! » Qu'elle lança en riant. Elle plaisantait, évidemment. A moitié. Une manière comme une autre de lui faire comprendre qu'il avait une « touche ». Elle avait fait le premier pas, et lui avait ouvert la voie. Même l'esclave le plus charmé n'aurait pas forcément osé se pencher à ses lèvres, ou s'approcher de trop. Aurea en avait conscience, d'où son baiser. Elle attendait désormais d'autres signes de sa part, avant de poursuivre son petit jeu. Eh bien quoi ? Oui, Niger lui avait énormément manqué, sans même qu'elle ne sache pourquoi. Oui, elle avait l'impression que tout n'était que logique, que tout allait de soi lorsqu'il était là. Mais allez savoir, peut-être n'en était-il pas de même pour lui. Bien que cela soit tout de même peu probable. Eh bien quoi ? Elle était Aurea malgré tout, voyons. Mais, elle avait suffisamment tenté le diable pour le moment. A lui d'en faire de même.
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Re: [Flashback] « L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir. » || Aurea&Niger   




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