Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]



POMPEII, TERRA DEORUM ₪ :: Amphithéâtre
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Patricien
Mar 11 Fév - 19:04
Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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- Bien entendu, Septimus.

Je hoche la tête, patiemment, ravalant mon envie d'envoyer plus ou moins bouler mon cher collaborateur dans cette lourde charge qu'est le duumvirat. Je ne sais s'il ne s'aperçoit pas qu'il radote ou s'il le fait exprès pour voir combien de temps j'arrive à tenir sans que mon sourire ne craquèle et ma mâchoire se durcisse sur une expression agacée. Peine perdue, aujourd'hui, je suis de bonne humeur. Oh je vous en prie, n'allez pas clamer que ça change, vous pourriez faire passer ma joyeuse condition par vos sarcasmes répétés. Mais je suis au-dessus du sarcasme n'est-ce pas ?
Plus bas, dans l'arène, pour ne pas changer, on s'étripe tout aussi joyeusement que mon humeur. Des argh, des humpf se font entendre, le combat à l'air rude même si je ne tourne que très rarement les yeux en direction de l'action. Qui a donc décrété ces jeux barbants déjà ? Ah oui... c'est moi. Mea culpa, mea maxima culpa. Les acclamations de la population se font entendre une nouvelle fois : peut-être l'un des deux vacille-t-il enfin, peut-être n'est-ce encore que du spectacle, difficile de savoir avec des gladiateurs si bien entraînés. J'évite de soupirer mais le coeur y est et je fais mine de me passionner pour l'action, quelques minutes durant, plus pour fuir la conversation encore plus barbante de Septimus que par réelle envie d'en savoir un peu plus sur ceux qui s'ébattent sur le sable de l'arène. Je crois que j'ai plus ou moins fait ma BA pour ce jour et que je vais pouvoir prétexter n'importe quoi, fort décemment, pour me sortir de cette obligation. Je cherche vaguement : personne n'est mort ces jours-ci, personne n'accouche à la maison, personne n'est malade non plus. Ma sortie semble de plus en plus compromise lorsque soudain, dans un éclair de lucidité, je songe que l'un des vigile urbani a certaines informations concernant la vie nocturne de la cité. Certes, je dois le voir ce soir mais qui le sait à part moi ? Je sors donc le plus naturellement du monde mon excuse :

- Veuillez m'excuser, je dois aller rencontrer Gaius Appiano.

J'essaye de partir sans trop presser le pas, que personne ne puisse comprendre quel soulagement je ressens à me lever et à m'enfuir d'ici. Lorsque je retrouve les tranquilles abords de l'arène, je soupire de contentement. Le soleil est haut et les rues désertées, tout du moins à première vue, et j'ai un sentiment de liberté inattendue. Je devrais regagner au plus vite l'office des Duumviri, qui est à deux pas, histoire de régler certaines affaires en attendant mon rendez-vous, mais je n'arrive pas à me départir de cette impression de faire l'école buissonnière. Comme lorsque Marcus et moi partions fort discrètement, échappant grâce à la ruse à notre précepteur afin d'aller courir la campagne. Qu'est-ce que Secundus, mon père, a pu me faire comme leçons de morale à ce sujet : le précepteur était payé bien assez cher, je n'avais pas le nomen pour me conduire comme un vulgaire freluquet, je devais apprendre la concentration. J'avais 8 ans, la concentration, je la gagnerai plus tard. Il est notable de voir avec quelle acuité certains souvenirs d'antan peuvent ainsi vous prendre au dépourvu alors que vous n'y aviez plus songé depuis des années.

Mon oeil est bientôt attiré par un mouvement que je perçois, à ma droite. Je tourne la tête avant d'hausser les sourcils, d'étonnement. Le mouvement était vif et pour cause : c'est une enfant qui me dévisage patiemment tandis que je me tiens là, immobile. Je crois bien la reconnaître, car je l'ai déjà croisée à une certaine fête. Je lui demande, railleur :

- Tes maîtres ne t'ont donc jamais appris à ne pas dévisager les inconnus dans la rue ?



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Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Sam 15 Fév - 22:31
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




Invité

Une nouvelle fois, l'enfant était de corvée de course. Elle accompagnait l'un des enfants Licinii afin de porter les achats réalisés. Néanmoins, sa route dévia promptement vers l'entrée de l'arène, plus attiré par les combats sanglants et divertissant que par les différentes couleurs des marchands ambulants. Il était hors de question qu'elle y mette un pied, elle se refuserait à le suivre, peu importait les arguments mis devant elle, ni même les remontrances qui l'attendraient si elle refusait de suivre un ordre d'un patricien. Flavinia se contenta de se pencher en avant, les yeux rivés vers le sol pour faire honneur à la famille qui l'avait acheté avant de prendre racine aux abords de l'arène. Elle s'installa sur la terre sableuse, à l'ombre d'une colonne afin de ne pas se déshydrater en moins de temps qu'il ne fallait à un combat pour se terminer. Ce temps libre, elle l'utiliserait à bon escient, se sentant plus libre que jamais, sans les chaines invisibles qu'elle portait, outre ses vêtements et des signes distincts sur les maîtres à qui elle appartenait. Ses yeux contemplaient l'effervescence dans la rue, des hommes qui quittaient l'arène, heureux des combats auxquels ils assistèrent. Quelle cruauté gratuite. Il était impensable d'y voir des familles entières, s'extasier devant deux hommes qui se mutilaient mutuellement jusqu'à ce que l'un d'eux ne perde connaissance à moins que ce ne soit sa propre vie. Une nouvelle silhouette s'était extirpé des gradins et se rapprochait de sa position. Son visage se tourna instinctivement dans sa direction. Il ne fut pas difficile d'en trouver son identité. Elle reconnut l'homme qui éveilla tant de noirceur dans le regard de son dominus, son meilleur ennemi sans doute. Le visage clos, les yeux fixés vers lui, il ne fallut guère longtemps avant d'obtenir une quelconque réaction de la part de son vis à vis.

"Pardonnez mon manque d'éducation, je ne suis pas encore à la hauteur de leurs attentes."

Une phrase qui resta aussi froide qu'ironique. Elle n'avait aucune obligation de se montrer cordiale envers un homme qui n'était pas son maître, ni même à baisser les yeux tant que la demande n'était pas formulée de façon claire. Pour le moment, l'enfant se contentait de le fixer sans vraiment s'attarder sur les coutures de ses vêtements, ni mêmes sur les décorations qui caractérisaient les classes supérieures. Elle observait seulement l'expression peinte sur son visage afin d'y déceler un signe. Lequel ? Peut être une réponse à ses questions existentielles concernant les gladiateurs. Elle refusait chaque invitation dans l'arène. Elle se refusait à assister aux fêtes privées de ses maîtres qui achetaient un spectacle de ces dieux de l'arène afin de les divertir. Et jusqu'à aujourd'hui, ses demandes furent acceptés puisque d'autres se portaient fortement volontaires pour les voir de prêt, voir même toucher leur corps esquinté.

"Si vous me permettez la question, est ce réellement un spectacle divertissant que de regarder des combattants se faire souffrir l'un l'autre ou jouer les bourreaux aux ordres des plus grands de Pompéi ?"

Il fallait bien avouer que sa curiosité méritait d'être sustenter d'un minimum d'information. Elle s'était toujours refusée à y voir un amusement appréciable alors que son père fut tué par ces mêmes hommes qui se battaient dans l'arène. Ils étaient des esclaves appréciaient par la foule, des hommes et des femmes dont on scandait le nom et qui résonnaient dans les rues de Pompéi le soir venu, tel des entités divines, intouchables. De grands sportifs, combattants attitrés d'un ludus et des êtres ignobles et sans scrupules à ses yeux. Ils n'hésitaient pas à jouer de leurs armes pour se faire un nom ou prendre la vie pour le bonheur du publique et de l'argent. Des êtres vils sans intérêts à ses yeux. Pourtant, l'enfant se demandait bien si elle avait raté un message sous-jacent.

"La curiosité chez les enfants c'est inné. N'alliez crainte, si cette question vous mettez mal à l'aise, je la poserais de nouveau au prochain qui passera le pas de cette arène."

Une manière comme une autre de lui faire part de son ressentit. Elle prit le temps de poser ses questions à un homme qui l'avait interpellé s'il ne l'avait pas fait, peut être aurait il continué sa route vers une destination inconnue. Son visage finit par se tourner en direction d'une jeune femme qui cherchait à y entrer. Un de ses sourcils s'arqua devant la demande. Elle cherchait à y rejoindre son époux. Même les femmes s'habillaient de leurs plus belles parures afin de gagner l'attention de l'une de ces bêtes féroces et glousser auprès de leur semblable. L'adolescence ne serait pas pour elle, hors de question de ressembler à ça, ni de prêt, ni de loin.
Patricien
Lun 24 Fév - 17:50
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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Je m'approche de la colonne qui sert d'ombrage à la petite et c'est bientôt ma silhouette qui vient augmenter cette ombre, comme si ma seule présence augurait quelque changement soudain dans l'attitude clémente du temps qui ne fait que s'adoucir plus les jours se mettent à fleureter avec le printemps. Je m'adosse au marbre qui diffuse la chaleur emmagasinée dans mon dos et pose les yeux sur celle qui me rend mon regard. Je ne peux pas dire que sa présence m'ait frappée d'une quelconque manière lorsque je l'ai croisée lors du Dies Lustricus. Tout simplement parce que c'est une esclave. Et puis c'est une esclave de petite taille qui plus est, à peine sortie de l'enfance, alors au milieu de toute cette foule amassée... Mais ses yeux aujourd'hui m'interpellent. Elle semble plus sage que les enfants de son âge et j'ai déjà remarqué ce phénomène chez les esclaves en bas âge de la Villa des Mystères. Leurs diverses activités, pas toujours tendres avec eux, les font grandir plus vite et les voilà bientôt coincés dans un corps malingre avec un esprit d'adulte. Parfois, il m'arrive de penser que de prendre des esclaves si jeunes est une faute mais sans doute n'y songe pas assez longtemps pour y changer quoique ce soit...

Elle ne tarde pas à répondre à ma raillerie, avec de l'esprit, ce qui confirme cette sorte de sagesse que j'ai saisie dans ses prunelles. Un sourire en coin se dessine sur ma bouche, car quelque part, je suis toujours heureux qu'on ne soit pas à la hauteur des attentes des Licinii. Moi non plus, je ne satisfais pas leurs attentes, manqué-je alors de répliquer aussitôt, mais je sais encore me tenir. Et puis même si ce n'est pas une confidence, je ne connais rien d'elle et je sais qu'on envoie souvent les enfants espionner un peu partout. Peut-être est-elle là pour cela ? Je préfère continuer dans l'ironie sans m'inclure dans l'équation :

- Sont-ce leurs attentes qui sont trop hautes ou alors toi qui a le vertige ?

Elle ne baisse pas les yeux, elle les laisse bien plantés là, dans mon regard. J'aime cette audace, elle me charme toujours chez autrui. Entre nous, c'est surtout parce qu'elle ne m'appartient pas et aussi, avouons-le, parce qu'elle est à Murena. J'espère qu'il a bien du fil à retordre avec elle. Rien que cette constatation pourra ensoleiller ma journée, avec plus d'assurance que les jours printaniers.
L'échange aurait très bien pu s'arrêter là, sur un sourire en coin, une pique et un "au revoir" poli mais la petite voix s'élève de nouveau. Je hausse un sourcil devant l'incongruité du moment car ce n'est vraiment pas la question à laquelle je me serais attendu. Je semble réfléchir quelques instants, tandis que je jette un regard vers l'arène, d'où les clameurs continuent de s'élever, tandis qu'on s'étripe joyeusement. Peut-être devrions-nous traîner nos populations sur les champs de bataille, afin qu'elles encouragent nos soldats avec autant d'ardeur, nous gagnerions chaque combat à coup sûr, ainsi galvanisés. Je reviens vers elle et la regarde, amusé :

- Tu veux dire, aux ordres des plus grands comme moi n'est-ce pas ?

Pas que j'entende me faire flatter mais plutôt parce que j'entends très bien l'aigreur derrière ces paroles. Elle m'observe, comme pour voir si je vais me rembrunir à cause de ses propos, faisait parfait accord avec l'ombre que j'ai apportée par ici, ou alors peut-être simplement pour essayer de percer quel genre de personne je suis. Malheureusement, je ne suis pas certain que quiconque puisse me jauger ces dernières années, tout du moins au premier regard, mon rôle est trop soigneusement répété, encore et encore. Mais nulle ombre ne passe sur mon visage tandis que je souris, de façon sibylline et me penche un peu vers elle. Je ne vais pas jusqu'à aller m'assoir dans la terre, à côté d'elle, ce qui serait vraiment trop décalé, même si avec la joie que je ressens d'avoir échappé aux combats et à l'ennui, je m'y serais volontiers laissé aller. Je ris lorsqu'elle croit bon de justifier sa question :

- Inné n'est-ce pas ? Si les questions des magistrats à la curie n'arrivent pas à me désarçonner, je crois que me voilà fort heureusement à l'abri de tout malaise avec tes questions d'enfant. Toutefois, cette question du divertissement quant à ces empoignades sanglantes me tourne régulièrement à l'esprit je dois dire et il me semble que si nous deux sommes dehors et que les voilà tous hurlant à l'intérieur, c'est qu'ils ont la réponse et qu'elle nous échappe non ?

Je comprends la nécessité de ces combats, pour amuser la plèbe et le peuple, parce que des esprits trop contraints par les devoirs sans aucun divertissement se fanent ou se rebellent, mais puis-je dire cela à cette petite ? Je lâche, avec circonspection :

- Mais peut-être peux-tu deviner, vu que tu sembles réfléchir, ce qui, chez les grands de Pompéi comme tu dis, motive l'organisation d'un tel divertissement. Est-ce parce qu'ils s'ennuient dans leurs grandes villas, est-ce leur soif de sang et de violence ou est-ce simplement parce qu'ils ont besoin de défiler et faire les beaux ?

Me voilà bien cynique quant à ma propre caste. Mais je suis un juge éclairé, j'en fais partie et jamais je ne m'y noies complètement. Toujours le besoin de prendre du recul et d'analyser ce qui nous meut m'est nécessaire. Certainement parce que je calcule sans cesse et que je me dois d'avoir un coup d'avance sur mes pairs, parce que je suis Duumvir et pas eux.
Une femme passe dans le coin de mon champ de vision et je lui indique l'entrée la plus proche, avec courtoisie, comme si j'étais l'ouvreur des festivités. Peut-être devrais-je y songer plutôt que d'aller dans la tribune d'honneur, au moins verrais-je défiler chacun d'entre eux, afin de les deviner derrière leurs atours plus ou moins somptueux. Je note le regard de la petite, qui semble ressentir une once de dégoût pour la plébéienne qui ne sait pas qui je suis, soit dit en passant. Il suffit de vous tenir là où vous ne devriez pas être pour qu'on ne vous voit plus véritablement. Tout comme mon interlocutrice se tient, là, assise près de sa colonne. Tout d'un coup, l'évidence me frappe et je me dis que je pourrais bien trouver chez elle une très grande utilité. Je reporte mes yeux bleus et perçants sur elle, comme si soudain, j'avais trouvé une proie, et penche légèrement la tête sur le côté :

- Que dirais-tu d'aller quérir un peu plus d'ombre afin que nous conversion plus longtemps, vu que tu sembles percluse d'interrogations jeune fille ? À moins bien entendu que cela te mette mal à l'aise, je pourrais toujours inviter une autre petite esclave qui me dévisagera pour parler avec elle.

Je lui rends la politesse de son ironie de tout à l'heure et me redresse. J'ai en parlant désigné un coin ombragé, un peu plus bas, une sorte d'alcôve nichée dans l'arène qui nous gardera des oreilles et surtout des yeux importuns.



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Sam 8 Mar - 16:27
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




Invité

Sa plus grande interrogation résidait dans son coeur. Les hommes se battaient pour acquérir une terre, un nom ou bien un rang sociale mais divertir la plèbe dans une arène et entendre scander son propre nom n'avait rien d'appréciable. Les gladiateurs la dégouttaient autant qu'ils faisaient naître en elle, une part d'angoisse et de peur. Ils avaient la capacité de mettre à terre les plus grands sportifs alors face aux maigrichons le combat n'en était que plus court. L'ombre que lui promulguait son vis à vis, l'apaisait, non qu'elle redoutait un quelconque coup de soleil mais elle appréciait l'obscurité et la douceur d'un vent frais. Puisque la conversation continuait bien que son modeste rang sociale posait soucis aux yeux des plus étriqués, elle se permit de lui demander son avis sur l'arène, chose qui la troublait fortement. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle se risquait à poser la question mais toutes les esclaves semblaient hystériques lorsque les noms des gladiateurs étaient cités lors d'un repas. A croire qu'ils avaient plus d'importance que les dieux qu'elle adulait.

"N'avez vous pas reçu la bénédiction de Venus lors de votre naissance dans cette famille de haut rang ? Si les dieux vous sont favorables alors il me semble que les mots "grands de Pompéi" conviennent à votre statut légitime."

Sans parler de sa taille qui se voulait titanesque en comparaison avec la sienne. Certes, Flavinia n'appréciait guère les rangs sociaux donnaient à la naissance, ni même ceux qui avaient choisis de l'asservir pour une erreur qu'elle n'avait pas commise. La vie pouvait parfois se montrer cruelle alors pourquoi ne pas lui rendre la pareille ? Elle n'appréciait guère les patriciens, ni leurs faux semblants, ni même la facilité avec laquelle ils tournaient les mots en leur faveur ou encore les coups bas, finement orchestrés. Dans un monde animal, ils étaient les vipères, tapis dans l'ombre, prêt à attaquer. Une seul touche et la mort était assurée. Pourtant le simple fait qu'il se soit arrêté à ses côtés montraient qu'ils avaient un côté accessible. Pas tous mais certain. La méfiance restait toutefois de rigueur autant que l'appréciation des réponses qui lui furent données. Un petit sourire naquit aux coins de ses lèvres, fin, pratiquement inexistant. Depuis combien de temps n'avait elle pas trouvé une situation amusante telle que celle ci ?

"Vous n'êtes donc pas un amateur de ce type de spectacle ? Je pensais d'avantage à un jeu de pouvoir où les plus grandes familles faisaient défiler leurs gladiateurs tels des trophées de guerre qui réclamaient victoire afin de dorer le nom de leur propriétaire. Un chien serait tout aussi appréciable et sa compagnie plus facile à gérer."

Pour une esclave, penser que son maitre pouvait s'ennuyer parfois dans sa demeure luxueuse lui donnait la chaire de poule, quand, eux autres esclaves, passaient leur journée à récupérer, préparer, coudre, laver, pour le confort de leur dominus. Une nouvelle fois, son visage se détacha du sien afin de se poser sur le sable aux abords de l'arène. Ses pupilles s'embrumèrent par la haine qu'elle ressentait au plus profond d'elle même, incapable, à ce jour, de faire payer à ses familles aisées, l'insupportable mépris dans leur regard à chaque fois qu'il se posait sur une personne de sa condition. Elle ne prêta guère attention à ses actions gentleman pour la jeune femme qui cherchait l'entrée de l'arène afin de retrouver son mari. Elle restait immobile, las d'attendre la fin du prochain duel alors que les cris de la plèbe s'élevaient si fortement, que même à son niveau, leur propos semblaient claires et distincts. De quoi lui donner la nausée. D'ailleurs, ses sourcils se froncèrent tout comme le haut de son nez. Une requête soudain retint son attention.

"Si votre présence me mettez mal à l'aise, cette conversation serait terminée depuis longtemps."

Tout ceci sur un ton posé. L'enfant comprenait sans mal l'information sous-jacente. Comprendre que son jeune âge et son statut n'empêchaient en rien ses prises de position en la matière. Encore l'une des rares parties de sa vie qui lui restait libre.

"J'accepte."

Il n'était pas indispensable d'en dire plus, tant que sa proposition lui permettait de limiter les hurlements de la foule et les noms de ces dieux de l'arène, tout comme les sourires des passants qui souhaiteraient également y prendre part. A croire qu'ils étaient tous des masochistes dans l'âme. L'enfant prit le partie d'ouvrir la marche. Sa silhouette rectiligne se leva tout en époussetant la poussière qui s'était logée sur sa robe de fortune, avant de s'avancer dans la direction qui lui fut indiquée. Si la demande paraissait étrange, elle ne ressentait aucune crainte. Au pire que risquait elle ? D'être attaquée ? Une enfant tuée dans un coin de l'arène ne lui apporterait aucun atout. Elle ne craignait pas la mort, elle la souhaitait. C'était différent. Sans attendre de signe en sa faveur, elle prit place au sol, car la proximité de la terre la calmait pour une raison qu'elle ignorait. Ainsi confortable installée, elle était prête à continuer leur petite joute verbale. Il se savait sans doute plus efficace en matière de discussion. Flavinia n'avait jamais eu l'occasion de tenir une conversation aussi longue avec un patricien. En règle général, les ordres de ses maitres lui étaient relégués par l'intermédiaire de Thémis, une autre esclave de la maison des Licinii. Bien sur, elle s'abstiendrait d'en faire part aux autres de peur que de mauvaises interprétations ne lui vailles punition ou charge de travail supplémentaire qu'il lui serait difficile de conduire. Son visage se tourna alors dans la direction de celui qui l'avait invité dans un lieu plus secret. A croire que leur échange méritait un minimum de discrétion.

"Un patricien en compagnie d'une esclave dans un recoin d'une arène pourrait porter à confusion. Les plus habiles penseraient à un échange d'information. N'avez vous aucune crainte de vous retrouver à l'abri de tout témoin en compagnie d'une parfaite inconnue ? Les temps sont durs, la moindre garde baissée est une opportunité pour votre ennemi de prendre ce qui vous appartient."

Sa petite taille tout comme son âge l'aidait à gagner des informations qu'elle transmettaient en échange d'un bon diner mais il ne faisait pas partie de ses proies, d'autre s'en chargeait à sa place. Elle se posait simplement la question afin de comprendre sa motivation. L'invitation lui paraissait étrange. Les enfants couraient les rues comme les esclaves plus dociles. Pour autant, s'il acceptait de répondre à certaine énigmes qui trottaient dans son esprit continuellement, elle apprécierait l'échange. Afin de palier l'éventualité d'une mauvaise interprétation, elle se permit d'ajouter.

"Une enfant de onze ans sans ongle ni dague, ne représente aucune danger. Elle n'aurait que ses dents pour se protéger."
Patricien
Sam 22 Mar - 19:25
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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Je ne réponds rien et me contente de hocher la tête. Des bénédictions, j'en ai reçues, de la part des dieux et des hommes. Des malédictions aussi, plus ou moins silencieuses. Mais notre nom est gravé dans la pierre, à jamais, cela j'en suis persuadé et c'est bien mieux que les bénédictions, bien plus solide, bien plus important. C'est la pérennité de notre sang et de notre nomen, de notre famille et de ce qu'elle a su bâtir. Je ne réponds rien car je ne vais pas me mettre à faire des envolées lyriques sur les Pompeii et combien cela me rend fier et arrogant de m'appeler ainsi. Chacun le sait ou le pressent. Jalouse cette position ou la dénigre. Et pour la petite esclave qu'elle est, toutes ces considérations ne sont que des pensées pompeuses qui ne prennent naissances que dans les esprits des patriciens. Tout du moins, j'imagine que c'est ce qu'elle pense.
Tandis qu'elle se rend vers l'alcôve fort docilement, sans la moindre trace de peur ou de méfiance, les cris retentissent une nouvelle fois : l'un des deux gladiateurs a dû toucher son adversaire et la foule l'encourage à le mettre à terre. On ne distingue pas bien les mots à cette distance mais on imagine bien leur teneur. Cette foule braillarde
me révulse autant qu'elle m'est nécessaire. Car je dois m'assurer à tout prix qu'ils continuent à m'appeler Publicola, qu'ils continuent à croire en moi. Les jeux font partie de l'équation, quoique j'en pense au fond.

Le grand Pompeii ou grand de Pompéi que je suis l'invite à s'assoir sur un petit banc taillé dans la pierre, en face de moi, mais elle préfère s'installer à même le sol. Je hausse un sourcil mais ne commente pas, tandis que je prends place et profite de l'absence de sa présence sur la pierre pour y appuyer l'une de mes jambes. J'ai l'air presque prêt à faire la sieste mais la position est trompeuse : je suis plus alerte que jamais et j'ai dans l'espoir de pouvoir faire tomber cette petite dans mon escarcelle, en douceur. Je réponds à sa question de tout à l'heure :

- Chacun sait ici que je ne suis guère amateur de ce qui se déroule dans la fosse tandis que je surveille au mieux tout ce qui peut se tracter dans les gradins. Ta description de l'intérêt de ces festivités est presque exacte mais peut être trop simpliste petite. Redorer le nom c'est une chose, éclabousser celui de l'ennemi est mieux encore. Quant aux chiens... Il faudrait y songer, peut-être seraient-il d'une fidélité plus exemplaire.

Je souris en coin et lui jette un regard, tandis qu'elle est toujours assise par terre. J'essaie de voir si ma remarque va assombrir son humeur. J'ai cru sonder une sorte de rage chez elle et j'imagine aisément ceux vers qui elle peut se tourner. Une rage aussi brute, voilà qui pourrait me servir, si tenté que je puisse la façonner un peu. J'inspire l'air printanier, tandis que les spectateurs de l'arène retiennent leur souffle, car visiblement, un gladiateur vient de chuter et ne bouge plus. Je n'écoute pas plus le brouhaha étouffé et reporte mon attention sur la petite :

- Tu as choisi de me suivre, je trouve ce fait intéressant. Bien que je sois éminemment chagriné de ne pas te ficher la frousse, poursuivre notre conversation m'intrigue. Soit tu n'as peur de rien et tu es trop téméraire, soit tu n'as rien à perdre et c'est une qualité assez rare, surtout lorsqu'on en est convaincu.

Mon sourire s'agrandit et je me redresse, plus droit et plus noble, afin de la toiser tout à fait. Personne ne peut nous apercevoir d'ici. Je pourrais être un patricien prédateur avec de sérieuse déviances, mais cela ne semble pas lui avoir traversé l'esprit ou alors cela l'indiffère. Faut-il que Murena soit un si mauvais maître, si peu éclairé, pour conférer un tel état d'esprit à ses esclaves ? Cela ne m'étonne guère, sa froideur de poulpe ne doit pas être facile à gérer tous les jours. J'oublie bien vite au passage à quel point mes propres esclaves me craignent parfois, trop heureux de découvrir que mon ennemi ne veille pas suffisamment sur les siens. Elle reprend enfin la parole et je l'écoute sans l'interrompre, poli. Je suis ravi d'avoir confirmation de ses talents de déduction, un esprit intéressant est toujours bon à découvrir :

- Et toi ? Es-tu une personne habile petite ? D'ailleurs, quel est ton nom ? Quant à mes craintes de l'inconnue que tu es, elle ont disparu dès lors que tu t'es permis devant moi de dénigrer les attentes de tes maîtres. Et d'ailleurs, pourquoi ne baisserais-je pas ma garde lors d'une conversation de complaisance comme la nôtre dis-moi ? Comptes-tu donc rapporter à la Murène que je t'ai saluée et parlé du beau temps ? Je le sais suspicieux à mon égard, malgré le fait que je daigne chaque jour lui tendre la main : tu as raison, va-donc vite lui rapporter que je t'ai abordée pour te renseigner sur l'arène et les jeux, ça lui donnera du grain à moudre.

Mon ton est moqueur, voire railleur. Ma garde, jamais je ne la baisse, que ce soit au privé ou en public. Mon entourage s'en plaint bien assez. Si je plaisante, si j'entretiens une conversation légère, derrière mes paroles fleuries se cachent toujours mes manoeuvres.
Elle ne daigne pas s'en aller sous ma provocation, tandis que mon regard semble trouver un intérêt dans les vieilles pierres de l'arène. Quelques amoureux ont gravé ici et là leurs initiales. C'est touchant ou plutôt navrant... Bref. Je me retourne soudain vers elle :

- Tu es encore là ? Tu as raison, une enfant de onze ans ne représente aucun danger physique et immédiat. Par contre, ses yeux et ses oreilles, eux, sont très précieux car ils trainent partout là où personne ne les remarque. Mais bien entendu, futée comme tu l'es, tu sais déjà tout cela n'est-ce pas ? Tiens d'ailleurs, qu'est-ce que tes oreilles ont entendues à mon propos ?



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Sam 29 Mar - 21:14
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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Les mots possédaient leur sens propre et mis bout à bout donnaient des phrases équivoques. Elle l'écoutait avec attention bien que sa posture n'en disait pas de même. Son dos lui faisait face alors que son visage observait l'extérieur avec attention. Le soleil luisait de tout son long sur la terre sableuse près de l'arène. Les cris poussaient par la foule, prenaient une ampleur phénoménale. A croire qu'en une seconde, les individus ne faisaient plus qu'un pour créer une voix splendide et perçante. Alors c'était ça l'idée principale d'un tel combat ? Éclabousser le nom de son adversaire, le faire tomber et marcher sur sa dignité pour briller ? La cruauté du genre humain ne cessait de l'étonner. Puisqu'ils prenaient tant de plaisir à voir deux hommes se battre pour leur carcasse, ils auraient mieux à faire d'utiliser cette énergie en tant de guerre. Leur lâcheté les poussait à croire en l'existence de titans qui protégeraient leur nom et leur vie en tant que garde du corps. Minable. Ses sourcils se froncèrent face à cette nouvelle idée qui ne faisait qu'enfoncer d'avantage ce sport tant apprécié. Mieux valait être asservis dans une maison de patricien que d'être enchaînée dans une arène pour divertir le peuple de ses prouesses sportives.

Laissant son corps se mouvoir de quelques centimètres, Flavinia faisait à présent face au patricien dont le nom ne lui était pas inconnu. Elle l'observait autant qu'il le faisait. Ce n'était pas sans éveiller une certaine nervosité. Il suffisait que leur entretien n'arrive jusqu'aux oreilles de son dominus pour contempler sa colère et ainsi gouter à son gourou. Néanmoins, partir maintenant ne faisait pas partie de ses plans. Une de ses mèches de cheveux se dégagea de son oreille pour filer le long de son coup et se placer près de sa joue. Aussitôt, ses doigts s'enroulèrent autour d'elle afin de la replacer en douceur à son état d'origine. Ses dents se serrèrent l'une sur l'autre à l'écoute des quelques paroles prononcées à son égard. Les secrets finissaient toujours par tomber, alors penser que son expression vide jouait une barrière contre la curiosité inadéquate, restait une idée illusoire.

« Vous n'êtes pas terrifiant. Ni votre ton, ni même votre attitude ne le montre. A moins que vous ne cachiez bien votre jeu, je dirais que je n'ai rien à craindre pour le moment. Alors pourquoi être terrifiée ?  Que feriez vous contre une enfant ? Vous ne semblez pas être un lâche qui prend plaisir à maltraiter les plus faibles pour se sentir plus grand.»

Ce type d'individus était facile à repérer dans la rue, tant leur façon d'agir laissait un goût amer sur leur passage comme cet ivrogne un peu plus loin, qui finissait les dernières gouttes de son breuvage avant d'en redemander encore, au risque d'en devenir violent à l'encontre des vies qui croiseraient son chemin. Pour le moment, l'enfant, continuait à écouter les paroles qui s'intéressaient de près à sa personne. Un de sourcil s'arqua, la laissant pensive. Son intérêt la mettait mal à l'aise. A croire que l'invisibilité lui donnait meilleur conscience que d'être mise sous la lumière du jour, visible par tous. Son visage se ferma alors d'avantage, laissant une froideur s'installer sous les pierres taillées de l'arène.

« Je ne suis qu'une simple esclave. Je ne mérite pas votre intérêt mais puisque mon nom m'est demandé, sachez qu'il se dit Flavinia. Que ce soit de mes lèvres ou de celles d'un autre, si vous souhaitez cette information vous l'obtiendrez. » Une légère pause se fit pour lui laisser le temps de penser à la suite de sa réponse, non contente de ses propres paroles. « Mon dominus n'aurait que faire des paroles que je prononce. Comme je vous l'ai dit, une esclave reste une esclave. Une chose m'intrigue. Pourquoi tant de questions à mon sujet ? Une vie ou une autre, je ne suis qu'un tas d'os qui suis les ordres de mes maitres. »

L'enfant saisit sans mal le malaise qui existaient entre les deux chefs des familles patriciennes importantes de Pompei. Une animosité non dissimulée, semblait l'amuser. S'il l'aidait à faire quelques coups à l'encontre de son dominus, peut être y trouverait elle gain de cause. Que ce soit lui ou un autre qui souffre, ca n'avait pas vraiment d'importance, tant que ses idées de vengeances contre les plus riches, gagnaient en considération. Ses yeux finirent par se baisser sur la pierre qui supportait le poids du Duumvir, alors que ses doigts, traçaient les traits d'un dessin enfantin sur le sol. Un soleil, une lune, une pomme. Rien de plus. Ses doigts arrêtèrent leur mouvement.

« Les enfants sont des atouts, s'ils savent utiliser les informations qu'ils gagnent à leur avantage. Mais qu'y gagnerais je à vous indiquer ce que vous souhaitez savoir ? Votre maison est très certainement remplie d'espions aguerris. A moins qu'il ne vous en manque un dans la maison des Licinii. »

A ces derniers mots, son visage de déplaça pour lui faire face, plantant son regard dans le sien comme pour tenter d'en lire l'expression qui s'y prêtait. La jeune esclave n'était pas dupe, il devait bien avoir un ou deux informateurs de placés parmi la maison des Licinii. Pourtant, l'idée de pouvoir travailler avec l'ennemi de son ennemi pourrait lui être avantageux. Elle ne gagnait rien à travailler chaque jour pour leur compte. L'argent signifiait une forme de liberté et d'indépendance, autant d'éléments positifs qui l'amèneraient à considérer une alliance avec un autre maitre que le sien. Bien sur son apparence portait à confusion tant elle était froide.

« La politique ... je ne m'y intéresse pas. Ca ne m'intéresse pas. Je ne veux rien connaître des manigances qui apporteraient plus de voix lors d'une élection. Seuls les dieux ont le pouvoir d'imposer leur volonté au reste des communs des mortels. Etes vous croyant ? »

Il suffisait de lire entre les lignes pour comprendre l'idée sous-jacente qui ressortait. A trop vouloir atteindre les sommets, il était aisé de rater une marche et de sombrer plus bas qu'il ne l'était auparavant. Son ennemi cherchait à atteindre ce but. De son côté, Flavinia cherchait seulement à connaître la force de ses convictions rien de plus. Le choix lui revenait.

Patricien
Dim 6 Avr - 22:16
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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Ai-je réussi à intéresser cette petite silhouette à peine plus épaisse que celle d'une souris ? Derrière cette fragilité, on ressent pourtant une assurance presque déconcertante. Je me dis qu'il va être intéressant de la voir évoluer, au fil du temps, dans la fosse aux lions qu'est Pompeii. Oui, je vais définitivement suivre avec intérêt le parcours de cette esclave. Elle me tourne le dos pour le moment mais une légère tension dans ses épaules me laisse deviner que chaque mot que je prononce se fraye un chemin dans son oreille attentive. Au fond de cette alcôve, le soleil ne m'atteint plus, seul les cris de la foulent viennent troubler la conversation. Parfois, lorsque certains agités se lèvent sur les gradins, emportés par leur élan frénétique d'encouragement à leur gladiateur favori, une légère poussière s'écoule des pierres tremblantes et je me passe une main dans les cheveux pour l'ôter assez régulièrement.

Elle bouge et me regarde à présent, sans baisser le regard, comme au début de la conversation. Assurance et audace font la paire chez elle. Peut-être que cette audace lui jouera ou lui joue déjà des tours d'ailleurs. Je me demande vaguement si elle ose poser un tel regard sur Murena, j'aimerais tellement assister à une telle scène... Je continue de la jauger, pour voir une quelconque frayeur dans ses yeux ou un signe qui montrerait que je suis en train de miser sur la mauvaise personne. Mais ses gestes et son regard sont sûrs, si bien que j'ai l'intuition de ne point me tromper. Elle évoque le fait de bien cacher son jeu et je souris en coin :

- J'imagine que si jamais je suis habile dissimulateur, voilant mon jeu jusqu'ici, tu ne risques pas de t'en apercevoir à moins que je ne le décide. Mais c'est une bonne analyse : quel personnage infâme prendrait pour proie une enfant, même une enfant pleine de ressources telle que tu sembles l'être.

Elle a raison, mes adversaires, je les aime à ma mesure sinon le jeu n'est pas drôle... Une once de malaise vient se peindre sur son visage tandis que je lui pose une question plus directe. Mon sourire en coin s'efface et je reprends un masque des plus sérieux afin de la laisser répondre. Flavinia. Je le répète dans ma tête afin de le mémoriser. Elle continue à discourir sur son rang d'esclave, niant son existence propre. Et elle a raison : pour nous autres patriciens, elle n'est qu'une marchandise de valeur, douée de mouvements ce qui la rend apte à effectuer certaines tâches. Mais heureusement, certains esprits ne s'en tiennent pas là. Je lui réponds doucement :

- Est-ce donc là ta définition de toi-même ou celle que tu crois que j'ai envie d'entendre ? Une esclave le reste, certes, et loin de moi de douter de ta très grande application à suivre les ordres de ton maître... Pourtant, j'ai quant à ta personne des vues un peu plus larges que cela.

Et tandis qu'elle trace des formes dans le sable, je continue à la regarder. Je sais que ses méninges se secouent sous son crâne et qu'elle sait très bien ce que j'attends d'elle. Je sais aussi que si elle n'avait aucune envie de se plier à ce petit jeu, elle l'aurait signifié depuis longtemps. Quant à moi, je ne crains rien : quand bien même elle m'eut planté là pour tout aller répéter à la murène, le fait que j'aie tenté de corrompre son esclave ne l'eut guère étonné !
Je souris tandis qu'elle déduit parfaitement ce que j'attends d'elle :

- Il me manque toujours beaucoup d'espions partout petite. Savoir, c'est pouvoir, chacun sait cela. Or qui se méfierait d'une enfant et de ses petites oreilles qui trainent. Qui se méfierait d'une enfant au visage aussi angélique que le tien ?

De mon index, je désigne son visage en me penchant, sans pour autant le toucher. Elle n'est pas ma propriété et je ne veux pas augmenter son malaise. Je l'écoute tandis qu'elle me regarde bien en face. Oui elle réfléchit à vive allure et jusqu'alors, elle pense juste, ce qui me ravit. Mais elle commence à faire comme si elle ne voulait pas manger de ce pain là, si bien que je ne renchéris pas sur les potentiels gains de l'affaire, je pars du principe qu'elle sait que je suis à même de récompenser, et ce même très bien, tous mes alliés, qu'ils soient petits comme elle ou plus grands. Sa question me surprend un peu mais je n'en montre rien et lui répond aussitôt :

- Bien entendu, serais-je arrivé aussi haut en négligeant de voir ce que je devais à chacun ? Aux dieux comme aux hommes ? L'on me dit suffisant mais je n'oublie jamais qu'il me faudra répondre de mes actes à un moment ou à un autre. Ton maître aussi aura à répondre des siens et de ceux de ses ancêtres. Suis-je l'instrument des dieux pour autant ou mon but est-il dicté par ma seule volonté ? Ce n'est pas à moi de le déterminer. Et toi ? Crois-tu que les dieux t'ont menée jusqu'ici, à moi, pour une raison précise ?

En vérité, je m'arrange tout seul avec mes croyances et ma conscience. Cela fait trop longtemps que je suis entré en politique pour me laisser arrêter par un quelconque a priori divin ou non. De toute façon, je me crois en effet favorisé par les dieux : j'ai le prestige, j'ai le rang et le pouvoir inhérent. Et je ne lâcherai rien sans combattre.



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Mes enfants me font tourner en bourrique...:
 





Sam 30 Aoû - 19:24
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




Invité

Plus que jamais, sa condition d'esclave la pesait. Elle ne pouvait ni penser, ni respirer sans l'autorisation de ses maitres lorsqu'elle se trouvait dans la demeure des Licinii. Seule leur visite à l'arène lui permettait un peu de répits. Il avait raison, elle n'avait que prononcé des mots qui lui semblaient juste de divulguer face à un patricien ne sachant vraiment s'il était un ennemi de son maitre ou s'il était son allié dans l'ombre. Une confiance de trop et sa tête se retrouverait sans doute loin de son corps. A ses yeux, son existence avait bien moins de valeur qu'une esclave, tant elle souhaitait passer de l'autre côté pour rejoindre ses parents. Néanmoins, ce ne serait pas avant d'avoir réaliser quelques dégâts appréciables chez ses ennemis. Et s'il pouvait l'aider à y parvenir, son aide ne serait pas de refus. L'enfant l'écoutait avec la plus grande attention, relevant son visage lorsqu'il divulgua une perspective d'avenir un petit peu plus élaborée que l'idée décrite d'une esclave. Un message qui qui ne fut pas sans la faire sourire en coin. S'il souhaitait sa coopération, l'idée pourrait s'arranger rapidement. L'aide d'un homme aisé lui serait sans nul doute profitable. La confiance n'aurait pas besoin d'être présente entre les deux parties puisqu'ils y gagneraient tout deux. De quoi être appréciée par l'enfant qui continuait ses dessins dans le sable.

"Je serais donc vos yeux et vos oreilles entre les murs de mes maîtres. Si je venais à me faire prendre, je ne divulguerais pas votre nom et je ne m'attends pas à la moindres aide. Je veux juste commencer mes économies."

Ce n'était pas un mensonge. Elle n'avait, à ce jour, plus rien à perdre dans ce monde, alors qu'ils disposent de sa vie si elle ne réussissaient pas à s'échapper de ce destin cruel. Par contre, elle ne le ferait pas sans compensation et celle ci se ferait, elle l'espérait sous forme de pièces afin de se constituer un amont suffisant pour racheter sa liberté. Au vu du prix qu'il lui faudrait déboursé, ce ne serait pas dans les prochains mois mais il lui fallait y réfléchir dès à présent. L'index pointé vers elle, effaça son sourire. Un petit air de nostalgie l'agitait intérieurement. Depuis combien de temps n'avait elle pas entendu de telles paroles à son encontre. Elle était une enfant, oui un petit bout de femme dont personne ne se souciait sauf lors des tâches à entreprendre afin que les corvées soient départagées de façon équitable entre les esclaves de la maison. Alors, il était plaisant de répondre. Ses traits souvent durcit par sa colère intérieure, s'était détendus pour devenir plus enfantin. Mais cette image disparut en quelques secondes, le temps de se rappeler les raisons qui la conduisaient à entre prendre cette discussion. S'ils venaient tout juste de faire des affaires dans un coin reculé de l'arène, les modalités de ces échanges d'informations restaient à prévoir car ses déplacements étaient restreints. Cependant, elle n'avait aucune idée de comment aborder le sujet. C'était bien la première fois qu'elle n'était pas une espionne pour le compte de cette famille qui l'avait recueilli.

"Mais ... comment ..... échanger ?"

Tout en posant cette question avec la nervosité qui se réveillait en elle, son regard s'était portait sur l'entrée de l'alcôve, s'assurant qu'aucune oreille indiscrète ne s'était dissimulée sans qu'ils ne le sache, aux abords des murs de l'arène. Il serait dommage d'écourter leur conversation maintenant, alors qu'elle devenait de plus en plus intéressante. Elle n'avait pas la moindres expérience en la matière néanmoins, elle n'aurait aucun scrupules à transmettre toutes les données qu'elle obtiendrait dans l'ombre pour écorcher un peu cette famille. Il n'était pas si étrange de voir un esclave chercher à faire payer ses maitres; Si d'autres s'en chargeaient à sa place, le travail serait sans doute moins difficile. Cette conversation méritait pourtant d'être interrompue par une demande importante à ses yeux. La croyance prenait une part importante dans sa vie. Elle se disait que les hommes qui respectaient les dieux ne pouvaient que rarement alimenter leur colère, d'où son questionnement à ce sujet. Ses yeux l'observait avec attention. Son discours semblait dicté comme un message politique préparait à l'avance pour convenir à tous les avis. Elle n'avait donc pas vraiment eu de oui ou de non mais s'en contenterait cependant.

"Poussé par la volonté des dieux ? Non je ne crois pas. Mais je suis certaine qu'ils me le diraient d'une façon ou d'une autre si je faisais le mauvais choix." Elle s'interrompit un instant pour observer un quelconque signe de leur part sans en apercevoir un. "Et il semblerait qu'ils ne soient pas contre."

L'enfant restait cependant en retrait. Si jamais l'avis du patricien changeait, il lui suffirait de s'enfuir rapidement vers le marché un peu plus loin afin de se fondre dans la masse et de disparaître le temps que les jeux ne se terminent en beauté; Une nouvelle fois, les cris s'élevèrent dans le ciel, présageant de la fin d'un nouveau duel entre gladiateurs. Au suivant. Ces jeux pouvaient durer des heures, de quoi lui donner quelques crampes lorsqu'elle les attendait debout près de l'entrée.

Patricien
Mer 24 Sep - 16:31
Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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Au milieu des cris qui résonnent dans notre petit poste où le soleil à présent ne se glisse plus du tout, les ombrageux propos que nous tenons viennent se suspendre au-dessus de nos têtes, comme quelque écho cristallin d'un futur qui n'est pas assez proche. Seras-tu, Flavinia, celle qui parviendra à me faire trainer la Murène dans l'opprobre ? La fille pour prévoir la mort, l'esclave pour prévoir le scandale. Suis-je si pressé de me débarrasser de mon encombrant rival pour m'entourer ainsi d'esprit plus tranchants que nos glaives ? De femmes d'ailleurs, ou de fille en l'occurrence. J'ai une grande confiance dans leurs armes qui résident dans leur esprit qui a appris le langage déguisé, comme ma propre langue de politicien a su revêtir le miel quand il s'agit de goûter le sang. L'arène gronde aujourd'hui aussi fort que ma tête réclame le calme du trépas. Pas du mien. De l'adversaire. Et si l'on me donnait de l'affronter sur le sable de l'arène, et que miraculeusement, mes talents endormis de combattant me donnent de le faire tomber, je crois que je ne prendrai pas autant plaisir à lui trancher la gorge qu'à le voir déchoir du piedéstal où il se hisse de ses griffes de charognard. Suis-je né pour le complot où nous sommes nous trouvés, lorsque la route s'est constituée d'ornières à éviter ? Mon père m'a-t-il légué cela ou est-il réellement l'homme droit et juste dont j'ai aujourd'hui le souvenir ?

Et quel tourment peut allumer tant de détermination chez une enfant comme Flavinia ? Quand tant d'autres ne sont que des enveloppes creuses, elle revêt dans le dialogue une force peu commune, révélée au détour d'un sourire esquissé, au coin de sa bouche. Elle comprend les demies-teintes de la conversation que je suis en train de mener et j'avoue avoir grand plaisir à ne pas m'adresser à une sotte ou à un esprit trop lent pour en saisir les tenants et les aboutissants. Qu'elle m'aide et je l'aiderai en retour. Pour les esclaves de son âge, l'avenir dure encore longtemps, pour peu que la maladie ou les mauvais traitements ne les emportent pas. Or je sais que Murena est une autre sorte de barbare que ceux qui maltraitent leurs gens. C'est une bête bien plus raffinée que cela.
Sa petite main trace formes géométriques et mes yeux regardent le sable s'écarter sous le trait, tout comme de conserve nous allons nous liguer pour écarter importuns de tout poil. Ai-je jamais eu comparse plus étonnant que celle-ci ?

- Tu comprends vite. Crois-moi, si ta bouche me dévoile ce que je veux savoir, tes jours seront à jamais à l'abri du besoin et cette liberté que chacun se plaît à rêver, elle sera alors tienne.

Mes yeux bleus percent les siens pour chercher masque dans ses propres prunelles. Mais elle ne fait qu'énoncer les faits. Le contrat me convient et je le scelle d'un hochement de tête entendu, tandis que la danse des formes continue sous ses doigts. Nous ne sommes jamais véritablement libres Flavinia... Peut-être l'apprendras-tu lorsque le collier qui ceint ton cou tombera à tes pieds. Tandis que j'annonce l'évidence de ses atouts, du bout de ma main, les yeux se font rieurs, la bouche un instant plus mutine. Peut-être ai-je moi aussi une expression vaguement bonhomme, celle que j'arbore pour la population ou pour les enfants mais elle se brise aussi vite que la petite redevient l'enfant sérieuse qu'elle paraît être quotidiennement. Transformation aussi douloureuse qu'étonnante lorsqu'on y songe mais je n'y songe guère longtemps. Nous sommes tous deux là par la force du destin et pour affaires, la sensiblerie n'a rien à gagner à prendre ses aises plus longtemps dans l'alcôve de notre rencontre. Le ton redevient fermé lorsqu'elle pose sa question. Je réponds, de mon air froid de maître ès complots :

- Sache que mon absolument benêt Droso, qui se damnerait pour me plaire, s'est mis en tête de diligemment quérir épices variées que nous utilisons pour nos banquets les plus raffinés. Nous ne les achetons qu'à l'échoppe Celus, au bout de la rue de l'abondance. La matrone, chaque Pridie Nonas nous prépare un panier que Droso va récupérer lorsque le jour décline. Il te suffira d'y glisser un talus lorsque tu souhaiteras me rencontrer. Droso remonte toujours la rue d'un pas de sénateur, comme si la ville lui appartenait ce jour-là, j'imagine que tu n'auras aucun mal à y déposer l'objet. Alors je te rencontrerai dans les galeries de l'arène, lors des jeux qui suivront la réception de ton message. On ne s'étonnera guère de ne pas me trouver dans les gradins, je les fuis bien souvent. Et les esclaves se faufilent par là pour regarder les combats plus près que du haut où ils subissent le soleil. Fais-toi ombre par ta petite taille, évite de croiser les gladiateurs et je te trouverai. Tu vois où nous sommes par rapport à l'amphithéâtre ? Nombreux sont les coins que personne ne parcourt.

Mon oeil bleu se repose de nouveau sur elle, afin qu'elle confirme que son esprit suit toujours mes circonvolutions. Tandis que je discourais, ma pupille s'était un instant égarée vers un mouvement saisi du coin de l'oeil mais personne n'était à l'orée de nos conciliabules, ni de notre cachette. Toutefois, le spectacle prendrait bientôt sa tournure définitivement tragique pour bien des spectateurs : ç'en serait la fin, et les gradins se videraient, d'une seule masse bavassante. De quoi se faufiler hors d'ici sans être vu. Je la vois nerveuse et comprends qu'elle s'inquiète quant à la discrétion, je murmure :

- Je quitterai bientôt notre cachette. Tu l'abandonneras lorsque la foule ce sera faite des plus denses.

Un instant, mon sourire se fait plus grand, lorsqu'elle parle de signe. Paume vers le ciel, je confirme aussitôt :

- Et il semblerait qu'ils ne m'aient toujours pas écarté du chemin que je trace. Alors tant mieux n'est-ce pas ? Flavinia, notre marché je l'honorerai, sans faillir. Souhaites-tu quelque chose de particulier en plus de piécettes sonnantes et trébuchantes, que je sois prêt à t'accorder ? C'est le moment de le dire, je ne reviendrai pas sur les termes.






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Re: Tu es la petite qui appartient à Murena, n'est-ce pas ? [PV Flavinia]   




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