Hear me Roar [Praedita & Publicola]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Ludi :: Archives RPs
Partagez
Patricien
Sam 22 Fév - 17:51
Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2402
₪ Sesterces : 63
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty


- PRAEDITA !

Je me suis levé, la tête aussi malade que mon estomac. Je ne sais trop comment je suis arrivé jusqu'à ma chambre hier, si Flavia m'a vu ou non dans un état déplorable ou si elle dormait déjà. J'espère qu'elle dormait déjà. Mais malgré la migraine suite à cette mémorable cuite, malgré l'impression d'être en haute mer et que les vagues secouent mon embarcation charnelle, je me suis levé, j'ai passé une tunique, mes sandales et me suis précipité dans les couloirs de la villa des Mystères à la recherche de celle que j'appelle à présent. Entends-moi rugir ma soeur, car qu'importe où tu te caches, je te trouverai.
Sur mon passage, les esclaves disparaissent, comme s'ils avaient le pouvoir de se fondre dans les murs. C'est assez impressionnant mais pas suffisamment pour que je le note réellement. Disons que vu ma tête, mon air furieux, ainsi que mes cris qui achèvent de réveiller toute la maisonnée alors que l'aube ne s'est pas encore tout à fait dissipée, ils savent que ce n'est pas le jour à traîner dans mes pattes.

- Praedita, viens ici, tout de suite !

Je crois qu'on dirait mon père. Ce ton à vous faire frémir l'échine, à vous faire trembler jusque certains muscles dont vous ne soupçonniez même pas l'existence. Je traque ma soeur, à grandes enjambées. La villa est grande mais je crois que je serai capable, vu l'état de colère dans lequel je me trouve depuis mon réveil, depuis que j'ai réalisé qu'elle avait bafoué mes droits avec mépris, de parcourir tout Pompéi durant tout le jour afin de la trouver sans m'épuiser. La colère est un moteur extraordinaire, elle vous donne des ailes.
Droso, qui m'apporte mon plateau de petit-déjeuner, s'est fossilisé dans l'escalier, en entendant le son de ma voix, pleine de fureur. Lui n'a pas encore acquis la faculté de se fondre dans les murs, il est certainement trop neuf pour cela ou alors ça ne fonctionne pas dans l'escalier, allez savoir. Mais moi, j'ai des années d'expérience en contournement, si bien que je passe, vif et droit, à ses côtés, sans qu'il ait eu le temps de reculer au d'avancer, et j'émets au passage une sorte de grognement mécontent. Cicero m'apprendra plus tard que le petit en a fait des cauchemars pendant des semaines.
Praedita n'apparaît toujours pas et lorsque j'en suis à déranger les tentures du triclinium pour me frayer un passage dans la grande pièce, je dis :

- Praedita, si tu n'apparais pas sur l'instant, je peux te promettre que je t'enchaînerai à vie à Gracchus Calvus. Et je peux t'assurer qu'il n'y a pas que son crâne, qui est chauve !

Je croise les bras, sur ma tunique, en sentant un léger mouvement du coin de l'oeil et je fais volte-face. Ma mâchoire est serrée et mon nez frémit car j'inspire difficilement : il ne sera pas facile d'en découdre avec moi aujourd'hui.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

Hear me Roar [Praedita & Publicola] 825634teampompei
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 255340teamvinicii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 739121teamclaudii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 448392teamtitus
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 240958lobbyvipres
Patricien
Sam 22 Fév - 19:31
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Pompeia Praedita
₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 681
₪ Sesterces : 73
₪ Âge : 26 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre - membre d’un cercle littéraire secret

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Praedita avait le sommeil très léger. Autant dire qu'elle sursauta lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit brutalement. Elle se leva, prête à ouvrir la bouche pour réprimander l'attitude de son esclave mais elle se tut. Au loin, elle entendait une voix l'appeler. De là où elle était, ce n'était qu'un écho mais pour qu'une voix fasse écho dans la Villa des Mystères, il fallait vraiment que la personne se déchire les cordes vocales.

Elle n'avait pas besoin d'être un devin pour savoir que cette charmante voix n'appartenait à personne d'autre si ce n'est son frère. En effet, Dans toute la Villa, seules trois personnes étaient aptes à faire un tel grabuge : Publicola, Lupida et Praedita. Aux dernières nouvelles, Lupida ne pouvait avoir aucune dent contre elle, par contre pour son frère ... ses dernières bêtises s'étaient accumulées monstrueusement et elle ne saurait dire pour quelle faute il allait l'accuser en cette matinée.

Allait-il la critiquer de s'être rendue au ludus Naevius pour rencontrer un gladiateur ? Certes, il ne serait pas très heureux mais il n'en ferait pas non plus une telle crise.
Alors, avait-il eu vent de sa discussion étrange et très tentante avec Titus Cornelius Servilius, un homme qui avait trahi la confiance de son frère pour rejoindre l'ennemi ? Non, c'était impossible. Hormis elle et cet affreux personnage, personne ne devait être au courant de la rencontre et du contenu de la conversation.

Elle aurait voulu fuir à cet instant mais elle ne pouvait pas. Si jamais son frère apprenait qu'elle avait fui, il arpenterait tout Pompéi à sa recherche, divulguant entre autre la petite discorde fraternelle. Or, toutes les affaires familiales devaient rester dans le cercle familial et non être public. De plus, son orgueil l'empêchait de fuir. Elle tenta de se rassurer en se disant que ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Son frère aboyait fortement mais jamais il ne mordait : jamais il ne lèverait sa main sur sa sœurette.

Durant son trajet, elle remarqua l'attitude apeurée des esclaves. Beaucoup "fuyaient" en sens inverse et plus elle s'approchait de l'emplacement de son frère, et moins il y avait âme qui vive. Même sa fidèle esclave l'abandonna en cours de route. Praedita était définitivement seule face au grand lion. La louve pourrait-elle les rejoindre et calmer la tension ? Elle avait espéré mais cette espoir disparut instantanément quand elle entendit le ton de la voix de son frère.

Elle ne tergiversait plus bien longtemps suite à la menace de son frère. Elle craignait vraiment qu'il mette en exécution cette menace. Face à lui, elle le jaugea rapidement du regard et conclut qu'elle devait oublier toute remarque intelligente ou ironique telle que "Septimus est presque plus séduisant que Calvus" ou "Son physique est donc si marquant pour que tu t'en souviennes mon frère ?". Tout cela était proscrit.

- Oui Mon frère aimé ?

Elle tentait de rester calme et d'ignorer le regard noir de son frère. S'il pouvait foudroyer ou embraser une personne d'un simple regard, voilà bien longtemps qu'elle ne serait plus que cendres et poussières.
Patricien
Dim 16 Mar - 20:42
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2402
₪ Sesterces : 63
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty


Ma tête tambourine, mon coeur aussi, emprunt de colère. Je fais volte-face pour voir ma charmante soeur qui me sert son sourire de coupable, ainsi que de charmants petits épithètes pour enrober le tout. Elle sait y faire mais pas question de me laisser attendrir aujourd'hui. Je continue à la percer du regard et aboie presque :

- Tu daignes enfin te montrer ? Pas de miel pour moi aujourd'hui, ça ne me fera pas mieux avaler cette couleuvre !

Elle soutient mon regard : il faut dire qu'elle à affaire à lui depuis fort longtemps, si bien que la force de l'habitude ne la fait plus reculer. Lorsqu'elle était plus jeune, ce regard-là pouvait la faire partir en courant. Aujourd'hui, je me demande s'il ne l'amuse pas. Fort heureusement, elle se garde de toute brillante réplique et semble attendre que mon courroux l'abatte ou s'essouffle de lui-même. Toutefois, je suis bien décidé à ne pas lui mâcher le travail pour une fois. Je fais quelques pas décidés vers elle et je la toise, en croisant les bras contre mon torse tout en parlant, froidement :

- J'imagine que tu sais très bien quelle est la source de ma colère, Praedita ? De ma légitime colère ajouterais-je...

Je fronce le sourcil, comme si c'était d'autant plus légitime ainsi. Que ma propre soeur ait osé braver mon autorité de patriarche en remettant sa vie et son alliance entre les mains de quelqu'un que je n'avais pas choisi me consterne autant que cela m'enrage. Même si ce quelqu'un s'avère être mon meilleur ami. Même si ce quelqu'un représente, de fait, une alliance très avantageuse pour notre famille.
Jamais je n'eus pu penser à Marcus comme choix pour ma soeur. Ils se connaissent depuis toujours, il l'a quasiment faite sauter sur ses genoux, il a mon âge, par tous les dieux ! Oh et je me fiche que ma fille soit mariée avec quelqu'un ayant l'âge de celui qu'aurait pu avoir mon père s'il ne nous avait pas quitté trop tôt. Ce n'est pas une raison pour me frustrer, me spolier de mon droit ainsi que de mon devoir de trouver un digne époux pour ma soeur.
C'est certainement tout ce que ma posture et mon air lui hurlent, tandis que je fulmine silencieusement, me retenant justement de pousser des hauts cris qui ont déjà affolés toute la maisonnée. Un intrépide esclave qui a eu l'idée saugrenue de venir apporter un plateau chargé d'une boisson rafraichissante et de fruits prend soudain conscience de ma crinière hérissée et se ravise, tournant aussitôt les talons et emportant le petit-déjeuner avec lui. Je continue :

- Es-tu consciente de ce que tu as déclenché ? Es-tu consciente d'avoir bravé les moeurs et mon autorité dans un projet des plus saugrenus ? Si cela se savait, nous serions la risée de tout Pompéi ! Ne t'ai-je donc rien appris Praedita ?!

Bien malgré moi, le ton monte et j'en suis presque à lui agripper les épaules pour la secouer, mais je me retiens, par dignité. J'inspire d'un coup par le nez, afin de faire passer la boule qui m'étreint l'estomac, formée par la colère et je reprends, sur un ton plus égal :

- Avant toute chose, sache que tu ne t'en sortiras pas par des pirouettes, des excuses ou tes oeillades, j'y serai hermétique aujourd'hui, histoire de t'apprendre ce que cela fait. Par contre, je te laisse exposer ta défense : j'écoute.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

Hear me Roar [Praedita & Publicola] 825634teampompei
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 255340teamvinicii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 739121teamclaudii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 448392teamtitus
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 240958lobbyvipres
Patricien
Jeu 3 Avr - 14:53
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Pompeia Praedita
₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 681
₪ Sesterces : 73
₪ Âge : 26 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre - membre d’un cercle littéraire secret

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Praedita regrettait que son frère soit si furieux à son égard en cette matinée unique en son genre. Elle ne pouvait pas faire la moindre brillante remarque sur son état actuel. En effet, durant ses vingt-cinq années d’existence, jamais son frère ne l’avait accueilli avec une gueule de bois les matins. Au contraire, c’était plutôt elle qui lui offrait ce pitoyable spectacle, vestige d’une ébriété assez avancée la veille lors d’une soirée patricienne, et qui avait à supporter les « bonnes » paroles et sanctions du duumvir. D’ailleurs, c’était lui-même qui avait imposé qu’une esclave l’accompagne lors de ces soirées pour l’empêcher de boire plus que de raisons et lui avait donné l’autorisation « d’obliger » sa maîtresse à quitter la soirée si, malgré les précautions, elle avait exagéré. Praedita avait trouvé cela bien exagérée car si on comptait bien, elle n’avait été imprudente que deux fois. Autrement, elle savait se tempérer. Cependant, et voilà une chose dont elle avait l’habitude, son frère n’écouta en rien ses explications, et mettait un point d’honneur à protéger sa sœur chérie coûte que coûte de tout déshonneur. Malheureusement pour lui et ses pauvres nerfs, quoi qu’il fasse, Praedita semblait redoubler d’efforts pour le malmener, pour remettre en cause tout un système et pour mener toujours et constamment le nom des Pompeii dans des sentiers risqués.

Le faisait-elle exprès ou non ? Même Praedita n’en avait pas la réponse. Sur le moment, l’idée fusait, la logique suivait et agir lui semblait l’acte le plus légitime et logique à faire. Loin de fuir les conséquences, elle les prenait à bras le corps. Elle était si habituée de faire face aux colères des hommes et des femmes qui l’entouraient qu’à force, elle ne les craignait plus. Enfin … aujourd’hui son frère arrivait presque à l’effrayer.

« Tiens-toi droite et ne fuit pas le regard » s’ordonna-t-elle.

Elle le laisse parler tout en réfléchissant à ces dernières actions. Il y avait donc Marcus, Remus, Titus … Marcus ? Son visage s’illumina aussitôt qu’elle s’assombrit. Les images se défilaient à une vitesse hallucinante dans son esprit : les fiançailles, sa demande de mariage, les Dies avec les promesses de Marcus et enfin la rencontre avec ce dernier pour organiser les détails de cet événement important.

« Evénement important dont mon frère n’a pas été à l’origine comme la tradition le veut ».

Elle était heureuse de s’être souvenue de cette décision, l’objet de cette querelle, mais était tout autant fâchée. Pourquoi son frère était à ce point en colère ? Marcus avait-il été l’homme le plus franche de la ville à cet instant-là ? N’avait-il donc pas embaumé ses phrases et mentit un peu, pour faire croire que tout se déroulerait comme les mœurs l’exigeaient ?

« J’avais oublié : il est légat et non politicien ».

A vivre dans une famille versée dans l’art de la politique, et donc du mensonge, elle n’avait aucun scrupule à mentir à sa propre famille de temps à autre afin de déformer et détourner la réalité à son avantage. Si elle avait été Marcus, elle n’aurait pas pris la peine de parler de l’arrangement et aurait fait part d’un désir de se marier avec une fille d’une famille alliée … comme celle du meilleur ami, sous-entendant donc agréablement que la dernière célibataire de la maisonnée était un parti intéressant.

Malheureusement, Marcus était un légat franc. Il n’a pas dû être très subtil dans ses propos. Elle qui avait naïvement cru que tout se passerait sans subir une trop grande colère. Certes, elle avait envisagé cette situation-ci mais seulement si Marcus avait été peu habile. Lucius conclut en disant qu’aucune œillade ou accolade ne l’amadoueraient et qu’il exigeait qu’elle expose les faits et défende ses actions. Il la traitait comme une criminelle.

« Note à moi-même : ne plus confier ce genre de chose à Marcus ».

Dommage que l’esclave de tout à l’heure n’a pas déposé son plateau sur une table : Praedita aurait voulu tenter d’acheter un peu son frère avec quelques mets, quelques douces paroles pleines de sens. Non, elle devait se défendre sans le moindre artifice. Elle avait l’impression d’être nue ainsi.

- Mon projet n’est pas saugrenu et je me flatte à dire que j’ai fait ma première bonne action pour le Pompeii depuis ma naissance. Et ne t’inquiètes donc pas, cela ne se saura pas car Marcus n’est pas une commère que je sache. Ni moi.

Il faut dire qu’elle n’avait été que source d’inquiétudes certains jours mais pour cette histoire-là, elle était vraiment heureuse d’elle-même. Oui, elle avait bravé les mœurs romaines mais pour la bonne cause : la sienne et celle des Pompeii.

- Tout est très clair et je n’ai pas à exposer une quelconque défense. Cependant, tu sembles l’exiger et je vais tenter de répondre à ton désir. Les élections approchent, Fortunato et Aurea sont mariés, Virginia est Vestale et je reste la dernière célibataire de cette villa. J’ai pu l’être jusqu’à cet âge car mes nièces et neveu t’occupaient tout entier mais maintenant, ils ne sont plus là.

Elle se tut, jaugeant un court instant du regard ce frère silencieux et la toisant d’un regard froid. Le magistrat dans toute sa splendeur, quoique avec une gueule de bois.

- J’ai 25 ans et je ne suis plus une fillette à qui on peut imposer quoi que ce soit. Je ne l’ai jamais été d’ailleurs alors je le serais encore moins aujourd’hui. Si tu m’imposais un mariage comme avec Aurea, je t’aurais détesté toute ma vie. J’en aurais été capable et tu le sais mieux que moi. Pire, l’alliance que tu cherchais en travers de ce mariage, j’aurais été apte à la détruire. Tu sais que j’en suis capable.

Elle se rendit compte de ses paroles dures. Il fallait se rattraper.

- J’ai tant construit jusqu’ici … J’ai toute ma vie ici même. Je ne peux pas te laisser tout détruire avec un mariage. J’ai besoin de rester à Pompei et non m’éloigner en épousant un cousin de je ne sais quel allié. J’ai besoin d’exercer du théâtre et non être rabaissée à être seulement une épouse donnant des héritiers. Je sais quel est mon rôle mais j’ai besoin de théâtre aussi.

Elle se permit d’approcher et de poser une petite main sur celle de son frère. Elle sourit et un petit éclat malicieux brilla dans son regard.

- Tu m’as dit un parti avantageux pour toi et moi, qui respecte mon caractère et qui sera un très bon allié au Pompeii … As-tu meilleur homme que Marcus dans tes connaissances et réunissant tous ces critères ?

Elle savait que sa colère n’était pas son choix mais sa façon de faire. Il fallait donc clarifier tout cela.

- Je n’ai pas osé te le dire car j’ai craint que tu interprètes cela comme « je suis prête à me marier » et que tu ne m’imposes un autre homme.
Ven 4 Avr - 12:19
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




avatar
Invité
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Je me suis levée avec l'aube, plus tôt qu'à l'accoutumée. Je n'aime pas dormir seule, et encore moins avec un ronfleur; mais le lit me paraît trop grand, trop froid, quand Lucius n'est pas là. Et hier soir, il est rentré très tard, bien après que la décence le permette sans éveiller de soupçons. Il a cependant eu la délicatesse de ne pas troubler la quiétude de ma nuit en allant dormir dans la chambre d'à côté - ou alors, était-ce une conséquence de son état d'ébriété ? Car oui, il était saoul, le grand Duumvir ; le voir dans cet état, même derrière un voile, même s'il dormait déjà, ronflant comme un bienheureux, m'a serré le coeur. Est-il possible qu'il se soit enivré avec sa maîtresse, allant jusqu'à oublier les plus élémentaires des corrections envers moi ?
L'angoisse d'une éventuelle déchéance de mon époux, ou du moins, son amorce, a tourmenté mes rêves au point de m'éveiller au petit jour, en sueur et haletante comme si j'avais couru. Cela m'a mise en colère: moi, Lupida, jalouse et tourmentée au point de ne plus en dormir ? Allons bon! C'est bon pour les jeunes filles à peine nubiles, pas pour moi.
Je me suis donc levée très tôt, suis allée prendre un bain frais, et ai enfilé une tunique légère de soie pourpre qui épouse harmonieusement mes courbes. J'ai hésiter à laisser ma chevelure libre, puis me suis ravisée. Donner le change, toujours, la perfection en apparence. Sauver les apparences. Questionner ensuite, sans en avoir l'air.

Bien que le soleil se lève à peine, la villa bourdonne déjà d'une activité en sourdine pour ne pas déranger les dormeurs moins matinaux. Les sols sont passés à grande eau, les portes et fenêtres grandes ouvertes afin que les dalles de marbres soient sèches au lever de tous. La magie des grands domaines est ainsi: des petites mains s'activent dans l'ombre, aux heures où les patriciens s'alanguissent dans les bras du dieu du Sommeil, afin qu'ils trouvent toujours tout prêt, beau, propre, à disposition de leurs moindres désirs.

Je me dirige vers notre pièce de bains, ordonne de mettre l'eau à chauffer. Lucius ne sera pas contre une immersion dans le caldarium pour chasser son mal de crâne; et puis qui sait, je pourrais peut-être l'y rejoindre et trouver des réponses à mes questions. Ce qui me rappelle que j'ai quelques personnes à voir, en ville... Il y a trop de choses que j'ignore, aujourd'hui.

Je vais ensuite aux jardins, salue les jardiniers et me penche pour cueillir moi-même quelques roses, que je vais disposer dans un vase peint venu de Grèce - un cadeau de Lucius - dans le vestibule, lorsqu'un terrible rugissement me fige sur place.

"PRAEDITA!"

Je ferme les yeux, soupire. Mon mari est éveillé. Ma belle-sœur va avoir du fil à retordre pour apaiser le courroux qui exacerbe la voix de stentor de son aîné...
Je décide de les laisser discuter, d'abord, avant d'intervenir. Mon époux sent son rôle de patriarche bafoué, n'allons pas rajouter à son ire en me présentant comme avocate avant qu'il ait pu exprimer sa juste colère.

Je me glisse donc dans un recoin bien placé pour entendre leur dialogue; Praedita s'est hâtée, la voilà déjà qui tente, mielleuse, d'apaiser Lucius. Pauvrette....
Lorsque j'entends de quoi il s'agit, j'a i envie d'éclater de rire. Voilà la raison de sa subite ivresse de la veille! Evidemment, après tout, il n'est qu'un homme; et quoi de plus humain que noyer son chagrin dans le vin ? In vino veritas, dit la maxime.... Malgré moi, je suis soulagée. Praedita a eu tort dans la démarche, mais je crois que pour le fond, elle a eu raison. Après la mésaventure d'Aurea, les Pompeia que nous sommes ont des sueurs froides lorsque nous songeons à une autre union arrangée. De fait, en prenant les devants, Praedita s'assure des noces plutôt agréables, et son choix a été fort judicieux. Même offensé, Lucius ne peut que constater l'intelligence de sa démarche, car son meilleur ami est un excellent parti, et l'association des familles Pompeii et Vinicii ne peut être que profitable.
Elle expose ces mêmes arguments avec calme et mesure. J'admire la jeune femme brune, si fière, son petit menton levé vers son lion de frère qui rugit et frémit d'une rage retenue, et je me dis qu'elle a bien grandi. Une bouffée de fierté m'envahit, je réprime un sourire; il sera bientôt temps pour moi d'intervenir.

J'attrape au vol l'esclave qui s'enfuyait avec son plateau, et lui chuchote quelques mots. Revenir avec un cidre frais, quelques grappes de raisin, du pain et du miel. Je saurai amener Lucius à s'alimenter, et le cidre, légèrement alcoolisé, apaisera sa migraine et l'adoucira.
Écoutons encore un peu.
Patricien
Mar 22 Avr - 8:24
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2402
₪ Sesterces : 63
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty


Ivresse, douce ivresse... Tu parles ! Ce matin, j'ai du mal à parler sans avoir mal jusque dans la mâchoire. Pourquoi avoir bu autant avec Marcus ? Ah oui... à cause de tellement de choses à la fois, les injures, les mariages, les élections. Et surtout, surtout, ma chère et tendre petite soeur qui n'en fait qu'à sa tête depuis qu'elle sait marcher et à peine parler. D'aucun pourrait penser que je suis habitué mais que nenni, cela me surprend toujours autant. Ce qui est d'autant plus surprenant, c'est que je ne parvienne jamais à me mettre réellement en colère. Même ce matin, j'en suis presque à grogner mais je ne suis pas hors de moi comme je devrais l'être. Je suis comme un vieux lion vexé mais Praedita finit toujours pas m'attendrir malgré moi, car je sais qu'au fond, jamais ses frasques n'auront pour but de décrédibiliser véritablement notre maison. Même si ici, on frôle une certaine limite que je ne croyais pas qu'elle se permettrait d'approcher.

Toutefois, je dois avoir l'air suffisamment effrayant pour que ma soeur se tienne plus droite que n'importe quel marbre mimant le militaire le plus guindé que nous ayons produit. Je vois également, car je la connais par coeur, ses méninges se mettre en branle tandis qu'elle réfléchit à toute allure concernant l'origine de mon courroux. J'émets un claquement de langue agacé tandis que la réponse est longue à venir : bon sang ! Il n'y a quand même pas trente-six raisons de me voir dans un tel état, si ? J'espère bien que non... Je fronce un peu plus bas le sourcil, ce qui me rappelle que c'est aussi douloureux que ma mâchoire, comme à peu près chaque parcelle de mon visage à chaque fois qu'elle doit se mouvoir. Je manque m'étouffer quant à la réponse et je réponds, scandant chaque mot :

- Ta première bonne action ? Tu te fiches de moi ? Il y a intérêt oui à ce que ça ne sorte pas d'ici. Les injures peintes sur nos murs sont déjà un scandale suffisant pour la décennie !

Ce qu'elle ne sait pas encore, c'est que j'ai donné mon accord à Marcus pour le mariage, hier au soir, bien que complètement aviné. Mais j'ai bien envie de continuer à la torturer un moment, histoire qu'elle se souvienne à quel point l'affront est grand. Je plisse les yeux dans sa direction, histoire de voir si elle va finir par étayer sa défense, ce qu'elle finit par faire. Je reconnais bien là la Pompeii qu'elle est et si je n'étais pas autant en rogne, je laisserai un doux sourire venir caresser mes lèvres. Je grogne :

- Praedita, me prends-tu pour un vieillard sénile ? Il y a quelques mois, j'ai eu le malheur d'aborder la question du mariage et nous avons failli en venir aux mains. Ne viens pas maintenant arguer que ton état te rendait malheureuse !

Je ne suis pas aveugle, ici il n'est pas question du mariage en lui-même mais plutôt de choix. Elle a préféré s'assurer un époux à son goût et je ne peux lui donner complètement tort, d'un point de vue personnel. Par contre, dès lors que je reprends ma place de Patriarche, je sais qu'elle est en faute. Elle finit enfin par avouer le coeur du problème et au milieu de ma colère flamboyante, je me rembrunis :

- Je me passerai de tes jugements concernant le mariage d'Aurea, je n'ai aucune raison de les subir. Comme tout père, j'eus préféré apporter le bonheur à ma fille mais je ne suis pas juste un père, je suis un Pompeii, j'ai l'héritage politique de mes ancêtres, tu le sais aussi bien que moi. Nous ne sommes pas ici pour être enfermés dans la béatitude et nos propres aspirations passent après ce qui convient à notre cité.

Et ce qui convient à notre cité, c'est moi, pas la peine de le souligner. Cependant, elle n'a pas tort en soulignant qu'elle eut pu ruiner, avec son caractère impossible, toute alliance politique que j'aurais jugée bonne pour elle. Voilà pourquoi j'ai renâclé jusqu'alors à la marier. Je lève la main pour l'interrompre, lui signifiant qu'elle n'a pas à justifier son attaque concernant Aurea, nous en avons suffisamment parlé. Je soupire légèrement, taisant pour un instant seulement le politicien plein de rage :

- Je suis ton frère, je t'ai vue grandir, je sais tout cela. Et...

Je la laisse approcher, me laissant finalement fléchir par le contact de sa main. Ma tête me fait souffrir mais je souris malgré moi :

- Non en effet, pas meilleur critère que mon ami de toujours... C'est vrai. Je lui ai donné ma bénédiction, je ne pouvais la lui refuser mais Praedita, tu ne te rends pas compte de ce que c'est que d'être l'épouse de quelqu'un qui en aime une autre. Tu crois que le reste suffira, tu le crois sincèrement du haut de tes 25 ans. Tu as raison, je t'eus certainement imposé quelqu'un d'autre, mais tu aurais pu apprendre à l'aimer et c'eut été réciproque, te connaissant. Flavia et moi avons eu le même chemin...

L'esclave revient avec un plateau dont le contenu me semble avoir changé, du pain frais, du cidre... Mon sourire s'accentue car je ne peux que deviner là l'esprit de ma charmante épouse. À peine l'ai-je évoquée qu'elle semble déjà proche. Mon regard n'est pas amène pour le pauvre esclave mais je lui signifie qu'il peut poser ses victuailles et je me saisis d'une tranche de pain avant d'en grignoter un morceau tandis que le petit s'éclipse. Puis, je fronce de nouveau le sourcil, ayant repris quelques forces :

- Crois-tu que je t'eus donnée en pâture à n'importe quel infâme ? Vas-tu cesser de noircir le tableau de ta nièce à la fin ? Déjà tu n'es pas elle et ensuite Aurea est malheureuse car elle se rend malheureuse ! Elle eut dû comprendre depuis longtemps quelle place elle a et quel pouvoir lui incombe également. Elle est femme de Duumvir par tous les dieux !

Je songe vaguement qu'elle ne le sera peut-être plus très longtemps d'ailleurs. Septimus devient de plus en plus mal luné et me rend la vie impossible. Si je frôle le conservatisme, il semble figé 40 ans en retard sur notre époque et cela a le don de m'horripiler tandis que je souhaiterais ratisser au plus large. Je finis par servir deux coupes de cidre et en tend une à Praedita, sans lui demander son avis. J'ai encore presque le nez dans la mienne quand ma voix s'élève :

- Veux-tu donc venir réprimander ta nièce, Flavia, d'avoir déjoué les machiavéliques plans de son frère tyrannique ?

Mon regard moins perçant qu'à l'accoutumée se dirige malgré tout vers l'entrée de la pièce où ma femme doit se nicher.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

Hear me Roar [Praedita & Publicola] 825634teampompei
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 255340teamvinicii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 739121teamclaudii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 448392teamtitus
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 240958lobbyvipres
Patricien
Ven 2 Mai - 11:37
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Pompeia Praedita
₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 681
₪ Sesterces : 73
₪ Âge : 26 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre - membre d’un cercle littéraire secret

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Pompeia Praedita se retint d’affirmer qu’il devenait un vieillard sénile. Effectivement il frôlait sa quarantaine et bientôt la cinquantaine, il affichait un conservatisme qui l’étouffait certains jours et ses fréquentations, notamment le vieillard sénile par excellence qu’état Septimus, déteignait sur lui. La quarantaine ne représente rien si ce n’est une autre étape de la vie au vingtième siècle mais à cette époque antique, à l’ère pompéienne, les soins sont rustres et primaires, la fatigue bien plus marquée sur les traits et un corps usé par de nombreuses attaques de différentes maladies au cours de l’existence. Lucius, comme Marcus réflexion faîte, pouvaient garder un charme mais ils étaient « vieux » et complètement bornés, bloqués aux mœurs de leur époque.

Praedita avait évidemment pris en compte ce détail lors du choix de son époux. Lorsque Marcus lui avait promis de respecter ses libertés, elle aurait pu voler si elle avait eu des ailes. Libre d’écrire, libre de penser, libre de parler … libre et non enchainée à des préceptes machistes. Elle se fichait que Marcus ait une maîtresse, un amant, un enfant … n’importe, tant qu’il lui garantissait cette liberté. Du haut de ses vingt-cinq ans, elle était certaine que cela lui suffirait.

« Evidemment qu’il a accepté … refuser aurait été stupide » pensa-t-elle, triomphante. En effet Marcus avait promis et face à la « détermination » de ce dernier, quelle excuse aurait bien sortir ce politicien de renom sans offenser son ami de toujours ? Aucun … du moins aucun à sa connaissance.

« Il est donc au courant pour cette maîtresse … enfin c’est son ami aussi. Que suis-je bête ». Praedita aurait bien voulu garder ce pan de la relation cachée, à l’ombre, de son frère afin de ne pas le froisser. Elle avait prévu un discours équivalent et déjà elle leva les yeux au ciel, agacée par les propos. « J’espère sincèrement que mon frère et Lupida seront les seuls à connaître une telle chose ». Elle avait peut-être accepté d’être l’intruse dans cette histoire d’amour, à ses yeux seulement un caprice d’un patricien qui s’ennuyait, mais elle souhaitait que cela reste inconnu de tout Pompei. Elle n’aurait pas la force d’accepter qu’il reconnaisse ses bâtards et en plus subir les mauvaises langues d’un très grand nombre. Il y avait des limites à sa patience et elle ne garantissait pas que son amour du théâtre l’aide à garder bouche cousue bien longtemps.

Du coin de l’œil, elle vit le plateau revenir. Son frère piochait un bout de pain puis saisit un verre de cidre, en tendant un autre à Praedita. Elle l’accepta pour ne pas donner une autre raison d’accusation futile au Lion.

- Oh ! Tu exagères ! J’ai seulement pris quelques précautions envers un politicien habile. Cependant Flavia pourra aussi témoigner : autour de nous, peu de patriciens sont réellement fidèles à leur épouse toute leur existence. Je veux dire toi, et Septimus par exemple, automatiquement elle affichait un net dégoût en prononçant le nom de ce vieillard, vous êtes ces rares hommes adeptes des principes de mariage et de fidélité. Tous les hommes ne sont pas comme vous malheureusement.

Enfin … Lucius avait droit à une merveilleuse femme et Septimus ne pouvait pas se plaindre d’avoir une véritable dans son lit. Il est certain qu’ils n’avaient aucune raison de tromper. Par contre elle et son futur et hypothétique époux, elle doutait depuis son enfance qu’il puisse lui être fidèle. Elle se souvenait encore des paroles de sa mère et des « leçons » de son père.

La mère disait qu’il fallait seulement se méfier que la maîtresse ne « vole » pas ses droits ou ceux de son enfant. Son père avait brisé depuis des années une quelconque croyance en l’amour tantôt en payant le jeune homme, non patricien évidemment, pour qu’il déguerpisse, et Praedita qui assistait à cette scène impuissante, ou tantôt en indiquant de ne pas faire confiance entièrement aux prétendants, qui n’hésitaient pas à chanter louange devant elle pour aussitôt se moquer derrière son dos. Ses parents avaient-ils eu peur qu’elle ne tombe amoureuse et commette des folies ? Ou alors étaient-ce juste leur éducation pour leur fillette chérie au cœur trop passionné ? Dans tous les cas, c’était une autre raison de son dégoût du mariage et de son enchaînement à un être qui finira par trahir. Elle s’était juré de ne pas se marier par amour.

Ainsi, elle doutait fortement des sages paroles de son frère. Pouvait-on vraiment, elle la fille trop bavarde, elle la fille trop sauvage, elle la fille trop rêveuse, elle la fille trop sarcastique ? Quelqu’un avait-il suffisamment de patience pour la supporter toute une existence ? Voilà les craintes qu’elle dissimule sous cette carapace d’assurance et de sarcasme.

- Au moins avec Marcus, je sais à quoi m’attendre. Au moins, à ses côtés, je pourrais me consoler en continuant à exercer mes passions sans honte et sans avoir à me dissimuler. Il me l’a promis et il sait tenir ses promesses. Je ne l’aime pas d’un grand amour mais je le respecte et je crois en sa parole. Il ne l’a jamais trahi jusqu’à maintenant.

Oui, au moins, pourrait-elle continuer à rêver en travers du théâtre, seul havre de paix où personne ne l’oblige à se plier à quoi que ce soit et où le bon l’est sans tâche ni hypocrisie.

Quant à la parole de Marcus, elle y croyait mais elle n’était pas non plus aveuglée. Elle est et restera toujours critique.

- N’ai-je pas raison Flavia ? demanda-t-elle, nerveuse légèrement à l’idée de l’avis de cette matrone.

Cette dernière avait toujours pris soin de Praedita, et la brune en avait fait un modèle à suivre – du moins du mieux qu’elle pouvait, en accord avec son propre caractère -. Elle espérait qu’elle la soutiendrait et qu’elle ne chercherait pas à distiller un doute dans le cœur de Praedita. Cette dernière , suite à la bénédiction « forcée » de son frère, était maintenant dans un chemin sans retour : soit Marcus soit un autre mais adieu au célibat dans tous les cas.
Patricien
Sam 21 Juin - 22:08
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Lucius Pompeius Publicola
₪ Arrivée à Pompéi : 11/05/2013
₪ Ecrits : 2402
₪ Sesterces : 63
₪ Âge : 42 ans
₪ Fonction & Métier : Duumvir

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: Verba volant, scripta manent.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Époux de la louve et amant de la vipère.
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty


Spoiler:
 

Et ma soeur fut bien avisée de ne rien répliquer de ce genre car remonté comme je l'étais, je n'allais pas en plus supporter de me faire traiter de la manière un brin méprisante dont était traité mon fringant gendre, plus il atteignait un âge canonique... Mon impérieux regard la jauge tandis que je brandis l'argument massue qu'est la maîtresse de Marcus. Je crois qu'elle va être déstabilisée mais force est de constater qu'elle s'est déjà faite à cette idée. Je n'arrive pas à statuer sur le fait que c'est une bonne chose ou non. Peut-être est-elle plus mâture que je ne le crois, peut-être a-t-elle moins besoin de ma protection à présent. Ce constat me navre légèrement, bien plus que le trop plein d'alcool ne le fait déjà. Je sonde sa détermination, de mon oeil bleu qui me pique, et je soupire ostensiblement car de toute façon, nous savons tous deux que les jeux sont faits.

Je fais un geste de la main pour renvoyer son argument autour de la fidélité :

Peut-être sommes-nous des exceptions, - et pas un seul instant mon esprit ne vogue alors vers Helvia car bizarrement, dans ma tête, mon aventure avec elle n'est pas un adultère, c'est une destinée, c'est un sacrifice de mes valeurs pour me mener encore plus loin que je ne suis jamais allé - mais une épouse précautionneuse sait comment gérer un époux infidèle et fait en sorte qu'il fréquente la femme qui leur est utile ou agréable. Même si je sais que Marcus ne te mettra jamais dans une position inconfortable, ni te plongera dans l'opprobre.

Je me détends un peu, car j'oublie, dans ma colère, que je devrais me réjouir de cette union plutôt que de maugréer en boucle. Et encore, ici je ne suis que le pâle reflet de mon père. Je n'imagine même pas quelle fureur eut été la sienne si Praedita avait agi ainsi envers lui. Une petite voix me murmure qu'elle n'aurait jamais osé agir ainsi avec père. Les colères froides dont il pouvait faire montre étaient si impressionnantes que l'envie de prendre ses jambes à son cou était forte. J'ai un caractère tellement plus enflammé, comme ma soeur, que mes colères sont brutales mais ne durent guère. Celles de notre pater pouvaient s'éterniser et il nous battait froid des jours durant pour peu qu'on lui eut déplu.
Je secoue la tête :

- Tu argumentes donc avoir fait ton choix par sécurité ? Ça ne manque ni de panache, ni de sens, je dois bien t'accorder cela. Et je sais que tu peux avoir confiance en lui, autant qu'en moi. Il est vrai que ce genre d'inquiétude me sera épargnée, en te sachant à ses côtés...

Je commence à me fatiguer d'être en colère et je bois une grande gorgée de cidre pour faire tomber ma fureur. Le choix de Praedita, je me dois à présent de le digérer. Je lance, presqu'amère :

- Et puis tu n'auras plus à m'obéir... Tu seras ainsi débarrassée. J'ai parfois rêvé que notre situation soit éternelle, mais nous savons tous deux qu'il ne pouvait en être autrement.

Je fais un pas dans sa direction et lui prend les mains entre les miennes. Mon regard se fait brillant lorsqu'il se plonge dans le sien :

- Tu es avisée petite soeur, je le sais pertinemment et tu auras un époux digne de toi en la personne de mon ami de toujours. Je souhaite seulement... te voir et te rappeler à l'ordre à l'occasion. Cela me manquerait trop de ne plus pouvoir le faire, tu le sais bien. Et puis, tu es mon alliée la plus ancienne Praedita. N'oublie pas que par nos deux vies, nous faisons résonner celles de nos ancêtres, de notre gens et que rien ni personne ne doit la menacer. N'oublie jamais cela.

Mes yeux sont à présent plein de la ferveur des serments éternels. Je sais qu'elle me comprend, je sais que ce moment un brin solennel fait écho à ce qu'elle ressent envers notre famille.



Césars:
 

Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 

Hear me Roar [Praedita & Publicola] 825634teampompei
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 255340teamvinicii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 739121teamclaudii
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 448392teamtitus
Hear me Roar [Praedita & Publicola] 240958lobbyvipres
Patricien
Jeu 28 Aoû - 11:09
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Pompeia Praedita
₪ Arrivée à Pompéi : 17/11/2013
₪ Ecrits : 681
₪ Sesterces : 73
₪ Âge : 26 ans
₪ Fonction & Métier : Auteur anonyme de pièce de théâtre - membre d’un cercle littéraire secret

Cogito ergo sum ₪
₪ Citation: C’est si rare maintenant quand une femme a du tempérament, que quand une femme en a, on dit que c’est de l’hystérie.
₪ Moi en quelques mots:
₪ Côté Coeur: Fiancée
Voir le profil de l'utilisateur
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Elle avait obtenu ce qu'elle voulait. Une fois de plus. Encore. Cependant, elle cacha soigneusement ce sourire de satisfaction derrière un sourire reconnaissant et des traits aimables. Il fallait toujours donner aux hommes la sensation qu'ils avaient toujours contrôle sur tout et que chacune de leurs décisions étaient en soit une bénédiction. Evidemment, ce n'était qu'une sensation à donner et ne pas y croire, au risque de finir en état total de servitude.

- Voyons mon frère, j'ai toujours voulu un époux sur Pompei afin qu'on puisse toujours se voir et que tu continues à me conseiller comme il se doit ou me rappeler à l'ordre. Tu sais bien que sans toi je me sentirai bien seule et triste et il n'est jamais bon qu'un Pompeii tombe dans un tel état n'est-ce pas ?

La solitude et la tristesse, deux états capables de faire commettre le pire à un Pompeii dans l'ultime et unique et égoïste but de mettre fin à ces états. Quitte à être déchu ou à déchoir, tant que l'ennui était trompé et que la solitude était tuée, rien ne comptait. La fin justifiait les moyens, voilà l'adage qu'elle appliquait quand cela lui arrangeait, voilà la philosophie de vie qui menait l'existence de la brune. Une philosophie dont seul son frère et sa charmante épouse avaient l'art d'apaiser ou d'enflammer si nécessaire pour que la petite de la maisonnée ne commette pas de disgrâce inutile.

Et déjà la "petite" retint la première leçon de son frère en terme de couple : savoir gérer l'époux infidèle et choisir la maîtresse utile. Cependant, si la maîtresse était déjà choisie, que faire ? Devait-on s'en renseigner ? Devait-on s'en méfier ? Dans tous les cas, son frère aurait été la source de choix. Il semblait connaître cette fameuse esclave et Praedita était curieuse de connaitre son avis. Par contre voilà un sujet qu'elle abordera un autre jour car en soit l'acceptation de son frère était une bonne nouvelle et une raison supplémentaire de respirer librement dans la villa des Mystères.

Après avoir avalé son verre de cidre - gloire à celui qui l'avait inventé -, et ces douces paroles, il s'approcha d'elle pour lui prendre les mains et plonger son regard dans les siens. La ferveur qu'elle y lut, l'atmosphère changeant … tout lui indiquait que ce que son frère allait dire était d'une grande importance. Ainsi, elle soutint son regard, prêt à dévorer chacune de ses phrases. Et elle le fit. Ou plutôt elle ne le fit pas. Elle savait tout cela et il ne faisait qu'écho à ses propres paroles du passé, du présent et du futur. Quoi qu'il arrive, elle sera une Pompeia et non une Vinicia. Quoi qu'il arrive, elle restait la sœur de Lucius Pompeius Publicola et non l'épouse - ou future épouse - de Marcus Vinicius (ou tout autre prétendant réflexion faîte). Sa fidélité allait avant tout envers sa famille.

Si elle était amie avec ses amis d'aujourd'hui, c'était soit des alliés de sa famille soit des amis "voulus" par Lucius. Il lui demanderait d'abandonner telle personne ou de la poignarder dans le dos - après lui avoir tout de même présenté la raison -, elle le ferait sans aucun scrupule.

- La famille avant tout mon frère. Je ne l'oublierai pas, termina-t-elle en portant un léger baiser aux mains de son frère.

Un sorte de serment de fidélité ou de soumissions ? Qu'importe, la seule personne - ou entité - à laquelle la brune acceptait d'être esclave sans honte était bien sa famille représentée par son frère.

- Je resterai à tout jamais une Pompeii. Quoi que tu fasses, et quoi que je fasse, nous resterons fidèles l'un à l'autre.

Praedita ne se rendait pas vraiment compte de l'étendu d'une telle promesse. Peut-être bien que oui. Elle accepterait de le suivre en exil si nécessaire et tant d'autres choses ! Cependant, qu'adviendra-t-il de cette promesse quand elle saura que son si moralisateur et conservateur de frère avait une maîtresse ? Comment réagira-t-elle alors qu'elle adore Lupida autant que Lucius ? Qu'adviendra-t-il quand elle-même aura des enfants ? Ses priorités changeront-elles ou resteront-elles les mêmes au détriment de quelqu'un de sa famille ?


La famille, voilà bien une entité complexe.
Re: Hear me Roar [Praedita & Publicola]   




Contenu sponsorisé
Hear me Roar [Praedita & Publicola] Empty

Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hear me roar ▬ arkhaan [fiche validée]
» (winnie) and you're gonna hear me roar.
» Elliot D. Panabaker ⏏ Hear me Roar ⏏ Terminée
» yoon jun ho ▲ hear me roar
» ROWEN ► hear me roar [fiche validée]

Sauter vers: